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Héritage


Destruction de l'église de La Bassée.
Charlet/AFP.

Rome et Athènes nous ont offert en héritage un système de pensée
, Athènes en particulier nous a appris que l'homme était mesure de toute chose. Rome , au delà d'un cadre juridique , d'un réseau de routes, a posé les bases latines de notre langue et les prémices de notre droit.

Dans la première moitié du millénaire, l'action du  charpentier de Nazareth , nous a donné une religion et une morale. Que l'on soit croyant ou pas n'a que peu d'importance. C'est grâce à elle que nous sommes sortis de la barbarie.

Plus tard, les rois barbares , après avoir fait tomber l'Empire, ont su en garder les cadres et ont continué la construction d'une religion mais aussi la constitution d'un territoire que l'on nommera national.

Les carolingiens, Charlemagne et Louis le Pieux, se sont axés à structurer des coutumes faites de bric et de broc afin de fixer des cadres à leur empire. Ils ont unifié des règles, imposé l'écrit et , dans un soucis d'unité, étendu au delà du monde connu, les règles franques et le christianisme. Enfin, ils ont su résister aux forces centrifuges extèrieures.

Les rois capétiens , patiemment, ont su reconstruire un royaume, après l'échec de Verdun. C'est Louis VI matant les seigneurs voyoux, c'est Philippe Auguste donnant au pays un sentiment national à Bouvines, c'est St Louis établissant la moralité comme instrument suprême de gouvernement.

Bien après la fin de la période médiévale, la France s'est centralisée et toujours  souverains et  dirigeants ont voulu laisser un pays plus uni et plus fort que lorsqu'ils l'avaient trouvé. Louis XIV , malgré ses excès, s'est acharné à en faire la monarchie la plus puissante d'Europe tandis que son grand père, Henri IV, s'était ingénié à arrêter des guerres imbéciles de religion , rétablissant l'unité du pays.

La Révolution Française a apporté la liberté à tous mais a ensuite sombré dans la Terreur. Qu'importe, une partie de son héritage est toujours là.

Napoléon, malgré ses erreurs et ses fautes, a laissé intact un travail monstrueux de rénovation, de réformes, de ruptures : il a inventé la France moderne.

Le second Empire a transformé Paris.

La IIIe République a donné l'école laïque, gratuite et obligatoire, cette école qui a permis à Camus, à Pagnol et à tant d'autres de devenir les témoins les plus illustres de leur temps. Elle a permis l'épanouissement de temps de grands personnages comme Clémenceau, Blum, Delcassé, Poincaré.

La Ve République nous a donné une constitution, des institutions, une stabilité.

Et nous, que faisons nous ? Nous laissons détruire des églises !! Nous laissons notre patrimoine culturel, architectural, religieux partir en morceau.

Quel sera notre héritage ? La négation de ce que nous sommes ?

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Des maires sont contraints de démolir leurs églises
De notre envoyée spéciale à Saint-Georges-des-Gardes SOPHIE DE RAVINEL.
 Publié le 18 mai 2007

Pas moins de 2.800 des 15.000 églises rurales sont en péril selon un rapport rédigé par le Sénat
.
 
De moins en moins fréquentées, les églises coûtent cher à entretenir et les maires s'interrogent. Faut-il les préserver ou doit-on les démolir ? Pas de doute, de gros nuages noirs surplombent désormais les petits clochers ruraux. Comme si le tabou de leur destruction commençait à se lever. Béatrice de Andia, à la tête du nouvel Observatoire du patrimoine religieux, affirme que, sur la base d'un rapport du Sénat, « 2 800 des 15 000 églises rurales protégées » seraient « en situation de péril ». « Ce qui laisse augurer, explique cette ancienne responsable de l'action artistique de la Ville de Paris, que les bâtiments non classés, qui ne sont pas une priorité pour l'État, ont un sombre avenir devant eux. » Christian Prunier, créateur en 2003 du site clochers.org, destiné aux gé­néalogistes, reconnaît, lui, que « pour se débarrasser d'un bâtiment, il suffit de le laisser pourrir 20 ans, de l'entourer ensuite de bandes rouges pour signifier son danger puis de faire établir un arrêté de péril. La démolition n'est alors plus une honte. Elle est conseillée ». Les Français sont pourtant « viscéralement attachés » à leurs églises, dit Alain Guinberteau, créateur de 40000clochers.com, qui a lancé un concours photos couronnant le meilleur chasseur de clochers.
 
Dans la région historique des guerres de Vendée, où les chapelles ont fleuri au XIXe siècle, de plus en plus d'édiles ont franchi le pas et commencent à détruire leur clocher faute de moyens pour les entretenir.
 
DE L'HERBE folle a poussé entre les tas de pierres, de vieux carrelages et d'ardoises brisées. Un angle de mur est encore vaguement debout et des tiges de fer rouillées pointent vers le ciel. En cet endroit désolé, il y a moins d'un an, se dressait encore une église dominant toute cette région, théâtre des guerres de Vendée. Bâtie en 1870 sur un point culminant du Maine-et-Loire, à 200 mètres d'altitude, l'église paroissiale du village de Saint-Georges-des-Gardes a été démolie en août dernier. « Déconstruite », précise le maire, Gabriel Lahaye, qui, sans être un adepte du philosophe Jacques Derrida, a choisi ce terme pour son image moins violente, « plus respectueuse ».
 
La commune de 1 500 habitants possède une autre église et, ne pouvait pas supporter les charges d'une réhabilitation : bien au-delà du million d'euros. Les églises construites avant 1905 sont, en effet, à la charge des collectivités locales. « On m'a­vait dit : tu le regretteras ! Mais il n'y a rien à regretter », assure Gabriel Lahaye. Un habitant, Gérald Eloire, a bien tenté de s'opposer à la démolition avec une lettre ouverte au maire, la création d'une association, la mobilisation des médias. En vain. Cet athée convaincu, qui avait choisi de s'installer dans ce village justement pour le charme de son église, n'a entraîné qu'une poignée d'habitants derrière lui. Et récolté beaucoup d'hostilité.
 
Le maire, qui va faire construire un petit oratoire de style contemporain sur le site de l'ancienne église, assure que « d'au­tres communes s'apprêtent à franchir ce pas ». La région est en effet pleine d'églises construites au XIXe siècle pour accueillir une population très pratiquante et en pleine croissance, en « réparation » aussi de la Révolution, quitte alors à détruire des églises trop petites ou trop abîmées qui avaient pourtant, elles, une réelle valeur architecturale. À 18 km de cette colline des Gardes, en effet, Bernard Briodeau, maire « plutôt centriste »e siècle contre laquelle avait été édifié le bâtiment au XIXe.
de Valanjou, affirme avoir tourné les plans, les expertises, les aides régionales ou départementales et les comptes communaux dans tous les sens avant de se rendre à l'évidence : l'église Saint-Martin de son village est aussi vouée à la disparition. À terme, il espère ne conserver qu'une tour défensive du XV
 
« Acte sacrilège »
 
Pour l'instant, la démolition ne concerne que le clocher et la chambre des cloches. Comme à Saint-Georges-des-Gardes, le clergé, affectataire des lieux, n'a pas bronché. La messe est célébrée dans une autre église de cette petite commune blottie dans les chemins creux et qui ne compte pas moins d'une cinquantaine de chapelles, oratoires ou calvaires. « La pratique a nettement chuté ces dix dernières années, souligne le maire, et les catholiques pratiquants acceptent la décision. Ils savent leur foi plus forte que des vieilles pierres sans valeur. La priorité de l'Église, aujourd'hui, ce sont les pierres vivantes ! » En revanche, Bernard Briodeau a reçu des lettres de personnes parfois extérieures à la commune, anonymes ou non, lui promettant « le feu de l'enfer » s'il commettait « cet acte sacrilège ». « Je sais, admet-il, que dans cette région, on ne touche pas à une église, même si la messe est un lointain souvenir. C'est historique et viscéral. Mais que puis-je faire ? »
 
Maire de Gesté, à 45 km de là, Michel Baron dit lui aussi avoir cherché d'autres solutions. D'au­tant que l'église, très vaste, dont le conseil municipal vient de voter la démolition, est la seule de la commune de 2 500 habitants. La messe y est encore célébrée. À la place, le maire promet de construire « une salle de 500 places, susceptible d'être divisée en deux, moderne, facile à chauffer, attirante pour les jeunes... » Le curé de la paroisse, Pierre Pouplart, reste sur la réserve. « Ce sont les affaires de la commune, esquisse-t-il, je comprends qu'elle s'interroge sur le coût de l'entretien. » Responsable de l'art sacré pour ce diocèse d'Angers, le père André Boudier observe : « Les églises de qualité doivent être sauvegardées. Pour les autres, il faudra accepter de les détruire et de construire à la place des édifices mieux adaptés aux besoins d'aujourd'hui... »
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