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Mel Gibson n’aime pas la facilité. Réalisateur de «Braveheart», un puissant hymne à la liberté, sans doute l’un des meilleurs films de l’histoire du cinéma, il provoque sans cesse la controverse. Sa «Passion» emmène l’audience dans les tréfonds de l’enfer, au plus près du Christ torturé par le monde des hommes. Au terme du calvaire, sous la magnifique musique d’un John Debney transcendé, la résurrection délivre le spectateur et l’emporte bien au-delà du film, avec un message aussi cru que les souffrances de Jésus : hommes, voyez les sacrifices qu’il a faits pour vous. Vous êtes les porteurs d’un message qui a vu son messager être exécuté de la plus atroce des façons. Réalisez la chance d’avoir reçu ces présents : la dignité humaine. La liberté. Ne l’oubliez pas.
Aux yeux des pédants de gauche, une telle morale ne valait pas la violence gratuite et perverse de Monica Bellucci violée dans «Irréversible». Ici, où l’espoir disparaît dans l’obscurité d’une rame de métro, les critiques ont vu un morceau de bravoure. Là, où un homme en croix implore qu’on pardonne ses bourreaux, les critiques ont pesté contre une démonstration inutile de violence. Pourquoi s’en étonner ? Pour ceux qui croient que tout leur est dû et que rien ne doit être défendu, « la Passion du Christ» n’a jamais été l’occasion de trouver la voie de la rédemption. Pour les autres… Le peuple américain en a fait de l’un des films les rentables de l’histoire du cinéma.
Mel Gibson récidive avec «Apocalypto». Le décor quitte la rocaille de la Judée pour s’enfoncer dans la jungle de l’Amérique précolombienne. Plus encore que dans la «Passion», le spectateur n’a plus aucun repère. Quand Hollywood multiplie les «héros» à notre image, Gibson présente Patte-de-Jaguar, un Amérindien dans tous les sens du terme.
Il parle le yucatèque, est à moitié nu, chasse, danse. Jamais le spectateur ne parvient à s’identifier réellement au personnage. Durant le premier quart d’heure, on cherche désespérément une figure rassurante dans cette jungle hostile à toute lieue de la civilisation. En vain. Car on est complètement immergé au XVIe siècle, sans fioritures. Tout est laissé à l’observation muette du spectateur. Un voyage temporel qui vous coupe le souffle.
Amis rousseauistes, gare au choc. Ce blog a souvent parlé du révisionnisme entourant la véritable nature des "peuples premiers". Gibson remet les pendules à l’heure à travers plusieurs séquences : exploitation d’autrui (des esclaves meurent dans les carrières), déforestation massive (les mayas abattent des arbres sans distinction)... Les Amérindiens n’étaient pas des anges, loin de là. Et Gibson a l’immense mérite de les montrer tels qu’ils étaient, leur sauvagerie primitive, leur déni de la dignité humaine, l’animalité de leurs comportements. Dans ses films, Gibson a l’habitude de multiplier les allusions à la décadence humaine – sans doute un rappel de ses problèmes d’alcoolisme – que ce soient le prince d’Angleterre efféminé dans «Braveheart» ou la cour pédéraste de Hérode dans « La Passion du Christ». «Apocalypto» ne fait pas exception.
L’histoire se construit autour de la chute de l’empire maya. Patte-de-Jaguar, jeune père de famille d’une tribu primitive, est capturé par une bande de guerriers à la recherche d’esclaves à vendre. Métaphore de l’individu innocent, le jeune guerrier est emmené dans une cité maya où la foule, à la manière des rassemblements fascistes, réclame des morts pour assouvir la soif de ses dieux. La symbolique est très forte : les femmes mayas rient sans féminité, dévisagées ; des piles de cadavres gisent au pied du temple, rappelant les charniers de l’Holocauste ; les condamnés se font déposséder de leur être par l’arrachage du cœur, ultime lien avec Dieu, et sont jetés au bas des marches de l’enfer à une foule en délire parsemée de danseuses en transe. A l’entrée de la cité, une fillette mi-ange mi-démon, atteint de la peste, annonce la destinée funeste de ce peuple sanguinaire. Car c’est de la peste que mourront les mayas. Ainsi périssent ceux qui nient la dignité humaine.
Cependant, contrairement à ce que
répètent les médias donneurs de leçons, ce n’est pas un film violent à l’extrême comme l’était « La Passion ». La caméra est souvent pudique. Aussi la scène des sacrifices humains, du haut du temple maya, ne choquera pas grand monde. Etrangement devenue l’emblème d’ «Apocalypto», la violence gratuite y est pourtant largement absente.
S’ensuit la fuite du jeune guerrier, rythmée par la musique de James Horner («Titanic», «Braveheart»). Dans un décor somptueux, une course-poursuite effrénée s’engage. Gibson la filme avec une maîtrise insolente. C’est peut-être là le point le plus fort du film. Non seulement le sujet est original mais le réalisateur le traite comme un documentaire, multipliant les plans grandioses, les scènes d’action efficaces, les choix de focal magiques, les ralentis de toute beauté, les travellings majestueux. S’il est bien une qualité que personne ne peut nier chez Mel Gibson, c’est un immense talent pour la mise en scène. Là où un Lucas compense ses lacunes de direction d’acteurs par la puissance du scénario, Gibson cumule les deux facultés. Grâce, il est vrai, à un premier rôle de qualité. Rudy Youngblood crève l’écran.
L’histoire de base est très simple. Mais la morale implicite qui s’y greffe vous hante bien après le générique de cette fresque épique. Gibson confirme sa réputation de réalisateur engagé. Point de politiquement correct, point de morale larmoyante et prépubère retrouvée dans le «Nouveau Monde» de Terrence Malick. Ici c’est la civilisation qui sauve le guerrier innocent d’ «Apocalypto».
Lorsque les percussions vous extirpent de la jungle, lorsque vous reprenez enfin votre souffle après deux heures d’immersion dans l’Histoire, une part de l’aventure reste gravée en vous. Et cette pensée, récurrente, qu’Hollywood produit trop rarement des réalisateurs du talent de Mel Gibson. Courez voir son film.
Ce fut longtemps une question en discussion : les Aztèques et les Mayas pratiquaient ils le sacrifice humain d’une manière aussi étendue et horrible que le disent les livres des historiens ? Ou bien les conquérants espagnols ont-ils exagéré pour faire paraître primitifs les indiens ?
Depuis quelques années les archéologues ont découverts des montagnes de preuve matérielles qui corroborent les chroniques espagnoles en substance, si pas en nombre.
Utilisant des outils de haute technicité, les archéologues ont prouvé que les sacrifices pré-hispaniques utilisaient souvent des enfants et mettaient en œuvre un large éventail de méthodes pour tuer brutalement et intentionnellement.
Durant des décennies, de nombreux chercheurs crurent que les récits espagnols des XVIe et XVIIe siècles étaient faussés pour dénigrer les cultures indiennes, d’autres prétendaient que les sacrifices étaient limités aux guerriers capturés, tandis que d’autres encore admettaient que les aztèques étaient sanguinaires mais croyaient que les mayas l’étaient moins.
« Nous avons à présent les preuves matérielles pour confirmer les chroniques littéraires et picturales », déclara l’archéologue Leonardo Lopez Lujan.
Il ajouta : « Certains courants “pro-indiens” ont toujours nié ce qui était arrivé ; ils disaient que les textes mentaient ».
« Les espagnols ont probablement exagéré le nombre des victimes pour justifier une guerre supposée juste contre l’idolâtrie, déclara David Carrasco, un expert en religions d’Amérique Centrale de la Harvard Divinity School. (1)
Mais il n’y a plus l’ombre d’un doute sur la nature des tueries. Les textes illustrés indiens connu sous le nom de Codex, aussi bien que les chroniques espagnoles de l’époque, indiquent que les indiens pratiquaient de multiples formes de sacrifices humains.
Outre les preuves archéologiques et picturales, pour Lopez Lujan une confirmation est venue sous la forme de tests chimiques poussés sur les planchers de stuc des temples aztèques, où fut découvert qu’ils avaient été maculés de fer, d’albumine et de matériaux génétiques correspondant à du sang humain.
Les fresques murales d’une des chambres de Bonampak (Maya) montrent comment les prisonniers étaient mutilés (je vous épargne les détails), puis ensuite précipités au bas des marches des pyramides puis livrés à la foule déchaînée. Je vous fait grâce de ce qu’ils faisaient d’eux ensuite. Voici une des fresques montrant les prisonniers mutilés destinés aux sacrifices :
Les Mayas ne faisaient pas de pitié. Les prisonniers étaient ramenés comme butin, gardés en réserve et puis ils les exécutaient en masse.
Ces peuples considéraient que le Soleil avait besoin de sang humain pour se lever chaque matin et réservaient un grande partie de ces prisonniers de guerre aux sacrifices.
L’élite était obsédée par le sang - le sien et celui des prisonniers - et le rite de la saignée constituait un important aspect de tout grand événement du calendrier maya. La saignée servait aussi à se concilier les dieux et au début du déclin de la civilisation maya.
Pour les Mayas, le sacrifice sanglant était nécessaire à la survie tant des dieux que des humains, faisant monter l’énergie humaine vers le ciel et recevant en retour le pouvoir divin.
Ces sacrifices humains ont longtemps imprégné la mémoire des peuples d’Amérique Centrale, un des signes en est cette fresque du peintre mexicain Jose Clemente Orozco, datant de 1932 :
(analyse de cette fresque dans les sources (2).
Avant même sa sortie en France, Apocalypto, le film que Mel Gibson a consacré au monde mystérieux des Mayas a fait l’objet d’une campagne de dénigrement d’une rare violence :
- « Un cinéaste primaire et primitif » (Le Point)
- « surenchère sanglante » (Le Monde)
- « pas de message politique clair » (une radio grand public) : ?!?!
- « j’aime pas Mel Gibson » (Oh qu’il est convaincant, l’argument).
Je m’interroge quand même sur tous ces critiques soi-disant “professionnels” qui ont débiné ce film . Comme c’est curieux, chaque fois que je tombe sur un sujet que je connais, je m’aperçois qu’ils n’y connaissent rien mais prétendent donner des leçons. D’après ces grands médias, Mel Gibson aurait pris des libertés avec l’Histoire, et ils dénoncent tous en cœur « la mise en scène caricaturale de la plus raffinée des civilisations précolombiennes », « la confusion avec des pratiques sanguinaires » qui auraient été, disent-ils, « le seul fait des Aztèques », « la justification subliminale de la christianisation du Nouveau Monde ».
Il s’avère que Mel Gibson a choisi les mayas ; il aurait pu choisir les aztèques ; parions que les médias auraient alors clamé : « la confusion avec des pratiques sanguinaires qui ont été le seul fait des Mayas » !!
Cela dit, il ne faut pas non plus prendre ce film pour ce qu’il n’est pas : ce n’est ni un documentaire, que ce soit sur la civilisation maya ou sa religion, ni une reconstitution historique qui serait d’ailleurs impossible à faire. L’archéologue spécialiste des civilisations précolombiennes ou le spécialiste des religions n’y trouveront pas leur compte, mais ce n’est pas le but d’un tel film.
L’historiographie de l’amérique latine a toujours voulu faire passer les mayas pour une civilisation pacifique. C’est le mythe du bon sauvage, support de l’évangélisation : en somme, on évangélise ce qui mérite de l’être, comme on le ferait avec un enfant.
Au XIXème siècle, on continue dans cette voie, jusqu’à passer sous silence certaines découvertes comme des fresques mayas représentant des sacrifices humains. Il a fallu attendre les récentes découvertes et analyses à l’aide de méthodes modernes pour pulvériser ce mythe.
A lumière de ces découvertes et confirmations, la polémique engagée contre Mel Gibson apparaît sous son véritable visage : celui d’une campagne de diffamation visant à discréditer un réalisateur coupable de mettre à mal le mythe d’une civilisation maya paisible, pacifique, écologique et douce anéantie par les occidentaux guerriers, conquérants, brutaux et colonialistes.
Sources :
Evidence May Back Human Sacrifice Claims
Maya Human Sacrifice … Say it isn’t so.
Maya Art III - Bonampak and Jaina
Chichen Itza: le joyau yucatèque
Crusader Gold photo essay: Chichén Itzá and human sacrifice
(1) ce n’est pas l’avis de ces articles d’Historia, estimant que les conquistadores n’avaient pas besoin de se justifier, le gouvernement espagnol étant mandatés par Charles Quint et l’autorité morale et supranationale de l’époque, la papauté. Ils n’ont donc pas à légitimer légalement leur conquête à cet égard :
Les Mayas : Trois millions d’âmes offertes aux dieux ! et
Les Aztèques : Le cannibalisme sans tabou
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Même si vous ne comprenez pas l’anglais, la vidéo vous montrera la momie d’une jeune fille de 15 ans, datant de 500 ans et parfaitement conservée.
Les analyses ont révélé un terrifiant secret : elle a été sacrifiée et préalablement engraissée.
Des analyses de cheveux sur la momie elle-même et dans de petits sacs ont prouvé qu’elle avait été engraissée et que, dans les mois qui précédérent le sacrifice, son alimentation habituelle à base de légumes et de pommes de terre, typiquement paysanne, avait été remplacée par une alimentation plus élaborée : maïs et viande.
Les cheveux de ces enfants avaient été symboliquement coupés un an, puis 6 mois avant la date du sacrifice.
Les analyses ont également montré que 3 à 4 mois avant ce sacrifice, les enfants accomplissaient le pélérinage vers les montagnes, probablement vers Cuzco, la capital Inca.
(Inca children fattened up for sacrifice - 1 min 32 s. - en anglais).
A l’horreur du sacrifice humain s’ajoute une longue préméditation : les enfants étaient préparés au moins un an à l’avance : la longueur des échantillons de cheveux retrouvés indiquent une croissance de 2 ans 1/2. Il étaient élevés socialement dans ce but. Les momies retrouvées sont celles d’enfants de 6 à 15 ans.
Les chercheurs ne sont pas absolument certains de la manière dont été tués ces enfants mais ont montré qu’il leur avait été donné de la bière de maïs et des feuilles de coca. Une des momies porte un coup à la tête.
“Il nous apparait que les enfants furent conduits au tombeau sommital* en achèvement d’un rituel long d’une année, drogués et ensuite laissés là exposés jusqu’à succomber.” a déclaré Timothy Taylor, de l’ University of Bradford, un des co-auteurs de cette découverte.
* à 6 700 mètres d’altitude, sur le Mont Llullaillaco, un volcan à 480 kilomètres à l’Ouest de la frontière chilienne.
Sources :
University of Bradford 1 October 2007 : Scientists Uncover Inca Children’s “Countdown to Sacrifice”
Science 2 October 2007 : An Incan Feast Before Death
Vidéo : BBC News
Résultats des analyses : Issue of Proceedings of the National Academy of Sciences : Wilson, AS et al. Stable isotope and DNA evidence for ritual sequences in Inca child sacrifice (www.pnas.org) from Oct. 2nd, 2007
Yahoo : Inca sacrifices were ‘fattened up’ first
Yahoo : Inca children “fattened” up for sacrifice: study
digitaljournal : Inca children ‘fattened up’ before sacrifice
American Renaissance October 2, 2007 : Child Mummies ‘Fattened Up’ before Inca Sacrifice
The Wellcome Trust 22.00 Monday 1 October 2007 : SCIENTISTS UNCOVER INCA CHILDREN’S ‘COUNTDOWN TO SACRIFICE’
Lors de la découverte sur cette montagne, les archéologues ont eu l’impression de voir des enfants endormis, tant ils étaient si bien préservés. L’exposition des momies dans un musée argentin a déclenché une controverse :
iht : Three 500-year-old Inca children are given a new ‘home’
digitaljournal : Mummy of girl sacrificed by Incans prompts gasps
Avec les échecs successifs de Lions for Lambs et Dans la vallée d’Elah, il est temps de faire un petit point cinématographique sur la production basée sur l’après 11 septembre.
Plus cruel encore, Lions for Lambs qui entendait dénoncer l’administration Bush et la guerre en Afghanistan. 35 millions de budget, Redford derrière et devant la caméra, Tom Cruise et Meryl Streep à l’affiche. Et 11 millions en 10 jours !! 20 dans le reste du monde. Pas de doute, la critique pure ne paye plus.