Par le président de la Sorbonne, PITTE Jean-Robert
Le bac est devenu une imposture. Le niveau du bac baisse d’année en année : sa médiocrité est entretenue par la complicité des correcteurs et le renoncement des responsables de l’Education nationale. L’épreuve du bac stresse les candidats et leurs parents, alors qu’elle ne sert à rien.
Jean-Robert Pitte, président de l’Université Paris-Sorbonne, sort de son devoir de réserve. Il nous alerte sur le naufrage du bac qui, à terme, peut faire sombrer tout un pays. Il est urgent de sauver de la déroute des centaines de milliers de lycéens, victimes chaque année de ce dévastateur mensonge d’Etat.
Un trop grand nombre de ces jeunes se retrouvent ensuite livrés à eux-mêmes, dans des universités qui ne peuvent rien face à l’afflux d’étudiants qui n’ont ni le niveau ni les aptitudes pour répondre aux exigences des études supérieures. Ils en sortent déçus et meurtris.
Le bac fête cette année ses 200 ans, il est urgent de le réformer.
Pourquoi cette politique de l'autruche ? Parce que le rapport pointe aussi quelques vérités dérangeantes : certains enseignants de primaire s'accommodent très facilement de cet état d'échec. J'en connais quelques un qui me disent sans honte "de toutes façons, pour lui, rien à faire". Hé bien si, il y a toujours à faire : du soutien scolaire, de la pédagogie différenciée, de l'aide au devoir, faire appel à la psychologie scolaire (un bon suivi du Rased peut faire des miracles) et surtout, surtout discuter honnêtement avec les parents, sans les incendier mais en les mettant devant leurs responsabilités. Un enfant qui a du mal à lire en CP, s'il ne lit pas à la maison le soir avec ses parents, est un enfant qui sera en difficulté. Cela doit se dire, les yeux dans les yeux. Et tant pis, si ça vexe.