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The International Civil Liberties Alliance is a project of the Center for Vigilant Freedom Inc.  We are an international network of groups and individuals from diverse backgrounds, nationalities and cultures who strive to defend civil liberties, freedom of expression and constitutional democracy.

We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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The Center for Vigilant Freedom

27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 21:54
par Jean-Pierre Le Goff, sociologue, président du club Politique autrement
La mort de deux jeunes à Clichy-sous-Bois a servi de déclencheur à des violences et des actes de vandalisme de bandes de jeunes dans les banlieues. Les formules, provocatrices et indignes d'un homme d'État, du ministre de l'intérieur accompagné d'une cohorte de journalistes et de caméras, avaient auparavant contribué a exacerber la tension. Ces violences dans les cités révèlent une réalité dont il faut prendre la mesure en évitant l'angélisme et les faux-fuyants.

 
Jean-Pierre Le Goff (photo d'Olivier Roller, 2002)
Jean-Pierre Le Goff (photo d'Olivier Roller, 2002)
Quelle solidarité première ?

La vie dans les banlieues ne se confond pas avec les images de ces nuits de violence et de destruction. Des réseaux d'entraide et de solidarité entre habitants se sont mis en place dans des conditions souvent difficiles. La grande majorité désire plus de sécurité, plus d'emploi, de meilleures conditions de vie et d'habitat. C'est sur ce terreau-là qu'une dynamique positive peut se développer et non sur les bandes de jeunes adolescents et post-adolescents qui ont basculé dans la délinquance et la destruction.
Attaquer les pompiers, brûler la voiture de son voisin, ou tuer ce dernier comme par inadvertance, - « sans le faire exprès » diront certains -, incendier des magasins, des écoles, des gymnases du quartier où l'on habite, arrêter des bus pour y déverser de l'essence et y mettre le feu devant des passagers affolés... Face à de tels actes sauvages, la condamnation claire et la nécessité urgente d'un retour à l'ordre ne se discutent pas. C'est le préalable à tout débat sensé sur la question.
Mais, là aussi, on a pu assister à des réactions minoritaires, au sein du milieu journalistique et gauchiste, qui rompent avec la morale et le civisme élémentaires. Le mouvement spontané de sympathie ne se tourne pas vers les victimes des violences qui sont, non seulement les pompiers et les policiers, mais les habitants de ces quartiers qui craignent pour leur sécurité et leurs biens, se voient privés de moyens de transport, de commerces, d'écoles... On ne prend guère en considération la crainte des autres jeunes des quartiers qui ne veulent pas être confondus avec les bandes, continuent de croire à l'école et au travail pour « s'en sortir ».
Chez certains beaux esprits s'opère un curieux renversement : ce sont les agresseurs eux-mêmes qui sont considérés d'emblée comme les victimes. De telles réactions délétères rejoignent la façon dont les agresseurs mettent en avant leur statut de victime comme justification de leur violence et de leurs exactions ; elles contribuent à enfoncer un peu plus ces jeunes déstructurés dans l'impasse.
Les mesures pour rétablir l'ordre donnent lieu pareillement à des protestations qui dénoncent aussitôt les mesures prises comme une marque supplémentaire de répression et de « stigmatisation » des banlieues, sans se soucier outre mesure du climat de peur et de « ras-le-bol » des populations concernées.
On peut se demander si la prolongation des mesures de couvre-feu est l'instrument approprié du retour au calme ; on doit demeurer vigilant contre des brutalités policières et des atteintes possibles à l'État de droit. Mais considérer la répression nécessaire comme une dangereuse atteinte aux libertés ou une marque supplémentaire de la « stigmatisation » des banlieues relève d'une idéologie gauchisante de plus en plus coupée des réalités et du sens commun.

Comment interpréter les événements ?

De multiples analyses et commentaires interprètent les événements avec des schémas qui, pour l'essentiel, se refusent à voir ou secondarisent le caractère sauvage, désespéré et nihiliste de la révolte des bandes de jeunes. Certains y voient un signe de la montée des communautarismes, de l'emprise de l'islam radical, voire la concrétisation d'une guerre des civilisations. D'autres au contraire les considèrent à tout prix comme l'expression d'une pure révolte contre les discriminations et les inégalités, ou encore, à l'inverse de toutes les apparences, comme étant le signe d'une intégration. De tels schémas idéologiques ont pour effet de rabattre des événements dans des catégories générales prédéterminées qui en dissolvent la singularité. Avant même d'aborder les conditions qui ont rendu possible de tels événements et de le situer dans le cadre des banlieues et de la société, il convient de délimiter le phénomène et de cerner ses aspects nouveaux.
Il importe en tout premier lieu de prendre en compte ce que les éducateurs, les enseignants, les psychiatres observent depuis des années. Il existe un phénomène de bandes constituées de jeunes adolescents et de post-adolescents en situation d'échec et désocialisés, animés par le ressentiment et la haine à l'égard de la société et des institutions. Ces jeunes minoritaires sont désœuvrés et déstructurés ; ils ont perdu l'estime d'eux-mêmes et le sens du réel. Leur sentiment d'appartenance se limite souvent à leur quartier ou à leur immeuble. Leur langage colle aux affects et aux pulsions ; ils ne mesurent pas la portée de leurs actes et le sentiment de culpabilité est le plus souvent absent. Fascinés par les clichés sur la réussite et l'argent, ils vivent dans un univers où l'image est maître, et ils acquièrent des comportements de dépendance à l'égard des stupéfiants. Ils se réfugient dans des bandes machistes où les rapports de force dominent avec les phénomènes de caïds et s'enferment dans une sous-culture de la délinquance et du ghetto. Nombre d'animateurs, d'éducateurs sociaux, mais aussi d'enseignants se trouvent désemparés devant de tels individus perpétuellement agités, aux comportements asociaux et immaîtrisables. Ces jeunes ont une image dépréciative d'eux-mêmes qui peut se retourner en agression. Lors des nuits de violence, ils sont entrés dans une logique de destruction et d'autodestruction en s'attaquant aux quartiers où ils habitent.
C'est précisément cette réalité dérangeante qu'il s'agit d'aborder en face. Des militants de gauche et des journalistes bien-pensants la dénient en y collant des formules passées en complet décalage. C'est ainsi qu'on répète bêtement la formule attribuée aux classes dominantes de l'ère industrielle : « Classes laborieuses, classes dangereuses », pour l'appliquer aux actes de vandalisme des banlieues. Quel rapport avec des jeunes désocialisés qui ne travaillent pas et ne forment pas une classe ? S'il fallait tenter des comparaisons historiques, la notion de lumpenprolétariat serait plus proche de la réalité. Mais là aussi, le caractère très jeune des casseurs qui ne sont guère en haillons [1] et agissent souvent par mimétisme télévisuel, sort du schéma.
On invoque également le chômage pour expliquer les événements. Mais il est d'autres périodes dans l'histoire de France où le chômage était massif, comme dans les années trente, sans qu'on assiste pour autant à de pareils phénomènes de destruction. Comme on oublie souvent de le dire, ces jeunes ne sont pas en total abandon, mais ils sont assistés par l'État providence. Leur univers n'est pas la survie matérielle, mais ils sont fascinés par l'argent facile et les marques du look branché. Les chômeurs ne s'attaquent pas, que l'on sache, aux écoles, aux gymnases, aux centres sociaux, aux bus... comme le font ces bandes. Et si l'on tient, là aussi, à la comparaison historique, il faudrait poser la question : a-t-on jamais vu les chômeurs des années trente s'attaquer à la « soupe populaire » ?
Quant aux conditions matérielles de vie et de logement dans les cités, elles n'ont rien à envier à la pauvreté et aux logements insalubres des cités ouvrières du début du siècle. Chômage et habitat, s'ils entrent bien en ligne de compte, ne suffisent pas à expliquer le phénomène dans sa nouveauté. Contrairement à ce que laissent entendre nombre de commentateurs attitrés, le type de violence auquel on assiste aujourd'hui n'est pas mécaniquement et unilatéralement déterminé par la situation économique et sociale des banlieues, sinon c'est à un autre mouvement de révolte d'une bien plus grande ampleur à laquelle on aurait assisté. La misère existante dans les cités de banlieues n'est pas comparable à celle qu'ont pu connaître les couches populaires dans le passé : il existe des mécanismes d'assistance sociale qui, s'ils ne transforment pas les conditions matérielles de vie, en atténuent la dureté.
Les événements des banlieues relèvent moins de la pauvreté et de la misère telles qu'on a pu les connaître autrefois que de phénomènes de déstructurations identitaires qui sont plus difficiles à comprendre. Les violences des bandes de jeunes des banlieues révèlent de façon paroxystique une désaffiliation due à l'érosion des collectivités d'appartenance qui inscrivaient l'individu dans une collectivité et le structuraient « de l'intérieur » : famille, collectivité de travail, classes sociales, appartenance nationale... Autant d'éléments qui sont aujourd'hui érodés ou en crise et qui, contrairement aux discours angéliques « post-modernes », sont constitutifs des identités individuelles et collectives. Les situations de chômage et d'habitat dégradé se combinent avec une déliquescence des liens familiaux, pudiquement dénommée « famille monoparentale » : le plus souvent absence du père, la mère subsistant tant bien que mal des revenus de l'aide sociale et étant la plupart du temps absente lorsqu'elle travaille. Dans les familles issues de l'immigration, cette situation peut être aggravée par une inadaptation des parents à la culture française, entraînant une désorientation des jeunes qui coincés entre deux cultures peuvent « errer sans repère dans une sorte de no man's land anthropologique » [2]. C'est sur ce terreau que les groupes fondamentalistes musulmans présents dans les quartiers peuvent tenter de se développer en présentant leur doctrine comme le levier d'une restructuration identitaire et leur encadrement des jeunes désœuvrés comme la condition de la paix sociale dans les banlieues.

Que faire ?

Face à cette réalité, il n'existe pas de remèdes simples dont les effets seraient immédiats. Mais il est important à la fois de fixer des repères et de tirer des leçons des pratiques passées. Avant même d'envisager des mesures particulières, il est des questions centrales auxquelles il n'est plus possible d'échapper.
Tout d'abord, la question de l'érosion de l'autorité parentale n'est pas facile à traiter. Les mesures de sanctions financières envers les parents des familles décomposées sont démagogiques et ne résolvent rien. Les associations aidées par des psychologues et des psychiatres pour s'occuper des parents et des enfants en difficulté paraissent indispensables, mais on ne peut reconstruire de façon volontariste des familles déstructurées. La puissance publique ne peut pas se substituer complètement aux familles et les aides psychologiques ne peuvent pas tout. Le problème n'est pas seulement à poser dans des termes psychologiques - le risque existe bien de s'enfermer dans cette problématique - en dehors du terreau social et culturel, d'un ethos commun. On ne peut échapper à la question de la famille comme une des structures anthropologiques de base de la société que des conceptions modernistes et gauchistes ont rapidement mis de côté. Il en va de même des fonctions structurantes de la morale, de l'interdit et de la limite qu'un angélisme post-soixante-huitard et rousseauiste a trop longtemps dénié. Dans ce domaine, comme dans d'autres, ce qui se passe dans les banlieues, reflète de façon extrême des phénomènes que l'on retrouve à différents degrés dans l'ensemble de la société.
D'autre part, le comportement fortement instable et violent d'une minorité de jeunes en grande difficulté n'est compatible ni avec l'enseignement ni avec le travail en entreprise. La réponse à cette situation ne peut pas être seulement répressive. Elle implique avant tout un type d'aide et d'encadrement social relevant d'institutions spécialisées, avant même d'envisager de les réinsérer dans le cursus scolaire ou dans les entreprises. Il existe des stages fortement encadrés mêlant vie collective, travail, réalisations concrètes et activités physiques dans des lieux fermés ou ouverts qui sortent les jeunes de la cité. L'idée d'un service civil pour tous les jeunes alliant réalisations de tâches utiles, apprentissage de la vie collective et formation professionnelle va dans le même sens. Cela suppose d'importants moyens, particulièrement en termes d'encadrement, et tout cela à un coût pour des résultats qui ne sont pas acquis pour la totalité des jeunes concernés.
L'apprentissage, s'il doit être pleinement pris en compte et valorisé, ne constitue donc pas une panacée. L'appel constant à l'« éthique » et à la « citoyenneté » des entreprises, pour nécessaires qu'il puisse paraître, ne suffit pas : même si les entreprises peuvent faire des efforts pour accueillir des jeunes en difficulté, leurs perspectives d'embauche sont liées à celles des carnets de commande et leurs critères restent avant tout ceux de la compétence et de l'efficacité. Les employeurs ne sont pas vraiment désireux de prendre en charge des jeunes instables, peu assidus. Et l'association de l'idée d'apprentissage à celle de jeunes en grande difficulté risque de nuire à la revalorisation de l'image de l'apprentissage dans l'opinion.
Il n'y a donc pas de solution simple. Mais il n'en demeure pas moins que la réalisation de tâches pratiques, l'insertion dans un collectif de travail, sont des éléments indispensables pour retrouver une confiance en soi pour ceux qui sont en situation d'échec scolaire, quitte à retrouver une filière scolaire après cette expérience. Qu'on le veuille ou non, dans sa dimension anthropologique, le travail demeure un élément fondamental de la structuration individuelle et sociale. Il est un élément décisif de la constitution de l'estime de soi, de la confrontation avec la réalité et de l'apprentissage de la limite, de l'insertion dans les rapports sociaux. Toute la question est de savoir quelles conditions favorables sont à mettre en place pour que l'insertion et la formation des jeunes en situation de travail puissent se faire dans de bonnes conditions. L'expérience des entreprises dites « intermédiaires » » qui insèrent les jeunes dans le travail en échappant pour partie aux contraintes et aux lois du marché méritent, dans cette optique, d'être valorisées.
Le discours généreux de la citoyenneté coupée du travail est une impasse. Toutes les mesures d'assistanat économique et social, de même que les activités associatives multiples, pour nécessaires et utiles qu'elles soient, ne peuvent suppléer à l'absence de travail. Les responsables associatifs, les animateurs, les formateurs, les psychologues..., malgré tous leurs efforts, se voient condamnés à jouer un rôle d'accompagnateur ou de « pompier » du social, s'il n'existe pas d'activité de travail et de perspective d'emploi pour les jeunes en difficulté.
Le modèle républicain implique un modèle d'égalité et de citoyenneté qui fait fi des appartenances ethniques et communautaires. Ce modèle a un caractère d'idéalité qui ne coïncide jamais avec les faits, mais c'est ce caractère d'idéalité lui confère sa dynamique et il a su au cours de l'histoire passer des compromis. Ce modèle s'appuie sur une certaine morale du travail, sur une culture commune liée à notre histoire, sur l'idée de promotion sociale... Ces points-clés sont en panne, mais la question est de savoir comment les relancer, plutôt que d'affirmer qu'il a définitivement échoué et passer rapidement à un autre modèle de type anglo-saxon qui n'a pas d'ancrage solide dans notre tradition et qui montre aussi ses limites. La discrimination positive dans le domaine économique et social mérite d'être évaluée à la lumière de ses résultas effectifs et non aux « bonnes intentions » qu'elle affiche. Elle peut créer des effets pervers comme l'évaluation des ZEP l'a montré. Dans le domaine de l'habitat, la discrimination positive apparaît comme une mesure pouvant favoriser la rencontre et l'échange entre les différentes catégories sociales. Là aussi il convient d'examiner avec soin à quelles conditions précises elle peut être efficace, en évitant les effets qui amèneraient les catégories sociales plus favorisées à aller habiter ailleurs. Mais dans ces deux domaines, la discrimination positive nous paraît rester dans le cadre du débat sur les adaptations possibles et nécessaires.
La discrimination positive à destination de ce qu'on appelle désormais les « minorités visibles » - autrement dit une différence de traitement, notamment à l'embauche, fondée sur les critères de race et de couleurs de peau - , est d'une autre nature et portée. Elle ouvre la boîte de Pandore en favorisant la généralisation de la suspicion de racisme dans les rapports sociaux, l'hypertrophie des plaintes et des droits. Elle renforce la « victimisation » existante dans une logique de concurrence sans fin entre tous ceux qui s'estiment être des victimes, contribuant ainsi au délitement du lien social et de la citoyenneté. _ La discrimination positive en faveur de ce qu'on appelle les « minorités visibles » constitue un nouveau tremplin pour le courant xénophobe et raciste, et peut favoriser à terme des affrontements ethniques.
On ne saurait enfin passer outre la question de la nation comme cadre central d'intégration, élément constitutif de l'existence collective d'un peuple, et partie constitutive de l'héritage européen. Qu'on le veuille ou non, la nation demeure une référence identitaire et le lieu central de la citoyenneté. Elle constitue un pôle d'identification avant même l'appartenance européenne dont la prégnance demeure faible, tout particulièrement dans les banlieues. Cela implique l'acceptation de l'ambivalence de son histoire en étant conscient qu'aucun peuple en l'affaire ne dispose d'un blanc-seing et un patriotisme qui ne se confond pas avec le nationalisme chauvin et xénophobe. À l'inverse, toute une idéologie gauchisante minoritaire au sein du milieu associatif réduit l'histoire de notre pays à ses pages les plus sombres et renforce la mentalité victimaire des jeunes désaffiliés en présentant leur situation dans la continuité de celle qui fut celle des esclaves et des peuples colonisés. Cette idéologie travaille à l'encontre de l'intégration et elle peut recouper ou se trouver mêlée à des thèmes fondamentalistes musulmans. Sans nier les pages sombres de notre histoire, l'intégration implique la conscience des acquis de notre histoire et le partage d'un patrimoine culturel commun. C'est aussi dans ce cadre, que l'éducation populaire peut retrouver un nouveau souffle. La citoyenneté n'est pas l'affichage des différences dans une logique de victimisation, mais elle implique le souci de partager les acquis de notre propre histoire et de créer un avenir commun.
L'histoire n'est pas tracée d'avance ; elle est ouverte sur de possibles régressions. Les violences récentes nous le rappellent. Les problèmes rencontrés dans les banlieues sont les nôtres, ils concernent une partie de nos compatriotes fragilisés par la crise que nous vivons. Dans cette affaire, notre responsabilité est engagée et il importe à la fois de regarder la réalité en face et de savoir quel modèle de vivre-ensemble et de citoyenneté nous voulons essayer de faire prévaloir au milieu du chaos ambiant. Les paroles d'Albert Camus « empêcher que le monde se défasse » prononcées dans d'autres circonstances [3] gardent leur acuité dans la situation présente.


Notes
[1] Lumpen signifie miséreux, en haillons.
[2] Emmanuel TODD, Le destin des immigrés, Seuil, Paris, 1994, p. 382.
[3] Albert CAMUS, Discours de Suède (1957), Folio Gallimard, Paris, 2001, p. 19.

Par Media Ratings, la première agence de notation des médias, http://www.m-r.fr/

Les émeutes françaises de l’automne 2005 (près de 10 000 voitures brûlées et 3 000 interpellations en 21 jours) furent déclenchées par la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traore, dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005.

Nous avons déjà analysé les errements de certains médias lors de ces émeutes urbaines.

 

 Récemment, un rapport de l’IGS (Inspection Générale des Services) a été rendu public.

Les médias français ont commenté ce rapport et tous ont insisté sur la responsabilité des policiers dans la course poursuite qui a conduit au drame :

- L’Humanité : « Au final, l’IGS qualifie le comportement de certains policiers « d’une légèreté et d’une distraction surprenantes »,

- Libération : « le comportement des forces de l'ordre a été «d'une légèreté et d'une distraction surprenante» »,

- Le Figaro : « ce document de quatorze pages souligne que certains fonctionnaires ont, ce soir-là, « fait preuve d'une légèreté et d'une distraction surprenantes »,

- Le Monde : « Dans ses conclusions, l'IGS établit qu'il y a bien eu une course-poursuite, et critique sévèrement le comportement, "d'une légèreté et d'une distraction surprenantes", de certains policiers. »,

- 20 Minutes : « Après la publication, jeudi, d'un rapport de l'IGS évoquant la «légèreté» de la police, dans la mort de deux jeunes, le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, le patron de la police des polices Eric Meillan a affirmé qu'au vu de l'enquête disciplinaire menée après la mort de Zyed et Bouna, «aucun manquement à ce jour n'est établi» de la part de la police ».

 

Etonnamment, l’élément déclencheur de la course poursuite rappelé dans le rapport de l’IGS a été ignoré par la quasi-totalité des médias : « Deux ou trois jeunes seraient entrés sur un chantier privé, un autre faisant le guet. Pour l'IGS, " la tentative de vol était bien constituée dans la mesure où ses auteurs n'avaient renoncé à leur action concertée et organisée, non pas de leur propre fait, mais suite à l'intervention rapide et efficace des policiers de la BAC 833 " »

 

On observe que seuls Le Figaro et le Monde ont expliqué à leurs lecteurs pourquoi les deux adolescents ont été poursuivis et pourquoi ils ont trouvé « refuge » dans un transformateur EDF.

Toutefois ces deux quotidiens ont titré leurs articles sur la « légèreté des policiers ».

Serait-ce une façon pour Le Figaro et Le Monde de minimiser l’élément déclencheur de la course poursuite, le vol sur un chantier ?

 

Il s’avère donc que la quasi-totalité des médias a enfreint le critère suivant de la méthode PHILTRE :

- Exhaustivité : non-occultation et non-omission d’éléments essentiels à l’intelligibilité de l’information présentée.

 

Enfin, tout lecteur intéressé par l’affaire regrettera que la totalité du rapport ne soit pas en accès libre. Il aurait pu se faire une idée par lui même de son contenu.


Drzz
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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 22:20
"L’antisémitisme et les excès francophobes font désormais partie du quotidien des Français. Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? – écrit Robert Redeker, philosophe, écrivain et professeur dans un lycée. L’article, publié dans 'Le Figaro' du 19 septembre dernier, a déclenché une série de menaces de mort à l’encontre de l’auteur pour une prétendue «offense envers l’islam et le prophète Mahomet». Depuis, l’auteur est contraint de se cacher dans son propre pays, sous la protection des services spéciaux." [D. Dastych est un citoyen polonais vivant en Pologne]. 


08/11/06

 

"Je n'ai pas le droit de mettre le nez dehors. Et ce depuis presque quatre semaines confie Redeker. L'homme qui a avoué être l'auteur de menaces contre moi a été remis en liberté, sous contrôle judiciaire. Et moi, qui suis la victime, je vis dans des conditions de quasi-détention. Je n'ai pas le droit de sortir, ne suis libre de rien, sauf d'envoyer des mails et de téléphoner. Je n'ai même pas le droit d'ouvrir les volets. Et l'un des coupables est remis en liberté ; lui, il a les droits dont moi j'ai été privé. C'est horrible à vivre." 

Tolérer le fanatisme, une fois de plus ?

 

Le Ministère de l’Education Nationale n’a accordé aucun soutien à Redeker. Combien de temps peut-on se cacher dans son propre pays, à cause d’une bande de terroristes fanatisés pourchassant un citoyen qui a simplement exprimé son inquiétude devant la vague des excès musulmans en réaction au discours du pape Benoît XVI ?

 

Le cas de Robert Redeker n’est pas le premier du genre. En septembre 2003, déjà, Louis Chagnon, un chrétien, professeur d’histoire au lycée Georges Pompidou de Courbevoie, avait été l’objet de poursuites judiciaires, à la suite d’un cours, dans lequel il avait dicté à ses élèves : Mahomet s’est mué en voleur et en assassin […] quand il fit massacrer tous les hommes de la troisième et dernière tribu juive de Médine, les Quraizah, soit 600 à 900 personnes, en mai 627. Les parents de certains élèves ont demandé au Ministère de l’Education Nationale de licencier le professeur. Ce fut alors le début d’une série de brimades et de vexations, au cours desquelles on n’hésita pas à faire appel à l’administration, à la justice, et à lancer une campagne de presse contre l’enseignant.

 

Le professeur Chagnon a été soutenu par différents sites, dont laic.info, Primo-Europe, UPJF.org, ainsi que par Ivan Rioufol, du Figaro. Il n’y avait pas encore de menaces de mort à son encontre, contrairement au cas de Redeker.

 

A la fin de son article Robert Redeker remarque :

 

"Comme aux temps de la guerre froide, la violence et l’intimidation sont les moyens auxquels recourt une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour imposer sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en fait la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut parler de l'Occident comme du « monde libre » par rapport au monde musulman, et, des fanatiques comme des adversaires de ce «monde libre»".

 

On ne saurait mieux dire. L’écrivain indien, Salman Rushdie - contre qui, en 1989, l’ayatollah Khomeiny fulmina une condamnation à mort, à cause de son roman "Les Versets sataniques" – fuit les assassins depuis dix-sept ans. Il n’y a pas si longtemps, il est venu en visite en Pologne. Lors de la conférence de presse, il plaisantait : « Je ne souhaite à personne d’être condamné à mort par Khomeiny. Ceci dit, je vis encore, ce qui n’est plus le cas de Khomeiny. Méfiez-vous des écrivains ! »

 

 

"Douce France" [1]

 

Dans un quartier populaire du 18e arrondissement de Paris, situé non loin de la Porte de la Chapelle, se dressait, en 1990, une tour solitaire – un immeuble communal banal, appelé par ses habitants « La tour de Babel ». Y cohabitaient, en effet, des Français d’origines diverses, de religions et de couleurs de peau différentes. Il s’y trouvait un club qui accueillait tout le monde. Il n’y avait pas de misère : c’était un quartier multiculturel, peuplé de gens ordinaires, avec de nombreux restaurants arabes et chinois, des commerces vietnamiens, et un marché local, multilingue, d’où émanaient des parfums exotiques.  

 

La "douce France" et ses idéaux républicains, Liberté – Egalité – Fraternité, attirent toujours les immigrants du monde entier. Les plus anciens d’entre eux, les Juifs, totalement intégrés, se considèrent comme des Français à part entière. L’intégration des musulmans, bien qu’ils soient de nationalité française - principalement d’Afrique du Nord -, se déroule beaucoup plus lentement, en opposition avec la société et avec un sentiment d’aliénation. Tout le monde n’a pas eu la chance de Zidane, et de nombreux jeunes musulmans cèdent à l’influence des courants radicaux. S’ensuivent des comportements archaïques de violences et de vandalisme (« Je fais brûler Paris »), allant jusqu’au crime. La France vit un moment difficile de conflits, de retour du racisme, d’antisémitisme, de xénophobie, mais aussi de… francophobie.

 

Vus de l’étranger, ces conflits interethniques et l’absence d’intégration de certaines populations, étonnent.

 

Cette France, où l’Eglise a été séparée de l’Etat, où la loi de 1905, modifiée en 2001 et en 2004, interdisant toute discrimination sur base religieuse, s’applique jusqu’à aujourd'hui, cette France-là ne gère plus ses propres lois.

 

Sa population compte aujourd'hui 63 millions d’habitants, dont 12% seulement pratiquent régulièrement une religion. 64,3 % s’estiment catholiques (dont 8% seulement de pratiquants), 27 % ne se reconnaissent dans aucune croyance, et 8,7 % pratiquent d’autres religions. Ce dernier groupe est constitué à 49,4 %, de musulmans, et à 7 % seulement, de pratiquants juifs (chiffres de 2004).


En chiffres absolus, les musulmans français sont 5 à 10 millions, et les Juifs français, 600 000 (dont 60 % de non-pratiquants) (1).

 

La démographie des religions ne nous fournit aucune base d’explication des conflits entre les musulmans et les Juifs. Les pouvoirs publics tentent de rendre populaire le respect mutuel des citoyens de différentes origines. La loi réprime les agressions à caractère raciste, ainsi que la négation du crime contre l’Humanité, qu’a été la Shoah. Quand, en mars 2004, le port ostentatoire de signes religieux (du foulard islamique pour les femmes, de la kippa, du port de grandes croix) a été interdit dans les écoles, un seul groupe a protesté violemment. Il y eut des manifestations d’élèves musulmanes, mais l’affaire sembla s’arrêter là. Les médias rapportèrent que, sur 13 millions d’enfants et d’adolescents, seules 1200 élèves portaient encore le foulard à l’école.

 

En juillet 2004, l’Assemblée Nationale vota la résolution (2) autorisant le refoulement des personnes « attisant la discrimination, la haine contre un individu ou un groupe déterminés ». Sur la base de cette résolution, l’imam Abdelkader Bouziane a pu être expulsé, en octobre 2004, pour avoir prêché que les maris avaient le droit de frapper leur femme.

 

 

"J’ai tué un Juif – J’irai au Paradis !"

 

Jusqu’aux années 1995, l’antisémitisme musulman en France était un phénomène soit rare, soit dissimulé. Le premier crime antisémite, perpétré le 19 octobre 2003, fut horrible. Sébastien Sellam, 21 ans, disc-jokey apprécié du club parisien des Champs-Elysées, le "Queen", était sorti prendre sa voiture, le soir, pour se rendre à son travail. C’est alors que son voisin musulman l’a agressé, égorgé, achevé à coups de couteau, puis l’a énucléé avec une fourchette. L’agresseur est rentré chez lui, les mains en sang : « Maman », a-t-il dit, j’ai tué un Juif, j’irai au paradis ! » La famille de l’assassin était déjà connue pour ses opinions antisémites. Et les proches de la victime avaient déjà trouvé des coqs à la gorge tranchée sur le seuil de leur porte – avertissement traditionnel d’assassinat. Le jour du crime, un autre musulman, Mohamed Grib, s’est jeté sur Chantal Piekolek (une Française de 53 ans, épouse d’un Juif), la lardant de 27 coups de couteau à la poitrine et au cou. A l’exception du journal Le Parisien, ces deux crimes n’ont pas retenu l’attention des médias. La police a conseillé à la famille de Sébastien de ne pas dire que le crime était antisémite.

 

Ce n’est que le second crime, également commis contre un Juif, découvert le 13 février 2006, qui a « mérité » la une des médias et a secoué l’opinion publique, en France et en Europe. Ce jour-là, en banlieue-sud de Paris, près d’une voie ferrée, à Bagneux, une femme découvre Ilan Halimi agonisant, atrocement mutilé.

 

Rappel des faits : Vers le 20 janvier, une jeune femme invite Ilan à le suivre. C’était un guet-apens. Le jeune homme est alors séquestré et atrocement torturé durant trois semaines, par un groupe arabo-noir, qui s’intitule lui-même "le gang des barbares". L’évocation d’un motif crapuleux - une rançon d’un million d’euros - a constitué la dernière tentative de la France pour essayer d’évacuer le mobile antisémite. Le corps d’Ilan a été brûlé avec des cigarettes, avec de l’acide, lardé de coups de couteau. Le meneur du groupe, Youssef Fofana, arrêté en Côte-d’Ivoire, après avoir fui la France, se justifie : Il s’en est pris à Ilan Halimi parce qu’il était Juif, et que les Juifs sont riches. Pour se tirer d’affaire, il utilise lui-même un cliché antisémite connu. La Cour de justice a finalement retenu le motif antisémite. 23 membres du gang ont été arrêtés. Des personnalités du gouvernement français se sont rendus à la Synagogue de la Victoire, de même que les représentants français des Cultes musulman et chrétien. Le 26 août, un cortège de cent mille personnes s’est formé, en hommage à Ilan, pour manifester contre le racisme et l’antisémitisme. La famille de la victime estime que la police a agi avec trop de lenteur ; tandis que les motifs antisémites sont toujours évoqués du bout des lèvres (3). Depuis, les parents ont connu de nouveaux tourments puisque une organisation tendancieuse, le MRAP, qui intente des procès intempestifs à beaucoup de Juifs, ou à des gens qui les défendent, s’est portée partie civile pour la défense de l’assassin, de manière abjecte et sans respect pour les parents qui s’y opposaient.

 

 

L’islam achète les médias

 

Ekmeleddin Ihsanoglu, président de l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique) a trouvé le moyen de contrer la prétendue campagne anti-islam dans les médias occidentaux. Lors d’une réunion de l’OCI, à Djedda (Arabie Saoudite), il a annoncé la couleur : « Les investisseurs musulmans doivent investir dans les grands médias internationaux, qui génèrent souvent d’importants bénéfices, afin de pouvoir influer sur leur politique par le biais de leurs conseils d’administration. »

 

A l’époque de la globalisation et de la libre circulation des capitaux, il n’est pas interdit d’investir dans les médias. Le capital arabe, particulièrement le saoudien, est, depuis longtemps, présent en Occident, et la France est l’un des pays où les Etats du Golfe investissent volontiers. Le réseau des intérêts entre les pays musulmans et la France est très vaste, il englobe de nombreux domaines du commerce et de l’industrie. La question est donc : dans quelle mesure les investissements arabes dans les médias influent-ils sur la traditionnelle modération française et son respect de la libre expression ? A Paris, circule la rumeur, selon laquelle 45 % du capital de la plus grande agence de presse française, l’AFP, serait déjà dans les mains du capital saoudien. Malgré la réputation de sérieux dont bénéficie cette agence dans la presse, sa politique d’information ne laisse pas d’éveiller parfois quelques soupçons [2]. Par exemple, jusqu’à il y a peu, l’AFP évitait de nommer les terroristes… des terroristes, inventant des euphémismes tels que « combattants », « partisans », ou « des résistants ». L’un de ses journalistes nous a relaté la petite anecdote suivante : il y a quelque temps, sur le tableau d’affichage des couloirs de l’AFP, est apparue une note autorisant dorénavant l’utilisation du mot « terroriste ». Pour combien de temps ? La presse - surtout celle de gauche, fait montre de beaucoup de « compréhension » et de sympathie envers les islamistes, attaquant sévèrement les Etats-Unis, Israël, le libéralisme et le capitalisme. En tête de liste, le respecté journal Le Monde… Ce fut ensuite le tour de Libération, dont les ventes chutaient, de chercher le salut. Caroline Fourest, la journaliste du populaire et satirique Charlie-Hebdo (le journal qui a repris les caricatures danoises, ce qui lui vaut un procès intenté par des organisations islamistes), craint l’influence des apports de l’argent arabe sur la direction de la presse politique ; c’est ainsi qu’elle imagine ironiquement (4) : « On pense à un nouveau Libé, mélange d’Al-Manar et d’islamo-gauchisme. » Quant à la difficile situation financière de certains journaux, mieux vaudrait les laisser péricliter plutôt que de se plier aux diktats des pays du Golfe.

 

La situation de la presse française est-elle vraiment si mauvaise, qu’il lui faille vendre sa liberté d’expression en échange des deniers arabes ? Il est difficile de répondre de manière unilatérale, car les relations de financement des médias avec les pays musulmans restent occultes (5).  Aucun problème par contre, avec les flux financiers sur les marchés de l’industrie, du matériel aéronautique et des armes. Récemment, Mme Michèle Alliot-Marie, Ministre française de la Défense, a signé un contrat préliminaire avec l’Arabie Saoudite pour la modique somme de 2 milliards et demi d’euros. La France livrera à l’Arabie Saoudite 30 hélicoptères de combat Fennec, 10 hélicoptères de transport NH-90 pour la marine, et au moins 2 avions-citernes Airbus A330-200. En 2007, est prévu un gros contrat de vente d’armes pour une valeur de 4 milliards d’euros. Quand parle Arès [3], les Muses se taisent. 

 

On peut lire, dans le magazine culturel américain, Telos, un article de Russell Berman, intitulé : "La liberté d’expression s’évanouit : la France et ses nouvelles répressions" [4]. En conclusion, l’auteur écrit :

 

« Nul doute qu’il existe un réel ennemi de l’Occident, prêt à détourner les avions et à faire sauter les trains ; mais il y a un autre ennemi : la logique de la peur et de la répression qui se sert de l’islam comme prétexte pour développer une nouvelle forme de culture : celle du contrôle [de la société]. Ce sera le revers de la médaille : si l’Occident ne fait pas preuve de détermination à se défendre, il ne luttera certainement pas davantage pour cette cause, face à un ennemi oriental – car la liberté est indivisible ».

 

 

Pas si "douce" que ça, la France

 

C’est probablement en parlant de ses congénères, que le Général de Gaulle avait dit un jour : « En général, les gens intelligents ne sont pas courageux, et les gens courageux ne sont pas intelligents ». La  "Douce France", ce pays idéal, qui attirait des opprimés du monde entier, n’existe plus. Peut-être, d’ailleurs, n’a-t-elle jamais existé.

 

Un autre Français - de gauche, cette fois -, Jean-Paul Sartre, écrivait : « Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres » (6). Aujourd’hui, c’est une autre gauche, tout aussi vivace et naïve que la précédente, qui s’enthousiasme pour cette « infernale variante » de l’islam, tout comme, auparavant, elle s’enthousiasmait pour le « véritable » communisme de Staline. Et l’extrême droite, celle de le Pen - ou celle qui est à droite de le Pen -, attise les nostalgies de Vichy et du maréchal Pétain. Entre ces extrêmes, vivent des Français normaux, normalement intelligents, et moyennement courageux ; ceux qui emplissent les rues, qui protestent contre les plaies de la France et du monde contemporain : le racisme, l’antisémitisme, le terrorisme. Ce sont eux qui ont encore le pouvoir de gagner la guerre face au « Califat » [5] qui leur est proposé, en France et en Europe, par Ben Laden et d’autres dhijadistes. Oriana Fallaci ne craignait pas de dénoncer, haut et fort, la violence qu’imposent, de nos jours, à notre civilisation, des fanatiques nostalgiques d’un lointain Moyen-Âge. C’est peut-être l’exemple à suivre. Qui reculera, perdra.

 

© David Dastych

 

Article écrit en collaboration avec Irena Elster qui l'a adapté du polonais.

 

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Notes

 

1. International Religious Freedom Report, 2006, Released by the US Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor. D’après l’IRFR la proportion (majoritaire) des incroyants serait la même chez les deux, ce qui est inexact. N.d.t.

2. Loi du 28 juillet 2004 « Sauf en cas de comportements de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l'Etat, ou liés à des activités à caractère terroriste, ou constituant des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes, nul ne peut faire l'objet d'une mesure d'expulsion, y compris dans les hypothèses mentionnées au dernier alinéa de l'article 25 ».

3. Voir Ilan Halimi, le canari dans la mine, éd. Yago/ Primo-Europe, 2006.

4. La tentation obscurantiste, Grasset, 2005.

5. Voir la recherche d’Atlantis Institute, du 17 nov. 2005, effectuée par Proche-Orient.info « Le Paysage télévisuel arabe et sa diffusion par satellite ».

6. Dans "Huis clos".

 

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Notes de la Rédaction d’upjf.org

 

[1] Allusion à la célèbre chanson qui porte ce titre, composée en 1943 par Charles Trenet. D’où l’ironie grinçante du titre du présent article - "Amère France".
[2] Voir, entre autres : " L’AFP occulte certaines informations, heureusement, l’Associated Press est là !" (Medias-Ratings)
.
[3] Arès, dieu de la guerre, selon la mythologie gréco-romaine.

[4] Russell Berman, "Free Speech Fades Away: France and the New Repression".

 

[5] Voir l’article "Califat", dans l’Encyclopédie Wikipedia, où il est précisé : " Aujourd'hui, certains mouvements panislamiques de l'islam politique, tels le Hizb ut-Tahrir ou les frères musulmans, [ont inscrit] dans leur programme politique l'exigence de la restauration du califat."

source : http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-12002-145-7-amere-france-david-dastych.html

Iran : L’AFP signe un accord de coopération avec les mollahs
24.10.2007

Notre site a été créé pour parler de l’Iran, le vrai, celui qui souffre, mais aussi pour faire des décodages des dépêches écrites par les journalistes iraniens travaillant pour l’AFP car ces dépêches évoquent les points de vue du régime des mollahs.

Décodages | C’est ainsi que ce site a inventé l’expression « faux opposants » et a mis un point d’honneur à reconstituer le parcours tortueux de ces personnes qui cherchent à se substituer aux vrais opposants. Au service du régime, ces faux-opposants délivrent un message hybride hostile à tout changement de régime.

Notre tâche est d’autant plus difficile que les iraniens de l’AFP parlent sans relâche des modérés ou des pragmatiques sans rappeler le passé de ces modérés aux mains sales, parfois sous mandat d’arrêt international pour crime contre l’humanité ou pour meurtres des vrais opposants exilés.

D’ailleurs les dépêches écrites par ces iraniens de l’AFP sont des copies conformes des dépêches iraniennes composées par l’agence de presse officielle du régime des mollahs, l’IRNA !

Désormais notre tâche sera encore plus difficile puisque c’est à Paris dans les locaux de l’AFP, que les directeurs généraux des agences de presse iranienne, IRNA, et française, AFP, ont signé un accord pour promouvoir leur coopération.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

Brigadier général des Pasdaran, Jalal Fayyazi (IRNA) et Pierre Louette (AFP)
Brigadier général des Pasdaran, Jalal Fayyazi (IRNA) et Pierre Louette (AFP)

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

Le milicien des Pasdaran, Jalal Fayyazi (IRNA) et Pierre Louette (AFP) ont évoqué les liens passés qui unissent ces deux agences et ont affirmé leur décision de multiplier les échanges de dépêches, de photographies, de vidéos ! Des séminaires seront organisés pour la formation des personnels qui doivent composer les dépêches qui conviennent à Téhéran. C’est une nouvelle bien effrayante parce que l’ensemble des articles de la presse française est composé avec des dépêches de l’AFP !

Avant d’accéder à la direction de l’IRNA, Jalal Fayyazi, brigadier général des Pasdaran, était chargé du bureau politique de cette milice terroriste, il a également dirigé le quotidien fondamentaliste Qods (nom islamiste de Jérusalem que les Pasdaran veulent libérer).

Iran Resist

 


Nouveau numéro du Choc du Mois: la dictature des médias

 

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 16:13

Le dernier numéro d’Historia, très bon magazine que nous citons fréquemment, traite des “vérités qui dérangent” à propos de la Guerre d’Algérie. Et ce à l’occasion de la sortie du film L’ennemi intime de Florent-Emilio Siri, le 3 octobre dernier.

Dans France Observateur (le futur Nouvel Observateur), en décembre 1951, Claude Bourdet signe une tribune intitulée “Y a-t-il une Gestapo française en Algérie ?” Depuis lors, notre vision des évènements algériens est prisonnière du politiquement correct imposé par les porteurs de valises du FLN (Parti communiste et consorts), qui se sont acharnés sur l’armée française au sujet de la torture alors que, pendant ce temps-là, les rebelles décapitaient tranquillement les civils européens à l’abri des caméras…

En 1954, l’armée française subit le double-poids d’un manque de cohésion hérité de la guerre fratricide qui a opposé les Français sous l’Occupation et d’un moral en berne après la défaite en Indochine. Dans ce contexte, ajouté au fait que les sections sont géographiquement éloignées les unes des autres, la torture s’installe d’elle-même en Algérie. La plupart du temps, les exactions relèvent plus de la bavure et de l’incident isolé que d’une politique délibérément organisée depuis Paris (jusqu’à la création du Centre de coordination interarmées - CCI - chargé, initialement, d’encadrer la torture mais qui fut brocardé comme l’instrument d’une “torture d’Etat”). L’écrasante majorité des soldats de l’armée française n’a pas pratiqué la torture. Les soi-disant “massacres”, quant à eux, sont la plupart du temps des réponses à des insurrections ou des meurtres de civils commis par les rebelles (notamment l’épisode de Philipeville en août 1955 - 1273 victimes - mais surtout le vrai-faux massacre de Sétif, réponse à une insurrection avortée et cachée derrière le masque de la manifestation pacifiste - le bilan est inconnu mais se rapproche des 10 000 morts).

Côté algérien, la torture, les massacres de civils (hommes, femmes et enfants) et les purges internes sont clairement revendiquées par le FLN dont c’est la stratégie inconditionelle. Le rebelles mènent une guerre totale visant à l’anéantissement de l’ennemi. Comme les bolcheviks russes en 1917 et les maoïstes plus tard. Le FLN mène une guerre révolutionnaire et s’en donne les moyens : 17 000 morts musulmans et plus de 13 000 disparus entre 1954 et 1962 ainsi que 4 000 musulmans morts en métropole. Le FLN se délocalise également… On compte 15 000 victimes des purges. A Philippeville, le 5 août 1959, après l’échec de l’offensive lancée par les rebelles, ceux-ci se vengent sur les villages voisins : tout le monde y passe, même les nourissons (bilan : 123 corps sont retrouvés par le gouverneur général Jacques Soustelle qui laisse son code de l’honneur au vestiaire). A Melouza, les fellagas assassinent 374 hommes proches du MNA (rival du FLN). Le FLN accusera l’armée française quand on découvrira le charnier. Le lendemain, 135 ouvriers agricoles sont tués à Wagram, près de Saïda. Et évidemment, n’oublions pas le fameux masacre de Oran, le 5 juillet 1962, deux jours après l’indépendance : 1 500 morts et disparus, des civils abandonnés par De Gaulle qui donna l’ordre aux soldats français de ne pas sortir de leurs casernes. “Je vous ai compris…”

Prisonniers de la dialectique marxiste exploités/exploitants, nous n’avons pas voulu, sur ce sujet comme sur d’autres, ouvrir les yeux sur l’horrible réalité de la guerre d’Algérie. Les intellectuels et la classe médiatique ont systématiquement pris le parti des insurgés, automatiquement victimisés et voyant de facto leurs exactions pardonnées. Nous savons maintenant que la réalité fut l’inverse de l’image d’Epinal véhiculée depuis 50 ans. A mesure que l’accès à ces informations se généralise, il n’y a pas d’excuse pour regarder en face notre passé, sans démarche militante et en toute objectivité. 

source : http://www.peres-fondateurs.com/~resistance/?p=2404

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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 19:58
Le Coran: un livre guerrier

Au vu de la carrière de Mahomet, si profondément marquée par le sang et les opérations militaires, on peut s’attendre à ce que le livre sacré légué au monde par le prophète de l’Islam soit également violent et intransigeant. Et c’est le cas: le Coran est le seul exemple d’écriture sacrée recommandant à ses adeptes de faire la guerre contre les incroyants.

Le Coran préconise la guerre

Le Coran contient plus de cent versets exhortant les croyants à faire le djihad contre les incroyants. «Ô prophète! Lutte durement contre les mécréants et les hypocrites et sois inflexible avec eux. L’enfer sera leur demeure, un bien pauvre refuge, en vérité» (Coran 9:73). «Lutte durement» est la traduction de djahidi, une forme verbale du terme arabe djihad. Cette lutte devait avoir lieu sur le champ de bataille. «Quand vous rencontrerez les incroyants sur le champ de bataille, frappez-les à la nuque et, quand vous les aurez maîtrisés, ligotez fermement vos captifs» (Coran 47:4). Ces ordres sont répétés avec insistance: «Ô croyants! Combattez les incroyants qui vous entourent et qu’ils vous trouvent fermes. Et sachez qu’Allah soutient ceux qui le craignent» (Coran 9:123).

Cette effort de guerre devait être dirigé contre ceux qui rejetaient l’Islam et ceux qui prétendaient être musulmans sans y adhérer totalement: «Prophète, fais la guerre aux incroyants et aux hypocrites et traite-les avec rigueur. L’enfer sera leur demeure – quel sort mauvais est le leur» (Coran 9:73). Cette guerre constituait une partie du conflit spirituel plus large entre Allah et Satan: «Ceux qui croient combattent dans la voie d’Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans la voie du diable. Alors, combattez les amis du diable» (Coran 4:76).

«Puis, lorsque les mois sacrés seront écoulés, tuez les idolâtres où que vous les trouviez Faites-les captifs, assiégez-les, tendez-leur des embuscades. Mais s’ils se repentent, qu’ils pratiquent le culte et paient leur aumône, laissez-les aller leur chemin. Allah est clément et miséricordieux» (Coran 9:5). L’«aumône» mentionnée ici est la zakat, l’un des cinq piliers de l’Islam, qui règle l’impôt religieux, la dîme. Ainsi, ce verset déclare que si les «idolâtres» deviennent des Musulmans, ils doivent être laissés en paix.

Les Juifs et les Chrétiens devaient être combattus, de même que les «idolâtres»: «Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni en le Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne reconnaissent pas la religion de la vérité, (même parmi) le Peuple du Livre, jusqu’à qu’ils paient la taxe de capitation [jiziah] en personne, après s’être humiliés» (Coran 9:29). La jiziah est une taxe imposée aux incroyants.

Le djihad est le premier devoir des Musulmans: «Ferez-vous du devoir de donner à boire aux pèlerins et d’entretenir la Mosquée sacrée des actes comparables à la dévotion de celui qui croit en Allah et au Jour dernier et qui combat dans la voie d’Allah? Ils ne sont pas égaux aux yeux d’Allah, et Allah ne guide pas ceux qui commettent des injustices. Ceux qui croient, qui renoncent à leur demeure et qui luttent dans la voie d’Allah [djihad fi sabil Allah], par leurs biens et par leur personne, ceux-là sont dans la plus haute estime auprès d’Allah – à eux le salut et la victoire» (Coran 9:19–20). La théologie islamique se réfère explicitement au djihad fi sabil Allah comme à un appel à prendre les armes au nom de l’Islam.

Le paradis est promis à ceux qui «tuent et sont tués» pour Allah: «Allah a acquis la personne et les biens des croyants en échange des jardins du paradis. Ils combattent dans Sa voie – ils tuent et se font tuer. C’est un engagement authentique de Sa part» (Coran 9:111).

On peut bien sûr spiritualiser de tels versets, mais la chronique historique ne laisse aucun doute sur le fait que Mahomet les comprenait de manière tout à fait littérale.

Mythe PC: Le Coran enseigne la tolérance et la paix

Mais, n’est-ce pas le cas, en fait: le Coran ne prêche-t-il pas vraiment la tolérance et la paix? Bien sûr, il y a quelques versets malsains çà et là, mais il y a aussi de nombreux versets qui prônent la fraternité entre les hommes et l’égalité, la dignité, de tous les êtres humains, non?

Non. Le conseil coranique le plus proche de la tolérance et de la coexistence pacifique consiste à recommander aux croyants de laisser les incroyants dans leur erreur: «Dis: ô incroyants! Je n’adore pas ce que vous adorez. Et vous n’adorez pas ce que j’adore. Je n’adorerai pas ce que vous adorez. Et vous n’adorerez pas ce que j’adore. À vous votre religion, et à moi ma religion» (Coran 109:1-6). Et s’ils doivent être laissés en paix dans leurs croyances, c’est pour qu’Allah puissent prendre soin d’eux: «Et endure leurs paroles avec patience, et éloigne-toi d’eux avec noblesse et dignité. Puis laisse-Moi traiter seul avec ceux qui vivent dans l’aisance et nient la vérité – accorde-leur un bref répit» (Coran 73:10–11).

Par-dessus tout, aucun Musulman ne devrait forcer quiconque à adopter l’Islam: «Nulle contrainte en religion: la vérité se distingue clairement de l’erreur. Quiconque rejette le diable rebelle et croit en Allah tient là le guide le plus solide, celui qui jamais ne le lâche» (Coran 2:256).

Mais est-ce là vraiment de la tolérance au sens où l’entendent les Occidentaux? Ce pourrait être un fac-similé acceptable si c’était là tout ce que le Coran avait à dire sur le sujet. Mais ce n’est pas le cas.

Mythe PC: Le Coran prescrit aux croyants de ne prendre les armes qu’en situation de légitime défense

À cette étape, les apologistes de l’Islam pourraient concéder que le Coran ne prévoit pas de maintenir les relations entre croyants et incroyants au stade du vivre-et-laisser-vivre. Ils pourraient admettre qu’il conseille aux croyants de se défendre puis affirmer qu’il s’agit là d’une attitude comparable à la notion de guerre juste prônée par l’Église catholique.

Le Coran fournit des arguments en faveur de cette thèse: «Combattez dans la voie d’Allah ceux qui vous combattent, mais ne transgressez pas (ou n’engagez pas les hostilités). Certes, Allah n’aime pas les transgresseurs (ceux qui engagent les hostilités).» Ainsi, les Musulmans sont enjoints, au moins par ce verset, de ne pas initier de conflits contre les incroyants. Mais une fois les hostilités engagées, les Musulmans doivent s’y consacrer avec ferveur: «Et tuez-les où que vous les trouviez, et chassez-les d’où ils vous ont chassés – l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les. Telle est la rétribution des mécréants. Mais s’ils cessent, Allah est clément et miséricordieux.»

Et quelle est la conclusion de cette guerre? «Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit exclusivement celle Allah» (Coran 2:190–193). Cela semble indiquer que la guerre doit continuer jusqu’à que le monde entier appartienne à l’Islam – que la religion y soit «celle d’Allah» – ou soit placé sous le règne de la loi islamique.

En conséquence, l’interprétation selon laquelle le djihad serait uniquement défensif reste problématique. Le mufti sud-africain Ebrahim Desai répétait ainsi un enseignement très commun dans l’Islam en répondant à la question suivante sur le site Internet «Islam Q & A Online» : «J’ai une question à propos du djihad offensif. Cela signifie-t-il que nous devons attaquer même les non-Musulmans qui n’ont rien entrepris contre l’Islam, juste parce que nous devons propager l’Islam?» Desai répondit:

Vous devez comprendre que nous, Musulmans, croyons fermement que toute personne qui ne croit pas en l’Islam comme elle le devrait est, de ce fait, un incroyant, condamné à l’enfer éternel. Ainsi, l’un des premiers devoirs du Musulman est de répandre l’Islam partout dans le monde et de sauver ainsi des gens de la damnation éternelle. Ainsi, ce que le passage du Tafsir Uthmani (un commentaire du Coran) vent dire est que si un pays ne permet pas la diffusion de l’Islam auprès de ses habitants d’une manière appropriée ou s’il s’oppose à cette diffusion, alors le gouvernant musulman est en droit de faire le djihad contre ce pays, afin que le message de l’Islam puisse atteindre ses habitants, et ainsi les sauver du feu de l’enfer. Si l’incroyant nous permet de répandre l’Islam paisiblement, alors nous n’engageons pas le djihad contre lui.[1]

En d’autres termes, si un pays est perçu comme un empêchement à la diffusion de l’Islam, les Musulmans sont tenus de faire la guerre contre lui. Et ce serait naturellement considéré comme un conflit défensif, en juste réaction à l’empêchement initial. Voici un autre exemple de l’élasticité et ainsi de l’inanité de la notion de légitime défense dans ce contexte: que constitue une provocation suffisante? Les défenseurs doivent-ils attendre que l’ennemi ait lancé la première attaque militaire? Ces questions ne trouvent aucune réponse claire dans la législation islamique, ce qui permet à n’importe qui de présenter à peu près n’importe quelle entreprise comme un acte de légitime défense sans violer les canons de ses lois. Mais cela enlève également tout sens à la revendication si souvent répétée selon laquelle le djihad ne pourrait être que défensif.

Les versets tolérants du Coran: «annulés»

De plus, les derniers mots que le Coran consacre au djihad ne sont pas défensifs, mais offensifs. Les sourates du Coran ne sont pas classées par ordre chronologique, mais en fonction de leur longueur. Par ailleurs, la théologie islamique divise le Coran en sourates «mecquoises» et «médinoises». Les chapitres mecquois proviennent de la première partie de la carrière de prophète de Mahomet, d’une époque à laquelle il appelait simplement les Mecquois à adopter l’Islam. Plus tard, après sa fuite à Médine, il durcit sa position. Les sourates médinoises sont moins poétiques et généralement beaucoup plus longues que celles de La Mecque; elles sont remplies de considérations légales et rituelles, et d’exhortations à la guerre contre les incroyants. Les versets relativement tolérants mentionnés plus haut et d’autres analogues datent donc généralement de la période mecquoise, tandis que ceux prônant une attitude plus violente et intolérante proviennent en grande partie de Médine.

Pourquoi cette distinction a-t-elle de l’importance? En raison de la doctrine islamique de l’abrogation (naskh) – notion selon laquelle Allah peut modifier ou abroger ses paroles adressées aux Musulmans: «Si Nous abrogeons un verset quelconque ou que Nous le fassions oublier, Nous en apportons un meilleur, ou un semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah est Omnipotent?» (Coran 2:106). Dans cette optique, les versets violents de la neuvième sourate, incluant le verset de l’épée (9:5), abrogent les versets pacifiques car ils furent révélés à une date ultérieure de la carrière prophétique de Mahomet. En fait, la majorité des autorités musulmanes s’accordent à dire que la neuvième sourate fut le dernier chapitre révélé du Coran.

Sur cette base, des théologiens islamiques affirmèrent que le verset de l’épée abroge pas moins de 124 versets plus pacifiques et tolérants du Coran.[3] Le Tafsir al-Jaladayn, un commentaire du Coran par les dignes imams Jalal al-Din Muhammad ibn Ahmad al-Mahalli (1389–1459) et Jalal al-Din Abd al-Rahman ibn Abi Bakr al-Suyuti (1445–1505), affirme que la neuvième sourate «a été envoyée lorsque la sécurité fut chassée par l’épée».[4] Un autre commentateur classique et respecté du Coran, Ismail bin Amr bin Kathir al Dimashqi (1301–1372), plus connu sous le nom de Ibn Kathir, déclare que la sourate 9:5 «abrogea tous les accords de paix entre le prophète et tout idolâtre, tous les traités et toutes les dispositions. (…) Aucun idolâtre n’a plus eu aucun traité ou promesse de sécurité depuis la révélation de la sourate Baraah (la neuvième sourate).»[5] Ibn Juzayy († 1340), un autre commentateur dont les œuvres sont toujours lues dans le monde islamique, concourt: le verset de l’épée a selon lui pour objet d’«abroger tous les traités de paix du Coran».[6]

Ibn Kathir précise cela clairement dans son commentaire d’un autre «verset tolérant»: «Et sa parole [la parole du Prophète à Allah]: ‹Seigneur, ce sont là des gens qui ne croient pas›. Et bien, éloigne-toi d’eux (pardonne-leur); et dit: ‹Salut!› [Salam] Car ils sauront bientôt.» (Coran 43:88–89). Ibn Kathir explique: «Dit Salam (paix) signifie: ne leur réponds pas de la manière malfaisante dont ils ont usé envers toi; tente au contraire d’adoucir leur cœur et pardonne-leur en paroles et en actes.» Mais le passage ne s’arrête pas là. Ibn Kathir entame alors la dernière partie: «Car ils sauront bientôt. C’est là un avertissement d’Allah pour eux. Son châtiment imparable les frappa, et sa religion et sa parole furent suprêmes. Par la suite, le djihad et la lutte furent rendus obligatoire jusqu’à que le peuple entre en masses dans la religion d’Allah et que l’Islam couvre toute l’étendue séparant l’est et l’ouest.»[7]

Or cette œuvre n’est pas encore achevée.

Tout cela signifie que la guerre contre les incroyants jusqu’à qu’ils deviennent des Musulmans ou qu’ils paient la jizia – l’impôt spécial sur les non-Musulmans prévu par la loi islamique – «après s’être humiliés» (Coran 9:29) est le dernier mot du Coran sur le djihad. La tradition islamique courante a interprété cela comme un ordre de marche permanent d’Allah contre la race humaine: la oumma (communauté) islamique doit rester en état de guerre perpétuelle avec le monde non musulman, un effort interrompu seulement par des trêves temporaires.

De nos jours, certains théologiens islamiques tentent d’édifier des visions alternatives de l’Islam, basées sur une compréhension différente de l’abrogation; mais ces efforts n’ont suscité que peu d’intérêt et de soutien parmi les Musulmans dans le monde, ceci d’autant plus qu’ils s’opposent de manière frontale aux interprétations qui ont fait foi durant des siècles dans l’Islam.

Mythe PC: la Bible est aussi violente que le Coran

Bon, le Coran prône la guerre. Mais la Bible aussi, non? Les apologistes islamiques et leurs alliés non musulmans tentent fréquemment de plaider l’équivalence morale entre l’Islam et le Christianisme: «Les Musulmans sont violents? Les Chrétiens aussi! Les Musulmans font leur djihad? Et qu’en est-il des Croisades? Le Coran recommande la guerre? Bah, je pourrais tout aussi bien dénicher des versets violents dans la Bible.» Vous pouvez trouver ce genre de choses dans toutes les traditions religieuses, nous dit-on. Aucune d’entre elles n’est plus ou moins susceptible d’inciter ses adeptes à la violence, nous assure-t-on.

Vraiment? Certains apologistes islamiques et défenseurs non musulmans de l’équivalence morale affirment que nous pouvons même trouver dans le Nouveau Testament de quoi exhorter les croyants à la violence. Ils désignent le plus souvent les deux passages suivants:

«Je vous le dis, on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Au reste, amenez ici mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, et tuez-les en ma présence» (Luc 19:16–27). La tromperie, manifeste, consiste ici à présenter les paroles d’un roi cité dans une parabole, et non les instructions de Jésus à ses adeptes. Mais ces «subtilités» sont souvent ignorées à l’ère des communications modernes. 

«Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère» (Matthieu 10:34–35). Si ce passage exhortait bel et bien à une quelconque violence littérale, ce serait un djihad intrafamilial. Mais il est absurde de l’invoquer comme un parallèle aux passages djihadiques du Coran, dont le nombre dépasse la centaine: même les croisés à leurs pires heures de vénalité et de cupidité n’invoquèrent jamais de tels passages. Et de toute manière, compte tenu du message global totalement pacifique de Jésus, il est évident que l’épée dont il parlait était allégorique, métaphysique. Interpréter ce texte de manière littérale, c’est méconnaître Jésus qui, contrairement à Mahomet, ne prit jamais part à des batailles. C’est aussi manquer de discerner la poésie, pourtant omniprésente, de la Bible.

 

Conscients, peut-être, de l’inanité d’une telle argumentation biblique, les apologistes islamiques désignent plutôt différents passages de l’Ancien Testament.

«Lorsque l’Éternel, ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, et qu’il chassera devant toi beaucoup de nations, les Héthiens, les Guirgasiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens, sept nations plus nombreuses et plus puissantes que toi; lorsque l’Éternel, ton Dieu, te les aura livrées et que tu les auras battues, tu les dévoueras par interdit, tu ne traiteras point d’alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâce» (Deutéronome 7:1–2).«Quand tu t’approcheras d’une ville pour l’attaquer, tu lui offriras la paix. Si elle accepte la paix et t’ouvre ses portes, tout le peuple qui s’y trouvera te sera tributaire et asservi. Si elle n’accepte pas la paix avec toi et qu’elle veuille te faire la guerre, alors tu l’assiégeras. Et après que l’Éternel, ton Dieu, l’aura livrée entre tes mains, tu en feras passer tous les mâles au fil de l’épée. Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail, tout ce qui sera dans la ville, tout son butin, et tu mangeras les dépouilles de tes ennemis que l’Éternel, ton Dieu, t’aura livrés. C’est ainsi que tu agiras à l’égard de toutes les villes qui sont très éloignées de toi, et qui ne font point partie des villes de ces nations-ci. Mais dans les villes de ces peuples dont l’Éternel, ton Dieu, te donne le pays pour héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire» (Deutéronome 20:10–17).

«Maintenant, tuez tout mâle parmi les petits enfants, et tuez toute femme qui a connu un homme en couchant avec lui; mais laissez en vie pour vous toutes les filles qui n’ont point connu la couche d’un homme» (Nombres 31:17–18).

 

Voilà du sérieux, non? Tout aussi grave que «tuez les incroyants où que vous les trouviez» (Coran 9:5) and «lorsque vous rencontrez (au combat) ceux qui ont mécru frappez-en les cous. Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement» (Coran 47:4) et tout le reste, non?

Non. À moins que vous ne soyez héthien, guirgasien, amoréen, cananéen, phérézien, hévien ou jébusien, ces passages bibliques ne vous concernent nullement. Le Coran exhorte les croyants à combattre les incroyants sans jamais spécifier dans le texte que seuls certains incroyants sont visés, ou pour une certaine période seulement, ou avec une quelconque autre distinction. S’il en faut en croire les textes tels qu’ils sont, l’ordre donné aux Musulmans de faire la guerre aux incroyants est illimité et universel. L’Ancien Testament, en revanche, prévoit expressément que les ordres guerriers donnés aux Israélites ne s’appliquent qu’à certains peuples bien précis. Ces injonctions tranchent douloureusement avec la sensibilité actuelle, c’est indéniable, mais elles sont très différentes dans leur impact. C’est la raison pour laquelle ni les Juifs ni les Chrétiens n’ont formé de groupes terroristes qui, aux quatre coins du monde, citent ces textes sacrés pour justifier le massacre de civils non combattants.

En revanche, Oussama Ben Laden, qui n’est que le membre le plus visible d’un réseau terroriste s’étendant de l’Indonésie au Nigéria, avec des antennes jusqu’en Europe occidentale et en Amérique du Nord et du Sud, cite généreusement le Coran dans ses communiqués. Dans sa «Déclaration de guerre contre les Américains occupant le pays des deux lieux saints» de 1996, il cite les sourates 3:145, 47:4–6, 2:154, 9:14, 47:19, 8:72 et naturellement le fameux «verset de l’épée», le 9:5.[10] En 2003, au premier jour de la fête sacrée musulmane de l’Eid al-Adha, la Fête du Sacrifice, il commença son sermon par: «Loué soit Allah qui révéla le verset de l’épée à son serviteur et messager [le prophète Mahomet] afin d’instaurer la vérité et d’abolir le mensonge.»[11]

Bien sûr, un esprit malveillant peut citer les Écritures à son profit, mais l’utilisation que fait Oussama de ces passages et d’autres est tout à fait conforme (comme nous allons le voir) à l’acceptation islamique traditionnelle du Coran. Lorsque les Juifs et les Chrétiens actuels lisent leur Bible, il est tout naturel pour eux de ne pas interpréter les passages mentionnés plus haut comme autant d’exhortations à violenter les incroyants. Cela est dû à des siècles de traditions de réflexion et d’interprétation qui ont permis de s’éloigner du sens littéral de ces passages. Mais en Islam, il n’existe aucune tradition comparable. Les passages djihadiques du Coran ne sont absolument pas lettre morte. En Arabie Saoudite, au Pakistan et ailleurs, les écoles islamiques sont des foyers de recrutement essentiels des groupes terroristes djihadiques: les élèves y apprennent qu’ils sont tenus de faire le djihad, et ces groupes leur en offrent la possibilité concrète.

* * *

[1] “I have a question about offensive Jihad”, Islam Q & A Online avec le mufti Ebrahim Desai, question 12128 du Canada, www.islam.tc/asl-imam/view.php ?q=12128
[2] Sidik Aucbur, “The true meaning of Jihad”, www.khilafah.com, 11 mai 2003
[3] Ibn Arabi, dans Suyuti, Itqan iii, 69. Cf. John Wansbrough, Quranic Studies, Prometheus, 2003, p. 184.
[4] «Sura at-Tawba: Repentance», Tafsir al-Jalalayn, traduction anonyme, republiée sur http://ourworld.compuserve.com/homepages/ABewley/tawba1.html
[5] Ibn Kathir, vol. 4, 377.
[6] «Sura at-Tawba: Repentance», Tafsir al-Jalalayn, traduction anonyme, republiée sur http://ourworld.compuserve.com/homepages/ABewley/tawba1.html
[7] Ibn Kathir, vol. 8, 668.
[8] «Question #34770: There is no compulsion to accept Islam», Learn Hajj Jurisprudence, Islam Q & A, http://63.175.194.25/index.php?In=eng&ds=qa&lv=browse&QR=34770&dgn=4
[9] Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI), «PA TV Broadcasts Call for Killing Jews and Americans», MEMRI Special Dispatch No. 138, 13 octobre 2000, http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP13800
[10] Oussama Ben Laden, «Declaration of War against the Americans Occupying the Land of the Two Holy Places», 1996. http://mideastweb.org/osamabinladen1.htm
[11] Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI), «Bin Laden’s Sermon for the Feast of the Sacrifice», MEMRI Special Dispatch No. 476, 5 mars 2003. http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP47603

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 22:18

Le rapport de l'OCDE 2007 montre la piètre performance du système éducatif français


Le rapport 2007 de l’OCDE sur l’éducation fait pour la première fois une comparaison directe entre les dépenses d’éducation et les résultats des élèves. Accablant pour la France, ce rapport fait tomber bien des idées reçues.

 

Il montre qu’à pouvoir d’achat égal, un élève français aura coûté jusqu’à 15 ans 50 % plus cher à son pays qu’un élève coréen… pour une performance moindre, les élèves coréens de 15 ans arrivant en tête des tests internationaux dans toutes les matières, loin devant la France (PISA 2003).

 

Plusieurs hypothèses viennent alors à l’esprit :

 

Les élèves coréens réussissent mieux parce qu’il ont passé plus de temps sur les bancs de l’école…

 

Faux. Entre l’âge de 7 ans et celui de 14 ans, les Français passent environ 7750 heures sur les bancs de l’école alors que les Coréens en passent moins de 6000 !

 

Les élèves coréens sont plus performants parce que leurs professeurs ont plus de temps à consacrer à chacun d’eux…

 

Faux. En maternelle, le nombre d’élèves par adulte est de 20,2 en Corée, et seulement de 13,7 en France ; en primaire, le nombre d’élèves par enseignant est de 28 en Corée, et de 19,4 en France ; dans le secondaire, il est de 18,2 en Corée, contre 12,2 en France.

 

En Corée, l’éducation coûte moins cher parce que les professeurs sont moins bien payés qu’en France.

 

Faux. A pouvoir d’achat égal, les enseignants coréens sont en 3e position en terme de rémunération, la France loin derrière à la 20e place. Plus encore : « Après 15 ans d’exercice, le salaire des enseignants du premier cycle du secondaire représente bien plus du double du PIB par habitant en Corée » – largement en tête de tous les pays –, alors qu’il n’est que légèrement supérieur au PIB par habitant en France.

 

Si les professeurs sont mieux payés en Corée, c'est parce qu’ils font plus d’heures de cours.

 

Faux. En primaire, un enseignant coréen passe 800 heures dans l’année devant ses élèves, un instituteur français plus de 900 heures ; dans le secondaire, en collège et lycée, moins de 600 heures en Corée, plus de 600 en France.

 

Nulle échappatoire : Si l’éducation coûte si peu cher à la Corée avec des professeurs mieux payés pour moins d’heures d’enseignement à délivrer, et si les élèves réussissent si bien dans des classes plus chargées et avec moins d’heures de cours à suivre, c’est que le système éducatif et les méthodes d’apprentissage sont plus efficaces.

 

On peut donc faire mieux avec moins de professeurs et moins de moyens.

 

Si, rien que dans le secondaire, la France s’alignait sur la Corée en nombre d’élèves par professeur, les effectifs d’enseignants en collèges et lycées baisseraient de 170 000 fonctionnaires, soit une économie de 8,2 milliards d’euros par an.

 

La France est concernée au premier chef lorsque le rapport conclut que « dans les pays de l'OCDE, il est possible d'améliorer les résultats de l'apprentissage de 22 % sans revoir à la hausse les moyens mobilisés en faveur de l'éducation. »



Michel de Poncins: PRIVATISER L’EDUCATION

18 09 2007

Votre argent vous intéresse

 

l’économie de marché expliquée à tous 

 

Nous avons déjà parlé dans ces leçons des biens culturels sous l’angle de l’économie de marché. Nous allons aujourd’hui aborder ce bien d’essence supérieure qu’est l’éducation. C’est plus important que l’économie de marché développe ses bienfaits pour les biens d’essence supérieure que pour les biens moins importants.

 

Il est clair que dans le domaine de l’éducation la responsabilité et le devoir des parents sont primordiaux. C’est à eux, dans le droit naturel, que revient la tâche de choisir l’éducation de leurs enfants et de la diriger. Dans l’accomplissement de cette tâche, ils essaieront de transmettre le meilleur de ce qu’ils ont reçu de leurs propres parents, en l’améliorant si possible puisque chaque génération apporte ses progrès. Dans cet esprit, toute intervention de l’Etat est malvenue.

 

Cela n’empêche pas que les parents font appel à ce que l’on peut considérer comme des sous-traitants c’est-à-dire les entreprises d’éducation à la fois écoles, maisons d’édition, répétiteurs, etc. En bonne logique d’économie de marché et si la liberté souhaitable régnait dans ce domaine, il y aurait un grand nombre d’entreprises d’éducations concurrentes à la recherche permanente de la meilleure qualité.

 

A l’inverse, il est facile d’observer dans beaucoup de pays la véritable catastrophe qu’engendre la nationalisation de l’éducation. La France est un exemple emblématique de cette calamité.

 

Le premier aspect est l’immensité de l’administration en question. Il est coutume de dire que le service public de l’éducation nationale est en quelque sorte la dernière armée soviétique du monde, avec 1 260 000 membres du personnel et 14 000 000 d’élèves; l’effectif du personnel comprend un administratif sur trois enseignants.

 

Toute personne habituée au management peut comprendre qu’un tel ensemble est par nature impossible à gouverner ; s’ajoutent inévitablement les syndicats embusqués partout et jouant les véritables maîtres du système parfaitement ingérable. L’immensité de l’ensemble interdit à la fois de vraiment innover et d’innover en outre suivant les besoins diversifiés du terrain. Cette même immensité oblige à gouverner par des nuées de réglementations absurdes et inopérantes au niveau de la base. A titre d’exemple un proviseur du lycée ne choisit ni ses enseignements, ni ses élèves ni ses professeurs, même si son autorité s’exerce au moins sur les locaux, les horaires et les femmes de ménage… . Autre exemple : le « mammouth » est passé jusqu’ici à coté de l’utilisation massive de l’informatique !

 

Le caractère étatiste conduit à des objectifs parfaitement chimériques. L’on peut citer pêle-mêle : la mixité dans les établissements, le collège unique soi-disant prévu pour réaliser l’égalité des chances et dont la vanité est bien connue, la quasi suppression de l’émulation avec souvent la renonciation à une vraie notation.

 

Voulant assurer l’uniformité générale de l’éducation, autre objectif chimérique, l’administration a créé artificiellement la carte scolaire qui oblige chacun à inscrire ses enfants dans un établissement voisin de son domicile. Comme tout système artificiel, cette répartition absurde est tournée par les riches et les habiles, les pauvres et les non-informés restant les victimes.

 

Dans la course à la catastrophe, il ne manque pas la diffusion d’idées révolutionnaires. Sur l’économie en particulier l’enseignement est largement tourné vers le marxisme et sur le plan historique la vérité est largement occultée, avec l’aide des éditeurs.

 

L’effet à la fois de l’obésité du « mammouth » et de l’orientation quasi marxiste de l’éducation est surtout nuisible aux faibles et aux pauvres. Les riches ou tout au moins les plus favorisés trouvent des moyens latéraux pour éduquer leurs enfants comme ils l’entendent même s’ils n’y arrivent pas toujours. Les pauvres et les faibles sont évidemment démunis devant le mammouth et la production massive d’illettrés les touche particulièrement. Un million deux cent mille salariés, généralement de base, souffrent d’illettrisme ; les patrons se plaignent de ce que des cadres ne savent pas rédiger un rapport.

 

Cet état désolant de la prétendue éducation prétendue nationale en France se retrouve dans tous les pays où, même si le mammouth est moins imposant, il existe une large nationalisation de l’éducation : c’est le cas en partie aux États-Unis et malgré une plus grande atmosphère de liberté qu’en France.

 

Ne voulant pas réformer l’éducation malgré quelques coups de menton, le pouvoir en France refuse la seule vraie réforme qui serait sa privatisation c’est-à-dire la reconnaissance officielle du jeu de l’économie de marché dans l’éducation.

 

Tout le monde se souvient des grandes manifestations pour la liberté de l’enseignement il y a plusieurs années ; malgré une immense démonstration populaire et après avoir simulé un retrait, le pouvoir s’est attaché à bétonner le service public et laïc de l’éducation. La liberté de l’enseignement avec son corollaire le bon scolaire n’aurait pourtant été qu’un début. La vraie formule est la privatisation de l’éducation en commençant par la vente des universités à des capitaux privés ou à des associations et ensuite par la même opération au niveau des grands lycées.

 

La privatisation de quelque système que ce soit dans le libre jeu de l’économie de marché conduit à un progrès de la qualité et, dans le temps, à la réduction de moitié des coûts. La privatisation de l’enseignement en France conduirait à des dizaines de milliards d’euros d’économie avec enfin, grâce aux bienfaits de la concurrence, le retour du pays dans le peloton de tête des nations civilisées.

 

Le raisonnement étendu au monde entier conduirait à une forte progression du PIB mondial qui est presque impossible à mesurer.

 

En France tout au moins ce serait la vraie rupture dans un domaine essentiel.

source : http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2007/09/michel-de-poncins-privatiser.html


Citoyens de seconde zone dans leur propre pays

(Source: www.blog-identitaire.com)

L’immigration-invasion que subit le continent européen à évidemment des répercussions dans les secteurs les plus divers de notre quotidien et l’école n’échappe pas à ses conséquences. Le phénomonène le plus spectaculaire en est l’insécurité qui a transformé les écoles en centres d’apprentissage du crime. Mais le choc de l’immigration invasion avec l’école a des conséquences plus inattendues. Alors que l’on nous serine à longueur de journées sur la nécessaire égalité entre les citoyens de notre République, les professeurs pratiquent en réalité une discrimination envers les élèves français de souche. Le « vieux fantasme » de la relégation des Blancs au rang de citoyens de seconde zone dans leur propre pays, dénoncé par la classe médiatique et intellectuelle comme une vieille lubie d’extrême-droite, vient pourtant d’être confirmé dans l’ouvrage très politiquement correct, « L’apartheid scolaire : enquête sur la ségrégation ethnique dans les collèges ». Un ouvrage qui n’aurait pas « pu voir le jour sans le soutien financier du FASILD ( Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations) » et de la région Aquitaine.

Les trois sociologues reviennent sur les préjugés des « les élèves français [Blancs] » qui « dénoncent les passes-droits et le favoritisme dont feraient l’objet les étrangers à l’école ». Les enseignants appliqueraient ainsi deux poids, deux mesures, selon les origines ethniques des élèves. Pourtant, « ces propos », forcément racistes pour les associations et les ligues de vertu, « s’ancrent aussi dans une certaine réalité scolaire : les enseignants considèrent les élèves allochtones comme particulièrement défavorisés et peuvent avoir tendance à être plus cléments avec eux » car « l’antiracisme, présent par tradition dans le système scolaire, pèse sur les pratiques enseignantes, les incitant à la prudence et à la clémence ». Ainsi les « élèves allochtones du Maghreb, d’Afrique Noire et de Turquie » se voient attribués de meilleures notes du fait de leurs origines ethniques, « leur sur-notation est de 2,6 points » entre les notes obtenues en classe durant les deux dernières années de collège (le contrôle continu) et les notes obtenues lors de l’épreuve sur table du brevet alors que l’écart moyen est d’environ 2 points sur 20. Ce « traitement de faveur » qu’accordent les enseignants auprès des « jeunes issus de l’immigration » est motivé parce « qu’ils pensent en toute bonne foi qu’ils sont plus défavorisés » et « aussi parce qu’ils sont tétanisés par la peur de se voir accusés de racisme et de susciter une réaction de violence chez les élèves incriminés. »

Oui vous avez bien lu, les « allochtones » sont sur-notés par les professeurs car ceux-ci sont terrorisés par leur violence et par les accusations éventuelles de racisme !

Ce fruit amer de la pensée antiraciste que l’on désigne sous le vocable de « discrimination positive », terme de la novlangue de la pensée unique pour désigner la discrimination étatique à l’encontre des Blancs, continue de gangrener notre civilisation suicidaire. Que ce soit au travail, à l’école et dans les administrations, les Blancs sont bel et bien considérés comme des citoyens de seconde zone au profit des peuples « allochtones ». Le Système à tuer les peuples est en marche et les peuples européens en sont la prochaine victime, mais c’est sans compter sur les jeunes Identitaires qui ont décidé de répondre coups pour coups à ces attaques. Car nous voulons rester maîtres chez nous !

Gäel Paris

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 22:14

par Ion Mihai Pacepa

Le KGB a fait de la corruption de l’Église une priorité
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dimanche 4 février 2007, par Thomas


L’Union Soviétique n’a jamais apprécié de vivre dans le même monde que le Vatican. Les plus récentes découvertes montrent que le Kremlin était prêt à tout pour combattre l’anticommunisme ferme de l’Église Catholique.

En mars 2006, une commission parlementaire italienne concluait « au-delà de tout doute raisonnable que les dirigeants de l’Union Soviétique avaient pris l’initiative d’éliminer le pape Karol Wojtyla, » en représailles de son soutien en Pologne au mouvement dissident Solidarność. En janvier 2007, quand des documents dévoilent que le nouvellement nommé archevêque de Varsovie Stanislas Wielgus a collaboré avec la police politique de l’ère communiste de Pologne, il admet les accusations et démissionne. Le jour suivant, le recteur de la cathédrale Wawel de Kracovie, site funéraire des rois et reines polonais, démissionnait pour la même raison. On a alors appris que Michal Jagosz, un membre du tribunal du Vatican pour la béatification du pape Jean-Paul II, est accusé d’être un ancien agent secret communiste ; selon les médias polonais, il avait été recruté en 1984 avant de quitter la Pologne pour prendre poste au Vatican. Aujourd’hui, un livre est sur le point d’être publié qui identifiera 39 autres prêtres dont les noms ont été trouvés dans les fichiers de la police secrète de Kracovie, et dont certains sont actuellement évêques. De plus, il semble que cela ne fait qu’effleurer la surface des choses. Une commission spéciale va bientôt commencer des investigations sur le passé de tous les religieux durant l’ère communiste, car des centaines d’autres prêtres catholiques de ce pays sont soupçonnés d’avoir collaboré avec la police secrète. Et il ne s’agit que de la Pologne - les archives du KGB et celles de la police politique du reste de l’ancien bloc soviétique restent à ouvrir sur les opérations menées contre le Vatican.

Dans mon autre vie, lorsque j’étais au centre des guerres de Moscou contre les services secrets étrangers, j’ai moi-même été impliqué dans un effort délibéré du Kremlin pour calomnier le Vatican en décrivant le Pape Pie XII comme un sympathisant nazi au coeur dur. Finalement, l’opération n’a pas causé de dommage durable, mais elle a laissé un mauvais arrière goût dont il est difficile de se débarrasser. Cette histoire n’a encore jamais été racontée auparavant.

Combattre l’Église

En février 1960, Nikita Khrushchev approuve un plan ultra-secret pour détruire l’autorité morale du Vatican en Europe de l’Ouest. L’idée est née du cerveau du patron du KGB Alexandre Shelepin et d’Aleksey Kirichenko, le membre du Politburo responsable des opérations internationales. Jusqu’à présent, le KGB avait combattu son « ennemi mortel » en Europe de l’Est, où le Saint-Siège avait été cruellement attaqué comme un repère d’espions à la solde de l’impérialisme américain, et ses représentants sommairement emprisonnés comme espions. Maintenant, Moscou voulait que le Vatican soit discrédité par ses propres prêtres, sur son propre territoire, en tant que bastion du nazisme.

Eugenio Pacelli, le Pape Pie XII, fut choisi comme cible principale du KGB, son incarnation du mal, parce qu’il était décédé en 1958. « Les morts ne peuvent pas se défendre » était le dernier leitmotiv du KGB. Moscou venait juste de se faire regarder de travers pour avoir monté une machination et emprisonné un prélat vivant du Vatican, le cardinal Jòzsef Mindszenty, Primat de Hongrie, en 1948. Pendant la révolution politique hongroise de 1956, il s’était échappé de sa détention et trouva asile à l’ambassade des États-Unis de Budapest, où il commença à rédiger ses mémoires. Quand les détails de la machination dont il avait été victime furent dévoilée aux journalistes occidentaux, il fut considéré par la plupart comme un héro et un martyr.

Comme Pie XII avait été le nonce apostolique à Munich et à Berlin lorsque les nazis commencèrent leur tentative d’accès au pouvoir, le KGB a voulu le décrire comme un antisémite qui avait encouragé l’Holocauste d’Hitler. La difficulté résidait dans le fait que l’opération ne devait pas permettre qu’on soupçonne si peu que ce soit l’implication du bloc soviétique. Tout le sale boulot devait être pris en charge par des mains occidentales en utilisant des preuves venant du Vatican lui-même. Cela éviterait de reproduire une autre erreur commise dans le cas Mindszenty, qui avait été accusé sur la base de faux documents soviétiques et hongrois [1].

Pour éviter une nouvelle catastrophe comme celle de Mindszenty, le KGB avait besoin de plusieurs documents originaux du Vatican, même n’ayant qu’un lointain rapport avec Pie XII, que les experts en désinformation pourrait légèrement modifier et projeter sous une « lumière appropriée » pour montrer la « véritable image » du Pape. Le problème était que le KGB n’avait pas accès aux archives du Vatican et c’est là que le DIE dont je faisais partie, les services secrets roumain, entrait en jeu. Le nouveau chef des services secrets soviétiques, le général Alexandre Sakharovsky avait créé le DIE en 1949 et avait été jusqu’à peu notre conseiller en chef soviétique ; il savait que le DIE était en excellente position pour contacter le Vatican et obtenir les autorisations pour faire des recherches dans ses archives. En 1959, quand j’avais été affecté à l’Allemagne de l’Ouest sous la couverture de porte-parole de la Mission Roumaine, j’ai organisé un échange d’espions où deux officiers du DIE (le colonel Gheorghe Horobet et le major Nicolae Ciuciulin), qui avaient été pris sur le fait en Allemagne de l’Ouest, ont été échangés contre l’évêque catholique Augustin Pacha, emprisonné par le KGB sur la fausse accusation d’espionnage et qui fut finalement rendu au Vatican via l’Allemagne de l’Ouest.

Infiltrer le Vatican

« Siège-12 » était le nom de code donné à cette opération contre Pie XII, et j’en devins l’homme-clef en Roumanie. Pour faciliter mon travail, Sakharovsky m’avait autorisé à informer (faussement) le Vatican que la Roumanie était prête à renouer ses relations interrompues avec le Saint-Siège, en échange de l’accès à ses archives et d’un prêt sans intérêt sur 25 ans d’un milliard de dollars [2]. L’accès aux archives du Pape, devais-je expliquer au Vatican, était nécessaire pour trouver des racines historiques permettant au gouvernement roumain de justifier publiquement son revirement à l’égard du Saint-Siège. Le milliard (non, ce n’est pas une faute typographique), m’a-t-on dit, a été mis en jeu pour rendre plus plausible la soi-disant volte-face de la Roumanie. « S’il y a une chose que les moines comprennent, c’est l’argent » faisait remarquer Sakharovsky.

Mon implication récente dans l’échange de Mgr Pacha contre les deux officiers du DIE m’ouvrit en effet des portes. Un mois après avoir reçu les instructions du KGB, j’ai eu mon premier contact avec un représentant du Vatican. Pour des raisons de confidentialité, cette réunion — et la plupart de celles qui ont suivi — se tint en Suisse dans un hôtel de Genève. J’y fut présenté à un « membre influent du corps diplomatique » qui, m’avait-on dit, avait commencé sa carrière en travaillant aux archives du Vatican. Il s’appelait Agostino Casaroli, et j’appris bientôt qu’il était effectivement influent. Il me donna sur le champ accès aux archives du Vatican, et bientôt, trois jeunes officiers du DIE se faisant passer pour des prêtres roumains épluchèrent les archives papales. Casaroli acquiesça aussi « sur le principe » à la demande de Bucarest pour le prêt sans intérêt, mais dît que le Vatican désirait y mettre certaines conditions [3].

Pendant les années 1960 à 1962, le DIE parvint à dérober des centaines de documents liés de près ou de loin au pape Pie XII venant des archives du Vatican ou de la bibliothèque apostolique. Tout était immédiatement envoyé au KGB par courrier spécial. En réalité, aucun document compromettant contre le pontife ne fut trouvé dans tous ces documents photographiés en secret. Il s’agissait principalement de copies de lettres personnelles et de transcriptions de réunions et de discours, toutes rédigées dans le monotone jargon diplomatique auquel on peut s’attendre. Néanmoins, le KGB continua de demander d’autres documents. Et nous leur en avons envoyés d’autres.

Le KGB produit une pièce de théâtre

En 1963, le général Ivan Agayant, le célèbre chef du département de désinformation du KGB, atterrit à Bucarest pour nous remercier de notre aide. Il nous dît que « Siège-12 » avait abouti à une efficace pièce de théâtre attaquant le pape Pie XII, intitulée Le Vicaire (The Deputy), une référence indirecte au Pape comme représentant du Christ sur Terre. Agayants se vantait d’avoir inventé lui-même les grandes lignes de la pièce et nous dit qu’elle avait un volumineux appendice de documents réunis par ses experts grâce aux documents que nous avions dérobés au Vatican. Agayants nous dît aussi que le producteur du Vicaire, Erwin Piscator, était un communiste dévoué qui avait des liens de longue date avec Moscou. En 1929, il avait fondé le Théâtre Prolétaire à Berlin, puis avait demandé l’asile politique à l’Union Soviétique lorsqu’Hitler était arrivé au pouvoir, et avait « émigré » quelques années plus tard aux États-Unis. En 1962, Piscator était de retour à Berlin Ouest pour produire Le Vicaire.

Pendant toutes mes années en Roumanie, j’ai toujours pris ce que me disaient mes patrons du KGB avec précaution, parce qu’ils avaient l’habitude de manipuler les faits de manière à faire de l’espionnage soviétique l’origine de tout. Mais j’avais des raisons de croire les fanfaronnades d’Agayants. C’était une légende vivante dans le domaine de la désinformation. En 1943, alors qu’il résidait en Iran, Agayants lança un rapport de désinformation disant qu’Hitler avait entraîné une équipe spéciale pour kidnapper le président Franklin Roosevelt à l’ambassade américaine à Tehéran, pendant un sommet allié qui devait s’y tenir. Le résultat fut que Roosevelt accepta d’installer son quartier général dans une villa à l’intérieur du périmètre de « sécurité » de l’ambassade soviétique, gardée par un grosse unité militaire. Tout le personnel soviétique affecté à la villa était constitué d’officiers du renseignement sous couverture qui parlaient anglais mais qui, à de rares exceptions près, l’avaient caché pour pouvoir écouter ce qui se disait. Même avec les moyens techniques limités de l’époque, Agayants a été capable de fournir heure par heure à Staline des rapports sur ses hôtes américains et britanniques. Ceux-ci aidèrent Staline à obtenir de Roosevelt l’accord tacite de conserver les pays baltes et le reste des territoires occupés par l’Union Soviétique en 1939-40. On raconte qu’Agayants avait aussi incité Roosevelt à appelé familièrement Staline « Oncle Joe » pendant le sommet. Selon Sakharovsky, Staline y trouva encore plus de plaisir qu’en ses gains territoriaux. On dit qu’il s’esclama joyeusement « L’infirme est à moi ! ».

Un an avant la sortie du Vicaire, Agayants réussit un autre coup de maître. Il fabriqua de toutes pièces un manuscrit conçu pour convaincre l’Occident que le Kremlin avait profondément une haute opinion des Juifs ; il fut publié en Europe de l’ouest avec un grand succès populaire, sous le titre Notes for a journal. Le manuscrit fut attribué à Maxim Litvinov [4] né Meir Walach, un ancien commissaire soviétique aux affaires étrangères, qui avait été limogé en 1939 lorsque Staline a purgé son appareil diplomatique des Juifs en préparation du pacte de « non agression » avec Hitler [5]. Ce livre d’Agayants était si parfaitement contrefait que l’historien britannique spécialiste de la Russie soviétique le plus éminent, Edward Hallet Carr, fut totalement convaincu de son authenticité et en écrivit même la préface [6].

Le Vicaire vit le jour en 1963 comme le travail d’un allemand de l’ouest inconnu nommé Rolf Hochhuth, sous le titre Der Stellvertreter christliches Trauerspiel (Le Vicaire, une tragédie chrétienne). Sa thèse centrale était que Pie XII avait soutenu Hitler et encouragé l’Holocauste. Elle provoqua immédiatement une grande controverse sur Pie XII, qui était décrit comme un homme froid et sans cœur plus préoccupé par les propriétés du Vatican que par le sort des victimes d’Hitler. Le texte original est une pièce de huit heures, terminée par 40 à 80 pages (selon l’édition) de ce que Hochhuth appelait « documentation historique ». Dans un article de journal publié en Allemagne en 1963, Hochhuth défend son portrait de Pie XII en disant : « Les faits sont là : quarante pages serrées de documentation dans l’appendice de ma pièce. » Dans une interview radiophonique donnée à New York en 1964, lorsque Le Vicaire y fut joué pour la première fois, Hochhuth dit : « J’ai trouvé nécessaire d’ajouter à la pièce un appendice historique, cinquante à quatre-vingt pages (selon la taille de l’impression). » Dans l’édition originale, l’appendice est intitulée « Historische Streiflichter » (éclairage historique). Le Vicaire a été traduit en près de 20 langues, coupé drastiquement et l’appendice souvent omise.

Avant d’écrire Le Vicaire, Hochhuth, qui n’avait pas le baccalauréat (Abitur), avait travaillé à différents postes insignifiants pour la maison d’édition Bertelsmann. Dans des interviews, il déclarait qu’il avait pris un congé en 1959 pour aller à Rome où il passa trois mois à parler aux gens puis à rédiger la première ébauche de la pièce, et où il posa « une série de questions » à un évêque dont il refusait de dire le nom. Très peu vraisemblable ! À peu près au même moment, je rendais des visites régulières au Vatican comme messager accrédité d’un chef d’État, et je n’ai jamais pu entraîner dans un coin un quelconque évêque bavard — et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Les officiers clandestins du DIE que nous avions infiltrés au Vatican rencontrèrent aussi des difficultés insurmontables pour pénétrer dans les archives secrètes du Vatican, alors même qu’ils avaient une couverture de prêtres en béton.

Pendant mes derniers jours au DIE, si je demandais à mon chef du personnel, le général Nicolae Ceausescu (le frère du dictateur), de me donner un récapitulatif du dossier d’un subordonné, il me demandait à chaque fois « Promotion ou déchéance ? » Pendant ses dix premières années, Le Vicaire eu plutôt pour effet le déchéance du Pape. La pièce suscita une rafale de livres et d’articles, certains accusant et d’autres défendant le pontife. Certains allèrent jusqu’à rejeter la responsabilité des atrocités d’Auschwitz sur les épaules du pape, certains démolirent méticuleusement les arguments de Hochhuth, mais tous contribuèrent à attirer l’attention qu’on portait alors à cette pièce plutôt snob. Aujourd’hui, beaucoup de personnes qui n’ont jamais entendu parlé du Vicaire sont sincèrement convaincues que Pie XII était un homme froid et méchant qui détestait les Juifs et aida Hitler à s’en débarrasser. Comme avait l’habitude de me dire Yuri Andropov, l’incomparable maître de la tromperie soviétique, les gens sont plus prompts à croire la saleté que la sainteté.

Les mensonges dévoilés

Vers le milieu des années 1970, Le Vicaire commença à s’essouffler. En 1974, Andropov nous avoua que si l’on avait su alors ce qu’on sait aujourd’hui, nous n’aurions jamais dû nous en prendre à Pie XII. Ce qui fit alors la différence fut la parution de nouvelles informations montrant qu’Hitler, loin d’être ami avec Pie XII, avait en fait conspiré contre lui.

Quelques jours seulement avant l’aveu d’Andropov, l’ancien commandant suprême de l’escadron SS en Italie pendant la Seconde Guerre Mondiale, le général Karl Friedrich Otto Wolff, était relaché de prison et confessait qu’en 1943, Hitler lui avait donné l’ordre d’enlever le pape Pie XII au Vatican. Cet ordre était si confidentiel qu’il n’est jamais apparu après la guerre dans aucune archive nazie ni n’est ressorti d’aucun interrogatoire par les alliés des officiers SS et de la Gestapo. Dans sa confession, Wolff déclare qu’il avait répondu à Hitler qu’il lui faudrait six semaines pour mettre l’ordre à exécution. Hitler, qui rendait responsable le pape du renversement du dictateur italien Benito Mussolini, voulait que ce soit fait sur le champ. Finalement, Wolff persuada Hitler que les conséquences d’un tel plan seraient très négative et le Fürher y renonça.

C’est seulement dans l’année 1974 que le cardinal Mindszenty publia ses mémoires, qui décrivaient avec force détails le coup monté dans dont il avait été victime dans la Hongrie communiste. Sur la foi de documents fabriqués, il fut accusé de « trahison, abus de devises étrangères et conspiration », accusations « toutes punissables de mort ou d’emprisonnement à vie ». Il décrivit aussi comment ses « confessions » falsifiées prirent vie d’elles-mêmes. « Il me semblait que tout le monde reconnaîtrait immédiatement que ce document était une grossière contrefaçon, tellement il était l’œuvre d’un esprit maladroit et inculte » écrit le cardinal. « Mais quand par la suite j’ai pris connaissance des livres, journaux et magazines étrangers qui parlaient de mon affaire et commentaient mes "confessions", j’ai réalisé que le publique avait dû conclure que la "confession" avait bien été écrite par moi, bien que dans un état de semi-conscience et sous l’influence d’un lavage de cerveau... Que la police ait publié un document qu’ils avaient eux-mêmes créé paraissait finalement trop gros pour être cru. » De plus, Hanna Sulner, l’expert en graphologie hongroise utilisée pour circonvenir le cardinal, qui s’est échappée à Vienne, a confirmé qu’elle avait fabriqué de toutes pièces la « confession » de Mindszenty.

Quelques années plus tard, le pape Jean-Paul II ouvrit le procès en canonisation de Pie XII, et les témoins du monde entier ont implacablement prouvé que Pie XII était un ennemi d’Hitler, et non un ami. Israel Zoller, le grand rabbin de Rome entre 1943 et 1944, lorsqu’Hitler reprit la ville, consacra un chapitre entier de ses mémoires à louer le gouvernement de Pie XII. « Le Saint Père rédigea de sa main une lettre aux évêques leur donnant l’instruction renforcer les barrières des couvents et monastère, afin qu’ils puissent devenir des refuges pour les Juifs. Je connais un couvent où les soeurs dorment dans la cave pour donner leurs lits aux réfugiés juifs. » Le 25 juillet 1944, Zoller a été reçu par le pape Pie XII. Les notes prises par le secrétaire d’État [NdT : en fait pro-secrétaire d’État] du Vatican Giovanni Battista Montini (qui deviendra le pape Paul VI) montrent que Rabbi Zoller remerciait le Saint Père pour tout ce qu’il avait fait pour la communauté juive de Rome — et ces remerciements furent retransmis à la radio. Le 13 février 1945, Rabbi Zoller était baptisé par l’évêque auxiliaire de Rome Luigi Traglia dans l’église Sainte Marie des Anges. Pour exprimer sa gratitude envers Pie XII, Zoller prit le nom chrétien d’Eugenio (le nom du pape). Un an plus tard, la femme et la fille de Zoller furent aussi baptisées.

David G. Dalin, dans Le mythe du pape d’Hitler : Comment le pape Pie XII a sauvé des Juifs des nazis, publié il y a quelques mois, a rassemblé d’autres preuves incontestables de l’amitié d’Eugenio Pacelli pour les Juifs qui a commencé bien avant qu’il ne soit pape. Au début de la Seconde Guerre Mondiale, la première encyclique du pape Pie XII était tellement anti-hitlérienne que la Royal Air Force et l’Armée de l’Air française en ont lâché 88.000 exemplaires au-dessus de l’Allemagne.

Durant les 16 dernières années, la liberté de religion a été restaurée en Russie et une nouvelle génération s’est battu pour développer une nouvelle identité nationale. On peut seulement espérer que le président Vladimir Poutine prendra conscience de l’utilité d’ouvrir les archives du KGB et de les étaler au grand jour pour que tout le monde puisse voir comment les communistes ont calomnié l’un des plus grand papes du siècle dernier.

P.-S.

Le général Ion Mihai Pacepa est le plus haut gradé de tous les espions qui ont jamais fuit le bloc soviétique. Son livre Red Horizons a été publié dans 27 pays. Cet article est la traduction d’un article de National Review Online

Notes

[1] Le 6 février 1949, quelques jours seulement avant la fin du procès, Hanna Sulner, l’experte en graphologie hongroise qui avait fabriqué les « preuves » utilisées contre le cardinal s’est échappé à Vienne et a montré des microfilms des « documents » sur lesquels le procès était fondé, qui étaient tous des documents fabriqués, « certains ostensiblement dans les mains du cardinal, d’autre portant sa soi-disant signature », produit par elle.

[2] Les relations de la Roumanie avec le Vatican avaient été rompues en 1951, lorsque Moscou avait accusé la nonciature apostolique de Roumanie d’être la couverture d’un avant-poste de la CIA et avait fermé ses bureaux. Les locaux de la nonciature à Bucarest sont devenus ceux du DIE, et abritent aujourd’hui une école de langues étrangères.

[3] En 1978, lorsque j’ai quitté définitivement la Roumanie, j’étais encore en train de négocier ce prêt, qui s’était alors réduit à 200 millions de dollars.

[4] NdT : voir la revue française de science politique .

[5] Le pacte de non agression entre Staline et Hitler fut signé le 23 août 1939 à Moscou. Il contenait un protocole secret qui partageait la Pologne entre les deux signataires et donnait aux soviétiques le champ libre en Estonie, Létonie, Finlande, Bessarabie et la Bukovine du Nord

[6] Carr a écrit une histoire de la Russie soviétique en dix volumes.


Ne pas oublier Lénine

Il y a quatre-vingt-dix ans éclatait la révolution d’Octobre. Jadis, on la commémorait, même en Occident, à son de trompes, parce que Lénine et ses camarades avaient incarné pendant longtemps l’idéal prolétarien et humain de l’émancipation, de la libération, de la venue d’un monde fraternel. Aux temps de la déstalinisation, Lénine avait été épargné ; il passait pour le bon communiste trahi par le mauvais.
Près de vingt ans après la chute du mur de Berlin et l’implosion du communisme soviétique, le ton n’est plus celui de la célébration. Il est difficile aujourd’hui d’éluder les responsabilités de Lénine dans la mise en place d’un régime de terreur. Ce que, pendant des décennies, l’Occident lui-même s’était refusé de savoir a été porté au grand jour, d’abord par une avant-garde intellectuelle des pays de l’Est, puis par les historiens mettant à profit l’ouverture d’archives jusque-là inaccessibles. Ce sont ces sources inédites qui sont à l’origine de notre numéro spécial.

« La folie de la Révolution fut de vouloir instituer la vertu sur Terre. Quand on veut rendre les hommes bons et sages, libres, modérés, généreux, on est amené fatalement à vouloir les tuer tous », a fait dire à l’un de ses personnages Anatole France. Tel est le paradoxe de toute révolution dont le rêve central est de changer l’homme, créer l’homme nouveau et un peuple neuf. L’entreprise implique une pédagogie mais aussi une violence d’État. La terreur imposée est à proportion de l’ambition. Les arrestations arbitraires, les condamnations sommaires, les liquidations de masse, la police politique omniprésente, la surveillance ininterrompue de chacun, les persécutions religieuses, les déportations, l’encouragement à la délation ont été érigés en système permanent de gouvernement. Des pratiques qui ont laissé de profondes cicatrices. Aujourd’hui, en Europe de l’Est, dans ces pays si improprement nommés « démocraties populaires », les mémoires douloureuses et les ressentiments enfouis refont surface pour s’installer parfois au cœur du débat public. On n’en a pas fini avec les effets de la terreur.

« Oublier Lénine » était dans les années 1970 un slogan des intellectuels de gauche pour qui le bolchevisme n’était plus un exemple à suivre. Aujourd’hui, devant le bilan humain du communisme soviétique, dont il fut le fondateur, mais aussi des régimes qui, en Chine, au Cambodge ou dans l’ancien glacis soviétique après 1945, se sont réclamés du « marxisme-léninisme », le mot d’ordre des historiens doit bien être de « ne pas oublier Lénine ».

L’Histoire

(Editorial du numéro spécial sur les “Crimes cachés du communisme”)

(Source: http://www.histoire.presse.fr/)


Revue “L’Histoire”, numéro spécial

Les crimes cachés du communisme

Il y a quatre-vingt-dix ans le Parti bolchevique prenait le pouvoir en Russie. La lumière se fait tout juste sur l’ampleur des crimes commis, dès l’origine, en URSS, mais aussi en Chine, au Cambodge ou, sous une forme moins sanglante, dans les démocraties populaires. Grâce à des documents exceptionnels, pour beaucoup inédits en France, les historiens font le point dans ce dossier sur les aspects longtemps occultés de cette terreur.

En Kiosque.


Avec “Katyn”, Wajda raconte à 81 ans l’histoire de ses parents

nullLégende du cinéma mondial, le Polonais Andrzej Wajda a présenté mercredi à Varsovie son nouveau film, dans lequel il raconte l’histoire tragique de son père, l’un des 22.500 officiers polonais massacrés par les Soviétiques en 1940 à Katyn et d’autres camps.

Le cinéaste, âgé de 81 ans, a choisi de placer au début du film, sous le titre de “Katyn”, une dédicace: “A mes parents”. Son père, Jakub Wajda, était capitaine d’un régiment d’infanterie de l’armée polonaise. Il a été exécuté d’une balle dans la nuque par le NKVD, la police secrète de Staline. Et comme des centaines d’autres femmes, sa mère a longtemps refusé d’accepter sa mort. “Ma mère s’est nourrie d’illusions jusqu’à la fin de sa vie, car le nom de mon père figurait avec un autre prénom sur la liste des officiers massacrés”, a-t-il raconté à l’issue de la première projection du film pour la presse.

Symboliquement, la première du film aura lieu le 17 septembre, le jour même où en 1939, l’Armée rouge envahit l’Est de la Pologne pour se partager le pays à l’amiable avec l’Allemagne nazie qui avait commencé son invasion le 1er septembre.

Le film commence ce jour-là sur un pont où deux foules se pressent en sens inverse: l’une pour fuir l’Armée rouge, l’autre la Wehrmacht. Il se termine sur les images insoutenables des exécutions perpétrées une à une dans la forêt de Katyn.

Le massacre fut révélé pour la première fois par les nazis qui mirent au jour les charniers après la rupture du pacte germano-soviétique et leur invasion de l’URSS en juin 1941.

L’URSS rejeta immédiatement la responsabilité du massacre sur les nazis. L’Occident resta muet pour ne pas envenimer ses relations avec Moscou, devenu un allié indispensable dans la guerre contre Adolf Hitler.

Le film est une fiction, mais, a insisté Andrzej Wajda, il est basé sur des histoires et des épisodes authentiques. Une bonne partie du film se déroule à Cracovie et raconte l’attente des femmes entre 1939 et 1950. Le cinéaste a également utilisé des images d’archives tournées par les Allemands lors de l’exhumation des corps en 1941, puis celles tournées par la propagande soviétique.

“Ce film n’aurait pas pu voir le jour avant, ni dans la Pologne communiste, ni en exil, en dehors de la Pologne, où il n’y avait pas d’intérêt pour le sujet”, a déclaré le cinéaste.

“Aucun cinéaste sain d’esprit n’aurait pu le tourner à l’époque communiste, sinon, il aurait dû présenter la version officielle”, a-t-il dit. Car le film montre aussi le mensonge entretenu par le régime communiste polonais qui a persisté à attribuer le massacre aux Allemands.

Ce n’est qu’en avril 1990 que le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a fini par reconnaître la responsabilité de l’URSS. En Pologne, pratiquement jusqu’à la chute du communisme, il était interdit de parler de Katyn, dont la forêt est devenu le symbole du massacre des élites polonaises, même s’il s’est déroulé dans plusieurs lieux, à Kharkiv (Ukraine) et à Miednoïe (Russie).

“J’espère qu’il y aura d’autres films sur le même sujet. Mon, film n’est qu’un premier film”, a déclaré le cinéaste, qui a reçu en 2000 un Oscar pour l’ensemble de sa carrière de plus de cinquante ans.

“Enfin il y a ce film”, a déclaré l’acteur Andrzej Seweryn, présent lors de l’avant-première. “Toute la Pologne l’attendait. Wajda n’a pas pu échapper à ce film, il s’est longtemps préparé à le faire, il appréhendait le sujet, cherchait le bon scénario”, a-t-il ajouté, “c’était pour lui tellement important”.

Pour assurer la réussite du film, Wajda a confié les images à Pawel Edelman, chef-opérateur pour le Pianiste de Roman Polanski et la musique au compositeur polonais Krzysztof Penderecki.

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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 22:50
[Conférence prononcée par Bat Ye'or à l'Assemblée Générale de France-Israël du 26 avril 1992, sous la présidence de P.-Ch. Taittinger, vice-président du Sénat, Michel Darmon, président de France-Israël, et en présence de S.E. Yehuda Lancry, ambassadeur d'Israël. Cette conférence fut publiée (France-Israël, mai-juin 1992) et dans un tiré-à-part en quatre pages avec quatre illustrations du récent ouvrage de Bat Ye'or, Les Chrétientés d'Orient entre Jihad et Dhimmitude: VIIe-XXe siècle, Paris: Les Editions du Cerf, 1991]


 
Bat Ye'or

 

     Peu de personnes savent ce qu'est la dhimmitude et cependant aujourd'hui la dhimmitude est plus actuelle que jamais. La dhimmitude fut l'univers juridique, politique, spirituel des Juifs et des Chrétiens indigènes dont les pays furent conquis par le jihâd et gouvernés par la loi islamique: la shari'a. L'univers de la dhimmitude a englobé des millions de personnes, il a couvert trois continents - Afrique, Asie, Europe - il a duré de treize siècles à quelques siècles selon les régions. La dhimmitude vient du mot arabe "dhimmi" qui désignait les Juifs et les Chrétiens indigènes gouvernés et protégés par la loi islamique. 
     Il y eut deux vagues majeures d'islamisation des pays chrétiens par le jihâd. La 1ère fut la vague arabe de 632 à 750 qui couvrit toute la rive sud de la Méditerranée, de l'Espagne à l'Arménie. La 2ème fut la vague turque du XIe au XVIe siècle, elle couvrit l'Arménie, l'Anatolie, les Balkans et la Grèce.
     Tous ces pays étaient peuplés exclusivement de Chrétiens avec, selon les lieux, de larges communautés juives. Une partie de ces populations fut massacrée, une autre réduite en esclavage, une autre déportée, et une autre devint dhimmie. 
 

      Le mot dhimmitude définit l'ensemble des relations entre d'une part l'umma, la communauté islamique, et d'autre part le Peuple du Livre (la Bible), c'est-à-dire les indigènes juifs et chrétiens (ahl al-kittab). Aujourd'hui l'intérêt de ce passé réside dans l'enseignement qu'il nous livre sur les relations que les peuples musulmans nouèrent au cours des siècles avec le "Peuple du Livre", qu'ils combattirent par le jihâd, ou gouvernèrent dans la dhimmitude et ceci sur trois continents. 

     Les peuples de la dhimmitude furent nombreux: Juifs, Grecs, Syriens, Egyptiens, Arméniens, Maronites, Berbères, Espagnols, Bulgares, Slaves, peuples de cultures, langues, religions différentes: catholiques, grecs-orthodoxes, monophysites, nestoriens, juifs. Comment ces pays chrétiens furent-ils progressivement islamisés et, pour le sud méditerranéen, de façon irrévocable? Il y eut certes de nombreux facteurs, mais l'un parmi les plus importants, fut la corruptibilité des chefs chrétiens. 
     A toutes les époques et à tous les niveaux, notamment aux postes de responsabilités, des Chrétiens - chefs religieux, politiques, intellectuels, cadres, militaires - trahissent et collaborent avec les forces musulmanes. Si bien que les victoires de l'islam furent des victoires de Chrétiens islamisés ou ralliés à l'islam contre d'autres Chrétiens. Cette collaboration - alliance du patriarcat et du califat - fut active tout au long de la dhimmitude et jusqu'à aujourd'hui.
     Tant que Juifs et Chrétiens se soumettaient à la loi islamique, c'est-à-dire acceptaient l'état de dhimmitude, l'Etat musulman théoriquement protégeait leur vie et leurs biens. Il leur reconnaissait une liberté religieuse limitée, et le droit de s'administrer selon leurs lois civiles. Leur chef: patriarche, pour les Chrétiens, chef de la communauté pour les Juifs, les représentaient auprès du calife qui ratifiait leur nomination. 
     Les dhimmis toutefois devaient accepter des contraintes fort nombreuses d'ordre politique, économique et religieux. Chrétiens et Juifs jugés impurs et inférieurs par la loi islamique  étaient soumis dans tous les domaines à un système d'inégalité et d'humiliation.

LES DROITS MONNAYABLES

     Brièvement, les caractères principaux de la dhimmitude sont les suivants:

1)     La dhimmitude est la conséquence du jihâd. Le concept de jihâd exclu toute légitimité d'une souveraineté politique autre qu'islamique. C'est pourquoi tout acte de guerre est licite, dans les pays non-musulmans (dar al-harb) excepté dans le cas de traités qui ne peuvent être que provisoires. (1)

2)     La dhimmitude, institutionnalisée par les lois islamiques, est intégrée à la shari'a.

3)     Les deux Peuples du Livre, Juifs et Chrétiens ont exactement le même statut juridique, les mêmes droits, les mêmes obligations sous les lois de l'Islam. Ils sont indissociables, et leur destin historique par rapport au jihâd et à la dhimmitude furent identiques et le sont encore. Ici, j'ouvre une parenthèse pour préciser que malgré cette identité de destin, les Eglises orientales demeuraient tout autant judéophobes et hostiles l'une à l'autre. Car le monde de la dhimmitude est celui de l'esclavage spirituel, de la souffrance, de l'avilissement, de l'insécurité, de la haine de soi et des autres. Juifs et Chrétiens vécurent ainsi côte à côte, servant le maître musulman, s'entre-aidant parfois, se trahissant toujours. Une situation encore actuelle.

4)     Les droits du dhimmi sont des droits concédés, c'est-à-dire qu'ils peuvent être annulés, ils ne sont pas attachés à la personne humaine. Ses droits à la vie et à la sécurité sont monnayables, il doit sans cesse les racheter par une capitation coranique, la jizya. Le rachat de ses droits est indissociable d'une condition obligatoire d'humiliation, d'infériorité et de vulnérabilité extrême.

     Telle fut la dhimmitude qui est intégrée à la shari'a, considérée par les Musulmans comme une juridiction d'inspiration divine. Et là réside le dilemme car ce système qui paraît juste aux Musulmans, nous semble à nous, Peuple du Livre, fondamentalement injuste. Ainsi nous avons deux conceptions radicalement opposées de la justice.
     La situation est différente dans les Etats musulmans modernes, car sous la pression des Etats occidentaux à la fin du XIXe siècle et sous la colonisation, la dhimmitude fut abolie et des juridictions inspirées de l'Occident furent adoptées.
     Cependant la mentalité du jihâd existe toujours dans les groupes fondamentalistes et dans les masses, et la dhimmitude, c'est-à-dire la persécution ou la marginalisation des indigènes juifs et chrétiens dans les pays musulmans n'a jamais cessé. Aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus de Juifs dans les pays musulmans et de nombreux Chrétiens se convertissent ou émigrent. De plus, si les islamistes rétablissaient la shari'a, l'idéologie du jihâd et de la dhimmitude reviendrait. De plus, les intellectuels musulmans n'ayant jamais soumis le jihâd et la dhimmitude à un examen critique, ces politiques continuent d'être jugées parfaites. 
 

LA PROTECTION AVILISSANTE

     Il est certain qu'au Moyen-Age, toutes les religions étaient oppressives et fanatiques. Néanmoins, les autorités politiques et religieuses occidentales ont dénoncé les idéologies et les juridictions du passé, contraires à la dignité et aux droits de l'homme. 

     L'histoire de la dhimmitude est une histoire de souffrance et d'humiliation, d'usurpation de terres, de destruction de civilisations indigènes, d'exploitation fiscale des droits humains. Et cette histoire a bien existé même si, à certaines époques, les pays islamiques accueillirent les persécutés juifs et chrétiens, même si les lois islamiques se référant au Coran interdisent les conversions forcées et assurent protection à l'indigène non-musulman, protection uniquement garantie dans le système avilissant de la dhimmitude. Il est vrai que ce système, parfois plus ou moins tolérant que d'autres, s'intégrait aux préjugés et mentalités de l'époque, et que les périodes de massacres et d'esclavage résultaient aussi de situations incontrôlables. 
     Mais il n'en reste pas moins que les peuples dhimmis des régions arabisées et d'Anatolie et d'Arménie ne purent survivre que par le rançonnage permanent de leur propre existence tolérée dans l'insécurité et l'humiliation. Le génocide des Arméniens fut le premier de ce siècle.

     Dans ce contexte de dhimmitude, Israël représente la libération d'un peuple dhimmi. D'où la volonté de le sataniser dans les instances internationales, de l'avilir et de légitimer un terrorisme qui perpétue l'insécurité dans laquelle vivait le dhimmi et le droit que s'arrogeait le Musulman sur sa vie. Or ce droit d'Israël doit être reconnu sans pré-condition. Tant que la légitimité d'Israël n'est pas reconnue, la légitimité des autres peuples dhimmis chrétiens libérés de la dhimmitude: Espagnols, Grecs, Slaves, Arméniens, n'est pas non plus assurée. Si la dhimmitude doit être obligatoire pour un peuple de la Bible, les Juifs, alors elle l'est aussi pour l'autre peuple de la Bible, les Chrétiens.
     Cette solidarité du Peuple de la Bible, inscrite dans le dogme et la juridiction islamique par treize siècles d'histoire, ni les Chrétiens d'Orient ni l'Occident ne l'ont comprise. 
     Au contraire, les Chrétiens d'Orient, certainement à cause de leur condition d'otage, se sont unis aux forces antisionistes, se faisant ainsi l'instrument de leur propre destruction. 
 

L'ANTISIONISME: SOURCE D'ANTISEMITISME

     Je prendrai deux exemples:

1)     Le nationalisme arabe qui fit des Chrétiens le fer de lance du jihâd contre Israël, fut l'instrument idéologique, politique, culturel, d'anéantissement du christianisme d'Orient et fit exploser le Liban. Ici je voudrais mentionner la propagande des Eglises irakiennes, syriennes et arabo-palestiniennes. Otages du monde arabo-musulman, elles sont utilisées par les Etats arabes pour propager en Occident l'antisémitisme et l'antisionisme. Prétendant avoir toujours bien vécu dans le monde musulman, elles attribuent la détérioration de leurs relations avec l'islam à la création de l'Etat hébreu, accusé de provoquer le radicalisme islamique. 
     Accusations démenties par l'histoire, car la destruction du christianisme oriental et les nombreux massacres qui ponctuèrent ce processus, précédèrent de plusieurs siècles le rétablissement de l'Etat hébreu.

2)     L'antisionisme occidental, conséquence de l'arabophilie, constitue aujourd'hui l'une des sources majeures de l'antisémitisme. Or la délégitimation d'Israël implique la délégitimation de l'Occident, car la haine anti-occidentale et la haine contre Israël s'enracinent dans le même dogme, la même juridiction, la même histoire. Et cette association s'inscrit dans treize siècles de dhimmitude. 
     Sur le plan idéologique, l'antisionisme est une menace contre l'Occident lui-même, contre les valeurs qu'il s'efforce de promouvoir dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

     Je soulignerai que la dhimmitude apporte un mésage de paix et de réconciliation.

1)     Paix entre les Eglises et les peuples, car la dhimmitude fut la conséquence de leurs haines réciproques et de leur aveuglement.

2)     Paix entre les Peuples de la Bible. Or, aujourd'hui, les forces antisionistes cherchent à développer la haine antisémite et anti-israélienne en Occident. On ne voit pas pourquoi seuls les Juifs seraient privés de souveraineté nationale dans leur pays. Quiconque est anti-israélien est ipso-facto anti-chrétien. Et certains Chrétiens orientaux, émissaires en Europe du jihâd anti-israélien, en occultant leur propre histoire de dhimmi ne font que creuser leur tombe et celle de l'Europe.
     Car le destin des deux Peuples du Livre sont unis et inséparables. Quand Israël se bat contre les valeurs du jihâd et de dhimmitude, il mène aussi le combat du Chrétien. L'un ne se sauvera pas sans l'autre. Et si les deux se combattent mutuellement, tous deux risquent de périr. Soyons aussi attentifs aux forces qui cherchent à semer la haine entre l'Occident et Israël pour les utiliser l'un contre l'autre. Chrétiens et Juifs doivent comprendre que leurs intérêts sont communs. Qu'ils le veuillent ou non, c'est le chemin déterminé par l'histoire depuis treize siècles et dont le but tel qu'il m'apparaît est la réconciliation des trois religions monothéistes. 
     Aujourd'hui, si nous voulons établir des relations de coexistence pacifique entre Juifs, Chrétiens et Musulmans, il est essentiel tout d'abord, d'annuler le principe de l'impureté de l'infidèle encore actuel aujourd'hui comme le prouvent l'interdiction aux non-Musulmans de visiter la Mecque et Médine et, en Arabie, les restrictions au culte des habitants chrétiens.
     Il serait aussi légitime de demander aux peuples musulmans de reconnaître les souffrances incalculables qu'ils ont infligées aux populations indigènes chrétiennes et juives soumises à la dhimmitude. Histoire occultée, car les peuples dhimmis n'ont pas droit à la parole ni à leur histoire. Or cette histoire doit être reconnue, car une non-reconnaissance impliquerait la nature inférieure des dhimmis chrétiens et juifs, le déni de leurs droits et sentiments humains. Leur déshumanisation justifierait la législation discriminatoire et avilissante de la dhimmitude et conforterait l'idéologie divisant le monde en deux sortes d'humanités: une humanité supérieure, les Musulmans, et l'autre, les non-Musulmans destinés à l'avilissement. La modification des mentalités et des préjugés du passé exige la reconnaissance des droits égaux et inaliénables des êtres humains et la demande que les dhimmis soient rétroactivement reconnus dans leur dignité humaine. 
     Le poids historique du passé doit être assumé comme ce fut le cas pour l'Allemagne, les Croisades, l'Inquisition, l'esclavage des Noirs d'Afrique et la colonisation. 
     Si nous croyons à l'égalité et à l'identité des êtres humains, nous ne pouvons tolérer que les victimes de la dhimmitude soient seules flétries par le mépris de l'oubli.
 

L'EXAMEN CRITIQUE DU PASSE

     Tant que les droits humains du Peuple du Livre ne seront pas rétroactivement reconnus par un examen critique de la dhimmitude, il y aura deux systèmes de valeurs fondamentalement opposés: l'un moderne qui reconnaît l'égalité des hommes et l'inaliénabilité des droits humains et l'autre fondé sur l'inégalité des droits, ce qui implique, s'ils sont concédés, qu'ils peuvent être retirés unilatéralement par ceux qui les concèdent. Ceci perpétue la séparation des êtres humains en deux groupes, ceux qui concèdent les droits, et ceux qui bénéficient, dans la gratitude et la soumission, de ces droits concédés. Ces principes sont contraires à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. 
 

DENONCER LA DHIMMITUDE

     La dénonciation des politiques impérialistes et fanatiques de l'expansion islamique confortera les éléments rénovateurs musulmans et favorisera l'harmonisation de nos valeurs. Ce changement de mentalité représente une énorme tâche. Encore récemment, des Musulmans égyptiens furent emprisonnés parce que leurs livres furent jugés blasphématoires. Et tout le monde connaît l'"Affaire Rushdie" (2). 
     Juifs et Chrétiens sont unis dans ce combat qui vise par une rénovation profonde de la mentalité islamique à l'abolition du principe de dhimmitude. Mais ils sont aussi unis avec les Musulmans réformistes. 
     Et c'est là le défi d'Israël: en reconnaissant la légitimité d'Israël, l'islam acceptera le principe de l'égalité des hommes et des peuples et abolira le jihâd et la condition de dhimmi. Et s'il le fait pour les Juifs, il le fera pour les Chrétiens et le reste de l'humanité. 
     C'est là le sens profond de la restauration de l'Etat d'Israël, car, par sa médiation, s'opérera la réconciliation de la famille humaine. Ou bien c'est le jihâd nucléaire, surtout contre l'Occident. Le fondamentalisme, l'explosion démographique et les problèmes économiques créeront bientôt autour de l'Europe, du Caucase à l'Afrique du Nord, tel un croissant, le front du jihâd. Jihâd nucléaire qui conduira à la destruction de notre planète. 

     Voilà le défi historique qui nous unit, Juifs et Chrétiens. Une tâche à laquelle nous devons rapidement nous atteler avec les Musulmans réformistes, car le temps presse. Si l'Europe veut éviter un retour aux prises d'otages et au terrorisme, on doit définitivement rejeter les idéologies qui les justifient.
 

Notes

1.     En Arabie Saoudite, plusieurs ulémas de rang élevé - juges, professeurs, etc. - condamnèrent le processus de paix au Proche-Orient qui envisageait une paix illimitée avec les infidèles. Ils alléguèrent que de tels accords sont interdits aux Musulmans sous peine d'hérésie, car à l'exemple du Prophète, on ne peut conclure de trêve dépassant dix ans avec des non-musulmans. Cf. L'Express - 21.2.92, p. 19. 
     Le Préambule de la Constitution iranienne de 1979 dans la section concernant l'armée, déclare que le but dévolu à l'armée consiste à mener le jihâd pour imposer l'islam sur toute la terre.

2.     L'écrivain égyptien Farag Foda fut assassiné le 8 juin 1992 à la suite d'un "décret" religieux ("Fatwa") du mufti de l'organisation intégriste al-Djihad. (Le Monde, 11.06.92).

source : http://www.dhimmi.org/

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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 22:58


«La comparaison du jihad à la guerre sainte chrétienne s’impose tout naturellement à l’esprit. Nous en avons souligné les nombreux points communs. Il convient aussi d’en analyser les différences.
Elles ne sont pas minces.

La première est d’ordre doctrinal. Les musulmans que l’on nomme aujourd’hui « modérés » cherchent à la réduire, voire à la supprimer, en affirmant que l’islam est une religion de paix, que jihad signifie « effort moral intérieur »et non pas « guerre sainte » et que celle-ci n’a pas de véritable fondement coranique. L’examen des textes révélés et de la conduite du Prophète rapportée par la tradition musulmane la plus authentique conduit pour le moins, on l’a vu, à accueillir cette thèse (aujourd’hui d’ailleurs peu suivie par les masses) avec beaucoup de réticence et de multiples réserves. L’attitude radicalement opposée des deux fondateurs de religion, Jésus et Mahomet, devant l’usage de la violence est à cet égard significative.

Il n’est donc guère possible d’éviter cette conclusion : la guerre sainte est admise, sinon préconisée, dès les premiers temps de l’islam, y compris par son fondateur. La notion de guerre sainte est en revanche inconcevable dans la doctrine primitive du christianisme. Le jihad peut, au moins dans une certaine mesure, se réclamer de Mahomet. La guerre sainte, elle, ne peut aucunement se réclamer de Jésus. C’est à dire l’ampleur de la métamorphose qu’a subie sur ce point la doctrine chrétienne.
Il en résulte d’ailleurs une grande cohérence de l’islam sur ce plan. Certes, la doctrine du jihad évolue un peu au fil du temps ; elle tend parfois à se durcir ou au contraire à s’atténuer selon les circonstances historiques. Elle demeure toutefois très semblable à elle-même dans ses grandes lignes, et ne souffre d’aucune contradiction interne.

Il n’en va pas de même de la doctrine chrétienne, qui rejetant d’abord radicalement l’usage de la violence, se heurte bientôt à une difficulté insurmontable dès lors que le christianisme devient religion d’Etat et que se mêlent au sein de l’empire romain devenu chrétien, spirituel et temporel, Eglise et pouvoir. Cette collusion du politique et du religieux, plus manifeste encore à l’époque dite « féodale », conduit l’Eglise à abandonner la position primitive de non-violence prônée par Jésus. Il en résulte une véritable série de mutations doctrinales qui, touches successives, valorisent et sacralisent les combats guerriers menés dans l’intérêt des églises et principalement de la papauté. D’où ce paradoxe souvent relevé et dénoncé : la religion chrétienne, qui se veut religion de paix et d’amour, s’est révélée en réalité tout aussi violente et guerrière voire davantage, que n’importe quelle autre religion.

Une remarque s’impose à ce propos. Dans toutes les civilisations monothéistes, la notion de guerre sainte n’est apparue que dans le cadre d’une théocratie ou prétendue telle. C’est le cas du peuple d’Israel, qui, dans la Bible, se donne pour le « peuple de Dieu », prenant possession par les armes de la « terre promise » à Abraham et à ses descendants pour y fonder un Etat proprement théocratique. Dans cette perspective, la guerre est censée être ordonnée directement par Dieu, ou par la bouche de ses prophètes, et ne peut être que sainte. Religion et politique sont ici étroitement fondues. C’est également le cas, à quelques nuances près, de la communauté musulmane des origines. Elle aussi se veut directement dirigée par Dieu, par l’intermédiaire du Prophète, qui reçoit d’Allah ses directives exprimées par la révélation coranique qui lui est communiquée. Là encore, la guerre menée par les croyants à l’incitation du Prophète guidé et inspiré par Dieu ne peut être que sainte. Et là encore, religion et poltiique sont intimement liées, on peut même dire fusionnées, puisque les croyants forment d’abord une communauté politico-religieuse dirigée par le Prophète, à la fois religieux, chef d’Etat et chef de guerre, dans une société strictement régie par les lois religieuses.

La situation est radicalement différente dans le christianisme primitif. Pourtant, toutes les conditions semblaient être plus encore réunies pour reproduire le même schéma, puisque Jésus est, pour les chrétiens, non seulement un prophète, ou le plus grand des prophètes, mais la Parole même de Dieu, le « Fils de Dieu », défini par la suite comme l’une des trois « personnes » de la divinité. Or, malgré cette très forte affirmation de la révélation divine directe en la personne de Jésus-Christ, le christianisme ne se présente nullement comme une théocratie, précisément parce que son fondateur rejette radicalement tout amalgame entre le religieux et le politique, entre le pouvoir et la foi. Jésus ne vient pas établir sur terre un royaume, un Etat théocratique. Ce refus, d’ailleurs, le condamne à être rejeté par la majeure partie de son peuple d’origine, qui attend précisément un prophète chef de guerre, un libérateur. Or, Jésus prêche un royaume de Dieu qui est d’une tout autre nature que les royaumes de ce monde. Ses fidèles ne sont pas des « citoyens d’un Etat théocratique » qui serait à établir ou à défendre par les armes, mais des citoyens du « royaume des cieux », un royaume que Dieu lui-même établira à la Fin des temps. Par là même, il condamne l’usage de la violence et exclut du même coup toute possibilité d’apparition du concept de guerre sainte dans la doctrine chrétienne originelle. Les martyrs chrétiens ne sont pas des guerriers, ce sont tous des pacifiques, des pacifistes, des non-violents, même lorsqu’ils s’opposent à un Etat païen et persécuteur.
Pourtant, on l’a vu, ce concept de guerre sainte fait lentement surface au fil d’une évolution sur laquelle ce livre a attiré l’attention. Il prend précisément de la consistance-et ce n’est certes pas un hasard-lorsque les aléas de l’histoire conduisent à nouveau à une imbrication, voire à une fusion du politique et du religieux. La guerre sainte, puis la croisade s’épanouissent pleinement lorsque la papauté atteint, en Occident, une structure monarchique et une autorité qui, avec Grégoire VII, tendent à rapprocher l’Eglise d’une théocratie. On retombe alors dans le schéma précédent, et la guerre sainte « chrétienne » trouve pour se développer un terreau presque aussi favorable que dans la théocratie d’Israel ou dans celle de l’Umma musulmane des origines. A cette différence toutefois qu’elle naît en contradiction avec ses propres principes, et avec plusieurs siècles de retard sur les deux premières.


D’autres différences entre jihad et guerre sainte proviennent de la nature et des objectifs de leur mise en pratique.
L’expansion musulmane a suivi les conquêtes de ses guerriers. Il s’agit d’une progressive dilatation destinée à conquérir pour l’islam des territoires. Le jihad des premiers siècles de l’ère musulmane est une guerre de conquête, pas une guerre missionnaire. Le principe coranique est généralement appliqué : « Pas de contrainte en matière de religion. La vérité se distingue assez de l’erreur »(Coran II, 257). [ verset abrogé, voir article sur la dhimma] Les habitants des régions conquises et soumises à la loi islamiques sont donc autorisés à conserver leur foi, sous certaines conditions, s’il s’agit toutefois de religions monothéistes révélées(religion du Livre). Les païens, polythéistes, ne sont pas tolérés : ils doivent se convertir ou mourir. Les guerres dites « saintes » menées par les chrétiens contre les païens, contre les Saxons par exemple, ou les Wendes de la Baltique, rejoignent le jihad sur ce plan. A l’égard des autres « religions du Livre », le christianisme s’est inspiré des mêmes principes de « tolérance » relative, mais les a mais en pratique, il est vrai, avec moins de « générosité »ou d’humanité.

Seconde différence majeure : le jihad est, presque dès son origine, tourné vers la conquête de territoires. La guerre sainte, à son origine du moins, est au contraire une guerre de re-conquête, d’abord défensive puis offensive. Ce sont d’ailleurs ces traits défensifs qui, ont l’a vu, ont permis l’apparition des caractères sacralisants de ces opérations de protection conduisant à la notion de guerres sainte en Occident. C’est particulièrement le cas des guerres de défense de la papauté devant les raids musulmans, de celles de la reconquista espagnole ou de la croisade vers le Proche-Orient, territoires qui furent tout d’abord chrétiens et étaient encore habités par des populations chrétiennes nombreuses ou parfois même majoritaires.

Une troisième différence notable vient du rôle tenu par les lieux saints. Il peut paraître, à première vue, constituer un élément de similitude : le jihad est d’abord légitimé par la nécessité de défendre la toute jeune communauté menacée à Médine et de « reprendre » les lieux saints de La Mecque. Mais ces objectifs sont très vite atteints et le jihad ne cesse pas pour autant. Il s’amplifie au contraire, et soutient le mouvement de conquête qui, issu d’Arabie, s’étend vers l’Indus, le Bosphore, le Sahara, l’Atlantique, les Pyrénées et au-delà jusqu’à Poitiers. Le mouvement par des lieux saints, La Mecque et Médine. Or, ces lieux saints ne sont jamais menacés et leur défense ne joue aucun rôle, dans la définition du jihad comme dans sa mise en oeuvre et dans sa pratique, avant la renaissance du jihad qui, au Proche-Orient, a suivi la première conquête de Jérusalem par les croisés en 1099. Jérusalem n’est d’ailleurs que le troisième lieu saint de l’islam, mais le premier lieu saint de la chrétienté, comme il l’est aussi pour le judaïsme.
La défense et la reconquête des lieux saints chrétiens jouent en revanche un rôle important dans la formation de l’idée de guerre sainte en Occident, comme on l’a vu tout au long de ce livre. Les trois lieux saints de la chrétienté, à savoir dans l’ordre Jérusalem, Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle, étaient en effet conquis ou menacés par les guerriers de l’islam. Le rôle de Saint-Jacques-de-Compostelle est peut-être minime dans la sacralisation de la reconquista espagnole, comme on l’a récemment soutenu.
Mais il n’en va pas de même de Rome, menacée par les raids musulmans dès le IX siècle, et dont la défense, on l’a souligné, a donné lieu aux premières promesses de récompenses spirituelles faites aux guerriers qui combattraient et mourraient pour assurer sa liberté. C’est plus vrai encore de Jérusalem, premier(et de loin !) des lieux saints du christianisme, terre du Christ fondateur, lieu de son tombeau et de son « héritage ».

La sacralisation suréminente de la croisade découle de ce caractère unique de Jérusalem dans la mentalité religieuse des chrétiens du XI siècle.(Voir texte n°22, p. 305 sq.)Il en résulte que la première croisade atteint, pour les chrétiens de ce temps le degré de sacralité qu’aurait eu pour les musulmans un jihad prêché pour délivrer non pas Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam, mais bien pour chasser les infidèles de La Mecque, si ces « infidèles » s’en étaient emparés.
La croisade est ainsi l’aboutissement direct, logique mais déplorable, de la formation et de l’acceptation de l’idée de guerre sainte, le fruit vénéneux de la mutation idéologique qui, après un millénaire d’histoire et de conflits, a conduit l’Eglise chrétienne de la non-violence à la guerre sainte et à la croisade, rejoignant ainsi, par de très nombreux points, la doctrine du jihad qu’elle avait si longtemps reprochée à l’islam, et qui a, dans une certaine mesure contribué à la former.
»



Jean Flori Guerre sainte, jihad, croisade violence et religion dans le christianisme et l’islam Seuil, 2002 p.263-269

source : http://islamiquementincorrect.blogspot.com/2007/01/diffrence-des-guerres-saintes-mdivales.html


Les templiers réhabilités après 700 ans
Vendredi 12 octobre 2007 par Sittingbull

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Archives secrètes du Vatican: les Templiers avaient reçu l’absolution du Pape Clément V

Après 200 ans de services rendus à l’Eglise catholiques et aux monarchies occidentales, les Templiers ont été arrêtés, humiliés, torturés, tués, dépossédés de leurs biens pour hérésie en 1312…C’est du moins ce que l’on croyait. Aujourd’hui, l’ordre du Temple est en quelque sorte réhabilité par l’Eglise. Il y a six ans, un chercheur a découvert les actes du procès des Templiers dans les archives secrètes du Vatican.

Egaré depuis sept siècles, ces documents montrent que le Pape Clément V a ordonné la dissolution de l’ordre pour le bien de l’Eglise, à ce moment là sous influence du roi de France Philippe Le Bel. Cependant dans le parchemin de Chinon, qui fait parti de ces documents, le Pape affirme que les Templiers ne sont pas des hérétiques. Il leur donne l’absolution et reconnaît seulement qu’ils sont coupables de violences et d’abus.

Pour la spécialiste, Rosi Fontana, “l’ordre aurait donc pu renaître, mais les templiers ruinés, décimés et psychologiquement détruits n’ont pas été capable de recréer l’ordre depuis cette époque”.

Les actes du procès des templiers ont été reproduits. 799 exemplaires vont être mis en vente à 5 900 euros pièces par les archives secrètes du Vatican et la fondation culturelle italienne Scrinium.

source : http://extremecentre.org/2007/10/12/les-templiers-rehabilites-apres-700-ans/
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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 07:12
Il semblerait qu'il y ait, chez certains internautes, encore un doute sur l'incompatibilité entre la franc-maçonnerie et le catholicisme. Je ne peux que les enjoindre à parcourir cet excellent témoignage de Maurice Caillet.

C'est un texte éclairant à bien des égards.



Catholicisme et philosophie maçonnique: deux paradigmes inconciliables


Le débat n'est pas nouveau, puisque vingt et un ans seulement après la création de la maçonnerie moderne, spéculative, le Pape Clément XII la condamnait par "une constitution valable à perpétuité", condamnation reprise par de nombreux papes, jusqu'à Jean-Paul II (sur proposition de Mgr Ratzinger en novembre 1983). Cependant il a toujours été de bon ton parmi les fidèles et même les écclésiastiques, surtout en France, de faire preuve d'indépendance vis-à-vis de recommandations pourtant motivées du Magistère: le coq gaulois est toujours fier de son indépendance et il ne chante pas seulement dans les basses-cours, mais aussi dans les sacristies! C'est ainsi que l'on a vu le R.P Riquet et Allec Mellor faire l'apologie de la maçonnerie dans les années soixante. Vingt ans plus tard, c'était Mgr Thomas de Versailles qui "flirtait" avec J.J Gabut, Grand Maître de la Grande Loge de france. Et le 9 décembre 1999, on pouvait lire avec effarement la notice "auto-nécrologique" de l'abbé Jean-Claude Desbrosse dans le Figaro, avec tous ses titres maçonniques. Il trouva malencontreusement un soutien posthume de son ancien Evêque, Mgr Le Bourgeois, dans le journal La Croix, contredit très rapidement par son successeur Mgr Seguy du diocèse d'Autun. Depuis, d'autres Evêques français, et non des moindres, ont soutenu le point de vue romain: Mgr Bonfils dans les Nouvelles Religieuses (n°161), Mgr Brincard sur le site internet de son diocèse  du Puy-en-Velay, Mgr Rey de Toulon dans un article de La NEF de décembre 2004, Mgr de Germiny de Blois.

Personnellement, je suis témoin et je ne suis que témoin, mais converti et baptisé à cinquante ans, j'ai été franc-maçon du Grand Orient de France pendant quinze années, et voilà vingt deux ans que je suis chrétien. Etant catholique aussi convaincu et actif que j'ai été franc-maçon militant, je me permets d'affirmer, en dehors de toute interdiction magistrale, malheureusement mal ressentie même par des catholiques pratiquants, qu'il est absurde, philosophiquement contradictoire, de prétendre être à la fois vrai catholique et franc-maçon authentique, quelles que soient les obédiences (mais qui se soucie aujourd'hui du principe de non-contradiction?). Je précise que j'ai fréquenté des maçons de toutes obédiences, notamment en Fraternelle.
(...)

De 1970 à 1985, j'ai gravi les grades initiatiques d'apprenti jusqu'au 18° (Chevalier Rose-Croix), j'ai été Vénérable de loge, délégué au Convent(député à l'assemblée nationale annuelle), membre de la Fraternelle des Hauts Fonctionnaires.
(...)

Qu'est-ce que la franc-maçonnerie? Officiellement, il s'agit d'une association philosophique et philanthropique, qui, sous sa forme spéculative est apparue au début du XVIII° siècle. Les obédiences sont des fédérations de loges. Dans toutes les obédiences, il existe au moins trois structures parallèles de nature différente.

Une structure que l'on peut qualifier de démocratique, regroupant les ateliers ou loges bleues ou de Saint Jean, qui gère les trois premiers grades d'apprenti, de compagnon et de maître. Tous les responsables, Officiers et Vénérable de loge, Délégué au Convent, membres de Conseil de l'Ordre, Grand Maître et ses adjoints sont élus et non reconductibles au delà de deux ou trois ans. Ces loges font l'objet de déclaration, comme association loi de 1901, auprès des Préfectures, et sont souvent à la une des hebdomadaires avec photo du Grand Maître à l'appui. Il existe à ce niveau une Constitution, des Statuts et une justice maçonnique chargée de règler les conflits entre maçons.

Une seconde structure, initiatique, est beaucoup moins connue, voire ignorée des "profanes": il s'agit des ateliers de perfectionnement, cloisonnés en quatre niveaux, du 4° au 33° grades selon certains rites (REEA), sans communication des ateliers supérieurs vers les inférieurs. Le recrutement d'un niveau à l'autre se fait par cooptation, et la gestion de cet ensemble est assuré par un collège de grands initiés, inconnus des maçons de base et encore plus de la presse, et présidé par un Grand Commandeur élu à vie. Notons au passage cette affirmation pour le moins surprenante d'un "Grand Commandeur" américain, Albert Pyke en juillet 1889: "Lucifer le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien lutte pour l'humanité contre Adonaï, la Dieu de l'obscurité et du mal" (cité par J.C Lozac'hmeur). Plus discret, Oswald Wirth, grand initié et initiateur, écrivait dans le "Livre du compagnon": "...le Serpent inspirateur de désobéissance, d'insubordination et de révolte, fut maudit par les anciens théocrates, alors qu'il était en honneur parmi les initiés".

La troisième structure n'a même pas de statut officiel dans les obédiences: il s'agit des fraternelles qui regroupent des maçons selon leur profession ou leurs intérêts, ce qui ouvre la porte à toutes sortes de compromissions et corruptions, d'autant plus que s'y retrouvent des maçons appartenant à des obédiences différentes, qui, publiquement, n'hésitent pas à se lancer des anathèmes, comme celui d'être une maçonnerie "irrégulière"! Pour s'en convaincre il suffit de consulter le site Hiram réalisé par des maçons, écoeurés, qui tentent de contrer ces dérives affairistes.

Enfin, sept maîtres peuvent constituer une loge "sauvage", qui n'a de compte à rendre à personne. J'ai été sollicité pour en faire partie. Il existe aussi des clubs spécifiquement maçonniques, comme les "Clubs des 50", cinquante des maçons les plus influents de chaque grande ville, qui se réunissent dans de grands restaurants.

Tout oppose la philosophie maçonnique et la religion catholique.

1°) Historiquement chacun connaît Saint Pierre, premier Evêque de Rome à qui Jésus a confié son Eglise. Les origines de la maçonnerie spéculative sont plus discutables; cependant, beaucoup d'historiens admettent que celle-ci a résulté de la transformation de la maçonnerie opérative (bâtisseurs de cathédrales) à Londres en 1717, sous l'impulsion de deux pasteurs, Anderson presbytérien et Désaguliers anglican, influencés en sous-main par le physicien Isaac Newton, hérétique notoire, pratiquant la magie et l'alchimie, et admirateur de Nostradamus et des Lumières. Du reste, les Constitutions fondatrices, dites d'Anderson (1723) ne mentionnent Dieu qu'une seule fois, dans une tête de chapitre, et jamais la Sainte Trinité, le péché, le salut, la Résurrection, l'Ascension ni la Pentecôte, la venue du Saint Esprit. En France la maçonnerie apparaît dès 1725 avec Montesquieu, et ses membres, nobles, grands bourgeois voire écclésiastiques sont gallicans, c'est-à-dire opposés à la prééminence de l'Evêque de Rome. En tous cas, la FM, qu'elle soit opérative ou spéculative est une résurgence de la Gnose, hérésie dèjà condamnée par Saint Irénée au II° siècle et que l'on retrouve dans tous les ordres initiatiques. 



2°) Les fondements sont

- pour le christianisme, le kérygme, c'est-à-dire l'annonce par des témoins oculaires, dont l'apôtre Saint Jean, de la mort et de la résurrection de Jésus pour notre salut;

- pour la maçonnerie, des mythes, dont le mythe central d'Hiram, architecte du temple de Salomon qui aurait été assassiné par trois mauvais compagnons, ce qui ne repose sur aucune preuve historique, pas plus que la transmission par Saint Jean d'un enseignement secret de Jésus aux ordres initiatiques successifs en passant par les Templiers, pas plus que la transmission des rites initiatiques depuis l'antiquité égyptiennne jusqu'aux francs-maçons modernes, transmission soutenue par le franc-maçon et talentueux romancier Christian Jacq. 



3°) Les principes de base sont aussi opposés.

- Le christianisme est une religion révélée par Dieu lui-même, d'abord à Moïse, puis en et par Jésus le Messie, et il comporte un certain nombre de dogmes, inclus dans le Credo, qu'un catholique bien formé et convaincu ne peut contester sans renier sa Foi (Dieu trinitaire, Incarnation, Résurrection, Ascension, Immaculée Conception, Assomption de la Vierge Marie). L'Eglise affirme détenir la Vérité sur les relations entre Dieu et l'Homme. Enfin, le chrétien compte plus sur la Grâce miséricordieuse de Dieu que sur ses propres oeuvres pour accéder au salut.

- La Franc-maçonnerie prône une philosophie humaniste consacrée à la recherche de la vérité, mais qu'elle estime inaccessible. Elle rejette tout dogme et soutient le relativisme:

  • 1)  relativisme religieux, qui met toutes les religions sur le même plan, alors qu'elle s'érige au-dessus d'elles, dès 1723, comme "centre de l'union" (indifférentisme);
  • 2)  relativisme moral, aucune règle morale n'étant pour elle d'essence divine et donc intangible: sa morale évolue au gré du consensus des sociétés, ce qui ressort également du naturalisme: "En toutes choses, la nature ou la raison humaine doit être maîtresse et souveraine"(Léon XIII dans son encyclique mettant à jour la maçonnerie qu'il qualifie de secte). En quelques mots et toutes obédiences confondues, c'est l'indépendance de l'Homme vis-à-vis de Dieu et la négation de tout phénomène surnaturel: c'est la cité terrestre de Saint Augustin..."l'amour de soi porté jusqu'au mépris de Dieu". Entous cas, c'est le refus de tout phénomène surnaturel: théophanies, apparitions, miracles.


4°) Les enseignements

- dans l'Eglise Catholique sont accessibles à tous; il n'y a pas d'enseignement secret, n'en déplaise à Dan Brown et aux gnostiques: Catéchisme, comptes rendus des Conciles, Encycliques destinées aux Evêques et cependant divulguées urbi et orbi;

- dans la franc-maçonnerie une formation ésotérique, secrète est donnée aux initiés selon leur grade, qui révélerait progressivement les mystères cachés par les dignitaires de la religion exotérique que serait l'Eglise apostolique et romaine (et pourquoi les Eglises orthodoxes et protestantes dissimuleraient-elles les mêmes mystères, alors qu'elles ont longtemps combattu l'Eglise romaine?). Tous les rituels font miroiter aux yeux des initiés la "Connaissance" d'une soi-disant "Tradition primordiale" préhistorique et d'une "Lumière", qui au mieux est celle d'une meilleure connaissance psychologique de l'initié par lui-même, mais en aucun cas celle de la Transfiguration au Thabor ou celle d'un Saint Séraphin de Sarov en présence de Motovilov.


5°) La conception de Dieu est profondément différente:

- pour un chrétien, Dieu est un être personnel, trois personnes en une, mais un Dieu-personne entretenant une relation d'amour avec la créature humaine: c'est du théisme;

- pour un FM, ce peut être au mieux le Grand Architecte de l'Univers, Dieu abstrait, mais c'est seulement le "Créateur-maître horloger" comme le désigne le pourtant pasteur Désaguliers et plus tard Voltaire, initié sur le tard: c'est du déisme. Ce GADLU n'intervient pas dans les affaires des homme.


) L'eschatologie, les fins dernières 

- dans le christianisme, c'est la Vie Eternelle, accordée par grâce, dans une adoration et une louange sans fin, face à face amoureux avec le Seigneur;

- dans la franc-maçonnerie, c'est le "passage à l'Orient éternel", espérance de l'abbé J.C Desbrosse, qui échappe à toute définition ou description, hormis le respect des initiés vis-à-vis de leurs défunts.


) Le perfectionnement de l'Homme

- pour le chrétien, consiste, avec la grâce de Dieu et les sacrements, à s'acheminer vers la sainteté, dans l'imitation de Jésus Christ, l'humilité et la charité;

- pour le FM, c'est l'élitisme des initiations successives, forme d'animisme (selon René Guénon et Mircéa Eliade), et la recherche du bien qui n'est nulle part précisé, puisque la morale évolue, dans la sincérité qui, chacun le sait, n'est pas synonyme de vérité: le FM est un self-made man. Cela rappelle le pélagianisme combattu par Saint Augustin.


) La relation avec les autres religions   

- pour le catholique, c'est un respect des croyants des autres religions, dans la tolérance due aux personnes qui n'ont pas encore été éclairées par l'Esprit Saint, mais dans la préservation jalouse de la doctrine de l'Eglise, transmise aux Apôtres et leurs successeurs; c'est le véritable esprit de la rencontre d'Assise de 1986;

- pour le FM, c'est une tolérance générale vis-à-vis de toutes les croyances et philosophies, avec un goût prononcé pour le syncrétisme, c'est-à-dire la combinaison peu cohérente de différentes doctrines spirituelles: c'est aussi la Gnose, subversion de la vraie Foi, affadissement du sel de la terre!  



9°) La relation au corps et au plaisir   

- pour le catholique n'a pas été puritaine, sauf pour les Cathares et les Jansénistes, et elle ne l'est pas dans les écrits du Saint Père, Jean-Paul II, qui célèbre l'acte conjugal comme un "véritable acte d'adoration", mais le corps et les sens doivent rester soumis à la conscience et à la loi morale et subordonnés à l'amour véritable;

- pour le FM, elle doit être d'une liberté totale entre adultes consentants; cet hédonisme a conduit la franc-maçonnerie à promouvoir toutes les lois favorisant le divorce, la contraception, l'avortement, le PACS, les manipulations embryonnaires et bientôt la dépénalisation des drogues dites douces, ainsi que la légalisation de l'euthanasie: "c'est tout le concept de famille qui en train de basculer" selon le pronostic du Docteur Pierre Simon (De la vie avant toute chose; Ed. Mazarine 1979).


Conclusion  

Le catholique ne doit pas se laisser séduire par les idéaux maçonniques, qui sont ceux de notre République: liberté, égalité, fraternité, qui n'ont pas le même sens dans l'esprit d'un chrétien et d'un FM.

L'égalité, pour les chrétiens résulte du fait qu'ils sont tous fils d'un même Père et frères et soeurs de Jésus. Pour un FM, c'est une illusion puisqu'il distingue profanes et initiés et, par ailleurs les FM eux-mêmes en 33 grades bien étanches. La fraternité chrétienne est universelle et celle des FM se limite ou se concentre sur le cercle restreint des initiés, tout en aspirant à l'avénement d'un gouvernement mondial...dirigé par les initiés, bien entendu! 
La liberté, pour un chrétien, est un moyen, un instrument accordé par Dieu à l'Homme pour aller vers le Bien et l'amour. Pour un FM c'est un but sans fin, qui doit abattre tous les tabous et tous les interdits de la morale naturelle.

Mgr Girotti vient de rappeler la condamnation romaine de 1983: le catholique qui appartient à une organisation maçonnique est "en état de péché grave" et "ne peut accéder à la Sainte Communion" (Le Figaro du 5 mars 2007)

En 1936, lors de leur première rencontre à Chateauneuf-de-Galaure, Marthe Robin, grande mystique, déclara au Père Finet que "parmi les erreurs qui allaient sombrer, il y aurait le communisme, le laïcisme et la franc-maçonnerie"* Le communisme n'a déjà plus beaucoup d'avenir. Prions donc pour la conversion des FM qui, souvent de bonne foi, sont dans l'erreur et les ténèbres, alors qu'ils croient avoir reçu la Lumière.

La Lumière qui éclaire tout homme c'est Jésus-Christ, ce n'est pas Lucifer!                           


Maurice Caillet

* in Raymond Perret, "Prends ma vie, Seigneur" p.139, chez Desclée de Brouwer


source :
http://abimopectore.over-blog.com/article-11767023.html

L'évolutionnisme comme le marxisme voués à disparaître

C'est le sens de l'Histoire pourrait-on ironiser... Suite à un vaste débat sur son blog, Yves Daoudal donne son avis sur cette hypothèse scientifique défendue mordicus et sur laquelle Benoît XVI a avancé qu'elle n'est "pas prouvable" :

"Le marxisme et l’évolutionnisme sont deux idéologies matérialistes (donc par elles-mêmes antichrétiennes) qui renversent l’axe vertical de la création sur l’axe vertical du temps : elles mettent toutes les deux en avant le « sens de l’histoire », basé non sur un dessein, mais sur des luttes.

Le marxisme abat l’axe de la transcendance sur la durée historique : le paradis n’est plus le royaume de Dieu, « en haut », mais la société communiste qui couronnera l’édification du socialisme, « plus tard ».

L’évolutionnisme renverse la hiérarchie de la création sur la durée historique : l’arbre de la création n’est plus hiérarchique, il est abattu et couché à l’horizontale, et devient un processus évolutif."

Michel Janva

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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 22:47
Coran et science

Les fausses théories du concordisme



"Alourdies par leur énorme bagage de survivances des temps immémoriaux, se laissant toujours devancer par les conquêtes de la science, les religions sont fatalement vouées à combattre tout d'abord, ce que cent ans plus tard elles seront forcées d'admettre tacitement ou même de prêcher."
(Elisée Reclus / 1830 1905)


Depuis deux ou trois siècles, les progrès de la science ont porté de rudes coups aux religions, en montrant leurs contradictions, leurs incohérences ou en expliquant par des phénomènes naturels ce qui était autrefois attribué à une manifestation divine ou surnaturelle.

Pour ne pas perdre la face ni leurs fidèles, les religions ont adopté plusieurs attitudes :
  • Encadrer étroitement les esprits scientifiques pour qu'ils restent théologiquement corrects, éventuellement par la manière forte. Cette attitude fréquente au Moyen Age et qui a trouvé son point d’orgue pendant l’Inquisition avec le procès Galilée, a heureusement disparu.

  • Refuser d'admettre les théories largement admises par la communauté scientifique en adoptant une lecture littérale des écritures. Cette façon de pensée existe encore aujourd'hui, la plus connue étant celle des créationnistes pour qui le monde a été créé par Dieu en six jours. Elle prend parfois des formes plus élaborées avec la théorie de l'"Intelligent design" (Voir la page : Le créationnisme scientifique : Tout sauf de la science !)

  • Prendre un peu de recul, sauf pour l'essentiel, par rapport aux Ecritures en affirmant qu'elles ne doivent pas être interprétées au pied de la lettre. Les passages en contradiction avec la science sont présentés comme des textes imagés, symboliques, métaphoriques, allégoriques... qu'il faut lire au sens figuré comme illustration du message divin. Cette attitude qui conduit à une sorte de grand écart schizophrénique, est la plus courante dans les grandes religions.

  • Mettre en accord les Ecritures avec la science. Comme les Ecritures sont, par définition intangibles, cela revient à les interpréter, à "découvrir" dans des textes sibyllins ou même anodins des vérités scientifiques que Dieu aurait révélées aux hommes. Dit autrement, les Saintes Ecritures seraient des livres de science !!!
Cette dernière attitude est appelée le concordisme.

Dieu sur son nuage

Le concordisme, dans sa forme chrétienne, est apparu au XIXe siècle avec des réinterprétations des épisodes de la Création et du Déluge, visant à en faire une présentation scientifique de la géologie et de la paléontologie. Les "jours" de la Création doivent être, par exemple, compris comme des ères géologiques.
Concordisme / concordiste : méthode de pensée qui consiste à rapprocher le dogme religieux de la science. A chaque grande nouvelle découverte scientifique, les concordistes tentent de faire concorder à tout prix les textes sacrés avec la science. La recherche de cohérence de la religion s'opère par de nouvelles interprétations des Ecritures, le manque de précision de celles-ci étant attribué à l'état pré-scientifique de ceux qui les ont rédigées.

Une variante, appelée concordisme du "Dieu-bouche-trou", consiste à faire appel au divin pour expliquer les lacunes des théories scientifiques, c'est aussi l'idée que la science peut conduire à la religion.
Exemple : la création divine pour le Big-bang et la précision des constantes universelles; des interprétations de textes allégoriques du Coran qui en font une révélation divine de descriptions scientifiques, comme le Big-bang.

De nos jours, c'est sans doute chez les fondamentalistes musulmans que le concordisme est le plus actif. Un livre, "La Bible, le Coran et la science : Les Saintes Ecritures examinées à la lumière des connaissances modernes", a eu un énorme succès dans le monde musulman et est devenu la référence du concordisme islamique. Son auteur, Maurice Bucaille, est un médecin français converti à l'islam.

Avec une apparente neutralité et une fausse rigueur scientifique, Maurice Bucaille essaie de montrer que le Coran ne renferme aucune contradiction avec la science. A l'inverse, la Bible contient selon lui "de monumentales erreurs scientifiques". Il va même plus loin en prétendant que le Coran renferme des vérités scientifiques qui n’ont été découvertes que bien plus tard ou même très récemment.

Pour arriver à ses fins, Maurice Bucaille mobilise une série de versets approximatifs ou obscurs. Il en étire la signification comme de la pâte à tarte pour leur donner un sens conforme à ce qu'il veut démontrer et en faire des vérités scientifiques cohérentes avec les connaissances actuelles, mais inconnues au VIIe siècle. Il en déduit alors cette conclusion "irréfutable", mais en fait purement doctrinale et n'ayant rien de scientifique :
Qui a pu révéler au prophète ces vérités scientifiques sinon Dieu lui-même ?

On peut également citer l’ouvrage "Les miracles du coran" de Harun Yahya (pseudonyme de Adnan Oktar, intellectuel Turc), qui va dans le même sens.

Or il se trouve que ces "vérités scientifiques", révélées par Allah, étaient connues depuis plus de 500 ans, voire depuis 1000 ans par les Romains et Grecs. A voir :
Les exemples ci-dessous et les interrogations qu'ils suscitent sont donnés à titre d'illustration de cette pseudo "scientificité" du Coran. La première traduction du Coran est celle utilisée sur Internet par ceux qui défendent ces interprétations "scientifiques". Les autres traductions permettent de mieux comprendre la signification de ces versets.

Ce qu’il faudrait y voir : Le Big-bang
  • Sourate al-Anbiyâ 21, Verset 30
  • "Ceux qui ont mécru, n'ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte? Ensuite Nous les avons séparés" (miraclesducoran.com)
  • "Les incrédules n'ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte? Nous les avons ensuite séparés." (islamfrance.free.fr)
  • "Ceux qui ont mécru, n'ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? Ensuite Nous les avons séparés" (*)
  • "Les infidèles ne voient-ils pas que les cieux et la terre formaient une masse compacte, et que nous les avons séparés." (**)
  • Commentaires : Le problème, c'est que la terre est apparue plusieurs milliards d'années après le Big-bang qui est bien autre chose qu'une simple séparation.

Expansion de l'univers

Ce qu’il faudrait y voir : L'expansion de l'univers (après le Big-bang et encore de nos jours avec l’éloignement des galaxies)
  • Sourate 51 adh-Dhâriyât, Verset 47
  • "Le ciel, Nous l'avons construit par Notre puissance: et Nous l'étendons [constamment]: dans l'immensité." (harunyahya.com)
  • "Le ciel, Nous l'avons construit par Notre puissance et Nous l'élargissons constamment." (miraclesducoran.com)
  • "Le ciel, Nous l'avons construit renforcé. En vérité, Nous l'étendons." (La Recherche - janvier - mars 2004 - Hors série n°17)
  • "Nous avons bâti le ciel par l'effet de notre puissance, et nous l'avons étendu dans l'immensité." (**)
  • Commentaires : Dit autrement, le ciel est immense, ce que chacun est à même de constater.

Ce qu’il faudrait y voir : Un trou noir ou le Big-bang inversé (Big crunch)
  • Sourate al-Anbiyâ 21, Verset 103
  • "Le jour où Nous enroulerons le ciel à la façon dont on enroule le registre autour de ce qui y est écrit, de même que Nous en sommes parfaitement capable." (oumma.com)
  • "Le jour où Nous plierons le ciel comme on plie le rouleau des livres. Tout comme Nous avons commencé la première création, ainsi Nous la répéterons; c'est une promesse qui Nous incombe et Nous l'accomplirons !" (*)
  • "Ce jour-là, nous plierons les cieux de même que l’ange Sidjil plie les feuillets écrits. Comme nous avons produit la création, de même nous la ferons rentrer. C’est une promesse qui nous oblige. Nous l’accomplirons." (**)
  • Commentaires : Il faut beaucoup d'imagination pour voir là un trou noir. Ce n’est qu’une image qui compare le monde à un livre que l’on enroule lorsque l’histoire est finie.

Ce qu’il faudrait y voir : Les orbites de la Terre, de la Lune et du Soleil
  • Sourate Anbiyâ 21, Verset 33
  • "C'est Lui qui a créé la nuit et le jour, le Soleil et la Lune, - chacun vogue dans une orbite." (miraclesducoran.com)
  • "C'est Dieu qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune. Chacun [de ces derniers] navigue dans une sphère." (islamfrance.free.fr)
  • "Et c'est lui qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune. Chacun voguant dans une orbite." (oumma.com)
  • "C'est lui qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune, chacun de ces astres court sur une sphère à part" (**)
  • Commentaires : Ici, il n'est question que du Soleil et de la Lune. Il ne s'agit donc que du mouvement apparent de ces deux astres, que n'importe quel être humain peut voir depuis la terre. En outre, Allah a oublié de citer les autres planètes, pourtant connues depuis bien longtemps à l'époque de Mahomet.

Big-bang

Ce qu’il faudrait y voir : Le fer provenant d'étoiles géantes (supernovae) ayant explosé.
  • Sourate 57, al-Hadîd, Verset 25
  • "Et Nous avons fait descendre le fer, dans lequel se trouvent une force redoutable et des avantages pour les hommes…" (miraclesducoran.com)
  • "Nous avons donné le fer qui porte en lui de terribles malheurs et des avantages." (**)
  • Commentaires : Le lien avec les supernovae ne saute pas aux yeux.

Ce qu’il faudrait y voir : La fonction des montagnes : empêcher les chocs sur la terre
  • Sourate 21, al-Anbiyâ', Verset 31
  • "Et Nous avons placé dans la Terre des montagnes fermes, afin qu'elle ne s'ébranle pas avec eux." (miraclesducoran.com)
  • "Et Nous avons placé des montagnes fermes dans la terre, afin qu'elle ne s'ébranle pas en les [entraînant]." (*)
  • "Nous avons placé sur la terre des montagnes, afin qu'elles puissent se mouvoir avec eux." (**)
  • Commentaires : Interprétation surprenante car les montagnes n'empêchent pas les chocs. Elles ne sont que le résultat de la rencontre de plaques tectoniques. En outre, elles ne pèsent guère plus lourd sur la terre qu’une miette de pain sur une table.

Ce qu’il faudrait y voir : Les montagnes, fixation de l’écorce terrestre pour éviter les séismes
  • Sourate 78 an-Nabâ', Verset 6-7
  • "N’avons-nous pas placé la terre comme un lit, et les montagnes comme des piquets ?" (harunyahya.com)
  • "N'avons-Nous pas fait de la terre une couche ? et (placé) les montagnes comme des piquets ?" (*)
  • "N’avons-nous pas fait la terre comme une couche ? Et les montagnes comme des pilotis ?" (**)
  • Commentaires : Même remarque que précédemment. C’est plutôt une description poétique d’une région entourée de montagnes en utilisant une analogie avec les piquets qui soutiennent les tentes.

Ce qu’il faudrait y voir : Le mouvement des montagnes : la tectonique des plaques
  • Sourate 27 an-Naml, Verset 88
  • "Et tu verras les montagnes, que tu croyais figées, passer comme des nuages. Telle est l'œuvre de Dieu qui a réalisé toute chose à la perfection. Il est parfaitement informé de ce que vous faites." (miraclesducoran.com)
  • "Et tu verras les montagnes - tu les crois figées - alors qu'elles passent comme des nuages. Telle est l'oeuvre d'Allah qui a tout façonné à la perfection. Il est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites !" (*)
  • "Tu verras les montagnes, que tu crois solidement fixées marcher comme marchent les nuages. Ce sera l’œuvre de Dieu qui dispose artistement de toute chose. Il est instruit de toutes vos actions." (**)
  • Commentaires : Il ne s’agit que d’un récit d’apocalypse (le jour où la Trompe sonnera) pour effrayer et essayer de convaincre ceux qui ne croient pas en Allah. D’autre part, ces mouvements de l’écorce terrestre ne déplacent pas que les montagnes mais aussi les plaines. Il aurait même été plus judicieux de dire que les montagnes se soulèvent.
    Voir aussi les contradictions du Coran, relevées par un internaute.

Ce qu’il faudrait y voir : Les origines aquatiques de la vie
  • Sourate 21, al-Anbiyâ', Verset 31
  • "et fait de l'eau toute chose vivante." (miraclesducoran.com)
  • "et qu'au moyen de l'eau nous donnons la vie à toute chose." (**)
  • Commentaires : Ceci ressemble plutôt au simple constat que l'eau est indispensable à la vie. Ne plus donner de l'eau à un homme ou à un animal, ne plus arroser plus une plante, c'est les condamner à mort. Constat d'autant plus facile à faire que Mahomet vivait dans une région désertique.
    Quant à l'interprétation sur les origines aquatiques de la vie, notons qu'en l'an 600 avant notre ère le philosophe grec Anaximandre avait déjà émis cette idée :
    "Anaximandre de Milet estimait que de l'eau et de la terre réchauffées étaient sortis soit des poissons, soit des animaux tout à fait semblables aux poissons. C'est au sein de ces animaux qu'ont été formés les hommes et que les embryons ont été retenus prisonniers jusqu'à l'âge de la puberté ; alors seulement, après que ces animaux eurent éclaté, en sortirent des hommes et des femmes désormais aptes à se nourrir." (Sur le jour natal, IV, 7. Traduction de J. Mangeart, Paris, 1843)
    Voir aussi les contradictions du Coran, relevées par un internaute.

Embryon

Ce qu’il faudrait y voir : Embryologie : L'appareil génital
  • Sourate 23 al-Mou'minoûn, Verset 13
  • "Ensuite Nous en avons fait une goutte de semence dans un réceptacle sûr, " (miraclesducoran.com)
  • "Nous l'avons fixé (l'homme), goutte de sperme dans un lieu de séjour fixe." (La Recherche - janvier - mars 2004 - Hors série n°17)
  • "puis Nous en fîmes une goutte de sperme dans un reposoir solide." (*)
  • "Ensuite, nous l'avons fait une goutte de sperme fixé dans un réceptacle solide." (**)
  • Commentaires : C'est le ventre de la mère, pour ceux qui croirait que les enfants naissent dans les choux. Il manque en outre l'essentiel : l'ovule.

Ce qu’il faudrait y voir : Embryologie : La nidification de l'œuf et le développement du foetus
  • Sourate 23 al-Mou'minoûn, Verset 14
  • "puis Nous avons créé de l'adhérence un morceau mâché, puis Nous avons créé du morceau mâché des os puis Nous avons revêtu les os de chair; " (miraclesducoran.com)
  • "Ensuite, Nous avons fait du sperme une adhérence; et de l'adhérence Nous avons créé un embryon; puis, de cet embryon Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. " (*)
  • "De sperme, nous l'avons fait un grumeau de sang, le grumeau de sang devint un morceau de chair que nous avons formé en os, et nous revêtîmes les os de chair." (**)
  • Commentaires : Pourquoi introduire le terme d'embryon quand les traductions classiques parlent de bouillie, de morceau mâché ou de grumeau de sang ? A aucun stade de son développement, l'embryon n'est un morceau mâché ou un grumeau de sang. Pour passer d’une goutte de sperme à un bébé, n'importe qui aurait pu écrire quelque chose d'aussi général.

(*) BooKenSTOCK.com, Traduction de Mouhammad Hamidullah
(**) Ed. Flammarion 1970 – Traduction Kasimirski


En résumé, ce ne sont donc que des explications vagues, approximatives ou simplistes. Il y a aussi beaucoup d'extrapolations, d'interprétations hasardeuses, de présupposés sur le sens des mots utilisés, en choisissant systématiquement celui qui va corroborer ce que l’on veut démontrer, et non pas le sens habituel. Ce n’est pas la neutralité que l’on attend d’une démarche scientifique.

En dehors de quelques descriptions reflétant des connaissances que les Grecs et les Romains avaient déjà depuis longtemps, il s'agit pour l'essentiel de textes symboliques, métaphoriques, prophétiques ou allégoriques auxquels on peut faire dire ce que l'on veut, surtout a posteriori. Si Dieu existait, quel intérêt aurait-il eu à cacher des telles descriptions dans ses propos ?
Aucun scientifique n'a utilisé un Livre Saint pour faire avancer la science. La science s'est toujours développée comme si Dieu n'existait pas.

On attend toujours une révélation scientifique issue du Coran, qui ne soit pas encore connue des hommes et que les savants confirmeraient par l'expérimentation.

Tout cela prêterait à sourire si cette thèse n’était pas utilisée à des fins d’endoctrinement visant à "islamiser la modernité", à endormir le sens critique et à asservir une communauté. De nombreux étudiants musulmans se sont ainsi laissés séduire, fasciner ou manipuler par de telles théories. Une multitude de sites Internet musulmans répandent l'idée que le Coran est un livre de science afin de lui donner l'aura de l'argument d'autorité.

Pour conforter cette idée, l'illettrisme du prophète Mahomet, présenté comme un simple berger ne pouvant avoir de connaissances scientifiques, est mis en avant. C'est "oublier" de dire que celui-ci a été élevé dans une famille importante, que son oncle était chef de clan et riche marchand, qu'il a effectué de multiples voyages, rencontré des érudits chrétiens et juifs, qu'il a vécu 15 ans avec Khadidja, une riche veuve de La Mecque. A une époque et dans une contrée où la voie orale était le moyen de transmission du savoir le plus répandu, illettrisme ne signifiait pas inculture.

La grande majorité des musulmans n'a pas besoin de fausses vérités pour faire du Coran le support de leur foi et de leur éthique. Le véritable respect du Coran, ce serait de s'en tenir à son seul aspect spirituel.

Cette théorie contribue à enfermer les croyants dans leurs dogmes afin que le constat de la réalité (qu'elle soit scientifique ou pas) ne vienne tiédir leur foi. Il devient urgent que l'islam connaisse son siècle des Lumières.


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« La religion d'Hitler est la plus proche qui soit de l'islamisme, réaliste, terrestre, promettant le maximum de récompenses dans cette vie, mais avec ce Walhalla façon musulmane avec lequel les Allemands méritoires peuvent entrer et continuer à gouter le plaisir. Comme l'islamisme, elle prêche la vertu de l'épée.  »                            Carl Gustav Jung

 

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« Ils ignorent que les épées sont données pour que personne ne soit esclave. »                                                                                        Lucain

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