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The International Civil Liberties Alliance is a project of the Center for Vigilant Freedom Inc.  We are an international network of groups and individuals from diverse backgrounds, nationalities and cultures who strive to defend civil liberties, freedom of expression and constitutional democracy.

We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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The Center for Vigilant Freedom

19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 22:35
Les Renseignements Généraux, démographes de « l’islamisation »
Par leravi - 3/09/2004

Début juin, la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) posait sur le bureau de Dominique Villepin un rapport alarmiste sur le « repli communautaire » dans les banlieues. La délinquance change de camp, la voilà religieuse...

« Survivances culturelles, vie associative repliée sur elle-même, montée du prosélytisme intégriste... », le cauchemar islamique selon les RG est protéiforme, situé quelque part entre la polygamie, le kebab et la crèche musulmane. Réalisé par la section “dérives urbaines” de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG), le rapport tire en effet la sonnette d’alarme. Il se construirait une « identité négative » dans certaines banlieues, « qui mélange les cultures d’origine, les valeurs des cités et des références rudimentaires à l’Islam » (1). Bref, une véritable hérésie républicaine... Pourtant, ce travail, selon le Monde qui l’a “dévoilé” en juillet au public, n’a aucune valeur scientifique, il n’utilise aucunes statistiques officielles et les critères y sont éminemment subjectifs. Par exemple, « le port d’habits orientaux » ou l’émergence d’un « tissu associatif communautaire » dont on a peine à voir l’imminence du danger... Le but avoué, plutôt bruyamment dans les médias pour un rapport confidentiel, est donc essentiellement de souligner une tendance. Laquelle, bien médiatisée, bat effectivement à plate couture tous les travaux des vrais experts sur le terrain. Car, comme l’explique la sociologue Sophie Body-Gendrot (2), « l’utilisation abusive des statistiques officielles émises par la police chaque année permet aux médias, au discours politique et aux porte-parole « auto-proclamés » de l’opinion, de tirer avantage de l’anxiété diffuse de la population ».

L’islamo-délinquance

Depuis les attentats parisiens et les émeutes des cités des années 90, les Renseignements généraux se sont dotés d’une section “Villes et banlieues”, créée en 1991. Dans le même temps, le plus souvent à l’initiative du syndicat SCHFPN, la célèbre discrétion de ces services “spéciaux” en a pris un sacré coup. Notamment sur la délinquance des jeunes issus de l’immigration, les fonctionnaires de cette noble institution n’ont jamais été aussi bavards. Colloques, communiqués de presse, interviews, rapports qui “fuient” ou encore ouvrages et conférences du prolixe commissaire divisionnaire Richard Bousquet, l’heure est à la confidence publique (3). Et en près de quinze ans de recherches sur le terrain, les “experts-policiers” ont pu affiner leur analyse des violences urbaines, passant allègrement d’une émeute à une mosquée clandestine, des rodéos de voitures volées au port du voile, du deal de shit à l’ouverture d’une épicerie arabe, comme signes indubitables de la sensibilité de ces quartiers. Dans la version 2004, ces quartiers sont donc « en voie de ghettoïsation » et la menace, c’est l’islamisation galopante de tous ces petits sauvageons de banlieue, qui cessent d’arracher des sacs à la portière pour se faire pousser la barbe et prier dans des mosquées clandestines.

Les “terroristes” de banlieues

Comme ultime preuve accablante, les Renseignements généraux sortent quelques chiffres sur l’extension des Salafites et des Taglibh, ces prêcheurs islamistes des cités dont la présence a été constatée dans plus de 200 quartiers, selon le rapport. Bizarrement, dans cet éventail d’un islam vécu comme extrémiste, et qui est en réalité plus militant que “terroriste”, les RG n’évoquent pas les “Frères Musulmans”, dont l’une des branches est l’UOIF, membre pourtant très controversé du Conseil du Culte Musulman, créé à l’initiative de Sarkozy en 2002. Quant aux deux autres mouvements, effectivement en réelle expansion dans les banlieues, ils sont sous haute surveillance des RG depuis les attentats terroristes de 1995. Pour autant, leur but est généralement fort éloigné de ce sujet. Les salafites (“salafs” comme on dit dans les cités) et surtout les Taglibh, surnommés parfois les « Témoins de Jéhovah de l’Islam », sont des religieux missionnaires dont l’action ressemble étrangement à celle des mouvements de scoutisme catholique. Leur présence en banlieue permet souvent une baisse du nombre d’émeutes et une certaine reprise en main de la jeunesse, notamment délinquante. Ce mouvement a ainsi permis à beaucoup de jeunes musulmans désocialisés de retrouver une dignité et un islam du “juste milieu” (4). [ndlr : le bien connu djihadisme pacifique]

Valérie Patte

(1) Termes du rapport, cités dans Le Monde, 6 juillet 2004 (2) Sophie Body-Gendrot, professeur des universités à la Sorbonne, chercheur au CNRS, a écrit de nombreux ouvrages sur les politiques urbaines et notamment sur la violence dans les villes. (3) Laurent Mucchielli “L’expertise policière des violences urbaines”, Cahiers Information Sociale, 2002 (4) Moussa Khedimellah, chercheur à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), spécialiste du Taglibh.


L’islamisation « galopante »... en chiffres

Michèle Tribalat, démographe, a participé en 1992 à la première enquête de l’Insee qui prenait en compte les immigrés et leurs enfants. En 2000, elle claque la porte du Haut Conseil à l’Intégration lors de la rédaction du rapport “L’Islam en France”, en désaccord avec leurs estimations du nombre de musulmans en France. Selon les recherches de Tribalat, les “possiblement” musulmans seraient au nombre de 3,7 millions, et non de 6 millions comme l’estime l’Etat, ou même 8 millions selon le Front National. “Possiblement”, car à l’instar de la population française “de souche” dont seulement 8% est catholique, les Français d’origine maghrébine ne sont pas forcément musulmans.

Par ailleurs, il y a en PACA 76% d’adolescents étrangers ou d’origine étrangère dans les centres d’éducation fermés, contre 20% en Bretagne. En 1999, la population immigrée y représentait 9,5% de la population, la moyenne nationale étant de 6,5%.

Sur un forum islamiste, débat au sujet d'un futur attentat à Paris :

undefinedLe 4 janvier 2008, le forum islamiste Al-Ekhlas (www.ek-Is.org, hébergé par NOC4Hosts en Floride), affiche le message d'un participant se faisant appeler Al-Murabit Al-Muwahhid ("le combattant monothéiste du djihad") qui énumère les avantages d'un attentat à Paris. Il estime qu'un tel attentat entraînerait l'effondrement de l'économie française et servirait d'avertissement aux autres pays européens "qui collaborent à la guerre contre les pays musulmans".

Un attentat briserait en outre le "siège de la sécurité" imposée à la population musulmane de France et permettrait la création de cellules terroristes actives dans les capitales des pays européens voisins. Après avoir fourni une liste de cibles possibles, composée d'attractions touristiques et de lieux à haute fréquentation, l'auteur spécule sur les conséquences d'un tel attentat et le bénéfice qu'en tirerait le djihad mondial.

Ce texte a suscité de nombreuses réactions, notamment des suggestions à caractère pratique concernant le type d'attaque à perpétrer, les cibles possibles, etc.

Ci-dessous des extraits du texte d'Al-Murabit Al-Muwahhid et des réactions suscitées:



"Cet attentat brisera le pouvoir de Sarkozy"

Après avoir fourni une liste des principaux lieux touristiques, quartiers, cafés et commerces parisiens, l'auteur écrit: "(…) ces données, que j'ai obtenues sur le site de Wikipedia (…) permettront aux moudjahidine de choisir les cibles [d'attentats] (…) et de les classer par ordre d'importance. Paris est une grande capitale, aussi bien en termes symboliques qu'en termes de densité du trafic aérien (…) L'aéroport Charles de Gaulle de Paris (…) est le 5èmeplus grand aéroport [au monde]. Cela prouve que Paris n'est pas seulement une capitale à caractère symbolique, mais l'un des principaux centres d'activité commerciale au monde. Mon frère Moudjahid, une [seule] catastrophe à Paris, et tu verras combien d'entreprises économiques et combien d'affaires s'effondreront (…)

Quant aux individus à cibler, le maire de Paris serait un [candidat] légitime [à un assassinat] pour des raisons médiatiques. Si nous parvenons à le supprimer, le pouvoir de Sarkozy s'en trouvera brisé.

Les opérations [susceptibles d'être perpétrées à Paris] se divisent en deux catégories: (…) celles qui visent les sites les plus fréquentés et les plus significatifs en termes économiques (…) et celles qui visent des figures parisiennes marquantes - en premier lieu le maire.

Avantages [d'un attentat à Paris]:

1. L'effondrement de l'économie française, ce qui affaiblirait la position française dans le monde ;

2. Contenir Sarkozy et contrecarrer ses ambitions relatives au Maghreb islamique ;

3. Retourner l'opinion française contre ce misérable infidèle [Sarkozy] et affaiblir sa popularité ;

4. Ce serait une leçon pour les pays voisins, notamment l'Allemagne et tous ceux qui se battent contre les pays musulmans ;

5. Les habitants des [autres] capitales européennes craindraient un attentat de même type [chez eux] dans le cas où leurs pays poursuivraient la guerre contre l'islam ;

6. Un attentat monterait l'opinion française contre le gang qui la dirige, si Paris perd ses grands symboles historiques et contemporains ;

7. Un communiqué expliquerait que [l'attentat] est la conséquence de la politique de la France, de son soutien aux tyrans [en référence aux dirigeants des pays islamiques] et que la participation de la France à la guerre contre l'islam démolirait complètement Sarkozy et sa politique ;

8. Expliquer que la situation des musulmans de France et la discrimination dont ils sont victimes sont l'une des raisons de l'attentat. Contrairement à ce que tout le monde pense, cela pousserait [les autorités françaises] à lever le siège [imposé par les services] de sécurité sur les [musulmans de France], dans un effort pour résoudre la crise. Cela permettrait la création de cellules [de djihad] - actives et dormantes - susceptibles d'agir dans les capitales de la région (…) ;

Quiconque souhaite poser des objections et discuter [du sujet] est le bienvenu. Je vais demander à Allah de récompenser ceux qui font passer [ce message] aux moudjahidine du Maghreb islamique."

"Une petite cellule [terroriste] équivaut à tout une armée"

La mise en ligne de ce texte a suscité un débat entre les différents participants. Un participant se faisant appeler "Abou Kandahar" a adressé les questions suivantes à Al-Murabit Al-Muwahhid (auteur de la proposition d'origine):

1. Combien de temps faut-il compter pour préparer un attentat de qualité à Paris ?

2. Comment faire pour épargner les musulmans ?

3. Comment faire pour présenter la France de la pire des manières aux musulmans, afin de les convaincre de l'attaquer ?

4. Dans quelle mesure les musulmans [de France sont-ils favorables] à un attentat ? Car les tendances négatives se propagent malheureusement parmi eux (…), [comme la tendance] à condamner les moudjahidine et à les dénoncer, à se montrer encore plus loyal envers la France et à écarter les personnes liées au djihad et à la résistance (…)

Al-Murabit Al-Muwahhid répond comme suit à ces questions:

1. (…) Les attaques de moudjahidine sont généralement des attaques martyre. Bien que nous ayons assisté à quelques attaques au fusil, je préfère une attaque qui comprend une explosion et la capture d'otages dans un service public, à l'instar des attaques perpétrées par les héros tchétchènes. Une telle attaque recevra l'attention qu'elle mérite des médias et aura de meilleurs résultats, [comme de conduire à] demander la libération des prisonniers incarcérés dans les prisons des tyrans [en pays musulmans] et des croisés.

2. les musulmans ne fréquentent pas le centre de Paris, où se trouvent les lieux stratégiques. Ils habitent dans les banlieues éloignées, loin du centre ville, en raison de leur situation sociale précaire et de la discrimination raciale dont ils souffrent.

3. Il est possible de présenter les affrontements entre autorités françaises et jeunes musulmans des banlieues comme la principale motivation [d'une attaque], en plus de la politique et des aspirations de Sarkozy (…)

4. Mon cher frère, une cellule bien coordonnée regroupant de une à trois personnes (…) peut faire plus que tout une armée pour déstabiliser un Etat (…), en perpétrant des attentats de grande qualité sur le front intérieur français (…) Quant à la loyauté [des musulmans] envers la France, crois-moi que celle-ci ne concerne que les représentants auto-nommés de la diaspora musulmane [en France, en référence aux dirigeants communautaires] et non [tous les musulmans]. Après tout, tu vois bien que nul ne condamne les groupes de jeunes qui protestent contre la politique de discrimination raciale [visant les musulmans de France]. Donc nous n'accordons pas beaucoup de poids au facteur [de la loyauté à la France].

Sur ce dernier point, un autre participant souligne: "(…) Vous devriez vous rendre compte que les jeunes immigrés en France sont en perpétuel conflit avec les autorités françaises et qu'il existe une haine terrible entre eux et la police. Je crois qu'il est nécessaire de profiter de cette situation pour révéler au grand jour le véritable visage des Français - qui haïssent l'islam."

Al-Murabit Al-Muwahhid ajoute: "Mon cher frère, la plus grande faiblesse des autorités européennes et occidentales est la frustration [générale ressentie] face aux mesures de sécurité (…) vu que c'est la nature même des nations européennes de lutter pour se libérer des limites imposées par la sécurité, contribuant ainsi à affaiblir les autorités européennes et à faciliter la mobilité des moudjahidine."

Des membres du forum sélectionnent les cibles d'un attentat

Le débat suivant porte notamment sur le choix de cibles en France:

Un participant déclare: "(…) Paris est la ville n°1 au monde en termes de tourisme, et la plupart des lieux mentionnés par le frère Al-Muwahhid sont des lieux touristiques par excellence, non fréquentés par les Français et encore moins par les Arabes. N'oublions pas que plus de 53 millions de touristes par an visitent la France et que c'est Paris qui obtient la part du lion, la [plupart des touristes étant] américains, allemands, britanniques et japonais (…) En somme, le tourisme est un pilier central pour l'économie française. Ainsi, un attentat sur un lieu touristique représentera un coup dur pour [l'économie] française."

Un autre membre exprime le souhait d'un attentat en ces termes: "J'implore Allah pour que [ce plan] soit mis à exécution, vu qu'il est très simple de fabriquer une bombe ou de piéger une voiture. [La question est de savoir] s'il est possible de [trouver quelqu'un] qui habite Paris, adhère à l'idéologie du djihad et sache fabriquer et déployer des bombes. Mes frères, je ne veux pas vous décourager ; au contraire, je vous encourage à perpétrer une attaque (…)"


Pour obtenir la liste des cibles, contacter : memri@memrieurope.org.


Trouvé sur la toile. Etes-vous au courant?

Un mail que j'ai reçu sur la boite Cyber-Resistance:


Bonjour,

Repéré dans le conseil des communautés, créé par Manuel Aeschlimann, Mabrouk BELAYADI milite intensivement afin que l'ensemble de la communauté Musulmane Asnièroise vote pour le député maire d'Asnières. L'imam de la mosquée d'Asnières fait officiellement du lobbying pour la mairie. En contrepartie de cet apport électoral pour Manuel Aeschlimann, M BELAYADI annonce clairement et ouvertement qu'il espère bien devenir un membre influent de la mairie d'Asnières.

Ci-dessous, un premier extrait du Livre « Black, Blanc, Beur » présente la vision communautariste défendue par Manuel Aeschlimann ainsi que ses conséquences possibles sur le visage de la vie politique locale, voir nationale.

L'extrait de l'ouvrage référence de Frédéric Charpier sur Nicolas Sarkozy, illustre que même la mosquée d'Asnières a pu être infiltrée par un noyau d'islamistes radicaux. Ni les RG, ni la DST étaient au courant. C'est un journaliste qui a fait la découverte par hasard. Bien sûr, ni la revue de la mairie, ni les tracts ne nous ont informé de cet évènement.

Bonne lecture et à vous de juger !

Les potins d'Asnières



NB : De nombreux tracts et courriers, des candidats aux municipales et cantonales, arrivent dans nos boites aux lettres.  De même que le journal télévisé de 20h00, vu par tous, ne nous donne pas toujours les informations les plus importantes, de même ces tracts ne parlent pas de certains évènements essentiels qui risquent pourtant de façonner la vie future des Asnièrois et des Asnièroises.
Ce courrier se propose donc de présenter quelques sujets oubliés de la campagne Municipale ou d'approfondir certains sujets qui ne sont pas toujours abordés très rigoureusement ni très objectivement. Tous les candidats aux élections municipales, y compris Manuel Aeschlimann, reçoivent cet email afin que ces sujets importants soient abordés avant les élections. Si les candidats jouent le jeu de la transparence, les Asniéroises et les Asniérois pourront choisir leur futur maire en toute connaissance de cause.

Si vous ne voulez plus recevoir ces informations merci de le signaler par retour d'email, et dans ce cas je vous prie de bien vouloir m'excuser pour la gêne occasionnée.

Par contre, si ce sujet vous intéresse merci d'en parler à votre maire, à vos élus, à vos associations de quartiers, à vos voisins etc.



TOUTES LES VERITES SUR ASNIERES NE SONT PAS DANS « ASNIERES INFO»

Dans «  BLACK BLANC BEUR … La guerre civile aura-t-elle vraiment lieu ? » Stéphanie Marteau et Pascale Tournier (Pages 43 – 47) expliquent les relations entre le Maire d'Asnières et le président de l'Association culturelle de la Mosquée  d'Asnières, Mabrouk Belayadi.  Retrouvera t-on M. Belayadi sur la liste de M. Aeschlimann … ?
Le maire d'Asnières n'en est pas à son coup d'essai en matière de discrimination positive. Deux ans plus tôt, en 2003, il a lancé le conseil des communautés. « Tous les mois, les cent vingt représentants de cinquante nationalités se réunissent, explique Aeschlimann. L'idée, c'est de faire émerger des personnalités qui feront le lien entre les communautés et nous. » 60 % des membres du conseil sont musulmans. Pour intégrer cette instance municipale, les Asniérois issus de l'immigration doivent être cooptés. Surtout, ils doivent coller aux règles d'« exemplarité professionnelle ou familiale» exigées par la mairie. Une fois trié le bon grain de l'ivraie, Aeschlimann impose sans complexe un rapport clientéliste aux représentants des minorités, notamment originaires d'Afrique du Nord car, selon lui, « pour toucher l'électorat issus du Maghreb, il faut sortir de l'idéologie et proposer des choses concrètes1 ».
Ainsi, en 2004, après avoir propulsé un membre éminent du conseil, Mabrouk Belayadi, à la tête de l'Entente, une association culturelle et cultuelle, Aeschlimann pose la première pierre de la mosquée Al-Hidaya Al-Islamya, en présence de Nicolas Sarkozy et du président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur. La rénovation était réclamée depuis longtemps : « On a mis une sacrée pression à Aeschlimann pour avoir un minaret de douze mètres! Pour fêter ça, on a égorgé soixante-dix moutons et on a invité le préfet, tout le conseil municipal... Il y avait même un représentant de Villepin! » se souviennent des responsables du lieu de culte, sans réaliser que ce 11 octobre 2004, l'opération de séduction des musulmans d'Asnières venait d'être lancée.
Désormais, l'islam est mis sous tutelle par la mairie. Entre Aeschlimann et ses électeurs, ce sera donnant-donnant. Très à l'aise dans son rôle de capteur de voix communautaires, Mabrouk Belayadi, président de l'association qui gère la mosquée, compte bien tirer profit de la situation. « Le conseil des communautés nous servira à faire de la politique. On veut entrer au conseil municipal et peser sur les décisions.» Arrivé d'Algérie en 1992, chargé d'étude «dans la finance », Belayadi reçoit dans son bureau climatisé, une pièce un peu sombre toute proche de la salle de prière à l'entrée de laquelle s'entassent les chaussures des fidèles. La langue de bois, ce proche du maire ne connaît pas: « Ça marche très bien, le communautarisme. On n'enfreint pas les lois de la République, c'est de la démocratie participative! » Il remplit sans états d'âme sa mission de rabatteur: « Mon rôle, c'est d'aller chercher par l'oreille les musulmans et de les forcer à s'inscrire. Pour ça, j'active mes réseaux. Avec mes amis, nous pouvons aider les gens qui cherchent du travail. Après, on leur dit de s'inscrire sur les listes électorales pour constituer un lobby. Quand je pèserai plus que le FN, je tiendrai Aeschlimann », assure-t-il. Un brouhaha de voix masculines s'immisce dans la pièce. La prière est terminée. Dans la cour intérieure de la mosquée, l'imam Mi Ahmed salue quelques connaissances. Belayadi pose familièrement la main sur l'épaule du religieux: «Je lui explique que le maire fait beaucoup pour les musulmans. A la mosquée, on fait des prêches où on explique comment fonctionne le lobbying.» Coiffé d'un turban bleu, l'imam, un Touareg d'une quarantaine d'années tout juste arrivé du désert algérien, ne parle pas un mot de français,…

TOUTES LES VERITES SUR ASNIERES NE SONT PAS DANS « ASNIERES INFO»
Dans « NICOLAS SARKOZY enquête sur un homme de pouvoir »Frédéric CHARPIER, (Pages 276 – 285) explique certaines activités de l'association cultuelle de la mosquée d'Asnières ainsi que l'incroyable silence médiatique qui a suivi la non moins incroyable découverte dans un réduit de la mosquée d'Asnières…
NB : 25 rue de l'Abbé LEMIRE à Asnières cohabitent deux associations : une cultuelle et l'autre culturelle de la Mosquée d'Asnières

Cette mosquée de la rue de l'Abbé Lemire,  dirigée depuis 1990 par un imam de l'UOIF ne parlant que l'arabe, est un des 1 230 lieux de prière pour les musulmans. Suite à de longues discussions, il a donc été convenu de l'agrandir. Or, un an après la pose de la première pierre, le chantier reste inactif. Entre-temps, en octobre 2004, soit un mois après la venue de Nicolas Sarkozy, 10 000 exemplaires d'un ouvrage intitulé « A l'ombre du Coran », considéré comme la bible des islamistes radicaux, ont été découverts dans un réduit de la mosquée. Son auteur, Sayed Qotb, n'est pas n'importe quel « savant » du microcosme islamiste. Il passe pour le père spirituel de l'islam radical. Contempteur de l'Occident pourri et décadent » et adepte du retour à la pureté originelle de l'islam, il prône la terreur et le sacrifice de soi.

 Ni la DST ni la justice antiterroriste, très friande de ce genre de découvertes, ne sont à l'origine de l'exhumation. On la doit à la journaliste du Parisien qui « couvre » Asnières. Avec opiniâtreté et persévérance, car la mairie ne la ménage pas et lui a intenté divers procès depuis qu'elle l'identifie à l'opposition municipale, alors qu'elle ne fait que son métier et rien de plus.[…]
 Le 14 octobre 2004, elle publie son enquête sur la mosquée. Elle y relate la découverte des 10 000 exemplaires d' « A l'Ombre du Coran » et éclaire la personnalité de son auteur. Elle apporte aussi de nombreuses précisions. Ainsi, la traduction française de l'ouvrage a été imprimée à Beyrouth, au Liban, en 1988 et financée par les musulmans d'Asnières proches de l'UOIF. Abel Kader Achebouche, le président de l'association cultuelle qui gère la mosquée depuis 1974, a été l'instigateur de cette publication. Personnage clé du culte musulman à Asnières, il suit la plupart des dossiers importants, comme celui de la reconstruction de la mosquée. […]
 Mais un mois après la visite de Nicolas Sarkozy, ces révélations ne lui valent aucune « reprise ». Elles doivent gêner car l'article de la journaliste du Parisien passe curieusement inaperçu. Il n'y a que dans les services de renseignement qu'on en a pris connaissance, certes avec irritation. Un fonctionnaire des RG des Hauts-de-Seine confie alors à la journaliste : « Tu as foutu un sacré merdier. » Mais aucune télévision, aucun organe de la presse nationale, si prompts habituellement à dénoncer l'islam des caves » et les prêches agressifs de certains imams, n'y ont prêté attention.
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 14:22
Les Croisades: Mythe & Réalité

On entend souvent des propos de ce type : « Les croisés traversèrent l’Europe pour se rendre au Moyen-Orient. Une fois là-bas, ils pillèrent et assassinèrent les Musulmans et les Juifs, hommes, femmes et enfants sans distinction, et forcèrent les survivants à se convertir au christianisme. Ainsi ensanglantés, ils installèrent des proto-colonies européennes au Levant, qui devaient inspirer et établir un modèle pour des multitudes de colons à venir. Les croisades furent le théâtre des premières exterminations de masse, et constituent une souillure de l’histoire de l’Église catholique, de l’Europe et de la civilisation occidentale. L’horreur fut telle que le pape Jean-Paul II finit par demander pardon au monde musulman pour les croisades. » Y a-t-il du vrai là-dedans ?

Non. Pratiquement toutes les affirmations de ce paragraphe sont fausses, bien qu’étant régulièrement avancées par de nombreux « experts ».

Mythe PC: les croisés établirent des colonies européennes au Moyen-Orient

Faisant route vers l’Orient en réponse à l’appel du pape Urbain, les principaux chefs croisés rencontrèrent l’empereur byzantin Alexis Comnène. Celui-ci persuada chacun d’entre eux d’accepter, conformément aux souhaits d’Urbain II, de rendre à l’Empire byzantin tout territoire qu’ils conquerraient. Les croisés changèrent d’avis au sujet de cet arrangement après le siège d’Antioche en 1098. Alors que le siège s’était prolongé au-delà de l’hiver et que des armées musulmanes venues de Mossoul progressaient vers la ville, les croisés attendaient que l’empereur et ses troupes viennent leur prêter main forte. Mais l’empereur avait reçu des informations indiquant que la situation des croisés à Antioche était désespérée, et fit rebrousser chemin à son armée. Ce qui fut ressenti comme une trahison par les croisés et les rendit furieux. Après avoir pris Antioche et triomphé contre toute attente, ils renièrent leurs engagements envers Alexis et commencèrent à établir leurs propres gouvernements.

Il ne s’agissait cependant pas de structures coloniales. Les états latins du Levant n’auraient certainement pas été considérés comme des « colonies » par quiconque connaissant bien la Virginie, ou l’Australie, ou les Indes orientales néerlandaises des siècles suivants. D’une façon générale, une colonie est un territoire gouverné par une puissance lointaine. Mais les états croisés n’étaient pas gouvernés depuis l’Europe de l’ouest ; les gouvernements qui s’y formèrent n’avaient de comptes à rendre à aucune puissance occidentale. Et les dirigeants croisés ne détournèrent pas les richesses de leurs contrées pour les envoyer en Europe. Ils n’avaient d’arrangement économique avec aucun pays européen. Les croisés établirent leurs états dans le but d’assurer la protection permanente des Chrétiens en Terre Sainte.

En fait, de nombreux croisés cessèrent de se considérer comme Européens. Le chroniqueur Foucher de Chartres écrit:

Considérez, je vous prie, et méditez sur la manière dont Dieu, à notre époque, a transféré l’Occident en Orient. Car nous, qui étions occidentaux, sommes maintenant devenus orientaux. Celui qui était Romain ou Franc est devenu, sur cette terre, Galiléen ou Palestinien. Celui qui était de Reims ou de Chartres est désormais citoyen de Tyr ou d’Antioche. Nous avons déjà oublié nos lieux d’origine ; nombre d’entre nous les ignorent déjà, ou en tout cas n’en parlent plus. Certains possèdent ici des demeures et des serviteurs qu’ils ont reçus par héritage. Certains ont épousé une femme venant non pas de leur peuple, mais de celui des Syriens, ou des Arméniens, ou même de Sarrasins ayant reçu la grâce du baptême. Certains ont dans ces peuples des beaux-pères, ou des beaux-fils, ou des fils adoptifs, ou des pères adoptifs.Il y a ici, aussi, des petits-enfants et des arrière-petits-enfants. L’un cultive la vigne, l’autre les champs. Les expressions et les tournures les plus éloquentes de différentes langues se mêlent dans leur conversation. Des mots pris à chacune sont devenus le patrimoine commun à tous, et ceux qui ignorent leurs origines se trouvent unis dans une même foi. Comme il est dit dans les Écritures, « le lion et le bœuf mangeront de la paille ensemble ». Celui qui est né ailleurs est maintenant presque indigène ; et celui qui était de passage est maintenant un compatriote. [1]

De plus, une autre caractéristique du colonialisme, à savoir l’immigration à grande échelle de population venant du pays d’origine, ne s’est pas réalisée : aucun flux de colons n’est venu d’Europe pour s’installer dans les états croisés.

Mythe PC: la prise de Jérusalem, évènement singulier dans l’histoire médiévale, causa la défiance des Musulmans envers l’Occident

Après un siège de cinq semaines, les croisés entrèrent dans Jérusalem le 15 juillet 1099. Le compte-rendu contemporain d’un Chrétien anonyme a gravé la scène dans la mémoire du monde :

À ce moment, l’un de nos chevaliers, du nom de Liétaud, escalada le mur de la ville. Bientôt, dès qu’il fut monté, tous les défenseurs de la ville s’enfuirent des murs à travers la cité et les nôtres les suivirent et les pourchassèrent en les tuant et les sabrant jusqu’au temple de Salomon, où il y eut un tel carnage que les nôtres marchaient dans leur sang jusqu’aux chevilles. […]L’émir qui commandait la Tour de David se rendit au comte [de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles] et lui ouvrit la porte à laquelle les pèlerins avaient coutume de payer tribut. Entrés dans la ville, nos pèlerins poursuivaient et massacraient les Sarrasins jusqu’au temple de Salomon, où ils s’étaient rassemblés et où ils livrèrent aux nôtres le plus furieux combat pendant toute la journée, au point que le temple tout entier ruisselait de leur sang. Enfin, après avoir enfoncé les païens, les nôtres saisirent dans le temple un grand nombre d’hommes et de femmes, et ils tuèrent ou laissèrent vivant qui bon leur semblait. Au-dessus du temple de Salomon s’était réfugié un groupe nombreux de païens des deux sexes, auxquels Tancrède et Gaston de Béarn avaient donné leurs bannières [pour les protéger]. Les croisés coururent bientôt par toute la ville, raflant l’or, l’argent, les chevaux, les mulets et pillant les maisons, qui regorgeaient de richesses. Puis, tout heureux et pleurant de joie, les nôtres allèrent adorer le Sépulcre de notre Sauveur Jésus et s’acquittèrent de leur dette envers lui.[2]

Lire un compte rendu enthousiaste d’un massacre si gratuit heurte nos sensibilités modernes ; telle est la différence existant entre les attitudes et les principes d’antan et d’aujourd’hui. De façon similaire, trois des principaux chefs de la croisade, Daimbert, archevêque de Pise, Godefroi, duc de Bouillon, et Raymond, comte de Toulouse, se vantent des exploits accomplis par les croisés à Jérusalem dans une lettre adressée au pape Pascal II en septembre 1099 : « Si vous désirez savoir quel sort fut réservé aux Infidèles qui s’y trouvaient, sachez que, dans le portique et le temple de Salomon, les cavaliers s’avançaient dans le sang des Sarrasins qui s’élevait jusqu’aux genoux de leurs chevaux. » [3] Fait significatif : Godefroi lui-même, l’un des chefs de croisade les plus respectés, ne prit pas part à cette boucherie ; peut-être était-il plus conscient que les simples soldats de ce que ce comportement trahissait les principes des croisés.

Baudri, évêque de Dol et auteur d’une Histoire de Jérusalem au début du XIIème siècle, rapporte que les croisés tuèrent entre vingt et trente mille personnes dans la ville. [4] C’est probablement une exagération, mais les sources musulmanes citent des chiffres encore plus élevés. Bien que les plus anciennes d’entre elles ne donnent pas de décompte, Ibn al-Jawzi, écrivant une centaine d’années après les faits, dit que les croisés « tuèrent plus de septante mille Musulmans » dans la mosquée d’al-Aqsa. Ibn al-Athîr, un contemporain de Saladin, le chef musulman qui remporta d’impressionnantes victoires contre les croisés à la fin du XIIème siècle, donne les mêmes chiffres. [5] Mais l’historien du XVème siècle Ibn Taghribirdi consigne cent mille victimes. L’ampleur de ce massacre a crû au cours des siècles, au point que l’ancien président des États-Unis Bill Clinton raconta en novembre 2001 à Georgetown, dans une université catholique de premier plan, que les croisés ne se contentèrent pas de tuer tout soldat ou tout homme musulman, mais aussi « toutes les femmes et tous les enfants de religion musulmane trouvés sur le mont du Temple » jusqu’à ce que le sang ruisselle non pas jusqu’à leurs chevilles, comme rapporté par l’anonyme chroniqueur chrétien, mais « jusqu’aux genoux », reprenant les mots de Daimbert, Godefroi et Raymond. [6]

Cette atrocité, cet outrage, fut – on nous l’a dit et répété – le « point de départ d’une hostilité millénaire entre l’Islam et l’Occident ». [7] Il serait peut-être plus exact de dire que ce fut le point de départ d’un millénaire de diffusion de revendications anti-occidentales et de propagande. Le sac de Jérusalem par les croisés fut un crime odieux – particulièrement si on l’examine à la lumière des principes moraux et religieux qu’ils proclamaient soutenir. Cependant, selon les usages militaires de l’époque, il ne fut pas extraordinaire. En ces temps-là, c’était un principe de guerre couramment accepté que si une ville assiégée résistait à la capture, elle pouvait être mise à sac, et que si elle se rendait, on pouvait user de pitié. Quelques récits relatent que les croisés promirent aux habitants de Jérusalem qu’ils seraient épargnés, puis qu’ils revinrent sur leur promesse. D’autres nous disent qu’ils permirent à nombre de Juifs et de Musulmans de quitter la ville en sécurité. Le comte Raymond de Toulouse donna personnellement son sauf-conduit au gouverneur fatimide de Jérusalem, Iftikhar ad-Dawla. [8] Dans l’esprit d’un croisé, quand de telles garanties ont été données [à ceux qui se sont rendus], ceux qui restent dans la ville sont d’autant plus susceptibles d’être identifiés avec la résistance – et de le payer de leur vie. [9] 

Et qu’en est-il de ces flots de sang arrivant aux chevilles ou au genoux ? Ce sont des effets de rhétorique. Et c’est ce que tout le monde aura compris à l’époque où les chroniqueurs chrétiens et les chefs de la croisade louaient l’exploit. En fait, de tels flots ne sont même pas physiquement possibles. La population de Jérusalem tout entière n’aurait pu saigner autant, même en admettant qu’elle ait été remplie de réfugiés des régions environnantes. Le fait que le pillage de Jérusalem ne sorte pas vraiment de l’ordinaire explique probablement le laconisme des premiers récits musulmans concernant cet épisode. Vers 1160, deux chroniqueurs syriens, al-‘Azimi et Ibn al-Qalanissi, décrivirent l’évènement chacun de leur côté. Aucun n’offre d’estimation du nombre de victimes. Al-‘Azimi dit seulement que les croisés « se tournèrent vers Jérusalem et l’enlevèrent des mains des Égyptiens. Godefroi la prit. Ils brûlèrent l’église des Juifs. » Ibn al-Qalanissi ajoute quelques détails : « Les Francs donnèrent l’assaut à la ville et en prirent possession. Un certain nombre des citadins se réfugièrent dans le sanctuaire et bien des gens furent tués. Les Juifs se rassemblèrent dans leur synagogue, et les Francs les y brûlèrent vifs. Le sanctuaire, assuré de se voir en sécurité, se rendit à eux le 22 chaaban [14 juillet], et ils détruisirent les lieux saints et le tombeau d’Abraham ». [10] Ce n’est que plus tard que les écrivains musulmans réalisèrent la valeur de propagande que pouvait revêtir le fait de souligner (et de gonfler) le nombre des morts.

Quoi qu’il en soit, il est bien attesté que les armées musulmanes se sont souvent comportées exactement de la même façon en pénétrant dans une ville conquise. Ce n’est pas pour excuser la conduite des croisés en montrant des incidents similaires et en suggérant que « tout le monde le faisait », comme les apologistes islamiques le font fréquemment lorsqu’ils sont confrontés aux réalités du terrorisme jihadiste moderne. Une atrocité n’en excuse aucune autre. Mais cela montre que le comportement des croisés à Jérusalem fut comparable à celui d’autres armées de la même époque – puisque tous souscrivaient aux mêmes règles de siège et de résistance.

Ainsi, en 1148, le commandant musulman Nur ed-Din n’hésita pas à donner l’ordre de tuer tout Chrétien à Alep. En 1268, lorsque les forces jihadistes du sultan mamelouk Baybars prirent Antioche aux croisés, Baybars fut ennuyé de découvrir que le dirigeant latin, le comte Bohémond IV, avait déjà quitté la cité. Il lui écrivit pour s’assurer qu’il ait connaissance de ce que ses troupes avaient commis à Antioche :

Que n’as-tu vu tes chevaliers prosternés sous les sabots des chevaux, tes demeures subir l’assaut des pillards et saccagées par eux, tes richesses pesées au quintal, tes dames vendues par quatre et achetées pour un dinar de ton propre argent ! Tu aurais vu les croix de vos églises brisées, les pages des faux Testaments éparpillées, les tombeaux des patriarches retournés. Tu aurais vu ton ennemi musulman piétiner l’endroit où vous célébrez la messe, couper la gorge des moines, des prêtres et des diacres sur les autels, amener une mort brutale aux patriarches et l’esclavage aux princes royaux. Tu aurais vu le feu parcourir tes palais, tes morts brûler en ce monde avant de tomber dans les feux du suivant, ton palais rendu méconnaissable, l’église Saint-Paul et la cathédrale Saint-Pierre démolies et détruites ; alors tu aurais dit, « Que ne suis-je poussière, et qu’aucune lettre ne m’ait jamais amené de telles nouvelles! » [11]

La plus célèbre de toutes est peut-être la prise de Constantinople par les jihadistes le 29 mai 1453, lorsque – tout comme les croisés en 1099 à Jérusalem – les attaquants vinrent à bout de la résistance au terme d’un siège prolongé. Ici coulent à nouveau des rivières de sang, comme le note l’historien Steven Runciman. Les soldats musulmans « tuèrent toute personne qu’ils trouvèrent dans les rues, hommes, femmes, enfants, sans discrimination. Le sang ruisselait depuis les rues escarpées des hauteurs de Petra jusqu’à la Corne d’Or. Mais bientôt le désir de massacre fut assouvi. Les soldats réalisèrent que des captifs et des objets précieux leur apporteraient un plus grand bénéfice ». [12]

Comme les croisés, qui violèrent les sanctuaires à la fois de la synagogue et de la mosquée, les Musulmans saccagèrent couvents et monastères, les vidant de leurs habitants, et pillèrent les résidences des particuliers. Ils pénétrèrent dans Sainte-Sophie, qui pendant près de mille ans avait été la plus majestueuse des églises de la Chrétienté. Les fidèles s’étaient rassemblés dans ses murs bénis pour prier durant les ultimes souffrances de la ville. Les Musulmans interrompirent la célébration de l’orthros (matînes), et les prêtres, selon la légende, emportèrent la vaisselle sacrée et disparurent dans la muraille orientale de la cathédrale, par laquelle ils reviendront un jour achever le service divin. Les plus âgés et les plus faibles furent mis à mort, les autres réduits en esclavage.

Lorsque le massacre et le pillage furent terminés, le sultan ottoman Mehmet II ordonna à un clerc islamique de monter en chaire à Sainte-Sophie et d’y proclamer le credo musulman (« il n’y a de dieu qu’Allah, et Mahomet est son prophète »). La magnifique vieille église devint mosquée ; des centaines d’autres, à Constantinople et ailleurs, subirent le même sort. Des millions de Chrétiens rejoignirent les misérables rangs des dhimmis ; d’autres furent asservis, et un grand nombre martyrisés.

Mythe PC: Le chef musulman Saladin était plus clément et magnanime que les croisés

L’une des plus célèbres figures des croisades est le guerrier musulman Saladin, qui rassembla une grande partie du monde islamique derrière lui et infligea de lourds revers aux croisés. À notre époque, Saladin est devenu le prototype du guerrier musulman tolérant et magnanime, la « preuve » historique de la noblesse de l’Islam et même de sa supériorité sur le mauvais Christianisme, occidental et colonialiste. Dans « Les Croisades vues par les Arabes », Amin Maalouf présente les croisés comme à peine plus que des sauvages, qui se gorgent même de la chair de leurs victimes. Mais Saladin ! « Il était toujours affable avec ses visiteurs, insistant pour les retenir à manger, les traitant avec tous les honneurs, même s’ils étaient des infidèles, et satisfaisant à toutes leurs demandes. Il ne pouvait accepter que quelqu’un vienne à lui et reparte déçu, et certains n’hésitaient pas à en profiter. Un jour, au cours d’une trêve avec les Franj [les Francs], le ‹ brins ›, seigneur d’Antioche, arriva à l’improviste devant la tente de Salaheddin et lui demanda de lui rendre une région que le sultan lui avait prise quatre ans plus tôt. Il la lui donna ! » [13] L’adorable nigaud ! Si on la lui avait demandée gentiment, il aurait peut-être donné la Terre Sainte toute entière !

En un sens, c’est vrai : Saladin se mit en campagne contre Jérusalem en 1187 parce que des croisés commandés par Renaud de Châtillon, ayant peut-être médité sur l’exemple du prophète Mahomet, s’étaient eux aussi mis à piller des caravanes, mais des caravanes musulmanes dans le cas présent. Les dirigeants chrétiens de Jérusalem ordonnèrent à Renaud de cesser, parce qu’ils savaient que ses agissements mettaient en danger la survie même du royaume. Mais il continua ; à la fin, Saladin, qui cherchait un prétexte pour entrer en guerre avec les Chrétiens, trouva motif à agir dans les incursions de Renaud. [14]

On fait grand cas de ce que Saladin traita les Chrétiens de Jérusalem avec magnanimité lorsqu’il reprit la ville en Octobre 1187 – en net contraste avec le comportement des croisés en 1099. Cependant, le vrai Saladin ne fut pas le proto-multiculturaliste, sorte de Nelson Mandela avant la lettre, qu’on fait de lui aujourd’hui. Lorsque ses troupes défirent les croisés de manière décisive à Hattin le 4 juillet 1187, il décréta l’exécution en masse de ses adversaires chrétiens. Selon son secrétaire, Imad ed-Din, Saladin « ordonna qu’ils soient décapités [conformément au verset coranique 47:4, «Lorsque vous rencontrez les incrédules, frappez-les à la nuque (…) »], choisissant de les voir morts plutôt qu’emprisonnés. Un cortège d’érudits islamiques et de soufis et un certain nombre d’hommes dévots et ascétiques l’accompagnaient ; chacun d’entre eux sollicitait d’être autorisé à participer à l’exécution, et tirait son sabre, et remontait ses manches. Saladin, le visage gai, siégeait sur son estrade ; les infidèles affichaient un noir désespoir ». [15]

En outre, quand Saladin et ses hommes entrèrent dans Jérusalem peu de temps après, leur magnanimité n’était guère que du pragmatisme. Il avait initialement prévu de mettre à mort tous les Chrétiens de la cité. Toutefois, il céda devant les avertissements du commandant chrétien de Jérusalem, Balian d’Ibelin, qui menaçait de détruire la ville et d’y tuer tous les Musulmans avant que Saladin n’y pénètre. Une fois dans la place, il réduisit néanmoins en esclavage nombre de Chrétiens qui n’avaient pas les moyens d’acheter leur sortie. [16]

Mythe PC : les Croisades furent lancées non seulement contre les Musulmans, mais aussi contre les Juifs

Il est malheureusement vrai que les croisés prirent les Juifs pour cible en plusieurs occasions. Certains groupes de croisés se sont crus autorisés à se détourner de la mission qui leur avait été assignée par le pape Urbain. Lors de la première croisade, excités par des prédicateurs antisémites, un contingent d’hommes qui faisaient route vers l’Orient se mirent à terroriser et à massacrer les Juifs d’Europe. Le comte Emich de Leiningen et ses troupes parcoururent la Rhénanie, tuant et pillant les communautés juives de cinq villes : Spire, Worms, Mayence, Trèves et Cologne. Certains évêques locaux tentèrent d’éviter ces massacres, et le comte Emich et sa suite trouvèrent finalement la mort en tentant d’étendre leur pogrom en Hongrie. Toutefois, le mal était fait ; les échos de ces « exploits » parvinrent au Moyen-Orient et décidèrent nombre de Juifs à s’allier avec les Musulmans et à combattre les croisés. Cinquante ans après, d’autres hommes, liés à la seconde croisade, reprirent le massacre de Juifs en Rhénanie.

Tout ceci est inexcusable, et constitue de plus une énorme erreur de jugement.

Il aurait été beaucoup plus sage de la part des croisés de voir dans les Juifs, confrères dhimmis, des alliés naturels dans la résistance au jihad islamique. Les Musulmans traitaient Juifs et Chrétiens à peu près de la même manière : mal. Il est dommage qu’aucun des deux groupes ne vit jamais en l’autre un compagnon d’infortune de la dhimmitude et un associé potentiel dans la lutte contre l’oppression. Cependant, même de nos jours, huit cents ans après la dernière croisade, ce genre de raisonnement reste rare, et il est donc peut-être injuste de l’attendre de la part des croisés.

De toute façon, peut-on dire que le mauvais traitement des Juifs a constitué un trait caractéristique des croisades en général ? Pas selon les sources historiques. L’appel à la première croisade d’Urbain II lors du concile de Clermont ne dit pas un mot des Juifs, et le clergé fut le principal adversaire d’Emich de Leiningen. En fait, le pape Urbain lui-même condamna les attaques du comte. Bernard de Clairvaux, l’un des principaux planificateurs de la deuxième croisade, se rendit en Rhénanie et mit fin lui-même aux persécutions dont étaient victimes les Juifs, déclarant : « Les Juifs ne doivent point être persécutés, ni mis à mort, ni même bannis. Interrogez ceux qui connaissent la divine Écriture. Que lit-on de prophétisé dans le Psaume, au sujet des Juifs ? Dieu, dit l’Église, m’a donné une leçon au sujet de mes ennemis : ‹ ne les tuez pas, de crainte que mes peuples ne m’oublient.› » [17] Les papes et les évêques appelèrent à maintes reprises à ce que l’on cesse de maltraiter les Juifs.

Même après le carnage et le massacre des Juifs lors de la prise de Jérusalem, durant la période d’existence des états latins d’Outre-mer, les Juifs préférèrent en général vivre dans les zones contrôlées par les Francs, et ce en dépit de l’indéniable hostilité que les Chrétiens d’Europe manifestaient à leur égard. [18] Ils savaient que le sort qui les attendait dans les territoires musulmans était pire encore.

Mythe PC : Les croisades furent plus sanglantes que les campagnes de jihads islamiques.

Les croisés commirent un massacre à Jérusalem; Saladin et ses troupes non. C’est devenu emblématique de ce que la culture populaire sait des croisades: oui, les Musulmans conquéraient, mais les habitants des pays vaincus leur faisaient bon accueil. Ils étaient justes et magnanimes envers les minorités religieuses de leurs territoires. Par contre, les croisés étaient sanguinaires, rapaces, et impitoyables.

Nous avons montré que ce que la culture populaire dit sur ce sujet était complètement erroné. Saladin ne s’abstint de massacrer les habitants de Jérusalem que par pragmatisme, et les conquérants musulmans ont aisément égalé et surpassé la cruauté des croisés à Jérusalem en plusieurs occasions. Les conquérants musulmans n’étaient pas les bienvenus, mais se voyaient opposer une résistance tenace, et y répondaient avec une extrême brutalité. Une fois au pouvoir, ils instauraient de dures mesures répressives contre les minorités religieuses.

Le pape a-t-il demandé pardon pour les croisades?

« Très bien », pourriez-vous dire, « mais en dépit de tout que vous racontez, les croisades restent une tache sur la réputation de la civilisation occidentale. Après tout, même le pape Jean Paul II a présenté des excuses à leur sujet. Pourquoi aurait-il fait cela si elles n’étaient pas considérées aujourd’hui comme des actions réprimandables ? »

L’idée que le pape Jean Paul II ait demandé pardon pour les croisades est en effet très répandue. À sa mort, le Washington Post rappela à ses lecteurs que « durant son long pontificat, Jean Paul II présenta ses excuses aux Musulmans pour les croisades, aux Juifs pour l’antisémitisme, aux Orthodoxes pour le sac de Constantinople, aux Italiens pour les liens du Vatican avec la Mafia et à la communauté scientifique pour la persécution de Galilée. » [19]

Vaste liste, mais Jean Paul II ne demanda jamais pardon pour les croisades. La chose qui s’en rapproche le plus que l’on puisse trouver est cet extrait de son homélie du 12 mars 2000, « journée du Pardon » : « nous ne pouvons manquer de reconnaître les infidélités à l’Évangile qu’ont commises certains de nos frères, en particulier au cours du second millénaire. Demandons pardon pour les divisions qui sont intervenues parmi les chrétiens, pour la violence à laquelle certains d’entre d’eux ont eu recours dans le service à la vérité, et pour les attitudes de méfiance et d’hostilité adoptées parfois à l’égard des fidèles des autres religions. » [20] On ne peut pas dire que cela constitue des excuses explicites pour les croisades. Quoiqu’il en soit, au vu de la véritable histoire des croisades, de telles excuses ne se justifient pas.

Les croisés ne méritent pas la condamnation du monde, mais plutôt – comme nous allons le voir – sa gratitude.

______________
[1] Foucher de Chartres, « Historia Hierosolymitana », Livre III chapitre 37, dans «
Recueil des historiens des croisades, historiens occidentaux », p. 468.
[2] « Histoire anonyme de la première croisade », éditée et traduite par Louis Bréhier, Paris, Éditions “Les Belles Lettres”, 1964 (1924), pp.
195-207.
[3] « Inventaire des lettres historiques des croisades », Archives de l’Orient Latin, New York, AMS Press, 1978 (1881), pp. 201-204. Traduction prise dans J.F.A. Peyré, « Histoire de la Première Croisade », Paris, Aug. Durand, 1859, vol. 2,
pp. 494-498
.
[4] Moshe Gil, « A History of Palestine 634-1099 », Cambridge University Press, 1992,
p. 827.
[5] Francesco Gabrieli, « Chroniques arabes des Croisades», Actes Sud, 197x, p.xx. Aussi chez Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, chap. 3 (p. 69 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[6]
Discours tenu par B. Clinton à l’Université de Harvard le 19 novembre 2001
[7] Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, prologue à l’ouvrage (p. 10 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[8] Jacques Heers, « La première croisade – Libérer Jérusalem 1095-1107 », éditions Perrin, collection Tempus, 1995, p. 225.
[9] Les croisés reniant leur promesse, voir Moshe Gil, « A History of Palestine 634-1099 », Cambridge University Press, 1992,
p. 827. Les croisés laissant s’enfuir certains, voir Thomas F. Madden, « The New Concise History of the Crusades », Rowman & Littlefield, 2005, p. 34.
[10] Cité par C. Hillenbrand, « The Crusades: Islamic Perspectives », Oxford: Routledge, 2000,
p. 64-65. Aussi en version écourtée chez Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, chap. 3 (p. 69 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[11] Francesco Gabrieli, « Chroniques arabes des Croisades », Actes Sud, 197x, p. 3xx. Aussi en version écourtée chez Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, chap. 14 (p. 285 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[12] Steven Runciman, « The Fall of Constantinople 1453 », Cambridge University Press, 1965,
p. 145. Voir aussi Jacques Heers, « Chute et mort de Constantinople 1204-1453 », éditions Perrin, 2005, p. 254.
[13] Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, chap. 10 (p. 208 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[14] Thomas F. Madden, « The New Concise History of the Crusades », Rowman & Littlefield, 2005, p. 74.
[15] Thomas F. Madden, « The New Concise History of the Crusades », Rowman & Littlefield, 2005, p. 76.
[16] Thomas F. Madden, « The New Concise History of the Crusades », Rowman & Littlefield, 2005, p. 78.
[17] St Bernard de Clairvaux, «
lettre 363 adressée au clergé d’Occident»,
[18] Jonathan Riley-Smith, « The Oxford Illustrated History of the Crusades », Oxford University Press, 1997, 116.
[19] Alan Cooperman, «
For Victims, Strong Words Were Not Enough», Washington Post, 3 avril 2005.
[20] Pape Jean Paul II, «
Messe pour la journée du Pardon de l’année sainte 2000 », 12 mars 2000

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Benoît XVI : la folie serait de s'excuser

Tiens le Figaro se réveille...pour combien de temps ?

«Il est impératif de rappeler que le concept de guerre sainte est absent des écritures chrétiennes» lit-on....

"Alors qu'en 1096 s'ébranle la première croisade au cri de «Dieu le veut !» emmenée par le Brabançon Godefroid de Bouillon, ceux que l'on n'appelait pas encore les croisés répondent à un appel lancé par le pape Urbain II : il faut délivrer les lieux saints de la chrétienté tombés sous le joug musulman."

Trois générations d'historiens marxistes ne doivent pas faire oublier ce qui fut la motivation profonde (et revendiquée) des croisés chrétiens : la foi. Les musulmans avaient pris Jérusalem dès le VIIe siècle, au début de leur expansion foudroyante dans le bassin méditerranéen ; l'occupation s'était durcie sous les Fatimides (destruction du Saint-Sépulcre) et aggravée encore avec l'arrivée des Turcs (interdiction des pèlerinages chrétiens).

D'abord couronnées de succès, les croisades s'achevèrent avec le départ des chrétiens, après deux cents années de guerres, de massacres ignobles et de mémorables faits d'armes. Dans un contexte où la croisade est l'anathème que l'on jette à la figure de tout chrétien qui interroge le caractère pacifique de l'islam, il est important de rappeler que le concept de guerre sainte est absent des écritures chrétiennes et qu'il ne fut développé, mille ans après la mort du Christ, qu'en réponse au formidable djihad musulman. Mille années encore ont passé et voici qu'un autre pape, Benoît XVI, souligne le caractère crucial dans la pensée islamique du concept de djihad (guerre sainte), et déplore la violence dont il est porteur.

Eh quoi ? Quelqu'un pourra-t-il donner tort au Saint Père ? Le djihad n'est-il pas un aspect cardinal de l'islam, institué en pilier de la foi par les chiites ?

«Attention, répond-on généralement à ceux qui interrogent la notion, il convient de distinguer le petit djihad du grand djihad» : le djihad guerrier du djihad mené par l'homme en son for intérieur contre ses propres passions. Le djihad est un concept ambivalent, certes, mais aucun docteur de la foi islamique jamais, dans aucune des écoles du Fiqh (droit islamique), n'a contesté l'impératif de la guerre sainte ; et si les références au djihad contre les passions existent dans les textes de l'islam, elles sont littéralement noyées dans les références à la nécessité du djihad comme guerre sainte. Ce n'est un hasard que pour les idéologues et ceux qui ne veulent pas voir que les musulmans, tout au long de l'histoire, aient constamment porté la guerre dans les territoires infidèles au nom de leur foi.

Quand même Benoît XVI se serait-il fourvoyé sur le fond, mais qui s'embarrasse encore de ces scrupules ? Quod non, ce qui est en cause est l'une des valeurs qui fondent la civilisation occidentale, depuis les brumes de l'Antiquité grecque (isegoria) jusqu'à nos constitutions modernes : la liberté d'expression, le droit de critiquer, la liberté d'analyser des textes et d'exprimer une opinion à leur sujet. S'excuser d'une dissertation érudite abaisserait non seulement l'Église catholique romaine, mais ne ferait que reculer une confrontation désormais inévitable et qui ne pourrait qu'empirer.

Il est temps de quitter la vision onirique de ces intellectuels, parfois bien intentionnés, qui marient l'islam, en l'état, avec la modernité et de rappeler, fermement, que certaines valeurs sont indérogeables. En abdiquant la liberté dont elle a donné le concept au monde, l'Europe ne ferait qu'ajouter le déshonneur à une défaite dont plus rien, alors, ne pourrait la garder.

Par le directeur de l'institut Hayek

Autre extrait, celui de l'article d'Alain-Gérard Slama :

Le discours du Pape est une synthèse puissante du débat sur les rapports entre foi et raison qui opposait alors les modernistes catholiques aux conservateurs, tenants de l'autorité de la tradition. Une polémique byzantine de 1391, confrontant l'empereur érudit Manuel II Paléologue à un Persan lettré sur le christianisme et l'islam a servi de tremplin à Benoît XVI pour compléter dans un sens moderniste la thèse de Jean-Paul II, selon laquelle la raison des Lumières sans la foi conduit au nihilisme et est, par nature, totalitaire. Sans citer son prédécesseur, le Pape s'est efforcé de montrer que, réciproquement, la foi sans la raison, autrement dit sans le Verbe de la Bible, sans le Logos grec des Évangiles, conduit à la violence.

Ce raisonnement vise tous les traditionalismes, tous les fanatismes de l'autorité qui, en particulier au sein du monde chrétien, ont favorisé les croisades et l'Inquisition. Mais comme le contradicteur de Manuel II est musulman, comme celui-ci défend la thèse du principe d'autorité pur et absolu d'un Dieu exigeant une soumission totale à son arbitraire et ce choix, de la part de Benoît XVI, ne saurait être innocent ! – il n'en a pas fallu davantage pour que l'islam tout entier se trouve agressé par la mise en évidence d'une objection que ses théologiens n'ont jamais ignorée et que, à la différence des chrétiens, leur incapacité de s'unifier en une Église leur interdit de surmonter.

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Aujourd’hui comme hier : Deux poids et deux mesures…

Page 141 du P.I.G.
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Bill Clinton suggéra dans un de ses discours que l’on peut voir le sac de Jérusalem en 1099 comme étant la cause ultime des attaques du 11 septembre. Pourtant, le sac de Constantinople par les musulmans en 1453 n’enflamme aucune mémoire. Aucun président ne l’a désigné comme étant la cause de quelque acte terroriste moderne que ce soit. Et en définitive, il est plus méconnu de nos jours qu’une autre mise à sac de Constantinople : celle commise par de bien mal guidés Croisés en 1204. (1)

C’est un exemple de l’étrange et machinal “deux poids, deux mesures”‘ qu’emploient les tenants du politiquement correct lorsqu’ils analysent le comportement d’Occidentaux et de non-Occidentaux : tout massacre, toute atrocité peut être pardonnée à des peuplades non-occidentales, non-blanches, non-chrétiennes, mais les méfaits commis par des Occidentaux chrétiens (ou même post-chrétiens) demeurent piqués tels des échardes dans la mémoire collective mondiale. En 2004 et 2005, les scandales de la prison d’Abou Ghraib ont fait l’objet d’une attention horrifiée de par le monde, souvent de la part de ceux-là même qui minimisent ou ignorent les maux bien pires provenant des agissements de Saddam Hussein, d’Oussama ben Laden, ou du Hamas. Ce qui revient à admettre tacitement un fait que l’establishment P.C. nierait vigoureusement en toute autre circonstance : les normes morales du Christianisme sont plus élevées que celles de l’Islam, et on attend plus non seulement des Chrétiens pratiquants, mais aussi de ceux qui ont été imbibés par ces valeurs en vivant dans les sociétés que le Christianisme a modelées.

(1) Discours tenu par B. Clinton à l’Université de Harvard le 19 novembre 2001: http://www.news.harvard.edu/specials/2001/clinton/clintonspeech.html

The-Politically-Incorrect-Guide-to-Islam--and-the-Crusades-.jpg

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 03:34
Salman Rushdie
Plon, 1999

Fascinant, extraordinaire, envoûtant, déroutant, bouillonnant, surprenant mais aussi, et surtout, très blasphémateur! Néanmoins, le livre étant d'un abord assez difficile, il est conseillé d'avoir un minimum de connaissance sur le Coran et la vie de Mahomet pour goûter pleinement tous les assauts de Rushdie contre le fondateur de l'islam. Car les situations dans lesquelles est placé Mahomet ne pouvaient que susciter le courroux de la communauté musulmane: dans le chapitre II Mahomet se fait berner et prononce des injonctions sataniques au peuple qu'il tente d'amener à sa suite, dans le chapitre VI le bordel local dispose de prostituées qui choisissent chacune un des noms de ses épouses, seul moyen pour les clients de manifester pour quelques instants un peu d'irrespect envers le nouveau tyran et la religion imposée, et dans le chapitre VIII des pèlerins musulmans se noient dans une mer dont ils croyaient, dans leur folie, qu'elle allait s'ouvrir pour les amener à La Mecque. Piteuse défaite d'un homme adulé par plus d'un milliard de croyants, méprisable aussi sa vie faite d'intolérance et de bêtise, absurde hallucination collective du pèlerinage à La Mecque. Salman Rushdie ridiculise le personnage de Mahomet ce qui lui vaudra l'appel au meurtre proféré par l'ayatollah Khomeiny en 1989. Les religions sont dénoncées comme des sources d'oppression. Le talent immense de l'auteur incarne l'ange Gabriel, Satan, Mahomet et ses femmes dans des personnages multiples par le jeu de prénoms proches phonétiquement. Le lecteur est alors entraîné dans un vertige où l'imaginaire, les rêves, les délires et la réalité (londonienne ou indienne) se côtoient sans cesse, la frontière étant extrêmement ténue ou même absente. Mais Les versets sataniques ne se limite pas à un réquisitoire contre Mahomet, l'ouvrage est si vaste qu'il englobe aussi les multiples préoccupations et expériences de l'auteur: la colonisation anglaise en Inde, la capitale Londres, sa grandeur et ses déceptions, les problèmes communautaires, le cinéma indien avec sa profusion de films et ses intérêts consuméristes, les rencontres de personnages improbables, l'amour, un mirage lui aussi. Un livre imprévisible, unique, où la surprise attend et déroute le lecteur à chaque page.

Les versets « sataniques »

 
Là encore, c’est de sources musulmanes inattaquables (al Tabari et Waqidi) que nous tenons l’histoire des Versets Sataniques dont on doit en fait l’expression dans les années 1850 à Sir W. Muir auteur du célèbre livre « The Life of Muhammad ».

Avant de fuir à Médine, Mahommet s’était assis en compagie de quelques hommes influents de La Mecque, à proximité de la Kaaba. C’est alors qu’il se mit à réciter la sourate 53 qui décrit les deux premières visites de Gabriel :

(…)

Il l’a vu (Gabriel), en vérité, une autre fois à côté du jujubier de la limite, auprès duquel se trouve le Jardin de la Demeure ; au moment où le jujubier était enveloppé par ce qui le couvrait. Son regard ne dévia pas, et ne fut pas abusé. Il a vu les plus grands Signes de son Seigneur. Avez-vous considéré al Lat et al-Uzza, et l’autre, Manat, la troisième ?



A ce moment, Satan aurait fait dire à Mahomet des paroles de compromission et de réconciation :

Ce sont des femelles très élevées dont l’intercession, en véritée, doit être demandée.

Bien sûr, les Mecquois étaient ravis qu’il reconnût leurs divinités, et l’on dit qu’ils auraient prié avec les musulmans. Mais Mahomet fut (re)-visité par Gabriel qui le réprimanda et lui expliqua que la vraie fin du verset aurait dû être :

Le mâle est-il pour vous, et pour Lui, la fille ? Quel partage inique ! Ce ne sont vraiment que des noms que vous et vos pères leur avez attribués. Allah ne leur a accordé aucun pouvoir.


Cet épisode a toujours embarrassé les musulmans qui ont le plus grande peine à croire que le Prophète ait pu faire une telle concession à l’idolâtrie. Il est cependant impossible de l’ignorer si on accepte l’authenticité des documents musulmans. Il semble d’ailleurs impensable qu’une telle histoire ait pu être inventée par un musulman aussi dévôt qu’Al Tabari ou qu’il aurait pu l’accepter d’une source douteuse. En outre, elle explique pourquoi certains musulmans qui avaient fui en Abyssinie étaient rentrés chez eux : ils avaient appris que les Mecquois s‘étaient convertis. De toute évidence, il ne peut s’agir d’une soudaine défaillance de Mahomet. Il aurait donc, au contraire, minutieusement calculé son coup pour gagner l’appui des Mecquois.

Cela dit, elle jette naturellement de sérieux doutes sur la sincérité de Mahomet. Même si Satan lui avait réellement mis ces mots à la bouche, quelle foi pourrions nous avoir en un homme qui peut être aussi facilement corrompu par l’esprit du mal ? Pourquoi Allah le laissa-t-il faire ? Comment pouvons-nous être sûrs que d’autres passages ne sont pas inspirés par le diable ?

D’ailleurs la trahison temporaire des principes qui étaient les siens n’a pas qu’un épisode unique.

Enhardi par la consolidation de son pouvoir à Médine, il décida que les temps étaient venus de prendre la Mecque. Réalisant au dernier instant que le moment n’était pas encore propice, il changea d’avis et entreprit de négocier avec les Mecquois. Par le traité d’Hudaybiyyah (628), Mahomet obtint le droit de faire un pèlerinage à la Mecque et en retour il promit de ne pas se faire appeler prophète et de ne pas pratiquer les rites de l’islam. Bien entendu, cette trêve il allait rapidement la rompre.

Cette propension à dire une chose puis une autre quand cela l’arrangeait semble même être la marque de fabrique de sa stratégie et se retrouve à de nombreuses reprises dans le Coran.

Les théologiens musulmans eux en ont conçus une doctrine bien pratique qui leur permet de combler les contradictions avec cette propension à l’opportunisme qui semble être un des traits saillants de la carrière du Prophète. Selon cette doctrine, certains passages du Coran sont abrogés par des versets révélés ultérieurement, qui ont un sens différent, voire totalement opposé. Ceci fut enseigné à Mahomet avec la Sourate 2 verset 106 :

Dès que nous abrogeons un verset ou dès que nous le faisons oublier, nous le remplaçons par un autre, meilleur ou semblable.

D’après Al Suyuti, le nombre de versets ainsi abrogés est estimé entre 5 et 500. Faire cela, annuler une révélation et la substituer par une autre, était affirmait Mahomet tout à fait possible à Allah. Procédé douteux, mais de toute évidence dans le pouvoir de Mahomet, au point qu’on est étonné de voir que ses amis, aussi bien que ses adversaires, aient permis qu’il introduise dans son système un procédé aussi accommodant.

Al Suyuti donne en exemple le verset 240 de la sourate 2 qui est abrogé et remplacé par le verset 234. Comment me direz-vous, un verset antérieur peut-il abroger un verset ultérieur ? Tout simplement parce que les sourates ne sont pas classées par ordre chronologiques mais par ordre de longueurs décroissantes. Lorsqu’ils abordent des questions doctirnales, les commentateurs sont donc obligés de choisir arbitrairement un ordre chronologique.

Les spécialistes occidentaux ont donc été tenté de rétablir l’ordre chronologique. Bien qu’il y ait encore de nombreuses différences qui portent sur des points de détail, il semble malgré tout que l’on soit parvenu à un large consensus sur la répartition des sourates entre celles qui appartiennent à la période mecquoise ( la première période) et celles qui rélèvent de la période médinoise. N’est-il pas intéressant de voir combien une parole divine dite « éternelle » peut être liée à la notion du temps ?

Mais tout remède porte son mal et les musulmans ne se sont tirés d’un pétrin que pour se fourrer dans un autre. Les contradictions internes peuvent certes être expliquées par la méthode de classement, mais est-il normal qu’un Dieu tout-puissant, omniscient et omnipotent révisât Ses commandements aussi souvent ? A t-Il besoin de communiquer des révélations qui nécessitent d’aussi fréquentes modifications ? Ne peut-Il pas les faire justes du premier coup ? Après tout n’est-Il pas la Sagesse ? Pourquoi ne délivre-t-Il pas la version définitive en premier ?

IL semble qu’en ces temps-là, on interpellait le Prophète de façon plutôt insistante. C’est à ceux-là que répondent les versets 101 et 102 de la sourate 16 :

Lorsque nous changeons un verset contre un autre verset- Allah sait ce qu’Il révèle- ils disent : « Tu n’es qu’un faussaire ! » Non ! Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. Dis (leur) : « L’esprit de sainteté l’a fait descendre avec la Vérité, de la part de ton Seigneur comme une direction et une bonne nouvelle pour les soumis, afin d’affermir les croyants. »

En partant du principe que le Coran est la parole d’Allah, il ne devrait pas contenir la moindre trace d’imperfection intellectuelle. Pourtant, l’incongruité de ces deux versets est manifeste. Mais naturellement qu’Allah sait ce qu’Il révèle ! Et c’est précisemment pour cette raison que les protestataires étaient suspicieux. Evidemment, même les Arabes illetrés de l’Hedjaz pouvaient comprendre que le Allah tout-puissant, sachant ce qui convenait le mieux à Ses créaturees, aurait dû prescrire ce qui était le mieux pour elles en tout premier lieu et qu’Il n’aurait pas dû changer d’avis comme Ses créatures imparfaites le font.

La doctrine de l’abrogation se raille aussi du dogme musulman qui affirme que le Coran est une transcription sincère des écritures originales qui sont conservées au ciel et qu’il ne peut pas être modifié. Si la parole d’Allah est éternelle, non créé et universelle, alors comment peut-elle être remplacée ou devenir obsolète ? Est-ce que des paroles d’Allah doivent être préférées à d’autres paroles d’Allah ? Apparemment oui et ce sont environ, selon Muir, 200 versets qui sont annulés par des versets ultérieures. Ainsi le paradoxe du Coran, c’est qu’il est récité, dans sa totalité, comme étant la parole d’Allah, alors que certains de ses passages ne sont pas authentiques ou plutôt reconnus comme finalement faux !

Prenons un exemple : tout le monde sait que les musulmans n’ont pas le droit de boire du vin en vertu de la prohibition inscrite dans la sourate 2 verset 219. Pourtant la lecture de la sourate 16 verset 67 en surprendra plus d’un :

« Vous retirez une boisson enivrante et un aliment excellent des fruits des palmiers et des vignes. Il y a vraiment là un signe pour un peuple qui comprend ! »

Dans leur traduction, Dawood remplace vin par « boissons alcoolisées », Prickthall parle de « boisson forte » et Sale, usant d’une de ces expressions qui font le charme du 18ème siècle, préfère « liqueurs enivrantes ». Yusuf Ali prétend que sakar (le mot arabe litigieux) signifie « boisson saine » et, dans une note, insiste sur le fait qu’il s’agit de boissons non alcoolilsées. Ensuite, au dernier moment, il concède que si sakar doit être pris dans le sens de vin fermenté, alors il ne peut se référer qu’à une période antérieure à la prohibition de l’alcool : dans ce cas ce serait une sourate de la période mecquoise et la prohibition daterait donc de Médine. Ouf l’honneur est sauf !

Nous comprenons maintenant combien la doctrine de l’abrogation est utile aux érudits en difficulté. Cependant, elle n’est pas sans poser quelques problèmes aux apologistes, car tous les passages qui prêchent la tolérance appartiennent à la période mecquoise (la période la plus ancienne) tandis que les passages qui recommandent les exécutions, les décapitations, les mutilations, sont médinoises. Autrement dit, Allah aurait abrogé la tolérance par l’intolérance. Tel le fameux verset 5 de la sourate 9 : « Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez »….Et quand l’on sait que pour Mahomet les chrétiens étaient des polythéistes…


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On se cache comme le faisait Rushdie


En 1989, Salman Rushdie est allé se planquer sous protection de la police britannique. Une décennie plus tard, il a décidé qu’il ne voulait pas vivre ce genre de vie. Il est sorti de sa réclusion pour vivre une vie plus ou moins normale. Il avait appris la plus grande des leçons, à propos de comment il est facile d’être astreint à vivre terré dans l’ombre. C’est ce qui aujourd’hui arrive de plus en plus au monde libre, jour après jour, à travers de très petites concessions accordées à des groupes qui s’offensent de n’importe quoi et qui demandent le droit de te tuer pour n’importe quelle offense.



Mark Steyn - 24 juin 2007 - OCREGISTER


À peu près un an après que l’Ayatollah Khomeini ait condamné Salman Rushdie à se faire bouffer par la plèbe islamique (1989), le romancier avait participé, après de gros arrangements côté sécurité, à un show de télé londonien très artsy. L’animateur était Melvyn Brass, un ponte du petit écran. Ça avait été frappant de constater avec quelle vitesse l’interview avait pris la forme très bénigne de l’usuel jacassage littéraire. Lord Bragg ramenait Rushdie à ses romans pré-fatwa. « Après votre premier livre, », disait lentement Bragg, « qui n’a pas été particulièrement bien reçu… »

C’est supposé être le pire que puisse endurer un romancier. Ses livres ne sont "pas particulièrement bien reçus", c'est-à-dire que d’insignifiants critiques ont écrit des niaiseries dans le New Yorker et le Guardian. Dans l’univers moelleux de la littérature anglaise, on s’est surpris que "ne pas être particulièrement bien reçu" puisse signifier que des gouvernements étrangers mettent votre tête à prix, tuant vos éditeurs et traducteurs. Mais encore là, la clique littéraire a eu de la misère à prendre ça à la lettre. Après quelques bulletins de nouvelles bourrés de musulmans britanniques brûlant le livre de Rushdie dans les rues anglaises, les néants culturels de la BBC se sont assis dans un sofa de talk-show pour déplorer l'affreux "symbolisme" de cette attaque contre les "idées".

Dans tout ça, absolument rien n’était symbolique. S’ils ont brûlé des livres, c’est parce qu’ils n’ont pas été capables de brûler Rushdie lui-même. Si sa femme et ses enfants s’étaient pointés, ils les auraient volontiers brûlés, comme la foule a joyeusement brûlé à mort 37 Turcs à Sivas. Leur crime? D'être dans le même hôtel qu’un des traducteurs du romancier. Quand les musulmans britanniques en appellent au meurtre de Rushdie, c’est exactement ce qu’ils veulent dire, c'est exactement ce qu'ils veulent faire. Depuis une mosquée du Yorkshire, Mohammed Siddiqui écrivait à l’Independent pour cautionner la fatwa, citant le Coran, Sura 5, versets 33-34.

« La punition pour ceux qui font la guerre à Dieu et ses apôtres, qui y vont avec force et qui partout répandent la malice, c’est l’exécution, la crucifixion, l’ablation en position inversée des mains et des pieds, ou encore l’exil. »

Apparemment, la dernière sanction ne faisait pas partie des options.

Pendant l’Affaire Rushdie, la Grande-Bretagne a compris plusieurs choses de travers, comme l’avaient d’ailleurs fait les États-Unis 10 ans plus tôt, durant le siège de leur ambassade. Mais aujourd'hui, on est en 2007, plus de deux décennies après que l’Iran ait revendiqué sa souveraineté sur des sujets britanniques (Rushdie), près de trois décennies après que l’Iran ait revendiqué sa souveraineté sur le territoire américain (l’ambassade américaine de Téhéran). Qu’est-ce qu’on a donc appris? J’étais avec divers parlementaires britanniques l’autre jour, et on jasait des scènes d’Islamabad, Pakistan, où les usuels activistes du club death-to-the-Great-Satan avaient brûlé l'effigie de la reine pour protester contre l’anoblissement de Rushdie.

J’ai dit à mes amis Londoniens qu’il fallait bien en convenir avec les conseillers de Tony Blair, et qu'après que la Royal Navy ait été humiliée par des kidnappeurs iraniens, faire Salman Rushdie Chevalier pour "services rendus à la littérature"… quelle meilleure manière, pour le vieux lion britannique édenté, de montrer qu’il est encore un acteur digne de ce nom? Étant donné que son principal service rendu à la littérature ait été d’introduire la langue anglaise au mot "fatwa", on doit assumer qu’un fonctionnaire britannique typiquement cynique a perçu cette pratique comme une manière pas trop couteuse d’envoyer chier les mollahs.

Mais non. Il semble que le gouvernement de Sa Majesté ait été entièrement pris par surprise par tous ces drapeaux britanniques brûlés aux nouvelles du matin.

Est-ce que c’est vraiment vrai? Dans une réponse classiquement inapte, Margaret Beckett, la secrétaire aux affaires étrangères, a émis quelque chose du genre de "évidemment nous sommes désolés s’il y a eu mécompréhension", péniblement imbriqué dans une déclaration où elle a réussi à insinuer que Rushdie avait été honoré en tant que représentant de la communauté musulmane. Mais il n’en est pourtant pas un! C’est un ex-musulman. Il ne représente qu’une chose, et c’est la volonté de la communauté musulmane de vous tuer si vous tentez de la quitter. Prisonnière de l'obsolescente pensée bergère qu’est le multiculturalisme, Mme Beckett, instinctivement, a vu en Rushdie le membre d’une minorité exotique, et non pas un individu libre et autonome.

En deux décennies, c’est là où on en est arrivé. Pourtant, on aurait bien dû réussir à apprendre quelque chose. Dans le monde musulman, la critique artistique peut être mortelle. En 1992, le poète Sadiq Abd al-Karim Milalla a trouvé, lui aussi, que ses réalisations "n’étaient pas particulièrement bien reçues". Il a été décapité pas des Saoudiens pour avoir suggéré que Mohammed avait lui-même pondu le Coran. En 1998, le chanteur algérien Lounès Matoub s’était décrit comme "ni Arabe ni musulman". Pas longtemps après, il s’est découvert ni vivant ni debout. C’est gens-là ne sont pas des célébrités. Ils n’assistent pas à la Soirée des Oscars en se félicitant consanguinement de leur courage d’avoir osé dénoncer le fascisme de Bush et de Rove. Si on ne peut pas faire grand-chose à propos de la liberté d’expression en Iran ou en Arabie Saoudite, on devrait au moins faire notre part pour que les standards saoudiens et iraniens ne s’installent pas dans l’Ouest.

Beaucoup des problèmes qu’on a actuellement avec l’Iran proviennent de ce qu’on n’ait rien fait, autrefois, à propos des mêmes genres de problèmes. Des types comme l’Ayatollah Khomeini détestent les nationalistes panarabes comme Nasser, qui ont tenté d’imposer au monde musulman une variante locale du Marxisme. Khomeini s’est dit : pourquoi importer les fausses idéologies d’une civilisation en déroute? Ça serait pas mieux, plutôt, d’exporter l’islamisme au cœur même de l’Ouest déclinant?

Pour un gars qu’on pensait presque tous fou, Khomeini avait pas mal de bon sens. La fatwa Rushdie a établi les règles de bases. Le côté qui dit ce qu’il veut vraiment s’en tire toujours. La foule a marché un peu partout en Grande-Bretagne, en appelant au meurtre d’un citoyen britannique. Pour des raisons politiques de sensibilité multiculturelle, la police britannique a baissé les bras et s’est efforcée de regarder du mauvais côté.

Un de mes lecteurs anglais s’est souvenu d’une manifestation où il avait demandé à un policier pourquoi les "leaders de la communauté musulmane" n’étaient pas arrêtés pour incitation au meurtre. L’officier lui a répondu "fuckoff ou je t’arrête". Les authentiques "musulmans modérés" se faisaient imposer le silence, et les pseudo musulmans modérés donnaient dans le flou artistique. Sir Iqbal Sacranie, qui plus tard est devenu le boss d’un des plus éminents lobbys musulmans britanniques, spéculait quant à lui sur la fatwa Rushdie : "La mort, c’est peut-être trop facile".

En 1989, Salman Rushdie est allé se planquer sous protection de la police britannique. Une décennie plus tard, il a décidé qu’il ne voulait pas vivre ce genre de vie. Il est sorti de sa réclusion pour vivre une vie plus ou moins normale. Il avait appris la plus grande des leçons, à propos de comment il est facile d’être astreint à vivre terré dans l’ombre. C’est ce qui aujourd’hui arrive de plus en plus au monde libre, jour après jour, à travers de très petites concessions accordées à des groupes qui s’offensent de n’importe quoi et qui demandent le droit de te tuer pour n’importe quelle offense. En deux décades, ce qui est arrivé à Rushdie s’est transformé en métastase, en partie à cause de nos réponses initiales, beaucoup trop molles. "La mort, c'est peut-être trop facile". Peut-être. Mais un lent suicide sociétal l’est encore plus.


 

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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 23:46
Qu’est ce que le sionisme ?

Le sionisme est un mouvement politique incluant de nombreuses nuances et différentes factions, les différents commentateurs ont offert des définitions du sionisme variées en fonction de leurs objectifs. Il ne sont pas tous historiquement ou idéologiquement précis et ils font des généralisations.

Le "sionisme" a plusieurs significations différentes:

1. Une idéologie - l'idéologie sioniste soutient que le peuple juif est un peuple comme les autre et qu’il devrait se rassembler dans un seul pays. Le sionisme était identique aux mouvements de libération nationaux italiens et allemands du dix-neuvième siècle. Le terme "sionisme" a été apparemment inventé en 1891 par le publiciste autrichien Nathan Birnbaum, pour décrire cette nouvelle idéologie, il a été employé aussi à posteriori pour décrire les premiers efforts et idées visant à faire retourner les juifs vers leur patrie d’origine sur la base de différentes raisons. Le sionisme est une idéologie qui concerne aussi les chrétiens évangéliques voulant que le peuple juif retourne en Israël afin d'accélérer l’avènement de Jésus Christ. 

2. Un terme précis -  le terme "sionisme" a été apparemment inventé en 1891 par le publiciste autrichien Nathan Birnbaum, pour décrire la nouvelle idéologie.  Il est également employé pour décrire n'importe qui croyant que les juifs devraient retourner vers leur patrie antique.

3. Un mouvement politique - le mouvement sioniste a été fondé par Théodore Herzl en 1897, incorporant les idées de premiers penseurs comme celles de l'organisation de l’Hovevei Tziyon ("les amoureux de Zion"). 

 

Une définition de sionisme - voici une définition de l'idéologie sioniste qui est historiquement correcte et n'exclue aucune tendance sioniste ni ne fait pas du sionisme la "propriété" d'une faction politique particulière :

 

Le sionisme est le mouvement national de renaissance des juifs. Il soutient que les juifs sont un peuple et ont donc le droit à leur auto-détermination dans leur propre foyer national. Il vise à fixer et à soutenir un foyer national légalement reconnu pour les juifs dans leur patrie d’origine et à lancer et stimuler une renaissance de la vie, de la culture et de la langue nationale juive. 

Qu’est ce qui n'est pas du sionisme ?

Tous ce que le mouvement sioniste a accompli ou ce que les sionistes font ou disent n’est pas nécessairement du sionisme

Ce n’est pas uniquement une histoire d’état - le sionisme n'était pas, historiquement et officiellement un mouvement pour créer "un état juif." Le premier congrès sioniste à Bâle, Suisse, dans 1897 décrète :

Le sionisme cherche à établir un foyer légal pour le peuple juif en Palestine.

Les sionistes ont donc cherché l’accord des gouvernements pour établir un foyer national sous leur protection. Beaucoup ont pensé que les objectifs du programme de Bâle ont été réalisés avec la déclaration de Balfour de 1917 ainsi que le mandat pour la Palestine accordés par les Anglais en 1922. Cependant, les Anglais ont par la suite renoncé à leur obligation du mandat pour soutenant un foyer juif. En 1942, en opposition à la politique britannique, les résolutions de la conférence de Biltmore ont pour but de créer un état juif en Palestine. Ce fut dans un certain sens forcé par les circonstances mais ce n'était pas le but original du sionisme.

Ce n’est pas uniquement une histoire de religion - il y a beaucoup de Sionistes religieux et les premiers partisans du retour à Sion au 19ème siècle étaient des rabbins. Cependant, les fondateurs du mouvement sioniste n'étaient pas religieux et le mouvement sioniste n'est ni religieux ni un retour "à la terre promise."

Ce n’est pas une histoire de frontières - le sionisme ne s’est jamais préoccupé de frontières. Quelques programmes développé par les sionistes ont envisagé un foyer juif hors de la Palestine,  des Sionistes ont envisagé un état Bi-national (le parti du Mapam), alors que d'autres (les "Révisionnistes") insistaient sur le fait que l'état juif devait être établi des deux côtés du fleuve de la Jordanie, dans l’intégralité du territoire du mandat britannique.

Ce n’est pas une histoire de prendre à certains ou d’en rejeter d'autres - bien que l'histoire du sionisme se soit rapidement mélangé avec les aspirations nationalistes arabes, le sionisme n'était pas au sujet de prendre la terre à  d'autres ou d'exclure les autres. Le projet "colonial" sioniste a visé à acheter la terre en Palestine, pour ne pas la conquérir par la force.

Ce n’est pas une histoire de militarisme - bien que l'histoire d'Israël et de l’implantation des juifs en Palestine ressemble souvent à une longue guerre avec des interruptions, tous les Sionistes n’étaient pas des militaristes. La plupart des Sionistes ont cru que leur cause triompherait par seule la force morale. Un des premiers Sioniste a écrit :

Nous ne posséderons jamais des canons, même si les non-juifs s’opposent toujours les uns aux autres. Par conséquent, nous ne pouvons pas juste s’implanter dans notre tranquillement et vivre et laisser vivre "
(Meir Dizengoff (écriture en tant que "Dromi") "la question d'ouvriers," Hatzvi, septembre 21, 22, 1909)

Êtes-vous un Sioniste ?

Chaque juif  doit décider de lui même s'il est sioniste.

Que vous apparteniez ou non à n'importe quelle organisation sioniste, que vous acceptiez ou non n'importe quelle définition "officielle" du sionisme,  si vous habitez en Israël ou projetez d’habiter en Israël, si vous croyez que les juifs sont un peuple et soutenez que les juifs ont droit à un foyer national, ou bien alors, si vous êtes prêt à agir pour cela même si c’est un défi, alors vous pouvez vous appeler un Sioniste, 

Les définitions du sionisme sur le Web

Voici quelques liens trouvé par Google et d'autres sources sur le Web pour les  définitions du sionisme.. Nous ne sommes pas responsables de la teneur idéologique ou de l'exactitude historique ou linguistique de ces définitions. 

Sionisme : mouvement national de libération du peuple juif désirant l'établissement de l'état de l'Israël et voyant l’établissement d’un état juif, sioniste, démocratique et sûr comme étant la volonté et la responsabilité du peuple juif pour sa continuité et son futur.

Les bases du sionisme sont :

1. L'unité du peuple juif, ses liens historiques à sa terre d’origine Eretz Yisraël et l’importance fondamentale de l’état d’Israël
et de Jérusalem sa capitale dans le vie de la nation. 

2. L’Aliyah vers l'Israël depuis tous les pays et une intégration parfaite de tous les immigrés à la société israélienne.

3. Renforcer Israël en tant qu'état juif, sioniste et démocratique et en faire une société exemplaire avec un caractère moral et spirituel spécifique, marqué par le respect mutuel de la diversité du peuple juif, enraciné dans la vision des prophètes, essayant d'obtenir la paix et contribuant à l’amélioration du monde.

4. Assurer le futur et la particularité du peuple juif par l’éducation juive, hébreu et sioniste, promouvoir et stimuler les valeurs spirituelles et culturelles avec l'hébreu enseigné comme langue nationale ;

5. Consolider l’entraide juive, défendre les droits des juifs en tant qu’individus et nation, représenter les intérêts sionistes nationaux du peuple juif et lutter contre toutes les manifestations anti-sémites ;

6. L’implantation dans le pays est  l’expression pratique du sionisme.

 

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Qu'est-ce que le sionisme ?

Il existe toutes sortes de définitions du sionisme et toutes sortes de sionistes : religieux, athées, socialistes, de droite, de gauche, d'extrême droite, etc. Il ne me semble pas utile d'entrer dans le détail de toutes les nuances ou des divergences qui les séparent. Il suffit d'indiquer que le sionisme est une forme de nationalisme, donc une idéologie qui repose sur une communauté d'intérêts imaginaire entre des individus appartenant à des classes sociales différentes. Le sionisme tente de mobiliser de façon totalement acritique le peuple juif (à l'échelle internationale) et les citoyens juifs d'Israël derrière le gouvernement de l'Etat qui s'est édifié au Moyen-Orient depuis 1948.
 

Existe-t-il un peuple juif ?

Pour les deux lecteurs de Socialist Worker, les Juifs seraient uniquement les pratiquants d'une religion, au même titre que les catholiques, les protestants, les hindouistes ou les bouddhistes et il n'existerait donc pas de peuple juif. Par conséquent les Juifs n'auraient aucun « droit » à un Etat, du moins c'est ce que leur lettre sous-entend. Effectivement, si l'on nie qu'il existe un peuple juif, et que ce peuple a éventuellement droit à une terre quelque part sur la planète, il est bien plus facile de « résoudre » le problème… sur le papier. Malheureusement pour nos doctrinaires bornés, il existe bien un peuple juif, et aujourd'hui un peuple et un Etat israéliens. On ne peut plus revenir en arrière. Mais il faut approfondir un peu le problème. Les marxistes défendent depuis toujours le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes comme une revendication démocratique qui pourrait éventuellement débloquer certaines situations inextricables. C'est ainsi, par exemple, que Trotsky envisagea un moment la possibilité que les Noirs américains créent leur propre Etat, face au racisme indécrottable des Blancs. Ou que, d'un autre côté, Marx s'opposa aux luttes de libération nationale de certains peuples d'Europe centrale car elles ne lui semblaient pas aller dans le « sens de l'Histoire ».

Aujourd'hui, on peut tirer le bilan de ces positions : les révolutionnaires socialistes n'ont eu aucune influence sur le développement des différentes luttes de libération nationale et le XXe siècle a vu apparaître de multiples nouveaux États indépendants. Apparemment ce processus de morcellement en États-nations n'est pas terminé, y compris au sein de la vieille Europe où les mouvements autonomistes prospèrent, de l'Ecosse au Pays Basque et à la Catalogne en passant par la Corse. Cette volonté de repli sur soi, ce besoin d'identité locale, régionale ou nationale s'est malheureusement avéré beaucoup plus fort que l'internationalisme prolétarien, la solidarité de classe entre les exploités.

On peut le regretter, dénoncer le nationalisme comme une impasse, mais comment fermer les yeux sur ce phénomène et s'étonner que le peuple juif ait voulu, lui aussi, avoir son Etat ? Rien n'exclut un jour de penser que les Roms, minorité anti-étatique s'il en est jusqu'à présent, réclament un jour, eux aussi, d'avoir un Etat-nation quelque part sur la planète. C'est donc dans ce cadre plus général qu'il faut situer la force du nationalisme juif, l'intérêt renouvelé de beaucoup de Juifs laïcs ou athées pour leur culture et leur religion, etc. A cette situation générale est venue s'ajouter l'élimination de 6 millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'Holocauste n'a pu que convaincre (définitivement ?) les Juifs qu'ils ne devaient compter que sur eux-mêmes et que leur seul moyen de ne pas se faire massacrer encore une fois était de faire bloc, d'appuyer la constitution d'un Etat disposant d'une puissance militaire imposante et de conclure toutes les alliances militaires ou économiques possibles, y compris avec les États les plus crapuleux. Le nationalisme des opprimés est-il moins nocif que le nationalisme des oppresseurs ?

Ce qui se cache derrière le soutien souvent acritique aux mouvements de libération nationale, c'est à la fois l'idée que le nationalisme des vieilles nations serait plus nocif que celui des jeunes nations, mais aussi que les luttes de libération nationale pourraient accélérer l'avènement d'une révolution socialiste. Cette analyse est totalement erronée.

Aucun mouvement de libération nationale victorieux dans les pays du tiers monde n'a débouché sur une révolution sociale. Quant à la domination coloniale ou impérialiste, elle a été remplacée par des dictatures implacables sur la classe ouvrière et les classes exploitées, de la Chine à l'Algérie en passant par Cuba. Cela ne signifie pas pour autant qu'il ne fallait pas s'opposer aux guerres coloniales, mais cela fixe les limites du soutien que l'on peut apporter aux luttes de libération nationale et surtout aux organisations qui en prennent la tête, et aux illusions que font naître ces mouvements. En clair : soutenir le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes oui, porter les valises des futurs exploiteurs, non !

A moins que, à l'instar des tiers-mondistes indécrottables du Monde diplomatique, on veuille encenser des politiciens comme Nasser, Ben Bella, Torrijos, Chavez, Castro ou Noriega, en les parant de vertus socialistes ou anti-impérialistes que ceux-ci n'ont jamais eues.

Le sionisme est-il colonialiste ?

Oui. Israël est une colonie de peuplement dont l'évolution ressemble à celle des Etats-Unis, de l'Australie, voire, par certains côtés de l'Afrique du Sud. Cette dernière comparaison est cependant dangereuse car la situation des Palestiniens en Israël n'a, pour le moment, aucun rapport avec celle des Africains noirs en Afrique du Sud avant la fin de l'apartheid et qu'elle criminalise dangereusement non seulement le gouvernement mais tous les citoyens israéliens. Israël s'est construit sur l'expropriation violente des terres et des biens du peuple palestinien et ce processus ne s'est jamais arrêté. Le sionisme est-il impérialiste ?

Si l'on entend par là que l'Etat d'Israël a des visées expansionnistes, oui. Mais que dire alors de l'invasion du Koweit par l'Irak, du Liban par la Syrie, pour ne prendre que deux exemples dans la région ? Si l'on utilise le mot « impérialiste » dans le sens d'expansionniste, cela est vrai d'un nombre impressionnant d'États sur terre que les gauchistes ne passent pas leur temps à dénoncer à longueur de temps comme ils le font avec Israël. Mais les gauchistes emploient ce mot dans un autre sens également : ils considèrent qu'Israël serait un « valet de l'impérialisme américain ». Tout mouvement qui se réclame d'une idéologie nationale peut être amené à s'allier avec une ou plusieurs puissances dites impérialistes. C'est ce qu'ont fait le FNL algérien, le FLN vietnamien, tous les mouvements de guérilla d'Amérique latine et d'Afrique, l'Etat cubain, etc., avec l'impérialisme russe. C'est ce qu'ont fait les résistants afghans en acceptant l'aide américaine. Les gouvernements israéliens ont, eux, choisi l'impérialisme américain après avoir été directement aidés par les Soviétiques, au moment crucial de la création de l'Etat d'Israël, en 1948. Donc oui, l'Etat israélien a de fortes affinités avec les grandes puissantes impérialistes, mais cela ne fait pas de lui un impérialisme au sens économique et financier du terme. Ou en tout cas, il faudrait le démontrer, chiffres à l'appui, et ne pas se contenter d'invectives.

Le sionisme est-il raciste ?

Toute idéologie nationaliste peut, à un moment ou un autre, employer des arguments racistes. Et tout Etat national utilise à un moment ou un autre l'arme de la xénophobie ou du racisme. Le nationalisme, l'Etat et le racisme marchent parfois ensemble, parfois séparément mais il n'existe aucune incompatibilité majeure entre les trois. C'est d'ailleurs pourquoi les révolutionnaires sont favorables à la disparition des nations, des frontières et des États.

Donc, oui le sionisme a une dimension raciste potentielle, mais comme n'importe quelle autre idéologie nationale et nationaliste, y compris celle des Palestiniens, et pas davantage qu'une autre. Signalons d'ailleurs qu'au sein même d'Israël il existe de puissants préjugés racistes entre les Juifs eux-mêmes, préjugés dénoncés depuis des dizaines d'années par les Juifs orientaux ou éthiopiens, et sources de discriminations réelles en Israël.

Cependant, souligner constamment les tendances racistes du sionisme, tout en faisant l'impasse sur les tendances racistes des nationalistes palestiniens est extrêmement dangereux. L'utilisation systématique de cet argument est relativement nouvelle, comme l'a montré la conférence internationale de Durban sur le racisme où Israël fut condamné comme un Etat raciste par la majorité des présents. Ceux qui veulent absolument démontrer que le sionisme est une idéologie raciste jouent sur l'indignation morale qu'a suscitée l'Holocauste et essaient de la retourner contre Israël. Ce procédé est crapuleux car il aboutit, par touches successives, à faire un parallèle entre sionisme et nazisme. Et c'est justement ce que faisait Socialist Worker en comparant les Palestiniens de Jenine aux Juifs du ghetto de Varsovie et Socialisme en juxtaposant des photos de soldats nazis et israéliens. De telles comparaisons ne sont pas du tout innocentes, car elles constituent une des armes favorites des négationnistes et des antisémites qui veulent à tout prix montrer que les Juifs sont aussi racistes que les autres, voire davantage. Enfin, à force d'être banalisée, l'accusation de racisme devient une espèce de tarte à la crème qui lui enlève tout sérieux aux yeux de la majorité de la population, renforçant le nouveau credo des réactionnaires qui prêchent, sur le ton du bon sens, que tout le monde est raciste et que l'on ne pourrait rien y faire.

Un Etat ou deux États ?

Les lecteurs de Socialist Worker prônent la création d'un Etat qui regrouperait Juifs et Palestiniens. Leur position est incohérente. On ne peut pas à la fois prétendre que les Juifs ne seraient que les pratiquants d'une « religion », qu'ils occupent un territoire « étranger », que leur Etat est « raciste », « colonialiste » et fait le jeu de « l'impérialisme » et en même temps croire que les Juifs pourraient demain vivre sur le même territoire que les Palestiniens. Les lecteurs de Socialist Worker n'emploient même pas le terme d'Etat binational, ce qui est logique, puisqu'ils nient, du moins dans leurs lettres, qu'il existe un peuple juif et donc une nation juive.

Si les Juifs d'Israël sont les « pieds noirs » de la Palestine, ou bien une simple bande de religieux fanatiques ou illuminés, alors il faut en tirer la conclusion : ils doivent retourner dans les métropoles « impérialistes » d'où ils sont partis, comme c'est arrivé aux centaines de milliers de Français qui vivaient en Algérie ou aux Portugais qui habitaient l'Angola, le Mozambique ou la Guinée-Bissau. Rappelons que ce fut le credo de l'OLP pendant des dizaines d'années (cf. les déclarations de Choukeiry qui voulait « jeter les Juifs à la mer »), que son timide changement de position n'est que très récent (1988), et que c'est toujours la position des organisations terroristes comme le Hamas et le Djihad islamique qui posent des bombes en Israël.

Nos deux lecteurs le savent bien mais évitent soigneusement de poser le problème. Et pour rendre la situation encore plus inextricable, ils se réfugient derrière une résolution de l'ONU qui, si elle énonce un droit parfaitement juste, est inapplicable. On voit mal comment les 4 millions de Palestiniens de la Diaspora pourraient récupérer les terres et les maisons dont ils ont été expropriés ainsi que les emplois dont ils ont été privés. Où iraient les expropriateurs, c'est-à-dire les Israéliens ? Autant le versement d'une indemnisation semble raisonnable, autant le « droit au retour » est une aberration pour les Palestiniens - mais aussi pour les Juifs du monde entier.

Les Juifs ont constitué un Etat en s'appuyant sur la force, comme tous les peuples qui ont cherché à avoir un territoire à eux. La légende sioniste veut qu'ils soient arrivés dans une région inhabitée mais aujourd'hui même une partie des historiens israéliens ont démonté ce grossier mensonge. Les compromis auxquels il faudra bien arriver un jour seront forcément douloureux et injustes pour les deux parties. C'est pourquoi j'avais écrit à Socialist Worker que les Israéliens « n'occupaient pas un pays étranger » et que la situation était « plus complexe » qu'une occupation coloniale classique d'un lointain territoire. Les frontières de l'Etat d'Israël sont par nature extensibles puisqu'au départ ni cet Etat ni l'Etat de Palestine n'avaient d'existence reconnue et par conséquent de frontières claires.

Vu la situation actuelle, et l'idéologie nationaliste qui mobilise les deux peuples concernés, il semble impossible de concevoir que Palestiniens et Israéliens puissent vivre dans un même Etat. Il faudra donc bien deux États et non un seul.

L'Etat d'Israël fabrique-t-il de l'antisémitisme ?

Non, cette accusation est absurde. Ou bien seulement dans le sens où tous les États fabriquent de l'hostilité contre leurs ressortissants lorsque leurs armées commettent des actes criminels. L'intervention armée des Etats-Unis en Serbie, en Afghanistan, en Irak ou en Somalie fabrique de l'anti-américanisme : de nombreuses personnes, de toutes tendances politiques, méprisent globalement les Américains. Mais aussi on pourrait dire aussi que Chirac, en ce moment, suscite des réactions anti-françaises en Côte d'Ivoire ou que Mitterrand en a provoquées auparavant en Afrique et au Moyen-Orient.

C'est donc aux révolutionnaires de répéter inlassablement que l'on ne peut amalgamer les citoyens d'un Etat avec la politique de leur gouvernement et de faire connaître le combat des Israéliens qui s'opposent à leur gouvernement et luttent pour la paix, quitte à risquer la prison dans leur pays et à être considérés comme des traîtres par leurs compatriotes. Et c'est aux révolutionnaires d'expliquer les différences entre Israéliens (citoyens d'Israël), Juifs (membres du peuple juif) et juifs (pratiquants du judaïsme). Les crétins antisémites sont en fait mobilisés par leurs pulsions racistes et non par les actes criminels de l'armée israélienne.

Ce n'est pas l'Etat israélien qui fabrique l'antisémitisme, ce sont les antisémites eux-mêmes. La lutte contre l'antisémitisme a besoin d'explications sérieuses sur les origines du racisme pas de raisonnements tordus, à l'allure d'excuses.

L'État d'Israël va-t-il « nous » entraîner dans la guerre, voire dans une guerre mondiale ?

Cette façon de poser la question révèle une des principales raisons pour lesquelles le conflit israélo-palestinien suscite tant de passions en France, alors que cet affrontement, mineur par la taille des populations directement impliquées, demeure marginal et que d'autres conflits sont infiniment plus meurtriers sur la planète. Comme le disait la chanteuse Noa (par ailleurs fille d'Iztak Rabin), « En Israël, plus de gens meurent à cause des accidents de la route qu'à cause des attentats. » L'importance de l'affrontement israélo-palestinien se mesure plutôt à sa durée, au nombre de réfugiés et d'exilés concernés (plusieurs millions) et surtout à sa portée symbolique.

Beaucoup de gens ont l'impression que le monde occidental pourrait se trouver au bord du chaos ou en tout cas menacé par le terrorisme, à cause d'Israël (en clair à cause des Juifs). Le milliardaire Ben Laden les renforce dans cette vision en feignant de s'intéresser au sort des Palestiniens, c'est-à-dire en instrumentalisant leur situation, à l'instar de tous les dirigeants arabes. Mais, comme ils l'ont toujours fait, il les oubliera à la première occasion. L'absence de militants palestiniens dans les réseaux d'Al Qaida semble indiquer qu'ils ne sont guère dupes de la démagogie du personnage.

Traiter de la guerre à propos d'Israël, c'est toucher au problème de l'origine profonde des guerres. Même si cet État n'était pas né en 1948, les rivalités seraient très fortes dans cette région, qui connaît depuis l'effondrement de l'empire ottoman une situation d'instabilité géopolitique considérable. On le doit largement à l'action des grandes puissances impérialistes du XIXe siècle et du début du XXe siècle, qui ont cherché à se tailler des zones d'influence, à s'approprier des marchés et à contrôler les gisements de pétrole. La liquidation de toute puissance régionale et l'émiettement en États locaux plus ou moins artificiels favorisent les interventions extérieures et attisent les raisons de conflits internes. Ainsi, la guerre la plus grave dans la région, qui s'est produite indépendamment de l'existence d'Israël, a opposé l'Irak à l'Iran de 1980 à 1988. Elle a représenté pour les pays impliqués une saignée équivalente à celle causée par la première guerre mondiale en Europe. Tous les États occidentaux, ainsi que l'URSS, ont soutenu l'agression irakienne contre le régime islamiste iranien. L'État français y fut même cobelligérant, en prêtant des avions de guerre et des pilotes à l'Irak. Les attentats terroristes de 1986 furent d'ailleurs une conséquence du contentieux de l'État français avec l'État iranien, aggravé par la question d'un financement que les Français ne voulaient pas restituer. Qui dans ce pays a dénoncé cette désastreuse diplomatie ?

On peut admettre que l'existence d'Israël et sa dépendance économique totale vis-à-vis des États-Unis compliquent la situation, mais elles ne sont pas à l'origine des tensions multiples qui déchirent la région, bien que les dirigeants de Tel Aviv essaient d'en jouer. Ceux qui voudraient prendre Israël comme bouc émissaire, et voir en lui l'obstacle à la paix dans le monde, oublient les deux guerres mondiales, la guerre froide et toutes les guerres coloniales depuis un siècle. Pour poser la question autrement, Israël fait-il ou non partie du monde occidental ? Et si c'est bien le cas, ce fragment imbriqué au monde arabo-musulman peut-il aspirer le monde occidental dans un conflit avec l'ensemble de cette aire ? Quoi qu'il arrive, tout se passe comme si l'Europe avait tenté de résoudre son problème avec les Juifs sur le dos des Palestiniens. La responsabilité historique des Européens est donc encore plus lourde que celle des Américains. L'aggravation de la situation en Palestine n'est pas le produit d'un machiavélique cynisme chez quelques politiciens israéliens, ni de l'inconscience criminelle d'un Arafat. Ces gens-là prospèrent plutôt sur un terreau de problèmes inextricables que tous nos gouvernants ont tissé depuis un ou deux siècles. Comme nous persistons à les laisser en place, il n'y a aucune raison que les choses s'arrangent.

Le rassemblement des Juifs dans un Etat séparé constitue-t-il une démission devant l'antisémitisme ?

Non. Pendant quelques dizaines d'années, des centaines de milliers d'ouvriers et d'intellectuels juifs ont cru au socialisme, voire à la révolution sociale. Aussi bien en Europe qu'en Amérique du Nord et en Amérique latine, le mouvement ouvrier a compté de très nombreux militants et théoriciens juifs, athées et révolutionnaires, aussi bien dans les mouvements anarchistes que marxistes. Mais vu la passivité ou l'inefficacité du mouvement ouvrier international devant les persécutions et les massacres des Juifs notamment avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, on peut comprendre que la majorité des Juifs tirent un constat d'échec des tentatives d'une forte minorité d'entre eux de résoudre la prétendue « question juive » par une révolution socialiste. Le moins qu'on puisse dire est que l'Union soviétique, considérée comme un exemple par l'immense majorité des gens de gauche sur la planète pendant des décennies, n'a pu que servir de repoussoir, vu l'importance de l'antisémitisme dans ce pays et la façon dont les staliniens l'ont utilisé, y compris dans les démocraties populaires.

Ce que les gauchistes demandent aux Juifs c'est de leur faire confiance les yeux fermés, de croire que les petits groupuscules révolutionnaires, si jamais leurs idées s'emparaient des masses, ne commettraient pas les mêmes crimes et rendraient, pourquoi pas, l'humanité meilleure. C'est beaucoup demander, non ? Surtout lorsqu'on sait qu'une (petite) partie des négationnistes français vient des rangs de l'extrême gauche. Cette même extrême gauche n'hésite pas à défiler avec des groupes qui brandissent les drapeaux du Hamas et qui crient « Mort aux Juifs » dans les rues de Paris. Encore récemment, le samedi 12 octobre, un appel à manifester en « solidarité avec les Palestiniens », appel signé par des dizaines d'organisations d'extrême gauche et de gauche dénonçait justement la politique israélienne actuelle mais sans mentionner une seule fois les attentats terroristes qui ont fait des centaines de victimes en Israël. De plus, qui peut affirmer sérieusement que l'antisémitisme disparaîtrait dans un monde socialiste, si jamais celui-ci voit le jour ?

Enfin, il est faux de prétendre que l'Etat israélien ne combat pas l'antisémitisme. Au contraire, il ne fait que cela depuis 50 ans. Il mobilise toutes les énergies contre l'antisémitisme à l'échelle internationale. Que cette propagande ne fasse pas disparaître l'antisémitisme, c'est une évidence (mais quelle propagande le pourrait ?) ; qu'elle ait imposé des limites à son expression publique dans les pays démocratiques occidentaux est difficilement contestable.

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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 21:16

Quoique spectaculaire, le nouveau film de Ridley Scott pèche par un manichéisme troublant : d'un côté, une bande de fous, les croisés, de l'autre, les aimables armées de Saladin...

Les croisades ont rarement inspiré les auteurs et les réalisateurs depuis la naissance du cinéma. Cette page de l'histoire a été le plus souvent abordée de manière indirecte, notamment dans quelques Robin des Bois (comme la version avec Errol Flynn ou celle avec Kevin Costner). Fin 2003, l'imagination des amateurs de cinéma épique s'échauffa lorsqu'ils apprirent que Ridley Scott (les Duellistes, Blade Runner, Gladiator...) s'apprêtait à tourner un film prenant pour cadre la fin du XIIe siècle, juste au tournant des deuxième et troisième croisades. Compte tenu du contexte géopolitique de notre époque et du sujet traité, on se doutait que le film allait générer des polémiques. 


Déjà, la 20th Century Fox, producteur du film, avait pris ses précautions en choisissant de tourner les extérieurs en Espagne, les assureurs hollywoodiens refusant de couvrir un tournage américain au Moyen-Orient depuis la guerre en Irak. Malgré les pressions, on accordait encore le bénéfice du doute à Ridley Scott, notamment sur la base de son avant-dernière réalisation, la Chute du faucon noir, film de guerre secouant qui retraçait la prise de Mogadiscio par les GI en 1993 et sauvé par son absence de manichéisme.


Las ! Au-delà des libertés que prend le film avec l'Histoire, au-delà du fait que, depuis Gladiator, Scott n'arrive plus à filmer des scènes de bataille compréhensibles, optant systématiquement pour le gros plan épileptique, au-delà de certaines qualités esthétiques et picturales évidentes (certains plans font penser à du Gustave Doré ou à du Delacroix), Kingdom of Heaven est un film raté parce que bouffi de scrupules et d'inhibitions qui semblent avoir totalement contaminé la narration. La bonne conscience et la culpabilisation qui sont de mise en Occident ont transformé les personnages de cette histoire en pantins désincarnés soumis au diktat du politiquement correct. Montrer la noblesse des deux camps en présence est en soi un parti pris tout à fait louable, mais quand l'ensemble des soldats musulmans est dépeint de façon idyllique et flatteuse, alors que les croisés sont pratiquement tous montrés soit comme des butors sanguinaires soit comme des chrétiens progressistes qui feraient rougir de honte un partisan de Mgr Gaillot, là, on finit par se dire qu'il y a un gros problème de vraisemblance.

Un cours de cathéchisme humanitaire
 

 

Pire, ces réflexes idéologiques finissent par contredire de façon ridicule la dynamique interne des protagonistes, notamment en ce qui concerne le héros (Orlando Bloom), qui part à la croisade pour racheter l'âme de sa femme (qui s'est suicidée) et qui, arrivé à Jérusalem, oublie son trauma et se transforme en négociateur de l'ONU. Et que dire de ce plan où Saladin, le chef des armées musulmanes, ramasse un crucifix et le repose sur une table avec respect, achevant par là de dévoiler ce qu'est vraiment Kingdom of Heaven : un cours de catéchisme humanitaire au propos mou et maladroit qui frise souvent le révisionnisme historique.


Face à cette débâcle, on repense avec regret à un projet alléchant mais avorté qui faillit se monter à l'aube des années 90 : Crusade, une superproduction hollywoodienne au budget pharaonique (120 millions de dollars, un record pour l'époque), qui devait être réalisé par le Hollandais Paul Verhoeven (Robocop, Starship Troopers), avec Arnold Schwarzenegger entouré d'un casting international. Un film s'appuyant surtout sur un scénario exceptionnel, signé Walon Green (la Horde sauvage). Prenant pour cadre la première croisade, Crusade devait mettre en scène un personnage de renégat baptisé Hagen, condamné à la pendaison pour avoir tenté de voler des reliques. A l'aide de chaînes brûlantes, il s'automutilait et se traçait une croix dans le dos. Présenté comme un stigmatisé au pape Urbain II, Hagen voyait sa ruse fonctionner, échappait à la mort et se retrouvait enrôlé dans la croisade. Commençait alors un long périple qui allait amener le personnage à Jérusalem, où il serait considéré comme un élu par ses compagnons croisés. Hélas, le film coûtait très cher et nécessitait des décors démesurés. Le studio producteur, Carolco, ajourna le projet et investit son argent dans l'Ile aux pirates, film de corsaires raté et dispendieux qui provoqua sa faillite. Depuis, Schwarzenegger a récupéré les droits du script et l'on parle régulièrement de relancer Crusade, ce qui semble peu probable, compte tenu de la carrière politique de l'acteur.


Le scénario de Walon Green n'en reste pas moins un authentique chef-d'oeuvre, une épopée barbare et sans concessions, dont tous les lecteurs s'accordent à reconnaître l'intelligence politique et narrative sans égal. Paul Verhoeven, avec ses idées et sa personnalité de libre-penseur, aurait sans doute été très dur envers l'Eglise, mais n'en aurait pas moins évité toute concession à l'égard de la pensée unique. Ridley Scott, lui, a choisi de plaire au plus grand nombre et de faire profil bas. Quitte à saborder son film.


Arnaud Bordas

 


ELOGE DE L'ACTION DE SALADIN (1187-1192)
 

Saladin fut, si l'on en croit un navet du dhimmi Ridley Scott (Le royaume des cieux), un musulman pacifique et tolérant, un être hautement civilisé, qui ne fit que se défendre légitimement contre les vilains croisés barbares et intolérants. Les extraits de chroniques musulmanes de l'époque vont remettre les clepsydres à l'heure.

Extraits de Imad ad Din al Isfahani (1125-1201), Conquête de la Syrie et de la Palestine par Saladin, Paris, 1972.

1187

L'arrivée de Saladin en Palestine.

« Le sultan s'avança vers al Karak et ses domaines ; il s'y arrêta, pressant l'ennmi, détruisant, guerroyant et incendiant. Tonnant et étincelant par la foudre du mal qu'il causait : c'est ainsi qu'il mit à mal, détruisit les vergers et les vignes, nourrit des céréales sur pied les bêtes de son armée, tarissant les mamelles des ruminants du pays ; il fit arracher les racines et les branches, au point que la région fut privée de vivres, qu'une soif ardente consuma les entrailles par suite du prix élevé des denrées, que les vivres s'épuisèrent, que les liens des derniers souffles de vie se dénouèrent, que ce pays d'impiété devint un désert puis s'emplit de Kurdes et de Turcs.

Ensuite, il marcha vers Shawbak, mit la région sans dessus dessous, lui donna la nudité pour vêtement ; il la vida de céréales et de plantes, la priva de vivres et de moyens, fit disparaître la splendeur des domaines, mit un terme à la durée de ses cultures ; il fit fouiller les recoins, fouler aux pieds les récoltes, racler et dépouiller la terre arable ; il assembla et déploya la perdition, détruisit la tranquillité des villages et le repos de leurs demeures, frappa les Francs dans leurs vignobles et leurs oliveraies, si bien que pour eux la nuit manqua de luminaires et le matin fut privé d'aurore (p. 14)

Bataille d'Hattin.

« Le samedi, cette déroute fut réalisée, cette victoire fut complète. L'abaissement des juifs fut infligé aux chrétiens. Ils étaient lions, ils devinrent chétifs moutons C'était un encombrement de prisonniers et de morts les captifs furent mis dans les liens, tout palpitants ; les morts gisaient par monts et par vaux, tout saignants ; de son sommet, la colline de Hittin fit rouler vers le bas ces cadavres ; leur puanteur se mêlait agréablement au parfum de la victoire. Passant parmi eux, je trouvai leurs restes déssèchés, épars sur le champ de bataille, nus sur la plaine, mis en pièces sur l'arène, membres dispersés, bras en morceaux, crânes fendus, cous tranchés, reins rompus, têtes coupées, pieds sectionnés, nez mutilés, extrémités arrachées, membres déchiquetés, corps mis en pièces, yeux crevés, ventres ouverts, chevelures ensanglantées, tresses coupées, doigts rognés, poitrines ouvertes, côtes rompues, phalanges brisées, thorax fracassés, gorges déchirées, corps partagés en deux, humérus brisés, lèvres contractées, fronts en morceaux, etc

Ce champ de bataille était devenu un océan de sang ; la terre rougit ; des fleuves de sang coulèrent à flot. Mais la face de la pure religion brilla parmi ces horreurs ténébreuses. Qu'ils furent suaves, les souffles de la victoire sortant de cette abomination ! Qu'ils étaient ardents les fouets du châtiment qui frappaient ces cadavres ! Qu'ils se trouvaient bien les curs des musulmans dans cet affreux désordre ! Qu'elles furent exaucées, les prières des croyants, par l'arrivée de cet événement ! » (p. 28-29)

Prise de la Croix.

« Avec le roi fut capturée la grande croix, et les mécréants qui la défendaient périrent. Devant elle, lorsqu'elle est plantée, dressée et élevée, tout chrétien se prosterne et s'agenouille. Les chrétiens prétendent qu'elle est faite du bois sur lequel, disent-ils, celui qu'ils adorent fut crucifié » (p. 29)

Exécution des prisonniers.

« Le sultan décide de faire décapiter les Templiers et les Hospitaliers prisonniers et de mettre de la gaîté sur les visages en les faisant mourir

(Il) déclara : « Je purifierai la terre de ces deux ordres immondes. Il assigna cinquante dinars à quiconque présenterait un Templier ou un Hospitalier captif. Aussitôt les soldats en présentèrent des centaines. Il ordonna de les décapiter, préférant les tuer plutôt que de les réduire en esclavage. Il y avait, auprès de lui, un groupe de docteurs et de mystiques, un certain nombre de gens voués à la chasteté et au renoncement. Chacun d'eux demanda la faveur d'exécuter un prisonnier, dégainant son sabre et découvrit son avant-bras. Le sultan était assis ; son visage était riant, tandis que ceux des mécréants étaient sombres. De ces religieux, les uns taillèrent et tranchèrent bien, ils furent remerciés ; le sabre des autres hésita et rebondit : on les excusa ; d'autres encore furent remplacés. Et là, je regardais le sultan souriant au massacre, je voyais en lui l'homme de parole et d'action.

Que de promesses il réalisa ! Que de louanges il gagna ! Que de récompenses durables, par suite du sang il répandit ! Que de bonnes uvres à son actif, par ces cous qu'il fit trancher ! Que de mécréants il mit à mort pour vivifier l'islam ! » (p. 30-31)

Prise d'Acre.

« De la plus grande église, nous refîmes une mosquée principale : ainsi, la lumière de la vraie foi, cachée par l'erreur, se remit à briller(p. 33)

Prise de Nazareth.

« ainsi, il (un lieutenant de Saladin) en épuisa les ressources ; il jouit de la vue de ces jeunes filles, il en cueillit les plantations, il en réunit les richesses, en enleva les habillements, en fit ruisseler les mamelles Il en prit possession en rendant captives les femmes ­ beautés soumises, esclaves délicates, infortunées mères d'enfants en bas âge, esclaves séduisantes, nouvelles épousées qu'on entraînait, femmes captivantes qu'on capturait, jolies femmes souillées de sang, jeunes filles gracieuses et contraintes de courir, captives de noble famille, dévoilées succombant sous le malheur, mères privées de leur unique enfant, déchirant de leurs dents leur bras, se mordant les doigts, inondant de pleurs leurs joues, adolescentes gémissantes, perles rares séparées de la famille, élevées dans le luxe et maintenant malheureuses, filles esclaves blanches de peau, vierges déflorées, belles enlevées, échappées à la mort mais enlevées, guère puissantes mais affaiblies, nobles mais avilies, valides mais languissantes, calmes mais en pleurs, ivres de malheur sans avoir bu, ingénues éblouissantes, gazelles altérées, filles pudiques et fraîches, errantes et déflorées, voilées et rougissantes, enchanteresses mais fascinées, naguère dérobées au regard puis déshonorées, naguère respectées puis maltraitées.

On amena devant le sultan tous ces prisonniers enchaînés plusieurs ensemble, chargés d'entraves, conduits au marché, les fers au cou et aux jambes. (p. 34)

Prise de Séphoris.

« Séphoris fut vidée de ses habitants, on n'y trouvait plus personnes, alors qu'elle possédait des réserves d'une valeur considérable. » (p. 34)

Prise de Césarée.

« Badr al Din Dildirim, Ghars al Din Kiliç et un groupe d'émirs se dirigèrent vers Césarée ; ils s'en emparèrent à coups de sabre, y donnèrent pleins pouvoirs sur les vies et les biens aux arbitres de la mort et de l'oppression, firent des prisonniers, donnèrent, pillèrent, emportèrent, circulèrent, obtinrent, frappèrent, prirent, amassèrent à leur gré et lièrent des ballots, mais maintinrent l'ordre, firent du profit, exercèrent le talion. Les chevaliers furent massacrés, les églises, balayées ; les vierges, les fiancées, les épouses, les vieilles filles, réduites en captivité. Ensuite, Haïfa et Arsuf tombèrent entre les mains des musulmans. L 'éclipse devint maîtresse de ces soleils et de ces lunes. » (p. 35).

Prise de Naplouse.

. L'appel à la prière fut rétabli dans sa gloire ; la loi des cloches était brisée. (p. 36)

Prise de Jérusalem :

« Quelle était la situation des Francs lorsqu'ils sortirent de Jérusalem. »

« Les Francs se mirent à vendre leurs meubles, à tirer des cachettes leurs approvisionnements ; ils les vendirent à vil prix, au marché des pauvres Ils balayèrent leurs églises, en prirent les objets précieux Le patriarche recueillit tout ce qui couvrait le Sépulcre : revêtements de métaux précieux, orfèvreries d'or et d'argent ; de même à l'église de la Résurrection, il amassa les orfèvreries, les tissus d'or et d'argent. Je dis alors au sultan : « Voilà de grandes richesses ; évidemment, il y en a bien pour 200.000 dinars ; l'autorisation d'emporter leurs biens ne concerne pas ceux des églises et des couvents ; ne les laissez donc pas aux mains de ces mécréants ! »

Il répondit : « si nous l'interprétons à leur détriment, ils nous taxeront de perfidie ; car ils ignorent le fond de cette affaire ; nous les traiterons donc en prenant à la lettre l'accord de sauvegarde, et nous ne les laisserons pas accuser les croyants d'avoir enfreint la loi jurée ; au contraire, ils parleront des bienfaits que nous leur aurons prodigués. »

Or les Francs, abandonnant ce qui était trop lourd, emportèrent les objets précieux et légers ; ils renoncèrent à leur héritage, à leur église de la Résurrection. Ils émigrèrent à Tyr, en majorité, épaississant la nuit obscurcie par la poussière. Il en resta 15.000 environ qui ne pouvaient s'acquitter du droit fixé, furent réduits à la condition d'esclaves : les hommes, qui étaient environ 7.000, s'habituèrent à un avilissement dont ils n'étaient pas coutumiers, et les mains de la captivité. Tous ceux qui faisaient du butin se répandirent par monts et par vaux ; de femmes et d'enfants, on dénombra 8.000 qui furent répartis entre nous, et leurs larmes rendaient souriants les grands de l'Etat.

Que de femmes dont les voiles furent déchirés ! Que de femmes qui possédaient furent possédées ! Que de célibataires furent épousées ! Que de femmes auparavant respectées furent données ! Que de femmes avares donnèrent libéralement ! Que de femmes pudiques devinrent effrontées ! Que de femmes sérieuses badinèrent ! Que de femmes naguère bien cachées furent livrées à tous ! Que d'oisives furent mises au travail ! Que de femmes d'intérieur furent domestiquées ! Que de belles furent mises à rude épreuve ! Que de vierges furent déflorées ! Que de nobles dames furent épousées de force ! Que de femmes dont les lèvres purpurines furent ardemment baisées ! Que de femmes au teint foncé furent prises ! Que de femmes farouches furent rendues dociles ! Que de femmes accommodantes trouvèrent leur compagnon ! Que d'hommes de caractère mâle en firent leurs concubines ! Que d'hommes hardis se montrèrent audacieux avec elles ! Que de célibataires obtinrent d'elles l'objet de leurs désirs ! Que d'affamés s'assouvirent sur elles ! Que de boutefeux calmèrent, sur elle, leur fougue ! Que de femmes vertueuses furent enlevées ! Que de femmes de haut parage furent acquises à bon compte ! Que de dames bien entourées furent condamnées à la solitude ! Que de hautes dames furent rabaissées ! Que d'indomptables femmes devinrent captives ! Que de femmes dignes du trône furent misent aux liens !

Lorsque Jérusalem fut purifiée de la turpitude des Francs, ces idolâtres, lorsqu'elle eut dépouillé l'habit d'avilissement pour revêtir les robes d'honneur, les chrétiens, qui avaient payé la taxe de guerre refusèrent de sortir ; ils demandèrent humblement d'y demeurer sans être inquiétés ; ils offrirent leurs servies et travaillèrent largement ; à tout ce qu'on leur imposa, ils répondirent par soumission et consentement, ils remirent « le tribut, tous sans exception, et humiliés » (Coran IX 29) (p. 49-50)

Description du Dôme du Rocher.

« Quant à la Sakhra, les Francs avaient élevé sur elle une église et un autel Il y avait là des images d'agneaux en marbre, et je trouvais que ces effigies ressemblaient à celles des porcs. Cette roche, objet des désirs et des visites, était donc cachée par les constructions qui la recouvraient, submergée par l'église qu'on avait édifiée : c'est pourquoi le sultan donna l'ordre de la découvrir, d'en arracher le marbre, de briser les dalles qui l'entouraient, de détruire l'édifice, de mettre en pièces ce qui la masquait » (p. 54-55)

L'occupation de Jérusalem.

« Al Malik al Adil s'était installé dans l'église de Sion, et devant sa porte, ses troupes avaient dressé ses tentes. Plusieurs familiers du sultan lui parlèrent d'un collège pour juristes shafi'ites et pour vertueux soufis : il choisit pour collège l'église de Sainte Anne, près de la porte des tribus, et pour couvent l'hôtel du patriarche près de l'église de la Résurrection Il ordonna de fermer les portes de l'église de la Résurrection, défendit aux chrétiens de la visiter, et même de s'en approcher » (p. 59)

Lettre à Bagdad.

« Chaque jour, l'islam réduit les limites du territoire de l'impiété ; bien plus ! Il se rend maître de sa partie centrale et de ses divers côtés ; il ramène de force à l'obéissance la doctrine d'opposition à Allah ; telles les céréales ou les fruits, les têtes des infidèles sont à maturité ; voilà le temps de les moissonner, de les couper » (p. 61).

Compte-rendu de la prise de Jérusalem à Sayf al Islam, frère de Saladin.

« les infidèles surent à qui revenait le résultat final (Coran XIII 42) ; ils furent certains d'être tués ou prisonniers. Alors leurs chefs sortirent, s'humiliant par la soumission, implorant merci ; nous refusâmes radicalement, ne voulant que verser le sang des hommes et réduire en captivité les femmes et les enfants ; mais ils nous menacèrent de tuer les prisonniers, de ruiner et d'anéantir cultures et constructions ; nous leur accordâmes donc merci moyennant une rançon égale à ce qu'ils auraient valu s'ils avaient été faits prisonniers ou réduits en esclavage ; ils reçurent l'assurance qu'ils ne seraient pas pillés, alors qu'ils l'étaient déjà ; ceux d'entre eux qui s'acquittèrent de la rançon, partirent selon la règle de l'affranchissement ; quant à ceux qui furent incapables de payer, ils entrèrent en esclavage. Par la reddition de Jérusalem, l'islam fut sanctifié ; en piété, ses fondements revinrent à leur origine ; le bourdonnement des cloches y cessa ; les spéculations des prêtres chrétiens y furent annulées par le texte précis de notre victoire » (p. 97-98).

1189

Entrée de Saladin à Damas.

« Son triomphe fut alors complet ; grâce à lui, la face de la religion brillait ; le croyant était honoré, l'infidèle, humilié, le parti de la voie droite, en paix ; les gens de l'erreur, effrayés. (il) désavoua les choses illicites, interdit le mal, épura la règle de la loi et jugea d'après cette loi purifiée. » (p. 156).

Les femmes des Francs.

« Trois cent femmes franques arrivèrent sur une nef. Elles étaient remarquables, ornées de leur jeunesse et parées de leur beauté. Rassemblées dans les îles, elles avaient répondu à l'appel du péché ; elles s'étaient expatriées pour assister les exilés ; elles étaient prêtes à consoler les malheureux ; elles s'entraidaient pour être utiles et secourir ; elles brûlaient de se livrer à la débauche et à la fornication. Chacune de ces femmes perdues était impétueuse, superbe, sans vergogne, toujours prête à prendre et à quémander, bien en chair, pécheresse, bonne chanteuse, coquette, entreprenante, pompeusement parée, ardente comme le feu, lascive, teinte au henné, enflammée de désirs, dominatrice, charmante, accommodante, prête à se donner, lançant des brocards, menteuse, sans foi, jetant des illades, violente, voleuse, impudique, éhotée, séductrice, languissante, excitant le désir et l'éprouvant, joueuse et folâtre, artificieuse, hardie, encline à l'ivresse, aguichante, brocanteuse, importune, brûlante, aimable, amoureuse, les joues vermeilles, pétulante, les yeux fendus et noirs, aux belles fesses, mince de taille, nasillante, dodue, les yeux bleus ou gris, prodigue et sotte ; elle laissait traîner son voile se vendant pour être récompensée au prix d'un simple merci ; désirant qu'on la brisât d'étreintes dans l'ivresse. Dès leur arrivée, elles s'étaient données, elles avaient sacrifié leur pudeur ­ ce qu'elles avaient de plus précieux. Elles dirent qu'elles s'étaient décidées à partir pour faire don de leurs charmes dans la Voie de Dieu ; elles ne se refusaient pas aux célibataires, et pensaient que, ce faisant, elles accomplissaient le sacrifice le plus méritoire. Elles s'isolèrent sous les tentes et les pavillons qu'elles avaient dressés ; des jeunes femmes du même âge les y rejoignirent ; alors elles ouvrirent les portes des voluptés, se livrèrent et permirent toutes les libertés. »

Le traducteur (H. Massé) écrit en 1972 : « La suite du texte (229,l. 14-230,l. 14) contient trop de détails scabreux pour être traduite. »

(p. 202-203)

1190

Victoire d'Al Adil.

« Que c'était beau, les cadavres de ces damnés gisants ! Que de corps sans tête, de carcasses sans support, de gorges coupées, de sang répandu, de mains coupées, de ventres entrouverts, de cous tranchés, de nez mutilés, de veines jugulaires qui furent trouvées ouvertes, de dos qui se montrèrent entaillés, de gosiers atteints, de poitrines déchirées, de Templiers mis à mal et baignant dans leur sang, de croisés dont l'échine était rompue, dont le cur était arraché de la poitrine Je montai à cheval pour voir ces cadavres mutilés et gisants. Bien vite, on les avait dépouillés et mis à nu ; tandis qu'ils fuyaient, on les avait taillés en pièce ; leurs ventres étaient ouverts, leurs yeux, crevés. Nous remarquâmes une femme tuée en combattant et nous l'entendîmes s'exprimer par des pleurs versés alors qu'elle s'éteignait » (p. 238-240).

1192

Décisions de Saladin à Jérusalem.

« Il interrogea sur leur propre condition les soufis, leur annonçant ainsi qu'il répondrait favorablement à leurs demandes et à leurs requêtes ; en effet, il déclara waqf, pour en faire un couvent soufi l'hôtel du patriarche chrétien sis au voisinage de l'église de la,Résurrection De l'église Saint Anne, sise auprès de la porte d'al Asbat, il fit une madrasa pour les jurisconsultes shafi'ites Il donna l'ordre que l'église sise auprès de l'hôtel des Hospitaliers, dans le voisinage de l'église de la Résurrection, fût utilisée comme hôpital » (p. 396).

Extraits de Baha al Din ibn Shaddad, La Rare et Excellente Histoire de Saladin, par Ibn Shaddad, éditions Aldershot, 2001 :

La religiosité de Saladin.

« Il était plein de révérence pour les pratiques cultuelles de la religion, croyant en la résurrection du corps et que les justes seront récompensés par le paradis et les malfaiteurs par le feu de l'enfer, acceptait toutes les instructions contenues dans la sainte loi, ayant le cur en accord avec elle, et il haïssait les philosophes, ceux qui contestaient les attributs divins, les matérialistes et ceux qui avec obstination rejetaient la sainte loi. Il ordonna une fois à son fils, al Malik al Zahir, seigneur d'Alep, d'exécuter un jeune homme qui était arrivé là, du nom de al Suhrawardi, dont on disait qu'il rejetait la sainte loi et la considérait comme invalide. Son fils l'arrêta à cause des récits qu'il avait entendus. Il en informa le sultan, qui ordonna son exécution et que son corps soit exposé au public pour plusieurs jours. Ce qui fut fait. »

(Ibn Shaddad 10.)

Le jihad de Saladin.

« Allah tout puissant a dit : Ceux qui combattent pour notre cause, nous guiderons sans doute leurs chemins. Allah est avec ceux qui agissent bien (Coran XXXIX 69). Les textes concernant le jihad sont nombreux.

Saladin était très actif et zélé dans le jihad. On peut le jurer, dès qu'il s'était engagé dans le jihad, il ne dépensait pas un seul dinar ou dirham pour quelque chose en dehors du jihad, mais pour le soutenir, il disait la vérité et vraie était son serment. Le jihad, son amour et sa passion pour lui, avait pris une puissant pouvoir sur son cur et tout son être, de telle façon qu'il ne parlait de rien d'autre, ne pensait à rien d'autre que des moyens de le poursuivre, était intéressé seulement par ceux qui y participaient et n'avait d'attention que pour ceux qui en parlait ou l'encourageait. Dans son amour pour le jihad sur la voie d'Allah, il négligeait l'ensemble de ses femmes, ses enfants, sa patrie, sa maisonnée et tous ses plaisirs Si quelqu'un voulait jouir de sa faveur, il l'engageait à pratiquer le jihad ou à réciter des traditions concernant le jihad. De nombreux ouvrages sur le jihad ont été composés pour lui. »

(Ibn Shaddad 21.)

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 16:39

 

 

Stratégies pour noyauter la République
 
par Jean-Marie Amat, Yves Benoit


Un réseau déjà bien implanté dans plusieurs grandes villes de France cherche à peser sur les lieux de pouvoir, des universités à l'UMP. L'Express s'est procuré son manuel de lobbying, dissimulé dans un cédérom pirate du disque... de Carla Bruni. Ultrasecret, ce mode d'emploi de l'entrisme est délivré aux cadres du réseau, une soixantaine d'initiés présents dans la mouvance des Etudiants musulmans de France (EMF) ou de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) - laquelle, par ailleurs, vient de réaliser un score significatif aux élections du Conseil français du culte musulman. Ce document, malgré sa ferveur et son triomphalisme, est intéressant par la froideur tactique, la volonté de puissance, l'habileté politique et la philosophie opportuniste qu'il affiche. Rien ne dit que ce prosélytisme religieux ait de l'avenir. Mais il faut savoir qu'il existe


a délicieuse Carla Bruni est devenue, sans le savoir, la messagère des consignes clandestines d'une avant-garde néo-islamiste réunie sous le nom de code «Veni, vidi, vici». Un réseau de croyants purs et durs répartis entre Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille, Montpellier, Toulouse et Bordeaux. Tous passés par l'université, ils sont jeunes, intelligents et cyniques, bien placés à l'UOIF (Union des organisations islamiques de France) et souvent à l'association des Etudiants musulmans de France (EMF).

Au nom d'Allah, cette petite phalange influente et rompue aux jeux politiques a décidé d'investir les centres d'influence et de pouvoir de l'Hexagone. Un combat mené dans le plus grand secret. Avec le concours d'informaticiens de haut vol, leurs recommandations stratégiques et tactiques ont été camouflées à l'intérieur de copies pirates, sur mini-cédéroms numérotés, a priori insoupçonnables, du disque de Carla Bruni, Quelqu'un m'a dit. Il s'agit de 70 fiches ultraconfidentielles qui déclinent un à un les axes du combat. Seuls les militants les plus sûrs y ont accès. Au préalable, lors de discrets rendez-vous, on leur a confié les clefs du décryptage, dont huit mots à retrouver dans l'édition Folio de Paris, d'Emile Zola. L'Express a pu se les procurer, remonter le jeu de piste et accéder à la stratégie secrète des néo-islamistes.

«Restez humbles et discrets et nous atteindrons nos objectifs»

Dès le préambule, la petite équipe affiche sa conviction d'avoir le vent en poupe: «Cette année 2002 fut, grâce à Allah, et grâce à vous, une année riche pour nous tous.» Elle s'attribue de nombreux succès. Il s'agit de l'entrée, par la grande porte, de l'UOIF au Conseil français du culte musulman, de l' «explosion» sur la scène universitaire des Etudiants musulmans de France, qui se targuent d'avoir déjà 39 élus dans les conseils d'université et de résidence, et de l'élection, grâce à la mobilisation d'associations islamistes, d'une dizaine de députés UMP. Le «didacticiel de formation» secrètement inséré dans le disque de Carla Bruni se veut un «recueil d'expériences» destiné à aider les militants «dans cette guerre de mouvement que nous engageons face à nos adversaires multiples».

La détermination de ces jeunes gens se veut sans faille: «Toute défaite peut être une victoire et toute victoire une défaite potentielle. Restez humbles et discrets et nous atteindrons nos objectifs.» La réalité impose la modestie: «Malgré les bons résultats obtenus dans une dizaine de circonscriptions où nous sommes responsables directement de l'élection de l'UMP, nous sommes encore dans une phase d'introduction dans le jeu politique en face de musulmans laïques mieux installés que nous.» Mais l'évolution du rapport de forces politique s'annonce favorable. Lors de l'élection présidentielle, le petit groupe se vante d'avoir «participé au retournement d'une partie de l'opinion musulmane»: «Si nous avons réussi à l'influencer, c'est que cette dernière a enfin compris son poids politique après des années de tromperie, de manipulation et de racisme de la part des notables du PS.» Selon cette analyse, les néo-islamistes devraient leur poids politique «à la ghettoïsation et à la fin de la mixité sociale dans les années 1980 en raison de la politique locale d'élus de gauche».

L'une des fiches des néo-islamistes décortique l'exemple, à suivre, d'un «communautarisme réussi»: le communautarisme juif. Sont ainsi mis en avant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), auprès duquel «se rend, tous les ans, le chef du gouvernement», l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a «longtemps influencé la politique de l'Unef», le B'nai Brith (orthographié Ben Brit), «association juive mondiale, ayant des structures locales, regroupant essentiellement des décideurs économiques qui financent du lobbying au sein d'institutions locales, nationales, voire transnationales», Radio J, Proche-Orient Info et d'autres médias «dont l'influence n'est plus à démontrer» - «A nous de nous inspirer de ces exemples pour réussir. Nous avons pour nous la discrétion».

«Qui s'intéresse aux intégrés?»

Le Parti musulman de France, de Mohammed Latrèche, groupuscule islamiste violent, antisémite et négationniste, sur lequel les médias se sont un moment focalisés, est l'exemple à fuir: «Soyons consensuels, et, dans le climat d'ethnisme actuel, personne ne fera attention à nous. Médiatiquement, nous n'aurions pas assez d'attrait. D'ailleurs, qui s'intéresse aux intégrés?»

«Comment nous inscrire dans le jeu?» Plusieurs fiches détaillent la réponse à cette question lancinante. D'abord, cibler «le candidat ou le parti que la situation locale rend demandeur de soutiens face à un adversaire très proche». Mais attention! «Notre but n'est pas, dans un premier temps, de donner une victoire trop large au candidat soutenu, mais de lui donner la victoire la plus inconfortable possible au niveau de l'avance en voix.» La raison? «En se retrouvant dans une situation de dépendance vis-à-vis de nous, nous pourrions obtenir de lui un certain nombre de choses, lui-même se rendant compte que sa survie politique est entre nos mains.» L'avantage de se rendre «incontournables» est de négocier des postes de chargés de mission. Un bon moyen de «renforcer notre présence en tant qu'acteurs de terrain»: «Des acteurs qui auront suffisamment d'aura pour attirer à nous les éléments prometteurs et pour appliquer nos points de vue avec le moins de résistance possible dans la communauté musulmane.»

Or, se félicitent les stratèges de Veni, vidi, vici, le jeu politique s'ouvre: «Aujourd'hui, nous sommes en position d'arbitres dans un certain nombre d'endroits, entre gauche et droite. Il nous semble évident que la gauche n'est pas un choix valable au moment où une partie de la communauté musulmane bascule à droite. Compte tenu des relais dont nous disposons dans les banlieues et de l'affaiblissement idéologique de la gauche, nous sommes en position d'imposer le candidat de notre choix.» A l'égard de la gauche, deux griefs sont formulés: «D'une part, l'incapacité de donner un signal crédible d'écoute, de respect et de refondation sociale et culturelle; d'autre part, l'inaptitude à équilibrer sa politique par rapport au lobbying juif et d'intégrer en vingt ans une élite musulmane de seconde génération.» Dès lors, tout accord local avec la gauche est d'avance «décrédibilisé vis-à-vis de la communauté musulmane».

La carte à jouer est la réislamisation

A l'opposé, «la droite, donc l'UMP aujourd'hui, malgré un certain nombre de mesures nuisibles à la communauté musulmane, a beaucoup mieux géré son équilibre par rapport au lobbying juif. Et la politique pro-arabe de la droite est vécue comme un premier pas et une marque de respect de la culture musulmane […]. Dès maintenant, en jouant sur les luttes de pouvoir internes à l'UMP (qui favorisent les groupes communautaires), il faut faire adhérer un maximum de musulmans que nous encadrerons avec nos jeunes cadres».

Les «théâtres d'opération prioritaires» sont désignés: «La région et la ville de Bordeaux, où nous sommes bien implantés, où, via les associations dans lesquelles nous sommes présents, nous avons d'excellentes relations avec le maire, Alain Juppé; la ville de Toulouse, où nous avons pu nous installer et influencer certains scrutins lors des législatives; la région Languedoc-Roussillon, où des contacts au plus haut niveau ont été pris avec l'UMP, qui nous doit sa victoire la plus médiatique [Jacques Domergue, face au socialiste Georges Frêche]; la région de Marseille, où la gauche et le FN sont en position, l'un comme l'autre, de remporter d'importantes victoires face à l'UMP; la région Nord où, sur Lille, nous sommes responsables de certaines défaites importantes de la gauche [Martine Aubry]; enfin la région parisienne, où nous sommes bien implantés dans certaines banlieues sans avoir encore réellement capitalisé sur nos relais dans la communauté musulmane.»

La carte à jouer est la réislamisation: «En redonnant une pratique religieuse orthodoxe, donc en réislamisant les quartiers, notamment chez les jeunes, nous augmentons notre poids politique.» Avantage collatéral: «Ce faisant, nous marginalisons les laïques, qui cessent d'être des acteurs de premier plan pour les politiques.» Ces laïques sont en effet leurs bêtes noires, parce qu'ils s'intègrent - et donc «s'acculturent» - et parce qu'ils cantonnent leur religion à la sphère privée, ne voient aucun inconvénient à épouser une chrétienne, ne rechignent pas devant un verre de vin. Il y aurait donc urgence: «Observez autour de vous le nombre de non-pratiquants et de pratiquants ne respectant pas l'intégralité des préceptes. Le taux de pratique le plus élevé - moins de 50% - est observé chez les Marocains, mais ce sont eux qui sont le plus laïques et les moins rigoureux. Les Algériens, qui ont subi une acculturation importante lors de la colonisation, ont un faible taux de pratique. Mais les pratiquants algériens sont plus rigoristes, donc potentiellement plus sensibles à nos vues.» La réislamisation présente également l'intérêt de faire obstacle à «une politique dite d'intégration, pour nous d'acculturation». Les néo-islamistes se félicitent de la médiatisation du combat religieux à travers les «différentes affaires de voile», du ressentiment créé «à l'égard d'institutions acculturantes telle l'école».

«Financer notre lobbying»

La tactique des néo-islamistes? Faire apparaître l'Etat comme une «institution discriminatoire»: «Pourquoi les musulmanes ne peuvent pas porter le voile, alors que l'on tolère la kippa dans un certain nombre d'établissements publics?» Dès lors qu'elle génère «un sentiment d'incompréhension et de lynchage ciblé uniquement vers les musulmans», la «laïcité discriminatoire» doit être dénoncée comme une «atteinte à l'intégrité morale de la personne». Il convient également d'aiguiser «les contradictions de la République qui nous permettront d'avoir un enseignement religieux à l'école, comme en Alsace, de porter le foulard, etc.»: «En nous présentant en défenseurs de l'équité et des musulmans oppressés par un Etat raciste, nous augmentons notre crédit dans la communauté. Il est envisageable, à terme, qu'une révision majeure de la loi de 1905 fasse une place à la religion musulmane. Si nous savons nous y prendre, nous pourrons profiter de la situation. Les chrétiens souhaitent aussi une telle révision, ce qui nous aide, puisque ces derniers font du lobbying dans les antichambres des ministères et autres lieux de pouvoir.»

Le milieu étudiant semble être particulièrement convoité

Les néo-islamistes sont des réalistes: «Comme tous les combats, le nôtre nécessite des moyens pour nous équiper et financer notre propagande.» Le cédérom insiste sur «nos» atouts: «L'important tissu de PME détenues par des musulmans et qui génèrent de forts revenus dans les banlieues. Ces commerçants, dont la clientèle est communautaire, ne peuvent se permettre de paraître moins pieux que leurs clients, au risque de voir leur chiffre d'affaires baisser, suite à de mauvaises rumeurs. Ainsi, la collecte de la zakat [l'impôt religieux] se voit grandement facilitée chez les entrepreneurs. Et cela nous permet d'avoir un financement communautaire aussi efficace que celui de la communauté juive et de financer notre lobbying au même titre que le B'nai Brith.» Une fiche fait l'inventaire des types de PME les plus rentables: les kebabs, les épiceries de nuit, les téléboutiques. Leur avantage est de «générer énormément de revenus en espèces, donc plus facilement utilisables par nous». L'avant-garde néo-islamiste peut même rendre des services: «Pour certaines activités, nous pouvons mettre en place une double comptabilité informatique, moyennant évidemment un pourcentage sur la différence non déclarée.»

Le milieu étudiant semble être particulièrement convoité: «L'année 2002 a vu une érosion de l'importance de l'Unef, la principale force universitaire. Partout où nous sommes présents avec les Etudiants musulmans de France, nous avons fait basculer la situation grâce à des coalitions regroupant les associations corporatistes membres de la Fage et l'UNI, le syndicat de droite […]. Aujourd'hui, via nos alliances avec l'UNI et la Fage, nous sommes en mesure de faire contrepoids à l'Unef […]. Nous devons laisser à l'UNI un espace à occuper, même si cela doit être à notre détriment, car nous n'avons pas encore la masse critique pour affronter l'Unef sur un terrain national, alors que l'UNI la possède. L'UNI peut faire diversion et focaliser l'attention de l'Unef et nous permettre de nous installer.»

«Endoctriner suffisamment tôt»

Comment contrer l'influence des «réseaux relationnels» de l'Union des étudiants juifs de France, qui peuvent causer des «préjudices importants»? En jouant sur son soutien public au sionisme et à la politique israélienne, «très impopulaires chez les étudiants de gauche»: «Cela créera un amalgame suffisant pour obliger l'Unef à prendre une attitude distante. Sinon l'Unef se coupera davantage de son électorat et renforcera le vote non musulman, dont nous bénéficions, émanant d'étudiants de gauche et d'extrême gauche. Ce qui permettra du coup de relativiser notre positionnement communautaire, ce qui est impossible à l'UEJF.» Autre observation: «A chaque accusation d'antisémitisme, nous renforçons notre électorat non musulman. L'utilisation abusive de l'accusation d'antisémitisme le banalise et le dépénalise chez les non-musulmans.»

Les «néo-islamistes de Carla Bruni» attribuent à leur lobbying le succès qu'a représenté pour eux le vote à l'université Paris VI de la motion de rupture de la coopération avec les universités israéliennes. C'était «la première action de ce genre»: «Nous essaierons d'appliquer la même tactique sur d'autres campus.»

Le petit groupe tente enfin d'examiner lucidement ses forces et ses faiblesses: «Nous souffrons d'un manque chronique de cadres ayant une formation universitaire de haut niveau. Cette carence réduit notre influence potentielle au sein de la communauté musulmane, alors que nous nous retrouvons dans une conjonction d'événements qui nous sont étonnamment favorables.» Autre faiblesse: «Nos profils manquent de variété. Nous sommes essentiellement des scientifiques. Nous avons peu de littéraires et d'économistes et pratiquement pas de médecins. Cette trop grande spécialisation peut nous être préjudiciable: nous manquons de points de vue venant de gens ayant des formations fondamentalement différentes de la majorité d'entre nous.» Un recrutement plus varié permettrait en outre d'avoir des appuis dans les administrations importantes, notamment «en cadres de catégories B et C, en contact avec du matériel sensible». Mais un avantage existe: «Nous avons énormément de cadres convertis à l'islam depuis quelque temps et ayant gardé leur nom chrétien aptes à s'intégrer en tant que fonctionnaires de catégorie B et C. De plus, des rumeurs de cinquième colonne dans l'administration conduiraient à une possible épuration des postes sensibles de l'administration de ces cadres maghrébins, facilitant l'embauche de nos cadres convertis.» Pour le moment, la phalange néo-islamiste ne compte pas sur les fonctionnaires de catégorie A: «Leur haut niveau d'études et de culture générale induisent des personnalités extrêmement critiques, conduisant à une laïcité féroce empêchant un recrutement de musulmans maghrébins ou non.» Le remède, à long terme: «Endoctriner suffisamment tôt des jeunes que nous orienterons.»

Autres objectifs: «des agents dormants dans les services de sécurité, fidèles à notre combat»; «une formation militaire poussée - ce qui donnerait de la rigueur à certaines de nos formations, tout en permettant le recrutement de militants dans les hommes de troupe». La clef de l'influence dans la société française? «Des personnes à nous, en prise directe avec les institutions aptes à diriger les décideurs ou, à défaut, leur inculquer une vision favorable à notre cause.» Le programme est en marche.


Voir l’article de l’Express Stratégies pour noyauter la République

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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 19:02
Par Fahd Iraqi


Des chiffres, des chiffres. Trois chercheurs reconnus ont uni leurs efforts pour décrypter clairement, simplement, chiffres à l'appui, les liens très complexes des Marocains avec l'islam. Pratiques, croyances, comportements... tout est passé au peigne fin. La vérité des chiffres, largement inédite, offre une nouvelle lecture de nos mœurs, nos jugements et nos traditions. Le détail anecdotique (combien parmi nous ont un exemplaire du Coran et combien l'ont appris par cœur), les réflexes de “culture” (combien approuvent la mixité dans les écoles, les plages, etc.), les opinions bien arrêtées (combien admettent l'ingérence de la religion en politique), les questions de société (voile, jeûne), les sujets d'actualité (combien sommes-nous à “sympathiser” avec le jihad, à appeler au takfir, à approuver encore la polygamie), etc. Toutes vos questions auront des réponses en chiffres et en lettres, dans un document inédit dont TelQuel publie, en exclusivité, les meilleurs passages.

Editing TelQuel

 
Nos remerciements vont aux
auteurs, aux éditions Prologues
et à Mohammed Sghir Janjar
(Fondation Al Saoud) pour leur
précieuse collaboration
à la confection de ce dossier.
(AFP)


La vérité sur les convictions religieuses des Marocains.
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87% ont le Coran chez eux
S'agissant de la lecture (du texte coranique), ils sont 5,6% à le lire tous les jours, 28,1% à le faire de temps à autre et 58,9% à ne jamais l'avoir fait. Seuls 1,4% des enquêtés mémorisent la totalité du Coran, 5,6% en mémorisent quelques ahzab et 82,1% en mémorisent seulement quelques sourates. 11% de la population déclarent n'en rien mémoriser. Le fait scolaire se révèle un élément de distinction au sujet de cette mémorisation. L'âge aussi. Le taux de ceux qui n'ont rien    
mémorisé du Coran est de 6,8% des personnes scolarisées contre 22,9% de non scolarisées chez les 18-24 ans, alors que chez les 60 ans et plus, le taux de non-mémorisation est de 16,7% chez les personnes non scolarisées contre 0% chez les scolarisées d'entre elles.

60% ne considèrent pas comme musulman quelqu'un qui ne fait pas le ramadan
Nous savons que, par rapport à la pratique du jeûne, le degré de tolérance est faible. On accepte plus facilement une personne qui ne fait pas la prière qu'une personne qui casse le jeûne : 59,9% des enquêtés ne considèrent pas comme musulman quelqu'un qui ne fait pas le jeûne contre 27,9% qui pensent le contraire. Quelle attitude observer à l'égard d'une personne qui ne jeûne pas ? Ils sont 44,1% à considérer que cette personne doit être punie jusqu'à ce qu'elle reprenne le droit chemin, 40,8% à trouver qu'il s'agit d'une question privée et qu'on est libre de ne pas jeûner et 14,2% à penser qu'il faut jeûner par conformisme. Par ailleurs, 82,7% des enquêtés ne sont pas d'accord pour que les cafés et les restaurants restent ouverts la journée pendant le mois de ramadan, pour les musulmans ne pratiquant pas le jeûne. S'agissant de leur ouverture pour des non musulmans, le taux des “non tolérants” baisse (41,7%).

(…) Le rapport particulier au jeûne du ramadan transparaît à propos du degré de tolérance envers sa propre progéniture. Si moins de 1% des femmes consentiraient à préparer le repas à leurs enfants non jeûneurs et seulement 11% accepteraient qu'ils le préparent eux-mêmes à la maison pendant le mois de ramadan, 70% d'entre elles refusent toute idée de complicité active ou passive avec leurs propres enfants.

57% désapprouvent la mixité dans les plages
La mixité est approuvée par 50,7% des répondants lors des mariages alors que 40,9% la rejettent. Néanmoins les comportements sont plus souples : dans la pratique, 67,1% des répondants assistent à des cérémonies mixtes. On peut parler, à cet égard, d'un léger décalage entre l'idéal - la séparation des sexes - et le comportement qui serait davantage orienté par des contraintes sociales et familiales. Par ailleurs, la mixité à l'école est largement approuvée (77,2%). C'est la plage, un espace où le corps, notamment celui de la femme, poserait problème, qui constitue un lieu où la mixité acquiert un sens particulier. Il y a 57,4% des répondants qui désapprouvent la mixité sur les plages. On peut conclure que l'attitude à l'égard de la mixité n'est pas absolue, et qu'elle varie selon les lieux et les contextes.

16% souhaitent adhérer à une association religieuse
Parmi les personnes interrogées, 7% sont membres d'une association de la société civile. Pour avoir une idée sur les prédispositions des répondants, nous leur avons demandé de choisir le type d'association auquel ils souhaiteraient adhérer. Les réponses montrent que 43% rejettent toute adhésion future à une association, 24% optent pour les associations de bienfaisance, 16,5% pour les associations religieuses et 11,3% pour les associations des droits de l'homme.

9 sur 10 croient aux jnoun et au mauvais œil
Les répondants croient à 90,9% au mauvais œil et à plus de 85% aux jnoun et à la magie noire (s'hour). Ils sont 70,7% à croire au tqaf et 37,6% à la voyance. Ces variations seraient liées au degré d'autorité des croyances elles-mêmes. Celles qui sont relatives aux jnoun, à la magie noire et au mauvais œil sont consacrées à la fois par les croyances orthodoxes et par les traditions locales, alors que le tqaf et la voyance ne relèvent que des traditions locales. Il y a des croyances qui sont l'objet d'une adhésion plus forte, que les gens soient instruits ou pas. Des taux élevés sont observés chez les répondants ayant un niveau d’études supérieures : plus de 77% croient aux jnoun, au mauvais œil et à la magie noire. Il faut noter par ailleurs que les pratiques rituelles et les croyances ne coïncident pas forcément : 67% des répondants font la prière alors que 91% croient aux jnoun.

34% considèrent la télévision comme la première source d'information religieuse
L’identification des sources d'information religieuses permet d'apprécier le degré et la nature des connaissances dans le domaine religieux. Certaines agences religieuses traditionnelles jouent encore un rôle dans la diffusion de la connaissance religieuse. Ainsi, la principale source en la matière est représentée par les imams des mosquées pour 24,7% des enquêtés et par les prédicateurs pour 5,8%. Sur ce plan, le poids des zaouias et des associations religieuses est quasi inexistant (moins de 1%). La famille et les parents, assez présents lorsqu'il s'agit des pratiques rituelles comme la prière et le port du hijab, n'ont plus qu'un rôle secondaire au niveau des connaissances religieuses (11,4%). Par contre, la part accordée à l'apport des amis s'élève à 23,7%. Cependant, le changement le plus remarquable par rapport au dispositif traditionnel consiste dans l'avènement de la télévision qui constitue la source première de l'information religieuse pour plus du tiers des répondants (34,5%). Parmi ceux-ci, 61,2% citent des chaînes arabes orientales spécialisées en matière religieuse, 47% des chaînes marocaines, et 24,1% des chaînes arabes orientales généralistes. Les autres nouveaux supports, comme la cassette audio (11,9%), le DVD (6,1%) et l'Internet (1,7%), sont peu utilisés.

83% approuvent le port du voile
Quand on pose directement la question de savoir quelle attitude avoir à l'égard du port du hijab, la part des répondants qui l'approuvent atteint 83,2%, dont 64,9% pour des raisons religieuses et 17,2% pour des raisons non religieuses (pudeur, respect). Cependant, approuver le port du hijab est une chose, mais en faire une obligation pour la femme musulmane en est une autre. En effet, 75% des répondants trouvent qu'une femme peut être considérée comme musulmane sans porter le hijab, alors que 9,9% pensent le contraire.

28% pensent que la religion doit guider la vie politique
L’une des questions a été formulée comme suit : “A votre avis, la religion doit-elle guider la vie personnelle seulement ou la vie politique aussi ?”. Selon 26,3% des répondants, la religion doit être limitée à la vie personnelle et 28,9% pensent qu’elle doit guider la vie politique. Cependant, ce qui est remarquable, c'est le taux élevé des répondants qui ne savent pas quelle position prendre (44,8%). Sur le rapport entre la religion et la politique, les résultats obtenus sont proches des précédents : il y a 24,9% des répondants qui trouvent que la religion devient dangereuse quand elle se mêle de politique et 26,1% pensent le contraire. Dans ce cas aussi, le taux des répondants sans opinion est élevé (48,8%). Mais lorsque la question concerne directement les acteurs et les organisations politiques, alors le taux des répondants voulant séparer la religion et la politique augmente. En effet, 41,5% pensent que les hommes politiques ne doivent pas se mêler de la religion et 18,1% pensent le contraire. D'un autre côté, 35,4% pensent que les spécialistes du religieux (oulémas, prédicateurs…) ne doivent pas traiter de politique et 25,2% pensent le contraire. Concernant particulièrement le prêche du vendredi, 33,4% pensent qu'il doit éviter les questions politiques alors que 32% pensent le contraire. L'opinion des répondants est relativement plus tranchée lorsqu'il s'agit de partis politiques qui se présentent comme religieux : 47,6% sont contre ce type de parti politique, 10,3% y sont favorables et 39,6% n'ont pas d'opinions. Nous avons aussi demandé aux enquêtés de classer par ordre de préférence trois qualités de l'homme politique. Ils sont 46,1% à classer l'honnêteté (ma'qul) en premier, 37% à le faire pour la piété, et 14,4% pour l'efficacité.

40% refusent toute interaction entre juifs marocains et musulmans marocains
Les attitudes à l'égard des Marocains juifs sont examinées à partir d'une série d'indicateurs. Traditionnellement, maints sanctuaires sont visités par des Marocains juifs et musulmans. Tout récemment, les pèlerinages de Marocains juifs de la diaspora (résidant en Europe, au Canada, aux USA et en Israël) ont donné une nouvelle impulsion aux fêtes célébrées en l'honneur de saints juifs. On peut dire que le contexte officiel est favorable pour ce genre de pèlerinage. 40,0% des répondants sont au courant de l'existence de ce type de sanctuaires. La question d'interdire les cultes juifs ne se pose pas, la tolérance est plus facile à afficher lorsque chacun prie dans son sanctuaire ; mais dans notre cas, il s'agit de cultes interconfessionnels. Il y a 41,6% des enquêtés qui pensent qu'il faut interdire ces cultes et 19,2% pensent qu'il faut les maintenir. Par ailleurs, 45,6% des répondants n'approuvent pas que des chaînes de télévision marocaines retransmettent ces cérémonies et fêtes, alors qu'ils sont 24,1% à l'approuver. Nous constatons donc que 40% au moins des répondants désapprouvent toute interaction entre juifs marocains et musulmans marocains, ceux-ci ne doivent partager ni un sanctuaire, ni un rituel, ni le petit écran. Chacun devant pratiquer séparément sa religion et ses coutumes

44% sont favorables à la polygamie
L’attitude à l'égard de la polygamie illustre les différences entre les jeunes et les vieux quant aux valeurs à références religieuses. Si 44,4% de la population est favorable à la polygamie, cette proportion est de 36,9% chez la tranche d'âge 18-24 ans et de 60% chez les 60 ans et plus. La proportion des enquêtés favorables à la polygamie est proportionnelle à leur âge : plus les personnes avancent en âge, plus le taux de celles d'entre elles qui sont favorables à la polygamie augmente. L'opinion favorable à la polygamie se trouve également plus confirmée chez les catégories scolarisées de la population que chez les catégories non scolarisées : 38,1% de scolarisés contre 32,9% de non scolarisés chez les 18-24 ans, 70,3% de scolarisés contre 56,5% de non scolarisés chez les 60 ans et plus.

39% acceptent la cohabitation entre croyants et non-croyants
Juridiquement, la nationalité marocaine a un caractère laïc. Mais tel n'est pas le cas lorsqu'il s'agit des représentations dominantes de la nation marocaine fondées sur l'islam. A ce sujet, 41% des répondants approuvent l'idée que la nation marocaine soit composée de Marocains de différentes confessions religieuses, musulmane, judaïque et chrétienne. La cohabitation de croyants et de non-croyants dans un même pays serait plus difficile à admettre. Toutefois, 38,8% des répondants pensent qu'une telle situation est acceptable. Théoriquement, l'hypothèse que toute relation religieuse, matrimoniale et commerciale, avec l'Autre soit bannie, n'est pas exclue.

21% des jeunes approuvent les mouvements jihadistes
À la question : “Etes-vous d'accord ou non avec les mouvements jihadistes ?”, les réponses des enquêtés sont partagées et les taux de réponses “ne sait pas” et “sans opinion” sont très élevés : 17,6% de la population répondent par “oui”, 28,9% par “non”, 32,2% par “ne sait pas” et 20,8% sont sans opinion. Cette même distribution des opinions se retrouve également au niveau des catégories d'âge. Mais là aussi, l'accord est proportionnel à l'âge des enquêtés. Plus on est jeune, plus on est d'accord avec les mouvements jihadistes. Ainsi sont d'accord ces 21,8% des 18-24 ans contre 9,7% des 60 ans et plus. Peut-on conclure que les jeunes sont plus jihadistes que les moins jeunes ? Il n'est pas sûr que l'on puisse le faire. Si l'on aborde la question sous l'angle des enquêtés qui affichent leur désaccord avec ces mouvements, on constate également que plus on descend dans la hiérarchie des âges et plus ce désaccord s'amplifie : 31,4% chez les 18-24 ans contre 20% chez les 60 ans et plus.

66% se sentent plus proches d'un musulman afghan que d'un chrétien palestinien
à propos d'une question qui demande à la population de l'enquête de désigner, sur la base d'un critère religieux, la personne la plus proche de soi : un musulman afghan, un chrétien palestinien ou un juif marocain. Les réponses à cette question font ressortir que 66,3% des Marocains se considèrent plus proches d'un musulman afghan que d'un juif marocain (12,9%) ou d'un chrétien palestinien (6,3%). Les plus âgés d'entre eux sont les plus catégoriques à cet égard : 82,1% des 60 ans et plus s'identifient à un musulman afghan, 6,9% à un juif marocain et seulement 2,1% à un chrétien palestinien contre successivement 52,9%, 16,7% et 12,3% chez les 18-24 ans. Les plus jeunes se déclarent proches d'un juif marocain dans une proportion plus élevée que les générations plus âgées. Ce sentiment décline également ici avec l'avancée en âge.

91% sont favorables à l'usage du haut-parleur pour appeler à la prière de l'aube
Seuls 25,5% des enquêtés disent s'acquitter à l'heure de la prière de l'aube de façon régulière et 41,6% disent s'en acquitter à l'heure de temps en temps. Les plus âgés d'entre eux sont les plus pratiquants et la pratique régulière augmente avec l'avancée en âge. Pourtant la quasi-majorité de la population enquêtée (91,3% de la population), incluant les pratiquants irréguliers et aussi une grande partie des non-pratiquants (ils sont 59,9% chez les 18-24 ans), sont d'accord pour l'usage du haut-parleur pour appeler à la prière de l'aube. Même les jeunes de 18-24 ans se disent à 88,1% d'accord pour l'utilisation du haut-parleur dans ce sens alors que les pratiquants réguliers de la prière de l'aube à l'heure ne représentent que 9,8% de cette catégorie d'âge. Chez les 60 ans et plus, ils sont 96,3% à être d'accord pour un tel usage, mais pour ce qui est de cette catégorie, contrairement aux jeunes, la pratique régulière de la prière de l'aube est conséquente puisqu'elle est de l'ordre de 57,6%.

87% des femmes refusent l'avortement par conviction religieuse
Les femmes sont à 89% pour la contraception, soit dix points de plus que les hommes. Sur les 11% (des femmes) qui y sont opposées, 71% le sont pour des raisons religieuses et 25% pour des raisons de santé. Par rapport à l'échantillon global, 3% seulement des femmes sont contre la contraception pour des raisons religieuses. Les résultats sont totalement inversés lorsqu'il s'est agi de l'IVG (ndlr : interruption volontaire de la grossesse, plus communément appelée avortement), 94% des femmes y sont opposées, presque autant que les hommes. 87% des femmes y sont opposées uniquement pour des raisons religieuses et 7% associent dans la même réponse questions de santé et questions de religion. La différenciation entre la contraception et l'IVG montre bien qu'il y a un effort d'interprétation de l'interdit religieux, qui aligne les femmes marocaines sur des positions théologiques communes à plusieurs religions, y compris chez les chrétiens.

32% rejettent le crédit bancaire pour raisons religieuses
Ils sont 45% de la population enquêtée à envisager de contracter un crédit bancaire avec intérêt, en cas de besoin, 37,5% d'entre eux rejettent l'idée de le contracter et 22% qui ne savent pas quoi faire. Mais le rejet du crédit bancaire n'a pas que des raisons religieuses. Bien au contraire, l'argument religieux n'apparaît que chez une minorité de ceux qui n'envisagent pas de prendre de crédit bancaire lorsqu'ils ont besoin d'argent. 65,8% des enquêtés avancent des raisons non religieuses à leur rejet du crédit bancaire contre seulement 32,6% qui évoquent une raison religieuse.

84% désapprouvent le takfir

Un Marocain a t-il le droit de déclarer un autre Marocain impie (kafir) ? Seuls 4,4% de la population enquêtée répondent par “oui” contre 84,3% de “non”, avec 8,8% de “ne sait pas” et 2,4% de “sans opinion”. Le taux du “oui” augmente lorsqu'on descend dans la hiérarchie des âges et le taux du “non” augmente modestement lorsqu'on avance en âge : 5,1% des 18-24 ans contre 2,1% des 60 ans et plus répondent par “oui” contre respectivement 83,3% et 86,2% de “non”.

75% refusent qu'un musulman change de religion

Lorsqu'on évoque avec les enquêtés l'hypothèse de la présence d'étrangers non musulmans et du besoin de garder ouverts les restaurants, les refus sont moins spectaculaires mais restent très élevés pour un pays qui aspire à accueillir 10 millions de touristes et à servir de terre d'asile pour les nouveaux retraités européens en quête de soleil. Une femme sur deux leur refuse le privilège de se restaurer dans des lieux publics, alors que seul un homme sur trois partage cet avis.

On peut dire globalement que, sur les questions relatives à la tolérance, les femmes s'avèrent moins tolérantes que les hommes ; elles sont 75,5% à ne pas concevoir le mariage de leur proche avec une fiancée de confession israélite contre 67,5% des hommes. Les femmes sont aussi plus nombreuses à ne pas accepter l'idée qu'un musulman change de religion 77,5% (72,9% pour les hommes).

80% sont contre la présence des imams femmes
La majorité des femmes ont une opinion arrêtée sur la question de la guidance de la prière par une femme : 84,5% d'entre elles sont contre une telle pratique, presque autant que les hommes ! 80% des femmes ont par ailleurs une opinion sur le costume islamique masculin, 50% d'entre elles pensent que les hommes n'ont pas d'obligation dans ce domaine. Elles sont 91% à avoir une opinion sur le costume dit autorisé pour les femmes et 63% d'entre elles à penser qu'il est obligatoire, un peu moins que les hommes qui partagent le même avis à hauteur de 69%. Sur la question du hijab, toutes les femmes interrogées se sont prononcées : elles sont 84% à penser qu'il est souhaitable de le mettre et 8% à se déclarer opposées à son port.

28% considèrent ceux qui ne font pas la prière comme non musulmans

Près des deux tiers des enquêtés (65,7%) pratiquent régulièrement la prière, 8% prient mais de manière irrégulière, 11,7% ont cessé de prier et 14,6% ne l'ont jamais fait. Les pratiquants qui se rendent régulièrement à la mosquée sont de 5,9 % (5,7 % pour la prière de l'aube). A défaut d'enquêtes antérieures, aucune comparaison dans le temps, en termes de régression ou de progression, ne peut être faite. Dans tous les cas, la place que la prière occupe dans la définition du musulman est une question controversée. A cet égard, certains docteurs tiennent la prière pour une condition nécessaire, d'autres estiment que celui qui ne fait pas la prière reste quand même un musulman, mais un musulman désobéissant ('açi) ou incomplet (naqeç). Dans notre enquête, 54,8% des répondants trouvent qu'une personne qui ne fait pas la prière peut être considérée comme musulmane et 28% pensent le contraire. Ceux qui recourent aux catégories de musulman “désobéissant” ou “incomplet” sont faiblement représentés (1,4%).

66% pensent que dans l'islam, il y a solution à tout
La majorité des Marocains considèrent la religion musulmane comme une religion supérieure, valable en tout temps et en tout lieu. Les musulmans, qu'ils soient théologiens ou adeptes, ont toujours donné cette définition à l'islam.

(…) 66% des enquêtés pensent que dans l'islam, il y a solution à tout, contre seulement 5,8% qui pensent le contraire, alors que 20,9% des enquêtés déclarent ne pas savoir et 6,9% n'ont pas d'opinion. Et, s'il y a dans l'islam une solution à tout, alors ce serait dans quel domaine au juste ? La réponse est : 99,3% pour les relations sociales (mou'amalât), à 95,7% pour la santé et la médecine, à 91,7% pour l'économie, à 88% pour la politique et à 77,7% pour la technologie.

D'abord musulmans, ensuite Marocains, arabes, etc.
L’identité musulmane est l'identité dominante de notre population. La majorité des Marocains se définissent d'abord comme musulmans, puis comme Marocains. Les identités arabe, berbère et africaine viennent successivement en troisième, quatrième et cinquième positions.

(...) Pour toutes les catégories d'âges, la hiérarchie de ces composantes est la même : musulmane, marocaine, arabe, berbère et africaine. Elle est ainsi pour les jeunes comme pour les générations âgées mais dans des proportions différentes. L'identité musulmane est placée au premier rang par 66,9% des 60 ans et plus et par seulement 49,8% chez les 18-24ans. 15,7% de cette dernière population l'ont même classée en troisième position comme l'ont fait 6,9% des 60 ans et plus. En revanche, l'identité marocaine est classée au premier rang par 32,1% des 18-24 et par 22,1% des 60 ans et plus. L'identité arabe est placée en tête des identités par 7,8% de la population des 18-24 ans et, fait très frappant, par 0,7% des 60 ans et plus. Au final, l'identité musulmane est très affirmée par les vieux comme par les jeunes. L'identité marocaine est plus marquée chez cette dernière catégorie que chez la tranche d'âge la plus avancée.



Méthode. La science pour (mieux) comprendre l'islam

Mohammed El Ayadi, Hassan Rachik et Mohammed Tozy, deux politistes et un anthropologue réunis pour un sujet tellement vaste que l'on avait presque fini par douter de sa pertinence. Et voilà que des chercheurs en sciences sociales - des références dans leur discipline - sautent le pas. Dans L'islam au quotidien, édité par les Editions Prologues (qui publient la revue du même nom dédiée aux sciences sociales), les auteurs ont choisi de répondre à une question pressante : quels musulmans sommes-nous ? Les trois universitaires ont dirigé une enquête sociologique qui a mobilisé, sur le terrain, une vingtaine de chercheurs, étudiants et doctorants, adressant un questionnaire détaillé de près de 150 entrées à un échantillon représentatif de la population des seize régions du royaume. Au total, 1156 Marocaines et Marocains ont été interrogés sur leurs croyances religieuses et leur pratique d'une religion dominante. Les résultats, parfois surprenants, doivent beaucoup au doigté des sondeurs, qui ont su anticiper sur certains écueils, parfois liés aux thèmes (le jeûne par exemple) ou au référentiel (cette enquête est la première à explorer aussi loin les musulmans que nous sommes). Reste à relever que le procédé a été largement inspiré des méthodes statistiques du Haut commissariat au plan. C'est dire toute la rigueur de l'ouvrage. Un futur classique, sans aucun doute.

 


Les auteurs

Mohammed El Ayadi
Historien et professeur de sciences politiques à l'Université Hassan II de Casablanca, il est l'auteur de nombreux articles sur l'islam politique (officiel et militant) dans le Maroc moderne et contemporain, et notamment sur Al Adl Wal Ihsane.

Hassan Rachik
Enseignant à l'Université Hassan II de Casablanca, il est anthropologue, spécialiste des pratiques et rituels religieux. On lui doit, entre autres, une étude sur Les Jeunes et les valeurs religieuses (Eddif, 2000) avec Rahma Bourquia et Mohammed El Ayadi.

Mohammed Tozy
Professeur de sciences politiques à l'Université Hassan II de Casablanca, élève de Paul Pascon, ses travaux ont porté sur l'islam politique. Il est l'auteur d'un ouvrage de référence : Monarchie et islam politique au Maroc (Editions Presses de Sciences Po, 1999).

 


Ramadan. Le tabou l'a emporté…

“Cela ne servait strictement à rien de demander aux échantillons sondés s'ils observaient, ou non, le jeûne durant le ramadan. Car ils auraient tous invariablement répondu oui !”, nous explique Mohamed El Ayadi en une formule qui résume bien toute la “peur” liée à la question du jeûne, criminalisée par la loi mais aussi, largement, par la rue. Dans “L'islam quotidien”, les auteurs reviennent par ailleurs sur l'impossibilité de sonder le jeûne. Extraits : “Le ramadan comme rite religieux garde toute l'efficacité dont parlait Charles André Julien, même chez les musulmans qui n'observent pas le rite de la prière en temps normal. Si la tolérance sociale par rapport à la pratique du rite de la prière est confirmée, le rite du jeûne de ramadan reste fortement encadré par la collectivité. La non-observance de ce rite existe dans la société marocaine, mais elle n'est pas visible sur la scène publique car, à la condamnation de la collectivité, s'ajoute la sanction de la loi qui interdit la non-observance du jeûne de ramadan dans la sphère publique. En 1965, 800 personnes ont été condamnées à des peines de prison pour avoir enfreint la règle de ne pas rompre publiquement le jeûne du ramadan. Il est dans ces conditions impossible de connaître le nombre des non-pratiquants. Une question sur la pratique du jeûne de ramadan aurait été incongrue, et de surcroît inutile, faute de pouvoir disposer de réponses sincères”.

 


Plus loin. Angoissés mais rassurés

L’islam marocain n'est pas une réalité monolithique. Le problème, c'est que cette réalité, aussi complexe que peu sondée, est déjà en mutation. Alors il faut faire vite, vite, pour rattraper un train fou, fou… L'islam au quotidien a l'immense mérite de pointer des vérités chiffrées sur les musulmans que nous sommes. En valeur absolue, le constat est inquiétant. L'absence de repères de comparaison, c'est à dire de recul, nous laisse encore plus perplexes. Les vérités inquiétantes d'aujourd'hui sont-elles un moins, ou un plus, par rapport à hier ? Sommes-nous en train d'avancer ou de reculer ? Ce dilemme relativise l'angoisse que l'on peut ressentir à la lecture des conclusions du formidable travail de terrain du trio El Ayadi - Rachik -Tozy. On s'inquiétera vraiment plus, demain, si le soupçon d'intolérance, de traditionalisme forcené, se confirme. Certaines vérités méritent pourtant d'être isolées et traitées à part, sans tarder, parce qu'elles se suffisent à elles-mêmes. A la question, par exemple, de savoir quelles sont, dans l'ordre, les trois qualités principales de l'homme politique, les “répondants” ont classé l'honnêteté en tête (46,1%), ensuite la piété (37%) et enfin l'efficacité (14,4%). Voilà au moins qui va plus loin que le vague sentiment que l'on n'est pas tout à fait ancrés dans des valeurs de travail et de rendement. Une autre vérité, déjà effleurée, est ici confortée : notre identité musulmane prime sur la marocaine. C'est que la nation, socle indispensable de la construction de la modernité, a encore du chemin à parcourir avant de devenir la première de la classe. Par ailleurs, L'islam au quotidien nous rappelle combien le recensement de certaines hétérodoxies religieuses reste illusoire : combien de Marocains n'observent pas le jeûne pendant le ramadan ? Combien ne croient pas en Dieu ? Ces questions demeurent insondables, parce que criminalisées par la loi ou, sont simplement prisonnières du tabou mental et culturel. Que toutes ces angoisses ne nous fassent pas perdre de vue l'essentiel : une société qui diagnostique (de plus en plus) ses retards se donne une chance de les combler.

Karim Boukhari et Youssef Mahla


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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 17:48
Un article du Monde du 12 janvier informe que L’Union des organisations islamiques en France (UOIF) cosigne une « charte des musulmans européens »

L’article du monde informe que de manière « assez directe », cette charte précise aussi les droits dont peuvent se prévaloir les citoyens musulmans dans les démocraties européennes. « Lorsque les lois en vigueur s'opposent aux pratiques et règles islamiques, les musulmans sont en droit de s'adresser aux autorités pour expliquer leurs points de vue et exprimer leurs besoins. » Rien que cela.

L’article précise que L'UOIF, à l'origine de la « réflexion » sur cette charte lancée il y a trois ans, est la seule signataire côté français.

Après le foulard islamique, les horaires pour les piscines, la suppression de viande de porc dans les cantines scolaires, la formation des imams aux frais de la république, le détournement de la loi 1905 pour financer les mosquées, la discrimination « positive » dans les écoles et dans l’emploi, les accusations de racisme pour les propriétaires (affaire Truchelut) et les employeurs refusant le voile au sein de leurs entreprises, la censure, l’islamiquement correct, les familles polygames confrontées au droit français, la Halde, les délires d'un Tarik Ramadan demandant un moratoire sur la lapidation, le gouffre financier de « la politique de la ville », tous ces élément qui bafouent les droits de la majorité des français laïques de toutes origines.

L'UOIF veut parler de droits mais oublie les devoirs, devoirs envers la république française qui consistent à respecter ses institutions et sa laïcité.

Didier Meyer

La face cachée de l'UOIF
propos recueillis par Jacqueline Remy et Boris Thiolay

Démocratie, modernité, laïcité: l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) est-elle un mouvement aussi respectueux qu'elle le prétend? La politologue Fiammetta Venner, qui publie - chez Calmann-Lévy - OPA sur l'islam de France, un livre percutant sur ce dossier, affirme le contraire. L'Express l'a rencontrée


Au début des années 1980, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) était un petit cercle d'étudiants et d'activistes islamistes en exil. Depuis 2003, cette fédération d'associations est devenue un interlocuteur privilégié de l'Etat français pour la gestion de l'islam en France. L'UOIF occupe actuellement un tiers des sièges au Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance officielle mise en place en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Comment expliquer une telle ascension en deux décennies? Quelles sont les véritables intentions de l'UOIF et de sa «maison mère», l'Union des organisations islamiques en Europe, basée à Londres? Quel est le poids réel de cette mouvance qui puise ses références dans la doctrine des Frères musulmans? Dans une enquête très fouillée, publiée chez Calmann-Lévy - OPA sur l'islam de France. Les ambitions secrètes de l'UOIF - Fiammetta Venner, politologue et cofondatrice de la revue ProChoix, met en lumière la face cachée de cette organisation et ses liaisons dangereuses.

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«L'UOIF est porteuse d'une radicalité politique, l'intégrisme et en cela elle est dangereuse»
Fiammetta Venner, politologue

En exhumant l'ensemble des documents publics émanant de l'UOIF, en décortiquant les déclarations officielles et les prises de position plus discrètes de ses principaux dirigeants, en confrontant leur discours de façade aux archives et aux racines historico-politiques de la frange djihadiste de l'islam, elle dénonce la tentation hégémonique d'un mouvement qui, en réalité, ne représente qu'une infime partie des musulmans de France. Instrumentalisation de la religion à des fins politiques, hostilité à la laïcité et à l'intégration, relents d'antisémitisme, fatwas belliqueuses, financements douteux: la matrice idéologique de l'UOIF est inquiétante. Alors que l'élection pour le renouvellement du Conseil français du culte musulman est prévue au mois de juin prochain, Fiammetta Venner livre en exclusivité pour L'Express les points forts de son enquête. Contactés à plusieurs reprises pour donner leur point de vue, les dirigeants de l'UOIF n'ont pas souhaité s'exprimer.

Pourquoi accorder une telle importance à une organisation comme l'UOIF? Pèse- t-elle si dangereusement sur la société française?

Depuis qu'en 2003 il a fait de l'UOIF un interlocuteur de l'Etat au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), Nicolas Sarkozy prétend qu'il vaut mieux intégrer cette mouvance plutôt que la rejeter. Ma question de départ est la suivante: qui sort gagnant du processus, la République ou l'UOIF? Quand Sarkozy appelle les cadres de l'UOIF des musulmans «orthodoxes», il nous fait un peu le même cadeau empoisonné que celui de Mitterrand avec le Front national. Il ouvre les micros et confie à la société civile le soin de créer des contre-pouvoirs. L'UOIF représente non pas la mouvance «orthodoxe», mais la mouvance intégriste de l'islam. Il y a une différence entre la radicalité cultuelle - les traditionalistes chez les catholiques, les fondamentalistes chez les protestants, les orthodoxes pour les juifs - et la radicalité politique: l'intégrisme. La radicalité cultuelle est une option personnelle, une pratique privée sur laquelle personne n'a à se prononcer. La radicalité politique, en revanche, doit être source de débat. Nous avons tendance à confondre les deux, surtout quand il s'agit de l'islam. L'UOIF est porteuse d'une radicalité politique, l'intégrisme, et elle est en cela une organisation dangereuse, d'autant plus dangereuse qu'elle prétend incarner un islam majoritaire en France et en Europe. Si elle représentait vraiment un tiers des musulmans de France, comme son poids au CFCM le laisse croire, cela signifierait que, sur 3,5 millions de personnes potentiellement musulmanes en France, au moins 1 million seraient intégristes: c'est absurde! Il n'y a pas 1 million de sympathisants de l'UOIF en France.

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Youssef al-Qaradhawi (avec une canne), guide spirituel des Frères musulmans en Europe, à l'institut de formation des imams de l'UOIF.

Si l'UOIF pèse moins qu'on ne le croit au sein des musulmans de France, en quoi est-elle dangereuse?

D'abord parce qu'on lui confère artificiellement le pouvoir de représenter un tiers de la population musulmane en France, alors qu'elle regroupe 150 000 personnes au maximum. Ensuite, parce que les médias la surestiment: pour ses meetings annuels au Bourget, ils ont tendance à reprendre sans discuter les chiffres annoncés par l'UOIF: 3 000 participants en 1993, 30 000 en 1994, 75 000 en 2001, 130 000 en 2004. Lors du sacre de Nicolas Sarkozy au congrès de l'UMP, au Bourget, il y avait 40 000 personnes. Lorsque l'on compare les images du congrès de l'UMP et celles du congrès de l'UOIF, on ne peut que constater qu'il n'y a jamais eu 40 000 participants à ce dernier. D'ailleurs, le journal distribué gratuitement pendant les trois jours qu'a duré le rassemblement de 2005 n'a été tiré qu'à 15 000 exemplaires. Tout cela a des conséquences: quand Dominique de Villepin annonce sa volonté d'instaurer une formation complémentaire pour les 1 500 imams de France, il entend confier la moitié de cet enseignement à la Mosquée de Paris - en fait peu active - et l'autre moitié à l'UOIF, le troisième partenaire majeur du CFCM, la Fédération nationale des musulmans de France, n'ayant pas d'école. Cela implique qu'au moins 750 imams français vont passer entre les mains de l'UOIF, qui, jusqu'ici, n'en a jamais formé plus de 15 par an! On frise l'absurdité. Je préfère mille fois un imam arabophone qui s'est battu contre les islamistes algériens à un imam francophone formé par l'UOIF. D'abord, l'UOIF bloque toute discussion théologique en se référant uniquement à la doctrine des Frères musulmans. Elle a également une mainmise totale sur le Conseil européen de la fatwa - l'exécutif religieux de l'Union des organisations islamiques en Europe (UOIE), sorte de maison mère basée à Londres - qui émet des avis sur la manière dont les musulmans d'Europe doivent se comporter, des fatwas niant le droit des femmes, rejetant l'avortement, justifiant les attentats kamikazes.


Pourtant, l'UOIF se proclame moderniste. S'agit-il, comme vous le dénoncez, d'un double discours, lénifiant quand il s'adresse aux autorités et à l'opinion publique, radical quand il apostrophe ses militants?

Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter à une déclaration d'Ahmed Jaballah, cofondateur de l'UOIF, qui siège toujours dans l'appareil directeur: «L'UOIF est une fusée à deux étages. Le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique.» Les dirigeants de l'UOIF ont des objectifs clairs et une stratégie de conquête. Cette organisation a des visées politiques en direction des pays arabo-musulmans. Dès sa création, l'UOIF a voulu faire de la France une base arrière: un lieu où des militants islamistes pouvaient trouver refuge et où l'on essaie de modifier le regard que porte l'opinion publique sur leurs pays d'origine. Mais l'UOIF prétend surtout mettre au pas les musulmans de France. Certaines associations affiliées au mouvement se donnent le droit de dire qui est un bon musulman et, donc, qui est apostat. Ce qui revient à jeter l'opprobre sur un individu ou une famille au regard d'une communauté. C'est d'autant plus effarant que ces gens-là ne sont pas théologiens - presque aucun des dirigeants de l'UOIF n'a fait d'études poussées en la matière - et ont une vision très étriquée de l'islam. Ils se contentent d'instrumentaliser la religion au profit d'un projet politique à visée réactionnaire: c'est ça, l'intégrisme. Par exemple, à Bordeaux, Tareq Oubrou, chef des imams de l'UOIF, a été évincé lors du débat sur le voile. Pourquoi? Parce qu'il reconnaît que le voile est une prescription, et non un commandement divin. Le seul hadith (d'Asma) faisant référence à l'obligation du voile pour les femmes n'est pas, selon Oubrou, «authentique». On peut faire de l'islam, comme de toutes les religions, le pire ou le meilleur. L'UOIF n'a pas choisi d'en faire le meilleur, loin de là.

«Ils sont d'accord avec la loi sur la laïcité, à condition qu'elle autorise le port du voile à l'école!»
Quelles sont ses références spirituelles et doctrinales?

Ce mouvement est généalogiquement problématique. L'UOIF a été créée en 1983 par des émules de deux formations islamistes. D'un côté, des fans de Rachid Ghannouchi, créateur du groupe islamiste tunisien Ennadha et disciple des Frères musulmans qui, expulsé de son pays et interdit de séjour en France, s'est réfugié en Angleterre en 1991. De l'autre, des admirateurs de Fayçal Mawlawi, un Frère musulman libanais qui a vécu en France, a participé à la fondation de l'Association des étudiants islamiques de France (AEIF) et est aujourd'hui responsable de Jamaat Islamiyya, une organisation terroriste au Liban.

Quels sont les personnages qui attestent d'un lien direct entre l'UOIF et les Frères musulmans?

Les premières brochures de l'UOIF traduites en français provenaient de la Leicester Foundation, qui diffuse essentiellement trois penseurs: Hassan al-Banna [fondateur des Frères musulmans, dans les années 1920, en Egypte], Sayyid Qotb [théoricien du djihad pour les Frères musulmans, pendu en 1966] et Mawdoudi [penseur pakistanais qui prônait l'instauration d'un Etat islamique dans le sous-continent indien]. Un autre personnage clef met en évidence le lien entre l'UOIF et les Frères musulmans: Youssef al-Qaradhawi, mentor des Frères musulmans et chef du Conseil européen de la fatwa et de l'institut de formation des imams de l'UOIF. De plus, le représentant de l'Union des organisations islamiques en Europe (UOIE), Ahmed al-Rawi, est l'ambassadeur officiel des Frères musulmans en Europe. D'ailleurs, quand on détaille l'organigramme de l'UOIE, on s'aperçoit que presque tous les cadres sont français, et membres de l'UOIF. Au moment de la crise des otages détenus en Irak, on a vu un reportage de TF 1 sur la mission de bons offices effectuée par une délégation du CFCM à Bagdad. Ce reportage comprenait une séquence éclairante: dans une mosquée, un responsable salafiste refusait de rencontrer la délégation et demandait pourquoi la France envoyait en émissaires des Frères musulmans!  
 

Soheib Bencheikh,
mufti de Marseille

«On banalise ici ce que l'on combat ailleurs»
«En concédant à l'UOIF une place prépondérante dans le Conseil français du culte musulman (CFCM), le ministère de l'Intérieur a pris un gros risque. On a choisi de privilégier une frange minoritaire très revendicative qui cherche à politiser l'islam, au détriment d'une très grande majorité de musulmans qui souhaitent vivre leur foi de manière apaisée dans le cadre de la République. Ainsi, une instance officielle comme le CFCM sert de foyer à des islamistes qui veulent peser sur les lois françaises et ne cessent de critiquer les pays musulmans où ils sont pourchassés. C'est incroyable: les Frères musulmans n'ont pas de vitrine officielle en Egypte ni au Maroc, mais en France, si! On banalise ici ce que l'on combat ailleurs. Quels sont les objectifs de Youssef al-Qaradhawi, le maître penseur de l'Union des organisations islamiques en Europe? Il veut restaurer le califat dans les pays musulmans et bloquer tout effort d'adaptation pour les musulmans vivant en Europe! Ces gens veulent importer un islam rigoriste et fermé. C'est précisément pour cela que les mécènes des pays du Golfe les financent. Aujourd'hui, le CFCM n'est qu'un enjeu de pouvoir où l'on discute de tout, sauf de spiritualité musulmane. Le prochain scrutin pour le renouvellement du CFCM n'y changera rien. Il serait plus légitime de s'appuyer sur le réseau des grandes mosquées ainsi que sur des personnalités qualifiées en matière de culte qui soient véritablement éprises des principes de notre République et de notre vécu commun.»

Propos recueillis par Boris Thiolay
Pourtant, l'UOIF se défend d'entretenir des liens directs avec les Frères musulmans…

Ça dépend où. Ses brochures rappellent ses connexions avec eux. Ainsi, dans un document intitulé «Critique pour une organisation musulmane», l'UOIF dénonce les «hérétiques» qui rejettent Ibn Taymiyya, Mohamed ibn Abdelwahab, Sayyid Qotb et Youssef al-Qaradhawi. Ces quatre théoriciens, qui constituent leurs seules références théologiques, comptent parmi les plus radicaux de l'islam fondamentaliste. Les deux derniers sont des Frères musulmans. Mais la preuve ultime vient des Frères musulmans eux-mêmes. Lorsqu'on demande aux Frères égyptiens: «Qui sont vos représentants en Europe?», ils répondent: «Le Conseil européen de la fatwa.» Plus édifiant encore, dans un accès de naïveté ou de franchise, Farid Abdelkrim, ancien président des Jeunes Musulmans de France, une association proche de l'UOIF, raconte que la première chose qu'on lui a enseignée quand il est entré à l'UOIF, c'est la pensée de Hassan al-Banna… A plusieurs reprises, des dirigeants de l'UOIF ont déclaré publiquement: «Le Coran est notre Constitution.» C'est textuellement la devise des Frères musulmans!

Cette proximité se traduit-elle par une entraide financière?

L'UOIF finance et soutient le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), qui récolte des fonds pour le Hamas, organisation armée palestinienne inspirée par la doctrine des Frères musulmans. Sur une photographie, on peut voir les chefs de l'UOIF montrer comment on peut donner de l'argent pour le CBSP, dont les stands sont bien placés à chaque congrès du Bourget et les tracts, distribués. L'argent est, disent-ils, destiné aux familles des orphelins de Palestine. Mais comment sont morts les parents de ces orphelins? Le CBSP aide aussi financièrement des enfants de «martyrs» morts dans des attentats kamikazes du Hamas.

Mais le CBSP est une association légale qui finance aussi des hôpitaux, des écoles et des projets humanitaires.

Bien entendu, mais ce n'est pas parce qu'une association est légale qu'elle n'est pas critiquable. De nombreuses associations soutiennent les Palestiniens sans pour autant être liées au Hamas. On pense par exemple au travail de Handicap international, du Croissant rouge, de Médecins sans frontières. Mais ce ne sont pas celles qui sont soutenues et recommandées par l'UOIF.

Qui est Youssef al-Qaradhawi, que vous décrivez comme le mentor de l'UOIF?

Il est l'un des rares Frères musulmans d'aujourd'hui à être théologien. Il a consacré sa thèse à la zakat, l'aumône légale en islam, et a trouvé le moyen de rendre islamiquement correct le prêt, ce qui permet aux gens du Golfe de faire des affaires alors que l'islam - comme le christianisme des premiers temps - interdit l'usure. Au lieu d'emprunter de l'argent pour un produit, un musulman demande à la banque d'acheter le produit et de le lui revendre plus cher en mensualités. Le différentiel équivalant à peu près aux intérêts qu'aurait payés un client dans une banque non musulmane. A la tête d'une fortune colossale, Al-Qaradhawi est le conseiller religieux de la plupart des grandes banques islamiques dans le monde. Prédicateur télé sur la chaîne Al-Jazira, il prêche un islam très rigoureux et radical politiquement. Aujourd'hui, Al-Qaradhawi est président du Conseil européen de la fatwa et guide spirituel tout à la fois de l'UOIF et de Tariq Ramadan. Il se considère en Europe comme en terre de mission.

«Iils jouent les théologiens, alors qu'ils ne sont que des politiques voulant mettre la femme sous tutelle»
Quels sont les liens de l'UOIF avec l'Union des organisations islamiques en Europe (UOIE)?

C'est la maison mère, dont l'UOIF a besoin pour émettre des fatwas concernant les musulmans européens qui, en France, tomberaient sous le coup de la loi. Les fatwas édictées par l'UOIE ne concernent d'ailleurs que les musulmans d'Europe et ne peuvent pas être prises en compte dans les pays islamiques. Autrement dit, penser que le conseil européen de la fatwa (son instance religieuse) pourrait offrir un modèle modernisé pour les musulmans du monde est un contresens. Au sein de ce conseil, les théologiens se permettent même de tenir des propos qu'ils n'oseraient jamais prononcer dans leurs pays d'origine. Aucune instance islamique dans le monde - ni Al-Azhar (Egypte), ni Fès (Maroc), ni Qom (Iran) - n'a émis une fatwa pour soutenir les attentats kamikazes. Le Conseil européen de la fatwa, lui, l'a fait (le 28 juillet 2003, à Stockholm), en disant qu'il ne fallait plus appeler ces actions des «attentats suicides» mais des «gestes de martyrs», parce que les «fils de Sion» - s'agit-il des Israéliens ou de tous les juifs? - sont «des soldats». Pour le Conseil européen de la fatwa, aucun fils de Sion ne peut être considéré comme un civil! Là, nous ne sommes plus dans le soutien, mais dans l'incitation au terrorisme!
 

Franck Frégosi,
chercheur au CNRS

«Mieux vaut les associer que les écarter»
«L'UOIF est incontestablement le représentant des Frères musulmans en France. Elle incarne le canal historique de cette mouvance, même si, aujourd'hui, ses dirigeants veulent faire oublier cette filiation embarrassante. La mise en place du Conseil français du culte musulman, en mai 2003, a largement profité à l'UOIF: ses dirigeants sont devenus des interlocuteurs directs des pouvoirs publics. Ils ont acquis une forme de légitimité. Mais il valait mieux les associer à ce processus de consultation que de les en écarter. Désormais, ils n'ont plus le loisir de critiquer en permanence la gestion de l'islam en France: ils sont partie prenante à celle-ci. Ils ont les mains dans le cambouis.
L'UOIF fonctionne comme un lobby religieux qui veut peser dans le débat social. C'est en quelque sorte une grande mutuelle islamique, qui cherche à fédérer des exigences spirituelles et des revendications plus politiques. Actuellement, par l'entremise de Fouad Alaoui, son secrétaire général, c'est l'aile politique qui tient les rênes. On est en droit de leur demander ce qu'ils ont derrière la tête. Mais je crois que, confrontée à la réalité et à l'exercice du pouvoir au sein du CFCM, l'UOIF va se “notabiliser”. Ses responsables vont en tout cas se trouver face à une contradiction: donner des gages de respectabilité sans se couper d'une base militante qui n'est pas forcément prête à faire des concessions, notamment sur la question du voile.»

Propos recueillis par Boris Thiolay 
 
Quelle est la teneur des discours de l'UOIF concernant la vie sociale en Europe?

Il y a un double discours. Sur la laïcité, l'UOIF se déclare «100% d'accord avec la loi», mais des membres ont assuré le service d'ordre des manifestations contre l'interdiction du voile à l'école et dénoncé la loi sur le plateau d'Al-Jazira, allant même jusqu'à affirmer que les femmes musulmanes n'avaient pas le droit de porter le voile dans les rues de Paris… Bref, ils sont d'accord avec la loi sur la laïcité, à condition qu'elle autorise le port du voile à l'école! Double discours aussi sur l'antisémitisme: l'UOIF avait par exemple promis au Crif de retirer de la vente une cassette où l'un de ses prédicateurs, Hassan Iquioussen, tenait des propos antisémites. Huit mois plus tard, cette cassette était toujours diffusée par les librairies de l'UOIF. En revanche, sur la mixité, le statut des femmes, les relations avec les non-musulmans, leur discours est clair. Des prédicateurs de l'UOIF comme Iquioussen proscrivent la mixité, y compris sur le Web: il est interdit à un garçon de communiquer avec une femme par Internet. A ce sujet, Iquioussen dit: «Tu crois que tu es seul avec elle, parce que c'est un dialogue à 500 kilomètres de distance, mais en réalité vous êtes trois: vous deux et le diable.» D'autres prêches recommandent aux musulmans de ne pas se mêler aux non-musulmans, de se méfier de «l'intégration par le jambon», un péché. Un certain nombre de cassettes émanant de l'UOIF interdisent aussi l'avortement, alors que l'islam l'autorise dans certains cas. Là encore, ils jouent les théologiens, alors qu'ils ne sont que des politiques voulant mettre la femme sous tutelle.


L'UOIF, qui fédère des associations de jeunes, d'étudiants, de femmes, n'a-t-elle pas un vrai poids social?

Ses dirigeants cherchent avant tout à apparaître auprès des pouvoirs publics comme ceux qui quadrillent le terrain. C'était particulièrement flagrant en 2003, juste avant les élections du CFCM. Les Etudiants musulmans de France (EMF) étaient très actifs, notamment en distribuant des repas aux étudiants des cités U. Une fois les élections passées, ils ont disparu de nombreux campus. De son côté, la Ligue française de la femme musulmane édite un journal, Le Petit Musulman, distribué aux enfants dans les cours d'enseignement religieux, qui ne présente que la pensée des Frères musulmans. La plupart des associations n'ont pas de véritable existence et, quand elles en ont, elles diffusent des valeurs peu compatibles avec une société laïque et démocratique.

Pourtant, l'UOIF essaie de débarrasser l'islam de ses traditions locales…

Non. Elle veut revenir aux origines du message. La pratique traditionnelle de l'islam - notamment au Maghreb - est souvent moins radicale que celle réclamée par l'UOIF. Elle rêve de «bédouiniser» l'islam, selon l'expression de Soheib Bencheikh.

Comment est financée l'UOIF?

Au départ, l'UOIF a été subventionnée par le cheikh Zayyed [ex-président du Conseil suprême des Emirats arabes unis]. Aujourd'hui, elle est essentiellement financée par la Fondation Al-Maktoum, du nom de la famille de l'émir de Dubaï, et ses mosquées sont également construites grâce aux dons des grands mécènes du Golfe. Les dirigeants de l'UOIF affirment que ses fonds ne proviennent qu'à 30% de l'étranger. Mais il faut savoir que, lorsqu'un émir remet 10 000 dollars à Paris, l'UOIF considère cela comme du financement français. Si Al-Qaradhawi demande de l'argent à l'un de ses anciens élèves, il l'obtiendra, et nul n'osera jamais lui demander la destination de ces fonds. Les grands mécènes du Golfe se moquent éperdument de savoir à quoi servent leurs dons. Ce qui leur importe, c'est de verser 10% de leurs revenus, pour être en conformité avec le principe de l'aumône légale.

A qui, à quoi sont destinés ces fonds?

L'UOIF soutient financièrement les avocats des filles voilées qui attaquent en justice l'Etat pour pouvoir porter le voile à l'école. Mais la principale dépense consiste à acheter et à construire des locaux, pour gagner de l'importance: les élections au CFCM sont fondées sur la superficie des mosquées de chaque organisation ou fédération musulmane de France. Plus on possède de mètres carrés, plus on dispose d'électeurs, et plus on compte politiquement.

Donc, le CFCM s'appuierait sur une organisation radicale et très minoritaire au sein des musulmans, au risque de lui donner un prestige démesuré?

La République a exigé, par le biais du CFCM, que des musulmans libéraux aillent boire le thé une fois par semaine avec des musulmans radicaux. Dans cette structure, l'UOIF n'a jamais reculé sur aucun de ses principes. En revanche, on a régulièrement demandé à Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et président du CFCM, de lire les communiqués corédigés avec l'UOIF. En fait, cette organisation a déjà pris le pouvoir au sein du CFCM: dès le départ, il était convenu que Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF, en aurait la vice-présidence. Enfin, on a sacrifié 3,5 millions de musulmans aux ambitions de la frange la plus politiquement radicale. Comme le mode de scrutin de renouvellement pour le CFCM n'a pas changé, l'UOIF devrait encore tirer son épingle du jeu lors des prochaines élections, compte tenu du fait qu'elle a continué à acquérir des mètres carrés. Alors qui, de la République ou de l'UOIF, a gagné?

Post-scriptum
Sur les 41 membres élus du Conseil français du culte musulman (désignés en avril 2003 par 4 042 grands électeurs seulement), l'UOIF a obtenu 13 sièges. Ce qui la place en deuxième position, derrière la Fédération nationale des musulmans de France (pro-marocaine, 16 élus), mais devant la Mosquée de Paris (sous influence algérienne, 6 sièges). Les Turcs, les indépendants et les Réunionnais se partagent les 6 derniers postes.

Voir l’article de l’Express La face cachée de l'UOIF
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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 17:48

feb1503romelarepubblicac-1.jpgPar Helios, le 27 janvier 2007

Les anti-américains se servent du débat d'idées qui a lieu aux États Unis pour dénigrer ce pays, son système de gouvernement, la société et l'économie américaine et bien sûr ce qu'ils appellent l'impérialisme américain. Ils se servent largement des arguments de la gauche américaine laquelle se complaît dans l'autoflagellation et le masochisme intellectuel et dont le slogan est "Blame America first", on appelle d'ailleurs ses adeptes les "blame America firsters".

La gauche américaine existe, certains voudraient nous faire croire que c'est une droite à la Sarkozy ou à la Bayrou, rien n'est plus faux, elle est formée surtout d'intellectuels, de jeunes idéalistes, de pacifistes, d'environnementalistes, de certains groupes féministes, d'artistes, de stars et de faiseurs d'opinion attachés aux grands médias. C'est une gauche "caviar" au superlatif, outrageusement gâtée par le système.

On la retrouve dans les grands centres urbains de l'est, particulièrement à New-York et en nouvelle Angleterre, elle a aussi ses quartiers sous le doux soleil de Californie. Elle brille par son absence dans l'Amérique "profonde" qu'elle n'écoute pas et qu'elle ne cherche même pas à convaincre.

Les liens que le parti démocrate entretient avec cette gauche sont ambiguës, elle contribue à l'éloigner du centre où ses chances électorales sont meilleures, mais elle lui sert aussi de haut-parleur dans la mesure où elle détient une position dominante dans les moyens de communication.

Elle a certainement contribué à faire élire G.W. Bush en novembre 2000 en refusant de voter pour Al Gore, mais elle a aussi contribué à torpiller Kerry en l'appuyant trop ouvertement ce qui l'a rendu suspect à une tranche importante de l'électorat en 2004. Si l'on tient compte de ces éléments il devient évident que la gauche américaine (the liberals tels qu'on désigne ses adeptes aux ÉU) constitue davantage un handicap qu'un atout pour le parti démocrate. fum2005010g0924-0201.jpg

Dans un pays où la majorité des gens votent à droite ou au centre, la gauche américaine ressemble à une anomalie, principalement à cause de la position privilégiée qu'elle occupe sous les projecteurs et pour le peu d'importance que l'électorat lui octroie concrètement. Il est significatif que les succès récents du parti démocrate ne s'accompagnent pas d'un déplacement à gauche de son centre de gravité mais plutôt d'un déplacement à droite! On peut sans risque de se tromper parler de "paradoxe de la gauche américaine".

Il n'est donc pas étonnant de voir cette gauche se réfugier dans l'anti-américanisme. Reléguée par l'électorat à l'insignifiance, obligée de s'accrocher aux jupes du parti démocrate pour survivre, elle ne se prive pas d'exprimer ses frustrations en utilisant les puissants moyens de communication qu'elle contrôle. En ce faisant, elle ne se contente pas d'embarrasser le parti démocrate, elle contribue à donner une image très négative des États Unis.

D'aucuns prétendraient que la gauche américaine constitue en quelque sorte la "conscience de l'Amérique", cependant la majorité des américains la considère comme son talon d'Achille. Par instinct les américains se méfient des concepts et des recettes à base d'idéologie servies par des gens qui n'y tremperont jamais les lèvres et qui n'auront pas à en subir les conséquences. L'ascenseur social aux États Unis fonctionne bien, il permet aux citoyens américains de s'élever à force de travail et de créativité, le "rêve américain" c'est du concret et le patriotisme anime les citoyens, c'est ce qui explique pourquoi l'électorat résiste avec succès au chant des sirènes gauchistes.

L'anti-Bushisme est le dernier avatar de l'anti-américanisme. C'est l'anti-américanisme fédérateur où tout le monde communie dans les deux espèces: la haine de la puissance américaine et le sentiment de supériorité morale découlant de sa propre impuissance. Bush a eu 117-1723_img4.jpgce mérite de cristalliser sur sa personne toute la hargne et toute la rancoeur qui naguère se répandait diffusément sur tout ce qui est américain, en cela il a rendu, sans l'avoir voulu, un grand service à son pays.

L'affirmation je hais Bush, je ne hais pas l'Amérique est devenue un lieu commun. Cependant les anti-américains devront s'ajuster rapidement car la situation est mouvante, le débat aux États Unis perd de sa chaleur, le parti démocrate voudra consolider son succès en maintenant ses gains lors des élections de 2008, pour ce faire il devra prendre ses distances avec son aile gauche qui l'embarrasse. De son côté Bush doit manoeuvrer habilement afin d'assurer sa place dans l'histoire, comme il n'a pas besoin de se faire élire, il aura davantage les mains libres pour adopter une politique pragmatique, en dépit de la baisse de popularité qui l'affecte dans l'électorat il ne manque pas d'habileté ni d'atouts. De plus l'Amérique est une nation en guerre, le sentiment patriotique se maintient à un niveau élevé et contribue à tracer des limites que peu de politiciens se risqueront de franchir.

Le récent discours sur "l'état de l'Union" a démontré amplement les capacités de Bush à maintenir le cap en politique étrangère tout en se montrant souple et pragmatique en politique intérieure. La main tendue qu'il présente au parti démocrate est plus qu'une manoeuvre politique, au-delà des différences idéologiques c'est l'intérêt des États Unis et celui de la Liberté qui sont en cause et cela le public américain l'a bien compris.

Les anti-américains pourraient traverser une saison de vaches maigres. On oserait espérer qu'ils en profiteraient pour s'adonner à l'introspection, un examen de conscience ne leur ferait sûrement pas de mal, mais ce serait sans compter avec leur capacité phénoménale de nier l'évidence et de poursuivre leurs psalmodies et leurs incantations.


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Désinformation: Antiaméricanisme

 

dimanche 7 janvier 2007, par Esta Natelli


« Political language is designed to make lies sound truthful and murder respectable, and to give an appearance of solidity to pure wind. » George Orwell

Cette phrase d’Orwell rappelle pour plusieurs le discours politique américain. Des dommages collatéraux, aux présumées armes de destructions massives iraquiennes en passant par l’axe du mal, la rhétorique de l’administration Bush suscite le plus grand scepticisme, notamment au Canada. C’est ce scepticisme qui est à la base de l’antiaméricanisme. Pourtant, l’allégation d’Orwell s’applique davantage à la rhétorique islamiste qui est tissée de faux-fuyants et demies vérités. En fait, Orwell a peut-être toujours raison : qu’importe le régime ou l’idéologie, le langage politique en est toujours un de déception.

L’antiaméricanisme joue son rôle dans la mosaïque des propagandes qui circulent en ce début de XXIème siècle. Il sert une propagande qui s’articule autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des Etats-Unis, une propagande qui vise à discréditer non seulement la gouvernance américaine mais aussi tous les régimes occidentaux néo-libéraux. Cependant, à force d’argumenter autour du degré de perfidie de l’administration américaine, on laisse le monde s’embourber dans un marasme identitaire. Il y a un temps pour écrire l’histoire et un temps pour émerger des ténèbres. Qu’importe l’action politique que prendra l’Occident, si le totalitarisme persiste dans les pays musulmans, ce sera un crime contre l’humanité. Qu’on soit de gauche ou de droite, l’objectif final doit rester que les peuples du monde entier jouissent de liberté non relative, d’égalité non fictive et de fraternité non conditionnelle.

Le peuple américain ne souhaite nullement que perdure aucune dictature dans le monde. C’est sur ce sentiment que devrait s’appuyer la guerre aux régimes totalitaires en pays musulman, une guerre idéologique qui doit se faire par une réforme de l’Islam et non pas par la transfiguration de la constitution américaine.

Il faut cesser la rengaine qui veut que tous les maux de la planète se résument à la simple existence des Etats-Unis d’Amérique. C’est oblitérer toute la complexité du monde. C’est détourner l’attention de la vraie question : comment définir un monde où tous les états sont redevables de leur action et tous les peuples en charge de leur destin ?

Des Sondages éloquents

Certains analystes tendent à minimiser la prévalence de l’antiaméricanisme dans le monde. Pourtant, les sondages du Pew Research Center [1] démontrent clairement que l’anti-américanisme n’est pas un phénomène marginal circoncit à quelques alter mondialistes acharnées et islamistes extrémistes. C’est une tendance qui touche des majorités dans différentes populations et le phénomène est en hausse depuis le 11 septembre autant dans les pays musulmans que dans le reste du monde. Andrew Kohut, le president du Pew Research Center quantifie cette hostilité : « To give you some sense of the magnitude of the problem, favorable attitudes toward the U.S. declined in Germany, from 78% in 2000 to 37% currently. The numbers are similar in France, but even worse in Spain, where only 23% have a favorable view, and in Turkey, where it is 12%. Most people in these countries held positive views of the U.S. at the start of the decade. […] This is not just a rift with our European allies or hatred of America in the Middle East. It is a global slide, and positive views of the U.S. have declined in other regions of the world, particularly in Latin America and Asia. Our 44-country 2002 poll found America’s image slipping in seven of the eight Latin American countries surveyed, while our 2006 survey revealed declines in Japan and India, two still relatively pro-American Asian powers. Other polls international polls, such as BBC and Gallup have confirmed the continuing world-wide nature of America’s image problem. » [2]

Depuis la guerre en Iraq, la méfiance envers les États-Unis a atteint des proportions inquiétantes dans les pays musulmans : « After Iraq, many in Muslim countries began to see the U.S. as a threat to Islam, and what had perhaps been loathing for the U.S. turned into both fear and loathing. A 2005 Pew study found that in all five majority Muslim countries surveyed, solid majorities said they worried that the U.S. might become a military threat to their country. This includes 65% in Turkey - a longstanding NATO ally. » [3]

On souligne souvent que le sentiment antiaméricain n’est motivé que par la politique étrangère de l’administration Bush. Pourtant rien n’est moins sûr : « A fourth feature of contemporary anti-Americanism is that it is no longer just the U.S. as a country that is perceived negatively, but increasingly the American people as well, a sign that anti-American opinions are deepening and becoming more entrenched. In countries such as Spain, Jordan, Indonesia, and Turkey, favorable views of Americans have declined significantly in recent years. » [4]

La sincérité du gouvernement américain est aussi sérieusement mise en doute : « In a 2004 Pew poll, majorities or pluralities in seven of the nine countries surveyed said the U.S.-led war on terrorism was not really a sincere effort to reduce international terrorism. This was true not only in Muslim countries such as Morocco and Turkey, but in France and Germany as well. The true purpose of the war on terrorism, according to these skeptics, is American control of Middle East oil and U.S. domination of the world. » [5] Si le canadien moyen assume que le pétrole est la motivation première de la politique étrangère au moyen orient, l’idée que nos voisins cherchent à dominer le monde est une affirmation plus controversée.

Différents visages de l’antiaméricanisme en Occident

L’antiaméricanisme se manifeste soit par le mépris soit par la peur. Tant du côté européens que du côté américain, c’est le mépris qui domine la rhétorique antiaméricaine. À la base, ces antiaméricains occidentaux n’adhèrent pas au système capitaliste, à la politique néo-libérale et à la mondialisation. Ils tentent par tous les moyens de discréditer la politique américaine pour mettre leur propre agenda politique de l’avant. Le résultat est la création d’une mythologie qui façonne la pensée de gauche. Le mépris de la gauche s’articule sur deux fronts :

  1. L’Amérique trahit son idéal démocratique
  2. L’idéologie libérale américaine ne sert que les intérêts des biens nantis au dépend des plus pauvres et de l’environnement.

MÉPRIS POUR UNE UTOPIE DÉCHUE

L’Amérique est passée au peigne fin : La prison de Guantanamo, les condamnations à mort de mineurs, le mauvais traitement de prisonniers iraquiens, etc. Invoquez le principe de la pointe de l’Iceberg (si nous avons découvert ceci, imaginez l’horreur de ce qu’ils nous cachent), et voilà, vous venez de tracer le portrait du pire régime totalitaire qu’il soit. Il n’y a rien de plus facile que de discréditer la plus ancienne démocratie moderne. La rengaine est simple : Les Etats-Unis prétendent défendre les droits de la personne mais en fait ce sont des mécréants hypocrites qui ne cherchent qu’à asservir le monde. Avec un tel discours démagogique, pas étonnant qu’un militant de gauche québécois comme Amhir Kadir doute que le 11 septembre soit un acte terroriste.

Le mépris pour le Judas américain se traduit par un acharnement démesuré pour défendre la vertu en terre américaine, un acharnement qui trouve son antithèse dans l’apathie de ces mêmes intellectuels devant les entraves aux droits de la personne autrement plus inquiétantes - exécutions sommaires en Chine, droits des femmes bafoués en Arabie saoudite, conversion forcée des derniers animistes africains, génocide des bébé de sexe féminin, etc.

Comme le souligne Dan Flynn, auteur de Why the Left Hates America « I think the basic problem with the anti-Americans is that they hold the United States to a standard that they would never hold any non-Western nation to. America’s critics compare America with utopia and find America lacking. This method of analysis guarantees the results that those who employ it desire. Compare anything to an ideal and it’s going to fall short. Compare America to places that actually exist and we look rather spectacular. » [6]

MÉPRIS POUR UNE IDÉOLOGIE LIBÉRALE VICTORIEUSE

Avec la fin de la guerre froide, l’idéologie capitaliste est sortie triomphante. Toute une génération d’intellectuels sympathiques au communisme s’est appliquée à démontrer que ce triomphe cachait une réalité beaucoup plus sombre. Ainsi, depuis le début des années 90, certaines idées reçues ont faites leur chemin. Alors que les Etats-Unis d’Amérique devenaient le porte-étendard de la mondialisation et du néo-libéralisme, les altermondialistes s’évertuaient à dénoncer tout le système social à l’américaine.

Une idée reçue des plus pénétrantes veut que la classe moyenne américaine soit en voie de disparition. Il n’y aurait plus que quelques bien nantis vivant dans des villes forteresses à l’abris d’une majorité misérable. L’auteur politique français Jean-François Revel ironise : « Poverty and inequality like this should cause Europeans to cringe in horror, especially since (we have it on good authority) there is no safety net in America, no unemployment benefits, no retirement, no assistance for the destitute—not the slightest bit of social solidarity. In the U.S. "only the most fortunate have the right to medical care and to grow old with dignity," as one writer recently put it in Libération. University courses are reserved only for those who can pay, which partly explains the "low level of education" in the benighted USA. Europeans firmly believe these sorts of caricatures—because they are repeated every day by the elites ». Ici même au Canada, on se surprend d’apprendre que tel état américain est en tête du peloton mondial en matière de bilan écologique, ou que les artistes d’un autre état sont beaucoup mieux financés tant par le public que par le privé que leurs homologues canadiens.

Une autre manie des intellectuels de gauche est de taxer de démocratie d’apparat ce pays qui compte pourtant plus de 500 000 postes électifs [7]. Revel explique tout le ridicule de ce postulat de base des antiaméricains : « In 2002, France experienced the humiliation of seeing a demagogic populist of the extreme right take second place behind Jacques Chirac, thus going on to a runoff. What was the reaction from E.U. deputy and professor Olivier Duhamel, one of France’s leading commentators ? "Now we are catching up with the degenerate democracies of the type of the United States." Strangely, it is always America that is described as degenerate and "fascist," while it is solely in Europe that actual dictatorships and totalitarian regimes spring up. » [8]

Le summum de la condescendance antiaméricaine consiste à considérer la ferveur religieuse du peuple américain comme une tare. Dès que l’on ose critiquer l’intégrisme islamique, il s’en trouve toujours un pour nous rappeler l’abomination que constitue le fondamentalisme chrétien aux Etats-Unis. Comme si l’existence de ces chrétiens fanatiques au sein d’une Amérique pluriculturelle contrebalançait l’amplitude des intégrismes musulmans qui dominent des populations entières par des régimes théocratiques (Arabie Saoudite, Iran, etc.). S’il est de bon ton de s’émerveiller de l’amalgame des spiritualités en Inde, on accuserait d’imbécillité profonde celui qui oserait porter le même jugement sur la mosaïque spirituelle made in America. De toute manière, le degré de religiosité des Etats-Unis est une question de perception comme le souligne Fouad Ajami : « According to a June BBC survey, 78 percent of French polled identified the United States as a "religious" country, while only 10 percent of Jordanians endowed it with that label. Religious to the secularists, faithless to the devout—such is the way the United States is seen. » [9]

C’est dans ce climat de mépris que naît la peur. Devant ce constat d’infériorité sociale et intellectuelle, la politique extérieure américaine ne peut être que catastrophique, surtout lorsqu’un président au quotient intellectuel déficient [10] en est le principal dépositaire.

Coupable sur tous les fronts

Alors que l’américain moyen perçoit son pays comme le chien de garde du monde, les antiaméricains occidentaux considèrent les Etats-Unis comme les principaux responsables de tous les conflits inimaginables. Quand on ne trouve pas un lien direct ou indirect à une politique américaine, un bénéfice occulte est supposé par le biais de la vente d’armes. À la fin de la guerre froide, avec la chute du bloc soviétique, le concept d’empire américain s’est popularisé. Un empire sous-tend des visées expansionnistes. Les antiaméricains accumulent les preuves : le succès de la culture américaine dans le monde sert à éliminer les cultures locales pour faciliter l’invasion, les alliances stratégiques sont faites sous la menace implicite d’une attaque de l’armada américaine, etc. Ces conclusions gratuites supposent la mauvaise foi totale du gouvernement américain et oncle Sam prend les airs d’un affreux épouvantail. La peur de l’ « empire américain » est l’un des visages les plus pernicieux de l’antiaméricanisme.

Pourtant, est-ce que les États-Unis forment vraiment un empire ? « The Ottoman Empire claimed dominion over much of the Islamic world and parts of south-eastern Europe. The sun never set on the British Empire, which lorded over Ireland, India, Canada, and diverse points beyond. The Soviet Empire ruled Eastern Europe and numerous satellite states across the globe. The American Empire, strangely, rules just Americans. "Empire," like all words, has a specific meaning. It’s a term that doesn’t apply to the U.S. » [11]

Alors que les attaques du 11 septembre devrait démontrer le pouvoir très relatif des États-Unis – quelques ressortissants d’un pays allié commettent un attentat en terre américaine et réduisent à néant la vie de 3000 personnes, les antiaméricains ont fait de ces attaques la preuve suprême de la culpabilité américaine. Dans la publication du Monde diplomatique qui ont suivi les attentats du 11 septembre, Ignacio Ramonet nous rappelle un autre 11 septembre, celui de 1973, jour du coup d’état du général Pinochet au Chili. La coïncidence est trop belle, les américains ont subit une attaque visiblement méritée : « A travers le monde, et en particulier dans les pays du Sud, le sentiment le plus souvent exprimé par les opinions publiques à l’occasion de ces condamnables attentats a été : « Ce qui leur arrive est bien triste, mais ils ne l’ont pas volé ! » » [12] Ramonet poursuit en expliquant comment Ben Laden est une création de la politique étrangère américaine. Il nous faut comprendre selon Ramonet qu’il était inévitable que les populations musulmanes remettent la monnaie de la pièce à l’ « empire américain », qu’elle se range derrière ces guerriers de la liberté formés par la CIA, pour attaquer l’oppresseur des masses musulmanes : les Etats-Unis. Inutile de recourir à la théorie de la conspiration, du point de vue géopolitique les Etats-Unis sont ultimement responsables des attaques contre eux-mêmes.

Pourtant, l’attitude de l’état américain vis-à-vis les pays et populations musulmanes est loin d’être unilatérale. Jean-Francois Revel explique que : « The United States’ actions historically have been far less damaging to Muslims than those of Britain, France, or Russia. These European powers have conquered Muslim countries, occupied and indeed oppressed them over decades and even centuries. Americans have never colonized a Muslim nation. Americans evince no hostility toward Islam as such today ; on the contrary, their interventions in Somalia, Bosnia, and Kosovo, as well as the pressure exerted on the Macedonian government, were designed to defend Muslim minorities. » [13]

Qu’importe, les antiaméricains l’ont suffisamment claironné : Le Goliath moderne a reçu une première pierre le 11 septembre 2001. N’en déplaise que David ait des visées totalitaires autrement plus inquiétantes que celles des néo-libéraux américains. Les néo-gauchistes pris dans l’habitude d’haïr les Etats-Unis n’ont guère trouvé mieux que de se ranger du côté des terroristes islamiques. Détester le géant capitaliste est un réflexe bien développé : « On November 3, 2001, French writer and pundit Jean Baudrillard sketched the perpetrators of September 11 as acting out his own dreams and the dreams of others like him. "All the world without exception dreamt of this event, for no one can avoid dreaming of the destruction of a power that has become hegemonic. . . .It is they who acted, but we who wanted the deed." » [14] Nous voilà dans un monde où les intellectuels de gauche défendent la loi du Talion… La peine de mort pour l’Amérique !

Il est loin le temps où les troupes américaines débarquaient en Normandie pour libérer l’Europe du fascisme.

Antiaméricanisme en terre d’Islam

L’antiaméricanisme dans les pays musulmans reprend le discours de la gauche occidentale. Comme en occident, on répète que les américains font preuve de mauvaise foi dans leur politique étrangère. Par exemple, ceux qui dénoncent la haine antiaméricaine des terroristes servent une stratégie malveillante selon le Daily Star de Beirut : « Those who are relating this hate-crime reasoning to the attacks on America have hidden agendas ; they are not looking to defuse terrorism, advance international understanding, or achieve any kind of justice. » [15] La joie de ceux qui ont célébré les attentats du 11 septembre était bien sûr justifiée : « In fact, these miserable cheerers have many reasons indeed to resent not the people, but the U.S. government, who alone is responsible for arming their oppressors and allowing their agony to continue. » [16]

Pourtant, il y a une différence fondamentale enter les antiaméricanismes musulman et occidental. Alors qu’en occident, l’antiaméricanisme reste encore une affaire d’intellectuels de gauche, dans les pays musulmans c’est un sentiment très populaire.

On peut voir ce phénomène dans la manière dont les médias se servent du phénomène pour augmenter leurs cotes d’écoute : « Even with media organs that are self-financed or financially independent one finds anti-Americanism played up to increase circulation or appeal to a wider audience. For example, the al-Arabiyya and al-Jazira stations began as free media but then used systematic anti-Americanism to boost the number of their viewers. Television channels that were launched to "balance" al-Jazira were soon emulating both its tactics and message. » [17] La demande populaire est telle que présenté un contenu qui ne serait pas antiaméricain est problématique pour une chaîne de télévision : « On the other hand, the issue of showing strong images, whether intentionally "anti-American" or not, is also to do with competition between stations, he says. "The competition is pushing us to show strong images and use strong language to have more viewers than other TV stations. » [18]

Les arguments antiaméricains occidentaux trouvent leurs échos dans des médias où l’objectivité est très relative. En effet, bon nombre de ces médias sont contrôlés par des régimes totalitaires. Dans ces dictatures, les Etats-Unis servent de bouc émissaire parfait : « On the one hand, Middle Eastern leaders use anti-American public sentiment as an excuse to both distance themselves from American foreign policy activities which would genuinely help their peoples, and to manipulate that public mood to their own advantage, like delaying reform or blackmailing Washington into giving more aid. On the other hand, those governments do little to persuade the media, which they often control, to soften or reduce the strong message of anti-Americanism. There are even occasions when those governments encourage the trend of anti-Americanism, sometimes to deflect domestic criticism of their policy away from them. » [19]

La propagande des médias musulmans a convaincu une majorité de musulmans que les attentats du 11 septembre n’étaient pas d’origine arabe : « In one of the survey’s most striking findings, majorities in Indonesia, Turkey, Egypt, and Jordan say that they do not believe groups of Arabs carried out the Sept. 11, 2001 terrorist attacks. The percentage of Turks expressing disbelief that Arabs carried out the 9/11 attacks has increased from 43% in a 2002 Gallup survey to 59% currently. And this attitude is not limited to Muslims in predominantly Muslim countries - 56% of British Muslims say they do not believe Arabs carried out the terror attacks against the U.S., compared with just 17% who do. » [20] Cette perception des événements biaise tout le rapport avec les États-Unis. Pour le musulman moyen, la guerre contre la terreur n’est qu’un prétexte et ça renforce l’impression que la politique étrangère américaine est en fait une guerre contre l’Islam.

Internet : Faire croire à la guerre contre l’Islam

Toute une propagande via Internet est mise en place pour convaincre les musulmans que l’Amérique cherche à éradiquer l’Islam. Malgré les nombreux discours dans lesquels George W. Bush affirme que les Etats-Unis respectent l’Islam et ne cherchent qu’à éradiquer le terrorisme, un tel discrédit est mis sur l’administration Bush que ce dernier pourrait aussi bien dire que la terre est ronde pour que le monde entier clame qu’elle est plate ! La propagande islamiste se base sur la croyance populaire en une conspiration :«  According to these radicals, the threat to Islam mainly comes from a global conspiracy of “Zionists-Crusaders” (Jews and Christians), with the United States and Israel as the conspiracy’s global leaders. […] The jihad website of Hamas, Saudi Arabian-based jihad websites, and some of Bin Laden’s propaganda video tapes (as shown on some jihadi websites) always include images of stories from Chechnya ; Lebanon (the Israeli bombardment of the village of Qana) ; Palestine ; Kashmir ; Afghanistan ; Indonesia ; and (later) Iraq. These images are shown to justify the thesis that Christians (i.e., the West) and Jews are allied to destroy Islam. » [21] Evidemment, aucune contrepartie n’est présentée. Ce n’est que la victimisation des populations musulmanes qui est mise de l’avant, comme si dans le monde il n’y avait pas d’autres conflits et surtout pas des conflits menés par des armées musulmanes (on oublierait le Darfour encore une fois). Internet étant un média qui rejoint les plus jeunes, ce genre de discours est plus garant du futur que du passé.

La propagande trouve un terrain fertile. Les jeunes islamistes sont préparés à détester les Etats-Unis : « Much of the Muslim world has seen the proliferation of religious schools where young people are taught to defend their faith against the purported malevolence of Jewish and Christian infidels. Virulent anti-Americanism is merely a by-product of such instruction. From the madrasas of Pakistan to the pesantrens of Indonesia, schools teaching self-righteous religious intolerance also encourage students to detest the United States for its alleged hostility toward Islam. “From very deep in my heart I think the United States is evil,” says sixteen-year-old Muhammad Fadhil, an honor student attending an Indonesian religious boarding school. “There are too many interventions by the United States around the world. » [22]

Il arrivent que des populations musulmanes ne soient pas totalement convaincues de la perfidie totale des américains : « One indicator was the September 2002 poll commissioned by the Iranian Majlis’ National Security Committee which found that 74 percent of Iranians favored resumption of relations with the United States and 46 percent felt that U.S. policies on Iran were "to some extent correct," despite the fact that Iranian media constantly harped on Bush’s "axis of evil" remark in his January 2002 State of the Union speech.(1) ». Cependant, les autorités iraniennes ont clairement indiqué que la position populaire n’était pas acceptables : « The Ayandeh Institute pollsters who conducted this poll, Abbas Abdi and Hossein Ali Qazian, were sentenced to jail terms of eight and nine years respectively for "publishing nonscientific research. » [23]

Finalement, l’antiaméricanisme obscurcit la réalité dans les pays musulmans : «  It is within this media-created virtual reality that a North African or a Sudanese student who can hardly afford a bus-ride, doesn’t demonstrate to improve his lot, but instead demonstrates in opposition to America and Israel in support of the Palestinians, and yet has never met a Palestinian—let alone an American—in his life.  » [24]

Gauche et Islamisme, un seul combat

Les penseurs de gauche occidentaux se retrouvent dans le même camp que les islamistes dans leur haine commune des Etats-Unis. Pourtant, leurs griefs ne sont pas identiques. Les premiers accusent le gouvernement états-unien d’avoir une politique étrangère qui nuit au développement démocratique des nations musulmanes. Les seconds soutiennent que l’Amérique en collusion avec Israël a pour objectif ultime d’éradiquer l’Islam de la planète.

Les gauchistes soutiennent que les populations musulmanes aspirent à des régimes démocratiques et modernes. Dans leur rhétorique, l’absence de démocratie dans les pays arabes n’est causée que par les visées impérialistes américaines. Comme les islamistes, ils pourfendent la théorie qui veut que les populations musulmanes soient victimes du bourreau américain.

Pourtant, est-ce vraiment le désir des américains d’instaurer la dictature ? Il existe des exemples où l’influence américaine ne génère pas de dictatures, à commencer par le Canada et l’Europe qui jouissent d’une véritable indépendance politique et économique. Après la seconde guerre mondiale, le Japon a adopté un modèle démocratique suite à l’occupation américaine et non pas un régime totalitaire. Plus récemment, les pays des Amériques centrale et du sud, après la guerre froide, se sont démocratisés et certainement pas contre la volonté américaine. L’Inde qui a récemment conclue des alliances politiques et économiques avec les Etats-Unis restent malgré cette alliance totalement démocratique [25]. La diaspora démocratique mondiale est politiquement beaucoup plus encline à s’allier stratégiquement avec les Etats-Unis qu’avec les puissances alternatives que sont la Russie, la Chine et l’Arabie Saoudite.

Certains diront que les Etats-Unis n’apprécient que les démocraties enlignées à leur politique et qu’ils ne tolèrent pas les « démocraties rebelles » - on attend encore les raids aériens américains contre le Venezuela. Est-ce que l’Inde, le Canada, l’Afrique du sud, la France, la Suisse, l’Argentine, le Brésil, le Mexique, l’Australie, le Japon, le Costa Rica, le Chili, l’Italie, et les quelques autres pays démocratiques ne sont que les marionnettes des Etats-Unis ? Si on s’en tient à ce discours démagogique rien ne différencierait les démocraties modernes des royaumes médiévales. Plutôt, il faut voir dans les alliances démocratiques un aboutissement logique et idéologique.

Ce qui nous ramène au cas des pays musulmans. Si les Etats-Unis ont financièrement soutenu des régimes totalitaires, rien ne laisse présumer qu’il y ait eu une véritable alternative démocratique à ces régimes. Quand l’Iran obtient son indépendance, c’est pour fonder un régime théocratique qui parodie la démocratie. L’Algérie ne fait guère mieux . La Turquie reste une démocratie très controversée en raison de son dossier concernant les droits de la personne et son refus à reconnaître le génocide arménien . Pour ce qui est de l’Indonésie, cette démocratie reste fort jeune et les groupes islamiques jouissent d’une influence grandissante comme le montre l’adoption de la charria dans la province d’Aceh [26]. Le Pakistan est encore sous le joug d’un dictateur militaire. En 59 ans d’histoire, 31 se sont passés sous la dictature militaire.

« So, what drives anti-Americanism ? The Arab world complains that the United States supports corrupt and oppressive Arab regimes. This is true. For example, the United States gives $2 billion a year to Egypt. While U.S. policymakers should definitely tie aid to democratic reforms, it is far from clear that Egypt would be less oppressive or corrupt without that money. After all, Syria and Iran oppress their populations without U.S. assistance. Yasser Arafat’s corrupt and oppressive Palestinian Authority enjoys the patronage of the United States, but there are very few Arabs who will publicly say that the United States should stop supporting Arafat. » [27]

Bref, l’argument qui veut que les Etats-Unis soient les seuls responsables du totalitarisme en terre musulmane est simpliste. La dictature s’est installée dans les pays musulmans avec ou sans l’aide des américains. L’intervention américaine se résume plus souvent qu’autrement à soutenir un régime déjà en place qu’à s’imposer directement pour faire la gouvernance d’un pays – tel que c’était le cas dans les colonies anglaise et française. Incidemment, une grande partie des problèmes liés à la dictature réside dans l’infrastructure historique, sociale et politique des pays musulmans. La politique interventionniste américaine ne doit pas porter à elle seule la responsabilité des ravages du totalitarismes dans les pays musulmans. Trop nombreux sont les pays qui vivent leur alliance aux Etats-Unis en toute démocratie pour que l’on accorde aux Américains un désir d’imposer le totalitarisme pour fortifier leur alliance stratégique. La région du moyen orient est traitée différemment ? Si c’était le cas, Israël ne serait certainement pas une démocratie tout à fait moderne. Les antiaméricains devraient ménager leur rage. La dictature en pays musulmans n’a pas besoin de l’Amérique pour exister. On pourrait même se demander si ce sont les américains qui ont profité des dictatures ou non pas l’inverse, les dictatures qui ont profité des américains…

Antiaméricanisme : De l’Ordre à la zizanie

Comme le souligne Revel, l’antiaméricanisme réduit le reste du monde à la passivité : « Thus the U.S. is charged with all the evils, real or imagined, that afflict humanity, from the falling price of beef in France to AIDS in Africa and global warming everywhere. The result is a widespread refusal to accept responsibility for one’s own actions. » [28] Le phénomène est surtout nuisible dans des pays où la dictature domine et où l’énergie subversive devrait être concentrée à renverser des régimes totalitaires. Dans ces pays, le sentiment antiaméricain est précisément utilisé pour maintenir l’ordre.

En occident, et surtout aux Etats-Unis, l’antiaméricanisme reste un courrant de pensée de la gauche qui n’atteint pas les couches populaires. Il découle d’une certaine appréhension née dans les années soixante. Stanley Kurtz, un analyste de la Hoover Institution, explique les fondements de l’antiaméricanisme aux États-Unis : « Our post-sixties culture pushes us to maintain a self-image of radically egalitarian individualism, even as we seek out venues in which to secretly satisfy our longing for collective superiority. The way to do that is to charge America with having abandoned its own democratic values. The problem is, to pull this off, we have to catch America in some act of enormous oppression. Since America is not in fact enormously oppressive, American’s offenses must be continually exaggerated, or simply fabricated whole cloth. Without the pretext of some truly awful act of murderous oppression on the part of America, there is no justification for a moral crusade and no cause to feel superior. » [29]

L’antiaméricanisme en occident suit son cours dans le bouillon des idées et joue son rôle pour semer la zizanie chez les libres penseurs. L’antiaméricanisme aide à maintenir l’ordre des dictatures musulmanes. Paradoxalement, il sème la zizanie dans les démocraties occidentales. Machiavel disait « diviser pour régner ». Cet adage fonctionne terriblement bien dans les régimes totalitaires. C’est pourquoi les tyrans ne ménagent pas d’efforts pour faire régner l’uniformité et châtier toute forme de dissension. Dans les démocraties, la division est intrinsèque au système, elle est sa force. Car de la division, de la dispute, de l’argumentation émerge des solutions durables qui bénéficient au plus grand nombre. N’en déplaise aux gauchistes, les accords de Kyoto ont vu le jour en Occident, et non pas dans une république islamiste ou communiste.

C’est donc la zizanie qu’il faut exporter dans les pays musulmans, une zizanie incompatible avec l’interprétation officielle du coran mais terriblement démocratique et qui a pour principal pilier la liberté d’expression.


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Williamson, Lucy Aceh wary over new Sharia police, BBC News, 8 décembre 2006

Notes

[1] Le Pew Research Center est un organisme américain non partisan qui effectue des études sur les tendances et attitudes qui se forment aux Etats-Unis et dans le monde. Pour en savoir plus.

[2] Kohut

[3] idem

[4] idem

[5] idem

[6] Glazov

[7] Moore

[8] Revel

[9] Ajami

[10] L’infériorité intellectuelle de Georges W. Bush est en fait un canular qui a circulé par courriel lors de l’été 2001. Il a été repris comme factuel par au moins deux publications sérieuses : The [London] Guardian et le New Zealand Southland Times. Pour en savoir plus sur ce canular, cliquez ici.

[11] Glazov

[12] Ramonet

[13] Revel

[14] Ajami

[15] Allaf

[16] idem

[17] Darwish

[18] Cochrane

[19] Darwish

[20] Wike

[21] Lim

[22] Perazo

[23] Clawson

[24] Darwish

[25] Sorman

[26] Williamson

[27] Smith

[28] Revel

[29] Glazov


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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 14:28
 
Non, l'Occident ne doit rien aux Arabes

L'Occident ne serait pas sorti des ténèbres du Moyen Age sans Averroès et 'Ibn Khaldoun: l'intellectuel palestinien Saqr 'Abou Fakhr remet en question cette idée si répandue des deux côtés de la Méditerranée.


Sans la civilisation arabe, dit-on, l'Occident n'aurait jamais pu connaître l'éveil, le développement et le progrès qui ont mené à sa domination actuelle sur le monde entier. La majeure partie des écrivains nationalistes arabes et des romanciers musulmans continuent de perpétuer l'idée d'une ancienne civilisation arabe glorieuse et incontournable, alors que celle-ci s'est éteinte avec la chute de Bagdad, en 1258, à la suite de laquelle les Arabes cessèrent de créer et d'innover, excepté dans certains domaines limités et disparates.


Le fait de continuellement reprendre cette affirmation d'un âge arabe des Lumières l'a incrustée dans l'esprit des Arabes, comme cela arrive pour certaines superstitions et certaines légendes. Le temps est donc venu d'en faire la critique. Disons tout d'abord que les Arabes ont apporté une importante contribution à la civilisation humaine, comme l'ont fait les Chinois, les Indiens et les Perses. Mais les Arabes ont-ils joué un rôle déclencheur dans l'apparition de la civilisation occidentale contemporaine ? La civilisation arabe a pris fin il y a près de huit cents ans, et aujourd'hui ce sont les Arabes eux-mêmes qui risquent de disparaître. Et pourtant, ils continuent de se vanter en déclarant que,

"sans les Arabes, l'Europe aurait certainement stagné dans l'obscurantisme du Moyen Age".

Il devient nécessaire de dissiper de telles chimères et de les remplacer par l'Histoire réelle. Il semble avéré que la civilisation occidentale ait été portée - du moins sur le plan technique - par trois innovations essentielles, toutes venues de l'extérieur mais qui se sont conjuguées et fécondées mutuellement, à l'intérieur d'un ensemble géographique unique, pour finir par créer une nouvelle dynamique qui a engendré une formidable civilisation, sans précédent dans la longue histoire de l'humanité et qui dure jusqu'à ce jour.


Ces trois innovations sont :


1. L'imprimerie, qui a déclenché la révolution des connaissances et la diffusion des sciences.


2. La boussole, qui a grandement contribué aux nombreuses découvertes géographiques.


3. La poudre, qui a procuré à l'Occident la supériorité des armes et enclenché l'expansion coloniale en Amérique, en Inde et en Afrique. C'est de Chine que ces trois techniques fondamentales sont parvenues à l'Europe, alors incapable d'innovation parce qu'étant sous la prégnance religieuse de l'Eglise (catholique). [ouais]


L'originalité des Européens a consisté à intégrer ces inventions à leur propre civilisation et à en tirer graduellement, par la méthode de l'essai et de l'erreur, de nouveaux principes favorisant la science, le progrès et, par voie de conséquence, la puissance et la domination. C'est donc à la pensée occidentale que revient, en premier lieu, le mérite d'avoir rendu possibles ces développements.


Cette pensée n'a jamais refusé ni interdit ces innovations essentielles, elle ne les a pas considérées, à la manière dont le font aujourd'hui les vieux esprits du monde arabe, comme des objets "importés" dont il faudrait se méfier ou qu'on devrait boycotter. Tout au contraire, la pensée occidentale a opéré une révolution radicale contre l'Eglise et les ecclésiastiques, et a mis à bas tout ce qui faisait obstacle à la renaissance des sciences et des arts.


Les historiens arabes sont presque tous d'accord sur le fait que la civilisation occidentale moderne a énormément tiré profit d'Avicenne [980-1037] et surtout d'Averroès [1126-1198] et d'Ibn Khaldoun [1332-1406], et que l'Europe n'aurait pas pu avancer sur la voie du progrès sans leurs écrits.
En fait, il n'en a rien été. Sinon, on serait en droit de se demander pourquoi les principes énoncés par Averroès auraient été un facteur décisif de la Renaissance en Europe alors qu'ils n'ont eu, à la même époque, aucune influence sur la civilisation arabe. La réponse à cette question est très simple.


En fait, Averroès, Ibn Khaldun et Avicenne se trouvaient en quelque sorte en dehors du courant dominant d'une culture arabe qui les a d'ailleurs refusés et rejetés. Une culture qui, déjà à l'époque, sombrait, tout comme aujourd'hui, sous le poids des fatwas des oulémas, des théologiens et récitants du Coran, du même acabit qu'Al Ghazali, Ibn Taymiya, Al Chafei et Al Achaari. Pouvons-nous penser sérieusement que la civilisation occidentale ait emprunté quoi que ce soit à ces théologiens ? Certainement pas.


De même, pour Ibn Khaldoun, l'Occident n'a donné aucun crédit à ses élucubrations sur les esprits maléfiques, mais s'est seulement intéressé à ses opinions concernant la place et l'usage de la raison. L'Occident s'est servi de l'aristotélisme grec d'Averroès et s'est saisi de son idée - exposée dans son Commentaire d'Aristote - d'harmoniser philosophie et chari'a musulmane, c'est-à-dire raison et révélation.
L'Occident en a déduit que c'est en s'appuyant sur la raison qu'on pouvait s'engager sur la voie de la renaissance et du progrès. A la même époque, les théologiens arabes prononçaient déjà leur terrible anathème : "Adopter le rationalisme, c'est faire profession d'athéisme." Averroès ayant écrit son Incohérence de l'incohérence, le conservateur Al Ghazali lui avait répliqué par L'Incohérence des philosophes. L'Europe diffère des Arabes en ce qu'elle a réussi, petit à petit, à exclure l'Eglise de toute mainmise sur les idées et à accorder la prééminence à la raison.


Processus inverse en Islam, au cours duquel le salafisme (retour aux valeurs des ancêtres) l'a emporté, très tôt, sur les idées critiques : Al Ghazali fut officiellement préféré à Averroès. Ainsi le contrôle de la pensée arabe par les religieux a-t-il participé à la stagnation, puis à la régression de la pensée et de la vie dans cette société, depuis les Seldjoukides (au XIe siècle) jusqu'à nos jours. La contribution arabe à la civilisation occidentale moderne ne fut pas globale mais limitée à un certain nombre d'écrits rationalistes, qui constituèrent pour cet Occident le point de départ d'une redécouverte de l'ancien patrimoine philosophique et artistique grec.


La civilisation arabe elle-même était, par certains aspects, le produit de ces nombreuses traductions à partir du grec, dans lesquelles excellaient les Syriaques (membres de l'une des Eglises chrétiennes d'Orient). Mais cette civilisation ne dura que deux siècles, plus précisément les IIIe et IVe siècles de l'Hégire (IXe et Xe siècles de notre ère), alors que la civilisation européenne a des racines qui remontent au Ve siècle avant notre ère.

Un apostat d'aujourd'hui

L'hérésie de Nasr Abou Zeid est certifiée en bonne et due forme : il est officiellement déclaré apostat par les tribunaux égyptiens en 1996. Les problèmes de ce chercheur en théologie, né en 1943 en Egypte, commencent dès 1992, quand il affirme que le Coran n'est pas le Verbe incarné et éternel, mais une oeuvre culturelle qui doit être comprise en tenant compte du contexte historique. Dans son livre Critique du discours religieux (Actes Sud, 1999), il explique qu'il ne faut pas s'en tenir au sens littéral du texte, mais le soumettre à une analyse historique, sociologique et linguistique.


Le professorat lui échappe, sous prétexte que son oeuvre porte atteinte à l'islam.
En 1995, la justice prononce d'office son divorce, puisqu'une musulmane ne peut vivre avec un apostat. Afin d'éviter la séparation et d'échapper aux menaces de mort qui pèsent sur lui en Egypte, il s'exile aux Pays-Bas et enseigne à l'université de Leyde.
Nasr Abou Zeid prépare actuellement son autobiographie.
(http://en.wikipedia.org/wiki/Saqr_Abu_Fakhr)

L'exposition "L'âge d'or des sciences arabes" à l'Institut du Monde Arabe.

L'article de Civetta
est très élogieux à l’égard de cette exposition qui n’est pas tout à fait la première que l’IMA consacre aux sciences arabes. Dès l’inauguration en 1987, il y en avait eu une qui présentait déjà de nombreux astrolabes et instruments utilisés par les savants arabes… Je trouve néanmoins comme Civetta que cet âge d’or méritait le lustre et la publicité qu’on lui a donnés mais dans cette affaire de "L'âge d'or de la Science Arabe", il n'est quand même pas indispensable de trop s’emballer comme le fait un peu Ahmed Djebbar. Son enthousiasme est probablement contagieux mais il ne faut pas oublier de rendre à César ce qui est à César.

Beaucoup de "découvertes" ou "d'inventions" sont systématiquement arabisées et notamment par le truchement du vocable : algèbre, chiffres, zéro etc... Il est vrai qu'un nombre de mots important de notre langue française proviennent de l'arabe (assassin, alcool, calibre, charabia, civette [donc Civetta], élixir, mesquin, souk, toubib j'en passe et des meilleurs !...
Il n'en reste pas moins certain qu'il aurait été plus juste de parler de "samkhyas" indiens plutôt que de chiffres arabes et de "shûnya" plutôt que de zéro...

Pour en revenir à l'exposition elle-même,

1) Vanter les mérites de l’expansion vers l’ouest, le nord et l’est de cette science arabo-musulmane au rythme des conquêtes des cavaliers d'Allah en plein Jihad, n’est-ce pas en même temps reconnaître les bienfaits ou l'action positive d’une colonisation musulmane sans limites ou presque ?
    À une époque où ce n’est pas de bon goût de faire l 'éloge des colonisations (et j’en suis d’accord) c’est étonnant que l’on glorifie celle-ci au prétexte que la Science y aurait été le grand vainqueur ! Rien n’est moins sûr !

2) Les nombreux savants qui ont fait cet âge d’or incontestable n’étaient pas tous Arabes et l’on joue bien volontiers sur l’ambiguïté arabe/musulman/persan ou même vivant dans une société musulmane dominée par les Arabes pour faire croire que toute cette richesse culturelle et intellectuelle est purement d’essence arabe. Les Perses comme Avicenne, les Ouzbeks comme Al-Khwarismi ou les Berbères d’Andalousie se voient vite dépossédés de leur origine nationale ou ethnique et sont subtilement assimilés à l’arabitude glorieuse...

3) Il suffit de lire sur 
le site de l'Institut du Monde Arabe le texte qui présente l’exposition pour s’en convaincre. Ainsi, dans cette phrase
" La civilisation arabo-musulmane nous a légué le système de numérotation utilisé dans le monde entier et a transmis le chiffre zéro inventé par les mathématiciens indiens."
On peut croire ainsi que la
numérotation (terme impropre d’ailleurs puisqu’il s’agit en fait d’une véritable numération, décimale; il eût été plus judicieux de parler de l'invention des chiffres en usage aujourd'hui) a été initiée ou inventée par les Arabes eux-mêmes alors qu’il n’en est rien puisque ce sont les Indiens et notamment l’inventeur du zéro de position utilisable dans les calculs, Brahmagupta. Et si les rédacteurs de ce texte  redonnent (pour une fois) la paternité du zéro aux mathématiciens Indiens c’est bien à ce dernier, astronome prestigieux et mathématicien prodige, et à lui seul qu’on le doit, dans sa valeur positionnelle, calculatoire et pour tout dire de nombre à part entière. Évidemment "sifr" le mot arabe a donné chiffres puis chiffres arabes pour des signes qui étaient rigoureusement indiens. Zéro lui-même vient de « sifr » avec un passage par ‘zefiro’ pour finir en zéro…

4) Alors, certes, les mots sont arabes mais les concepts viennent d’ailleurs, d’Inde notamment, de Grèce aussi car les érudits arabes ont fait dans un premier temps l’immense effort de traduire tout ce qui présentait un quelconque intérêt scientifique
[NDLR : traduction faite par des non-musulmans], ce qui ne retire rien à leurs mérites postérieurs dans le développement de ces sciences retrouvées.

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Il s'agit, au début de l'expansion arabo-musulmane d'une science assez élitiste et confidentielle qui regroupe - notamment à Bagdad, des savants de l'ensemble de l'Orient

« Les savants des pays d’Islam ont d’abord étudié et assimilé, puis prolongé d’apports nouveaux les disciplines pratiquées dans les civilisations antérieures (surtout grecque, mésopotamienne et indienne) en ayant recours à la science expérimentale et en défrichant des domaines et des techniques qui ne se constitueront que bien plus tard en Europe. »

Tout se passe en effet comme si l’Occident, pendant tout le Moyen Âge avait ignoré ou oublié l’enseignement des anciens Grecs alors que les Arabes ont su le reprendre à leur compte très vite.
    Le directeur de l'IMA affirme que les savants arabes ont traduit les textes grecs et ont apporté autre chose qu'une simple application de ces bases scientifiques que notre civilisation occidentale avait oubliées ou laissées de côté (on peut se demander pourquoi ?) c'est vrai ! On ne peut pas nier la progression de la science en cette époque féconde où les savants avient pignon sur rue. Mais ils n'étaient pas si nombreux qu'on veut bien le faire croire car la société islamique n'était pas extrêment démocratique et tournait essentiellement autour du Calife.


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Au Xème siècle Bagdad et Cordoue sont les deux places fortes de la science musulmane


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Ces deux siècles sont vraiment l'âge d'or de la science arabo-andalouse

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La splendeur de Bagdad et de l'Andalousie s'est effondrée dès le XIIème siècle jusqu'en 1492
 
    Pendant tout ce temps, on prétend que l'Occident croupissait dans une ignorance grave et que les mathématiques ne pouvaient pas progresser, à cause de l'indigence du système de numération romaine. Gerbert d'Aurillac y remédiera dès 995 juste avant de devenir le pape Sylvestre II : il introduira le système de numération indien et le zéro répandus en Andalousie par la conquête arabo-musulmane.
   Mais il n'est pas si sûr que les sciences en Europe étaient moribondes, si l’on excepte les mathématiques dont l’impulsion a été décisive grâce à Brahmagupta, d'autres sciences, en particulier la médecine continuaient de se développer avec quelques progrès deça-delà, mais on peut s’interroger sur le peu d’écho donné à ce qui se faisait de mieux en Europe, au XIIème siècle par exemple avec  Hildegarde Von Bingen. Est-ce parce qu’il s’agissait d’une femme ?

   Mais la médecine a bien progressé également en Andalousie pendant cette période.
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