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We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:37

A BAS LA DEMOCRATIE 

   Hans-Hermann HOPPE

 

Imaginez un gouvernement mondial, démocratiquement élu à l'échelle mondiale en suivant le principe un homme-une-voix. Que serait le résultat probable d'une telle élection ? Le plus vraisemblable est que nous aurions un gouvernement de coalition sino-indien. Et qu'est-ce que ce gouvernement serait le plus enclin à faire pour complaire à ses électeurs et se faire réélire ? Il découvrirait probablement que l'Occident a beaucoup trop de richesses et que le reste du monde, particulièrement l'Inde et la Chine, bien trop peu, et par conséquent mettrait en œuvre une redistribution systématique du revenu du riche Occident vers le pauvre Orient. Ou alors, imaginez qu'aux Etats-Unis on étende le droit de vote aux enfants de sept ans. Le gouvernement ne serait peut-être pas composé d'enfants, mais ses politiques, selon toute probabilité, refléteraient le "souci légitime" des enfants de disposer d'un accès "suffisant" voire "égal" à des hamburgers, des limonades et des vidéocassettes "gratuits".

Je présente ces "expériences mentales" pour illustrer les conséquences du processus de démocratisation qui a commencé aux Etats-Unis et en Europe au milieu du XIXème siècle, et qui porte ses fruits depuis la fin de la première guerre mondiale. L'extension progressive du droit de vote et finalement l'établissement du suffrage universel des adultes a fait à chaque pays ce que la démocratie mondiale ferait pour l'ensemble du globe : mettre en branle une tendance apparemment permanente à la redistribution du revenu et des biens.

Un-homme-une-voix, plus la "liberté d'entrer" dans l'appareil d'Etat, c'est-à-dire la démocratie, implique que toute personne et sa propriété personnelle est mise à la portée de toutes les autres, et ouverte à leur pillage. En ouvrant en apparence les couloirs du pouvoir politique à tout le monde, la démocratie fait du pouvoir politique une "res nullius", où personne ne souhaite plus qu'il soit restreint parce qu'il espère que lui-même, ou ceux qui lui sont favorables, auront un jour une chance de l'exercer. Par contraste, dans les monarchies "absolues" d'Occident, quiconque ne faisait pas partie de la classe dirigeante avait peu de chances, voire aucune, d'y accéder, de sorte qu'ils s'opposaient avec véhémence à toute extension du pouvoir du Monarque.

Dans les démocraties, en revanche, on peut s'attendre à ce que les majorités (ceux qui "n'ont pas") tentent sans relâche de se remplir les poches aux dépens des minorités (ceux qui "ont"). Cela ne signifie pas qu'il n'y aura qu'une seule classe de gens à "besoins" et une seule catégorie de "nantis", et que la redistribution se fera uniquement des riches vers les pauvres. Bien au contraire, alors que la redistribution des riches vers les pauvres jouera toujours et partout un rôle prépondérant, ce serait une erreur sociologique que de supposer que ce sera là la seule forme ni même la forme prédominante de la redistribution. Après tout, les riches "permanents" et les pauvres "permanents" le sont généralement pour une bonne raison.

Les riches sont en règle générale intelligents et industrieux, alors que les pauvres sont typiquement stupides ou paresseux, ou les deux à la fois. Il n'y a pas beaucoup de chances que les imbéciles, même s'ils forment la majorité, soient systématiquement plus malins que la minorité des individus brillants et énergiques et parviennent à s'enrichir à leurs dépens. Bien plutôt, la plus grande partie de la redistribution se fera à l'intérieur du groupe des "non-pauvres", et il arrivera souvent que ce soient les plus riches qui arrivent à se faire subventionner par les plus pauvres. Pensez seulement à la pratique quasi-universelle des études universitaires quasiment "gratuites", grâce auxquelles la classe ouvrière, dont les enfants fréquentent rarement l'enseignement supérieur, est amenée à subventionner la formation des enfants de la bourgeoisie. (1)

En outre, on peut s'attendre à ce qu'il y ait un grand nombre de groupes et de coalitions pour essayer de s'enrichir aux dépens des autres. Les critères seront divers et changeants pour définir ce qui fait qu'une personne est un "possédant" (méritant d'être pillé) et qu'une autre est un "déshérité" (méritant une part du butin). Simultanément, les gens appartiendront à une multitude de groupes de profiteurs et de victimes, perdant au titre de l'une de leurs caractéristiques et gagnant grâce à une autre, certains se retrouvant être des gagnants nets et d'autres des perdants nets de la redistribution politique. (2)

La reconnaissance de la démocratie comme machine populaire de redistribution des revenus et des biens, associée à l'un des principes les plus fondamentaux de l'économie  —à savoir qu'on finit toujours par se retrouver avec davantage de ce qui est subventionné— fournit la clé pour comprendre l'époque actuelle.

Toute redistribution, quel que soit le critère sur lequel elle se fonde, implique de prendre aux possesseurs et producteurs originels (ceux qui "ont" quelque chose) pour donner aux non-possesseurs et non-producteurs (ceux qui "n'ont pas" la chose en question). Les raisons que l'on pourrait avoir de devenir le propriétaire initial de la chose considérée sont alors moindres, alors que sont accrues celles de devenir un non-possédant et un non-producteur.

Tout naturellement, du fait que l'on subventionne les gens parce qu'ils sont pauvres, il y aura davantage de pauvreté. Quand on subventionne les gens parce qu'ils sont au chômage, on se retrouve avec davantage de chômeurs. Soutenir les mères célibataires avec l'argent des impôts conduira à un accroissement de leur nombre, de celui des naissances "illégitimes" et des divorces.

Dans certains cas, ces politiques peuvent se contredire dans leurs effets. En interdisant le travail des enfants, on prend de l'argent aux familles avec enfants pour le donner à ceux qui n'en ont pas (la restriction réglementaire de l'offre de travail fera monter les salaires). En conséquence, le taux de natalité baissera. En revanche, en subventionnant l'enseignement donné aux enfants, on prend du revenu à ceux qui n'en ont pas ou peu, pour le donner à ceux qui en ont beaucoup. Cependant, à cause du système de prétendue "sécurité sociale", la valeur des enfants va de nouveau baisser, et de même le taux de natalité ; car en subventionnant les retraités avec des impôts pris à ceux qui gagnent leur vie, l'institution de la famille —le lien intergénérationnel entre les parents, les grands-parents, et les enfants— est systématiquement affaiblie. Les vieux n'ont plus besoin de dépendre de l'assistance de leurs enfants s'ils n'ont fait aucune provision pour leurs vieux jours, et les jeunes (qui ont très généralement accumulé moins de richesses) doivent soutenir les vieux (qui ont en général plus de richesse matérielle) et non le contraire, comme il est normal dans les familles. Le désir des parents d'avoir des enfants, et celui des enfants d'avoir leurs parents, vont décliner, les familles disloquées et malades se multiplier, et l'action prévoyante, l'épargne et la formation de capital, va chuter tandis que la consommation s'accroîtra.

En subventionnant les tire-au-flanc, les névrosés, les négligents, les alcooliques, les drogués, les sidateux, et les "handicapés" physiques et mentaux par la réglementation de l'assurance et par l'assurance-maladie obligatoire, on aura davantage de maladie, de paresse, de névroses, d'imprévoyance, d'alcoolisme, de dépendance à la drogue, d'infections par le Sida, de même que de tares physiques et mentales.

En forçant les non-délinquants, y compris les victimes de la criminalité, à payer l'emprisonnement des coupables (au lieu de les forcer à indemniser leurs victimes et à payer tout ce que coûte leur appréhension et leur incarcération), on aura davantage de crimes et de délits.

En forçant les chefs d'entreprise, par des lois contre le "racisme" et la "discrimination", à embaucher davantage de femmes, d'homosexuels, de noirs ou autres "minorités" qu'ils ne le souhaiteraient, on obtiendra plus de "minorités" employées, moins d'employeurs et moins d'emplois pour les blancs hétérosexuels.

En forçant les propriétaires privés, par la réglementation de l'environnement, à protéger, c.-à-d. à subventionner les "espèces menacées" qui résident sur leurs terres, on aura davantage d'animaux, mieux portants, et moins d'êtres humains, qui se porteront moins bien.

Plus important, en obligeant les propriétaires privés et ceux qui gagnent leur vie honnêtement, c'est-à-dire les producteurs, à subventionner les politiciens, les partis politiques et les fonctionnaires (les politiciens et les employés de l'Etat ne peuvent pas payer d'impôts ; c'est pour les subventionner, eux, que les autres les paient), il y aura moins de création de richesses, moins de producteurs et moins de productivité, et davantage de gaspillage, de "parasites" et de parasitisme.

Les chefs d'entreprise et leurs employés ne peuvent pas gagner un sou s'ils ne produisent pas des biens et des services qui sont vendus sur le marché. En achetant volontairement un bien ou un service, les acheteurs démontrent qu'ils préfèrent ce bien ou ce service à la somme d'argent qu'ils doivent remettre pour l'acquérir. A l'inverse, les politiciens, les partis et les fonctionnaires ne produisent rien qui soit librement vendu sur des marchés. Personne n'achète les "biens" et les "services" des hommes de l'Etat. Ils sont fournis, et on subit des charges (3) pour qu'ils les soient, mais personne ne les achète et personne ne les vend. Cela implique qu'il est impossible de déterminer leur valeur et donc d'établir si oui ou non cette valeur justifie les charges encourues. Comme personne ne les achète, il n'y a personne qui démontre effectivement qu'il considère que les produits et les services des hommes de l'Etat justifient les charges correspondantes ni même si oui ou non qui que ce soit leur attribue une valeur quelconque. (4)

Du point de vue de la théorie économique, par conséquent, il est entièrement illégitime de supposer, comme on le fait toujours en comptabilité nationale, que les produits et services des hommes de l'Etat vaudraient "autant qu'il en a coûté de les produire", pour ensuite additionner benoîtement cette "valeur" à celle des biens et services normaux, produits (achetés et vendus) à titre privé pour arriver à un "Produit National Brut". On pourrait aussi bien supposer que les produits et les services des hommes de l'Etat ne valent rien du tout, ou même que ce ne sont absolument pas des "biens" mais des "maux" (5) et que, par conséquent, la charge des politiciens et de toute la fonction publique doit être soustraite de la valeur totale des biens et des services produits à titre privé. En fait, raisonner ainsi serait de loin plus justifié.

Pour ce qui est de ses implications pratiques, subventionner les politiciens et les fonctionnaires revient à une subvention pour "produire" presque sans égard aucun pour la satisfaction de ses prétendus "consommateurs", et avec un souci quasi-exclusif du bien-être des prétendus "producteurs", c'est-à-dire des politiciens et des fonctionnaires. Leur salaire demeure le même, que leur produit satisfasse ou non le consommateur. En conséquence, le résultat d'une expansion du secteur public sera toujours plus de paresse, de négligence, d'incompétence, de mauvais service, de mauvais traitements, de gaspillage, voire de destruction —et en même temps davantage d'arrogance, de démagogie, et de mensonges ; par exemple : "le service public est au service du public."

Après moins d'un siècle de démocratie et de redistribution politique, les résultats prévisibles sont là. Le "fonds de réserve" de richesse et de capital, hérité des siècles précédents d'activité productive dans un marché relativement libre, est presque épuisé. Depuis plusieurs décennies, depuis la fin des années 1960 ou le début des années 1970, les niveaux de vie réels stagnent ou même baissent en Occident. La dette publique et le coût des systèmes existants de sécurité sociale ont amené la perspective d'un effondrement économique imminent. En même temps, presque toutes les formes de conduite indésirable —chômage, dépendance, négligence, imprévoyance, incivilité, psychopathie, hédonisme et délinquance— se sont développées à des niveaux dangereux. Si les tendances actuelles se poursuivent, on ne risque rien à dire que l'Etat-providence occidental, c'est-à-dire la démocratie sociale, s'effondrera tout comme le socialisme oriental, à la soviétique, s'est effondré à la fin des années 1980.

Malheureusement, la catastrophe économique ne conduit pas automatiquement à l'amélioration. Les choses peuvent aller plus mal au lieu de s'améliorer. Ce qui est nécessaire une fois qu'arrive une crise, ce sont des idées —et des hommes capables de les comprendre et de les mettre en œuvre lorsque l'occasion s'en présente. En dernière analyse, le cours de l'histoire est déterminé par des idées, qu'elles soient justes ou fausses, et par les hommes dont elles inspirent les actes.

La débâcle actuelle est elle aussi le produit des idées. Elle est le résultat d'une acceptation massive, par l'opinion publique, de l'idée de la démocratie. Aussi longtemps que cette adhésion est dominante, la catastrophe est inévitable ; et il n'y aura pas d'espoir d'amélioration même après qu'elle sera arrivée. En revanche, si on reconnaît que l'idée démocratique est fausse et perverse —et les idées, en principe, on peut en changer instantanément—, la catastrophe peut être évitée.

La tâche essentielle qui attend ceux qui veulent renverser la vapeur et empêcher la destruction complète de la civilisation est de dé-légitimer l'idée de la démocratie, c'est-à-dire de démontrer que la démocratie est la cause fondamentale de la situation actuelle de dé-civilisation rampante. Dans ce but, il faut d'abord faire remarquer qu'il est difficile de trouver beaucoup de partisans de la démocratie dans l'histoire de la théorie politique. Presque tous les grands penseurs n'avaient que mépris pour la démocratie. Même les Pères fondateurs de la Constitution américaine, que l'on considère aujourd'hui —à tort— comme des défenseurs de la démocratie, y étaient strictement opposés. Sans aucune exception, ils étaient d'accord avec Aristote pour reconnaître que la démocratie n'est rien d'autre que le règne de la canaille. Ils entretenaient plutôt, comme Jefferson, l'idée d'une "aristocratie naturelle" dont ils pensaient faire partie, et prônaient en conséquence une république aristocratique.

Même parmi le petit nombre de défenseurs théoriques de la démocratie dans l'histoire de la pensée politique, comme Rousseau, il est presque impossible de trouver qui que ce soit pour prôner la démocratie ailleurs que dans de toutes petites communautés. En fait, dans les villages et dans les villes où tout le monde connaît personnellement tous les autres, pratiquement personne ne peut manquer d'admettre que la position des "possédants" a forcément quelque chose à voir avec des capacités supérieures, de même que la situation des "déshérités" est liée à une infériorité, à des déficiences personnelles. Dans ces conditions-là, il est beaucoup plus difficile de faire passer l'idée de piller les autres et leur propriété à des fins personnelles. A l'inverse marqué, dans de vastes territoires comprenant des millions voire des centaines de millions de personnes, où les candidats au pillage ne connaissent pas leurs victimes et vice-versa, le désir humain de s'enrichir aux dépens des autres n'est plus soumis à aucune gêne.

Plus important encore, il faut souligner que la démocratie est immorale en plus d'être anti-économique. Pour ce qui est du statut moral de la règle majoritaire, il faut faire remarquer qu'elle permet que Dupond et Durand s'acoquinent pour voler Duschmolle ; de même, que Duschmolle et Dupond s'entendent pour voler Durand, et encore que Durand et Duschmolle complotent contre Dupond. Ce n'est pas de la "justice", mais une infamie, et bien loin de traiter avec respect les démocrates et la démocratie, il faudrait les juger avec mépris et les bafouer pour leur escroquerie intellectuelle et morale.

En ce qui concerne les propriétés économiques de la démocratie, il faut rappeler sans relâche que ce n'est pas la démocratie mais la propriété privée, la production et l'échange volontaire qui sont les véritables sources de la civilisation et de la prospérité humaines. En particulier, et contrairement à un mythe répandu, il faut souligner que le défaut de démocratie n'était absolument pour rien dans la faillite du socialisme soviétique. Ce n'était pas le mode de sélection des politiciens qui constituait le problème du socialisme réel. C'était la politique et la politisation des décisions en tant que telles.

Au lieu que chaque producteur privé décide indépendamment quoi faire de ressources particulières, comme dans un régime de propriété privée et de contractualisme, avec des facteurs de production complètement ou partiellement socialisés chacune de ces décisions nécessite l'autorisation de quelqu'un d'autre. Peu importe au producteur comment sont choisis ceux qui donnent cette permission. Ce qui compte, pour lui, c'est qu'il ait à demander la permission. Aussi longtemps que c'est le cas, l'incitation des producteurs à produire est réduite et l'appauvrissement doit en résulter. La propriété privée est aussi incompatible avec la démocratie qu'elle l'est avec toute autre forme de domination politique. A la place de la démocratie, ce qu'exigent la justice aussi bien que l'efficacité économique, c'est une société de propriété privée stricte et non entravée —une "anarchie de production"— dans laquelle personne ne vole personne, et où toutes les relations entre producteurs sont volontaires, et par conséquent mutuellement avantageuses.

Enfin, pour ce qui est des considérations stratégiques, pour approcher le but d'un ordre social non-exploiteur, c'est-à-dire une anarchie de propriété privée, l'idée majoritaire doit être retournée contre la domination démocratique elle-même.

Sous toutes les formes de domination étatique, y compris la démocratie, la classe dirigeante des politiciens et des fonctionnaires ne représente qu'une faible fraction de la population. Alors qu'il est possible qu'une centaine de parasites vivent une vie confortable sur le produit d'un millier d'hôtes, un millier de parasites ne peut pas vivre sur le dos d'une centaine d'hôtes. A partir de la reconnaissance de ce fait, il apparaîtrait possible de persuader une majorité des électeurs que c'est ajouter une honte au préjudice subi que de permettre à ceux qui vivent des impôts des autres de déterminer quel sera leur montant ; on pourrait alors, par un vote majoritaire, retirer le droit de vote à tous les fonctionnaires et à tous ceux qui vivent de l'argent de l'Etat, qu'ils soient parasites des systèmes sociaux ou fournisseurs des administrations.

En liaison avec cette stratégie, il est nécessaire de reconnaître l'importance primordiale de la sécession et des mouvements sécessionnistes. Si les décisions majoritaires sont "justes", alors la plus vaste de toutes les majorités possibles, une majorité mondiale et un gouvernement démocratique mondial, doivent représenter la "justice" suprême, avec les conséquences prédites au début. A l'inverse, la sécession implique la rupture de petites populations d'avec des populations plus grandes. Elle constitue par conséquent un vote contre le principe de la démocratie et du majoritarisme. Plus loin le processus de sécession se poursuivra —au niveau des petites régions, des villes, des quartiers, des bourgs, des villages, et finalement des associations volontaires de familles et d'entreprises— et plus il sera difficile de maintenir le niveau actuel des politiques redistributives. (6)

En même temps, plus petites seront les unités territoriales et plus il y aura de chances qu'un petit nombre de gens, à partir de la reconnaissance par le peuple de leur indépendance économique, de leur exceptionnelle réussite dans leur métier, de leur vie personnelle moralement impeccable, de la supériorité de leur jugement, de leur courage et de leur goût, s'élèvent au rang d'élites naturelles, volontairement reconnues. Ils prêteront leur légitimité à l'idée d'un ordre naturel de pacificateurs, de juges en concurrence, c'est-à-dire non monopolistiques, et par conséquent volontairement financés, de juridictions parallèles, tel qu'il existe aujourd'hui même dans le domaine du commerce et des déplacements internationaux —une société de droit purement privé— comme réponse à la démocratie et à toute autre forme de domination politique, imposée par la violence.

 

Traduction de François Guillaumat

 

NOTES DU TRADUCTEUR : 

(1) On pourrait multiplier les exemples de ce genre :

- Les subventions aux "arts" et à la "culture" profitent essentiellement à une clientèle aisée (musées, théâtres, opéras,, bibliothèques).

- La retraite par répartition subventionne les bourgeois et les fonctionnaires, qui vivent plus longtemps et commencent plus tard à travailler, aux dépens des ouvriers, qui travaillent plus tôt et meurent vite.

- Le versement transports, qui ampute les salaires pour subventionner les transports en commun, se retrouve dans la poche des propriétaires immobiliers voisins des lignes, ayant pour effet essentiel d'accroître la valeur de leurs logements.

- L'impôt sur le revenu empêche les petits entrepreneurs industrieux de s'enrichir, et de concurrencer les gros capitalistes déjà installés.

- Le logement social est peuplé par des gens en moyenne plus riches que la population dans son ensemble.

- Le salaire minimum interdit de travailler aux plus pauvres, pour que les autres salariés, plus riches, touchent davantage en étant protégés de leur concurrence.

- Le protectionnisme agricole appauvrit les acheteurs de produits alimentaires (les plus pauvres étant ceux qui, proportionnellement, y dépensent le plus) au profit exclusif des propriétaires fonciers agricoles, et d'autant plus qu'ils sont plus riches. Etc.

Pour d'autres exemples, cf. David Friedman : "Robin des Bois est un vendu" dans Vers une société sans Etat, Paris, les Belles Lettres, 1992.

La règle absolue, axiomatique, est que la redistribution politique est administrée par les puissants aux dépens des faibles. La règle générale est qu'elle se fait au profit de ces mêmes puissants. La vraisemblance veut que si les riches ne sont pas puissants, ni les puissants riches, ça ne dure généralement pas très longtemps.

(2) Il faut ajouter que le pillage affecte nécessairement l'ensemble des parties aux contrats qui ordonnent la coopération sociale, de sorte que rien ne garantit que les plus grands bénéficiaires, et les plus grandes victimes, de la redistribution politique, soient ceux désignés par les hommes de l'Etat.

(3) L'auteur parle de "costs", qui se traduit normalement par "coût". Mais lui-même serait le premier à rappeler que le "coût" est une valeur ressentie par l'auteur d'une action au moment où il agit : la valeur pour lui de son deuxième meilleur choix, auquel il choisit de renoncer. Or, justement, le décideur "public" est celui qui ne subit pas les conséquences de ses actions. Par définition, il est institutionnellement irresponsable. Que ferait-il si, comme un monarque absolu, il était en principe propriétaire du royaume et subissait effectivement, en principe, les conséquences de son choix ? La seule manière de le savoir est de rétablir sa responsabilité, c'est-à-dire d'abolir le caractère "public" des décisions d'intérêt commun.

Même irresponsabilité chez les gens normaux, financiers forcés de cette décision. On trouvera certainement des contribuables (ou des acheteurs lésés par quelque monopole), dûment intimidés par la propagande du pouvoir, pour dire qu'ils l'"approuvent". Mais cette opinion-là ne peut pas être informée à la hauteur des enjeux. En effet, quel est leur seul véritable choix ? "Accepter" la situation ou en éprouver un sentiment de révolte impuissante : ils sont dans la situation du cocu qui, ne pouvant rien y faire, a pour meilleure solution de refuser de savoir qu'il l'est. Combien d'entre eux feraient la dépense, "achèteraient" le service s'ils en avaient effectivement le choix ? S'ils pouvaient refuser leur argent, ou refuser que les autres paient à leur place ? La seule manière de le savoir est que ce choix, justement, leur soit laissé. Que la décision cesse d'être "publique", pour redevenir privée.

Conclusion : le "coût" matériel de la décision de "produire" à titre "public" n'est pas le vrai coût effectivement subi par le décideur, et n'est pas un coût pour celui qui paie. En fait, il n'a rien à voir avec ce qu'on doit dépenser comme ressources pour "produire" : il faut donc bien employer un autre mot pour désigner les dommages que cette "production" nous cause. En outre, le mot de "pertes" (comme celui de "profit") est strictement associé à l'inattendu, à l'imprévu, à l'incertitude ; or, la décision publique peut être prévue, et on peut même surestimer sa nocivité, ce qui peut conduire par la suite à constater un profit si elle est moins nuisible qu'on ne le pensait. J'ai donc choisi de parler de "charges".

(4)   ça prouve au moins que les hommes de l'Etat lui attribuent de la valeur. C'est pourquoi Murray Rothbard inscrivait la dépense étatique au titre de la consommation personnelle (d'argent volé aux autres) des hommes de l'Etat.

(5) Pas trop difficile d'imaginer des exemples....

(6) L'inverse étant évidemment vrai : les gens qui, soit pour s'en féliciter soit pour le dénoncer, s'imaginent que la "construction européenne" ou les institutions mondiales favoriseraient la liberté des échanges se fourrent tout autant le doigt dans l'oeil que ceux qui croient qu'une politique d'immigration sans entraves serait une politique "libérale".  Cf. Hans-Herman Hoppe : "Contre le centralisme ; Coopération économique oui, intégration politique non", , traduction par votre serviteur d'un texte publié sous le titre : "Wirtschaftliche Kooperation statt politische Zentralisation" dans la Schweitzer Monatshefte de mai 1993, pp. 365-371, et sous le titre "Against Centralization" dans The Salisbury Review de juin 1993, aux pp. 26-28 ; cf. aussi, idem, "Liberté d'immigrer ou intégration forcée ?" Traduction de : "Free Immigration or Forced Integration?" paru dans Chronicles, Vol. 19, N° 7, juillet 1995, Rockford Institute, 934 North Main Street, Rockford, IL 61103-7061.


Entre Marc Grunert et Frédéric Quieti

(membres du Cercle Hayek de Strasbourg)

Fred à Marc

 

L'article qui t'a impressionné était-ce "A bas la démocratie?" En fait, l'auteur part d'une conception classique de la démocratie (suffrage universel). Il a tort en ignorant de voir à quel point cette conception n'est plus de mise dans la plupart des constitutions des pays démocratiques. Par contre, bien entendu, il a tout à fait raison (et c'est ce que dit Salin et les libéraux) le pouvoir ne doit pas être mis largement dans les mains de représentants, fussent-ils élus, mais il doit être concentré au maximum chez l'individu. Aujourd'hui en France et c'est là tout le problème, la conception de la vie sociale est que tout pouvoir réside non pas dans l'individu mais dans la sphère politique d'où les lamentations des gauchistes, mais pas seulement hélas, sur le recul de cette sphère politique, sans vouloir comprendre que le développement de la sphère privée c'est à dire de la société civile c'est à dire de l'individualité ne peut qu'entraîner la défaite du social. Les hommes politiques ne peuvent pas tout faire mais ils ne le doivent surtout pas! Se pose alors de manière aiguë un autre problème fondamental : celui de l'intérêt général. Évidemment pour les libéraux il n'existe pas d'intérêt général qui dépasserait en nature les intérêts particuliers. C'est une naïveté entraînée par les idées hégéliennes et marxistes de la notion de la réalisation d'un esprit collectif qui a remplacé au XXème siècle la notion d'accomplissement personnel.     

 

Marc à Fred

 

Merci pour ta réponse. Je voudrais juste rebondir sur tes commentaires du texte de Hoppe sur la démocratie pour te dire que, justement, ce qui m'avait impressionné c'était la logique impeccable avec laquelle il anéantissait la conception poppérienne ou churchillienne de la démocratie, en plus de la conception classique. Ainsi écrit-il à propos de la faillite du régime soviétique : « Ce n'était PAS le mode de sélection des politiciens qui constituait le problème du socialisme réel. C'était la politique et la politisation des décisions en tant que telles." (c'est moi qui souligne). Or Popper critiquait la conception classique de la démocratie en disant que la démocratie est une méthode de sélection des dirigeants qui correspond à un moindre mal. Hoppe considère à juste titre que la démocratie, qui politise inévitablement les décisions et socialise la propriété selon les humeurs du peuple, n'a pas de fondement positivement moral (on pourrait dire négativement oui selon l'optique poppérienne: le bien est l'absence de mal. Les libéraux classiques tendance Popper sont assez schopenhaueriens,  négativistes). Mais y a-t-il absence de mal ? La démocratie est un bien relatif mais dans l'absolu c'est un mal ! Et ceci quelle que soit la conception de la démocratie adoptée. C'est ainsi que j'ai compris Hoppe. 

 

Fred à Marc

 

Toujours au sujet de la conception de la démocratie : si l'on considère d'une part que la démocratie c'est d'abord une politisation des décisions et que d'autre part la particularité du socialisme réel c'est justement la politisation des décisions en tant que telles alors n'est-on pas amené dans cette logique à ne voir que de minces différences entre ces deux types de régime alors qu'il existe des différences essentielles? (comme d'ailleurs pour Marx : la question des régimes constitutionnels était de peu d'importance puisque l'important c'était l'essence de l'état c'est à dire la dictature de classe et non l'existence de état). Un État totalitaire d'un côté où toutes les activités de l'individu sont contrôlées  ne peut être peu ou prou assimilé à la démocratie ou à la conception poppérienne de la démocratie qui désigne ce système simplement comme un mécanisme permettant aux hommes de se protéger et de se prémunir contre l'État et contre ses semblables. Autrement dit dans le premier cas on a un régime qui au nom de l'histoire et d'une société sans heurt élimine la conflictualité en éliminant les individus alors que dans le deuxième cas la démocratie rend acte de cette conflictualité et au lieu de chercher à la dissimuler garantit aux individus un certain nombre de droits inaliénables et mis hors de portée des hommes politiques et du suffrage universel.

J'ai l'impression que pour l'auteur de l'article le problème démocratie/dictature est de peu d'importance au profit d'un autre dilemme sur le type de société par exemple. Il aurait raison si et seulement si on se référait à la conception classique de la démocratie. Par contre si l'on considère que la démocratie c'est aussi et surtout la mise en place et la défense des droits individuels (dont la sphère exacte fait l'objet de controverse, permise justement par la démocratie + définir à quel niveau on veut se placer) alors il me semble que l'on sort de la logique propre à cet auteur. Je pense alors que la démocratie aurait donc un fondement moral en reconnaissant les droits imprescriptibles de la personne humaine bien qu'aujourd'hui cette notion même de droits imprescriptibles peut être et doit être encore élargi. Voilà où se situe notre combat pour le libéralisme.

Je ne comprends pas en quoi la démocratie est un mal quelle que soit la conception proposée de la démocratie! Le problème est surtout de développer justement les droits individuels qui doivent rester hors d'atteinte de la loi de la majorité. Et en ce sens on peut alors dire qu'il s'agirait d'étendre, d'approfondir notre démocratie en parlant de démocratie libérale!

Pour Hoppe la démocratie c'est surtout "un-homme-une-voix, plus la liberté d'entrer dans l'appareil d'État" mais ce qu'il occulte c'est tout simplement le fait que la démocratie c'est aussi le respect de la propriété privée même si il existe des nuances. Sa logique parait imparable mais les prémisses sont discutables car il insiste justement sur les points faibles de la démocratie (loi de la majorité). Bref pour le dire en un mot son article ne m'a guère impressionné, étant déjà persuadé que la loi de la majorité n'est pas moralement tenable et pour moi la démocratie ne réside pas en premier lieu dans une machine de redistribution des richesses comme le pense Hoppe et je n'ai rien trouvé dans cet article qui affaiblit la conception moderne (qui dépasse et de loin le problème de la sélection des dirigeants!) de la démocratie à moins de considérer (ce qui est peut être implicite) qu'il n'existe aucune légitimité à l'existence d'autorités publiques. Mais c'est là un autre problème.

 

 

Marc à Fred

 

Je crois que le premier paragraphe du texte de Hoppe est très réaliste quant à la nature de la démocratie réelle. Tu termines ton texte en disant que Hoppe suggère "qu'il n'existe aucune légitimité à l'existence d'autorités publiques." Je pense effectivement que ce n'est pas un autre problème comme tu l'écris, c'est le problème. Il se trouve que la démocratie n'est pas légitime car chacun est propriétaire de sa propre personne alors que la démocratie, telle que nous la connaissons ( la démocratie réelle), tend à socialiser, à collectiviser cette propriété : l'individu ne s'appartient plus car dans l'État démocratique chacun a tendance à vivre aux dépens des autres. Bien entendu on pourrait dire, comme les communistes lorsqu’ils tentent vainement de se démarquer du communisme totalitaire, que ce n'est pas l'essence de la démocratie. Mais c'est un fait : Lorsque la majorité décide pour tous alors le droit de propriété naturelle de chacun sur sa propre personne et sur ses biens est bafoué. Je crois que le 1er paragraphe de Hoppe dessine parfaitement la situation. Quant au principe "un homme-une voix" il s'agit là d'un principe démocratique sans cesse évoqué, un principe inhérent à la démocratie telle qu'elle se réalise aujourd'hui. Il faut bien comprendre que la démocratie n'est que ce que les démocrates en font. Et c'est cela qu'ils en font. Hayek a essayé de proposer une constitution qui limite la démocratie car celle-ci est perçue par Hayek à la fois comme une garantie contre l'abus de pouvoir (l'élection) mais aussi comme l' instrument dangereux du pouvoir illimité de la majorité ou de groupes sociaux. Si le système hayékien était possible nous aurions un État minimum. Mais ce minimum est-il nécessaire ? Est-il juste ? Théoriquement je ne le pense pas. Le pouvoir politique n'a, théoriquement, aucune légitimité. C'est pourquoi la démocratie n'en a pas. Du moins pas d'autre que négative : c'est vraiment le pire des régimes à l'exclusion de tous les autres. il faut tirer les conséquences logiques de cet aphorisme.

 

 

Fred à Marc

    

Je ne trouve pas réaliste le premier paragraphe de Hoppe, il ne s'agit que d'"expériences mentales" et même si elles sont concevables ce ne sont que des vues de l'esprit et tout dépend, je le répète, du niveau des droits individuels que l'on place hors de quelconques décisions de la majorité. Je crois que le problème posé par l'article c'est bien celui du suffrage universel utilisé par Hoppe pour discréditer la démocratie, or la démocratie ce n'est surtout pas ce que les démocrates en font car il faut enserrer la pratique politique dans un ensemble institutionnel qui réduise largement leurs dispositions à légiférer dans des domaines importants de la vie de l'individu. "La démocratie ne fut jamais le pouvoir du peuple, elle ne peut et ne doit pas l'être" Popper. Il ne faut pas s'en tenir à l'étymologie du mot mais au concept actuel qui dépasse et de loin le problème de la souveraineté du peuple! J'ai bien conscience qu'en France les droits économiques sont bafoués mais je ne placerai pas ce combat dans la problématique de la délégitimation de la démocratie.

Il me semble que l'objectif de cet article est de montrer les défauts du suffrage universel (un-hommme-une-voix) et par là même soit de délégitimer toute autorité publique soit aussi de promouvoir implicitement un suffrage censitaire. Prenons d'abord ce deuxième point : pour Hoppe il y a d'un côté une minorité les riches (industrieux et intelligents) et de l'autre la grande masse les pauvres ("typiquement stupides ou paresseux ou les deux à la fois") et il est immoral que la majorité ponctionne la minorité, même si certains (et en France ils sont nombreux) militent pour une démocratie sociale. La France est considérée comme une démocratie, de même que la Suède et les États-Unis, or les conceptions de la vie sociale diffèrent profondément entre ces trois nations. Pour ma part le dilemme démocratie/dictature est encore plus important que le dilemme capitalisme/socialisme car la démocratie doit être centrée sur l'affirmation des droits de l'homme et doit imposer à l'Etat des normes juridiques que celui-ci est contraint de respecter + l'organisation de débats publics (société sure d'elle-même car elle prend le risque d'institutionnaliser ses controverses et accepte de mettre en lumière ses défauts).

Allons plus loin : il y a donc deux choses en conclusion évidente de cet article qui discrédite la démocratie ou plutôt à mon avis, la conception classique :

  Si le suffrage universel est immoral il faut le supprimer et donner une importance plus grande à la richesse (comme dans les copropriétés, l'importance du suffrage est lié à la taille de l'appartement). Je ne peux accepter cette solution car une société n'est pas uniquement et loin de là fondée sur les riches/intelligents et les pauvres/paresseux et alcooliques. Il y a des gens modestes qui travaillent durement. Un gouvernement oligarchique ne mène qu'au déclin. Le droit de vote égal assure à chacun une dignité qui est que chaque vie humaine est une fin en soi et qu'elles se valent toutes quels que soient les niveaux de fortune.

  On pourrait dire que le point n°1 n'a aucune importance puisqu'il s'agit de promouvoir une société humaine dans laquelle la sphère politique disparaîtra. Là encore je n'y crois pas. Je ne peux concevoir une société dans laquelle les hommes libérés de toute contrainte étatique et paraétatique retrouveraient ou trouveraient (pour la première fois) leur nature profonde.

Ils vivraient donc en harmonie, indépendants, leurs relations seraient pacifiques car fondées sur l'échange libre et profitable à tous. Il va sans dire que cette vision irénique des hommes est naïve et fait fi de la cupidité ou d'autres problèmes. Il faudrait donc organiser une sécurité commune (au minimum) et prendre des décisions par la délibération et là se repose encore une fois le problème du 1°. Pourquoi alors ne pas dire que le but de l'État est de protéger les hommes des autres hommes et de permettre à la liberté de pouvoir s'exprimer et laisser les individus prendre les décisions qui les concernent. Nous n'en sommes pas là mais nous pouvons nous y diriger en étant guidé par un idéal de société mais un idéal s'il guide nos actions ne peut en aucun cas se réaliser, c'est pas pour nous, pas sur cette terre en tout cas et vouloir détruire la démocratie en vue de la réalisation d'un idéal (quel qu'il soit) on sait ce que cela a donné : des catastrophes.

Je pense donc qu'il y a des cas où il faut des institutions publiques, un minimum d'Etat et qu' une société sans institutions publiques, sans instances (autre que l'individu) qu'elles soient étatiques, municipales ou autres n'est qu'une chimère fondée sur une vision angélique des êtres humains. Par conséquent je crois plus au système hayékien qu'à une utopie (libertaire ?) qui ne peut se réaliser. D'ailleurs le mot utopie me fait peur même quand il est employé par Salin (qu'est-ce donc qu'une "utopie réaliste"?).

 

Marc à Fred

 

1.

            Une expérience de pensée peut parfaitement être réaliste. Il faut bien voir que le principe un-homme-une-voix est réaliste non seulement parce qu'il est conforme à la nature de la démocratie réelle mais aussi parce qu'il est utile au politicien pour se faire élire. Le politicien cherche à obtenir le pouvoir ou à le conserver. Pour cela il est prêt à donner des gages à ses électeurs potentiels qui sont tous égaux pour lui dans la mesure où ils rapportent chacun une voix et une seule. La logique de la démocratie sociale est donc d'accroître les pouvoirs de l'État, pas de les diminuer. Entre les États-Unis, la France et la Suède la différence n'est que de degré pas de nature. Cela dit, j'aimerais bien que la démocratie puisse se séparer du socialisme mais il me semble que les deux sont liés par un même intérêt : que chacun exerce un pouvoir politique sur tous. La démocratie n'est pas un régime politique qui puisse garantir les droits de l'homme. C'est le régime du moindre mal ; c'est le régime qui permet d'éviter la tyrannie de type dictatorial. Mais la démocratie sociale (seule forme de démocratie connue aujourd'hui) ne se confond en aucun cas avec le règne des droits individuels. C'est le règne des droits sociaux, des droits des groupes  des « droits » de l'État et marginalement celui des droits individuels.

 

            Hoppe vise donc la démocratie sociale mais il faut comprendre que celle-ci est une tendance irrésistible. Limiter le pouvoir politique, limiter l'État c'est forcément limiter les pouvoirs du gouvernement - démocratique ou pas - et du Parlement. D'où l'idée de Constitution de la liberté de Hayek. N'es-tu pas d'accord que l'étendue de la démocratie est proportionnelle à l'étendue du pouvoir politique des élus et du gouvernement ? Une société totalement contractuelle et dépolitisée ne serait pas du tout démocratique. Lorsque nous passons un contrat nous sortons du champ démocratique c'est-à-dire du champ du débat public assorti du principe de décision majoritaire. Que le contrat soit régulé par un droit étatisé ou non importe peu ici. En somme il n'y a de démocratie que s'il y a des choix publics et un pouvoir de chacun sur tous en vue d'objectifs concrets et collectifs.

 

            Autre précision : la démocratie n'a pas de base morale positive c’est-à-dire déductible des droits naturels individuels. Elle n'a qu’une base morale négative parfaitement identifiée par Popper : éviter la dictature et le bain de sang. Pour des raisons historiques je suis démocrate. Pour des raisons de principe ou théoriques je crois que l'on doit tenter de dépasser la démocratie.

 

2.

            Je crois qu'il y a plus d'ambivalence dans le droit de vote universel et égal. Tu écris que ce droit "assure à chacun une dignité qui est que chaque vie humaine est une fin en soi". Je ne suis pas d'accord. En théorie c'est peut-être soutenable et vrai du pt de vue symbolique. En pratique le droit de vote égal garantit aussi à chacun un contrôle sur la vie des autres, parfois totalement arbitraire, et réduit souvent les autres à de simples moyens au service des fins de certains groupes. "Chacun s'emploie à vivre aux dépens de tous". Ce n'est pas là une conception viable de la dignité.

 

            Dans ton deuxième point tu affirmes que l'État est un mal nécessaire qui existera toujours. J’ai tendance à le croire aussi mais cela ne donne aucune légitimité à l'État. En fait c'est presque en faire une loi de l'histoire et de la condition sociale (lire le texte de de Jasay : L’expérience prouve… mais aussi voir la réfutation par Popper de l’historicisme). Hayek considère également qu'un État minimum est nécessaire pour faire appliquer le Droit. J'en suis de moins en moins sûr. De toute façon il est clair que cela est une question académique. Et d'un point de vue académique je pense que l'on peut juger réaliste l'idée d'un monde social sans État et sans choix public. L'histoire n'est pas le Tribunal de l'avenir. L'histoire peut nous renseigner sur la nature humaine et sa permanence, pas sur la condition sociale la plus conforme à la nature humaine d'après laquelle chacun est propriétaire de sa propre personne.

            Je répète que mon objectif n'est pas de détruire la démocratie car je préfère celle-ci à la dictature mais je voudrais que l'on puisse réfléchir à sa légitimité positive. En tout état de cause je ne prônerai jamais une position hostile à la démocratie sans penser que ce qui pourrait lui succéder serait le capitalisme intégral. Je crois qu'il faut plaider pour un capitalisme étendu sans attaquer directement la démocratie. A elle de saisir alors sa chance et de prendre la forme que tu souhaites. Jamais je ne lèverai le poing en criant "à bas la démocratie !". Mais je le lèverai pour dire "moins d'impôts, moins de dépenses publiques, moins de pouvoir politique, plus de pouvoir contractuel !" Etc.

            je voudrais terminer en disant que tu fais fausse route en parlant de "vision angélique de l'être humain" pour ce qui concerne l'idée d'une société sans État. C'est justement par abandon de la vision angélique de l'État que l'on en arrive à cette idée. De plus celle-ci ne suppose en aucun cas l'absence de conflits. Elle consiste à refuser que l'appareil étatique prenne prétexte des conflits pour se mêler des affaires humaines. Des problèmes et des conflits il y en aura toujours. La résolution des conflits se fera tout aussi bien sans l'État dans la mesure où les hommes y auront intérêt, ce qui, je crois, est une hypothèse raisonnable. J'aimerais dire à propos du capitalisme intégral par rapport à l'État minimum ce que Popper disait au sujet de l'économie de marché par rapport à l'économie planifiée :

 

            "Même si les choses étaient ainsi faites que l'économie étatisée, planifiée par un centre, eût l'avantage sur la libre économie de marché, je serais opposé à l'économie planifiée ; pour la raison qu'elle amplifie le pouvoir de l'État jusqu'à en faire une tyrannie."

 

            De la même manière la démocratie minimale conduit à la démocratie sociale puis à la tyrannie démocratique.

A propos de "utopie", Hayek :

 

            "Ce qui nous manque, c'est une utopie libérale, un programme qui ne semble être ni une simple défense des choses existantes, ni une forme diluée de socialisme, mais un véritable radicalisme libéral qui n'épargne pas les susceptibilités des puissants (y compris les syndicats), qui ne soit pas strictement pratique, et qui ne se confine pas à ce qui semble aujourd'hui politiquement possible." (Les intellectuels et le socialisme).

 

Fred à Marc

 

               Merci pour ta réponse sérieuse et bien argumentée. Bien entendu il y a des points avec lesquels je suis en accord ("moins d'impôts, moins de dépenses publiques, moins de pouvoir politique, plus de pouvoir contractuel" par exemple).

              En fait, l'article de Hoppe me rebute et ce à plusieurs niveaux :

   - ses attaques contre la démocratie n'ajoutent rien de plus aux critiques exercées envers la conception classique de la démocratie depuis Platon ! Il affirme et tu es d'accord avec lui que la démocratie conduit forcément à la démocratie sociale puis à la tyrannie démocratique et comme tu l'écris une fois établie la démocratie "la logique de la démocratie sociale est donc d'accroître les pouvoirs de l'État". Comment comprendre alors que de grandes démocraties dans les années 80 aient, en convaincant donc une majorité d'électeurs, non seulement fait reculer l'État de manière significative mais aussi et surtout par le débat public changé les mentalités des hommes pour justement leur faire admettre (et il s'agissait non seulement des riches !) l'intérêt de la diminution du pouvoir politique ("Notre gouvernement n'a pas de pouvoir autre que celui  qui lui est octroyé par le peuple. Il est temps de contenir et de renverser la croissance du gouvernement, qui présente des signes d'expansion au-delà de ce que les gouvernés étaient prêts à consentir. C'est mon intention de réduire la taille et l'influence du gouvernement fédéral et d'exiger qu'on reconnaisse la distinction entre les pouvoirs octroyés au gouvernement fédéral et ceux qui sont réservés aux États et au peuple" Reagan, 1981).

   Pourquoi ce qui a été fait aux USA, GB, Australie et Nouvelle-Zélande, ne le serait-il pas en France ? L'Etat doit être notre serviteur pas notre maître voilà l'héritage anglo-saxon. Certes la différence entre les USA et la France n'est que de degré pas de nature mais quel degré, pour moi c'est très important !

   - Je pense que la démocratie peut tout à fait être un régime qui puisse garantir les droits de l'homme et aussi les droits individuels du moins les plus importants. La démocratie sociale n'est pas une tendance irrésistible, loin de là sauf si on considère avec Hoppe que la majorité est et sera toujours constituée de pauvres paresseux, ignorants et mus uniquement par le désir de vivre aux dépens des plus riches de même il n'existe aucune fatalité de la redistribution parmi les non-pauvres. Et quand bien même cette fatalité serait avérée il faudrait encore discuter du niveau de distribution (ce n'est pas la même chose de se faire prendre les 2/3 de ses revenus que 20% par exemple). Bien évidemment pour moi cette prémisse à sa démonstration est fausse et au contraire un espace public c'est aussi une possibilité de promouvoir le monde 3 de susciter la controverse, de faire preuve de conviction et de s'enrichir au contact d'idées multiples sans faire preuve de dogmatisme.

  -  Son exemple pour montrer la nocivité de la démocratie me paraît complètement loufoque : je suis persuadé que nous vivons mieux que nos parents lorsqu'ils étaient jeunes et la théorie du déclin est un thème qui ne cesse d'obséder les penseurs-alarmistes. Philippe Manière montre très bien les progrès de niveau de vie des Occidentaux durant la deuxième moitié du XXème siècle et depuis les années soixante et soixante-dix. Ce qui risque de se produire c'est un recul de l'Etat-providence qu'il faut profondément réformé. Dire que la "démocratie est la cause fondamentale de la situation actuelle de dé-civilisation rampante" voilà un thème qui fut largement abordé en Allemagne weimarienne, avec le résultat que l'on connaît (la seule fois où Hoppe cite les monarchies absolues c'est dans une optique positive !).

      Je suis d'accord lorsque tu dis que passer un contrat c'est sortir du champ démocratique et il faut donc élargir au maximum les possibilités offertes à l'individu de nouer des contrats en toute liberté sans que l'État ne s'en mêle. Je considère bien sûr le retrait de l'État comme une forme éminente du bien politique et j'irais même jusqu'à penser que la liberté est capable de commander de manière satisfaisante et souple à l'ensemble des rapports sociaux.

       Mais on peut aussi dire la conviction qu'un bon régime politique doit affirmer la place de la liberté de l'individu et surtout ne surestimons-nous pas un peu trop la compétence du marché dans la constitution d'une société qui équivaudrait à une série de décisions locales sans heurts ? Tu admets qu'il y aura toujours des problèmes et des conflits que l'individu, seul, ne pourra régler. Dès lors il faudra bien s'en remettre à une institution et une instance qui dispose de moyens conséquents et il faudra bien délibérer pour essayer des solutions, solutions qui seront décidées par qui ? comment ? Et on retombe sur le problème de la désignation/élection/tirage au sort/élites autoproclamées/gens moralement supérieurs etc. Tu dis que "la r

ésolution des conflits se fera tout aussi bien sans l'État dans la mesure où les hommes y auront intérêt" D'accord pour dire "sans l'État" mais il faudra bien une instance ! (que l'on appelle État peu importe). Et j'entrevois déjà les problèmes complexes que posera toute organisation humaine quelle qu'elle soit ! Pourquoi ne pas admettre que l'État, nocif en puissance, doit être une instance qui permette aux libertés de s'épanouir et rien n'empêche les hommes de placer dans les constitutions de leur État les droits économiques ou autres hors de la portée des politiques comme cela est déjà le cas pour d'autres libertés fondamentales. Le principe de subsidiarité invoqué par Nicolas Grand dans le BCH n° 6 repose sur les principes suivants : "ce n'est pas aux autorités supérieures de décider ce qui est bon pour les échelons inférieurs, mais au contraire à ceux-ci de faire appel à ceux-là à chaque fois qu'ils ne peuvent véritablement régler par eux-mêmes leurs propres problèmes"

 

    Autre point : pourquoi vouloir trouver un fondement légitime à la démocratie ou à l'État ? franchement je ne trouve pas que ce soit là le problème le plus fructueux : que l'État soit indispensable ou pas, que la démocratie n'ait aucune base morale positive m'importe peu dès lors qu'il y a une dynamique positive d'accroissement des droits individuels et de la liberté contractuelle ce qui est possible dans le cadre démocratique et compatible avec l'existence d'un État. Peut-être que le développement des droits individuels aboutira, un jour, à l'extinction de ce que nous appelons l'État mais je n'en fais pas un préalable au développement des droits individuels.

    Sur l'utopie. Je comprends tout à fait la phrase d'Hayek que tu as judicieusement cité mais ce concept est chargé tellement d'aspects négatifs que je ne peux m'empêcher de frémir lorsque je l'entends. J'admets qu'il s'agit d'une réaction épidermique (monde 2, hélas) mais je persiste.

    Dernier point : ce débat  sur la démocratie est très important certes mais nous sommes en France et avant que de parler d'extinction de l'État et de la nocivité de toute forme démocratique il faut d'abord convaincre l'opinion publique de réduire la sphère politique. Pour le reste, on verra plus tard. D'ailleurs tu le dis "il faut plaider pour un capitalisme étendu sans attaquer directement la démocratie".

 

Marc à Fred

Je suis d'accord avec cet argument que tu développes fort à propos et selon lequel la démocratie est ouverte à des réformes libérales en raison du débat public et de la prise de conscience des erreurs de politiques économiques. C'est le cas Thatcher et Reagan. J'avoue qu'il s'agit là de contre-exemples pertinents et je ne manquerai pas de les faire valoir auprès de Christian Michel, propriétaire du site Liberalia. Toutefois, si tu lis le texte de Hoppe "Hayek social-démocrate" tu verras que, pour lui, Thatcher et Reagan ne sont pas sortis du cadre de la sociale-démocratie. Ses arguments sont très convaincants. Lis ce texte, tu auras des arguments nouveaux qui éclairciront le texte dont nous discutons.

 

Fred à Marc

"La démocratie est la doctrine politique d'après laquelle la souveraineté doit appartenir aux citoyens". Ce n'est plus le cas aujourd'hui! Cette vision de ce concept date de Platon et aujourd'hui il a évolué! En effet, la conception moderne de la démocratie entérinée par la constitution des États démocratiques est la suivante : les démocraties ne sont pas des souverainetés populaires, elles sont avant tout des institutions dotées de moyens de se défendre contre la dictature" (Karl Popper). Par conséquent, je ne suis pas d'accord pour dire que la démocratie est compatible avec toutes les restrictions de liberté que la majorité des citoyens aura votées. Cela est non seulement historiquement faux aujourd'hui mais de plus c'est faire fi de toutes les réflexions sur la démocratie faites au XXème siècle. Je rajoute d'ailleurs que même pour Périclès (ou Thucydide) la démocratie ce n'était pas le pouvoir du peuple mais simplement le suffrage universel était le moins mauvais des moyens pour trancher les décisions au lieu d'utiliser la force et la violence (voir son célèbre discours dans La guerre du Péloponnèse). Le peuple n'a pas le pouvoir de faire, il a seulement la tâche d'évaluer de manière critique, tout en faisant que les droits individuels fondamentaux soient laissés hors de la portée de la majorité. Il ne s'agit pas de "confusion" de ma part mais d'enrichissement du concept!

      - On pourrait me dire : mais alors ce n'est plus de la démocratie! Et bien pour moi si dès lors que l'on considère tout simplement que cette conception moderne de la démocratie reconnue par une grande partie des démocrates est éloignée de la conception traditionnelle de la souveraineté populaire. "Sous cet angle il faut être conscient que plus que des démocraties pures, nos régimes politiques sont ce qu'Aristote appelait des "régimes mixtes" Roland Quilliot. Et je rappelle cette phrase célèbre de Popper "La démocratie ne fut jamais le pouvoir du peuple, elle ne peut et ne doit pas l'être". Et c'est pour cela que nous qualifions aujourd'hui nos régimes politiques de démocraties libérales! 

     - Nous ne sommes pas obligés de choisir entre la démocratie et le libéralisme! (on peut très bien se dire démocrate et libéral, je n'y vois là aucun dilemme!). Au contraire les deux sont parfaitement compatibles à moins de considérer que le libéralisme ne peut être qu'intégral, sans aucune instance publique et donc de déconsidérer les libéraux qui militent pour l'extension des droits individuels tout en admettant la possibilité d'un état minimum, en les appelant "ces socialistes qui se disent démocrates"! Il me semble que ta position (une société sans Etat), pour légitime qu'elle soit intellectuellement et même au point de vue éthique, présente au point de vue stratégique le grave défaut de vouloir détruire un système -qui doit être amélioré mais qui n'en présente pas moins des avantages certains en Occident- afin de vouloir une autre société dont ni toi ni moi ne pouvons connaître par simple reconstruction intellectuelle ses effets pervers. Autrement dit à la stratégie du tout ou rien, je préfère une stratégie minimaliste de dynamique positive d'accroissement des droits individuels dans un cadre démocratique avec une vision poppérienne de la démocratie.

     - Enfin la démocratie actuelle présente un autre avantage : celle d'institutionnaliser le débat, d'échanger des idées, d'argumenter, et de convaincre. Aujourd'hui en France nous vivons non pas une crise de la démocratie mais une crise démocratique faute d'un débat argumenté sur les meilleurs moyens de faire face aux problèmes qui se posent aux hommes.

     - Et je terminerai sur cette superbe phrase de Jean Baudoin :

      "Qu'est-ce, au fond, que le "paradigme de l'État de droit" sinon un lent et persévérant effort en vue d'affranchir les régimes démocratiques des contraintes de la vox populi? et qu'est-ce que la démocratie, sinon un exemple peu commun de lucidité collective au terme duquel des hommes et des femmes qui se savent faillibles et versatiles se donnent des règles moins mauvaises que d'autres afin de se protéger d'eux-mêmes et de protéger dans le même temps leurs semblables"

(C'est moi qui souligne).

 

Marc à Fred

 

Ton plaidoyer pour la démocratie est impressionnant. Je suis presque convaincu. Il n'en reste pas moins que je persiste à dire que la gestion démocratique de l'espace public a conduit et conduit encore à une politisation croissante de l'espace privé des individus et à une socialisation de la propriété privée. Cet aspect de la critique hoppienne demeure valable et c'est pour moi cet aspect qui commande tous les autres.

 

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