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We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 14:14

Le Tabligh, un mouvement missionnaire soupçonné d'être un "sas" vers l'islam radical

Rien n'indique la présence d'une mosquée Arrahma au numéro 52 de l'avenue Paul Vaillant-Couturier, 93200 Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), métro : St Denis Basilique ou Porte de Paris. La façade blanche de cet ancien magasin de fleurs a été masquée par un rideau de fer, et son entrée condamnée. Il faut tourner dans une petite rue perpendiculaire pour découvrir une simple porte de bois, qui s'ouvre et se ferme à intervalles réguliers, laissant passer un va-et-vient de fidèles

L'entrée est interdite aux non-musulmans. On a juste le temps de distinguer par l'embrasure un bassin d'ablutions près duquel des croyants se préparent à la prière.

La mosquée Ar-Rahma est le siège français du Tabligh (prononcer "tablir"), le plus grand mouvement missionnaire de l'islam. Implanté en France depuis 1968, il a joué un rôle déterminant dans la réislamisation des immigrés de la première génération, puis dans celle des jeunes beurs. Le Tabligh est habituellement qualifié de courant "piétiste". Ses objectifs sont en effet strictement religieux, et il se tient à l'écart de tout engagement politique. Pourtant, plusieurs spécialistes estiment que le mouvement a pu être détourné de ses buts et utilisé, malgré lui, comme un "sas primitif" vers l'islam radical.

La Jama'a at-Tabligh ("association pour le message") a vu le jour en Inde, en 1927. Son fondateur, Muhammad Ilyas, met au point une méthode de prosélytisme particulièrement efficace. A l'opposé du modèle de l'école coranique (la madrasa), il invente un système de "stages" à destination des adultes : de courtes périodes de formation, fondées sur un apprentissage pratique de la foi musulmane. L'une des bases du Tabligh est le dhikr, ou la "remémoration" d'une formule incantatoire tirée du Coran : le fidèle doit la répéter cent fois le matin et le soir. Le groupe en cours de formation élit domicile dans une mosquée. A partir de ce point de départ, il rayonne dans une zone géographique déterminée, pour ramener à son tour d'autres musulmans à la foi et à la pratique religieuse. Ce sont les fameuses "sorties" du Tabligh : par groupe de trois à cinq, tous habillés de blanc, les tablighis arpentent les trottoirs, les cafés, les cages d'immeuble, les hôpitaux et les prisons. Inlassablement, ils frappent aux portes et engagent la conversation sur Dieu, à la manière des Témoins de Jéhovah.

"PAS DE CHEF"

En France, le Tabligh acquiert une existence légale en 1972, sous le nom d'"association Foi et pratique". C'est l'époque où ses missionnaires hantent les salles de prière des foyers Sonacotra, pour ramener à l'islam une population d'immigrés coupée de ses racines. En 1979, Mohammed Hammami, un ouvrier tunisien, ouvre la mosquée Omar de la rue Jean-Pierre Timbaud, dans le 11e arrondissement de Paris. Pendant une dizaine d'années, ce lieu de culte sera le centre névralgique du mouvement. Progressivement, Mohammed Hammami se trouve marginalisé. Une autre association, Tabligh wa Da'wa, voit le jour en 1978. Elle acquiert en 1986 un pavillon à Saint-Denis, qui va devenir le nouveau centre français du Tabligh.

La structure du mouvement est entourée de mystère. "Il n'y a pas de chef", affirme-t-on avenue Paul-Vaillant-Couturier. En fait, depuis 1985, l'association est placée sous l'autorité d'un conseil consultatif de quatre membres, désignés à vie. Chacun d'eux dirige à tour de rôle, selon un système de présidence tournante. Malgré les apparences, le mouvement est très centralisé : son QG européen se trouve en Angleterre, à Dewsbury. C'est en effet l'"émir" de ce pays, qui a autorité sur la zone européenne. Le chef suprême du Tabligh est toujours l'émir de l'Inde, le successeur de Muhammad Ilyas.

DISCIPLINE QUOTIDIENNE

Le musulman engagé dans le mouvement se trouve pris dans un engrenage, qui le mobilise quasiment 24 heures sur 24. "Il faut consacrer quarante jours par an, trois jours par mois, deux après-midi par semaine et deux heures par jour à l'association", résume un tablighi. En outre, l'adepte est astreint à la discipline quotidienne du dhikr, qui le transforme en véritable "machine à prière". C'est là sans doute la grande faiblesse du tabligh : il est une impasse. Comme le note Gilles Kepel (Les Banlieues de l'islam, Le Seuil, 1991), il offre peu de perspectives à un jeune musulman déterminé, puisqu'il bannit toute activité politique et n'encourage pas l'approfondissement des sciences religieuses.

Les mosquées de Tabligh ont été des lieux privilégiés pour des "rabatteurs" cherchant à recruter des militants prêts à l'action violente. Dans Exils et Royaumes (FNSP), Hervé Terrel raconte qu'en 1986, Fouad Ali Saleh fréquentait la mosquée de la rue Jean-Pierre-Timbaud. C'est là qu'il recruta les deux Marocains, qui l'aidèrent à organiser les attentats à Paris, dont le plus meurtrier fut celui de la rue de Rennes. Deux des auteurs de l'attaque contre l'hôtel Asni à Marrakech, en 1994, Stéphane Aït-Idir et Rédouane Hammadi, originaires de La Courneuve (lire ci-contre), auraient ainsi été réislamisés par le mouvement piétiste.

Le Tabligh organise régulièrement de "grandes sorties" vers le Pakistan. Les fidèles y séjournent quatre mois, pour se former dans les centres du mouvement, dont le principal se trouve à Lahore. En principe, ne participent à ce voyage que les membres confirmés, qui ont déjà accompli un an de travail quotidien en France. Dans les faits, ce principe est respecté "à 80 %", avoue un tablighi. Les auteurs de La Tentation du Jihad (Jean-Claude Lattès), David Pujadas et Ahmed Salam, racontent l'itinéraire de Mourad. Ce jeune musulman né en France, militant du Front islamique du salut (FIS), est allé à Lahore avec ses "frères du Tabligh". Là-bas, un Pakistanais lui a proposé de se rendre dans un camp d'entraînement des moudjahidins, à 70 kilomètres à l'intérieur des frontières afghanes. Pour Mourad, le Tabligh a constitué une filière vers l'Afghanistan. Serait-il une "antichambre de l'intégrisme", comme le nommait en 1993 un rapport des services français ? Moussa Khedimellah, chercheur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess) et spécialiste du Tabligh, constate, lui, que le mouvement missionnaire a permis à beaucoup de jeunes musulmans désocialisés de retrouver une dignité et un islam du "juste milieu".

Xavier Ternisien

• Article paru dans l'édition du 26.09.01



Le Tabligh est le plus important mouvement de missionnaires musulmans. Pendant quatre mois, Hervé Bouchaud a parcouru les banlieues où sont implantés ceux qu'on surnomme " les témoins de Jehova de l'Islam". Les témoignages de nouveaux convertis viennent enrichir son enquête.
Inconnu du grand public, le Tabligh s'est pourtant implanté en France dans les années 1960 et connaît aujourd'hui un succès considérable auprès des jeunes des cités. Depuis dix ans, ce mouvement, dont le dont le quartier général - impénétrable - se trouve en Seine Saint-Denis, a connu une progression spectaculaire. Son objectif, clairement affiché : " réislamiser les banlieues ".
Créé en Inde en 1927, le Tabligh est un mouvement fondamentaliste qui cherche à amener les musulmans vers une pratique rigoureuse de l'Islam. Chaque musulman qui rejoint le Tabligh devient aussitôt un missionnaire et doit aller convertir de nouveaux fidèles. Une technique payante, puisque grâce à son prosélytisme forcené, il est aujourd'hui implanté sur tous les continents et dans presque tous les pays du monde, rassemblant des millions de fidèles.

 

 

ENQUÊTE. Ces islamistes qui ont fait basculer le taliban français : Moussaoui, Beghal, Reid, Loiseau ont pour point commun d'être passés par le mouvement tabligh. Implantés notamment boulevard de Belleville, à Paris, ces missionnaires sont spécialisés dans l'embrigadement de nombreux jeunes en mal d'intégration.

POUR le père d'Hervé Djamel Loiseau, ce Français de 28 ans découvert mort de froid dans les montagnes proches de Tora Bora en Afghanistan, « ce sont les intégristes de Belleville qui ont lavé le cerveau de (son) fils ». « Loiseau a en effet basculé dans l'intégrisme en fréquentant assidûment la mosquée Abu Bakr du 39, boulevard de Belleville », confirme un policier parisien. L'endroit, où la police est descendue après l'annonce de la mort du taliban français qui avait été arrêté en 1998 et condamné par défaut en 2000 pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste », est tenu par le mouvement tabligh (prononcer tablir) .

Interlocuteurs officiels du gouvernement dans le cadre de la consultation des musulmans de France, les tablighis n'incitent ni à la politique ni à la violence. Les policiers leur reconnaissent même une qualité, celle de combattre la délinquance dans certaines banlieues dites sensibles. Mais c'est au prix d'un prosélytisme hors du commun. « Ceux qui passent pour non-violents au début sont parfois les plus dangereux », résume Antoine Sfeir, directeur de la rédaction des « Cahiers de l'Orient » (lire ci-dessous) .

« C'est une secte ! »
Vêtus de longues djellabas blanches, la barbe longue, les tablighis arpentent ainsi, lors de leurs « sorties », les trottoirs du boulevard de Belleville à la recherche de jeunes un peu perdus comme l'était Loiseau à l'époque où il a commencé à fréquenter les lieux. « C'est une secte », lâche un musulman du quartier. « Ils exercent la terreur intellectuelle », prévient Abderrahmane Dahmane, président du cercle des démocrates musulmans.

D'autres voient dans ce mouvement, créé en 1927 en Inde et implanté en France depuis 1982 à travers l'association Foi et pratique, un sas d'embrigadement vers un islam bien plus violent et radical.

Selon nos informations, Richard Reid, l'homme à la chaussure piégée du vol Paris-Miami, Zacarias Moussaoui, inculpé aux Etats-Unis, et Djamel Beghal, soupçonné d'être le cerveau du commando préparant un attentat sur l'ambassade américaine à Paris, ont eux aussi longtemps côtoyé le mouvement tabligh, implanté dans une centaine de pays. Et en Essonne par exemple, ces « missionnaires » seraient à l'origine de l'embrigadement d'environ 400 jeunes par an.

Le vendredi, les fidèles sont jusqu'à 300 dans les trois étages de la mosquée du boulevard de Belleville. « L'essentiel de leurs prières tourne autour des versets de Médine, les plus guerriers du Coran », raconte un expert de l'islam, qui a pu s'introduire dans l'édifice et assister à plusieurs reprises aux prières. « Le discours est très radical : les imams tentent de victimiser au maximum leurs frères attaqués partout dans le monde. » Comme les fondamentalistes, ils insistent sur le choc avec l'Occident et sont contre l'intégration.

« Peut-on rester indifférent à ce qui se passe au Pakistan ou au Kosovo ? Peut-on rester indifférent à la mort d'enfants de 2 ou 3 ans en Palestine ? » martèle pour se défendre l'imam Mohammed Sherrif. Il est en poste depuis près de dix-huit ans, mais dit ne pas connaître Hervé Djamel Loiseau. « Je ne suis pas responsable de chacune des personnes, qui viennent ici », lâche l'homme au regard noir. « A force d'entendre qu'ils sont maltraités, certains veulent aller plus loin que le simple discours religieux », explique Antoine Sfeir. « Ils ont besoin d'action comme devant un jeu vidéo, confirme un tabligh sous couvert d'anonymat. Il y a parfois, c'est vrai, des prêches tendancieuses de gens, qui savent très bien, qui est réceptif à leur discours. » Des tablighis pakistanais viennent même souvent de Dewsbury (banlieue sud de Londres), où ils ont leur centre européen. Pour recruter ?

Hervé Djamel Loiseau, lui, a en tout cas passé plusieurs mois là-bas avant de s'envoler pour Lahore, au Pakistan, où le mouvement a un autre centre de recrutement. Définitivement acquis à la cause de l'islam radical, les jeunes sont ensuite pris en main par des groupes plus violents comme les salafites et conduits vers des camps militaires.


Julien Dumond, Le Parisien , lundi 31 décembre 2001, p. 13

 

Article similaire : Islamistes Tabligh. Madrassa en France

 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 07:22

Le Socialisme islamique est un terme inventé par différents penseurs et dirigeants musulmans pour répondre à la demande d’une forme plus spirituelle de socialisme. Les Musulmans socialistes estiment que les enseignements du Coran et de Mahomet sont compatibles avec les principes d'égalité et de la redistribution des richesses. De plus, pour eux, l’islam s’oppose aux libéralismes économiques et impose une gestion socialiste de l’économie.

Certains érudits musulmans déclarent orthodoxes différentes pratiques socialistes, telle que la confiscation de biens privés pour répondre à l’impératif de la maslaha, c’est-à-dire de la préservation de l’intérêt général de la communauté.

Histoire du socialisme islamique

Pour les partisans du socialisme islamique, celui-ci remonte directement aux enseignements du Coran et à la pratique du Prophète et de ses compagnons. Dans ce courant de pensée, la figure du compagnon du Prophète Abu Dharr occupe une place privilégiée.

A l’époque contemporaine, la première expérience islamique du socialisme a été établie au cours de la Révolution russe de 1917 dans le cadre du mouvement Wäisi, supporters du gouvernement soviétique. Le Comité des musulmans socialistes Kazan a aussi été actif à ce moment-là aussi. Sultan Galiev joua un rôle déterminant dans cette action mais celui-ci fut éliminé par la suite par Staline.

Plus tard, le penseur indo-pakistanais Muhammad Iqbal développa ce thème du socialisme islamique.

Dans les années 1950-1960, certains penseurs des Frères musulmans développèrent l’idée d’un socialisme islamique tels que les égyptiens Sayyid Qutb dans ses ouvrages comme "La justice sociale en islam" (1949) et "Le combat de l’islam et du capitalisme" (1951), le cheikh Mohammed al-Ghazali, Abdelkader al-Awda ou le syrien Moustapha Siba’i dans son ouvrage "Le socialisme de l’islam" (1959).

Dans cet ouvrage, Mustapha Siba’i expliquait : "Le socialisme n’est pas une mode qui passera, c’est une tendance humaine qui s’exprime dans les enseignements des Prophètes, dans les réformes des Justes, depuis les premiers siècles de l’histoire. Les peuples du monde présent – surtout les peuples en retard – cherchent à le réaliser effectivement afin de se libérer des sédiments d’injustice sociale et d’inégalités de classe. […] Le but du socialisme, toujours, dans toutes ses écoles, a consisté à empêcher l’individu d’exploiter les capitaux des riches sur le dos des masses humiliées et brutalisées, à confier à l’Etat la surveillance et le contrôle de l’activité économique individuelle, à réaliser enfin la solidarité sociale entre les citoyens de manière à effacer l’indigence, la frustration, l’inégalité excessive des fortunes".


Faisant rééditer et diffuser ses ouvrages, Mouammar Kadafi s’est réclamé de l'idéologie du "socialisme islamique". De même, le président pakistanais Zulfikar Alî Bhutto ou l’algérien Houari Boumediene se sont réclamés du socialisme islamique.

L’islamo-marxisme

Islamo-marxisme est un terme qui a été utilisé pour décrire le penseur iranien Ali Shariati. Il est également parfois utilisé dans des discussions sur la révolution iranienne de 1979, y compris des partis comme l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI).


 

COMPRENDRE L'ISLAM

Compte rendu du dîner-débat du 16 février 2008 avec Jean-Jacques Walter.

Lumières Landaises n° 67.

 

Une des règles de la civilisation judéo-chrétienne est que la loi est au dessus du pouvoir. La plus ancienne manifestation, c'est David qui séduit Bethsabée, la femme de Urie le Hititte. Quand David apprend que Bethsabée est enceinte, il ne sait pas expliquer çà à Urie, et fait tuer ce dernier pour n’avoir pas de compte à rendre. David  est puni par dieu, parce que tout roi qu'il est, il n'a pas le droit de tuer son voisin pour prendre sa femme: la loi est au dessus du roi. Dans l'Ancien Testament, cette histoire est présentée comme exemplaire, mais en fait, il a fallu 3000 ans pour que ce principe s'intègre aux sociétés chrétiennes. Il y a seulement deux siècles, il y avait un principe de droit en France, "Rex a legibus solutus est", c’est-à-dire celui qui fait la loi est au dessus de la loi.  Il y a dix ans, je me souviens d'une discussion avec un conseiller d'État. Il me disait, "oui, bien sûr, l'État est un sujet de droit comme les autres, mais il se trouve une marche au dessus". C'est exactement la réflexion d'Orwell : "tous les hommes sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres".

Il a fallu deux mille ans pour que le principe d'égalité soit adopté par toute la société.

Quand on analyse les sociétés mises en forme par une idéologie, il est important de bien voir l'idéologie, parce que c'est elle qui s'impose à la longue, et qui finit par changer la société. Ceci vaut pour l'islam. Ce qui est important, c'est son idéologie et non pas la manière dont elle est incarnée dans différents pays. Les guerres entre la France et l'Islam en sont un exemple. On parle toujours de Poitiers: "les musulmans ont été battus à Poitiers et ils sont partis". On compare ainsi plus ou moins consciemment à d'autres batailles, par exemple la bataille de Vouillé, en 507 : Clovis a battu les Wisigoths et l'Aquitaine est devenue française. Ce n’est pas du tout cela qui s'est passé avec l'Islam.

Les musulmans sont entrés en 714 dans ce qui était la France à l'époque. Ils se sont emparés de Narbonne, qui est devenue leur base pour les 40 années suivantes, et ont pratiqué des razzias méthodiques. Ils ont ravagé le Languedoc de 714 à 725, détruit Nîmes en 725 et ravagé la rive droite du Rhône jusqu’à Sens.

En 721, une armée musulmane de 100.000 soldats mit le siège devant Toulouse, défendue par Eudes, le duc d’Aquitaine. Charles Martel envoya des troupes pour aider Eudes. Après six mois de siège, ce dernier fit une sortie et écrasa l’armée musulmane qui se replia en désordre sur l’Espagne et perdit 80.000 soldats dans la campagne. On parle peu de la bataille de Toulouse parce qu’Eudes était mérovingien. Les capétiens étaient en train de devenir rois de France et n'avaient pas envie de reconnaître une victoire mérovingienne.

Les musulmans ont conclu qu’il était dangereux d'attaquer la France en contournant les Pyrénées par l’est, et ils ont mené leurs nouvelles attaques en passant à l’Ouest des Pyrénées. 15.000 cavaliers musulmans ont pris et détruit Bordeaux, puis les Pays de la Loire, mis le siège devant Poitiers, et ont finalement été arrêtés par Charles Martel et Eudes à vingt kilomètres au nord de Poitiers, en 732. Les musulmans survivants se sont dispersés en petites bandes et ont continués à ravager l’Aquitaine. De nouveaux soldats les rejoignaient de temps en temps pour participer aux pillages. Ces bandes n’ont finalement été éliminées qu’en 808, par Charlemagne.

Les ravages à l’Est ont continué jusqu’à ce qu’en 737 Charles Martel descende au sud avec une armée puissante, et reprenne successivement Avignon, Nîmes, Maguelone, Agde, Béziers et mettent le siège devant Narbonne. Une attaque des Saxons sur le nord de la France a obligé Charles Martel à quitter la région. En 759 enfin, Pépin le Bref reprit Narbonne et écrasa définitivement les envahisseurs.

Ces derniers se dispersèrent en petites bandes, comme à l’Ouest, et continuèrent à ravager le pays, notamment en déportant les hommes pour en faire des esclaves castrés, et les femmes pour les introduire dans les harems d’Afrique du Nord, où elles étaient utilisées pour engendrer des musulmans. La place forte des bandes se situait à Fraxinetum, l’actuelle La Garde-Freinet. Une zone d’environ 10.000 kilomètres carrés, dans les Maures, fut totalement dépeuplée.

En 972, les bandes musulmanes capturèrent Mayeul, Abbé de Cluny, sur la route du Mont Genève. Le retentissement fut immense. Guillaume II, comte de Provence, passa 9 ans à faire une sorte de campagne électorale pour motiver tous les Provençaux, puis, à partir de 983, chassa méthodiquement toutes les bandes musulmanes, petites ou grandes. En 990, les dernières furent détruites. Elles avaient ravagé la France pendant deux siècles.

La pression musulmane ne cessa pas pour autant. Elle s’exerça pendant les 250 années suivantes par des razzias effectuées à partir de la mer. Les hommes capturés étaient emmenés dans des camps de castration en Corse, puis déportés dans les bagnes du Dâr al islam, et les femmes d’âge nubile dans les harems. Les repaires des pirates musulmans se trouvaient en Corse, Sardaigne, Sicile, sur les côtes d’Espagne et celles de l’Afrique du Nord. Toulon a été totalement détruite en 1178 et 1197, les populations massacrées ou déportées, la ville laissée déserte.

Finalement, les musulmans ayant été expulsés de Corse, Sicile, Sardaigne, du sud de l’Italie et de la partie nord de l’Espagne, les attaques sur les terres françaises cessèrent mais elles continuèrent sur mer. Ce n’est qu’en 1830, que la France, exaspérée par ces exactions, se décida à aller en Algérie détruire définitivement les dernières bases des pirates musulmans.

Ce qu'il y a de frappant, c'est qu'entre 714, la première entrée, et 1830, l'écrasement définitif des pirates barbaresques, il s'est écoulé plus d'un millénaire. Or aucune organisation politique ne dure un millénaire. Comment donc cette guerre interminable a-t-elle été maintenue active si longtemps ?

Le principe actif de cette guerre est le même que celui de la guerre soutenue par les Espagnols chez eux, et qui a duré aussi plus de mille ans : c'est l'idéologie. Seule une idéologie est assez durable pour produire, siècle après siècle, ce genre de guerre inexpiable. Voilà la raison pour laquelle, si on veut comprendre l'Islam, il faut étudier son idéologie et non pas faire une étude quasi ethnologique des différentes variétés d'Islam. Je dis bien idéologie, car pour les docteurs musulmans, l'Islam, c'est Dîn, Dunya, Daoula,  religion, société, État. Khomeiny disait que 90% des règles islamiques concernent la société civile et que dans une bibliothèque islamique, 90% des livres concernent la société et l'État et 10% seulement la morale privée et les rapports à Dieu. Ce qui fait problème dans l'Islam, ce n'est pas la religion, c'est la partie civile de l’idéologie.

L'Islam est fondé sur la même structure que les machines totalitaires politiques. Les plus connues sont les socialismes totaux du 20ème siècle, mais si l'on reprend l'histoire profonde, les dynasties d’Akkad, la Chine ancienne, les Incas etc. étaient des machines totalitaires qui ont un certain nombre d'éléments communs avec l'Islam. Pour montrer ces éléments il suffit de comparer les traits principaux des socialismes totaux et de l’Islam.

L'islam, comme le socialisme soviétique, est fondé sur une double base : d'une part le fondement idéologique, et d'autre part l'imposition de cette idéologie par la force armée. La combinaison des deux est caractéristique. Le plus ancien personnage qui en ait parlé est Sima Qian, un des plus grands intellectuels de Chine, un historien, qui était aussi premier ministre. Comme intellectuel et comme premier ministre, il connaissait parfaitement un système fondé à la fois sur l'idéologie et sur la violence. Dans sa lettre à Jen An, qui date de 91 av JC, il explique que dans un tel système il n'y a que deux solutions :

- la mort physique : on s'oppose et dans ce cas là on est tué

- la mort spirituelle : on fait semblant de croire à l'idéologie, et dans ce cas là on met un masque. Mais "le masque colle au visage", selon les mots de Sima Qian. Le masque devient votre visage et vous devenez ce que vous ne vouliez pas être. Cela prend quelques années ou quelques générations, mais cela arrive toujours.

Ainsi, d’après Sima Qian, dans un système fondé à la fois sur la force et l'idéologie il n'y a le choix qu'entre la mort physique et la mort spirituelle.

C'est exactement la structure de l'Islam fondé à la fois sur l'idéologie et sur l’usage de la force armée. J'ai déjà parlé de la violence extérieure. S'y ajoute la violence intérieure, qui s'exerce sur les dhimmis. Les dhimmis sont des peuples qui ont été conquis par les armées musulmanes, qui perdent la totalité de leurs droits politiques et la majeure partie de leurs droits civils et qui deviennent des étrangers dans leur propre pays. Ils sont amenés à l'extinction par une combinaison de méthodes.

Pendant toute l'antiquité, jusque dans la deuxième moitié du 19ème siècle, il y avait des fluctuations de population qui étaient dues soit aux famines, soit aux épidémies, soit aux guerres. Après chaque dépression, la population remontait jusqu'à son niveau d'équilibre, c'est-à-dire le maximum de gens qui pouvaient vivre sur le pays compte tenu des techniques agricoles disponibles. Les musulmans ont construit des villes nouvelles, Oran, Cordoue, Le Caire, etc. en massacrant ou déportant les populations locales et les peuplant d’Arabes en provenance soit du  Hedjaz soit de la Syrie. Ces immigrants étaient au début peu nombreux. En Afrique du Nord il y avait 5 millions de Berbères. Environ 200.000 arabo-musulmans ont été introduits et installés dans des zones dépeuplées à cet effet. Ils ont fait une croissance démographique jusqu’au maximum permis par la production agricole des zones occupées, et ont ensuite découpé le pays restant en petites tranches, l’une après l’autre dépeuplées et offerte à l’expansion des arabo-musulmans. Ces zones successives étaient chaque fois assez petites pour ne pas provoquer une révolte générale, mais suffisantes pour que les arabo-musulmans ne soient jamais en équilibre démographique, et puissent continuer leur croissance.

A côté des massacres localisés pour envahir de nouvelles zones, il y avait une dénatalité délibérément provoquée chez les non musulmans. Ceux-ci, les dhimmis devaient porter un rond jaune sur des vêtements sombres. Ils ne pouvaient utiliser que des ânes, montures viles, les chameaux et les chevaux, montures nobles, étant réservés aux musulmans. Les ânes ne pouvaient être montés qu'avec un bât et non une selle, à la campagne, et non en ville. Les maisons des dhimmis devaient être de dimension plus modeste que celles des musulmans. Beaucoup d’autres dispositions de même sorte détruisaient la dignité des dhimmis et amoindrissaient leur confiance en eux, d’où une chute de leur natalité et leur disparition progressive.

La dénatalité, les massacres et les conversions sous contrainte ont été les moyens qui ont peu à peu provoqué chez les pays envahis ce que Bat Ye'or appelle une inversion démographique. Il y avait 200 000 musulmans pour 5 millions de Berbères au début de l’invasion musulmane. Au bout de 8 guerres, et de trois siècles d’application de ces méthodes, il restait en Tunisie 1% de Berbères, en Algérie 10% qui ont été refoulés en Kabylie, au Maroc, environ 35 à 40% qui ont été refoulés dans l'Atlas et dans le Rif, chaque fois des terres montagneuse infertiles.

C'est un phénomène général. C'est ainsi que la Turquie, peuplée initialement de 100% de chrétiens, était passée à 30% en 1900 et à 0,2% aujourd'hui.

Ces méthodes obligent les habitants des pays envahis soit à devenir musulmans, soit à disparaître. De plus, dans les populations musulmanes elles mêmes, l'idéologie impose un certain type de société.

Le premier principe islamique est le primat du collectif, ou l'Ouma. Dans ce mot, le radical oum signifie la mère et l'ouma signifie que les musulmans doivent être vis-vis de l'Islam comme les enfants vis-à-vis de leur mère. Le primat du collectif est l'inverse de ce qui se passe dans nos sociétés d'aujourd'hui. Notre conception est que la société est au service de chaque personne pour l'aider à se développer. La conception collectiviste est que chaque personne est au service de la collectivité pour asseoir sa puissance. C'est un des éléments communs entre le socialisme total et l'Islam.

Le deuxième principe est le fondement de la morale. Un dissident russe disait : ce qui est moral, c'est ce que le pouvoir déclare bon au moment présent (cela changera peut-être demain, et la morale changera demain). Islam veut dire "soumission" et musulman "personne soumise". Beaucoup d'intellectuels musulmans vous diront qu'il s'agit seulement de la soumission à Dieu. Mais si vous lisez le Coran, vous verrez qu'il est dit une vingtaine de fois "obéissez à Dieu, obéissez au prophète" et une fois "obéissez au prophète" (sans ajouter à Dieu). Mais il n'y a pas de verset où il est dit seulement "obéissez à Dieu". Une autre fois il est dit "obéissez à Dieu, au prophète, et à ceux qui ont autorité", c'est-à-dire au calife et à ses représentants. Le calife est le lieutenant d’Allah, il faut lui obéir, ainsi qu’à ses représentants, comme à Allah lui même. La soumission, c'est la base de la morale musulmane et c'est aussi un élément commun entre tous les systèmes totalitaires.

Un autre principe encore est la lutte contre tout ce qui développe le moi. Un des premiers éléments qui développent le moi, c'est l'affectivité. Vous connaissez certaines des règles du statut féminin islamique, en particulier la polygamie. Un homme peut avoir quatre femmes mais une femme ne peut pas avoir quatre maris. Il n'y a pas que cela. Un homme peut avoir toutes les concubines qu'il veut, pour autant que ce ne soient pas les femmes d'un autre musulman. Une femme, si elle a un concubin, peu importe qu'il soit musulman ou pas, est tuée par lapidation. Dans un tribunal, il faut deux femmes pour avoir le même poids qu'un homme. En héritage, la femme n'a qu'une demie part. Le mari peut répudier sa femme mais la femme ne peut répudier son mari.

L'idéologie musulmane est fondée sur le Coran, et sur les hadiths, les paroles ou les actes de Mahomet. Il y en a un million et demi. Il aurait fallu 600 ans pour qu'il les énonce. Tout le monde sait bien, musulmans compris, que la plupart des hadiths sont apocryphes. Il y a cependant six recueils, contenant au total 20 000 hadiths, tenus pour assurément authentiques. Parmi ceux là il y en a un, celui de Boukhari, qui est tenu pour particulièrement sûr. Le Coran et le recueil de Boukhari sont les deux seuls livres sur lequel un musulman peut poser la main pour prêter serment.

Dans ce recueil Mahomet explique : "vous savez que les femmes ont un demi témoignage devant un tribunal, eh bien c'est à cause de l'infériorité de leur intelligence". Il dit qu'il a eu la vision de l'enfer. Il y avait surtout des femmes. Il dit aussi qu'il y a eu dans l’histoire des hommes parfaits, mais pas de femmes parfaites. Ou encore, en reprenant l'histoire de la Bible selon laquelle Eve aurait été faite avec une côte d'Adam, "la femme est faite à partir d’une côte, elle est tordue comme une côte, si vous essayez de la redresser, vous la cassez, alors laissez là être tordue et jouissez en comme d'une tordue". La conclusion c'est la définition sunnite du mariage "le mariage c'est le contrat par lequel on acquiert les organes génitaux d'une femme dans l'intention d'en jouir".

Dans une pareille idéologie, il est difficile de respecter une femme et de construire un amour conjugal. Cela peut arriver de temps en temps parce que les hommes ne sont pas toujours complètement soumis à l'idéologie, mais il y a une massive pression sociale pour l'empêcher. Cette destruction de l’affectivité et du respect dans la relation conjugale est un destructeur du moi, pour l’homme comme pour la femme.

Dans les socialismes totaux, la destruction de l’affectivité était obtenue par la culture de la dénonciation. N'importe qui pouvait dénoncer n'importe qui. Vous ne pouviez avoir confiance ni dans votre conjoint, ni dans vos parents, ni dans vos enfants, ni dans vos amis. Les socialistes soviétiques avaient fait un héros de Pavel Morozof, un gamin de 14 ans qui avait dénoncé son père parce qu'il protégeait des koulaks condamnés à mort. Le père est mort au Goulag. Encore aujourd'hui, à Moscou, le lieu de réunion des komsomols s'appelle le palais Morozof. Ces dénonciations mutuelles forment un système qui détruit toute confiance mutuelle, ce qui entraîne la mort de l'affectivité.

Cette lutte contre l’affectivité a été complétée, dans les débuts du socialisme soviétique, par une attaque contre le mariage - qui n'a pas duré très longtemps mais qui a été extrêmement forte. Dans les appartements construits dans les années 1920 il n'y avait pas de cuisine de façon que les gens soient contraints de prendre leurs repas en commun. En fait ils préféraient utiliser des réchauds pour pouvoir prendre quand même leurs repas en famille.

L'Islam détruit l'affectivité en écrasant les femmes, les socialismes totaux par la culture de la dénonciation et les entraves à la vie conjugale, les moyens sont un peu différents, mais le résultat est le même.

Un autre destructeur du moi est la lutte contre l’intelligence. Le traitement des contradictions du Coran montre les procédés à l’œuvre dans l’Islam. Par exemple une sourate que citent tout le temps les musulmans (verset 257 de la sourate 2) : "Pas de contrainte en religion" est en contradiction avec un autre verset qui s'appelle le verset de l'épée "massacrez tous les hérétiques". On avait demandé à Mahomet comment ces deux sourates venues d’Allah pouvaient se contredire. La réponse se trouve dans la sourate 2 verset 100 et dans la sourate 16 versets 104 et 105, qui disent qu’Allah est le maître du Coran; il en fait ce qu'il veut. Quand il remplace un verset par un autre, le nouveau est meilleur. Et ceux qui pensent que Mahomet est un faussaire iront en enfer. Le Coran est comme un paquet de circulaires dont la dernière en date annule et remplace celles qui précèdent sur le même sujet. De ce fait, tous les versets modérés sont annulés par les versets violents, qui sont postérieurs. Dans ce cas la contradiction est résolue, par un procédé dont la validité peut être mise en  doute, mais dans d’autres cas, la contradiction est délibérément maintenue.

Un certain nombre d'exemples sont donnés par le recteur de l'Université Al Azhar du Caire, la plus grande université musulmane. Il y a des impôts sur les riches pour fournir de l'argent aux pauvres, et pour conduire les guerres de conquêtes. La richesse est déterminée par le nombre d'animaux.  A partir de cinq chameaux il faut payer l'impôt. Mais on n'en paie pas pour les troupeaux de chevaux, même s’il y en a plusieurs milliers.

Quand une femme est indisposée, elle a droit au jeûne, mais pas à la prière. Or la prière est plus importante que le jeûne.

Quand un voleur commet un larcin, on lui coupe la main, parce qu’elle a été l’instrument de la faute,mais on ne coupe pas ce que vous pensez à un violeur ou à un adultère.

Il y a toute une série de contradictions de ce genre. Le recteur d'Al Azhar explique que c'est délibéré. C'est pour montrer qu'Allah n'est pas lié par la logique. Il n'est pas lié non plus par la morale. S'il avait dit qu'il fallait mentir, c'est le mensonge qui serait bon. 

Tabari, un des plus grands exégètes du Coran, explique que celui qui l'aborde avec son intelligence, et qui est dans le vrai, est cependant en faute : nul n'a le droit d'avoir raison.

L'Islam rejette les nouveautés qu’il appelle des bida. De façon caractéristique, ce mot signifie à la fois nouveauté, et faute morale consistant à faire ou penser quelque chose de nouveau. Ce point de vue rend impossible le progrès, notamment économique, avec pour résultat que la plupart des pays musulmans connaissent une très grande pauvreté. 57 Etats font partie de la conférence des Etats Islamiques. Leur niveau de vie est 22 fois inférieur à celui de l'Europe.  Sur ces 57 Etats, 8 sont pétroliers et 3 ne sont que partiellement musulmans : la Turquie, qui depuis 80 ans essaie d'être laïque, le Liban, où il y a 45% de chrétiens, et la Malaisie, où il y a 28% de Chinois et 7% d'Indiens. Ces trois là sont six fois plus riches que les autres. Si vous enlevez les Etats pétroliers et les Etats partiellement musulmans, le reste, soit près d'un milliard d'hommes ont un niveau de vie 35 fois moins élevé que celui des Européens. A ce degré cela veut dire quelque chose. La raison fondamentale est le caractère totalitaire de l'Islam, destructeur du moi.

Les pays du socialisme total ont connu la même pauvreté, pour la même raison : des mois endommagés ne peuvent plus être créateurs, ni en économie, ni en matière intellectuelle ou artistique, ni dans  n’importe quel domaine.

J'ai discuté avec beaucoup de musulmans et je leur ai expliqué qu'on ne pouvait pas être à la fois français et musulman. Si on est musulman, on dit que la femme est inférieure, si on est français on dit qu'elle est égale. J'ai eu trente six fois la même réponse : d'après un hadith, le paradis est sous les  pieds des mères, donc les femmes ont une dignité particulière qui compense leur infériorité. J'ai répliqué que ce point de vue réduisait les femmes à leur fonction reproductrice. De plus, dans ce cas, les jeunes filles, les femmes stériles ou mariées à un homme stérile n'ont aucune dignité.

Cet argument ne portait pas. Par contre un autre laissait les femmes et les jeunes filles musulmanes sans réponse, et très perturbées : la conception française des rapports entre les hommes et les femmes, c'est l'égalité, la conception islamique est une infériorité féminine compensée par une dignité spéciale. Celle qui choisit l’égalité est française, celle qui choisit l’infériorité compensée ne l’est pas, même si l’infériorité compensée lui convient personnellement.

En fait, 95% de ceux avec qui j'ai discuté se croient musulmans ou musulmanes, mais ils ne le sont pas. Sur toutes les matières importantes ils ont fait leur choix, et leur choix c'est d'être français et non pas musulman. Quand on demande à une jeune fille, même voilée pour manifester son identité, "avez-vous envie d'avoir 3 co-épouses?" elle répond avec chaleur :"Ah! Pas question!".

- Vous avez envie que votre mari ramène des concubines chez vous?

- Pas question!

- Considérez vous comme normal, comme le dit le Coran, que si votre mari vous soupçonne de penser à désobéir, il ait le droit de vous battre?

- Pas question!

En France, on a le droit de penser ce que l'on veut, et de changer de conviction si on en a envie. Dans l'Islam (sourate 4 verset 91), celui qui cesse d'être musulman doit être mis à mort. La première fois que j’ai dis cela dans une conférence, un musulman s’est levé et a crié : "C'est pas vrai! " Maintenant j'amène un Coran dans les conférences, et je montre le verset. Et on me dit : "Ben çà, on n'accepte pas".

- Donc vous n'êtes pas musulman. Vous êtes français!

- Euh! Non je suis bien musulman, mais j'en prends et j'en laisse.

- Si vous dites cela en Egypte, ou ailleurs dans le Dâr al islam, au mieux vous allez en prison, au pire vous êtes trucidé par votre voisin. Vous pouvez faire le choix de rejeter une partie du Coran parce que vous habitez la France, où vous avez des droits de Français, et non de musulman. Puisque vous utilisez ces droits, vous avez choisi d’être français, vous n'êtes plus musulman.

Chaque fois qu'on prend un point sur lequel l'opposition entre français et musulman est irréductible, on s'aperçoit que toutes les femmes et la plupart des hommes sont en fait français et non musulmans.

Je ne pense pas que l'Islam puisse durer très longtemps dans le monde moderne. On me dit qu’il a duré 14 siècles, et que cela va continuer. En 1980 on disait aussi " le communisme a duré 70 ans, ça va continuer". Puis en 89, Mitterrand, qui est un excellent sismographe de l'opinion publique, avait dit, 5 semaines avant la chute du mur de Berlin : "la réunification de l'Allemagne n'est ni pour cette génération ni pour ce siècle". Il n’avait rien vu venir, malgré sa sensibilité politique, parce que la violence de la répression dans les pays du socialisme total dissimulait la perte de conviction des habitants. L’islam pratique la même répression des opinions dissidentes, il en résulte la même dissimulation, mais cela n’empêche pas les esprits d’évoluer en secret.

Comme j'ai pu le voir au Liban et en Kabylie, il y a trois éléments pour lesquels le monde moderne est radicalement opposé au monde musulman et ces trois éléments finiront par engendrer sa perte :

- la liberté. La liberté de défendre son opinion, de changer d'avis. Les musulmans la réclament de plus en plus. Comme ils sont en danger chaque fois qu'ils la réclament dans un pays musulman, ils le font peu, mais c'est une demande de plus en plus forte.

- la rationalité. Le Coran, selon les musulmans a été écrit par Allah avant la fondation du monde, en arabe parce qu'Allah parlait en arabe avec les anges. Or l'arabe n'existe que depuis 2.000 ans et la création du monde remonte à 14 milliards d'années. Confrontés à ce genre d'invraisemblance, le musulman, même modérément cultivé, vous répond "çà, on ne peut pas croire"!

- l'affectivité. Chez les Kabyles, il y a beaucoup de conversions : 5.000 par an à peu près. Ils sont convertis par les Baptistes américains. J'ai demandé à plusieurs convertis "pourquoi êtes vous devenus chrétiens ?". La réponse n'était pas du tout celle que j'attendais. La liberté, c'était très accessoire. La rationalité ne les tracassait guère car ils n'étaient pas de grands intellectuels. Ce qui était décisif pour eux c'était l'affectivité. Les Baptistes organisent des réunions de prière, des musulmans viennent voir, et ils sont pris par l'affectivité qui règne dans ces réunions, entre hommes, entre femmes, entre hommes et femmes. D’après ce qu’ils disent, il y a dans les réunions musulmanes de la camaraderie, de la solidarité, mais pas la sorte de chaleur affective qu’ils rencontrent chez les Chrétiens.

L’affectivité est une des fondations de l'Occident. Aujourd'hui la moitié des mariages se cassent. On a l'impression que l'institution se délite. C'est exactement le contraire. Pendant des siècles le mariage a été fondé sur le désir d'avoir une descendance et sur les convenances sociales. Quand il y avait de l'affection ou de l'amour entre les époux, c'était tant mieux. Aujourd'hui, l'idéal est l'amour conjugal. Si l'amour n'est pas là, le couple se sépare. Ceci est radicalement incompatible avec l'Islam. La conception du mariage fondé sur le choix personnel et sur l'amour conjugal est incompatible avec la situation de la femme dans l'Islam. C'est la plus grosse pression qui s'exerce sur l'Islam.

Au moins au Liban et en Kabylie, l'Islam se trouve dans la situation où se trouvait le communisme en 70. Je vais vous raconter une anecdote. Ma femme, fondatrice, directrice et rédactrice en chef d'une revue de musique, avait été invitée avec 200 journalistes français en Pologne. Au cours d'un grand cocktail un des ministres présents lui dit dans un assez bon français qu'elle était une abominable capitaliste et qu'elle devrait être au Goulag. "Et d'ailleurs vous n'allez pas tarder à y être car l'armée soviétique peut arriver à Brest en dix jours." Deux minutes plus tard un autre ministre lui disait : "Ne croyez pas que les Polonais soient des imbéciles. Mon collègue est le seul qui soit communiste. Tous les autres sont ministres parce que c'est plus agréable d'être ministre qu'autre chose, mais aucun ne croit au communisme. Nous savons parfaitement que le communisme çà ne marche pas". J'ai été très surpris que des ministres communistes parlent aussi librement à des journalistes et j'ai mesuré que le système était mûr pour l'effondrement. Il tenait à cause des structures administratives qui avaient tout intérêt à faire durer le système, mais plus personne n'y croyait.

L'Islam est aujourd'hui dans une position analogue. Sa structure mentale interne est en voie d'effondrement. En tout cas en Kabylie et au Liban. Et je ne crois pas que l'organisation politique puisse survivre très longtemps à la ruine de son idéologie.

L'islam contre l'Occident, aujourd'hui, c'est le pot de terre contre le pot de fer : Regardons ce que font ceux qui ne sont ni musulmans ni occidentaux, c'est-à-dire les Indiens, les Chinois, les Japonais etc. Je me souviens d'avoir été à un concert il y a une dizaine d'années, à Berlin. La pianiste était japonaise et portait une robe noire à l'occidentale. Le chef d'orchestre était chinois et portait une redingote. Je n'ai jamais vu nulle part dans la planète un Chinois ou un Japonais ou un Indien se mettre en turban et en djellaba et entonner une mélopée islamique. Aujourd'hui, si vous allez dans n'importe quel pays qui ne soit ni islamique ni occidental  et que vous regardiez l'architecture dans les villes, l'urbanisme, les méthodes économiques, la science, la technologie, jusqu'au mariage, c'est l'Occident. Cela va jusqu'aux robes blanches. Lorsque Eugénie de Montijo avait épousé Napoléon III, elle avait mis une robe blanche. Toutes les parisiennes l'ont copiée, les Françaises ont copié les parisiennes, les Européennes ont copié les Françaises. Maintenant le monde entier se marie en robe blanche.

L'ensemble des peuples qui ne sont ni islamiques ni occidentaux, soit plus de 4 milliards d'habitants, ont adopté l'occident. L'islam n'a qu’un très faible pouvoir de conversion : il fait environ un million de convertis par an, essentiellement en Afrique noire, alors que les diverses variantes de christianisme en font 10 millions chaque année, essentiellement dans l’hémisphère sud. En matière de liberté, de rationalité, et surtout d’affectivité, l’islam n’a aucune capacité d'intégration au monde moderne. De plus, l'Islam est figé depuis plus de mille ans, alors que, sous l’impulsion de l'Occident, le monde connaît aujourd’hui l’évolution la plus rapide de son histoire.

L’islam a une autre faiblesse, plus mortelle encore : la manière dont il s’est formé commence à être connue. On croit communément que l’histoire de la formation de l’islam et la biographie de Mahomet sont assez bien connus. Ce n’est pas du tout le cas.

Dans la région où s’est formé l’islam, tous les documents originaux ont disparu, sur plus de deux siècles. La biographie de Mahomet a été rédigée 220 ans après sa mort, sous les ordres d’un calife. Les hadiths ont été mis par écrits entre 250 et 300 ans après la mort de Mahomet. Le Coran a été remplacé plusieurs fois, notamment par le général Hajjâj, en 692, soixante ans après la mort de Mahomet, avec destruction des exemplaires précédents. 

L'Islam naissant s’étendait sur le Proche Orient, l'Egypte, l'Irak, la Syrie, région la plus civilisée du monde à l'époque. Elle avait des bibliothèques, des ateliers de copistes, des universités. Il est tout à fait anormal que tous les documents originaux aient disparu. Cela ne s’explique que par une intervention délibérée et méthodique du pouvoir politique.

La comparaison avec la France de la même époque est éclairante. Il n’y avait alors ni bibliothèque, ni université, ni atelier de copiste, ni librairie en France. Pourtant, les politiques français, Clotaire II et Dagobert I ont laissé leurs traces dans bien des écrits, et plus encore leurs successeurs immédiats, Pépin de Heristal, Charles Martel, Pépin le Bref, Charlemagne. Les personnages religieux importants étaient des évêques, saint Ouen de Rouen, saint Omer de Thérouane, saint Césaire d'Arles, Sidouane Apollinaire de Clermont, saint Grégoire de Tours, saint Léger d'Autun, saint Eloi de Noyon, etc...Ils sont bien connus.

Mahomet était à la fois un politique et un religieux. Pourquoi aucun document original sur lui n’a subsisté, si ce n’est pour cacher une histoire fort différente de celle que les érudits musulmans racontent ? Comme dit Harald Motzki, un islamologue fameux, ou bien on  fait une critique des sources de l'Islam et on n’écrit pas d'histoire, ou bien on ne fait pas la critique des sources et on peut écrire "des histoires". Alfred-Louis de Prémare, Professeur à l'université d'Aix en Provence, historien du monde arabo-islamique, et enseignant-chercheur à l'Institut de Recherche et d'Etude sur le Monde Arabe et Musulman ajoute : "Toute biographie du prophète de l'Islam a la valeur d'un roman qu'on espère historique".

Depuis dix ans, un certain nombre de travaux ont permis de retrouver des textes écrits en Georgien, en Arménien, en Araméen, en Syriaque, en Hébreu ou en Copte, qui donnent des informations (quelques phrases dans des livres de plusieurs centaines de pages) sur ce qu'était l'Islam d'origine. Les découvertes sont surprenantes : Mahomet n’a jamais été musulman, car les mots musulman et islam sont apparus 60 ans après la mort de Mahomet. Les premiers compagnons de Mahomet se nommaient eux même les Magrayes, un terme syro-araméen qui veut dire les émigrés. Leur langue sacrée était le syro-araméen, non l’arabe. Mahomet n’est pas né à la Mecque, car les travaux de Patricia Crone, une islamologue qui enseigne à Princeton et à Cambridge, ont montré que cette ville a été créée vers 670, quarante ans après la mort de Mahomet.

L'Islam que nous connaissons aujourd'hui est une fabrication des califes inventée pour servir d’idéologie à l’empire que les compagnons de Mahomet on commencé à créer, et que ses successeurs ont développé. La religion de Mahomet était le nazaréisme, une secte judéo-chrétienne née au Proche Orient. Le nazaréiszme ne pouvait servir de ciment à l’empire en formation, d’une part parce qu’il n’était pas arabe, alors que les conquérants arabes voulaient une religion qui justifie leur prééminence sur tous les autres musulmans, d’autre part parce que le nazaréisme prévoyait le retour du Christ, qui viendrait prendre la tête des armées nazaréennes pour conquérir le monde par la force armée. Cela ne s’étant pas produit, il a fallu remplacer le nazaréisme par une religion qui ne fasse pas de prophétie fausse. La construction de la nouvelle religion à partir de matériaux puisés dans la première et l’effacement des traces de la première se sont poursuivies pendant plus de deux siècles. D’où la destruction de toutes les traces écrites de ce qui s’est produit, et la fabrication par le pouvoir califal d’un livre sacré en arabe, d’un prophète arabe, et d’une histoire arabe utilisable comme base de l’idéologie.

Le nombre énorme de chercheurs en tous domaines dans le monde moderne, l’utilisation de techniques nouvelles en exégèse, archéologie, épigraphie, etc.  la découverte de textes anciens non musulmans sur la formation de l’islam, qui datent de 10 à 30 ans après les faits, et non de plus de 200 comme les documents islamiques, sont en train de remettre en cause tout ce que l’on croyait savoir sur la formation de l’islam. Il n’est pas vraisemblable que la religion et l’idéologie islamiques puissent résister à la destruction de leurs fondations historiques par la science moderne.

 

Cercle Frédéric Bastiat 

 

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 20:40

Polémia a recu d’un correspondant une étude sur l’évolution des libertés en France depuis près de quarante ans, sous forme d’une liste chronologique des grandes décisions prises soit par les gouvernements successifs, soit par le parlement, soit enfin par les instances judiciaires.
Cette compilation, inévitablement non exhaustive, est intéressante à plusieurs égards, malgré sa longueur : la diversité des sujets touchés rend sa lecture attrayante et permet de mesurer combien les libertés individuelles ont pris un rude coup depuis 1970 ; on voit alors avec quelle facilité les « élites » ont succombé à la tentation totalitaire d’enfermer les citoyens dans la redoutable pensée unique qui n’épargne aucun domaine. La prochaine ratification du traité « modificatif » par le parlement ne fera que mieux illustrer encore cette atteinte aux libertés.
Véritable documentation de référence, cet opus comporte deux grandes catégories de mesures restrictives et contraignantes ; elles sont au nombre de 100 : 77 pour les restrictions « d’ordre moral » et 23 pour les restrictions sécuritaires :

a/ les restrictions « d’ordre moral », qui concernent, par référence aux idéologies contemporaines, la sacro-sainte liberté de pensée, d’expression, de recherche et de la presse et qui, relevant de l’intellectualité ou même de la subjectivité, peuvent donner matière à contestation ;

b/ les restrictions sécuritaires, parfois physiquement difficiles à supporter, qui, répondant à des exigences provoquées par l’évolution galopante des technologies ou plus simplement de la vie en société, se conçoivent et s’acceptent mieux. Encore que le risque est grand de voir comment la volonté très jacobine et antilibérale de prendre en charge la sécurité physique des citoyens, avec par exemple l’application forcenée du principe de précaution, les dépossède de tout sens de la responsabilité personnelle et individuelle, garante vitale d’une société en bonne santé.
Polémia
27/11/07

1/ 1er janvier 1970 : la France est le premier pays européen à rendre obligatoires les ceintures de sécurité aux places avant des véhicules neufs. L’obligation de port est intervenue en 1973, et seulement hors agglomération. L’obligation généralisée aux places avant fut décrétée six ans plus tard. Pour les places arrière, l’obligation d’installer des ceintures à enrouleur date de 1977 et cette obligation du port a été généralisée en 1990.

2/ 27 août 1971 : ratification par la France de la « Convention de New York du 7 mars 1966 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale ».

3/ Loi du 1er juillet 1972, dite loi Pleven : érige en infraction la diffamation, l’injure et un certain nombre d’actes comme le refus, de fournir un bien ou le refus d’embauche, ou le licenciement motivé pour des raisons liées « à l’origine, à l’appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » .
Cette loi introduit donc l’appartenance ou la non-appartenance à une nation parmi les critères de « discrimination » (d’où le caractère désormais délictueux de la préférence nationale). Elle reconnaît aussi à toute association déclarée depuis au moins 5 ans et se proposant par ses statuts de « combattre le racisme » le droit de se porter partie civile en ce qui concerne ces infractions ; la loi ajoute donc aux droits traditionnellement reconnus aux parties civiles des droits propres à ces associations qui vont devenir ainsi des professionnelles de l’incrimination. La loi de 1972 ouvre la voie à l’abandon de « l’interprétation stricte » en matière pénale : le juge doit s’assurer, en effet, de la bonne intention des faits incriminés. La peine sera renforcée si l’intention est jugée « perverse » (par ex. raciste). A noter que c’est le décret loi Marchandeau du 21 avril 1939 qui avait introduit le délit d’opinion ou de sentiment, constitué ou non selon que son auteur « a pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ».

4/ Loi du 17 octobre 1981 : portant notamment sur la priorité nationale à l’emploi, abrogeant la loi Bonnet du 10 janvier 1980.

5/ Article 93.3 de la loi du 29 juillet 1982 : le producteur d’un service télématique peut-être poursuivi à défaut de poursuite contre l’auteur d’un message illicite, même si ce message n’a pas été fixé préalablement à sa communication au public.

6/ Loi du 25 juillet 1985 : les discriminations fondées sur les mœurs sont assimilées au racisme (articles 187 et 416 du Code pénal).

7/ 10 septembre 1986 : jugement du tribunal correctionnel de Montpellier condamnant une personne qui cherchait un locataire français et catholique, suite à une plainte déposée par le MRAP.

8/ Novembre 1987 : présentation des 53 propositions du rapport Hannoun (député RPR) sur « le racisme et les discriminations en France ». Sont notamment prévues la publicité accrue des décisions de justice, la création d’une incrimination pour injure non publique à caractère raciste, la création d’un nouveau délit d’apologie de crimes contre l’humanité, l’extension des droits des associations autorisées à se porter partie civile.
Ce rapport se traduit aussi par l’extension des lois protégeant la jeunesse aux écrits « racistes et révisionnistes » suite à un amendement à la loi sur la drogue.

9/ Loi du 10 juillet 1989, relative à diverses dispositions en matière de sécurité routière et en matière de contraventions, prévoit l’instauration du permis de conduire à points (qui sera mis effectivement en place le 1er juillet 1992 avec la limitation à 50 km/h de la vitesse maximale en ville).

10/ Loi du 13 juillet 1990 contre le racisme, dite loi Gayssot, interdit toute discrimination fondée sur l’appartenance ou la non-appartenance à une « ethnie, une race ou une religion » ; crée le délit de contestation de l’existence de crimes contre l’humanité (article 9) tels que définis par le Tribunal international de Nuremberg.

11/ 16 novembre 1993 : arrêt de la Cour de cassation confirmant la condamnation du journal « Le Monde » pour avoir publié un article relatif au régime de Vichy intitulé « Français, vous avez la mémoire courte » jugé apologétique.

12/ 8 février 1994 : le ministre de la Défense (François Léotard) met fin aux fonctions du colonel Gaujac, chef du Service historique de l’armée de terre, du fait de la publication, dans « Sirpa Actualité », d’un article controversé sur l’affaire Dreyfus (comprenant notamment la mention « l’innocence de Dreyfus est la thèse généralement admise par les historiens »).

13/ 1er mars 1994 : entrée en application du nouveau Code pénal qui institue notamment :
– la responsabilité pénale des personnes morales en matière de crimes contre l’humanité (art. 213.3), de discrimination (art.225.4), d’atteinte aux droits de la personne résultant de fichiers ou de traitements informatiques (art 226.24), de maintien ou reconstitution de groupes dissous (431.21), d’exhibition d’insignes (art. 645.1) ;
– une nouvelle définition des actes discriminatoires commis par les particuliers et les personnes dépositaires de l’autorité publique et le renforcement de la répression de ces infractions ;
– ’aggravation du délit de profanation de sépulture en considération des motifs racistes présidant à sa réalisation : à raison de l’appartenance du défunt à « une religion, une nation, une ethnie ou une race déterminée » (nouvel exemple de l’abandon du principe « d’interprétation stricte » en matière pénale : une profanation de sépulture est plus pénalisante si elle renvoie à une intention discriminante) ;
– une définition des crimes contre l’humanité (art 212.1 et suiv.) qui sert de nouveau cadre de renvoi pour les délits d’apologie et de contestation de crime contre l’humanité et la contravention de port ou d’exhibition d’insignes illicites ;
– création de nouveaux délits : violation délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence, harcèlement sexuel, exploitation abusive de l’être humain , entrave à l’exercice des libertés, adultes incitant des enfants à commettre des actes illicites ou dangereux ;
– suppression de la notion de démence ;
– la légitime défense est étendue à la défense des biens mais doit être proportionnée à la gravité  de l’atteinte et ne peut en aucun cas justifier la mort ;
– peine pour viol portée à 15 ans, répression accrue du trafic de stupéfiants, introduction d’une peine de réclusion de 30 ans en cas d’assassinat d’enfant avec viol ou torture.

14/ 20 avril 1994, arrêt de la Cour d’assise des Yvelines condamnant Paul Touvier pour un crime prescrit au titre du droit commun par la loi française mais qualifié de crime contre l’humanité et donc considéré comme imprescriptible au titre des engagements internationaux de la France (pour ce faire, la Cour a considéré que l’Accord de Londres du 8 août 1945 introduisait dans notre droit pénal la notion de crime contre l’humanité).

15/ Mai 1994, première mise en œuvre de l’article 223.1 du nouveau Code pénal : le TGI de Valenciennes considère qu’un excès de vitesse est « une volonté consciente et délibérée de causer un dommage à autrui » et condamne le conducteur à une amende et à la confiscation de son véhicule.

16/ 11 juillet 1994 : création d’une contravention de 4e classe pour les conducteurs ayant un taux d’alcoolémie entre 0,7 et 0,8 gramme par litre de sang (seuil abaissé à 0,5 gr le 15 septembre 1995).

17/ 3 avril 1995, arrêt de la Cour de cassation du 3 avril 1995, rejetant le pourvoi du « Canard enchaîné » (suite à la publication de l’avis d’imposition de J. Calvet, patron de Peugeot) : un journaliste produisant des documents couverts par le secret professionnel pourra être poursuivi pour recel.

18/ 11 avril 1995 : le TGI de Paris ordonne en référé à la Société biblique catholique internationale de faire cesser la diffusion de la « Bible des Communautés chrétiennes » en raison de certains passages « de nature à  raviver l’antijudaïsme ».

19/ Juin 1995 : condamnation au franc symbolique de l’orientaliste Bernard Lewis par la première chambre civile du Tribunal de Paris après dépôt de plainte de l’Association arménienne de France et de la LICRA pour « faute », pour avoir mis en cause la réalité des massacres perpétrés par les Turcs contre les Arméniens.

20/ 21 juin 1995 : l’Association des maires de France souligne l’illégalité de la préférence nationale et l’interdiction de subventionner des entreprises qui la pratiqueraient dans le recrutement de leur personnel.

21/ Août 1995 : le Conseil supérieur de l’audiovisuel sanctionne la radio associative « Ici et Maintenant » (l’une des plus anciennes de France) pour « défaut de maîtrise à l’antenne » en réduisant d’un an son autorisation d’émettre. Le CSA avait été saisi par la LICRA, car un certain nombre d’auditeurs avaient, dans le cadre d’une émission en libre expression, tenu des propos « racistes antisémites ou négationnistes ». La radio est aussi tenue de mettre en place un dispositif obligeant les auditeurs à donner un numéro de téléphone où l’on puisse les rappeler…

22/ 9 mai 1996 : création par décret (n° 96-387) de l’Observatoire international des sectes.

23/ 17 juin 1996 : poursuites engagées devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris contre « France Soir », « Paris Match » et quatre agences photographiques ayant publié des photos de l’attentat à la station Saint-Michel du RER le 25/7/1995 : « Le choc de certaines photos peut nécessiter d’apporter des limites à la liberté d’expression ».

24/ Octobre 1996 : projet de loi Toubon contre la diffusion « des idées xénophobes » et des messages portant atteinte à la dignité, à l’honneur ou à la considération d’un ou de plusieurs groupes de personnes du fait de leur appartenance à une ethnie, nation, race ou religion.

25/ 18 avril 1997 : révocation – c’est la première du genre – d’un enseignant du secondaire pour révisionnisme (V. Reynouard, professeur de mathématiques au LEP de Honfleur).

26/ 13 octobre 1977 : signature du Traité d’Amsterdam qui stipule notamment en son article 13 que les pays membres s’engagent à respecter les « orientations sexuelles ».

27/ 18 février 1998 : le Conseil des ministres adopte le projet de création du délit de récidive de grand excès de vitesse (loi du 18 juin 1998).

28/ Mars 1998 : interdiction de l’achat, cession, importation de chiens pit-bulls.

29/ 13 mai 1998 : directive de l’UE du 13 mai 1998 portant interdiction de la publicité sur le tabac.

30/ Loi de juin 1998 qui institue un délit de bizutage.

31/ 7 octobre 1998 : décret instituant la Mission interministérielle de lutte contre les sectes.

32/ Décret du 16 décembre 1998 : autorisation préfectorale requise pour possession d’un fusil à pompe ou d’une arme de poing à un coup.

33/ 8 décembre 1998 : décision de la Cour de cassation relative à la responsabilité pénale des producteurs de services télématiques quant au contenu des sites hébergés.

34/ Janvier 1999 : création d’une Commission départementale d’accès à la citoyenneté (CODAC).

35/ 1er janvier 1999 : taxation des logements vacants dans 8 agglomérations.

36/ Mars 1999 : circulaire relative à la création de six pôles économiques et financiers auprès des parquets.

37/ Mai 1999 : le système de téléphonie sans abonnement Mobicarte doit respecter la loi du 10 juillet 1991 sur le secret des correspondances, ce qui permet l’interception des communications téléphoniques par les services autorisés…

38/ Loi du 18 juin 1999 (loi Gayssot) qui porte sur diverses mesures relatives à la sécurité routière : la responsabilité pécuniaire des propriétaires de véhicules pour les infractions relatives à la vitesse et au non-respect des feux rouges et des stops et l’obligation de stages pour les conducteurs ayant perdu au moins 4 points.

39/ 24 juin 1999 : avis favorable de la CNIL pour autoriser l’administration fiscale à utiliser le numéro de Sécurité sociale pour identifier les contribuables.

40/ Juillet 1999 : habilitation des douaniers en qualité d’officiers de police judiciaire (OPJ).

41/ 15 décembre 1999, arrêt de la Cour d’appel de Paris : la prescription des délits de presse ne s’applique pas sur Internet.

42/ 2 mai 2000 : circulaire du premier ministre aux préfets relative à l’accès à la citoyenneté et à la lutte contre les discriminations ; dans le cadre de la CODAC (Commission départementale d’accès à la citoyenneté), mise en place dans chaque département et chargée notamment de l’amélioration du signalement des comportements discriminatoires, il est demandé aux préfets la mise en service d’un numéro vert « contre les discriminations ».

43/ 22 mai 2000 : le TGI de Paris ordonne à Yahoo Inc. d’interdire l’accès des internautes français à un site d’enchères « d’objets nazis » ; c’est la première condamnation d’un serveur américain par un tribunal français.

44/ Loi du 1er août 2000 : sur la liberté de communication, qui oblige les fournisseurs d’accès et hébergeurs de site Internet à en contrôler le contenu. Si ce contenu est illicite et si un juge lui en donne l’ordre, le fournisseur d’accès doit « agir promptement pour empêcher l’accès à ce contenu » ; les fournisseurs d’accès et les hébergeurs sont désormais « tenus de détenir et de conserver les données de nature à permettre l’identification de toute personne ayant contribué à la création d’un contenu des services dont elles sont prestataires ». Elle implique la suppression du droit des éditeurs de données à l’anonymat.

45/ 9 juin 2000 : ratification par la France du Traité sur la Cour pénale internationale ; un Français peut donc être poursuivi par la CPI dès lors que le pays où ont été commis les crimes dont on l’accuse est partie au traité.

46/ Loi du 10 juillet 2000 qui tend à préciser la définition des délits non intentionnels.

47/ 7 décembre 2000 : adoption de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Son article 21 prévoit qu’est « interdite toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle » (sic).
A noter cependant que l’article 17 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme dispose que : « Aucune des dispositions de la présente convention ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés reconnus dans la présente convention ou à des limitations plus amples de ces droits et libertés que celles prévues à la présente convention ». Cet article a notamment été invoqué à l’encontre d’écrivains « révisionnistes ».

48/ Loi du 29 janvier 2001 : qui reconnaît comme avéré « le génocide arménien de 1905 » par les Turcs.

49/ Loi du 21 mai 2001 : qui autorise les associations défendant « la mémoire des esclaves et l’honneur de leurs descendants » à ester en justice et bénéficier des droits reconnus aux parties civiles.

50/ Loi du 12 juin 2001 : qui permet la dissolution judiciaire des mouvements qualifiés de « sectaires ».

51/ 18 juin 2001 : la Cour d’appel d’Aix-en-Provence confirme la condamnation pour « discrimination raciale » du maire de Vitrolles pour le vote, le 21 janvier 1998, d’une prime de naissance pour tout enfant né de parents résidant dans la commune et dont l’un au moins était français ou ressortissant de l’Union européenne.

52/ Loi du 15 novembre 2001 : relative à la sécurité quotidienne, qui élargit les compétences des gendarmes et des adjoints de sécurité en matière de lutte contre les infractions routières.

53/ Loi du 16 novembre 2001 : qui prévoit la mise en place d’un service téléphonique gratuit destiné à recueillir les appels des personnes estimant avoir été victimes ou témoins de discrimination raciale.

54/ Loi du 17 janvier 2002 : qui aménage la charge de la preuve dans un procès au civil – en matière de discrimination au logement c’est maintenant au propriétaire de prouver sa bonne foi – et introduit le délit de harcèlement au travail avec, là aussi, inversion de la charge de la preuve.

55/ 25 juillet 2002 : La Cour européenne des droits de l’homme condamne la France pour « procès inéquitable » dans l’affaire Papon (la procédure de mise en état qui obligeait un condamné à se constituer prisonnier avant un pourvoi en cassation est contraire à la Convention européenne des droits de l’homme).

56/ Loi du 9 septembre 2002 : relative à la sécurité routière, qui met en place l’ordonnance pénale pour les délits routiers sur lesquels pourront statuer les juges de proximité.

57/ 6 novembre 2002 : lancement du porte-monnaie électronique Moneo en Ile-de-France ; ce dispositif (étendu en 2003 aux cartes de crédit qui seront dotées d’un M) autorise la traçabilité des règlements de petit montant.

58/ 22 janvier 2003 : première condamnation à la prison ferme d’un éditeur pour « négationnisme » par le TGI de Lyon.

59/ Loi du 3 février 2003, dite loi Lellouche : qui vise à aggraver les peines punissant les infractions de droit commun lorsqu’elles revêtent un caractère « raciste, antisémite et xénophobe ». Dispositif étendu, en 2004, par la loi du 9 mars 2004, aux menaces, vols et extorsions de fonds.

60/ Loi du 18 mars 2003 : relative à la sécurité intérieure, qui prévoit notamment :
– un nouvel article 132-77 du Code pénal donnant la possibilité de retenir comme circonstance aggravante le fait qu’un crime ou un délit soit commis en raison de l’orientation sexuelle de la victime ;
– la possibilité pour la police de disposer d’un accès direct aux archives de fournisseurs d’accès à Internet ;
– l’élargissement des possibilités de procéder aux contrôles d’identité et aux fouilles de véhicule ;
– la suppression du « droit au silence » pour les personnes en garde-à-vue ;
– l’élargissement des possibilités de constitution de fichiers nominatifs par les services de police et de gendarmerie et l’extension du fichier national automatisé des empreintes génétiques à de nouveaux délits (violence contre les personnes et les biens, trafic de stupéfiants, destructions et dégradations) ;
– la création de nouveaux délits : racolage passif pour les prostituées, regroupement de jeunes dans les halls d’immeuble, exploitation de la mendicité et outrage au drapeau, conduite sans permis.

61/ 2 avril 2003 : le tribunal correctionnel de Dijon condamne pour « complicité du délit de conduite sous l’empire d’un état alcoolique »  un cafetier pour avoir fourni « les moyens de conduire en état d’ivresse » à un chauffard.

62/ Loi du 12 juin 2003 : relative au renforçement de la lutte contre la violence routière, qui crée un permis probatoire, aggrave les sanctions pour les récidivistes et automatise la chaîne contrôle-sanction.

63/ Loi du 9 juillet 2003 : qui interdit la vente de tabac aux moins de 16 ans.

64/ 9 décembre 2003 : première réunion du Comité interministériel pour la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ; le premier ministre décide notamment que des poursuites et sanctions seront systématiquement requises en application de la loi Lellouche.

65/ 17 décembre 2003 : le groupe Canal+ institue un système de codage spécifique (appel téléphonique à un serveur vocal et code secret spécifique) pour le visionnage de films à caractère pornographique de catégorie 5 ; mesure étendue par le CSA en octobre 2003, à compter du 1er janvier 2005, à toutes les chaînes de diffusion.

66/ 28 janvier 2004 : le Conseil des ministres adopte le projet de loi autorisant l’approbation du protocole additionnel à la Convention sur la cybercriminalité du 23 novembre 2001 ; ce protocole est destiné à améliorer « la lutte contre les actes de nature raciste et xénophobe commis par le biais des systèmes informatiques, en harmonisant le droit pénal pour la répression des comportements tels que la diffusion de matériel raciste et xénophobe ou les insultes et menaces ; il facilite l’extradition et l’entraide judiciaire pour la répression de ces agissements » (source : communiqué du Conseil des ministres).

67/ 29 janvier 2004 : la XIe chambre de la Cour d’appel de Paris décide que  celui qui change l’adresse de son site Internet doit être considéré comme ayant « renouvelé la mise à disposition » du contenu de ce site ; par conséquent, dans ce cas, le délai de prescription de 3 mois pour les infractions de presse est considéré comme reconduit.

68/ Loi du 9 mars 2004, dite loi Perben II : portant adaptation de la justice, qui prévoit qu’il y a circonstance aggravante quand une infraction est « précédée, accompagnée ou suivie de propos, écrits, images, objets ou actes » racistes ou antisémites ; par ailleurs, elle passe de 3 mois à 1 an le délai de prescription pour les journaux et livres poursuivis pour provocation à la haine raciale, à la discrimination et à la violence raciale, pour diffamation et injures raciales et pour révisionnisme ; elle aggrave les peines de délits de discrimination lorsque l’infraction est commise à l’occasion de l’exploitation d’un lieu accueillant le public (ex : les discothèques).

69/ 30 avril 2004 : déclaration de Berlin des 55 pays membres de l’OSCE sur le renforcement du contrôle d’Internet afin de lutter « contre le racisme et l’antisémitisme ».

70/ 10 juin 2004, décision du Conseil constitutionnel : le juge constitutionnel s’interdit désormais de censurer une loi transposant une directive communautaire ; le droit européen prime désormais sur la Constitution française.

71/ Loi du 21 juin 2004 : « pour la confiance dans l’économie numérique », qui prévoit que les hébergeurs et fournisseurs d’accès à Internet ont l’obligation de contribuer à la lutte contre la diffusion des données à caractère pédophile, négationniste et raciste.

72/ Loi du 15 juillet 2004 : qui réforme la loi Informatique et Libertés de 1978 et permet aux personnes morales de relever et traiter les données relatives à des infractions dont elles s’estiment victimes.

73/ Octobre 2004 : un couple de Lorrains cité au Tribunal correctionnel de Nancy pour avoir laissé un ami ivre prendre le volant et provoquer un accident mortel de circulation.

74/ Décret du 7 décembre 2004 : qui aggrave les peines pour grands excès de vitesse.

75/ 9 décembre 2004 : lors de la réunion du Comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, le premier ministre annonce la mise en place d’un « système de veille » des émissions audiovisuelles, des sites Internet et de la presse écrite.

76/ Loi du 31 décembre 2004 : qui institue la création de la HALDE appelée à connaître de toutes les discriminations « directes ou indirectes prohibées par la loi ou un engagement international auquel la France est partie » ; elle porte aussi sur la pénalisation des propos publics « homophobes, sexistes et handiphobes » ; le décret de mars 2005 dispose que l’agression verbale dans la rue ou sur le lieu de travail « en raison de l’orientation sexuelle, du sexe ou du handicap » est punie d’une contravention plus sévère qu’une simple injure. Première condamnation à ce titre du député Ch. Vanneste par la Cour d’appel de Douai le 25 janvier 2007. Au terme de trois arrêts du Conseil d’Etat du 13 juillet 2007, une recommandation de la HALDE tant qu’elle n’est pas rendue publique n’est pas susceptible de recours ; il en va de même quand la HALDE décide de ne pas donner suite à une requête.

77/ Loi constitutionnelle du 1er mars 2005 : qui introduit la Charte de l’environnement dans la constitution en y insérant les droits et devoirs qui y sont définis et qui oblige toute personne à « prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement » et à « contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement ».

78/ Décret du 25 mars 2005 : relatif aux contraventions de diffamation, d’injure et de provocation non publiques à caractère discriminatoire, qui rend compétent le tribunal de police et la juridiction de proximité pour les délits de propos homophobes, sexistes ou handiphobes non publics.

79/ Décret du 25 mars 2005 : qui donne obligation au conducteur de s’assurer que tous les mineurs transportés dans son véhicule ont bien bouclé leur ceinture.

80/ 13 juin 2005 : décision du juge des référés du Tribunal de grande instance de Paris obligeant 10 sociétés de connexion à Internet à mettre en place sous 10 jours pour la première fois en France un « filtrage » pour interrompre l’accès à un site jugé négationniste (Aaargh) en application de la loi sur la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004.

81/ 4 juillet 2005 : la Cour de cassation admet le « testing » comme preuve ; les associations (ici SOS-Racisme) et les victimes pourront désormais piéger les propriétaires qui refusent de louer ou vendre à des personnes d’origine étrangère.

82/ 10 novembre 2005 : la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) déclare de pas avoir « d’opposition de principe » aux dispositifs d’alerte professionnelle permettant aux salariés de prévenir la direction de leur entreprise des comportements fautifs de leurs collègues.

83/ 22 décembre 2005 : installation du 1000e radar automatique (700 fixes et 300 mobiles).

84/ Loi du 23 janvier 2006 : relative à la lutte contre le terrorisme, étend notamment aux cybercafés l’obligation faite aux opérateurs de conserver pendant un an les données de connexion Internet.

85/ Septembre 2006 : ouverture de la « plate-forme de signalement des contenus illicites sur Internet », <internet-mineurs.gouv.fr>, qui permet à tout internaute de signaler à la police les « contenus illicites » qu’il constaterait sur Internet.

86/ 22 novembre 2006 : les éditions Dalloz saisies par le MRAP modifient un passage de leur ouvrage de droit pénal général faisant référence à l’hérédité raciale comme « facteur de criminalité ».

87/ Janvier 2007 : les entreprises dotées d’un comité d’entreprise ont l’obligation de présenter au moins une fois par an un rapport sur leur situation en matière de « diversité ».

88/ 5 janvier 2007 : le juge des référés du Conseil d’Etat donne raison au préfet de police de Paris d’avoir interdit la distribution jugée discriminatoire de « soupe au cochon » par l’association SDF.

89/ 1er février 2007 : date d’application du décret du 16 novembre 2006 portant sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics (reportée au 1er janvier 2008 pour les cafés, bars, hôtels).

90/ Loi du 7 mars 2007 : qui autorise les poursuites contre les sites Internet qui mettraient en ligne des vidéos violentes non filmées par des journalistes professionnels.

91/ 2 mai 2007 : mise en place d’une plate-forme d’écoute et d’interception des courriels, SMS et appels sur mobile, administrée par l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT). Cette plate-forme peut se faire communiquer l’adresse et les coordonnées bancaires des émetteurs/récepteurs des messages interceptés. Il s’agit de la mise en œuvre de l’article 6 de la loi du 23 janvier 2006 sur « la lutte contre le terrorisme ».

92/ 15 mai 2007 : arrêt de la Cour de cassation estimant qu’il est possible de publier dans la presse le salaire d’une personne privée lorsque les difficultés de l’entreprise dans laquelle elle travaille font l’objet d’une information dans les médias.

93/ 24 juin 2007 : le Conseil européen adopte le mandat pour la conférence intergouvernementale qui prévoit notamment que la Charte des droits fondamentaux du 7 décembre 2000 « a la même valeur juridique que les traités ».

94/ 29 juin 2007 : accord entre l’Union européenne et les Etats-Unis autorisant ce pays à conserver pendant 15 ans (contre 3 ans et demi actuellement) certaines données privées des passagers des compagnies aériennes venus de l’UE.

95/ 7 août 2007 : création du fichier Parafes premier fichier biométrique de Passage automatisé rapide aux frontières extérieures Schengen ; les données de ce fichier seront croisées avec le fichier des personnes recherchées utilisé par la police et la gendarmerie.

96/ Septembre 2007 : mise en place dans plusieurs villes des parcmètres « Statio’minute » qui détectent seuls l'arrivée d'une voiture et alertent la police par SMS en cas de dépassement du temps de stationnement.

97/ 10 octobre 2007 : adoption d’un projet de loi créant une incrimination nouvelle de violation d’embargo, quelle qu’en soit la nature et ou quel que soit le domaine d’activité concerné (nouvel article 437-1 du Code pénal).

98/ 4 octobre 2007 : résolution du Conseil de l’Europe enjoignant de « s’opposer fermement à l’enseignement du créationnisme en tant que discipline scientifique ».

99/ 6 novembre 2007 : proposition de la Commission européenne de mettre en place un système de stockage des données personnelles des passagers aériens, dit Passenger Name Record ; ce système obligera les compagnies aériennes à transmettre 19 catégories de données, qui seront gardées pendant 13 ans, allant de l’adresse courriel au numéro de téléphone ou de carte de crédit du passager. Ce système sera appliqué aux passagers des vols entrant et sortant de l’UE.

100/ 21 novembre 2007 : le PLFR (Projet de loi de finances rectificative) 2007 présenté au dernier Conseil des ministres prévoit un nouveau délit, la « flagrance fiscale » ; ce n'est pas un nouveau parfum mais la possibilité offerte à l'administration fiscale de prolonger de 3 mois un contrôle fiscal et d'appliquer rapidement amendes et saisies pour corriger une situation manifestement frauduleuse.

Michel Geoffroy
Correspondance Polémia
24/11/07

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 16:43


La presse américaine s'est emparée d'un cliché diffusé par le site conservateur Drudge Report représentant Barack Obama coiffé d'un turban kényan, lors d'un voyage dans la province de Wajir (nord-est du pays) en 2006. L'état-major du sénateur de l'Illinois a dénoncé les méthodes du camp Clinton.


Selon Daniel Pipes, Barack Obama aurait étudié dans un madrasa islamique d'Indonésie avant de gagner les Etats-Unis.



Obama lié à un islamiste

Barack Obama a pleinement soutenu son cousin Odinga, candidat aux présidentielles du Kenya.

Accusé de fraude, Odinga a 
défrayé la chronique pour avoir assuré les communautés musulmanes que le Kenya deviendrait islamique s'il remportait la victoire. Un document signé par les deux partis en présence promettait l'instauration de la charia au Kenya, pays traditionnellement chrétien. Révélé par les médias, ces tractations avaient fait scandale.

Mais même après la diffusion de ce document par la presse, le sénateur Obama a continué à soutenir Odinga. Les e-mails échangés entre l'équipe d'Obama et celle d'Odinga ont été révélés par Jerome Corsi, l'auteur du best-seller "Obama Nation" qui 
 détaillant, entre autres, les liens entre Obama et le fondamentalisme musulman.

 



Obama lié aux Black Panthers

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Tout comme John Kerry, sabordé par un passé militaire qu'il croyait pouvoir utiliser pour convaincre l'électorat, Obama va couler par ses références constante aux races, si hypocrites depuis que l'Amérique a découvert un autre visage du candidat démocrate.  

Après avoir soutenu le pasteur intégriste Wright, le voilà affichant les couleurs des Black Panthers sur son site internet... Ce groupe fondamentaliste, prônant la suprématie des Noirs, était responsable de nombreux actes terroristes dans les années 60. Il avait été dissous par la police américaine.

Ses successeurs sont plus intégristes encore. Le "New Black Panther Party" s'est formé dans les rangs de Nation of Islam, le groupe de l'idéologue Louis Farrakhan connu pour traiter les Blancs de "monstres", les Etats-Unis de "patrie de Satan" et les Juifs de "suceurs de sang". Ses membres portent des uniformes paramilitaires et ont récemment créé une unité combattante armée de kalachnikovs !

 

 

Devant le tollé général, l'équipe du sénateur de l'Illinois a retiré le logo des New Black Panthers du site, mais ceci un jour après le discours sur le racisme de Philadelphie censé calmer la controverse... Quelle cynisme ! 

Le Swift Boating d'Obama ne fait que commencer, avec l'aide bien involontaire d'un raciste soudainement porté aux nues par une gauche en plein désarroi.


  Le masque d'Obama tombe, et ce qu'il cachait est bien laid...



Obama est un raciste de la pire espèce

Obama a retiré le nom du pasteur Jeremiah Wright de son site internet de campagne. Wright est le pasteur qui dirige la Trinity United Church de Chicago, une église de fondamentalistes à laquelle appartient Obama.

Dans un extrait vidéo de l'un de ses sermons, Wright, ce "conseiller spirituel" et grand ami d'Obama depuis 20 ans (il a officié à son mariage et le titre du dernier livre d'Obama, "l'audace d'espérer", est inspiré d'un sermon de Wright) insulte les Etats-Unis le premier dimanche après le 11 septembre et affirme que les Etats-Unis sont responsables de ce qui leur arrive. Dans un autre, il accuse le gouvernement des Etats-Unis de chercher à éliminer physiquement les Noirs en les droguant et en répandant le Sida parmi eux ...
 

L'église de Barack Obama n'en est pas à son coup d'essai : en décembre dernier elle a decerné un prix à Louis Farrakhan, leader de Nation of Islam, décrit par la LICRA américaine comme le "Hitler noir" pour ses avoir traité les Blancs de "diables aux yeux bleus" et les Juifs de "suceurs de sang"... Le pasteur Jeremiah Wright (photo avec Obama) s'est même rendu en Lybie avec Farrakhan pour rendre visite à Kadhafi !

Les Américains  réalisent désormais que derrière le sourire de Barack Obama existe une personne profondément raciste,
  participant régulier à ces messes démentes et idéologue nourri durant 20 ans par la haine maladive de son "conseiller spirituel", dont on peut juger la folie par les vidéos postées ci-dessous...


Le blog drzz

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 03:48
Islam et Christianisme: des traditions équivalentes?

[Intro Chapitre 14, p.171]

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« Ce n’est pas un stupide film hollywoodien », déclara l’actrice française Eva Green au sujet du dernier film sur les croisades du réalisateur anglais Sir Ridley Scott, Kingdom of Heaven.

C’est vrai. En fait, c’est plutôt un stupide film anglais.

« Les Musulmans », notait avec effusion le New York Times après une avant-première du nouveau blockbuster, « sont dépeints comme enclins à la coexistence jusqu’à ce que les extrémistes chrétiens ruinent tout. Et même lorsque les Chrétiens sont vaincus, les Musulmans leur offrent un sauf-conduit pour rentrer en Europe. » Sir Ridley, selon le Times, « a dit qu’il espérait démontrer que Chrétiens, Musulmans et Juifs pouvaient vivre ensemble harmonieusement – du moment que le fanatisme est tenu à l’écart. » Ou, comme Eva Green l’exprima, l’intention du film est de pousser les gens à « être plus tolérant, plus ouverts envers les Arabes. » [1]

À ce point, cela devrait être clair : l’idée que les Musulmans étaient « enclins à la coexistence » avec les non-Musulmans jusqu’à l’arrivée des croisés est historiquement fausse – à moins que par « coexistence », Ridley Scott n’entende la coexistence de l’oppresseur et de l’opprimé qu’était la dhimma. Eva Green et lui rendent les motivations politiquement correctes de ce film limpides : montrer que ce qui interfère dans la coexistence pacifique entre Musulmans et non-Musulmans est le « fanatisme », et non un quelconque élément d’une tradition religieuse. Le film est également destiné à faire en sorte que les Occidentaux racistes que nous sommes soient plus gentils envers les Arabes.

Mais le film n’est qu’un élément d’une campagne beaucoup plus vaste visant à convaincre les Occidentaux que la civilisation islamique est égale ou supérieure à la civilisation occidentale.

[1] Alan Riding, “The Crusades as a Lesson in Harmony? “, New York Times, 24 avril 2005

Kingdom of Heaven lave plus blanc que blanc…

Kingdom of Heaven est une histoire classique de cow-boys et d’indiens, dans laquelle les Musulmans sont nobles et héroïques et les Chrétiens sont vénaux et violents. Le scénario insiste lourdement sur les clichés politiquement corrects et les chimères de la tolérance islamique ; évacuant les lois et attitudes de la dhimmitude (dont Ridley Scott n’a vraisemblablement jamais entendu parler), il imagine un groupe épris de paix et de tolérance, une « communauté des Musulmans, des Juifs et des Chrétiens ». Mais, bien sûr, les Chrétiens gâchent tout. Un agent publicitaire vantant le film explique : « ils oeuvraient ensemble. C’était un lien solide jusqu’à ce que les Templiers causent des frictions entre eux ». Ah oui, ces ignobles « extrémistes chrétiens ».

Kingdom of Heaven a été conçu pour ceux qui pensent que tous les problèmes existant entre le monde islamique et l’Occident ont été provoqués par l’impérialisme, le racisme, et le colonialisme occidentaux, et que le glorieux parangon de la tolérance islamique, dont la lumière éclairait le monde à une époque, pourrait être rétabli si seulement les malveillants blancs d’Amérique et d’Europe se montraient plus tolérants. Ridley Scott et ses collaborateurs arrangèrent des projections anticipées du film à l’intention de groupes tels que le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR), de façon à s’assurer que les sensibilités musulmanes ne soient pas heurtées. C’est à tout point de vue un film de rêve pour l’establishment adepte du politiquement correct, exception faite d’un détail : il n’est pas fidèle à l’Histoire.

Le professeur Jonathan Riley-Smith, qui est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les croisades et l’un des principaux historiens s’intéressant à cette période, qualifia le film de « foutaises », et expliqua qu’il « n’est pas historiquement correct du tout » en « dépeignant les Musulmans comme sophistiqués et civilisés, et les croisés comme étant tous des brutes et des barbares. Cela n’a rien à voir avec la réalité ». Ah, et « il n’a jamais existé de communauté des Musulmans, des Juifs et des Chrétiens. C’est une absurdité totale. »

Le professeur Jonathan Philips, auteur d’un livre sur la quatrième croisade et le sac de Constantinople, a lui aussi exclu que film constitue une description fidèle de l’histoire, et conteste la représentation négative qu’il donne des chevaliers de l’ordre du Temple : « Présenter les Templiers comme les ‹ méchants › de l’histoire n’est une thèse soutenable que du point de vue musulman, et cette approche est incorrecte de toute manière. Ils furent la plus grande menace pour les Musulmans, et beaucoup finirent tués à cause du serment de défendre la Terre Sainte qu’ils avaient prêté. » Saladin est, selon l’agent publicitaire, « le héros du film ». Aucune mention n’est faite, naturellement, de ses massacres à Hattin, ou des plans analogues qu’il avait pour Jérusalem.

Pourtant, en dépit de la réécriture de l’Histoire et des efforts laborieux mis en œuvre pour dépeindre les Musulmans de l’époque des croisades sous un jour favorable dans Kingdom of Heaven, l’apologiste islamique Khaled Abou El Fadl, professeur de droit islamique à l’Université de Californie, écumait de rage à son propos : « Selon moi », s’emporta-t-il, « il est inévitable – et je suis prêt à risquer ma réputation là-dessus – qu’après la sortie de ce film, des crimes haineux soient commis directement à cause de lui. Les gens iront le voir le week-end et décideront de donner une leçon à quelque enturbanné. » Bien sûr, ceci constitue moins un acte d’accusation contre le film que contre la population américaine.

Quoi qu’il en soit, Kingdom of Heaven a coûté plus de 150 millions de dollars, met en vedette une distribution prestigieuse, et est vendu comme « une fascinante leçon d’histoire ».

Fascinante, peut-être – mais seulement en tant que preuve du mal que les Occidentaux d’aujourd’hui sont prêts à se donner pour se leurrer eux-mêmes.

 

 

[1] Charlotte Edwardes, “Historians say film ‘distorts’ Crusades“, London Sunday Telegraph, 18 janvier 2004 .

(NdT: D’autres liens vers des articles se posant la question de la propagande dans KoH sur http://www.zombietime.com/kingdom_of_heaven)

 

Mythe P.C. : le problème auquel le monde doit faire face aujourd’hui est celui du fondamentalisme religieux

 

Toute tradition religieuse est-elle également capable de provoquer la violence ? Cette notion, aussi répandue soit-elle, serait beaucoup plus crédible si Pat Robertson et Jerry Falwell [1] écrivaient des articles défendant la lapidation des personnes adultères (comme Hani Ramadan, écrivain musulman basé en Suisse, qui fit paraître un article ayant ce sujet dans le quotidien français Le Monde en septembre 2002), ou réclamaient l’exécution des blasphémateurs (le blasphème est une offense passible de la peine de mort au Pakistan et ailleurs dans le monde islamique) [2] , ou envoyaient des avions s’écraser sur les bâtiments symboliques de ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis.

 

Que les Chrétiens évangéliques ne commettent pas ces actes est une indication claire que tous les « fondamentalismes » ne sont pas comparables. Contrairement aux opinions déconstructionistes qui prévalent sur les campus universitaires de nos jours, les religions ne sont pas simplement des matériaux bruts qui peuvent être transformés en tout et n’importe quoi par les croyants. Il y a des points communs considérables dans le comportement des gens pieux de toutes les traditions. Par exemple, ils prient, se réunissent, et accomplissent certains rituels. Parfois même ils commettent des actes violents au nom de leur religion. Mais la fréquence et la diffusion de tels actes – et leur degré de parenté avec le courant prédominant de la religion en question – sont déterminés dans une grande mesure par les enseignements concrets de chaque culte. Les apologistes islamiques aiment à désigner Timothy McVeigh et Eric Rudolph [3] comme des exemples de terroristes chrétiens, mais il y a trois raisons qui font que McVeigh et Rudolph ne sont pas équivalents à Ben Laden et Zarkaoui :

 

♦ Ils ne tentèrent pas de justifier leurs actes en se référant à la tradition ou aux Écritures chrétiennes.

♦ Ils n’agirent pas sur la base des enseignements chrétiens traditionnels.

♦ Il n’y a pas de grands groupes chrétiens dans le monde qui soit voués à mettre en application les mêmes enseignements.

 

La différence entre Oussama Ben Laden et Eric Rudolph est la même qu’entre des actes aberrants et des enseignements aberrants. Tout être humain ayant un système de croyances peut faire des choses abominables. Mais les actes abominables sont davantage susceptibles d’advenir en plus grands nombres et fréquence lorsqu’ils sont encouragés et perpétués par des textes religieux et par ceux qui prêchent.

 

 

[1] NdT : Pat Robertson et Jerry Falwell sont tous les deux des « télévangélistes » conservateurs assez influents aux USA

[2] Hani Ramadan, “La charia incomprise”, Le Monde, 10 septembre 2002. Pour un cas typique d’exécution pour blasphème au Pakistan, voir par exemple “Man Accused of Blasphemy Shot Dead”, Reuters, 20 avril 2005

[3] NdT : Timothy McVeigh est l’auteur de l’attentat à la bombe d’Oklahoma City en 1995, et a été exécuté en 2001. Eric Rudolph a été condamné à l’emprisonnement à perpétuité en 2005 pour avoir posé quatre bombes (celle des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, ainsi que dans deux cliniques pratiquant l’avortement et dans un club homosexuel).

 

 

Vous ne voulez quand même pas dire que l’Islam est le problème ?

Quelle est l’alternative à la position de Ridley Scott selon laquelle c’est le « fanatisme » qui suscite tous nos ennuis aujourd’hui ? C’est une opinion que les gens politiquement corrects ne peuvent tout simplement pas comprendre : le problème est inhérent à l’Islam et ne disparaîtra pas, ou ne sera pas neutralisé, tant que ce fait ne sera pas reconnu.

 

Dire que le problème est inhérent à l’Islam n’est pas dire que tout Musulman est un problème. Comme nous l’avons vu, beaucoup de ceux qui se disent Musulmans n’ont qu’une connaissance indirecte et superficielle des enseignements de l’Islam. Non, admettre que la violence jihadiste internationale indique un problème avec l’Islam n’est que simple honnêteté : il y a des groupes dans le monde qui croient qu’il en va de leur responsabilité devant Dieu que de mener la guerre contre les non-Musulmans et d’imposer la loi islamique, d’abord dans les états musulmans, puis dans les états non musulmans. C’est une motivation centrale de la violence terroriste aujourd’hui, et elle prend racine dans les enseignements du Coran et de la Sunna (c’est à dire la tradition islamique).

 

Certains analystes redoutent que si les autorités occidentales commençaient à reconnaître que l’ennemi de l’Amérique dans la « guerre contre le terrorisme » n’est pas un groupe de gens ayant détourné l’Islam, mais bien des hommes qui oeuvrent sur la base d’enseignements issus du cœur même de l’Islam, nous ne soyons bientôt impliqués dans une guerre contre le monde islamique tout entier. Il serait alors certainement plus compliqué de maintenir les alliances d’opérette qui existent à l’heure actuelle avec les Saoudiens, les Pakistanais et les Égyptiens. Mais cela permettrait aussi aux États-Unis de demander des comptes à ces alliés putatifs quant à leur allégeance au jihad mondial, et de matérialiser l’avertissement donné au monde par George W. Bush après le 11 septembre 2001 : « Vous êtes soit avec les terroristes, soit avec nous. »

 

D’autres évitent de constater la crise profonde de l’Islam d’aujourd’hui sous le prétexte que cela découragerait et irriterait les musulmans modérés. S’ils sont véritablement modérés, il n’y a pas de raison. Aucun problème ne peut être résolu si sa source n’est pas identifiée. Un docteur qui traite à l’aspirine des maux de tête persistants provoqués par une tumeur au cerveau n’échappera pas longtemps à un procès pour faute professionnelle. Si un quelconque projet d’Islam modéré doit réussir, ce ne sera qu’en identifiant les éléments de l’Islam qui sont à l’origine de la violence et du terrorisme, et en oeuvrant d’une manière ou d’une autre pour modifier la compréhension que les Musulmans ont de ces éléments – soit en faisant en sorte que les recruteurs de jihadistes ne puissent plus convaincre de jeunes hommes de les rejoindre en faisant appel à leur désir d’accomplir « l’Islam pur. »

 

Que les Musulmans modérés puissent réellement réussir à changer la compréhension de l’Islam de millions de Musulmans est une question ouverte. Mais il n’y a aucune chance que cela se produise s’ils ne discernent pas pourquoi l’Islam crée des individus comme Ben Laden et Zarkaoui.

 

 

Cela paraît logique. Pourquoi est-ce si difficile à accepter pour certains ?

 

Une partie de la raison pour laquelle l’establishment politiquement correct trouve ceci si difficile à accepter est que, dans leur vision simpliste et réductrice du monde, les Occidentaux sont « blancs » et les Musulmans sont « de couleur ». Selon le dogme politiquement correct, les peuples de couleur ne peuvent être coupables d’aucun tort ; ils sont à jamais victimes d’injustices. Tous leurs actes de violence ne sont que des réactions aux provocations ahurissantes de l’homme blanc.

L’exemple le plus scandaleux est peut être celui de l’avocate radicale Lynne Stewart, reconnue coupable en février 2005 d’avoir fait passer des messages pour Omar Abdel Rahman, le cheik emprisonné qui fut le cerveau de l’attentat à la bombe du World Trade Center en 1993. Pourquoi Stewart devint-elle l’estafette de jihadistes sanguinaires? Elle expliqua : « Pour nous débarrasser du type de capitalisme inflexible et vorace qui règne dans ce pays, qui perpétue le sexisme et le racisme. Je ne pense pas que cela puisse se faire sans violence. » [1] Comment Stewart put-elle penser qu’Omar Abdel Rahman, un Musulman traditionaliste qui sans nul doute croit que les femmes existent pour servir les hommes et que celles qui sont désobéissantes devraient être battues (Coran IV:34), puisse être un champion du combat contre le sexisme et le racisme ? … Et bien, il combat « l’homme blanc », n’est-ce pas ?

 

 

[1] “Lawyer Convicted of Helping Terrorists,” dépêche Associated Press, 10 février 2005

 

 

Recouvrer la fierté dans la civilisation occidentale

 

« Ecoutez, Dr Yeagley, je ne vois rien dans ma culture dont on puisse être fier. Elle n’est rien du tout. Mon ethnie n’est vraiment rien. Regardez votre culture. Regardez la tradition amérindienne. Ça, je trouve, oui, vraiment super. Vous avez de quoi être fier. Ma culture, c’est que dalle. » [1]

 

Ces mots sont ceux qu’une étudiante blanche, « Rachel », adressa au professeur amérindien David Yeagley en 2001.

 

Rachel est clairement imbibée de l’état d’esprit exprimé notamment par Jesse Jackson en 1985 : « Ho ! Ho ! Hé ! Hé ! La civilisation occidentale, du balai ! » Et il est pratiquement certain qu’elle considère les croisés comme le summum des « hommes blancs archaïques [2] », et les croisades comme une démonstration inexcusable d’impérialisme, de racisme, et probablement de génocide de la part de l’Occident. Si elle avait fréquenté une école ayant des « croisés » sur son blason, elle aurait été parmi les premiers à en exiger la disparition. Et vu la manière dont les croisades sont présentées dans la majorité des écoles de nos jours, c’est parfaitement compréhensible. Mais la plupart de ce que l’étudiant lambda connaît aujourd’hui sur les croisades et sur d’autres sujets similaires est erroné. Ceux qui inculquent de telles fumisteries ont un intérêt personnel à produire des Américains qui tiennent le discours de Rachel. Et celle-ci accepte tous ces mensonges grâce à des décennies de conditionnement anti-Américain, anti-Occidental et anti-Chrétien dans nos écoles et universités.

 

 

[1] David A. Yeagley, “What’s Up With White Women?” FrontPageMagazine.com, May 18, 2001

[2] NdT : “dead white males”, terme péjoratif utilisé habituellement pour faire référence à l’école de pensée ou de pédagogie traditionnelle qui soulignait l’importance des grands penseurs, écrivains, scientifiques et explorateurs européens, supposément au détriment d’autres groupes (les femmes, les non-européens,…)

 

 

Pourquoi il faut dire la vérité

C’est pourquoi la vérité doit être dite sur les croisades et sur d’autres composantes de l’interaction historique entre le Christianisme et l’Islam. Les Américains et les Européens – ainsi que les Chrétiens du Moyen-Orient et d’ailleurs – doivent cesser de battre leur coulpe pour les péchés de jadis, se rappeler l’héroïsme d’antan, et discerner les bienfaits que la civilisation judéo-chrétienne a apportés au monde. Nous devons examiner honnêtement l’Islam et le Christianisme et reconnaître en quoi ils diffèrent. On ne devrait plus admettre des censeurs P.C. qu’ils interdisent de remarquer que, bien que la nature humaine soit partout la même et que des gens aient justifié la violence au nom de toutes les religions, celles-ci ne sont pas identiques.

Le Christianisme est au coeur de la civilisation occidentale. Il a façonné les Américains que nous sommes, et a influencé les Européens et d’autres peuples de par le monde depuis plus longtemps encore. Qu’on l’apprécie ou non, il a modelé même ceux qui rejettent la foi chrétienne. Le Christianisme partage ses principaux principes moraux avec le Judaïsme – des principes omniprésents en Occident, mais incomplètement transmis à l’Islam. Ces principes sont la source dont les penseurs modernes ont tiré le concept des droits universels de l’homme – la base de la culture laïque occidentale.

 

Yeagley remarque : « Les Cheyennes ont un dicton : ‹ Une nation n’est jamais conquise tant que le cœur de ses femmes n’est pas à terre ›. Lorsque Rachel dénigra les siens, elle le fit avec l’assurance imperturbable d’une grande prêtresse déclamant sa liturgie. Elle parla sans crainte de la critique ou de la censure. Et elle n’en fit pas l’objet. Les autres étudiants écoutèrent en silence, leurs regards allant et venant timidement d’elle à moi, comme s’ils étaient incertains de savoir lequel d’entre nous deux était le meilleur expert… Qui avait conquis le peuple de Rachel ? Qu’est-ce qui l’avait conduite à lui manquer de respect ? Pourquoi se comportait-elle comme une femme d’une tribu vaincue ? »

 

Pourquoi, en effet ? En fin d’analyse, comme le fait remarquer Yeagley, le résultat est la défaite : des gens qui ont honte de leur propre culture ne la défendront pas.

 

C’est pourquoi dire la vérité sur les croisades, le Christianisme, et l’Occident n’est pas affaire de cocoricos culturels ou d’apologétique religieuse. C’est un élément essentiel de la défense de l’Occident contre le jihad international actuel.

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La chrétienté et l'islam

Résumé de 15 siècles d'affrontement entre la chrétienté et l'islam

La coexistence entre Chrétienté et Islam paraît partout dans le monde ne pas aller de soi. La France n’est pas à ce titre une exception, même si la question n’a pas (encore ?) pris chez nous une tournure aussi dramatique que dans de trop nombreux pays. Les débats auxquels nous assistons sur le sujet sont désormais quotidiens.


Parmi les arguments le plus souvent invoqués contre les Chrétiens figure en bonne place le reproche d’avoir gravement, à au moins deux reprises, agressé les Musulmans : lors des croisades, puis, huit siècles plus tard, lors de la colonisation. Ces « péchés », régulièrement invoqués par ceux qui ne semblent pas les avoir « digérés », feraient passer pour un juste retour des choses leur afflux massif en terre chrétienne et leur revendication du droit d’y affirmer leur foi. Un tel argument est très largement repris chez nous : « avec tout ce qu’on leur a fait, on ne l’a pas volé ».


Ces reproches doivent toutefois être replacés dans une perspective historique plus large que celle du dernier siècle, ou même du dernier millénaire. Sans entrer dans les détails, il importe de rappeler quelques faits.




Le premier est la conversion au christianisme de l’empereur romain Constantin en 323. Presque du jour au lendemain, et pacifiquement, un Empire s’étendant d’est en ouest de l’actuel Iran à l’actuel Maroc, et du nord au sud de l’Ecosse à l’Egypte, devient donc chrétien. Constantin, pour marquer cette rupture, transfère en 330 sa capitale de Rome à Byzance, qui prend le nom de Constantinopolis, la "ville de Constantin".


Lorsqu’en 613 l’Islam fait irruption dans l’Histoire, le bassin méditerranée est donc chrétien depuis trois siècles. La nouvelle religion se répand dès la mort du Prophète comme une traînée de poudre et toujours par le moyen de la guerre. Le Moyen-Orient (Syrie, Palestine, Egypte…) est subjugué entre 635 et 642, le Maghreb entre 660 et 710, l’Espagne dans les années 720, la France l’aurait été si Charles Martel n’avait remporté la victoire de Poitiers (732). C’est donc en un siècle un énorme pan de la Chrétienté, comprenant les Lieux Saints, qui est par force islamisé. Dans certaines régions (le Maghreb de saint Augustin), notre religion est totalement éradiquée. Pendant près de cinq siècles, les Chrétiens purent toutefois continuer à se rendre en Terre Sainte.


Le pèlerinage à Jérusalem est alors très répandu, mais devient de plus en plus périlleux jusqu'en 1078, où les Musulmans en interdisent complètement l’accès aux Chrétiens. La première croisade eut donc pour objectif de réouvrir aux pèlerins la route de Jérusalem que leur interdisaient les Musulmans. Elle aboutit à la prise de la ville et à la reconstitution en Terre Sainte d’un éphémère Etat chrétien (1099-1291).


A la même époque, l’Espagne entreprenait de se libérer du joug arabe par la Reconquista (« de sinistre mémoire » a-t-on récemment pu entendre à la radio). Le célèbre Cid de Corneille fut l’un des artisans de cette longue guerre, très dure puisque si la victoire chrétienne de Las Navas de Tolosa en 1212 est considérée comme un événement décisif, il fallut attendre 1492 pour que les armées d’Isabelle la Catholique mettent un terme définitif ( ?) à l’existence du Royaume islamique de Grenade (« et à la tolérance religieuse qui y régnait », nous apprend le journal Le Monde).


Aujourd’hui encore les Musulmans ont la nostalgie de l’Espagne islamique. Le roi d’Arabie, de passage en Andalousie, a récemment demandé que la cathédrale de Séville soit rendue à l'Islam. L’archevêque de la ville lui a répondu qu’il faudrait d’abord rendre Sainte-Sophie de Constantinople au culte chrétien…


Car à l'époque même où l'Espagne se libérait du joug musulman, l'Empire byzantin succombait. Comme par un phénomène de vases communicants, le reflux de l'Islam en Espagne fut contemporain de sa formidable progression en Grèce et dans les Balkans. En 1453, Constantinople, capitale millénaire du premier empire chrétien, tombe entre les mains de l’Empire musulman des Ottomans, qui en font leur capitale (le nom d’Istanbul est une dégradation de celui de Constantinopolis).


La progression islamique se poursuit jusqu’au cœur de l’Europe : la Serbie chrétienne succombe à la bataille de Kossovo (1389). On peut lire à ce sujet dans le dictionnaire d’Histoire universelle : « pendant près de trois siècles, le peuple serbe allait être soumis à une tyrannie très dure ; beaucoup de grandes familles serbes furent exterminées, le peuple réduit en servitude et des milliers d’enfants enlevés pour être élevés dans l’Islam et enrégimentés dans le corps des janissaires ». On comprend mieux la « sensibilité » des Serbes par rapport à la question musulmane, notamment au Kossovo!


Puis c’est la Bulgarie, l’actuelle Roumanie, la Hongrie qui succombent à leur tour. En 1683 (il y a tout juste trois siècles !), les Musulmans assiègent Vienne dont la population, pour ne pas paraître affamée, leur lance par dessus les remparts des petits pains en forme de croissants, symbole de l’Islam. Ces « viennoiseries » auront la vie longue, mais qui se souvient encore de leur histoire ?


C’est une intervention polonaise qui délivre la capitale autrichienne. Comme en Espagne commencera alors dans les Balkans une lente et sanglante Reconquista. Les Musulmans se montrent particulièrement cruels dans la répression des insurrections chrétiennes (le massacre de toute la population de l'île de Chio, en 1822, a été « immortalisé » par Victor Hugo). La Grèce n’est libérée qu’en 1830, après quatre siècles d’occupation, la Bulgarie en 1876, la Bosnie en 1913 !


En 1914 commence la première guerre mondiale, et c'est une époque charnière. L’Empire Ottoman s’allie en effet aux empires allemand et austro-hongrois. Il profite des hostilités pour en finir avec l’importante communauté arménienne (1,5 millions de morts). Vaincu en 1918, l’Empire est démantelé en 1919 par le traité de Sèvres. Il n'existe plus depuis cette date d'Etat musulman unifié, mais des Etats islamiques indépendants et souvent rivaux les uns des autres.


Le traité de Lausanne (1923) confirma (étrange amnésie ou volonté symbolique des puissances occidentales, devenues "laïques".?) le maintien de Constantinople-Istanbul dans la République turque…


Les derniers temps de l’Empire Ottoman ont vu les puissances occidentales profiter de son état « d’homme malade ». C’est la « colonisation ». L’Algérie, la Tunisie et le Maroc ont été occupés par la France pendant respectivement 130, 80 et 40 ans ; l’Egypte par les Britanniques pendant 50 ans… Ceux qui depuis cinq siècles campent à Constantinople nous invitent quotidiennement à battre notre coulpe pour quelques décennies de colonisation, ce que nous faisons bien volontiers. Mais si de nombreuses injustices ont certes été commises pendant cette brève période, il est en tout cas une chose que personne ne pourra venir reprocher aux « Chrétiens » : celle d’avoir tenté de convertir à leur foi les populations musulmanes des pays colonisés.


Voici donc le tableau des grands mouvements de flux et de reflux qui ont caractérisé les relations Chrétienté-Islam depuis près de 1500 ans. Il est caractérisé par un fait essentiel : la volonté constante d’expansion de l’Islam - pour qui le monde est divisé en deux parties : une « Maison de l’Islam » (Dar-el-islam) et une « Maison de la guerre » (Dar-el-harb) au détriment de la Chrétienté.


L’Occident déchristianisé et amnésique s’imagine que l’Histoire a commencé avec la Révolution française, et que la colonisation résume donc nos relations avec le monde musulman. Ce dernier, qui a la mémoire plus longue, joue à fond de cet argument culpabilisant et inhibant. De la rancune des croisades à la nostalgie de l’Espagne islamique, il n’a, lui, rien oublié. Apparemment moins disposés que les Chrétiens à l’examen de conscience et à l’autocritique, les Musulmans leur font reproche d'avoir, même temporairement, reconquis d'anciennes terres chrétiennes. Comme en leur temps les Marxistes, ils semblent considérer que l’Histoire est à sens unique, et que toute tentative d’en remonter le cours est proprement scandaleuse.


Aujourd'hui l'éclatement de la Maison de l'Islam rend impossible le retour des invasions militaires que la Chrétienté a connues de sa part pendant des siècles. Mais l'on sent bien le défi que constitue pour les Chrétiens l'afflux pacifique dans leurs pays de millions de Musulmans porteurs d'une vision qui a le mérite d'être claire.


De ce fait les propos de l’imam d’Oyonnax, il y a quelques années, pour qui la France serait un jour une république islamique, ne sont pas une maladresse ou une « bavure ». La ligne de front s’est aujourd’hui déplacée jusqu’au cœur de notre pays, de nos villes. La France est (re-)devenue Maison de la guerre, même s'il ne s'agit pas forcément d'une guerre au sens militaire. Et si l'Islam réussissait pacifiquement en Occident ce qu'il n'a pas pu y obtenir par d'autres moyens ?


Si nous devons relever ce défi en chrétiens, avec amour et espérance, nous ne devons pas en revanche nous voiler la face : quinze siècles nous éclairent sur le sens de ce que nous vivons aujourd’hui.

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 01:22

Le « 9/11 Truth Movement » en perspective

par Phil Mole - Traduction de Yann Kindo - Version intégrale.
Version abrégée dans SPS n° 279, novembre 2007
Article initialement paru dans la revue Skeptic (États-Unis, Vol.12, Numéro 4, 2006)

 

279_4-13_1.jpgLes thèses conspirationnistes autour du 11 septembre postulent que les attentats ne seraient pas ce que l’on croit communément – une opération terroriste liée à Al-Quaeda – mais une gigantesque manipulation opérée par un secteur du complexe militaro-industriel états-unien cherchant à faire avancer ses intérêts propres. Ces thèses sont pratiquement nées en France, avec la publication en 2002 du livre très médiatisé de Thierry Meyssan, qui expliquait qu’aucun avion ne s’était écrasé sur le Pentagone. Ces thèses ont été rapidement réfutées et décrédibilisées par une contre enquête de deux journalistes de Libération, qui montraient que le « travail » de Meyssan, libre interprétation de documents trouvés sur le Net, ne répondait même pas aux critères minimaux de la démarche journalistique, tels que l’enquête de terrain visant à confronter les différents témoignages1. Cette mod e conspirationniste n’a depuis cessé de se développer aux États-Unis, avec de nouvelles affirmations fantaisistes relatives cette fois-ci aux attentats de New  York sur le World Trade Center. Lorsqu’en décembre 2006 le mensuel Le Monde Diplomatique a publié un article d’un journaliste d’extrême-gauche états-unien dénonçant le ridicule de cette nouvelle variante de la théorie du complot2, il a essuyé de la part d’une fraction de son lectorat une flambée de lettres de protestations et de désabonnements comme il en avait rarement connu dans son histoire, preuve que ce type de démarche intellectuelle est aujourd’hui vivace dans certains milieux. Parce que ces modes de pensée, malgré leur apparence d’hyper-scepticisme,  reposent notamment sur une sélection partiale des sources, un rapport très particulier à la preuve et une volonté de croire qui font écho aux démarches des pseudo-sciences, nos confrères états-uniens de Skeptic3 ont publié en 2006 un dossier spécial sur le sujet, dont nous a avons repris et traduit un article intéressant et probablement sans équivalent en langue française. En effet, ce texte aborde la réfutation des théories conspirationnistes sous un angle qui n’est plus seulement celui de la cohérence globale d’un point d e vue géopolitique ou tout bêtement logique, mais à partir d’un examen systématique des allégations d’ordre scientifique, notamment sur le plan de la physique et de l’ingénierie des bâtiments. Merci à Skeptic de nous avoir autorisés à traduire et reproduire ce document, ainsi que l’’intéressante iconographie qui l’accompagne. 
Y. K.

 

À l’hôtel « Hyatt Regency O’Hare », près de Chicago, une foule de près de 400 personnes est réunie en cette agréable soirée d’été. Certains sont âgés, certains sont jeunes. Certains sont habillés de tee-shirts hippies colorés, alors que d’autres portent des chemises de soirée et des pantalons, mais la plupart d’entre eux ont l’air enjoués et amicaux. Nous attendons tous l’ouverture de la principale salle de conférence et le début de la session de la soirée, la première de tout un cycle de conférences qui s’étale sur tout le week-end. Nous patientons en jetant un œil sur les stands de matériel en vente : des exemplaires en DVD du film de Michael Moore Fahrenheit 9-11, du documentaire contre Karl Rove Bush’s brain4, et du plus récent Wal Mart : The High Cost of Low Price.

Il n’y a là rien de particulièrement inhabituel, puisque tous ces documents sont en vente dans n’importe quelle librairie ou autre magasin près de chez vous. Mais, à ce moment, alors que les portes de la grande salle sont sur le point de s’ouvrir, un participant anxieux tente de lancer un slogan : « 9-11 was an Inside Job » [= « Les attentats du 11 septembre ont une origine intérieure aux États-Unis »]. Quelques personnes se joignent à lui, avant qu’un autre participant ne lui rétorque assez énergiquement : « Mais ça, on le sait déjà ! ».

Le week-end de conférences est la réunion à Chicago de 911truth.org, une des organisations les plus visibles à l’intérieur d’une coalition plus large connue sous le nom de « 9-11 Truth Movement », et la plupart des gens à l’intérieur de cette foule croient que le gouvernement des États-Unis a planifié et orchestré les attaques terroristes du 11 septembre 2001. L’affirmation : « On le sait déjà » résume bien l’attitude des participants à l’égard des données exposées au cours des conférences. Beaucoup d’entre eux ne semblent pas être à la recherche de nouvelles informations qui déboucheraient sur une compréhension plus exacte des événements du 11 septembre. Une personne assise près de moi l’admet : « On connaît déjà tous ces trucs ; nous sommes ici pour confirmer ce que nous savons déjà ». La conférence est un moyen pour les participants de souder leur identité de groupe, et d’essayer de diffuser leur message auprès de ceux qui, aux États-Unis et ailleurs, croient la « version officielle » des événements du 11 septembre.

En tant que personne qui ne partage pas les vues du 9/11 Truth Movement, j’ai un autre objectif. Je veux entendre leurs arguments et examiner leurs preuves, et comprendre les raisons pour lesquelles tant de personnes sympathiques et par ailleurs intelligentes sont convaincues que le gouvernement des États-Unis a planifié le meurtre de près de 3 000 de ses propres citoyens.

L’effondrement des bâtiments 1 et 2 du World Trade Center

Quand la plupart d’entre nous se remémorent les événements du 11 septembre, nous pensons à l’image de ces deux – pourtant apparemment indestructibles – tours du World Trade Center en train de s’effondrer au sol. Sans surprise, leur effondrement est aussi une question centrale pour le 9/11 Truth Movement. Une grande majorité des discussions et du matériel de propagande de l’organisation est relative à la chute des Bâtiments 1 et 2. Mais, comme ce matériel le montre, 911truth.org ne croit pas la version officielle selon laquelle les dommages décisifs infligés au WTC se sont produits lorsque deux avions détournés par des terroristes se sont écrasés sur les tours. Au lieu de cela, ils prétendent que les tours sont tombées suite à une démolition contrôlée, planifiée au préalable par le gouvernement des États-Unis.

Pourquoi pensent-ils une chose pareille ? Une raison essentielle semble être le fait que l’effondrement des tours ressemble au produit d’une démolition contrôlée. Puisqu’il n’y a pas de résistance structurelle à la gravité lors d’une démolition contrôlée, le bâtiment s’effondre directement sur ses propres bases, chaque étage venant brutalement atterrir sur celui de dessous à une vitesse approchant celle de la chute libre. De nombreux intervenants à la conférence de l’hôtel Hyatt comparaient des vidéos de l’effondrement des tours avec des vidéos de démolitions contrôlées connues, pointant les ressemblances tant au niveau de l’apparence que de la vitesse de la chute. 911truth.org affirme que si elle avait été effectivement heurtée par un avion, la structure métallique des bâtiments du WTC aurait dû fournir au moins une résistance minimale au poids des étages supérieurs, obligeant la structure en chute à culbuter d’un côté plutôt que de s’écraser tout droit vers le bas. Ils expliquent ensuite que les incendies causés par le carburant en feu provenant des avions qui s’étaient écrasés n’ont pas pu provoquer l’effondrement puisque le carburant des avions brûle à une température de 1500 degrés Fahrenheit [816 ° Celsius]5, alors que pas moins de 2800° Fahrenheit [1538° Celsius] sont nécessaires pour faire fondre l’acier. David Heller développe cet argument dans un article diffusé à une large échelle :
« La version officielle prétend que les incendies ont affaibli les bâtiments. Le carburant des avions a soi-disant brûlé à une telle température qu’il a fait fondre les colonnes d’acier qui soutiennent le bâtiment. Mais les gratte-ciels à structure métallique ne se sont jamais effondrés du fait d’un incendie, car ils sont faits d’un acier qui ne fond pas en dessous de 2750° Fahrenheit. Aucun carburant, pas même celui d’un avion, qui est en fait du kérosène raffiné, ne produira une température supérieure à 1500° Fahrenheit. »6

Puisque le carburant d’un avion en combustion n’est pas assez chaud pour faire fondre l’acier, les récits selon lesquels de l’acier fondu a été trouvé à Ground Zero amènent les conspirationnistes à conclure qu’une autre substance incendiaire a dû être introduite.

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La zone encerclée montre les prétendus « squibs », en réalité de l’air comprimé par la chute du bâtiment.

Enfin, un certain nombre de leaders du mouvement affirment que des « squibs » de démolition peuvent être observés sur des vidéos de la chute du WTC juste avant et au moment où les tours commencent à tomber. Dans le jargon des professionnels de la démolition, un « squib » est un dispositif explosif utilisé pour affaiblir la structure d’un bâtiment pendant une démolition contrôlée. Plusieurs intervenants à la conférence pointaient de petites giclées de débris pulvérisés horizontalement lors de la chute, et les identifiaient comme des « squibs » mis à feu en secret pour faire tomber les bâtiments.

 

Que penser de ces allégations ?

 

Tout d’abord, examinons les aspects semblables de l’effondrement des tours du World Trade Center et de l’effondrement de bâtiments détruits lors de démolitions planifiées. Dans les démolitions contrôlées, les charges explosives affaiblissent ou brisent tous les points porteurs de la structure en même temps. Par conséquent, une fois que la chute commence, toutes les parties du bâtiment sont simultanément en mouvement, en chute libre vers le sol. Pourtant, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé lors de la chute des bâtiments du WTC. Regardez attentivement les films des chutes, et vous constaterez que les parties des bâtiments situées au dessus des points d’impact des avions commencent à tomber d’abord, alors que les parties les plus basses des bâtiments ne sont d’abord pas ébranlées. Les parties des tours situées en dessous du point d’impact ne commencent à tomber que lorsque les étages supérieurs se sont effondrés sur eux. Ce n’est pas ce à quoi l’on s’attendrait si les tours s’étaient effondrées du fait d’une démolition contrôlée, mais c’est exactement ce à quoi il faut s’attendre si l’effondrement est la conséquence des dégâts causés par l’impact des avions et par les incendies consécutifs. Un théoricien du complot pourrait répliquer que les bâtiments ont été équipés en explosifs pour commencer à tomber par le haut d’abord, mais quelles sont les chances pour que ceux qui ont planifié une démolition si compliquée soient capables de prévoir les endroits exacts où les avions viendraient heurter les tours, et donc de préparer les tours pour qu’elles commencent à s’effondrer précisément à cet endroit ?

De plus, les images de l’effondrement de la Tour Sud, ou Bâtiment 2, montrent que la tour n’est pas tombée tout droit, à la manière des chutes caractéristiques de la tour Nord et des bâtiment rasés lors d’une démolition contrôlée. Au contraire, la tour a penché dans la direction du point d’impact avant de commencer à s’écrouler vers le bas, avec la partie supérieure du bâtiment inclinée de manière à former un angle. La différence entre les deux effondrements peut s’expliquer par la manière dont chaque avion a heurté les bâtiments. Le premier avion a touché la tour Nord (Bâtiment 1) entre les 94e et 98e étages, et l’a heurté de plein fouet, s’encastrant quasiment directement jusqu’au cœur du bâtiment. Le deuxième avion a heurté la tour Sud entre les 74e et 78e étages, mais s’est encastré de biais, endommageant gravement tout le coin nord-est du bâtiment7. Comparée à la tour Nord, la tour Sud a subi des dommages qui étaient à la fois moins également répartis et nettement plus bas dans la structure, obligeant le point affaibli à supporter plus de poids de la partie supérieure que le point de crash correspondant sur la tour Nord. Ceci explique à la fois l’inclinaison du bâtiment lorsqu’il est tombé du côté du point affaibli, et le fait que la tour Sud soit tombée la première alors qu’elle avait été touchée après la tour Nord. Encore une fois, ce scénario prend tout son sens si les bâtiments sont tombés à cause des dommages causés par les crashs des avions, mais n’en a pas beaucoup si les bâtiments sont tombés du fait d’une démolition planifiée.

Le 9/11 Truth Movement affirme ou sous-entend souvent que l’acier à dû fondre pour que la structure s’effondre à la vitesse d’une chute libre. Alors que leurs estimations de la température de l’incendie du WTC varient, la plupart d’entre eux sont d’accord pour dire que la température a probablement atteint 1000° Fahrenheit [538° Celsius] et peut être dépassé les 1800° [982° Celsius]. Des flammes de cette températures seraient en peu en dessous des près de 2800°F [1537°C] nécessaires pour faire fondre l’acier, mais elles auraient été suffisantes pour profondément réduire l’intégrité structurelle du métal. Les meilleures estimations scientifiques nous apprennent que l’acier perd 50 % de sa résistance à 650°C et peut perdre jusqu’à 90 % de sa résistance à des températures de 980°C8. Même si nous imaginons des températures pas plus élevées que 538°C au cours de l’incendie, nous aurions toujours des raisons plus que suffisantes pour s’attendre à un endommagement assez sévère pour déboucher sur un éventuel effondrement.

La structure originale des tours du WTC a amplifié les problèmes posés par l’affaiblissement de l’acier. Les tours avaient une façade légère composée de tubes verticaux liés entre eux par une ossature légère constituée de 244 colonnes extérieures en acier ; il s’agissait donc d’un maillage comprenant 95 % de vide9 (voir le dessin). À l’intérieur de ce périmètre de tubes, il y avait un cœur de 27 mètres sur 40, conçu pour fournir un soutien supplémentaire à la tour. Des portiques triangulés d’acier, ou des poutres, rattachaient les structures extérieures au cœur sur chaque niveau, et fournissaient une part importante du soutien du poids de chaque étage. L’impact et l’explosion des avions ont probablement réduit à néant l’essentiel des matériaux d’isolation qui ignifugeaient les poutres métalliques, accroissant considérablement leur vulnérabilité face aux flammes. Le cœur des flammes a ramené l’acier à une fraction de sa résistance initiale, tout en provoquant une dilatation des poutres triangulées à chaque extrémité, jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus supporter le poids des étages du bâtiment, ce qui a déclenché l’effondrement. La dilatation et la déformation de l’acier ont dû être particulièrement importantes du fait des différences de températures à l’intérieur de la structure10. Ainsi, les poutres composées se sont ramollies comme une corde à linge détendue, n’offrant pas ou presque pas de résistance au poids des étages supérieurs.

Qu’en est-il de l’« acier fondu », qui selon les conspirationnistes était présent sur Ground Zero ? L’article très populaire de Steven Jones cite plusieurs sources orales évoquant de l’acier fondu coulant ou agrégé ayant été retrouvé à Ground Zero11. Toutefois, les sources en question sont des observations informelles d’« acier » à Ground Zero, et pas des résultats de laboratoire12. Pour beaucoup de gens, n’importe quel métal grisâtre ressemble suffisamment à de l’acier pour être appelé « acier » dans le langage courant. Pour établir effectivement que le matériau en question est de l’acier, nous avons besoin des résultats d’une analyse en laboratoire utilisant l’Absorption Atomique (AA) ou un autre test fiable. Il semble beaucoup plus probable que le métal vu par les nettoyeurs ait été de l’aluminium, un composant de la structure du WTC qui fond à une température bien plus basse que l’acier et qui lui ressemble beaucoup à première vue. Quant aux « squibs » que les conspirationnistes disent apercevoir sur les vidéos de l’effondrement du WTC, il s’agit de panaches de fumée et de débris éjectés des bâtiments par l’intense pression liée aux millions de tonnes de tours en chute (voir Figure 1). Les vidéos de l’effondrement du WTC montrent que ces panaches n’apparaissent qu’après que les tours ont commencé à tomber et leur intensité augmente au fur et à mesure de la chute – ce n’est pas le genre de scénario auquel on peut s’attendre si les panaches étaient des explosions provoquées pour faire s’effondrer les bâtiments.

L’effondrement du bâtiment 7 du WTC

« Pas si vite ! », pourrait répliquer le 9/11 Truth Movement. Comment expliquez-vous l’effondrement du Bâtiment 7 du WTC, qui n’a pas été heurté par un avion ? De nombreux conspirationnistes à propos du 11 septembre prétendent que la chute du bâtiment à à peu près 17h20, le 11 septembre, n’aurait pas pu avoir lieu si celui-ci n’avait pas été préparé pour une démolition. Les conspirationnistes partent de l’idée selon laquelle les dégâts subis par le bâtiment 7 au cours de l’attaque n’ont pas pu être suffisants pour provoquer un effondrement. Le site wtc7.net affirme que « des incendies ont été observés dans le bâtiment 7 avant son effondrement, mais ils étaient isolés dans de petites parties du bâtiment et étaient minuscules comparés à ceux des autres bâtiments. ». Ils affirment ensuite que tous les dommages causés par des débris en chute provenant des bâtiments 1 et 2 auraient dû être symétriques pour déclencher l’effondrement brutal du WTC713

Ces arguments ne font que révéler les présupposés de leurs auteurs. Tout d’abord, les incendies qui ont éclaté dans le WTC7 étaient très étendus, comme le montre la Figure 3. La raison pour laquelle cela n’est pas évident dans les exposés et les documentaires présentés par le 9/11 Truth Movement est qu’ils tendent à uniquement montrer la face Nord du bâtiment, faisant apparaître par ce biais le bâtiment comme bien moins ravagé par les flammes et structurellement endommagé qu’il ne l’était en réalité (voir Figure 4). Le pompier Richard Banaciski pointe la différence d’aspect entre les côtés Nord et Sud du bâtiment dans son propre compte-rendu :
« On nous a dit d’aller entre Greenwich et Vesey pour voir ce qui s’y passait. On y est donc allés, et sur les faces Nord et Est du bâtiment 7, on aurait dit qu’il n’y avait presque aucun dégât, mais si on regardait ensuite la face Sud, on voyait quelque chose comme un trou haut de 20 étages dans le bâtiment, avec du feu sur plusieurs d’entre eux »14.

Les sauveteurs à Ground Zero ont réalisé dès 15h00 le 11 septembre que les dégâts importants causés à la partie basse du WTC7 provoqueraient son effondrement, un fait qui est évoqué dans les informations télévisées du moment15. Les films vidéo montrent que quand l’effondrement s’est produit, le mur Sud du bâtiment a cédé en premier, ce qui est exactement ce à quoi on aurait pu s’attendre en fonction de la localisation des dégâts les plus importants. Comme pour l’effondrement de la Tour Sud, les mécanismes de la chute du bâtiment sont entièrement concordants avec la nature des dommages subis. L’hypothèse de la démolition planifiée, par contre, ne parvient pas à expliquer pourquoi l’effondrement a commencé exactement à l’endroit où les dommages ont été infligés, puisque les conspirateurs auraient dû être capables de prédire exactement à quel endroit les débris de l’effondrement des tours Nord et Sud auraient frappé le WTC7. Et, alors que les réalisateurs du documentaire Loose Change affirment que le WTC7 « s’est effondré verticalement, en un amas pratique », la vérité est que le tas de débris représentait une hauteur de 12 étages, sur 150 mètres, loin de l’«  amas pratique » décrit par les conspirationnistes16.

Pour ceux qui croient que la chute du bâtiment 7 était due à une démolition contrôlée, certaines des « preuves » les plus significatives proviennent apparemment de la prétendue « confession » du bailleur du WTC, Larry Silverstein, selon laquelle il a autorisé la destruction de la tour. La citation en question provient d’un programme télévisé de PBS datant de septembre 2002, intitulé America Rebuilds, et dans lequel Silverstein dit :
« Je me souviens d’avoir reçu un coup de téléphone du, heu, chef des pompiers, me disant qu’ils n’étaient pas sûrs d’être capables de contenir le feu, et j’ai répondu : « Hé bien, nous avons déjà eu une si terrible perte de vies humaines, peut être que ce qu’il y a de mieux serait de le retirer [pull it] ». Et ils ont pris cette décision de retirer [pull], et nous avons regardé le bâtiment s’écrouler »17

Pour les conspirationnistes comme Alex Jones sur prisonplanet.com, cette citation semble être de la dynamite, puisqu’ils interprètent l’expression « to pull it » comme étant « dans le jargon de l’industrie le terme utilisé pour l’idée de faire s’écrouler un bâtiment à l’aide d’explosifs »18. Silverstein semble donc dire que lui et les pompiers ont décide de détruire le bâtiment 7, et l’ont regardé s’écrouler après qu’il ait autorisé la démolition. Les conspirationnistes prolongent ainsi leur argumentation : aucun bâtiment ne pouvant être détruit si rapidement, le WTC7 a dû être préparé pour cela longtemps à l’avance.

Si l’on y regarde de plus près, cette preuve paraît-il dévastatrice ne semble pas signifier ce que croit le 9/11 Truth Movement. On est loin d’un accord unanime dans l’industrie sur le fait que l’expression « pull it » ferait toujours référence à une démolition contrôlée – des expressions plus précises comme « pull away » seraient plutôt utilisées pour désigner ce type d’opération à conduire19. Et, évidemment, « pull » a beaucoup de sens différents dans le langage courant qui ne doivent rien au jargon de la démolition. Mais si Silverstein ne décrivait pas une décision de détruire le WTC, que pourrait alors signifier l’expression « pull it » ? Un bon endroit où trouver la réponse est la déclaration du 9 septembre 2005 de Mr Dara McQuillan, un porte-parole de Larry Silverstein :
« Dans l’après-midi un 11 septembre, Mr Silverstein a parlé au chef des pompiers sur le site du bâtiment 7 du World Trade Center. Le chef a dit à Mr Silvertsein qu’il y avait plusieurs pompiers en train d’essayer de contenir le feu à l’intérieur du bâtiment. Mr Silverstein a exprimé l’opinion selon laquelle la chose la plus importante était de garantir la sécurité des pompiers, y compris au besoin en les évacuant hors du bâtiment.
Plus tard dans la journée, le chef a ordonné le retrait des pompiers hors du bâtiment et celui-ci s’est effondré à 17h20. Aucune vie n’a été perdue dans le bâtiment 7 du World Trade Center le 11 septembre 2001.
Comme signalé auparavant, quand Mr Silverstein a rapporté ces événements pour un documentaire télévisé, il a dit : “J’ai dit : vous savez, nous avons déjà eu une si terrible perte de vies humaines, peut être que ce qu’il y a de mieux serait de le retirer [pull it]”. Mr McQuillan a expliqué que, par « le » [it], Mr Silverstein faisait référence au groupe de pompiers qui était encore à l’intérieur du bâtiment (souligné par nous) »
20.

La réponse de MCQuillan précise aussi que les pompiers étaient présents dans le WTC7 pour évacuer les résidents, et ont travaillé sur le site jusque tard dans l’après-midi et peu avant que l’effondrement ne se produise. Il y a en fait de nombreuses preuves montrant que les pompiers étaient présents dans et autour du WTC7, pour des missions de secours et d’évacuation, jusqu’à un moment avancé de la journée du 11 septembre. Selon le chef pompier Daniel Nigro :
« La plus importante décision d’action à entreprendre cette après-midi là était liée au fait que la chute [des tours du WTC] avait endommagé WTC7…. Il y avait de très importants incendies, sur de nombreux niveaux, et j’ai ordonné l’évacuation sur une zone suffisante pour protéger nos hommes d’équipe, de telle sorte que nous avons dû abandonner des tâches de secours qui étaient en cours à ce moment (souligné par nous) et faire reculer les gens suffisamment loin pour que si le WTC7 tombe, nous ne perdions plus de vie. Nous avons continué à agir comme nous le pouvions à cette distance, et, à peu près une heure et demie après que cet ordre eut été donné, à 17h30, le World Trade Center s’est complètement effondré »21.

Un autre secouriste ajoute que « de terribles, vraiment terribles incendies se propageaient. Finalement, ils nous ont retirés [pulled us out] (soulignés par nous) »22. Les témoignages de première main à propos des opérations de secours sur le WTC7 construisent une version cohérente, et la dernière citation utilise également le mot « pull » pour décrire le retrait des pompiers des environs du bâtiment, exactement à la manière du récit de McQuillan. De fait, il y a une large concordance entre la réponse de McQuillan et les témoignages de pompiers, autour notamment des faits suivants : a) des pompiers étaient bien dans la zone du WTC7 le 11 septembre ; b) leurs actions incluaient des missions de secours et d’évacuation ; c) les pompiers sont restés aux alentours du WTC7 jusque tard dans l’après-midi du 11 septembre ; d) les pompiers ont réalisé vers 15h00 le 11 septembre que le WTC7 allait probablement s’effondrer ; et e) les pompiers se sont retirés de bâtiment peu après avoir compris cela, et ont regardé le bâtiment s’effondrer à à peu près 17h20. Malgré les objections des conspirationnistes, la « version officielle » est à la fois logique, cohérente et soutenue par des preuves.

Au contraire, la version avancée par le 9/11 Truth Movement est criblée de lacunes. Elle prétend que Larry Silverstein a fait détruire le bâtiment 7 du World Trade Center, probablement pour réclamer d’importantes sommes à sa compagnie d’assurance. Mais si tel avait été le cas, pourquoi révèlerait-il au monde son complot dans une émission de PBS ? De plus, quel lien aurait Larry Silverstein avec le gouvernement des Etats-Unis, qui, selon les conspirationnistes, a détruit les bâtiments du WTC dans le but de provoquer par la panique l’acceptation par les citoyens d’un état policier23 ? Et si le gouvernement a planifié la démolition des bâtiments du WTC pour provoquer la peur parmi les citoyens, pourquoi à cette seule et unique occasion a-t-il attendu que tous les occupants du bâtiment aient été évacués, de telle manière qu’il n’y ait pas de blessé24 ? La stratégie du gouvernement apparaît très inconstante dans la version du Truth Movement – tuer près de 3000 personnes dans la destruction des deux tours principales, tout en offrant tout un après midi aux occupants du bâtiment 7 pour pouvoir s’échapper. Nous devrions aussi remarquer que le complot du 11 septembre apparaît inutilement compliqué, puisque le bâtiment a été miné en vue d’une démolition contrôlée et pris pour cible par des avions – pourquoi ne pas avoir simplement mis en œuvre la démolition contrôlée, laissé les avions de côté et faire accuser des terroristes de leur choix ?

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À gauche, l’image de l’immeuble WT7 souvent montrée par les partisans du 9/11Truth Movement pour prouver les faibles dommages du bâtiment. À droite, le même immeuble vu de l’autre côté et montrant les dommages structurels réels.

Il y a également le problème, que même le 9/11 Truth Movement est obligé de reconnaître, qui est que préparer un bâtiment pour une démolition contrôlée nécessite beaucoup de temps et d’efforts. Généralement, un bâtiment désigné pour une démolition est abandonné depuis un bon moment et a été partiellement vidé pour permettre aux explosifs d’être en contact serré avec la structure même du bâtiment. Mais, puisque tous les bâtiments du WTC ont été pleinement occupés jusqu’au 11 septembre, comment le gouvernement a-t-il pu trouver un accès nécessaire à la préparation des trois tours pour une démolition complète sans que personne ne remarque rien ? Imaginez ce que représente d’essayer d’installer furtivement des câbles et des bombes dans un bâtiment pendant que des milliers de gens travaillent dans les bureaux, utilisent les ascenseurs et s’activent dans les couloirs – un tel scénario est extrêmement improbable.

Le Pentagone

Beaucoup de gens dans le 9/11 Truth Movement croient que le Pentagone n’a pas été heurté par le vol 77, comme la « version officielle » le prétend. Au lieu de cela, ils croient que le gouvernement des États-Unis a d’une manière ou d’une autre organisé les destructions, peut être par l’utilisation d’une bombe ou le tir d’un missile. Cette hypothèse a d’abord attiré l’attention à travers le livre de l’auteur français Thierry Meyssan, Pentagate [L’Effroyable Imposture], qui prétend que les dommages causés au Pentagone étaient trop circonscrits pour avoir été le produit du crash d’un Boeing 75725. Le documentaire Loose Change prétend que le trou fait dans le Pentagone par le prétendu avion était « un trou unique, de pas plus de 16 pieds [5 mètres] de diamètre », et qu’aucun reste quelconque de l’avion n’a été retrouvé sur le site du crash26. Pour théâtralement soutenir cette dernière affirmation, les conspirationnistes citent le témoignage du correspondant de CNN Jamie McIntyre sur le site du crash le 11 septembre, qui affirme : « D’après mon examen du terrain, il n’y a pas d’indication d’un avion s’étant écrasé en un lieu quelconque proche du Pentagone »27.

À la manière des arguments discutés plus hauts selon lesquels les dommages infligés au bâtiment 7 du WTC n’étaient pas suffisants pour le faire s’effondrer, les critiques relatives à la taille du trou fait par le vol 77 dans le Pentagone reposent sur un choix très sélectif de la perspective. Les conspirationnistes aiment renvoyer à des photos du Pentagone endommagé dans lesquelles le trou fait par l’avion apparaît étroit, mais aiment beaucoup moins celles dans lesquelles l’étendue complète des dégâts apparaît clairement. Certains conspirationnistes ne semblent pas non plus satisfaits de la forme du trou, qui ne correspondrait pas à celle attendue pour un crash d’avion. Mais l’idée selon laquelle l’avion aurait dû laisser dans le bâtiment une forme aisément reconnaissable est une illusion – un Boeing 757 en pleine vitesse ne laissera pas dans le bâtiment en béton une empreinte de lui-même comme un ange tombé dans la neige (contrairement à ce qui s’est passé pour les bâtiments du WTC, dont l’extérieur était largement constitué de verre, et qui ont effectivement intégré la forme de l’avion.). Et la polémique autour du fait qu’aucun reste du vol 77 n’a été retrouvé sur le site du crash est tout simplement grotesque. De nombreuses photos prises dans la zone autour du site du crash sur le Pentagone montrent clairement des débris de l’avion éparpillés. Dans un excellent article de Popular Mechanics à propos des théories du complot autour du 11 septembre, l’expert en explosions Allyn E. Kilsheimer décrit ses propres observations en tant que premier ingénieur en bâtiments à être arrivé au Pentagone après que le vol 77 se soit écrasé :
« J’ai vu les marques des ailes de l’avion sur la façade du bâtiment. J’ai ramassé des morceaux d’avion avec des identifications de la compagnie d’aviation sur eux. J’ai tenu de ma main la queue de l’avion et j’ai retrouvé la boîte noire ».

Le témoignage oculaire de Kilsheimer est soutenu par des photos de l’épave de l’avion à l’intérieur et à l‘extérieur du bâtiment. Kilsheimer ajoute : « J’ai tenu dans mes mains des morceaux des uniformes de l’équipage, avec des morceaux de corps. C’est bon, maintenant ? »28.

Mais, s’il y a tant de preuves qu’un avion s’est écrasé sur le Pentagone, pourquoi le correspondant de CNN Jamie McIntyre rapporte-t-il qu’il n’en a trouvé aucune ? La réponse est que McIntyre n’a pas du tout dit cela, et le 9/11 Truth Movement une fois de plus manipule sélectivement les preuves pour les faire coller avec ses conclusions. Quand McIntyre a spécifié qu’aucun débris d’avion n’était visible près du Pentagone, il répondait à une question précise posée par la présentatrice de CNN Judy Anchor. Le Vol 77 s’est approché en volant très bas, et il y avait des interrogations quant au fait que l’avion ait pu toucher le sol juste avant de heurter le Pentagone. La réponse de McIntyre, quand elle est citée dans sa totalité, montre clairement qu’il était en train d’expliquer qu’il n’y avait pas de signe que l’avion avait heurté le sol avant de heurter le Pentagone, mais il ne nie absolument pas le fait que l’avion a frappé le Pentagone lui-même :
« WOODRUFF : Jamie, Aaron parlait tout à l’heure – ou l’un de nos correspondants parlait tout à l’heure – je pense – en fait c’était Bob Franken – avec un témoin qui disait qu’il semblait que le Boeing 757, l’avion de l’American, l’avion de l’American Airlines, s’est écrasé un peu avant le Pentagone. Pouvez-vous nous donner une meilleure estimation de à quel point l’avion a effectivement touché le bâtiment ?
MCINTYRE : Vous savez, cela a pu apparaître de cette manière, mais d’après mon examen du terrain, il n’y a pas d’indication d’un avion s’étant écrasé en un lieu quelconque proche du Pentagone. Le seul endroit est en fait l’endroit du bâtiment qui a été heurté (souligné par nous), et, comme je l’ai dit, les seuls morceaux visibles qui restent sont si petits que vous pouvez les ramasser avec votre main. Il n’y a pas de grands morceaux de la queue, des ailes ou du fuselage, rien de tel nulle part aux alentours, ce qui semble indiquer que l’ensemble de l’avion s’est écrasé sur le côté du Pentagone et a fait s’effondrer cette façade du bâtiment. (souligné par nous) »
29.

Remarquez que McIntyre ne remet jamais en cause le fait qu’un crash d’avion a endommagé le Pentagone, et il précise ainsi, dans une partie précédente de la retranscription faite par CNN, avoir vu plusieurs morceaux de l’engin autour du lieu du crash30. Bien sûr, cela n’a pas empêché les conspirationniste de sélectionner et de choisir des informations pour faire progresser leurs objectifs.

Le vol 93 et autres anomalies supposées.

Le 5 avril 2006, les créateurs du documentaire conspirationniste Loose Change et leurs supporters ont décidé d’assister à la première du film United 93 [En France : Vol 93], consacré à l’avion détourné qui s’est écrasé le 11 septembre. Ils voulaient saisir cette occasion pour dénoncer de prétendus mensonges à propos de ce vol, et, selon les mots d’un participant au forum Loose Change, « mordre ces bâtards là où ça fait mal, et faire se retourner contre eux ce film sur le vol 9331 ». Pour beaucoup d’Américains, les passagers du Vol 93 qui ont affronté les terroristes et ont fait s’écraser l’avion avant qu’il ne puisse atteindre sa cible sont des héros, mais le 9/11 Truth Movement voit les choses différemment. Selon le théoricien du complot auquel vous vous adressez, vous apprendrez soit que le Vol 93 a atterri sans dommage, soit qu’un jet de l’armée américaine a abattu l’avion en plein vol32. La première idée prend sa source dans une confusion entre le vol 93 et le vol 1989 dans le communiqué initial de l’Associated Press (AP), le second vol s’étant effectivement posé à l’aéroport Hopkins de Cleveland le 11 septembre. L’AP a ensuite corrigé cette erreur, mais beaucoup de conspirationnistes n’en ont pas fait autant33. La deuxième idée repose largement sur l’affirmation sans preuve que l’essentiel du moteur et d’autres larges parties de l’avion ont été dispersées à des kilomètres du site principal de l’épave – trop loin pour être le résultat d’un crash ordinaire. Ceci est erroné, parce que le moteur a été retrouvé à seulement 275 mètres du site principal du crash, et sa localisation était en adéquation avec la direction dans laquelle l’avion volait34. De plus, la boîte noire du vol a enregistré la bagarre à bord avant que l’avion ne s’écrase. Les conspirationnistes se retrouvent avec une théorie non seulement sans preuve valable, mais également embrouillée. Pourquoi le même gouvernement qui a selon eux détruit le WTC aurait-il abattu le vol 93 avant qu’il ne puisse causer des dommages similaires à d’autres bâtiments ? Bien sûr, cette question présuppose une ambition de cohérence logique qui semble faire défaut au 9/11 Truth Movement.

Une autre prétendue anomalie à propos d’un vol concerne le supposé ordre de retrait donné le 11 septembre 2001 par le NORAD (North American Aerospace Defense Command) pour permettre aux avions détournés d’atteindre leur destination sans encombre. Le 9/11 Truth Movement croit que le NORAD avait la capacité de localiser et d’intercepter les avions le 11 septembre, et son échec à le faire témoigne de la conspiration gouvernementale pour permettre aux attentats de se produire. Pour étayer cette affirmation, ils prétendent que le NORAD aurait pu rapidement neutraliser les avions détournés, puisque les interceptions d’avions sont pour eux une tâche banale, avec 67 actions de ce type réalisées avant le 11 septembre35. De manière symptomatique, cette argumentation ne précise pas la période de temps au cours de laquelle ces interceptions ont été réalisées, ni ne nous dit si elles ont eu lieu près de grandes villes ou ailleurs, disons à des kilomètres au milieu de l’océan. Une information plus précise et plus exacte est donnée par l’article de Popular Mechanics, qui explique :
« Dans les décennies précédant le 11 septembre, le NORAD a intercepté seulement un avion civil au-dessus de l’Amérique du Nord : le jet privé du golfeur Payne Stewart, en octobre 1999. Avec les passagers et l’équipage inconscients du fait de la décompression de la cabine, le contact radio a été perdu avec l’avion, mais le contact par transpondeur a été maintenu jusqu’au crash. Mais, même ainsi, il a fallu 1 heure et 22 minutes à un F16 pour atteindre l’avion ciblé »36.

Ce n’est pas une chose aisée et rapide que de localiser et d’intercepter un avion à la trajectoire erratique. Le personnel du NORAD doit d’abord essayer à plusieurs reprises d’établir le contact avec l’appareil pour éliminer l’hypothèse d’un problème banal, et doit ensuite contacter le personnel militaire approprié pour faire décoller rapidement des avions de combat et les diriger au bon endroit. La situation le 11 septembre était de plus compliquée par le fait que les terroristes à bord des avions détournés avaient éteint ou endommagé les radars transpondeurs. En l’absence d’un signal transpondeur permettant d’identifier les avions, chaque avion détourné n’aurait été sur les écrans du NORAD qu’un spot mouvant parmi tant d’autres, le rendant d’autant plus difficile à suivre à la trace. Ainsi, même une décision immédiate du NORAD d’intercepter l’un des avions détournés le 11 septembre aurait malgré tout nécessité un laps de temps important jusqu’à ce qu’elle soit exécutée – et ce temps n’était simplement pas disponible ce 11 septembre.

Diverses autres théories du complot se concentrent sur la supposée connaissance à l’avance par le gouvernement des attaques terroristes. Une théorie répandue suggère que le volume étonnamment élevé d’opérations de « put37 » sur des valeurs liées aux compagnies aériennes dans les jours ayant immédiatement précédé le 11 septembre. Puisque l’opération de « put » est bien une spéculation sur la baisse du prix d’une action, les conspirationnistes soupçonnent que des boursicoteurs initiés étaient au courant des attentats en préparation et ont effectué leurs opérations en conséquence. Bien que cela semble très troublant en tant que fait pris isolément, le volume général d’opérations de « put » sur ce type de valeurs avait atteint des niveaux semblables à d’autres moments de l’année. Le pic des opérations sur la American Airlines était le plus élevé parmi toutes les compagnies aériennes concernées, mais cela n’est pas très étonnant si l’on considère que la compagnie venait juste de rendre publiques de possibles pertes38. En effet, de mauvaises nouvelles globales à propos du secteur de l’aéronautique ont poussé les entreprises de conseils en investissements à recommander à leurs clients d’utiliser l’opération de « put », et il n’est donc pas du tout nécessaire de lier ces opérations à une connaissance préalable des attaques à venir.

Une autre théorie prétend que la FEMA [Agence Fédérale de Gestion de Urgences] est venue au World Trade Center le 10 septembre 2001, témoignant ainsi du fait que le gouvernement était au courant du désastre à venir. Cette allégation se fonde sur un témoignage de Tom Kennedy, du corps expéditionnaire du Massachusetts, qui a déclaré au présentateur de CBS Dan Rather, le 13 septembre 2001 : « Nous sommes actuellement, heu, une des premières équipes qui a été envoyée pour soutenir la ville de New York au cours de ce désastre. Nous sommes arrivés, heu, tard dans la nuit de lundi, et nous sommes entrés en action mardi matin. Et nous n’avons pas eu la possibilité avant aujourd’hui de travailler, heu, sur l’ensemble du site.39 ». L’explication très banale de cette phrase est que M. Kenney a confondu les jours – ce qui n’est pas inhabituel pour quelqu’un qui vient de travailler pendant plus de deux longues journées dans des activités de secours d’urgence. Ainsi, une interprétation très simple du propos de Kenney est qu’il est arrivé à Ground Zero le 11 septembre (qu’il a faussement identifié comme un lundi plutôt qu’un mardi), qu’il est entré en action le 12 septembre (identifié par erreur comme un mardi), et n’a pas pu commencer à travailler sur l’ensemble du site avant « aujourd’hui » (le jour auquel il parlait à Dan Rather, soit jeudi le 13 septembre). De plus, plusieurs sources enregistrent l’arrivée de la FEMA le 11 septembre, et la femme de Kenney a confirmé que le jour auquel son mari a été envoyé à Ground Zero était bien le 11 septembre40. Le degré auquel le 9/11 Truth Movement est capable d’exagérer et de manipuler de simples erreurs ne témoigne justement pas d’un très grand souci de la recherche de la « vérité ».

Une grande part de cet article a été consacrée aux explications données par le 9/11 Truth Movement, mais il faut remarquer que les explications qu’il ne donne pas posent tout autant problème. Je ne suis parvenu à retrouver dans aucun de leurs écrits aucune analyse sérieuse d’Al Qaeda, du terrorisme islamiste ou de l’histoire contemporaine du Moyen Orient. L’explication la plus probable de ce phénomène est que, comme la plupart de leurs compatriotes américains, une grande partie d’entre eux ne s’est jamais vraiment préoccupé du Moyen Orient avant le 11 septembre. Pourtant, il est impossible de comprendre la menace terroriste si l’on ne comprend pas comment la chute de l’empire Ottoman, la fragmentation après la deuxième Guerre Mondiale d’une grande partie du Moyen Orient en de nouvelles nations aux frontières largement arbitraires, la réaction du monde musulman à la création d’Israël, la naissance du fondamentalisme islamiste, le conflit avec et l’influence de la Russie soviétique, ainsi que la frustration face au soutien américain à Israël ont façonné l’idéologie et les ambitions de groupes comme Al Qaeda. Les groupes terroristes islamistes ont émergé dans ce contexte, et ont activement et de manière répétée pris pour cibles les intérêts américains, depuis plus de deux décennies. L’idée selon laquelle des terroristes islamistes s’en prendraient à des bâtiments états-uniens est cohérente avec des événements récents des deux dernières décennies, dont :
- une attaque par la faction radicale Hezbollah de casernes de Marines au Liban en 1983.
- le détournement de l’Achille Lauro en 1985
- une attaque au camion piégé du World Trade Center en 1993, qui avait tué 6 personnes et blessé plus de mille.
- une tentative déjouée de faire exploser 12 avions se rendant des Philippines aux États-Unis en janvier 1995.
- une attaque sur les tours Khobar en Arabie Saoudite en 1996, qui a tué 19 membres du contingent états-unien et blessé une centaine d’autres.
- l’explosion en 1995 des bâtiments des ambassades états-uniennes au Kenya et en Tanzanie, qui a tué 12 Américains et 200 kenyans et tanzaniens.
- une tentative avortée de Ahmed Ressam d’attaquer l’aéroport international de Los Angeles fin 1999
- un attentat-suicide à la bombe contre le navire U.S.S. Cole le 12 octobre 2000, qui a tué 17 marins et blessé 39 autres41.

Par ailleurs, il est nettement établi qu’Oussama Ben Laden a de manière répétée organisé et commandité des attentats contre les Etats-Unis. Son rôle en tant que bailleur de fonds pour d’importantes organisations terroristes et en tant que leader d’Al Qaeda est lui aussi bien établi. Ben Laden a en 1996 lancé une fatwa proclamant officiellement le jihad contre les Etats-Unis, et une seconde fatwa en 1998 spécifiait que « tuer les Américains et leurs alliés, militaires ou civils, est un devoir personnel pour chaque musulman qui est en mesure de le faire, dans n’importe quel pays dans lequel il est possible de le faire »42. Puisque Ben Laden et Al-Qaeda ont officiellement revendiqué les attaques du 11 septembre, et que les preuves pointent dans leur direction, il n’y a pas lieu de se mettre en quête de théories alternatives43.

La meilleure explication des événements du 11 septembre est que c’était alors la plus récente et la plus destructrice au sein d’une série d’attaques conduites par des terroristes islamistes radicaux, qui veulent mettre un terme à ce qu’ils estiment être une politique extérieure états-unienne malfaisante. En tant que nation, nous n’étions psychologiquement et stratégiquement pas préparés à une telle attaque, du fait de notre incapacité à reconnaître le sérieux de la menace. Malheureusement, le 9/11 Truth Movement continue à détourner son regard des vrais problèmes, préférant la consolation par l’illusion à la réalité.

Conclusion : l’attrait des théories du complot

Cet article a analysé les arguments du 9/11 Truth Movement et les a trouvés déficients. Pourtant, les 400 personnes qui assistaient à la conférence et les milliers d’autres qui soutiennent leur activité trouvent ces théories convaincantes, et la raison ne réside pas forcément dans le fait qu’ils partagent une idéologie politique commune. Sur la base de mon analyse informelle de la foule présente à la conférence à l’hôtel Hyatt, j’ai constaté que les participants semblaient provenir des deux extrêmes du spectre politique. Il y avait des représentants de la droite extrême qui récusent toute forme d’autorité au gouvernement central, et des membres de la gauche radicale qui mènent infatigablement une campagne contre ce qu’ils

perçoivent comme les méfaits du capitalisme et de l’impérialisme. Il faut donc revenir à une question posée au début de cet article : pourquoi tant de gens intelligents et pleins d’avenir trouvent-ils ces théories si séduisantes ?

Il y a plusieurs réponses possibles à cette question, aucune n’excluant les autres. Une des premières et des plus évidentes est la méfiance à l’égard du gouvernement américain en général, et de l’administration Bush en particulier. Cette méfiance n’est pas totalement sans fondement. Le gouvernement américain a trompé ses citoyens à propos du véritable coût humain de la guerre du Vietnam, et s’est reposé sur des tactiques militaires qui étaient moralement discutables même du point de vue des usages guerriers. Les révélations du Watergate, du scandale Iran/Contra, et d’autres petites et grandes machinations infâmantes ont considérablement érodé la confiance du public dans le gouvernement. Vous ajoutez à cela une administration qui est entrée en fonction après l’élection la plus controversée en plus d’un siècle, qui s’est mise en marge d’accords internationaux tels que le protocole de Kyoto, qui a trompé les citoyens à propos des données scientifiques relatives au réchauffement climatique et à la recherche sur les cellules souches, qui a engagé une guerre contre l’Irak sur la base d’indigents renseignements concernant des armes de destruction massive, et qui a échoué à répondre efficacement aux effets d’un cyclone en Floride, et vous avez de solides raisons d’être suspicieux44. (Vous l’aurez compris, l’admiration à l’égard de George Bush n’est pas ma motivation première pour le défendre face aux accusations des conspirationnistes).

Pourtant, il faut préciser certaines choses à propos de la suspicion. D’abord, il y a l’argument philosophique élémentaire selon lequel la suspicion en elle-même ne prouve rien. – toute théorie a besoin de preuves en sa faveur pour être prise au sérieux. Deuxièmement, les erreurs faites par notre gouvernement dans le passé sont qualitativement différentes d’une décision consciente de tuer des milliers de ses propres citoyens dans le but de justifier l’oppression d’autres. Et, plus important, il y a le fait que l’essentiel de ce que nous savons des mauvaises décisions de notre gouvernement est uniquement connu du fait de la relative transparence dans laquelle notre gouvernement opère, et de la liberté de répandre et de discuter ces informations.

La complète ironie de ce dernier point m’a frappé alors que j’étais à la conférence. Voilà un groupe de près de 400 personnes réunies pour discuter ouvertement des sales coups du gouvernement des Etats-Unis, qu’ils accusent de terribles atrocités commises dans le but de faire advenir un Etat policier. Mais si l’Amérique était un Etat policier avec de si terribles secrets à protéger, les brutes au gouvernement auraient à coup sûr donné l’assaut aux salles de conférence et arrêté les leaders du mouvement. Pourtant, même les leaders du 9/11 Truth Movement que l’on entend le plus se portent toujours à merveille, et personne à la conférence ne semblait particulièrement inquiet de représailles gouvernementales. Cela semble indiquer que, à partir d’un certain point, les conspirationnistes eux-mêmes ne semblent pas réellement croire à ce qu’ils racontent.

Une autre force des théories du complot est qu’elles sont faciles à comprendre. Comme noté précédemment, la plupart des Américains ne savaient presque rien ou ne voulaient presque rien savoir du Moyen Orient jusqu’à ce que les événements du 11 septembre ne les forcent à se pencher sur la question. (L’excellent journal satirique The Onions s’est moqué de cela avec son article intitulé « Un type du coin agit comme si il s’intéressait à l’Afghanistan depuis longtemps »)45. Le gros avantage des théories du 9/11 Truth Movement est qu’elles ne nécessitent aucune connaissance à propos du Moyen-Orient, ou plus généralement aucune connaissance en histoire mondiale ou en politique. Cela nous amène à un autre avantage des théories du complot : elles sont curieusement réconfortantes. Des événements chaotiques et menaçants sont difficiles à appréhender, et l’attitude à adopter pour nous protéger ne s’impose pas d’elle-même. Dans les théories du complot qui se focalisent sur une cause humaine particulière, le caractère terriblement hasardeux de l’existence se moule dans un ordre compréhensible.

Le grand écrivain Thomas Pynchon a admirablement mis en lumière cet aspect des choses dans son roman L’Arc en ciel de la gravité : « S’il y a quelque chose de réconfortant –de religieux, si vous voulez – dans la paranoïa, il y a pourtant également l’anti-paranoïa, dans laquelle rien n’est reliée à rien, un état d’esprit que peu d’entre nous peuvent tenir sur la durée »46. La relation confuse des théories du complot avec les preuves devient alors un élément de leur pouvoir de séduction : elles peuvent virtuellement relier tout élément digne d’intérêt pour le conspirationniste au sein d’un tout qui fait sens. Cet aspect des choses a été joliment illustré au cours de la session de questions/réponses qui a suivi la conférence organisée autour du film de Rick Siegel Eyewitness : Hoboken. Un participant voulait savoir quel rôle les Francs-Maçons avaient joué dans le complot, et il semblait regretter amèrement que la version de Rick Siegel les ait négligés. Après avoir dans sa réponse brodé pendant un moment, sans apaiser son interlocuteur, Siegel a finalement fléchi et a lâché : « Ils sont très certainement impliqués ». Et pourquoi pas ? En fonction du genre de preuves avancées par les conspirationnistes, il n’y a pas de raison que les Francs-Maçons, les Illuminati Bavarois et les Sages de Sion ne soient pas impliqués dans le complot autour du 11 septembre – cela dépend uniquement de ce que vous considérez comme le plus confortable à croire. Et il semble bien que certains conspirationnistes rajoutent effectivement certains de ces ingrédients à leur mélange, comme le prouve une rumeur aussi fausse que populaire selon laquelle 4 000 juifs ont mystérieusement omis de venir travailler le 11 septembre47.

Le réconfort est quelque chose dont nous avions tous besoin après les événements horribles du 11 septembre, et chacun de nous est susceptible de le chercher jusqu’à un certain point. Pourtant, il n’y a pas de justification morale au fait de chercher le réconfort au détriment de la vérité, tout particulièrement si la vérité est précisément ce dont nous avons le plus besoin pour éviter les erreurs du passé. La vérité est importante pour elle-même, mais elle vaut aussi en ce qu’elle est notre seule protection face aux malfaisances de ceux qui exploitent cyniquement des quêtes de vérité pour faire progresser leurs propres ambitions. C’est notre souci de vérité qui nous pousse à critiquer notre propre gouvernement quand c’est nécessaire, et à insister pour que d’autres qui prétendent faire de même respectent les mêmes critères rigoureux en termes de preuves et d’argumentation. Le 11 septembre a été un puissant rappel de à quel point la vie et la liberté humaines sont précieuses et fragiles – c’est là le plus important reproche que l’on puisse faire à ceux qui vivraient au service de l’illusion.

1 Guillaume DASQUIE et Jean GUISNEL, L’effroyable mensonge. Thèses et foutaises sur les attentats du 11 septembre, Paris, La Découverte 2002.

2www.monde-diplomatique.fr/2006/12/COCKBURN/14270.

3www.skeptic.com.

4 Surnommé « Le cerveau de Bush », Karl Rove est depuis les années 1990 le principal conseiller politique de George W. Bush. (Ndt).

5 « 9-11 : Debunking the Myths », Popular Mechanics, Mars 2005.

6 HELLER David, 2005. “Taking a closer look : Hard Science and the Collapse of the World Trade Center”, Garlic and Grass numéro 6. Disponible sur http://www.garlicandgrass.org/issue6/Dave_Heller.cfm.

7 « 9-11 : Debunking the Myths », Popular Mechanics, Mars 2005.

8 Thomas EAGER et Christopher MUSSO, « Why did the World Trade Center collapse : Science, Engineering and Speculation », JOM, 53(12), 8-11.

9 Ibid.

10 Ibid.

11 Steven JONES, « Why indeed did the WTC Buildings Collapse ? ». Disponible sur http://www.physics.byu.edu/research/energy/htm7.html.

12 Un bon examen de cette question peut être consulté sur http://911myths.com/html/wtc_molten_steel.html.

13 Cette affirmation peut être trouvée sur http://wtc7.net/b7fires.html.

14 Interview du sauveteur Richard Banaciski, réalisée le 6 décembre 2001 et transcrite par Elisabeth F. Nason. Disponible sur http://graphics8.nytimes.com/packages/pdf/nyregion/20050812_WTC_GRAPHIC/9110253.PDF#search=%22Banaciscki%22.

15 Ibid.

16http://www.loosechangeguide.com/LooseChangeGuide.html.

17 « America Rebuilds », PBS Home Video, ISBN 0-7806-4006-3, est disponible sur http://shop.pbs.org/products/AREB901/.

18http://www.prisonplanet.com/011904wtc7.html.

19 Une discussion avec des travailleurs spécialisés dans la démolition, autour de l’expression « pull it », se trouve sur : http://web.archive.org/web/20050327052408/http://home.planet.nl/ reijd050/911_my_own_review.htm#222.

20 Voir « 9/11 revealed ? A New Book Repeats False Conspiracy Theories » , sur http://usinfo.state.gov/media/Archive/2005/Sep/16-241966.html.

21 « World Trade Center Task Force Interview : Daniel Nigro”. Entretien effectué le 24 octobre 2001. Le texte de cet entretien est disponible sur : http://www.nytimes.com/packages/html/nyregion/20050812_WTC_GRAPHIC/Nigro_daniel.txt.

22 « World Trade Center Task Force Interview :Richard Banaciski”. Entretien effectué le 6 décembre 2001, transcrit par Elisabeth F. Nason. Le texte de cet entretien est disponible sur : http://graphics8.nytimes.com/packages/pdf/nyregion/20050812_WTC_GRAPHIC/9110253.PDF#search=%22Banaciscki%22.

23 Pour retrouver un tel argument, vous pouvez lire à peu près n’importe quoi sur http://prisonplanet.com.

24 Le rapport de la FEMA sur le WTC7 est disponible sur http://usinfo.state.gov/media/Archive/2005/Sep/16-241966.html.

25 Thierry MEYSSAN, L’effroyable imposture, Paris, Carnot, 2002. Edition US : Pentagate (New York, USA Books, 2002)

26http://www.loosechangeguide.com/LooseChangeGuide.html.

27 Transcription sur : http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/0109/11/bn.35.html.

28 « 9/11 : Debunking the Myths », Popular Mechanics, mars 2005.

29http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/0109/11/bn.35.html.

30 Ibid.

31http://www.loosechangeguide.com/LooseChangeGuide.html.

32 L’affirmation selon laquelle le vol 5 s’est posé paisiblement se trouve sur http://www.rense.com/general56/flfight.htm. L’affirmation selon laquelle il a été détruit par un missile se trouve sur http://www.serendipity.li/wot/pop_mech/shanksville.htm.

33 Une analyse de la confusion entre les deux avions se trouve chez Kropko, « September 11 Tension Vivid to Controller », Associated Press, 15 Août 2002. Cette histoire est aussi disponible en ligne sur http://www.enquirer.com/editions/2002/08/15/loc_sept_11_tension.html.

34 « 9/11 : Debunking the Myths », Popular Mechanics, mars 2005.

35 Une affirmation de ce type peut être trouvée sur http://911research.wtc7.net/essays/pm/.

36 « 9/11 : Debunking the Myths », Popular Mechanics, mars 2005.

37 En langage boursier, un « put » est une option de vente, qui donne le droit, mais pas l’obligation, de vendre un produit support (un panier d’actions, une action…) à un prix fixé à l’avance et pendant une période déterminée [NdT]

38 Voir « AMR Corp Issues 3Q’ 2001 Profit Warning », dans Airline Industry Information, 11 Septembre 2001. Disponible sur http://www.highbeam.com/library/docFree.asp?DOCID=1G1:78127985. Pour une évaluation générale et contemporaine de la viabilité du secteur de l’aviation dans les mois précédent le 11 septembre, voir Adam HAMILTON, « Plummeting Profits », Zeal Speculation and Investment, 22 juin 2001, disponible sur http://www.zeallc.com/2001/plummet.htm.

39 Stephanie SCHOROW, « Independant research », Boston Herald (Art and Life),5 septembre 2002.Un enregistrement sonore du témoignage de Kenney peut être entendu sur http://www.snopes.com/rumors/sound/kenney.ram.

40 Ibid.

41 Cette liste se fonde sur des informations trouvées dans Steven STRASSER (ed.), The 9/11 Investigations : Staff Reports of the 9/11 Commission, New York, Public Affairs Books, 2004. On peut trouver plus d’informations sur l’islamisme radical dans Ahmed RASHID, Taliban : Militant Islam, Oil and Fundamentalism in Central Asia, New York, Yale University Press, 2001.

42 Cette citation peut être retrouvée dans de nombreuses sources, dont Steven STRASSER (ed.), The 9/11 Investigations : Staff Reports of the 9/11 Commission, New York, Public Affairs Books, 2004.

43 David BAMER, « Ben Laden : Yes, I did it », The Telegraph, 11 novembre 2001.

44 Une source parmi tant d’autres pour étayer ces informations est Eric ALTERMAN et Mark GREEN, The Book on Bush : How George W. (Mis)leads America, New York, Penguin Books, 2004.

45 Cet article hilarant est consultable sur http://www.theonions.com/content/node/28079.

46 Thomas PYNCHON, Gravity’s Rainbow, New York, Viking Press, 1973.

47 Voir, par exemple, « Absent Without Leave », sur les Urban Legends Reference Pages : http://www.snopes.com/rumors/israel


Le 11 septembre raconté par Al-Qaida

Le 11 septembre raconté par Al-Qaida

De folles théories de complot circulent sur internet sur les attentas du 11 septembre 2001. Certains vont jusqu’à accuser la CIA d’être à l’origine de ces attentats, d’autres y voient comme d’habitude la main du Mossad israélien… Tous les anti-américains et anti-israéliens se déchainent pour essayer de démontrer que l’Islam radical n’est pas à l’origine de ces attentats monstrueux, se faisant ils n’ont pas conscience de contribuer au développement de cet islam radical, idéologie de la mort et de la haine.

La vérité est tout autre: l’Islam radical est seul responsable du 11 septembre, comme de 99 % des attentats perpétrés sur toute la surface de la planète.

Deux journalistes français ont retrouvé des militants islamistes qui ont côtoyé de près Ben Laden. Une Marocaine présente en Afghanistan en septembre 2001 a accepté de témoigner. Son mari a été compromis dans les attentats de Madrid en 2004. Un biochimiste malais, un islamiste lybien et un combattant thaïlandais ayant appartenu à Al Quaeda livrent des informations. Comment le 11 septembre a-t-il été vécu par l’organisation terroriste…

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 15:13
Par Nathalie BASTIN, chercheur invité à l’ESISC

La théorie du complot ne s'est jamais aussi bien portée que depuis les attentats du 11 Septembre 2001.
Partout, mystifications, rumeurs, théories fumeuses alimentent un imaginaire en proie à tous les simplismes.

Les attaques du 9/11 ont en effet provoqué de multiples doutes et controverses tantôt purement fantaisistes, tantôt plus ou moins étayés. Pour la grande majorité des conspirationnistes, le 11 septembre 2001 serait un complot orchestré par le président George W. Bush, la CIA et les grandes compagnies pétrolières. Ils auraient planifié les attaques ou les auraient laissé se produire pour assurer l’approvisionnement américain en pétrole, s’emparer du Moyen-Orient et établir un gouvernement mondial.

Si de vrais complots peuvent, bien évidemment, exister, la théorie du complot, elle, outrepasse la logique de la preuve, se passe de la rationalité et affirme sans rien prouver. Les adeptes des théories conspirationnistes voient dans le moindre évènement des pratiques dirigées par des forces occultes et contrôlées par des entités invisibles, animées par de sombres destins clandestins : contrôler la planète, asservir ses habitants, anéantir les esprits libres. Aujourd’hui, un nombre important de théories conspirationnistes consistent à mettre en avant le fait que tout est caché, que tout le monde ment et que seule une faible propension d’individus parvient à décrypter la réalité, à débusquer le mensonge.


  • 1) Le conspirationnisme
1.1. La théorie conspirationniste

Les théories conspirationnistes ou théories du complot mettent en doute, à tort ou à raison, des pans de l’Histoire comme étant des manipulations venant de « puissances obscures » pour parvenir à leur but ultime. Ceux qui manient ces théories s’attaquent tant aux personnalités qu’aux institutions établies et administrations de premiers rangs comme les services de renseignement. Ils s’en prennent également aux églises, aux partis politiques, aux syndicats, aux associations, aux lobbies et groupes de pression de toutes sortes. Les groupes sociaux ou « ethniques », les communautés raciales ou religieuses, les puissances économiques (le « complexe militaro-industriel » aux États-Unis depuis les années cinquante) et les confréries secrètes (la franc-maçonnerie, les organisations criminelles ou mafias) peuvent aussi être incriminés. Les puissances spirituelles ou les extraterrestres et les ovnis sont également cités dans ces théories.

Le récit conspirationniste propose d’identifier publiquement, avec ses modestes moyens, les « ennemis de l’intérieur » cachés au coeur du dispositif de décision. Leur but : conscientiser en semant le doute sur la normalité apparente des évènements et « réveiller » les individus qui intègrent la version officielle sans esprit critique. « Diaboliser » autant que possible l’adversaire devient une obsession. L’opinion publique toute entière doit adhérer à leur point de vue souvent grotesque.

Toute contestation de la conspiration permet à leur auteur de se retrouver en position de force. Elle ne sert qu’à la confirmer et à lui donner l’assurance presque certaine et immédiate d’une large publicité et, par la suite, d’une multiplication d’interprétations nouvelles. Mieux encore, les opposants à ces théories divagatrices, se voient contraints de prouver le contraire. Ils se retrouvent souvent piégés car ils sont dans l’impossibilité de démontrer de manière irréfutable la normalité des évènements. Il est impossible, par exemple, de prouver que les attentats du 11 septembre 2001 devaient se produire comme ils se sont effectivement produits. A l’opposé, l’absence de contestation de ces théories légitime la présumée culpabilité de leurs adversaires et donne l’impression de manquer d’arguments. C’est l’impasse.

Cependant, il faut se garder d'amalgamer la question du conspirationnisme avec celle de la vigilance, toujours nécessaire. Cette vigilance nous permet de mettre en doute les thèses conspirationnistes et de considérer une vérité émise comme temporaire et non comme acquis.

Les théories du complot sont principalement caractérisées par quatre axiomes de base.
  • Le phénomène d’induction
Ces théories partent de faits isolés pour tenter de créer une théorie générale, une histoire plausible par inférence. Certaines assertions de la part des autorités se sont déjà avérées mensongères par le passé, dès lors, de nouveaux mensonges peuvent exister.
  • La sélection des faits
Ce qui caractérise les conspirationnistes, c’est leur fâcheuse tendance à ne retenir que les faits qui les intéressent afin de soutenir leur thèse. A défaut de pouvoir prouver de manière irréfutable la culpabilité de leur détracteur, les moindres faits sont utilisés comme finalité du raisonnement et non comme point de départ. Le moindre indice, événement ou absence d’événement, déclaration, témoignage ou fait inexpliqué est pris pour argent comptant. Tout est exploité afin de mettre en doute la version officielle.
  • La marginalisation des opposants
Les conspirationnistes laissent entendre que la version officielle des évènements n’est généralement soutenue que par les autorités elles-mêmes. Or, dans de nombreux cas, la version officielle est relayée par les analyses d’experts provenant tant du milieu privé que public. Peu importe le nombre de personnes qui soutiennent la version officielle, peu importe le nombre de vérifications, de reconstructions des évènements, d’analyses pointues, de récits, de témoins oculaires, de photographies ou de vidéos qui la confirment, les autorités sont
coupables.
  • La présentation de justifications
Les spéculations de ces prétendus « défenseurs de la vérité » ne s’appuient généralement sur aucune preuve tangible et font souvent usage d’analogies. Dans l’univers des professionnels de la dénonciation du complot, rares sont les analyses réalisées par des experts et encore plus rares celles basées sur des preuves concrètes récoltées sur le terrain.

1.2. Les exemples conspirationnistes anciens


Les thèses conspirationnistes correspondent à des cycles conjoncturels. Le XIXe, le XXe et le XXIe siècle ont vu se développer une véritable culture de l'opposition et du complot.

A partir des années 30, le Parti national-socialiste allemand utilisa abondamment les Protocoles des Sages de Sion comme propagande du Reich. Ces Protocoles, qui annoncent la domination du monde par les juifs, n'est qu'un faux fabriqué par l'Okhrana (service secret du Tsar), un pamphlet antisémite dénonçant un pseudo « complot juif mondial ». Aujourd'hui encore, ce document constitue plus que jamais le principal arsenal de l'antisémitisme contemporain, à tel point que les grands adeptes des théories conspirationnistes prétendent que le génocide juif n'a jamais eu lieu et qu'il s'agirait ni plus ni moins du plus grand complot que l'humanité ait connu. L'Holocauste? «Un mythe ». Les six millions de victimes? « Un dogme ». La Shoah? Une invention « des lobbies juifs » dont le but est d'alimenter une «shoah-business », expression très prisée chez les antisémites déclarés.

Autre exemple notoire : la paranoïa développée autour de l'assassinat de John F. Kennedy en novembre 1963. A la mort du 35ème président des États-Unis, les thèses de complots les plus diverses ont afflué en masse, avec pour commanditaires présumés le viceprésident Lyndon Johnson, Cuba, l'Union soviétique, la mafia, les anticastristes ou encore la CIA. La thèse officielle1 qui présente Lee Harvey Oswald comme tueur isolé ainsi que la façon dont l'enquête a été menée par les différentes agences gouvernementales américaines ont donné lieu à de vives critiques et à l'avènement de toute une série de théories conspirationnistes, certaines fondées sur des faits plausibles, d'autres sur des éléments complètement hallucinatoires. En 2003, 70% des Américains pensaient qu'il y avait eu complot pour assassiner le président et 68% estiment qu'il y avait eu couverture officielle en vue d'étouffer l'affaire2. Aujourd'hui, quarante-quatre ans après les faits, aucune preuve tangible de l'existence d'une conspiration n'a pu être démontrée de manière satisfaisante.

Le commun dénominateur de toutes ces théories : le Nouvel Ordre mondial. Ce projet de longue date, à partir duquel tous les événements mondiaux pourraient être expliqués, serait la mise en place d'une dictature internationale,où les peuples seraient contraints d'obéir à la loi internationale. Pour les conspirationnistes, le Nouvel Ordre mondial aurait été orchestré soit par les francs-maçons, soit par les Sages de Sion, soit par les « Illuminati » ou encore par les « Skulls and Bones ». Certains groupes très influents sont également montrés du doigt : le groupe Bilderberg, la Fondation Ditchley, le Council on Foreign Relations (CFR), la
Commission trilatérale, le PNAC, etc.

Le Nouvel Ordre mondial fut dénoncé dans les années 50 par les milieux conservateurs américains comme étant un complot animé par l'Union soviétique dans le but d'instrumentaliser les Nations unies. La chute du mur de Berlin en 1989 a signé la fin de la « guerre froide » et sonné le glas du communisme. Le 11 septembre 1990, lors d'un discours devant le Congrès américain, le président George W. Bush a repris l'expression «Le Nouvel Ordre mondial » pour décrire le nouveau degré de coopération de l'après-guerre froide : « [Il existe dans le monde] une grande idée, un nouvel ordre mondial dans lequel les diverses
nations poursuivent une cause commune afin d'atteindre les aspirations humaines universelles de l'humanité: la paix, la sécurité, la liberté et le règne du droit3
». Ce discours
a été perçu comme une révélation et a provoqué l’inquiétude dans les milieux contestataires de gauche comme de droite.

Les États-Unis, première véritable expérience démocratique moderne au monde, sont aujourd’hui considérés par de nombreux «négationnistes4 » comme un Etat dictateur où les conjurés tirent les ficelles dans l’ombre et manipulent l’ensemble des citoyens en vue de faire triompher leur idéologie diabolique. Ce « négationnisme », qui correspond aujourd’hui à un courant « anti-américain », est assez répandu dans les milieux intellectuels.

  • 2) Le 11 septembre 2001
Le 11 septembre 2001, une apocalypse de 120 minutes s’abat sur la côte est américaine. Devant des centaines de millions de téléspectateurs, dix-neuf terroristes islamistes détournent quatre avions de ligne et changent le monde à tout jamais. A 8h46, un Boeing du vol American Airlines 11 s’encastre dans la tour nord du World Trade Center à New York. Moins de vingt minutes plus tard, un autre Boeing du vol United Airlines 175 percute la tour sud du World Trade Center. Le président George W. Bush, en visite dans une école en Floride, est informé des événements meurtriers.

La tragédie se poursuit. A 9h38, un troisième avion, le vol American Airlines 77, s’écrase sur
le Pentagone, siège du ministère de la Défense américain, à Washington DC. En réaction, le
président américain ordonne d’abattre tout avion suspect et rejoint la capitale américaine à
bord d’Air Force One.

A 10h00, la tour sud du World Trade Center s’effondre en produisant un effet de panique générale sur les New-yorkais. Trois minutes plus tard, un dernier avion s’écrase à Shanksville en Pennsylvanie, suite à l'intervention des passagers contre le commando terroriste. Leur cible présumée : Washington DC, peut-être même la Maison-Blanche. Peu après, à 10h29, la tour nord du World Trade Center s’effondre en créant, elle aussi, un gigantesque nuage de poussière. A 17h20, l’immeuble 7 du World Trade Center s’écroule à son tour. Dans la soirée, le président américain s’adresse à la nation et annonce l’engagement des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme.

Le bilan des pertes humaines est lourd. Près de 3 000 personnes, de plus de 80 nationalités différentes, ont disparu au cours de cette tragique journée : 2 595 victimes au World Trade Center, 125 au Pentagone et 266 passagers dans les quatre avions détournés. On dénombre également 24 disparus, plusieurs milliers de personnes blessées et des milliers d’autres, notamment parmi les sauveteurs, atteintes de maladies induites par l’inhalation de poussières toxiques.

  • 3) Les versions divergentes 9/11
3.1. La version officielle

La version officielle des faits, publiée le 22 juillet 2004 dans le Rapport final de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les Etats-Unis, rend des fondamentalistes islamiques du Moyen-Orient, membres du réseau Al-Qaïda et en particulier leur chef Oussama Ben Laden, responsables des attentats meurtriers du 11 septembre 2001.


Cette Commission a été mise en place quatorze mois après le drame, en grande partie suite aux pressions exercées par les familles des victimes. Deux millions et demi de documents, pour la plupart classés « secret-défense », ont été consultés et plus de 1 200 personnes, dans dix pays, ont été interrogées devant cette assemblée, y compris l’ex-Secrétaire à la Défense, Condoleezza Rice. Le président George Bush et son vice-président Dick Cheney sont, quant à eux, auditionnés dans le bureau ovale de la Maison-Blanche.

3.2. La versions des sceptiques

D’autres versions plus « sceptiques » des évènements soulèvent des doutes alors que d’autres ciblent directement l’administration Bush en la qualifiant de « conspiration des néoconservateurs contre la population des États-Unis et le reste du monde ». Pour beaucoup d’Américains, l’intention de la Commission, présidée par l’ancien gouverneur du New Jersey Thomas Kean, n’a jamais été de soumettre la vérité au grand publique mais bien de protéger la version officielle des faits.

Webster G. Tarpley, historien et journaliste américain, présente deux catégories du complot intérieur. La première est la thèse « LIHOP » (« Let It Happen On Purpose5 ») : le gouvernement a laissé se produire les attentats et avait donc une connaissance préalable de ce qui se préparait. La deuxième est la thèse « MIHOP » (« Make It Happen On purpose6 ») : le gouvernement a lui-même organisé et provoqué les actions terroristes sur son territoire.

La thèse du complot extérieur donne également lieu à de multiples interprétations. Pour Robert Goldberg, auteur du livre Enemies Within : The Culture of Conspiracy in Modern America7, une des théories veut que le complot ait été orchestré par des juifs, que le Mossad ait infiltré Al-Qaïda et que 4 000 juifs ne se soient pas rendus au travail ce jour-là. Une autre théorie affirme qu'on a vu le visage de Satan dans la fumée des tours et que les attentats viseraient à l’instauration d’un Nouvel Ordre mondial. La troisième grande théorie –moins folklorique –accuse le complexe militaro-industriel et les pétroliers.

Six ans plus tard, on ne peut le nier, le dossier 9/11 contient encore des détails troublants qui ne cadrent pas toujours avec le déroulement supposé des évènements. A cela s’ajoute le manque de transparence du gouvernement américain, ce qui permet aux esprits critiques d’être en éveil et de se poser des questions. Mais, doit-on pour autant tomber dans le conspirationnisme et attribuer la responsabilité de ces attentats ipso facto au gouvernement américain ? C’est pourtant ce que voudraient nous faire croire les nombreuses thèses alternatives qui circulent aujourd’hui, souvent trop simplistes et réductrices des faits. Pourquoi aurions-nous confiance en ces thèses ? Si la version officielle présente des failles, pourquoi les versions alternatives n’en présenteraient-elles pas moins ?

  • 4) Les leitmotivs des conspirationnistes 9/11
Bien qu’il soit difficile de déterminer avec exactitude les motifs des conspirationnistes, il est
possible d’émettre quelques hypothèses.

Une des motivations personnelles peut être tout simplement l’attrait financier. Éditer
un livre avec un titre choc et de « belles » photographies, réaliser un film ou un documentaire
à contre-courant fait vendre. Le « documentaire » de Michael Moore, Fahrenheit 911, qui se
penche sur les évènements du 11/9 et sur la manière dont GeorgeW. Bush se serait servi de


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cette tragédie dans son propre intérêt, est un bon exemple. Ce documentaire a récolté 156 millions de dollars de recettes à travers le monde, et on estime que la vente de DVD et VHS a rapporté 5,4 millions de dollars lors de la première semaine de diffusion. Ces profits, combinés à la reconnaissance internationale et à la gloire, peuvent expliquer, en grande partie, les prises de positions controversées et la création de théories conspirationnistes. L’intérêt général du public pour la suspicion, l’extraordinaire, l’étrange devient alors une motivation pour les conspirateurs désireux de reconnaissance et de renommée.

D’autres conspirationnistes aimeraient qu’on les considère comme des critiques altruistes. Leur objectif : faire passer leur théorie en tant que critique nécessaire et constructive du pouvoir en place, avec pour unique ambition de réveiller les milliers d'Américains hypnotisés par certains médias vendus corps et âmes à la Maison-Blanche. La difficulté, pour tout un chacun, est de discerner ces thèses conspirationnistes des véritables critiques constructives et scientifiquement fondées.

Les théories du complot émergent quelques fois de la paranoïa de certains individus ou groupes d’individus. Dans ce cas, leurs versions révèlent leurs craintes, leurs peurs et leurs angoisses. L’objectif n’est plus de servir la communauté mais de se rassurer en exprimant ses inquiétudes. Rassembler une communauté pour affronter une peur commune crée indubitablement un sentiment de réconfort.

La fantaisie du complot est une manière de rejeter la réalité et ce qui l’entoure : l’Histoire, la complexité du monde, le hasard, les analyses pointues. Les conspirationnistes veulent nous faire croire que tout notre système démocratique n’est que supercherie, que tous les hommes politiques sont manipulés par les véritables « maîtres du monde » et que le terrorisme n’est pas celui qu’on croit. Ben Laden et les 19 islamistes qui ont fait près de 3000 victimes le 11 septembre n’existent pas, ils seraient une pure invention du gouvernement américain. D’une certaine manière, les conspirationnistes remettent en question l’intelligence de la population : les véritables coupables se trouvent sous nos yeux mais nous échappent
mais nous ne sommes pas assez subtiles pour le comprendre !

De telles théories ne laissent pas sans conséquences. Derrière elles, se dessinent des idéologies bien connues du grand public : l’anti-américanisme primaire et l’antisémitisme. L’idée circule que derrière la politique américaine se trouve le véritable « tireur de ficelles » : Israël et le « complot juif mondial » pour le contrôle du monde. Dans le monde arabe, et même dans certains milieux américains, une véritable diabolisation des Protocoles des Sages de Sion s’est s’opérée sous de multiples noms : lobby juif, lobby sioniste, les sionistes et leurs alliés, le lobby pro-israélien, le sionisme mondial, le pouvoir juif, etc.
Pour Pierre-André Taguieff, historien, politologue et historien des idées : « Porté par la vague islamiste autant que par la propagande « antisioniste », l’une et l’autre mondialisée, le mythe du complot juif mondial est devenu crédible pour des centaines de millions de Musulmans. Et son vecteur privilégié, les Protocoles, est entré dans une nouvelle étape de sa carrière internationale. Les attentats anti-américains du 11 septembre 2001, bien qu’ils aient été revendiqués par les dirigeants d’Al-Qaïda, sont dénoncés par divers milieux, aux États-Unis même, comme le produit d’un complot «juif » ou « sioniste8. »

  • 5) Le succès du conspirationnisme 9/11
Six ans après les attentats du 11 septembre 2001, le mouvement conspirationniste a considérablement pris de l’ampleur sous le nom de conspiracy theories. Son vecteur essentiel est indéniablement Internet. Moyen de communication mais aussi moyen d’échange d’informations, le net est aussi un «espace » où l’on peut s’exprimer librement et écrire ce que l’on veut. Les conspirationnistes l’ont bien compris et en tirent profit. Ces dernières années, de nombreux blogs et sites Internet se sont ouverts sur la toile et certains
d’entre eux connaissent une grande audience.

5.1. Les principaux sites anglophones


L’un des sites les plus intéressants sur le sujet est Complete 911 Timeline (« La Chronologie complète du 11 septembre »), créé par Paul Thompson. Peu satisfait de la version officielle diffusée par les grands médias américains, il est devenu une sorte de journaliste citoyen. Son site rassemble des milliers d’articles et de reportages enterrés, oubliés ou passé inaperçus ainsi que des conférences de presse gouvernementales peu diffusées. Présenté dans un ordre chronologique, ce travail est à l’heure actuelle considéré
comme une source de valeur pour tous ceux qui sont en quête de la vérité.

La principale organisation nationale américaine, 911truth.org, qui a pour mission d’exister jusqu’à ce que la dernière questionrelative au 9/11 obtienne sa réponse, remet en doute la version officielle. Elle estime que le gouvernement américain a probablement orchestré ces attentats afin de justifier l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak ainsi que la restriction des libertés civiles par l’introduction du Patriot Act9.

Une autre importante organisation présente sur Internet, les Scholars for 9/11 Truth, rassemble près de 200 experts et scientifiques (physiciens, ingénieurs, économistes, historiens, psychologues, etc.) afin de se donner une dimension universitaire. Ces chercheurs se basent sur les principes de la physique, de l’ingénierie et du raisonnement scientifique en général.

5.2. Les principaux sites francophones


Le site reopen911.info présente de nombreux articles et répertorie des vidéos provenant principalement des États-Unis comme « 911mysteries » où l’on aborde l’affaissement des tours jumelles comme une simple question de physique : « Comment 110 étages ont-ils pu s’effondrer en 10 secondes sans l'intervention d'explosifs ou d'un matériel spécial pour faire fondre rapidement le métal ? »

Le Réseau Voltaire, fondé en 1994, a pris de l’ampleur lorsqu’ila exposé sa théorie du complot au sujet des attentats du 11 septembre 2001. Cette association internationale, présidée par Thierry Meyssan, fédère des agences de presse et des médias non-alignés en Europe, en Amérique latine et dans le monde arabe. A force de vouloir prouver la culpabilité du gouvernement américain dans les attentats du 11/9, ce réseau est parvenu à fournir des arguments aux extrémistes, voire aux terroristes.

  • 6) Les conspirationnistes 9/11
Ceux qui sont réellement convaincus de la solidité des thèses conspirationnistes sont aujourd’hui très nombreux et surtout très actifs. Le nombre d’affiliés croît en permanence et les « forces militantes » se développent avec les années. Tous essaient de présenter le 11 septembre 2001 non pas comme la plus incroyable attaque du monde moderne, mais comme le plus grand complot que l’Histoire ait connu.

6.1. Les conspirationnistes américains

Aux États-Unis, les conspirationnistes sont particulièrement nombreux et issus, en grande partie, de milieux universitaires. L’un des plus fervents adeptes de la théorie du complot est David Ray Griffin, ancien professeur de philosophie et de religion à Claremont en Californie. Son dernier ouvrage, Le Nouveau Pearl Harbor, très astucieusement sous-titré 11 septembre : questions gênantes à l’administration Bush10, remet en question les faits relatifs à cette tragique journée. L’auteur reprend des déclarations contradictoires de membres de l'administration Bush, des articles de presse et des travaux de chercheurs et conclut que la
version officielle est une diversion qui empêche la recherche de la vérité.

Une autre figure emblématique du mouvement conspirationniste est Webster G. Tarpley, journaliste et historien spécialisé dans le terrorisme après la Seconde Guerre mondiale. Selon l’auteur de La Terreur fabriquée : made in USA11, les tours du World Trade Center ont été détruites par des explosifs et non par des avions. Par ailleurs, ce n’est pas un avion qui s’est écrasé sur le Pentagone mais un missile de croisière (des centaines témoins ont vu l'avion s'abattre sur le bâtiment). Il n’apporte aucune preuve pour étayer sa thèse.

Webster G. Tarpley a été, dans les années 1990, un collaborateur de Lyndon LaRouche, autre grand nom du mouvement conspirationniste 9/11. Homme politique et économiste américain, c’est aussi un extrémiste connu pour ses idées néo-fascistes, pour ses théories du complot anti-juives et pour son amitié avec certains dirigeants du Ku-Klux-Klan et du mouvement terroriste palestinien. Lyndon LaRouche, pour qui le 11 septembre 2001 est une « opération clandestine domestique », ne s’est pas contenté de dénoncer le coup d’État mais prétend également en avoir découvert les inspirateurs dont feraient notamment partie Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Jimmy Carter pour les affaires de sécurité nationale, et Samuel Huntington, auteur de l’ouvrage Le Choc des civilisations12. Sa théorie va plus loin : l’ultime responsable est le régime israélien, suffisamment fourbe pour avoir « choisi de désigner » Oussama Ben Laden comme bouc émissaire.

Aux États-Unis, le nombre de conspirationnistes est en expansion. Pratiquement tous se rejoignent dans l’idée que les attentats du 11 septembre 2001 sont le fruit d’un complot intérieur. On retrouve des noms tels que Nafeez Mossadeq Ahmed et son livre La guerre contre la vérité. 11 septembre, désinformation et anatomie du terrorisme13 ou encore Victor Thorn avec Le procès du 11 septembre14.

6.2. Les autres conspirationnistes

De l’autre côté de l’Atlantique, on retrouve également un grand nombre de conspirationnistes dont Thierry Meyssan. Cet écrivain français, auteur du best-seller international L’Effroyable Imposture15, traduit en vingt-sept langues, entend démontrer qu’aucun avion ne s’est jamais abattu sur le Pentagone le 11 septembre 2001. Le monde entier se laisse berner par un gouvernement américain omnipotent et diabolique avec des services secrets très bien organisés et capables de commanditer un attentat contre leurs propres citoyens.


La thèse de Thierry Meyssan s’inscrit dans un processus de désinformation, de fabrication de rumeurs et d'utilisation des médias. Il réécrit l’Histoire en travestissant la réalité et en tirant profit des lacunes des adversaires qu’il s’est désignés. Conséquences : en juillet 2005, le Département d’État américain a qualifié Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire comme les principales sources de désinformation anti-américaine dans le monde16.

En novembre 2005, le Réseau Voltaire a organisé à Bruxelles une conférence internationale intitulée Axis for Peace17, regroupant environ 150 personnes, issues de 37 pays (intellectuels, politiciens, diplomates, militaires). Parmi les nombreuses personnalités venues dénoncer la responsabilité directe du pouvoir américain dans l’organisation des attentats figuraient Helga Zepp-LaRouche, la femme du très controversé Lyndon LaRouche, militante politique allemande et fondatrice de l’Institut Schiller18 ; Jacques Cheminade, homme politique français, président du « parti » Solidarité et Progrès et présenté comme l’ami de Lyndon LaRouche ; l’humoriste français Dieudonné, vivement condamné sur un plan intellectuel et boycotté en France suite à ses propos antisémites ; le général russe Leonid Ivashov, actuellement le vice-président de l'Académie russe des problèmes géopolitiques ; Michel Collon, journaliste et écrivain belge d’extrême gauche ; le prince syrien Issa El Ayoubi, journaliste spécialisé dans les relations euro-arabes, directeur de publication d’Intelligencia et vice-président du Réseau Voltaire.

  • 7) Les éléments contestés du 9/11
7.1. L’attaque sur le Pentagone

Pour Thierry Meyssan, ce n’est pas le vol 77 d’American Airlines qui a percuté la façade ouest du Pentagone mais un missile tiré par le gouvernement américain lui-même. Preuves avancées : aucune carcasse de l’avion n’a été retrouvée sur les lieux et aucune photographie du crash n’a été montrée. Pour Thierry Meyssan, c’est clair, c’est un coup monté.

Quelques heures après la tragédie, les chaînes de télévision CNN et Skynews divulguaient pourtant le témoignage d’une douzaine de témoins, n’appartenant pasau personnel du Pentagone, attestant avoir vu un avion descendre très bas aux abords du siège du ministère de la Défense. De plus, la boîte noire, des morceaux de fuselage et un siège du cockpit ont été retrouvés sur les lieux. La version officielle a identifié 184 des 189 personnes tuées, dont 63 des 64 passagers de l’avion, y compris les 5 pirates de l’air. Selon un expert scientifique cité dans le quotidien français Le Monde du 21 mars 2002 : « L'impact s'est produit avec une extrême énergie, provoquant la pulvérisation de l'appareil et un embrasement immédiat. À la différence des voitures, les avions sont surtout composés d'aluminium, qui rentre en fusion vers 600°C, et les structures de l'appareil ont pu fondre19. »

Peu importent les témoignages des personnes présentes sur les lieux, les déclarations d’experts en aéronautique, les études réalisées, Thierry Meyssan ne veut rien entendre. Les autorités américaines ont ni plus ni moins réduit en poussière une partie de leur propre quartier général !


7.2. L’affaissement des tours jumelles

Les deux tours jumelles du World Trade à New York auraient volontairement subi une destruction contrôlée par le gouvernement américain à l'aide de charges explosives placées avant le 11 septembre 2001.

La rapidité de l’effondrement des édifices, les témoignages de personnes interrogées ayant entendu des explosions, la pulvérisation du béton dans les airs et les nuages de poussière confirment, selon les conspirationnistes, que les tours ont été détruites par des explosifs.

Selon la version officielle, l’effondrement estdû à un incendie alimenté pendant plusieurs heures par des réserves de fioul. Des centaines d’experts ont produit des analyses et ont conclu que l'énergie dégagée lors des impacts des deux avions sur la structure des tours n'était en effet pas suffisante pour provoquer leur effondrement. Par contre, la chute de la partie supérieure, écrasant successivement les niveaux inférieurs tout en prenant rapidement de la vitesse et accumulant de plus en plus d'énergie, a favorisé la destruction des tours.

7.3. L’affaissement de la tour 7

La tour 7, édifice voisin des Twin Tower, s’est aussi écroulée le 11 septembre, sept heures après les attaques terroristes. La question qui démange les conspirationnistes est: « Pourquoi cette tour de 47 étages s’est-elle effondrée de façon si nette alors qu’aucun avion ne l’a heurtée et qu’elle n’a subi que des dommages superficiels? ». Elle aurait été la cible du gouvernement américain et ce dernier y aurait placé, quelques jours avant le drame, tout comme dans les tours jumelles, des explosifs. De plus, le bâtiment 7 hébergeait, entre autres, la CIA, l’US Secret Service, le maire de New York, Rudolph Giuliani, et quelques milliers de dossiers sur des investigations menées à Wall Street. Pour les conspirationnistes, les preuves
devaient disparaître.

La version officielle veut que l’effondrement soit dû à un incendie alimenté pendant plusieurs heures par des réserves d’essence. Cette version des faits a été confirmée par de nombreux experts.

7.4. Le vol 93 abattu


Pour les conspirationnistes, un avion qui s’écrase produit toujours de nombreux débris.Or, personne n'a jamais vu la moindre carcasse du vol 93. Pour beaucoup, l’avion a été détruit par un missile tiré par un chasseur F16. Autre indice important : les appels émis par les passagers à leurs proches. Il s’agirait tout simplement d’un canular car il est impossible de passer des coups de téléphone à une telle altitude.

La version officielle, reprise par les grands médias, affirme que le vol 93 s’est écrasé en Pennsylvanie et non sur Washington DC grâce à la résistance de ses passagers au commando terroriste. De nombreux témoins ont vu l’avion piquer du nez et chuter en créant un cratère de 10 mètres de profondeur. D’innombrables débris d’avion ont été retrouvés sur une très grande distance (de 3 à 12 km) de la zone d'impact et des dizaines d’appels peuvent témoigner de l’angoisse des passagers avant de mourir.

  • 7) Conclusion
Depuis le 11 septembre 2001, les théories conspirationnistes ont pris de l’ampleuret les moyens déployés sont importants : sites Internet, blogs, conférences, meetings, livres, documentaires, manifestations, etc. Ce qui frappe le plus, ce sont les conspirationnistes euxmêmes. Une très grande partie d’entre eux sont issus des milieuxuniversitaires où, a priori, des réflexions réfléchies et posées sont élaborées. Motivations financières ? Envie de gloire ou de reconnaissance ? Paranoïa ? Refus de la réalité ? Ou, simplement une haine débordante envers l’administration américaine et Israël, l’un de ses plus grands alliés en politique étrangère ?

Les théories conspirationnistes sont réellement dangereuses car elles ne se basent sur aucun raisonnement tangible. La plupart des « preuves » avancées ont pour point de départ les moindres petites failles ou incohérences dans le déroulement supposé des évènements. Peu importent les vérifications ou les témoignages, tout est un coup monté. Les conspirationnistes ne doutent pas, ils affirment !

Le gouvernement américain n’est pas toujours avide de transparence, certes. Mais quant à lui faire endosser la responsabilité du meurtre de près de trois milliers de ses citoyens, la divagation va trop loin. L’amplification considérable des théories conspirationnistes et des personnes qui y adhèrent représente un réel danger pour la communauté. L’existence du révisionnisme post 9/11 est une réalité. L’esprit critique en est une autre.


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1 La thèse officielle du meurtre de John F. Kennedy a été présentée par la Commission Warren, mise
en place suite au décret présidentiel de Lyndon Johnson le 29 novembre 1963. Cette Commission a eu
pour mission d'établir les circonstances de l'assassinat de JFK le 22 novembre 1963 à Dallas au Texas.
2 ABC News Poll: Who Kill JKK -11/09/2003, John F. Kennedy's Assassination Leave a Legacy of
Suspicion.
3 Discours du 29 janvier 1991 sur l'état de l'Union, cité par Alasdair Spark, « New world order », art.
cité, p.536.
4 Le « négationnisme » est le discours qui consiste à contester ou nier la réalité du génocide des juifs
perpétré par les Nazis et leurs complices pendant la Seconde Guerre mondiale. Les négationnistes se
sont auto-désignés sous le vocable de « révisionnistes » pour être associés à une démarche historique
ou politique classique, le « révisionnisme ».

5 Webster G. Tarpley, La terreur fabriquée, Made in USA, Paris, Éditions Demi-Lune, 2006, p.58.
Titre original : 9/11 Synthetic Terror, Made in USA, USA, Progressive Press, 2007 (4th Edition).
6 Webster G. Tarpley, op.cit., p.59.
7 Robert A. Goldberg, Enemies Within: The Culture of Conspiracy in Modern America. New Haven,
Yale University Press, 2001.
8 Pierre-André Taguieff, L’imaginaire du complot mondial, Aspects d’un mythe moderne, Paris,
Éditions Mille et Une nuits, 2006, p.179.
9 Le Patriot Act est une loi américaine, votée par le Congrès des États-Unis le 26 octobre 2001. Cette
loi, signée par George W. Bush, renforce le pouvoir des différentes agences gouvernementales du pays:
FBI, CIA, NSA et l’armée.
10 Paris, Editions Demi-Lune, 2006. Titre original : The New Pearl Harbor Disturbing Questions
about the Bush Administration and 9/11, Northampton, Olive Branch Press, 2004.
11 Webster G. Tarpley, La terreur fabriquée, Made in USA, Paris, Éditions Demi-Lune, 2006. Titre
original : 9/11 Synthetic Terror, Made in USA, Progressive Press, 2005 & 2006.
12 Paris, Odile Jacob, 2000. Titre original : The Clash of Civilizations and the Remaking of World
Order, 1993.
13 Editions Demi-Lune, 2006. Titre original : The War on Truth 9/11, Disinformation and the
Anatomy of Terrorism, Northampton, Olive Branch Press, 2005.
14 Editions Demi-Lune, 2006. Titre original : 9/11 on Trial, the World Trade Center Collapse, Sisyphus
Press, 2005.
15 Editions Carnot, 2002.
16 Identifying Misinformation - Did a Plane Hit the Pentagon?, United States Information Agency,
2005.
17 Axis for Peace, 2005.
18 Schiller Institute , Helga Zepp-Larouche.
19 Le Monde : « Un avion a bel et bien frappé le Pentagone », 21 mars 2002.


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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 16:46

Une sensiblerie... désarmante.

Les plus vieux s’en souviennent, les moins vieux l’auront peut-être lu : « Nous avons dû détruire la ville pour la libérer. » Le propos fut attribué à un officier américain ou tenu par lui pour décrire la grande bataille de Huê, l’ancienne capitale impériale du Vietnam, submergée par l’Armée régulière nord-vietnamienne appuyée par le Viêt-Cong au cours de l’Offensive du Têt de Février 1968, et reprise après de violents combats par l’Armée américaine, les Marines et l’Armée sud-vietnamienne. Les pertes essuyées par les forces communistes furent sévères. L’offensive se solda par un échec total.

Apocryphe ou authentique, les media américaines répercutèrent la phrase citée aux quatre coins du monde. Le monde du journalisme est ainsi fait que la frontière entre propos effectivement tenus et propos inventés parce qu’ils semblent « coller » à la perception qu’a le journaliste d’une situation est assez floue. Une formule lancée par un collègue sera d’autorité attribuée à un officiel ou à un militaire, et le tour est joué. En l’occurrence, c’est un capitaine des Marines nommé Myron Harrington qui, semble-t-il, porta le chapeau. La phrase fut reprise partout. Tout ce que la planète comptait de contempteurs professionnels et amateurs des Etats-Unis sauta dessus. On les tenait ! La nature de la « sale guerre » était avérée ! Guerre de barbares massacreurs, de destructeurs sans merci, ces techno-brutes qui écrasaient sous les bombes ce petit peuple courageux et têtu ; pensez-vous, ces Amerloques détruisaient d’abord, soi-disant pour libérer, ce qui obérait sans pardon leur victoire. Pas un instant ne pensèrent-ils, ces détracteurs, que l’assaut nord-vietnamien avait mis le branle au tout : par axiome, il fallait qu’Ho Chi-minh ait toujours raison et Washington toujours tort.

La victoire militaire américaine était donc une défaite morale, et par voie de conséquence une défaite politique. C’est bien cela que conclut l’influent présentateur du prestigieux journal télévisé américain CBS Evening News Walter Cronkite : la guerre du Vietnam était perdue. Il ne se lassa plus de le répéter sur tous les tons ni d’orienter en ce sens le traitement des images et commentaires. Avec lui bascula toute une influente frange des élites américainesm qui avait décidé de ne pas contester l’expansion mondiale du communisme, sauf en Europe et dans l’arrière-cour des Etats-Unis, en Amérique latine. Ni les uns ni les autres n’avaient remarqué que l’Armée américaine avait laminé son ennemie nord-vietnamienne et infligé une cuisante défaite au « génie » stratégique Vo Nguyen Giap. La puissance de feu et la ténacité des unités américaines l’avaient emporté.

Giap ne devait se remettre de son échec que gràce à l’intelligence stratégique de son patron. Ho Chi-minh était prêt à sacrifier les Vietnamiens par millions à la satisfaction de son fanatique fantasme révolutionnaire. Si la terreur communiste pouvait mobiliser les vietnamiens (en compagnie de l’infernale machine à mensonge de la propagande communiste), la faiblesse relative des démocratie affaiblirait l’effort de guerre américain.Si les media tournaient contre la guerre, ce qu’elles firent alors, sa poursuite tiendrait de la gageure. Ho paria que la guerre serait gagnée ou perdue à Washington. Il avait raison, pourvu qu’il parvienne à retourner l’opinion américaine. On recruta donc en grand nombre les idiots utiles, et on les fit donner, les acteurs comme Jane Fonda, les écrivains comme Norman Mailer, les journalistes comme Cronkite. A l’unison on vantait le « peuple vietnamien », on assurait que le Viêt-Cong était une force nationaliste et pas communiste du tout, que c’était le vilain régime du Sud qui était cause de tous les maux et que les Etats-Unis devaient se retirer pour solde de tout compte. « FNL vaincra ! », « Nixon assassin ! », « Libérez le Vietnam ! »

Le public américain, pas convaincu par ses élites, avait cependant élu un « faucon » en la personne de Richard Nixon (1968) et le réélut avec une écrasante majorité en 1972 contre le pacifiste McGovern. Mais Nixon était avant tout préoccupé de poursuivre son ouverture vers la Chine, qui lui permettait de « doubler » l’Union soviétique et de la prendre entre deux feux ; ni lui ni son secrétaire d’Etat Kissinger ne pensèrent à exploiter les très réelles rivalités qui opposaient Chinois et Vietnamiens. Le Congrès américain, lui, à majorité démocrate, avait rallié le « camp de la paix. » Avec la « vietnamisation », les forces américaines commencèrent à quitter le Vietnam en 1972 ; le Congrès coupa bientôt les vivres à l’Armée sud-vietnamienne, qui succomba alors, et seulement alors, et seulement pour cette raison. Giap ragaillardi put alors prendre Saigon.

Le Vietnam fut communisé. Par centaines de milliers les Sud-vietnamiens furent alors purgés, emprisonnés, « rééduqués » et exécutés. Par centaines de milliers ils fuirent leur pays au péril de leur vie – ce furent les Boat-People. Les communistes cambodgiens dépassèrent dans l’horreur leurs collègues vietnamiens. Pnom-Penh fut vidée et près de deux millions de cambodgiens exterminés. Quarante ans plus tard, retardataire et retenu en arrière par l’idéologie politique des vainqueurs, le Vietnam cherche à s’extirper du cul de basse-fosse communiste en attirant ces capitalistes que ses dirigeants, au prix d’un coût humain écrasant, avaient chassé par idéologie.

Mais revenons à Huê. Ayant détruit pour libérer, les impérialistes Américains, nous disaient les parleurs et les hauts parleurs, avaient perdu la partie et le droit moral.  Oppresseurs et destructeurs, leur guerre était une guerre menée « contre les peuples. » Leur guerre éait une sale guerre. D’ailleurs, toutes les guerres étaient du même ordre. En Europe, aux Etats-Unis, la sensibilité nouvelle s’engagea radicalement contre l’idée même. La guerre était toujours le fait de l’ « impérialisme. » Elle était condamnable par principe.

« La guerre n’est jamais la solution » , anonna plus tard le pacifiste Chirac, avec Prévert (« Quelle connerie la guerre ») ou Brassens (« Les deux oncles », « Mourir pour des idées »). Les poèmes et chansons ont du charme et de l’émotion, mais représentent de petits sommets de crétinisme. Leur point de vue est celui de l’individu qui s’irrite de voir la réalité du monde contrecarrer ses désirs. Quelle honte ! La Deuxième Guerre mondiale s’interpose entre moi et l’objet de mon cœur ! On comprend le sentiment individuel. Comme guide moral, le sentiment qui l’anime est désastreux. C’est pourtant lui qui guide la sensiblerie contemporaine.


Car la réalité du monde, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, Khomeiny, Than Shwe au loin ou Bechir el-Assad plus près, ben Laden et Zawahiri, ce sont ces tyrans agressifs, ces monstres totalitaires et assoiffés de sang, qui ne vous laissent pas tranquilles, qui vous poursuivent, qui viennent vous chercher dans votre coquille avec leurs longues fourchettes à escargots. Leur soif de sang, leur appétit de pouvoir, leur volonté de puissance, ne peuvent être apaisés ni étanchés. C’est pour cela qu’il faut parfois « détruire pour libérer. »  C’est pourquoi une guerre propre et bien sur elle, sans odeur ni violence, sans cris et sans blessures est une guerre introuvable, utopique du pacifisme. Rendons hommage à George Orwell : la guerre du pacifiste, c’est la paix de la soumission.

Nous avons rasé à 80 pour cent les grandes villes d’Allemagne, Hambourg et Dresde, Berlin et Francfort, Munich et bien d’autres. Nous avons même écrasé sous les bombes Caen et Saint-Lô et Cherbourg et le Havre, pour empêcher les armées d’Hitler de s’y retrancher pour repousser l’invasion du Jour J en 1944. Nous avons rasé les villes du Japon à coup de bombes explosives ou incendiaires, et même atomiques. Nous avons détruit toutes ces villes pour les libérer. Et qui aura le front de peindre en noir ces événements, de nier la justesse de cette guerre, ou de nier que ces bombardements aient été parties prenantes d’une guerre juste ?

Et si justes elles étaient, pourquoi la libération de Huê des griffes des tueurs communistes – leur premier geste dans Huê occupée avait été de procéder à un massacre généralisé des fonctionnaires, agents et sympathisants du gouvernement sud-vietnamien – aurait-elle donc été monstrueuse d’injustice ? Il est vrai que nous faisions, horribile dictu, la guerre aux communistes, ces apôtres du Bien, ces porteurs du vent de l’Histoire, ces sympathiques lutteurs pour la liberté des peuples opprimés !

Mais la sensibilité contemporaine ne se contente pas de faire génuflexion devant l’Idole progressiste. Cette sensibilité est une sensiblerie. Elle part de l’évidence, la guerre est souffrance, la souffrance est inacceptable, pour s’égarer : la guerre doit donc être rejetée, par principe et en toute circonstance. « La guerre » provoque des atrocités, elle est destructive, elle est inhumaine. « Guerre à la guerre ! » La sensibilité veut du doux, du cotonneux, du confortable. Elle exige l’arrondissement des angles, le rabotage des planches, la tiède suavité du cocon. Le caractère brutal, macho du guerrier lui est inacceptable. La sensiblerie veut non pas une féminisation mais une effemmination. Le sang ne doit couler que dans les films, sous forme de sauce tomate, la licence artistique permettant d’idolâtrer le cinéma ultra-violent, inversion caractéristique d’une réalité déniée au profit d’un irréel fantasmé. Les natural-born killers sont des enfants chéris, les guerriers une soldatesque détestable. La guerre est mise hors-la-loi.

Certes, « il est bon que la guerre soit si terrible ; autrement nous l’aimerions trop » a dit le grand soldat américain Robert E. Lee, tacticien hors pair, égal de Napoléon. En face de lui, le général nordiste William T. Sherman émit le jugement le plus lapidaire et le plus concluant : « La guerre, c’est l’enfer. » Hors ceux qui souhaitaient aux jeunes « une bonne guerre » et hors le social-darwinisme de 1900 qui se réjouissait de la guerre pour « dresser le caractère »

La sensiblerie de la sensibilité contemporaine (ou post-moderne) se dessine alors comme une abdication : « S’il vous plaît, dessine-moi un monde de moutons ! » Que le monde ne se permette plus de s’ingérer dans mes affaires personnelles. S’il faut déranger ne serait-ce qu’un poil de mon cocon, c’est le grand refus. Il y en aura alors de la rage. Les manifestants pacifistes jetteront des projectiles, s’attaqueront à la police, incendieront des voitures. Il n’y a rien de plus violent qu’un pacifiste en colère : il vous égorgerait par non-violence, il vous étripera par moralisme.

Mais sa sensiblerie achoppe devant la réalité du monde. J’ai parlé du bombardement atomique de deux villes du Japon en 1945. Le cas terrible d’Hiroshima et de Nagasaki pose un authentique dilemme moral, mais pas de ces alternatives creuses et à la morale facile, qui comdamnent à raison de la quantité de douleur et de l’absence de discrimination entre victimes des opérations de guerre. Les batailles de la Guerre du Pacifique s’étaient toutes soldées par d’affreuses tueries. Les forces américaines l’avaient toujours emporté, en tuant deux fois, cinq fois, dix fois plus de soldats japonais : Guadalcanal, Iwo-Jima, Peleliu. A Okinawa, premier territoire de l’Empire du Soleil levant attaqué par les Marines, leurs pertes s’élevèrent à 12 000 morts et 38 000 blessés ; les pertes militaires japonaises à 107 000 morts ; les pertes civiles japonaises s’élevèrent à 100 000 : l’Armée japonaise avait donné aux civils l’ordre de se donner la mort, martelant dans les crânes que les féroces barbares américains allaient torturer et violer tout le monde. Les analystes militaires américains estimaient que l’invasion de l’archipel nippon prolongerait la guerre jusqu’à 1947 ou 1948, que les pertes américaines se monteraient à 1 à 2 millions de morts, les pertes japonaises à 4 à 5 millions de morts.

Il fallait briser le ressort du régime militaire nippon qui refusait la reddition, même si le pays prostré gisait en ruines, sa population hagarde et affamée. Les généraux japonais, encore tout à leur délire, mobilisaient la population pour s’opposer à l’avance des forces américaines surarmées ; ils étaient prêts à commettre ce suicide rituel d’un peuple tout entier, et de forcer par la terreur jeunes et vieux à « résister. » L’objet de la guerre, écrit Clausewitz, c’est de « terrasser l’adversaire. » Le président Truman prit la sombre décision de lancer les deux bombes – deux, afin que les généraux japonais sachent que le feu atomique ne s’arrêterait pas. Il fallait les convaincre que, faute d’une capitulation inconditionnelle, ils allaient à la destruction radicale du pays, à sa disparition virtuelle. C’est à ce prix que les millions de victimes supplémentaires pourraient être épargnées : il fallait briser ce ressort. Il fut brisé.

On ne choisit pas son ennemi. Les bombes tuèrent les enfants d’Hiroshima et de Nagasaki, leurs parents et grands-parents. L’horreur est sans fond. Comment éviter le massacre des innocents ? Il n’y avait plus de choix. L’éventail des choix qui auraient permis d’éviter le massacre avait depuis longtemps été refermé par l’insane obstination des militaires nippons, ceux-là même qui avaient mis l’Asie à feu et à sang – entre 1937 et 1945 vingt millions de Chinois payèrent de leur vie l’occupation japonaise ; l’Armée japonaise tua de sang-froid 200 000 civils philippins lors de la Bataille de Manille en 1945, et la liste est interminable.

On peut, certes, décider d’avoir les mains blanches. On peut renoncer à prendre en main la réalité du monde. On peut n’avoir pas de main, comme disait le poète Charles Péguy. On peut laisser au Mal le loisir de malmener le monde, et lui donner l’exclusive et le monopole de l’action. On se réfugie sur l’Aventin de la bonne conscience : « Au moins, je n’ai fait de mal à personne. » Ni de bien ! Mais la boule de feu qui enveloppa Dresde, et y tua des dizaines de milliers d’Allemands, et celle de Hambourg, et les deux champignons atomiques, ne firent pas des Alliés des criminels, ni de leur guerre un crime. Les Alliés ne perdirent pas leur âme, ils ne se transformèrent pas en Nazis.

Que faire face à Gengis Khan et à Tamerlan ? Rester chez soi ? La sensibilité contemporaine l’exige, elle donne à la bonne conscience la priorité. Elle s’insurge des erreurs commises par ceux qui sortent de chez eux. Elle nie que les barbares existent, elle en minimise la barbarie, elle chercher à les amadouer, à leur parler doux, à comprendre leurs raisons et leurs désirs. Elle leur ouvre la porte pour qu’ils n’aient pas à l’enfoncer. Qui leur remontre la réalité du danger, la barbarie du barbare, est taxé de pêchés mortels, vilipendé pour crime de lèse-barbarie. Périsse le monde plutôt que mes illusions ! Pour saisir la langueur asthénique de cette atitude, on lira avec profit le poème de Constantin Cavafy, « En attendant les barbares. »

Quand j’entends geindre l’un ou l’autre à propos de la prison de Guantanamo, des sévices d’Abou Ghraib, des tueurs capturés que l’on torture un peu, en un mot, quand je les entends gémir des conséquences de conflits provoqués par le nihilisme islamiste, c’est cette sensiblerie maniériste, ce sentimentalisme pleurnichard que j ‘entends. Il m’écorche les oreilles. Il est fondé sur l’absurde certitude que le Mal est loi, qu’il n’existe pas vraiment, et que rien n’arrivera jamais. Mains blanches, pas de mains.
de leurs nations, qui en périrent en 1914, la guerre est et doit rester à l’instar des canons de Frédéric le Grand, Ultima ratio regis, l’ultime argument du Roi. En notre âge démocratique, il me suffit qu ‘ils soient l’ultime argument des nations contre les tueurs totalitaires.


© Laurent Murawiec, 2007


De l’esthétique de la barbarie à la reddition politico-religieuse.

La sensibilité post-moderne adore la souffrance et les victimes. Elle déteste le héros, elle lui oppose la beauté de la faiblesse et la jouissance de l’effondrement. Elle aime le néant, la guenille, et leur spectacle. Il faut être pauvre ou misérable, membre de la Cour des Miracles, exhiber les cicatrices et les cautères, faire partie de la Sainte Théorie des Opprimés et  des Exploités.

A cette condition, et à celle-là uniquement, on peut tuer, égorger, mutiler : tous les droits vous sont acquis, vous qui n’en aviez aucun. Vous êtes un Damné de la Terre. Vous êtes purifié par la souffrance, la rédemption est vôtre ; nul n’est innocent que vous, tous les autres sont coupables de n’être pas vous. Il faut avoir été crucifié avant de postuler aux dignités d’être humain. C’est seulement parce que vous avez été esclave que vous existez, ce qui réduit les autres à l’état de zéros manqués, puisque vous êtes le Grand Zéro.

C’est dans l’abjection, comme Saint Jean Genet, dans le meurtre rédempteur, comme Saint Frantz Fanon, que vous retrouvez l’Identité perdue ou plutôt, volée : il faut qu’il y ait un coupable puisqu’il y a une victime. Généralement, c’est « la société » qui a l’obligeance d’être portée volontaire comme coupable désigné.  Non seulement le Mal existe-t-il, mais il est incarné, c’est « la société » dont la culpabilité absout les individus de toute responsabilité ; réciproquement, s’il un a un Mal, il doit y avoir un Bien non moins incarné : la Victime. Nous sommes ici dans une théologie implicite, quoique infantile, du Bien et du Mal : elle est manichéenne au sens propre, elle interprète tout au nom d’une réalité supérieure que seuls savent interpréter ses prophètes.

Cette Cour des Miracles permanente, qui promeut un engagement radical en faveur de la Victime, ne peut pas être considérée comme allant de soi, comme si une génération spontanée avait par miracle engendré une sensibilité aussi contraires aux affects qui prédominaient naguère. On n’est pas passé naturellement de John Wayne aux mignonettes vedettes masculines qui dominent Hollywood aujourd’hui (le « super-héros »-surhomme est hors-classe, il ne compte pas au rang des humains mais des demi-dieux au sens grec du terme). Pour la sensibilité d’époques antérieures les caractères décrits ici n’allaient pas de soi, au contraire.

Les prédilections de la génération de 1945, de celle de 1968, sans parler de celle de 1918, n’inclinaient pas dans cette direction, quels qu’aient été leurs propres errements. L’époque vous persuadait de devenir soldat héroïque, résistant ténébreux, rebelle indomptable, militant exemplaire; les modèles de comportement explicite que l’on glanait chez Jules Romains parlaient de grands collectifs et de morale, ceux de Romain Rolland d’exaltation panthéisto-artistique, ceux de Sartre reposaient sur l’ « engagement », Camus proposait le Dr Rieux de La Peste, modèle honorable d’action personnelle et morale, le père des « Médecins sans frontières » en quelque sorte, ou c’était un René Char, résistant-poète.

Pour sortir des étroites limites de l’Hexagone, une génération entière d’écrivains, anglo-américains en particulier, avait fait de la Guerre d’Espagne le vivier de ses personnages et l’archétype de son engagement, avant que la Deuxième Guerre mondiale vienne fournir le théâtre où les romanciers campaient leurs personnages. On croyait, on agissait, on se voulait acteur.

Mais aux yeux un peu embrumés qui furent ceux de la génération « neutraliste », celle du Monde des années 50 qui refusait en pinçant le nez, l’air dégoûté, de choisir entre les Etats-Unis et Staline, la Guerre froide comportait trop d’ambiguïtés pour être honnête. Ce fut la « fin des idéologies. » Elle réduisit singulièrement le champ d’action possible : puisqu’on avait eu tort de trop croire, on ne croirait plus ; il fallait un degré zéro de la croyance, où l’on ne risquait plus de s’engluer.

Au trop-plein de « cru » , il fallait substituer un creux de scepticisme protecteur : pâtir et non agir ou, à défaut, se faire empathique aux effets pervers du monde sans plus vouloir ni l’interpréter comme les philosophes ni le « transformer » comme l’avait voulu le théoricien passé de mode Karl Marx. Ce n’était donc plus le combat qu’il fallait porter au pinacle, ni le combattant, ni leurs motifs ;  il fallait vénérer la cicatrice, le pansement taché, le membre mutilé. On passait du Christ vainqueur à la Madone souffrante. C’était la « théologie de la libération » qui abolissait tout ce qui n’était pas strictement humain dans le Christianisme, remplaçant ce dernier par la Christologie, une Christologie de la souffrance et non plus de la rédemption. La victime qui n’existe qu’en vertu de sa victimité offre une croyance pleine de gloire et des lendemains qui chantent sans danger.

La sensibilité qui fait époque n’est pas tramée d’un seul fil. Ce n’est jamais un seul Werther qui crée le Romantisme. Pour tisser la tapisserie, il faut beaucoup de Pénélope qui passent leurs jours à tresser sans rien défaire la nuit. La sensibilité de l’époque, c’est en particulier son art qui la cultive. L’idéologique conditionne, l’artistique imprègne. Une œuvre fera saillie plus que d’autres pour incarner le changement de tonalité, et sera quelquefois reconnue comme telle.

A cet égard, Orange mécanique, le film-culte, comme on dit, tiré par Stanley Kubrick du roman d’Anthony Burgess en 1971, me semble important ; je ne sais, énigme aux allures de cliché, s’il reflétait les changements en cours ou s’il leur donna une nouvelle impulsion, mais si, comme il est probable, il participait des deux, il marqua un changement tectonique de la sensibilité.

Dans un avenir pas si éloigné, Alex, joué par Malcolm McDowell, est un jeune voyou ultra-violent et bien fait de sa personne, qui viole et cogne aux accents esthétisants de la IXè symphonie de Beethoven. Attirant, incarnation d’une jeunesse libérée du passé, de toute conscience et de tout lien social autre que celui de son gang, il vit sans temps mort  et jouit sans entraves, il tue comme ça lui vient, avant d’être emprisonné et soumis par un Etat policier à un traitement qui s’apparente à un lavage de cerveau psycho-chimique. Désormais incapable de commettre un acte de violence ou de se livrer à un acte sexuel, ses anciennes victimes prennent leur revanche, montrant qu’ils ne valent guère mieux que la vermine qu’il fut. Après d’autres aventures, guéri, Alex se retrouve – en rêve, en réalité ? – à s’envoyer en l’air avec une blonde alléchante sous les applaudissements de la bonne société, aux accents de sa symphonie favorite. La roue a tourné. Le crime a été assimilé et intégré : il est devenu socialement acceptable.

Une scène se détache fortement d’un film aux images frappantes et à l’esthétique violente : Alex et ses amis les nervis ont forcé l’entrée d’une confortable demeure où ils maltraitent brutalement l’occupant des lieux, écrivain de profession, en chantant Singin’ in the rain avant de violer sa femme, dont on nous montre la rose peau, les seins innocents et le doux corps qui va être violenté. Ce n’est plus Lucrèce dont le viol provoque l’expulsion des rois étrusques de Rome, ce n’est certes pas Jeanne d’Arc ou, pour un Anglais, la Reine Vierge, l’énergique Elizabeth I.

Le mari enrage, comme castré par le viol de sa femme par le voyou. Un sentiment trouble envahit l’écran : la laideur est celle de cet impuissant intello ; la beauté du diable est celle du criminel attentatoire. Le choix de la profession de la victime – écrivain – est significatif : il incarne  l’intelligentsia incapable de se défendre, violée dans son intimité profonde. Ce n’est plus le Lucifer de Milton, celui des Romantiques en mal de négativité, ce sont les Bas-fonds qui envahissent la réalité et la déterminent. C’est l’intellectuel qui, s’identifiant au corps de la femme violée, accepte et embrasse sa propre débilité. Subliminalement, l’intellectuel « devient la femme », figure de la soumission.

De quoi est-il question ? Un bref détour dans la filmographie de Stanley Kubrick servira de piste : cinéaste de grand talent, auteur de films de haute qualité, Les Sentiers de la gloire (1957) avait établi celle de Kubrick qui y mettait en scène de façon critique la répression des mutineries de 1917 dans l’Armée française. Spartacus (1960), super-production hollywoodienne, fut dans l’instant un classique du cinéma de gauche, révolte des esclaves, etc., alors que montait le mouvement des droits civiques : le film l’installait fermement au pinacle de la Gauche hollywoodienne.

Avec Dr. Folamour ou : comment j’ai appris à vivre avec la bombe (1964), Kubrick se lança résolument dans la critique sociale. Le film remporta un formidable succès : au plus fort de la guerre froide, cette comédie-cauchemar nucléaire mettait en scène la machine infernale qui va déclencher, hors tout contrôle humain, la guerre nucléaire généralisée. On voyait le général Léventreur (Jack Ripper), le général Turgidson et le commandant Kong rivaliser avec le savant « ex- » nazi passé aux Américains, le Dr. Folamour (Strangelove en anglais), pour s’assurer au nom de leurs caprices idéologiques ou caractériels que « la bombe » aurait sa chance.

Les derniers plans mettent effectivement en scène de multiples explosions nucléaires. Le côté soviétique est présenté comme tout aussi infantile que l’Américain, quoique beaucoup plus lointain – les Américains sont là, les Soviétiques sont loin, c’est donc aux premiers qu’on s’intéresse, les seconds disparaissant presque de l’équation. Les Américains sont des militaristes mécaniques et forcenés, avec un fort relent nazi (inspiré par Wehrner von Braun, l’un des pères du programme spatial américain).

Le film n’envisage pas un instant qu’existent dans la Guerre froide de véritables enjeux : il s’en contre-fiche. Le signe d’égalité nivelle dingues américains et dingues soviétiques, les Américains sont pires puisque nous les voyons de près, par un effet de perspective d’une formidable malhonnêteté intellectuelle. Pas d’enjeu, pas de contenu, pas de réalité, mais uniquement la fausse fenêtre : puisque l’un et l’autre se sont engagé dans la course aux armements et la « Destruction mutuelle assurée » (MAD), ils sont donc l’un et l’autre destructeurs et dangereux. Tout est déshistoricisé et décontextualisé. On ne juge pas, pardi ! On n’arbitre pas entre les fous ! On est dans le neutralisme. Kubrick se plaçait à pieds joints dans la contre-culture, qui embrassa la thèse avec délices ; c’était la sienne de toute manière.

Dans un monde politiquement absurde où il est vain de vouloir « choisir » entre deux antagonistes également destructeurs et essentiellement analogues, quelle voie s’ouvre-t-elle à l’intellectuel, à l’artiste ? C’est ce choix qu’opère symboliquement Orange mécanique : tout le raffinement de l’artiste, le talent de l’intellectuel, sont incapables de le protéger de l’agression et de l’intrusion commise par un monde en folie qui frappe aveuglément même qui se cantonne dans son chez soi. La barbarie viole l’intimité, celle du couple, celle de l’innocence. Tout est perdu. La vengeance (exercée plus tard dans le déroulement du drame) n’amène rien. Le retrait dans la sphère privée ne sert de rien.

Pour se défendre, conclut tacitement et symboliquement Kubrick-le-narrateur, il faut, en esthétisant le crime, devenir membre honoraire du Syndicat du Crime en épousant la criminalité. Il faut applaudir Alex devenu – oh ! comme l’expression est juste – politiquement correct, et cette société qui intègre viol et violeur, meurtre et tueur. Dans le film précédent, Kubrick avait appris, certes avec ironie, à « aimer la bombe. » Dans celui-ci, sans ironie aucune, la victime apprend à aimer le crime, le criminel et la criminalité. C’est ce que dans d’autres circonstances on a nommé le « syndrome de Stockholm », d’après ces otages brutalisés par des terroristes, et qui finirent par s’identifier avec leurs tortionnaires.

L’intelligentsia contemporaine, dégoûtée de sa propre impuissance – les générations précédentes furent nazies ou bolchevik, comme les jumeaux fraternels Aragon et Drieu la Rochelle, pile et face de la même pièce -, ne voulant plus « croire » parce qu’elle s’est « fait avoir », soucieuse avant tout de ne pas sembler se « faire avoir » une nouvelle fois (c’est, je crois, la clé du succès du risible et pompeux Guy Debord, celui qui fit le mieux le malin et fit le mieux craindre aux autres de se « faire avoir » ce qui lui permit de s’installer au firmament des malins et des habiles),  s’agenouilla devant la Victime.

Mais il faut malgré tout faire des choix. On ne peut aimer tout le monde. Brigitte Bardot défendait les bébés phoques, si mignons, mais elle ne protégeait pas les rats : pour être espèce en danger, il faut être moelleux, doux au toucher, et surtout, esthétique. On aime et on protège un Renoir bien pomponné, pas un Egon Schiele. De même, il fallait opérer des distinctions entre les Victimes : après un temporaire consensus couvrant les « Boat People » vietnamiens, l’intelligentsia renonça à défendre la Victime du communisme, et se remit à adorer les « Victimes du capitalisme. » On ignora résolument ceux qu’écrasaient différentes formes de communisme : c’étaient là de moindres victimes. Les vraies victimes devaient être des victimes du capitalisme, du colonialisme, de l’impérialisme, de l’exploitation, du racisme, du fascisme. Victime du communisme ? Oh ! mais la santé et l’éducation à Cuba sont libres ; il y a des circonstances atténuantes ! Et Michel Foucault d’aller péleriner chez les Ayatollahs vainqueurs. Victimes du capitalisme (etc.) – aucune atténuation : on n’amoindrit pas la culpabilité du Diable. 

On opéra d’autres choix. La victime militante devenait plus attirante encore. On avait, au moins aux débuts du génocide cambodgien, applaudi Pol Pot. On vénérait toutes sortes de monstres pathologiques qui exerçaient leurs ravages au nom d’un socialisme ou de l’autre. Epouser une version quelconque de la Sainte Doctrine vous valait blanc-seing, passe-droit, vous étiez vêtu de lin blanc. L’intelligentsia épousa ses nouvelles causes : plus la Victime était, que l’on me pardonne l’expression, victimeuse, plus elle pouvait être aimée et protégée. Plus le Palestinien se transformait en bébé-phoque, plus l’aimaient les Brigitte Bardot vieillissantes de l’intelligentsia.

Tout en même temps, il fallait manifester la grande reddition à la barbarie : qui renonce à agir consent à pâtir. La logique de cette prise de position vous force à rejeter quiconque, qui, refusant de pâtir, agit : l’action est mauvaise en elle-même, seule la réaction com-patissante est acceptable. L’action militaire, par exemple, est mauvaise en soi (« Quelle connerie la guerre »). Les porteurs de l’action militaire le sont donc également ; oh ! cela ne concerne pas les armées chinoise ou russe ou iranienne, trop éloignées pour qu’on s’en soucie. Les porteurs occidentaux de valeurs militaires sont coupables : Américains, Israéliens. J’avoue un rare moment de sympathie pour François Mitterrand quand il cingla le visage de la Verdure gauchiste allemande en déclarant au Bundestag : « Les missiles sont à l’Est, les pacifistes sont à l’Ouest. »

L’identification (« syndrome de Stockholm ») au tortionnaire fonctionne à plein : de même que Drieu la Rochelle et ses amis voulaient se vautrer dans les couches de ces beaux SS si puissants, si musclés, (voir à ce sujet Les Damnés, film du prince Visconti, cinéaste communiste), de même qu’Aragon scandait « nous voulons un Guépéou »
au nom des mêmes principes, et faisait de son mieux pour en hâter l’avènement, tout en épousant une informatrice dudit Guépéou, et en allant dénoncer les petits copains, on admira ces criminels si courageux, si décidés, si héroïques : la racaille mafieuse de l’IRA, les racistes communisto-nazis de l’ETA, les psychopathes des Brigades Rouges, la RAF allemande de Baader-Meinhof  à la fois gauchiste et néo-nazie; on n’était pas vraiment amoureux du « chef d’orchestre » - le KGB – mais on tomba amoureux fou de ses flûtistes arabes: le mouvement palestinien.

Assassins criminels et victimes absolues (dans la mythologie concoctée par le KGB et les services secrets égyptiens et syriens), les Palestiniens étaient l’idéal. Leur « oppresseur » lui aussi était idéal puisqu’il était capitaliste, soutenu par les Etats-Unis : le Juif d’Israel, de plus, rompait le pacte tacite de l’après-guerre. Le Juif victime (celui du Sartre des Réflexions sur la Question juive) passe encore ; le Juif armé n’est plus un « vrai » juif, c’est nécessairement un danger public. La preuve – le Palestinien.

L’intelligentsia s’est agenouillée devant le crime. Elle le vénère. Elle en a tant fait la Victime qu’elle ferme les yeux devant toutes ses turpitudes et ses monstrueuses violations  de la plus commune humanité et de la simple décence.

Au nombre des Justes parmi les Nations, on compte des sauveurs qui n’étaient pas particulièrement philosémites, mais qui, révoltés par le déchaînement de l’injustice, en sauvèrent les victimes, au péril de leur vie. L’intelligentsia dont je parle s’est mise au service du crime par peur de sa propre impuissance, pour incarner sa propre reddition à la barbarie. Ne risquant que ses ongles manucurés, elle rejoint ses grands anciens, Drieu et Aragon, dans la génuflexion triomphante devant la bestialité. Orange mécanique était moins prophétique que partie prenante de  l’évolution qui menait une intelligentsia à se prostituer ainsi.

Je vois dans le film de Kubrick, mais j’en ai choisi un parmi d’autres, l’esthétisation symbolique de la barbarie : une fois acquis le renoncement, il faut se choisir des maîtres : à tout prendre, cette vague de l’avenir, cette religion conquérante, ne valent-ils pas mieux que la corruption américaine de la culture, son invasion de nos écrans, de notre bouffe, son mépris de notre exception, son impérialisme économique, ses prétentions unilatéralistes ? Plutôt Hitler et Staline que la démocratie, cette gueuse. L’Islam nous laissera en paix, le jihad nous contournera, nous avons donné, et nous donnerons tant de preuves de notre bonne volonté, nous collaborons. Comme l’écrit dans son récent best-seller l’écrivain israélo-allemand Henryk Broder, Hop là ! Nous capitulons !
Ces rappeurs des banlieues qui braillent à tue-tête jà niquer la France et les Français, ces pauvres victimes qu’on n’a pas su comprendre, ces illettrés fiers de l’être, n’ont-ils pas tous les droits, droit à l’émeute, droit au trafic de drogue, droit à la tournante, droit à kidnapper et torturer un juif (un seul ! Comme le disait un commentateur égyptien il y a un an environ : pourquoi donc les Israéliens font-ils un tel raffût pour un seul soldat kidnappé !?) par-ci, un juif par-là ? D’ailleurs, c’est Sarkozy qui les a provoqués, c’est la police raciste qui les a contraints à la violence. Dieu ! que le jihad est joli !



© Laurent Murawiec & Institut Jean-Jacques Rousseau, 2007
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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 13:16

Tsar Bomba (du russe Царь-бомба, littéralement « Bombe du Tsar » ou « Reine des Bombes ») est une bombe à hydrogène développée par l’Union soviétique. C’est la plus puissante arme nucléaire de l’histoire à avoir explosé, et c’est également l’arme la plus puissante à avoir été développée par l’homme.

 

Carte de l’explosion
Carte de l’explosion

Sommaire

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Histoire du nom [modifier]

Le surnom de Tsar Bomba fut donné par les Américains, en comparaison avec la Tsar Kolokol, une cloche gigantesque, et du Tsar Pouchka, qui reste encore le plus grand canon au monde. Les Soviétiques, qui ont renversé le gouvernement des tsars, utilisèrent le surnom « Ivan » durant la phase de développement de la bombe ; en référence à Ivan le Terrible ?

Description [modifier]

Réplique de la Tsar Bomba dans un musée
Réplique de la Tsar Bomba dans un musée

La Tsar Bomba était une bombe H à trois étages (fission-fusion-fusion). D’une puissance d’environ 57 mégatonnes, ce fut la plus puissante à avoir jamais explosé. Elle fut réalisée pour pouvoir servir de base à des bombes de 100 mégatonnes, selon le souhait de Nikita Khrouchtchev qui déclarait déjà dans ses discours que l’URSS disposait d’une telle bombe.

Le troisième étage, destiné à atteindre 100 mégatonnes ne fut cependant pas utilisé pour le test. Cela aurait engendré une augmentation de 25 % des retombées radioactives mondiales depuis l’invention de la bombe atomique. L’engin expérimental tirait son énergie à 97 % de la fusion thermonucléaire. Elle fut conçue en moins de quatre mois à l’institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale par une équipe de physiciens formée autour d’Igor Kurchatov et comprenant notamment Andreï Sakharov. Elle avait une masse de 27 tonnes, une longueur de 8 m et un diamètre de 2 m .

Effets de l’explosion [modifier]

Effet supposé de la bombe sur la région parisienne : le cercle rouge (rayon : 35 km) correspond à la zone de destruction totale.
Effet supposé de la bombe sur la région parisienne : le cercle rouge (rayon : 35 km) correspond à la zone de destruction totale.

La bombe explosa à 11h32 (heure de Moscou), le 30 octobre 1961, à une altitude de 4 000 m au-dessus de la cible et de 4 200 m au-dessus du niveau de la mer, lors d’un test dans l’archipel de la Nouvelle-Zemble (océan Arctique) 73°70′N 54°00′E / 74.167, 54. Elle fut larguée d’un bombardier Tu-95 piloté par Andreï E. Dournovtsev de 10 500 m d’altitude. La bombe était équipée d’un parachute pour permettre au bombardier de s’éloigner à une distance de sécurité de la zone d’explosion. La détonation développa une boule de feu de 7 km de diamètre. L’éclair de l’explosion fut visible à plus de 1 000 km du point d’impact et le champignon atomique en résultant parvint à une altitude de 64 km avec un diamètre de 30 à 40 km. Au niveau de l’explosion, tout était effacé, le sol avait été nivelé et faisait penser à une « patinoire ». Des maisons de bois furent détruites à des centaines de kilomètres, d’autres perdirent leur toit. La chaleur fut ressentie à 300 km. La Tsar Bomba pouvait infliger des brûlures au troisième degré à plus de 100 km de distance alors que la zone de destruction complète se situait dans un rayon de 35 km. Sur un rayon de 180 km, les retombées radioactives étaient potentiellement mortelles.

L’explosion a été estimée à 57 mégatonnes par les États-Unis. Plus tard, les scientifiques russes ont annoncé une puissance de 50 mégatonnes. Par comparaison, la bombe Little Boy avait une puissance de 13 à 16 kilotonnes (0,013 à 0,016 mégatonne). Les Soviétiques auraient limité la puissance prévue initialement à 100 mégatonnes afin, selon le mot de Khrouchtchev, « de ne pas briser tous les miroirs de Moscou ».

Actuellement, la plus puissante bombe nucléaire en service est une ogive de 18 à 25 mégatonnes montée sur les ICBM soviétiques puis russes SS-18 (Code OTAN Satan).

L’essai américain le plus puissant en comparaison est un tir de 15 mégatonnes, nom de code Castle Bravo : un rendement de 5 mégatonnes avait été initialement prévu et a causé un grave accident radiologique.

Voir aussi [modifier]

commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Tsar Bomba.

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]
Heure H - charge de 1MT

Dans un rayon de 1,5 kilomètres autour du point d'impact, plus rien ne subsiste. Les bâtiments sont rasés, les humains vaporisés dans les premières secondes. Il se crée autour du point d'impact un cratère de 400 mètres de large et 100 mètres de profondeur.

Entre 1,5 et 5 kilomètres du point d'impact, tous les bâtiments s'effondrent, les plus petits disparaissent. Dans les minutes qui suivent, un superfeu (incendie à l'échelle de la ville) consume les débris. Les humains sont consumés par la lumière et déchiquetés par les débris volants. Ceux qui sont très bien protégés de l'extérieur (cave, métro) périssent en quelques minutes en raison des fortes radiations et/ou suffoquent, parce que le superfeu a consommé l'oxygene de l'air ambiant. L'onde de choc atteint le cinquième kilomètre douze secondes après détonation. 100% de pertes humaines au bout de dix minutes.

Entre 5 et 10 kilomètres du point d'impact, les bâtiments sont sévèrement endommagés. Les humains exposés à la lumière de l'explosion subissent des brulûres du troisième degré (la chair est cuite, la peau carbonisée) et ne survivent pas plus de quelques minutes. La chaleur et l'onde de choc enflamment les réservoirs de pétrole, les voitures et toutes les matières inflammables. La zone est en deux à trois minutes la proie d'un superfeu, qui crée un appel d'air centripète de 300 Km/h (les humains sont happés vers le brasier). Ceux qui ont pu se réfugier dans des caves suffoquent en deux à trois heures, ou succombent à la chaleur infernale que le superfeu crée autour de l'abri (précédents : Hambourg et Dresde 1944). 100% de pertes humaines en trois heures.

Entre 10 et 20 kilomètres autour du point d'impact (le quinzième kilomètre est atteint 40 secondes après détonation), les personnes exposées à la lumière et aux radiations recoivent des brulûres du second degré et des blessures graves par des débris volants. En fonction de la capaciteé des bâtiments à résister à l'onde de choc, on compte de 5% a 50% de pertes humaines, dans la première journee.

Les retombées radioactives (fallout) tomberont 40 minutes après impact dans la vaste majoritè de cette zone. Quiconque ne reste pas à l'abri, isolé de l'exterieur, durant deux jours -ceci représente entre la moitié et les trois-quarts de la population de ces zones- va être contaminé et mourra plus ou moins rapidement, dans la plupart des cas au bout de 4 semaines.

Le fallout cesse d'être dangereux au bout de deux jours, sauf si des bombes radioactives ont été employées en plus des bombes nucléaires, auquel cas les zones restent contaminées pour des décennies.

Au-dela de 20 kilomètres du point d'impact, les personnes exposées à la lumière de l'explosion sont définitivement aveuglées et peuvent recevoir des brulûres du premier degré et des blessures légères.
L'exposition aux retombées radioactives reste tout aussi fatale que précédemment, mais est plus localisée, en fonction de l'orientation du vent.

Dans une zone de 500 kilomètres autour du point d'impact, l'onde de choc éléctromagnétique (EMP, Electro-Magnetical Pulse) endommage irrémédiablement tous les appareillages éléctroniques non protegés par une cage de Faraday ou enterrés. Le courant éléctrique est coupé, les voitures modernes s'arrêtent, le téléphone et la radio ne marchent plus.

La coordination des services de secours, des pompiers, des forces de l'ordre et de l'armee devient ainsi impossible. Les unites dispersees de disloquent, en proie a la desertion, ou s'eparpillent dans des actions locales limitees.

Assistance médicale
Les blessés sont rassemblés dans des points de secours improvisés (la plupart des centres médicaux se trouvaient dans la zone de 20 kilomètres autour du point d'impact et sont impraticables ou dangereux en raison des retombées).

Le personnel médical est immédiatement submergé. Le triage (sélection des malades "prioritaires") n'est pas mis en place par ignorance du personnel, manque de critères de séléction ou impossibilité d'appliquer ces mesures.

La pression énorme que subit le personnel médical (stress, débordement, menaces violentes) rend l'assistance médicale concrètement nulle. La plupart du personnel déserte pour rejoindre ses proches.

Seuls quelques rares blessés seront emmenés, sur initiative personnelle et par l'entraide, dans des centres médicaux éloignés, eux-mêmes bientôt submergés, mais toutefois opérationnels jusqu'à l'épuisement rapide des médicaments.

Aspects psychologiques

Les premières quinze minutes après impact voient les survivants soumis à une panique très brutale. On assiste à nombre d'actes désordonnés et de cas de folie passagère, dont certains évolueront en folie définitive.

Apres cette phase de panique surgit une phase de soulagement ("je suis toujours en vie") suivie immédiatement après d'une phase de remords intense, à la constatation de la gravité de la situation (proches disparus etc.) et au souvenir du propre comportement lors de l'alerte (on aura renversé une femme avec son bébé, pousse des gens hors de l'abri etc.). L'alternance très courte de ces deux phases crée un choc profond, qui peut parfois mener au suicide.

Une heure après impact, scission de la population entre hébétude et hyperactivité. Une seconde phase de panique commence lorsque les personnes soumises aux radiations meurent dans les premières heures apres détonation ; cette panique est plus dispersée que la première, mais provoque des actes déspesperés ("je vais bientôt mourir, autant en profiter").

Au terme de la journée apparaissent les premières victimes de mort par choc psychologique, syndrôme alors seulement connu des champs de bataille.


Tiré du rapport "Medical Consequences of Nuclear Warfare"
realisé pour le congrès des Etats-Unis en 1986
recompensé par un Prix Nobel


http://img292.imageshack.us/img292/2941/titrebu8.jpg
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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 16:08
par Mickaël Mithra
  
  
          Sur ce sujet de l'extrémisme comme sur les autres, il faut se garder des confusions qui régissent le vocabulaire politique. D'abord, que peut bien signifier le mot « extrémiste », dans le contexte journalistique et politique officiel? Extrémiste par rapport à quoi?             Est-ce par rapport à un parti, un programme ou des idées politiques qui, eux, seraient « neutres »? Si « neutre » veut dire « sans interférence autoritaire avec la vie des gens », alors aucun parti politique ne l'est par définition, sauf peut-être un éventuel parti libertarien qui prônerait d'abolir la politique et qui, à ce titre, ne manquerait pas d'être taxé... d'extrémisme! Dans le paysage politique français, on ne voit pas très bien quels partis représenteraient la « neutralité », et ce ne sont certainement pas ceux qui se partagent le pouvoir, UMP, UDF et PS (voir la liste à la fin du texte pour la signification des acronymes des partis), lesquels sont franchement étatistes et interventionnistes. 
 
          On peut aussi se demander si l'« extrémisme » est une notion relative au positionnement par rapport à un « centre de gravité idéologique » des partis politiques en présence (en supposant que cette notion ait un sens). Dans ce cas, la question se pose: Et alors? En quoi cela doit-il déboucher sur la condamnation morale et l'ostracisme? De plus, si l'on parvient, comme beaucoup le souhaitent, à éliminer les « extrêmes », ce seront les partis « centristes » plus excentrés que les autres qui deviendront dans ce cas « extrémistes ». Faudra-t-il les combattre à leur tour, leur « faire barrage », jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un, LE parti unique de l'« extrême centre »? Mais dans ce cas, pourra-t-on encore parler de « démocratie »? Tout cela est absurde. 
 
          Ce sont en fait les médias étatistes et les politiciens des partis dominants qui nous martèlent ce vocabulaire dans le but de discréditer sans argument certains partis minoritaires qui défendent des idées différentes des leurs, que ces idées soient bonnes ou mauvaises. Mais le but de cette confusion dans le vocabulaire est surtout de faire l'amalgame entre, d'une part, le Front National et le Mouvement National Républicain, le second étant issu d'une scission au sein du premier, et, d'autre part, les communistes trotskistes récemment alliés de la Ligue Ouvrière et de la Ligue Communiste Révolutionnaire, afin de nous les présenter comme également dangereux (en fait, ils présentent souvent FN-MNR comme beaucoup plus dangereux). Or une telle présentation est complètement fausse: il ne peut être question de renvoyer dos à dos ces partis communément vus comme occupant les extrêmes de la droite et de la gauche. 
  
Nationalistes et libéraux 
  
          Le FN et le MNR sont des partis à la fois nationalistes et partiellement libéraux. Ces deux aspects sont incompatibles, mais tous les partis politiques sont pleins de contradictions et ils sont tous nationalistes. Ils se fondent en effet nécessairement sur la délimitation d'un groupe appelé « nation » formé de soi-disant citoyens alors que les autres sont censés être des étrangers, et ils prétendent que citoyens et étrangers n'ont ni les mêmes droits ni les mêmes devoirs. Le FN et le MNR se distinguent-ils vraiment radicalement des autres sur ce point-là? Quoi qu'il en soit, et c'est là le point crucial, le FN et le MNR sont clairement favorables à des baisses de charges et d'impôt massives, aux privatisations, aux déréglementations, à la liberté du commerce, etc. Dans son programme présidentiel, Le Pen annonçait vouloir inscrire dans la constitution que le budget de l'État français ne pourrait dépasser 35% du PIB (voir LE PEN EST-IL UN NAZI?, le QL, no 103). Cette seule mesure, si elle était effectivement appliquée, suffirait à étouffer en grande partie la pieuvre étatique et résoudre nombre des problèmes que connaît la France, quelles que soient les intentions réelles des uns et des autres. 
 
          Les partis FN et MNR s'en prennent à l'immigration, ce qui est évidemment antilibéral, mais il faut situer cette attitude dans le contexte français actuel. En France, l'immigration est subventionnée et encouragée de manière massive. Les cultures d'origine des immigrés font également l'objet de subventions. Il en résulte évidemment un effet pervers: une immigration (partiellement) parasitaire et oisive. Comme cette immigration est subventionnée, les populations immigrées ne s'intègrent pas bien et vivent en marge, conséquence nécessaire du fait que les subventions détruisent le lien social et favorisent en l'occurrence le clivage ethnique. Le tout est combiné à une propagande prétendument antiraciste qui crée et exacerbe des conflits ethniques initialement inexistants, de la même façon que la propagande et l'activisme socialistes créent les antagonismes de classe qu'ils prétendent combattre. 
  
          Cet effet universel et imparable est également observé, évidemment, chez les autochtones: les subventions aux activités non productives et l'encouragement à l'irresponsabilité y créent de multiples oisifs et y détruisent de la même façon le lien social, générant ainsi des conflits sociaux inextricables. C'est la conséquence inévitable d'un mode de gestion socialiste qui nie les fondements du lien social, à savoir la division volontaire du travail au profit de tous, pour lui substituer une soi-disant « fraternité » ou « solidarité » abstraite. 
  
          Quoi qu'il en soit, à partir du moment où le principe pervers de la subvention s'est inscrit dans les mentalités et dans la réalité sociale, il est nécessaire de limiter au maximum le nombre de ses bénéficiaires. Or, de même qu'il n'y a aucun moyen d'allouer rationnellement des subventions, il n'y a aucun moyen non plus de décider rationnellement où il faut faire des coupes. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut en faire le plus possible. FN-MNR en proposent, alors que LO-LCR n'en veulent évidemment aucune. 
 
          Ce qu'il faudrait faire bien sûr c'est supprimer les frontières en même temps que les subventions, mais aucun parti ne le suggère. Si l'on compare toutefois les programmes de LO-LCR et FN-MNR, ce qu'on nous propose, c'est soit une immigration subventionnée dans un cadre d'explosion des subventions en général (LO-LCR), soit une immigration très restreinte dans un contexte de réduction des subventions en général (FN-MNR). Comment peut-on être plus favorable à la première solution qu'à la deuxième?
Arlette Laguiller
Jean-Marie Le Pen
 
          Au chapitre des relations commerciales, les mesures protectionnistes proposées par FN-MNR, sur lesquelles on a beaucoup jasé, ne sont pas comparables à l'ultra protectionnisme autarcique que réclament à grands cris (et parfois à grands coups) LO-LCR. C'est la grippe comparée à la peste. 
 
          À première vue, FN-MNR et LO-LCR sont tous les deux antiaméricains. Mais ne nous y trompons pas, leurs positions sont radicalement différentes, car pour le FN-MNR, l'Amérique est un rival tout en étant un modèle économique (Le Pen veut faire de la région Paca la « Californie française »), alors que pour LO-LCR, c'est le prototype du mal absolu. Pour FN-MNR, il faut « faire comme eux », mais chez nous, alors que pour LO-LCR, il faut faire chez nous le contraire de ce qu'il font chez eux. La différence est énorme. 
  
Totalitarisme 
 
          On accuse FN-MNR tout comme LO-LCR d'être des partis totalitaires, l'un étant à rapprocher du fascisme ou du nazisme et l'autre du communisme. Cette affirmation est parfaitement exacte en ce qui concerne LO-LCR, partis ouvertement anticapitalistes, adversaires de la propriété privée, favorables à la nationalisation générale de l'économie, à une autarcie de production extrême, à l'égalité forcée et aux quotas dans tous les domaines. Ses partisans affirment que les travailleurs sont interchangeables. Tout cela est dit ouvertement, et personne ne s'en trouve choqué. 
  
          Un exemple, au hasard: La page « Les débats » du site LCR-rouge présente un texte dont la conclusion est la suivante: « Bref, pour réaliser ses objectifs sociaux: prendre toutes les mesures anticapitalistes nécessaires y compris la substitution de la propriété sociale à la propriété privée. » [c'est moi qui souligne] Le terme novlanguesque « propriété sociale » n'est là que pour faire passer en douceur l'idée qu'il s'agit bien d'abolir purement et simplement (et violemment, parce que les gens ne vont certainement pas se laisser faire) la propriété privée et de tout confier à une administration centralisée qui prendra en charge la vie des individus de A à Z. Si ce n'est pas là du totalitarisme, qu'est-ce que c'est donc? 
  
     « Sur certains points, on peut rapprocher Le Pen de Hitler. On peut toujours rapprocher n'importe qui de n'importe quoi. Mais ce que les Français étatisés jusqu'à la moelle ne comprennent pas, c'est que Le Pen propose une réduction massive de la taille de l'État et de ses interventions, et que cela constitue l'antithèse du nazisme comme du fascisme dans ce qu'ils ont de plus fondamental. »
  
          Dire en revanche que le FN et le MNR sont des partis « nazis » ou même « fascistes » est complètement burlesque. Sur certains points, on peut rapprocher Le Pen de Hitler, certainement. On peut toujours rapprocher n'importe qui de n'importe quoi. Mais ce que les Français étatisés jusqu'à la moelle ne comprennent pas, c'est que Le Pen propose une réduction massive de la taille de l'État et de ses interventions, et que cela constitue l'antithèse du nazisme comme du fascisme dans ce qu'ils ont de plus fondamental. Mais les gens ne savent pas ce qu'est le nazisme, ils ne savent pas ce qu'est le totalitarisme, dont le premier aspect, incontournable et fondamental est l'étatisme, c'est-à-dire la pétition de principe, ouverte ou sous-entendue, selon laquelle l'État est la solution à tous les problèmes. C'est exactement la position de LO-LCR, mais certainement pas celle de FN-MNR, sauf sur certains points précis, naturellement. 
  
          Il faut donc rappeler que le nazisme comme le communisme sont des totalitarismes parce qu'ils sont tous deux radicalement anticapitalistes, c'est-à-dire qu'ils sont favorables à une emprise générale de l'État sur la vie des individus, ce qui nécessite la persécution et le dénigrement des dissidents. Et parmi les dissidents se trouvent toujours des individualistes capitalistes qui s'opposent à l'action de l'État. La propagande social-démocrate a voulu identifier le nazisme au seul antisémitisme, afin de brouiller les pistes et de bien s'en distinguer(1). Mais l'antisémitisme nazi n'est qu'une expression de l'anticapitalisme dans un cas particulier: celui où l'on identifie le « juif » au capitaliste. Il procède de l'idée marxiste et mystique au coeur du discours de LO-LCR selon laquelle il peut y avoir exploitation (par les « juifs » ou les « bourgeois ») sans violence ni menace de violence et qu'il faut donc lutter (par la violence, cette fois) contre les « exploiteurs » 
  
          De la même façon que les nazis, les communistes ont massivement exterminé les juifs en tant que juifs, là où il y en avait, parce qu'ils représentaient à leurs yeux le capitalisme. Mais comme le communisme a beaucoup sévi dans des régions du monde où il y a peu de juifs, cela ne saute pas aux yeux. Les affinités entre les deux systèmes vont beaucoup plus loin qu'on ne le croit souvent. Il est d'ailleurs facile de s'en assurer: il suffit de lire La question juive de Marx et Mein Kampf de Hitler. Ces deux livres contiennent les mêmes arguments antisémites dérivés d'une haine commune du capitalisme, c'est-à-dire de l'individualisme, et plus fondamentalement, de la liberté. 
  
          Il n'y a donc en fait qu'un seul totalitarisme: celui qui prétend abolir l'individualisme, le capitalisme et la propriété privée. Globalement, ce n'est pas le cas de FN-MNR mais pleinement celui de LO-LCR. En fait LO-LCR ne se distingue aujourd'hui du nazisme que parce qu'elle n'identifie pas encore « juif » et « capitaliste », quoique depuis peu cette identification commence sérieusement à prendre forme sous prétexte d'« antisionisme ». 
  
Pas la même chose 
  
          Ainsi, nous avons d'une part le Front National et le Mouvement National Républicain qui nous proposent un programme plutôt libéral, il est vrai bourré d'erreurs et d'intrusions étatistes, et de l'autre la Ligue Ouvrière et la Ligue Communiste Révolutionnaire, partis ouvertement et intégralement totalitaires sur tous les plans. Comment peut-on les renvoyer dos à dos sous prétexte d'« extrémisme »? 
  
          On peut fort bien vivre, bien que ce ne soit pas la panacée, dans un pays moyennement protectionniste, à faible immigration, où l'intervention de l'État est limitée quoique forte dans ses domaines d'action, comme ce que propose FN-MNR. En revanche, on ne peut PAS vivre dans un pays où les droits de propriété n'existent plus(2), où la violence n'est pas punie dans la mesure où elle correspond à l'idéologie du pouvoir en place, où l'autarcie est totale et où l'entrepreneuriat est sévèrement réprimé (« interdiction des licenciements », cette seule mesure entraîne la famine généralisée à brève échéance), tel que le proposent LO-LCR, et tel que nous le vivons d'ailleurs de plus en plus. 
  
          Je suis assez épouvanté de lire un peu partout que FN-MNR et LO-LCR, « c'est la même chose », ou d'entendre que des gens qui soutiennent traditionnellement l'UMP préféreraient voter LO-LCR plutôt que FN-MNR. Je crois que le lavage de cerveaux socialo-médiatique les a intellectuellement démolis, et c'est la raison pour laquelle je suis extrêmement pessimiste quant à la suite des événements. 
  
          Du système que les partisans trotskistes appellent de leurs voeux doivent inéluctablement découler l'appauvrissement massif et la violence, cette dernière étant nécessaire pour faire respecter l'interdiction de la propriété privée et de l'échange volontaire qui sont les bases de la vie humaine en société. Tout cela a été démontré dans les détails depuis au moins deux cents ans, mais aussi expérimenté pendant tout le XXème siècle à travers le monde, avec des résultats effroyablement cohérents. Alors oui, on peut qualifier d'« extrémiste » le duo LO-LCR, d'abord parce que ses membres eux-mêmes revendiquent l'appellation d'« extrême gauche » mais surtout parce qu'ils proposent une société-prison où les conditions de survie de l'humanité seraient extrêmes, comme en haute montagne, au fond des océans, ou dans les goulags que leurs congénères ont construits un peu partout dans le monde.  
  
  
FN: Front National (« Extrême » droite)
MNR: Mouvement National Républicain (« Extrême » droite)
LO: Lutte Ouvrière (Communistes trotskistes)
LCR: Ligue Communiste Révolutionnaire (Communistes trotskistes)
UMP: Union pour un Mouvement Populaire (Droite parlementaire au pouvoir)
UDF: Union pour la Démocratie Française (Droite « centriste »)
PS: Parti Socialiste
 
1. Elle en rend d'ailleurs par là même le succès incompréhensible, la thèse officielle étant la « folie » d'Hitler (et des millions d'Allemands qui l'ont élu?), alors qu'Hitler n'a fait que pousser jusqu'au bout sa logique anticapitaliste. Mais cela, la social-démocratie elle-même fondée sur la haine du capitalisme, ne peut évidemment pas l'admettre.  >>
2. C'est-à-dire où ils ne sont pas protégés et où ils sont massivement violés par le pouvoir politique.  >>




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Ni totalitarisme nazi, ni totalitarisme communiste, ni totalitarisme islamiqueL'image “http://img57.imageshack.us/img57/3474/bouton3sitany0.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

« Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. »

George Orwell


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LE LIBERTARIANISME

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« Les faits sont têtus; quels que soient nos souhaits, nos inclinations ou les voeux de nos passions, ils ne peuvent changer l'état de fait et la preuve. »     John Adams

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LE WEB RESISTANT 

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« Les religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s'éloignant de leurs textes tandis que l'islam le fut en se rapprochant des siens. »                                                      Eric Conan



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FONDAMENTALISME, DJIHADISME, TERRORISME

L’ISLAMISME EST UN TOTALITARISME

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Ce qu’il faut savoir sur l’une des plus grandes menaces politiques et religieuses du XXIème siècle

 


« Le socialisme cherche à abattre la richesse, le libéralisme à suprimer la pauvreté »                                                   Winston Churchill

 

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« Le Communisme est l'Islam du XXème siècle. »                                                   Jules Monnerot


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« La religion d'Hitler est la plus proche qui soit de l'islamisme, réaliste, terrestre, promettant le maximum de récompenses dans cette vie, mais avec ce Walhalla façon musulmane avec lequel les Allemands méritoires peuvent entrer et continuer à gouter le plaisir. Comme l'islamisme, elle prêche la vertu de l'épée.  »                            Carl Gustav Jung

 

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« Ils ignorent que les épées sont données pour que personne ne soit esclave. »                                                                                        Lucain

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