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We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 19:58

Montréal, 21 janvier 2007 • No 209

 

MOT POUR MOT

 

Nous publions ici la traduction du texte intitulé « Great Myths of the Great Depression », avec l'aimable permission de son auteur, Lawrence Reed. Traduction de Francis Dumouchel.

 
 

LA GRANDE DÉPRESSION DÉMYSTIFIÉE (2)

 

< Première partie

par Lawrence W. Reed

 

          Les étudiants d’aujourd’hui reçoivent souvent un portrait tendancieux de la Grande Dépression (1929-1941) présentant le libre marché comme responsable des difficultés économiques de l’époque et favorisant l’intervention étatique comme solution. Dans la seconde partie de ce texte, Lawrence Reed, président du Mackinac Center for Public Policy, démystifie la perception usuelle de cette crise et souligne le rôle central qu’ont joué les piètres mesures gouvernementales dans le déclenchement et le prolongement de cette catastrophe légendaire.
 

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Phase III – Le New Deal

 

          Franklin Delano Roosevelt remporta une victoire écrasante aux élections présidentielles de 1932, récoltant 472 grands électeurs pour seulement 59 au président sortant Herbert Hoover. La plate-forme électorale du Parti démocrate, qui présentait Roosevelt comme candidat présidentiel, déclarait: « Nous croyons qu’une plate-forme politique est un engagement envers le peuple qui doit être respecté fidèlement par le parti au pouvoir  ». Elle proposait une réduction de 25% des dépenses fédérales, un budget fédéral équilibré, une monnaie solide fondée sur l’étalon-or « afin d’être à l’abri de tous les risques », le retrait de l’État de tous les domaines qui appartenaient de façon plus appropriée à l’entreprise privée et la fin de l’« extravagance » des programmes agricoles de Hoover. C’est ce que le candidat Roosevelt promettait, mais cela ne ressemble aucunement à ce que le président Roosevelt fit.

          La crainte, de même que l’optimisme, régnaient à Washington lorsque Roosevelt fut assermenté le 4 mars 1933 – la crainte que l’économie n’allait pas se relever et l’optimisme qu’un nouveau président confiant allait peut-être changer les choses. L’humoriste Will Rogers rapporta le sentiment populaire envers FDR alors que ce dernier formait son nouveau gouvernement: « Le pays entier est avec lui, simplement pour qu’il fasse quelque chose. S’il avait brûlé le Capitole, nous aurions tous applaudi en disant, eh bien!, au moins un feu a été allumé(16). »

 

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Les Américains ont voté pour Franklin Roosevelt en 1932 en s’attendant à ce qu’il respecte la plate-forme électorale du Parti démocrate, qui promettait moins de dépenses publiques et de réglementation.

« Rien à craindre sauf la peur elle-même »

          Roosevelt changea effectivement les choses, mais probablement pas de la façon que le pays espérait. Il commença du mauvais pied lorsqu’il blâma, dans son discours inaugural, les « spéculateurs financiers sans scrupule » pour la dépression. Il ne mentionna pas le rôle de la Réserve fédérale dans la mauvaise gestion de la monnaie et parla à peine des absurdités du Congrès qui avaient contribué au problème. Grâce à ses efforts, l’économie s’éterniserait dans une dépression pour le reste de la décennie. Reprenant une citation de l’écrivain du XIXe siècle Henry David Thoreau, le discours de Roosevelt comprenait une déclaration célèbre: « Nous n’avons rien à craindre sauf la peur elle-même ». Mais comme l’explique le Dr Hans Sennholz du Grove City College, les citoyens américains avaient de bonnes raisons de craindre les mesures à venir de FDR:
 

          Dans ses cent premiers jours, il donna un coup dur à la classe financière. Au lieu de dégager les obstacles à la prospérité érigés par ses prédécesseurs, il en érigea de nouveaux bien à lui. Il s’attaqua de toutes les manières possibles à l’intégrité du dollar américain par des gonflements quantitatifs et des réductions qualitatives. Il s’empara de l’or détenu par les particuliers et dévalua par la suite le dollar de 40%(17).

          Le directeur du Bureau of the Budget, Lewis W. Douglas, frustré et en colère du fait que Roosevelt abandonne aussi promptement et complètement la plate-forme en vertu de laquelle il avait été élu, démissionna après seulement un an à son poste. En mai 1935, à la Harvard University, Douglas affirma clairement que les États-Unis se trouvaient à la croisée des chemins: « Allons-nous choisir de nous soumettre – ce grand pays – au despotisme de la bureaucratie, qui contrôle nos moindres gestes, détruisant l’égalité que nous avions atteinte, nous réduisant éventuellement au statut d'esclaves appauvris de l’État? Ou allons-nous nous accrocher aux libertés pour lesquelles l’Homme a lutté pendant plus d’un millénaire? Il est important de comprendre l’ampleur du problème qui est devant nous. […] Si nous choisissons de ne pas laisser une bureaucratie tyrannique et oppressive gouverner nos vies, détruire le progrès, diminuer notre niveau de vie […] alors le gouvernement fédéral dans une démocratie ne devrait-il pas limiter ses activités à celles dont une démocratie peut s’occuper adéquatement, c’est-à-dire par exemple la défense nationale, le maintien de la loi et de l’ordre, la protection de la vie et de la propriété, la prévention de la fraude, et […] la préservation du public contre […] les intérêts de groupes particuliers(18)? »

Un nouveau tour de passe-passe

          La crise s’empara du système bancaire lorsque Roosevelt entra en fonction, le 4 mars 1933. La décision du nouveau président de fermer les banques et d’annoncer un « congé des banques » le 6 mars (qui ne se termina complètement que neuf jours plus tard) est encore acclamée comme ayant été critique et nécessaire par les partisans de Roosevelt. Friedman et Schwartz, toutefois, démontrent clairement que ce soi-disant remède fut « pire que le mal ». La loi Smoot-Hawley et les manipulations monétaires excessives de la Réserve fédérale avaient été les principales responsables des conditions qui ont donné une excuse à Roosevelt pour confisquer temporairement les déposants de leur argent et le « congé des banques » ne fit rien pour modifier la situation fondamentale. « Plus de 5000 banques encore en opération quand le congé fut déclaré ne rouvrirent pas leurs portes quand il se termina, et parmi celles-ci, plus de 2000 ne rouvrirent jamais », relatent Friedman et Schwartz(19).
 

          L’économiste Jim Powell du Cato Institute a publié en 2003 un livre splendide sur le Grande Dépression, intitulé FDR’s Folly: How Roosevelt and His New Deal Prolonged the Great Depression. Il souligne que « Presque toutes les banques faillies se trouvaient dans des États ayant adopté des lois interdisant aux banques d’ouvrir des succursales » – empêchant ainsi les banques de diversifier leurs portefeuilles et de réduire leurs risques. Powell écrit: « Bien que les États-Unis, avec leurs lois interdisant aux banques d’ouvrir des succursales, subirent des milliers de faillites bancaires, le Canada, qui permettait les succursales bancaires, ne vécut pas une seule faillite […] »(20). Étrangement, les opposants au capitalisme qui adorent blâmer le marché pour la Dépression ne mentionnent jamais ce fait.

          Le Congrès donna au président le pouvoir d’abord de saisir l’or détenu par les particuliers américains et ensuite celui de fixer le prix de l’or. Un matin, alors que Roosevelt déjeunait au lit, lui et Henry Morgenthau, le secrétaire du Trésor, décidèrent de changer le taux de change entre l’or et le papier monnaie. Après avoir évalué ses options, Roosevelt décida de fixer une hausse de 21% des prix parce que « c’est un chiffre chanceux ». Dans son journal, Morgenthau écrivit: « Si quelqu’un apprenait comment nous avons fixé le prix de l’or à l’aide d’une combinaison de chiffres chanceux, je crois que les gens seraient effrayés(21). » Roosevelt torpilla aussi à lui seul la Conférence économique de Londres en 1933, qui avait été convoquée à la demande d’autres pays importants afin de réduire les tarifs douaniers et de rétablir l’étalon-or.

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Le président Franklin Roosevelt a qualifié de « royalistes économiques » égoïstes tous ces hommes d'affaires qui se sont opposés aux lourds impôts et à la réglementation du « New Deal ».

          Washington et sa banque centrale imprudente n’avaient déjà fait qu’une bouchée de l’étalon-or au début des années 1930. Son rejet par Roosevelt retira la plupart des entraves restantes à une expansion illimitée de la masse monétaire et du crédit, pour laquelle le pays paierait le prix fort dans les années suivantes sous forme d’une monnaie en dévaluation. Le sénateur Carter Glass l’a bien exprimé lorsqu’il a mis Roosevelt en garde au début de l’année 1933: « C’est un déshonneur, monsieur. Ce grand gouvernement, riche en or, est en train de briser sa promesse de rembourser la veuve et l’orphelin auxquels il a vendu des obligations d’épargne avec l’engagement de s’acquitter de ses dettes avec des pièces d’or à la valeur actuelle. Il brise sa promesse de racheter son papier-monnaie en pièces d’or à la valeur actuelle. C’est un déshonneur, monsieur(22). »

          Bien qu’il saisît l’or du pays, Roosevelt remit l’alcool dans les bars et les salons des États-Unis. À son deuxième dimanche à la Maison blanche, il remarqua pendant le souper: « Je pense que ce serait un bon moment pour boire de la bière »(23). La même soirée, il prépara un message demandant au Congrès de mettre fin à la Prohibition. La Chambre des représentants approuva une mesure d’abrogation le mardi, le Sénat vota en faveur le jeudi et avant que l’année se termine, suffisamment d’États l’avaient ratifiée de sorte que le XXIe amendement s’intégra à la Constitution. Un observateur, commentant ce remarquable retour des choses, nota que de deux hommes marchant dans la rue au début de l’année 1933 – l’un avec une pièce d’or dans sa poche et l’autre avec une bouteille de whisky dans son manteau – l’homme avec la pièce serait un citoyen intègre et l’autre un hors-la-loi. Une année plus tard, précisément l’inverse était vrai.
 

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L'Aigle Bleu, le symbole de la bureaucratie et la réglementation de la National Recovery Administration.

 

          La première année du New Deal, Roosevelt proposa de dépenser 10 milliards de dollars alors que les revenus se situaient seulement à 3 milliards. Entre 1933 et 1936, les dépenses de l’État augmentèrent de plus de 83%. La dette fédérale monta en flèche de 73%.

          FDR convainquit le Congrès de créer la Sécurité sociale en 1935 et d’imposer la première loi de portée étendue fixant un salaire minimum en 1938. Bien qu’à ce jour il reçoive encore de la reconnaissance du grand public pour avoir mis en place ces deux mesures, plusieurs économistes ont une perspective différente. Un salaire minimum éjecte plusieurs travailleurs jeunes, inexpérimentés ou désavantagés hors du marché du travail (par exemple, on estime que les dispositions mettant en place un salaire minimum adoptées comme partie d’une autre loi en 1933 mirent 500 000 Noirs au chômage)(24). Des études récentes et des estimations révèlent que la Sécurité sociale est devenue un tel cauchemar actuariel que soit elle devra être privatisée, soit les impôts déjà élevés nécessaires pour la maintenir à flot devront être haussés jusqu’à la stratosphère.

          Roosevelt assura le passage de l’Agricultural Adjusment Act, qui imposait une nouvelle taxe aux transformateurs agricoles et utilisait les revenus pour organiser la destruction à grande échelle de récoltes et de bétail. Des agents fédéraux supervisaient le spectacle désolant de champs de coton, de blé et de maïs parfaitement adéquats détruits sous les sabots (on dut convaincre les mules de piétiner les récoltes, on leur avait appris, évidemment, à marcher entre les rangées). Du bétail, des moutons et des cochons en santé furent abattus et enterrés dans des charniers. Henry Wallace, le secrétaire de l’Agriculture, donna personnellement l’ordre d’abattre six millions de porcelets avant qu’ils atteignent une taille adulte. L’administration paya aussi les fermiers pour la première fois afin de ne pas travailler du tout. Même si l’AAA aida les fermiers en restreignant l’offre et en augmentant les prix, il ne put l’accomplir qu’aux dépens de millions d’autres personnes qui durent payer ces prix ou se contenter de manger moins.


Aigles bleus et canards rouges

          L’aspect le plus radical du New Deal est peut-être le National Industrial Recovery Act, adopté en juin 1933, qui créa une énorme structure bureaucratique appelée la National Recovery Administration (NRA). Sous la NRA, la plupart des industries manufacturières furent soudainement intégrées dans des cartels mandatés par le gouvernement. Des codes visant à réglementer les prix et les conditions de vente transformèrent brièvement une bonne part de l’économie américaine en un système de type fasciste, alors que la NRA se finançait à l’aide de nouvelles taxes prélevées des industries mêmes qu’elle contrôlait. Des économistes ont estimé que la NRA fit grimper le coût de faire des affaires en moyenne de 40% – une augmentation dont n’avait pas besoin une économie en déroute pour se remettre sur le droit chemin.

          Les conséquences économiques de la NRA furent immédiates et retentissantes. Dans les cinq mois précédant l’adoption de la loi, des signes de redressement se voyaient facilement: le nombre d’emplois et la masse salariale dans les usines avaient augmenté de 23% et de 35% respectivement. Puis vint la NRA qui raccourcit les heures de travail, augmenta les salaires arbitrairement et imposa de nouveaux coûts aux entreprises. Dans les six mois suivant l’entrée en vigueur de la loi, la production industrielle diminua de 25%. Benjamin M. Anderson écrit: « La NRA ne fut pas une mesure de relance. Elle fut une mesure de contre-relance. […] Pendant toute l’époque de la NRA, la production industrielle ne fut jamais aussi élevée qu’en juillet 1933, avant l’arrivée de cet organisme(25). »

          L’homme que Roosevelt choisit pour diriger les efforts de la NRA fut le général Hugh « Pantalons de fer » Johnson, un profane, brute rougeaude et admirateur avoué du dictateur italien Benito Mussolini. Johnson gronda: « Que Dieu tout-puissant ait pitié de quiconque tente d’interférer avec l’Aigle Bleu » (le symbole officiel de la NRA, qu’un sénateur rebaptisa avec dérision le « Canard soviétique »). Johnson menaça personnellement ceux qui refusaient de se conformer à la NRA de boycotts généraux et d’« un coup de poing au visage ».

          Ultimement, la NRA produit plus de 500 codes, « allant de la production de paratonnerres à la manufacture de corsets et de soutien-gorge, s’appliquant à plus de deux millions d’employeurs et 22 millions de travailleurs »(26). Il existait des codes pour la production de revitalisant pour cheveux, de laisses pour chiens et même de comédies musicales. Jack Magid, un tailleur du New Jersey, fut arrêté et envoyé en prison pour avoir commis le « crime » de repasser une tenue pour 35 ¢ plutôt que le 40 ¢ du « Code du tailleur » inspiré par la NRA.
 

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Cette photographie prise en 1989 montre un pont construit de 1936 à 1941 dans le comté de Coleman, au Texas, dans le cadre d'un projet de la Works Progress Administration. Pour beaucoup d'Américains, de tels projets semblaient utiles; ils oubliaient les coûts importants et la corruption qui ont caractérisé ce programme.

          Dans son livre The Roosevelt Myth, l’historien John T. Flynn décrit comment les partisans de la NRA conduisaient parfois leurs « affaires »:
 

          La NRA découvrit qu’elle ne pouvait assurer le respect de ses règles. Des marchés noirs se développèrent. Seules les méthodes policières les plus violentes pouvaient garantir la mise en application de ces règles. Dans l’industrie du vêtement de Sidney Hillman [un important syndicaliste américain et partisan de Roosevelt], l’autorité responsable du code employa la force policière. Ils sillonnaient le quartier du vêtement comme des escouades de la SS. Ils pouvaient pénétrer dans l’usine de quelqu’un, l’expulser, placer ses employés en rang et les soumettre à un interrogatoire détaillé, saisir ses registres sur le champ. On interdisait le travail de nuit. Des équipes mobiles de cette police privée du vêtement arpentaient les rues la nuit, frappant les portes à coup de hache afin de trouver ceux qui commettaient le crime de coudre des paires de pantalons pendant la nuit. Plusieurs autorités responsables de codes affirmaient que sans ces méthodes cruelles, personne ne se conformerait puisque le public ne les appuyait pas(27).

 

« La première année du New Deal, Roosevelt proposa de dépenser 10 milliards de dollars alors que les revenus se situaient seulement à 3 milliards. Entre 1933 et 1936, les dépenses de l’État augmentèrent de plus de 83%. La dette fédérale monta en flèche de 73%. »

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Les organismes réglementaires dont les sigles pourraient remplir un bol de soupe alphabet

          Roosevelt promulgua ensuite des augmentations d’impôt exorbitantes pour les tranches d’impositions supérieures et instaura un prélèvement à la source de 5% sur les dividendes. Il obtint une autre augmentation d’impôt en 1934. En fait, les hausses d’impôt devinrent une politique privilégiée de Roosevelt pendant les dix années suivantes, conduisant jusqu’à un taux d’imposition de 90% pour la tranche d’imposition supérieure. Arthur Vanderberg, sénateur du Michigan qui s’opposa à la plupart des mesures du New Deal, réprimanda Roosevelt pour ses imposantes hausses d’impôts. Une économie saine ne sera pas rétablie, disait-il, en adoptant l’idée socialiste que l’Amérique peut « soulever le tiers le plus pauvre » en « abaissant les deux autres tiers »(28). Vanderberg réprouva aussi « la reddition du Congrès face aux commissaires d’une multitude d’organismes réglementaires, dont les sigles pourraient remplir un bol de soupe alphabet, qui croient fermement que le peuple américain doit être enrégimenté par de puissants chefs suprêmes afin d’être sauvé »(29).

          Ces commissaires dépensaient l’argent des contribuables comme s'il poussait dans les arbres. C’est eux que l’influent journaliste et critique social Albert Jay Nock avait en tête lorsqu’il décrit le New Deal comme « une mobilisation ressemblant à une farce idiote et causant un tumulte sans but dirigée par l’État à la grandeur du pays »(30). La Civil Works Administration de Roosevelt embaucha des comédiens pour présenter des spectacles gratuits et des libraires pour cataloguer des archives. Il paya même des chercheurs pour étudier l’histoire de l’épingle de sûreté, embaucha 100 travailleurs de Washington pour patrouiller les rues avec des ballons et effrayer les étourneaux se tenant près de bâtiments publics, et admit des gens dans la fonction publique afin de pourchasser les buissons roulants les jours venteux.

          La CWA, lorsqu’elle fut mise en place à l’automne 1933, devait être un programme temporaire de création d’emplois. Roosevelt assura au Congrès dans son discours annuel que tout nouveau programme semblable serait aboli d’ici un an. « Le gouvernement fédéral, dit le président, doit cesser de s’occuper de l’assistance sociale et il le fera. Je ne désire pas que la vitalité de notre peuple soit obstruée davantage en distribuant de l’argent, des paniers de consommation, des miettes hebdomadaires de travail à couper la pelouse, ratisser les feuilles mortes ou à ramasser les journaux dans les parcs publics. » On nomma Harry Hopkins à la direction de l’agence, qui affirma plus tard: « J’ai donné du travail à quatre millions de personnes, mais pour l’amour de Dieu ne me demandez pas ce qu’elles font. » La CWA disparut après quelques mois, mais fut remplacée par un autre programme d’assistance temporaire qui devint la Works Progress Administration, ou WPA, en 1935. Cette dernière est connue aujourd’hui comme le programme gouvernemental qui inspira l’invention du terme boondoggle [perdre du temps à travailler sans raison], parce qu’il « produisit » bien plus que les 77 000 ponts et les 116 000 bâtiments que ses partisans aimaient montrer comme preuve de son efficacité(31).

          Les opposants au WPA l’appelaient souvent, avec raison, le programme « We Piddle Around » [Nous perdons notre temps]. Au Kentucky, les employés de la WPA ont catalogué 350 manières différentes d’apprêter des épinards. L’agence employait 6000 « comédiens » malgré le fait que les syndicats de comédiens du pays ne comptaient que 4500 membres. Des centaines d’employés de la WPA furent utilisés pour recueillir des contributions électorales pour des candidats du Parti démocrate. Au Tennessee, on congédiait les employés de la WPA s’ils refusaient de faire don de 2% de leur salaire au gouverneur sortant. En 1941, seulement 59% du budget de la WPA servait à payer quoi que ce soit aux travailleurs, le reste était siphonné par l’agence ou quelqu’un au-dessus. Les rédacteurs du magazine The New Republic demandèrent: « Est-ce que [Roosevelt] possède assez d’honnêteté morale pour admettre désormais que la WPA fut une décision politique précipitée et grandiloquente, qu’elle est un échec malheureux et qu’elle devrait être abolie(32)? » Le dernier des projets de la WPA ne fut éliminé qu’en juillet 1943.
 

          Roosevelt fut encensé pour ses initiatives de « création d’emplois » comme la CWA et la WPA. Plusieurs personnes pensent qu’elles ont aidé à remédier à la Dépression. Elles ne comprennent pas que ce sont les autres bricolages politiques maladroits de Roosevelt qui ont prolongé la Dépression et qui ont surtout empêché les chômeurs de trouver de vrais emplois en premier lieu. La liste stupéfiante de dépenses inutiles provoquées par ces programmes d’emplois a constitué un gaspillage de ressources précieuses pour des fins politiquement rentables mais économiquement contreproductives.

          Une simple analogie illustre cet argument. Si un voleur va de maison en maison dérobant chaque habitant du voisinage et qu’il se rend ensuite au centre commercial le plus près pour dépenser son butin illégitimement acquis, on ne prétendrait pas qu’il a rendu un service à son pays ou créé un avantage économique global parce qu’il a « stimulé » les magasins du centre commercial. De même, lorsque le gouvernement engage quelqu’un pour cataloguer les nombreuses façons d’apprêter des épinards, son chèque de paie offert par les contribuables ne peut être considéré comme un bénéfice net pour l’économie puisque les ressources utilisées pour le payer ont seulement été détournées et non créées. Les économistes d’aujourd’hui doivent encore lutter contre cette « pensée magique » chaque fois qu’on propose davantage de dépenses publiques – comme si l’argent ne provenait pas de citoyens productifs, mais de la Fée des dents.

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Arthur Vandenberg, un sénateur du Michigan, prétendait qu'une économie solide ne pouvait être rétablie par l'entremise des mesures punitives d'imposition et de réglementation de Franklin D. Roosevelt.

« Une cohue sidérante de moins que rien effrontés »

          Les interventions économiques désordonnées de Roosevelt furent louangées par ceux qui appréciaient l’impression de quelqu’un en contrôle et « faisant quelque chose ». Pendant ce temps, la grande majorité des Américains restaient patients. Ils souhaitaient clairement donner le bénéfice du doute à cet homme charismatique, ancien gouverneur de l’État de New York et victime de la polio. Mais Roosevelt eut toujours ses opposants, qui grandirent en nombre à mesure que les années passaient. Un de ceux-ci fut l’inimitable H.L. Mencken, le « Sage de Baltimore », qui critiqua vertement le président. Paul Johnson résume ainsi les remarques acérées mais souvent humoristiques de Mencken:
 

          Mencken se surpassait en attaquant le triomphant FDR, dont l’odeur de collectivisme frauduleux le remplissait d’un authentique dégoût. Il était le « Führer », le « Charlatan », entouré d’une « cohue sidérante de moins que rien effrontés », « un ramassis de pédagogues ignorants, d’avocats inconstitutionnels, d'admirateurs éblouis et d’autres sorciers tout aussi désolants ». Son New Deal constituait « une combine politique », « une série de faux miracles prodigieux » qui « encourageait constamment la jalousie et la haine entre les classes sociales », qui considérait le gouvernement comme « une vache à lait aux 125 millions de pis » et qui se caractérisait par « de fréquents désaveux de promesses formelles »(33).

Des signes de vie

          L’économie américaine fut vite délivrée du fardeau de certains des pires excès du New Deal quand la Cour suprême déclara inconstitutionnels le National Industrial Recovery Act en 1935 et le Agricultural Adjustment Act en 1936, s’attirant éternellement foudres et moqueries de la part de Roosevelt. Jugeant inconstitutionnel la plupart de que Roosevelt avait fait, les « neuf vieils hommes » [comme le président les appela] de la Cour annulèrent aussi d’autres lois et programmes moins importants qui retardaient un éventuel redressement.

          Libérée des pires contraintes du New Deal, l’économie montra certains signes de vie. Le chômage diminua à 18% en 1935, à 14% en 1936 et encore plus bas en 1937. Pourtant, en 1938 il remonta jusqu’à près de 20% alors que l’économie s’effondrait de nouveau. Le marché boursier subit un krach de près de 50% entre août 1937 et mars 1938. Le « stimulant économique » du New Deal de Franklin Delano Roosevelt accomplit une véritable « première »: une dépression à l’intérieur d’une dépression!
 

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Au point le plus bas de la Grande Dépression, la moitié de la production industrielle américaine était stagnante alors que l'économie chancelait sous le poids d'interminables et destructrices politiques de Washington provenant autant des Républicains que des Démocrates.

 

Phase IV – Le Wagner Act

          Le National Labor Relations Act de 1935 – mieux connu sous le nom de Wagner Act et de « Magna Carta » des syndicats – avait préparé le terrain pour un effondrement économique. Citons Sennholz encore une fois:
 

          Cette loi révolutionna les relations de travail américaines. Elle retira les litiges de travail des tribunaux et les confia à une commission fédérale nouvellement créée, la National Labor Relations Board, qui devint à la fois poursuivant, juge et jury. La loi, qui offrait déjà des immunités et des privilèges juridiques aux syndicats, fut corrompue davantage par des partisans de ces derniers à la commission. Les États-Unis abandonnèrent ainsi une grande réussite de la civilisation occidentale: l’égalité devant la loi.

          Le Wagner Act, ou National Labor Relations Act, fut adopté en réaction à l’annulation du National Industrial Recovery Act et de ses codes de travail. Il visait à supprimer toute résistance des employeurs aux syndicats. Tout ce qu’un employeur pouvait faire en légitime défense devint une « pratique de travail déloyale » sanctionnable par la commission. La loi n’obligeait pas seulement les employeurs à négocier avec les syndicats désignés comme représentants des employés; des décisions subséquentes de la commission rendirent illégal le fait de résister aux demandes des dirigeants syndicaux(34).

          Les syndicats, armés de ces nouveaux pouvoirs étendus, débutèrent une frénésie d’organisation militante. Menaces, boycotts, grèves, occupations d’usines et violence omniprésente poussèrent gravement la productivité à la baisse et le chômage à la hausse. Le nombre de membres des syndicats du pays explosa. En 1941, il y avait deux fois et demie plus d’Américains membres d’un syndicat qu’en 1935. L’historien William E. Leuchtenberg, lui-même peu favorable à la libre entreprise, remarqua: « Les citoyens respectueux de la propriété étaient effrayés par les occupations d’usines, outrés lorsque des grévistes empêchaient la livraison du courrier, contrariés par l’intimidation à l’encontre des personnes non membres d’un syndicat et alarmés par les équipes mobiles de travailleurs qui manifestaient, ou menaçaient de le faire, de ville en ville(35). »

Un climat hostile aux entreprises

          Dans la foulée du Wagner Act, un déluge vociférant d’insultes à l’endroit du monde des affaires vint de la Maison blanche. Les hommes d’affaires, affirma furieusement Roosevelt, constituaient des obstacles sur la voie du redressement. Il les traita de « royalistes économiques » et dit que les hommes d’affaires en tant que classe étaient « stupides »(36). Les insultes furent suivies d’une série de nouvelles mesures punitives. D’autres restrictions furent imposées au marché boursier. On préleva un nouvel impôt sur les revenus gardés par les entreprises, appelé « impôt sur les bénéfices non répartis ». « Ces initiatives de type coulons les riches, écrit l’économiste Robert Higgs, laissèrent peu de doute que le président et son gouvernement avaient l’intention de faire tout en leur pouvoir afin de pousser le Congrès à confisquer la richesse des particuliers à revenu élevé responsables de la plupart des décisions d’investissement privé du pays(37). »

          Pendant une période d’à peine deux mois à la fin de l’année 1937, le marché de l’acier – un indicateur économique clé – s’effondra, passant de 83% à 35% de sa pleine capacité. Quand la nouvelle fit les manchettes, Roosevelt partit pour un inopportun voyage de pêche de neuf jours. Le journal The New York Herald-Tribune l’implora de revenir au travail afin de renverser la vague de la Dépression renouvelée. Ce dont on a besoin, écrivirent les rédacteurs du journal, c’est l’abandon de la politique de Roosevelt « encourageant le ressentiment et la haine, montant les classes les unes contre les autres et punissant tous ceux qui sont en désaccord avec lui »(38).

          Le chroniqueur Walter Lippman écrivit en mars 1938 que « presque sans exception importante, toutes les mesures auxquelles il [Roosevelt] s'est intéressé dans les cinq derniers mois visaient à réduire ou à décourager la production de richesse »(39).

          Comme on l'a déjà souligné, la version du New Deal propre à Herbert Hoover avait haussé le taux d’imposition de la tranche supérieure de 24% à 63% en 1932. Mais on pourrait le qualifier de pingre comparativement à son successeur à la gâchette facile en ce qui concerne les hausses d’impôt. Pendant la présidence de Roosevelt, le taux d’imposition de la tranche supérieure fut augmenté d’abord à 79% et ensuite à 90%. L’historien économique Burton Folsom nota qu’en 1941 Roosevelt proposa même un taux d’imposition énorme de 99,5% sur tous les revenus de plus de 100 000 $. « Pourquoi pas? », demanda-t-il lorsqu’un de ses conseillers remit cette idée en question(40).
 

          Après que cette proposition confiscatoire eut échoué, Roosevelt adopta un décret afin d’imposer tous les revenus de plus de 25 000 $ au taux incroyable de 100%. Il promut aussi l’idée d’abaisser le seuil de l’exemption personnelle à 600 $, une tactique qui forçait la plupart des familles américaines à payer au moins un peu d’impôt sur le revenu pour la première fois. Peu de temps après, le Congrès annula le décret, mais mit en oeuvre la réduction de l’exemption personnelle(41).

          Au même moment, la politique monétaire de la Réserve fédérale se comportait comme une balançoire au milieu des années 1930, haussant d’abord le taux d’intérêt, puis l’abaissant, puis le remontant brusquement lors de l’entrée des États-Unis dans la Deuxième Guerre mondiale. Le fait suivant contribua au glissement économique de 1937: de l’été 1936 au printemps 1937, la Réserve fédérale doubla la réserve minimale imposée aux banques du pays. L’expérience a démontré encore et encore qu’une politique monétaire ressemblant à des montagnes russes est suffisante pour donner une économie ressemblant à des montagnes russes.

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Le président Roosevelt a attaqué la Cour suprême parce qu'elle a déclaré inconstitutionnelles d'importantes parties du New Deal. La tentative échouée de FDR de prendre contrôle de ce tribunal par la nomination de juges supplémentaires a contribué à la reprise de la dépression économique en 1937.

          Encore piqué de ses défaites préalables à la Cour suprême, Roosevelt tenta en 1937 d'en prendre le contrôle en proposant que le président puisse nommer un juge supplémentaire pour chaque juge de plus de 70 ans encore en fonction et n’ayant pas pris sa retraite. Si cette proposition avait été adoptée, Roosevelt aurait pu nommer six nouveaux juges favorables à ses opinions, augmentant le nombre de juges à la Cour de 9 à 15. Son plan échoua au Congrès, mais la Cour commença bientôt à approuver ses politiques suite à la retraite de quelques juges qui s’y opposaient. Toutefois, jusqu'à ce que le Congrès fasse échouer le plan de Roosevelt, les craintes du monde des affaires à l’effet qu’une Cour favorable aux objectifs présidentiels appuie davantage le New Deal empêcha le retour des investissements et de la confiance.

          L’historien économique Robert Higgs conclut à une relation étroite entre le niveau d’investissement privé et la situation de l’économie américaine dans les années 1930. Les attaques incessantes de l’administration Roosevelt – tant verbales que réelles – contre le monde des affaires, la propriété et la libre entreprise garantirent que le capital nécessaire afin de revigorer l’économie se trouvait soit confisqué par la fiscalité soit dissimulé de force. Quand FDR fit entrer les États-Unis dans la guerre en 1941, son programme anti-affaires s’estompa, mais l’effort de guerre détournait une grande partie du capital du pays qui aurait dû aller dans l’agrandissement d’usines ou dans les biens de consommation. Il fallut attendre le départ de Roosevelt et la fin de la guerre pour que les investisseurs retrouvent la confiance nécessaire pour « provoquer le plein essor de l’investissement d’après-guerre qui alimenta le retour de l’économie à une prospérité durable »(42).

          Ce point de vue est renforcé par les commentaires suivants émis en 1937 par Lammot du Pont, l’un des principaux investisseurs de l’époque:
 

          L’incertitude gouverne la situation fiscale, la situation du travail, la situation monétaire et pratiquement chacune des exigences juridiques que doit respecter une industrie pour fonctionner. Les impôts vont-ils monter, descendre ou rester stables? Nous ne le savons pas. Le monde du travail sera-t-il pro-syndicat ou non? […] Allons-nous avoir de l’inflation ou de la déflation, plus ou moins de dépenses publiques? […] Y aura-t-il de nouvelles restrictions imposées au capital, de nouvelles limites aux profits? […] Il est impossible même d’essayer de deviner les réponses(43).

          Plusieurs historiens modernes ont tendance à être instinctivement anticapitalistes et méfiants envers le libre marché; ils sont impressionnés par la façon, constitutionnelle ou non, dont Roosevelt a utilisé son pouvoir et la trouvent historiquement « intéressante ». Lors de sondages, une majorité d’historiens placent invariablement FDR près de la première place sur le plan de la grandeur présidentielle. Il n’est donc pas surprenant qu’ils rejettent l’idée voulant que le New Deal soit responsable d’avoir prolongé la Grande Dépression. Pourtant, lorsqu’un sondage représentatif à l’échelle nationale effectué par l’American Institute of Public Opinion au printemps 1939 demanda « Pensez-vous que l’attitude de l’administration Roosevelt envers le monde des affaires retarde le redressement de l’économie? », le peuple américain répondit « oui » dans une proportion de plus de deux contre un. Cette proportion fut encore plus importante dans la communauté des affaires(44).

          Dans son journal personnel, Henry Morgenthau, le secrétaire du Trésor nommé par Roosevelt, semblait lui aussi être d’accord. Il écrivit: « Nous avons tenté de dépenser de l’argent. Nous dépensons davantage que ce qui a jamais été dépensé auparavant et cela ne fonctionne pas. […] Nous n’avons jamais rempli nos promesses. […] Après huit ans de cette administration nous avons autant de chômage qu’en commençant […] et une dette énorme par-dessus le marché(45)! »

          À la fin de la décennie et 12 ans après le jeudi noir du marché boursier, dix millions d’Américains n’occupaient pas d’emploi. Le taux de chômage dépassait les 17%. Roosevelt avait promis en 1932 de mettre un terme à cette crise, mais elle persista pendant deux mandats présidentiels malgré un nombre incalculable d’interventions.

Où se trouve la libre entreprise?

          Comment se fait-il que FDR a été élu quatre fois si ses politiques aggravaient et prolongeaient une catastrophe économique? L’ignorance et la volonté de donner le bénéfice du doute au président y sont pour beaucoup. Roosevelt l’emporta sur Hoover en 1932 en promettant moins d’intervention étatique. Il leur donna plutôt davantage d’intervention étatique, mais il le fit avec fanfares et « causeries au coin du feu » [c’est ainsi qu’on appelait les discours radiophoniques à la nation de Roosevelt, qui eut recours à ce moyen de communication 30 fois entre 1933 et 1944] qui hypnotisèrent un peuple désespéré. Quand les gens commencèrent à se rendre compte que ses politiques avaient un effet néfaste, la Deuxième Guerre mondiale arriva, le peuple se rallia à son commandant-en-chef et peu voulurent changer de coureur au milieu de la piste en portant au pouvoir un nouveau candidat.

          En même temps que l'hécatombe de la Deuxième Guerre mondiale vint une reprise du commerce entre les États-Unis et leurs alliés. La mort d’innocents et la destruction de ressources n’aida pas l’économie américaine, mais ce commerce renouvelé le fit. Une réinflation de la masse monétaire du pays contrebalança les coûts élevés du New Deal, mais amena un fléau qui nous tourmente encore aujourd’hui: un dollar qui achète de moins en moins de biens et de services année après année. Plus important encore, l’administration Truman qui succéda à Roosevelt était définitivement moins encline à admonester et à matraquer les investisseurs privés. En conséquence, ces investisseurs recommencèrent à participer à l’économie et alimentèrent une puissante expansion économique d’après-guerre. La Grande Dépression se termina finalement, mais nous devrions nous en rappeler comme un des échecs les plus colossaux et tragiques de l’État et des politiques publiques de l’histoire américaine.
 

          La genèse de la Grande Dépression se trouve dans les politiques monétaires et fiscales irresponsables du gouvernement américain à la fin des années 1920 et au début des années 1930. Ces politiques comprirent une litanie d’erreurs politiques: mauvaise gestion de la banque centrale, tarifs douaniers écrasant le commerce, impôts destructeurs d’incitations, contrôle abrutissant de la production et de la concurrence, destruction insensée de récoltes et de bétail et législation coercitive du travail, pour ne nommer que des exemples. Ce n’est pas le libre marché qui a provoqué 12 ans d’agonie, mais plutôt une incompétence politique à grande échelle.

          Ceux qui peuvent examiner les événements des années 1920 et 1930 et ensuite blâmer le capitalisme pour le désastre économique ont les yeux, les oreilles et l’esprit fermés à la réalité. Il est essentiel de changer le raisonnement aberrant qu’est la sagesse populaire d’aujourd’hui à propos de cet épisode historique sordide afin de raviver la confiance dans le libre marché et de sauvegarder nos libertés.

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Les pouvoirs spéciaux accordés aux syndicats avec le passage du Wagner Act ont contribué à une vague de grèves militantes et à une « dépression dans la dépression » en 1937.

          Les États-Unis ont réussi à survivre autant à l’activisme de Hoover qu’au charlatanisme du New Deal de Roosevelt. Désormais, la tradition américaine de liberté attend d’être redécouverte par une nouvelle génération de citoyens. Cette fois-ci nous n’avons rien à craindre sauf les faussetés et les idées reçues.

 

16. “FDR’s Disputed Legacy”, p. 24.up.jpg
17. Sennholz, p. 210.up.jpg
18. Lewis W. Douglas, The Liberal Tradition: A Free People and a Free Economy, tel que cité dans “Monetary Central Planning and the State, Part XIV: The New Deal and Its Critics”, par Richard M. Ebeling dans Freedom Daily, février 1998, p. 12.up.jpg
19. Friedman et Schwartz, p. 330.up.jpg
20. Jim Powell, FDR’s Folly: How Roosevelt and His New Deal Prolonged the Great Depression, New York, Crown Forum, 2003, p. 32.up.jpg
21. John Morton Blum, From the Morgenthau Diaries: Years of Crisis, 1928-1938, Boston, Houghton Mifflin Company, 1959, p. 70.up.jpg
22. Anderson, p. 315.up.jpg
23. “FDR’s Disputed Legacy”, p. 24.up.jpg
24. Anderson, p. 336.up.jpg
25. Ibid., p. 332-334.up.jpg
26. “FDR’s Disputed Legacy”, p. 30.up.jpg
27. John T. Flynn, The Roosevelt Myth, Garden City (NY), Garden City Publishing, 1949, p. 45.up.jpg
28. C. David Tompkins, Senator Arthur H. Vandenberg: The Evolution of a Modern Republican, 1884-1945, East Lansing (MI), Michigan State University Press, 1970, p. 157.up.jpg
29. Ibid., p. 121.up.jpg
30. Albert J. Nock, “Our Enemy, the State”, Chapitre 1, Section IV (disponible à www.barefootsworld.net/nockets1.html).up.jpg
31. Martin Morse Wooster, “Bring Back the WPA? It Also Had A Seamy Side”, The Wall Street Journal, 3 septembre 1986, p. A26.up.jpg
32. Ibid.up.jpg
33. Johnson, p. 762.up.jpg
34. Sennholz, p. 212-213.up.jpg
35. William E. Leuchtenburg, Franklin D. Roosevelt and the New Deal, 1932-1940, New York, Harper and Row, 1963, p. 242.up.jpg
36. Ibid., p. 183-184.up.jpg
37. Robert Higgs, “Regime Uncertainty: Why the Great Depression Lasted So Long and Why Prosperity Resumed After the War”, The Independent Review, vol. I, no 4, Printemps 1997, p. 573.up.jpg
38. Gary Dean Best, The Critical Press and the New Deal: The Press Versus Presidential Power, 1933-1938, Westport (CT), Praeger Publishers, 1993, p. 130.up.jpg
39. Ibid., p. 136.up.jpg
40. Burton Folsom, “What’s Wrong With The Progressive Income Tax?”, Viewpoint on Public Issues, no 99-18, 3 mai 1999, Mackinac Center for Public Policy, Midland (MI).up.jpg
41. Ibid.ibre.org/07/up.jpg" border="0" height="8" hspace="5" width="11" alt="up.jpg" />
42. Higgs, p. 564.up.jpg
43. Cité dans Herman E. Krooss, Executive Opinion: What Business Leaders Said and Thought on Economic Issues, 1920s-1960s, Garden City (NY), Doubleday, 1970, p. 200.up.jpg
44. Higgs, p. 577.up.jpg
45. Blum, p. 24-25.up.jpg

Crédits des photographies: e) Roosevelt, Library of Congress, Prints and Photographs Division [LC-USZ62-117121 DLC]. f) Roosevelt, Franklin D. Roosevelt Library and Museum. h) Bridge, Library of Congress, Prints and Photographs Division, Historic American Buildings Survey or Historic American Engineering Record, Reproduction Number [HAER, TEX, 42-VOS. V, 4-]. j) Steel Mill, Library of Congress, Prints and Photographs Division, Theodor Horydczak Collection [LC-H814-T-0601 DLC]. k) Supreme Court Building, Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSAOWI Collection, [LC-USF34-005615-E DLC]. l) Strikers, Archives of Labor and Urban Affairs, Wayne State University.


 


 Le mythe du New Deal    
Par Florin Aftalion   
28 janvier 2009
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LE FIGAROLe New Deal a-t-il mis fin à la Grande Dépression des années 1930?

Contrairement à un mythe largement répandu, la réponse est non. L’évolution du chômage au cours des années 1930 le prouve. Alors qu’il avait frisé les 25% en 1933, première année de présidence de Franklin D. Roosevelt, il était encore de 15% à la fin de son premier mandat. Puis 1937 connaît une rechute brutale des conditions économiques – une crise dans la crise – le chômage remontant à 19%. En 1940 il est encore supérieur à 10%. Force est donc de constater que la dépression s’est prolongée durant des années malgré, ou à cause pensent aujourd’hui de nombreux économistes, de la politique du New Deal.

En annonçant dans l’enthousiasme du congrès démocrate de l’été 1932 son New Deal, le candidat Roosevelt ne savait pas en quoi celui-ci pouvait bien consister. Une fois élu, il chercha des idées auprès de ceux qu’il considérait comme les “meilleurs” experts. Des opinions de ce Brain Trust (l’expression date de cette époque) le nouveau Président tira la conviction, qui avait déjà était celle de son prédécesseur Hoover, que l’Amérique faisait face à un problème de surproduction, lui-même dû à un excès de concurrence.

Pour sortir de la crise, il fallait, toujours selon les mêmes experts, que l’Etat force les prix, en particulier ceux des produits agricoles, et les salaires à augmenter. Afin d’atteindre cet objectif, l’industrie fut cartellisée, des prix et des salaires minimum imposés, des récoltes détruites, des millions de bestiaux abattus, des agriculteurs payés à ne rien faire. Dans cette logique absurde, les biens produits aux Etats-Unis devenant, pensait-on, trop chers par rapport à ceux provenant de l’étranger il était nécessaire de les “protéger”. Aussi les hauts tarifs douaniers votés sous Hoover, l’une des causes de l’aggravation de la Grande dépression, au lieu d’être supprimés furent maintenus. En réalité, contrairement aux prévisions, les salaires artificiellement élevés aggravèrent le chômage, les dépenses des ménages diminuèrent et les agriculteurs virent leurs revenus fondre. Les subventions versées généreusement aux “victimes de la crise” et les grands travaux publics (qui avaient déjà été lancés par l’administration Hoover, sans sortir l’Amérique de la crise) grevèrent lourdement le budget de l’Etat: ses dépenses doublèrent.

Comme le Président Roosevelt aurait voulu équilibrer ses budgets, des impôts nouveaux furent créés, les anciens alourdis. Au total les charges fiscales furent triplées, le taux marginal sur le revenu passant à 90%. Mais les déficits ne purent être évités tant les dépenses de l’Etat étaient gigantesques. Ils restaient cependant beaucoup trop faibles aux yeux de Keynes qui en critiqua l’insuffisance (Roosevelt, qui le considérait comme un mathématicien et non comme un économiste, ne l’écouta pas). Un mythe dans le mythe consiste à croire que le New Deal fut d’inspiration keynésienne. Nous venons de voir de que cela est inexact. La politique de Roosevelt consista en fait en une série de réformes improvisées et désordonnées s’appuyant sur une rhétorique anti-business et des interventions législatives brutales que la Cour suprême finit par déclarer inconstitutionnelles.

Il en résulta un climat d’incertitude telle que les entreprises arrêtèrent d’investir. L’économie qui était répartie au début de l’année 1933 stagna en 1934 et 1935 sous l’effet du New Deal. Puis, la FED ayant laissé croître la masse monétaire gonflée surtout par les mouvements de capitaux internationaux, l’économie américaine repartit vigoureusement en 1936. Ce qui fit craindre une poussée inflationniste et incita la Banque Centrale à freiner la croissance monétaire. D’où la crise dans la crise mentionnée plus haut. Finalement, ce fut sans doute la guerre qui mit fin à la Grande dépression. D’une part en créant une pénurie de main d’œuvre par la mobilisation de dix millions de GI's et d’autre part en chargeant le secteur privé de produire le matériel de guerre, ses dirigeants revenant à cette occasion conduire la politique économique du pays à la place des idéologues des années précédentes.

Nous voyons que loin d’avoir sorti l’Amérique de la dépression la politique du New Deal l’y a enfoncée! Pour sept ans d’après une étude récente. Espérons que Barak Obama que certains se plaisent à comparer à son illustre prédécesseur démocrate n’en suivra pas les errements.


Florin Aftalion, professeur émerite à l'ESSEC, est Fellow à l'Atlantis Institute


Qui a déclaré : « Nous avons essayé de dépenser de l’argent. Nous dépensons plus que nous n’avons jamais dépensé et ça ne marche pas…Nous n’avons jamais tenu nos promesses…Après huit années au pouvoir nous avons autant de chômeurs que lorsque nous avons commencé…Et une dette gigantesque en plus ! » . Réponse : Henry Morgenthau, le secrétaire d'état au Trésor du Président Roosevelt, en 1939. A l'heure où les dirigeants politiques du monde entier replongent avec délices dans les excès d'une politique keynésienne, ils feraient bien de méditer sur cet aveu d'échec de celui qui fut l'un des grands architectes du New Deal américain de l'entre-deux-guerre. Ils pourraient ainsi faire sans doute l'économie de bien des déceptions.

Le 30 mars dernier, le Professeur Florin Aftalion était l'invité de l'Institut Turgot, dans ses locaux du 35 avenue Mac Mahon. Au cours d'une intervention passionnante, très iconoclaste et fort bien documentée, il nous a expliqué que, contrairement à des idées largement répandues, le New Deal du Président Roosevelt, non seulement n'a pas mis fin à la Grande Dépression, mais l'a gravement prolongée.

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