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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 09:17

11 Septembre : les théories du complot sans fondement scientifique

Jérôme Quirant | Enseignant-chercheur en Génie Civil

Avec le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 les théories conspirationnistes vont refleurir. Pour asseoir leur crédibilité, les partisans de ces thèses alternatives – affirmant, par exemple, que les tours du World Trade Center auraient été piégées avec des explosifs – s’appuient sur un mensonge éhonté.

Ils prétendent en effet qu’il existerait un débat au sein de la communauté scientifique sur les causes réelles des effondrements. Qu’en est-il vraiment ?

Dix ans après les faits, une documentation scientifique impressionnante a été publiée sur le sujet : des rapports des organismes américains en charge de l’enquête technique (Fema, Nist), mais aussi des dizaines de publications indépendantes dans les plus grandes revues scientifiques du domaine.

Ce sont près de 15 000 pages au total, rédigées par des centaines de spécialistes du calcul de bâtiments ou de l’expertise des accidents, ce qu’on appelle l’ « ingénierie forensique ».

Les spécialistes d’accord sur les causes de l’effondrement

Ces avis circonstanciés, et indépendants, ont permis d’établir les causes les plus probables de ces effondrements. Les crashs ont certes affaibli la structure des tours, mais c’est surtout la destruction totale ou partielle des protections incendies (actives ou passives) qui a accéléré et accentué les effets des feux sur les éléments porteurs, jusqu’à la catastrophe finale.

Ce phénomène est expliqué en détails sur le site Attentats du 11/9 : mythes et légendes et dans mon livre « La Farce enjôleuse du 11-Septembre ».

Non seulement aucune voix dans la communauté n’est venue contester les grandes lignes de ces conclusions, mais les résultats ainsi établis servent actuellement de modèles pour les nouveaux codes de calcul développés.

Lors du dernier congrès Structural Engineering World Congress (SEWC) réunissant les ingénieurs et les scientifiques qui font du calcul de structures, différentes sessions étaient consacrées aux immeubles de grande hauteur (IGH). Les études menées sur les tours du WTC y étaient citées comme des référence.Aucun scientifique ne s’est levé dans la salle de conférence pour les remettre en cause.

L’avis des scientifiques français tout aussi unanime

Un numéro spécial de la revue Science et pseudosciences, éditée par l’Association française pour l’information Scientifique (Afis), a donné la parole, en juin 2011, à ce qui se fait de mieux en France en termes de recherche scientifique dans le domaine du génie civil.

Des personnes responsables, dans les plus grands organismes français, des services travaillant spécifiquement sur le calcul de structures en situation d’incendie, ont expliqué les conclusions des études sur les effondrements des tours du WTC. Ce sont par exemple Pierre Carlotti du CSTB, ou Joël Kruppa et Bin Zhao du CTICM.

Les responsables des associations françaises regroupant les scientifiques du génie civil (Denys Breysse de l’ AUGC et Jean-Pierre Muzeau de l’APK) ont également donné leur avis. Leur conclusion est claire et unanime : les théories alternatives n’ont pas de fondement scientifique.

D’autres thématiques sont également traitées dans le dossier de l’Afis(mécanique, métallurgie, aéronautique, chimie des explosifs...), mais il reste néanmoins accessible à des non-spécialistes : un effort tout particulier a été porté sur la vulgarisation et la pédagogie.

Deux sociologues, Valery Rasplus et Gérald Bronner, y analysent aussi la genèse du mouvement conspirationniste sur le 11-Septembre et les raisons de la propagation de ces rumeurs, malgré l’indigence scientifique des arguments avancés.

Une contestation virulente… par des experts autoproclamés.

En dépit de ce consensus général, quelques obstinés, le plus souvent impliqués dans des mouvements politiques ou ésotériques, dénoncent ces conclusions. Bien qu’ils ne soient pas du tout spécialistes du domaine et qu’ils n’aient jamais rien publié dans des revues scientifiques de génie civil ni avant, ni après le 11-Septembre, ils se permettent de critiquer, accuser, juger.

Pour eux, les scientifiques du monde entier travaillant dans le domaine du calcul de structures seraient les complices du Grand Complot, camouflant une démolition contrôlée à l’explosif des tours du WTC.

Passons sur l’accusation infâmante. Ce qu’il faut surtout souligner, c’est la tromperie manifeste de ces contestataires concernant leur compétence réelle. Parmi eux, Richard Gage, un architecte américain leader du mouvement, a fait signer une pétition à 1 500 architectes et ingénieurs, affirmant que les enquêtes réalisées sont mensongères et devraient être reprises à zéro.

Or, aucun architecte ne fait le calcul de structure d’un immeuble de cette hauteur, ce n’est tout simplement pas dans ses compétences. Ce corps de métier représente néanmoins 500 signataires environ de la pétition, y compris... des architectes d’intérieur !

Sur les 1 000 pétitionnaires restants, la plupart n’ont aucune compétence en calcul de structure de bâtiment : ce sont des ingénieurs en mécanique auto ou avion, électronique, informatique, hydraulique…

Quant aux 50, grand maximum, qui semblent avoir un jour pratiqué le calcul de structure de bâtiments, on ne sait s’ils ont un jour dimensionné autre chose qu’un hangar agricole. Un chiffre à comparer aux dizaines de milliers qui travaillent dans des bureaux d’étude par le monde.

Une méconnaissance de la répartition des rôles

En outre, ces personnes jouent de manière cauteleuse sur la méconnaissance par le grand public du rôle dévolu à chaque intervenant dans le processus de construction.

Ainsi, les ingénieurs impliqués ont surtout pour rôle d’appliquer des règles permettant de s’assurer que le bâtiment ne s’effondre pas, dans le cadre d’un usage « normal » ou lors d’un accident « modéré ». Il n’a jamais été dans leur attribution, ni compétence, d’évaluer les limites des règles ou codes de calcul qu’ils appliquent (établis, eux, par les scientifiques), donc de la limite conduisant effectivement à la ruine de leur construction.

Cette pétition relève donc bien d’une magnifique escroquerie intellectuelle : les signataires ne possèdent tout simplement pas l’expertise pour apprécier, et encore moins remettre en cause, ce qui a été produit et validé par l’ensemble de la communauté scientifique.

Des débats qui n’ont rien de scientifique

Telle une litanie, chaque année à la date anniversaire des attentats, les partisans des thèses alternatives réclament des débats publics, exigeant même qu’ils soient filmés. Mais les débats scientifiques ne se font pas devant les caméras, mais bien dans des revues scientifiques, au travers de publications vérifiées et reconnues par les pairs.

Par ailleurs, on ne peut débattre avec des affabulateurs qui n’ont que leur rhétorique – incontestablement très bien huilée – à opposer aux arguments scientifiques.

Bien que des conférences soient encore organisées, même en 2010, pour remettre au goût du jour le géocentrisme, il n’y a pas de débats télévisés, par exemple, pour savoir si c’est la Terre qui tourne autour du Soleil ou l’inverse.

Bien qu’il s’en défende, le « 911 Truth Movement » relève de la même dialectique : remettre en cause des résultats scientifiques établis, en leur opposant de simples croyances. Il n’y a rien de scientifique dans cette démarche.



11 septembre : Qui finance le complot sur le web ?

attentat_11_septembre_911_ 

En cette période de commémoration du 11 septembre, une vidéo retrace les financements des mouvements conspirationnistes. Une vidéo essentielle pour comprendre les liens qui existent entre le Hezbollah, Thierry Meyssan et des négationnistes de la Shoah, un bouillon de culture délirant démonté en trois parties. 

Sur la base d’un antiaméricanisme virulent, les thèses conspirationnistes ont eu un véritable succès dans le monde arabe.

 

 

Par Laurent Joffrin

Pourquoi les complotistes sont des ennemis de la démocratie
Avertissement : le texte qui suit a été publié l'année dernière, à l'occasion du dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. Il nous a semblé intéressant de le reproduire ici en intégralité tant il rompt, par son ton résolument engagé, avec un air du temps marqué par un relativisme ayant pour effet de renvoyer dos à dos la minorité agissante et organisée des militants conspirationnistes, et la poignée de ceux qui questionnent leurs croyances - NDLR.

Dix ans après, les citoyens internautes attachés aux valeurs démocratiques devraient au moins se mettre d’accord sur un point : le seul complot qui émerge de l’affaire du 11 septembre, c’est celui des conspirationnistes qui empoisonnent la mémoire de ce cruel événement et cherchent à faire passer le gouvernement américain de l’époque, fort critiquable par ailleurs, pour une bande d’assassins cyniques et irresponsables.

On dira que c’est déjà faire la part belle à ces délires que de leur consacrer un article. Peut-être, mais lorsque l’on tape "11 septembre" sur le moteur de recherches Google - qui devrait avoir honte de sa complaisance, hypocritement cachée derrière une soi-disant neutralité technique - la moitié des occurrences qui apparaissent sur la première page émanent de groupes ou d’auteurs qui remettent en question l’explication raisonnable et étayée de l’événement, au profit d’élucubrations louches et insinuantes. Il faut donc revenir encore une fois sur ce dossier pour en rappeler les données de base fournies par l’examen froid des éléments factuels.

1) Les contestataires parlent d’une "thèse officielle". Avant de l’examiner, il faut rappeler avec force que ce vocable a pour fonction unique de nier la légitimité des enquêtes effectuées, non seulement par les autorités américaines, mais aussi par une multitude de journalistes indépendants et reconnus, travaillant dans les meilleurs journaux, et par une myriade d’experts respectés qui n’ont aucun intérêt dans l’affaire, ni le moindre lien avec le gouvernement de Washington. Il faut aussi dire très haut que les contempteurs de la « thèse officielle » sont infiniment moins crédibles que ceux qui la défendent. Il suffit pour s’en convaincre de se remémorer leurs incroyables errements.

Le plus connu des négationnistes s’appelle Thierry Meyssan. Il a acquis la célébrité en niant qu’un avion de ligne se soit jamais écrasé sur le Pentagone. Armé de deux ou trois photographies de débris, mesurant la brèche faite dans le mur du bâtiment, nettement plus étroite que l’envergure de l’avion projeté sur le siège du ministère américain de la Défense, Meyssan a proclamé à tous vents que le Pentagone avait été endommagé non par l’avion du vol American Airlines 77, mais par un missile bourré d’explosif.

Une fois cette baliverne exposée – et vendue à des centaines de milliers d’exemplaires dans le monde - l’imagination pouvait battre la campagne : si on avait menti sur la nature du projectile, suggérait-il, c’est qu’on cherchait à camoufler une vérité monstrueuse, à savoir que l’attaque contre le Pentagone avait été perpétrée, non par Al Qaida, mais par une organisation militaire agissant secrètement. Et quelle organisation pouvait mener à bien cette opération au cœur des Etats-Unis, sinon l’armée américaine elle-même ? Ainsi, à partir de deux ou trois arguments techniques non-vérifiés, on formulait l’accusation décisive qui allait devenir le leitmotiv explicite ou implicite des négationnistes du 11 septembre : le gouvernement américain a lui-même organisé les attentats du 11 septembre pour justifier les guerres d’Afghanistan et d’Irak.

Or, au moment même où Meyssan développait son argumentation délirante, les agents du FBI retrouvaient dans les décombres du Pentagone les corps déchiquetés des passagers du vol 77, rassemblaient les objets personnels des victimes pour les rendre à leur famille et ramassaient un à un les débris de l’appareil, y compris les boîtes noires de l’avion dont les négationnistes affirmaient qu’elles n’existaient pas. Pour quiconque examine honnêtement le dossier, l’évidence s’impose : le vol 77 a bien été détourné et il s’est bien écrasé sur le Pentagone, là où des dizaines de témoins l’ont vu voler en rase motte avant de percuter le mur d’enceinte. Les noms des victimes sont connus, leurs familles apparaissent régulièrement dans des émissions consacrées au 11 septembre, les preuves de l’attentat du Pentagone sont surabondantes et incontournables. Et la largeur du trou ? Dans un choc de cette violence, l’appareil se désintègre entièrement, ce qui explique fort bien l’étroitesse de la brèche au point d’impact.

Autrement dit, non seulement Meyssan trompait les millions de téléspectateurs qui l’ont vu déblatérer sans contradicteur à l’invitation de Thierry Ardisson – jour noir dans l’histoire de la télévision française – mais il insultait aussi les familles des victimes, frappées par un deuil aussi absurde que cruel pour être ensuite niées et salies par un escroc intellectuel sans foi ni loi. Ceux qui pourraient encore douter de la réalité de cet événement se reporteront au documentaire réalisé pour France 3 par Daniel Leconte et diffusé jeudi dernier.

2) Cet exemple n’est pas choisi au hasard : la technique de Meyssan se retrouve peu ou prou dans tous les articles, les livres ou les films issus des milieux négationnistes. Au lieu d’aborder sans préjugé l’ensemble du dossier et de rechercher les faits les plus sûrs pour explorer ensuite les zones d’ombre, on inverse le processus. On passe sous silence les preuves les plus flagrantes et on se concentre sur quelques éléments bizarres, inexpliqués ou douteux, de manière à jeter la suspicion sur l’ensemble de l’affaire. Meyssan fait abstraction des passagers, de l’itinéraire de l’avion, des débris retrouvés, de la personnalité du pilote, des témoins qui ont vu l’avion.

Il se contente de mesurer un trou dans un mur et de reproduire des photos chipées sur Internet. Une fois ces éléments isolés, il range tous les autres arguments, quelle que soit leur évidence factuelle, sous l’étiquette dépréciative de "thèse officielle", version par définition mensongère, bien moins excitante, de surcroît, que l’hypothèse d’un complot ténébreux.

3) Cette tricherie logique, qui consiste à retenir les seuls éléments qui vont dans le sens du complot, comme on le voit dans le film conspirationniste "Loose Change", si prisé des internautes, est enrobée dans des arguments de vraisemblance, qui impressionnent souvent les gogos de Google.

Il est invraisemblable, dit-on, qu’une poignée de terroristes armés de cutters aient pu perpétrer un attentat de cette ampleur ; il est invraisemblable que l’US Air Force n’ait pas intercepté les avions ; il est invraisemblable que ces tours aient pu s’effondrer aussi vite, alors que les gratte-ciels incendiés ailleurs sont toujours restés debout ; il est invraisemblable qu’un terroriste inexpérimenté ait pu piloter un Boeing avec autant de précision ; il est invraisemblable que le troisième immeuble du World Trade Center (WTC 7) soit tombé lui aussi, alors qu’aucun avion ne l’a percuté. Certes, mais cela s’est produit.

Quelle est la thèse opposée, celle des conspirationnistes ? Ils affirment ou bien sous-entendent avec insistance que le gouvernement américain est à l’origine des attentats. Mais alors qu’ils sont intarissables sur l’invraisemblance de la « thèse officielle », ils n’examinent jamais la vraisemblance de leurs propres affirmations.

Or pour que le 11 septembre fût l’œuvre des autorités américaines, il eût fallu :

- que le commando ait été manipulé par les services secrets américains
- que l’US Air Force ait été prévenue pour laisser passer les avions
- que l’armée américaine ait organisé le tir meurtrier sur le Pentagone
- que les tours aient été préalablement minées par telle ou telle branche des services secrets
- que le Président, ses principaux collaborateurs et des responsables très haut placés dans la hiérarchie militaire et dans celle du renseignement soient du complot
- que les experts officiels et la commission désignée pour enquêter soient également complices

Bref, il fallait que les autorités élues de la plus grande démocratie du monde aient décidé d’assassiner plus de trois mille compatriotes pour justifier une guerre lointaine et incertaine, et donc que des dizaines, voire des centaines de personnes soient impliquées dans ce qui serait une des plus grandes infamies de l’Histoire, au risque de voir un jour l’un de ces exécuteurs se livrer à une confession publique qui enverrait immanquablement en prison ceux qui l’ont ordonnée.

Est-ce vraisemblable ?

4) Quittons maintenant le terrain de la vraisemblance pour rappeler les faits.

- Au matin du 11 septembre, dix-neuf terroristes répartis en quatre groupes ont bien pris place à bord de quatre vols civils réguliers. Dûment enregistrés, ils ont été filmés par les caméras de surveillance et leurs noms sont connus. Leurs itinéraires de djihadistes ont été maintes fois explorés par desdizaines de spécialistes reconnus, dans le gouvernement et en dehors de lui. Il ne fait aucun doute qu’ils appartenaient à Al Qaida.

- Une fois les détournements enclenchés, plusieurs témoignages irréfutables transmis par les téléphones de bord ont décrit le modus operandi des hommes qui ont pris le contrôle des appareils. Ils ont bien mené leur opération à l’aide d’armes blanches ; ce sont bien eux qui pilotaient les avions qui se sont écrasés.

- Le témoignage visuel, l’examen des débris et l’analyse des restes humains démontrent que ce sont bien ces quatre appareils qui se sont écrasés sur le World Trade Center, sur le Pentagone, et au milieu d’un champ de Pennsylvanie.

- Des centaines de témoignages irréfutables montrent que les autorités américaines – aviation civile, US Air Force, services secrets, Pentagone et gouvernement – ont été prises au dépourvu, qu’elles ont réagi dans le désordre et que cette désorganisation explique largement la réussite de l’attentat, ainsi que l’embarras et les incertitudes qui ont ensuite caractérisé les réactions officielles. Nul besoin d’un complot pour éclairer le comportement de l’administration Bush.

- L’effondrement des tours reste une étrangeté en comparaison des incendies qui ont pu atteindre d’autres immeubles de ce genre par le passé. Mais aucun de ces immeubles qui sont restés debout ailleurs n’avait été percuté par des Boeing bourrés de kérosène. Les experts se divisent sur l’explication de cette chute dramatique, la majorité estimant que le choc initial et la chaleur de l’incendie suffisent à expliquer la catastrophe. Une minorité d’entre eux, annexés par les conspirationnistes, suggèrent que les immeubles étaient probablement minés. Mais aucun d’entre eux n’a jamais pu apporter la moindre preuve de la présence d’explosifs à la base des tours.

On produit les témoignages de certaines personnes présentes qui ont pu entendre des déflagrations au niveau du sol. Mais ces explosions peuvent s’expliquer par tout autre chose, par exemple l’écoulement du kérosène qui finit par exploser une fois parvenu en bas des immeubles. Dans le cas du WTC 7, la troisième tour, les vidéos enregistrées démontrent qu’on n’a entendu aucune explosion avant l’effondrement de l’immeuble sur lui-même.

Autrement dit, il reste des zones d’ombre : il y en a dans tous les grands événements historiques. Mais des faits massifs, évidents, établis, démontrent qu’il s’agit bien d’un attentat islamiste organisé de longue main par un groupe terroriste originaire du Moyen-Orient et destiné à porter le djihad mondial à un niveau inédit. Le gouvernement américain est sans doute coupable d’imprévoyance et l’impréparation, alors que les services secrets avaient lancé des avertissements très clairs. Il n’est en aucun cas à l’origine de l’opération.

Ainsi, consciemment ou inconsciemment, les complotistes abusent le public, profitant du relativisme régressif qui sévit si souvent sur Internet et dans la tête d’une partie de l’opinion. Ils tendent à accréditer l’idée que les grandes démocraties sont des théâtres d’ombre agis par des forces obscures, où le citoyen est un pion dans un jeu qui le dépasse de très loin. La fonction politique de ces thèses délirantes est évidente : détruire la confiance des citoyens dans leurs propres institutions, accréditer l’idée que les démocraties, après tout, ne sont pas plus fiables ou morales que les dictatures ; légitimer par contrecoup les thèses extrêmes, de droite ou de gauche.

Les négationnistes du 11 septembre sont des ennemis de la démocratie ou, au mieux, les idiots utiles de l’extrémisme. Ils doivent être dénoncés comme tels.

Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 00:41

Deux ou trois choses sur...

Mitterrand pendant la deuxième guerre mondiale

lundi 14 avril 2008 - Copeau

On a souvent rappelé le passé vichyste de Mitterrand. Mais il y a en revanche un passé que l’on refuse communément de ranimer : celui de tous ceux qui, depuis des décennies, oui des décennies, ont tenté - sans succès - de faire jour à toutes ces réalités. Il est quelque peu étrange que nos dirigeants politiques, toute tendance confondue d’ailleurs, n’aient découvert la réalité d’un personnage tout de même chef de l’Etat qu’une petite année au plus avant la fin de son mandat. Alors que nombreux sont ceux qui, preuves à l’appui, avaient martelé des années durant ledit passé.

Juste un exemple, un seul : en 1984, Madelin, Toubon et D’Aubert ont tenté, à la tribune de l’Assemblée nationale, de rappeler cette période trouble. "Dans sa notice biographique de 1945, François Mitterrand se présente comme éditeur alors qu’il n’était que le directeur de la revue "Votre beauté". Je laisse aux historiens le soin de retrouver qui était le propriétaire de cette revue" dit Madelin. Mais ce 2 février 1984, alors que pleuvent les injures dans ce débat sur le nouveau statut de la presse, on n’en saura pas plus. On rappelle la demande de reparution de l’Humanité en 1940, les activités d’Hersant pendant l’Occupation. On nage dans le surréalisme, on croirait entendre des querelles de gosses où s’échangent, mêlées, injures et menaces.

C’est là que le drame éclate : on a mis en cause le passé de Mitterrand lui-même. Epouvantable, crime de lèse-majesté. Fillioud s’étrangle à moitié et quitte la séance qui est aussitôt levée. Les trois députés de l’opposition sont sanctionnés, cas unique dans les annales de la Ve République, par le président de l’Assemblée, Louis Mermaz, qui est d’ailleurs, faut-il le rappeler, professeur agrégé... d’Histoire.

Mitterrand manifeste avec l'Action Française en 1935

Qui était donc le propriétaire de cette revue ? Il s’agit d’Eugène Schueller, un industriel créateur de l’Oréal. Schueller a été l’un des financiers de la Cagoule, l’un des fondateurs du MSR (Mouvement social révolutionnaire, ultra-collaborationniste sous l’Occupation) et l’un des artisans de la liste d’Action et d’unité républicaine qui verra, en 1946, Mitterrand entrer en politique.

La Cagoule est une poignée d’hommes appartenant soit aux affaires, soit à l’armée, et contrôlant diverses organisations civiles et militaires créées pour prévenir et éventuellement combattre un complot communiste. En 1937, la trahison d’un des membres de l’organistion permet son démantèlement. Des dizaines d’hommes sont arrêtés, des centaines d’armes saisies, des projets de coups d’Etat mis au jour et plusieurs affaires criminelles sont tirées au clair. Le Front populaire s’empare bien entendu de ce dossier avec délice. On crie au fascisme, on révèle l’imminence d’un coup d’Etat, on s’inquiète des complicités au plus haut niveau. On dénonce les objectifs antisémitiques, antimaçonniques et anticommunistes de l’organisation. On accuse l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste de financer la Cagoule.

Quant au MSR, son programme, résumé par Eugène Deloncle, prône "L’Europe nouvelle, l’Europe nationale-socialiste que rien n’arrêtera. Elle sera nationale, cette nouvelle Europe, parce que, dans la nouvelle extension des groupements humains, la nation reste l’unité de base, la cellule élémentaire du monde nouveau. Elle sera socialiste, parce que les progrès de la technique moderne ont créé des sommes de richesse dont la production disciplinée permet au plus humble travailleur de participer largement au bien-être général. Elle sera raciste enfin, cette nouvelle Europe, parce que l’anarchie économique et la division politique n’ont jamais servi que les intérêts d’une seule caste : celle des Juifs, celle des banquiers internationaux dont la guerre est la principale source de profits".

Pour autant, ce n’est pas parce que l’on a été un temps l’employé d’un homme compromis que l’on est à jamais disqualifié. Mais en réalité, Madelin entendait ranimer par ce geste les spéculations déjà anciennes sur l’appartenance de Mitterrand à la Cagoule.

Une chose est sûre : toute la vie de Mitterrand est "encagoulée", si l’on ose dire. Parmi son entourage, ses amis, ses protecteurs, ses obligés, les cagoulards pullullent littéralement. Et il est remarquable que chacun des grands moments de son existence voit intervenir, tel le messager de la Providence, un cagoulard de haut grade.

Il faut dire tout d’abord que tous les cagoulard ne se sont pas engagés dans la collaboration. D’autres ont choisi la Résistance, en France ou à Londres. Pour la même raison, la Cagoule a joué un rôle capital dans l’organisation des relations entre Londres et Vichy. Et il est significatif de découvrir, par exemple, dans l’Histoire de la Résistance, que le cagoulard résistant Maurice Duclos, blessé lors d’un parachutage, fut recueilli et caché par le cagoulard vichyste Jeantet.

Mais Madelin n’a pas innové : plusieurs fois le bruit a couru. Le 27 juillet 1954, Jean-André Faucher, par ailleurs cousin éloigné de Mitterrand, écrit dans sa publication Lettre à un cousin : "Hier dans la cour du ministère de l’Intérieur, François Mitterrand célébrait la mémoire de Max Dormoy, le ministre qui fut assassiné par la Cagoule à Montluçon. Ceux qui, comme moi, ont reçu les confidences de certains policiers qui exploitèrent la liste Corre [...] ont le droit de sourire. Tout va si vite en France. Et ceux qui savent en quelles eaux politiques Mitterrand connut son ami, l’industriel Schueller, le beau-père de l’actuel ministre Bettencourt ; ceux qui savent que le cagoulard Méténier rencontre encore assez souvent François Mitterrand et qu’il travaille chez Schueller ; ceux qui savent que le cagoulard Jacques Corrèze doit sa situation qu’il a à Madrid à Schueller, ont le droit de se taper sur les cuisses...". Au moment de l’affaire des fuites, le député Legendre accuse, à la tribune, Mitterrand d’avoir été cagoulard. Il le connaît fort bien et depuis longtemps : avant-guerre, le second, jeune étudiant, venait suivre les cours d’orateur que le premier donnait à Paris pour le compte du mouvement des Croix de feu du colonel de la Roque. Gabriel Segonzac, qui fut détenu au Stalag IX A de Ziegenheim avec Mitterrand, écrit : "Je me souviens très bien d’y avoir vu un certain sergent d’infanterie coloniale nommé Mitterrand. Il se tenait à l’écart et passait pour être un cagoulard, on disait que le gouvernement de Vichy le réclamait pour lui donner la direction d’un service de prisonniers de guerre".


Pétain remet à Mitterrand la Francisque

 

Mais tentons de répondre à la question-clef : Mitterrand était-il lié à l’extrême-droite ?

L’intéressé s’en défend. Il prétend avoir eu quelque attirance pour le Sillon, mouvement chrétien d’inspiration vaguement socialiste fondé par Marc Sangnier et qui polémiquait viollement avec l’Action française. Seulement voilà, le vice-président de la Fédération nationale des étudiants, collégiens et lycéens d’Action française se souvient bien de lui avoir attribué une carte pour l’année scolaire 1934-35. Par ailleurs, une photo explicite ne prête pas à confusion. Mais plus intéressant encore, est la légende de cette photo publiée dans le Figaro et dans l’Echo de Paris le 2 février 1935. On y lit : "Les étudiants de toutes les facultés se formèrent alors en colonnes et, chantant la Marseillaise, criant "Aux Français la France !" et "conspuant les métèques", tinrent pendant près de quatre heures les boulevards Saint-Michel et Saint-Germain, sous l’oeil paterne des gardiens de la paix".

En 1934, François Mitterrand arrive à Paris et s’inscrit, nous l’avons vu, à l’Action française. Il ne reprendra pas sa carte à la rentrée suivante. On ignore pourquoi. Ce que l’on sait, c’est que justement, à ce moment-là, l’Action française a éclaté. A l’automne 1935, un groupe de camelots du roi, le 17e équipe, qui rassemble les militants du XVIe arrondissement, s’est mise en dissidence. C’est justement ce groupe qui va, avec Filliol, Méténier et Corrèze entre autres, constituer le noyau de la Cagoule. Il ira se mettre à la disposition de Deloncle qui en fera le fer de lance de son organisation. Quels rapports ont ces gens-là avec Mitterrand ? Son condisciple à Saint-Paul d’Angoulême, Bénouville, est très engagé dans le combat nationaliste. Après la défaite de 1940, il dirige L’Alerte, journal niçois véritable repaire de cagoulards puisqu’on y retrouve Claude Jeantet et, accessoirement, Claude Roy.. François Méténier est également un ami de Mitterrand. Les deux hommes sont inséparables bien que vingt ans les séparent. Mitterrand retrouvera Méténier à Vichy où ce dernier dirige les groupes de protection du maréchal. Enfin, Deloncle est également un ami de Mitterrand, ou plutôt un parent : le frère de François, Robert Mitterrand, a épousé la nièce de Deloncle, Edith Cahier.

Ces amitiés vont se montrer rapidement précieuses. On sait que l’évasion du sergent de la coloniale fut facilitée par Yves Dautun, ami et bras droit de Doriot dont il animait le journal L’Emancipation nationale. A la libération, Dautun fut sévèrement condamné et Mitterrand s’occupa de sa femme et de ses enfants pendant qu’il croupissait en prison. A l’époque où Dautun collaborait à L’Emancipation nationale, il avait parmi ses subordonnés un jeune cagoulard ami de Mitterrand : Claude Jeantet.

C’est que la Cagoule est un formidable embrouillamini : elle plaçait vraisemblablement ses pions dans tous les camps pour être assuré de conserver son influence quel que soit le vainqueur. On y trouve ainsi des collaborationnistes (Deloncle, Soulès, Corrèze, Méténier, Schueller, Jeantet), des résistants de Londres (Dewavrin, Beresnikov, Fourcaud, Duclos), des résistants de l’intérieur (Loustaunau-Lacau, Martin, di Borgo, Heurteaux). On voit ainsi le cagoulard Groussard fonder les groupes de protection du maréchal et le réseau de Résistance "Gilbert" ; le cagoulard Lemaigre-Dubreuil, aucien financier du journal de la Cagoule, L’Insurgé, soutenir le général Giraud, pendant que le cagoulard Passy-Dewavrin appuie de Gaulle ; le cagoulard Corrèze combattre sur le front de l’Est avant de rentrer en France pour faire de la résistance ; le cagoulard Deloncle fonder le MSR ultra-collaborationniste avant d’être abattu chez lui par la Gestapo.

Dans ce grouillement, dans ce véritable mouvement brownien d’intérêts, d’alliances, de trahisons, de revirements, la trajectoire en dents de scie, qui fait entrer Mitterrand à Vichy comme jeune fonctionnaire de l’Etat français avant de le conduire à Londre puis à Alger comme responsable autodésigné d’un mouvement de prisonniers, devient beaucoup plus facile à comprendre.

A Vichy, où il reçoit la Francisque, son parrain est Gabriel Jeantet, alias Gaby, un des chefs de la Cagoule. A Vichy toujours, il collabore à France - Revue de l’Etat français. Sa signature y voisine avec celle d’un cagoulard célèbre : Alexis Carrel ! Ce qui n’a rien d’étonnant si l’on songe que le rédacteur en chef de cette revue était Gabriel Jeantet.

Prisonnier réputé cagoulard, libéré grâce à la Cagoule, embauché à Vichy avec l’appui des Cagoulards, envolé à Londres par les filières de la Cagoule, Mitterrand gagne finalement Alger où il va rencontrer de Gaulle. Grâce à qui ? A Dewavrin !

Enfin une anecdote : en 1946, Schueller veut concrétiser ses rêves de pouvoir. Il finance des jeunes espoirs qu’il lance à l’assaut des circonscriptions. Pour le département de la Nièvre, Mitterrand sera son candidat. Voici sa profession de foi : "suppression des emplois inutiles", "blocage du salaire des fonctionnaires", réforme de la sécurité sociale écrasée par la bureaucratie", "non au déficit et à l’inflation", "non à la gabegie administrative", "non aux nationalistations", "non au parti communiste au pouvoir". Trente-cinq ans après, il devenait président de la République et appliquait un programme contredisant mot pour mot sa profession de foi de 1946.


Bon anniversaire, Tonton !

Publié le 9/05/2011

Une famille socialiste fébrile s’apprête à fêter mardi les 30 ans de la victoire de François Mitterrand, le 10 mai 1981, dont elle veut s’inspirer à un an d’une élection présidentielle jugée imperdable. Pas de gerbe pour cet anniversaire politique mais près de 200 événements dans toute la France, dont un concert place de la Bastille à Paris, où fut célébré le retour de la gauche au pouvoir dans une atmosphère d’euphorie, à l’orée de 14 années de présidence socialiste. Les premières décisions de l’ère Mitterrand, de l’abolition de la peine de mort à la décentralisation en passant par les radios libres, n’empêcheront pas une forte déception les années suivantes, sanctionnées dans les sondages et dans les urnes.

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 15:48

Elie Halévy

L'ère des tyrannies

(1936)

 


 

Note

Mémoire présentée à Paris à la séance de la Société française de Philosophie du 28 novembre 1936.

Dans cette mémoire Élie Halévy introduit des idées plutôt anti-conventionnelles, même aujourd’hui, sur la contradiction interne de la pensée et de l’action des socialistes, qui parlent de libération des individus et d’internationalisme au même temps qu’ils veulent homogénéiser tous sous le contrôle de l’état national. Le résultat c’est le socialisme national (ou national-socialisme) qui est encore l’idéologie préféré des intellectuelles de tous partis et de toute orientation (soi-disant gauche ou droite).  

 


 

M. ÉLIE HALÉVY, professeur à l'Ecole des Sciences politiques, a soumis sous ce titre à la Société française de Philosophie les considérations suivantes:

 

Le socialisme, depuis sa naissance, au début du XIXe siècle, souffre d'une contradiction interne. D'une part, il est souvent présenté, par ceux qui sont les adeptes de cette doctrine, comme l'aboutissement et l'achèvement de la Révolution de 1789, qui fut une révolution de la liberté, comme une libération du dernier asservissement qui subsiste après que tous les autres ont été détruits: l'asservissement du travail par le capital. Mais il est aussi, d'autre part, réaction contre l'individualisme et le libéralisme; il nous propose une nouvelle organisation par contrainte à la place des organisations périmées que la Révolution a détruites:

a) Le socialisme, sous sa forme primitive, n'est ni libéral, ni démocratique, il est organisateur et hiérarchique. Voir en particulier le socialisme saint-simonien;

b) La révolution socialiste de 1848 aboutit, par un double mouvement de réaction contre l'anarchie socialiste et de développement du principe organisateur que recèle le socialisme, au césarisme de 1851 (très influencé par le saint-simonisme);

c) A l'origine du socialisme démocratique allemand, il y a Karl Marx, internationaliste, fondateur de l'Internationale, et qui aspire à un état définitif du genre humain qui sera d'anarchie en même temps que de communisme. Mais il y a aussi Ferdinand Lassalle, nationaliste en même temps que socialiste, inspirateur direct de la «monarchie sociale» de Bismarck.

Ces remarques nous semblent trouver une confirmation sensationnelle dans l'évolution générale de la société européenne, depuis le début de la Grande Guerre et l'ouverture de ce que nous proposons d'appeler l'ère des tyrannies.

[Je me bornerai à dire deux mots sur les raisons qui m'ont amené à préférer le vocable « tyrannie» au vocable «dictature». C'est que le mot latin de dictature implique l'idée d'un régime provisoire, qui laisse intact, à la longue, un régime de liberté, considéré, malgré tout, comme normal. Tandis que le mot grec de tyrannie exprime l'idée d'une forme normale de gouvernement, que l'observateur scientifique des sociétés doit ranger à côté des autres formes normales: royauté, aristocratie, et démocratie. On ne saurait donc parler d'une «ère des dictatures». Il m'est apparu d'ailleurs - sans connaître suffisamment, je l'avoue, l'histoire du monde antique, mais je suis heureux d'avoir reçu, sur ce point, l'approbation sans réserve de Marcel Mauss - que les analyses complémentaires de Platon et d'Aristote sur la manière dont s'opéra dans le monde antique le passage de la démocratie à la tyrannie trouvent une application profonde aux phénomènes historiques dont nous sommes aujourd'hui les spectateurs.]

L'ère des tyrannies date du mois d'août 1914, en d'autres termes du moment où les nations belligérantes adoptèrent un régime qu'on peut définir de la façon suivante:

a) Au point de vue économique, étatisation extrêmement étendue de tous les moyens de production, de distribution et d'échange; - et, d'autre part, appel des gouvernements aux chefs des organisations ouvrières pour les aider dans ce travail d'étatisation - donc syndicalisme, corporatisme, en même temps qu'étatisme;

b) Au point de vue intellectuel, étatisation de la pensée, cette étatisation prenant elle-même deux formes: l'une négative, par la suppression de toutes les expressions d'une opinion jugée défavorable à l'intérêt national; l'autre positive, par ce que nous appellerons l'organisation de l'enthousiasme.

C'est de ce régime de guerre, beaucoup plus que de la doctrine marxiste, que dérive tout le socialisme d'après-guerre. Le paradoxe du socialisme d'après-guerre c'est qu'il recrute des adeptes qui viennent à lui par haine et dégoût de la guerre, et qu'il leur propose un programme qui consiste dans la prolongation du régime de guerre en temps de paix. Le bolchevisme russe a présenté, pour commencer, les caractères que nous disons. La Révolution russe, née d'un mouvement de révolte contre la guerre, s'est consolidée, organisée, sous la forme du «communisme de guerre» pendant les deux années de guerre avec les armées alliées qui vont de la paix de Brest-Litowsk à la victoire définitive des armées communistes en 1920. Un trait nouveau s'ajoute ici à ceux que nous avons définis plus haut. En raison de l'effondrement anarchique, de la disparition totale de l'État, un groupe d'hommes armés, animés par une foi commune, a décrété qu'il était l'État: le soviétisme, sous cette forme, est, à la lettre, un «fascisme».

Dans l'Europe centrale, c'est précisément le «fascisme», imitation directe des méthodes russes de gouvernement, qui a réagi contre l' «anarchie» socialiste. Mais il s est trouvé amené à constituer, sous le nom de «corporatisme», une sorte de contre-socialisme, que nous sommes disposé à prendre plus au sérieux qu'on ne fait généralement dans les milieux antifascistes, et qui consiste dans une étatisation croissante, avec collaboration de certains éléments ouvriers, de la société économique. Nous définirons de la manière suivante la contradiction interne dont souffre la société européenne. Les partis conservateurs demandent le renforcement presque indéfini de l'État avec la réduction presque indéfinie de ses fonctions économiques. Les partis socialistes demandent l'extension indéfinie des fonctions de l'État et, en même temps, l'affaiblissement indéfini de son autorité. La solution par conciliation, c'est le «socialisme national».

Quelles sont, pour les nouveaux régimes, les chances de propagation ultérieures? Quelles sont les possibilités de décomposition interne? Mais surtout, l'explication que nous avons tenté de donner à leur genèse, par la nature contradictoire de l'essence du socialisme, est-elle valable? Voilà les questions que nous soumettons à l'examen de la Société de Philosophie.

 


 

COMPTE RENDU DE LA SÉANCE

 

M. L. BRUNSCHVICG. - Messieurs, la séance d'aujourd'hui fait suite à un entretien que Xavier Léon avait organisé le 29 mars 1902. Le sujet en était: Le Matérialisme historique; l'interlocuteur principal, Elie Halévy; le protagoniste, Georges Sorel. Depuis lors, bien des événements se sont passés, auxquels n'a pas été étranger l'auteur des Illusions du Progrès et des Réflexions sur la violence.

 

M. Élie HALÉVY. - Nous reprenons, si on veut, l'entretien de 1902. Le sujet que je soumets à votre examen est cependant bien distinct de celui qui était soumis, en 1902, à l'examen de la Société de Philosophie. Il sera souvent question, aujourd'hui comme alors, de Marx et du marxisme. Mais ce sera sous un angle très différent. Il s'agissait alors, comme vous disait Brunschvicg, du « matérialisme historique », en d'autres termes d'une certaine interprétation philosophique de l'histoire qui n'est pas indissolublement liée à l'interprétation socialiste de l'histoire. Il s'agit aujourd'hui du socialisme pris en soi (et non pas exclusivement du socialisme marxiste), de sa destinée, et de la forme que prend son influence sur la destinée du genre humain.

J'ai l'intention d'être court, afin de laisser à autant de personnes que possible le loisir de parler après moi; et j'oserai, usurpant, si Brunschvicg le permet, sur ses fonctions présidentielles, demander à ceux qui me répondront de suivre sur ce point mon exemple, afin de laisser le débat se dérouler dans toute son ampleur. Je n'ai pas l'intention de répéter, encore moins de développer, le texte imprimé qui a été adressé à tous les membres de la Société. Je me bornerai, pour ouvrir le débat, à présenter quelques observations personnelles. Non que j'attache une importance spéciale à ma personnalité; mais pour encourager ceux qui parleront après moi à suivre mon exemple. De la confrontation de nos «expériences», il jaillira peut-être quelque lumière sur le gros problème qui ne peut manquer de passionner, ou tout au moins de troubler, les consciences de tous ceux qui sont ici.

Je vous rappellerai donc qu'en mars 1902, lorsqu'eut lieu la séance à laquelle Brunschvicg faisait allusion, il y avait quelques mois que j'avais commencé d'enseigner, à l'École des Sciences Politiques, l'histoire du Socialisme européen au XIXe siècle. Depuis le mois de novembre 1901, tous les deux ans, j'ai enseigné cette histoire. J'ai donc, pour parler de socialisme, non pas en partisan, mais en historien, une certaine compétence. Max Lazard, que je vois ici, et qui n'est plus un très jeune homme, a suivi ce cours voilà bien une trentaine d'années. Or, quelle était, en ce qui concerne le socialisme, mon attitude intellectuelle, lorsque j'acceptai d'entreprendre ce cours? Autant qu'il me souvient, voici:

Je n'étais pas socialiste. J'étais «libéral» en ce sens que j'étais anticlérical, démocrate, républicain, disons d'un seul mot qui était alors lourd de sens: un «dreyfusard». Mais je n'étais pas socialiste. Et pourquoi? C'est, j'en suis persuadé, pour un motif dont je n'ai aucune raison d'être fier. C'est que je suis né cinq ou six ans trop tôt. Mes années d'École Normale vont de l'automne 1889, juste après l'effondrement du boulangisme, à l'été de 1892, juste avant le début de la crise du Panama. Années de calme plat: au cours de ces trois années, je n'ai pas connu à l'École Normale un seul socialiste. Si j'avais eu cinq ans de moins, si j'avais été à l'École Normale au cours des années qui vont des environs de 1895 aux environs de 1900; si j'avais été le camarade de Mathiez, de Péguy, d'Albert Thomas, il est extrêmement probable qu'à vingt-et-un ans j'aurais été socialiste, quitte à évoluer ensuite, il m'est impossible de deviner en quel sens. Lorsque, appliquant à nous-mêmes les méthodes de la recherche historique, nous sommes amenés à découvrir les raisons de nos convictions, nous constatons souvent qu'elles sont accidentelles, qu'elles tiennent à des circonstances dont nous n'avons pas été les maîtres. Et peut-être y a-t-il là une leçon de tolérance. Si on a bien compris cela, on est conduit à se demander s'il vaut la peine de se massacrer les uns les autres pour des convictions dont l'origine est si fragile.

Je n'étais pas socialiste, et cependant j'avais déjà une connaissance assez approfondie du socialisme, tant par ce que je pouvais déjà observer en France que par ce que j'apprenais par mon expérience des choses anglaises. Il y avait déjà, à cette époque, trois ou quatre ans que je faisais en Angleterre des séjours prolongés et fréquents: et déjà je m'étais lié avec les deux personnalités éminentes que sont M. et Mme Sidney Webb, inspirateurs de la Société Fabienne. Je suis resté leur ami; et aujourd'hui, j'ai l'impression d'être leur contemporain; mais, dans ce temps-là, les dix années qui nous séparent comptaient beaucoup. J'étais un jeune homme de vingt-cinq, de trente ans, qui s'entretenait avec deux aînés âgés de trente-cinq, de quarante ans, ayant déjà écrit des ouvrages qui sont restés classiques. Je les écoutais donc avec respect; et ils m'expliquaient les principes de leur socialisme, qui était essentiellement antilibéral. Ils poursuivaient de leur haine non pas le conservatisme, le torysme, pour lequel leur indulgence était extrême, mais le libéralisme gladstonien. On était au temps de la guerre des Boers; et les libéraux avances, les travaillistes, qui commençaient à s'organiser en parti, prenaient tous, par générosité, par amour de la liberté et du genre humain, la défense des Boers contre l'impérialisme britannique. Mais les deux Webb, ainsi que leur ami Bernard Shaw, faisaient bande à part. Ils étaient impérialistes avec ostentation. L'indépendance des petites nations pouvait bien avoir du prix pour les tenants de l'individualisme libéral, mais non pour eux, précisément parce qu'ils étaient collectivistes. J'entends encore Sidney Webb m'expliquant que l'avenir était aux grandes nations administratives, gouvernées par des bureaux, et où l’ordre était maintenu par des gendarmes.

C’est peut-être leur faute si j’ai toujours été frappé par ce qu’il y avait d’illibéral dans l'idée socialiste. Deuxième accident dans l'histoire de la formation de mon esprit: tenez-en-compte si vous voulez comprendre, par leur origine, la nature de mes préjugés. Je fus donc amené, dans mon cours de l'École des Sciences Politiques, à insister sur certains aspects conservateurs qu'a présentés le socialisme européen au cours du dernier siècle; sur le socialisme autoritaire, monarchique ou chrétien; sur Napoléon III, subissant l'influence des saint-simoniens; sur Bismarck, subissant celle de Lassalle. Je n'insiste pas: je vous renvoie au texte qui est sous vos yeux.

Je reconnais, d'ailleurs, qu'aux environs de 1910 je fus troublé par le fait qu'en Angleterre les Webb semblaient s'être trompés, et se trompant, m'avaient trompé. Il s'était produit une violente révulsion libérale, qu'ils n'avaient point prévue; le nouveau libéralisme était fortement teinté de socialisme: et l'expérience Lloyd George, comme on dirait aujourd’hui, prouvait qu'on pourrait concevoir un radicalisme socialisant doué d'une vitalité très grande; - bref, cette conciliation entre socialisme et libéralisme, que les Webb tenaient pour impossible, devenait une réalité.

Mais la guerre est venue. A sa suite s'est ouvert ce que j'appelle l'ère des tyrannies. Les Webb et Bernard Shaw n’ont pas trahi les convictions de leur jeunesse; ils les trouvent vérifiées par les faits, et partagent leurs sympathies entre le soviétisme russe et le fascisme italien.

Voilà ce que je voulais vous dire, non pour justifier ma position, mais pour l'expliquer. J'ai procédé, pour vous la faire comprendre, non pas en doctrinaire, mais en historien. C'est de même en historien, - en historien philosophe, si vous voulez, et en me tenant autant que possible, et j'espère que vous suivrez mon exemple, au-dessus du niveau de la politique - que j'ai procédé pour définir cette «ère des tyrannies». Etes-vous d'accord, premièrement, après avoir lu le texte de ma communication, sur la réalité du phénomène historique qui en est l'objet? Et, deuxièmement, croyez vous que mon explication de ce phénomène soit plausible? Je vous laisse la parole.

 

M. Max Lazard reproche au conférencier d'observer les faits sociaux concrets «non pas directement, mais dans le miroir de certaines doctrines les concernant». Élie Halévy reprend la parole en ces termes:

Max Lazard vient de présenter de très intéressantes observations, qui portent sur une question de méthode, et auxquelles il m'est difficile d'improviser une réponse. Voici cependant les réflexions qui, tout de suite, me sont venues à l'esprit pendant que je l'écoutais.

En premier lieu, je ne me sens pas disposé à nier, aussi catégoriquement qu'il a paru le faire, l'influence des doctrines sur l'histoire, et, plus directement, sur les hommes qui ont joué un grand rôle historique.

Deux exemples, que j'avais donnés dans ma communication, et que Max Lazard a relevés, me permettront, je crois, de faire comprendre ma pensée. Ce sera d'abord le cas de Napoléon III. Que, dans la tête de Morny, véritable auteur du coup d'État, celui-ci n'ait été inspiré que par les nécessités politiques de l'heure, hors de toute préoccupation de doctrine, j'en conviens. Mais il a fait ce coup d'état au bénéfice du prince-président, qui avait publié en 1838, sous le titre d'Idées Napoléoniennes, une brochure d'inspiration saint-simonienne. L'influence exercée sur son esprit par la doctrine de Bazard et d'Enfantin est un fait historique; c'est un fait historique qu'il s'est entouré de conseillers qui étaient d'anciens saint-simoniens. Il a constamment été hanté par l'idée d'être un saint-simonien sur le trône.

Le cas de Bismarck est pareil et différent.

On ne saurait trop insister sur l'importance du rôle joué à côté de lui, de 1862 à 1864, par un personnage qui joua un rôle ambigu dans l'histoire du socialisme européen, je veux parler de Ferdinand Lassalle. Dans tous les congrès social-démocrates d'avant-guerre, deux bustes présidaient aux débats: celui de Marx et celui de Lassalle. Et c'était justice. Car si Marx avait donné au parti sa doctrine, c'est Lassalle qui, le premier en Allemagne, le premier en Europe, avait réussi à organiser un parti d'action socialiste. Oui; mais, d'autre part, il est certain que si, par malheur, Lassalle n'était pas né juif, on serait bien en droit de saluer aussi en lui un précurseur dans les grandes halles où s'exalte aujourd'hui l'enthousiasme national-socialiste.

Car, au cours de ces années critiques qui suivent immédiatement l'arrivée de Bismarck au pouvoir, et où nous assistons à la fondation du Verein ouvrier de Lassalle, quel étrange langage tient celui-ci! Ce ne sont pas les bismarckiens, ce sont les progressistes en guerre avec Bismarck qu'il poursuit de sa haine. Il lui arrive d'appeler la police à son secours contre tel bourgmestre qui veut l'empêcher de parler: traduit en justice pour délit d'opinion, il fait un appel éloquent aux juges, se présentant comme leur allié pour la défense de l'État contre la barbarie moderne: entendez contre le libéralisme. Et nous savons qu'il a échangé une correspondance active avec Bismarck, qu'il a eu des entretiens secrets avec lui. Quand Bismarck, en 1866, a fondé la Confédération de l'Allemagne du Nord sur la base du suffrage universel, il suivait directement le conseil que Lassalle lui avait donné. Quand, plus tard, après 1878, il a fait du «socialisme d'État», du «socialisme chrétien», du «socialisme monarchique», le souvenir des leçons de Lassalle était, l'en suis certain, présent à son esprit. Non qu'il y eut rien en lui du doctrinaire. Mais homme d'État strictement opportuniste, et n'ayant d'autre obsession que de créer, de fortifier, de resserrer l'unité de l'Empire, il était prêt à utiliser, successivement, tous les partis, toutes les doctrines; et la doctrine de Lassalle fut une de celles qu'il sut utiliser.

Voilà deux cas, où, visiblement, les doctrines s'insèrent dans les faits, et où l'historien qui négligerait l'histoire des doctrines commettrait une erreur grave. Cela dit, et d'une façon générale, je ne serais pas disposé à contredire tout ce que vient de nous exposer Max Lazard. Loin de moi la pensée de réduire l'histoire à l'histoire des doctrines. Qu'on me permette une fois de plus, pour m'expliquer, de recourir à des souvenirs personnels. Au temps lointain où Max Lazard était mon élève, j'étais un novice dans le métier de professeur; il est probable que l'étude des doctrines fut pour moi la méthode la plus accessible pour aborder l'histoire du socialisme; il est probable que les leçons suivies par Max Lazard furent exclusivement des cours de doctrine. Mais une trentaine d'années plus tard, c'est le fils de Max Lazard qui était mon élève: qu'il regarde les cahiers de notes de son fils, il verra que mon cours, à mesure que je gagnais en expérience, était de moins en moins un cours d'histoire des doctrines, pour devenir un cours d'histoire tout court. Ce qui ne veut pas dire que je n'aie pas été heureux, que je ne sois pas heureux encore, d'avoir abordé l'histoire du socialisme par le biais de l'histoire des doctrines. Car, comme le disait fort judicieusement Max Lazard, les doctrines stylisent, schématisent les faits. Et rien ne me paraît plus utile, pour la connaissance des faits, que cette schématisation. Quand nous voyons qu'une doctrine telle que la doctrine marxiste obtient le succès qu'elle a obtenu, c'est qu'elle exprime, mieux que toute autre, certains traits frappants de l'évolution économique, qu'elle répond à certains besoins profonds des masses ouvrières. Comment nier l'utilité qu'elle présente, dans la mesure où elle nous aide à comprendre ces traits frappants et ces besoins profonds?

Il est donc, je crois, extrêmement facile de traduire mon langage idéologique en langage sociologique, sans le moindre inconvénient logique, sans la moindre modification de ma thèse. Prenez-le premier alinéa de ma communication, et traduisez-le comme suit: « Le mouvement ouvrier, depuis sa naissance, souffre d'une contradiction interne. D'une part, on peut le concevoir comme un mouvement de libération, comme un mouvement de révolte contre le système de la fabrique, contre l'asservissement du travail par le capital industriel. Mais, d'autre part, les ouvriers en révolte contre cette oppression sont obligés, pour se protéger contre elle, de se mettre à la recherche d'une nouvelle organisation par contrainte, à la place des organisations périmées que le libéralisme révolutionnaire a détruites. » Max Lazard a, de la sorte, pleine satisfaction: et ma thèse reste entière.

N'y a-t-il pas, d'ailleurs, un point essentiel de ma communication - Max Lazard, aussi bien, l'a admis - qui consiste à attirer l'attention sur le rôle important joué, dans l'évolution récente du monde civilisé, par un fait historique qui n'a rien à voir avec les doctrines: je veux parler de la Grande Guerre de 1914 ? Je me reproche même, en me relisant, de n'avoir pas suffisamment marqué le lien entre les suites sociales de ce grand événement et l'évolution antérieure du socialisme. Permettez-moi, pour me faire mieux comprendre, de mettre un point de suture entre les deux premiers titres de cette communication. Voici comment je les rédigerais si je les récrivais aujourd'hui.

Au point de vue économique, dirais-je, les socialistes d'avant-guerre demandaient l'étatisation de tous les moyens de production, de distribution et d'échange. Or cette étatisation, sous une forme tout au moins extrêmement étendue, il s'est trouvé que l'état de guerre l'a réalisée, pour des raisons que les socialistes n'avaient point prévues. Si, d'autre part, on remonte, avant la guerre, à un quart de siècle environ en arrière, le programme socialiste - mettons, si vous voulez, le programme guesdiste - réclamait, purement et simplement, et comme si cela suffisait à résoudre la question sociale, la nationalisation, l'étatisation des principales branches de l'industrie, des chemins de fer pour commencer. Mais il y avait, en 1914, déjà bien des années que le syndicalisme avait surgi, trop plein de méfiance à l'égard de l'État pour s'accommoder de cette solution. Il demandait la syndicalisation générale de l'industrie, sans aucune intervention de l'État, la résorption de toute bureaucratie dans l'organisation syndicale. En d'autres termes, la suppression radicale de l'État. Chez les Anglais, cependant - gens modérés même dans l'utopie - une doctrine mixte s'élaborait qui visait à établir une certaine conciliation entre le syndicalisme radical des Français, des Italiens, des Espagnols, et un certain Étatisme. Quelles étaient les fonctions légitimes de l'État démocratique? Quelles étaient celles des corporations syndicales? Telles étaient les questions que discutaient entre eux ceux qu'on appelait les «socialistes de guilde»; Or, à peine la guerre commencée, et par le fait de la guerre, nous observons (je cite ici mon texte primitif) un « appel des gouvernements aux chefs des organisations ouvrières pour les aider dans leur travail d'étatisation. Donc syndicalisme, corporatisme, en même temps qu'Étatisme ». Et une fois la guerre finie, dans tous les pays qui venaient d'être en guerre, nous voyons une foule de gens qui, sauf en Angleterre, ne connaissaient probablement pas même de nom le « socialisme de guilde », élaborer des programmes d'«industrialisation nationalisée», qui, tirant profit pour le socialisme des expériences de la guerre, semblaient à bien des égards appliquer le programme des socialistes de guilde.

Je passe maintenant à un autre point qui a été soulevé, pour finir, par Max Lazard. Il s'agit des pronostics à faire sur les chances de durée des régimes tyranniques d'aujourd'hui. A cette question j'avais consacré tout un paragraphe, dont les lignes finales de ma communication sont le résidu. J'ai supprimé ce paragraphe sur le conseil de notre Président, qui m'a donné, en faveur de cette suppression, deux raisons successives et contradictoires. La première, qu'il fallait me réserver quelque chose à dire en séance. La deuxième, que le débat, porté sur ce terrain, pourrait dégénérer en discussion politique. Je me suis rendu à cette seconde raison.

Je ne demande pas mieux, cependant, que de répondre en quelques mots aux observations faites sur ce point par Max Lazard. Ce sera pour lui dire que je suis d'accord avec lui.

Je serais presque plus pessimiste que lui, me plaçant au point de vue de ceux qui aiment la paix et la liberté. Car l'idée d'un fédéralisme européen semble bien peu vivante; et l'espérance confuse que Max Lazard semble s'être abandonné un instant à exprimer, d'un impérialisme qui, couvrant l'Europe entière, lui donnerait la paix à défaut de la liberté, semble complètement chimérique à l'heure actuelle. Je ne vois qu'une seule tyrannie où soit présent cet esprit d'universalité et sur laquelle Max Lazard pourrait compter (y compte-t-il?) pour donner à l'Europe cette sorte de paix. Mais les tyrannies qui nous touchent de plus près - celle de Berlin, celle de Rome - sont étroitement nationalistes. Elles ne nous promettent que la guerre. Si elle éclate, la situation des démocraties sera tragique. Pourront-elles rester des démocraties parlementaires et libérales si elles veulent faire la guerre avec efficacité? Ma thèse, que je vous dispense de m'entendre répéter, c'est qu'elles ne le pourront pas. Et le recommencement de la guerre consolidera l'idée «tyrannique» en Europe.

 

M. C. Bouglé évoque l'échec de 1848, l'attribue moins que ne le fait l'orateur, à l'anarchie socialiste et à la terreur qu'elle inspirait et montre, dans le socialisme démocratique de Louis Blanc, ce premier effort pour assurer l'essor du libéralisme politique et intellectuel, fût-ce par le sacrifice du libéralisme économique.

M. Élie HALÉVY. - Ce n'est pas un après-midi, une fin d'après-midi, c'est une décade, comme on dit à Pontigny, qu'il faudrait pour traiter avec l'attention convenable un pareil sujet. Je vais essayer cependant de répondre, le plus brièvement que je pourrai, aux divers points soulevés par Bouglé.

Il me reproche d'avoir employé, pour définir le coup d'État de décembre, les mots de «réaction contre l'anarchie socialiste». Il a raison, et mon expression a peut-être trahi ma pensée. J'aurais dû écrire: «réaction contre la peur de l'anarchie». Mais, psychologiquement, cela ne revient-il pas au même?

Fait bizarre. Les choses se sont passées de même en Italie, avant la marche sur Rome. Il y avait anarchie, en 1920, l'année de l'occupation des usines. C'est alors que Giolitti donna des armes à Mussolini et à ses fascistes pour faire la police du pays, puisqu'on ne pouvait pas compter sur l'armée. Mais il y avait deux ans, quand il prit le pouvoir, que le désordre, en partie grâce à lui, avait cessé. Ce qui le portait en avant, c'était le souvenir de la peur qu'on avait eue en 1920, et le sentiment persistant que l'on avait conservé de l'incapacité où étaient les partis d'ordre de maintenir celui-ci par les moyens parlementaires.

Cela nous aide à mieux comprendre ce qui se passa en 1851. Il n'y avait plus à cette date d'anarchie, sinon parlementaire: la majorité réactionnaire était incapable, à l'Assemblée législative, de se mettre d'accord sur la forme du gouvernement qu'il convenait d'opposer à une Montagne toujours bruyante, et qui faisait toujours peur, en raison des souvenirs de 1848, et aussi de 1793. Les masses se sont jetées dans les bras d'un homme qui représentait l'ordre, sans représenter la réaction au sens où on taxait de réaction les légitimistes et les orléanistes de l'Assemblée. N'oublions pas que, le jour même où il supprimait la Constitution de 1848 il rétablissait le suffrage universel, gravement mutilé par l'Assemblée. Et n'oublions pas le cri poussé par Guizot quand il apprit la nouvelle du coup d'État: «C'est le socialisme qui triomphe». La phrase est comique en un sens; elle n'en exprime pas moins, d'une manière adéquate, le sentiment de la bourgeoisie en face d'un régime qui n'était pas son oeuvre, et qui poursuivait d'autres fins que les siennes.

Pour ce qui est de ma définition du soviétisme comme d'un «fascisme », je suis d'accord avec ce que dit Bouglé. Mais je ne crois pas que, sur ce point, mon expression ait trahi ma pensée. J'ai écrit: « En raison de l'effondrement anarchique de l'État, un groupe d'hommes armés, animés d'une foi commune, a décrété qu'il était l'État: le soviétisme, sous cette forme, est, à la lettre, un fascisme ». Il ne s'agit donc, je le dis expressément, que de la forme de gouvernement. C'est le soviétisme, avec la dictature, ou la tyrannie, du parti communiste, qui a été ici l'inventeur. Mais, si le fascisme italien n'a fait ici qu'imiter, je considère que le mot de « fascisme » est le mieux fait pour désigner le caractère commun aux deux régimes. C'est un vieux mot italien pour désigner des groupes, des groupes armés de partisans. Il y avait en Italie après 1870, au moment de la première Internationale, des fasci operai, inspirés par l'idéal anarchiste de Bakounine: ils se sont perpétués en Espagne, où nous les voyons à l'oeuvre aujourd'hui. Ce sont d'autres fasci, les fasci di combattimento, que Mussolini a employés pour faire la conquête du pouvoir, au service d'un autre idéal.

Pour ce qui est de la possibilité d'un socialisme démocratique qui, autoritaire dans l'ordre économique, resterait libéral dans l'ordre politique et dans l'ordre intellectuel, je ne veux pas contester que la chose puisse être envisagée dans l'abstrait. Je crains seulement qu'en évoquant le nom de Louis Blanc à l'appui de sa thèse Bouglé n'ait fait ce qu'il fallait pour l'affaiblir. Qu'il se rappelle (il connaît Proudhon mieux que moi) la violente polémique conduite, après 1848, en étroite harmonie, par Proudhon (qui se disait socialiste: mais l'était-il?) et Michelet (républicain, sans être socialiste) contre le socialisme de Louis Blanc. Ils reprochaient à Louis Blanc sa glorification du Terrorisme, du Comité de Salut public, de Robespierre, qu'il oppose, comme un disciple de Rousseau et un pur, aux républicains sans moralité qui, se réclamant du libéralisme voltairien, conduisaient la France à la domination du clergé et au césarisme. L'événement a-t-il prouvé qu'ils eussent tort?

Puis-je ne pas tenir compte du fait que les origines de la démocratie sont équivoques, puisqu'elle remonte aux Jacobins, qui ont gouverné par la dictature? La doctrine marxiste de la dictature du prolétariat ne vient-elle pas en droite ligne de la théorie de Babeuf, dernier survivant de Robespierre? Karl Marx n' a-t-il pas subi très nettement, à Paris, avant 1848, l'influence de Blanqui, restaurateur du babouvisme?

On proteste. On me rappelle la formule marxiste - dont en réalité, Engels, non Marx, est l'auteur - suivant laquelle le but est de substituer l'administration des choses au gouvernement des personnes. Transformation d'une vieille formule saint-simonienne suivant laquelle, quand le régime industriel aura pris la place du régime militaire, il n'y aura plus gouvernement, mais seulement administration. Soit; mais la doctrine de Karl Marx, c'est aussi la doctrine de Lénine. J'ai sous les yeux une lettre de M. Salzi, dans laquelle il me reproche d'avoir parlé de Karl Marx comme «aspirant à un état du genre humain qui serait d'anarchie en même temps que de communisme». - « Rien n'est plus inexact, m'écrit-il. Le système marxiste exige une discipline rigoureuse et totale. Je ne vois rien en lui qui implique une anarchie quelconque. Voyez les Russes, qui l'ont appliqué avec une conscience féroce. » Et il me renvoie à André Gide. Hélas!

Voilà la tragédie. Rien n'est plus exact, je le maintiens, que mon assertion. Mais tout gouvernement socialiste qui arrive au pouvoir est condamné à employer une scolastique compliquée pour expliquer comment il doit procéder quand, professant une doctrine de socialisme intégral, il prend le pouvoir dans une société non socialiste. Ici interviennent les formules marxistes. Tout État est, par définition, un instrument d'oppression d'une classe par une autre. Jusqu'à présent, et depuis l'avènement du capitalisme, l'État a été l'instrument dont la bourgeoisie s'est servie pour opprimer le prolétariat. Pour préparer, pour avancer l'heure où nous aurons une société sans classes, et, par suite, sans gouvernement, il faut traverser une période intermédiaire au cours de laquelle l'État sera l'instrument dont la classe ouvrière se servira pour opprimer la bourgeoisie, en attendant de la supprimer. Simples vacances de la légalité? Le mot peut avoir bien des sens; Karl Marx ne prévoyait certainement rien d'aussi impitoyable que le régime soviétique; et s'il s'agissait seulement de pleins pouvoirs accordés au gouvernement pendant six mois, comme ce fut le cas pour Poincaré en matière financière, il s'agirait de bien anodines vacances. Mais si les vacances doivent durer plusieurs décades - pourquoi pas un siècle ou deux? - l'état d'anarchie dont on nous dit qu'il suivra cesse de m'intéresser. Ce qui m'intéresse, c'est le présent et le prochain avenir: au delà il y a ce que Jules Romains appelle l'ultra-futur. Aussi bien les fanatiques du socialisme national allemand ne considèrent-ils pas le régime institué par eux comme ayant une valeur définitive, comme ouvrant une ère nouvelle qui durera toujours?

 

Divers orateurs prennent la parole, en particulier M. Berthelot., M. Maublanc, qui proteste contre l'accusation de tyrannie portée contre le marxisme, contre l'assimilation de la dictature soviétique aux dictatures fasciste et hitlérienne. Élie Halévy répond en ces termes:

Il faut maintenant que je prenne la parole pour clore ce débat. En vérité je le regrette; car je me trouve dans une situation impossible. Je devrais, si je voulais donner satisfaction à tous, discuter toute la doctrine marxiste pour répondre à Maublanc, toute l'histoire du genre humain depuis l'empire de Tamerlan pour répondre à René Berthelot. Il me faudrait dépasser les limites de l'Europe, et dire quelques mots du Rooseveltisme; car je regrette en vérité, qu'on n'ait pas plus parlé de l'expérience qui a été tentée par Roosevelt, expérience qui ressemble par certains côtés au corporatisme italien ou fasciste, mais exclut la suppression de la liberté.

Soulèverai-je, en réponse à Drouin, la question des pronostics? En fait, tout à l'heure, Max Lazard et moi-même ne l'avons pas éludée. En désaccord complet, soit dit en parenthèse, avec René Berthelot: nous considérions, comme notre seul motif d'espoir une longue période de paix, les dictatures se relâchant du fait de l'impossibilité pour les gouvernements tyranniques de maintenir perpétuellement les populations sur le pied de guerre sans faire la guerre; mais ces régimes tyranniques sont-ils eux-mêmes favorables à la prolongation de l'état de paix? Et si la guerre recommence, et si les démocraties sont condamnées à adopter, pour se sauver de la destruction, un régime totalitaire, n'y aura-t-il pas généralisation de la tyrannie, renforcement et propagation de cette forme de gouvernement?

Ajouterai-je que, souvent, on a cru me critiquer alors que la critique portait seulement sur quelque forme d'expression peut-être défectueuse? Je songe en ce moment à Maublanc et à son apologie pour le marxisme. Il me reproche d'avoir présenté le marxisme « comme une libération du dernier asservissement qui subsiste après que tous les autres ont été détruits, l'asservissement du travail par le capital ». Mais quand il présente cette libération comme étant « la vraie libération, celle sans laquelle les autres ne sont que des illusions », son assertion ressemble de singulièrement près à la mienne. Il est certain que, d'après Marx, après cette libération accomplie, nous entrons définitivement (et c'est en ce sens seulement que j'ai parlé d'un «état définitif» du genre humain) dans un état de société sans classes, où l'évolution du genre humain se poursuivra certainement (je l'accorde à Maublanc) mais selon des formes (Maublanc me l'accordera) que nous ne pouvons même point prévoir, puisqu'il ne sera plus possible de dire, comme il a été vrai jusqu'à ce jour, que «l'histoire du genre humain est l'histoire de luttes de classes».

Mais, plutôt que de m'attarder à de pareils débats, je cherche s'il n'y a pas un point fondamental, soulevé par plusieurs de mes interlocuteurs à la fois, et qui pourrait servir utilement de thème à mes considérations finales. Ce point, je crois l'avoir trouvé. N'est-ce point la question de savoir si la tyrannie moscovite, d'une part, les tyrannies italienne et allemande, de l'autre, doivent être considérées comme des phénomènes identiques quant à leurs traits fondamentaux, ou, au contraire, comme des phénomènes qui sont antithétiques les uns par rapport aux autres?

Je suis loin de contester que, sous bien des aspects, et qui sautent aux yeux de tout le monde, les phénomènes sont antithétiques. J'ai fait le voyage de Léningrad et je connais l'Italie fasciste. Or, quand on passe la frontière russe, on a le sentiment immédiat de sortir d un monde pour entrer dans un autre; et une pareille subversion de toutes les valeurs peut être, si l'on veut, considérée comme légitimant une extrême tyrannie. Mais, en Italie, rien de pareil; et le voyageur en vient à se demander s'il était besoin d'un si gigantesque appareil policier sans autre résultat obtenu que des routes mieux entretenues et des trains plus ponctuels.

Cependant, quant à la forme (et tout le monde semble m'avoir concédé ce point), les régimes sont identiques. Il s'agit du gouvernement d'un pays par une secte armée, qui s'impose au nom de l'intérêt présumé du pays tout entier, et qui a la force de s'imposer parce qu'elle se sent animée par une foi commune. Mais il y a autre chose encore.

Les communistes russes invoquent un système de croyances qui vaut pour le genre humain tout entier, qui implique la suppression des nations comme la suppression des classes. Cependant, ayant conquis le pouvoir dans un pays seulement, et de plus en plus résignés à ne point provoquer, par la propagande ou l'exemple, la révolution mondiale, ils sont condamnés, par les nécessités de leur existence, à se faire une carapace militaire pour résister à la menace des armées étrangères. Ils reviennent, par la force des choses, à une sorte de patriotisme à la fois territorial et idéologique; et leur tyrannie, pour qui se place même au point de vue idéologique, finit par ressembler par beaucoup de ses caractères à la tyrannie allemande ou italienne. Au commencement on dit que l'État n'est qu'un mal provisoire, qui doit être supporté parce qu'il n'a plus pour but que de préparer la suppression de l'État et d'assurer le plus grand bonheur du plus grand nombre. Peu à peu on en arrive à pratiquer une morale héroïque dont je ne méconnais pas la noblesse: on demande à l'individu de savoir souffrir pour faire de grandes choses au service de l'État. C'est un état d'esprit qui n'a plus rien à voir avec un hédonisme relégué dans l'ultra-futur. Je ne puis l'appeler que guerrier.

Du côté des fascistes, au sens courant du mot, en Italie, en Allemagne, il est bien clair qu'il ne s'agit pas de la suppression des classes. La défense d'une société fondée sur une distinction de classes est le programme même des partis au pouvoir. Je crois cependant avoir eu raison d'affirmer qu'il se constitue, dans ces deux pays, «sous le nom de corporatisme, une sorte de contre-socialisme, que je suis disposé à prendre plus au sérieux qu'on ne fait généralement dans les milieux contre-fascistes».

On nous dit que, dans ces pays, les salaires sont très bas, plus bas que dans bien des pays démocratiques. Et je suis disposé à admettre que c'est vrai. Mais ne convient-il pas de tenir compte, dans l'évaluation du salaire total de l'ouvrier, des bénéfices qu'il retire, sous une forme indirecte, de toutes les oeuvres dont l’ensemble constitue ce qu'on appelle le Dopolavoro, voyages gratuits en chemins de fer, maisons de repos, récréations de bien des espèces? Je sais que toutes ces oeuvres sont inspirées par une arrière-pensée de gouvernement: il s'agit d'occuper les heures de loisir des ouvriers afin de les soustraire à l'action possible d'agitateurs révolutionnaires: il s'agit, selon la formule que je proposais au début, de canaliser, d'«organiser leur enthousiasme». Mais, enfin tout cela constitue un relèvement de salaire et qui coûte cher à l'État.

Et, du moment qu'il coûte cher à l'État, je me tourne de l'autre côté pour demander: «Où l'État trouve-t-il l'argent nécessaire? » Et je réponds, reprenant une formule qui scandalisa, voici une dizaine d'années, la presse conservatrice: il ne peut le trouver et le prendre que là où il est. Un fiscalisme écrasant pèse sur les classes riches; que la grande industrie bénéficie de tels régimes, je n'en disconviens pas. Mais il ne s'agit pas du vieux capitalisme, du libre capitalisme manchestérien. Les capitaines d'industrie préfèrent encore un tel régime au communisme. On les laisse à la tête des affaires. Mais ils ne sont plus des maîtres, ils sont de hauts fonctionnaires. Et les grosses sommes qu'ils peuvent toucher annuellement offrent les caractères d'un traitement, non d'un profit.

Bref, d'un côté, en partant du socialisme intégral, on tend vers une sorte de nationalisme. De l'autre côté, en partant du nationalisme intégral, on tend vers une sorte de socialisme. Voilà tout ce que je voulais dire.


Lisez le DOSSIER sur le SOCIALISME

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 02:09

Les Schtroumpfs sont-ils communistes ?

 

En 1958, le premier épisode des schtroumpfs est crée ! Les schtroumpfs noirs. En 1981, la télé lance les Schtroumpfs pour la première fois sur des ondes hertziennes. L'émission télévisée des Schtroumpfs était plus que juste un dessin animé. C’était une allégorie du socialisme. Plus spécifiquement, le programme était une propagande communiste employée pour représenter une société utopique tout en illustrant les problèmes avec le capitalisme afin d'essayer de convertir la jeunesse.

Afin de comprendre le raccordement entre les Schtroumpfs et le socialisme, une compréhension de base de ce qui est signifiée par « socialisme » est d'abord exigée. Le socialisme est une limite générique dont le marxisme et le communisme sont des divisions. Les trois éléments de base du socialisme sont égalité relative, communalisme, et propriété communale. Le marxisme est un point culminant des philosophies de Karl Marx et Friedrich Engles dans lequel toutes les formes précédentes du socialisme (socialisme de guilde, socialisme chrétien, socialisme de syndicat, socialisme agraire, socialisme anarchiste, etc.) ont été combinées et reformées. Vladimir Ilyich Ulyanov, connu comme Lénine, présenté pour mettre les philosophies marxistes dans les applications pratiques. De cette manière, il a modifié le marxisme et a ajouté les aspects de l'organisation et de la conduite. Cette forme de marxisme est maintenant désigné sous le nom du léninisme. La combinaison du marxisme et du léninisme égale le communisme. Pour la clarté et la facilité de la compréhension, je vais employer le terme générique du socialisme au lieu d'employer la forme spécifique de socialisme à la laquelle je me réfère. Avec une compréhension de base de socialisme et de ses dérives, il est maintenant possible de voir comment elles s'appliquent à l'émission télévisée des Schtroumpfs.

 

Avant d'analyser le raccordement entre le socialisme et les Schtroumpfs, il est impératif que les trois éléments principaux du socialisme soient présents. Le premier élément, de nouveau, est l’égalité relative. Dans les Schtroumpfs, la présence de l'égalité est incontestable. Si ce n’est une compétence importante comme ceux exécutée par le Schtroumpf Bricoleur ou le Schtroumpf Fermier, ou une tâche relativement inutile comme celle de Schtroumpf Paresseux ou de Schtroumpf Maladroit, ils sont tous logés dans des maisons champignon de taille égale et considérés au même niveau social. La structure de supériorité et de classe est absente du village des Schtroumpf. En fait, la manière dont ils s’adressent l’un a l’autre est également d’une égalité totale. Chaque Schtroumpf dans le village a été nommé par un « Schtroumpf » suivi d’une qualité ou d’un défaut, c'est-à-dire, le Schtroumpf Farceur, le Schtroumpf à Lunettes, Le Schtroumpf Bricoleur, etc. Ceci élimine des titres élitistes et est un autre exemple d'égalité inhérent à leur langue elle-même. De plus tout les Schtroumpfs porte les mêmes uniformes, chapeaux blancs et pantalon blanc.

Le deuxième élément du socialisme est le communalisme. C'est-à-dire que le bien-être de la société dans l'ensemble est plus important que n'importe quel un de ses membres. Une coopération des individus est nécessaire afin d'accomplir un but commun. Dans les Schtroumpfs, le communalisme est également évident. Tout d'abord, le nom de la BD, les Schtroumpfs, reflète cette même idée. La plupart des dessins animés, ou BD, sont baptisés du nom de leur caractère principal. Gaston, Largo winch, etc. Les Schtroumpfs, cependant, ne suivent pas ce modèle. À la différence d'autres BD, le titre inclus la société dans son ensemble. Il est absurde d’imaginer la BD étant baptisée du nom d'un Schtroumpf en particulier, par exemple, la Schtroumpfette ou le Grand Schtroumpf. C'est parce que la communauté dans son ensemble est plus grande que n'importe quelle partie. Mais le thème du communalisme court encore plus profond dans les Schtroumpfs. Aucun des Schtroumpfs n'a de propriété privée ou de possession personnelle. En outre, ils n'ont même pas un système monétaire. Tout est propriété du collectif.

 

La troisième force caractéristique du socialisme est la « propriété et commande communales des sources principales de richesse nationale dans l'intérêt de la communauté dans son ensemble ». Dans les Schtroumpfs, le barrage représente celui-ci. C'est la une seule pièce du capital, qui est établi, possédé, actionné, et réparé par les Schtroumpfs en tant que communauté. Les similitudes entre le socialisme et les Schtroumpfs sont déjà remarquables, mais le raccordement général entre les deux continue.

Marx a cru que « l'état humain est un état de travail, de productivité, et de créativité ». Il ne veut pas dire le travail en tant que travail. Pour Marx, le « travail est n'importe quel activité, manuel ou intellectuel humain. Fossés à creuser, paysages à peindre, écrire de la musique - ce sont toutes les expressions de travail d'humain et de personnalité humaine. En un mot, le travail est réalisation humaine ». La vision de Marx de l'état humain en termes de socialisme est réalisée par les Schtroumpfs. Ils ne font pas cinquante travaux, mais cherchent plutôt la réalisation personnelle à travers le travail. Le Schtroumpf Vaniteux et le Schtroumpf à Lunettes sont deux exemples parfaits. Ils ne sont pas des membres de ce que notre société de capitaliste considérerait de main-d'oeuvre. Ils vivent afin d'essayer de réaliser un niveau de la réalisation personnelle.

Une autre croyance marxiste était que la société a été aliénée de la nature et était nécessaire pour se rebrancher avec elle. Le « communisme pour Marx est la communauté cherchant l'homme avec sa nature vraie et originale ». Le Schtroumpfs vit au milieu d'une forêt dans des maisons de champignon. Par définition, elles sont l’incarnation du communisme aux yeux de Marx lui-même. Non seulement elles sont entourées par la nature, Et les Schtroumpfs ont toujours vécus la !

 

L'utilisation excessive du mot « schtroumpf » et ses nombreux dérivés (schtroumpfer, schtroumpfant, etc.) dans leurs expressions est une des caractéristiques les plus mémorables. C'est symbolique du nationalisme. « La conduite communiste », selon la croyance de Lénine, devrait se concentrer sur l’appel au nationalisme des personnes. « La chose que chaque classe comprend intuitivement que - la chose qui unit des peuples – est le nationalisme ». Par l'utilisation constante du mot « schtroumpf », c’est une sorte d'identité nationale qui a été forgée et renforcée dans la société des Schtroumpfs. C’est une manière pour que les Schtroumpfs mette en oeuvre l'allégeance à leur croyance dans le système du gouvernement dans lequel ils vivent.

Avec une analyse générale à l'écart, des observations spécifiques des caractères particuliers peuvent être explorées. En premier lieu, je pense qu'il est important de jeter un coup d'oeil plus étroit chez le Grand Schtroumpf. Le caractère du Grand Schtroumpf est comme un parallèle direct à Lénine lui-même. Tous deux croient au marxisme, mais pour l'application pratique, comprennent que d’une certaine façon, une organisation est nécessaire. Dans chaque cas, ils ont intensifié la condition de conduite. Mais à un certain degré, le Grand Schtroumpf représente également Marx parce qu'il reste vrai par rapport à la croyance utopique de Marx tandis que Lénine a vagué un peu davantage. Il est également remarquable que la barbe portée par le Grand Schtroumpf découvre une ressemblance saisissante aux cheveux faciaux de Marx. Le Grand Schtroumpf se tient en dehors du reste du groupe parce qu'il porte le chapeau rouge. C'est également un point commun que le rouge soit la couleur symbolique du socialisme. En anglais, le nom « SMURF » être un acronyme pour les « Small Men Under Red Father », autrement dit les petits hommes sous le père rouge !

 

Le seul autre personnage avec un chapeau coloré différemment est Grand Père Schtroumpf, qui est également placé indépendamment du Schtroumpf « commun ». Il est le vieux, sage Schtroumpf qui porte un chapeau jaune. Il rempli le rôle d'une sorte de prophète, un philosophe. Son caractère a été basé sur Marx qui était également un philosophe et n'a jamais eu l'occasion d'appliquer ses théories lui-même.

Le Schtroumpf à Lunettes représente Trotski, un fonctionnaire de haut rang sous Lénine. Dans les Schtroumpfs, le Schtroumpf à Lunettes est le seul rival intellectuel du Grand Schtroumpf (qui représente Lénine) et il l’interroge souvent, provocant les idéaux mêmes de la vie des Schtroumpf. Pendant le règne de Staline, Trotski a été traité de traître parce que ses idées étaient en conflit avec celles de Staline. Dans beaucoup d'épisodes des Schtroumpfs, le Schtroumpf à Lunettes est banni du village pour ses croyances. Dans les années 20, Trotski avait été exilé d’URSS au Mexique où il a été assassiné vingt ans après. Trotski possède une ressemblance saisissante avec le Schtroumpf à Lunettes, de plus il possède tous deux une paires de lunettes rondes, peut-être une coïncidence? Je ne pense pas.

Cela nous laisse avec seulement deux figures principales dans la série des Schtroumpfs que je n’ai pas encore citer, les rivaux des Schtroumpfs, Gargamel et Azrael. Gargamel est le vieil homme mauvais qui a toujours voulu transformer le Schtroumpf en or. Gargamel représente les maux de l'avarice et le capitalisme. Il est un hermite impitoyable et égocentrique, qui illustre les dangers de l'action de poursuivre de la richesse. Il n’est pas étonnant non plus de voir que Gargamel, possède des caractéristiques distinctes et juives. Sous les systèmes communistes plus radicaux, les personnes juives ont été persécutées pour, entre autres, leur amour stéréotypé de l’argent. Il y a un système distinct de classe dans le royaume de Gargamel. Il est le bourgeois et Azrael, le compagnon félin de Gargamel, représente le prolétariat. Azrael le chat représente l'ouvrier exploité et de classe inférieur du système capitaliste, sous payé, et incapable de négocier pour de meilleures conditions. Azrael est souvent exigé pour risquer sa vie et partir à la poursuite des Schtroumpfs pour son maître comme les ouvriers consacrent leurs vies aux intérêts de leurs patrons. Le mot Azrael lui-même est semblable au mot Israël, la patrie des personnes juives.

Les parallèles entre le socialisme et les Schtroumpfs sont accablants. Etant donné la présence des trois éléments principaux du socialisme ou la relation des chefs socialistes mise en avant des principaux personnages dans la BD, il est évident que Peyo a intentionnellement essayé de peindre un tableau d'une société utopique et socialiste. Le programme des Schtroumpfs est une propagande socialiste flagrante, afin d'essayer de convertir la jeunesse, et peut-être que cela a fonctionné réellement. Maintenant que la génération qui a grandi avec les Schtroumpfs est devenue adulte, la crainte du communisme est pratiquement inexistante. Quand vous pensez aux chefs infâmes du socialisme tels que Lénine et Marx, n'oubliez pas d'ajouter le Grand Schtroumpf !


  S.M.U.R.F. (Soviet Men Under Red Father)

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 22:40

Le corporatisme d'État
 

Le corporatisme étatique moderne n'a que très peu de ressemblance avec la structure corporative médiévale. Les corporations du moyen âge ne pouvaient dépasser le cadre des relations de travail, situées à l'intérieur d'une hiérarchie professionnelle, à cause des particularités économiques de l'époque et de la conception à dominante théocratique de la société et de l'État. La stratification sociale elle-même s'opposait à une extension politique des corporations. Dans une situation politique où l'État lui-même est devenu corporatif, il est permis de parler de totalitarisme, sinon de fascisme.

Le corporatisme étatique moderne n'a que très peu de ressemblance avec la structure corporative médiévale. Les corporations du moyen âge ne pouvaient dépasser le cadre des relations de travail, situées à l'intérieur d'une hiérarchie professionnelle, à cause des particularités économiques de l'époque et de la conception à dominante théocratique de la société et de l'État. La stratification sociale elle-même s'opposait à une extension politique des corporations. Dans une situation politique où l'État lui-même est devenu corporatif, il est permis de parler de totalitarisme, sinon de fascisme.

L'évolution et la consolidation du corporatisme étatique ne peuvent donc dépendre que d'une idéologie totalitaire. Cette forme de corporatisme ne se réduit pas à l'organisation des seules forces matérielles d'une nation, mais intègre aussi ses forces morales et spirituelles. Elle ne signifie pas la simple mobilisation des intérêts personnels ou collectifs, mais, au contraire la subordination de tout ce qui est particulier à la Nation, considérée comme fin en soi.

Tout dans l'État, rien en dehors de l'État, rien contre l'État. Telle est la conception d'un État corporatif aux alentours des années vingt, au moment où le capitalisme libéral, déjà durement attaqué par le socialisme marxiste, avait engendré une petite bourgeoisie désemparée, en quête d'idéal et de statut. Quant au prolétariat urbain et rural, victime du clivage social accentué par la guerre, il ne pouvait qu'être séduit par le socialisme.

Les assises historiques du phénomène

Le corporatisme intégral ne peut se confondre, on l'a dit, avec le fascisme. Mais il n'en demeure pas moins tributaire, en tant que formule socio-économique servant un dirigisme politique à la fois totalitaire et anti-niarxiste. Ainsi, le fascisme italien est né et s'est développé grâce à la faiblesse des organisations ouvrières, à la détresse sociale de la petite et moyenne bourgeoisie et aux déséquilibres que la démocratie libérale était incapable d'enrayer. Le sociologue américain N. S. Preston interprète le fascisme comme un mouvement révolutionnaire nationaliste de la classe moyenne économiquement prolétarisée, à la fois contre le collectivisme marxiste et contre la tendance à la concentration de la société capitaliste. Pour toutes ces raisons, le bassin socio-économique le plus apte à l'instauration d'un corporatisme intégral était constitué par l'État fasciste italien.

La morphologie du corporatisme étatique

La consolidation de l’État fasciste en Italie comporte, avec le dirigisme, une remarquable expansion économique, une diminution spectaculaire du taux de chômage (382,000 en 1922; 122,000 en 1925), une réévaluation de la lire (1927), une politique protectionniste et la réalisation du plein emploi (1928). Le 22 juin 1925, le Grand Conseil (organe suprême et décisionnel du Parti national fasciste) proclame par décret que seuls les syndicats fascistes seront habilités à représenter les travailleurs dans les rapports avec le patronat. Un accord de collaboration entre ces mêmes syndicats et les industriels met officiellement fin aux grèves et supprime les comités d'entreprise. Suit la loi Rocco du 3 avril 1926 qui confirme ces deux points et généralise la politique contractuelle, rendant l'inscription aux syndicats obligatoire et le contrat collectif de rigueur. En cas de conflit, la magistrature du travail est juge.

Un décret du 2 juillet 1926 institue le ministère des Corporations, chargé tout à la fois du contrôle et de la coordination. Enfin, le 21 avril 1927 est publiée la «Charte du travail», oeuvre surtout de Giuseppe Bottai, sous-secrétaire d'État aux Corporations. Définissant les grandes lignes de l'État corporatif, ce texte n'en insiste pas moins sur le rôle de l'initiative privée, l'État n'intervenant qu'en cas de défaillance de cette dernière ou pour des motifs politiques.

À la veille de la grande crise, le fascisme peut ainsi se prévaloir de deux succès relatifs: l'équilibre économique et l'ordre intérieur. Mais cette révolution n'est pas appréciée par la bourgeoisie capitaliste ni par les intellectuels. Elle est plébéienne. La Rome prolétarienne remplace la Rome patricienne. Mussolini se réalise en elle. Il perdra le sens des réalités par la suite, dans la solitude de l'autorité. À partir de ce moment, la structure corporatiste de l'État prend sa forme définitive. Cette forme est complexe, capillaire. Rien, en elle, n'est laissé au hasard ou à la liberté individuelle. L'État devient ainsi l'expression suprême de la collectivité nationale et apparaît comme un instrument au service d'une finalité qui dépasse l'individu.

Les corporations sont, dans cette conception, les organes naturels par lesquels s'exprime et se manifeste la Nation. L'individu n'est pas le but de l'État. Il n'est pas non plus la base de l'État, qui est construit, pour ses propres fins sur les corporations elles-mêmes, considérées comme organes fonctionnels de l'État. Dans cette échelle hiérarchique de l'État et de l'individu, la corporation prend donc un rang intermédiaire.

Aussi les corporations sont nationales, unitaires, totalitaires, ouvertes et non exclusives. Nationales, parce qu'instruments indispensables à la réalisation de l'idéal étatique. Unitaires, parce que leurs fonctions nationales sont uniques et indivisibles. Totalitaires, car il ne reste pas une seule activité nationale qui ne soit encadrée dans une corporation. Ouvertes, car elles permettent à chacun, quelle que soit son origine, l'accès dans ses rangs, sous la réserve de remplir certaines conditions de formation et de préparation. Non exclusives, en ce sens que toute personne peut appartenir en même temps à des corporations différentes, selon les occupations qu'elle a et les fonctions qu elle remplit. Ces traits séparent nettement le corporatisme étatique du corporatisme médiéval.

L'échec du système

L'usure de la structure corporatiste ne tarde pas à se manifester. Loin de les menacer, le dirigisme adopté par le corporatisme étatique renforce les structures du capitalisme. La dissolution des organisations ouvrières classiques et l'intégration des masses dans les syndicats fascistes libèrent les patrons des revendications salariales. Ce qui pèse peut-être encore plus, c'est l'aide directe que le corporatisme accorde à la grande industrie, tout spécialement à l'industrie lourde. Les commandes de l'État permettent à celle-ci de produire ;sans tenir compte des critères de compétitivité. Ainsi, le corporatisme débouche sur un renforcement des tendances monopolistiques.

Les classes moyennes avaient placé de grands espoirs dans le fascisme corporatiste parce qu'il semblait être l'expression de leurs aspirations. Dans l'ensemble, elles ont très inégalement profité de l'ordre nouveau. Sur le plan économique, elles ont même généralement été perdantes. La situation matérielle de la petite et moyenne bourgeoisie se trouve détériorée par le fait qu'elle supporte, avec l'augmentation de la pression fiscale et du coût de la vie, le poids du soutien accordé au grand capital.

Le prolétariat agraire a, lui aussi, profité de façon inégale du corporatisme. La politique, attachant une grande importance au mythe de la terre, a permis l'assainissement des marais Pontins et la colonisation de la Lybie. Cela a eu comme conséquence une augmentation sensible des surfaces cultivables. Mais ces avantages ont été contrebalancés par la politique de blocage des prix agricoles et par l'interdiction d'émigrer, ce qui, en accentuant le surpeuplement des campagnes, a favorisé l’urbanisation et grossi rapidement les rangs des chômeurs.

Quant au prolétariat urbain, il a sans doute le moins bénéficié du système. La destruction des centrales syndicales et l'abolition du droit de grève l'ont privé de ses armes les plus sûres. Les quelques avantages apportés par le corporatisme n'ont pas suffi à entretenir l'illusion de la justice sociale. Les corporations, constituées dans le but de représenter également les travailleurs et le patronat, ont vite montré leur vrai visage, celui d'un instrument utilisé par le grand capital pour tuer dans l'oeuf toutes les revendications ouvrières.

On peut donc affirmer que tant au niveau institutionnel qu'à celui de l'organisation économique et sociale, le corporatisme étatique ne se distingue pas fondamentalement du régime capitaliste. Sans doute possède-t-il une plus grande marge d'autonomie à l'égard des forces sociales qui l'ont porté au pouvoir. Mais la politique pratiquée n'aboutit, en fin de compte, qu'au renforcement des oligarchies qui ont présidé à son avènement.

 

Giuseppe de Tollis


Le libéralisme : antidote du corporatisme

Barrucand Pierre - mercredi 10 octobre 2007

economie


Le terme de libéralisme désigne au moins trois choses bien distinctes, même si elles peuvent être compatibles.

1) Le libéralisme économique inspiré d’Adam Smith. Très efficace à ce point de vue, il peut néanmoins être associé à des dictatures souvent conservatrices comme ce fut le cas souvent en Amérique latine. Le dernier exemple, et pas le pire, fut celui de Pinochet. Inversement, il peut aussi être tempéré par des convergences avec certaines idées socialistes ou syndicales.

2) Le libéralisme sociétal défend avant tout les droits de la personne, notamment dans les domaines sexuel, familial et religieux. Il peut aussi préconiser l’assouplissement, plus ou moins large, de la législation sur les stupéfiants. Il est admis sans restriction ou presque, aux Pays-Bas et est la doctrine du Parti radical italien de Marco Panella.

3) Le libéralisme anticorporatiste. En effet, l’exercice d’une profession peut être régulé par l’État en en limitant le droit à certaines personnes, souvent à cause de leurs titres universitaires ou de leur compétence, mais parfois pour de simples raisons financières. On peut aussi interdire ou gêner l’exercice de professions voisines. C’est l’ensemble de ces pratiques qui constitue le corporatisme, naguère doctrine économique des pays fascistes.

Or, elles restent encore bien trop puissantes en France. Notamment mais pas uniquement hélas, dans le domaine des professions de santé.

Certes, on ne pourrait permettre l’exercice de celles-ci à « n’importe qui ». Notons quand même que beaucoup de pays, notamment l’Allemagne (même sous Hitler !) sont moins rigides que la France sur ce plan.
Il n’y a pas trop longtemps, les inscriptions en faculté de médecine étaient, sous réserve de compétence, tout à fait libres. Ainsi donc, le nombre de praticiens sortant de ces facultés ne pouvait être déterminé.
Depuis, on a transformé les conditions d’inscriptions en limitant le nombre d’étudiants par l’instauration d’un concours d’entrée (nommé par erreur numerus clausus). Le but était de « protéger » les médecins d’une concurrence excessive.
Le résultat, inévitable, fut un manque de praticiens aggravé dans certaines régions peu attractives. Contre cela, fait grave, l’ineffable Douste-Blazy, ne sut que relever très faiblement le « numerus clausus ».

La même situation se retrouve pour les infirmières. Souvenons-nous qu’assez récemment, à cause d’une pénurie de celles-ci, on dut en « importer » d’Espagne. Beaucoup ignoraient le français, ce qui a de graves inconvénients ! De même, on manque de dentistes.
Quant aux vétérinaires, ils sont formés dans des « écoles » d’accès très difficile et dirigées par le ministère de… l’Agriculture ! Une administration particulièrement autoritaire et souvent malfaisante. Heureusement, Union européenne aidant, les aspirants ont trouvé une esquive en allant s’inscrire en Belgique francophone.

Le cas des pharmaciens est encore plus étrange car, dès les années 1930-39, on empêcha ceux-ci d’installer leurs officines où ils voulaient, ce qui est paradoxal pour une profession qui est quand même, en pratique, commerciale !
De plus, il existe un « ordre des pharmaciens » chargé notamment d’empêcher toute concurrence !

Rappelons aussi la disparition des herboristeries décidée par le gouvernement de Vichy et que rien ne justifie.
Le corporatisme ne se limite pas qu’aux seules professions de santé. Ainsi l’exercice du métier d’avocat a été rendu bien plus difficile qu’avant 1939. On pourrait citer bien d’autres exemples, le plus étrange étant celui des… chauffeurs de taxis parisiens. Car pour cela, il faut être propriétaire d’une « plaque » que l’on peut céder et qui a donc une valeur financière. Résultat : Paris manque cruellement de chauffeurs de taxis et c’est là l’une des causes des difficultés de circulation. La seule solution serait de racheter ces plaques et d’ouvrir la voie à une liberté quasi-totale.

On peut également s’interroger sur les pouvoirs trop arbitraires des autorités sur bien des métiers, tels cafés et restaurants dont la fermeture, totale ou partielle, peut être décidée presque souverainement pour les motifs les plus variés…

Toutes ces mesures restrictives, souvent inspirées par de puissants intérêts particuliers, sont bien plus nuisibles qu’utiles et doivent être abrogées. Et tout particulièrement, la funeste pratique des concours, qui revêtent trop souvent un caractère aléatoire.

 

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Lisez le DOSSIER sur le CORPORATISME

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 22:03
Corporatisme

Dans la dernière moitié des 19èmes personnes de siècle de la classe ouvrier en Europe commençaient à montrer l'intérêt pour les idées du socialisme et du syndicalisme. Quelques membres de l'intelligentsia, en particulier l'intelligentsia catholique, décidée pour formuler une alternative au socialisme qui soulignerait la justice sociale sans solution radicale de l'abolition de la propriété privée. Le résultat s'est appelé Corporatism. Le nom n'a eu rien à faire avec la notion d'une société d'affaires sauf que les deux mots sont dérivés du mot latin pour le corps, corpus.

L'idée fondamentale du corporatisme est que la société et l'économie d'un pays devraient être organisées en groupes d'intérêt principaux (parfois appelés les sociétés) et les représentants de ces groupes d'intérêt règlent tous les problèmes par la négociation et l'accord commun. Contrairement à une économie de marché de marché qui actionne par la concurrence les travaux économiques de corporation par la négociation collective. Le Président américain Lyndon Johnson a eu une expression préférée qui a reflété l'esprit du corporatisme. Il recueillerait les parties à un certain conflit et la parole, « nous a laissés raisonner ensemble. »

Sous le corporatisme la main-d'oeuvre et la gestion dans une industrie appartient à une organisation industrielle. Les représentants du salaire partenaires sociaux de banc à dossier sort par la négociation collective. Tandis que c'était la théorie dans la pratique les états corporatistes ont été en grande partie régnés selon les préceptes du chef suprême.

On premier et important théoricien de corporatisme était Adam Müller, un conseiller à prince Metternich dans ce qui est maintenant l'Allemagne et l'Autriche orientales. Müller a proposé ses vues comme antidote aux dangers jumeaux de l'égalitarisme de la révolution française et des sciences économiques de laissez-faire d'Adam Smith. En Allemagne et il y avait ailleurs une aversion distincte parmi des règles pour permettre à des marchés de fonctionner sans direction ou commande par l'état. L'héritage général de culture de l'Europe de l'ère médiévale a été opposé à l'intérêt individuel et au fonctionnement des marchés libre. Les marchés et la propriété privée étaient acceptables seulement tant que le règlement social a eu la priorité au-dessus des motivations de sinfull telles que l'avarice.

Couplé aux sentiments d'anti-marché de la culture médiévale il y avait la notion que les règles de l'état ont eu un rôle essentiel en favorisant la justice sociale. Ainsi le corporatisme a été formulé comme système qui a souligné le rôle postive de l'état en garantissant la justice sociale et en supprimant le chaos moral et social de la population poursuivant leurs propres individu-intérêts d'individu. Et surtout d'autre, comme corporatisme économique politique de philosophie était flexible. Il pourrait tolérer l'entreprise privée dans des limites et justifier des projets principaux de l'état. Le corporatisme a été parfois marqué comme troisième manière ou économie mélangée, synthèse de capitalisme et socialisme, mais c'est en fait un système économique politique séparé et distinctif.

Bien que les règles aient probablement fonctionné selon les principes du corporatisme à partir du temps immémorial c'était seulement au vingtième siècle tôt que les régimes ont commencé à s'identifier comme corporatiste. La table ci-dessous donne certains de ces régimes explicitement corporatistes.

 

Régimes corporatistes du vingtième siècle 
Nom de système Pays Période Chef
Corporatisme national L'Italie 1922-1945 Benito Mussolini
Pays, religion, monarchie L'Espagne 1923-1930 Miguel Primo de Rivera
Socialisme national L'Allemagne 1933-1945 Adolph Hitler
Syndicalisme national L'Espagne 1936-1973 Francisco Franco
Nouvel état Le Portugal 1932-1968 Antonio Salazar
Nouvel état Le Brésil 1933-1945 Getulio Vargas
Nouvelle affaire Les Etats-Unis 1933-1945 Franklin Roosevelt
Troisième
Hellénique
Civilisation
La Grèce 1936-1941 Ioannis Metaxas
Partie de justice L'Argentine 1943-1955 Juan Peron




 

Dans la table ci-dessus plusieurs des régimes étaient les dictatures brutales et totalitaires, habituellement marquées fasciste, mais non tous régimes qui ont eu une base corporatiste étaient fascistes. En particulier, la nouvelle affaire de Roosevelt en dépit de ses nombreux défauts n'a pas pu être décrite en tant que fasciste. Mais certainement la nouvelle affaire était corporatiste. L'architecte pour le programme initial de nouvelle affaire était le Général Hugh Johnson. Johnson avait été l'administrateur du programme militaire de mobilisation pour les États-Unis sous Woodrow Wilson pendant la Première Guerre Mondiale. On l'a estimé qu'il a fait un bon travail de contrôler l'économie pendant cette période et c'est pourquoi il a été donné la responsabilité principale de formuler un programme économique à l'affaire avec les problèmes graves de la dépression. Mais entre la fin de la Première Guerre Mondiale et Hugh 1933 Johnson était allé bien à un admirateur du système corporatiste national de Mussolini en Italie et il a utilisé l'expérience italienne de formuler la nouvelle affaire. Il convient noter que beaucoup d'éléments de la nouvelle affaire tôt étaient plus tard inconstitutionnels avoué et abandonné, mais certains éléments tels que la Loi nationale de relations sociales qui a favorisé la syndicalisation de la main-d'oeuvre américaine sont toujours en effet. Une part de la nouvelle affaire était le développement du Tennessee River Valley sous la société anonyme par actions contrôlée par l'Etat appelée l'autorité de vallée du Tennessee (TVA). Une partie du nouveau revendeur a vu TVA en tant que plus qu'une entreprise publique de puissance. Ils ont espéré faire à TVA un modèle pour la création des unités politiques régionales qui remplaceraient des gouvernements d'état. Leur but n'a pas été réalisé. Le modèle pour TVA était les arrangements de développement de fleuve effectués en Espagne dans les années 20 sous le gouvernement de Miguel Primo de Rivera. Jose Antonio Primo de Rivera, le fils de Miguel Primo de Rivera, était le fondateur du syndicalisme national de Franco.

Le régime corporatiste favorisent typiquement de grands projets gouvernementaux tels que TVA sur la base qu'ils sont trop grands pour être placés par entreprise privée. Au Brésil le régime de Vargas a créé beaucoup d'entreprises publiques comme dans la production de sidérurgique qui il feutre étaient nécessaire mais l'entreprise privée a refusé de créer. Il a également créé un mouvement de travail organisé qui est venu pour commander ces entreprises publiques et transformé leur en drains aux effectifs pléthoriques et inefficaces sur le budget public.

Bien que ce qui précède localise l'origine du corporatisme au 19ème siècle France elle s'enracine peut être tracée beaucoup plus loin en arrière à temps. Sylvia Ann Hewlett en son livre, les dilemmes cruels du développement : Le vingtième siècle Brésil, indique,

Le corporatisme est basé sur un corps des idées qui peuvent être tracées par Aristote, loi romaine, structures sociales et légales médiévales, et dans la philosophie sociale catholique contemporaine. Ces idées sont basées sur les lieux que la nature de l'homme peut seulement être accomplie au sein d'une communauté politique.
..........
Le noyau central de la vision corporatiste n'est pas ainsi le l'individu mais la communauté politique dont la perfection permet aux différents membres d'accomplir eux-mêmes et de trouver le bonheur.
...............
L'état dans la tradition corporatiste est ainsi clairement interventionniste et puissant.

Le corporatisme est collectiviste ; c'est une version différente de collectivisme que le socialisme mais c'est certainement collectiviste. Il place de l'importance sur le fait que la propriété privée n'est pas nationalisée, mais la commande et nationalisation de fait par le règlement est ainsi juste comme vraie. C'est nationalisation de fait sans être nationalisation de de jure.

Bien que le corporatisme ne soit pas un concept familier au grand public, la plupart des économies du monde sont corporatistes en nature.


Libre marché et corporatisme

À son origine, le capitalisme n’était qu’un système de transactions libres qui permettaient une utilisation efficace des ressources et du capital afin de produire pour la consommation de masse. Le capitalisme à rendu possible aux masses d’augmenter leur niveau de vie de façon inédite dans l’histoire et a permis aux régions qui ont adopté ce modèle économique de développer une richesse jamais connue avant et qui est accumulée par la production, contrairement à auparavant ou la richesse était accumulée plutôt par la guerre et le pillage entre membres de la noblesse. Dans ce système original, les « capitalistes » étaient en fait quiconque économisait et investissait, ce qui inclue des gens comme vous et moi. Les entrepreneurs étaient ceux qui ensuite mettaient le capital ainsi à l’oeuvre afin de produire des biens et produire la richesse.

Ce système a été perverti ou détourné par un groupe de banquiers et d’industrialistes qui ont su obtenir le concours de l’état afin de s’enrichir au dépens des masses. Ce système ainsi perverti est devenu le capitalisme corporatiste que nous connaissons maintenant. Un système qui enrichit les puissants au détriment des masses. On n’a qu’à regarder les massifs transferts de richesses consentis au banques, sous prétexte de préserver le système bancaire d’une destruction imminente, aux frais des contribuables qui ont été opérés depuis le début de la présente crise économique; pour voir à quel point ce système est tordu. C’est pourquoi depuis le début de cette crise les libertariens comme moi ne cessent de hurler: « Ceci n’est pas du capitalisme » .

Nous estimons qu’à la racine de ce problème est le contrôle de la monnaie et des intérêts par l’état et les banques. Un des grand mythe populaire de notre époque est la croyance que c’est l’argent qui fait la richesse. C’est faux. L’argent n’est qu’un intermédiaire et n’a d’utilité que dans la mesure où il peut être échangé contre des biens qui nous sont utiles. Si vous échouez sur une ile déserte avec un million de dollars, serez vous riche? Non! votre million ne serait bon qu’à bruler parce qu’il ne pourrait pas être utilisé comme médium d’échange pour obtenir quoique ce soit. Ceci étant dit, on en conclue que n’importe quelle commodité qui peut être échangée contre ce qu’on désire peut servir de monnaie d’échange. L’évolution de l’usage de la monnaie à partir du système de troc s’est opéré à travers des opérations de marché, non par décret gouvernemental. Alors pourquoi est-il nécessaire que ce soit l’état qui contrôle l’émission de monnaie? La réponse en fait est que ce contrôle n’est effectivement pas nécessaire et que c’est en grande partie de ce contrôle, et la délégation de celui-ci aux banques que proviennent les plus grandes injustices de ce monde. Quant à l’intérêt, il joue un rôle fondamental dans un marché libre.

Chaque commodité dans une économie a un prix qui fluctue selon l’offre et la demande de cette commodité. Étant donné que l’argent est fondamentalement une commodité, il a également un prix et c’est l’intérêt. L’intérêt, c’est le prix qu’on doit payer pour acquérir un bien maintenant, plutôt que plus tard. Ses fluctuations sont un indicateur de la quantité d’argent disponible à l’emprunt. Plus les gens épargnent, plus le taux baisse, donnant ainsi au marché le signal que ces ressources sont disponibles. Lorsque la quantité de cet argent baisse, les taux remontent, encourageant ainsi les gens à l’épargne. Vu de cette façon, on constate que toute manipulation artificielle et arbitraire va fausser cet important signal de marché. C’est cette manipulation qui aujourd’hui est à l’origine de cycles économiques toujours plus violents.

Les libertariens considèrent que de règlementer encore plus le système est contre-productif. Les corporatistes contrôlent les règlementations et les retournent toujours en leur faveur. Les dés règlementaires sont pipés. Il faut aller à la source. Cette source, c’est la collusion entre l’état et les corporatistes. L’état est le seul organe de la société ayant l’usage légal de la force. L’état est le seul qui peut offrir le monopole légal sur la création de monnaie et le contrôle des intérêt dont jouissent les banquiers et la main-mise règlementaire qui favorisent le Big business corporatif face au petit entrepreneur.

C’est pourquoi nous voulons une réduction des pouvoirs de l’état. Que ces pouvoirs reviennent dans les mains du peuple. L’argent peut être créé de façon libre sans le concours de l’état et des banques. La pratique frauduleuse des réserves fractionnaires devrait être illégale. Les intérêts devraient retourner à leur rôle original de signal de marché, plutôt que de servir de levier au profit des corporatistes. Les règlementations qui servent les intérêts corporatistes doivent être abolies pour être remplacées par des règlementations plus justes qui assurent que tous restent égaux devant la loi.

Pour moi et plusieurs comme moi, c’est ça la minarchie.


Lisez le DOSSIER sur le CORPORATISME

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 00:00

Savez vous vraiment ce qu'est le libéralisme ?

par Jacques de Guenin

(Exposé fait à Bayonne, Bordeaux, Dax devant divers auditoires)


Je précise tout de suite que je ne vais pas parler de politique : ma brève incursion dans le monde politique m'a appris qu'il n'y a pas de parti complètement libéral, et que la plupart des hommes politiques sont plus prompts à nous forcer à entrer dans le système qu'ils préconisent, à coup de lois et de règlements, plutôt que nous laisser vivre comme nous l'entendons. Entre parenthèses, cela reflète de leur part un mépris certain pour l'individu, puisqu'ils ne le croient pas capable de se conduire honnêtement et solidairement s'il ne rentre pas dans leur système. Or c'est évidemment le contraire qui se produit. L'individu ne recherche plus la vertu lorsqu'il lui suffit d'appliquer les règlements pour se donner bonne conscience, et il ne ressent plus le besoin d'être solidaire lorsque l'État l'est à sa place.

 

Dans notre pays, la pensée libérale est ancienne et profonde. Elle été illustrée par une pléiade d'écrivains prestigieux, parmi lesquels on peut citer : La Boétie, Montaigne, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Turgot, Condorcet, Benjamin Constant, Jean-Baptiste Say, Frédéric Bastiat, Victor Hugo, Alexis de Tocqueville, Gustave de Molinari, Jacques Rueff, Bertrand de Jouvenel, Raymond Aron, Jean-François Revel.

 

Vous remarquerez au passage que quatre de ces grands penseurs sont originaires d'Aquitaine. Il y a lieu d'en être fier.

 

A vrai dire, la pensée libérale est si prestigieuse qu'elle fait de l'ombre aux hommes de pouvoir. Aussi la dénigrent-ils sous des vocables variés, et se gardent-ils bien de l'enseigner dans leur système d'éducation. Si bien que les idées les plus fausses courent à son sujet. Mon ambition est de rétablir la vérité en définissant avec précision ce qu'est le libéralisme, et en montrant l'implacable logique qui lie ses différents concepts.

 

Mais si vous avez des convictions libérales, et si vous voulez défendre efficacement vos idées, la logique ne suffit pas. La plupart des gens ne sont pas disposés à se battre pour des raisonnements, si même ils veulent bien les écouter. En revanche ils sont prêts à se battre, voire à mourir si nécessaire, pour des principes moraux. Je vais donc m'efforcer de montrer que le libéralisme est non seulement le système le plus efficace sur le plan économique, mais encore le seul système social moralement cohérent.

 

Le libéralisme c'est d'abord une morale individuelle, ensuite une philosophie de la vie en société dérivée de cette morale, enfin seulement, une doctrine économique qui se déduit logiquement de cette morale et de cette philosophie.

 

Cette morale repose sur deux concepts-clés :

 

La responsabilité individuelle : être responsable, cela veut dire assumer soi-même les conséquences de ses propres actes. C'est un principe d'apprentissage par tâtonnement et d'autoperfectionnement.


La liberté individuelle : la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Article 4)


Ces deux concepts ne sont pas indépendants l'un de l'autre. Aucun des deux ne peut exister sans l'autre. En effet, on ne peut être responsable de ses actes que si on est libre de les commettre ou non. Réciproquement, si l'on veut respecter la liberté des autres, il faut assumer soi-même les conséquences de ses actes.

 

Ces deux concepts ne sont pas non plus arbitraires. Ils se déduisent d'un principe universel qui est celui du maintien de la vie et de la recherche du bonheur.

Toutes les fonctions de tous les être vivants, du plus simple au plus complexe, n'ont qu'un objectif : maintenir leur vie. On peut donc dire que tout ce qui la maintien est bon, et que tout ce qui la menace est mauvais. Voilà, pour les libéraux, le fondement de la morale.

 

Un être vivant doit se procurer l'énergie ou la nourriture dont il a besoin pour vivre et se propager, et se protéger des menaces extérieures. Il doit réagir aux conditions extérieures - comme le chaud et le froid -, ou aux agressions, par des actions. Chez les plantes et les animaux inférieurs, ces actions sont entièrement automatiques et inconscientes. Chez l'homme, les choses sont un peu plus compliquées :


L'homme a un cerveau développé qui lui permet :

  • de concevoir des objectifs
  • de lancer des actions dont les résultats vont augmenter ou diminuer sa satisfaction. Ces actions s'obtiennent au prix d'un EFFORT
  • de mémoriser le résultat de ces actions

     

  • d'analyser ces résultats et de tirer des conclusions sur la façon de les améliorer

Cette faculté décisive s'appelle LA RAISON.

On voit tout de suite que grâce à ses efforts, et à l'utilisation de sa raison, l'homme ne peut progresser indéfiniment vers la recherche du bonheur qu'à deux conditions :

  • Qu'il soit libre de ses actions.
  • Qu'il en assume les conséquences.

S'il jouit de la liberté, l'homme peut créer, inventer de nouvelles voies.

S'il en assume les conséquences, il peut tirer parti de ses erreurs pour progresser.

Nous retrouvons ainsi les deux principes-clefs de la pensée libérale : la Liberté et la Responsabilité.


Voyons maintenant quelles conséquences on peut tirer de ces deux principes :

1. Pour assurer sa vie, l'homme doit produire des biens qu'il pourra consommer, stocker, ou échanger, et des services qu'il pourra échanger contre d'autres biens ou services. Celui qui n'a pas droit au produit de ses efforts n'a pas la certitude de pouvoir entretenir sa vie de la façon qu'il le désire. L'homme qui produit alors que d'autres disposent de ce qu'il produit est un esclave. La propriété acquise par l'effort et la raison est donc une condition impérative de l'exercice de la liberté.

 

Celui qui produit et échange gagne ce qu'il a. Il ne donne ni ne prend ce qui n'est pas mérité. Il ne s'attend pas à être payé sur sa bonne mine, ou sur ses plaintes, ou sur l'expression passive de ses besoins, mais sur ses réalisations, sur ce qu'il a accompli.

Réciproquement, la propriété acquise par la force, le vol, ou la tromperie, est en contradiction formelle avec la morale libérale. La règle peut être la plus forte du libéralisme, est qu'on ne doit rien obtenir des autres par la coercition, mais seulement avec leur consentement.

 

2. L'homme produit au prix d'un effort, en utilisant sa raison. Il obtiendra des résultats d'autant meilleurs qu'il fera plus d'efforts et utilisera mieux sa raison. C'est la seule source d'inégalité cohérente avec la morale libérale.

Le corollaire est que la morale libérale ne tolère pas l'inégalité devant la loi, quelles qu'en soient ses formes : l'esclavage, les castes, les titres nobiliaires, les privilèges.

Nous allons voir maintenant que l'existence de la société améliore considérablement l'efficacité de l'individu dans sa recherche du bonheur par l'effort et la raison, et que réciproquement, la recherche individuelle du bonheur par l'effort et la raison engendre des conséquences extrêmement positives pour la société.

D'abord, la comparaison de ses résultats avec ceux des autres permet de progresser - à condition que le jugement ne soit pas altéré par l'envie. Ainsi la recherche de l'efficacité fait progresser la morale.

Ensuite, s'il jouit de la liberté, l'homme peut créer, inventer de nouvelles voies. Ce faisant, il enrichira aussi les autres. L'homme qui fournit seulement un travail physique consomme à peu de choses près l'équivalent de la valeur qu'il produit. L'homme qui produit une idée, une invention, ne reçoit qu'une infime partie de la valeur qu'il a ajoutée au patrimoine de l'humanité, et dont un nombre illimité de personnes bénéficiera.

Enfin, l'individu peut obtenir les biens ou les services qu'il ne peut ou ne veut produire lui-même, grâce à l'échange, sanctionné par un contrat si l'échange s'accomplit dans la durée. Lorsque l'échange est libre, les deux parties y trouvent leur satisfaction et aucun tiers n'est lésé.

Ainsi, si aucune autorité n'intervient pour lui dicter ses choix, l'homme peut choisir le travail qu'il préfère, se spécialiser dans ce travail, et aller aussi loin dans la voie du succès que sa volonté et son talent le permettent. Mais ce succès dépend de la valeur objective de ce travail pour les autres. Lorsque les hommes sont libres de leurs échanges, c'est le meilleur produit et le meilleur jugement qui l'emportent dans tous les domaines de l'action humaine, qui élèvent les niveaux de vie et de pensée de tous ceux qui participent à cette action.

Les échanges favorisent les rapports pacifiques entre les hommes et contribuent à la moralisation de ces rapports. Pour que les échanges soient efficaces, ils doivent exclure le mensonge. Les échanges au sein de sociétés un peu complexes exigent donc la confiance.

 

Contrairement aux anciens rois et seigneurs féodaux, aux modernes dictateurs, et même aux représentants de nos gouvernements, le chef d'entreprise n'obtient rien par la force : il sert autrui. Il doit satisfaire ses clients, et il perd tout pouvoir dès qu'il n'est plus en mesure d'assurer de meilleurs services que ses concurrents. La plus grosse entreprise perd sa puissance et son influence dès qu'elle perd ses clients. Le profit va seulement à celui qui a compris ce que veulent les autres. Il n'en est pas de même pour les activités de l'État, qui ne connaissent aucune sanction.

 

Ceci a été parfaitement exprimé par la grande philosophe et romancière américaine Ayn Rand, dans un roman fameux, mais malheureusement pas traduit en français qui s'appelle "Atlas Shrugged". Dans ce roman, un système totalitaire s'insinue peu à peu dans l'État Américain. Le Héros, Hank Rearden, un self made man, subit un procès parce qu'il ne se plie pas volontairement aux demandes du pouvoir. Comme dans tous les procès totalitaires à leurs débuts, le pouvoir espère que Hank Rearden s'accusera publiquement en échange de sa liberté. Mais Hank Rearden est d'une autre trempe. Voici ce qu'il dit à ses juges :


«...Je ne travaille pour rien d'autre que mon profit - que j'obtiens en vendant un produit dont ils ont besoin à des gens qui ont envie de l'acheter et qui en ont les moyens. Je ne le produit pas pour leur bénéfice au détriment du mien, et ils ne l'achètent pas pour mon bénéfice au détriment du leur ; je ne leur sacrifie pas mes intérêts et ils ne me sacrifient pas les leurs ; nous traitons en égaux, par consentement mutuel, à notre avantage mutuel - et je suis fier de chaque centime que j'ai gagné de cette façon. Je suis riche, et je suis fier de chaque centime que je possède. J'ai gagné mon argent par mon propre effort, par le libre échange et le consentement volontaire de tous ceux avec qui j'ai eu à faire - le consentement volontaire de ceux qui m'ont employé quand je débutais, le consentement volontaire de ceux qui travaillent pour moi aujourd'hui, et le consentement volontaire de ceux qui achètent mon produit.

Je répondrai à toutes les questions que vous avez peur de me poser ouvertement. Est-ce que je souhaite payer mes ouvriers plus que leurs services ne valent pour moi ? Non, je ne le souhaite pas. Est-ce que je souhaite vendre mon produit moins cher que mes clients sont près à le payer ? Non, je ne le souhaite pas. Est-ce que je souhaite le vendre à perte ou le donner ? Non, je ne le souhaite pas. Si cela est mal, faites ce que vous voulez de moi, selon vos propres standards. Voici les miens : je gagne ma propre vie, comme tout honnête homme doit le faire. Je refuse de me sentir coupable de mon existence et du fait que je dois travailler pour la soutenir. Je refuse de me sentir coupable de pouvoir le faire et de le faire bien. Je refuse de me sentir coupable du fait que je le fais mieux que la plupart des gens - du fait que mon travail a plus de valeur que celui de mes voisins et que plus de gens ont envie de me payer. Je refuse de m'excuser pour mes capacités - je refuse de m'excuser pour mes succès - je refuse de m'excuser pour mon argent.»


Est-ce à dire que le libéral n'agit que par intérêt personnel ? Nullement, mais pour lui, la sollicitude vis à vis de ses semblables, la solidarité, sont des vertus individuelles qui s'exercent directement ou au moyen de libres associations. Il ne considère pas comme solidarité le fait de faire redistribuer par l'État l'argent pris à d'autres.

 

Pour satisfaire des objectifs qui dépassent ses seules capacités, l'individu s'associe librement à d'autres individus pour constituer des associations ou des sociétés. Ces groupements peuvent à leur tour s'associer pour accomplir des objectifs encore plus ambitieux. Mais les groupes d'ordre supérieur ne doivent pas retirer aux groupes d'ordre inférieur (dont le plus petit est l'individu), ce que ces derniers peuvent accomplir eux-mêmes : c'est le fameux principe de subsidiarité.

 

Pour le libéral, l'État lui-même devrait être une association d'ordre supérieur à laquelle les associations d'ordre inférieur délégueraient certains pouvoirs et certains moyens, selon le principe de subsidiarité. Mais nous vivons depuis toujours dans un schéma strictement inverse où l'État dispose de tous les pouvoirs et ne consent à déléguer quelques petits espaces de liberté aux citoyens que lorsque ceux-ci le lui arrachent.

 

L'État est le plus grand danger potentiel pour l'individu, car il détient le monopole de l'usage de la force contre des victimes isolées et désarmées, et ce pouvoir attire comme des mouches les hommes ambitieux. Année après année, les rapports d'Amnesty International sont remplis des horreurs perpétrées par les États : les guerres, les massacres, les déplacements de population, les camps de concentration, les destructions, les enlèvements, les détentions arbitraires, les tortures, les famines, les persécutions, les confiscations.

 

À défaut de pouvoir reconstruire les institutions selon le principe de subsidiarité, les libéraux s'efforcent de limiter le pouvoir des États. C'est eux qui ont inventé le principe de séparation des pouvoirs, si difficile à mettre en œuvre, même dans notre vieille démocratie. C'est eux qui ont inventé la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789 pour protéger les individus contre l'État.

 

Mais le libéral est conscient que si l'homme peut acquérir des biens par l'effort et la raison, il peut aussi les acquérir aux dépens des autres. Il accepte donc comme un moindre mal une autorité dont la seule vocation serait précisément de faire respecter les droits individuels. En pratique cela veut dire un État limité aux seules fonctions dites "régaliennes" : la Justice, la Police, et la Défense Nationale, ce qui implique une Diplomatie. Toutes les autres fonctions sont mieux accomplies par la libre association d'individus selon le principe de subsidiarité.

 

Il est bon de rappeler que cette vision d'un État minimum était celle des fondateurs de la démocratie américaine :


« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté, et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructrice de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. »


En résumé, le libéralisme est un système dans lequel s'épanouit celui qui utilise sa raison, qui fournit des efforts, qui échange ou s'associe librement avec les autres, notamment pour désigner un gouvernement à qui ils délèguent le pouvoir de faire respecter les droits individuels. Dans ce système, le transfert de biens d'un individu à un autre ne se fait pas par décret, redistribution, expropriation, vol, pillage ou faveur du prince, mais par l'échange volontaire.

 

Dans tous les autres systèmes, un pouvoir central domine peu ou prou l'individu, et exerce sur lui diverses spoliations.

 

Le libéralisme, contrairement à tous les autres régimes, n'admet pas la seule inégalité qui soit vraiment injuste : l'inégalité devant la loi : ce sont des libéraux qui ont éliminé l'esclavage, les castes, les titres nobiliaires, les privilèges. En revanche il ne considère pas comme immorales les inégalités de résultat. Mais n'est-il pas profondément injuste de récompenser de la même façon le paresseux et celui qui se donne du mal ? Celui qui fait n'importe quoi et celui qui réfléchit ? C'est parce qu'il existe cette récompense à la raison et à l'effort que les sociétés qui appliquent la morale libérale ont toujours été, dans tous les temps et sous tous les cieux, les sociétés les plus prospères, comme elles ont été les plus tolérantes, les plus ouvertes et les plus humaines.

Saint-Loubouer, 2000

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 00:25


Par Mithra


1- Personnalité

Une personne est un être qui revendique sa propre volonté ou conscience.

2- Universalité des droits

L'ensemble des droits doit être consistant.

3- Droits

Tous les droits sont des droits de propriété d'une personne sur une ressource aliénable.

3-1- Chaque personne détient les droits de propriété sur ce qui est sous le contrôle direct et exclusif de sa conscience.
3-2- Tout autre droit de propriété naît du premier usage conscient de ressources aliénables sur lesquelles aucun droit de propriété n'existe.

4- Liberté

La liberté est la souveraineté sur la propriété dont on possède les droits, ce qui implique le droit de s'en séparer et le droit de la défendre.

5- Morale

La morale est la tentative de réaliser ses propres valeurs dans le cadre de ses droits de propriété.

Notes :

2- c'est-à-dire qu'aucun droit ne doit entrer en contradiction avec un autre.
La violation d'un droit détruit partiellement la consistance des droits et ne peut donc être réparée dans le respect des droits de l'agresseur.

3- Ceci découle du point (2-)
3-1 Ce qui inclut la plupart du temps son propre corps.
La volonté étant inaliénable, tout contrat d'esclavage consenti est impossible. Le corps étant en revanche une propriété aliénable, cela implique le droit de la personne d'exploiter son corps comme bon lui semble.

3-2 Les concepts sont inaliénables (on ne peut pas les détruire et ils sont universellement consommables). Notamment, les droits de "propriété intellectuelle" n'existent pas.

4- Toute autre définition de la liberté viole le principe (2-) ou (3-).

4- la souveraineté sur sa propriété implique le droit de la transmettre si celle-ci est aliénable. Il suffit pour cela de l'abandonner à quelqu'un qui en vertu de (3-2-) en devient à son tour propriétaire. Celui-ci peut faire de même en faveur du premier, ce qui constitue alors un échange.
La souveraineté exclut toute utilisation par des tiers non autorisés par le propriétaire.

5- Sans liberté, aucune personne ne peut, par définition, chercher à réaliser ses valeurs morales. La liberté est donc la condition nécessaire et suffisante à l'existence de la morale.


Comprendre la morale des libertariens

 

Publié le 14/02/2011

Diagramme de Nolan

Par Arthur Gautier, Institut Coppet

Dans la plupart des pays occidentaux, le clivage gauche-droite continue de structurer la vie politique, mais aussi le débat intellectuel, le monde médiatique et les conversations de bistro. La quasi-totalité des sondages est élaborée de telle sorte que les réponses des personnes interrogées peuvent être catégorisées « à gauche » ou « à droite », selon un axe linéaire qui va de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant naturellement par le centre. 

 

Cette grille de lecture n’est pas dénuée d’intérêt, mais elle ne suffit pas pour comprendre l’ensemble des opinions politiques. Elle paraît d’autant plus datée qu’elle remonte à 1789 pour le cas français, et non loin pour l’Angleterre et l’Amérique. Le problème principal de l’axe gauche-droite est qu’il ne laisse aucune place à la pensée libérale, celle-ci ne pouvant être rangée ni avec l’égalitarisme de la gauche, ni avec le nationalisme de la droite. En son temps, l’économiste et député libéral Frédéric Bastiat votait tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite, selon le projet de loi discuté.

 

Une nouvelle grille de lecture : le diagramme de Nolan

 

On a tendance aujourd’hui à séparer de manière arbitraire la pensée libérale en deux versants : le libéralisme « économique », qui aurait plutôt la faveur de la droite, et le libéralisme « politique », qui a meilleure presse à gauche. Cette théorie des deux libéralismes[1], dont on sent assez vite le parti pris idéologique[2], est assez faible théoriquement mais elle se nourrit de l’inconséquence de la classe politique contemporaine. Un politicien peut être à la fois pour l’économie de marché et le protectionnisme (surtout à droite), pour le mariage gay et pour la Loi Gayssot (surtout à gauche) ! Ceci nous rappelle qu’il ne faut pas confondre le domaine des idées et celui de l’action humaine. Le libéralisme est une philosophie politique cohérente, mais les libéraux cohérents sont quasiment introuvables, du moins en France.

 

Aux Etats-Unis, la situation est légèrement différente[3], mais le libéralisme classique a beaucoup de mal à trouver sa place dans la « guerre culturelle » qui oppose depuis plusieurs décennies les progressistes aux conservateurs. C’est ce qu’a bien compris David Nolan, fondateur du Libertarian Party en 1971 et auteur du désormais célèbre Nolan Chart, qui ajoute à l’axe gauche-droite un deuxième axe liberté-contrainte, de telle sorte que la pensée libérale trouve enfin sa place sur l’échiquier politique. Malgré l’intérêt de cette nouvelle grille de lecture, le débat contemporain reste marqué par l’opposition systématique entre liberals [4] et conservatives. Les libertarians, qui sont parfois décrits comme étant « fiscally conservative, socially liberal », font encore office d’anomalies pour de nombreux observateurs.

 

Plongée dans la psychologie libertarienne

 

C’est également le cas dans la recherche en sciences humaines et sociales, notamment en psychologie, où une littérature abondante tente de comprendre les caractéristiques des progressistes et des conservateurs, et notamment les principes moraux qui les guident dans leurs choix politiques. Sur les libertarians ? Quasiment rien ! Contrastant cette absence de travaux et la montée en puissance du Tea Party[5] aux Etats-Unis, le professeur Jonathan Haidt, de l’Université de Virginie, a entamé récemment un programme de recherche visant à sonder la « psyché libertarienne » et ce qu’elle a d’unique en ses soubassements moraux. Les premiers résultats prennent la forme d’un article passionnant réalisé par Haidt et ses collègues et qui sera bientôt publié dans le Journal of Personality and Social Psychology.

 

L’étude est non seulement remarquable par la pertinence de son objet, mais aussi par sa base empirique colossale. Les données sont issues d’une quinzaine de questionnaires différents publiés sur le site www.yourmorals.org, et administrés à un échantillon de 152 239 internautes volontaires entre juin 2007 et décembre 2009. Parmi eux, 10 566 se sont déclarés libertariens lors d’une question préalable ; cette « auto-identification » étant la variable indépendante de l’étude. Haidt et ses collègues ont construit leurs questionnaires en s’inspirant de la littérature existante en psychologie morale. L’idée est de tester ces outils théoriques sur un échantillon de très grande taille et de comparer les réponses des libertariens à celles des participants s’étant déclarés progressistes ou conservateurs.

 

La liberté comme pilier moral

 

Les résultats de l’étude sont aussi captivants que convergents. La sensibilité libertarienne se distingue assez nettement en ce qu’elle érige la liberté individuelle en valeur morale suprême, loin devant les autres valeurs communément citées. A titre d’exemple, le Moral Foundations Questionnaire (MFQ) est un outil développé précédemment par Jonathan Haidt qui mesure la présence chez un individu de 5 valeurs morales de base : Care (le fait de prendre soin d’autrui), Fairness (la justice égalitaire), Ingroup (la loyauté envers le groupe), Authority (le respect de l’autorité) et Purity (la pureté). Les deux premières valeurs sont caractéristiques des progressistes, tandis que les conservateurs valorisent fortement les trois autres.

 

Le MFQ a été testé par Haidt et ses collègues sur plus de 98 000 participants, et les résultats sont édifiants. Les 8 815 libertariens interrogés obtiennent les scores les plus bas sur l’ensemble des 5 valeurs. Comme les conservateurs, ils accordent moins d’importance que les progressistes aux idées de Care et de Fairness. Comme les progressistes, ils obtiennent un score inférieur aux conservateurs pour Ingroup, Authority et Purity. Autrement dit, un libertarien serait à la fois peu sensible à la souffrance d’autrui et aux inégalités dénoncées par la gauche, et sceptique vis-à-vis des valeurs morales traditionnelles de la droite.

 

Conscient des limites de ses travaux intérieurs, Haidt pense, à la lumière des résultats d’autres questionnaires, qu’une sixième valeur morale semble faire défaut au MFQ. Et si cette valeur était la liberté ? Ce sont en effet les libertariens qui, sur d’autres questions, obtiennent les scores les plus élevés dans tous les aspects de la liberté, qu’il s’agisse d’économie (où ils surclassent les progressistes et font jeu égal avec les conservateurs) ou de choix personnels (ils arrivent en tête devant les deux autres groupes).

 

 

La raison avant les émotions

 

Les libéraux ne sont donc pas amoraux, mais leur moralité est différente en ce qu’elle place la liberté individuelle au-dessus des autres valeurs morales. Là où l’étude de Haidt et al. devient passionnante, c’est lorsqu’elle s’intéresse aux traits cognitifs et émotionnels qui peuvent expliquer la place prépondérante de la liberté dans la morale libertarienne. Faisant écho à l’un des arguments célèbres d’Ayn Rand, l’étude révèle que les libertariens ont un style intellectuel qui fait davantage appel à la raison qu’aux émotions, ce qui les distingue des progressistes et des conservateurs déclarés.

 

Les résultats d’un questionnaire inspiré du Empathizer-Systemizer Scale sont particulièrement intéressants. Les libertariens présentent un déficit d’empathie, soit une faible capacité à s’identifier aux émotions et aux pensées des autres, mais ils ont une capacité élevée à « penser en système », autrement dit à comprendre et à analyser les règles qui gouvernent leur environnement. Confrontés à des « dilemmes moraux »[6], ils pèsent le pour et le contre de chaque scénario plus facilement que les progressistes et les conservateurs, et font davantage preuve de sang-froid, notamment en situation extrême. Ils sont ainsi capables de sauver des vies en utilisant leurs capacités de calcul, et ce de manière plus efficace – sur le papier en tout cas – que la moyenne.

 

Citant les travaux du psychologue Simon Baron-Cohen, Haidt et ses collègues rappellent qu’une faible empathie et une forte systématisation sont caractéristiques du cerveau masculin, et que l’autisme est un cas extrême de cette polarisation. Le libéralisme serait-il une pensée masculine ? D’une part, les auteurs remarquent que les hommes sont surreprésentés parmi les libertariens déclarés. D’autre part, en regardant de manière transversale les questions les plus « clivantes » entre les deux genres, on constate que les réponses des sous-groupes « hommes » et « libertariens » se recoupent largement : goût pour la compétition et les défis intellectuels, justification de la violence en cas de légitime défense, refus de la prédestination, etc.

 

Néanmoins, les femmes qui s’identifient comme libertariennes ont des scores bien plus proches de leurs homologues masculins que les femmes conservatrices ou progressistes. C’est donc avec prudence que les auteurs émettent l’hypothèse – qui ne va pas plaire à tout le monde – que le cerveau libertarien est plutôt masculin, le progressiste plutôt féminin, et le conservateur quelque part entre les deux.

 

L’indépendance vis-à-vis du groupe

 

Après avoir exposé les bases morales puis le style cognitif et émotionnel des libertariens, la troisième et dernière partie de l’étude explore le type de relations sociales que ceux-ci nouent avec leurs semblables. L’hypothèse testée par Haidt et al. est la suivante : les libertariens seraient plus individualistes et de tempérament plus indépendants que les progressistes et les conservateurs. Elle se trouve là aussi vérifiée à la lumière des résultats de plusieurs questionnaires administrés sur www.yourmorals.org.

 

Peut-être le plus intéressant d’entre eux, le Identification with All of Humanity Scale permet de mesurer, à partir de 27 items, le degré de proximité d’une personne avec sa communauté proche, son pays et le monde entier. Les libertariens ont la particularité d’avoir un score faible dans les trois cas, ce qui tranche avec le patriotisme de droite et l’universalisme de gauche. Un autre test, le Satisfaction with Life Scale, montre que les libertariens tirent davantage de satisfaction de leur indépendance dans la vie que de leurs relations avec leurs proches : « To say ‘I love you’ one must first be able to say the ‘I’. »[7]

 

Que retenir de l’étude à grande échelle proposée par Jonathan Haidt ? D’abord, l’idée que le profil psychologique d’un individu joue un rôle important dans la formation de ses idées politiques. Là où certains commentateurs politiques diabolisent les partisans du Tea Party en affreux égoïstes ou en xénophobes éhontés, les auteurs de la présente étude[8] constatent simplement que certaines personnes érigent la liberté en valeur morale suprême, non pas seulement comme un moyen[9] mais également comme une fin en soi, et que ce goût de la liberté est chez eux plus fort que toutes les formes de coercition qu’entraînent la solidarité obligatoire envers les plus démunis ou le protectionnisme économique.

 

Le second enseignement majeur de l’étude nous ramène à notre questionnement initial. D’un point de vue psychologique, il existe bien en matière d’idéologie politique un troisième profil, irréductible à la dichotomie gauche-droite, insensible aux sirènes de la compassion universelle ou de la tradition religieuse, plus cérébrale et rationnelle que les autres, largement masculine et de nature indépendante. Aux Etats-Unis, ce groupe est incarné par les libertarians, qui ont su marier la philosophie libérale classique d’origine européenne avec le goût particulier pour la liberté qui caractérise l’épopée américaine. En conflit permanent avec les conservateurs – dont ils sont pourtant plus proches, au moins par la force des choses – et les progressistes, ils ont gagné en visibilité depuis une quarantaine d’années. On sait maintenant un peu mieux la manière dont ils pensent. Puissent ces enseignements nous éclairer sur la situation française et européenne !

 

Les curieux iront visiter l’étude et le blog en question :

http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1665934

http://www.yourmorals.org/blog/

 

 


[1] A ne pas confondre avec la distinction, opérée par Isaiah Berlin et elle, très juste, entre les concepts de « liberté positive » et de « liberté négative ».

[2] Que l’on peut résumer ainsi : le « bon » libéralisme politique, défendu par les progressistes et les apôtres des droits de l’homme et du citoyen, et le « mauvais » libéralisme économique, défendu par les patrons cyniques fumant le cigare et Augusto Pinochet.

[3] Depuis le New Deal au moins, les libéraux classiques se recrutent surtout dans les rangs républicains, par opposition à la politique interventionniste des démocrates.

[4] C’est un contresens malheureusement très répandu de traduire « liberals » par « libéraux », la traduction la plus juste étant « sociaux-démocrates ». Sur la mutation du terme « liberalism » dans le monde anglo-saxon et du rôle souhaitable de l’Etat, on se référera par exemple aux travaux tardifs James Burnham.

[5] Qui, contrairement à ce que la presse française ânonne en chœur, n’est pas un « rassemblement de l’ultra droite » mais un mouvement de protestation massif contre la politique économique du gouvernement, en particulier contre le sauvetage des banques (bailouts) avec l’argent des contribuables. Les Tea Partiers sont en revanche plus partagés dès lors qu’on abandonne le terrain économique. Les études en la matière sont assez contradictoires, mais il semble que les partisans du Tea Party sont pour moitié des libertariens, et pour moitié des conservateurs.

[6] Un exemple classique : sauver la vie de 5 personnes d’un accident de train en en sacrifiant une autre, ou bien ne rien faire et laisser les 5 personnes périr.

[7] « Pour dire ‘Je t’aime’, il faut d’abord savoir dire ‘Je’ », citation de The Fountainhead d’Ayn Rand (1943).

[8] Qui, précision importante, ne sont pas libertariens. Ravi Iyer, qui tient notamment le blog de yourmorals.org, se déclare liberal (progressiste).

[9] Il est assez piquant d’entendre certains progressistes s’indigner contre la « pensée utilitariste » de leurs adversaires politiques alors qu’eux-mêmes ont bien souvent une vision très utilitariste de la liberté, qui ne vaut rien en elle-même si elle ne sert pas leurs objectifs de « justice sociale », par exemple…


http://www.contrepoints.org/wp-content/themes/WpAdvNewspaper133/headPics/ccontrepoints.png

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 09:41

Ludwig von Mises et l’islam

samedi 17 octobre 2009 - Daniel Vignola

Ludwig von Mises n’a pas écrit de longs exposés consacrés exclusivement à l’islam. Par contre, il référa fréquemment à la religion dans ses ouvrages. Dans une partie de ce texte, j’ai regroupé les événements marquants de l’islam qu’il mentionna et dans une autre je suis revenu sur les nombreux parallèles qu’il établit entre l’islam et le socialisme. J’ai fait précéder le tout d’un bref survol de ce que cinq ténors du libéralisme classique antérieurs à Mises avaient écrit sur l’islam.

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NOTE : Les citations du texte sont immédiatement suivies du nom de leur auteur. Dans la majorité des cas, ce nom en majuscules sert d’hyperlien vers une version électronique du texte cité. Lorsque j’ai référé à plus d’un ouvrage du même auteur, son nom est suivi d’un chiffre qui permet de distinguer les différents ouvrages de cet auteur dans la bibliographie. Quand j’ai pu consulter la version papier d’un ouvrage cité, l’autre chiffre à droite du tiret indique le numéro de la page (ex : MISES 1–234).

LES TÉNORS DU LIBÉRALISME CLASSIQUE ET L’ISLAM

Dans un chapitre consacré à la littérature du libéralisme, Ludwig von Mises a écrit que « quiconque désire se familiariser avec l’esprit libéral doit retourner (aux classiques) de David Hume, Adam Smith et tout particulièrement à ceux de Jeremy Bentham ». (MISES 5) Il encouragea également la lecture des Œuvres complètes de Frédéric Bastiat qu’il décrivit comme un « brillant styliste (dont) la critique du protectionnisme n’a pas été dépassée à ce jour ». (MISES 5) Ailleurs, il salua Tocqueville pour avoir exposé que « la pire et la plus dangereuse forme d’absolutisme demeurait celle d’une majorité intolérante ». (MISES 8–67)

Un bref retour sur ce que ces grandes figures du libéralisme écrivirent de l’islam permet de situer le contexte dans lequel Mises énonça ses propres remarques. Des cinq auteurs, Adam Smith est le seul dont j’ai pu retrouver quelques bons mots sur cette religion.

- Adam Smith (1723 – 1790)

« (Après la chute de l’empire romain), l’empire des califes semble avoir été le premier état sous lequel le monde bénéficia du niveau de tranquillité requis pour le développement des sciences. C’est sous la protection de ces grands princes généreux que l’ancienne philosophie et l’astronomie des Grecs furent ramenées et promues en Orient. La tranquillité que leur gouvernement religieux doux et juste répandit dans son vaste empire stimula la curiosité des hommes et les incita à investiguer les lois de la nature ». (SMITH 1–67)

À la mention d’un gouvernement musulman « doux » par Adam Smith, son éditeur crut opportun d’ajouter dans une note de bas de page que Smith avait été « plutôt optimiste dans sa description de la tolérance musulmane ». (SMITH 1–67)

Cependant, quand ailleurs Adam Smith discuta de principes spécifiques de l’islam, son niveau d’optimisme décrût passablement.

Ainsi, lorsqu’il commenta les relations sexuelles légitimées par l’islam entre des hommes d’âge mûr et de très jeunes filles, il écrivit qu’elles équivalaient « à des viols d’enfants ». (SMITH 2–156) La position de l’islam en cette matière est évidemment basée sur la sunna, sur les actions du prophète Muhammad.

Hadith Sahih Boukhari 7.62.88 « Le Prophète conclut (un contrat de mariage) avec Aïcha quand elle était âgée de six ans et consomma son mariage avec elle quand elle en avait neuf. »

Dans une vidéo récente, un responsable saoudien réitéra qu’en matière matrimoniale comme dans le reste, le comportement du prophète demeure la norme à suivre pour les musulmans.

Adam Smith s’attarda également à exposer les effets négatifs du pillage à grande échelle pratiqué par les Tatares et les Arabes de son époque.

« Chez les Tatares et les Arabes, des bandes de barbares errent constamment d’un endroit à l’autre en quête de butin. Ils pillent tout sur leur passage. Des régions entières sont ainsi ravagées. (…) Rien ne saurait constituer un pire obstacle à l’accroissement de la richesse. » (SMITH 3–224)

« Quand les gens sont ainsi menacés à chaque instant de se faire voler tout ce qu’ils possèdent, ils n’ont plus aucune raison d’être industrieux. » (SMITH 3–223)

Le pillage des infidèles ne fut évidemment pas une innovation des Tatares et des Arabes contemporains d’Adam Smith. Il fut encouragé dès les premières années de l’islam par Muhammad lui-même lors de la bataille de Badr (624). La sourate 8 du Coran précisément intitulée Le butin rapporte la bataille et fournit toutes les justifications morales et religieuses pour le pillage des infidèles. Depuis les débuts de l’islam, l’attaque de Badr est invoquée par les exégètes comme une preuve de la validité du concept de jihad offensif. J’ai eu l’occasion d’élaborer sur l’importance historique de cette bataille dans un article précédent.

Dans ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Adam Smith reprit l’affirmation de Montesquieu à l’effet que la prohibition de l’usure nuit au développement économique des pays musulmans. (SMITH 4–208)

L’un et l’autre expliquent que loin d’éliminer l’intérêt sur les prêts, la prohibition de l’usure par l’islam entraîne, dans les faits, une augmentation du taux d’intérêt chargé aux emprunteurs puisque là où l’usure est interdite, le prêteur doit non seulement se prémunir contre le risque de ne pas être remboursé, il doit également charger un montant pour les risques qu’il prend d’être condamné pour une activité illégale. Plusieurs prêteurs potentiels refusant de prendre un tel risque, une raréfaction des capitaux disponibles s’ensuit, ce qui entraîne une autre d’augmentation du taux d’intérêt chargé.

2:275 « Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent : Le commerce est tout à fait comme l’intérêt. Alors qu’Allah a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt. »

Dans le monde chrétien, le bannissement de l’usure fut longtemps justifié par des passages de la Bible tels Lévitique 25 37 et Luc 6 35. En 1787, Jeremy Bentham signa une série de lettres dans lesquelles il démontra combien cette interdiction nuisait à la prospérité générale. Les lettres ont été regroupées dans un document connu depuis comme la Défense de l’usure. Du combat de Bentham, Mises écrivit qu’il fut mené « non pas pour le bénéfice des prêteurs mais pour le bénéfice de tous ».

« Le libéralisme repose sur la thèse d’une compatibilité des intérêts bien compris des individus, des classes et des peuples. Il rejette l’idée que ce qui est à l’avantage de l’un est au désavantage de l’autre. Si ce principe est fondé quand il s’agit de la guerre et du pillage, il ne l’est plus quand il s’agit d’économie et de commerce. » (MISES 6)

Puisqu’il y a une relation directe entre la disponibilité du capital et la prospérité d’une région, la prohibition de l‘intérêt contribue donc directement à l’appauvrissement des régions où elle est en vigueur.

- David Hume (1711 – 1776)

« Les partisans et les admirateurs du Coran font sonner bien haut l’excellence de la morale répandue par cette barbare production. (…) Voulez-vous savoir si les principes du prétendu Prophète ont été justes et conformes à la saine morale ? Suivez-le dans sa narration. Vous le verrez décorer des plus grands éloges des traits d’inhumanité, de trahison, de cruauté, de vengeance et de bigoterie qui ne sauraient être tolérés dans aucune société, pour peu qu’elle soit policée. Point de règle fixe de Droit. Une action est louée ou blâmée (selon) qu’elle est favorable ou contraire aux intérêts des vrais croyants. » (HUME–97)

- Jeremy Bentham (1748 – 1832)

Bentham était avocat. Il écrivit la remarque suivante dans un de ses textes de droit pénal.

« C’est par un document écrit que la preuve devient permanente et authentique. Les transactions verbales, sauf les plus simples, sont sujettes à d’interminables disputes. Litera scripta manet (Les écrits demeurent – et les paroles s’envolent). Muhammad lui-même a recommandé de respecter cette précaution. C’est presque le seul passage du Coran (2:282) qui contienne un grain de bon sens. » (BENTHAM – 551)

Ailleurs dans ses écrits, Bentham écrivit de l’islam qu’il s’agissait d’une « religion barbare ». (BENTHAM–175)

- Frédéric Bastiat (1801 – 1850)

« Nous avons vu toutes les Harmonies sociales contenues en germe dans ces deux principes : Propriété, Liberté. Nous verrons que toutes les dissonances sociales ne sont que le développement de ces deux autres principes antagoniques aux premiers : Spoliation, Oppression. » (BASTIAT–112)

« La Spoliation, sous sa forme la plus brutale, armée de la torche et de l’épée, remplit les annales du genre humain. Quels sont les noms qui résument l’histoire ? Cyrus, Sésostris, Alexandre, Scipion, César, Attila, Tamerlan, Mahomet, Pizarre, Guillaume le Conquérant. » (BASTIAT–113)

- Alexis de Tocqueville (1805 – 1859)

« La doctrine que la foi sauve, que le premier de tous les devoirs religieux est d’obéir aveuglément au prophète ; que la guerre sainte est la première de toutes les bonnes œuvres et ... toutes ces doctrines dont le résultat pratique est évident se retrouvent à chaque page et presque à chaque mot du Coran. Les tendances violentes et sensuelles du Coran frappent tellement les yeux que je ne conçois pas qu’elles échappent à un homme de bon sens. » (TOCQUEVILLE–554 )

Les nombreux commentaires de Tocqueville sur l’islam et les autres religions ont été regroupés par Jean-Louis Benoît dans un ouvrage intitulé Notes sur le Coran et autres textes sur les religions (Paris : Les Éditions Bayard, 2007). L’Université du Québec à Chicoutimi en offre des versions Word et PDF.

LES RÉFÉRENCES À L’HISTOIRE DE L’ISLAM DANS L’ŒUVRE DE MISES

Voici les événements marquants de l’histoire de l’islam auxquels Ludwig von Mises référa dans son œuvre.

- Les conquêtes musulmanes de l’Afrique et de l’Espagne

« Celui qui proclame la divinité de l’État et l’infaillibilité de ses prêtres, les bureaucrates, est considéré comme un analyste impartial des sciences sociales. Tous ceux qui soulèvent des objections sont étiquetés comme étant partiaux et étroits d’esprit. Les supporteurs de cette nouvelle religion qui vénère l’État ne sont pas moins fanatiques et intolérants que le furent les conquérants musulmans de l’Afrique et de l’Espagne. » (MISES 2–482)

- La destruction de la bibliothèque d’Alexandrie (642)

Ludwig von Mises établit un parallèle entre la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie attribuée au calife Omar, deuxième successeur de Muhammad, et les autodafés de livres promus par le socialiste français Étienne Cabet (1788 – 1856) dans son Icarie utopiste. (MISES 2–166) La légende veut qu’Omar ait justifié la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie en déclarant : « Si les livres contredisent le Coran, ils sont hérétiques et s’ils s’y conforment, ils sont superflus ».

Mises rapporte que dans l’Icarie de Cabet, « seuls les livres qui plaisent à la République pourront être imprimés et (que) tous les écrits de la période présocialiste devront être examinés par la République. Ceux jugés partiellement utiles devront être révisés et ceux jugés dangereux ou inutiles, brûlés. » Cabet refusait d’admettre un rapprochement entre les mesures qu’il proposait et celles pratiquées par les fanatiques religieux : « Nous faisons en faveur de l’humanité ce que les oppresseurs faisaient contre elle ». « Nous avons fait du feu pour brûler les méchants livres, tandis que des brigands ou des fanatiques allumaient les bûchers pour brûler d’innocents hérétiques. » Mises rejetait cet argument :

« Si l’on excepte les purs opportunistes, chacun est convaincu de la justesse de ses opinions. Si une telle conviction est suffisante pour justifier l’intolérance, il en découle que chacun aura le droit de contraindre et de persécuter ceux qui ne partagent pas ses opinions. » (MISES 2–166)

Bien qu’il soit admis que la bibliothèque d’Alexandrie ait été détruite dans le passé, il est peu vraisemblable que la destruction de 642 à laquelle réfère Mises ait effectivement eu lieu.

Discutant de la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie dans la New York Review of Books du 27 septembre 1990, l’orientaliste Bernard Lewis rappela que ni la littérature musulmane, ni les littératures copte et juive d’Égypte ne la mentionnèrent durant les six siècles qui suivirent le moment où l’événement est censé être survenu. L’histoire fit seulement surface dans la littérature musulmane du XIIIe siècle. Il serait invraisemblable, soutient Lewis, qu’un événement d’une telle envergure ait été passé sous silence aussi longtemps et par autant de parties aux intérêts divergents s’il était vraiment survenu. Les historiens contemporains partagent généralement ce point de vue et Lewis identifie ceux d’entre eux qui débusquèrent le mythe. Quel était donc l’intérêt des musulmans de lancer une telle histoire six siècles après qu’elle soit censée être survenue ?

Les mythes ne naissent jamais de façon fortuite explique Bernard Lewis. Ils doivent servir leur auteur. Dans le cas présent, l’émergence du mythe coïncide avec l’arrivée au Caire du leader musulman Saladin (1138 – 1193) venu écraser le califat des Fatimides jugé hérétique. Les historiens reconnaissent qu’après avoir rétabli l’autorité sunnite au Caire, Saladin se débarrassa d’une grande quantité de livres. Bernard Lewis suggère que la destruction d’une si riche source de savoir généra du mécontentement dans une partie de la population. En inventant le mythe de la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie par le calife Omar, Saladin aurait tenté de légitimer sa propre opération de destruction en la présentant comme une réplique de celle d’Omar, un leader populaire chez les musulmans de l’époque.

Au fil des siècles, d’autres autorités reconnues de l’islam ont promu les autodafés de livres. C’est le cas de l’exégète Abou Hamid Al-Ghazali (1058 – 1111). Il consacra la destruction des livres infidèles comme une partie intégrante du jihad.

« Chacun doit participer au jihad au moins une fois par année. Il est permis d’utiliser la catapulte contre eux (les non-musulmans) quand ils sont dans une forteresse, et ce, même s’il y a des femmes et des enfants parmi eux. Il est permis de les brûler ou de les noyer. Si une personne appartenant aux gens du Livre (les chrétiens et les juifs) est faite esclave, son mariage est annulé. Il est possible de couper leurs arbres. Il est requis de détruire leurs livres inutiles. Les combattants peuvent prendre comme butin tout ce qu’ils désirent. Ils peuvent saisir toute la nourriture dont ils ont besoin. » (AL-GHAZALI–199)

Dans la troisième partie de ses Prolégomènes, l’historien musulman Ibn Khaldoun (1332 – 1406) discute de la destruction d’une autre bibliothèque par les conquérants musulmans, en Perse (Iran) cette fois-ci. Les détails sont identiques à ceux que la légende fait valoir au sujet de la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie.

« Les musulmans, lors de la conquête de la Perse, trouvèrent dans ce pays, une quantité innombrable de livres et de recueils scientifiques et (leur général) Saad ibn Abi Oueccas demanda par écrit au khalife Omar ibn al-Khattab s’il lui serait permis de les distribuer aux vrais croyants avec le reste du butin. Omar lui répondit en ces termes : Jette-les à l’eau ; s’ils renferment ce qui peut guider vers la vérité, nous tenons de Dieu ce qui nous y guide encore mieux (le Coran) ; s’ils renferment des tromperies, nous en serons débarrassés, grâce à Dieu ! En conséquence de cet ordre, on jeta les livres à l’eau et dans le feu, et dès lors les sciences des Perses disparurent. » (KHALDOUN–125 )

- La conversion forcée des chrétiens du Moyen-Orient

« Durant plusieurs siècles les questions religieuses furent tranchées par des batailles et des guerres. Ce sont des campagnes militaires qui déterminèrent la religion qu’allait adopter chacune des nations. Les chrétiens du Moyen-Orient furent contraints d’accepter la croyance de Muhammad et les païens d’Europe et d’Amérique la foi chrétienne. » (MISES 8–43)

- L’arrêt de l’invasion musulmane par Charles Martel et Léon l’Isaurien (732-740)

« C’est une légende que les victoires des conquérants arabes obtenues durant les premiers siècles de l’islam résultèrent des enseignements fatalistes de Muhammad. Les leaders des armées musulmanes qui conquirent une grande partie de la région méditerranéenne en une période de temps extrêmement courte ne mirent pas leur confiance fataliste en Allah. Ils croyaient plutôt que leur Dieu c’était ces imposants bataillons bien équipés et dirigés avec expertise. D’autres raisons que la confiance aveugle dans la destinée explique le courage des guerriers sarrasins (musulmans). Quand les chrétiens dirigés par Charles Martel (688 – 741) et Léon l’Isaurien (675 – 741) stoppèrent leur avance, ils n’étaient pas moins courageux que les musulmans et pourtant le fatalisme n’avait pas de prise sur eux. La léthargie qui s’est répandue chez les peuples musulmans ne s’explique pas par le fatalisme de leur religion non plus. C’est le despotisme qui paralysa l’initiative de ses sujets. Les tyrans féroces qui opprimaient les masses n’étaient certainement pas léthargiques et apathiques. Ils étaient infatigables dans leur quête de pouvoir, de richesses et de plaisirs. » (MISES 8–79)

- L’expulsion des musulmans de la Sicile (1072)

« Les Normands sont les descendants des Vikings qui se sont emparés de la Normandie et s’y sont établis au neuvième et au dixième siècle. (…) Ils ont adopté le christianisme et la langue française avant d’entreprendre la conquête de l’Angleterre, de la Sicile et de territoires italiens et français. Une fois victorieux, les Normands établirent la loi et l’ordre tout en adoptant plusieurs des habitudes des pays qu’ils avaient conquis. En Sicile et dans le sud de l’Italie, ils supportèrent les chrétiens opprimés dans leur lutte contre leurs maîtres sarrasins (musulmans). » (MISES 4)

- Le déclin de la civilisation musulmane causé par le conformisme religieux (XIIIe siècle)

« Quand les Arabes se familiarisèrent avec la littérature grecque au contact des peuples qu’ils avaient conquis, la culture islamique connut un essor remarquable en Perse, en Mésopotamie et en Espagne. Jusqu’au XIIIe siècle, le niveau du savoir arabe n’était pas inférieur à ce qu’il était en Occident. Puis l’orthodoxie religieuse imposa un conformisme rigide. Elle mit fin à l’activité intellectuelle et à la réflexion individuelle dans les pays musulmans. » (MISES 8–375)

« (Dans ces pays), l’effort s’est arrêté, leurs cultures sont devenues engourdies et léthargiques. Ils ont perdu l’habileté de régler leurs problèmes économiques. Leur génie intellectuel et artistique s’est dissipé. Leurs artistes et leurs auteurs répètent les vieux procédés. Leurs théologiens, leurs philosophes et leurs avocats se complaisent invariablement dans l’exégèse d’anciens documents. Les monuments érigés par leurs ancêtres se sont affaissés. » (MISES 1–102)

« L’islam n’a pas changé depuis le jour des conquêtes arabes. Leur littérature, leurs philosophies continuent de répéter les vieilles idées ; elles se limitent aux questions théologiques. On cherche en vain chez eux des hommes et des mouvements comparables à ce que la chrétienté occidentale a produits à chaque siècle. (Les musulmans) maintiennent leur identité seulement en rejetant par traditionalisme et conservatisme tout ce qui est étranger et différent. Seulement leur haine de ce qui est différent les incite à entreprendre de grandes actions de temps en temps. Toutes les nouvelles sectes qui surgissent de leur sein, et même les nouvelles doctrines qui apparaissent ne sont rien de plus que des échos de ce combat contre l’étranger, le nouveau et l’infidèle. » (MISES 2–370)

- Quatre siècles de menace islamique sur l’Europe (1299 – 1683)

Durant la Seconde Guerre mondiale, Mises compara les invasions nazies à celles menées par l’empire ottoman en Europe à compter du treizième siècle. (MISES 7–237)

Ailleurs, Mises référa aux « braves Serbes et Croates qui défendirent l’empire des Habsbourg, donc l’Europe, contre les Turcs. » (MISES 7–287)

Un documentaire historique disponible sur internet reconstitue le siège de Vienne par les Turcs en 1529, l’un des épisodes de la confrontation évoquée par Mises.

- La traite d’esclaves arabo-musulmane

« (Pour justifier le maintien du système colonial européen, certains font valoir) qu’il serait du devoir des Européens (…) de prévenir l’anarchie présumée qui éclatera lors de l’évacuation des colonies. (Il faudrait) donc maintenir l’empire dans l’intérêt et pour le bénéfice des nations (colonisées) elles-mêmes. Pour se faire convaincants, les supporteurs de cet argument dressent un portrait sinistre des conditions qui existaient en Afrique centrale et dans plusieurs parties de l’Asie avant que les puissances européennes ne s’y installent. Certains rappellent les razzias menées par les Arabes en Afrique centrale pour capturer des esclaves. (…) Il y a évidemment beaucoup d’hypocrisie dans ce genre d’argumentation puisque, ne l’oublions pas, la traite des esclaves a pu prospérer en Afrique seulement parce que des descendants d’Européens établis dans les colonies américaines étaient acheteurs. » (MISES 5)

Contrairement à l’affirmation de Mises, les Arabes n’ont pas attendu une requête des Amériques pour capturer des esclaves puisqu’ils approvisionnaient déjà un vaste marché à l’intérieur même de leur empire quand s’amorça la traite transatlantique. La traite destinée aux Amériques dura trois siècles et demi alors que celle des arabo-musulmans perdura durant plus de treize siècles. Les Arabes commencèrent à pratiquer l’esclavage avant que ne débute la traite transatlantique et continuèrent après qu’elle eût cessé.

Le génocide voilé de Tidiane N’Diaye et Race and Slavery in the Middle East : An Historical Enquiry de Bernard Lewis, comptent parmi les ouvrages qui approfondissent cet aspect généralement négligé de l’esclavage. Deux vidéos disponibles sur internet permettent également de se familiariser avec la question :

Vidéo 1 – Tidiane N’Diaye discute de son livre Le génocide voilé

Vidéo 2 – Les esclaves oubliés de l’histoire

Selon les chiffres fournis par Tidiane N’Diaye, entre 9.6 et 11 millions d’esclaves furent dénombrés à leur arrivée dans les Amériques. Du côté arabe, il y eut 9 millions d’individus capturés pour la traite qui se déroula dans la région du Sahara et 8 millions dans la région de la mer Rouge et de l’océan Indien, soit un total de 17 millions. Ces chiffres n’incluent pas les victimes collatérales qui mouraient quand les chasseurs d’esclaves attaquaient des populations et incendiaient des villages pour capturer leur butin. En raison de la politique de castration systématique pratiquée par les Arabes, on ne trouve à peu près plus de trace des populations noires qui furent déplacées vers la Turquie, l’Iran, le Yémen, l’Arabie saoudite et l’Afrique du Nord tandis que dans les Amériques, on dénombre 70 millions de descendants ou métis d’Africains.

- La piraterie arabo-musulmane en Méditerranée (1000 – 1860)

Dans un passage où il évoque la piraterie toujours pratiquée à son époque par les « nations barbares » du Maghreb, Adam Smith rappelle que le sort qui attendait les otages capturés par les pirates arabes, c’était « d’être tué ou réduit en esclavage ». (SMITH 2–172)

Mises référa brièvement aux menaces que ces pirates faisaient peser sur la marine marchande en Méditerranée lorsqu’il évoqua les ambitions expansionnistes de l’Allemagne du XXe siècle.

« Le prétexte invoqué par l’Allemagne pour dissimuler ses véritables intentions fut d’affirmer qu’elle avait besoin d’une flotte puissante pour protéger son commerce maritime en expansion. Les Britanniques comprirent rapidement de quoi il en retournait. Quand il y avait encore des pirates, les bateaux marchands nécessitaient la protection d’escortes sur les mers dangereuses. Depuis que la sécurité prévaut sur les mers (environ depuis 1860), ces mesures ne sont plus requises. Il était impossible d’expliquer la construction d’une flotte de bateaux de guerre (par l’Allemagne) par un désir de protéger le commerce maritime. » (MISES 6)

Le recours à la piraterie par les provinces ottomanes du Maghreb et le Maroc était justifié par des considérations religieuses. L’ambassadeur de Tripoli Sidi Haji Abdrahaman en fit part aux ambassadeurs américains Thomas Jefferson et John Adams quand il les rencontra à Londres en 1786 pour leur expliquer les raisons derrière les attaques répétées de pirates arabes contre la marine marchande américaine en Méditerranée.

« L’ambassadeur nous répondit que (leur droit) était fondé sur les lois du Prophète, qu’il était écrit dans leur Coran que toutes les nations qui n’avaient pas accepté leur autorité étaient pécheresses, que c’était leur droit et leur devoir de leur faire la guerre où qu’elles se trouvent et de réduire en esclavage autant de prisonniers qu’ils pourraient capturer. Il a ajouté que chaque musulman tué dans la bataille était assuré d’aller au Paradis. » (USA–342)

9:111 « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait : Et c’est là le très grand succès. »

- La popularité de l’égalitarisme musulman chez les philosophes du XVIIIe siècle

Ludwig von Mises rappela qu’au XVIIIe siècle, l’égalitarisme musulman était considéré d’un bon œil par plusieurs philosophes occidentaux. « Ce qu’ils trouvaient louable », écrit Mises, « c’était l’absence d’une aristocratie héréditaire et de grands propriétaires terriens. Ils s’imaginaient donc que ces nations avaient mieux réussi à instaurer l’égalité que les leurs. »

C’est cet égalitarisme qui empêcha l’accumulation de grandes fortunes.

« Les dirigeants percevaient leurs riches sujets comme des menaces à leur suprématie. Du leader au dernier de ses sujets, chacun était convaincu que celui qui accumulerait de grandes richesses le ferait en privant autrui de ce qui lui revenait de droit. On croyait que la richesse d’une poignée causait la pauvreté de la multitude. »

« Or, c’est cette hostilité envers l’accumulation de richesses qui stoppa les progrès de la civilisation en Orient. Elle entraîna des populations entières au bord de la famine. L’accumulation de capital étant restreinte, une avancée technologique était impossible. Le capitalisme fut importé en Orient comme une idéologie étrangère. Il fut imposé par des armées et des flottes de guerre. (…) Ces procédés violents n’étaient certainement pas la bonne façon de changer les méthodes traditionnalistes des Orientaux. Une fois cette réalité historique reconnue, il demeure cependant que c’est cette répugnance envers l’accumulation du capital qui a réduit plusieurs centaines de millions d’Asiatiques à la pauvreté et à la famine. »

« C’est précisément parce qu’on reconnait que dans le passé la culture de plusieurs peuples orientaux fut grandement en avance sur celle de leurs contemporains occidentaux qu’on en est à se demander ce qui a produit cette stagnation en Orient. »

« (La philosophie libérale) peut triompher seulement dans un environnement où l’égalité des revenus est un idéal peu populaire. Si les Anglais du XVIIIe siècle avaient été préoccupés par cette chimère de l’égalité des revenus, la philosophie du laissez-faire n’aurait eu aucun attrait pour eux, tout comme elle n’a aucun attrait pour les Chinois ou les musulmans d’aujourd’hui. » (MISES 4–842)

Rappelons que ces remarques sur la Chine ont été écrites en 1949.

LE NAZISME ET L’ISLAM

Dans son Omnipotent Government publié durant la Seconde Guerre mondiale, Ludwig von Mises établit un parallèle entre les invasions menées par l’empire ottoman au treizième siècle et celles menées par l’Allemagne nazie.

« La réalité du nazisme laisse tous ceux qu’il confronte face à une alternative. Ils doivent l’écraser ou renoncer à (…) leur liberté et à leur existence même comme êtres humains. S’ils cèdent, ils seront les esclaves d’un monde dominé par les nazis. (…) Aucune troisième voie n’est disponible. (…) Les nazis n’abandonneront pas leurs plans pour l’hégémonie mondiale. (…) C’est une erreur mortelle que de considérer cette guerre simplement comme une des guerres que les pays occidentaux se sont livrés au cours des derniers siècles. Celle-ci est une guerre totale. Ce n’est pas seulement le sort d’une dynastie, d’une province ou d’un pays qui est en jeu mais bien le sort de toutes les nations et de toutes les civilisations. L’Europe n’a pas rencontré un tel danger depuis les invasions tatares du treizième siècle. » (MISES 7–237)

Mises mentionna également les liens que l’Allemagne nazie et les Arabes entretinrent durant la Seconde Guerre mondiale.

« Les Nazis ont déclaré qu’ils participaient à une guerre décisive entre la race nordique supérieure et les races inférieures. Or, dans ce combat, ils se sont alliés aux Italiens que leurs doctrines raciales décrivent comme des métissés ainsi qu’aux Japonais aux yeux bridés et aux cheveux foncés. D’un autre côté, ils méprisent les Scandinaves nordiques hostiles à leurs plans de domination mondiale. Les nazis se qualifient d’antisémites mais supportent les tribus arabes dans leur combat contre les Britanniques qu’ils considèrent nordiques. Les Arabes parlent un dialecte sémite et les experts nazis les considèrent sémites. » (MISES 7–172)

Pour éviter de froisser leurs alliés, les nazis mirent effectivement une sourdine sur certains des aspects de leurs théories raciales qui ne concernaient pas directement leur ennemi principal. Ils prirent ainsi la peine d’informer leurs alliés arabes des distinctions qu’ils établissaient entre eux et les Juifs, tel qu’en fait foi cette déclaration de 1942 d’un porte-parole du Ministère allemand des Affaires étrangères :

« La différence d’attitude de l’Allemagne face aux Juifs et aux Arabes a été clairement exposée dans un échange de lettres entre l’ancien premier ministre d’Iraq, Rachid Ali, et l’Institut allemand sur les questions raciales. Jamais, nous n’avons dit que les Arabes constituaient une race inférieure. Au contraire, nous avons toujours reconnu le passé glorieux du peuple arabe. » (New York Times, 5 novembre 1942, p. 2)

Du côté arabe, le mufti de Jérusalem Amin al-Husseini (1895-1974) fut sans doute celui qui contribua le plus à approfondir la relation entre l’islam et le nazisme. En plus de relayer à partir de Berlin la propagande allemande dans des émissions de radio destinées au monde arabe, le mufti se fit confier par Hitler la tâche de recruter des jeunes musulmans Bosniaques pour former plusieurs divisions de Waffen SS. La plus importante d’entre elles fut la 13e division de montagne Handschar.

Une courte vidéo tirée des archives de Vichy rapporte la rencontre du 21 novembre 1941 entre le mufti et Hitler.

Les nazis et les islamistes se vouaient une admiration mutuelle. Hitler vanta plusieurs fois l’islam et ses leaders historiques. Alors qu’il ridiculisait les « prétentions ridicules » de Mussolini pour s’être fait décerner le titre de Glaive de l’islam par des notables arabes après avoir pris le contrôle de la Libye, Hitler affirma dans son Testament politique que, ce faisant, le duce avait porté ombrage aux grands conquérants qu’avaient été Muhammad et Omar. (HITLER–71)

Dans ses mémoires, Albert Speer (1905 – 1981), le ministre des Armements du Reich et l’ami personnel du führer, revint sur l’attrait que l’islam présentait pour Hitler :

« Hitler fut fort impressionné par les bribes d’histoire qu’il apprit d’une délégation d’Arabes distingués. Quand les musulmans tentèrent d’atteindre l’Europe centrale en passant par la France au VIIIe siècle, ils furent repoussés lors de la bataille de Tours. Si les Arabes avaient gagné cette bataille, le monde serait musulman aujourd’hui parce que leur religion croit à la propagation de la foi par l’épée et à la subjugation de toutes les nations à cette foi. Une telle religion était parfaitement adaptée au tempérament allemand. Hitler déclara qu’éventuellement les conquérants arabes se seraient montrés incapables d’affronter le climat et les conditions plus rigoureuses de ce pays. Ils auraient été incapables de garder sous leur contrôle les Allemands de souche qui sont plus résistants. Éventuellement, les Allemands convertis à l’islam et non pas les Arabes auraient été à la tête de l’empire islamique. Hitler termina sa spéculation historique en faisant remarquer que ce fut notre malchance d’avoir la mauvaise religion. Pourquoi n’avions-nous pas la religion des Japonais qui accorde la plus grande valeur au sacrifice pour la mère-patrie ? L’islam aurait également été beaucoup plus compatible avec ce que nous sommes que le christianisme. Pourquoi fallait-il que ce soit le christianisme avec toute sa douceur et sa mollesse ? » (SPEER–96)

Outre leur esprit de conquête, l’islam et le nazisme se rejoignent également dans leur hostilité face aux Juifs. En 1942, les propagandistes du Reich publièrent un document qui reprenait les passages hostiles aux Juifs qu’on retrouve dans le Coran, les hadiths et la vie du prophète de l’islam. Intitulé Judentum und Islam als Gegensatze (Le judaïsme et l’islam face à face), ce texte fut récemment traduit en anglais et inclus par Andrew Bostom dans son ouvrage The Legacy of Islamic Antisemitism.

Un des hadiths retenu par la propagande allemande résume à la fois la teneur de la compilation et la position de l’islam face aux Juifs :

Hadith Sahih Boukhari 4.52.177 « Le Messager d’Allah déclara : L’heure du Jugement dernier ne viendra pas (…) tant qu’une pierre derrière laquelle un Juif s’est caché (ne vous appelle et) ne vous dise : Ô Musulman ! Il y a un Juif qui se cache derrière moi ; alors tue-le. »

Après la guerre, Johann von Leers, le protégé de Goebbels qui avait réalisé la compilation de ces textes islamiques, passa par l’Italie et l’Argentine avant de se réfugier dans l’Égypte de Nasser. Là, il travailla au Ministère de l’Information et se convertit à l’islam en 1956.

Après que le régime nazi ait étudié et diffusé les textes de l’islam, voici qu’à leur tour les islamistes contemporains s’inspirent de la politique nazie. Plusieurs sermons islamistes récents vantent les politiques nazies d’extermination des Juifs. En voici deux échantillons :

Vidéo 1 – Sur les ondes d’Al-Jazeera, Youssef al-Qaradaoui explique « qu’à travers l’histoire, Allah a imposé aux Juifs des individus qui devaient les punir pour leur corruption et qu’Hitler fut le dernier (choisi par Allah) pour appliquer un tel châtiment ». Al-Qaradaoui dirige le Conseil européen de la fatwa et fut pressenti il y a quelques années pour diriger la section égyptienne des Frères musulmans.

Vidéo 2 – Amin Al-Ansari, un leader religieux égyptien justifie l’extermination nazie et évoque son espoir d’un autre holocauste mené par les musulmans cette fois-là. Un peu après la sixième minute de la vidéo, Al-Ansari présente des scènes tirées d’archives allemandes dans lesquelles des Juifs sont enterrés vivants et d’autres, morts, sont poussés par des tracteurs vers des fosses communes. Al-Ansari loue alors Allah pour avoir rendu possible ce carnage et récite le verset 3:112 promettant l’avilissement et le malheur à ceux qui refusent l’islam.

Dans un chapitre consacré à l’antisémitisme, Ludwig von Mises dénonça « la bestialité sadique (que les nazis) manifestèrent lors du meurtre et de la torture des Juifs ». (MISES 7–184)

Nul doute qu’il aurait condamné avec la même vigueur les islamistes contemporains qui se font les apologistes des crimes qu’il dénonçait en 1944.

LES AFFINITÉS ENTRE LE SOCIALISME ET L’ISLAM

Quand Ludwig von Mises voulut illustrer par une analogie l’esprit de destruction qui accompagna la progression rapide du socialisme au XXe siècle, il se tourna vers l’islam.

« Le socialisme n’est pas du tout ce qu’il prétend être. Il n’est pas le précurseur d’un monde meilleur et plus raffiné mais le destructeur de ce que des milliers d’années de civilisation ont créé. Il ne construit pas, il démolit. La destruction est dans son essence même. Il ne produit rien, il ne fait que consommer ce que l’ordre social fondé sur la propriété privée des moyens de production a créé. » (MISES 2–414)

« L’expansion rapide du socialisme a souvent été comparée à celle du christianisme. Il serait peut-être plus approprié de la comparer à celle de l’islam qui inspira les fils du désert à ravager des civilisations anciennes, qui cacha leur furie destructrice derrière une idéologie de la vertu et qui renforça leur courage avec un fatalisme rigide. » (MISES 2–417)

« Le marxisme arrive aisément à s’allier avec le fanatisme islamiste. C’est gonflé de fierté que le marxiste Otto Bauer s’exclamait (vers 1923) : Au Turkestan et en Azerbaïdjan, les monuments dédiés à Marx font face aux mosquées et les mullahs de Perse (Iran) mélangent les citations de Marx aux versets du Coran quand ils incitent le peuple à mener la guerre sainte contre l’impérialisme européen. » (MISES 2–417)

Marx proclama que le déroulement de l’Histoire menait vers l’avènement de la société communiste.

Muhammad proclama qu’inch’Allah l’islam dominerait la terre entière.

9:33 « C’est Lui (Allah) qui a envoyé Son messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu’elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu’en aient les associateurs. »

Cette notion commune aux deux doctrines d’un futur inéluctable n’échappa pas à Ludwig von Mises.

« L’erreur des prophètes qui s’aventurent à prédire le cours de l’histoire c’est qu’ils s’imaginent que les hommes ne pourront jamais adopter d’autres idées que celles qu’eux-mêmes connaissent. (…) Chacun d’entre eux était pleinement convaincu d’être l’homme que les pouvoirs mystérieux dirigeant providentiellement les affaires humaines avaient choisi pour sceller l’évolution de l’histoire. Rien de substantiel ne pourrait survenir après eux. Désormais, les gens n’avaient plus besoin de penser. Il ne restait plus aux générations futures qu’à tout mettre en place pour se conformer aux préceptes concoctés par le messager de la Providence. À cet égard, rien ne sépare Marx de Muhammad. » (MISES 8–379)

Mises distingua le libéralisme fondé sur l’association volontaire d’individus « capables de voir les avantages qu’ils tirent de leur consentement aux règles de vie qu’implique la coopération sociale » des doctrines totalitaires comme celles de Marx et Muhammad qui soutiennent « (qu’)un être supérieur enjoint les hommes rétifs à se soumettre à la loi et aux autorités sociales ».

« Il importe peu que cet être suprême soit appelé Dieu, le Weltgeist (l’Esprit du Monde), la Destinée, l’Histoire, Wotan (une divinité germanique préchrétienne qui inspira les nazis) ou les Forces productives matérielles. Peu importe également le titre que l’on confère à ses apôtres, les dictateurs. » (MISES 4–147)

Mises maintint son analogie en désignant le Capital de Marx comme « le Coran des marxistes ». (MISES 3)

En parallèle à Marx et Engels qui firent de l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme leur slogan de combat dans le Manifeste du parti communiste, Sayyid Qutb (1906 – 1966), l’intellectuel islamiste du dernier siècle qui a sans doute le plus contribué à actualiser le concept de jihad, écrivit de l’islam qu’il vise à abolir la servitude des hommes aux idées d’autres hommes afin qu’ils vénèrent Allah seul. (QUTB–103)

Les islamistes font donc passer le recours à la raison pour un acte de servitude alors que la libération de cette servitude est elle-même une soumission puisqu’en langue arabe, le terme islam signifie soumission (à Allah). La liberté c’est l’esclavage : une autre application de la formule du 1984 de George Orwell.

Du paradis terrestre utopique promis par les communistes, Mises écrivit que tout l’apparentait au « paradis de Muhammad » promis aux musulmans. (MISES 6)

Pour favoriser l’avènement de ce paradis, Marx et ses successeurs enjoignirent leurs supporteurs à éliminer ceux qui s’opposaient au projet communiste en instaurant la dictature du prolétariat, une période dite temporaire et de transition devant mener à la société sans classe.

Muhammad promit également le paradis à ses fidèles qui combattraient les opposants à ses principes et recourraient aux mêmes méthodes que celles prônées par les marxistes :

9:111 « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait : Et c’est là le très grand succès. »

8:12 « Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts. »

Le recours à la violence est requis non seulement pour faire triompher les principes de l’islam face aux non-musulmans, il l’est également pour résoudre les divergences entre musulmans. Les crimes d’honneur et les actes de violence sectaire qui surviennent régulièrement entre musulmans sont des conséquences directes du postulat selon lequel le Coran et les hadiths ne peuvent offrir qu’une seule réponse acceptable aux diverses questions qui confrontent les hommes. C’est la même logique qui conduisit aux purges perpétrées par les communistes au sein de leurs propres rangs. Tout ce qui déroge à ce qu’une faction ou une autre considère être l’orthodoxie n’est nécessairement que mécréance ou révisionnisme et doit être traité comme tel.

« Le principal problème avec toutes ces doctrines universalistes, collectivistes et globales est le suivant : par quel signe puis-je reconnaître la vraie règle, la parole de l’authentique apôtre de Dieu et l’autorité légitime ? Plusieurs proclament avoir été envoyés par la Providence et chacun de ces prophètes prêche un évangile différent. Pour le croyant fidèle il ne peut y avoir aucun doute ; il est complètement certain qu’il a épousé la seule véritable doctrine. C’est précisément l’inflexibilité de telles croyances qui rend les antagonismes irréconciliables. Chaque camp est prêt à faire prévaloir ses propres principes. Comme l’argumentation logique ne peut permettre de résoudre les contradictions entre ces diverses croyances mutuellement exclusives, seul l’affrontement armé permet de régler les disputes. Les doctrines non-rationalistes, non-utilitaristes et non-libérales doivent engendrer des guerres et des guerres civiles jusqu’à ce qu’un des adversaires ait été éliminé ou subjugué. L’histoire des grandes religions du monde en est une de batailles et de guerres tout comme l’est celle de ces religions déguisées que sont le socialisme, l’étatisme et le nationalisme. » (MISES 4–147)

En 1940, Mises critiqua le recours au mot « démocratique » pour décrire autant les réalités musulmane que communiste.

« Avec la confusion sémantique grandissante, on a transformé les termes politiques en leurs exacts opposés. L’épithète démocratique est utilisée à toutes les sauces. C’est ainsi que les peuples musulmans qui n’ont jamais connu d’autres formes de gouvernement qu’un absolutisme sans borne sont maintenant qualifiés de démocratiques. » (MISES 4–842)

« Les défenseurs du totalitarisme (soviétique) renversent le sens des mots, (…) ils appellent démocratie les méthodes russes de gouvernement dictatorial (et) démocratie industrielle le recours à la violence et à la coercition pratiqué par les syndicats. » (MISES 4–284)

Mises écrivit dans un passage consacré au culte aveugle que les communistes vouaient à l’URSS d’après-guerre « qu’à l’instar des musulmans pieux qui désirent ardemment se rendre en pèlerinage à La Mecque, l’intellectuel communiste considère qu’un pèlerinage vers les lieux saints de Moscou constituera le moment marquant de sa vie. » (MISES 2–505)

Plusieurs membres de l’élite littéraire des deux derniers siècles naguère critiqués par Mises pour leur promotion du socialisme et leur esprit de destruction (MISES 2–422) sont aujourd’hui promus par les islamistes pour avoir, par ailleurs, exprimé des sympathies envers l’islam. Différents documents islamistes saluent ces écrivains non-musulmans qui se sont « tenus exaltés devant la vie et la conduite de notre Prophète ». Les noms de quatre écrivains critiqués par Mises reviennent fréquemment dans la littérature islamiste : Thomas Carlyle (1795 – 1881), H.G. Wells (1866 – 1946), Léon Tolstoï (1828 – 1910) et George Bernard Shaw (1856 – 1950).

Des quatre, Thomas Carlyle est sans doute celui que Mises dénonça le plus durement. Il écrivit de lui qu’il avait « glorifié la guerre, la révolution, les bains de sang et les conquêtes » et qu’il fut « le précurseur des idées que Lénine et Staline, Hitler et Mussolini avaient appliquées ». (MISES 4–649)

Dans un autre passage, Mises écrivit qu’avec John Ruskin, Bernard Shaw, les Webb (Beatrice et Sidney) et quelques autres, Thomas Carlyle passera à l’histoire « comme l’un des fossoyeurs de la liberté britannique, de la civilisation et de la prospérité ». (MISES 1–76)

Ce jugement de Mises s’applique bien au commentaire que Thomas Carlyle consacra au prophète Muhammad dans son livre On Heroes and Hero Worship and the Heroic in History.

« Beaucoup a été dit sur le fait que Muhammad propagea sa religion par l’épée. C’est beaucoup plus noble que ce dont nous pouvons nous vanter concernant la religion chrétienne puisqu’elle fut propagée pacifiquement en prêchant et en convainquant. C’est une erreur fondamentale que de considérer le recours à la violence comme un argument prouvant la véracité ou la fausseté d’une religion. (…) Chaque nouvelle opinion est toujours celle d’une minorité à ses débuts. Elle se trouve dans la tête d’un seul homme. Une seule personne au monde y croit. Voici un homme contre tous les hommes. Qu’il prenne une épée dans ces circonstances et tente de propager son idée lui sera fort peu utile. (…) Une idée se propagera comme elle le peut. Nous ne pouvons d’ailleurs pas dire du christianisme qu’il a toujours dédaigné l’épée lorsqu’il en eut à sa disposition. Ce n’est pas en prêchant que Charlemagne a converti les Saxons. L’usage de l’épée m’est égal. Je permettrai à une idée de faire son chemin en ce monde en recourant à l’épée, à la parole, à quelque instrument qu’elle ait à sa disposition ou qu’elle puisse se procurer. Nous la laisserons prêcher, polémiquer, combattre, se remuer tant qu’elle peut et se débattre bec et ongles, convaincus qu’en fin de compte elle ne conquerra rien qui ne méritait pas d’être conquis. Une nouvelle idée ne peut seulement vaincre que ce qui est moins bon qu’elle. Dans ce grand duel, la nature elle-même sert d’arbitre et ne peut se tromper. C’est l’idée enrac

inée le plus profondément dans la nature, c’est cette idée que nous désignons comme la plus vraie qui survivra. » (CARLYLE–48

Ainsi, selon Carlyle, la véracité d’une thèse est établie par la capacité de son défenseur à survivre physiquement à une confrontation avec les supporteurs de thèses opposées. Là où une telle conception arrive à s’imposer, ses tenants ne travaillent plus à évaluer les idées et les doctrines à leur mérite trop occupés qu’ils sont à se positionner par rapport au potentat qui remporta le dernier round. Plus cette conception prévaut dans une société et plus la vie des innovateurs est menacée par ceux qui bénéficient du statu quo. L’innovation rejetée, le conformisme s’installe et la pauvreté suit.

« La civilisation est un produit de l’esprit bourgeois et non pas de l’esprit de conquête. » (MISES 4–650)

C’est en invoquant ces conséquences du despotisme et de l’esprit de conquête invariablement associé à l’islamisation d’une région que Jeremy Bentham expliqua le dépérissement de l’agriculture et du commerce en Asie mineure, en Grèce, en Égypte et sur les côtes de l’Afrique après l’absorption de ces régions par l’Empire ottoman. (BENTHAM – 310) Son explication était identique à celle fournie par Mises pour expliquer « la léthargie qui s’est répandue chez les peuples musulmans ». (MISES 8–80)

LA PAIX DES CIMETIÈRES

Un autre parallèle entre le socialisme et l’islam s’impose. C’est la propension de leurs leaders à présenter leur doctrine respective comme des doctrines de paix à ceux qui sont dans leur mire. Contrairement à tant de ses contemporains, Ludwig von Mises ne se fit pas berner par les déclarations de paix des marxistes et de l’URSS :

« La paix (dont parlent les marxistes) n’est pas la paix du progrès que le libéralisme s’efforce d’atteindre mais la paix des cimetières. Ce n’est pas la paix des pacifistes mais celle des pacificateurs, des hommes de violence qui cherchent la paix par la subjugation. Chaque potentat établit ce genre de paix en imposant sa domination absolue. Elle dure tant qu’il réussit à maintenir sa domination. » (MISES 2–73)

Après avoir pris le pouvoir en URSS, les leaders communistes réalisèrent rapidement qu’ils suscitaient la crainte et la suspicion en étalant au grand jour leurs projets révolutionnaires. Ils résolurent donc d’offrir un nouveau discours empreint de paix, de colombes et de coexistence pacifique sans changer d’un iota leur programme original. Dorénavant, ils réserveraient aux initiés les détails du travail de sape planifié dans le monde non-communiste ainsi que les justifications des campagnes de terreur menées dans le camp du socialisme. Leur discours pacifiste servirait à émousser la vigilance de l’adversaire.

La nouvelle tactique fut appliquée pour la première fois en 1922 lors de la Conférence de Gênes à laquelle participèrent les délégations de trente-quatre pays. Peu avant la conférence qui devait être consacrée aux problèmes monétaires confrontant les pays participants, Lénine contacta le chef de la délégation soviétique Guéorgui Tchitchérine et lui demanda de profiter de l’occasion pour présenter une proposition de désarmement général aux autres participants. Surpris, Tchitchérine contacta Lénine pour demander des éclaircissements. Il ne comprenait pas qu’il doive défendre une position contraire à tout ce que les communistes avaient soutenu jusque là. La réponse de Lénine est édifiante :

« Camarade Tchitchérine, vous et moi avons combattu le pacifisme en tant que programme du Parti prolétarien révolutionnaire. Cela est clair. Mais où, quand et qui a répudié l’utilisation des pacifistes par (notre) parti pour désagréger l’ennemi ? » (LÉNINE–479)

La paix de l’islam tient de la même logique. Après les émeutes qui se déroulèrent au Danemark et dans d’autres pays du monde à l’occasion de la publication des caricatures de Muhammad, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) invita cent trente-huit leaders musulmans du monde à endosser une lettre ouverte au pape Benoît XVI et à d’autres leaders chrétiens dans laquelle ils déclaraient vouloir vivre dans un climat « de paix sincère, d’harmonie et de bonne volonté mutuelle ». L’OCI regroupe les cinquante-sept pays musulmans du monde et la lettre ouverte fut rendue publique le 13 octobre 2007.

L’OCI conclut sa déclaration en citant le verset 5:48 du Coran.

5:48 « Et sur toi (Muhammad) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité (le Coran), pour confirmer le Livre qui était là avant lui (L’Ancien et le Nouveau Testament) et pour prévaloir sur lui. Juge donc parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t’est venue. »

D’autres versets suivent immédiatement 5:48 et élaborent sur les châtiments prévus à l’intention de ceux qui s’aviseraient de ne pas reconnaître cette prévalence du Coran. L’OCI a évidemment omis de citer ces versets. C’est que « la guerre se mène par la déception et la tromperie », pour reprendre la formule de Muhammad rapportée dans les hadiths de Boukhari (4.52.269).

5:49-51 « Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé. Et puis, s’ils refusent (le jugement révélé) sache qu’Allah veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers. (…) Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes. »

Les exégètes ont abondamment commenté la signification de ce passage. Voici le commentaire coranique d’Ibn Kathir facilement accessible sur internet :

Ibn Kathir sur 5:48-51 : « Tout ce qui dans les Livres précédents concorde avec le Coran est vrai et tout ce qui diverge du Coran est faux. (…) Quiconque préfère suivre son opinion et ses désirs plutôt que la Loi d’Allah et la Sunna (voie) de son Messager est un mécréant qui mérite d’être combattu jusqu’à ce qu’il ait accepté les décisions d’Allah et de Son Messager. »

Plusieurs des signataires choisis par l’OCI pour endosser son prétendu message de paix ont réaffirmé la conclusion d’Ibn Kathir dans les années récentes. Ils ont confirmé que la paix de l’islam n’est jamais plus qu’une trêve dans un jihad sans fin mené pour imposer les principes de Muhammad. C’est notamment le cas du signataire Muhammad Usmani, un des experts en droit islamique de l’OCI :

« Tant que les musulmans ne possèdent pas les ressources requises pour détruire le prestige de la mécréance, il est permis de conclure des accords de paix avec d’autres pays tout en continuant à accumuler les ressources nécessaires (au jihad). (…) Si les musulmans ne possèdent pas la capacité de mener le jihad armé, des ententes (de paix) peuvent être conclues jusqu’à ce que cette capacité soit atteinte. » (USMANI–136)

Mises discuta précisément de cette caractéristique des doctrines de subjugation qui consiste à prôner la guerre perpétuelle :

« (Dans les doctrines qui visent à subjuguer les hommes), les lois de Dieu et de la Destinée proclament leur validité universelle et considèrent tous les hommes redevables aux autorités qu’elles déclarent légitimes. Tant que le prestige de ce genre de code asservissant de moralité s’est maintenu (…), il n’a pas pu être question de tolérance ou de paix durable. Quand les combats cessaient, cela servait seulement à renouveler les forces en vue de la prochaine bataille. L’idée de tolérer les vues divergentes d’autres personnes put prendre racine seulement quand les doctrines libérales vinrent à bout de cet universalisme. » (MISES 4–148)

« Les supporteurs de cette moralité asservissante et de ces doctrines collectivistes ne peuvent espérer démontrer la validité de leurs principes éthiques et la supériorité de leur idéal par un raisonnement logique. Ils sont donc obligés de demander aux gens d’accepter crédulement leur système de pensée et de capituler devant l’autorité. Ils sont déterminés à faire taire les dissidents ou à les battre jusqu’à ce qu’ils aient été subjugués. » (MISES 4–148)

C’est le grand mérite des analyses de Ludwig von Mises de nous aider à décoder le message des doctrines de subjugation. Ses analyses nous permettent de comprendre que parfois paix veut dire guerre et liberté, esclavage.

 

BIBLIOGRAPHIE

AL-GHAZALI – Kitab al-Wagiz fi fiqh madhab al-imam al-Safi’i. L’extrait est reproduit par Andrew Bostom, The Legacy of Jihad, Amherst : Prometheus Books, 2005.

BASTIAT – Frédéric Bastiat, Harmonies et perturbations sociales, Paris : Librairie de Guillaumin, 1852.

BENTHAM, The Works of Jeremy Bentham, Volume 1, Edinburgh : William Tait, 1843.

BOSTOM – Andrew Bostom, The Legacy of Islamic Antisemitism, Amherst : Prometheus Books, 2008.

CARLYLE – Thomas Carlyle, Heroes, Hero-Worship and the Heroic in History, New York : John B. Alden, 1888.

HITLER – The Testament of Adolf Hitler, London : Cassell, 1961.

HUME – David Hume, Dissertations sur les passions, sur la tragédie, sur la règle du goût, Amsterdam : J.H. Schneider. 1759.

KHALDOUN – Ibn Khaldoun, Les prolégomènes, Partie III, Paris : Imprimerie impériale, 1863.

LÉNINE – V.I. Lénine, Œuvres, Tome 45, Moscou : Éditions du Progrès, 1977.

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MISES 2 – Ludwig von Mises, Socialism : An Economic and Sociological Analysis, Indianapolis : Liberty Fund, 1981.

MISES 3 – Ludwig von Mises, Economic Freedom and Interventionism, Indianapolis : Liberty Fund, 2007.

MISES 4 – Ludwig von Mises, Human Action : A Treatise on Economics, Chicago : Contemporary Books Inc., 1963.

MISES 5 – Ludwig von Mises, Liberalism : The Classical Tradition, Indianapolis : Liberty Fund, 2005.

MISES 6 – Ludwig von Mises, Nation, State, and Economy : Contributions to the Politics and History of Our Time, Indianapolis : Liberty Fund, 2006.

MISES 7 – Ludwig von Mises, Omnipotent Government, New Haven : Yale University Press, 1944.

MISES 8 – Ludwig von Mises, Theory and History : An Interpretation of Social and Economic Evolution, Auburn : Lugwig von Mises Institute, 2007.

QUTB – Sayyid Qutb, Milestones, Damascus : The Holy Koran Publishing House, 1978.

SMITH 1 – Adam Smith, Essays on Philosophical Subjects, New York : Oxford University Press, 2003.

SMITH 2 – Adam Smith, Lectures on Jurisprudence, New York : Oxford University Press, 2004.

SMITH 3 – Adam Smith, Lectures on Justice, Police, Revenue and Arms, Chestnut Hill : Elibron Classics, 2006.

SMITH 4 – Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Tome 1, Paris : Librairie de Guillaumin, 1859.

SPEER – Albert Speer, Inside the Third Reich : Memoirs, Toronto : Macmillan, 1970.

TOCQUEVILLE – Alexis de Tocqueville, Œuvres complètes, Tome V, Paris : Michel Lévy Frères, 1866.

USA – Secretary of State, The Diplomatic Correspondence of the United States of America, (September 10, 1783 – March 4, 1789), Washington : 1837.

USMANI – Muhammad Taqi Usmani, Islam and Modernity, New Delhi : Adam Publishers & Distributors, 2002.



RECONQUÉRIR LA LIBERTÉ D'EXPRESSION

 

par Marc Grunert

 

          La liberté d’expression est une des pierres angulaires du libéralisme. Elle est, du moins dans son principe, une des valeurs les plus profondes de la culture politique occidentale. Menacer de mort une personne qui en a usé constitue une menace pour le principe lui-même et donc pour la civilisation qui se fonde sur lui. C’est ce qui vient de se produire avec Robert Redeker, un professeur de philosophie menacé de mort par les islamistes pour avoir écrit un article corrosif sur l’islam.

 

Mais avant cette menace extérieure, la liberté d’expression faisait déjà l’objet d’une lente destruction venant de l’intérieur. De la démocratie elle-même. Ou plutôt d’une conception totalitaire de la démocratie, malheureusement la plus courante. Selon cette conception, la démocratie est la valeur absolue. Tout ce qui émane d’un processus démocratique est par définition le Bien à l’instant même où il en émane. Cela conduit bien sûr au relativisme destructeur. Ce qui était juste, bien et vrai peut devenir injuste, mal et faux après le processus de la magie démocratique. Ce qu’on avait le droit de dire un jour peut devenir interdit d’expression le lendemain. Le Parlement, par exemple, vient d'adopter un projet de loi sanctionnant la négation du génocide arménien. N’y a-t-il pas aussi des écologistes qui veulent rendre illégale la négation du « réchauffement planétaire »?

          Le totalitarisme a besoin d’une vérité officielle car il doit par nature tout contrôler pour atteindre ses objectifs et maintenir son pouvoir. Et la démocratie ne se distingue pas du totalitarisme lorsqu’elle interdit la négation de ce que la majorité croit. Ce qu’a écrit Orwell dans 1984 est toujours d’actualité, même dans nos régimes dits démocratiques. Car la démocratie ne se distingue pas du fascisme élitiste lorsqu’elle interdit de nier ce que d’autres jugent immoral de nier. Le pluralisme des idées, la possibilité de mesurer la validité d’une idée à l’aune d’une autre, la concurrence des idées, tout cela préserve à la fois la liberté et les chances d’éliminer les idées fausses. De quelle divine infaillibilité peuvent se prévaloir les hommes de l’État ou la majorité pour définir ce qui est vrai et indiscutable?

Ostracisme et droits de propriété

          La liberté d’expression n’a pas d’autre limite que celle qui protège les droits de propriété individuels. Ainsi vous ne pouvez pas dire ce que vous voulez chez moi précisément parce que vous êtes chez moi. De même, vous ne pouvez pas dire ce que vous vous êtes engagés à ne pas dire, d’où l’existence d’un devoir éventuel de réserve. Publier une opinion avec ses propres moyens ou avec ceux d’une autre personne consentante ne peut violer aucun droit légitime.

          Dans une société libre, on a le droit de tout dire dans la limite des engagements contractuels que l’on a pris et dans la limite des moyens mis en oeuvre: ne pas utiliser la propriété des autres par la force. Mais alors, dira-t-on, les gens passeront leur temps à s’insulter, à nier les chambres à gaz, etc. Il faudrait donc qu’une autorité rétablisse l’ordre. Curieux raisonnement qui conduirait à affirmer que les individus voudraient un ordre moral alors que leurs actions révèleraient le contraire.


« Ce qui était juste, bien et vrai peut devenir injuste, mal et faux après le processus de la magie démocratique. Ce qu’on avait le droit de dire un jour peut devenir interdit d’expression le lendemain. »

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          Les comportements et les idées fausses, même les insultes, s’éliminent par l’ostracisme et le boycott. Ne plus entrer en relation avec quelqu’un qui nie les chambres à gaz peut lui faire payer cher ses divagations et dissuader d’autres de recommencer. C’est aussi suffisant pour ne plus avoir à souffrir ce que l’on ne veut pas entendre. Une société de liberté n’a pas besoin d’interdiction pour bâillonner les négationnistes, les racistes et les menteurs. Le refus de coopérer avec eux est efficace dans la proportion du degré de tolérance des autres pour leurs idées ou comportements.


Le cas de l’islam

          L’islam n’est pas compatible avec les valeurs occidentales. Le principe de liberté d’expression est en contradiction avec l’islam. La raison tient au fait que cette religion définit le musulman comme un individu qui n’a pas besoin du principe de liberté d’expression puisqu’il l’a abdiquée par sa foi même, et au fait simultané que l’islam est une religion totalitaire, qu’elle contient donc une idéologie politique. De fait, la liberté d’expression n’a jamais existé dans un État islamique.

          Alain Madelin a beau dire qu’il faut distinguer l’islamisme radical et les musulmans modérés, les contradictions évidentes entre l’islam et les principes de liberté chèrement acquis en Occident ne peuvent que tourner à l’avantage de cette idéologie totalitaire si ces principes ne sont pas défendus avec vigueur.

          La liberté d’expression ne se conçoit pas sans des droits de propriété individuels absolus, et c’est bien pour cela qu’elle est un principe inhérent au libéralisme. Ainsi se battre contre le libéralisme, c’est aussi se battre contre les principes qui en découlent, y compris la liberté d’expression. C’est ce que font les communistes et les socialistes de tous horizons en utilisant la loi pour protéger une vérité officielle.

          L’opposition frontale entre l’islam et la liberté d’expression devrait nous donner l’occasion de réfléchir de nouveau à ce qu’est la liberté d’expression, pour comprendre son lien logique avec une définition strictement individuelle des droits de propriété, avec une philosophie politique qui définit l’agression, le vol, le crime, et le délit par la violation des droits de propriété individuels et des engagements contractuels libres.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 15:48

Quatorze siècles d’exégèse coranique pour nous aider à comprendre le jihad

vendredi 10 juillet 2009 - Daniel Vignola

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- « Le jihad, le saint combat, pour la cause d’Allah avec des effectifs complets et de l’armement jouit d’un statut de la plus haute importance dans l’islam ; il en constitue l’un des piliers. C’est par le jihad que l’islam est établi, que la parole d’Allah est amenée à dominer (…) et que sa religion est propagée. »

- Explication ajoutée à une édition arabe-anglaise du Coran publiée sous la supervision du ministère des Affaires islamiques d’Arabie saoudite. The Noble Qur’an, Madinah, King Fahd Complex For The Printing Of The Holy Qur’an, 1417 A.H. (1996), p. 39.

Dans l’article L’islam et le recours à la coercition, j’ai discuté des versets du Coran qu’invoquent les islamistes contemporains pour justifier le jihad qu’ils mènent aux quatre coins du monde. Un participant au forum de l’article a réagi en faisant valoir que mes conclusions sur la nature conquérante de l’islam étaient injustifiées. Il soutient que les versets du jihad n’auraient été proclamés que pour encourager les musulmans à repousser les attaques dont ils auraient été victimes durant les premières années de l’islam. Le correspondant établit donc une adéquation implicite entre le jihad et l’autodéfense. Avant de discuter des conclusions des exégètes de l’islam sur plusieurs batailles historiques livrées par Muhammad et ses successeurs qui sont aux antipodes de celles de ce correspondant, j’ai choisi de vous présenter des extraits de l’exégèse coranique de toutes les époques qui invalident cette idée que jihad soit synonyme d’autodéfense.

Le jihad selon six des maîtres à penser du Minaret Freedom Institute

Un autre participant au forum de Contrepoints suggéra aux lecteurs de consulter le site du Minaret Freedom Institute (MFI), une organisation américaine qu’il décrivit comme musulmane et libérale. J’ignorais l’existence de cette organisation. C’était bien la moindre des choses que de prendre connaissance de leurs positions. Comme tant d’autres, le président du MFI Imad A. Ahmad reprend la thèse que « le jihad ne vise pas à convertir par la force mais à défendre ceux qui sont persécutés à cause de leur religion ». À son tour, il cite le verset 2:256 pour appuyer son propos. Vous pouvez consulter sa lettre soumise au magazine Newsweek à cet effet.

Le verset 2:256 est celui qui proclame qu’il n’y a pas de contrainte en religion. Évidemment, ceux qui citent 2:256 pour démontrer la tolérance de l’islam ne mentionnent jamais que le verset suivant (2:257) promet le Feu de l’enfer aux non-musulmans. Ils ne mentionnent également jamais la peine de mort prévue par l’islam pour ceux qui abandonnent la religion. J’ai eu l’occasion d’énumérer dans mon article précédent toute une série de supplices que d’autres versets réservent aux mécréants.

Comme en témoignent plusieurs articles disponibles sur le site du MFI, quand son président Imad A. Ahmad discute d’économie, de science ou d’autres sujets, il n’hésite pas à invoquer les positions des autorités de l’islam du passé pour supporter les siennes. Cependant, dans les documents du site où il discute de sa version d’un jihad exclusivement défensif, pas la moindre citation d’exégète musulman reconnu. Quatorze siècles se sont pourtant écoulés depuis la proclamation du Coran (610-632), quatorze siècles durant lesquels les exégètes musulmans nombreux et prolifiques ont discuté de toutes les facettes de la religion. Si le jihad équivaut à l’autodéfense, pourquoi ne pas nous présenter les textes qui accréditent cette facette de la jurisprudence islamique ?

Devant le peu d’empressement manifesté par le MFI, je résolus d’identifier les autorités de l’islam que le MFI avait cautionnées en abordant d’autres sujets que le jihad dans ses activités passées. Dans un second temps, j’entrepris de rechercher des documents sur le jihad écrits par chacune d’entre elles. Après tout, si le point de vue de ces autorités est digne de mention quand il s’agit d’économie ou de science, pourquoi en serait-il autrement quand il s’agit du jihad ? J’ai ainsi pu retrouver des commentaires sur le jihad produits par six des autorités de l’islam cautionnées par le MFI. Loin d’accréditer la thèse d’un jihad de nature défensive, chacun de ces commentaires endosse l’idée que l’agression des non-musulmans est légitime pour assurer la prévalence de la religion. Dans ce qui suit, vous retrouverez une brève description du contexte dans lequel le MFI cautionna chacune des six autorités citées suivie d’un commentaire de chacune d’entre elles sur le jihad :

Habib Al-Mawardi (972 – 1058)

Lors d’une conférence qu’il prononça en Malaisie et qu’il intitula Une perspective islamique sur la richesse des nations, le président du MFI chercha à démontrer que la méthode retenue pour distribuer les terres conquises aux dépens des non-musulmans durant le califat d’Omar (634 – 644) avait été conforme aux règles de la charia. Pour prouver son point, Imad. A. Ahmad invoqua l’expertise du juriste musulman Al-Mawardi. Les conquêtes d’Omar qualifiées d’"éblouissantes" par Imad A. Ahmad comprenaient la Mésopotamie, une partie de la Perse, l’Égypte, la Palestine, l’Afrique du Nord et l’Arménie. Wikipédia présente une carte géographique illustrant les conquêtes militaires "défensives" et "éblouissantes" survenues durant les onze, les quarante et les cent vingt-neuf premières années de l’islam.

- Habib Al-Mawardi sur le jihad : « Les mushrikun (mécréants) du Dar al-Harb (camp de la guerre) sont divisés en deux catégories : premièrement, il y a ceux que l’appel de l’islam a rejoints mais qui l’ont refusé et qui ont pris les armes. Le chef de l’armée peut choisir comment les combattre selon ce qu’il juge être dans le meilleur intérêt des musulmans et le plus douloureux pour les mushrikun. (…) Deuxièmement, il y a ceux que l’invitation à l’islam n’a pas encore rejoints. De telles personnes sont rares de nos jours puisqu’Allah a propagé l’appel de son Messager. (…) Il est défendu de lancer une attaque contre eux avant de les inviter à l’islam, de les informer des miracles du Prophète et de leur en exposer les preuves afin de les inciter à accepter l’invitation. S’ils refusent d’accepter malgré cela, la guerre est déclenchée contre eux et ils sont traités comme ceux qui ont été rejoints par l’appel de l’islam. »

- Référence : Al-Mawardi, The Laws of Islamic Governance. L’extrait est reproduit par Andrew Bostom, The Legacy of Jihad, Amherst, Prometheus Books, 2005, pp. 27-28.

Abou Hamid Al-Ghazali (1058 – 1111)

Dans la préface de la seconde édition de son livre Signs in the Heaven publié en 2006 et subventionné par la Fondation Templeton, Imad A. Ahmad discute de la relation entre la religion et la science dans une perspective islamique. Il crédite Abou Hamid Al-Ghazali pour avoir « réconcilié l’islam orthodoxe et le soufisme et avoir, le premier, réussit à élaborer une théorie vraiment moderne de la connaissance dans laquelle prévaut un juste équilibre entre la raison, l’expérience et l’autorité ».

- Abou Hamid Al-Ghazali sur le jihad : « Chacun doit participer au jihad au moins une fois par année. Il est permis d’utiliser la catapulte contre eux (les non-musulmans) quand ils sont dans une forteresse, et ce, même s’il y a des femmes et des enfants parmi eux. Il est permis de les brûler ou de les noyer. Si une personne appartenant aux gens du Livre (les chrétiens et les juifs) est faite esclave, son mariage est annulé. Il est possible de couper leurs arbres. Il est requis de détruire leurs livres inutiles. Les combattants peuvent prendre comme butin tout ce qu’ils désirent. Ils peuvent saisir toute la nourriture dont ils ont besoin. »

- Référence : Al-Ghazali, Kitab al-Wagiz fi fiqh madhab al-imam al-Safi’i. L’extrait est reproduit par Andrew Bostom, The Legacy of Jihad, Amherst, Prometheus Books, 2005, p. 199.

Ibn Khaldoun (1332 – 1406)

En 1995, le président du MFI prononça une conférence qui portait sur L’islam et les précurseurs médiévaux de l’École autrichienne d’économie. À cette occasion, il présenta l’historien, le philosophe et l’homme politique musulman et arabe Ibn Khaldoun comme « le premier intellectuel qui adopta une attitude véritablement scientifique dans l’étude de l’histoire et de l’économie ». Imad A. Ahmad salua tout particulièrement Les prolégomènes (Al-Muqaddima) d’Ibn Khaldoun, une œuvre de nature encyclopédique sur l’histoire universelle.

- Ibn Khaldoun sur le jihad : « Dans l’islamisme, la guerre contre les infidèles est d’obligation divine, parce que cette religion s’adresse à tous les hommes et qu’ils doivent l’embrasser de bon gré ou de force. On a donc établi chez les musulmans la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle, afin que ces deux pouvoirs s’emploient simultanément dans ce double but. Les autres religions ne s’adressent pas à la totalité des hommes ; aussi n’imposent-elles pas le devoir de faire la guerre aux infidèles ; elles permettent seulement de combattre pour (leur) propre défense. Pour cette raison, les chefs de ces religions ne s’occupent en rien de l’administration politique. »

- Référence : Ibn Khaldoun, Les prolégomènes, Partie I, Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. 469. Tout au long du texte, les numéros de pages cliquables renvoient à la reproduction sur internet des publications citées. En plus de l’édition offerte par Google Books, l’Université du Québec à Chicoutimi offre des versions Word et PDF d’une autre édition de ce livre.

Ibn Taymiyya (1263 – 1328)

Durant sa conférence de 1995 consacrée aux précurseurs musulmans de l’École autrichienne, Imad A. Ahmad présenta Ibn Taymiyya comme « le plus illustre prédécesseur d’Ibn Khaldoun ». Ahmad distingua l’approche économique d’Ibn Khaldoun de celle d’Ibn Taymiyya qu’il décrivit comme juridique et moraliste.

- Ibn Taymiyya sur le jihad : « Il y a deux types de châtiments prévus pour ceux qui désobéissent à Allah et à son Messager : (premièrement) celui qui relève du droit criminel et qui s’adresse à ceux qui sont sous l’influence de l’imam. Deuxièmement celui qui vise les groupes récalcitrants qui ne peuvent être ramenés sous l’influence de l’imam que par un affrontement décisif. Voilà ce qu’est le jihad contre les kafirs (mécréants), les ennemis d’Allah et de son Messager. Quiconque a reçu l’appel du Messager d’Allah, Que la paix d’Allah soit sur lui, et n’y a pas répondu doit être combattu "jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah" (Coran 2:193 et 8:39). »

- Référence : Ibn Taymiyya, The Religious and Moral Doctrine of Jihad. Le texte de onze pages est reproduit avec d’autres classiques de l’exégèse coranique sur le jihad dans l’ouvrage de Rudolph Peters, Jihad in Classical and Modern Islam, Princeton, Marcus Wiener, 1995, p. 44.

Rouhollah Khomeini (1902 – 1989)

En janvier 2008, dans ses réponses à un représentant de l’agence de presse iranienne Farspress, le président du MFI endossa complètement le rôle de l’ayatollah Khomeini durant la révolution islamique iranienne de 1979. Il affirma que « la révolution iranienne a servi d’inspiration aux musulmans du monde entier ». Il ajouta que « le charisme personnel (de l’ayatollah), sa puissante élocution, ses références à l’islam, son intelligence, son lien avec les masses et son flair politique » avaient tous été des facteurs clés dans le déclenchement de la révolution iranienne.

- Rouhollah Khomeini sur le jihad : « Ceux qui étudient le jihad comprendront pourquoi l’islam désire conquérir le monde entier. Tous les pays conquis par l’islam ou qui seront conquis dans le futur bénéficient d’un salut éternel. Parce qu’ils vivront sous (la loi de Dieu). (…) Ceux qui ne connaissent rien de l’islam prétendent que l’islam s’oppose à la guerre. Ceux qui font une telle affirmation sont des sots. L’islam déclare : Tuez tous les mécréants comme ils vous tueraient. Est-ce que cela signifie que les musulmans devraient relaxer en attendant d’être dévorés par les mécréants ? L’islam déclare : Tuez les mécréants, attaquez les par l’épée et dispersez (leurs armées). Est-ce que cela signifie de s’allonger jusqu’à ce que les mécréants nous aient dominés ? L’islam déclare : Tuez au nom d’Allah ceux qui pourraient vouloir vous tuer. Est-ce que cela signifie qu’on devrait capituler face à l’ennemi ? L’islam déclare : Tout ce qu’il y a de bon existe par l’épée et à l’ombre de l’épée ! Il n’y a que l’épée pour amener les gens à obéir. L’épée est la clé du paradis qui ne peut être ouvert que pour les combattants d’Allah ! Il y a des centaines de versets et de hadiths commandant aux musulmans de valoriser la guerre et de se battre. Est-ce que tout cela signifie que l’islam est une religion qui empêche les hommes de mener la guerre ? Je crache sur ces âmes idiotes qui font une telle affirmation. »

- Référence : Rouhollah Khomeini, L’islam n’est pas une religion de pacifistes. L’extrait est reproduit par Andrew Bostom, The Legacy of Jihad, Amherst, Prometheus Books, 2005, p. 226.

Les Frères musulmans (fondés en 1928)

Lorsqu’il répondit à des questions portant sur la situation de la femme, le président du MFI indiqua que Zaynab al-Ghazali (1917 – 2005) représentait le mieux les positions de l’islam contemporain sur le sujet. Imad A. Ahmad l’identifia comme une dirigeante de la section féminine de l’organisation des Frères musulmans fondée par Hassan El-Banna (1906 – 1949). Lors de son souper annuel de mai 2008, le MFI cautionna à nouveau l’organisation islamiste en invitant Esam Omeish à présenter leurs positions aux participants. Dans une lettre soumise au Washington Post en 2004, ce dernier avait confirmé son appui à « l’école de pensée modérée » des Frères musulmans.

Dans son texte Le jihad notre voie, le fondateur des Frères Hassan El-Banna passe en revue les versets du Coran, les hadiths et les commentaires de nombreux exégètes musulmans sur le jihad. Le titre du texte provient de la devise de l’organisation : « Allah est notre but, le Coran notre constitution, le Prophète notre chef, le Jihad notre voie et le martyre au nom d’Allah le plus cher de nos vœux ».

Selon la biographie de Zaynab al-Ghazali disponible sur le site islamiste jannah.org, cette dernière accorda une importance particulière à approfondir Ma’alim fi al-Tariq, du théoricien des Frères musulmans Sayyid Qutb (1906 – 1966). Publié en 1964, l’ouvrage est disponible en anglais sous le titre Milestones et son chapitre 4 intitulé Le jihad au nom d’Allah constitue un long plaidoyer en faveur du jihad offensif.

- Sayyid Qutb sur le jihad : « Quant à ceux qui tentent de défendre le concept du jihad islamique en l’interprétant de façon restrictive comme une guerre défensive et qui font des recherches pour prouver que les batailles menées au nom du jihad islamique furent toutes pour la défense de la patrie de l’islam contre l’agression de puissances voisines, ils comprennent mal la nature de l’islam et de son but premier. Une telle conception du jihad n’est rien sinon que le produit d’un esprit défait par les présentes conditions difficiles et par les attaques des orientalistes perfides contre le jihad islamique. (…) Il serait naïf d’imaginer qu’un appel visant à libérer l’humanité de la terre entière soit limité à des sermons et à des discours. »

- Référence : Sayyid Qutb, Milestones, Damascus, The Holy Koran Publishing House, 1978, pp. 112-113.

Le terme « orientaliste » utilisé par Qutb réfère aux intellectuels occidentaux qui, particulièrement à partir du dix-neuvième siècle, se sont spécialisés dans l’étude des civilisations moyen-orientales.

Vingt ans après cette prise de position de Sayyid Qutb, le multiculturalisme et la rectitude politique s’étaient imposés dans les sciences humaines en Occident et bon nombre d’orientalistes et d’islamologues avaient adapté leurs analyses au goût du jour en décrivant l’islam comme une religion de paix et le jihad comme étant défensif par nature.

Dans l’introduction à l’ouvrage qu’il consacra à reproduire et à commenter le manifeste des islamistes qui assassinèrent Anouar Sadate en 1981 (The Neglected Duty, London, Collier Macmillan Publishers, 1986), Johannes J.G. Jansen écrivit des orientalistes et des islamologues occidentaux qu’ils se comportent fréquemment comme des avocats de la défense à l’égard de l’islam en passant sous silence ce qui risque d’être considéré rébarbatif par leur auditoire occidental. En soutenant que l’objectif du jihad n’est plus la subjugation des non-musulmans mais l’autodéfense, plusieurs de ces experts accrédités ont éliminé un « irritant » et rendu leur sujet d’étude plus attrayant pour le grand public. Essentiellement, ils disent à ce public ce qu’il souhaite entendre. À quoi bon se faire accuser de jouer les Cassandre grecques quand les recherches subventionnées et les voyages d’étude à l’étranger récompensent ceux qui ont choisi de regarder dans l’autre direction ? Toute cette complaisance n’est pas sans rappeler celle encore récente manifestée par des journalistes et des soviétologues occidentaux par rapport à leur propre sujet d’étude.

Depuis que Jansen a écrit sa remarque, un autre phénomène s’est développé. Déterminés à émousser la vigilance des occidentaux, des pays musulmans avec l’Arabie saoudite en tête inondent de pétrodollars des chercheurs universitaires spécialisés dans l’étude de l’islam afin qu’ils en présentent une image rassurante. C’est dans ce contexte que plusieurs islamologues accréditent aujourd’hui la fiction du jihad exclusivement défensif.

Voici comment Ibn Warraq, le célèbre dissident de l’islam commente la situation :

- « En acceptant de se plier à la rectitude politique et en se faisant corrompre par des fonds provenant d’Arabie Saoudite et d’autres pays arabes, l’Occident a cessé de faire honneur aux idéaux qui motivèrent la création des universités. Récemment, l’Arabie Saoudite et d’autres pays islamiques (ex : Brunei) ont institué des chaires consacrées aux études islamiques dans des universités occidentales prestigieuses qui, en retour, sont encouragées à présenter une image favorable de l’islam. Il semble qu’on ait abandonné l’objectif de découvrir la vérité grâce à la recherche scientifique. L’examen critique des sources (de l’islam) et du Coran est découragé. (…). En décembre 2005, les universités Georgetown et Harvard ont accepté 20 millions $US chacune du prince saoudien Al-Walid ben Talal pour des programmes d’études islamiques. Le Carter Center, fondé par l’ancien président Jimmy Carter, est subventionné en partie par ben Talal. (…) Désormais, nous aurons seulement la « vérité islamique » acceptable à la famille royale saoudienne, une famille qui a financé le terrorisme, la propagande antioccidentale et l’antisémitisme depuis trente ans. »

- Référence : Ibn Warraq, Defending the West, Amherst, Prometheus Books, 2007.

Le jihad défensif et le jihad offensif

Dans ses Prolégomènes, Ibn Khaldoun n’aura eu besoin que de deux petites lignes pour invalider la thèse du jihad exclusivement défensif. Voyez comment il définissait le programme islamique de ceux qui seraient appelés à succéder à Muhammad :

- (I–p. 432) « On avait besoin d’un chef pour défendre l’empire, combattre les infidèles, empêcher les apostasies et conquérir des royaumes. »

Défendre l’empire —> Jihad défensif.

Conquérir des royaumes —> Jihad offensif.

Dans son essai Le jihad notre voie, Hassan El-Banna cita les exégètes suivants pour expliquer ce qui distingue le jihad défensif du jihad offensif :

Imam Malik ibn Anas (711 ? – 795)

Imam Ahmad ibn Hanbal (780 – 855)

Ibn Hazm (994 – 1064)

Ibn Qudamah (1147– 1223)

Imam Nawawi (1234 – 1278)

Muhammad al-Shawkani (1759 –1834)

Les conclusions qu’El-Banna tire de la jurisprudence islamique sont les suivantes : quand le jihad est mené à des fins défensives, il s’agit d’une obligation individuelle (fard ’ayn) comme la prière et le jeûne qui incombe à chaque membre de la communauté attaquée ainsi qu’aux habitants des alentours si c’est nécessaire. Le jihad défensif est obligatoire pour les femmes même si elles n’ont pas obtenu la permission de leur mari. Quand le jihad est mené dans des territoires non-musulmans, à des fins offensives et expansionnistes, il s’agit d’un devoir imposé à la communauté dans son ensemble. Ce devoir collectif est rempli lorsqu’un nombre suffisant de membres de la communauté se portent volontaires et passent à l’attaque. Les parents ont le droit d’empêcher leur enfant de participer au jihad seulement s’il est "fard kifayah" (jihad offensif).

- Référence : Hasan Al-Banna, Five Tracts, Berkeley, University of California Press, 1978, pp. 133-161.

L’existence même d’une doctrine millénaire distinguant les obligations qui incombent aux musulmans en cas d’attaque et de défense invalide à elle seule l’adéquation entre jihad et autodéfense.

Le jihad jusqu’à la fin des temps

Il y a une trentaine d’années, un dénommé Syed Badrus Salam d’Arabie saoudite contacta un expert en fiqh (jurisprudence islamique) du Pakistan afin d’obtenir des éclaircissements sur la théorie du jihad. Dans sa missive, Syed résuma ce que ses lectures antérieures l’avaient amené à comprendre du jihad et de l’applicabilité du concept à notre époque. Il exprimait en outre l’espoir que son interlocuteur expert réagisse à la synthèse qu’il lui proposait. L’expert contacté se dénomme Muhammad Taqi Usmani et il accepta de répondre à l’analyse de son correspondant.

L’échange de lettres sur le jihad est reproduit au chapitre 11 d’un livre intitulé L’islam et la modernité qui fut écrit par Usmani lui-même et publié en anglais en 2002. Le chapitre 11 s’intitule Le jihad agressif et le jihad défensif. Le texte est écrit par un musulman, pour un musulman. Il va droit au but. On nous a épargné l’angélisme et les demi-vérités.

- Référence : Muhammad Taqi Usmani, Islam and Modernity, New Delhi, Adam Publishers & Distributors, 2002, pp. 123-139. Une reproduction PDF de la préface du livre et du chapitre consacré au jihad est disponible sur le site de SANE, une organisation anti-islamiste américaine.

Ce qui donne un poids particulier à la réponse de Muhammad Usmani, c’est que depuis plusieurs années ce dernier œuvre à l’Académie islamique du fiqh qui relève directement de l’Organisation de la conférence islamique (OCI). L’OCI regroupe les 57 pays musulmans du monde. Elle fit récemment parler d’elle en faisant adopter par les Nations Unies la résolution 62/154 qui interdit la critique de la religion. Depuis plusieurs années, l’OCI cherche à amener les pays membres de l’ONU à proclamer des lois qui imposeraient des peines à ceux de leurs citoyens qui s’objectent à un aspect ou à l’autre de l’islam. Voici qu’au nom des droits de l’homme, on ne cherche plus à protéger les hommes mais des idées.

Le 5 août 1990 l’OCI adoptait au Caire une Déclaration des droits de l’homme en islam fondée sur la charia. Plusieurs clauses de la Déclaration sont incompatibles avec la liberté de conscience. L’article 10, notamment, stipule qu’on ne peut exploiter l’ignorance d’une personne pour la forcer à renoncer à sa religion. Qui aura à décider si l’apostat abandonna l’islam en pleine connaissance de cause, de son plein gré ou non ? Le tribunal islamique évidemment. Existe-t-il une seule décision rendue par un tribunal islamique appliquant la charia qui reconnaisse qu’un musulman puisse abandonner sa religion alors que le Coran et les hadiths prévoient la peine de mort pour l’apostasie ? Poser la question c’est y répondre. L’article 22 stipule quant à lui que « Tout homme a le droit d’exprimer librement son opinion pourvu qu’elle ne soit pas en contradiction avec les principes de la Charria (sic) ». On n’a qu’à se rappeler la fatwa ordonnant l’assassinat de Salman Rushdie, les attentats subséquents contre ses traducteurs et ses éditeurs ainsi que les émeutes récentes qui entourèrent la publication des caricatures de Muhammad pour réaliser les limitations de cette formule.

Avant d’occuper ses présentes fonctions à l’OCI, Muhammad Usmani fut juge à la Cour fédérale de la charia du Pakistan (1980-1982) et puis juge expert en droit islamique à la Cour Suprême de ce pays (1982-2002). Les antécédents académiques et professionnels d’Usmani, l’importance de ses présentes fonctions et les nombreux honneurs qu’il a reçus de la part de plusieurs chefs d’états témoignent de son statut dans le monde musulman contemporain. Ses positions jouissent d’une autorité et d’un prestige certains. Quand il s’exprime sur le jihad et sur le sort que l’islam réserve aux mécréants, ceux-ci auraient intérêt à porter attention.

Dans sa réponse, Usmani commence par résumer la thèse de son correspondant de la façon suivante :

- « Si un pays non-musulman autorise le travail missionnaire musulman sur son territoire, le jihad contre ce pays cesse d’être permis. »

Pour évaluer la conformité de cette proposition avec les préceptes de l’islam, Usmani cite le verset 9:29. Ce sera son critère de référence :

- 9:29 « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre (les chrétiens et les juifs), jusqu’à ce qu’ils versent la capitation (jizya) par leurs propres mains, après s’être humiliés. »

Après avoir comparé les deux énoncés, Usmani rend son verdict :

- (p. 131) « (Le verset 9:29 spécifie que) l’exécution des mécréants doit se poursuivre jusqu’à ce qu’ils paient la jizya après avoir été humiliés et dominés. Si le but de ces exécutions avait seulement été d’obtenir la permission et la liberté de prêcher l’islam, le verset aurait déclaré "jusqu’à ce qu’ils permettent de prêcher l’islam". Mais l’obligation d’imposer la jizya jumelée à la mention de l’humiliation (des mécréants) constitue une preuve claire qu’il s’agit de démolir leur prestige de façon à ce que leur domination puisse être levée et que les gens puissent obtenir une chance de réfléchir librement aux avantages de l’islam. »

- (p. 135) « Si la nécessité du jihad cesse de s’imposer seulement parce que la permission du Tabligh (travail missionnaire) a été obtenue, cela signifie que les musulmans n’auront jamais à lever l’épée puisqu’ils ont déjà obtenu cette permission dans la plupart des pays non-musulmans du monde. Le résultat sera que les mécréants pourront continuer à établir et à brandir les symboles de leur grandeur à travers le monde et que leur prestige et leur suprématie se maintiendront. Les grandes décisions seront les leurs, les directives seront les leurs, les idéologies seront les leurs, les points de vue seront les leurs et malgré cela les musulmans devraient se contenter de la permission accordée à leurs missionnaires d’œuvrer dans ces pays. La question se pose : combien de gens seront disposés à écouter les musulmans ou à réfléchir sérieusement à ce qu’ils disent et écrivent si le prestige et la force de la mécréance dominent l’atmosphère ambiante ? »

Pour en finir avec la thèse de son correspondant, Usmani cita son propre père, Mufti Muhammad Shafi qui était également un expert reconnu en jurisprudence islamique :

- (p. 133) « Le jihad contre les ennemis de l’islam est obligatoire pour les musulmans jusqu’à ce que le risque de leur malfaisance et de leur méchanceté ait disparu et que la domination de l’islam ait été établie sur toutes les autres religions. Puisque cela surviendra seulement vers la fin des temps, l’ordre de mener le jihad reste en vigueur jusqu’au dernier jour. »

Après avoir conversé avec Muhammad Usmani qu’il décrivit comme poli et versé dans les questions de politique internationale, le journaliste Andrew Norfolk du Times de Londres tira les conclusions suivantes de son entretien :

- (8 septembre 2007 – p. 37) « Le juge Muhammad Taqi Usmani soutient que les musulmans doivent vivre pacifiquement dans des pays comme la Grande-Bretagne où ils ont la liberté de pratiquer leur religion seulement jusqu’au moment où ils auront les ressources suffisantes pour s’engager dans le jihad. (…) Ces vues ne sont pas celles d’un extrémiste radical. Elles proviennent d’un des experts les plus érudits (de l’islam). (...) Voilà qui démolit complètement le mythe selon lequel la conception du jihad offensif et expansionniste serait une distorsion de la pensée islamique traditionnelle. »

Pour que la thèse sur la nature exclusivement défensive du jihad soit plausible, il faudrait que le Coran, les hadiths et l’exégèse présentent le jihad comme une activité ponctuelle devant cesser lorsqu’une condition particulière liée à la sécurité des musulmans est remplie. Or, le jihad est sans échéance. Aucun niveau de sécurité ne pourra jamais convaincre les islamistes de l’abandonner. Seul un manque de ressources humaines et matérielles pour mener le jihad peut justifier de l’interrompre temporairement, soutient l’expert de l’OCI  :

- (p. 136) « Tant que les musulmans ne possèdent pas les ressources requises pour détruire le prestige de la mécréance, il est permis de conclure des accords de paix avec d’autres pays tout en continuant à accumuler les ressources nécessaires (au jihad). (…) Si les musulmans ne possèdent pas la capacité de mener le jihad armé ("jehad with power" dans la version anglaise), des ententes (de paix) peuvent être conclues jusqu’à ce que cette capacité soit atteinte. »

Cette position est conforme en tous points au verset 47:35 qui interdit aux musulmans de conclure des accords de paix quand ils sont en position de force. Dans une telle situation, il faut achever les mécréants :

- 47:35 « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts (les plus forts), qu’Allah est avec vous. »

Le 13 octobre 2007, cent trente-huit leaders musulmans du monde dont Muhammad Usmani et plusieurs autres supporteurs avérés du jihad offensif adressaient une lettre ouverte au pape Benoît XVI et à d’autres leaders chrétiens pour exprimer leur désir de vivre dans un climat « de paix sincère, d’harmonie et de bonne volonté mutuelle ». Toute cette mascarade n’était évidemment rien d’autre qu’une application de la formule du prophète de l’islam consignée par Boukhari (4.52.269) selon laquelle on mène la guerre par la déception et la tromperie.

Les différentes étapes menant à la subjugation des non-musulmans

Pour réfuter mes propos sur le jihad offensif fondés sur les versets coercitifs 9:5 et le 9:29, un participant au forum de Contrepoints tenta de prouver que le jihad était de nature exclusivement défensive en citant le 22:39, un verset défensif chronologiquement antérieur aux deux autres. Ce faisant, il ignora le principe de l’abrogation en vertu duquel les versets les plus récents du Coran ont préséance sur les plus anciens et il confondit les différentes étapes suivies par Muhammad dans le traitement qu’il accorda aux non-musulmans.

- 22:39 « Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés ; et Allah est certes Capable de les secourir. »

L’exégèse coranique identifie quatre étapes distinctes suivies par Muhammad dans son traitement des non-musulmans. Le juriste et théologien Ibn Qayyim (1292 – 1350) les énuméra dans un texte intitulé « Le traitement des mécréants et des hypocrites par le Prophète depuis le début de ses activités de Messager jusqu’à sa mort ».

- 1. « Durant ses treize premières années comme Messager, Muhammad appela le peuple à se tourner vers Dieu en prêchant, sans se battre et sans exiger la jizya. Il lui fut prescrit de se restreindre et de pratiquer la patience et la longanimité. »

- 2. « Puis, il lui fut ordonné d’émigrer et plus tard la permission lui fut accordée de se battre. »

- 3. « Puis, il lui fut ordonné de combattre ceux qui l’avaient attaqué et d’épargner ceux qui ne lui avaient pas fait la guerre. »

- 4. « Plus tard, il lui fut ordonné de combattre les polythéistes jusqu’à ce que la religion de Dieu soit complètement dominante. »

- Référence : Ibn Qayyim, Zad al-Mitad. Reproduit par Sayyid Qutb, Milestones, Damascus, The Holy Koran Publishing House, 1978, pp. 94-95.

On peut donc résumer ainsi les quatre niveaux de traitement des non-musulmans pratiqués par Muhammad :

1. Patience

2. Permission de se défendre

3. Obligation de se défendre – Interdiction d’attaquer

4. Obligation d’attaquer

Les versets considérés tolérants des premières étapes annoncent souvent le jihad offensif à venir. Dans son célèbre Tafsir (commentaire coranique), Ibn Kathir (1301 – 1373) mentionne entre autres que les versets 43:86-89 considérés tolérants n’en contenaient pas moins des menaces à l’égard des non-musulmans qui furent mises à exécution une fois que Muhammad eût assemblé les ressources nécessaires pour ce faire.

- Ibn Kathir sur 43:86-89 : « Car ils sauront bientôt. C’est là un avertissement d’Allah pour eux. Son châtiment imparable les frappa, et sa religion et sa parole furent suprêmes. Par la suite, le jihad et la lutte furent rendus obligatoires jusqu’à que le peuple entre en masse dans la religion d’Allah et que l’islam s’étende d’est en ouest. »

- Ibn Kathir sur 22:39 : « Allah a commandé le jihad à un moment opportun parce que, quand ils étaient à La Mecque, les mécréants dépassaient (les musulmans) en nombre dans un rapport supérieur à dix pour un. S’ils s’étaient engagés dans la bataille à ce moment-là, les résultats auraient été désastreux. (…) Après que les Compagnons du Prophète se soient établis à Médine, que le Messager d’Allah les y eût rejoints, qu’ils se soient regroupés autour de lui, qu’ils lui aient donné leur support, qu’ils aient eu une base où l’islam prévalait et vers laquelle ils pouvaient retraiter, alors Allah leur ordonna de mener le jihad contre l’ennemi. Ce fut le premier verset du jihad à être révélé. »

- Ibn Kathir sur 9:5 : « (Le verset 9:5) a permis de combattre les infidèles à moins que et jusqu’à ce qu’ils aient embrassé l’islam et mis en œuvre ses règles et ses obligations. (…) Cet honorable verset appelé le Verset de l’épée (…) abrogea tous les accords de paix entre le prophète et les mécréants, tous les traités et toutes les dispositions. (…) Aucun mécréant n’a plus eu aucun traité ou promesse de sécurité depuis la révélation de la sourate Baraah (la sourate 9). »

Les remarques d’Ibn Kathir font ressortir trois points importants :

1. L’islam des premières années fut tolérant uniquement parce qu’il n’avait pas les ressources humaines et matérielles pour passer immédiatement à l’attaque ;

2. Puisque la lettre même des versets considérés tolérants annonce les mesures coercitives à venir, il s’agit bien là d’une preuve que les versets dits tolérants étaient temporaires ;

3. Les versets appartenant à la dernière catégorie, notamment le 9:5 (verset de l’épée) et le 9:29 ont abrogé tout appel à la tolérance qu’auraient pu contenir les versets appartenant aux trois premières catégories.

Voilà autant d’éléments qui invalident encore un peu plus l’adéquation entre jihad et autodéfense.

Jihad offensif : suivre l’exemple du prophète

Contrairement au correspondant du forum de Contrepoints, les exégètes de l’islam n’ont jamais prétendu que toutes les batailles livrées au nom de l’islam avaient été défensives. Bien au contraire. Au cours des siècles, ils ont fréquemment référé à des batailles passées pour les présenter comme des modèles de jihad offensif dont les musulmans devraient s’inspirer. De nos jours, les islamistes continuent de citer les offensives menées par Muhammad lui-même quand ils désirent démontrer la conformité du jihad offensif avec les principes de l’islam.

Le 21 mai 2008, le Pakistan Daily publia un long article intitulé « Clarifier le sens du jihad ». Après avoir été retiré du site internet du journal, l’article demeure disponible sur le site de Jihadwatch.org. Une section de l’article s’attarde précisément aux offensives menées par Muhammad :

- « Les paroles et les actions de Muhammad (Salalahu Alaihi Wasallam) démontrent que le jihad consiste bel et bien à lancer l’offensive contre les kafirs (mécréants) afin d’imposer la Parole d’Allah et de propager le da’wa (l’appel de l’islam). »

« (…) Quand il se rendit à Badr pour saisir la caravane appartenant aux Quraych, il y alla pour se battre. C’est offensif puisque Muhammad (Salalahu Alaihi Wasallam) initia l’action contre les Quraych. »

« Quand Muhammad (Salalahu Alaihi Wasallam) envahit Hawazin durant la bataille de Hunayn, quand il (Salalahu Alaihi Wasallam) assiégea Ta’if, quand il mena la bataille de Mutah pour y affronter les Romains et la bataille de Tabuk – voilà autant de preuves que le jihad consiste à lancer l’offensive contre les kafirs. Ceci devrait clarifier cette idée erronée qu’à l’origine le jihad était défensif. »

La bataille de Badr (624)

Sayyid Qutb des Frères musulmans invoqua également Badr pour justifier le jihad offensif :

- « Durant le Ramadan (de 624) eut lieu la bataille de Badr. Elle est décrite à la sourate Anfal (sourate 8 – Le butin). Si on examine honnêtement cette période du développement de l’islam, il est impossible d’affirmer que le but poursuivi par le mouvement islamique était "défensif" dans le sens étroit qu’on lui donne aujourd’hui. »

- Référence : Sayyid Qutb, Milestones, Damascus, The Holy Koran Publishing House, 1978, p. 124.

Ibn Ishaq (704 – 767), le premier biographe de Muhammad, relate les événements : ayant appris qu’une caravane transportant une importante quantité de marchandises et d’argent arrivait en provenance de Syrie, Muhammad convoqua ses supporteurs pour les inciter à l’attaquer : « C’est la caravane des Quraych contenant leurs propriétés. Allez et attaquez-la et peut-être Allah nous la donnera-t-il en proie. » L’affrontement eut lieu et les musulmans en ressortirent vainqueurs.

- Référence : Ibn Ishaq, The Life of Muhammad, Karachi, Oxford University Press, 1955, p. 289.

L’attaque de Khaybar (629)

Après que les musulmans eurent pris le contrôle de Médine, plusieurs juifs se réfugièrent autour de l’oasis de Khaybar situé à 150 kilomètres de leur ancienne ville. Il était tellement clair aux yeux des musulmans eux-mêmes qu’ils n’étaient pas sous attaque que les hadiths racontent qu’avant de mener la charge contre Khaybar, Ali, le gendre de Muhammad cru nécessaire de s’enquérir auprès de ce dernier des motifs pour lesquels il s’apprêtait à attaquer ses habitants.

- Hadith Sahih Muslim 31.5917 « Le jour de Khaybar, (…) le Messager d’Allah convoqua Ali (et lui dit) : "Allez et combattez jusqu’à ce qu’Allah vous accorde la victoire". Sur ce, Ali fit quelques pas puis s’arrêta et demanda sans hésiter d’une voix forte : "Messager d’Allah, pour quelles raisons devrais-je combattre ces gens ?" Alors il (le Prophète) déclara : "Combats-les jusqu’à ce qu’ils témoignent du fait qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et que Muhammad est son Messager." »

Ibn Ishaq (p. 511) fait le récit suivant des événements :

- « Quand l’Apôtre (Muhammad) attaquait un peuple, il attendait la levée du jour. S’il entendait l’appel à la prière, il attendait ; sinon, il attaquait. Nous arrivâmes à Khaybar de nuit. (…) Le matin venu, puisqu’il n’avait pas entendu l’appel à la prière, il (Muhammad) passa à l’attaque et nous l’accompagnâmes. (…) Nous rencontrâmes des ouvriers de Khaybar qui s’apprêtaient à aller travailler avec leurs bêches et leurs paniers. Quand ils virent l’apôtre et son armée, ils s’écrièrent "Muhammad et son armée (sont ici)" et ils s’enfuirent. L’A

pôtre s’écria "Allah akbar ! Khaybar est détruite." (…) L’Apôtre saisit les propriétés une à une. (...) Les femmes de Khaybar furent distribuées parmi les musulmans. »

Dans son discours de Malaisie auquel j’ai déjà référé et qui était en partie consacré aux méthodes de taxation acceptables dans l’islam, Imad A. Ahmad du Minaret Freedom Institute révéla qu’après avoir été dépouillés de leurs terres, les juifs de Khaybar qui survécurent durent également remettre la moitié de leurs récoltes pour être autorisés à rester sur place.

Au bout de quelques années, le prophète de l’islam statua que les non-musulmans de Khaybar et du reste de la péninsule arabique seraient expulsés :

- Hadith Sahih Muslim 19.4366 « Le Messager d’Allah déclara : "Je vais expulser tous les juifs et les chrétiens de la péninsule arabique pour n’y laisser que les musulmans". »

Et ce qui fut dit fut fait.

L’expédition à Tabuk (630)

Le juriste Ibn Taymiyya (1263 – 1328) donna en exemple le raid de Tabuk quand il voulut préciser ce qu’était un jihad offensif :

- « (Le jihad offensif) est un combat qui fait appel à des volontaires. Il est mené pour propager la religion, pour la faire triompher et pour intimider l’ennemi comme ce fut le cas lors de la campagne militaire de Tabuk et lors d’autres expéditions semblables. »

- Référence : Ibn Taymiyya, The Religious and Moral Doctrine of Jihad. Reproduit par Rudolph Peters, Jihad in Classical and Modern Islam, Princeton, Marcus Wiener, 1995, p. 54.

À l’arrivée des troupes musulmanes à Tabuk, aucune force militaire hostile n’était présente. Ibn Ishaq (p. 607) mentionne que Muhammad prit rapidement le contrôle de la région, imposa la jizya à ses habitants et notamment au gouverneur et repartit vers Médine dix jours plus tard.

Dans son commentaire coranique, Ibn Kathir rappelle que c’est lors de la bataille de Tabuk que les versets 9:38 et 9:49 furent proclamés à l’intention des "hypocrites" qui préfèrent vivre leur vie plutôt que de mener le jihad.

- 9:38 « Ô vous qui croyez ! Qu’avez-vous ? Lorsque l’on vous a dit : " Élancez-vous dans le sentier d’Allah" ; vous vous êtes appesantis sur la terre. La vie présente vous agrée-t-elle plus que l’au-delà ? Or, la jouissance de la vie présente ne sera que peu de chose, comparée à l’au-delà ! »

Les ultimatums de Muhammad

Dans Le devoir négligé, les assassins d’Anouar Sadate consacrèrent une section de leur manifeste à réfuter ceux qui prétendent que le jihad islamique est exclusivement défensif. Pour soutenir leur position, ils rappelèrent que Muhammad fit parvenir des ultimatums à plusieurs dirigeants politiques et religieux sans avoir été attaqué par eux. Les termes de ces invitations étaient clairs : les destinataires devaient joindre l’islam à défaut de quoi ce serait la jizya ou la guerre. Parmi les dirigeants ciblés par ces menaces, on compte l’empereur byzantin Héraclius, l’empereur perse Khosrau, des rois de régions situées dans l’Arabie saoudite actuelle, le roi d’Oman, un dirigeant de Bahrein, l’évêque de Najran sur la péninsule arabique, etc. L’extrait suivant est tiré d’une lettre adressée à l’évêque de Najran :

- « Au nom du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. De la part de Muhammad, le prophète et l’apôtre de Dieu à l’évêque et au peuple de Najran. Que la paix soit sur vous. Je loue le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Je demande que vous serviez Dieu et non les hommes. Je demande que vous acceptiez d’être dirigés par Dieu et non par les hommes. Si vous refusez, ce sera la jizya. Si vous refusez (cela également), soyez prévenus que ce sera la guerre. Je vous envoie mes vœux de paix. »

- Référence : Johannes J. G. Jansen, The Neglected Duty, London, Collier Macmillan Publishers, 1986, p. 194.

Dans son recueil d’hadiths, Boukhari (4.52.191) reproduit l’ultimatum envoyé à Héraclius.

Dans sa biographie de Muhammad, Ibn Ishaq (p. 645) rapporte les menaces auxquelles la tribu Banu al-Harith finit par céder :

- « L’Apôtre envoya Khalid ben Walid (…) chez les Banu al-Harith en lui commandant de les inviter à l’islam trois jours avant de les attaquer. S’ils devaient accepter son invitation, il ne prendrait pas d’autres mesures à leur endroit mais s’ils devaient refuser, il les attaquerait. Khalid alla donc à leur rencontre et envoya des cavaliers dans toutes les directions pour inviter les gens à l’islam en leur disant : « Si vous acceptez l’islam, vous serez en sécurité ». Les hommes acceptèrent l’islam comme ils y avaient été invités. »

Les preuves abondent. Le prophète de l’islam recourut fréquemment à la coercition pour imposer l’hégémonie de sa religion. Il montra la voie. Les exégètes ne tentent nullement de dissimuler cet aspect de leur religion. Au fil des siècles, nombreux furent ses émules.

- 33:21 « Vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier. »

Après que le président du Minaret Freedom Institute eût attiré mon attention sur les Prolégomènes d’Ibn Khaldoun, j’ai consulté l’ouvrage et y ai retrouvé plusieurs exemples de jihad offensif. Je vous les soumets. Chacun d’entre eux constitue un argument supplémentaire pour invalider la théorie du jihad exclusivement défensif à laquelle les apologistes de l’islam n’ont cesse de recourir quand ils s’adressent à des non-musulmans.

Les califats d’Abou Bakr et d’Omar : la guerre aux apostats et la subjugation des peuples

Ibn Khaldoun résuma ainsi le califat des deux premiers successeurs de Muhammad :

- (I–p. 414) « Le Prophète, étant sur son lit de mort, et voulant confier à Abou Bekr (sic) les fonctions les plus importantes de la religion, lui ordonna de présider à la prière publique en qualité de son vicaire (khalife). Tout le monde apprit avec plaisir la nomination d’Abou Bekr (sic) au vicariat (ou khalifat), charge qui consiste à diriger toute la communauté vers l’observation de la loi. (…) Abou Bekr (sic) remplit ses devoirs sans s’écarter des usages de son maître ; il combattit les tribus qui avaient apostasié et finit par rallier tous les Arabes à l’islamisme. Omar, à qui il transmit le khalifat, se conduisit comme lui ; il fit la guerre aux autres peuples, les subjugua et autorisa les Arabes à dépouiller les vaincus et à leur enlever l’empire. »

La bataille d’al-Qadisiyya (636)

La bataille d’al-Qadisiyya menée par les troupes du calife Omar fut déterminante dans la conquête de la Perse (Iran). Quand il voulut contredire son correspondant qui soutenait qu’il était illégitime de mener le jihad contre des pays autorisant les musulmans à prêcher leur religion en toute liberté, Muhammad Usmani de l’OCI référa à cette bataille vieille de quatorze siècles pour lui prouver le contraire :

- (p. 132) « Y a-t-il eu des tentatives d’éviter le jihad contre l’Iran (la Perse), est-ce que (les musulmans) ont tenté d’obtenir la permission de faire du travail missionnaire pour éviter la confrontation ? (…) La réponse est non. (…) À ma connaissance, il n’y a pas un seul exemple dans toute l’histoire de l’islam où les musulmans aient accepté d’arrêter le jihad seulement parce qu’ils avaient obtenu la liberté de prêcher l’islam. (…) En fait, c’est tout le contraire. Le but des musulmans tel qu’ils le déclarèrent eux-mêmes lors de la bataille d’al-Qadisiyya (Perse) était de "sortir le peuple de sa servitude à l’égard des hommes pour le mettre au service d’Allah". »

Le but poursuivi par les musulmans auquel fait allusion Usmani avait été exposé par des émissaires du calife Omar après que le général perse Rostam se fut enquis auprès d’eux du motif de leur agression.

Dans son texte Le jihad au nom d’Allah, Sayyid Qutb référa à la même bataille et la même déclaration des émissaires musulmans comme preuve de la validité du concept de jihad offensif. Il ajouta à la déclaration des émissaires que la volonté des hommes de combler leurs propres désirs constitue également une forme de servitude humaine à laquelle l’islam doit s’attaquer.

- Référence : Sayyid Qutb, Milestones, Damascus, The Holy Koran Publishing House, 1978, pp. 103 et 128.

Le califat d’Uthman (644 – 656)

Ibn Khaldoun consacra une section de ses Prolégomènes à dresser une imposante liste de biens saisis durant les guerres de conquêtes d’Uthman, le gendre de Muhammad et le troisième calife de l’islam. Il conclut par le commentaire suivant :

- (I–p. 417) « On voit par là combien les musulmans avaient ramassé d’argent. Du reste, cela ne leur était pas défendu par la religion, vu que ces richesses étaient légitimement acquises, provenant du butin pris sur l’ennemi. »

- 8:68-69 « N’eût-été une prescription préalable d’Allah, un énorme châtiment vous aurait touché pour (le butin) que vous avez pris. Mangez donc de ce qui vous est échu en butin, tant qu’il est licite et pur. »

La Sicile envahie (827)

La Sicile fut envahie à de nombreuses reprises par les musulmans du nord de l’Afrique avant de devenir un état islamique en bonne et due forme de 965 à 1072. Dans l’extrait suivant, Ibn Khaldoun raconte les préparatifs d’une de ces invasions menée durant le règne de l’émir d’Ifrîkiya, Zîadet Allah Ier (817 – 838). L’Ifrîkiya comprenait l’essentiel de la Tunisie actuelle, le nord-est de l’Algérie et une partie de la Libye.

- (II–pp. 39-40) « Les arabes, ayant acquis une vaste puissance par la fondation de leur empire, avaient réduit sous leur domination et asservi une foule de peuples étrangers. Voyant alors que chacun des vaincus qui savait un art cherchait à s’en faire un mérite auprès d’eux, ils prirent à leur service un grand nombre de matelots pour les besoins de la marine. Ayant, alors affronté la mer à plusieurs reprises, et s’étant habitués à lutter contre elle, ils changèrent d’opinion à l’égard de cet élément. Souhaitant avec ardeur le bonheur d’y porter la guerre sainte (jihad), ils construisirent des navires et des galères, équipèrent des vaisseaux, les armèrent et les remplirent de troupes dans le but de combattre les peuples infidèles d’outremer. (Pour établir leurs chantiers), ils choisirent les provinces les plus voisines de la mer et les places fortes qui étaient situées sur ses bords. Ces provinces étaient la Syrie, l’Ifrîkiya, le Maghreb et l’Espagne. Le khalife Abd el Melek (Ibn Merouan), animé d’un zèle ardent pour le maintien de la guerre sainte (jihad), envoya à Hassan Ibn en Noman, gouverneur de l’Ifrîkiya, l’ordre de fonder à Tunis un arsenal maritime. Ce fut de là que, sous le gouvernement de Zîadet Allah Ier, fils d’Ibrahîm l’Aghlebide, une flotte, commandée par Aced Ibn Forat, grand mufti de l’Ifrîkiya, partit pour conquérir la Sicile. »

Le sac de Rome (846)

Quelques années plus tard, remontant la côte italienne jusqu’à l’embouchure du fleuve Tibre, des équipages musulmans se dirigèrent vers la ville de Rome et la saccagèrent. Avant de quitter, ils pillèrent tout l’or et l’argent qui ornait l’intérieur de la Basilique Saint-Pierre. Muhammad Usmani de l’OCI évoqua cet exemple pour prouver que le jihad offensif est totalement conforme à la doctrine islamique.

- (p. 132) « Est-ce que (le Prophète et ses compagnons) ont mené le jihad seulement lorsqu’ils se sont vus refuser la permission de propager l’islam par du travail missionnaire ? Y a-t-il eu une mission envoyée à Rome avant de les attaquer ? (…) La réponse est non. »

Le jihad estival en Grèce

Les stratèges militaires musulmans étaient conscients du danger de disséminer leurs troupes sur des territoires trop vastes. Pour maintenir un flot constant de butin en provenance des territoires infidèles, il était fréquent que les musulmans fassent des incursions rapides sur des territoires non pour y imposer leur contrôle mais uniquement pour les piller. Ce fut l’objet de l’offensive sur Rome. Ce sera également ce qui motiva les musulmans à organiser des razzias répétées en Grèce avant qu’ils y imposent finalement leur autorité durant quatre siècles (1453 – 1830). Ibn Khaldoun rappela ces agressions estivales :

- (I– p. 452) « Il arrivait aussi (aux califes) de placer les cadis (juges musulmans) à la tête des troupes qui, chaque été, envahissaient le territoire des Grecs pour accomplir le devoir de la guerre sainte (jihad). »

Les invasions ottomanes en Grèce commencèrent vers 1325.

Un jihad offensif en Asie centrale

Dans ses descriptions des us et coutumes des peuples du monde, Ibn Khaldoun mentionne un autre exemple de jihad offensif. Bien que les événements soient non datés, le contexte laisse croire qu’ils se déroulèrent lorsque l’auteur travaillait à ses Prolégomènes (1377) :

- (I–p. 137) « On trouve des musulmans qui habitent aux environs du Djeïhoun. Ils font la guerre aux peuples de la même race qui s’adonnent à l’idolâtrie, et enlèvent chez eux des prisonniers, qu’ils vendent aux nations du voisinage. Ils sortent quelquefois de leur pays pour se rendre dans le Khoraçan (région du nord-est de l’Iran actuel), l’Inde et l’Irac (sic). »

Le Djeïhoun est un fleuve qui se jette dans la mer d’Aral bordée par le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Il est généralement identifié en français comme l’Amou-Daria.

Les guerres barbaresques (1801 – 1805) et (1815)

Depuis le XIe siècle, des pirates supportés par les autorités d’Afrique du Nord attaquaient les bateaux qui traversaient le détroit de Gibraltar pour les piller et réduire leur personnel en esclavage. Des milliers de bateaux furent ainsi capturés et des dizaines de milliers d’Européens furent vendus à des marchands d’esclaves. Après l’indépendance des États-Unis, les bateaux américains ne bénéficiant plus de la protection de la Royal Navy y furent également attaqués. Déterminés à faire cesser ces entraves au commerce maritime, Thomas Jefferson et John Adams alors ambassadeurs des États-Unis à Paris et à Londres rencontrèrent en 1786 l’ambassadeur de Tripoli pour s’enquérir des raisons qui motivaient ces actes de piraterie. Jefferson rapporta ainsi la réponse de l’ambassadeur Sidi Haji Abdrahaman au Secrétaire d’État John Jay :

- « L’ambassadeur nous répondit que (leur droit) était fondé sur les lois du Prophète, qu’il était écrit dans leur Coran que toutes les nations qui n’avaient pas accepté leur autorité étaient pécheresses, que c’était leur droit et leur devoir de leur faire la guerre où qu’elles se trouvent et de réduire en esclavage autant de prisonniers qu’ils pourraient capturer. Il a ajouté que chaque musulman tué dans la bataille était assuré d’aller au Paradis. »

- 9:111 « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait : Et c’est là le très grand succès. »

- Référence : The diplomatic correspondence of the United States of America, (September 10, 1783 – March 4, 1789), Secretary of State, Washington, 1837, p. 342.

Durant les quinze années qui suivirent ces échanges diplomatiques, les États-Unis payèrent un tribut annuel aux provinces ottomanes qui encourageaient la piraterie afin d’assurer la sécurité de leur flotte maritime commerciale. Durant toute cette période, Jefferson maintint son opposition aux paiements. Lorsqu’il entra en fonction comme président des États-Unis en 1801, Jefferson refusa de continuer les paiements et le pacha de Tripoli Yusuf Karamanli déclara la guerre aux États-Unis. Après deux guerres menées durant les présidences de Jefferson et James Madison, le jihad maritime fut essentiellement neutralisé dans la région.

L‘imposition de la jizya dans le nord-ouest du Pakistan (2009)

Le 2 mai 2009, le Times of India révéla qu’après avoir pris le contrôle de la région du Swat dans le nord-ouest du Pakistan, les talibans avaient rapidement imposé la jizya aux sikhs qui y vivaient conformément au verset 9:29. N’ayant pas obtenu les sommes d’argent qu’ils convoitaient, les talibans détruisirent plusieurs maisons et pillèrent de grandes quantités de biens.

Conclusion

Les offensives menées par le fondateur de l’islam et reconnues comme telles par les exégètes musulmans sont là pour prouver que depuis ses débuts l’islam justifie et encourage le recours au jihad offensif pour établir sa primauté.

En plus d’être contredite par la sunna (les actions du prophète), la théorie du jihad exclusivement défensif l’est également par plusieurs arguments tirés de l’exégèse coranique :

1. L’existence d’une doctrine millénaire explicitant les devoirs des musulmans en cas d’attaque et de défense contredit la thèse des apologistes de l’islam selon laquelle la religion est uniquement préoccupée par la défense ;

2. Le fait que le jihad doive être mené "jusqu’à ce que la religion soit entièrement à Allah" (2:193 et 8:39) démontre que le jihad vise autre chose que la sécurité des musulmans ;

3. Les versets décrits comme tolérants et défensifs ont été abrogés par les versets encourageant le jihad offensif comme le 9:5 et le 9:29.

- Muhammad Taqi Usmani (2002) : « La question qui se pose est de savoir si le jihad agressif est une activité honorable ou non. Si c’en est une, pourquoi les musulmans devraient-ils cesser de la pratiquer simplement parce que l’expansion territoriale est regardée d’un mauvais œil de nos jours ? Et si le jihad agressif n’est pas louable mais déplorable, pourquoi l’islam n’a pas cessé de le pratiquer dans le passé ? »

- Référence : Muhammad Taqi Usmani, Islam and Modernity, New Delhi, Adam Publishers & Distributors, 2002, p. 137.

- Sayyid Qutb (1964) : « Après avoir entendu les commandements d’Allah et les hadiths, après avoir lu au sujet du Jihad islamique, quelle sorte de personne peut continuer de penser que le Jihad n’est qu’une injonction temporaire requise pour une situation particulière et qu’il vise uniquement à la défense des frontières ? Dans le verset où Il donne la permission aux croyants de se battre, Allah les informe que la vie en ce monde est telle que le contrôle d’un groupe de gens par un autre groupe est la loi d’Allah, ceci afin que la terre soit débarrassée de la corruption. (…) Ce combat (contre la mécréance) n’est donc pas un phénomène temporaire mais une situation qui durera pour l’éternité. »

- Référence : Sayyid Qutb, Milestones, Damsacus, The Holy Koran Publishing House, 1978, p. 116.



- Illustration : le capitaine William Bainbridge payant un tribut au Dey d’Alger (vers 1800)

- Référence : http://en.wikipedia.org/wiki/File:BainbridgeTribute.jpg


Combattre l’Islam?

Parmi les discussions récentes sur l’Islam, une problématique qui fait rage est de savoir si l’Islam est un ennemi, ou si c’est l’Islamisme, ou encore les musulmans, ou les islamistes. Hervé tenait à différencier l’Islam de l’Islamisme. Turion rappelait que le Coran contient un germe criminel. Sur la suggestion de plusieurs confrères, voici, remanié, un texte que j’avais écrit sur l’islam il y a quelques mois.

  L’Islam est notre ennemi. Les musulmans ne sont pas des ennemis.

En d’autres termes, la véritable guerre qui a lieu est une guerre d’idées, et non pas une guerre de personnes. Elle se place sur le plan mémétique, et non pas sur le plan génétique.

Les musulmans les plus purs, les plus abrutis par le Coran, sont ipso facto menés à soutenir voire participer à des actes criminels. Mais il y a une très large majorité de « musulmans » qui ne le sont que par une tradition culturelle en voie d’atténuation, et qui, s’ils se déclarent formellement musulmans, n’entreprendront d’eux mêmes aucune activité criminelle au nom de l’Islam.

De même, le socialisme est une idéologie criminelle, mais la plupart des socialistes n’iront pas eux-mêmes entreprendre de nouvelles actions criminelles. — Tout au mieux sont-ils prêts à suivre des meneurs, qui eux sont de véritables criminels en puissance et trop souvent en fait.

J’ai écrit dans un article du QL ce que je pensais de l’Islam et du libéralisme: L’Islam est-il soluble dans le libéralisme?

La question cruciale est de savoir s’il est possible de faire admettre aux uns et aux autres les principes libéraux d’un Droit séparé de la Morale. Qu’ensuite, dans le respect du Droit, d’aucuns tentent de promouvoir telles ou telles valeurs – c’est leur affaire, et le principe de responsabilité, inscrit dans le Droit, fera que les conséquences de leurs actes retomberont sur eux, jusqu’à ce qu’ils apprennent et s’améliorent.

Je suis persuadé que les principes libéraux du Droit peuvent être enseignés à la plupart des musulmans, comme à la plupart des socialistes, etc., qui ne sont donc pas nos ennemis ipso facto — et ce même si l’Islam et le Socialisme sont deux religions porteuses d’un germe d’intolérance totalitaire visant à imposer au monde par la force un système de vie. Pourra-t-on encore appeler « Islam » ou « Socialisme » ces versions atténuées privées de leur principe virulent? C’est là un débat de linguiste, qui ne me concerne guère. Mon propos est que de telles versions atténuées sont possibles et souhaitables pour enrayer le Mal.

Ce texte ayant causé quelques remous, je précisais ensuite :

L’erreur de catégorie est bien celle consistant à croire que des personnes (et qui plus est de larges groupes de personnes) sont des ennemis. C’est une erreur très largement propagée par les collectivistes, dont le schéma mental consiste précisément à voir le monde comme un affrontement en camps bien définis, une guerre, une lutte, un jeu à somme nulle. C’est le paradigme du conflit.

Or, le monde n’est pas un gigantesque affrontement cosmique, et les individus ne sont pas classables dans des catégories a priori et immuables d’amis ou d’ennemi. Le comportement d’un individu peu être amical ou inimical, utile ou nuisible — et les règles de comportement social acceptées par ledit individu et ceux avec qui il interagit vont largement déterminer si cet individu aura tendance à coopérer avec un autre, à l’ignorer, ou à l’affronter. La philosophie libérale étudie ces règles d’interaction sociale, et propose un ensemble de règles qui permet d’éviter et de résoudre les conflits, cependant qu’elle dénonce certaines autres règles comme porteuses de graves conflits.

Or, un individu donné peut la plupart du temps s’adapter à de nouvelles règles d’interaction. Aussi, un individu donné, même s’il suit une règle nuisible, n’est pas en soi l’ennemi — car il peut s’améliorer, ou autrement être contraint de réparer, et de se réintégrer dans la société. Tant qu’il n’est pas en guerre ouverte contre les principes de la civilisation, tant qu’il est en situation participer davantage aux processus de coopération pacifique qu’il n’erre par la destruction de la propriété d’autrui, alors l’individu n’est pas un ennemi — tout au plus un délinquant qu’il faut surveiller.

Par contre, la règle de comportement criminel qu’a adopté tel individu, elle, peut être en contradiction avec les principes de la civilisation. À ce moment, aucun compromis n’est possible entre une telle règle et l’établissement d’une société pacifique. Cette règle est, du point de vue mémétique, un ennemi. Elle est à éradiquer, sinon dans les esprits, du moins en pratique. Cette éradication n’implique pas la moindre chasse aux sorcières, et pas plus une autorité bienpensante de préservation de l’ordre moral. — Mais effectivement, dans le monde des idées, il y a une guerre, une guerre sans prisonniers, une guerre entre les principes de création et les principes de destruction, et toute une palette principes plus ou moins vrais ou faux, plus ou moins utiles ou nuisibles, entre les deux. Dans cette bataille des idées, la liberté et la contrainte sont des principes inconciliables.

Cela ne veut malheureusement pas dire que l’on puisse se passer de jamais avoir à tuer des individus dangereux qui auraient trop lié leur existence personnelle à de tels mèmes criminels. Cependant, il faut savoir bien faire identifier la source du mal; une personne qui croit en une idéologie criminelle n’est pas ipso facto et encore moins ad vitam aeternam l’ennemi de la justice; cette personne peut ne pas mettre ses idées en application, et elle peut changer d’idées. Du reste, il n’y a pas de délit d’opinion, et une telle personne, même suspecte, est innocente jusqu’à avoir été convaincue d’avoir effectivement entrepris quelque action criminelle.

Cela veut-il dire que « l’idée » est responsable, et pas l’individu? Certes pas. Là encore, c’est une erreur de catégorie. Un individu sera responsable; il sera innocent ou coupable. Mais il ne sera ni ami, ni ennemi. Le véritable ennemi, c’est une idée.

 

François-René Rideau

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Informez-vous sur la philosophie politique libertarienne


« Les faits sont têtus; quels que soient nos souhaits, nos inclinations ou les voeux de nos passions, ils ne peuvent changer l'état de fait et la preuve. »     John Adams

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LE WEB RESISTANT 

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Informez-vous sur la cyber-résistance

 

« Les religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s'éloignant de leurs textes tandis que l'islam le fut en se rapprochant des siens. »                                                      Eric Conan



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FONDAMENTALISME, DJIHADISME, TERRORISME

L’ISLAMISME EST UN TOTALITARISME

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Ce qu’il faut savoir sur l’une des plus grandes menaces politiques et religieuses du XXIème siècle

 


« Le socialisme cherche à abattre la richesse, le libéralisme à suprimer la pauvreté »                                                   Winston Churchill

 

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LISEZ LE rapport SUR LE SOCIALISME

Plus de 20 articles du blog C.R pour vous réinformer sur le socialisme


« Le Communisme est l'Islam du XXème siècle. »                                                   Jules Monnerot


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LISEZ LE rapport SUR LE COMMUNISME

Plus de 20 articles du blog C.R pour vous réinformer sur le communisme

 

« La religion d'Hitler est la plus proche qui soit de l'islamisme, réaliste, terrestre, promettant le maximum de récompenses dans cette vie, mais avec ce Walhalla façon musulmane avec lequel les Allemands méritoires peuvent entrer et continuer à gouter le plaisir. Comme l'islamisme, elle prêche la vertu de l'épée.  »                            Carl Gustav Jung

 

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LISEZ LE rapport SUR LE NAZISME

Plus de 20 articles du blog C.R pour vous réinformer sur le nazisme


« Ils ignorent que les épées sont données pour que personne ne soit esclave. »                                                                                        Lucain

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