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We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 14:05

La Philosophie Libertarienne

par Marilee Haylock1


Le Libertarianisme est une nouvelle philosophie politique. Bien que ses racines puissent être retracées à travers toute l'histoire des idées, ce n'est que depuis 20 ans qu'elle se présente comme une philosophie bien définie. Cette politique se base sur une idée nouvelle en ce qui concerne le rôle précis du gouvernement au sein d'une société libre.

Aujourd'hui, nous vivons dans un monde où pratiquement tous les pays se heurtent semble-t-il, vers une forme ou autre d'étatisme, qu'elle soit communiste ou celle de l'État-providence. De tout côté, on nous informe que le monde est devenu trop compliqué pour permettre à l'individu de diriger lui-même sa propre vie. Même l'idée de l'individu devient de plus en plus démodée et désuète.

Le Libertarianisme s'oppose à la prémisse de base de l'orientation mentionné ci-haut, ce point de vue qui voudrait que l'État puisse disposer des droits de l'individu pour lui imposer ceux qu'il estime conformes au "bien commun" - et ce, particulièrement en ce qui suit : dans le domaine des droits civils, on appuie toutes les libertés civiles et on s'oppose à toute tentative du gouvernement de refaçonner la vie personnelle de ses citoyens. Dans le domaine de l'économie, on met à défi le droit du gouvernement de limiter de quelque façon que ce soit, ou d'obliger le citoyen à supporter par des taxes des projets qu'il ne supporterait pas volontairement sur le marché libre.

Les Libertariens ne perçoivent pas le gouvernement comme étant sacro-saint, qui ne peut pas être mis en question, mais plutôt comme une simple agence qui détient le monopole de l'usage de la force de la loi. Les Libertariens se concernent alors avec une seule question de base: "Où repose la justification qui permets au gouvernement l'usage abusif du pouvoir ?" La réponse Libertarienne en est que le pouvoir du gouvernement devrait se limiter à protéger l'individu de l'agression et de la fraude.

Depuis quelques centaines d'années, la civilisation occidentale accepte l'idée que la société ne devrait pas être assujettie aux désirs arbitraires d'un Souverain; et malgré le fait que nous avons éliminé le "droit divin des rois", il semble que nous l'avons simplement substitué par le "règne absolu de la majorité". Mais les individus peuvent aussi bien être réprimés sous une dictature que dans une démocratie socialisante. Contrairement à l'idée libertarienne qu'à chaque individu appartient sa propre vie, dans toute société orienté vers l'État, l'individu appartient à l'État à un degré plus ou moins élevé.

Le principe que l'État, représentant la société en son entier, peut agir sur la vie du citoyen comme si elle lui appartient en toute propriété, explique la raison d'être de beaucoup des lois aujourd'hui en vigueur au Canada. L'État contrôle ses citoyens afin de réaliser ses propres objectifs. L'État se permet de juger quels livres sont appropriés pour le citoyen, et à quel prix le citoyen pourra échanger ses services ou vendre son produit. L'État oblige le respect des congés religieux qu'il juge à propos. L'État redistribue les fortunes des individus, pénalise l'individu s'il achète un produit d'un autre pays, exproprie l'individu pour prendre sa propriété s'il estime en trouver une meilleure utilisation et finalement, oblige l'individu de faire la guerre même si cela devra lui coûter la vie. Naturellement, tous ces gestes sont posés au nom de l'intérêt national ou public.

Aujourd'hui, la propriété des droits de l'individu n'étant plus reconnue, les groupes de pression viennent décider de l'intérêt public. Les Libertariens choisissent de ne pas participer à la course des faveurs que chacun recherche pour son groupe en particulier, plutôt, les Libertariens demandent une fin à toute subvention gouvernementale, tout prêt, tout tarif ou autre, car de telles mesures ne servent qu'à favoriser certains individus et groupes aux dépens des autres. Ce favoritisme, nous dit-on, est pour rétablir l'égalité, la "justice sociale". La doctrine libertarienne dicte que le gouvernement devrait offrir l'égalité aux citoyens, non pas une "égalité de paie, d'habitation ou de bien-être", mais plutôt l'opportunité non-obstruée de gagner, de façon honnête, toute chose par transactions volontaires.

Quoique la philosophie Libertarienne soit idéaliste dans sa vision et dans ses fondements, elle n'est pas utopique. Elle ne cherche pas à refaire les hommes selon une vision libertarienne d'un bien commun. Elle voudrait que chaque individu soit libre de réaliser pour lui-même son propre bonheur, sans que le gouvernement vienne s'ingérer dans les arrangements entre hommes. Nous croyons qu'une société gouvernée pour maintenir à chacun la liberté de poursuivre son bonheur dans le respect de la personne et de la propriété de son concitoyen réaliserait le plus grand bonheur de tous ses citoyens.

Depuis bien des années, les gens disent que le socialisme est un "bel idéal" qui n'est pas réalisable "en pratique". En fait, depuis maintenant une centaine d'années, l'idéal socialiste se répand partout dans le monde. Les résultats sont connus : plus l'État applique le socialisme, plus la société s'appauvrit. Les Libertariens ne croient pas que ceci résulte du fait que l'idéal est difficilement réalisable. Plutôt, ils croient que cet idéal, tel qu'exercé par l'État, ne respecte pas la nature de l'humanité. Il est évident que les pays où les droits et libertés de l'individu sont les plus protégés sont les pays où l'on retrouve la plus grand prospérité. En fait, le socialisme n'est ni pratique, ni moral.

Il est intéressant à noter que le principe de base de la philosophie libertarienne (soit le droit de l'individu de poursuive ses intérêts sans contrainte ni coercition) est accepté par la plupart d'entre nous. La seule exception est en ce qui concernent le gouvernement. La plupart des gens acceptent toujours que le gouvernement puisse ainsi limiter les droits et libertés des citoyens en autant qu'il proclame, appuyé d'une logique quelconque, que c'est pour le bien commun.. Ce que recherchent les Libertariens, c'est de pouvoir appliquer les mêmes règles de bons sens au gouvernement, afin de prévenir l'ingérence dans les transactions entre individus.

Les Libertariens croient fermement que le pouvoir grandissant de l'État au Canada nous étouffe tous. Mais ce n'est pas nécessairement le gouvernement en tant que tel qui est le plus grand coupable dans cette affaire: c'est plutôt l'idée que tous nos problèmes peuvent être réglés par le gouvernement. Afin d'aller à l'encontre de cette croyance, les Libertariens veulent promouvoir une nouvelle idée - l'idée d'une liberté personnelle. Notre bataille sera une bataille éducative, et son succès n'est pas garanti.

 

Pourtant, il y a de nombreux signes qui montrent que le temps est venu d’adopter la philosophie libertarienne.

 

1Marilee Haylock (1942-1982) fut Présidente du Parti Libertarien de l'Ontario de 1976 à 1979. "What is Libertarianism?" a été écrit en 1977. La traduction de l'original fut réalisée par Michel Champagne, Coordonateur Régional pour le Québec.

 


LES FACTIONS DU MOUVEMENT LIBERTARIEN

 

par Francis Dumouchel

 

          La philosophie libertarienne est loin d’être une tradition homogène. Une théorie humoristique prétend que le libertarianisme est le sujet de discussion primordial du cyberespace, qu’on soit pour, contre ou simplement en désaccord sur ses principes; chaque fois qu’un débat dévie vers autre chose, il doit inévitablement revenir à cette source originelle(1). Je ne présenterai pas systématiquement les différents points de vue concernant chaque question précise (par exemple, sur l’avortement), ce qui serait une tâche interminable. Je m’efforcerai plutôt de présenter sommairement les principales factions du mouvement libertarien et de montrer en quoi ils s’opposent de façon générale, tout en discutant du cas des penseurs les mieux connus.

 

Économie: École autrichienne vs École de Chicago

          L’École autrichienne (ou viennoise) a été fondée par Carl Menger (1840-1921) en 1871 avec la publication de son traité Grundsätze der VolkswirtschaftslehrePrincipes d’Économie »). Ses principaux successeurs sont Eugen von Böhm-Bawerk (1851-1914), Friedrich von Wieser (1851-1926), Ludwig von Mises (1881-1973) Friedrich A. Hayek (1899-1992) et Murray Rothbard (1926-1995). L’École autrichienne s’oppose à l’utilisation des méthodes des sciences pures en économie et fonde la discipline sur la compréhension logique de l’action humaine individuelle. La plupart des économistes autrichiens ne reconnaissent aucun rôle légitime à l’État sauf peut-être la production de la justice et de la défense collective.

          L’École de Chicago est un regroupement vague d’économistes d’adhérence néoclassique qui défendent le libre marché. Le plus célèbre est Milton Friedman qui a publié de populaires justifications du capitalisme – Capitalism and Freedom (1962) et Free to Choose (1980). L’École de Chicago est extrêmement influente dans la profession économique actuelle puisque les néoclassiques constituent le courant dominant aux États-Unis. Elle s’étend aussi à l’analyse économique de la politique (public choiceJames M. Buchanan, Gordon Tullock, George Stigler) et du droit (law-and-economicsRonald Coase, Richard Posner, Gary Becker). Toutefois, plusieurs économistes de cette école ont tendance à voir des échecs du marché (market failures) partout et à demander l’intervention de l’État pour les corriger, voulant ainsi créer une situation « optimale » répondant à leurs définitions artificielles de la rationalité et de l’efficacité.

Philosophie politique: minarchisme vs. anarcho-capitalisme

          Le minarchisme est une philosophie politique qui estime que l’État doit se contenter d’exercer les fonctions régaliennes (justice et sécurité) et éviter d’intervenir dans l’économie. La plupart des libéraux classiques (John Locke, Adam Smith, Jean-Baptiste Say, Frédéric Bastiat, Alexis de Tocqueville, etc.) défendaient cette vision d’un État minimal ou « veilleur de nuit ». Le principal problème réside dans la manière de construire un système politique qui empêche le gouvernement d’accroître son pouvoir progressivement et d’abuser de sa position dominante. Différentes solutions ont été apportées pour résoudre cette difficulté: le constitutionnalisme, la séparation stricte des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, la démocratie, le fédéralisme, etc. Parmi les auteurs plus modernes, notons Ludwig von Mises (Liberalism in the Classical Tradition, 1927), Friedrich A. Hayek (La Constitution de la Liberté, 1960; Droit, législation et liberté, 1973), Robert Nozick (Anarchie, État et Utopie, 1974), James M. Buchanan (Les Limites de la Liberté, 1975), Randy Barnett (The Structure of Liberty, 2000), et Richard Epstein (Skepticism and Freedom, 2003).

          L’anarcho-capitalisme ne reconnaît aucune fonction légitime à l’État et refuse le concept même de monopole de la justice et de la sécurité sur un territoire. L’axiome de non-agression empêche toute personne, qu’elle soit en autorité ou non, d’initier la force contre une autre. Cela empêche toute collecte de revenus fiscaux et donc l’État ne peut financer son fonctionnement. La différence entre l’anarchisme socialiste et l’anarcho-capitalisme est que ce dernier considère la propriété comme un droit fondamental et fonde toute sa théorie de la justice à partir de ce principe. L’anarcho-capitalisme est le descendant de l’anarchisme individualiste du XIXe siècle (Benjamin Tucker, Lysander Spooner, Gustave de Molinari) et une forme de libéralisme radical. Les principaux penseurs modernes ayant défendu cette théorie sont David Friedman (Vers une société sans ÉtatThe Machinery of Freedom, 1971), Murray Rothbard (L’Éthique de la Liberté, 1982), Bruce Benson (The Enterprise of Law, 1990), J.C. Lester (Escape from Leviathan, 2000), Hans-Hermann Hoppe (Democracy: The God That Failed, 2001) et Robert Murphy (Chaos Theory).

Stratégie et politique étrangère: paléolibertariens vs néolibertariens

          Les paléolibertariens se sont nommés ainsi pour se distinguer de ce qu’ils voient comme la décadence et la perversion du mouvement(2). Le terme peut avoir deux sens non exclusifs, selon le contexte. Premièrement, il désigne une stratégie concernant la manière de provoquer une transition vers une société plus conforme aux idéaux libertariens. Les paléolibertariens préfèrent le révolutionnaire au progressif et rejettent les mesures qui ne constituent pas clairement une diminution du pouvoir de l'État, c'est-à-dire les « market-based initiatives » qui introduisent un élément de compétition sans être une privatisation complète (bons d'études, transformation d'une taxe en une autre, libéralisation accompagnée de nouvelles réglementations, etc.). Ils refusent de collaborer avec le pouvoir politique et ne se fient pas au processus démocratique pour disséminer leurs idées. Certains, notamment Hans-Hermann Hoppe, considèrent que le conservatisme culturel est une composante essentielle de l’idéologie (attention, nous parlons ici d’un conservatisme individuel et non de l’imposition de valeurs à la société entière). Deuxièmement, le terme désigne aussi une politique étrangère non-interventionniste et pacifique, surtout depuis le commencement de la guerre contre le terrorisme (ils rejoignent donc les paléoconservateurs sur ce point). Parmi les paléolibertariens les plus notoires, mentionnons Lew Rockwell, président du Mises Institute, qui définit son organisation comme paléolibertarienne dans les deux sens du terme.

« Les libertariens ne pourront avoir une influence décisive sur l’opinion populaire tant qu’ils ressembleront davantage à un casse-tête qu’à un authentique mouvement. »


          Les néolibertariens quant à eux adoptent une perspective plus pragmatique et croient légitime de fonder des partis politiques et des alliances circonstancielles pour avancer leur cause. Ils reprochent aux paléolibertariens leur radicalisme et leur attitude « tour d’ivoire ». Les néolibertariens ne rejettent pas la politique, que ce soit par action directe (Libertarian Party) ou par la formation de think tanks (Cato Institute). Ils ont tendance à être plus utilitaristes que les paléolibertariens qui, eux, privilégient le jusnaturalisme. Également qualifiés de « left-libertarians » par les paléolibertariens (dénomination plutôt sournoise puisque le terme désigne les libertaires socialistes en anglais), on les accuse aussi de tenter de réduire l’importance de la propriété privée par rapport aux questions sociales et de confondre liberté et libertinisme. Selon la seconde acception du terme, les néolibertariens favorisent l’interventionnisme militaire pour imposer la liberté économique et civile à l’étranger. Les néolibertariens interventionnistes sont minoritaires en Amérique du Nord(3) puisqu’ils se confondent parfois avec le mouvement néoconservateur dominant et mieux organisé. En France, par contre, l’interventionnisme militaire est beaucoup plus populaire chez les libertariens.

Éthique: utilitaristes vs jusnaturalistes

          L’utilitarisme (ou conséquentialisme) est une approche éthique fondée sur la maximisation du bonheur de la société en général. Le débat entre utilitaristes et jusnaturalistes en est un de philosophie générale et ne se rattache pas spécifiquement au mouvement libertarien. Cependant, les deux camps sont clairement opposés et leur éthique influence grandement leur philosophie politique (et parfois même leur pensée économique). Ludwig von Mises et David Friedman sont deux exemples d’utilitaristes bien que leurs définitions du concept varient. Les économistes néoclassiques sont très souvent d’un utilitarisme marqué, utilisant des critères tels que l’optimalité de Pareto ou de Kaldor-Hicks. Les économistes utilitaristes insistent sur le caractère amoral (value-free) de leur science, ils refusent de reconnaître une éthique universelle indépendante du bien-être humain.

          Le jusnaturalisme est une approche éthique fondée sur la croyance en un système de justice universel, indépendant de l’ordre politique en place et découlant des principes intrinsèques à l’existence humaine. Les jusnaturalistes pensent qu’il est possible de déduire logiquement un droit naturel à partir d’axiomes (par exemple le principe de non-agression) et que ces règles doivent s’appliquer de façon égale à tous. Le jusnaturalisme est fortement lié à la pensée aristotélicienne, thomiste et chrétienne et considère implicitement le monde comme harmonieux de par sa nature. Murray Rothbard et ses adeptes du Mises Institute favorisent ce genre d’éthique. Plusieurs penseurs classiques, dont Frédéric Bastiat, ne voyaient aucun conflit entre les approches jusnaturalistes et utilitaristes puisque ce qui est conforme au droit naturel devrait nécessairement maximiser le bonheur de la société.

Quelques autres idéologies

          L’objectivisme est une philosophie étroitement liée à la personne d’Ayn Rand (1905-1982), écrivaine et philosophe américaine d’origine russe. Ses romans La source vive (The Fountainhead, 1943) et Atlas Shrugged (1957) furent des succès populaires et influents. L’objectivisme n’est pas simplement une philosophie politique; il se veut un système complet englobant autant l’éthique que l’esthétique. Dans La vertu d’égoïsme (The Virtue of Selfishness, 1964), Rand défend l’idée que l’égoïsme ne devrait pas être découragé, mais plutôt célébré en tant que seul comportement rationnel et conforme à la nature humaine.

          Les ouvrages d’Ayn Rand ont beaucoup contribué à la popularisation du mouvement libertarien et à la défense morale du capitalisme; malheureusement de nombreux éléments caractéristiques de sa pensée lui enlèvent son sérieux et sa crédibilité. D’abord, elle ne reconnaît qu’un seul philosophe important (avant elle), Aristote, et rejette en bloc les idées de tous les autres penseurs de la civilisation occidentale. Ce point l’a conduit à un manque flagrant d’humilité(4), nourri par un culte de la personnalité entretenu par ses proches collaborateurs. Ses positions sur certains sujets comme l'athéisme et l'anarchisme sont plus dogmatiques que justifiées intellectuellement. D’ailleurs, elle refusait d’être associée à la philosophie libertarienne, car elle considérait les libertariens comme des « hippies de droite » et des plagiaires (alors qu’elle-même ne citait que rarement ses sources et reprenait souvent des idées développées par les libéraux classiques depuis des siècles)(5). Au-delà de cette bataille, nous pouvons constater que les objectivistes sont bel et bien alliés des libertariens sur une grande étendue de questions. D’ailleurs, certains économistes contemporains (George Reisman – Capitalism: A Treatise on Economics, 1996) tentent de concilier objectivisme et méthodologie autrichienne.

          Le géolibertarianisme est une autre philosophie politique, distincte du minarchisme et de l’anarcho-capitalisme, dont l’influence est toutefois plus restreinte. Ce groupe associé à l’économiste américain Henry George (1839-1897) se situe à la frontière du libertarianisme capitaliste et du libertarisme socialiste. Les géolibertariens refusent de reconnaître la propriété dans la terre, puisqu’elle n’est pas créée par le travail humain. La terre étant la propriété commune de l’humanité, tout utilisateur doit verser une taxe sur la valeur de la terre, taxe qui sera redistribuée à l’ensemble de la communauté.

          Le civil libertarianism se rattache au mouvement libertarien uniquement en ce qui a trait aux questions sociales telles que la liberté d’expression, la légalisation des drogues ou les droits constitutionnels fondamentaux. Il rejette l’ingérence du gouvernement dans la vie privée des citoyens, mais la plupart des civil libertarians sont en faveur de l’État-providence et ne défendent pas la liberté économique. Des associations telles que l’American Civil Liberties Union et l’Electronic Frontier Foundation représentent bien ce point de vue.

Conclusion

          Nous constatons en fin de compte que le mouvement libertarien, comme toute idéologie minoritaire, est particulièrement divisé, ce qui empêche jusqu’à un certain point sa propagation à grande échelle. L’analyse de Rothbard(6) sur la question est très pertinente à mon avis: d’une part, il faut éviter l’opportunisme en reniant en pratique nos principes fondamentaux; d’autre part, il faut éviter les guerres de clochers et le rejet de toute contribution de la part de quelqu’un qui n’est pas un « pur » libertarien. Pour illustrer ces deux attitudes, nous pouvons donner comme exemple d’opportunisme M. Friedman qui a aidé à mettre en place le système de retenues à la source pour faciliter l’imposition des salariés et qui défend le revenu minimum garanti, par opposition à l’intransigeance de plusieurs rothbardiens du Mises Institute qui s’attaquent à Hayek et à Keynes avec la même véhémence, comme si le premier n'était pas beaucoup plus près d'eux. Les libertariens ne pourront avoir une influence décisive sur l’opinion populaire tant qu’ils ressembleront davantage à un casse-tête qu’à un authentique mouvement.

 

1. La désignation formelle de cette théorie est le « Corollaire de Newman à la Loi de Godwin tel que reformulé par Gordon », voir: Mike Godwin, « Meme, Counter-meme », (Wired 2.10, octobre 1994).
2. Pour un exemple intéressant du conflit entre les paléolibertariens et les néolibertariens, voir la critique des livres de David Boaz (Cato Institute) par Jeffrey Tucker (Mises Institute).
3. Ni le Libertarian Party ni le Cato Institute ne donnèrent leur appui à la guerre en Iraq.
4. Dans The Art of Fiction, elle affirme sérieusement qu’elle se considère comme la meilleure écrivaine de fiction depuis Victor Hugo.
5. Pour une critique libertarienne de Rand, voir Murray N. Rothbard, « The Sociology of the Ayn Rand Cult »; pour la critique objectiviste envers les libertariens, voir Ayn Rand’s Q&A on Libertarians. Pour un regard moderne sur la controverse, voir l’édition de mars 2005 du magazine Reason.
6. Murray N. Rothbard, The Ethics of Liberty, New York, NYU Press, 1998, pp. 257-273.

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