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The International Civil Liberties Alliance is a project of the Center for Vigilant Freedom Inc.  We are an international network of groups and individuals from diverse backgrounds, nationalities and cultures who strive to defend civil liberties, freedom of expression and constitutional democracy.

We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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The Center for Vigilant Freedom

3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 19:51

DE DROITE OU DE GAUCHE ? UN TEST POUR VOUS SITUER SUR L'ÉCHIQUIER POLITIQUE

 


par Christian Michel

 

          Depuis que les députés des États généraux se séparèrent le 28 août 1789 en deux blocs, la noblesse et le clergé allant s'asseoir à la droite du siège royal et les représentants du tiers-état à sa gauche, il est habituel d'utiliser cette distinction droite/gauche dans la vie politique. La droite représenterait l'autorité et le conservatisme; la gauche incarnerait le progrès et la transformation de la société. Ainsi on a pu dire qu'être de droite, c'est avoir peur pour ce qui existe, peur que l'ordre établi, même s'il n'est pas parfait, ne soit détruit par de dangereuses expérimentations sociales; être de gauche, c'est avoir peur de ce qui existe, tout changement paraissant préférable aux conditions actuelles.

 

          Ces appellations de « droite » et de « gauche » ont été reprises dans de nombreux pays. On parle de Left, voire de New Left, dans le monde anglo-saxon. En Russie, très logiquement, le champion de la droite est le Parti Communiste, puisqu'il s'oppose aux réformes, alors que l'étiquette de gauche est attribuée aux mouvements qui réclament le changement social, c'est-à-dire, aujourd'hui, aux tenants d'une économie capitaliste.

          Bien sûr, la gauche en appelle à d'autres valeurs que le « changement », elle prétend promouvoir l'égalité, la « justice sociale », mais l'application de ces valeurs conduit à de singulières ambiguïtés. Par exemple, le protectionnisme, dont la gauche se fait volontiers l'apôtre, finit facilement par se confondre avec le nationalisme, qui est une exigence de la droite. À l'autre bout du spectre, la paysannerie affirme volontiers son attachement à la terre et aux traditions familiales, qui sont bien des valeurs de droite, mais elle n'hésite pas à manifester avec la plus grande violence pour obtenir des subventions étatiques, dans la plus pure logique socialiste.

          Alors en quoi la distinction traditionnelle entre valeurs de gauche et valeurs de droite peut-elle encore nous servir? N'y aurait-il pas une autre frontière à tracer, plus révélatrice, plus conforme à la réalité présente, alors que les nouvelles technologies de l'information et la globalisation des marchés bouleversent les relations sociales? Par exemple, le vrai clivage ne serait-il pas entre ceux qui croient à la vie morale, et ceux qui pensent, au contraire, que le bien s'obtient par l'intervention de la puissance publique, et un bien encore plus grand par une intervention de l'État encore plus violente, un processus qui est justement la négation de toute morale?

          Le petit test suivant vous permettra de vous situer dans ce débat.

 


Chaque fois que vous êtes d'accord avec l'une des propositions suivantes, encerclez les lettres C ou E. Si vous êtes opposé à la proposition, encerclez la lettre N. N'inscrivez rien si vous n'avez pas d'opinion.


Libertés civiles


 
Obliger quelqu'un à une activité qu'il ne veut pas faire n'est qu'une forme de servage. Les « services » militaire ou civil devraient être volontaires.
C ... N

Les adultes devraient pouvoir lire et visionner tout ce qui leur plaît, selon leur morale, sans aucune censure, que ces ouvrages soient conformes ou pas aux opinions couramment admises sur la religion, les races, la politique ou la sexualité.
C ... N

Chacun devrait avoir le droit de créer sa radio ou sa télévision, associative ou commerciale, sans devoir demander aucune licence.
C ... N

La drogue tue. Mais beaucoup d'autres activités humaines aussi. Ce n'est pas en rendant clandestine la circulation de drogue qu'on en limite la nocivité. Chaque adulte, à qui on donne le droit de décider par son vote du sort des autres, devrait être considéré assez mûr pour décider de son sort propre. Chaque adulte devrait donc être libre de produire, vendre ou consommer ce qu'il veut, tabac, alcool et toutes les autres drogues.
C ... N

Chacun devrait avoir le droit de s'installer et de travailler, sans formalité, dans le pays où il trouve un emploi.
C ... N

Le mariage est une des décisions les plus privées que nous puissions prendre. Pour quelle raison serait-elle donc soumise au législateur? Les marié(e)s (hommes, femmes, polyandres ou polygames) devraient décider entre eux ou entre elles quelle forme donner à leur union, à l'éducation de leurs enfants, à la disposition de leurs biens pendant et après le mariage, et ce contrat devrait être leur seule loi.
C ... N

Les adultes devraient pouvoir décider librement de leur nom et prénoms, ainsi que de ceux de leurs enfants – qui les revendiqueront ou pas quand ils en auront l'âge.
C ... N

Un objet, même le plus précieux objet d'art, appartient à celui qui l'a réalisé et ensuite à ceux qui l'ont acheté ou reçu en don. Par quelle vue de l'esprit, les prétendus gardiens du « patrimoine national », qui n'ont pas fabriqué cet objet et ne l'ont pas acheté ni reçu en don, pourraient-ils en exiger la possession ou en interdire l'exportation? Refusons le national-collectivisme.
C ... N

La justice partout est rendue au nom de la société (« Au nom du Peuple français, québécois... »), les victimes sont exclues de son exercice. Cet escamotage permet aux hommes de l'État d'inventer des crimes, alors qu'on ne peut identifier aucune victime réelle: « ennemi du peuple », « complot contre l'État »... On jette en prison des auteurs d'« abus de biens sociaux » qui n'ont lésé aucun actionnaire, des producteurs de drogues qui vendent à des consommateurs consentants... Supprimons l'institution du ministère public. Refusons l'idée qu'il puisse y avoir des crimes et délits sans victime.
C ... N

Tous ceux qui ont dépassé l'âge d'avoir un tuteur devraient décider seuls de boucler ou pas leur ceinture de sécurité dans leur automobile.
C ... N
 

Libertés économiques

 

Chacun devrait pouvoir travailler le jour, la nuit, le dimanche, si elle/il y consent.
E ... N

La Constitution proclame que tous les citoyens sont égaux devant la loi. La puissance publique ne devrait donc pas faire des lois privilégiant ou défavorisant une classe de citoyens par rapport à d'autres (« aides » aux agriculteurs, à certaines industries, personnel à statut, quotas réservés aux jeunes, aux femmes, etc.)
E ... N

Il n'existe pas plus de « profit exagéré » que de perte exagérée. Chacun a le droit de gagner autant qu'il peut – tant qu'il ne vole personne –, de conserver cet argent, d'en faire don de son vivant ou à sa mort, et il a aussi le droit de le perdre, sans protectionnisme ni subventions de l'État.
E ... N

Si les parties sont d'accord sur un certain prix pour acheter ou louer un produit, un immeuble, un service, un travail, la puissance publique n'est pas mieux placée qu'elles pour leur dicter un autre prix ou interdire la transaction.
E ... N

Chacun devrait avoir le droit de construire, modifier, détruire sa maison, sans autre restriction que les accords qu'il aurait pu passerait avec ses voisins.
E ... N

Chacun devrait avoir le droit d'acheter les produits et les services qu'il/elle désire (surtout s'ils viennent des pays les plus pauvres qui ont le plus besoin de vendre aux consommateurs les plus riches). Envoyons tous les douaniers à l'école apprendre un métier utile!
E ... N

L'injustice de l'héritage n'est pas dans le don (en quoi serait-il injuste de donner son bien?), mais dans le fait que le donateur, selon le Code civil, n'a pas le choix du bénéficiaire; les enfants reçoivent obligatoirement les biens du défunt. D'accord avec les socialistes, supprimons l'héritage. Faisons place au don: qu'une personne ait le droit de donner son bien à qui elle veut, de son vivant ou à sa mort, à un amant, une institution charitable, un musée, ou, pourquoi pas, à ses enfants.
E ... N

Le vol consiste à prendre à autrui ce qui lui appartient. Le crime est encore plus grave s'il est commis par une bande armée. Que les mafieux portent un uniforme ne change pas la nature de l'agression. Tout impôt est un acte de criminalité organisée.
E ... N

La « justice sociale » est réalisée lorsque la distribution des richesses se confond avec leur production, c'est-à-dire dans une société qui ne connaît pas le vol ni l'impôt. Par rapport à l'immense fortune d'un Bill Gates ou d'une Madonna, il n'existe que deux catégories de gens: ceux qui n'achètent pas les logiciels de Microsoft ou les disques de la chanteuse ne peuvent pas se dire lésés, ils n'ont rien payé. Et ceux qui, au contraire, achètent ces produits ne peuvent pas se plaindre d'une fortune qu'ils ont contribuée à édifier. Si personne n'est lésé, où est donc l'injustice?
E ... N

La bureaucratie croît sans cesse. Le seul frein à cette prolifération cancéreuse est l'assèchement des ressources de l'État. Ceux qui pratiquent l'évasion fiscale et l'économie souterraine sont les vrais bienfaiteurs du pays en privant la bureaucratie des moyens de mettre en place de nouvelles réglementations arbitraires et vexatoires et d'appliquer efficacement celles qui existent.
E ... N
 

Question de rattrapage (si vous avez décidément répondu trop souvent N aux questions ci-dessus):

 

La réalité est qu'il n'existe pas de conflit entre la droite et la gauche. Car dans un vrai régime de liberté, tous ceux qui souhaitent vivre selon les valeurs de la gauche ont pleinement le droit de le faire. Ils ont le droit de renoncer à leur héritage, de mettre en commun les moyens de production qu'ils possèdent, de verser leur salaire au Parti, (à charge pour celui-ci de distribuer ces sommes aux déshérités de la société et de subventionner les entreprises « créatrices d'emploi » et les activités culturelles favorites des dirigeants...).

De même, dans ce véritable régime de liberté, ceux qui croient aux valeurs de la droite, ont l'entière liberté de s'y tenir, de travailler dur, d'épargner, d'élever leurs enfants dans la tradition familiale et nationale, de ne rien lire ni visionner qui soit contraire aux bonnes moeurs, de ne pas employer de travailleur immigré...

La question est pourquoi les uns cherchent-ils à imposer aux autres leur style de vie, c'est-à-dire pourquoi y a-t-il de la politique? Pourquoi les socialistes ne sont-ils pas socialistes entre eux? Et, de même, pourquoi les conservateurs ne laissent-ils pas ceux qui le souhaitent adopter d'autres valeurs? Le conflit n'est jamais entre la droite et la gauche, il est entre la liberté et la violence.

Nos ancêtres se sont battus pour obtenir la séparation de l'Église et de l'État, et avec raison. La croyance religieuse est une manifestation de pure subjectivité, elle ne saurait donc légitimer une contrainte sur autrui. Mais la politique aussi est une affaire d'opinion, et on ne voit pas quelle raison objective nous permettrait d'imposer nos choix politiques à ceux qui ne les partagent pas, que ce soit par le vote ou par n'importe quel autre moyen.

Séparons donc la politique de l'État, comme nous avons séparé l'Église de l'État. Arrêtons de vouloir forcer autrui à vivre comme nous.

 

Encerclez à la fois E et C si vous êtes d'accord avec la proposition.

E …C
 
TOTALISEZ LE NOMBRE DE LETTRES QUE VOUS AVEZ ENCERCLÉES, C, N OU E.

 

Total de C Total de N Total de E
________ ________ ________


• Comptez 10 points par lettre C que vous avez encerlée, et 0 si vous avez encerlé N. Portez votre score en ordonnée sur la partie gauche de l'échiquier. Depuis ce point, tracez dans l'échiquier une ligne horizontale.

• Comptez ensuite 10 points par lettre E que vous avez encerlée, et 0 si vous avez encerlé N. Portez votre score en abscisse au bas de l'échiquier. Depuis ce point, tracez dans l'échiquier une ligne verticale.


• Votre position dans l'échiquier politique est au croisement des deux lignes que vous avez tracées.

  (Votre total peut être supérieur à 100, grâce à la question subsidiaire. En ce cas, félicitations!)

 


 

  De Wikiberal.

Diagramme de Nolan


Le diagramme de Nolan est un échiquier politique qui permet de se représenter sur une échelle du positionnement de partis ou mouvements politiques. Il a été élaboré par le libertarien David Nolan.

Ce diagramme montre les « libertés économiques » (comme le niveau des impôts, le marché libre et la libre entreprise) sur l'axe des abscisses, et les « libertés individuelles » (liberté de circulation, laïcité, libre possession de son corps qui regroupe la légalisation des drogues, l'avortement, l'euthanasie,...) sur l'axe des ordonnées.

Ceci place l'aile gauche en haut à gauche de ce diagramme, l'aile droite en bas à droite, les libertariens en haut à droite, et en bas à gauche les totalitaristes (d'extrême-gauche comme d'extrême droite). Ces derniers furent regroupés par Nolan sous l'appellation de populistes pour leur tendance à s'appuyer sur le « petit peuple », toutefois cela ne recoupe pas l'usage récent du terme populiste pour désigner des programmes économiquement très libéraux. L'axe droite/gauche est donc représenté par une diagonale traversant le diagramme du coin supérieur gauche au coin inférieur droit.

Il faut noter que Friedrich Hayek dans son "Postscript" de La Constitution de la liberté décrit l'esquisse d'un schéma qui pourrait préfigurer le diagramme de Nolan : « si nous voulons faire un schéma, il serait plus approprié de disposer [conservateurs, socialistes et libéraux] en triangle, les conservateurs occupant l'un des angles, les socialistes tirant vers un second et les libéraux vers un troisième. » [1]

  1. Friedrich Hayek, La constitution de la liberté, Paris, Litec, 1994, p.395
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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 02:56
« South Park » est-elle une série « de droite » ?
Il y a deux ans, les « Guignols de l’Info » diffusaient une courte parodie de South Park faisant figurer quatre ténors de la droite française (François Bayrou, Valéry Giscard d’Estaing, Nicolas Sarkozy et Philippe Séguin) en lieu et place des jeunes protagonistes de la série. « Droite Park », tel était le titre de ce sketch, plutôt drôle d’ailleurs vu le niveau moyen de cette poussive institution de « l’esprit Canal ». Mais il est probable que cette séquence d’une minute trente n’ait pas suscité la réflexion à laquelle elle invitait pourtant, à son corps défendant : et si la série South Park était de droite ?


Non, pas possible. Sur Canal Plus comme dans la plupart des one-man-shows, l’humour est drôle parce qu’il est « subversif », « provocateur », donc « de gauche », n’est-ce pas ? Depuis Hara-Kiri et la clique géniale du Professeur Choron  (n’en déplaise à Pierre Carles et à tous ses admirateurs gauchistes, Choron était vétéran d’Indochine, entrepreneur de presse, machiste et ennemi déclaré du genre humain – pas un chantre de l’avant-garde prolétarienne), on en est resté à cette équation simplissime mais ô combien attestée en France par la surreprésentation des idées de gauche chez les amuseurs publics. La subversion a bon dos. En 2009, il faut vraiment avoir des grumeaux dans les synapses pour se croire « dérangeant » en tapant sur le pape, les flics et les patrons. En 1960, ça avait un sens. Aujourd’hui, c’est de la sénescence. 


Mais revenons à South Park pour comprendre ce qui se joue outre-Atlantique. Tout le monde connaît la série créée par Trey Parker et Matt Stone, alors étudiants en cinéma, et diffusée pour la première fois sur Comedy Central en août 1997. Elle a été retransmise régulièrement sur Canal Plus entre 1998 et 2002, et connaît depuis un succès populaire phénoménal dans le monde entier. Le long-métrage Bigger, Longer & Uncut a généré plus de 83 millions de dollars de recettes. Actuellement dans sa treizième saison, South Park s’est imposé comme le digne successeur des Simpsons dans le divertissement populaire. Avec plus de trois millions de téléspectateurs en direct par épisode, le show est aujourd’hui l’un des plus célèbres et profitables aux États-Unis.


Quand on évoque South Park, on pense tout de suite à ces quatre gamins violents et à leur humour scatologique. Dans le premier épisode, aussi grotesque qu’obscène, Cartman découvre qu’il a une sonde extra-terrestre dans le derrière tandis que Stan vomit sur sa copine à chaque fois qu’elle lui parle. Les ados se marrent, les parents s’offusquent. La série fait parler d’elle car elle s’attire les foudres de plusieurs groupes de pression chrétiens et conservateurs yankee. Une stratégie qui s’avère payante pour Parker et Stone, puisque Comedy Central les signe pour un premier contrat de six épisodes, reconduit depuis jusqu’en 2011. Choquante, cultivant le nonsense des Monty Python, la série animée trouve ses premières cibles parmi les maniaques de la gâchette et les évangélistes télévisés. Pour beaucoup, l’affaire est entendue, South Park sera une « caricature de l’Amérique réactionnaire ». C’est toujours la vision qui domine en France, où l’anti-américanisme fait facilement recette.


Pourtant, pourtant… À partir de la quatrième saison environ, le show prend une ampleur politique qui lui faisait défaut jusqu’à présent. Parker et Stone font preuve d’un réel talent d’écriture et d’une inspiration croissante. Pour qui sait lire entre les prouts lignes, South Park distille de plus en plus clairement une vision du monde cohérente, loin d’être nihiliste, sans renoncer à l’humour féroce et souvent violent de ses débuts. Or, à mesure que la série avance, cette Weltanschauung tourne au vinaigre pour les bobos puisqu’elle s’en prend cruellement à tout ce qui est à la pointe du progressisme là-bas : écologie, décroissance, droits des minorités, contraception, et j’en passe. À l’occasion d’une remise de prix, on apprend que Matt Stone est membre du Parti républicain et que sa devise est : « I hate conservatives, but I really fucking hate liberals ! » (« Je hais les conservateurs, mais putain, qu’est-ce que je hais les progressistes ! ») Intéressant, n’est-ce pas ?


Vers 2001, le terme « South Park Republican » passe alors dans le langage courant en Amérique, notamment grâce à l’influent blogueur Andrew Sullivan. Le polémiste Brian Anderson sort en 2005 un livre détonnant qui fait de la série l’un des parangons d’un nouvel esprit anticonformiste de tendance conservatrice. South Park Conservatives est un succès de libraire qui annonce fièrement la fin du monopole idéologique de la gauche sur les idées, qu’elle exploite sans vergogne depuis les années 1970. S’il est un peu hasardeux de faire figurer Parker et Stone aux côtés d’Ann Coulter et de Rush Limbaugh, le constat est sans appel : South Park est une série qui plaît à droite parce qu’elle ridiculise ce qui est sacré à gauche. Et le dossier à charge est très fourni, jugez-en plutôt.


Raillant l’idéologie du métissage et les méfaits de l’immigration, l’épisode Goobacks (806) tire à vue sur le politiquement correct. Des visiteurs du futur arrivent à South Park pour chercher du travail et fuir la misère de leur époque. Ce sont des métis uniformes, mélanges de toutes les races et dont le dialecte incompréhensible est un mélange de toutes les langues. Bien vite, la ville de South Park est profondément altérée par la venue croissante de ces migrants qui acceptent un salaire inférieur et poussent ainsi les locaux au chômage. En France, Parker et Stone auraient déjà quatre procès sur le dos. Dans l’épisode The Death Camp of Tolerance (614), les enfants sont envoyés dans un camp de rééducation morale après s’être plaint des agissements obscènes de leur instituteur homosexuel. Sous la menace d’armes à feu, ils doivent dessiner des œuvres de propagande « citoyenne » et « tolérante ». Une allégorie de la chape de plomb que font peser les associations communautaires sur la liberté d’expression en France.


Le réchauffisme et l’idéologie écologiste en prennent aussi plein la figure, à l’image de ce voyage scolaire dans la forêt tropicale qui tourne à l’aigre (Rainforest Schmainforest, 301) ou du fascisme vert des militants de la Journée de la Terre qui massacrent le pauvre Kenny en représailles (Terrance and Phillip: Behind the Blow, 505). Le plus hilarant en la matière est certainement le récent Smug Alert ! (1002) où la prétention snob des bobos de San Fransisco est ridiculisée avec brio : tellement fiers d’eux-mêmes qu’ils en viennent à respirer leurs propres pets avec délectation… Les stars pontifiantes d’Hollywood (l’équivalent de nos « artistes engagés », façon Cali ou Berling) sont malmenées, à l’image de Rob Reiner et la guerre qu’il mène contre les fumeurs de cigarettes (Butt Out, 713)… De même que l’engouement irrationnel pour les médecines douces et new age, qui manquent de provoquer la mort du petit Kyle (Cherokee Hair Tampons, 407).


Question religion, là encore, Parker et Stone surprennent. S’ils ont copieusement moqué les pasteurs protestants dans plusieurs épisodes, présenté les prêtres catholiques comme des pédophiles (Red Hot Catholic Love, 608) et provoqué l’indignation générale avec une statue de la Vierge saignant de l’anus (Bloody Mary, 914), leur rejet du consensus les a conduits à des critiques virulentes contre le camp d’en face : contre le délire laïciste visant à supprimer les sapins de Noël des écoles (Mr. Hankey, the Christmas Poo, 110), contre l’athéisme jouisseur et nihiliste (Go God Go, 1012) et en défense des Mormons, présentés comme des gens honnêtes, travailleurs, qui aiment leur famille et leur prochain (All About the Mormons, 712). Trey Parker ne cache pas sa sympathie pour l’Amérique profonde : « Les gens du show-biz sont tous plus ou moins des connards cocaïnés et érotomanes, mais ils se sentent naïvement supérieurs au mec du Wyoming qui aime sa femme et élève bien ses gosses. »


Les exemples se multiplient. Comment expliquer cette « face cachée » de South Park que l’on refuse de voir en France (est-il innocent que Canal Plus ait arrêté de diffuser la série en 2002, quand ça commençait à chauffer ?) ? La biographie des deux créateurs apporte des éléments de réponse. Quand ils étaient au lycée dans les années 1980, Trey Parker et Matt Stone voulaient être punk rockers, par rébellion envers le système. Ils emmerdaient Reagan, l’idéologie conservatrice, et pensaient que le Colorado était un trou à rats peuplé de beaufs racistes. Mais une fois à l’université, ils comprennent que la pensée dominante peut être tout aussi détestable quand elle est progressiste. « Quand je suis arrivé à Boulder, j’ai jeté illico ma paire de Birkenstock car tout le monde en portait, et j’ai réalisé que ces gens-là aussi voulaient contrôler mes choix », dixit Stone. Le pompon, c’est L.A. Avec le succès de South Park, les deux copains doivent y résider au moins partiellement. Parker remarque : « La seule façon d’être un punk à Los Angeles, c’est d’entrer dans la plus grosse fête et de dire : “On peut penser ce qu’on veut de George Bush, mais il faut reconnaître qu’il est plutôt brillant !” Les gens vous regardent hébétés, et puis ils vous foutent dehors ! »


Comme je l’écrivais plus haut, la vision du monde des créateurs de South Park est cohérente. Leur esprit punk et anarchiste leur commande de se moquer de toutes les vaches sacrées de leur époque. S’ils pourfendent majoritairement l’aile gauche du spectre politique, c’est parce que les idées de gauche dominent la vie intellectuelle et culturelle américaine, malgré l’épisode néo-con. Plus qu’une série « de droite », South Park est surtout le reflet d’une philosophie politique quasiment inconnue en France : le libertarianisme. Trey Parker est d’ailleurs un libertarien déclaré. Une lecture attentive de certains épisodes le confirme sans ambages. Gnomes (217) est un hommage à l’économie de marché et une critique de l’idée reçue selon laquelle les commerces de proximité sont meilleurs que les grandes chaînes. Dans Cartmanland (506), l’esprit d’entreprise est valorisé tandis qu’apparaît l’injustice de l’impôt. Le gouvernement fédéral n’a jamais le beau rôle, qu’il régente l’éducation sexuelle des enfants à la place des parents (Proper Condom Use, 507) ou qu’il prenne des décisions insensées face à la crise financière (Margaritaville, 1303). Le clin d’œil à Ayn Rand dans l’épisode Chickenlover (203) ne laisse aucun doute : South Park est un hymne à la liberté.


Certainement plus à droite que la quasi-totalité des sitcoms, South Park n’est pas pour autant une série conservatrice, comme ses auteurs l’ont prouvé à maintes reprises, en s’attaquant aussi aux tabous de la droite américaine. Comparons maintenant avec la France. La bien-pensance de gauche est écrasante dans les médias, la littérature, le show-business et l’université. Sarkozy, naguère qualifié d’ultra-libéral (l’analyse politique à la portée des caniches), se gauchise nettement depuis son élection et semble trahir chaque jour un peu plus son électorat de droite. L’establishment est viscéralement étatiste (donc antilibéral) et de gauche, les vieux cons bedonnants de mai 1968 sont toujours aux manettes. C’est dire à quel point il manque un South Park français, un rouleau compresseur qui démolirait les grands tabous contemporains de chez nous, un grand bol de vitriol qui décaperait les sornettes « antiracistes », « tolérantes » et « citoyennes » dont on nous abreuve quotidiennement.


Pour faire choir les rebellocrates de leur piédestal, nous avons besoin d’humour libertarien. Certes, la pensée « libérale-conservatrice » est marginale en France, mais je vois aussi de l’espoir. La France que j’aime, gouailleuse, irrévérencieuse et cultivée, étouffe depuis plusieurs années sous le joug du politiquement correct et du totalitarisme intellectuel. Le truculent Michel Audiard a enfanté le sinistre Jacques Audiard. Mais tout n’est pas perdu, les enfants. On dit souvent que les États-Unis ont entre dix et vingt ans d’avance sur nous. Espérons que l’adage se vérifie au moins sur le plan culturel, et que nous verrons poindre d’ici 2017 un phénomène humoristique de la trempe de South Park.


Paul Castaing


Criticus, le blog politique de Roman Bernard.

Vous voulez publier une tribune libre sur Criticus ? Vous pouvez m'envoyer vos suggestions d'articles à l'adresse suivante : criticusleblog@gmail.com .


À lire aussi :

[South Park] AUTRUCHES CONTRE LAMANTINS !

 

south park

La lâcheté consiste pour la majorité des gens à vouloir laisser faire les islamo-terroristes pour sauver sa vie au détriment d’une liberté chèrement acquise : la liberté d’expression. a dit Kyle, le personnage central de la série SOUTH PARK.

Même après des années de lutte, nous n’aurions pu faire aussi bien que ces deux génies que sont Matt Stone et Trey Parker, les créateurs de la série South Park.

Dans les deux épisodes que vous pourrez visionner au bas de ce billet, Stone et Parker nous donnent la quintessence de notre combat contre le fascisme islamique.

kyle south parkCes deux incroyables auteurs ont réussi l’exploit inouï de tout concentrer dans cette aventure entre ceux qu’ils appellent : les AUTRUCHES : ceux qui refusent de voir le grignotage de nos libertés les plus essentielles et comme le dit Kyle : “La lâcheté implique de ne pas parler, rien dénoncer, s’enterrer la tête dans le sable et tenter de croire que ça les sauvera !” et les LAMANTINS
Kyle dit même à ce propos : “Soit on peut rire de TOUT, soit on peut rire de RIEN” !
: ceux qui refusent de mettre un mot, une idée de côté sous prétexte que cela pourrait heurter la sensibilité d’un groupe.

Le sujet : La Fox diffuse les épisodes des Griffin (Family Guy). Dans un épisode à venir, Mahomet doit apparaître.

Le monde s’affole, on craint le pire, les foules paniquées demandent à ce que la Fox déprogramme l’épisode des Griffin où le prophète doit faire une apparition.

Le N° 2 d’al quaeda, Ayman Al-Zahouari fait une annonce menaçante si l’épisode est diffusé.
Ben Laden en fait autant. Les musulmans partout dans le monde brûlent les drapeaux et appellent au Jihad.

Et là…Consternation ! Les auteurs de South Park font apparaître G W Bush, qui, devant ces menaces, ose la fermeté à l’égard de l’islam comme un sauveur de la démocratie.

Devant un parterre de journalistes attendant la réponse officielle sur l’attitude du Président des États-Unis face à la menace des attentats islamiques, G.W Bush devient le Héraut de la liberté.
Je ferai respecter le 1er amendement ” dit-il.

A ce moment précis, on frôle le grand moment de cinéma cartoonesque. Le génie et la clairvoyance des créateurs de South Park font de cet instant précis l’égal des pages de Balzac sur le journalisme dans son excellent roman “les illusions perdues”.

Les journalistes dubitatifs devant l’énoncé du Président Bush sur le 1er amendement ont tous perdu la mémoire !!!

Qu’est ce que le 1er amendement ?” demandent-ils.

Bush…étonné…choqué par cette question chuchote presque : “mais…c’est…la liberté d’expression…

Les journalistes ont oublié le 1er amendement. Ce sont eux les censeurs.

La bataille finale entre Kyle et Cartman (la somme de tous les vices dans la série) ne sera pas uniquement physique mais idéologique. Le démocrate contre le fasciste, rien de moins.

La Fox est prête à annuler l’épisode où apparaît Mahomet et Kyle résiste…Ses mots sont les miens, les vôtres :

Vous ne pouvez pas faire ce qu’ils demandent juste parce qu’ils menacent d’utiliser la violence.
Il faut préserver la liberté d’expression !
Oui…Il y aura peut-être même des morts, c’est comme ça que le terrorisme fonctionne ! Mais, si vous cédez à leur chantage, ça veut dire que les terroristes auront gagné, c’est pourquoi VOUS DEVEZ DIRE NON !

Si vous censurez Mahomet, c’est que vous faites une distinction entre les sujets sur lesquels on peut plaisanter et les autres. Soit on peut rire de tout, soit on peut rire de rien !

La Fox entend Kyle et décide de lancer l’épisode où Mahomet fait une entrée…La liberté d’expression retrouve-t-elle sa place ?

NON ! Pirouette encore plus intelligente par les auteurs de South Park.

L’épisode passe et Mahomet est planqué derrière une pancarte… Raté !

Sur la pancarte apparaît alors le texte suivant : “Comedy Central a refusé de diffuser une image de Mahomet sur sa chaîne“.

 

TOUT EST A REFAIRE !

Nul besoin d’avocat pour Charlie Hebdo en son temps de procès…La seule plaidoirie aurait consisté à faire visionner ces deux épisodes de South Park à la Cour.

Et vous ? Que choisissez vous ? AUTRUCHES OU LAMANTINS ?

Les deux épisodes

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 03:01

FAUT-IL INTERDIRE LES DROGUES ?

 

Pour commencer cette conférence,(1)  je voudrais vous raconter une anecdote historique. Dès janvier 1919, les prêtres catholiques américains devaient obtenir une autorisation de l'administration fédérale pour se procurer du vin de messe. L'ère de la Prohibition avait commencé. Pendant douze longues années, la production, le commerce et la consommation de boissons alcoolisées demeurèrent totalement interdits aux États-Unis. Très vite, on vit apparaître des sectes se réclamant du christianisme pour pratiquer avec dérogation administrative la communion sous les deux espèces. Tous les observateurs notaient le zèle particulier des fidèles pour l'absorption de vin consacré.

Il n'y eut pas que des petits malins pour tourner la loi sur la prohibition de l'alcool. Des mafias, habituées à fonctionner dans l'illégalité, saisirent une si belle occasion de diversifier leurs revenus traditionnellement liés au jeu et à la prostitution. Des distilleries clandestines proliférèrent dans tout le pays. Fabriqués à la hâte, sans hygiène, leurs produits rendaient souvent fou ou aveugle, mais quel recours avait l’imprudent consommateur ? D'autres gangs, qui ciblaient plutôt une clientèle fortunée, passaient en contrebande des spiritueux de qualité venus d'Europe. L’argent du bootleg pervertissait l’État jusqu’au plus haut niveau; un des exemples remarquables reste celui de Joseph Kennedy, fondateur de la dynastie qui donna un président et plusieurs sénateurs au pays, et qui lui-même, après avoir édifié sa fortune dans l’importation d’alcool en fraude, se fit nommer à la tête de la puissante et prestigieuse Commission des Opérations de Bourse par les politiciens qu’il avait si longtemps stipendiés.

La conséquence la plus tragique de la Prohibition fut évidemment l’augmentation spectaculaire des crimes de sang. Parce qu'ils ne pouvaient pas recourir aux tribunaux, les gangs réglaient leurs différends dans des batailles de rue et par des assassinats, qui marquent encore la mémoire de villes comme Chicago. On a pu écrire que la violence causée par la Prohibition a provoqué plus de morts pendant les douze années qu'elle a durées que n'en auraient causé la cirrhose et les accidents dus à l'alcool. (2)

Si tout ce que je viens de vous dire ne vous rappelle pas ce qui se passe aujourd'hui avec la prohibition de la cocaïne et des autres drogues, c'est que vous avez vécu sur une île déserte, sans journaux et sans radio depuis 20 ans.

Or, que s'est-il passé lorsque la Prohibition de l'alcool a cessé aux États Unis ? Des multinationales comme des petits producteurs ont mis en vente des vins et des spiritueux non frelatés. Les seules batailles qu’ils ont continué de se livrer étaient sous forme de publicité et de prix cassés. La mafia a déserté ce secteur, et on n’y a plus recensé aucun cas de corruption ni de " blanchiment ". Et, curieusement, la consommation d’alcool comme celle de cigarettes diminue dans beaucoup de pays où la vente y est autorisée.

Est-ce que l'expérience que je viens de décrire de la prohibition de l'alcool aux États Unis n'aurait rien à nous apprendre, ou bien est-elle pertinente pour analyser cette nouvelle prohibition qui vise cette fois les amphétamines, la cocaïne, l'héroïne, le cannabis.., ce qu'on appelle communément " la drogue " ? Il y a quelque chose que je trouve effrayant dans l’ampleur et la violence de la répression qui s’abat sur les drogués. Le discours utilisé, les moyens mis en œuvre, sont vraiment ceux de la guerre. (3) Dans notre propre pays, qui se veut un modèle d’État de droit, les policiers et les magistrats réclament des lois d’exception et des exceptions à la loi sous prétexte de trouver et punir les trafiquants. La délation devient obligatoire, comme aux beaux jours du nazisme et du stalinisme. (4) Lorsque les gouvernements, partout, montrent une telle unanimité répressive, est-ce que notre devoir minimum de citoyen n’est pas de se poser des questions ? Se pourrait-il, par exemple, que nous soyons en train de répéter l’erreur des prohibitionnistes de l’alcool, dont les remèdes ont causé plus de morts que le mal qu’ils voulaient combattre ? Se pourrait-il que la répression arrange autant les affaires des mafieux que celles des politiciens ? Tout ce qui concerne la drogue a des rapports avec notre inconscient, et c’est précisément parce que l’émotion qu’elle suscite permet toutes les manipulations que nous devons nous poser de telles questions.

La persécution des drogués

La première des manipulations est évidemment celle du vocabulaire. Lorsque les magistrats et les policiers prétendent qu'ils mènent la " guerre à la drogue ", ils abusent des mots. " Persécution " est le terme qui convient. Appeler leur croisade " persécution " rendrait la cause des policiers moins populaire, mais décrirait mieux la réalité. Car notez que dans une guerre, il y a deux adversaires qui luttent pour s'imposer l'un à l'autre. Or, le drogué ne menace personne, il se trompe certainement dans la voie qu’il a choisie, mais il n’oblige personne à le suivre; le drogué ne contraint personne à se droguer, c’est nous qui voulons, par la force des armes, lui imposer notre propre façon de vivre. Alors, je m'interroge sur la raison même de cette persécution. Pourquoi interdire la drogue ? Car il ne peut pas, absolument pas, y avoir de justification rationnelle à l'interdiction de produire, de commercialiser et de consommer des drogues. Il n'existe pas de raison morale. Il n'existe pas de raison économique. Il n'existe pas de raison sociale. La persécution que pratiquent nos gouvernants n'est pas de l'ordre de la raison. Son absurdité est telle qu’il faut en chercher les causes dans nos peurs, dans la peur que notre société éprouve devant tous les essais de modifier les états de conscience. Nous n'aimons pas les mystiques, les chamans, nous ridiculisons les voyants, nous enfermons les fous et les délirants, même s'ils ne sont pas dangereux, nous persécutons les drogués, comme nous avons brûlé les sorcières. Dans notre société qui se veut sécularisée, la persécution des drogués est une persécution religieuse. C'est ce que je vais essayer d'expliquer.


Les vrais dangers de la drogue 

Laissez-moi d’abord vous dire que je suis confronté au problème de la drogue comme l’est tout père de famille en Occident. La drogue n’évoque pas pour moi le stimulant intellectuel que prenaient Einstein, Freud (ou Sherlock Holmes), ni l’inducteur de rêveries et de visions qu’affectaient Baudelaire, Malraux, Cocteau, Michaux et tant d'autres. Je suis atterré que la drogue soit aujourd’hui celle que les lycéens refilent à leurs petits camarades, celle que contenaient les seringues abandonnées qu’on trouve dans les jardins publics, celle des junkies aux dents déchaussées et aux orteils horriblement piqués et tuméfiés, parce que les orteils sont moins repérables par les policiers que les bras.

Mais j’ai eu aussi une autre expérience de la drogue. J’ai été président pendant dix ans d’une société française qui produisait de la cocaïne - en toute légalité, car cet alcaloïde a encore un usage médical. Celle que nous produisions sous le contrôle du Ministère de la Santé et sous surveillance policière était " de la pure ", vendue à des laboratoires pharmaceutiques et des hôpitaux. De temps en temps, les douaniers nous envoyaient leurs prises en espérant que nous pourrions les traiter et leur acheter la cocaïne récupérée. Ces produits confisqués aux trafiquants déconcertaient notre meilleur chimiste et furent pour moi la révélation d’une immense aberration dans notre politique répressive. La cocaïne de contrebande était tellement dénaturée, mélangée avec n’importe quelle poudre blanche, de la lessive, du plâtre même, les impuretés si nombreuses que, huit fois sur dix, elle était irrécupérable. Mais je réalisais que c’est cette mixture que les jeunes prisaient ou s’injectaient. La dangereuse différence entre la cocaïne que nous produisions dans notre laboratoire et celle vendue dans la rue tenait aux impuretés. La pâte que fourgue un dealer est potentiellement mortelle, non pas tant à cause de la cocaïne qu’elle contient que des produits qu’on y a mêlés.

Ce qui s’explique aisément. La cocaïne, comme vous l'avez vu dix fois à la télévision, est extraite des feuilles d’une plante, la coca. Son extraction demande un traitement chimique qui nécessite un appareillage simple mais encombrant. L’interdiction de la production de cocaïne fait que les laboratoires où l’extraction s’effectue doivent rester cachés dans des fermes, des usines désaffectées, des bidonvilles, et qu’ils doivent déménager fréquemment ; les conditions d’hygiène ne peuvent en aucun cas y être satisfaisantes. La vente des solvants organiques nécessaires à l’extraction est elle-même contrôlée par la police. Les chimistes clandestins utilisent donc des ersatz qu’ils préparent dans leur garage, dans leur cave, dont vous imaginez la qualité. Puis cette pâte frelatée doit passer les frontières, indécelée des douaniers. Récemment, j'ai entendu dire qu'un antiquaire a été arrêté à Genève. Il importait des tableaux, beaucoup trop de tableaux au sentiment des douaniers. La cocaïne était diluée dans le vernis qui recouvrait les toiles. Quelqu'un allait s'injecter du vernis de tableaux avec un peu de poudre dedans.

Les effets de la clandestinité

 La nécessité de transporter clandestinement la marchandise incite les trafiquants à proposer les drogues les plus dures, celles qui pour le plus faible volume provoquent l’effet le plus fort. On avait constaté le même phénomène et pour les mêmes raisons à l’époque de la Prohibition : la bière et le cidre avaient quasiment disparu au profit du gin et du whisky. La règle est qu’une substance interdite est vite remplacée par une autre plus nocive encore. Puis, la drogue en arrivant à destination est coupée par les revendeurs pour augmenter leur marge. C’est une nouvelle cause de pollution du produit, bien sûr, et un risque supplémentaire pour le drogué, car il ne sait pas dans quelle proportion la drogue est coupée, il ne peut pas calculer la dose de principe actif qu’il va consommer. Imaginez que vous preniez des pilules pour dormir, toutes de la même apparence, les unes contenant un gramme de somnifère, les autres dix grammes ou plus. Une fois, vous ne vous réveillerez pas. Les drogués meurent ainsi d’une overdose.

Le commerce de la drogue, comme toute activité humaine, obéit à une cohérence économique. La répression sévère, qui va jusqu'à la peine de mort dans certains pays, est cause que l’offre est réduite alors que la demande reste forte. La prohibition garantit donc des prix élevés aux trafiquants. Comme tout entrepreneur, ceux-ci veulent diminuer leur risque, dans leur cas, celui d’être appréhendé; or leur marge commerciale est largement suffisante pour acheter la complicité des autorités, et, par conséquent, pour les plus gros trafiquants, le risque lié à l’illégalité est plus théorique que réel.

Les prix élevés de la drogue dus à son interdiction sont la raison de manifestations de délinquance et de violence menaçant toute la population, même celle qui se tient à l’écart de ce trafic. D’une part, des bandes armées se disputent cette activité si lucrative, tuant indifféremment leurs rivaux ou des passants. D’autre part, de nombreux consommateurs ne peuvent se procurer l’argent de leurs doses sans recourir au vol. Même si vous n’avez jamais été directement victimes de la délinquance des drogués, vous en supportez le coût. Les compagnies d’assurances vous le font payer dans leurs primes.

Ce recours au vol explique pourquoi la cherté du produit n’est pas un frein à la consommation, comme ce serait le cas sur un marché légal. Puisqu’ils sont de toutes façons refoulés dans la clandestinité, les consommateurs de stupéfiants n’ont plus à se priver de voler l’argent qu’ils ne gagnent pas, ce qui leur confère un pouvoir d’achat en théorie illimité. Certes, voler sans se faire prendre demande des capacités, mais les drogués pratiquent volontiers la vente " boule de neige ". Un héroïnomane a intérêt à acheter plus de produit qu'il n'en consomme lui-même et à se faire une clientèle à qui revendre le surplus. Ce sont donc sur ses clients qu’il reporte le sale boulot de voler des autoradios ou d'arracher des sacs à mains. 

La prohibition de la drogue est l’exemple type d’intervention administrative fourvoyée. On prétend lutter contre les trafiquants, et quelques uns effectivement sont arrêtés, mais on assure à tous les autres des bénéfices exorbitants. On prétend protéger les drogués contre eux-mêmes, mais la prohibition incite les trafiquants à ne commercialiser que les drogues les plus dangereuses. On prétend moraliser la société en éliminant un vice, mais on induit un supplément de violence et de délinquance dont toute la société subit le coût moral et matériel. (5) 

Les fruits de la légalisation

 Je pars de l’hypothèse que le but réel des pouvoirs publics est de protéger les drogués et de mettre un terme à la criminalité liée au trafic de stupéfiants. Je ne suis pas certain que cette hypothèse soit la bonne, mais admettons-la provisoirement. Est-ce que, dans ce cas, la solution ne serait pas de légaliser la drogue ? Non pas dépénaliser sa consommation : cette demi-mesure adoptée aux Pays-Bas, si elle représente un progrès, n’élimine pas le danger de la fabrication clandestine. Légaliser signifie tout bonnement que la drogue sera en vente dans les circuits commerciaux habituels, comme le sont le vin et les cigarettes.

Préconiser la vente de haschich et de cocaïne en épicerie apparaîtra peut-être à certains d'entre vous comme une monstruosité. Pourtant les avantages sont décisifs de transformer ce qui est un trafic glauque et sanglant en un marché transparent. Sur tous les marchés libres, les fournisseurs sont des entreprises ou des particuliers identifiables et civilement responsables. Lorsque les fournisseurs commercialiseront en leur nom, sous leur marque, le haschisch, la marijuana, la cocaïne, l’ecstasy, le LSD.., chaque consommateur aura l’assurance d’acheter un produit qui n’est pas frelaté (et si jamais il l’était, ce consommateur pourrait se retourner contre le fournisseur et lui réclamer des dommages, ce qui est évidemment impossible dans la clandestinité d'aujourd'hui). (6)

La concurrence entre les fournisseurs apporte aussi la perspective d’une diminution de la toxicité des produits. Nous oublions en l’appelant toxicomane que ce n’est pas la toxicité que cherche le drogué, mais une certaine forme de bien-être physique. Or, éliminer la toxicité est autant l’objectif de l’entreprise que le souhait du drogué. Même si vous n'accordez aucune once d’humanisme aux hommes d’affaires, vous devez au moins reconnaître qu’en saine logique commerciale tuer ses clients n’est pas une stratégie viable. Dès qu'ils seront libres de commercialiser ce qu’on ne pourra plus appeler de la drogue, mais des euphorisants, des stimulants intellectuels ou des inducteurs de rêveries, les industriels voudront satisfaire le consommateur en créant des produits correctement dosés, sans effets secondaires.

Aujourd'hui, avec ou sans l’encouragement des pouvoirs publics, les entreprises ont bien mis sur le marché des cigarettes légères, des colas et des pâtes à mâcher sans sucre, du café sans caféine, des huiles alimentaires sans cholestérol... On verra dans la même logique les fabriquants de drogues rivaliser pour proposer les produits les moins nocifs possibles. En outre, la disponibilité de produits aux effets presque similaires fait naturellement disparaître le besoin des produits plus toxiques. Pourquoi prendre le risque de l’absinthe alors qu’on trouve du pastis ? De même, pourquoi prendra-t-on le risque du crack lorsqu'on trouvera sur le marché de la cocaïne pure et pas chère ?

On peut ainsi espérer que les laboratoires, lorsqu'ils auront le droit de faire de la recherche sur ces produits, ce qui vous savez leur est totalement interdit aujourd'hui, découvriront rapidement un moyen de diminuer le phénomène d’accoutumance que créent certaines drogues. Contrairement à ce qu’une analyse superficielle peut faire croire, l’accoutumance ne joue pas en faveur du producteur. (7) C’est la crainte de l'accoutumance, au contraire, et des effrayantes crises de manque qu’elle occasionne qui agissent comme un frein à l’extension de la consommation. Or, quel est le producteur qui ne souhaite pas lever les freins à la diffusion de son produit  ?

Une autre conséquence bienvenue de la légalisation totale sera l’effondrement des prix, libérant le drogué de la nécessité de la délinquance pour acheter ses doses. Des produits moins toxiques et moins chers signifient qu’un consommateur pourra le plus souvent conserver son travail et que son salaire lui permettra de satisfaire son besoin. Une marge commerciale qui n’intègre plus une prime pour l’illégalité de la transaction découragera les mafias, qui chercheront vite ailleurs d’autres activités plus lucratives. (8)

Apprendre à boire, à fumer, à sniffer

 La légalisation sans restriction de la drogue ne veut pas dire un monde de junkies, pas plus que depuis la fin de la Prohibition, les États Unis ne sont devenus un pays d’ivrognes. Ce n’est pas la répression policière, mais l’exemple et l’éducation qui permettent de limiter la consommation de drogues. Il existe des comportements pathologiques liés à tout ce que nous consommons (des fumeurs à la chaîne, des boulimiques et des alcooliques..), mais la civilité, les rites, les usages, ont pour effet d’exercer une pression modératrice sur chacun. En Occident, on ne fume pas partout ni n’importe quand; on ne boit pas d’alcool le matin, ni en dehors des repas avant le soir... Chez les Indiens du Mexique, il existe des rites à respecter avant de mâcher le peyotl.

Les parents apprennent ces règles à leurs enfants. La socialisation de la consommation permet la transmission à chaque génération d’un enseignement sur le bon et mauvais usage de la drogue. Or, ce n’est pas seulement le produit que la répression frappe, mais son mode d’emploi. Dans le monde fermé et clandestin des drogués, les illusions et les mythes les plus fous circulent sur des substances qui pourtant réclament plus que d’autres d’être traitées avec sagesse et compétence. La légalisation et la banalisation de la drogue, la diminution en même temps de sa dangerosité, auront pour conséquence que nous pourrons l’intégrer dans notre culture pour en réguler l’usage. (9)


Les mauvais prétextes d’une politique répressive 

Nous avons dressé un constat d'échec total de la répression. Je crois que vous pourrez en convenir, il suffit de regarder autour de soi, la répression, ça ne marche pas. La moitié des poursuites pénales dans un pays comme la France, la moitié des incarcérations aux États Unis, sont liées à la drogue. C’est un chiffre effarant, et pourtant le nombre des drogués ne fléchit pas. Jusqu’où voulons-nous aller ? Mettre un policier dans chaque salle de classe, dans chaque boîte de nuit ? En regard de cet échec, j’ai essayé de décrire les avantages qu’offrirait la légalisation complète des drogues. Alors pourquoi persévérer dans la voie de la répression et de l’échec, alors qu’il existe une alternative ?

 Cet entêtement dans l’échec ne peut pas être pour des raisons économiques. Quand on se place du point de vue même des États persécuteurs, toujours en situation de semi-banqueroute, la légalisation représente un gisement fiscal : d’un trait de plume abolitionniste, tout le commerce de la drogue deviendrait imposable. En revanche, la clandestinité entraîne des dépenses budgétaires considérables sans recettes correspondantes. Voyez l'encombrement de la justice, le maintien des contrôles douaniers aux frontières, le quadrillage policier du pays, l'emprisonnement de dizaines de milliers de trafiquants, auquel il faut ajouter les coûts hospitaliers du traitement des drogués, la propagation du SIDA, etc. Économiquement, la légalisation ne peut pas coûter plus cher à la société que la répression.

 Ce n’est pas non plus pour des raisons sociales et de santé publique que la répression se justifie. L’argument ici serait celui des partisans de l’avortement. Puisqu’on ne peut pas interdire efficacement l’avortement, faisons au moins qu’il ne mette pas en danger la vie de la mère. Il ne s’agit pas d’approuver le choix de la drogue ou de l’interruption de grossesse, mais lorsque ce choix est fait, de permettre qu’il n’ajoute pas le risque physique à la faute morale. Il est étonnant que les mêmes politiciens qui ont approuvé l’IVG en raison de cet argument refuse de le considérer lorsqu’il s’agit de la drogue. Et puisque nous parlons de santé publique, je voudrais rappeler des faits : le premier est que l’alcool en France tue 100 fois plus que la drogue, et la drogue tuerait moins si elle n’était pas interdite; le deuxième est que le passage des drogues douces aux drogues dures n’est pas automatique, pas plus que celui qui se met à boire un verre de vin par repas ne deviendra nécessairement un alcoolique. Il y a aux États Unis 40 millions de personnes qui ont fumé un joint, et seulement 700,000 héroïnomanes, soit 1,75% d’utilisateurs de " drogues douces " qui ont fait le pas vers une plus grande toxicité. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le produit qui force la dépendance, mais plutôt la psychologie de l’individu qui recherche cette dépendance. Très peu des dizaines de milliers de militaires américains qui consommaient de l’héroïne au Vietnam n’ont connu des problèmes de dépendance à leur retour au pays.

Enfin, ce ne saurait être non plus pour des raisons morales que nous continuons la répression. La distinction à établir ici est celle entre la morale et le droit : ce n’est pas parce qu’un produit ou un comportement sont bénéfiques que les pouvoirs publics doivent les rendre obligatoires (tout au plus, ils peuvent se contenter de les conseiller); et ce n’est pas parce que d’autres produits ou comportements sont nuisibles pour ceux qui les adoptent que les pouvoirs publics doivent les interdire (ils doivent seulement émettre des mises en garde). Le rôle des pouvoirs publics dans un État de droit est de protéger les citoyens contre l’agression d’autrui, pas contre eux-mêmes. " La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui " affirme la Déclaration des Droits de l’Homme. Le port du voile ou de plumes sur la tête, la consommation de porc, d’alcool ou d’alcaloïdes, un traitement médical, sont des choix qui ne sauraient nuire (éventuellement) qu'à ceux qui les ont faits, pas à autrui. Chacun de nous devrait pouvoir dire, en paraphrasant Voltaire : " Je n’approuve pas ce que vous sniffez, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le faire ".

Confondre le vice et le crime, la loi morale et le droit, est l’essence du fondamentalisme. (10) Or, moralement, le fondamentalisme est indéfendable, il n’y a de morale que dans la liberté. Le paradoxe est que ce sont les dirigeants des démocraties occidentales qui se proclament les champions de la liberté et qui pratiquent en même temps le fondamentalisme le plus rétrograde en se voulant à la pointe du combat contre la drogue. Position idéologique difficile à tenir : Comment expliquer que chaque adulte ait le droit d’élire les dirigeants de la Cité, de se prononcer sur le niveau des impôts, la peine de mort, les lois scolaires..., c’est-à-dire comment expliquer que le citoyen possède assez de jugement pour voter comment les autres doivent vivre, mais n'en aurait pas assez pour décider comment vivre lui-même ?

 

De quelle contrebande parlons-nous ?

 Alors si la répression ne répond pas à des raisons économiques, sociales et morales, si elle n’a aucune chance de triompher du mal qu’elle prétend combattre, pourquoi la continuer ? Je vous propose deux réponses. La première est celle-ci : Et si c’était la répression elle-même qui était le but recherché ? Si la lutte contre la drogue n'était qu'un prétexte ? Si le véritable enjeu était non pas d’éradiquer la drogue, mais de trouver un moyen de faire accepter aux populations les plus jalouses de leurs libertés les lois les plus liberticides ? La grande opération de contrebande à laquelle la drogue donnerait lieu serait de faire passer sans les déclarer les mesures policières du temps de guerre.

On ne fiche plus les gauchistes, mais comme on ne peut pas s’empêcher d’espionner les citoyens, on fiche ceux que l’on suspecte d’intelligence avec les trafiquants. Les citoyens n’aiment pas qu’on puisse écouter leurs conversations téléphoniques, et il n’y a plus de guerre froide pour le justifier, alors on prétexte la " guerre à la drogue ". (11) C’est en raison de cette prétendue " guerre " que les gouvernements cherchent à interdire le cryptage de la correspondance sur Internet. Lorsqu’il s’est agi de supprimer les contrôles frontaliers au sein de l’Union Européenne, c’est bien en invoquant le danger de contrebande de drogue que les douaniers ont écarté cette menace à leur emploi. C’est toujours en raison de cette " guerre " si opportune contre les narco-trafiquants qu’on autorise les policiers à procéder à des gardes à vue arbitraires et des confiscations de biens sans jugement. (12)

Certes, il ne s'agit pas d'un vaste complot contre la liberté ourdi par les gouvernements du monde. Ce n'est pas ainsi que les démocraties fonctionnent. Il faut dans nos pays que convergent de multiples intérêts corporatistes pour faire accepter une politique fondamentaliste de cette ampleur, véritable choix de société. Or, il se trouve que beaucoup de professionnels de la répression, tout en déplorant peut-être sincèrement le sort des drogués, seraient bien en peine de trouver un autre métier que celui de les persécuter. La justice a besoin de délinquants (que les policiers appellent avec raison leurs " clients "). C’est pourquoi la répression de la drogue arrange bien des intérêts. Il ne faut pas croire que les commis de l’État, parce qu’ils apparaissent moins motivés que d’autres par l’argent, n’ont pas d’intérêt personnel. Bien sûr qu’ils ont le souci de leur carrière, de l’importance de leur personne aux yeux d’autrui, et c’est normal. Bien sûr qu’ils cherchent une gratification dans leur métier, mais ils la trouvent malheureusement dans la plus pernicieuse de toutes les passions, l’exercice du pouvoir sur autrui.

Un paysan se bat pour vendre son lait plus cher, un libraire pour vendre plus de livres; vous trouvez cela normal. Dans la même logique de leur intérêt personnel, les policiers réclament une répression toujours plus sévère, qui gonfle leur importance sociale et leur budget. Les procureurs trouvent dans cette répression l’occasion de promotions et de célébrité. (13) Les politiciens se flattent à la télévision de défendre la jeunesse et la santé morale du pays. Profitant de l’aubaine, les fonctionnaires du fisc obtiennent la levée du secret bancaire, les douaniers procèdent à des perquisitions sans mandat. Pour ces petits et grands serviteurs de l’État, protéger leur sinécure, affirmer leur pouvoir, mener une grande croisade médiatisée mondialement, sont des motivations fortes. Entre-temps, les drogués meurent et les trafiquants prospèrent.

Alors on comprend que la plus grande vertu de la répression est son inutilité. Parce qu’elle ne parviendra jamais à son but, la répression garantit la pérennité des bureaucraties qui l’exercent.

La nouvelle Inquisition

Mais il existe une autre explication. Un tel acharnement, la mise en œuvre de tant de moyens, ne peuvent pas être la seule expression d’intérêts corporatistes. Très peu d’êtres humains sont capables d’agressions répétées et systématiques contre des innocents dans le seul but de servir un plan de carrière. Il faut au persécuteur une croyance, il faut à ses procureurs, ses gendarmes, ses délateurs, la certitude de servir une cause supérieure qui les déresponsabilise de la violence qu’ils exercent et en justifie même par avance les excès. 

Je dis que dans le cas de la drogue, cette justification est d’ordre religieux. Je crois qu’on ne peut pas expliquer la persécution des drogués si on ne fait pas appel à la notion de persécution religieuse.

Je m’explique. Toutes les sociétés connaissent des interdits alimentaires, par exemple, l’alcool et la viande de porc pour les musulmans, la viande de boeuf pour les hindouistes, d’innombrables produits pour les juifs... Ce n’est pas parce que ces produits sont dangereux pour la santé qu’ils sont interdits. Les grecs et les romains, sous le même climat qu’Israël, mangeaient tout ce dont les juifs se privaient. Le but de ces interdits est d’ordre symbolique. Il manifeste, entre autres, l’appartenance à un peuple. Le tabou alimentaire oblige chaque musulman devant ses hôtes à se déclarer membre de ce peuple du Coran, à qui il n’est pas permis de manger du porc. Notre peuple est celui de la technique, de la rationalité triomphante, et il ne nous est pas permis de consommer les produits qui pourraient altérer cette capacité de raisonner. Toute drogue qui modifie les états de conscience représente un sacrilège à l’encontre du culte de la Rationalité. (14)

Mais il y a ici un paradoxe. La rationalité et le progrès technique sont les seules valeurs que nos sociétés modernes peuvent opposer à la culture de la drogue. La technique nous a permis de faire fructifier les disponibilités de la nature, de transformer la matière (pour le meilleur et pour le pire), elle nous a permis de modifier les processus infectieux, physiologiques, cellulaires, du corps humain, et elle nous permet aussi de modifier les états de conscience.

Puisque cette innovation est possible, elle aura lieu, il n’y a rien que les gardiens de l’ordre moral puissent faire contre le besoin de notre société d’expérimenter. Ils ne pourront pas interdire aux gens d’aller plus loin dans l’exploration du potentiel humain : exploration du potentiel physique à travers le sport et la médecine ; du potentiel créatif à travers les affaires, l’art, la science ; et exploration du potentiel de notre conscience par l’ascèse, la transe, et l’usage des drogues.

La persécution des drogués est le fait de ceux qui s’opposent au progrès, tout simplement. L’obscurantisme a changé de camp. Le dogme officiel, l’idéologie au pouvoir, n’est plus celle de la Curie romaine, (15) elle est celle des scientistes. Les blouses blanches ont remplacé les soutanes. Les scientistes ont cru qu’ils pouvaient modéliser les choix, les aspirations, les sentiments des êtres humains, et qu’ils pouvaient planifier la vie en planifiant l’économie. Le drogué vient soudain nous rappeler qu’il existe d’autres valeurs qui échappent à toute comptabilité, d’autres valeurs que celles de la rationalité, même si ce ne sont pas ces valeurs-là que vous et moi voulons pour nous-mêmes.

L’autre paradoxe est qu’avec ces prétendus défenseurs de la rationalité, tout débat rationnel sur la drogue est impossible. Pour paraphraser Timothy Leary, on peut dire que " les drogues sont des substances qui provoquent des comportements irrationnels et délirants chez ceux qui n’en prennent jamais ". Nous sommes bien ici dans le domaine de la croyance. Nous avons ici l’évidence que cette persécution est d’ordre religieux. Expliquer à un procureur genevois ou new-yorkais qu’il peut y avoir du plaisir à fumer un joint est tout aussi inutile (et dangereux) (16) que de vanter à un ayatollah les mérites d’un vieux bordeaux. (17) Cela dit, pourquoi pas ? Je n’ai pas de problème avec cette absence de dialogue. Nous n’avons pas besoin de débattre de nos convictions religieuses, il suffit que nous ayons le droit de les pratiquer. Nous n’avons pas besoin de convaincre autrui des bienfaits de la cocaïne ou du vin, il suffit qu’autrui nous les laisse consommer. Ce qui est à ouvrir dans notre société n’est pas un débat sur la drogue, mais sur le Droit. La seule question à se poser à propos de la drogue est de savoir si un être humain, adulte, citoyen, électeur, a le droit d’ingérer une substance qui lui plaît, en pleine connaissance de cause, sans menacer autrui. (18)

 

En manque de liberté

Ce que révèle cette question de la drogue est combien notre société est en manque - en manque de liberté. Pourtant je suis sûr que la légalisation complète de la drogue est aussi inéluctable à terme qu’elle est difficile à imaginer aujourd’hui. Je dis que dans 20 ans nos enfants seront effarés d’apprendre que nous avons persécuté les drogués, exactement comme nous avons du mal, nous, à imaginer que nos parents ont emprisonné des homosexuels et des brasseurs de bière, et que nos ancêtres ont brûlé des hérétiques et des sorcières.

Alors laissez-moi formuler un vœu pour terminer. J’espère qu’un jour notre société cessera de persécuter ceux qui souhaitent vivre différemment sans forcer les autres à les suivre. J’espère qu’elle cessera de persécuter ceux qui explorent d’autres modes de vie où nous n’osons pas nous engager - en d’autres termes, je souhaite que les guerres de religion ne soient pas une fatalité.

 

D’après une conférence donnée à Toulouse en septembre 1996

 

www.liberalia.com                                                                                                 cmichel@cmichel.com    

 Notes

(1) A la réflexion, j’aurais dû commencer cette conférence en rappelant qu’il n’existe pas de définition objective de " la drogue ". Mon livre de référence, l’Encyclopedia Universalis, définit la drogue comme " une substance naturelle ou synthétique, inscrite sur une liste annexée à une convention internationale et soumise à réglementation ". En d’autres termes, une drogue est ce qu’un gouvernement déclare être une drogue. Ainsi le président des États-Unis vient de décréter que le tabac est une drogue; mais le tabac n’est pas une drogue pour le reste du monde. Depuis des siècles, les indiens des Andes mâchent de la feuille de coca; la plupart des gouvernements ont déclaré que mâcher des feuilles de coca est un crime. La législation des pays musulmans range le vin parmi les drogues et en punit la consommation ; celle des pays européens encourage la consommation de vin, subventionne sa production et protège les marques. La metanone et le DHEA sont vantées comme des molécules " miracle " et proposées en vente libre dans tous les drugstores aux États-Unis, mais figurent sur la liste des substances interdites en France.

(2) Mark Thornton, The Economics of Drug Prohibition, University of Utah Press, 1991.

(3) " War on drugs " est le slogan relancé par chaque président américain depuis Nixon. Le Monde Diplomatique d’avril 1994 estime qu’une armée internationale d’un demi-million d’agents se consacre exclusivement à la lutte contre la drogue, en disposant d’un budget annuel de quelques 50 milliards de francs.

(4) Un projet de loi sur les services financiers en Suisse prévoit que si un banquier reçoit de l’argent d’un client, et qu’il peut supposer que cet argent est d’origine criminelle, il doit accepter ces fonds avec empressement, puis les bloquer et dénoncer son client à la police.

(5) Un proverbe dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Nous avons déjà vécu un tel échec des bonnes intentions administratives avec la prohibition de l’alcool. Exemple plus récent : le gouvernement français en 1989, proclamant son émotion devant le sort des drogués, bannissait la vente de seringues. Comme conséquence directe de cette sollicitude administrative, la France comptait quelques années après le nombre le plus élevé en Europe de contaminés du SIDA, et la vente des seringues dut être à nouveau autorisée.

(6) Ce n’est pas parce qu’il vend de la drogue qu’un trafiquant est condamnable, mais parce qu’il trompe le plus souvent l’acheteur sur la qualité de son produit.

(7) Comme l’écrit Olivier Méresse dans un excellent article de la revue Autre Chose, dont je me suis beaucoup servi ici : " Reconnaissez-le, s’il était démontré que l’héroïne ne crée aucune accoutumance (et n’est pas toxique), s’il était démontré que le fait d’en prendre ne donne aucune envie artificielle d’en reprendre, vous auriez déjà essayé. Vous êtes donc comme tout le monde, vous en mourez d’envie. Cela vaut toujours mieux que d’en mourir ". Il est vrai que les fabricants de tabac n’ont pas cherché à éliminer les facteurs d’accoutumance de leurs produits, au contraire. Mais la toxicité du tabac n’est démontrée que depuis une vingtaine d’années, alors que personne ne peut douter aujourd’hui de celle de l’héroïne. Le problème des producteurs de drogues sera donc de convaincre les nouveaux consommateurs de l’absence de nocivité de leurs produits, et en particulier de la possibilité d’y renoncer sans ces effrayantes " crises de manque ".

(8) Il est grandement à souhaiter que lorsque la légalisation des drogues aura lieu, le corps médical, les éducateurs, les journalistes, et des myriades d’associations, entameront des campagnes vigoureuses d’information sur les dangers de tous ces produits. Un produit ne devient pas inoffensif parce qu’il est légalisé et la mise en garde des utilisateurs est un devoir. De même, on peut penser qu’à titre privé, des détaillants s’abstiendront d’offrir des stupéfiants aux mineurs, des employeurs ne recruteront pas des drogués si leur travail peut être affecté, des compagnies de transport n’embarqueront pas des personnes sous l’emprise évidente d’une substance quelconque (elles refusent déjà les passagers en état d’ébriété), les organisateurs de compétitions sportives maintiendront des listes de produits dont les athlètes devront s'abstenir s'ils souhaitent participer aux épreuves... Bien sûr, d’autres détaillants, employeurs et organisateurs, adopteront une attitude différente à l’égard des drogués. Cette pluralité des réactions manifeste la différence entre une société de liberté et un régime de persécution.

(9) On ne sait pas assez que jusqu’aux années 1920, l’opium, la morphine, la cocaïne, étaient en vente libre dans les pharmacies. Le Coca-Cola doit son nom au fait qu’il contenait réellement de la cocaïne. Comme le rapporte Roch Côté, dans son livre Drogue, La Guerre chimérique, Les Belles Lettres, 1996, le Coca Mariani, un vin de bordeaux additionné de feuilles de coca, dont chaque verre contenait l’équivalent d’une ligne de cocaïne pure, était apprécié partout en Europe pour ses vertus revigorantes. Le pape Léon XIII, les souverains d’Angleterre, de Russie, de Suède, de Norvège, tout comme Dumas fils, Jules Verne, Edmond Rostand, Émile Zola, Anatole France, figurent parmi les célébrités qui exprimèrent leur témoignage de reconnaissance envers le pharmacien corse Angelo Mariani et son merveilleux élixir (fait historique rapporté aussi dans l’Atlas Mondial des Drogues, publication de l’Observatoire géopolitique des drogues, Paris, PUF, 1996).

(10) " Les vices sont des actes par lesquels un homme nuit à sa propre personne ou à ses biens. Les crimes sont des actes par lesquels un homme nuit à la personne ou aux biens d’autrui. .. Tant qu’une distinction entre les vices et les crimes ne sera pas clairement établie et reconnue par les lois, il ne pourra exister sur terre aucun droit, liberté ou propriété individuels.. ", Nos vices ne sont pas des crimes, stimulant essai, publié en 1875, de l’anarchiste américain Lysander Spooner, trad. française, Bibliothèques 10/18, 1996.

(11) " La guerre est la bonne santé de l’État. Elle met en branle dans la société ces forces irrésistibles qui conduisent à l’uniformité, à la collaboration passionnée avec les autorités, à la mise au pas des minorités et des individus qui n’ont pas le sens du troupeau " écrivait le poète Randolph Bourne en 1917.

(12) Lorsque le Droit est violé, c'est-à-dire lorsqu'une personne est victime d'une agression sur elle-même ou ses biens, elle a toutes les raisons de dénoncer son agresseur et de réclamer une réparation. Mais lorsqu'une loi arbitraire est violée, c'est-à-dire une loi qui invente un coupable alors qu'il n'existe pas de victime, ou lorsque la victime ne peut pas se manifester parce qu'elle serait aussitôt déclarée coupable elle-même, ce qui est le cas des acheteurs de drogues frelatées, personne ne porte plainte ; alors le policier ne peut apprendre l’existence du prétendu délit que par ses " indics ", par la délation, la violation du secret de correspondance, les écoutes téléphoniques, le chantage. Abandonnant sa vocation de nous protéger pour courir après des malfaiteurs imaginaires dont personne ne se plaint, chaque policier se transforme en espion méprisable de nos vies.

(13) Ce n’est pas moi qui le dis. Un ministre français a déploré publiquement ce " couple médiatico-judiciaire ".

(14) Les médecins distribuent certaines substances qui altèrent les états de conscience (tranquillisants, somnifères), mais le tabou contre " les drogues " est si puissant qu’il s’impose même à ces figures emblématiques de la science, qui, par exemple, n’ont pas le droit de prescrire de la marijuana alors que son usage apaise les spasmes de certains cancéreux.

(15) Elle a condamné Galilée, c’est l’exemple obligé, représentatif d’un phénomène récurrent dans l’histoire. Qu’on songe plus récemment aux biologistes qui s’opposaient à Lyssenko. Comme l’écrit Ayn Rand, l’homme qui inventa le feu fut probablement condamné à être brûlé vif par les chefs de sa tribu.

(16) Le Code pénal condamne ceux qui font l’apologie de la drogue. Je m’empresse d’affirmer que ce texte n’est pas une apologie de la drogue.

(17) Le Commissaire aux Affaires Sociales de la Ville de New York déclarait il y a peu qu’on pourrait lui apporter toutes les preuves que la vente libre des seringues réduirait la propagation du SIDA qu’il ne reviendrait pas sur sa décision de les interdire. Lire à ce sujet l’excellent article de James Ostrovsky, War On Drugs, War On Progress, dans Liberty, Septembre 1992. 

(18) Comme je l’ai écrit ailleurs, il y a deux dangers contre lesquels l’État ne peut pas nous protéger : nous-mêmes et lui-même. Et ce dernier danger n’est jamais plus grand que lorsque l’État veut nous épargner le premier.

http://www.dossiersdunet.com/IMG/siteon0.jpg


Drogue : un débat interdit
  • Source du document : Le Québécois Libre
    Auteur : Marc Grunert
    Descriptif : 

    Marc Grunert enseigne les sciences physiques dans un lycée de Strasbourg et anime le Cercle Hayek, consacré à la réflexion et à la diffusion du libéralisme. Il est également éditeur adjoint du Québécois Libre pour la section européenne.

    Le QL défend la philosophie libertarienne et libérale classique, c’est-à-dire la liberté individuelle, l’économie de marché et la coopération volontaire comme fondement des relations sociales. Il s’oppose à l’interventionnisme étatique et aux mouvements collectivistes, de gauche comme de droite, qui visent à enrégimenter les individus. Il existe plusieurs écoles de pensée libertarienne (autrichienne, randienne, néoclassique, anarcho-capitaliste, etc.) qui ne professent pas des positions similaires sur tous les sujets ; celle qui est privilégiée au QL est l’École autrichienne (dont les principaux représentants sont Murray Rothbard, Ludwig von Mises et Friedrich von Hayek). Tous les articles publiés dans le QL expriment un point de vue libertarien, libéral classique, ou qui n’est pas en contradiction avec la philosophie libertarienne. Chaque auteur est responsable de ses propres opinions. Lorsqu’il y a conflit d’interprétation, la ligne éditoriale est déterminée par le directeur. Le but du QL n’est toutefois pas de débattre entre libertariens, mais d’offrir un éventail d’opinions et de commentaires de façon à éduquer et informer les lecteurs ayant des convictions libertariennes et les autres qui le lisent parce qu’ils s’intéressent aux débats d’idées. Bref, élargir l’aire de débat pour les libertariens et faire connaître la philosophie libertarienne.

Samedi le 9 mars 2002 a eu lieu à Paris une manifestation contre la prohibition des drogues et particulièrement du cannabis. Elle a été organisée par le CIRC (le sympathique Collectif d’information et de recherche cannabique de Paris). Cette action commune du CIRC et de la Souris verte (forum des « jeunes verts » qui soutiennent la candidature écologiste de Noël Mamère) avait pour prétexte la dénonciation de l’incarcération de Jean-Pierre Galland, président de ce CIRC, mais c’était aussi l’occasion de militer pour la légalisation de la drogue.

« Il faut lire les faits et procès de l’affaire Galland pour voir comment l’État peut se débarrasser de ceux qui nuisent à ses intérêts en s’appuyant sur une pseudo loi qui est une véritable insulte à la liberté d’expression. Les libertariens, qui sont contre toute forme de « fascisme sanitaire », doivent sans aucun doute apporter leur soutien à la cause de Jean-Pierre Galland. »
Ce document a initialement été publié dans le Québécois Libre (16/03/2002, n°100)

Une loi d’essence totalitaire

« Les inspecteurs de la brigade anti-drogue de Lyon, raconte Jean-Pierre Galland, après être passé par Montpellier, me trouvèrent à Paris et me reprochèrent d’être, en tant que président de la Fédération du CIRC, le responsable du logo sur nos t-shirts, et des textes de la compil... Bref, d’être à la tête du CIRC, une association qui « présente le cannabis sous un jour favorable ». » Et le voilà condamné en 1999 à une amende de 10 000 francs.

Un procès en appel aggrava la peine en 2001 à 90 000 francs à payer en 300 jours. Bien décidé à résister, Galland se justifie avec raison : « Quoi qu’il arrive, je ne paierai pas parce que cette condamnation est un chantage, une peine de prison déguisée. Finalement, ils n’ont fait qu’appliquer lourdement, mais logiquement, une loi absurde et d’essence totalitaire qui punit l’expression d’une opinion hérétique sur la question des drogues. » Aujourd’hui, il est aux portes de la prison.

Cette affaire est l’occasion de rappeler que la légalisation des drogues est tout à fait naturelle dans une société libre fondée sur la responsabilité individuelle. Un individu étant propriétaire de son corps, il a le Droit de consommer des drogues du moment qu’il n’agresse pas les droits d’autrui (voir À QUI APPARTIENT NOTRE CORPS ?, le QL, no 84).

« Dans nos sociétés, sous le couvert d’un mythique « intérêt général », l’État interdit la consommation et le commerce des drogues sans se soucier des coûts de cette interdiction. »

Bien entendu, la consommation de drogues est un vice moralement critiquable s’il conduit à une déchéance de ses facultés. Mais l’individu doit avoir la liberté de disposer de sa vie, et les autres celle de l’aider, de le convaincre de se passer des paradis artificiels, voire de l’ostraciser. La régulation des comportements humains dans une société libre se fait naturellement. Un individu n’aura pas intérêt à adopter un comportement qui l’exclut de la communauté des échanges. Ou, s’il le fait, il doit en mesurer les conséquences.

La guerre contre la drogue est la santé de l’État

Mais dans nos sociétés, sous le couvert d’un mythique « intérêt général », l’État interdit la consommation et le commerce des drogues sans se soucier des coûts de cette interdiction. Or les coûts sont énormes. Le plus visible est d’ordre financier. Le budget de l’État consacré à la lutte contre la drogue est considérable. Ensuite la criminalisation des activités liées à la drogue est la cause directe de l’emprise des mafias sur le marché des drogues, en raison de la prime de risque très élevée que la prohibition engendre. La clandestinité du marché des drogues produit la violence et le crime. Les consommateurs de drogues, criminalisés par la loi, restent enfermés dans un monde obscur dont ils ne peuvent plus sortir sans risquer une peine de prison. L’interdiction crée donc le crime et la délinquance (voir LA GUERRE À LA GUERRE À LA DROGUE, le QL, no 47).

Au coût supporté par les citoyens correspond un bénéfice pour les hommes de l’État. La lutte contre la drogue donne une apparente légitimité à leur intervention. Les mafias, qui disparaîtraient avec la cause qui leur donne naissance (la prohibition), sont aussi la bonne occasion de voter des lois visant à contrôler les individus, d’accroître les moyens et les budgets des bureaucraties policières, et enfin de convaincre les électeurs que l’État les protège contre le crime.

La légalisation de la drogue est une mauvaise affaire pour les hommes de l’État. Il ne faut pas voir ailleurs la raison de ces discours vertueux de politiciens et d’experts en service commandé qui confondent le Droit et leur morale privée.

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 08:42

 

 

Cette citation résume l'esprit de ce blog.

Ceux qui défendent l'islam ne sont pas les vrais amis des "musulmans", car l'islam avilit et détruit tout le monde, y compris ceux qui s'en servent.

Ecoutez le Père Samuel.


Le Père Samuel acquitté répond aux journalistes.

 

Acquitté ce 26 septembre 2008 par le Tribunal correctionnel de Charleroi dans le procès qui l'oppose au Centre pour l'égalité des chances, le Père Samuel a répondu en toute franchise aux journalistes qui, une fois de plus, ont caché une partie de ses propos reproduits en intégralité dans la vidéo ci-dessous.

Ils étaient venus, ils étaient (pratiquement) tous là, les journalistes de la presse subventionnée, accourus ce vendredi 26 septembre au Palais de Justice de Charleroi afin d’assister, pensaient-ils, à l’exécution publique du Père Samuel.

Traîné devant le tribunal correctionnel par le Centre pour l’égalité des chances pour « incitation à la haine raciale » à l’égard des « Arabo-musulmans », le Père Samuel qui, rappelons-le, est prêtre catholique d’origine araméenne né en Turquie orientale et ayant vécu au Proche-Orient pendant 35 ans, est finalement sorti victorieux de ce procès aussi injuste que ridicule.

La juge Michèle Lecomte a estimé, d’une part, qu’il y avait prescription pour ce qui concerne le livre Les Versets angéliques, écrit par le Père Samuel en 1996, et d’autre part, que les propos tenus par le prêtre dans la presse écrite et télévisuelle en 2002 ne tombaient pas sous le coup de la loi Moureaux de 1981. Cette loi ne prenant pas en compte le critère religieux, le Tribunal s’est déclaré incompétent pour juger des propos du Père et l’a acquitté.

Dans ses attendus, la juge a effectivement bien compris que « les propos virulents » tenus alors par le Père Samuel avaient été dits, comme l’observait un journaliste qu’elle cite, « en réaction contre les extraits les plus belliqueux du Coran ainsi que des paroles de Mahomet et les offensives historiques du monde musulman contre la chrétienté au fil des siècles » et que par conséquent ces propos ne visaient pas, comme le soutenait le Centre, les Arabes et les immigrés « mais bien les musulmans nommément cités », c’est-à-dire « ceux qui pratiquent la religion islamique ».

Néanmoins, la juge a également estimé que « quoi qu’il s’en défende, [le Père Samuel] nourrit une véritable haine à l’égard de ces musulmans, non pas en tant qu’Hommes, mais en tant qu’ils pratiquent une religion qui, selon lui, […], exhorte “à la violence, à l’intolérance, à la haine et au fanatisme”. »

Nuançons l’appréciation très critique de la juge en rappelant que, contrairement au monde musulman qui donne chaque jour l’exemple d’une haine meurtrière, les propos du Père Samuel au sujet de l’islam n’ont jamais conduit à un quelconque crime ou délit et n’ont en fait jamais incité qu’à une seule chose : la vigilance.

Après avoir assisté à l’acquittement du prêtre, les journalistes, abasourdis et on ne peut plus déçus, lui ont de nouveau tendu leurs micros, cherchant une fois de plus à le pousser à la faute. Fidèle à lui-même, le Père Samuel n’a cessé, comme on pourra s'en rendre compte dans la vidéo qui suit, de dénoncer les appels à la haine et au meurtre contenus dans les textes fondateurs de l’islam rappelant par exemple les guerres livrées par Mahomet contre tous ceux qui ne voulaient pas se soumettre à lui ou encore les versets du Coran tels que : « Ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour alliés » (5, 51) ; « Faites la guerre à ceux qui ne croient pas en Allah » (9, 29) ; « Vous les combattrez ou bien ils se convertiront à l’islam » (48, 16).

Autant de références qui inspirent aujourd’hui encore la législation des pays musulmans et la pratique religieuse de plus d’un milliard de musulmans dans le monde. Mais tout cela, nos journaux subventionnés préfèrent le taire soigneusement...
 
On pourra voir et entendre, sur la vidéo qui suit, le Père Samuel et les propos qu’il a réellement tenus à la presse (RTL-TVI ; RTBF ; Télé-Sambre) au sortir de l’audience. On pourra également voir intervenir à deux reprises Anne-Marie Delcambre, docteur en droit et en civilisation islamique et professeur d’arabe au lycée Louis-le-Grand (Paris), qui a eu l’amabilité et le courage de venir de Paris pour soutenir le Père Samuel dans ce procès, répétons-le, injuste et ridicule.


Johan Bourlard

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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 22:00


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 29 novembre
2007
VO: http://www.danielpipes.org/article/5149

Étonnamment, la combinaison entre les bases faussées de la rencontre d’Annapolis et la mollesse du premier ministre israélien Ehud Olmert («la paix est affaire de concession») a généré quelque chose d’utile. En effet, rompant avec ses prédécesseurs, Olmert a exigé avec vigueur que ses partenaires de négociation palestiniens acceptent l’existence permanente d’Israël en tant qu’État juif, suscitant ainsi une réaction révélatrice.

Olmert annonça le 11 novembre que si les Palestiniens ne reconnaissaient pas Israël comme «un État juif», les discussions d’Annapolis seraient stoppées. «Je n’ai pas l’intention de transiger d’une quelconque manière sur la question de l’État juif. Cela constituera une condition à notre reconnaissance d’un État palestinien.»

Il confirma cette position le lendemain, qualifiant la «reconnaissance d’Israël comme un État pour le peuple juif» de «point de départ à toutes les négociations. Nous n’entamerons aucun débat avec qui que ce soit sur le fait qu’Israël est un État pour le peuple juif.» Il releva aussi que les dirigeants palestiniens doivent «avoir la volonté de faire la paix avec Israël en tant qu’État Juif».

La mise en exergue de ce point a l’avantage d’attirer l’attention sur la question centrale du conflit israélo-arabe – le sionisme, le mouvement nationaliste juif, un aspect généralement ignoré dans le brouhaha des négociations. De fait, quasiment depuis la naissance de l’État, les pourparlers se sont concentrés sur la complexité de questions secondaires telles que les frontières, la disposition des troupes, le contrôle de l’armement et des armes, les lieux sacrés, les ressources naturelles, les droits d’établissement, la représentation diplomatique et les relations étrangères.

Les dirigeants palestiniens ont répliqué rapidement et sans équivoque à l’exigence d’Olmert:

  • Le Higher Arab Monitoring Committee de Nazareth décida à l’unanimité d’appeler l’Autorité palestinienne à ne pas reconnaître Israël comme un État juif.

  • Salam Fayad, le «premier ministre» de l’Autorité palestinienne: «Israël peut se définir comme il lui plaît, mais les Palestiniens ne le reconnaîtront pas comme État juif.»

  • Yasser Abed Rabbo, secrétaire général du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine: «Cette question n’est pas sur la table de négociation; elle est destinée à la consommation interne [israélienne].»
  • Ahmad Qurei, chef des négociateurs palestiniens: «Cette [exigence] est rejetée catégoriquement.»
  • Saeb Erekat, responsable des négociations de l’OLP: «Les Palestiniens ne reconnaîtront jamais l’identité juive d’Israël. (…) Il n’existe aucun pays dans le monde où les identités religieuse et nationale sont liées de cette manière.»

La généralisation d’Erekat est à la fois curieuse et révélatrice. Non seulement 56 États et l’OLP appartiennent à l’Organisation de la conférence islamique, mais la plupart d’entre eux, y compris l’OLP, font de la charia (la loi islamique) leur principale ou unique source de législation. L’Arabie Saoudite exige même que tous ses sujets soient musulmans.

En outre, le lien entre la religion et la nation n’est de loin pas l’apanage des pays musulmans. Comme le relève Jeff Jacoby, du Boston Globe, la loi argentine «charge le gouvernement de soutenir la foi catholique romaine. La reine Elizabeth II est le Gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre. Dans le royaume himalayen du Bhoutan, la constitution proclame que le Bouddhisme est l’‹héritage spirituel› de la nation. La deuxième partie de la constitution grecque déclare que ‹la religion dominante en Grèce est celle de l’Église orthodoxe orientale du Christ›.»

Pourquoi, donc, ce faux refus de principe de reconnaître Israël comme un État juif? Peut-être parce que l’OLP nourrit toujours l’intention d’éliminer Israël en tant qu’État juif, justement.

Je dis bien «éliminer» et non détruire. Oui, jusqu’à présent, l’antisionisme a essentiellement revêtu une forme militaire, du «jetez les Juifs à la mer» de Gamal Abdel Nasser à l’«Israël doit être rayé de la carte» de Mahmoud Ahmadinejad. Mais la puissance des Forces de défense israéliennes a poussé l’antisionisme vers une démarche plus subtile, qui consiste à accepter un État israélien puis à en démanteler le caractère juif. Les antisionistes envisagent plusieurs moyens d’y parvenir:

Démographie. Les Palestiniens pourraient submerger la population juive d’Israël, un objectif signalé par leur exigence d’un «droit au retour» et par leur «guerre des ventres».

Politique. Les citoyens arabes d’Israël rejettent toujours davantage la nature juive du pays et exigent qu’il devienne un État binational.

Terreur. Les quelque 100 attentats palestiniens hebdomadaires perpétrés entre septembre 2000 et septembre 2005 visaient à susciter le déclin économique, l’émigration et une politique d’apaisement en Israël.

Isolement. Toutes ces résolutions des Nations Unies, ces condamnations dans la presse et ces attaques sur les campus sont destinées à miner l’esprit sioniste.

La reconnaissance par les Arabes de la nature juive d’Israël doit revêtir une priorité diplomatique maximale. Les négociations devraient être stoppées et gelées jusqu’à que les Palestiniens acceptent formellement le sionisme puis mettent un terme à toutes leurs stratégies visant à éliminer Israël. D’ici-là, il n’y a rien à discuter.


Pourquoi j’ai déposé une plainte à la Commission canadienne des droits contre un imam salafiste de Montréal pour "propagande haineuse"

mardi 15 avril 2008, par Marc Lebuis


Vendredi dernier, j’annonçais mon intention de déposer une plainte à la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) contre un imam salafiste de Montréal, en vertu des dispositions de la Loi canadienne sur les droits de la personne interdisant la « propagande haineuse » diffusée via Internet. Ma plainte a été déposée. Je vous informe de mes objectifs.

À première vue, ça peut paraître paradoxal, moi qui suis un fervent défenseur de la liberté d’expression, que je dépose une plainte en vue d’empêcher un imam salafiste de s’exprimer. J’en conviens. En fait, mon objectif est de provoquer un débat sur la liberté d’expression et d’amener le public et les médias à dénoncer le nouveau rôle de « censeurs de blasphème » que se donnent les commissions des droits de la personne.

Cette tendance inquiétante, tant au niveau international que national, doit être renversée dès maintenant avant qu’il ne soit trop tard. C’est la survie de la démocratie et de la liberté qui est en jeu. Rien de moins !

Je vise aussi à attirer l’attention sur l’idéologie salafiste. Ce n’est pas un discours religieux inoffensif. Loin de là. En fait, c’est une idéologie dangereuse qui devrait être interdite.

Le nouveau délit de blasphème

Pour l’islam, il n’y a pas de distinction entre le discours religieux et le discours politique. Les deux sont imbriqués depuis 14 siècles. Le concept occidental d’une société civile et d’une presse libre qui peuvent critiquer les politiques du gouvernement, les religions ou toute idée, n’existe pas. Toute critique est vue comme une attaque contre l’islam, un blasphème, un discours haineux visant plus d’un milliard de personnes.

Au niveau international

Cette notion que la critique de l’islam comme religion, idéologie et programme politique est une attaque, un blasphème, une provocation, de la diffamation, bref un délit quand ce n’est pas un crime, chemine en droit international et en droit canadien. On l’a vu récemment avec les résolutions adoptées par le Conseil des droits de l’Homme à l’initiative des pays membres de l’Organisation de la conférence islamique. Reporters sans frontières a qualifié ce développement de « dramatique ».

Au Canada

Récemment, nous avons eu la stupéfiante déclaration de la Commission ontarienne des droits de la personne accusant publiquement Mark Steyn et le magazine Maclean d’être des « racistes islamophobes », le tout sans même les avoir entendus. Et pourtant, les écrits de Mark Steyn publiés par Macleans portent sur l’impact culturel et politique à long terme de l’islamisation grandissante de l’Europe liée à la dénatalité des Européens de souche et à l’immigration massive de musulmans qui ont davantage d’enfants. La CCDP est actuellement saisie d’une plainte pour « propagande haineuse » contre Maclean et Steyn, et a ouvert une enquête.

On peut être en désaccord avec les théories de Steyn. Mais censurer, ou même tenter de censurer tout débat sous prétexte que certains musulmans sont « offensés » est une véritable trahison des principes d’une saine démocratie. Cette vision des droits et libertés représente, en fait, une menace pour la démocratie et la liberté.

Suivant la logique de la commission ontarienne, il faudrait dénoncer le Pape Benoît XVI comme un « raciste islamophobe » puisque des leaders musulmans sont profondément offensés qu’il ait baptisé l’ex-musulman Cristiano Magdi Allam. Des dignitaires religieux musulmans influents y ont vu rien de moins qu’une déclaration de guerre contre l’islam, une attaque contre un milliard de musulmans.

Toujours selon cette logique, il faudrait aussi interdire la diffusion au Canada des écrits de Salman Rushdie et de Taslima Nasreen, qui sont vus comme profondément offensants par de nombreux musulmans.

Où va s’arrêter cette nouvelle forme d’Inquisition, cette chasse aux sorcières ? Le quotidien La Presse n’a même pas osé publier une caricature de l’ombre de Mahomet. Imaginez ! La Presse a peur de l’ombre de Mahomet... Le caricaturiste Chapleau en a parlé sur la télévision de Radio-Canada, avec fierté et sans aucun regard critique. Il se plie au Code d’éthique de La Presse qui est revêtu du sceau « soumis à la charia ». C’est dire à quel point la presse trahit lâchement nos valeurs et, sans s’en rendre compte, compromet mes droits comme citoyen, vos droits, la démocratie et la Liberté.

Censure à sens unique

L’islam comme religion, idéologie, code juridique, programme politique et économique devrait pouvoir être discuté librement. Il faut libérer la parole et ouvrir le débat. Il faut informer les citoyens sans crainte d’être poursuivis devant une commission des droits de la personne ou traînés dans la boue comme « raciste d’extrême droite ».

Imaginez si, à l’époque de la guerre froide, toute critique du stalinisme et du communisme avait été censurée comme « raciste » ou « russophobe » par les commissions des droits de la personne. Et qu’on aurait permis aux promoteurs du totalitarisme de cracher leur haine de la démocratie en toute liberté et de chercher à gagner des adeptes à leur vision du monde au Canada. Stupide et suicidaire, n’est-ce pas ?

Le délit de « propagande haineuse »

L’article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne réprime la « propagande haineuse » diffusée par un moyen de communication électronique, comme le téléphone, la radio, la télévision, ou Internet.

Lorsque cette propagande vise l’un ou l’autre des groupes vulnérables énumérés dans la Loi, elle est considérée comme constituant de la « discrimination ». Les écrits de l’imam salafiste contre lequel j’ai porté plainte sont diffusés sur Internet. Pour maximiser mes chances auprès de la CCDP, j’ai formulé ma plainte en identifiant trois groupes énumérés, soit les Canadiens français du Québec comme minorité ethnique et linguistique vulnérable, les femmes et les non musulmans.

J’ai joué la carte de la « minorité ethnique » à cause de l’avantage stratégique que je peux en tirer, rien de plus. Les lois sur les droits de la personne protègent les individus appartenant à des groupes vulnérables. Les Canadiens français sont une minorité ethnique, linguistique et nationale. Nous sommes probablement les seuls blancs en Amérique du Nord à pouvoir invoquer le droit d’être « protégés » contre la propagande haineuse visant un groupe ethnique identifiable. La CCDP sera confrontée à une plainte par un membre d’une minorité contre un membre d’une autre minorité. N’est-ce pas intéressant ?

Le livre qui fait l’objet de ma plainte

Ma plainte concerne le livre L’islam ou l’intégrisme - À la lumière du Qor’an et de la Sounnah par l’imam salafiste Abou Hammaad Sulaiman Dameus Al-Hayiti qui officie dans une mosquée de Montréal.

L’imam enseigne une version des plus rigoriste de l’islam et son livre, que vous pouvez télécharger en cliquant sur l’icône plus bas, est remarquablement suprématiste, machiste et misogyne. Pour l’imam, ses compatriotes non musulmans sont des « kouffars » (mécréants, impies, infidèles), les femmes du Québec sont de vraies perverses, et le peuple est « bête et ignorant ». Il prône la destruction des « idoles » de l’Occident, soit la démocratie, la modernité, la laïcité et la liberté (surtout celle des québécoises). Il pourfend aussi les « innovations » (bidah), la mixité, le théâtre, la musique et à peu près toutes les autres écoles de pensée musulmanes.

PDF - 1.4 Mo
L’islam ou l’intégrisme 3e édition

Impact de ma plainte

La CCDP peut refuser de recevoir ma plainte, ou accepter d’ouvrir une enquête.

1. Si elle refuse de recevoir ma plainte, on pourra conclure que la commission, qui enquête actuellement sur Maclean et Mark Steyn, se considère mandatée pour traquer ce qu’un musulman considère subjectivement comme une attaque ou un blasphème, tout en protégeant le discours salafiste qui menace les libertés de tous. La CCDP pourra légitimement être dénoncée comme étant une institution qui trahit son mandat et représente, en fait, une menace pour la liberté et la démocratie.

2. Si elle accepte d’ouvrir une enquête (et quelle qu’en soit l’issue), j’aurai braqué les spots sur le discours de l’imam et l’idéologie salafiste. Les médias et le public pourront librement évaluer la dangerosité de cette idéologie et la discréditer.

Si les musulmans dits « modérés » refusent de dénoncer ce discours subversif, suprématiste et haineux, on pourra là aussi tirer des conclusions. Les groupes de pression musulmans se plaindront-ils que la CCDP persécute l’imam salafiste ?

Conclusion

Quelle que soit l’issue de ma plainte, j’aurai démontré quelque chose. Mon seul objectif est de susciter un débat public et de renforcer la liberté d’expression. Ce n’est pas raciste ni islamophobe que de critiquer l’idéologie salafiste. En fait, c’est salutaire de le faire. C’est de l’« islamolucidité ».

Si la presse du Québec défendait la liberté d’expression au lieu de se soumettre à la charia et de s’auto-censurer, je n’aurais pas eu besoin de déposer une plainte à la CCDP.

Les islamistes utilisent le langage des droits humains pour faire taire toute critique. C’est une arme à double tranchant. Eux aussi devraient subir l’examen critique de leur propagande qui, elle, est réellement haineuse.

Il est temps que les musulmans se responsabilisent et qu’ils fassent le ménage dans leurs communautés. Faute de le faire, c’est l’ensemble des musulmans qu’on pourra soupçonner de cautionner, par leur silence, la propagation d’une idéologie extrémiste qui devrait être interdite... contribuant à perpétuer le phénomène d’islamophobie dont ils se disent victimes.

 

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 23:05

Le ramadan, une calamité pour la santé …et pour la Sécu.

Quand les prescriptions d’Allah, mettent votre santé en danger, c’est qu’il est temps de vous demander si Allah vous veut réellement du bien : Crises cardiaques, accidents cérébro-vasculaires, comas diabetiques, indigestions, déshydratation font aussi partie de la fête. Dans les pays musulmans les hopitaux sont débordés durant le

Le Roi de Jordanie exhorte ses sujets musulmans à ne pas commettre d’excès.

Le gouvernement jordanien vient de lancer une campagne pour lutter contre les problèmes de santé les plus serieux, qui vont des attaques cardiaques aux comas diabétiques, qui menacent les musulmans pendant leur mois saint.

En principe, une periode d’abstinence pour se concentrer sur la prière, le est aussi une periode d’excès et d’habitudes malsaines. Un sujet d’inquiétude pour les responsables de la santé.

Peu de statistiques sur les effets du sur la santé sont publiées. Mais en Jordanie, des responsables de la santé  déclarent que les crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, de diabète, les cas de déshydratation ou de simples indigestions grimpent en flèche  dans les hôpitaux et les cliniques dés la première semaine de .

La question est un sujet de préoccupation dans tout le Proche-Orient, où les problèmes de santé liés à l’obésité et au tabagisme, prennent un pourcentage de plus en plus grand du budget de santé des pays musulmans.

En Jordanie, par exemple, le gouvernement consacre maintenant environ un cinquième du budget de l’État à la santé.

A Dubaï et en Arabie Saoudite, les journaux exhortent régulièrement le public à suivre une alimentation saine et à faire plus d’exercices physiques pendant le mois de jeûne. Cette année, l’une des stations de télévision, Al-Arabiya,  qui est la plus regardée en Arabie saoudite, diffuse une séquence pour une alimentation saine au cours des bulletins d’informations.  “Le petit conseil pour mardi : Cuire dans le four les patisseries traditionnelles de au lieu de les faire frire.”

Le gouvernement Jordanien est cependant le premier pays à financer les spots diffusés en faveur de la santé pendant le . La campagne est dirigée par le roi de Jordanie Abdullah II en personne, et par son épouse, la reine Rania. Ils y parlent publiquement de leur mode de vie sportif  et de leur alimentation saine.

Source : Associated Press


Ramadan, le souk des civilisations

Image_15_2 Il y a un siècle le Ramadan ne faisait qu'un fichu “ramdam”. Pour les pieds-noirs d'Algérie, qui ont ainsi écorné le mot “ramadan”, ces ripailles suivant la rupture du jeûne, les veillées houleuses et débonnaires qui s’ensuivaient jusqu’aux aurores, n'étaient que vacarme, tapage nocturne, charivari à l’état brut.

En 2008, les Maghrébins francisés ont baptisé leur Ramadan “Carême” et... il fait encore du bruit ! Mais un bruit lucratif, celui dont aucune campagne de marketing ne peut se passer. Aucun doute : le Ramadan se vend bien, il fait désormais recette, y compris en milieu non musulman. L’Europe et l’Amérique soumettent désormais au  même « plan com » et autres « marchandesing » ayant déjà amplement fait leurs preuves avec Pâques, Noël et Halloween, le rite islamique le plus voyant et le plus populaire.

Et le plus consumériste, ce qui en soit n’a rien de rédhibitoire, tout auImage_49_2 contraire, aux yeux d’une foi islamique qui place la fonction de marchand au pinacle des métiers profanes. Même au Paradis, où abondent à profusion biens de la chair et de la bonne chère, un souk hebdomadaire serait ouvert pour les élus afin d’y assouvir leur passion de vendre, d’acheter, de marchander, ne serait-ce que des tapis de prière…

Image_62 Ainsi, en cet an de grâce 2008, le croyant “branché” peut, s’il lui en prend fantaisie, rompre le jeûne en « sabrant” du champagne certifié halal -“licite” en arabe- tout en dégustant du foie gras « ad hoc ». Pour faire ses emplettes, le même croyant-consommateur n’aura que l’embarras du choix. De fait, les hypermarchés, les souks géants, ces emporiums et temples universels, rivalisent de “promotions” sous l’étiquette passe-partout “Saveurs d’Orient” pour proposer une ample palette de produits à la fois français et exotiques mais à la “sauce” islamique, en clair certifiés halal.

Image_30 Cela va du cassoulet au couscous en passant par les petits salés aux lentilles, les saucissons, les choucroutes, les fricadelles néerlandaises, les boulettes belges,Image_23_5 les raviolis, les merguez, les loukoums, les dattes « déglet-nour », non sans une pincée de “world food” incluant pizza, nuggets, hamburger et autres Chili con Carne.

Carrefour, Leclerc, Auchan, Casino et jusqu’au réseau « discount » Ed, tous se mettent à l’heure du Ramadan, servis par les plus grandes marques : Mc Donald’s, Candia, Maggi, Coca Cola, Burger King, Nokia, Apple, Volkswagen, Toyota… Des “griffes” internationales qui pour mieux “mordre” sur le créneau “halal” ne reculent devant aucun poncif publicitaire ni image d’Epinal pour fouetter, flatter, caresser dans le sens du poil l’appétit du chaland.

Image_64_5 Par exemple, cette affiche publicitaire lancée au début du Ramadan par Candia -qui produit déjà du lait caillé halal fort apprécié- répond à la question-slogan “Un petit producteur de lait peut-il vous emmener au sommet du goût ?” par un “oui” massifImage_65_2 inscrit à flanc de montagne; un “oui” en lettres latines mais qui transcrit de façon tout aussi lisible le nom d’”Allah” en caractères arabes ! Plus franc le clin d’oeil ou plutôt le clignotant de Volkswagen et Toyota qui mettent en scène des voitures tous phares allumés dehors en forme… de croissants.

Image_33_3

  Image_35_6Image_24_4 Quoi qu’il en soit et l’argent n’ayant point d’odeur de sainteté, le business du halal -entre 5 et 15 milliards d’euros en Europe selon les évaluations- aura été le fruit du génie mercantile anglo-saxon qui, le premier, a su en pressentir l’immense potentiel. Outre le premier champagne halal, dénommé “Cham’Alal”, le Royaume-Uni, suivi de l’Allemagne et des Pays-bas fabriquent l’essentiel de la nourriture à la fois “licite” tout un ayant un aspect “occidental” : simili bacon à base de viande de poulet, bière sans alcool, saucisses de Strasbourg au goût de merguez.

Ce qui ne va pas sans poser la question, cruciale, de savoir à qui revient la fonction incontestable de conférer la certification “halal” sur des produits mis sur un marché déjà très mondialisé et promet donc d'être juteux. Selon une étude du ministère canadien de l’Agriculture, le “halal business” pèse, déjà, plus d’un dixième du total des échanges mondiaux de produits agro-alimentaires, soit une valeur de 70 milliards d’euros.

Image_63_6 Face à cet Eldorado, les Etats-Unis, l’Allemagne, la France, mais aussi le Brésil, l’Australie, l’Argentine, l’Inde et Chine investissent sur le créneau du halal. En ligne de mire, l’Europe où vivent des millions de citoyens musulmans ayant un pouvoirImage_59_5 d’achat conséquent. Déjà, le port de Rotterdam s’emploie à devenir le principal point d’entrée halal sur marché européen et entend réserver un entrepôt exclusif.

Image_53_2 Quant à cette Amérique que les barbus tiennent pour l’ennemi absolu de l’islam, elle a depuis longtemps acclimaté à l’ « American way of life »  la foi du Prophète. Ainsi, une semaine avant l’attentat du 11 septembre 2001, la Poste émettait un timbre pour souhaiter un “Aïd béni », soit la fête qui clôt le mois du jeûne canonique. Depuis lors, George Bush organise chaque année un “iftar” à la Maison Blanche, « halal » bien entendu. Un rite auquel se prête également l’ambassade des Etats-Unis à Paris, en y conviant des musulmans français. (Le Quai d’Orsay fit de même en 2005 et 2006, du temps de Philippe Douste-Blazy). Mieux, et geste encore plus symbolique, au moment de l’Aïd, le haut de l’Empire State Building, un des joyaux de New York, s’illumine en vert, en hommage aux musulmans de la Grosse Pomme qui y représentent un habitant sur dix.

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 22:22

Plus qu'un Etat au sens classique du terme, l'Arabie saoudite est dans une théocratie totalitaire née d'une alliance entre une dynastie bédouine assoiffée de conquête, les Saoud) et une secte ultra-fondamentaliste (les Wahhabites), mouvement d'inspiration hanbalite, la plus rigoriste des quatre écoles de l'islam sunnite.

Créé au XVIIIème siècle par Muhammad Ibn'Abd El-Wahhab (1703-1787), le Wahhabisme proclame que l'islam est avant tout un rejet du polythéisme (ou « associationnisme », Chirk) et doit retrouver islam des « pieux précurseurs » (El-Salaf El-Salih, ou salafites), El-Wahhab proposait de remplacer les coutumes barbares et « impies » par l'application intégrale de la charià. Les Wahhabites prescrivent la stricte application de la charià dans sa version la plus rigoriste, y compris en matière pénale (lapidation pour l'adultère, ablation du poignet pour les voleurs, coups de bâtons pour les femmes relevant trop leur foulard, etc). Ils rejettent violemment toute forme de nationalisme (kawmiyya), invention des « Occidentaux athées », qui risque de réveiller le tribalisme (asabiyya) stigmatisé par le Coran et diviser la Oumma, toute comme la démocratie, autre « innovation occidentale ». S'il n'y a pas, en Islam, d'Eglise universelle hiérarchisée et pyramidale comme le Vatican, il existe bien, en Arabie Saoudite, un véritable pôle doté de moyens financiers sans commune mesure avec ceux, somme toute limités, du Saint-Siège. Tout d'abord, les Saoudo-wahhabites contrôlent les lieux saint de l'islam, la Mecque et Médine, lieu du pélérinage (hajj), l'un des cinq piliers de l'islam. Ils gèrent une véritable Eglise universelle de l'islam. Ce « Vatican wahhabite » s'est progressivement étoffé et organisé entre 1932, date de création de l'Etat saoudien, et les années 60-70, période d'envol économique de la Péninsule grâce à l'or noir. Il est constitué en majorité d'oulémas issus du Najd, le fief historique du Wahhabisme, et dirige plus de 25 institutions disposant d'un budget annuel estimé à plus de 12 milliards de dollars. On estime qu'entre le premier choc pétrolier et 1999, l'Arabie Saoudite au sens large - Etat, organisations officielles ou officieuses, donateurs privés - aurait dépensé plus de 35 milliards pour la construction de mosquées, centres culturels, associations islamiques ou autres « ONG d'Allah » dans le monde. Plusieurs organisations placées sous le contrôle direct du “ Vatican wahhabite ” saoudien, dispensent cette considérable manne financière et ont pour mission de remplacer en quelques sortes le Califat aboli par Mustapha Kémal en 1924 et de diffuser partout la conception la plus anti-réformiste et obscurantiste de l'islam: le Congrès du Monde Musulman, créé en 1926 à l'initiative du Pakistan mais financé par Riyad; la Ligue Islamique Mondiale, (Al Rabita al-alam el-islami), fondée en 1962 à la Mecque par Fayçal Ibn Abdel Aziz Saoud; l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), sorte de ONU du monde islamique, fondée à Rabat en 1969 et siégeant actuellement à Jeddah ; l'Organisation Internationale d'Aide islamique ; l'Assemblée mondiale de la jeunesse islamique, l'Institut du Roi Fahd ; et une multitude d'autres associations caritatives et religieuses. Grâce au contrôle de ces principaux instruments de propagation de l'islam dans le monde, Riyad est parvenue ces trente dernières années, à favoriser une véritable “ wahhabisation ” du monde musulman, depuis l'Afrique jusqu'au Nord de la Chine, en passant par les Mosquées de France, d'Italie ou des Etats-Unis, jusqu'à la prestigieuse université d'Al Azhar au Caire ou même la Turquie (ex)-kémaliste. En Europe, la plupart de ces structures concentrent leurs efforts sur la réalisation des projets de Mosquées et Centres islamiques imposants (Londres, Rome, etc). A leur tour, ces organisations alimentent les différentes associations nationales, régionales, culturelles, humanitaires, etc, financent des brochures, organisent des colloques, séminaires et conférences, où se côtoient régulièrement professeurs d'universités, responsables d'associations, imams, diplomates et émissaires wahhabites saoudiens ou koweïtiens.
Fort présente en Occident avec pour mission d'encadrer les communautés musulmanes immigrées et empêcher leur intégration aux sociétés d'accueil « impies », la Ligue Islamique Mondiale (Rabita) finance les activités des centres islamiques à travers le monde et désigne les membres du Conseil Mondial des Mosquées, chargé de coordonner et financer la construction des lieux de culte. Au niveau transnational européen, la Ligue dispose d'une filiale, le Conseil Islamique d'Europe, dont le siège est à Bruxelles. Dans cette même capitale belge, le “ Vatican wahhabite ” finance depuis 1983 un centre de formation d'imams belges et européens rattaché à la Grande mosquée de Bruxelles. Dans chaque pays, il désigne un Bureau de l'Organisation de la ligue Islamique mondiale (BOLIM), présidé souvent par des convertis : jusqu'à il y a peu, en France, Youssouf Leclerc ou actuellement, en Italie, l'ancien ambassadeur en Arabie saoudite, Mario Scialoja. La Rabita déploie une double stratégie : tout d'abord, instrumentaliser les populations musulmanes immigrées en Europe, la plupart du temps étrangères au wahhabisme, en finançant des projets de construction de mosquées ; ensuite, s'imposer auprès des Etats européens en finançant de luxueux centres islamiques reconnus par les pouvoirs occidentaux ce qui permet au wahhabisme d'acquérir l'aura de l'islam officiel. C'est dans ce contexte géopolitique qu'ont été édifiés les divers Centres islamiques saoudiens de Rome, Vienne, Madrid, Bruxelles, Londres, Sarajévo, Lyon et Genève.
La stratégie d'expansion et de pénétration des Wahhabites consiste à transformer à terme les minorités islamiques en noyaux prosélytes ayant vocation à s'élargir et à rester imperméable aux mœurs occidentales grâce au repli communautaire et aux conversions. Citons par exemple quelques passages de la revue L'Islam aujourd'hui, émanation de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), contrôlée par l'Arabie Saoudite : “ La Oumma islamique, entière, a commencé comme une minorité réduite à une seule personne, le Prophète. Elle s'est ensuite élargie à quelques centaines de personnes (...). Le succès d'une minorité musulmane est de devenir un jour (..) une majorité. Ce phénomène se fait par un effet d'assimilation réciproque entre la majorité non-islamique et la minorité islamique, la majorité acceptant petit à petit la morale et la religion islamiques et finissant par s'identifier à l'islam (...). Plus ces communautés seront fortes et acceptées dans leur pays, plus elles défendront les intérêts du monde musulman puisque la Oumma est une et indivisible, chaque fraction de cette Oumma est d'une importance primordiale” . Peut-on appeler ce type de discours autrement qu'un plan de conqûete politico-spirituelle du monde ? Mais le nerf de la guerre de conquête islamique étant l'argent, l'activité des milliardaires et banques islamiques saoudiens sont le véritable secret du prosélytisme saoudo-wahhabite dans le monde. En 1981, tout d'abord, lors du sommet islamique de Taëf (Arabie Saoudite), des financiers musulmans avaient créé une banque islamique privée, Dar al Mal al islami - DMI- (“ la Maison de l'argent islamique ”) dont le siège se trouve à Genève et qui est une filiale de la Fayçal Islamic Bank Group. Le fondateur de cette banque, Muhammad Ibn Fayçal, n'était autre que le propre frère du prince Turki Ibn Fayçal, ex-chef des services secrets saoudiens. Dans l'esprit de son dirigeant d'alors, le prince Mohamed, la DMI avait vocation à s'étendre dans tous les pays occidentaux et d'utiliser le système bancaire pour financer des actions internationales de prosélytisme islamique. C'est grâce aux bénéfices accumulés par ces filiales que la DMI finance les différents projets de centres aérés et colonies de vacances islamiques à Roubaix, Hambourg, Cologne, ou en Grande Bretagne, à Dewsbury, non loin de Bradford, première ville islamique européenne. Dans la même période, le prince Mohamed finance à Londres un Institut de réflexion, l'Islamic Council of Europe qui sert de bailleur de fonds à une nébuleuse d'organisations de propagande islamique dont : le Secrétariat pour la “ libération des territoires musulmans ”, le Fonds de Solidarité Islamique et la Commission Internationale pour les Minorités musulmanes.
D'autres satellites de la DMI développent une intense activité religieuse et politique, parfois subversive : l'Association des travailleurs musulmans en Europe ou l'Organisation islamique des droits de l'Homme, dont le président est l'ex-chef d'Etat algérien Ahmed Ben Bella, converti depuis aux idées islamistes, et qui reçoit plusieurs millions de dollars pour financer ses activités politiques. Un an après la création de Dar al-Mal al-Islami, le roi Fahd créa une autre banque islamique : Dalla al Baraka (“ la Bénédiction ”). Relayée de Bahreïn à Hongkong, en passant par Luxembourg ou Nassau par pléthores de filiales et d'ONG, cette autre banque islamique sera également l'un des axes du financement saoudien de l'islamisme international. Dalla al Baraka travaillera étroitement avec la famille d'Oussama Ben Laden, et parviendra à s'implanter dans une douzaine de pays : Bahreïn, Tunisie, Mauritanie, Thaïlande, Algérie, Chine (Shangaï), Djibouti, Afrique du Sud et même Etats-Unis (Texas). Plus discrète que la DMI, Dalla al Baraka s'implante par le biais de holdings comme la Islamic Banking System International Holding. Grâce à cette stratégie, elle parviendra à contrôler à Copenhague la première banque islamique internationale, la IBI. Ouverte officiellement en 1984, l'IBI est rapidement devenue, grâce à sa grande discrétion, la banque la plus courtisée des communautés islamiques implantées en Europe, rachetant des espaces publicitaires dans de nombreuses revues musulmanes d'Europe. En France, c'est l'association Islam et Occident qui la représente, organisant de prestigieux séminaires destinés à faire connaître l'islam et les mérites du système bancaire islamique, fondé non pas sur l'intérêt (riba), interdit par le Coran, mais sur la solidarité. C'est par exemple la BID qui a financé le coûteux et luxueux centre culturel islamique d'Evry, dans la banlieue sud de Paris. Moins connue que les précédentes, Al Taqwa Bank est également l'un des centres de financement de l'islamisme international, comme l'ont révélé les différentes enquêtes lancées contre la nébuleuse Al Qaïda en Italie et en Suisse après le drame du 11 septembre. Opérant dans plus de trente pays, dont le Lichtenstein, officiellement basée aux Bahamas, Al Taqwa, qui signifie « crainte de Dieu ou piété », gère essentiellement des fonds en provenance du Koweït, d'Arabie saoudite et des Emirats Arabes Unis destinés à financer les mouvements islamistes en Europe ou même les candidats islamistes aux élections politiques dans différents pays musulmans, notamment en Egypte. Son fondateur et président, le milliardaire égyptien naturalisé italien, Youssef Nada, haut-dignitaire des Frères musulmans au niveau international, dirige les affaires du groupe depuis Lugano, en Suisse, non loin de sa résidence de Campione d'Italia, en Italie septentrionnale. D'autres membres du conseil d'Administration sont également naturalisés italiens, Ahmed Idris Nasreddin, co-fondateur du groupe et ancien consul du Koweït à Milan, qui sera d'ailleurs interpellé après le 11 septembre en raison de ses liens avec la nébuleuse islamo-terroriste. Parmi les actionnaires et créditeurs du Groupe Al Taqwa, rebaptisé récemment Nada Management, on découvre un assemblage particulièrement détonnant : Huda Mohamed Ben Laden et Iman Ben Laden, deux des frères de l'auteur des attentats de Manhattan ; le Centre culturel islamique milanais de Viale Jenner, directement approvisionné par Al Taqwa via Ahmed Idris Nasreddin et identifiée par le Ministre du Trésor américain comme une « base européenne du réseau d'Oussama Ben Laden » ; le néo-nazi suisse converti à l'islam, Ahmad Huber, membre du Conseil d'Administration mais aussi de la société nazie de Thulé, depuis toujours en lien avec l'islamisme international (khomeinystes et Frères musulmans); ou encore la branche grenobloise de l'Union Islamique des étudiants de France (UISEF), rebaptisée depuis 1996 Etudiants Musulmans de France (EMF)…

Le lobby wahhabite mondial

Depuis le 11 septembre, l'ambiguïté de la monarchie wahhabite en matière de financement de l'islamisme via les différentes donations « caritatives » ou au titre de la « coopération », semble avoir été désoccultée. On mentionne moins souvent le « lobbiyng islamiste » de l'Arabie Saoudite exercé en Occident à travers des participations au sein des grands groupes industriels et financiers mondiaux. On estime les investissements de l'Arabie à l'étranger à environ 750 milliards de dollars placés à 60 % aux Etats-Unis et à 30 % en Europe, dans les marchés financiers, les participations dans les grands groupes, l'immobilier, etc. A lui seul, le prince Al-Walid ibn-Talal d'Arabie, le plus médiatique des investisseurs saoudiens, dont la fortune est évaluée à 23 milliards de dollars, est depuis 1991 le principal actionnaire du groupe bancaire américain Citicorp (devenu Citibank), et détient 350 millions de dollars en certificats américains de dépôts d'actions. Depuis, Al-Walid a investi dans Saatchi & Saatchi, Apple, NewsCorp, Planet Hollywood, Georges V, etc. Les investissements extérieurs saoudiens vont des groupes comme Disneyland International à des trusts occidentaux comme le groupe américain Carlyle, dirigé par d'anciens membres de l'Administration Bush père. Carlyle attendra d'ailleurs le 26 octobre 2001 pour rompre ses liens avec la famille Ben Laden, le groupe Ben Laden ayant placé en 1995 plus de deux millions de dollars auprès de Carlyle Partners 11 Fund, l'un des fonds d'investissements londonien de la holding. Rappelons que Carlyle est actionnaire de plusieurs groupes américains hautement stratégiques, aéronautiques ou de défense, comme Lockheed Martin et General Dynamic, ce qui donne une idée du niveau de pénétration financière et lobbiyiste du « Vatican wahhabite » en Occident. Quant au groupe familial des Ben Laden, le Saudi Ben Laden Group (SBG), dirigé aujhourd'hui par Bakr M. Ben Laden, il est présent sur tous les continents à travers de multiples filiales. On peut citer également Khalil Ben Mahfouz, l'une des autres grandes fortunes du monde (2,4 milliards de dollars), et dont la famillle possède des participations considérables dans plusieurs sociétés aux Etats-Unis, dont Métrowest, Isolyser, ou encore la firme pharmaceutique Hybridon Inc. Enfin, conscients du poids stratégique de l'information et des médias en matière de prosélytisme religieux, les princes saoudiens ont investi les médias: les frères Abdel et Walid Al Ibrahim, qui ont réalisé de considérables investissements immobiliers au Maghreb en Afrique et aux Etats-Unis, ont acheté en 1993 le premier service de télévision arabe par satellite, Middle East Broadcasting Corp (MBC), propriétaire entre autres de l'agence de presse américaine United Press International (UPI), tandis que le prince Al-Walid est à l'origine d'une joint-venture qui devrait aboutir à la constitution du premier réseau de télévision paneuropéen. Les princes saoudiens détiennent par ailleurs d'importantes parts au sein de la société Mediaset, holding dont dépendent plusieurs chaînes de télévision italiennes. Aussi existe-t-il un véritable « lobby audiovisuel islamique » international, qui, d'United Press International à Radio Monte Carlo ou MBC et la BBC, en passant par Radio Orient (Idaàt al Sharq)- radio arabe francophone internationale siégeant à Paris et reliée à La Mecque - oeuvre discrètement mais sûrement à la diffusion de la pensée islamo-wahhabite et/ou des intérêts saoudiens partout dans le monde.
On peut aussi mentionner les fameuses « ONG d'Allah », dont plusieurs basées à Londres et aux Etats-Unis, fort actives en Bosnie, en Macédoine et au Kosovo auprès des séparatistes et guérillas islamo-terroristes. Les deux plus importantes ONG islamistes, par ailleurs proches d'Al Qaïda, sont l'Organisation du Secours Islamique International (International Islamic Relief Organisation, IIRO) et l'Islamic Relief Agency (ISRA). Fondée à Jedda en 1978, l'IIRO, élevée en 1995 au rang de membre invité de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), reconnaît être financée par de généreux donateurs saoudiens via la zakat, l'aumône légale. La branche européenne de l'IIRO, siègeant à Londres depuis 1985 et dirigée par le saoudien Abdullah Saleh al-Obaïd, contrôle plusieurs bureaux en Europe. On peut mentionner également Golbal Relief, qui a son siège aux Etats-Unis à Bridgeview, près de Chicago, et qui prétend “ venir en aide aux souffrants, aux orphelins, puis oeuvrer à l'assistance médicale et à la construction d'écoles ”

Salafisme et wahhabisme

Jusqu'à aujourd'hui, le royaume saoudien est le tout premier mécène des mouvements islamistes, consacrant annuellement dix milliards de dollars pour le financement d'écoles ; mosquées, associations culturelles islamistes, etc. La plus ancienne institution saoudienne en Europe est l'Association culturelle islamique de Genève, crée pour diffuser le Coran et promouvoir la culture musulmane et inaugurée par le roi Fahd en 1978. Elle a des ramifications dans toute l'Europe et au delà.
L'Arabie Saoudite, ne parvenant pas, en France, à la différence de la Belgique, de l'Espagne ou même de l'Italie, à remplir un rôle conforme à ses ambitions, se livre depuis quelques années à une véritable lutte d'influence avec les autres structures de représentation des communautés musulmanes. Riyad est d'abord présent dans l'hexagone à travers le Bureau (français) de l'Organisation de la Ligue islamique Mondiale (Rabitat) ou BOLIM, principale organisation de l'islam saoudien, dirigée un temps par le converti français Youssouf (Didier) Leclerc, aujourd'hui par le cheikh saoudien Saham. L'Arabie est ainsi revenue en force depuis quelques années, principalement en région parisienne, notamment à travers les Mosquées d'Evry et surtout de Mantes-la-Jolie, gérée par l'imam Ali Berka soutenues par le Bureau de la Ligue Islamique Mondiale. En dehors de la Région parisienne, Riyad est à l'origine de la grande mosquée-centre islamique de Lyon, la plus grande de France, avec une capacité de 2600 places. Riyad a récemment présenté aux autorités françaises de très gros projets de mosquées dans la Région parisienne et dans le sud de la France, où les responsables saoudiens étudient un projet de grande mosquée-capitale comparable à celle de Lyon. La monarchie wahhabite est également présente à travers les mosquées d'Hérouville-Saint-Clair, dans le Calvados, Lille-Sud, Al-Huda à Bordeaux, etc, et est à l'origine de “ l'Institut Européen des Sciences Humaines ” (IESH) de Saint-Léger-du-Fourgeret, inauguré en octobre 1992, l'un des principaux centres de formation d'imams fondamentalistes en Europe. La plupart des professeurs de l'IESH est issue de la mouvance des Frères, exemple typique de la collaboration entre le pôle saoudien et celui des Frères-musulmans.
L'Arabie saoudite finance également, conjointement, avec le Maroc, la Mosquée d'Evry, la mosquée de Mantes-la-Jolie, et appuie une autre institution gérée par des Marocains, et fondée en décembre 1985, sous les auspices de la Ligue islamique mondiale, la Fédération Nationale des Musulmans de France (FNMF), principale composante, avec l'UOIF des Frères musulmans, de l'actuel Conseil Français du Culte musulman. Mais l'action de l'Arabie saoudite en matière de prosélytisme islamiste, à travers le salafisme, s'exerce également de façon plus souterraine en dehors des grandes mosquées précitées - souvent laissées relativement libres de diffuser des conceptions de l'islam plus consensuelles - dans les banlieues musulmanes et les quartiers difficiles. Le salafisme en général est en plein essor depuis quelques années, essentiellement dans les départements de Seine Maritime, du Nord, de Moselle, du Rhône et de la région Ile-de-France, sous ses deux grandes tendances opposées: la tendance officielle, « modérée », dite « cheikhiste », en référence aux grands cheikhs saoudo-wahhabites, puis la tendance révolutionnaire et terroriste dite « jihadiste » (cellules algériennes du GSPC et du Takfir en Seine Saint Denis, Sartouville, etc).: mosquée As-Salam d'Argenteuil dans le Val d'Oise, mosquées de La Duchère, Tariq Ibn Zyad aux Mureaux (Yvelines), groupes plus informels de Sartrouville, Mantes la Jolie et Nanterre, etc. C'est dans ces « banlieues de l'islam » que viennent prêcher les imams wahhabites-salafistes de Médine, en particulier cheikh Aboubaker al-Djazaïri, qui séjourne régulièrement en région parisienne. Présenté par certains « spécialistes de l'islam » et grands quotidiens comme Le Monde, comme pôle « salafiste modéré » par contraste avec les « Jihadistes » rendus célèbres par Al Qaïda, autre monstre enfanté par le wahhabisme saoudien, cette figure mondiale du salafisme et par ailleurs référence suprême des Frères musulmans avec Youssef Qaradhaoui, écrit à l'attention des jeunes des banlieues de France, dans son ouvrage La Voie du musulman (Ennour, 1999) : " Il est du devoir des musulmans, […] de se doter de toutes sortes d'armements et de se perfectionner dans l'art militaire, non seulement défensif, mais aussi offensif, pour que le Verbe de Dieu soit le plus haut […], d'édifier toutes sortes d'usines pour fabriquer tout genre d'armes, même au détriment de la nourriture, de l'habillement et du logement dont on peut se passer. Alors le jihad sera accompli dans les conditions les plus satisfaisantes" (pp. 371-372). Mais il est vrai que grâce à Ben Laden, il suffit de condamner formellement le carnage du 11 septembre pour passer pour un « islamiste modéré »…
Actuellement, plus de 300 jeunes Européens étudieraient dans les Universités de Médine. Plusieurs congrès salafistes d'envergure ont déjà été organisés en Europe, notamment celui de Leicester (Grande Bretagne), qui s'est tenu du 25 au 28 août 2000, ou encore le 4ème séminaire « d'Etudes Islamiques » qui se déroula à Roubaix du 4 au 19 juillet 2000. Les prêches des cheikhs salafistes saoudiens comme Al Djazaïri sont à l'origine de la vocation de nombreux salafistes français partis parfaire leur formation wahhabite-salafiste à Médine, fief de cette mouvance, où Mahomet fut victorieux. C'est ainsi que du 17 au 22 mai 2000, s'est tenu à Argenteuil le troisième congrès salafiste auquel ont répondu 2000 fidèles. Le précédent avait été organisé sur la commune des Mureaux du 13 au 19 juillet 1999 dans la commune des Mureaux. Plus récemment, au cours des années 2001 et 2002, d'autres rassemblements plus discrets ont eu lieu en région parisienne à Orly, Argenteuil, en Seine Saint Denis, mais également à Château Chinon, Lille, Strasbourg et Nice. D'après le rapport des renseignements généraux précité, «l'implantation durable en France du salafisme risque fort de constituer une menace potentielle dans les années à venir sur le plan sécuritaire qu'en matière d'intégration ». Plusieurs rapports récents de la DST signalant l'embrigadement de centaines de jeunes dans la mouvance salafiste, à Aulnay, Bondy, Montreuil, Stains, Roubaix ou Marseille, confirment ces inquiétudes, l'imam du Val-Fourré déclarant au début de l'année 2002 que les Salafistes étaient « un cancer » à stopper d'urgence afin d'éviter les dérives et les dérapages violents.


C'est la capitale de la catholicité et de l'Italie qui a été choisie par l'Arabie Saoudite et le Centre islamique culturel d'Italie, pour inaugurer la plus grande mosquée d'Europe, événement fondateur autant que hautement symbolique

Mais l'enjeu est de taille pour les Islamistes du monde entier : instaurer une visibilité de la « Vraie religion » en plein cœur de la Chrétienté et de la civilisation européenne, aussi toutes les concessions verbales sont-elles fortement recommandées pour atteindre ce but de la plus haute importance symbolique. C'est que, dans un Hadith (recueils de dits et faits du Prophète Mahomet constituant le second texte sacré de l'islam), Mahomet aurait répondu à la question de savoir quelle ville, entre Constantinople ou Rome, serait la première conquise par l'islam : “ La cité d'Héraclès, c'est-à-dire Constantinople, sera conquise la première ”.

Ainsi, le responsable de la section italienne de la Ligue Islamique Mondiale (Arabie Saoudite), siégeant avec le Centre islamique et la Grande Mosquée de Rome, n'est autre que l'ancien ambassadeur d'Italie en Arabie Saoudite, Mario Scialoja, qui embrassa l'islam en 1988, alors qu'il était encore en poste à New York, 10 ans avant de prendre ses fonctions d'ambassadeur en Arabie Saoudite. Il faut dire qu'en Italie, les ambassadeurs italiens en Arabie Saoudite convertis à l'islam sont de mode ces derniers temps ! Après Scialoja, c'est l'ambassadeur d'Italie à Riyad, Torquato Cardilli, qui s'est converti officiellement à l'islam le 16 novembre 2001, lors d'une visite en théorie interdite aux non-musulmans, à La Mecque. Diplômé de langues orientales à l'Université de Naples, Cardilli avait fait presque toute sa carrière dans le monde musulman : Khartoum, Damas, Tripoli, Tirana, Dar as Salam, et Riyad. Le vice-président de la section italienne de la Ligue Islamique Mondiale, Omar Camiletti est également un néo-musulman.

En 1968, le Gouvernement belge avait fait don du Pavillon Oriental du Parc des Centenaires (Bruxelles) au roi Fayçal d'Arabie Saoudite, lequel allait rapidement transformer l'édifice en un Centre Culturel islamique, directement contrôlé par la Ligue Islamique Mondiale. Marquant là une réelle volonté de contrôler l'islam de Belgique, par deux fois, en 1969, avec Fayçal, puis en mai 1978, avec Khaled, le roi d'Arabie saoudite viendra personnellement appuyer l'action du Centre auprès des autorités belges. A partir de 1970, le Centre connut une expansion d'autant plus rapide qu'il demeura pendant près de dix ans la seule organisation islamique structurée à la disposition des Musulmans de Belgique. En 1989, les dirigeants saoudiens, décidés à demeurer les leaders incontestés de l'islam belge, inaugurèrent un Institut de formation continue où l'on enseignait les matières religieuses classiques : exégèse coranique, langue arabe, fiqh et hadith. Forts de sa puissance économique et déployant d'intenses efforts diplomatiques pour faire pencher la balance en sa faveur. Riyad obtint de Bruxelles que l'imam-directeur du Centre fût habilité par le ministère belge de l'Education nationale à désigner les enseignants destinés à dispenser les cours de religion islamique et d'arabe dans les écoles publiques de Belgique. Précisons que dans le cadre du “ Pacte scolaire ”, le Centre saoudien bénéficie, depuis 1978, des subventions qui lui permettent de rémunérer six cents enseignants religieux dans le primaire et le secondaire. Les organisations wahhabites saoudiennes obtinrent en fin de compte un véritable monopole sur le plan représentatif, éclipsant de facto le rôle de dizaines d'associations islamiques existantes. Malgré ses moyens et les atouts énormes dont il dispose, le pôle saoudien semble avoir échoué dans sa prétention hégémonique à représenter les différentes communautés musulmanes de Belgique, de plus en plus réfractaires à son monopole, pour des raisons à la fois idéologiques et structurelles liées à la concurrence entre différentes organisations pour le leadership islamique. Les principaux rivaux de Riyad sont le Tabligh, à la tête d'une douzaine de mosquée à travers le pays et de plusieurs écoles islamistes, et le pôle turc, lui même divisé en deux tendances : l'ambassade de Turquie, qui dispose à travers la Diyanet, de ses propres professeurs de religion et imams - certes nommés par le pôle saoudien - et contrôle une soixantaine de mosquées en Belgique, et surtout la mouvance islamiste du Milli Görüs, représentée à travers la Türkiye Diyanet Vakfi (TDV), fondation religieuse turque qui revendique 8000 membres.

Le wahhabisme saoudien et les « ONG d'Allah » au service du jihad


Depuis le début des guerres yougoslaves, l'Arabie saoudite, qui est le premier donateur à la Bosnie (560 millions de dollars par an), a décidé de faire des Balkans en général (Kosovo, Albanie, Sandjak, Macédoine, etc) et de la Bosnie en particulier, le cœur stratégique de son programme d'islamisation pour l'Europe. La diplomatie fondamentaliste du Royaume saoudien passe par d'innombrables ONG « caritatives » ou autres organisations de " bienfaisance " comme l'Agence Islamique d'Aide ou encore la Haute Commission saoudienne d'aide et de Coopération - officiellement vouée à la " reconstruction, l'aide éducative, religieuse et scolaire " - présidé par le Prince Sultan, gouverneur de Riyad. Depuis les accords de Dayton, près de 150 mosquées ont été reconstruites ou édifiées avec le soutien de la Haute Commission, donc de facto prises en main par le wahhabisme. En septembre 2000, la Haute Commission a notamment inauguré à Sarajevo, la plus grande mosquée des Balkans, dédiée au roi Fahd Ibn Abdul Aziz. Située dans le quartier populaire d'Ali Pasino Polje, l'immense mosquée de béton, qui comprend deux minarets, une immense bibliothèque, des restaurants et structures d'accueil ainsi qu'un centre culturel ultra-moderne, est devenue l'un des principaux centres de propagation de l'islamisme slafiste dans les Balkans, comme le montrent les programmes des sites web fiancés par la Mosquée, qui appellent les femmes à porter partout le voile islamique, proposent aux enfants la distraction de bandes dessinées antisémites, ou encore appellent au recrutement de Moujahidines pour combattre les « pouvoirs infidèles » dans le monde.
Meilleure preuve du jeu ambigu de l'Arabie saoudite, d'un côté « ami de l'Occident » et de l'autre épicentre de l'islamisme dans le monde, de nombreux militants islamistes radicaux proches de la nébuleuse Ben Laden ont été interpellés par Interpol et la police bosniaque ces derniers mois au sein de la mosquée saoudienne et de la haute Commission saoudienne, laquelle a dépensé pour eux des sommes colossales. Après les attentats du 11 septembre 2001, en effet, la Haute Commission fit l'objet d'une enquête du nouveau gouvernement bosniaque, nettement moins favorable aux Islamistes que le parti d'Alijà Izétbégovic, aux termes de laquelle on a arrêté des membres d'Al Qaïda et d'anciens "Afghans arabes" naturalisés bosniaques employés du bureau de la Haute Commission à Illidja (opération de police du 25 septembre 2001). La Sfor est quant à elle parvenue à arrêter plusieurs d'entre eux, comme par exemple l'un des lieutenants de Ben Laden dans les Balkans, le Yéménite Bensayah Belkacem, interpellé en octobre 2001. Mais la Haute Commission saoudienne bénéficie d'un statut quasi diplomatique en vertu d'une convention antérieure signée par l'ex-Président Izétbégovic. De ce fait, le prosélytisme islamiste saoudo-wahhabite peut difficilement être réprimé ou interdit par la cellule anti-terroriste du Ministère bosniaque des Affaires étrangères crée aux lendemains des attentats du 11 septembre sur pression américaine, dans la mesure où il est couvert par des accords diplomatiques et passe essentiellement par des structures officielles ou « caritatives » (ONG islamistes). Ainsi qu'on a pu s'en apercevoir lors de l'opération anti-terroriste du 14 décembre 2001, la plupart des membres d'Al Qaïda arrêtés dans les Balkans ont été soutenus par des structures saoudiennes ou autres « ONG d'Allah » soutenues par les pétromonarchies, qu'il s'agisse du Croissant rouge des Emirats arabes Unis, ou de Taïba International, qui a abrité l'un des responsables d'Al Qaïda en Bosnie, Mustapha al Qadir, arrêté en décembre dernier.

* géopolitologue, auteur du « Totalitarisme à l'assaut des démocraties », Syrtes, 2002.

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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 18:47
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Matthieu 10 : 34-36
Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire … Mathieu 2: 16
Quand les hommes se diront: Paix et sécurité! c’est alors que tout d’un coup fondra sur eux la perdition. Thessaloniciens 5: 2
L’heure vient même où qui vous tuera estimera rendre un culte à Dieu. Jean 16: 2
Vous avez appris qu’il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas tenir tête au méchant: au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends lui l’autre, veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau. Matthieu 5: 38-40
Soyez donc rusés comme les serpents et candides comme les colombes. Matthieu 10: 16
Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a-t-il condamnée? Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus. Jean 8: 3-11

“(…) preuve surtout que le “aimez vos ennemis” et autres bêtises de ce gnangnan de Jésus-Christ, genre “quand on vous frappe sur la joue gauche, tendez l’autre joue” sont à dégager à la poubelle (…)

Enième illustration du malentendu dont sont systématiquement l’objet les célèbres paroles du Christ sur la violence que ces lignes trouvées hier sur le Net

Certes, ce ne sont pas des paroles faciles puisqu’au delà de l’auto-préservation, l’impératif catégorique d’amour du prochain inclut aussi nécessairement la défense du plus faible (et comme on l’a vu avec Hitler et Auschwitz, le pacifisme inconditionnel peut non seulement faire le lit du bellicisme mais l’attiser).

Mais surtout, comme l’Evangile lui-même ne cesse de le répéter, du fait que le bien lui-même est susceptible de provoquer la violence (”je ne suis pas venu apporter la paix mais l’épée, pas l’union mais la division”- et ce dès sa naissance avec le “Massacre des innocents” par Hérode).

Pour la bonne raison (qui la fait d’ailleurs souvent apparaître comme la plus violente des religions: les mythes en effaçant souvent les traces ou, d’autres comme l’islam s’arrêtant en chemin dans sa dénonciation, notamment pour les non-musulmans) que, comme l’explique bien Girard, la dénonciation du caractère fondateur et protecteur du phénomène de bouc émissaire dans les sociétés humaines par la révélation judéo-chrétienne ne peut, paradoxalement et faute de prise de conscience et de réconciliation non-sacrificielle, que déchainer la violence.

D’où, autre spécificité du discours évangélique souvent inaperçue des commentateurs mais bien décrite par Girard (qui précise néanmoins qu’il “ne tient pas toute défense face à la violence pour illégitime” et que son “point de vue n’est pas celui d’un pacifisme inconditionnel”), l’impérieuse nécessité, dans un univers désormais dépourvu de ses ennemis et de ses béquilles sacrificielles (”Il vaut mieux qu’un seul homme meure et que la nation entière ne périsse pas.” Caïphe, souverain sacrificateur, Jean 11: 50), d’un traitement radical de la violence (couper court à l’emballement et donc ne pas répondre à la provocation) qui tienne aussi compte du caractère collectif (ie. sujet à la contagion mimétique) des conduites humaines (confirmé aujourd’hui par la science et notamment les neurosciences).

Et ce, en bien comme en mal, car le vice comme le mal fonctionne aussi en cercles, “vicieux” ou “vertueux” (voir le refus de la première pierre imité de proche en proche par les dénonciateurs de la femme adultère sauvée par le Christ).

D’où aussi l’ultime paradoxe de ce monde qui est le nôtre, à la fois le meilleur et le pire qui ait jamais existé. Un monde qui n’a jamais autant tué (voir la première partie du XXe siècle) mais jamais autant sauvé de vies.

Un monde qui aurait la capacité de libérer et multiplier tout, à la fois les possibilités les plus merveilleuses comme les plus apocalyptiques.

La première société de l’histoire à savoir qu’elle est mortelle, non par un acte ultime d’un Dieu justicier et vengeur comme le croient encore certains chrétiens fondamentalistes, mais par ses propres moyens démultipliés …

Extraits (“Celui par qui le scandale arrive”, René Girard, 2001, pp. 41-43) :

Vous avez appris qu’il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends lui l’autre, veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau. (Matthieu 5 : 38-40)

La majorité des modernes voit dans ces recommandations une “utopie pacifiste” manifestement naïve et même condamnable car inutilement servile, doloriste et “probablement masochiste”. Cette interprétation porte la marque des idéologies qui voient des programmes politiques partout et attribuent “l’irrationalité” de nos rapports à la seule “superstition”.

Jésus nous demande-t-il vraiment de ramper aux pieds du premier venu, de quémander les gifles que personne ne songe à nous donner, et de nous porter volontaires pour satisfaire les caprices des puissants ? Cette lecture n’est attentive qu’en apparence au texte de saint Matthieu.

De quoi s’agit-il en vérité dans cette citation ? D’abord d’un furieux qui nous gifle sans provocation, ensuite d’un individu qui s’efforce de nous voler légalement notre tunique, le vêtement principal, souvent unique, dans l’univers de Jésus.

Une conduite aussi exemplairement répréhensible suggère quelque arrière-pensée de provocation. Ces méchants ne désirent rien tant que de nous exaspérer, pour nous entrainer avec eux dans un processus de surenchère violente. Ils font leur posssible, au fond, pour susciter les représailles qui justifieraient leurs déchainements ultérieurs. Ils aspirent à l’excuse de la légitime défense. Si nous les traitons comme ils nous traitent, ils vont bientôt maquiller leur injustice en représailles pleinement justifiées par notre violence à nous. Il faut les priver de la collaboration négative qu’ils réclament de nous.

Il faut toujours désobéir aux violents, non seulement parce qu’ils nous poussent au mal mais parce que notre désobéissance peut seule couper court à cette entreprise collective qu’est toujours la pire violence, celle qui se répand contagieusement. Seule la conduite recommandée par Jésus peut étouffer dans l’œuf l’escalade à ses débuts. Un instant de plus et il sera trop tard.

Si précieux soit-il, l’objet d’un litige est généralement limité, fini, insignifiant par rapport au risque infini qui accompagne la moindre concession à l’esprit de représailles, c’est-à-dire au mimétisme une fois de plus. Il vaut mieux abandonner l’objet.

Pour bien comprendre le texte de saint Matthieu, on peut le rapprocher d’une phrase où saint Paul affirme que renoncer aux représailles c’est poser “des charbons ardents” sur la tête de son adversaire, autrement dit c’est mettre ce dernier dans une situation morale impossible. Ce langage de tacticien paraît éloigné de Jésus. Il suggère l’efficacité pratique de la non-violence avec une pointe de cynisme, semble-t-il. Cette impression est plus apparente que réelle. Parler de “cynisme” ici, c’est minimiser les exigences concrètes de la non-violence, à l’instant où la violence se déchaine contre nous…

Mes propres remarques n’acquièrent tout leur sens que dans le monde où nous vivons, toujours menacé de sa propre violence désormais. Même s’il était possible jadis de tenir pour “irréaliste” le Sermon sur la montagne, c’est impossible désormais et, devant notre puissance de destruction toujours croissante, la naïveté a changé de camp. Tous les hommes désormais ont le même intérêt vital à la préservation de la paix. Dans un univers vraiment globalisé, le renoncement aux escalades violentes va forcément devenir, de façon toujours plus manifeste, la condition sine qua non de la survie.

Voir aussi:

Il n’a jamais dit : “N’ayez pas d’ennemis”, mais: “Aimez vos ennemis”, ce qui suppose précisément qu’on en ait. » Mais, en invitant à « tendre l’autre joue », « Jésus invite à sortir de la logique proliférante de la violence ».

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Génocide assyrien: La continuation du jihad par d’autres moyens (Turkey’s other forgotten Christian genocide)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2d/Assyrianmonument.JPGC’est avec une grande surprise que j’ai été témoin qu’une stèle à la mémoire des victimes d’un certain “génocide assyro-chaldéen” dont je n’ai pu trouver trace nulle part dans l’histoire, a été érigée par vos louables efforts personnels et inaugurée par votre Municipalité en votre présence le 15 octobre. Je vous félicite d’avoir écrit une nouvelle page d’histoire inconnue! Uluç Özulker (ambassadeur turc en France, lettre au maire de Sarcelles, le 20 octobre 2005)
Il y a une menace contre tous ceux qui conduisent des recherches sur les Assyriens et les meurtres de masse sous l’Empire Ottoman. De temps en temps des gens prétendant être des journalistes apparaissent et prennent des photos de ceux qui suivent des séminaires (sur ce thème). Même si ce ne sont pas toujours des menaces directes elles sont sous-entendues. C’est une question extrêmement sensible où les recherches sont prises pour des faits politiques. Tous ceux qui s’intéressent aux minorités chrétiennes en Turquie le vivent comme une menace. David Gaunt (historien suédois de l’université Sodertorn)

Pour ceux que ne semble toujours pas inquiéter le fait qu’un pays prétendument laïc et candidat à l’Europe puisse passer, en moins d’un siècle et comme si de rien n’était, d’un tiers de population chrétienne à 0,1%

Et alors que, dans la plus grande indifférence (comme en témoigne le silence radio de nos quotidiens de révérence), le négationnisme turc vient d’atteindre un nouveau sommet avec la mise à exécution des menaces de mort, il y a deux semaines et sur le sol européen même, du chercheur d’origine assyrienne d’une université suédoise Fuat Deniz

Retour sur un génocide encore plus oublié que le génocide arménien et dont l’Association Internationale des Universitaires spécialistes du Génocide (IAGS) vient de voter la reconnaissance, celui, parallèle, des autres minorités chrétiennes assyriennes et grecques.

Qui, comme les Arméniens, virent de 1894 à 1922 (bien au-delà donc du génocide proprement dit de l’été 1915) et sous les trois différents régimes du Sultan Abdul Hamid, des Jeunes-Turcs et du fondateur de la Turquie moderne Kemal Attaturk, la disparition de l’essentiel de leur population.

Et ce, que ce soit par les génocidaires turcs ou leurs affidés kurdes (”massacreurs d’infidèles”) et par l’élimination physique (via les exécutions directes, la déportation en wagons à bestiaux, les “marches de la mort” ou les camps de concentration en zone désertique) ou l’expulsion et l’expropriation (y compris de leurs plus belles femmes ou filles) qui sont au cœur même de la fondation de l’Etat turc moderne.

Sans parler de l’épuration religieuse continue des chrétiens des pays musulmans


Contre-terrorisme: Pourquoi le terrorisme est bien une affaire de simple police (Who needs Jack Bauer when you have Jean-Louis Bruguiere?)

http://www.nioutaik.fr/images/dossier1/jack.jpg
Plusieurs de nos collègues - notamment aux Etats-Unis, mais également en Europe – voyaient cela comme une ‘phobie d’ex-colonialiste’, une certaine ‘obsession française avec l’Algérie’. Ca n’a vraiment pas été facile de faire comprendre à tous ces sceptiques que les réseaux islamistes qui projetaient des attentats contre la France avaient pris racine sur leur propre territoire. Il était encore plus difficile de leur faire comprendre que les gens qu’ils considéraient comme de ’simples criminels’ - ceux qui collectaient de l’argent illicite ou fabriquaient de faux papiers – faisaient en fait partie des réseaux qui assuraient la logistique des complots terroristes. Les convaincre de faire le rapport entre les deux était d’autant plus déchirant que le temps perdu augmentait la possibilité d’une attentat. Ancien collègue de Bruguière
L’absence d’attentats islamistes sur le sol français depuis le 11 septembre 2001 ne doit pas être mal interprétée ; elle ne signifie en rien que la France serait sanctuarisée, notamment en raison de la position qu’elle a prise lors du conflit en Irak. D’ailleurs, nous avons déjà indiqué que des cellules terroristes avaient été démantelées, qui projetaient de conduire des attaques terroristes sur notre sol. De plus, en dehors du territoire national, des cibles françaises ont fait l’objet d’attaques terroriste, comme l’attentat du 8 mai 2002 à Karachi qui fit 14 morts, dont 11 employés de la DCN, ou l’attaque contre le pétrolier Limburg au Yémen le 6 octobre 2002. La France fait en effet partie intégrante du monde occidental, cible des terroristes islamistes radicaux. À ce titre, elle figure parmi les objectifs potentiels des terroristes au même titre que tout autre nation occidentale. Membre de la coalition internationale en Afghanistan, où nos forces spéciales participent à la traque des dirigeants d’Al Qaida, la France est donc considérée comme une ennemie, quelle que soit sa position sur le dossier irakien. De plus, la France est, depuis 1986, en pointe dans la lutte contre le terrorisme : ses résultats en matière de démantèlement de réseaux et son rôle central dans la coopération internationale anti-terroriste en font incontestablement une ennemie des groupes terroristes internationaux. En outre, la France doit prendre en compte les réalités liées à sa position géographique et à son histoire. Il est démontré par exemple qu’elle est une cible de premier choix pour le GSPC algérien du fait de l’histoire particulière des relations franco-algériennes. Philipe Marsaud (Rapport à l’Assemblée sur la lutte contre le terrorisme, le 22 novembre 2005)
Le système légal fortement codifié de la France, dans lequel l’Etat français bénéficie d’énormes pouvoirs d’intrusion et de coercition, ne ressemble pas au système américain plus compliqué de séparation des pouvoirs, d’indépendance de la justice, et des droits présomptifs de l’individu contre le gouvernement. (…) Le système légal et politique de l’Amérique, au moins sous George W. Bush, ne pouvait gérer des défis “extrajudiciaires” tels que Guantanamo, l’externalisation des interrogations ou la surveillance sans mandat. Selon les auteurs du rapport, les Etats-Unis se sont pris à leur propre piège en transformant la lutte contre l’extrémisme islamique radical en une “guerre fortement politisée et militarisée contre la terreur” que leur système légal et moral ne pourrait pas gérer. (…) En fin de compte, la comparaison des approches françaises et américaines contre le terrorisme révèle une étrange symétrie. Dans le cas de la France, la menace est en grande partie — mais pas simplement – issue de son propre sol. Pour y faire face, les Français sont prêts à fournir à leurs fonctionnaires ce que nous considérerions comme des pouvoirs d’exception. Dans le cas des Etats-Unis, la menace terroriste vient en grande partie — mais pas seulement — de l’étranger. Pour y faire face, le Président Bush a élargi au maximum ses pouvoirs en tant que commandant en chef. Et tandis que ses adversaires politiques et un certain nombre de juges critiquent l’utilisation de ces pouvoirs, les Américains n’ont pour la plupart pas réagi d’une manière qui suggère qu’ils y voient l’ombre d’une menace pour leurs libertés personnelles. De même, depuis le moment où, avec le début de la mission si peu conforme au droit anglo-saxon du juge Bruguière en 1986, la lutte contre le terrorisme intérieur est devenue beaucoup plus intrusive, la France n’a pas glissé dans la tyrannie. Bien au contraire, la société, la vie politique et nombre des lois françaises sont devenues beaucoup plus libérales et ouvertes. Gary J. Schmitt et Reuel Marc Gerech

Qui sait en France que le vrai Jack Bauer est français?

Qui se rappelle que les services français avaient dès l’été 2001 prévenu le FBI d’une éventuelle attaque terroriste au moyen d’avions de ligne détournés?

Qui se souvient du temps pas si reculé où, étrange retournement des choses, c’est la France qui passait pour le pays le plus obsédé par le terrorisme?

Mise sur écoute ou perquisition sans mandat, preuves ou témoignages par ouï-dire, arrestations arbitraires (jusqu’à 96 heures sans surveillance juridique ou avis des tiers), profilage (un “espion dans chaque mosquée”), non-séparation du renseignement et de la police (les fameux RG), refus de libération sous caution (dizaines d’années d’emprisonnement pour rien pour 51 relaxés en 98), arrestations de masse (véritables rafles en fait jusqu’à…176 pour le fameux “procès Chalabi” de 98!), procès de masse (jusqu’à… 138!), intégration partielle des forces de police et militaires (gendarmerie), externalisation de la torture (pardon: des interrogations musclées) …

Telles sont, comme le rappellait en février dernier le WSJ (merci madimaxi), quelques unes des facilités, au-delà de la différence d’origine des menaces (largement intérieure d’un côté, principalement extérieure de l’autre), formellement interdites par le système juridique américain.

Et, pour ceux (y compris en Amérique même) qui n’ont que Guantanamo à la bouche et nous bassinent à longueur de journée avec la prétendue fascisation de la société américaine et l’efficacité tellement supérieure de la police française face au terrorisme,…

les quasi-lois d’exception qui rendent possibles l’apparente immunité du territoire français!

Aux Etats-Unis, les activités de M. Bruguière équivaudraient à une violation systématique des 1er, 4e, 5e, 6e et 8e amendements de la Constitution. Sans compter les immenses superstructures juridiques que les Cours suprêmes successives ont construit au-dessus et autour de la Bill of Rights.


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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 17:47

NEW Quran DISCOVERY saying Christ is God & Muhammad IS satan
envoyé par CyberResistant

Le « Coran Américain », entre falsification et manipulation.

Distribué, selon certains dans les écoles privées au Koweït sous le nom de « The true Furquan » (« Le vrai Discernement ») ce livre est sorti en 1999. Il est communément appelé le « Coran Américain » et contient 77 sourates ou chapitres et s'étend sur 366 pages. Ecrit par des Chrétiens arabes et traduit en anglais par le Dr Anis Shorrosh, évangéliste confirmé, le gouvernement américain récuse totalement les allégations d'une tentative de manipulation dont il serait à la tête.

Propagande évangéliste
Le « Coran Américain », entre falsification et manipulation.

Débutant chaque sourate par « au nom du père, du Verbe (Le Christ), du Saint esprit, le seul et unique Dieu véritable », ralliant ainsi la trinité à l'unité, le caractère christianisant de ces paroles est frappant. Son caractère propagandiste nous interroge et pour plusieurs raisons.

D'une part, dans l'introduction, les auteurs du livre dédient le « true Furqan » à « la nation Arabe spécifiquement et au monde musulman collectivement ». Dès le premier verset, de la première sourate, appelée « al Fatiha », « l'ouverture », (ndlr : le même nom que la première sourate du Saint Coran), les auteurs parlent d'un livre qui « ne fait peur à personne ». Dans la troisième sourate « La lumière », le verset 6 reprend un verset du Saint Coran en y ajoutant une annotation quelque peu étrange : « Nous avons dit « Pas de contraintes en religions », pourquoi ne croyez vous pas et n'obéissez vous pas ? ». Il y a là, certes, une empreinte non négligeable de l'actualité de ces dernières années. Reprise à la sourate 31 « les criminels », le verset 2 explique : « Il n'y a pas de contraintes en religion, s'il y en avait les hypocrites pourraient alors injustement contrôler les croyants ».

D'autre part, au fur et à mesure de la lecture de cet ouvrage, qui se veut, selon le Dr Anis Shorrosh, un livre proche et comparable au contenu et au style du Saint Coran, la marque du christianisme est de plus en plus oppressante et insistante. Cependant le plus outrageant, reste ses attaques formulées contre les fondements de l'islam, et une volonté sous-jacente de défaire les croyances et le ralliement des musulmans à leur religion.

Remise en cause des fondements de l'Islam

Les auteurs du « True Furquan » s'attaquent d'abord au caractère prophétique de la révélation faite à Mohammed. Tout d'abord en dénigrant le Saint Coran, puis en offensant le Prophète de l'islam lui-même.
Dans la sourates 38 dite « les Prophètes », le verset 11 dit : « vous avez annulé, par votre charabia, ce que la Torah et l'Evangile avait déclaré en camouflant la vérité avec des mensonges et des falsifications. Vous avez fabriqué des proclamations en Notre nom que Nous n'avons jamais autorisé. » Les auteurs du « True Furqan » continuent en désignant l'auteur de ces « mensonges», exprimés ci-dessus, comme un suppôt de Satan. « Ce soit disant prophète est catégoriquement un messager de Satan, le banni, envoyés à un peuple d'infidèles. » Verset 18 de la même sourate.

Dans la sourate suivante, appelée « les conspirateurs », on lit explicitement : « Nous n'avons jamais envoyé un message qui exhortait ses disciples à être polygames et à les conduire à une invasion contre Nos adorateurs pacifistes ». Ce type de versets foisonne dans le livre : la Sourates 40 dite « Les illettrés », attaque le Prophète de l'islam de plein fouet : « Le fait qu'un illettré a pu enseigner à des illettrés, c'est comme si l'aveugle guidait l'aveugle. Ce n'est pas plausible. »

C'est ensuite au tour de la prière d'être remise en cause dans la sourate 42, dite « La prière». Dans cette sourate, un verset exempt le croyant de la prière obligatoire en disant « une action charitable sans prière est supérieure à toutes mauvaises actions avec prière ». Le djihad, l'effort dans la voie de Dieu, est ensuite mal interprété avant d'être interdit dans la sourate 43 dite « le Roi » : « Vous avez supposé que Nous avons proclamé « Tue pour la cause de ton Seigneur et soit attentif car Il est l'Omniscient et Le Sage. » Tous les ordres qui incitent aveuglément à la mort ne proviennent pas d'un dieu savant et avisé, mais de Satan le Rebel ».

Les versets accusant et rectifiant tous les sujets polémiques sont nombreux. L'exemple des femmes est probant dans la sourate 24 dite « les femmes » :i[ « pourquoi avez-vous dégradée les femmes au point d'en faire des marchandises que vous pouvez acheter et vendre […]. Une femme respectant votre Charia est la moitié d'un héritier. « l'homme a deux fois la valeur héritière d'une femme ». Pour faire pire, elle ne vaut que la moitié d'un témoin […]. Sans aucune interrogation, c'est la loi des injustes. »]i

La méthode de révélation de ce « true furqan » demeure inconnue. Aucune indication n'est citée à ce propos. Rien n'est clairement dit. C'est arrivé comme une i[« inspiration […] Nous l'avons versé dans le cœur d'un homme que Nous avons choisi. » Aucune autre précision sur cet homme, son nom, son histoire, ses origines, mais tout bonnement l'on nous « implore de l'accepter volontairement et d'y croire complètement »]i. (Chapitre 69, verset 6).

Coran Américain ?

La maison d'édition de ce livre est Wine Press Publishing, situé à Enumclaw, une petite ville de l'Etat de Washington (Etats-Unis). WinePress Publishing est une maison d'édition chrétienne qui appartient à un groupe influent de la presse évangélique américaine : le Winepressgroup. Ce dernier fait du « marché chrétien » un véritable enjeu marketing. Il est associé à plusieurs géants de la communication aux Etats-Unis, dont CBN (qui détient, entre autres, plus de 7 chaînes, à vocation chrétienne, sur le câble américain), Ingram Entertainment qui est directement en association avec Hollywood Entertainment, ou encore le groupe Amazon.com. Le « true Furqan » est d'ailleurs accessible sur ce site. Lorsque l'on tape le mot clef « true furqan » le livre apparaît accompagné d'une autre publication intitulée « Pourquoi ne suis-je pas musulman ? » Propagande ou coïncidence ?

L'introduction du « True furqan » est signée « Al Safee and Al Mahdy ». Il s'agirait de deux membres d'un certain comité exécutif du Projet Omega 2001, groupe qui a produit le livre. Al Mahdy a déclaré à de nombreux journaux évangélistes américains : i[« Le dessein du « true furquan » est un outil d'évangélisation, car depuis longtemps nous n'avions pas trouvé une invention révolutionnaire qui pourrait rallier le monde musulman au Christ. Nous avons pourtant essayé, la médecine, l'école, les livres, les films et bien d'autres méthodes… […] Nous avons voulu répondre au Challenge du Coran sur lequel le monde musulman a basé sa religion et qui dit « Même si les hommes et les Djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s'ils se soutenaient les uns les autres ». (Sourate 17, « le voyage nocturne »,verset 88) L'évidence qui se présente contre le Coran détruira leur conviction, ils devront ainsi construire une base plus solide auquel le message Evangélique dans le « True furqan » va répondre ».]i

Shaykh Ikrimah Sabri, le recteur de la mosquée d'Al-Aqsa et grand mufti de Jérusalem a accusé le gouvernement américain de faire de la propagande pro chrétienne et de forcer les musulmans à abandonner le Coran. Cette attaque a tout de même ébranlé le gouvernement américain au point que sa branche d'information a publié, sur son site Internet, le 4 janvier 2006, une mesure explicative. L'« International information programs » a donc précisé qu'effectivement le « True furqan » était en vente libre aux Etats-Unis et que c'était un outil d'évangélisation des musulmans, mais que le groupe d'évangélistes auteur de cette publication n'avait aucune connivence avec le gouvernement américain et qu'il n'avait pas non plus été secrètement publié en Israël.


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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 01:31

Vous n'en entendrez jamais parler !

La communauté du renseignement américain, largement critiquée sur ce blog depuis sa création, fait à nouveau parler d'elle. Le blog drzz avait expliqué que la CIA était certainement l'organisation la plus faible et la plus corrompue du système américain. A l'évidence, les métastases ont touché les autres filliales du renseignement (NGA, DIA, NSA), affaiblissant les Etats-Unis en temps de guerre.  

En effet, devant la commission du Sénat sur le renseignement, le chef de la NIE (National Intelligence Estimate), l'amiral Michael McConnell, a désavoué la précédente analyse de son organisation sur l'Iran.
 "Je crois que je changerais notre description du programme nucléaire iranien" a-t-il déclaré deux mois après avoir soutenu , avec "grande confiance", que le programme nucléaire iranien était suspendu depuis 2003.

Ce retournement de veste survient après les critiques des services secrets israéliens, britanniques et français, lesquels avaient assuré que le programme nucléaire iranien suivait son cours. 

Suite aux commentaires de l'amiral McConnell, le sénateur Bayh a déclaré que "la NIE avait porté atteinte à la sécurité des Etats-Unis."


Interview exclusive : Joe Gelman

INTERVIEW EXCLUSIVE "LE BLOG DRZZ"

Joe GELMAN


CV : 
Ancien militaire

Ex-président du Board of Civil Service Commissionners de la ville de Los Angeles / 

Ancien membre de la commission sur les crises de Los Angeles / 

Ancien membre du comité directeur de la banque Import-Export des Etats-Unis / 

Rédacteur au Los Angeles Daily News /


Joe Gelman est l'un des cerveaux derrière le succès de la "proposition 209" qui a éliminé les discriminations de sexe ou de race dans l'Etat de Californie. 

Joe Gelman est rédacteur du blog http://neoconexpress.blogspot.com/ qui offre une analyse quotidienne de l'actualité selon un point de vue néoconservateur.


DRZZ : Pourriez-vous résumer votre carrière pour les lecteurs du blog drzz ? 
 

GELMAN
: J'ai grandi dans le Sud des Etats-Unis (Mobile, Alabama) dans les années soixante. Après mon service militaire, j'ai voyagé à travers l'Amérique du Nord et l'Europe. Parmi mes quelques affectations, j'ai été président du Board of Civil Service Commissioners de la ville de Los Angeles et c'est moi qui ai lancé la proposition 209 qui a supprimé les discriminations dans l'Etat de Californie. Je m'intéresse à la politique et à l'économie et j'ai dû visiter plus de 40 pays, le dernier étant l'Argentine au mois dernier.
 

DRZZ : Vous avez lancé la fameuse proposition 209 contre les discriminations. Pourriez-vous nous expliquer votre démarche ?


GELMAN : J'ai grandi à Mobile, en Alabama, dans les années 60 et j'ai appris à respecter le combat des Noirs pour l'égalité. Ma famille était spéciale sur ce point, surtout pour des Sudistes. Je me souviens que mon grand-père n'autorisait aucun langage irrespectueux envers les Noirs en sa présence, et a été l'un des premiers du Sud à engager des ingénieurs noirs, ce qui lui valait des coups de téléphones hostiles à la maison. Ce n'est que des années plus tard, en y repensant, que j'ai pu apprécier son combat à sa juste valeur, que j'ai pu comprendre quel noble homme il avait été. Je ne peux qu'espérer suivre son exemple. 

Au début des années 1990, je servais comme président du Board of Civil Service Commissionners de la ville de Los Angeles. A l'époque, la ville menait une politique d'embauche selon la race et le sexe, et privilégiait les femmes, les Noirs et les Hispaniques et refusait les autres. J'ai proposé de supprimer ces discriminations. Le conseil de la ville a refusé. Je me suis alors joint à un ensemble hétéroclite d'intellectuels qui ont pondu un amendement de la constitution, lequel disait : "ni l'Etat de Californie ni aucune de ses subdivisions ne doit discriminer ou accorder des traitements de faveur selon la race, l'ethnicité, le genre ou l'origine d'un individu, dans quel que domaine public que ce soit." Jusqu'alors, il était illégal de refuser quelqu'un selon des critères prédéfinis mais il était tout à fait légal de privilégier un candidat selon sa race ou son sexe. J'ai initié la loi qui a supprimé cette injustice ; elle a été proposée aux électeurs californiens en 1996 sous le nom de "proposition 209" et a passé avec une large majorité. Je suis fier de ce succès. 

DRZZ : Comment av
ez-vous rencontré le Président Reagan ?

GELMAN
: En tant que membre directeur du parti républicain de Californie, j'ai pu rencontrer le président Reagan à de nombreuses occasions, particulièrement lors des levées de fonds. J'ai toujours cru que le Président Reagan était quelqu'un d'immensément grand, et j'étais surpris de voir que nous avions pratiquement la même grandeur. Cela dit bien l'admiration que j'avais pour cet homme et combien celle-ci peut brouiller le regard.

DRZZ : Quelle est votre vision du néoconservatisme, et comment en êtes-vous venu à vous nommer vous-même "néoconservateur" ?


GELMAN : Pour moi, le néoconservatisme signifie plusieurs choses. Premièrement, la plupart des néocons sont de "nouveaux" conservateurs qui étaient de gauche durant leur jeunesse et qui sont devenus conservateurs par l'expérience. Pour reprendre une fameuse citation de Churchill : "si à vingt ans, tu n'es pas de gauche c'est que tu n'as pas de coeur. Si à quarante tu n'es pas de droite, c'est que tu n'as pas de cerveau".

Je devenu conservateur dans les années 80 grâce à Ronald Reagan, lequel était aussi de gauche pendant sa jeunesse. J'ai reconnu à l'époque que le socialisme ne marchait pas. Il représente en fait une prison économique pour le peuple et ne bénéficie qu'aux élites. Je me suis également aperçu que pendant des années la gauche avait excusé les formes les plus abjectes d'inhumanité en apportant son soutien aux régimes communistes de l'empire soviétique. J'ai réalisé en outre que le capitalisme et la démocratie étaient les systèmes les pires qui soient... à l'exception de tous les autres [ndlr : une autre citation de Churchill]. Aujourd'hui, dans sa variante moderne, la gauche a construit une seconde alliance maléfique, cette fois-ci avec l'islam radical qui veut détruire la civilisation occidentale à la première occasion. La haine de la gauche à l'égard de la liberté, de la démocratie et du libre marché est plus frénétique que sa méfiance à l'égard des fanatiques islamistes
lesquels représentent pourtant les adversaires de tout ce que la gauche clame représenter.  

DRZZ : Quelle est votre opinion de l'Europe, et particulièrement de la France ?


GELMAN : Pour être franc avec vous, la plupart de nos espoirs concernant la France s'étaient envolés. Nous avions fini par accepter le fait que la corruption de Chirac et son antiaméricanisme délirant étaient une part du système français détraqué ; pas de la population, mais du système français. Sarkozy a certainement changé la donne. Comme nous tous, Sarkozy n'est pas parfait mais il a transformé la France d'un "gag international" à un partenaire fiable. Je crois cependant que l'Europe en général a aujourd'hui de sérieuses chances de devenir un continent islamique, avec tout ce que cela suppose. Le déclin du christianisme et les données démographiques européennes montrent un déclin continuel. J'espère que cela va changer parce que nous avons tous besoin d'une Europe forte, capable d'illuminer le monde ; mais cela n'arrivera pas tant que la chute démographique continuera, mixée à la pensée corrosive de gauche, aux coûts de l'Etat-providence et à l'extrémisme laïque.

DRZZ : Que pensez-vous de l'Iran ?

GELMAN
: L'Iran est une vraie menace et doit être neutralisé... certainement par la force. Il représente un danger pour Israël, cet avant-poste occidental aux voisins délirants. L'Iran est une menace pour l'économie mondiale parce qu'il contrôle le détroit d'Ormuz par lequel transite la plupart des échanges de pétroles. C'est une menace pour l'Europe, puisqu'il est capable de toucher des villes européennes avec ses missiles à longue portée... et aux charges nucléaires. Ce danger doit être neutralisé avant qu'il ait pu atteindre ses pleines capacités nucléaires. C'est aussi simple que cela. L'Europe a l'habitude d'éviter la confrontation avant qu'il ne soit trop tard et ensuite laisser le désastre se répandre. A ce titre, l'Iran est un cas classique qui sera réglé dans les prochaines années et dont les répercussions seront étudiées dans les livres d'histoire pour le siècle à venir. 

DRZZ : Votre avis à propos d'Israël et ses voisins ?

GELMAN
: Je suis naturellement proisraélien, pas seulement par mon héritage juif (même si je ne suis pas particulièrement religieux) mais parce qu'il s'agit d'une question de bien contre le mal. La plupart de ceux qui soutiennent les Palestiniens ne connaissent rien à l'histoire de cette idéologie et très souvent, à un niveau ou un autre, sont antisémites... ou les deux. Qui voudrait s'associer à des gens qui refusent au peuple juif le droit de vivre sur une terre qui est la sienne ?

Beaucoup ont perdu de vue le fait qu'Israël est une petite démocratie, moderne et très développée, entourée par des millions de personnes vivant dans des pays corrompus sous le joug de dictatures inutiles. Certaines de ces dictatures sont des théocraties avec des lois religieuses plus compatibles avec le IVe siècle qu'avec le monde moderne : femmes excisées, filles assassinées pour avoir eu des relations sexuelles avant le mariage, enfant au bras coupé pour avoir volé une miche de pain, femme décapitée pour adultère (je pense d'ailleurs que la moitié de la France y passerait si on y appliquait ce droit commun en terre d'islam). Je suis fou de rage lorsque j'entends de jeunes occidentaux prendre parti pour les Arabes contre Israël au nom des "droits de l'homme". Mon Dieu. Comme certains peuvent être stupides ! Israël est un pays d'espoir et de liberté dans une partie du monde où ces valeurs n'existent pas.   

DRZZ : Finalement, quel candidat soutenez-vous pour les présidentielles américaines ?


GELMAN : Je supportais Rudy Giuliani à l'origine mais j'ai reporté mon vote sur McCain après que Giuliani ait échoué à convaincre les électeurs durant les primaires. McCain est un néoconservateur dans tous les sens du terme. Je suis en désaccord avec lui sur quelques points, notamment sur sa manière de gérer l'immigration, mais je me reconnais en lui à 80%. Un allié à 80% n'est pas un adversaire à 20. C'est comme cela que je le vois. 

Aussi vais-je supporter John McCain comme Président des Etats-Unis. C'est un vrai héros américain qui saura gérer les grands dossiers internationaux comme l'Iran. 


DRZZ : Joe Gelman, merci de nous avoir accordé cet entretien.


GELMAN : Merci à vous de me donner l'opportunité de dire quelques mots. Je vais continuer à vous lire sur "le blog Drzz".  

Laurie Mylroie, qui est restée en contact avec le blog drzz, m'a transmis un commentaire qu'elle a envoyé au New York Sun.

Pour  informationLaurie Mylroie est docteur en histoire de Harvard, membre de l'American Enterprise Institute, ancienne conseillère de Bill Clinton sur l'Irak pendant la campagne présidentielle de 1992, elle a publié plusieurs livres sur le terrorisme islamiste et l'Irak de Saddam Hussein. Consultante pour le Pentagone au début des années 2000, Laurie Mylroie est aujourd'hui membre du Committee on the Present Danger auquel appartiennent Joseph Lieberman, George Schultz et Newt Gingrich, notamment.

Républicaine
, elle m'a écrit vouloir "voter pour McCain -  n'importe qui plutôt qu'Obama et Clinton". 

Sa lettre au New York Sun publiée hier, 7 février 2008 : 

Votre éditorial "George Habache" pointe un débat crucial : l'ennemi ne peut pas simplement être décrit comme "l'extrémisme islamiste". En effet, les Etats-Unis sont aujourd'hui engagés dans la campagne militaire la plus importante de ces trente dernières années - et près de 4'000 soldats y ont laissé la vie.

Si "l'extrémisme islamiste" est l'ennemi, alors le Président George W. Bush a commis une terrible erreur de jugement en décidant de renverser Saddam Hussein. Mais peut-être que le vrai problème est notre définition de l'ennemi.

Durant son discours sur l'Etat de l'Union de 2002, M. Bush avait rompu avec le concept clintonien (les principales menaces contre les Etats-Unis sont des entités sans Etats), dénonçant un "axe du mal" - l'Irak de Hussein, l'Iran et la Corée du Nord - auxquels il faut ajouter la Syrie, aujourd'hui tremplin de la violence, y compris "islamiste", autant en Irak qu'au Liban.

Dans son excellent livre "Se rendre n'est pas une option" - qui ressemble au discours de Bush quant à sa définition de l'ennemi - John Bolton ne parle pas une seule fois de "terrorisme islamiste". Au contraire, il se concentre sur les menaces exercées par des Etats, notamment l'avancée de l'Iran vers le nucléaire. Ce danger n'est pas décrit sous l'appellation sybilline de "fondamentalisme musulman" mais plus directement sous son nom originel : "programme nucléaire iranien".  

Comme je l'ai expliqué dans les pages de ce journal et d'autres, il existe de nombreuses preuves pour démontrer que les réseaux islamistes sont pénétrés par des organismes étatiques les utilisant à leurs propres fins. Mais nous ne voulons pas regarder ces preuves parce que durant les années Clinton, les groupes sont devenus plus importants que les Etats, les mots plus employés que l'action - et une personnalité islamiste plus inquiétante qu'une bombe nucléaire.  

Etrangement, de nombreuses personnes sont restées attachées à cette grille de lecture lorsqu'il s'agit de lister les dangers pour notre sécurité nationale. Mais décrire l'ennemi en termes abstraits, comme "extrémisme islamiste", fait beaucoup de mal à l'Amérique et à ses alliés, Israël inclus, parce que cela détourne notre attention des dangers majeurs pour se concentrer sur quelque chose qui manque terriblement de signification.  


Interview exclusive : Laurie Mylroie

INTERVIEW EXCLUSIVE "LE BLOG DRZZ"

Nom :
 

Laurie MYLROIE


CV ; 

Laurie Mylroie est docteur en sciences politiques de l'Université de Harvard, avec spécialisation sur le Moyen Orient  /

Elle a enseigné à Harvard au sein du
Government Department /

Elle voyage régulièrement au Moyen Orient a étudié l'arabe à l'Université américaine du Caire /

Elle a été professeur associée au
US Naval War College /

Elle a travaillé pour le Washington Institute for Near East Policy /

Laurie Mylroie a été la conseillère du Président Bill Clinton sur l'Irak lors des présidentielles de 1992 /

Aujourd'hui, Laurie Mylroie est adjunct fellow à l'American Enterprise Institute, le très influent institut néoconservateur de Washington DC /

Elle a publié plusieurs best-sellers dont  Saddam Hussein & the Crisis in the Gulf. Random House (1990), Study of Revenge: Saddam Hussein's Unfinished War Against America. The AEI Press (2000) et Bush vs. the Beltway: How the CIA & the State Department Tried to Stop the War on Terror. ReganBooks (2003) /

Ses articles ont paru dans The American Spectator,
Atlantic, Monthly, Commentary, Los Angeles Times, The New Republic, New York Times
, Newsweek, Wall Street Journal, Washington Post, notamment /

L'analyse de Laurie Mylroie a été saluée par le responsable du FBI de New York, Jim Fox, et par l'ancien directeur de la CIA, R. James Woolsey, tous deux convaincus que l'Irak était impliquée dans les attentats de 1993 contre le World Trade Center /

A noter encore que Laurie Mylroie a témoigné devant plusieurs commissions sénatoriales et devant la commission du 11 septembre. 


DRZZ : Pourriez-vous résumer votre parcours pour les lecteurs du blog drzz ?

MYLROIE :
 Je suis une spécialiste du Moyen Orient titulaire d'un doctorat sur la question de l'Université de Harvard. J'ai travaillé sur le sujet durant toute ma carrière, d'abord à Harvard, puis à Washington. Vous pouvez trouver plus d'informations sur mon site, www.lauriemylroie.com 

DRZZ : Comment avez-vous mené l'enquête sur les attentats de 1993 ?

MYLROIE : J'ai étudié les dossiers des enquêteurs présentés à la justice entre 1993 et 1994, soit des milliers de pages de documents, écoutes téléphoniques passeports, tickets d'avions... Normalement, ces dossiers auraient dû demeurer secrets mais ils ont été rendus publics suite au procès. Tout cela est décrit dans l'article du 17 janvier 1995 du Boston Globe, que vous citez dans l'une de vos vidéos.

Mon travail a été soutenu par le directeur du FBI de New York à l'époque, Jim Fox, qui a 
expliqué  que ses enquêteurs soupçonnaient l'Irak dans les attentats de 1993 contre le World Trade Center,

J'ai également reçu le soutien d'un ancien chef des opérations clandestines de la CIA, Vincent Cannistraro, qui m'a écrit pour me dire que mon livre comme "l'un des travaux de recherches et d'analyse les plus brillants que j'aie jamais lus."

Cependant, l'adminstration Clinton ne voulait pas entendre parler de l'implication de Saddam dans les attentats parce que le public aurait exigé de sérieuses mensures à l'encontre du régime irakien. 

Ainsi, il m'a fallu quelques années pour publier mon livre. Lorsqu'il est paru en 2000, Study of Revenge, le procureur en chef du procès des attentats de 1993 l'a décrit comme "le travail qu'aurait dû accomplir le gouvernement américain" et l'ancien directeur de la CIA a déclaré publiquement qu'il s'agissait là d'un livre "brillant et courageux".

DRZZ : En novembre 2001, vous avez confié à PBS que le Pentagone pensait que l'Irak était impliquée dans les attentats du 11 septembre mais que beaucoup d'officiels du gouvernement américain ne voulaient pas l'admettre pour ne pas entrer en guerre. Pourriez-vous préciser ?

MYLROIE : Rumsfeld pensait le 11 septembre que l'Irak était derrière les attaques. Le jour-même, il a donné des ordres dans ce sens, des ordres qui, depuis, ont été rendus public.

Les objections sont venues de personnes comme Richard Clarke, principalement, qui était responsable du contre-terrorisme à la Maison Blanche, de George Tenet et de nombre d'officiels de la CIA sans compter Colin Powell et le Département d'Etat.

DRZZ : J'ai lu que Ramzi Youssef [le jihadiste des attentats de 1993, arrivé aux Etats-Unis avec un passeport irakien] et son oncle Khalid Cheikh Mohammed étaient originaires de la province du Baluchistan, au Pakistan. Quels renseignements cela nous apporte-t-il ?

MYLROIE : Parmi les spécialistes de cette région, il est connu que les Irakiens recrutaient des agents dans le Baluch pour mener des opération contre l'Iran. En fait, le New York Times l'avait rapporté à l'époque de l'arrestation de Ramzi Youssef [en 1995] et je l'ai réécrit dans une note récente envoyée au New York Times [et publiée le 7 octobre 2007].

DRZZ : Khalid Cheikh Mohammed a avoué à Guantanamo avoir été le cerveau non seulement des attentats du 11 septembre, mais aussi de ceux de 1993 contre le World Trade Center. N'est-ce pas le lien manquant entre l'Irak et les attentats du 11 septembre ?

MYLROIE : Oui. C'est la raison pour laquelle il est si important de comprendre les attentats de 1993 contre le World Trade Center. Il est plus facile de déceler la coopération irakienne en 1993 parce que le processus d'intoxication était moins développé. Mais le même cerveau - Khalid Cheikh Mohammed - est à l'origine des attentats [de 1993 et de 2001]. 

DRZZ : Quelle est à votre avis la véritable histoire des attentats du 11 septembre ?

MYLROIE :
La clé réside dans le cerveau derrière les attentats : Khalid Cheikh Mohammed. Qui est-il ? Où a-t-il reçu l'entraînement pour préparer des attentats aussi minutieux ? De qui a-t-il obtenu l'argent pour financer ses actions ? Certains officiels américains prétendent qu'il est l'oncle de Ramzi Youssef et que, comme lui, il est né et a grandi au Koweit. J'ai traité de ce point dans un autre livre, Bush vs the Belway, et dans un article du American Spectator qui reprend les points essentiels.

DRZZ : Quelle est donc la véritable histoire de Khalid Cheikh Mohammed [KSM], le cerveau des attentats de 1993 et 2001 ?

MYLROIE : Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur lui. La plus importante néanmoins est que Khalid Cheikh Mohammed était Baluch, et non Arabe, comme l'ont confirmé des sources officielles américaines. Selon le gouvernement des Etats-Unis, KSM aurait fourni une petite somme d'argent pour organiser les attentats de 1993. Il a été impliqué pour la première fois dans des attentats de grande envergure deux ans plus tard, en 1995, lorsqu'il prévoyait de faire sauter une dizaine d'avions commerciaux américains au-dessus des Philippines - un plan qui a échoué parce que son collistier Ramzi Youssef, le meneur des attentats de 1993, a accidentellement bouté le feu à sa cuisine de Manille en préparant des explosifs. 

Ce qui est très important de comprendre est que ni KSM ni son neveu Youssef n'étaient à l'époque des membres d'Al-Qaeda. Les gens attribuent souvent les attentats du début des années 90 à Al Qaeda, mais comme le journaliste d'investigation Jack Cashill l'a
démontré, Oussama Ben Laden n'était impliqué dans aucun attentat de grande envergure avant 1998 !

Lorsque Ben Laden a été expulsé vers l'Afghanistan en 1996, KSM s'est allié avec lui et a aidé la nébuleuse islamiste à conduire des attaques de grande envergure, à commencer par les attentats de 1998 contre les deux ambassades américaines.

DRZZ : Je veux être sûr de bien vous comprendre. Affirmez-vous que l'Irak a précédé Al-Qaeda dans l'histoire du terrorisme de masse des années 90 ?

MYLROIE : Oui. Je l'ai expliqué plus en détails dans un article  au American Spectator. Al-Qaeda n'était pas impliquée dans les attentats de 1993 contre le World Trade Center.

Le terrorisme de masse a commencé avec le réseau "Baluch" auquel appartenaient KSM et Youssef. Lorsqu'Oussama Ben Laden a été expulsé du Soudan vers l'Afghanistan en 1996, le réseau Baluch a infiltré Al-Qaeda et les attentats de masse au nom de Ben Laden ont commencé à cette période. Malheureusement, les officiels américains ont brossé un faux portrait lorsqu'ils se sont interrogés sur les liens entre l'Irak et Al-Qaeda. Ils auraient dû se pencher au contraire sur les liens entre l'Irak et le terrorisme, et auraient réalisé alors que les liens entre l'Irak et Al-Qaeda révélaient seulement une partie d'un réseau beaucoup plus développé.   


DRZZ : Que pensez-vous de ces collusions de dates :

1. Attentat contre le World Trade Center, 6 morts, 1'042 blessés
26 février 1993 : deux ans jour pour jour après le début du 
retrait  des troupes irakiennes du Koweit, le 26 février 1991

2. Attentat d'Oklahoma City, 168 morts, plus de 800 blessés
19 avril 1995 : quatre ans, jour pour jour, après la 
création des commissions de désarmement de l'ONU pour l'Irak, le 19 avril 1991

3. Attentat contre les tours Khobar, 20 morts, 372 blessés
25 juin 1996 : trois ans jour, pour jour, après l'attaque par l'USAF du quartier-
général des services secrets irakiens (en riposte à la tentative d'assassinat par les Irakiens du Président Bush), le 25 juin 1993 

4. Attentat du 11 septembre : 2'970 morts, plus de 3'500 blessés
11 septembre 2001 : onze ans, jour pour jour, après le discours
majeur de George H.W. Bush au Congrès le 11 septembre 1990 déclarant l'occupation du Koweit illégale, un discours qui a mené à la Guerre du Golfe 

MYLROIE : C'est très intéressant. Je n'avais jamais réalisé que le 19 avril marquait le début des inspections de l'UNSCOM. 

DRZZ : Qu'en est-il de la rencontre entre Mohammed Atta et l'officier du renseignement irakien Al-Ani, en avril 2001 ?

MYLROIE : Je pense que cette rencontre s'est bel et bien déroulée, mais ni le FBI ni la CIA ne veulent en entendre parler. Si l'on peut démontrer que l'Irak était impliquée dans les attentats du 11 septembre, ce serait une grande humiliation pour les deux agences parce que cela démontrerait leur incapacité à dominer des espions étrangers depuis les premiers attentats de 1993 contre le World Trade Center. 

La même chose est vraie pour l'anthrax. Cette arme biologique était extrêmement complexe, et il était absurde de la part du FBI de prétendre qu'un Américain pouvait en produire. Les Fédéraux ont prétendu que tout le monde pouvait en obtenir, ce qui est totalement faux. Notez que le FBI n'a toujours pas déterminé la provenance de l'anthrax. Si celui-ci avait été fabriqué aux Etats-Unis, il aurait été facile pour les Fédéraux d'en déterminer la source, parce que le matériel nécessaire pour transformer de l'anthrax en poudre est très rare.
 

DRZZ : Vous avez travaillé comme conseillère de Bill Clinton lors de la campagne présidentielle de 1992. Savez-vous si l'ancien Président suspectait l'Irak après les attentats de 1993 ?

MYLROIE : Le FBI de New York soupçonnait l'Irak, et je pense que plusieurs officiels à la Maison Blanche l'ont appris. Durant la campagne présidentielle de 1992, Clinton était plus incisif à l'égard de Saddam que Bush 41, arguant que les Etats-Unis auraient dû renverser le régime irakien durant la guerre de 1991. Mais dès qu'il a été élu, Clinton ne voulait plus s'occuper de ce dossier. 

Le 25 juin 1993, Clinton a ordonné des frappes avec missiles de croisière contre le quartier-général des services secrets irakiens, en représailles à la tentative d'assassinat menée par Saddam contre l'ancien Président Bush, en avril. La version officieuse veut que ces frappes aient été également une réponse aux attentats de 1993 contre le World Trade Center. L'administration Clinton pensait que l'Irak était derrière les attentats de 1993 et jugeait que quelques missiles de croisière dissuaderaient Saddam de recommencer.

DRZZ : Quel était le but des attentats de 1993 ? Une vengeance de la guerre du Golfe ?

MYLROIE : En partie. C'était surtout une guerre d'usure menée par Saddam Hussein pour alléger les sanctions décidées contre son régime, une guerre dans laquelle la violence et l'intimidation étaient nécessaires. Je décris cette stratégie et son extension dans le temps dans Study of Revenge.  

DRZZ : Ci-joint deux vidéos créées par le blog drzz [la première est visible en fin d'interview, la seconde ici]. Votre opinion ?

MYLROIE :
 Merci beaucoup. Quelles formidables vidéos ! De l'excellent travail ! J'ai étudié la question depuis près de vingt ans mais certaines de vos découvertes étaient nouvelles pour moi. Merci, vraiment merci pour ces informations. Où avez-vous trouvé la citation de Haitcham Rashid Wihaib ? Et celle du journal Watan al-Arabi ?

Vous avez tout à fait raison : dire que le régime de Saddam Hussein était laïc n'a aucun sens. Une alliance entre différents partis très différents l'un de l'autre est une récurrence dans l'histoire. De plus, comme l'a écrit Bernard Lewis, il n'existe pas de division entre l'Eglise et l'Etat en Islam. Cette division - plutôt notre besoin d'en bâtir une - est presque uniquement le résultat des années Clinton. 

DRZZ : Pourquoi le gouvernement américain nie-t-il l'implication de l'Irak dans le terrorisme de masse de la décennie 1991-2001 ?

MYLROIE : Tout dépend de quelle administration vous parlez. Les membres de l'ancien  gouvernement Clinton ne veulent pas que ce dossier sorte au grand jour parce que leurs réponses ont été à l'époque inadéquates - mener une guerre contre du terrorisme d'Etat en arrêtant des individus et en les jugeant ! - et ont gravement affaibli les Etats-Unis jusqu'au 11 septembre. Clinton n'a rien fait pour stopper Saddam, et par le biais des sanctions, lui a même procuré une couverture idéale. 

Les buraucraties - le FBI, le Département d'Etat et les agences de renseignement - ne veulent pas, elles non plus, reconnaître leurs erreurs, puisqu'elles ont commis les mêmes. Pour la majorité de la soi-disante "élite" américaine, la carrière compte plus que les vies humaines, et le 11 septembre n'a pas modifié cet état de fait. 

Il y a un autre facteur, toutefois. Quelques américains ont pensé qu'ils pouvaient utiliser le 11 septembre pour transformer le Moyen Orient. Ils n'avaient pas conscience de la complexité de cette région et utilisaient des modèles datant d'une guerre précédente, de la guerre froide. Ils ne sont pas
souciés de connaître les détails de l'implication irakienne dans le 11 septembre parce qu'ils tenaient à entreprendre bien plus que seulement punir l'Irak. Malheureusement, cette stratégie ambitieuse a négligé l'étude la plus basique et les Etats-Unis ont fini par mener une guerre en violation de l'axiome de Sun Tzu : "connais ton ennemi".

DRZZ : Vous avez témoigné devant la Commission du 11 septembre. Pensez-vous que cette dernière était objective, ou a-t-on assisté à une tentative de blanchir l'administration Clinton, comme certains l'ont prétendu ?

MYLROIE : La commission du 11 septembre était "bipartisane". Elle avait convenu avant les auditions que personne ne tiendrait ni les Démocrates ni les Républicains pour responsables du 11 septembre. Aussi a-t-elle fini par blâmer "le système". 

Qui a déjà entendu pareille dénomination ? Notez par ailleurs que personne parmi les officiels américains n'a reçu de réprimande après le 11 septembre.
 

Il est intéressant de comparer le débat américain qui a suivi le 11 septembre avec celui qui a suivi Pearl Harbor. Après Pearl Harbor, le gouvernement américain a mené plusieurs enquêtes officielles, la première étant une commission sous l'égide du Président. L'un des principaux défauts de Bush est son refus de discipliner les bureaucraties du système américain, lesquelles entretiennent aujourd'hui une sorte de chantage à l'encontre des décisions présidentielles.  

DRRZ : Laurie Mylroie, merci beaucoup pour cet interview.

MYLROIE : C'est moi qui vous remercie de traduire mes remarques afin que vos lecteurs aient une vue plus juste de la situation avant la guerre en Irak et comprennent l'absolue nécessité pour les Etats-Unis de renverser Saddam Hussein.

 

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Saddam's secrets
envoyé par drzz

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