du 16 janvier 2008

Le nouveau Premier ministre kosovar, Hashim Thaci, celui qui veut déclarer l'indépendance d'un Kosovo d'obédience islamique pour en terminer avec son invasion théologique entamée il y'a plusieurs siècles par les ottomans, est décidément un homme qui ne manque pas de culot.
Nul doute qu'avec autant de toupet pour défendre honteusement ses forfaitures, il aurait pu avoir une place d'honneur dans le gouvernement Fillon, où l'on aime agrémenter ses pires bobards d'une bonne pincée de cynisme.
Intervenant sur une chaîne de télévision étrangère, Hashim Thaci s'est montré en homme pragmatique et généreux en déclarant : "Je travaillerai avec le serbes pour les convaincre de rester dans leurs foyers ... le Kosovo est aussi leur pays."
A ses propos, on oscille entre le fou rire ou la consternation aggravée.
Donc, cet homme, qui était à la tête de la guérilla albano-kosovarde de 1999, vient aujourd'hui en grand seigneur pour donner des leçons de tolérance voire d'humanisme.
Voilà qui est formidable pour un personnage qui incite les serbes à rester dans leurs foyers demain, alors qu'hier, il y débarquait avec ses colonnes de soudards et de grognards.
Ils y délogeaient ces mêmes serbes, tabassaient mortellement des enfants et des vieillards dans leurs villages, violaient les femmes abondemment, leur tranchait la gorge si elles se débattaient, les dépossédaient de leur terre, envahissaient davantage ce vieux territoire serbe et éxécutaient opportunément les récalcitrants dans des conditions insoutenables.
Est-il possible de concevoir sérieusement qu'avec l'indépendance reconnue d'un état kosovar, cette communauté serbe devenue minoritaire grâce à la magie du taux de natalité, ne subira aucune brimade, ne se fera pas je cite traduit de l'abanais au français "niquer sa race", ne fera l'objet d'aucun crime, d'aucun génocide, d'aucune forme d'oppression ?
On en doute !
Malgré les vives protestations, émises à bon droit par Belgrade et Moscou, l'Union des Bureaucrates de Bruxelles est favorable à cette indépendance qui relève de l'expropriation pure et simple, digne d'un régime populaire soviétique, avec la France du couple Sarko-Kouchner en première ligne.
Les albanais du Kosovo pourraient-il donc imposer l'indépendance d'un état islamique, sur cette terre historiquement serbe et chrétienne avec la bénédiction de Paris, Berlin et Londres ?
Le tout au motif fallacieux que les musulmans albanophones sont aujourd'hui plus nombreux ? Le tout en sachant pertinemment que la présence de ces albanais du Kosovo est due aux conquêtes musulmanes, barbares et sanguinaires d'autrefois, des ottomans arrivés à cheval, avec sabres et Coran en main, jusqu'à l'arrivée de certains albanais qui comme d'autres il y'a quelques temps avaient besoin d'un peu plus d' "espace vital" ?
On présume donc que demain, les quartiers nord de Marseille vont faire sécession, se proclamer peuple de Mahomet, et décreter que la moitié nord de la cité phocéenne est désormais une terre d'Islam interdite aux "kuffar" et autres "croisés".
On imagine alors que d'ici 10 ans, la Seine Saint-Denis toute entière ainsi qu'une partie des Yvelines et des Hauts de Seine proclameront leur indépendance, réclameront un parlement autonome représentatif de la nouvelle population, installeront un régime coranique, aboliront la mixité dans les écoles et les lieux publics, enseigneront que Charles Martel était un fumier d'infidèle qui mangeait du porc, interdiront la viande non hallal, imposeront le port de la Burka aux femmes et aux fillettes de plus de 12 ans .... ???
Et si dans cette débâcle prochaine, Londres, Rome et Madrid se comportaient avec ses autonomistes là, avec les mêmes égards que la France vis-à-vis de ces albano-kosovars squatteurs ?
Les Balkans seront donc à la prochaine 3ème guerre mondiale qui se dessine, la même poudrière qu'ils ont été pour l'embrasement qui donna lieu à la 1ère guerre mondiale.
On vit une époque formidable !
L'ultranationaliste Nikolic, arrivé en tête du premier tour de la présidentielle serbe, s'est finalement rendu à Moscou. Mais le Kremlin soutient le proeuropéen Tadic et, à la différence de l'Europe, n'hésite pas à le montrer, estime la Nezavissimaïa Gazeta.
Le déplacement de Nikolic à Moscou devait constituer un puissant acte de propagande, à une étape clé de la campagne pour le second tour. Le Parti radical serbe, qu'il dirige de fait depuis que Vojislav Seselj est détenu à La Haye, ne cesse de mettre en avant ses liens "privilégiés" avec Moscou. Les radicaux serbes ont même promis à leurs électeurs que, sitôt la Russie redevenue forte, ils l'engageraient dans une guerre aux côtés des Serbes…
Konstantin Kossatchev, président de la commission des affaires étrangères de la Douma, avait annoncé que Nikolic viendrait assister à une séance de cette commission le 28 janvier, invité à Moscou par le parti Russie juste [après avoir annulé sa visite, Nikolic s'est finalement rendu à Moscou le 29]. Mais les premiers reçus à Moscou, en fin de semaine dernière, ont été le président serbe Boris Tadic et le Premier ministre Vojislav Kostunica, ce qui aurait vexé Nikolic.
Les deux hommes ont discuté avec le président Vladimir Poutine et signé un accord sur le gazoduc South Stream. D'après les observateurs, cet accord gazier renforce les chances de Tadic de l'emporter au second tour de la présidentielle, le 3 février. De fait, après le passage de Tadic et de Kostunica, Nikolic n'a pas grand-chose à faire à Moscou. Il ne doit pas être reçu ni au ministère des Affaires étrangères, ni au Kremlin. Il n'était donc pas question d'un soutien des "frères russes" à sa candidature. Comme le notent de nombreux politologues, dont Filip Svarm, rédacteur en chef du journal Vreme de Belgrade, la Russie n'a pas intérêt à ce que Nikolic gagne cette élection : "Ce dont Moscou et Gazprom ont besoin en Serbie, c'est de stabilité, et ils veulent voir Belgrade en bons termes avec l'Union européenne, ce qui ne serait pas le cas avec Nikolic."
Or, paradoxalement, si l'UE souhaite ardemment la victoire d'un démocrate et la poursuite des réformes engagées après la chute du régime Milosevic, elle n'est prête à aucune concession qui pourrait aider Tadic. Les Pays-Bas ont réitéré hier leur refus de signer l'accord de stabilisation et d'association avec Belgrade tant que la Serbie ne coopérerait pas totalement avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie, en procédant à l'arrestation de tous les individus accusés de crimes de guerre [se trouvant en territoire serbe]. L'insistance des Néerlandais est d'autant plus obstinée que leur bataillon de maintien de la paix se trouve dans la zone où a eu lieu le nettoyage ethnique le plus massif (dans les environs de Srebrenica) commis par les Serbes lors de la guerre de Bosnie (1992-1995).
En conséquence, les ministres des Affaires étrangères de l'UE réunis hier à Bruxelles n'ont pas pu adresser aux électeurs serbes de "signal adéquat". Ajouté aux incessantes déclarations des pays occidentaux sur l'inéluctabilité de l'indépendance du Kosovo, ce refus de signer l'accord de stabilisation place Tadic dans une position délicate. La veille encore, il avait clamé que cet accord était presque dans la poche.
Ioulia Petrovskaïa
Nezavissimaïa Gazeta
L’indépendance du Kosovo et la géopolitique des oléoducs
Le 22 janvier dernier, le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica a entériné avec son homologue Vladimir Poutine un accord énergétique de la plus haute importance portant sur la construction d’un gazoduc vers l’Europe de l’Ouest via les Balkans.
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La boîte de Pandore du sécessionnisme
Face aux réserves des "frères orthodoxes" et au véto russe que Moscou menace de brandir à l'ONU pour empêcher toute indépendance du Kosovo, le "Premier ministre" kosovar et ex-combattant de l'UCK albanaise (mouvement terroriste lié à la mafia albanaise qui avait réclamé la sécession et déclenché les représailles serbes puis l'intervention américaine en 1998-99), Hashim Thaci, a voulu rassurer en déclarant à Bruxelles qu'il ne "ferait rien en ce qui concerne l'indépendance du Kosovo sans l'accord de l'UE et des Etats-Unis"... Mais chacun sait que la majorité des Etats de l'UE et les Etats-Unis ont d'ores et déjà assuré qu'ils ne s'opposeraient pas à la sécession du Kosovo. C'est ainsi que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est rendu dans les Balkans à Ljubljana pour faire pression sur les pays européens hésitant encore à reconnaître l'indépendance de la province serbe. Quant à la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, plus directe encore, elle a appelé les Européens à ne pas attendre pour entériner l'indépendance future de la province serbe peuplée majoritairement d'Albanais et qui a été vidée de ses minorités serbes depuis la guerre de 1998-99. Washington s'emploie ainsi à convaincre des pays aussi différents que le Japon, les Etats islamiques du Golfe ou la Turquie, avertissant même que l'indépendance pourrait se faire en l'absence d'unanimité européenne, 15 pays favorables sur 27 étant jugés "suffisants"...
Or les conséquencesgéopolitiques de l'indépendance unilatérale du Kosovo sont nombreuses :
1. Elle inciterait nombre d'Etats dans le monde à défier le droit international et le statu quo des frontières reconnues, faisant imploser pléthore d'Etats fragiles et multiculturels, pas uniquement en Afrique ou en Asie ou en Amérique latine, mais jusqu'à nos démocraties pacifiques, telles la Belgique, menacée de partition entre Flamands et Wallons, l'Italie du Nord avec le sécessionnisme de la liguedu Nord, ou l'Espagne avec le terrorisme basque et l'autonomisme catalan, etc...
2. Le nord de la province du Kosovo, peuplé de Serbes de plus en plus inquiets pour leur survie face à la majorité hostile albanophone, pourrait lui aussi faire sécession du Kosovo indépendant, pour se joindre à la Serbie.
3. Le fait que les Albanais du Kosovo s'unissent progressivement à l'Albanie voisine inciterait également les Serbes de Bosnie à remettre en question les accords de Dayton et à rejoindre la Serbie, puis les Croates de Bosnie-Herzégovine de faire de même et rejoindre la Croatie mère. Puis les Magyars de Roumanie et de Serbie pourraient être tentés de reconstituer eux aussi la grande Hongrie et feraient imploser plusieurs Etats, etc. D'ailleurs, Itsvan Pastor, le candidat de la minorité hongroise de Serbie,négocie actuellement très habilement son poids et son pouvoir de nuisance dans le cadre de l'élection serbe, rencontrant le candidat modéré Boris Tadic pour lui faire part de ses exigences. Bref, la boîte de Pandore du sécessionnisme, des rebellions indépendantistes et du micro-nationalisme ethnique et religieux risque de se rouvrir à jamais et de faire voler en éclats les mêmes postulats "multiculturalistes" et tolérants qui avaient présidé aux "guerres justes" antiserbes des années 90 qui firent exploser l'ex-Yougoslavie, désormais remplacée par le virus des partitions ethniques comme on le voit en Macédoine ou au Monténégro, entre autres, prochaines cibles des ultranationalistes albanais de l'UCK.
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Le risque de la surenchère
Conséquence directe de la volonté occidentale de pousser à l'indépendance du Kosovo et de la stratégie opposée russe d'alliance énergético-politique avec les Serbes, le leader serbe nationaliste Tomislav Nikolic, qui a remporté avec 40 % le premier tour de la présidentielle serbe, annonce un alignement sur la Russie et une renonciation à la candidature de la Serbie à l'UE, "traitresse" et "vendue à l'OTAN". L'enjeu est de taille, et les Serbes et les pro-Russes partisans de la "solidarité" panslave et panorthodoxe - que veut réactiver Poutine pour affaiblir l'UE et se désencercler - sont eux-mêmes divisés : une première tendance est incarnée par le candidat modéré et pro-européen Boris Tadic, qui promet la candidature officielle de la Serbie à l'UE en un an. Selon cette stratégie, la Serbie ne serait pas forcément isolée : la Grèce s'opposa fortement en 1998 à l'intervention occidentale au Kosovo contre la Serbie et refuse l'indépendance unilatérale du Kosovo.