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We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 15:27

26/03/2006  

Manifestation contre le CPE le 23 mars à Strasbourg. Photographie Frédérik Florin, AFP


J'accueille, dans la Zone, un explorateur opiniâtre de notre modernité malade, Jean-Gérard Lapacherie, que je connais à vrai dire indirectement, non seulement par le biais des nombreux articles qu'il a publiés dans les revues Liberté politique ou Libres en plus de ses analyses sur Liberty Vox mais encore, désormais, sur son propre blog, par un superbe travail de dissection des mots frelatés de la NLF. Je le remercie de cette salutaire analyse des slogans mensongers que nous entendons des dizaines de fois par jour être prononcés par des journalistes, hurlés par les imbéciles qui, de la langue française et du sens des mots, ont à présent oublié le peu qu'ils avaient appris.

Il est un mot qui revient souvent dans la «loi sur l’égalité des chances», dite aussi «loi CPE», c’est lutte. La loi «lutte», comme d’autres se battent. Mortes aux frontières, les antiques vertus guerrières de la France renaissent en lois. Certes lutter n’est jamais intransitif, il est suivi de compléments qui désignent tantôt le Mal, tantôt le Bien. Tantôt c’est contre, tantôt c’est pour. À un contre, correspond un pour, contre les incivilités et pour la cohésion sociale, contre les discriminations et pour l’Égalité. La cohésion réunit ce que l’incivilité sépare et l’égalité restaure ce que la discrimination anéantit. D’un point de vue rhétorique, la machine tourne rond. À coups de clairon, la lutte rend la loi martiale. Elle prend le sentier de la guerre. Le calumet de la paix ne sera plus jamais fumé. Ce n’est pas tout à fait la «lutte des classes» ou «la lutte finale», mais ça ne saurait tarder : une prochaine loi enjoindra aux «damnés de la terre» d’être «debouts» et à «l’inteeernationaaaa-aleu» de devenir «le genre humain». C’est le nom même de la «Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité» ou Halde, dont la loi renforce le pouvoir, qui cristallise la spécificité de cette loi – comme son essence et ce qu’elle dit vraiment. Le comique de l’affaire est qu’il soit institué, pour mener la lutte, une nototorité qui désigne l’ennemi ou qui décide du terrain où aura lieu la lutte. Sur quelle montagne est-elle érigée pour mériter le qualificatif haute ? Sur le site de cètototorité, qui n’est pas une montagne, mais une morne plaine, ou qui, si elle était une montagne, serait le Golgotha, il est écrit ceci : «La HALDE identifie et diffuse les bonnes pratiques et les expériences en matière de lutte contre les discriminations dans tous les secteurs d’activité» et «[Elle] émet des recommandations, auprès du gouvernement, du parlement et des autorités publiques pour lutter contre les discriminations, afin d’améliorer les textes de loi, de faire progresser le principe d’égalité et l’état du droit français dans ce domaine». En Iran, en 1979, une des premières décisions prises par Khomeiny fut de créer une Commission pour la Prohibition du Vice et pour la Propagation de la Vertu. Déjà la lutte contre le Vice et pour la Vertu. Le Monstre a traversé de nombreuses frontières pour atteindre la France, où il a pacsé la proscription du Mal à la prescription de la Vertu. La HALDE est l’Empire du Bien, dirait le regretté Muray – là où tout ce que le Bien touche empire. Le seul bruit de ce nom renverse le fascisme et stoppe le racisme. En lui, raisonne une injonction germanique. C’est HALTE au Mal et à tout ce que l’on voudra d’autre.

Les locaux de l'EHESS saccagés le 24 mars, photographie de Thomas Coex, AFP


La «loi sur l’égalité des chances» est, pour ce qui est des mots, de la même mauvaise farine, trop pleine de son ou de la consistance du plâtre. En Afrique du Sud ou aux États-Unis, les discriminations, réelles, tangibles, visibles, étaient inscrites dans la loi, avant de devenir les réalités qui nous font horreur. Il en va ainsi au Maroc, en Algérie, en Arabie ou ailleurs, sans que, dans ces pays ou ailleurs, quiconque moufte quoi que ce soit, et a fortiori lutte, contre ces discriminations qui, elles, sont a) légales et b) réelles, en dépit ce que l’on constate en France – ou plus exactement, bien que l’on ne constate rien en France qui puisse s’apparenter à des discriminations. Une loi discriminatoire, s’il y en avait une seule, serait hors-la-loi ipso facto. Les discriminations sont bannies par la Déclaration de 1789 et interdites dans la Constitution de la Ve République. Elles sont fictives, et pourtant tout le beau monde proteste contre des fictions, non pas contre ces représentations fictives et mensongères, mais contre des ombres prises pour des réalités. C’est que les sciences sociales en ont fait leur fonds de commerce. Il est vrai que, dans la lutte des races que l’on cherche à susciter, comme si on ressuscitait Boulainvilliers, tous les coups bas sont permis. Les discriminations resteraient confinées dans le roman social ou dans le conte de fées ou, mieux, dans les «Mille et une Nuits», si nos fabulistes entendaient seulement divertir leurs lecteurs. Mais ils poursuivent d’autres buts, pervers et politiques. Il faut que la France soit souillée et pour cela, il faut qu’elle soit raciste ou fondée sur la discrimination. Ainsi, les Français et les hommes, où qu’ils vivent, la tiendront pour une guenille bonne à jeter dans les poubelles de l’Histoire (avec une grande H). Car, ce qu’insinuent ces «Mille et Une Nuits» de Paris, c’est que l’apartheid est la règle en France et que l’Afrique du Sud blanche de la Honte est ressuscitée dans l’hexagone. Ainsi, les Français sont sommés de restituer aux nouveaux fils de Dieu stigmatisés ce dont ils les ont indûment spoliés. Pour ce qui est de la blague, les incivilités contre lesquelles loi la lutte, valent les moulins à vent de ces discriminations fictives. Avant que le nom civilisation n’ait été fabriqué au XVIIIe siècle par Mirabeau, l’Ami des Hommes, c’est le mot civilité qui était en usage. Précédé de la préposition sans, il s’appliquait aux naturels des Indes occidentales, à qui il était dénié qu’ils aient une «âme». Dans le titre même de la loi, les mots égalité des chances révèlent incidemment le sens de ce texte. La chance est ce qui «tombe» ou ce qui échoit. Elle relève du sort, du hasard, de la fortune. Mettre de l’égalité là-dedans, c’est-à-dire de la loi ou du droit, c’est aussi vain que de faire briller le soleil à minuit ou d’atteindre la lune en grimpant à une corde à nœuds. Le Loto a pour slogan «Cent pour cent des gagnants ont tenté leur chance». Celui de la loi sur l’égalité des chances se résume par «Cent pour cent de ceux qui vont en bénéficier bénéficieront de la lutte qu’elle a déclarée». Le mauvais sort, les aléas, les infortunes sont épargnés également à tous. Il était entendu naguère qu’une loi enjoignait ou qu’elle réprimait. En 2006, elle multiplie les contrats : première embauche, apprentissage junior, responsabilité parentale, pré-professionnalisation. Depuis qu’il est social, le contrat est partout : tout est contrat, même la famille. Comme les (inter)minables contrats d’assurance, il est signé les yeux fermés, en toute ignorance de ce à quoi le signataire s’engage ou de ce que à quoi il souscrit.

Les locaux de l'EHESS saccagés le 24 mars, photographie (éloquente) de Thomas Coex, AFP


L’esprit de la loi, jadis, jaillissait, croyait-on, de la raison. Dans l’égalité des chances, il descend tout droit d’un manuel de DEUG pour étudiants en sciences sociales. Le nouveau Saint Esprit ne parle plus les langues du monde, mais la langue de la sociologie. Lutte, contrat, discriminations, cohésion sociale, incivilités, auxquels on peut ajouter citoyen, font résonner la nouvelle glossolalie dans nos codes de loi. Comme toujours quand le Saint Esprit descend de trop bas, les objectifs fixés sont lettre morte. La loi était censée prévenir par le social toutes voiles dehors la répétition des émeutes de l’automne; c’est de nouvelles émeutes qu’elle provoque au centre des villes. Elle suscite ce qu’elle est censée empêcher. Au lieu d’éteindre les braises, elle les attise. Il est un fait qui condense en lui toute la signification de la loi : c’est l’occupation de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Cette institution est au cœur du sociocentrisme discriminatoire, incivil, contractuel, égalitariste, lutteur, etc. Le directeur en avait ouvert les portes pour que les militants anti-CPE disposent de lieux où débattre. Tout de suite, les débats ont tourné court. Les portes des bureaux ont été forcées, le matériel a été volé ou détruit, les salles ont été squattées. Depuis plus de trente ans, les sciences sociales jettent l’huile sociologique sur le feu social. Ce n’est pas la société qu’elles ont embrasée, mais leur propre Institution. Il fallait s’y attendre pourtant. Si les parents interdisent à leurs enfants de jouer avec les allumettes, ce n’est pas par caprice, mais par expérience. La télé a montré des sociologues de l’EHESS en train de déménager des ordinateurs pour les préserver de leurs chers objets de recherche. On a appris aussi qu’ils avaient demandé aux CRS d’expulser les objets d’étude qu’ils avaient invités à occuper leurs locaux. L’EHESS est le foyer ardent de la sociologisation des arts, de la langue, de la littérature, de la société, de l’histoire, de la science, des lois, de tout, etc. Elle a lancé le boomerang qui lui est revenu en pleine face.


105, bd. Raspail, état des lieux le 24/03/2006 au matin, photographie de Gunthert


Déjà, les gazettes évoquent le 22 mars 1968. Alors le spectre la révolution a été sorti des oubliettes pour effrayer les chaisières et les rosières. La révolution en 2006 n’est pas pour demain, ni pour après-demain. Certes, la souveraineté du peuple est violée, mais c’est la règle depuis si longtemps que plus personne n’y prête attention. Les agitateurs semblent souhaiter «levez-vous, orages désirés», mais, au premier grain, ils rentrent dare-dare chez papa et maman. En fait, la révolution, s’il y en a une, ne chamboule pas la société, mais la sociologie – nos pas le réel, mais la représentation biaisée qu’en donnent les sociologues. C’est le vieux monde de Comte, de Bourdieu, de Durkheim, de Touraine et alii que vent emporte : les idoles sont brisées, les statues sont renversées, les mensonges sont mis à nu. Courage, camarades, le vieux monde de la sociologie est derrière vous. Les émeutes de l’automne étaient sociales, 100% garantis sociales, même par les RG. Pour les atténuer, on a fait souffler la panacée sociale. Sous ce mistral en folie, les émeutes reprennent de plus belle. De même, de 1956 à 1958, les gouvernements de la IVe République à l’agonie ont multiplié les mesures sociales en faveur des Algériens pour les convaincre qu’il était de leur intérêt que l’Algérie restât française : ils en ont tiré la conclusion inverse, sachant, sans avoir jamais fait d’études, que le social ou le sociologique ne pèse pas lourd face à l’identité ou à «l’être français» ou à son contraire «l’être algérien» et que les rustines de la sociologie, mais avec de la colle forte, n’adhèrent pas à la nation, à l’être, à l’identité, à tout ce que l’histoire a déposé chez les hommes. Il a fallu, en 2006, à peine deux mois pour que les billevesées nées des émeutes de l’automne fondent comme neige aux premiers feux du soleil.
 

15/11/2007

Contestation du CPE : exploration des racines du totalitarisme de gauche, par Germain Souchet



Remise en une de cet excellent article de Germain Souchet, d'une actualité pour le moins brûlante.

Poursuivons la série d'analyses polémiques disséquant le mal français, comme disent les journalistes. Après les textes de Jean-Gérard Lapacherie, Alexandre Del Valle, voici une charge (en ce moment, elles sont légion...) pour le moins féroce signée par Germain Souchet.

En arrivant à Matignon, Dominique de Villepin s’était donné cent jours pour remporter quelques succès décisifs dans la campagne de lutte contre le chômage. Trois cents jours plus tard, le contrat première embauche (CPE) pourrait bien devenir sa Bérézina politique. Et déjà se profile à l’horizon de 2007, non pas le retour glorieux des Cendres, mais celui, pitoyable, du cadavre décomposé du marxisme, porté à bout de bras par une gauche archaïque, et dont on sent d’ici les miasmes qu’il exhale. En tête de ce cortège venu d’un autre siècle, le parti socialiste, sans doute le plus rétrograde d’Europe, qui se contente de récupérer une agitation politique qu’il ne maîtrise absolument pas; derrière lui, le parti communiste français, cette «bande de vieux fossiles, dont certains sont complètement marteaux», comme le disait si bien le comique, accompagné des partis et mouvements trotskystes dont la violence, tant verbale que physique, constitue une menace bien plus directe et tangible pour la République qu’une fantasmagorique victoire de l’extrême droite à l’élection présidentielle.

Depuis plus d’un mois maintenant, la France vit donc de nouveau au rythme des manifestations, des violences de rues, des blocages d’universités et de lycées, de toutes ces activités qui font le charme de notre pays, malheureusement incompris de nos voisins européens plus préoccupés par leur travail, leur productivité et leur croissance que par la défense de leurs acquis sociaux et de leur sacro-saint modèle social hérité d’une époque révolue… Et maintenant, le mouvement prend une ampleur nouvelle avec cette journée dite de «mobilisation nationale», traduire de prise en otage des personnes souhaitant travailler, car oui, il en reste encore au pays des 35 heures et de la Star Academy !
Ce qui est le plus frappant, lors de chacun de ces mouvements sociaux, c’est la stupidité affligeante des slogans répétés inlassablement dans les cortèges de manifestants. Les étudiants et les lycéens en grève – mais comment peut-on être en grève alors qu’on ne travaille pas ? j’aimerais bien qu’on prenne un jour le temps de me l’expliquer – semblent particulièrement apprécier celui-ci : «Chirac, Villepin et Sar-ko-zy, votre période d’essai, elle est fi-nie !». Outre que la syntaxe laisse à désirer, ce qui prouve qu’une plus grande assiduité dans les cours de français ne leur ferait pas de mal, ce slogan, qui se croit ironique, ne veut en réalité rien dire : car si leur période d’essai est finie, alors ils ne peuvent plus être licenciés sans motif… Et quand on connaît les difficultés auxquelles sont confrontés les chefs d’entreprises pour mettre un terme à un contrat de travail, on peut légitimement penser qu’ils resteront jusqu’à la fin de leur CDD prévue pour 2007. En tout état de cause, cet exemple, parmi tant d’autres, prouve que cette jeunesse souvent dorée – quand on étudie à Louis le Grand ou à la Sorbonne, je pense que le mot de «précarité» n’est pas tout à fait approprié – ne comprend rien à la réalité économique et à la façon dont fonctionne le marché du travail. Et plutôt que de défiler en adressant des ultimatums à un gouvernement issu d’une majorité démocratiquement élue, ils auraient tout intérêt à terminer leurs études et à chercher un emploi, car la vraie précarité, aujourd’hui, reste le chômage.


Malheureusement, la dialectique mise en œuvre dans les cortèges ne se limite pas à révéler des encéphalogrammes aussi actifs que ceux des grenouilles; elle est aussi souvent marquée par une extrême violence, décidément bien inquiétante. Pas plus tard que ce midi, j’ai vu au journal télévisé de France 2 – qui, comme la plupart des médias, fait preuve d’une complaisance extrême à l’égard de ce qui, selon les dires de certains, serait un «nouveau mai 68» – des lycéens brandir une banderole sur laquelle on pouvait lire : «Ville-pain au grille-pain» (sic). Au cours du même journal, une déléguée CGT de Bordeaux déclarait : «si on laisse passer cette saloperie, c’est la fin de tout» (c’est moi qui souligne). Cette violence verbale rejoint les propos tenus par Dominique Voynet lors d’un meeting commun de la gauche, quelques mois après la présidentielle de 2002 et que j’avais eu la présence d’esprit de noter : «nous communions, tous ensemble, dans la détestation de la droite» (idem). En clair, la gauche française n’a pas d’adversaires politiques, mais des ennemis. Elle rejoint ainsi les réflexions d’un certain Lénine qui, dans la continuation de Robespierre, un de ses modèles, et à l’inverse de Clausewitz, considérait que «la politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens». Il semblerait bien que la gauche n’ait pas tout à fait abandonné les réflexes totalitaires de la Révolution française et du marxisme dont elle est très largement issue. Nous en aurons la confirmation un peu plus tard.
À la violence verbale se joint, depuis le début du mouvement anti-CPE, une véritable violence physique. Obsédés par une partie de l’échiquier politique, les médias ont cru y déceler tout d’abord la présence de l’extrême droite. En réalité, les casseurs accompagnant les fins de cortège sont très largement issus des diverses mouvances de l’extrême et de l’ultra-gauche; et si l’extrême droite se manifeste, c’est bien davantage dans des affrontements avec leurs frères ennemis de gauche qu’en caillassant pendant des heures les CRS et les gendarmes mobiles… qu’on devrait renommer immobiles pour l’occasion. Il est en effet particulièrement choquant de voir les forces de l’ordre assister, sans réagir, au saccage de commerces, à la destruction de voitures, au pillage de magasins aux vitrines éventrées.
Naturellement, elles ne sont en rien responsables : elles agissent sur ordre. Craignant sans doute des «dommages collatéraux» en cas de charge des CRS, le gouvernement a décidé de les employer pour contenir les casseurs pendant que des groupes mobiles – composés de CRS et d’agents en civil – arrêtent les fauteurs de troubles les plus violents. En d’autres termes, les CRS et les gendarmes mobiles ne font plus du maintien de l’ordre, mission traditionnelle de police administrative, mais participent à des actions de police judiciaire. En conséquence, plus de 400 policiers et gendarmes ont été blessés depuis le début des affrontements, selon les chiffres donnés par le ministère de l’Intérieur. Par faiblesse, par crainte des médias, le gouvernement préfère donc laisser les policiers et les gendarmes prendre des pavés en pleine figure, et renonce à défendre la propriété privée et le droit des citoyens à circuler librement. Certes, les casseurs interpellés sont déférés à la justice; mais les peines évoquées dans les journaux paraissent bien faibles en comparaison de la gravité de leurs agissements. L’État doit comprendre que dans certains cas, le recours à la justice est insuffisant. Il a le monopole de la contrainte physique légitime, ou de la violence légitime – suivant qu’on adopte la rhétorique wébérienne ou marxiste – et il doit parfois recourir à cette contrainte physique pour montrer que force reste à la loi. Face à des voyous qui ont pour but de «casser du CRS» – propos également entendus lors d’un journal télévisé – l’État doit faire du maintien de l’ordre. Toute autre attitude est un signe de faiblesse, ce qui n’augure rien de bon en cas de développement de violences à caractère révolutionnaire. Et qu’on ne me dise pas que je suis alarmiste : les émeutes de l’automne dernier n’étaient qu’un début…


Dernier élément de forme avant d’en venir au fond du dossier. Depuis maintenant plusieurs semaines, les syndicats étudiants, lycéens et de salariés réclament le retrait du CPE comme préalable à toute négociation. Mais, si le gouvernement retire le CPE, sur quoi pourrait-il négocier ? On pourrait se contenter de voir dans cette demande une manifestation – sans mauvais jeu de mots – supplémentaire du crétinisme des leaders syndicaux français. Reconnaissons que la tentation est forte… Cependant, je crains que cette dialectique ne cache quelque chose de plus grave : les syndicats et la gauche veulent imposer au gouvernement un agenda politique, veulent le forcer à discuter des sujets qui les préoccupent, au mépris des priorités de la représentation nationale. Notons au passage que le Premier ministre ne peut juridiquement pas retirer le CPE : puisqu’il s’agit d’une loi votée par le Parlement, seul le Parlement pourrait l’abroger. Mais serait-il démocratique de contraindre l’Assemblée Nationale et le Sénat à se dédire un mois et demi après avoir adopté un texte ?
Une nouvelle fois, la gauche française montre son mépris de la démocratie représentative. Interrogé la semaine dernière sur France Inter, le (pseudo) philosophe Michel Onfray justifiait la nécessité pour la représentation nationale de céder aux demandes de la rue quand elle cessait de représenter la volonté du peuple. Avec son apparence de démocratie directe, le raisonnement peut paraître séduisant, mais il est en réalité très dangereux : quand peut-on dire avec certitude que le Parlement ne reflète plus la volonté nationale ? Doit-on gouverner avec des sondages et en écoutant les demandes des seuls syndicats, qui sont, comme chacun sait, très peu représentatifs ? Sans s’en rendre compte, Michel Onfray a remis au goût du jour la dialectique maurassienne de la différence entre le pays réel et le pays légal, source de la contestation de la démocratie représentative par le fondateur de l’Action Française. Quel drame ! S’étant endormie marxiste en 1989, la gauche française se réveille aujourd’hui… maurassienne ! De quoi créer une véritable crise d’identité chez ses électeurs…


Mais au fait, sur quoi porte la contestation ? À force de mélanger les sujets de revendication, on en oublierait presque ce qu’est le CPE. Bâti sur le modèle du contrat nouvelle embauche (CNE), créé par une ordonnance du début du mois d’août dernier, et qui n’avait d’ailleurs pas donné lieu à une telle opposition, le CPE est une nouvelle forme de contrat de travail réservé aux jeunes de moins de 26 ans au moment de l’embauche. Sa particularité est de prévoir, comme son grand frère le CNE, une période d’essai de deux ans au cours de laquelle un employeur peut licencier le titulaire du contrat sans donner de motif. Pour autant, la jurisprudence naissante sur le CNE montre que les licenciements abusifs demeurent interdits. En clair, un employeur ne peut se séparer de son employé sans une cause réelle et sérieuse; la période d’essai revient à inverser la charge de la preuve, ce qui veut dire qu’il appartient à la personne licenciée de prouver que son licenciement était abusif. Par ailleurs, cette personne bénéficie d’indemnités de licenciement et a droit à des allocations chômage. La loi sur l’égalité des chances, dans laquelle le CPE est institué, fait également peser sur les entreprises l’obligation de dispenser aux titulaires du contrat première embauche une formation professionnelle. Enfin, la loi permet de réduire la durée de la période d’essai par des accords entre partenaires sociaux, notamment au niveau des branches.
On le voit, il n’y a tout de même pas de quoi fouetter un chat… ni même faire crier une gargouille. Il est amusant de constater qu’en Allemagne, la grande coalition CDU-SPD (chrétiens-démocrates de droite et sociaux-démocrates de gauche) s’apprête à étendre la durée de la période d’essai à deux ans pour tous les contrats, sans que des manifestations se dispersant dans la violence ou des grèves à répétition n’émaillent le quotidien de nos amis d’outre-Rhin. Dès lors, une question, lancinante, revient sur toutes les lèvres : la France peut-elle être réformée ? Non, se lamente la droite, qui n’a pas essayé de le faire en 2002, alors que l’UMP venait de remporter 399 sièges à l’Assemblée Nationale, lui donnant les coudées franches, et que le parti socialiste était K.O debout après le cuisant échec de Lionel Jospin lors de l’élection présidentielle. Si, répond la gauche triomphante, à condition de faire des réformes plus «justes» et qui consolident le modèle social français au lieu de le détruire. En d’autres termes, les seules réformes acceptables seraient celles qui consisteraient à diminuer le temps de travail, augmenter les salaires, accroître la pression fiscale sur les «nantis», etc. plongeant la France dans un marasme économique dont elle ne se sort plus depuis les chocs pétroliers du début des années 1970.
En réalité, il me semble que la France n’est ni plus ni moins réformable que ne l’étaient la Grande-Bretagne ou les États-Unis avant les arrivées au pouvoir respectives de Margaret Thatcher en 1979 et de Ronald Reagan en 1981. Ces deux pays avaient adopté, comme tous les pays occidentaux, un modèle social basé sur le keynésianisme et l’État providence. Mais, conscients que ces modèles étaient à bout de souffle, les conservateurs britanniques et les républicains américains ont proposé une rupture radicale et proposé aux citoyens de leurs pays d’embrasser le modèle libéral. Tout ne s’est pas fait en douceur : Margaret Thatcher a dû affronter des grèves très dures, notamment dans les mines, et le président américain a eu son lot de contestations (avec les contrôleurs aériens, par exemple). Mais ils ont tenu bon et, les résultats commençant à se faire sentir, ont été triomphalement réélus, trois fois pour la dame de fer, une seule pour Ronald Reagan, conformément à la constitution américaine, mais quelle victoire ! Par la suite, ni les travaillistes de Tony Blair ni les démocrates de Bill Clinton n’ont remis en cause l’héritage libéral de leurs prédécesseurs.


Dans le même temps, en 1981, la France faisait le choix du programme commun de la gauche, de François Mitterrand et de l’entrée de ministres communistes dans le gouvernement de la République française… Évidemment, pour faire face aux défis de la modernité, ce n’est pas l’idéal. En 1986, en 1993 et en 2002, alors que la gauche était logiquement balayée, ses résultats étant catastrophiques dans tous les domaines, la droite n’a jamais osé mettre en œuvre une réelle politique de rupture. Elle s’est toujours contentée de faire des aménagements, comme ce fut le cas en 2002 pour la loi sur les 35 heures. Ce faisant, elle a chaque fois donné raison à la gauche : si elle n’abolit pas les 35 heures, c’est qu’au fond, cette réforme n’était pas aussi néfaste qu’elle l’avait prétendu lorsqu’elle était dans l’opposition. Le drame de ces vingt dernières années, c’est que la droite française a perdu la bataille idéologique en laissant prospérer les thèses de la gauche et en reprenant même à son compte, comme aux lendemains du référendum sur la constitution européenne, l’idée imbécile de vouloir sauvegarder le modèle social français, producteur de chômage et, précisément, de précarité… Dès lors, il n’est pas surprenant qu’après trois ans et demi de politique sociale-démocrate, l’UMP suscite un rejet acerbe de sa première tentative d’ébauche de libéralisation du marché du travail. La majorité, en un sens, paye le manque de courage de Jean-Pierre Raffarin (si, souvenez-vous, il fut Premier ministre de 2002 à 2005…).
La droite manque donc de courage et surtout, n’a pas été capable de développer un projet de société authentiquement libéral, c’est-à-dire fondé sur la valorisation de la liberté et de la responsabilité; ce n’est pas un scoop. Mais cela n’explique pas tout. Une question demeure : pourquoi la gauche française refuse-t-elle ce que tous les partis de gauche européens ont accepté ? Pourquoi le SPD allemand ou les travaillistes britanniques, par exemple, nous paraissent-ils plus libéraux que l’UMP ? Pourquoi le parti socialiste, apparemment de centre gauche, continue à employer des dialectiques marxistes (j’ai personnellement entendu François Hollande déclarer, à trois reprises, lors de la campagne référendaire de l’an dernier, qu’il fallait lutter contre le «capitalisme»; il n’a pas dit contre le «libéralisme»…) ? L’explication m’est venue en écoutant Michel Onfray, interrogé la semaine dernière par Stéphane Paoli. Répondant à une question d’un auditeur sur l’épicurisme, l’auteur du Traité d’athéologie a résumé cette philosophie de la manière suivante : «le plus grand bonheur pour le plus grand nombre». Et il ajouté que cette doctrine avait aujourd’hui une grande validité politique.


On touche ici à la principale racine du totalitarisme de gauche : la volonté de faire le bonheur des peuples par la politique. Au moment de la Révolution française, Saint-Just lançait cette phrase terrible : «le bonheur est une idée neuve en Europe». La même idée est sous-jacente au marxisme, avec ses fameux «lendemains qui chantent». Or, vouloir faire le bonheur des peuples aboutit toujours au totalitarisme, car ce projet implique nécessairement de définir arbitrairement et de manière uniforme ce que le bonheur doit être, puis de l’imposer à tous. Et, si besoin est, d’éliminer ceux qui s’y opposent. C’est ainsi que des représentants de la Convention en mission en Vendée écrivaient au général Haxo : «Il faut que la Vendée soit anéantie parce qu’elle a osé douter des bienfaits de la liberté» (1). C’est également au nom du bonheur, sans doute, que des millions de paysans ont été affamés par Staline en Ukraine dans les années 1930, que 65 millions de Chinois ont péri sous le régime de Mao Zedong… On pourrait multiplier les exemples pour montrer que, quand l’État veut faire le bonheur de ses citoyens, il n’arrive en général qu’à faire le malheur de tous.
Malgré cela, la France conserve dans ses médias et ses écoles une complaisance coupable à l’égard du marxisme, présenté comme un bel idéal, dévoyé par quelques régimes. La réalité est toute autre : le marxisme, de même que toute idéologie prétendant faire le bonheur des peuples, et voulant, par la voie d’une révolution, transformer l’ordre du monde, conduisent nécessairement à ces «dévoiements», car ils s’opposent à la liberté de l’Homme de définir individuellement le sens du mot bonheur.
Il est ainsi urgent de rompre avec les idéologies du bonheur, au nom desquelles tout projet libéral est violemment rejeté en France par des minorités agissantes, qui imposent leur volonté au plus grand nombre. Il est impératif que le gouvernement ne cède pas sur le CPE, non pour défendre le CPE, mais parce que la gauche en a fait une question de principe. Et il est fondamental que la droite propose enfin une vraie alternative libérale à la France, un projet politique reposant sur une idée simple : la politique se doit d’être juste et de donner à tous les moyens dont ils ont besoin pour valoriser leurs talents propres, réussir leur vie professionnelle et définir par eux-mêmes leur bonheur. L’élection présidentielle de 2007 pourrait être la dernière occasion de le faire. En cas d’échec, il n’est pas exclu que le pays s’enfonce, à terme, dans un déclin déjà amorcé, qui ne pourra que le conduire à une guerre civile larvée.

Note :
(1) Cité dans Jean Sévillia, Historiquement correct (Perrin, 2003), p. 192.


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