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Attachez vos ceintures !

Les émissions politiques du week-end ont ceci d’instructif qu’elles permettent de mesurer l’état clinique des princes qui nous gouvernent et des médias qui nous restituent leur chanson de geste. Le dimanche 28 octobre, on nous parlait des retraites sur une chaîne et de la réforme de la constitution sur une autre. Concernant les retraites, on nous a dit que les régimes spéciaux n’étaient pas tenables. A propos de la constitution, M. Balladur, chargé par M. Sarkozy de proposer, avec une commission nommée à cet effet, une réforme, a intelligemment exposé quelques-uns des résultats de ces cogitations. Mais ce qu’on n’a pas appris, c’est comment, une fois les régimes spéciaux réformés, on ferait face au krach de l’ensemble des retraites, qui se déroule sous nos yeux et qui va se traduire par la ruine des retraités, ni ce qui, une fois les suggestions de la commission Balladur inscrites dans le marbre, pousserait les gouvernants de la France à prendre les problèmes à bras le corps et à dire la vérité aux Français.

Si nos compatriotes n’ont pas le moral, c’est parce que le pouvoir ne répond pas à leurs inquiétudes sur ces sujets. Et qu’ils ont en outre l’angoissante sensation que non seulement on ne veut pas, en haut lieu, leur parler sans détours, mais que surtout ni les gouvernants ni les opposants, ni les journalistes, même spécialisés, n’ont la moindre idée de ce qu’il faudrait faire. Et ce qu’on a pu constater ce week-end comme les autres jours, c’est que les uns et les autres tournent sur les plateaux de radio et de télévision comme des mouches dans un bocal.

On se demande combien de temps cette comédie va encore durer. Chaque jour qui passe voit les emplois disparaître ou se délocaliser, les déficits s’aggraver, l’insécurité et la violence gagner du terrain, et cela semble ne susciter aucune réaction des gouvernants ni des citoyens. Comme si tout le monde semblait convaincu qu’il n’y a plus rien à faire sauf à attendre la catastrophe finale qui emportera le régime et rebattra toutes les cartes. Quand une société ne parvient pas à résoudre ses problèmes, elle n’a de choix qu’entre la guerre et le chaos, l’un n’empêchant d’ailleurs pas l’autre. La France n’a pas de projet guerrier en magasin, il ne lui reste donc plus que le chaos, puisque la réforme est impossible.

M. Sarkozy avait bien compris que seule l’idée de la rupture pouvait lui faire gagner l’élection présidentielle. Mais du contenu et surtout des moyens de cette rupture, il n’avait pas la moindre idée. D’où l’incroyable flottement de sa gouvernance, qui le voit s’agiter comme un ludion sans qu’il ne donne jamais l’impression de savoir où il va. Les Français ont d’ores et déjà compris qu’il n’y aura pas de rupture. On continue d’appliquer des mesures technocratiques, on les retire dès qu’une opposition se manifeste, on fait des gestes qui se veulent forts mais qui n’ont pas de véritable contenu et qui ne sont que des trucs pour épater la galerie, bref on fait semblant de gouverner.

« A quand l’émeute ? » s’interrogeait M. Martin Hirsch à la une du Monde avant de devenir quelques semaines plus tard, « haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté ». Ni ce qu’il fait dans ses fonctions, ni ce que font ses collègues du gouvernement n’éloigne l’émeute. Ou ce qui en tiendra lieu, car il y a des dissidences plus silencieuses mais non moins puissantes, comme par exemple celle des Japonais qui cessent de payer leurs cotisations de retraite parce qu’ils sont sûrs de ne rien toucher le moment venu et qui accélèrent d’autant la désagrégation du système. Ou comme ces Français découragés qui vont chercher à l’étranger un avenir que leur propre pays ne leur permet plus d’espérer, le privant ainsi des ressources que leur esprit d’entreprise lui aurait procurées.

A l’arrivée, le résultat sera celui qu’on peut dès à présent apercevoir : un effondrement économique et social, dont ne pourra que naître une crise politique majeure. Il semble bien qu’aujourd’hui il n’y ait plus d’autre issue. Attachez vos ceintures, nous allons traverser un sacré trou d’air.

Claude Reichman
Porte-parole de la Révolution bleue.

La Révolution bleue publie son
"Rapport sur les freins à la croissance"

 

 

REICHMANTV

Offrez un cadeau inoubliable – et éternel – à votre famille : une émission de télévision dont vous êtes la vedette.

Qui n’a rêvé de voir et d’entendre ses parents, ses grands-parents, ses oncles, ses tantes, ses amis à tel âge de leur vie ?

Ce rêve peut désormais devenir réalité grâce à REICHMANTV qui vous propose de produire une émission de télévision à votre seul usage et à celui de votre famille et de vos amis à qui vous pourrez l’offrir.

Pendant une heure, une interview conduite très professionnellement vous permet de vous exprimer – en couple ou seul – sur tous les sujets de votre choix. Un témoignage irremplaçable et un immense bonheur pour ceux que vous aimez et qui vous aiment.

Une fois réalisée, l’émission est votre propriété exclusive et vous est remise sous la forme de plusieurs DVD.

Pour connaître les conditions de réalisation, écrire à
reichmantv@yahoo.com

 


Qui sont les chéquards ?


Michel de Poncins,
LE FLASH, 15 OCTOBRE

Bien peu de gens se souviennent aujourd'hui du scandale de Panama, il y a 120 ans environ. Ferdinand de Lesseps avait été choisi pour creuser le canal de Panama et 85 000 souscripteurs ont été ruinés dans cette entreprise. En effet une erreur de conception au départ avait conduit le célèbre Lesseps à prévoir un canal sans écluses ce qui n'était pas réalisable à cause des différences de niveau et, dans la suite, des maladies ont décimé les travailleurs. Pour obtenir du gouvernement une loi sur mesure afin de sauver l'opération, la compagnie du canal s'était laissée aller à acheter des journalistes, des hommes politiques et des ministres. À l'époque cet achat de journalistes et de politiques se pratiquait grâce à des chèques d'où à l'époque la question : qui sont les chèquards ?

Voici que, 120 années après, la France se trouve devant un scandale au moins de même ampleur et peut-être encore plus grand. Le responsable de l'UIMM, composante importante du Medef, est venu plusieurs années durant chercher des billets dans une banque, la BNP. Entre 2000 et Avril 2007, les valises auraient atteint 5,64 millions d'euros et certains journalistes évoquent maintenant 20 millons d'euros prélevés dans diverses banques ; tous les jours, le feuilleton s'enrichit : l'UIMM a indiqué, elle-même, à la police certains de ses coffres où 2 millions d'euros ont été découverts, sans doute en attente d'emploi. Les journaux écrivent que cette découverte « amuse » une source proche du dossier car « cela prouve que tout n'a pas été distribué au jour le jour ». En se limitant à 10 millions d'euros, cela ferait tout de même cent mille billets de cent euros.

Les employés de la BNP ont bien fait leur travail en informant qui de droit de ces étranges prélèvements ; quant à Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère des finances, elle a été freinée dans son zèle avant que le scandale n'éclate au grand jour. Le plus significatif dans toute cette affaire est qu'après 120 ans l'immoralité la plus grande continue à règner au niveau des fausses élites qui manipulent la France et que certains puissent s'en « amuser ».

L'obscurité règne sans les comptes des organisations syndicales que ce soit ceux des organisations de salariés ou des organisations patronales. La dite UIMM s'abrite derrière une loi de 1884 qui n'oblige pas ces organisations à tenir une vraie comptabilité. Cela veut bien dire que les personnes qui dirigent ces bureaucraties attendent que l'Etat leur disent ce qu'il faut faire ou ne pas faire et ne trouvent pas, dans leur propre conscience, la nécessité absolue de la franchise dans l'usage de l'argent d'autrui ; quant aux personnes qui votent prétendument pour les élire, elles négligent le légitime devoir de surveillance : sont-elles passives ou complices ?

Cette valse de billets semble vraiment ne gêner personne. Les proches du dossier disent carrément qu'il s'agissait de « fluidifier les relations sociales », ceci aux protestations nombreuses des chefs syndicalistes qui se sentent visés en bloc. Tout aussitôt, ces derniers, sans doute dans un certain affolement, rendent leur protestations inutiles puisqu'ils insistent lourdement sur la nécessité de normaliser le financement des syndicats, c'est-à-dire de créer des impôts pour supprimer les valises qui n'existent pas, puisqu'on vous dit qu'elles n'existent pas !

Les politiques, dans toute cette histoire ne se manifestent guère, peut-être pour que la presse n'ait pas l'idée de regarder de leur côté, alors que l'habileté d'un arroseur public intelligent est bien d'arroser partout et surtout vers les sommets.
 
C'est au même moment que le scandale de l'EADS se déploie avec des délits d'initiés en grand nombre. La Caisse des Dépôts et Consignations est l'un des bras articulés de l'État dans le système socialiste dans lequel nous baignons de plus en plus après les dernières élections ; Daniel Lebègue, ancien Directeur de la Caisse a déclaré que de son temps : « La relation Etat-Caisse des dépôts, Trésor-Caisse des dépôts était étroite, intime et quotidienne » ; or le bras articulé s'est déployé en majesté pour ramasser des actions qui se sont révélées presque pourries et ceci au profit d'un grand patron de presse : il y a donc eu des ratés dans ce bras articulé lors de cette opération, car les plus hautes autorités étatiques ont affirmé n'être au courant de rien.

Qui sont les chèquards ? Personne sauf les intéressés eux-mêmes ne le saura. Le système est tellement bien installé dans les « barbichettes » entremêlées qu'après quelques vaguelettes tout se calmera dans la paix républicaine retrouvée !

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