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The International Civil Liberties Alliance is a project of the Center for Vigilant Freedom Inc.  We are an international network of groups and individuals from diverse backgrounds, nationalities and cultures who strive to defend civil liberties, freedom of expression and constitutional democracy.

We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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The Center for Vigilant Freedom

25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 17:23

La mentalité totalitaire, responsable d'innombrables millions de morts, n'est l'invention ni de Robespierre, ni de Lénine, ni d'Orwell, ni de Arendt. Elle est sortie tout droit de la tête malade d'un post-ado anarchiste et gangsta de la deuxième moitié du XIXème siècle : Serguei Netchaiev. Bienvenue chez les possédés.

Par Cyber-Résistant.

http://media.paperblog.fr/i/626/6268479/catechisme-diable-L-QBWzW1.png

Netchaiev, Bakounine, Dostoievski, de gauche à droite.


Archéologie du mal

Quand la mentalité totalitaire est-elle née exactement ? La question est intéressante à plus d'un titre. Parce que, tous les amateurs d'histoire le savent, connaître les origines d'un mouvement permet de mieux le quadriller. Ensuite, parce que l'apparition de systèmes totalitaires sur la planète Terre fut la grande affaire du XXème siècle, et qu'ignorer l'origine commune à ces systèmes revient à méconnaître le siècle lui-même. Enfin, parce que cette mentalité n'est pas morte : la démonter telle une horloge est une entreprise nécessaire, si l'on veut éviter de refaire les mêmes catastrophiques erreurs que les démocraties des années 1910 et 1930, lorsqu'elles furent confrontées à cette peste politique d'un genre alors inédit. 

Il est des historiens pour considérer que la pensée totalitaire fait ses débuts en France, pendant la Terreur jacobine, mais Alain Besançon infirme cette théorie : Robespierre ne dispose pas d'une idéologie au sens fort du terme ; ses croyances sont disparates, insuffisamment théorisées et systémisées ; il leur manque l'altière allure scientifique du communisme et du nazisme. À l'inverse, Lénine prend le pouvoir sans créer l'idéologie : elle a bercé sa jeunesse. Il la transforme, l'adapte, mais l'inscrit dans une tradition. Il crée la pratique du pouvoir communiste, mais reçoit de Marx et des mouvements populistes russes l'essentiel : le dogme, protéiforme et omniscient, les émotions qu'il procure, la brûlure de la foi révolutionnaire. Des anarchistes, il tient l'envie de détruire. Son arrogance intellectuelle, sa paranoïa et son goût immodéré pour le pouvoir font le reste. Quant à Marx, il n'est pas plus l'inventeur de l'esprit totalitaire : il a certainement la prétention d'un prophète, mais pas celle d'un tyran. On a beau être magistralement anticommuniste, on ne peut classer dans la même catégorie le Capital et Mein Kampf. 

Dans le temps situé entre Robespierre et Lénine, quel leader a généré l'âme totalitaire ? Notre réponse est : un loser, un parasite. Un égomane de seconde zone. Bien malheureusement, il a pris la plume et déformé les âmes par dizaines de millions. Serguei Netchaiev porte malheur.

 

L'ado et le maître

De Netchaiev, nous savons peu de choses, mais elles suffisent à établir son CV. Il naît autour de 1850, de parents pauvres, et meurt en prison en 1882. Vivre vite, mourir jeune. Si l'on tente une synthèse de ce qu'en disent les historiens, c'est un personnage trouble, à moitié errant, un mélange de conspirateur bâclé et de révolutionnaire sans révolution. Un instituteur sans intérêt devenu terroriste sans importance, le tout mâtiné d'assassin. Les rares photos montrent un type maigrichon au visage triste et retors. Il est anarchiste et révolutionnaire comme on peut l'être dans la Russie de l'époque : avec frénésie et impuissance, prédisant le grand embrasement libérateur à venir, et bricolant des attentats sporadiques qui mènent droit à l'échafaud. Poursuivi par la police politique du Tsar, Netchaiev se réfugie en Suisse, où il fait une rencontre déterminante : il entre dans l'orbite de Bakounine.

Mikhail Alexandrovictch Bakounine est le grand-prêtre de la pensée anarchique. Idéologue-star de l'époque, concurrent de Marx dans la catégorie idéologues poids lourds, courtisé par les courants troubles qui tissent l'Europe révolutionnaire, ami de George Sand, il attire et attise. Sa théorie du monde est simplissime : pour faire surgir la société à venir, il convient de détruire absolument la société présente. Cette destruction entraînera des massacres sans nombre : "Un immense bain de sang est nécessaire !", écrit Bakounine avec enthousiasme. Ce projet politique aussi limpide que primitif s'appuie sur une métaphysique agressive et paradoxale : selon Bakounine, "la destruction est l'acte créateur par excellence". On ne saurait mieux définir le nihilisme, si friand de chaos, de ruines et de pyromanes. En bon extrémiste, Bakounine assume pleinement les massacres à venir. En bon intellectuel, il prend des airs professoraux. La confrontation entre l'esprit dominateur de Bakounine et l'âme anorexique de Netchaiev est, lit-on, un coup de foudre réciproque. On dit qu'ils ont été amants. On peut imaginer que Bakounine ait vu en Netchaiev un désespéré prêt à tout comme l'anarchisme les aime tant, et que Netchaiev ait vu en Bakounine un maître de l'anéantissement. On ne sait lequel a le plus extrémisé l'autre. Bakounine voyait en son jeune admirateur "l'homme le plus révolutionnaire au monde" : on baigne dans le passionnel. Quoi qu'il en soit, le plus important est l'enfant qu'ils auront en commun – un texte bref, guère plus qu'un tract, qui va faire dévier la trajectoire de la civilisation : le glacial et extrêmement toxique Catéchisme du Révolutionnaire.


Cellule-souche  

Quelques années plus tard, trouvé par la police dans les papiers de Netchaiev lors de son arrestation en Russie (après qu'il ait assassiné un étudiant qu'il considérait comme un traître à la Cause) et publié par extraits dans la presse lors de son procès, le Catéchisme du Révolutionnaire est un texte majeur de l'histoire politique universelle. Inconnu du grand public, il est évoqué par tous les historiens sérieux de la Russie. Mais il y a plus important : bien au-delà de sa renommée universitaire, le Catéchisme est devenu un classique de la littérature révolutionnaire, militante et terroriste, tout au long du XXème siècle. Chéri par d'innombrables communistes, anarchistes, gauchistes, carbonaristes, Black Panthers et extrémistes de toutes obédiences sur les cinq continents, décennie après décennie, le fascicule de Netchaiev a connu un destin planétaire, à la manière – toutes proportions gardées – des Protocoles des Sages de Sion (faux programme de domination juive manigancé par les services secrets du Tsar, dans le but de justifier les pogroms). Les fans de Lovecraft comprendront l'allusion si on leur dit que le livret de Netchaiev est le Necronomicon de la malédiction totalitaire. Qui accorde foi à ce manuscrit perdra son âme.

L'objet de notre article est de faire lire le Catéchisme à un public libertarien. On ne connaît jamais assez bien son pire ennemi. Aussi, avant de l'analyser, devons-nous laisser notre lecteur s'y confronter, face-à-face. La lecture du Catéchisme est une expérience en soi. Le voici donc, intégralement. Il n'y en a guère pour plus de cinq minutes. Retrouvons-nous à la sortie, en espérant que vous serez intacts.

 

Le catéchisme du révolutionnaire

 

Meurtre de masse, mode d'emploi 

Que peut-on dire de cet écrit, que doit-on en conserver ? C'est le mode d'emploi du Mal totalitaire. La clé d'entrée pour devenir un monstre. La chaîne de production des tueurs de masse qui vont laminer le continent européen au XXème siècle. Le schéma de montage de l'Homme Nouveau casqué, botté, qui fleurira bientôt sur les murs des régimes idéologiques, puis chez Orwell. Existe-t-il un autre prototype du révolutionnaire aveugle, antérieur à celui de Netchaiev ? Oui, dans un roman très populaire paru en 1863 (deux ans avant le Catéchisme) et qui influencera beaucoup Lénine après Netchaiev : Que Faire ?, dont le héros est la première apparition connue du révolutionnaire-parfait. Mais Que Faire ? est un roman, et on n'imagine pas les Cubains ou les Viet-Namiens du XXème siècle apprendre la bonne attitude révolutionnaire dans un vieux roman russe. L'idéologie a besoin de complexité pour complaire aux intellectuels ; mais elle a également besoin de simplicité, sans quoi elle s'aliène les imbéciles. Le Catéchisme est compréhensible par n'importe qui, très facile à traduire, il peut même être appris par cœur. Il ne livre pas la vérité, mais il détient la manière de l'imposer au monde. Sa forme est totalitaire autant que son fond : elle est orwellienne. On a l'impression que cette chose est écrite par une machine. Le SS est dans le Catéchisme autant que le tueur du KGB. Si énigmatique qu'on le dirait échappé d'une nouvelle de Borgès, ce tract est le Coran de la pratique révolutionnaire, le sutra d'une méditation nihiliste, la prière adressée par Personne à Rien - il contient le Goulag et la Shoah, la Révolution Culturelle et les Khmers Rouges. 

Ce révolutionnaire catéchisé par Netchaiev, c'est le non-humain. L'Alien. Un jour, il n'y aura plus que lui, car il se sera débarrassé de tous ses adversaires – son activité favorite. Dans l'espace idéologique, on ne vous entendra pas crier. Netchaiev donne à l'humanité un instantané visionnaire du Terminator totalitaire. Elle va l'imiter bien plus qu'il ne peut l'imaginer. Les avions qui se sont écrasés sur le World Trade Center étaient pilotés par des Netchaiev.

 

Dostoïevski entre en scène

Un homme se passionne pour l'affaire Netchaiev et les détails du procès relatés par la presse : le plus grand écrivain russe, Fedor Dostoïevski. Il a une intuition foudroyante, que nous nous devons d'admirer pour sa justesse : Netchaiev, se dit-il, va se multiplier comme un germe, envahir la Russie et tout détruire. Mourant bien avant la révolution russe, Dostoïevski ne saura jamais à quel point il avait raison. En 1917, les Netchaiev envahissent le Palais d'Hiver, puis, lentement mais sûrement, une bonne partie de la pensée politique européenne. De là, ils essaimeront jusqu'en Corée du Nord. On trouve, aujourd'hui même à Paris, des Netchaiev remarquables : les militantes de Femen. Ces bolchéviques de la nudité ne déméritent pas de la grande tradition nihiliste.

De Serguei Netchaiev, Dostoïevski fait le personnage central de son roman, les Possédés : Pyotr Stepanovich Verkhovensky, vertigineusement amoral et extrêmement dangereux. Netchaiev, involontairement, entre en littérature, et par la plus grande porte, car les Possédés sont l'œuvre la plus aboutie du XIXème siècle russe. Voici un bref extrait de ce qu'écrit Dostoïevski : 

Dans son système, chaque membre de la société a l’œil sur les autres : la délation est un devoir. Chacun appartient à tous et tous à chacun. Tous sont esclaves, égaux dans l’esclavage. On usera de calomnie et d’assassinat dans les cas particuliers, mais d'abord l’égalité. D’abord, abaisser le niveau de la culture, des sciences et des talents. Un niveau scientifique élevé n’est accessible qu’aux intelligences supérieures. Or, il ne faut pas d’intelligences supérieures ! Les hommes doués de hautes facultés se sont toujours emparés du pouvoir et ont toujours fini despotes. Ils ne peuvent pas ne pas être despotes et ils ont toujours fait plus de mal que de bien ; qu'on les expulse ou les livre au supplice. Couper la langue à Cicéron, crever les yeux à Copernic, lapider Shakespeare.

Dostoïevski, bien avant tout le monde, a senti venir les autodafés du XXème siècle, perpétrés par des Netchaiev à croix gammées, à faucilles et marteaux, ou à barbes.

 

Avec les compliments du camarade Staline

Une communiste française déclarait en toute bonne foi, voici quelques années à la télévision : "La preuve que Staline était un vrai communiste, c'est qu'il a sacrifié son fils à la Cause !" En effet, le camarade Staline, lorsque son fils fut capturé par l'armée allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale, répondit par une impitoyable fin de non-recevoir aux propositions d'échange contre des prisonniers nazis de haut rang. Cette femme, donc, cette communiste en adoration, ne se rendait pas compte qu'elle admirait Netchaiev – tout en ignorant très probablement l'existence de ce dernier. Elle était, à son tour, possédée par la mentalité totalitaire, simpliste, carnassière, cauchemardesque, béante, distillée pour la première fois dans la collection de slogans du Catéchisme. Pour elle, sacrifier la chair de sa chair à la révolution prolétarienne était le signe indubitable qu'on était honnête homme. Elle ne saisissait pas la sauvagerie de son propos. Et en admirant Netchaiev à travers Staline, elle devenait à son tour Netchaiev. Le Catéchisme montre la voie, la seule, aux mouvements révolutionnaires sous toutes les latitudes, de Breivik dans sa prison aux Frères Musulmans de la Place Tahrir. Par quelles voies miraculeuses et funestes le Catéchisme s'est-il retrouvé livre de chevet d'Eldridge Cleaver, leader américain des Black Panthers ? Il n'est hélas pas envisageable de retracer sa trajectoire de cerveau en cerveau, l'histoire de sa contagion au long des attentats, des grèves, des congrès, des guerres et des déportations. L'épidémie nihiliste que connut le XXème siècle ne peut être étudiée qu'à la marge : trop groupusculaire pour être vraiment traçable, trop underground. Cependant, aujourd'hui comme autrefois, il est crucial d'identifier le virus, de l'isoler et de le dénoncer. Le processus de zombification de l'humain n'est pas achevé.


De Wikiberal

 

http://media.paperblog.fr/i/99/993413/why-so-serious-nihilisme-cinema-L-3.jpegLe terme de nihilisme a de nombreux sens dans le domaine politique, philosophique, moral, littéraire, etc.

Dans l'optique libérale, il désigne la négation totale de toute hiérarchie de valeurs, par exemple, le fait de nier qu'il y ait un bien et un mal (sans que ces termes soient pris dans un sens religieux). Son expression moderne est le relativisme.

Dans un autre sens, celui d'un individualisme dévoyé, c'est la négation de toutes les obligations imposées à l'individu, qui conduit à l'anomie, voire au terrorisme : on pourrait parler de "nihilisme actif".

Nihilisme philosophique

En philosophie, le nihilisme désigne d'abord le rationalisme athée : c'est un adversaire de Kant, F. H. Jacobi, qui invente ce terme.

Le terme est ensuite popularisé par le romancier Ivan Tourgueniev pour décrire les vues politiques de l'intelligentsia radicale russe, puis développé dans un sens plus religieux par Fedor Dostoïevski ("si Dieu n'existe pas, tout est permis").

Friedrich Nietzsche emploie ce terme dans un sens très particulier, qui n'est pas le sens courant : il désigne par "nihilisme" la tendance à dévaloriser l'ici-bas en faveur d'un "au-delà", quel qu'il soit (religieux, politique, etc.), tandis que le "nihilisme des forts" résulte d'un dépassement des croyances, d'un rejet de tout idéalisme et de la morale des "faibles".

Outre ce sens propre à Nietzsche, Roger-Pol Droit[1] distingue deux autres sens :

  • le nihilisme ontologique ou métaphysique, qui ne distingue pas entre être et néant, affirmant que derrière les apparences soit il n'y ait que néant, soit il n'y ait que l'être pur[2] ;
  • le nihilisme pessimiste (tel celui d'Arthur Schopenhauer), caractérisé par un refus de l'existence, proclamant la supériorité du néant sur l'être.

Références

  1. Le Culte du Néant, Seuil, 1997
  2. Les philosophies non-duales, telles que le bouddhisme, le Vedanta ou le taoïsme , ne rentrent pas exactement dans cette catégorie, puisqu'elles n'acceptent pas la dualité être-néant, distinction qu'elles rejettent comme issue d'une ignorance propre à l'esprit.

Liens externes

  • Nihilism : étude logique du nihilisme philosophique (pdf) (en)

Citations

  • Si nos principes n'ont d'autres fondements que notre préférence aveugle, rien n'est défendu de ce que l'audace de l'homme le poussera à faire. L'abandon actuel du droit naturel conduit au nihilisme ; bien plus, il s'identifie au nihilisme. (Leo Strauss)
  • Le nihiliste est un homme qui connaît les principes de la civilisation, ne serait-ce que d'une manière superficielle. Un homme simplement non-civilisé, un sauvage, n'est pas un nihiliste. (Leo Strauss, Nihilisme et politique)
  • La vie même est pour moi instinct de croissance, de durée, d'accumulation de forces, de puissance : là où fait défaut la volonté de puissance, il y a déclin. Ce que j'affirme, c'est que cette volonté fait défaut dans toutes les valeurs suprêmes de l'humanité - que les valeurs de déclin, les valeurs nihilistes, règnent sous les noms les plus sacrés. (Friedrich Nietzsche, L'Antéchrist, §6, 1888)
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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 22:23

Comprendre la théorie du genre, un nouvel impératif 

L’Institut de Formation Politique vient de publier une note sur la théorie du genre . Pour Alexandre Pesey, son directeur, méconnaître une telle idéologie contient le risque de minorer les velléités gouvernementales.

Le XXIème siècle, ère de la fin des idéologies ? Sans doute faudrait-il en douter, alors que le projet de « mariage pour tous » est sorti triomphant de l’Assemblée pour entrer au Sénat. La réalité nous rattrape et nous enjoint à un constat : plus que jamais, la théorie du genre s’institutionnalise. Radicale il y a peu de temps encore, entrée dans le débat public à l’été 2011 à l’occasion de la modification des programmes scolaires au lycée, elle est aujourd’hui le soubassement idéologique exclusif de la gauche en matière de relations entre hommes et femmes.

L’hétérosexualité, une norme juridique ou sociale ?

Importée des Etats-Unis, où les milieux militants et féministes digérèrent Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir dans les années 70, puis popularisée dans les années 90 par Judith Butler ou Monique Wittig, ladite « théorie » soutient que les concepts de masculinité et de féminité sont des mythes. Ceux-ci auraient été imposés par la société dans le but d’entretenir « la matrice hétérosexuelle de domination sur l’homme ou la femme ». La « norme hétérosexuelle » renvoie dès lors à une construction artificielle, une forme d’oppression à l’égard des individus dont la sexualité diffère.

Des militants ont ainsi éveillé un marxisme sexualisé. Là est le problème : l’hétérosexualité n’est pas une norme juridique ou sociale mais la simple condition humaine.

« L’orientation sexuelle » comme critère de discrimination

Rapidement, le champ universitaire a ainsi été investi par cette nouvelle « matrice » d’études sociales. Naturellement, les départements et autres centres de recherche n’ont pas été les seuls touchés. Le langage, aussi aisément considéré comme outil d’oppression, a été allégrement subverti : aux Etats-Unis, le « gender » traduit désormais l’idée de « sexe social ». On retrouvera ce concept dès 1995, à l’occasion de la conférence mondiale sur les femmes, organisée à Pékin sous l’égide des Nations unies. En 2000, ce sera au tour de l’Union Européenne de reconnaître, dans une directive, « l’orientation sexuelle » comme critère de discrimination.

Depuis, les incursions se font de plus en plus nombreuses, dépassant le seul cadre de la recherche sociologique : les manuels de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) en classe de 1re ES et L contiennent depuis 2011 un nouveau chapitre intitulé « Devenir homme, devenir femme ». Pour l’édition Bordas, « si, dans un groupe social, il existe une forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité apprennent des scénarios hétérosexuels ». Plusieurs scientifiques, comme la neurobiologiste Lise Eliot a refusé une telle conclusion : les différences entre garçons et filles ne peuvent se réduire à des constructions culturelles. Elles sont aussi le fait d’un substrat biologique qui se manifeste dès le début de la grossesse.

Délégitimer l’aspect biologique

Mais rien n’y fait. En septembre dernier, Najat Vallaud-Belkacem, ministre pour le Droit des femmes, visitait la crèche Bourdarias, à Saint-Ouen, adoubant ainsi de l’autorité gouvernementale la « méthode suédoise » abolissant la différence entre fillettes et garçonnets. Plus récemment, la député socialiste Sandrine Mazetier a plaidé pour rebaptiser les écoles maternelles, s’imaginant lutter contre une « tyrannie de la maternité », irrémédiablement attachée au corps féminin et en conséquence discriminatoire.

Le lien entre cette théorie et la remise en cause de la famille incarnée par le projet gouvernemental de « mariage pour tous » apparaît ainsi avec clarté : la parenté regroupait jusque-là une filiation à la fois biologique, juridique et sociale. La théorie du genre permet de délégitimer l’aspect biologique, puis de faire du droit et de la société elle-même le seul produit de la volonté. Partant, il devient aisé d’évacuer la parenté et d’installer le néologisme « parentalité » pour mieux revendiquer un « droit à l’enfant ».


Play it like Jack Lang

Frigide Barjot et la Manif pour Tous ? La droite qui se prend pour la gauche qui se prend pour un oiseau à Avignon.

Par Cyber-Résistant.


Play it like Jack Lang

 

Play it like Jack Lang

Peut-on incarner les valeurs de la famille traditionnelle et s'appeler Frigide Barjot ? La réponse est : non. Par définition, le nom est la marque ultime de l'appartenance à une famille. Le patronyme signale la lignée, lui rend hommage. Le prénom, quant à lui, est la marque apposée par les parents sur cette lignée. Laquelle trace deviendra un destin individuel enchâssé dans le destin familial. Virginie Merle n'est pas légitime pour symboliser cette continuité civilisationnelle, du simple fait qu'elle se fait appeler Frigide Barjot.

La deuxième incongruité est esthétique. "Virginie Merle", c'est beau. Très beau, même. "Virginie" irait comme une élégante petite robe noire à son combat, et Merle est magnifiquement français. On se doute bien qu'elle s'est fait appeler "Merde" dans la cour de l'école plus qu'à son tour, mais on ne peut décemment préférer la fausse provocation à la vraie poésie. A fortiori si le faux est bancal, paradoxal : de toute évidence, "Frigide" est ironique, tandis que "Barjot" est assumé. Le résultat est désagréablement flou. Pour voir là un personnage cohérent, l'intelligence est obligée de loucher.

La troisième aberration est stylistique. "Frigide Barjot" est un logo éminemment punk. La femme qu'il masque joue le coup à fond, refuse de se coiffer, dit des gros mots comme Patrick Sébastien, porte les couleurs les plus voyantes des eighties et prend des poses à la Chrissie Hynde. Où le bât blesse, c'est que notre amie est, qu'on le veuille ou non, la porte-parole de la catholicité. Que l'Église de France le lui ait demandé, ou qu'elle laisse faire en croisant les doigts, Frigide est la Barjot du bon Dieu. Songez qu'au siècle dernier, Madonna a demandé une audience à Jean-Paul II, lequel a posé à leur rencontre une condition sine qua non : qu'elle abandonne son nom de scène. La rencontre n'eut jamais lieu.

Dans un article précédent, nous évoquions la gaffe stratégique consistant, pour un libéral, à se croire le contraire exact du collectivisme. Mais il y a bien pire : se prendre pour le sosie officiel du socialisme. Regardez la Manif pour Tous. Du rose. Frigide Barjot toute en rose sur son scooter tout rose. Des ballons roses par dizaines de milliers, des slogans roses, des t-shirts roses. Du bleu aussi, oui, mais surtout du rose. Et des slogans gentillets, quoi. Pas trop politiques. Pas trop religieux. Pas trop de droite. Pas trop cathos. Pas trop anti-Hollande. Pas trop anti-PS. Nos foules sont garanties 0% anticommunistes. Et regardez l'oiseau Papa-Maman, le Golem des réacs : d'une laideur repoussante, bâtard de mime d'Avignon et d'aéroplane soviétique. Une aile verte, l'autre rouge : les deux couleurs de la gauche radicale, les deux couleurs du parti de Mélenchon. Où est l'Église, dans ce pathétique hybride ? Où est la droite ? Où sont la famille traditionnelle, le gaullisme, le patriotisme, le libéralisme, le républicanisme, dans cet albatros low-cost imaginé par une dame cathé sous acide ? Nulle part. L'Oiseau Papa-Maman est un trou dans l'être-de-droite. Une fracture de l'être-catholique. Un fier service rendu aux goûts et aux délires de l'adversaire. Il pourrait être signé Delanoë. Il devrait être signé Delanoë.

Au long de la saga des Manifs pour Tous, jamais la droite, ni l'Église, ne se sont réellement exprimées : elles se sont invitées à un bal costumé dont le thème est "Volons leurs codes d'expression au PS, aux LGBT et aux clowns ; comme ça, personne ne dira qu'on est des gros fachos". Play it like Lang. Moralité : non seulement la droite et l'Église se sont tues sur le sujet de la réforme du mariage, au profit d'un discours "en creux" hermétique à la profondeur et au talent, mais l'ennemi prioritaire de la France contemporaine – la dette publique, et non le mariage gay – a pu se reproduire et pulluler tranquille, loin du débat public, ni vu ni connu. In fine, la Manif pour Tous n'aura manifesté qu'une chose : l'extraordinaire imprudence stratégique de l'opposition. Sinon sa fabuleuse vacuité culturelle.

On nous dira que la droite s'est mobilisée, au moins, et que c'est déjà ça. Elle s'est comptée. C'était spectaculaire. Admettons. Mais le débat sur le mariage était un match amical et vous l'avez perdu, mes chers coreligionnaires. Le vrai match, celui de l'endettement de l'État, attend toujours. Il ne semble pas que l'UMP soit vraiment pressée de le jouer. Un parti lui-même endetté de 50 millions d'Euros ne part pas forcément gagnant pour redresser les finances publiques. Autant laisser Frigide Barjot et son hypnose rose bonbon occuper le devant de la scène. On ressortira les classiques des tiroirs un an avant la Présidentielle. Il sera temps, alors, d'accuser les immigrés de tous les maux. Tant que la gauche est au pouvoir, la dette est de gauche. Cela ne nous concerne pas. Copé et Fillon retournent se coucher.

Mercredi, Frigide Barjot a avoué avoir volé son mot d'ordre, "On ne lâche rien", à Mélenchon (lequel l'avait volé au Lilian Thuram des Yeux dans les Bleus). La droite mange de la gauche parce que ça lui donne bonne mine au 20 heures. Ce faisant, elle avale les signes de reconnaissance contemporains de l'idéologie. Une fois digérés, ils montent droit au cerveau.

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 14:43
Discours du Dr Johannes Jansen au Congrès Inaugural du Processus de Bruxelles.

 


Le Professeur Johannes Jansen à la Conférence de Bruxelles


Voici la traduction de la remarquable intervention du Professeur Jansen

Professor Dr. Johannes Jansen - www.arabistjansen.nl/.

 

Qu’est-ce que la Charia? Quelles sont ses origines ? Et pourquoi la question est d’importance ?

La Charia islamique est un système de lois. C’est un ensemble d’interdits, d’admonestations et d’ordres dont l’objet est le comportement de l’homme. La Charia n’est pas une donnée interne qui intéresse uniquement l’islam et les musulmans. La Charia inclut  un grand nombre de dispositions concernant les non-musulmans. Celles-ci   sont généralement des interdictions assorties de pénalités sévères si elles sont violées. Ces dispositions de la Charia rendent la vie précaire et incertaine pour le non-musulman vivant sous la loi de la Charia.

Sous la loi de la Charia le non-musulman ne possède aucun droit inaliénable. Si je me trompe sur ce point, je serais soulagé et heureux qu’on me le dise, et vos e-mails me signalant que j’ai tort, seront les bienvenus. Mais si j’ai raison, un prisonnier de  Guantanamo possède plus de droits qu’un juif ou un chrétien vivant sous la Charia.

A l’inverse des systèmes légaux de la plupart des nations et états modernes, la Charia n’est pas assujettie à l’approbation démocratique.
Au même titre que la loi internationale et la loi rabbinique, la Charia est une affaire académique : des experts discutent et débattent de réglementations jusqu’à ce qu’ils parviennent à un accord. La Charia ne connaît ni parlement,  ni gouvernement qui tienne  le rôle de législateur, mais les lois de la Charia existent parce qu’elles sont approuvées  par des experts, c’est-à-dire des chefs religieux islamiques, des professionnels de l’islam, les Oulemas, les Ayatollahs, ou n’importe quelle autre appellation pour ces dignitaires.

 

 

Comme moi, vous êtes en majorité très peu au courant des lois internationales.  Les exigences  des règlementations internationales ne sont jamais soumises au vote libre et démocratique. Il fut intéressant, c’est le moins que l’on puisse dire, de constater  qu’ à maintes reprises, les accusateurs de Geert Wilders en 2010 et 2011 eurent recours à ce qu’ils considéraient comme généralement accepté en matière de lois internationales pour faire taire Geert Wilders. Comme le démontre la loi internationale, les communautés de spécialistes académiques, dans leur tour d’ivoire, ont une tendance à développer un niveau de pédanterie  qu’un législateur élu ne pourrait avoir. D’une certaine manière, c’est exactement ce qui se passe avec la Charia.

Les religions ne sont pas démocratiques même si elles peuvent parfois prêcher ou tolérer la démocratie.  De ce fait, la manière dont les règlementations de la Charia en viennent à exister  est antidémocratique. Ceci implique que permettre à la Charia ou une partie de la Charia d’être la loi dans une nation occidentale, revient à affaiblir le caractère démocratique de la nation. Cela signifie perdre le pouvoir législatif et le remettre à des individus non élus et auto-proclamés, qui sont inconnus et anonymes, qui opèrent depuis de lointaines mosquées au Pakistan ou en   Afghanistan. Ce n’est pas l’organisation idéale pour une démocratie.  On peut avoir des raisons religieuses légitimes de préférer néanmoins cette organisation mais elle entraîne quelque chose de pire que la taxation sans la représentation ; elle entraîne la législation sans la représentation.

Les politiciens occidentaux ne prennent pas les lois de la Charia trop au sérieux, parce que c’est un domaine académique et religieux, un système de lois qui n’émerge pas de la puissance de l’état mais de l’esprit de savants religieux. Dans le monde musulman, au contraire, l’autorité de la Charia est accablante.  Le prestige colossal de la Charia dans le monde musulman est facile à expliquer : la  théologie islamique identifie les lois de la Charia à celles de Dieu ; et les spécialistes de la Charia sont les dirigeants religieux de la communauté musulmane. Aucun gouvernement dans le monde musulman ne peut se permettre de s’aliéner ces spécialistes  des doctrines religieuses s’il veut conserver le pouvoir.

Chaque  pays islamique nourrit son propre équilibre entre son gouvernement et ses experts religieux. Cet équilibre stable est la source de dissertations de doctorants en thèses d’état.  Si la plupart des pays islamiques possèdent un système législatif influencé par la Charia, il n’est néanmoins pas identique  en tous points  aux lois traditionnelles de la Charia. Pour les dirigeants des mouvements islamistes radicaux cette non-conformité de la législation avec la Charia est une source permanente de ressentiment.  Le plus petit écart entre la Charia et la législation du pays alimente sans cesse leur machine à propagande étant donné que cette différence fournit la preuve qu’un législateur humain a voulu prendre la place de Dieu et tente d’améliorer l’œuvre divine, ce qui constitue un blasphème car Dieu doit rester le seul donneur d’ordre.

La Charia n’est pas un système de jurisprudence développé dans les cours de justice. C’est le produit des délibérations qui ont lieu entre savants et  non pas le résultat des  questions pratiques débattues par les juges, les avocats, les avoués, les procureurs ou les défenseurs. En conséquence, la Charia est pauvre dans ses attendus. C’est un modèle théorique, un système  abstrait de lois sorti tout droit des académies. Tout ceci explique la plupart de ses faiblesses.

Il n’en reste pas moins que la théologie musulmane prétend que la Charia est d’essence divine. Si des nouvelles questions inédites surgissent et pour lesquelles la Charia doit fournir une réponse, les spécialistes de la Charia, du moins en théorie, doivent émettre une solution qui est fondée sur quatre principes, ou « racines » de la Charia. Ces quatre principes reviendront sur la table sans fin dans toutes les discussions concernant la Charia.  Ce sont le Coran, les Hadiths, les analogies et le consensus.

Le quatrième fondement, agrément ou consensus est pour ce qui concerne toutes les questions pratiques le critère le plus important. Une fois  le consensus acquis, il devient inutile de consulter d’autres sources. Théorie et théologie, cependant  attachent la plus grande valeur à l’autorité du premier des fondements, le Coran, mais en pratique l’énoncé du Coran peut nécessiter un ajout ou être interprété par les autres sources ou par un autre passage du Coran lui-même.

Ici nous sommes en face d’un principe important provenant à la fois de la loi de la Charia et de l’interprétation du Coran. C’est le principe d’ ‘abrogation’ –  ‘naskh’ en arabe -  qui est souvent mal compris. ‘Abrogation’ signifie qu’un verset du Coran qui fut révélé plus tôt, peut être rejeté ou ‘abrogé’ par un verset écrit plus tard. Parfois même un élément de l’une ou l’autre des trois autres sources  peut abroger le contenu d’un verset du Coran. Les savants musulmans analysent tous les cas possibles en profondeur.

 

L’exemple le plus célèbre d’abrogation est un sujet d’inquiétude pour le nom musulman : l’abrogation de la sourate 109, une sourate de  la période mecquoise qui prêche la tolérance religieuse.  Cette sourate est abrogée par les versets plus tardifs de la période de Médine qui ordonnent aux musulmans de combattre et de tuer les incroyants où qu’ils se trouvent.

Quels que soient les problèmes rencontrés par les penseurs de la Charia, dans quelques générations, ceux-ci mettront au point un agrément; suivant en cela  la directive de Mohammed  selon laquelle  ‘Dieu ne peut permettre que son peuple s’entende sur une erreur’ : ‘ lan tagtami? ummatii ?alaa dalaal’.

Cette  importante directive joue un rôle central dans le système de la Charia. Son application donne un nombre imprévu de conséquences.  Abolir une règle de la Charia pour  laquelle un consensus a été acquis, implique que la Oumma de Mohammed est dans son tort. Mais selon le prophète de l’islam, cela ne se peut pas. En conséquence, il est hors de question de revenir sur des règles dès lors qu’elles sont admises par consensus. Les cas sont nombreux où cette disposition crée des difficultés et des désordres. On peut en juger par les punitions de la Charia pour apostasie, adultère ou vol.

Un exemple célèbre d’abrogation est l’interdiction de consommer du vin. Dans ses premiers versets le Coran parle du vin en bons termes ; plus tard il interdit le vin. Mais comment savoir quels versets  sont venus  en premier ? Nous ne pouvons  l’apprendre que de la bouche des experts de la Charia. Comment le savent-ils ? Et bien, puisque le vin est interdit, le verset qui interdit le vin doit être postérieur à celui qui en fait l’éloge. Un œil critique démontrera la circularité du raisonnement, mais aux yeux des musulmans traditionnels,  l’interdiction bénéficie du soutien du Très Haut  ce qui confirme bien  qu’ils seraient désorientés sans la science et le savoir de ces experts  qui représentent l’autorité de l’islam.

Les amis de l’islam voient dans la prétendue flexibilité de l’islam un indicateur de son caractère libéral et humain. Mais ceci est une erreur. Les lois flexibles ne sont pas humaines mais dangereuses, étant donné que les citoyens ne savent pas  pour quelles raisons ils peuvent être arrêtés et exécutés. La loi islamique pour autant qu’elle est flexible, est rigide sur un grand nombre de points. Agrément, consensus, voilà sur quoi le système est construit. Aucun désaccord de taille n’existe sur les points de loi qui incombent au non- musulman, quels que soient les arguments des amis de l’islam. Ne pas respecter sa majesté Mohammed, le prophète de l’islam est généralement considéré comme un crime capital.  Si les cours de justice ou les gouvernements n’exécutent pas l’offenseur,  des volontaires spontanés et informels peuvent considérer parfaitement justifié de prendre cette tâche à leur compte quel que soit le prix qu’il puisse leur en coûter personnellement.

Les savants modernes occidentaux ont mis en doute les origines de la Charia. Ils pensent que la Charia est la continuation de la loi romaine provinciale comme elle était appliquée dans l’empire romain au Moyen-Orient à la veille des conquêtes arabes. Beaucoup de savants du 20ème siècle ont écrit à propos de la relation entre la loi romaine et la loi islamique. Il est facile de voir que le personnage du mufti est la continuation  du savant de la jurisprudence bien connu de la loi romaine  et d’autres exemples abondent.

La forte influence de la loi talmudique rabbinique sur la Charia est indéniable et ce n’est pas un miracle puisque le Talmud et la Charia sont apparus l’un et l’autre à peu près à la même époque en Irak entre le 7ème et le 9ème siècle de notre ère.  Les Fatwa sont bien sûr l’exact équivalent fonctionnel du ‘Teshuvot’ rabbinique et de la ‘Responsa’ de la loi romaine.

Les musulmans croient que leurs spécialistes religieux ont tiré les règles de la Charia de ces quatre sources : le Coran, les Hadiths, l’Analogie et le Consensus. Cependant les savants modernes occidentaux en sont venus à croire que les règles de la Charia ne sont pas tirées de ces quatre “racines” mais que ces règles et leurs attendus  furent rattachées  à ces quatre “racines” à postériori. Ceci est matière à des sujets de recherches pour les étudiants en doctorat.  Ces questions académiques, cependant,  ne devraient pas retenir notre attention ici, nous avons un devoir bien plus important : expliquer pourquoi nous devrions nous concentrer sur la Charia et pas sur le Coran, ni sur Mohammed quand il s’agit de nous défendre  contre les ravages de l’islam.

La communauté  savante moderne occidentale a fait de grands progrès depuis un siècle sur ses connaissances du  Coran et de la vie de Mohammed.  En conséquence les positions traditionnelles concernant Mohammed et le Coran se sont révélées intenables.

Que Mohammed ait réellement existé, est plus incertain que jamais. Deux siècles de patientes recherches ont crée de sérieux doutes sur la réalité historique du  prophète de l’islam. Ces doutes ne seront pas évacués  même si le nombre des académies qui travaillent sur ce sujet est faible voire insignifiant.

L’image générale que le  Coran et la tradition islamique offrent du contexte dans lequel Mohammed travaillait – d’abord comme prophète, ensuite à la fois comme prophète et  homme d’état – l’image  générale de La Mecque et de Médine au début du 7ème siècle de notre ère n’est pas confirmée par les résultats des recherches archéologiques et les inscriptions, du moins celles dont on dispose.
Ceci bien sûr peut changer si les recherches progressent mais ce n’est pas un bon signe, en particulier si on considère que ce qui a été trouvé, à première vue semble contredire les points de vue traditionnels.

La tradition littéraire concernant la biographie de Mohammed ressemble surtout à une accumulation disparate de sermons qui se contredisent mutuellement mais qui néanmoins cherchent tous à persuader  l’audience qu’un certain Mohammed a été le messager de Dieu. Les écrits qui ont été conservés ne sont pas conformes à du matériel  historique. Ceci n’est pas nécessairement néfaste, mais ce n’est pas un bon signe. La numismatique ne confirme pas la version officielle de l’islam de la première période de son histoire. Ceci en soi n’est pas décisif, mais ce n’est pas un bon signe. Il y a des décalages entre ce que nous savons du calendrier ancien arabe et les histoires rapportées sur Mahomet. Ceci n’est pas nécessairement  sans appel, mais s’en approche.

Les vrais musulmans, cependant, ne partagent pas ces doutes à propos de leur prophète bien aimé. La corporation des chefs religieux musulmans, franchira le cap de ces doutes; elle va se montrer furieuse quand les savants occidentaux modernes  vont démasquer la version musulmane des premières heures de l’islam, narratif créé pour des raisons théologiques sous forme de sermons travestis en faits historiques. Il va sans dire que beaucoup de musulmans sont prêts à enfiler leur lourde armure pour défendre leur religion contre de telles attaques.

Il  y a cependant, une faille dans l’armure islamique sur un point qui est considéré comme parfaitement pieux et  islamique. Cela pourrait même être plus efficace. Le Coran de manière univoque établit qu’il est écrit en langue arabe claire,’ lisaan ?arabii mubiin’. “Très bien.”, on peut alors se poser justement la question : « Pourquoi, si cela est vrai, avons-nous besoin des commentaires du Coran qui prennent des milliers de pages? »

Cette question pose une difficulté, mais nous devons nous poser une question encore plus embarrassante concernant l’autorité des anciens pères fondateurs de la Charia : Les quatre géants al-Shaafii, Abu Haniifa, Malik and Ahmad ibn Hanbal, tous aux alentours de 800 de notre ère; tous sauf, Malik, géographiquement  connecté à l’Irak. : ‘Pourquoi avons-nous besoin de ces quatre savants de la Charia  pour nous informer des actes que l’islam interdit ou prescrit ?. « Si le Coran est clair, pourquoi avons-nous besoin de ces lumières? Pourquoi savaient-ils plus de choses que le prophète Mohammed? Comment avaient-ils connaissance de ce qui n’est pas dans les versets clairs du Coran? »

Ces questions ne rendent pas forcément fou de rage le musulman profane moyen Néanmoins elles rendent fous de rage les savants musulmans de la Charia.

Etant donné que ces hommes jouent le rôle que le clergé jouait dans le christianisme, ils représentent une force avec laquelle on doit inévitablement compter. Sans aucun doute ils sont une force spirituelle, mais certains de leurs jeunes fidèles ne font pas bien la différence entre l’esprit et le corps et n’hésitent pas à prendre les mesures nécessaires pour  imposer un alignement conforme aux souhaits du clergé.

Les musulmans profanes, en règle générale, approuvent tout ce que les  professionnels de l’islam enseignent et prêchent. La puissance que cette corporation d’experts en charia islamique exerce sur son troupeau  est étonnante et n’a pas d’équivalent dans l’histoire.

Elle est fondée sur la pression sociale. Elle opère de la manière la plus simple qu’on puisse imaginer : le fait de divulguer les prescriptions de sa religion crée une sorte de prestige parmi les coreligionnaires. C’est le cas de tous les systèmes religieux.  En conséquence, dans le cas de l’islam, les musulmans vont admirer quiconque agit d’une manière conforme à l’islam. Qui définit le fonctionnement de cette conformité ? C’est le clergé islamique qui exerce l’autorité finale  et définit quelle attitude constitue une attitude islamique.

Tout ceci serait sans importance pour nous si l’islam ne se vantait pas  de vouloir et de pouvoir anéantir l’occident.

Pour défendre l’occident contre l’islam c’est cette chaîne de prestige et d’autorité consentis que nous devons  attaquer et cette attaque doit se concentrer sur son point le plus faible: sur le fondement de l’autorité que représente le clergé. Cette autorité cléricale est fondée sur la Charia. Cependant l’autorité de la Charia implique que Mohammed, le prophète de l’islam, était plus ou moins un  nigaud et que le Coran est un ensemble vague et simpliste de morceaux de prose pieuse  qui ne détient pas l’information dont un homme a besoin pour être sauvé du feu de l’enfer  — seul le clergé sait comment un homme peut être sauvé et il le sait par sa connaissance de la Charia, non par sa connaissance du Coran.

La position suprême de la Charia dans le monde de l’islam, nous semble-t-il,  peut seulement se comprendre comme une dépréciation du Coran de Mohammed.

Une fois que les intéressés, le musulman et  son opposé le dhimmi auront saisi cela, on les aura influencés. La question que nous devrions nous poser dès qu’on a recours aux lois de la Charia : “Tous ces scribes et savants musulmans, tous des êtres humains, que savaient-ils de plus que Mohammed et Ses compagnons” ?  

Considérons un exemple pour voir comment la Charia et le clergé opèrent. En 2006/ 2007, un comédien hollandais a connu des problèmes avec un activiste islamique au sujet de l’assassinat de Theo van Gogh. Le comédien sur sa propre initiative a consulté un imam local à Amsterdam  et le directoire de sa mosquée leur demandant directement s’ils voulaient le tuer. L’imam prit l’air concentré et ne dit rien, faisant comme s’il ne comprenait pas le hollandais — ce qui était peut-être le cas. Cependant, un membre très aimable du directoire rassura le comédien  qu’ils n’avaient nullement l’intention de le tuer parce que  “pour de telles choses, nous avons les radicaux”. Ceci illustre parfaitement la situation. La majorité est silencieuse, l’imam limite son action à la préservation de la dignité de sa charge, ses affidés directes lui apportent les mauvaises nouvelles, et l’élite des soldats, les vrais commandos, les vrais moujahidin font le sale boulot 

Les gouvernements hésitent à résister à ces commandos; ceux qui subissent des attaques habituellement doivent se défendre. Il vaut mieux répliquer à une attaque de manière indirecte et tâcher d’influencer les musulmans pour leur faire prendre conscience qu’au cours des siècles un fossé de plus en plus grand s’est creusé entre ce que sincèrement et parfois naïvement ils considèrent comme islam et l’accumulation de prescriptions et de restrictions que le clergé veut faire appliquer.  Nous devrions sans relâche demander au “musulman laïque” ce que les scribes humains des livres de la Charia savaient de plus que l’archange Gabriel quand il a révélé le Coran à Mohammed.

Le Coran ne promet pas la joie  à celui qui refuse de se soumettre à l’islam, mais il n’est pas aussi explicite que la Charia.

Nous pouvons en outre librement critiquer les livres récemment annotés et révisés de la Charia, rien dans nos lois et nos coutumes ne nous interdit de le faire.  Cependant, critiquer un texte sacré ancien peut être considéré comme barbare.  Les nombreux livres contemporains sur la Charia au contraire s’y prêtent. Leurs auteurs  sont des hommes comme vous et moi. Mais les auteurs de ces ouvrages sur la Charia certainement prétendent connaître plus que tous les prophètes et les archanges réunis.

C’est là que les amis de l’islam avec habilité tentent de miner notre loyauté. Quand nous faisons référence aux livres classiques de l’ancienne Charia et mettons l’accent sur  sa soif de sang et que nous en explicitons le contenu, ils diront: “Oui, bien, c’est un livre ancien qui n’est plus d’actualité de nos jours, aucun musulman moyen normal ne connait ce livre“. Quand nous citons des sources modernes et contemporaines de même nature, ils diront: “Oui, c’est une innovation récente qui ne dépeint pas l’Islam dans son aspect général”. Si nous citons les deux les sources anciennes et les nouvelles, ils diront que nous les agaçons en répétant des multiples incohérences. Il faut être bien accroché pour aborder ce genre de débats.

L’un de nos problèmes avec l’islam est la question de la liberté religieuse telle qu’elle est comprise par les occidentaux.

La plupart des occidentaux ne se rendent pas compte que les religions ne sont pas semblables.  Chaque acte possible et imaginable est soit interdit soit rendu obligatoire par au moins l’une des cent trente six religions dont bénéficie notre planète.

En conséquence, la liberté religieuse, si elle signifie que chaque religion peut avoir sa place n’est pas possible. Quand mon professeur au cours de  ma première année universitaire m’expliquait cela, je ne le croyais pas et lui demandais si quelque chose d’aussi innocent que boire de l’eau au robinet pouvait être sujet à un interdit religieux. Il répondait qu’il ne pouvait citer d’exemple mais du même coup il m’assurait que si je cherchais bien, j’en trouverai un. Et il avait raison : Dans l’Hindouisme il existe une caste qui est autorisée à  boire uniquement l’eau tirée d’un puits avec une jarre en argile ; boire de l’eau du robinet est considéré comme haram  – impur.

En Europe et en Amérique, cependant, l’expansion des religions, relativement similaire est essentiellement en relation avec la Bible. Par conséquent les Européens et les américains ont tendance à croire qu’il n’y a pas de mal à laisser une religion faire son chemin car « fondamentalement toutes les religions sont les mêmes ». C’est là que réside le malentendu. Il n’y a rien de commun entre toutes les religions.

La liberté religieuse, si elle signifie donner libre cours à n’importe quelle forme de religion est une recette pour la guerre civile. Le message de nos sages grands-parents qui défendaient la liberté religieuse devrait être  reformulé.  Ce qu’ils voulaient dire ne pouvaient être que la liberté d’opinion  et la liberté d’exercer son culte. Comme ils n’étaient pas coutumiers des religions fondamentalement différentes et comme ils en avaient assez de partir en guerre  à propos de croyances et de formes de célébration de culte et comme ils ne connaissaient pas bien le spectre complet et varié des religions du monde, ils formulaient leurs convictions quel qu’en soit le bien fondé, d’une manière qui aujourd’hui prête à confusion et crée de graves problèmes de liberté, de science, de justice, de santé  et de politique.

Rien ne va sans mal, mais nombre de musulmans ont suffisamment de qualités humaines pour refuser d’exécuter tous les commandements imposés par la Charia.

 Aidons- les en leur faisant remarquer qu’il se peut que le Coran soit  la parole de Dieu   – ceci après tout est invérifiable –  mais que  la Charia est l’œuvre des hommes, même selon les enseignements de l’islam. Pour rester libres et à l’écart des lois de la Charia, il se pourrait que nous ayons à livrer une bataille finale, mais la liberté est à ce prix.

Le professeur Dr. Hans Jansen est un érudit hollandais en Arabe et sur les études Moyen-Orientales. Il fut témoin pour la défense de Geert Wilders.

For Prof. Dr. Jansen’s CV, please see www.arabistjansen.nl/.

Traduction Nancy Verdier

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 11:15

International Civil Liberties Alliance 

Chronique de Liberty Vox

 

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Dans le monde non-musulman, les « droits humains » se réfèrent à l'Organisation des Nations Unies Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, qui affirme que toutes les personnes - hommes et femmes - sont garantis des droits individuels. En revanche, le monde musulman définit le terme « droits de l'homme », selon la Déclaration du Caire sur les droits de l'homme en Islam, qui veut que les hommes et les femmes ne sont pas égaux et qu'il est du devoir des hommes et des femmes de suivre la volonté de Dieu », conformément à la loi de la charia.

 

La liberté d'expression en Europe et en Amérique du Nord est de plus en plus menacés en raison d'une confusion croissante entre les dirigeants occidentaux sur la façon de définir les « droits de l'homme. » Le problème est aggravé par le politiquement correct des gouvernements occidentaux, qui cherchent à imposer le respect multiculturel avec la charia islamique comme un moyen d'apaiser les groupes de pression musulmans.

Ceux-ci et d'autres « dérives » politiques et sociétales ont été catapulté au-devant de la scène par un groupe bien organisé et très éloquent des militants de la liberté de parole qui ont assisté aux réunions de mise en œuvre de la dimension humaine [HDIM], une grande conférence internationale sur les droits de l'homme - cette année tenue à Varsovie, Pologne, du 24 Septembre au 5 Octobre - et parrainé chaque année par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe [OSCE].

Ces dernières années, les réunions d'implémentation de la dimension humaine de l'OSCE ont fait l'objet d'une intense campagne de lobbying par l'Organisation de la Coopération islamique, un bloc de 57 pays musulmans qui sont déterminés à exercer des pressions sur les pays occidentaux pour en faire un crime international de critiquer l'islam.

En Août 1990, les États membres musulmans de l'Organisation de la Coopération islamique a officiellement adopté la Déclaration du Caire sur les droits de l'homme en Islam, dilemme a un autre document des Nations Unies de 1948, la Déclaration universelle des droits de l'homme. La Déclaration du Caire stipule que les gens ont "la liberté et le droit à une vie digne, conforme à la charia islamique."

La Pax Europa Bürgerbewegung [BPE], dans une communication écrite à la session de travail des Human Dimensions Implementation Meetings sur les libertés fondamentales, a souligné qu'aujourd'hui le terme « droits de l'homme » a deux significations incompatibles. Dans le monde non-musulman, « droits humains » se réfère à la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui affirme que toutes les personnes - hommes et femmes - sont garantis par les droits individuels.

En revanche, dans le monde musulman, les « droits humains » sont définis conformément à la Déclaration du Caire, qui veut que les hommes et les femmes ne sont pas égaux et qu'il est du devoir des hommes et des femmes de suivre la volonté de Dieu. La dignité est accordée seulement à ceux qui se soumettent à la volonté d'Allah. La Déclaration du Caire divise tous les êtres humains en deux personnes morales distinctes au sein de ses catégories définies, à savoir les hommes et les femmes, croyants et non-croyants. Aux droits ou libertés sont obligatoires selon les commandements d'Allah tel que livré par Mohammed, le prophète musulman.

Le BPE a demandé à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe afin de préciser quelle définition des droits de l'homme est appelée lors des discussions de la Conférence. La déclaration dit : « Quand BPE traite de la situation des jeunes filles et des femmes en ce qui concerne les mariages forcés, la violence et / ou les excisionss [les mutilations génitales féminines], BPE se réfère toujours à la Déclaration universelle des droits de l'homme, alors que les États membres de l'Organisation de la Coopération islamique se réfèrent exclusivement à la Déclaration du Caire, qui a des ramifications sur le statut de la fille ou de la femme. Les États participants de l'OSCE qui sont également membres de l'Organisation de la Coopération islamique se réfèrent donc à un ensemble différent de droits de l'homme à la HDIM. Il s'ensuit que, dans la dimension humaine de l'OSCE, il y a deux ensembles opposés diamétralement des droits de l'homme. »

L'International Civil Liberties Alliance, dans une déclaration écrite à la session de travail des Human Dimensions Implementation Meetings sur la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction, a déclaré : « Depuis que l'Organisation de la Coopération islamique a créé la Déclaration des droits de l'homme en Islam, communément appelé la Déclaration du Caire, nous avons assisté à une distorsion des concepts de droits de l'homme et de la liberté religieuse. Cette déclaration a créé une nouvelle norme et secondaire en matière de droits de l'homme fondée sur la loi de la charia, ce qui est tout à fait incompatible avec les normes de l'OSCE en matière de droits de l'homme, inspiré comme ils étaient par la déclaration de 1948. »

La déclaration de l'Alliance Internationale des Libertés Civiles poursuit : « La charia est un système de règles religieuses et politiques destructrices de tous les principes promus par l'OSCE, de la démocratie à savoir, les droits de l'homme, la liberté de religion et de conviction, etc. La charia a été définie par la Cour européenne des droits de l'homme le 13 Février 2003, comme « incompatible avec les principes démocratiques ... »

L'International Civil Liberties Alliance conclut : « Par conséquent, les engagements de l'OSCE et des œuvres réalisées par ses différents départements sont dépourvus de sens que si tous les partenaires, l’État-membres, des ONG ou d'autres contributeurs n'utilisez pas la même définition des droits de l'homme. Une définition est nécessaire qui rejette clairement toute interprétation originaires de la Déclaration du Caire. »

Dans un rapport intitulé "La bataille a commencé", Elisabeth Sabaditsch-Wolff, un avocat viennois pour la liberté d'expression, a résumé ses impressions, sur la conférence de la dimension humaine 2012 : « C'est l'un des constats importants que nous avons faits : La marée a changé. Les amoureux de la liberté ne sont plus sur la défensive, l'inverse est vrai. Le côté de l'OCI a été isolé ; le Counter-jihad reçu beaucoup de gestes de soutien. Nous avons fait de nouveaux alliés ... »

Elle a également écrit cependant : « Enfin, j'ai été plus que surpris de voir un membre de la MPAC [Conseil des affaires publiques musulmane, un groupe de pression basé à Los Angeles] prendre la parole au nom de la délégation américaine. Depuis quand la MPAC a représenté le gouvernement américain ? Et avec le statut diplomatique ! Ceci est faux et scandaleux. Nous demandons à nos amis de la Chambre des représentants américaine de peser. »

Elle faisait allusion à Salam al-Marayati , un musulman radical que l'administration Obama a nommé comme son représentant officiel à la première conférence de l'OSCE sur les droits de l'homme. Al-Marayati est le fondateur controversé du Conseil musulman des affaires publiques.

Selon le projet d'enquête sur le terrorisme, la MPAC est étroitement lié aux Frères musulmans et a été un ardent défenseur de groupes terroristes islamistes. Entre autres initiatives, la MPAC a demandé au gouvernement américain de retirer le Hamas et le Hezbollah de la liste des américains désignés par les groupes terroristes. Al-Marayati, un critique véhément d'Israël, a également accusé Israël des attaques terroristes, du 11 Septembre 2001. ( Voir ici pour l'analyse complète de 81 pages de la MPAC.)

Le Département d'Etat a défendu sa sélection d'al-Marayati, le louant comme « apprécié et très crédible. » Il a ajouté : "Il a été invité à participer à HDIM cette année comme un reflet de la grande diversité des origines du peuple américain."

Dans une autre présentation de conférences, la Pax Europa Bürgerbewegung a également attiré l'attention sur le sort des immigrés musulmans en Europe qui veulent quitter l'islam et se convertir à une autre religion. La charia islamique prévoit la peine de mort pour ceux qui ont volontairement « apostasier » de l'Islam.

Le texte précise : "Un cas typique est un homme du Bangladesh et sa femme qui est actuellement emprisonné au Royaume-Uni après la demande d'asile et détenu après avoir officiellement renoncé à l'Islam. Leur demande d'asile a été rejetée et ils sont maintenant en attente d'expulsion vers le Bangladesh, où ils seront tués conformément à la loi islamique pour apostasie."

Les Etats membres de l'OSCE ont également été invités à se joindre au processus de Bruxelles, une initiative lancée par l'Alliance internationale des libertés civiles en Juillet 2012, au Parlement européen. Le processus de Bruxelles vise à « aider les gouvernements et la société civile dans la protection des libertés civiles et, plus précisément pour défendre la liberté de croyance contre les tentatives de mise en œuvre de la réglementation charia. »

Dans un communiqué séparé, l'International Civil Liberties Alliance a également exprimé "sa préoccupation quant à l'utilisation répétitive des concepts imprécis, confus et ambigu et des mots dans les forums de l'OSCE et du matériel de travail," à savoir le terme « islamophobie », même si cette expression n'a pas de sens précis ni internationalement acceptée. L'OSCE a été invité à donner une définition précise du terme.

Le BPE a appelé l'OSCE à « protéger les apostats, en soutenant leur droit de changer de croyance sans la menace de la mort. »

Une collection plus complète des messages au sujet de la réunion de l'OSCE peuvent être trouvées ici  et ici.

L'OSCE, est la plus grande organisation inter-gouvernementale axée sur la sécurité dans le monde, basée à Vienne. Ses 56 États membres sont situés en Europe, l'ex-Union soviétique et en Amérique du Nord, et couvrent la plupart de l'hémisphère nord. L'OSCE, créé lors de la guerre froide comme un forum Est-Ouest, a, parmi ses mandats, les questions telles que le contrôle des armements et de la promotion des droits de l'homme, de la liberté de la presse et des élections équitables.

Les réunions d'intégration de la dimension humaine, la plus grande conférence annuels d'Europe sur les droits de l'homme et la démocratie, est une plate-forme pour les pays membres de l'OSCE, les groupes de la société civile et les organisations internationales. Les réunions d'intégration de la dimension humaine est importante en raison du statut élevé de l'OSCE s'étendant à des groupes de la société civile, qui sont sur un pied d'égalité avec les États-nations participantes. En pratique, cela signifie qu'ils ont le droit de parole en séance plénière, un statut non accordé par d'autres organisations internationales.

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Alain Wagner (France) est le gestionnaire de la campagne "Stop Shariah" et co-fondateur de l'Alliance Internationale des Libertés Civiles (ICLA), David Erzett (Belgique) représentée par l'ICLA, Dave Petteys (USA) représenté ACT! Pour l'Amérique, Felix Strüning (Allemagne) est le directeur de la Fondation Stresemann - un lobby pour la liberté, Hendrik Raeder Claussen (Danemark) représente l'International Civil Liberties Alliance (ICLA), Liz Schmidt (Allemagne), qui représente Pax Europa (BPE Autriche), Elisabeth Sabaditsch-Wolff (Autriche) est un membre du Conseil de Pax Europa.


Parmi les centaines de participants à la conférence Human Dimension Implementation Meetings [HDIM] de cette année était un groupe de sept militants de la liberté de parole, de l'Autriche, la Belgique, la Grande-Bretagne, le Danemark, la France, l'Allemagne et les États-Unis. Ils représentaient des groupes de la société civile Bürgerbewegung Pax Europa, l'International Civil Liberties Alliance, la Fondation Stresemann et ACT! for America. Leur principal objectif était d'attirer l'attention sur (et confronter) l'islamisation croissante de l'Occident.

De nombreux pays membres de l'OSCE, qui n'ont pas les protections du Premier Amendement de la liberté d'expression comme celles des États-Unis, ont déjà adopté des lois contre le discours de haine qui servent effectivement de procurations qui englobe tout de la législation sur le blasphème ; l'Organisation de la Coopération islamique cherche à imposer à l'Occident dans son ensemble.

Prenons l'Autriche, où une cour d'appel a récemment confirmé la condamnation politiquement correcte de Elisabeth Sabaditsch-Wolff, pour "dénigrement des croyances religieuses" après qu'elle a donné une série de séminaires sur les dangers de l'islam radical. La décision a montré que, bien que le judaïsme et le christianisme peuvent être dénigrés en toute impunité en Autriche multiculturelle postmoderne, dire la vérité sur l'islam est soumis à de rapides et lourdes sanctions pénales.

Sabaditsch-Wolff a représenté le groupe de défense des libertés civiles Bürgerbewegung Pax Europa de cette année, à la réunion de mise en œuvre des dimensions humaines. Le deuxième jour de la conférence, le BPE a fourni aux participants de la conférence avec une leçon d'histoire sur la plus grande réussite de l'OSCE (anciennement connu sous le nom CSCE), qui a eu lieu à l'apogée de la guerre froide pendant la processus d'Helsinki, lorsque l'Union soviétique a été cajolé à accepter le terme « droits humains » pour la première fois.

L'inclusion de la dimension humanitaire (respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, y compris la liberté de pensée, de conscience, de religion et de croyance) dans le dialogue Est-Ouest a été une grande victoire pour l'Occident et a ouvert la voie à la disparition du bloc communiste.

Le BPE a rappelé l'OSCE que pendant la guerre froide, il ne faisait aucun doute à ce que le terme « droits humains » fait référence, à savoir la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, signée et ratifiée par presque tous les pays membres de l'Organisation des Nations Unies.

L'Arabie Saoudite, cependant, a refusé de signer la Déclaration universelle, en faisant valoir qu'il violait la charia islamique. En 1981, le représentant iranien auprès de l'Organisation des Nations Unies a déclaré que la Déclaration universelle représentait « une compréhension laïque de la tradition judéo-chrétienne », qui n'ont pas pu être mises en œuvre par les musulmans sans violer la charia.


Neo Deus Ex Machina pour Liberty Vox 


Liberté de réunion, liberté d’association :
Les nouveaux défis de l’Europe occidentale

Vienna, Austria

Document présenté par l’Alliance internationale des libertés civiles, www.libertiesalliance.org

 

Liberté de réunion, liberté d’association:

Les nouveaux défis de l’Europe occidentale

Réunion supplémentaire sur la mise en œuvre de la dimension humaine,

Hofburg, Vienne, 9 Novembre 2012

Session 1,2,3


Pendant des décennies, et à juste titre, on est parti du principe que pour la liberté de réunion et la liberté d’association, il n’existait aucun problème majeur dans les états  participants à l’OSCE à l’ouest de Vienne. Cela était vrai en ce qui concerne l’intervention et le contrôle de l’état, et dans une certaine mesure ça l’est encore. Cependant, dans plusieurs états de nouveaux mouvements radicaux ont émergé, des mouvements qui portent violemment  atteinte aux droits fondamentaux des autres citoyens, dans une grande mesure avec  l’impunité des forces de l’ordre. Afin de neutraliser ce travail de sape des libertés fondamentales, de nouvelles mesures sont nécessaires.


L’Ordre du Jour Annoté expose les engagements fondamentaux des états participants à l’OSCE :

La liberté de chaque personne à se rassembler de manière pacifique et le droit de s’associer sont intrinsèques aux sociétés démocratiques et expressément reconnus dans les engagements de l’OSCE sur la dimension humaine, ainsi que tous les principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme.


Pour la plupart des citoyens des sociétés démocratiques, cela semble évident. Cependant, des problèmes se posent lorsque des groupes radicaux prennent sur eux de décider quels citoyens jouissent de ce droit au détriment des autres.

En termes pratiques, des menaces, des actes d’intimidation et des agressions contre les rassemblements pacifiques ont eu lieu dans plusieurs pays européens au cours des dernières années. Une liste non exhaustive d’exemples:


- Copenhague, Danemark, 10 janvier 2009: Une manifestation pro-israélienne a été perturbée par des groupes palestiniens qui criaient des slogans antisémites se référant au meurtre de masse des Juifs.


- Bolton, Angleterre, 20 mars 2010 : Une marche de rue organisée par la Ligue de Défense Anglaise (EDL) contre l’Islam radical et la charia a été attaquée par des gauchistes radicaux de l’UAF (Unite Against Fascists). L’intervention de la police britannique pour protéger le cortège a donné lieu à 74 arrestations.


- Stuttgart, Allemagne, 2 juin 2011: Une manifestation de rue mettant en lumière le sort des chrétiens persécutés en Afrique a été attaquée et son déroulement empêché par une foule de plusieurs centaines de gauchistes portant une variété d’insignes de gauche. La police allemande n’a pas protégé l’évènement de manière efficace.


- Stuttgart, Allemagne, 4 juin 2011: L’Hôtel Abacco a été attaqué à coups de jets de peinture et de pierres parce que les locaux avaient été loués pour un événement organisé par le parti politique allemand DIE  FREIHEIT.


- Tower Hamlets, Angleterre 3 septembre 2011: Une marche organisée par EDL a été interdite par les autorités en raison de pressions politiques. Le rassemblement organisé à la place a été harcelé par des extrémistes, qui ont également attaqué un bus qui quittait l’événement. Au moins 16 personnes ont été arrêtées.


- Aarhus, Danemark, 31 mars 2012: Une manifestation contre la charia islamique a été agressée par le groupuscule Antifa et une foule d’immigrants, uniquement tenus en échec par l’intervention massive de la police.


- Solingen, Bonn, Allemagne, 1er et 6 mai  2012: Des meetings de campagne organisés  par le parti politique Pro NRW ont subi les assauts de groupes musulmans, mais ils ont pu se dérouler sous forte protection policière.


- Nuremberg, Allemagne, 16 juin 2012: Une manifestation publique du parti politique DIE FREIHEIT a été continuellement harcelée par les opposants, aidés et encouragés par la passivité de la police.


- Munich, Allemagne, le 14 juillet 2012: Une manifestation publique organisée par DIE FREIHEIT a été  agressée par des extrémistes de gauche, à nouveau aidés par la permissivité de la police allemande.


- Walthamstow, Angleterre, 1er septembre 2012: des extrémistes de gauche et des islamistes de UAF ont attaqué une manifestation organisée par la Ligue de Défense Anglaise (EDL). La police a perdu le contrôle de la situation.


- Munich, Allemagne, le 11 septembre 2012: Une discussion sur Euro-Islam devait avoir lieu dans un restaurant local, mais le propriétaire a dû l’annuler en raison d’une avalanche de menaces téléphoniques.


- Malmö, en Suède, 27 octobre 2012: Les participants à une conférence publique sur le député néerlandais Geert Wilders ont  été agressés et bombardés d’œufs par des groupes Antifa. La police suédoise a  justifié son attitude passive en arguant que les assaillants avaient également droit à la “Liberté d’expression”.


Les méthodes employées par les groupes radicaux semblent bien avoir des objectifs systématiques et suivent certaines tendances. Il est intéressant de répertorier ces méthodes :


-  En provoquant la dégénérescence de manifestations et de campagnes politiques habituellement pacifiques pour les transformer en batailles de rue, les citoyens ordinaires sont intimidés d’assister à de tels événements.


- L’intimidation et  la violence devenant la norme des événements publics, les organisateurs sont obligés de prendre ces développements en considération, ce qui rend beaucoup plus difficile l’organisation et la diffusion de tels événements, en particulier pour les petits groupes ayant des ressources limitées.


- En provoquant des affrontements violents contre les manifestations de rue, les groupes radicaux évincent les revendications de leurs adversaires des reportages de la presse qui ne rend compte que des «affrontements», et qui ne se fait pas l’écho des questions que les organisateurs des manifestations de rue ont cherché à mettre en évidence. Cela est préjudiciable au processus démocratique.


- L’intimidation et l’attaque de sociétés de distribution indépendantes et des propriétaires de locaux commerciaux  est une autre stratégie illégale employée par des groupes radicaux pour étouffer leurs adversaires et porter atteinte à la liberté de réunion garantie par ailleurs par nos lois.


- Les groupes radicaux recherchent la confrontation avec la police lors de ces évènements et ils s’y préparent activement, apparemment avec comme objectif secondaire de se faire passer pour des victimes de la brutalité policière, alors que ces groupes sont responsables de l’attaque et la source réelle de la violence.


Politiquement, les questions les plus fréquemment ciblées par les groupes radicaux semblent tourner autour de  l’immigration, l’islam et l’autodétermination nationale.


L’Ordre du Jour Annoté souligne en outre l’importance de la liberté de réunion :


Les manifestations pacifiques jouent souvent un rôle important dans l’expression des préoccupations du public, ce qui réduit le risque de voir les conflits dégénérer en violence et  fournit l’occasion d’un dialogue avec les autorités.


Sur le papier, la situation de la liberté d’association et de réunion n’a pas connu de changement majeur au cours des dernières années, mais la réalité dans nos villes est malheureusement différente. Les petites organisations qui ont à faire face à des forces violentes numériquement supérieures dans les rues sont maintenant réticentes à tenir ce qui serait autrement des petites réunions informelles et publiques sur des questions qui leur tiennent à cœur. La perspective de se trouver confrontées  éventuellement à la violence de rue joue un rôle dissuasif certain pour ces  organisations entièrement pacifiques et démocratiques, et entrave le processus démocratique tel qu’il s’est pratiqué au cours des dernières décennies.


Il est à noter que les lois actuelles sont généralement suffisantes pour faire face à ces problèmes. Par exemple, l’article 78:2 de la Constitution du Danemark, rend obligatoire pour les autorités de dissoudre les organisations qui utilisent des méthodes violentes et / ou d’autres moyens illégaux. Les problèmes énumérés dans le présent document peuvent en grande partie être résolus par l’application correcte et juste des lois existantes.


Comme indiqué dans l’Ordre du Jour Annoté, il s’agit d’une obligation positive pour les Etats participants :


Pourtant, les principes sous-tendant ce droit sont explicites: il devrait y avoir une présomption en faveur de la tenue d’assemblées, et l’Etat a l’obligation positive de protéger les réunions pacifiques.


En outre, l’obligation de protéger les messages de ces événements est mentionnée :


Bien que la liberté de réunion puisse être soumise à des restrictions raisonnables, celles-ci ne doivent pas interférer avec le message communiqué par l’assemblée [...]


Un exemple de la façon dont ce principe est ignoré, il a été ouvertement violé par les autorités allemandes à Düren, Rhénanie du Nord-Westphalie, le 8 mai 2012, quand la protection de la police a rendu l’événement lui-même en grande partie invisible aux citoyens dans les rues, ce qui annule sa destination. 


L’Alliance Internationale des Libertés Civiles recommande aux  États participants de l’OSCE d’accorder plus d’attention à l’intimidation et à la violence à motivation politique, afin de protéger la liberté d’association, de réunion et le processus démocratique. Citant l’Ordre du Jour Annoté:

 

Pour aider les États participants à la mise en œuvre de leurs engagements pour la liberté de réunion pacifique, ODIHR  a suivi des assemblées publiques dans 11 Etats participants de l’OSCE en 2011-2012.

 

ICLA recommande aux institutions de l’OSCE d’accroître cette activité :


Comme les problèmes de la liberté de réunion sont en augmentation, en particulier dans les Etats participants à l’ouest de Vienne, ICLA exhorte l’OSCE à augmenter de manière significative ses activités de surveillance dans ces pays. Une surveillance et des comptes rendus neutres s’avèrent urgents afin que les citoyens paisibles puissent en toute sécurité exercer leur droit à la liberté de réunion, tel que stipulé dans les principes de l’OSCE.


ICLA recommande aux Etats participants ce qui suit :


- Que les manifestations publiques dûment enregistrées auprès des autorités puissent toujours bénéficier d’une protection policière suffisante et neutre pour s’assurer que les événements se déroulent comme prévu, sans que les organisateurs ou les participants aient à craindre la violence avant, pendant ou après l’événement.


- Que les organismes d’application de la loi intensifient leurs efforts pour identifier rapidement et précisément la source de la violence lors de manifestations publiques, afin de traiter activement et immédiatement tout type de menace, et que les événements sous protection  puissent se dérouler comme prévu.


- Que les organisations qui participent à de tels événements, et visibles par leurs drapeaux, logos et cetera, soient tenues légalement responsables du désordre qui se déroule sous leurs bannières.


- Que les menaces et la violence contre les organisateurs et / ou leurs partenaires, fournisseurs, etc soient considérées comme politiquement motivées et réprimées de manière plus efficace par la loi.

Traduction Nancy VERDIER

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 14:48
L’ICLA et le Processus de Bruxelles contre la charia.

 

 

Depuis le lancement du Processus de Bruxelles de nombreuses personnes écrivent à l’ICLA pour nous encourager,  nous rejoindre ou nous poser des questions. Parmi ces questions en voici trois caractéristiques auxquelles j’ai tenu à répondre personnellement.

 

Questions :

 

- Comment le Processus de Bruxelles s’articule pour lutter contre les manœuvres orchestrées pour imposer le halal, le nikab, les prières de rue, le ramadan des chauffeurs de bus etc… ?

- De plus en plus des musulmans ne respectent plus la loi : Des femmes en Nikab refusent d’obtempérer aux forces de l’ordre, et comme par hasard une cinquantaine de musulmans surgissent alors de nul part pour donner des coup violents aux policiers. Ces musulmans sont bien entendu immédiatement relaxés par le parquet avec les excuses de l’état, car ils ont tout à fait le droit de désobéir et donner des coups aux policiers puisqu’ils sont musulmans. Comment le processus de Bruxelles peut-il agir contre ça ?

- Nos gouvernements encouragent à qui mieux mieux l’implantation musulmane en Europe, subventionnent des mosquées au mépris de la laïcité ou autorisent des mosquées quand les pays subventionneurs interdisent toute église dans leur propre pays au mépris de tout principe de réciprocité et de toute équité. Comment le processus de Bruxelles peut-il agir contre ça ?

 

Avant de répondre aux trois questions posées, il faut expliquer ce qu’est le Processus de Bruxelles.

 

Le « Processus » signifie dans ce cas une course d’action se développant dans le temps.

 

Bruxelles ne fut que le point de démarrage de ce Processus qui va avec le temps se développer et évoluer au fur et à mesure de l’évolution des choses. Ce n’est pas un objet figé, il va s’adapter aux sociétés dans lesquelles il va être introduit (comment imaginer les exactes mêmes mesures au Sénégal et en Angleterre ?) et aux évolutions qui ne manqueront pas de changer les donnes sociétales dans le futur (une mesure raisonnable à une époque ne sera peut être plus adaptée vingt ans plus tard).

 

Le Processus de Bruxelles donne une perspective stratégique globale claire : un monde sans charia.

 

Une telle perspective répond à celle de l’OCI qui est au contraire : un monde dominé par la charia.

 

Il est nécessaire de savoir où l’on va si on veut savoir quoi faire pour y aller.  Sans un but clairement identifié toute action n’est qu’agitation désordonnée.

 

L’OCI sait où il veut aller, nous aussi.

 

Les premières mesures proposées par l’ICLA dans le cadre du Processus de Bruxelles sont des mesures de première urgence : protéger la liberté d’expression, cesser de collaborer à sa destruction dans nos pays avec les ennemis de celle-ci.

 

Mais ce ne sont que les toutes premières mesures, le travail ne fait que commencer.

 

L’ICLA va se développer, créer des partenariats en Europe et dans le monde entier et pays par pays proposer des mesures  visant à prévenir l’introduction de la charia et à faire diminuer les pratiques liées à celle-ci. Mesures qui seront promues et proposées à l’adoption aux instances internationales, gouvernements, partis politiques, et acteurs locaux en fonction des capacités d’action de l’ICLA et de ses partenaires. Des actions « sur le terrain » seront bien sûr encouragées, elles sont indispensable à la reconquête du terrain perdu par nos démocraties.

 

Depuis des dizaines d’années nous subissons une ingénierie hostile provenant de l’étranger mais activement relayée par des acteurs issus de nos sociétés. Un travail d’analyse doit être réalisé, les actes nuisibles démontrés, les coupables et leurs complices identifiés et exposés. Seulement alors les dommages pourront être réparés, les mauvaises mesures supprimées et des politiques vertueuses et protectrices adoptées.

 

Alors, me direz-vous, quid des niqabs, des rebellions islamiques et d’une immigration musulmane incontrôlée ?

 

Que va faire le Processus de Bruxelles à propos de tout cela ?

 

Rien bien évidemment !

 

Parce que la vraie question est la suivante : « Et vous, qu’allez-vous faire pour le Processus de Bruxelles ? »

 

Le Processus de Bruxelles est une ligne d’action, une dynamique, exactement de la même manière que l’islamisation. Si cette ligne d’action n’est portée et poussée par personne elle n’ira nulle part.

 

L’islamisation est poussée par l’OCI, des milliards de dollars et d’euros y sont injectés, des milliers d’organisations y travaillent sans relâche, des millions de personne y consacrent une partie de leur temps et de leur argent. Voilà pourquoi elle progresse.

 

Et vous pensez que, par magie, le Processus de Bruxelles va vous sauver ? Sans que vous fassiez quoi que ce soit, sans que vous y consacriez une partie de votre argent, de votre temps et de votre énergie ?  Vos questions étaient-elles vraiment sérieuses ?

 

Le Processus de Bruxelles sera ce que ceux qui ne veulent pas de charia chez eux en feront.

 

Vous ne voulez pas de charia chez vous alors rejoignez  l'ICLA ou ses partenaires et créez vous-même les répondes à vos questions, travaillez à leur promotion, faites-les adopter par les acteurs politiques autour de vous et aidez à les mettre en œuvre. C’est comme ça que le Processus de Bruxelles va nous protéger de la charia et voilà la seule réponse possible et crédible.

 

Cala va-t-il vous coûter de l’argent, du temps et de l’énergie ?

 

Oui bien sûr ! Comme à nous tous dans l’ICLA. Mais c’est le prix à payer pour rester libres et pour épargner à nos enfants de payer un prix bien plus élevé que d’autres, ailleurs dans le monde sont déjà en train de payer.

 

Si vous pensiez que la Liberté était donnée gratuitement et se conservait sans efforts,  ouvrez les livres d’Histoire et réfléchissez-y encore.

 

Arrêtez de penser que les choses vont se faire toutes seules ou que les autres vont régler les problèmes pour vous, ce n’est pas comme cela que les choses se passent. Rejoignez-nous, devenez un acteur du Processus de Bruxelles.

 

Alain Wagner, président de l’ICLA


L’OCI pousse ses pions et ouvre un bureau à Bruxelles pour lutter contre l’islamophobie
europe4all-poster1Un pas de plus de l’OCI pour arriver à ses fins : limiter la liberté d’expression en Occident.

Le Secrétaire général de l’OCI prépare le terrain diplomatique pour convaincre les bureaucrates non élus de l’UE d’adopter une législation pénalisant tout discours « haineux » et limiter, par décret, la liberté d’expression de 500 millions de citoyens européens, y compris les politiciens démocratiquement élus, leur imposant ce qu’ils peuvent ou ne peuvent dire au sujet de l’Islam.

L’ OCI a officiellement inauguré à Bruxelles, le 25 juin dernier, une mission permanente d’observation, en présence de diplomates, de hauts fonctionnaires de l’UE et de dignitaires européens et musulmans.

Interdire tout stéréotype négatif de l’islam

L’objectif principal de l’OCI, financée par les pays islamiques à travers le monde, et dont le siège est en Arabie Saoudite, est de faire pression sur l’Europe et les Etats-Unis en leur faisant adopter des lois qui interdiraient tout « stéréotype négatif de l’islam. »

L’établissement d’une présence permanente de l’OCI à Bruxelles implique que le groupe a l’intention de redoubler ses efforts de lobbying visant à interdire toutes les formes d’«islamophobie», dans les 27 pays membres de l’UE, même si les restrictions sur la liberté d’expression, relatives à l’islam, y sont d’ores et déjà bien appliquées.

Lors de son discours inaugural, Mr Ihsanoglu a déclaré:

«Un intérêt croissant se manifeste au plus haut niveau de l’UE pour coopérer avec l’OCI [...] Je pense que nos relations avec l’UE sur les différents points à l’ordre du jour, que nous partageons, bénéficieront à chacun d’entre nous. Il y a un besoin vital de coopération entre le monde musulman et l’Europe, et l’OCI, en tant que voix collective du monde musulman, synonyme de modernisation et de modération, sera l’institution appropriée pour traiter avec l’UE « . (L’OCI regroupe certains des pays les plus rétrogrades et les plus féroces du monde musulman)

Eradiquer les « sensibilités inutiles »

Ihsanoglu – qui avait récemment déclaré dans une interview à Al Jazeera que sa mission principale était de lutter contre la persécution religieuse des musulmans en Occident, avait ajouté : «Nous devons lutter sérieusement contre l’islamophobie et renforcer davantage les liens entre le monde islamique et Europe, afin d’éradiquer les sensibilités inutiles. « 

Depuis la fin des années 90, l’OCI a fait la promotion du très (pervers) « processus d’Istanbul » dont Aymeric Caron s’est récemment fait le complice en niant son existence face à Véronique Genest dans l’émission On n’est pas couché, et qui vise à criminaliser toute critique de l’islam, en faisant inscrire dans le droit international une interdiction à l’échelle mondiale de toute critique de l’Islam et de la loi islamique, la charia.

Au cours des dernières années, l’OCI s’est engagée dans une offensive diplomatique, tous azimuts, dans le but de convaincre les démocraties occidentales à mettre en œuvre la résolution 16-18, et a appelé tous les pays à lutter contre « l’intolérance, les stéréotypes négatifs et la stigmatisation de la religion … et de la croyance. »

L’adoption de la Résolution 16-18, par le Conseil des Droits de l’Homme à Genève en Mars 2011 (avec le soutien de l’Administration Obama), en complément de la résolution 66-167, parrainée par l’OCI, qui avait été discrètement approuvée par l’Assemblée générale des 193 membres de l’ONU le 19 Décembre 2011, est considérée comme une étape importante dans les efforts de l’OCI pour faire progresser le concept juridique international de la diffamation de l’islam.

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L’OCI a marqué un autre coup diplomatique lorsque l’administration Obama a accepté d’accueillir une conférence de trois jours sur le Processus d’Istanbul à Washington DC. légitimant ainsi les revendications liberticides de l’OCI.

Afin de ne pas être en reste, l’UE a également organisé une conférence à Wilton Park à Londres, du 3 au 5 décembre 2012. Le but de l’événement était « d’arriver à une compréhension mutuelle de la résolution 16-18 du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur la lutte contre l’intolérance religieuse et sur la différence d’opinion en matière de liberté d’expression. »

Selon Ihsanoglu, l’offre de l’UE d’accueillir la réunion, qui a rassemblé des experts juridiques, des ONG, des représentants gouvernementaux, des universitaires, des législateurs et des éducateurs ainsi que des représentants de l’OCI, a représenté un «changement qualitatif » dans son attitude pour la lutte contre le phénomène de l’islamophobie.

L’OCI agacée par les critiques d’élus politiques

L’OCI a été particulièrement agacée par l’incapacité de l’UE à faire taire un nombre croissant d’hommes politiques européens démocratiquement élus qui ont exprimé leurs préoccupations sur le refus des immigrés musulmans à s’intégrer dans leur pays d’accueil et l’apparition de sociétés islamiques parallèles dans de nombreuses pays occidentaux.

Selon Ihsanoglu :

« l’islamophobie existe en l’Occident en général, mais se développe dans les pays européens en particulier et d’une manière différente qu’aux États-Unis, qui avait pourtant contribué à la rédaction de la résolution 16/18.

Cette nouvelle position européenne représente un progrès, par rapport à leur attitude plus réservée du passé, envers les tentatives de l’OCI pour lutter contre la «diffamation des religions» auprès du Conseil des droits de l’homme et de l’Assemblée générale des Nations Unies ».

Néanmoins, l’OCI a été incapable d’obtenir un soutien suffisant pour une loi globale sur le blasphème dans le cadre de l’ONU, et Ihsanoglu a annoncé en Octobre 2012 que l’OCI allait changer sa stratégie en faisant appel individuellement aux États-nations, afin de faire adopter la loi interdisant tout discours de haine à l’égard de l’islam.

L’OCI a également intensifié ses efforts pour criminaliser la critique de l’islam sur base de l’article 20 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) un traité multilatéral, qui fait partie de la Charte internationale des droits de l’homme.

L ‘article 20 du PIDCP stipule que le dénigrement des symboles ou de personnes sacrées d’une religion est une infraction pénale, et Ihsanoglu déplore sa non application par les Etats signataires.

En Janvier 2013, l’OCI avait organisé à Istanbul une réunion d’experts internationaux sur les droits juridiques et humains dans le but d’examiner toutes les options juridiques pour « interdire l’intolérance religieuse contre les musulmans. »

Dans son discours d’ouverture, Mr Ihsanoglu avait déclaré que cette réunion était une étape cruciale d’un processus multiforme, multi-faces, diplomatique et juridique contre ​​la campagne islamophobe, ayant pour sujets l’islam et son prophète.

Ihsanoglu avait ajouté : «Depuis le premier jour où j’ai pris mes fonctions, nous avons vu l’adoption de résolutions qui défendent l’islam et condamnent les attaques contre l’islam par l’Assemblée générale des Nations Unies et le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. »

L ‘OCI n’a pas l’intention d’abandonner la résolution 16-18 de l’ONU : «La question qui doit être discutée aujourd’hui par les sages est de savoir comment la résolution 16-18 sera mise en œuvre. Nous allons parler des sanctions à prendre au point de vue du droit international [...] quand des caricatures arrogantes seront dessinées et des films blasphématoires contre l’islam et/ou son prophète seront tournés et diffusés. » (NDLR : Interdit et sanctions : deux mamelles de l’islam).

Le 22 Janvier 2013, Ihsanoglu avait déclaré aux responsables britanniques qui assistaient, à Londres, à une réunion de haut niveau sur l’intolérance, que la question de l’islamophobie était de nos jours, de la plus haute importance, et «d’un intérêt vital». Il a encouragé l’Union européenne à réfléchir à ce problème et à trouver un terrain d’entente sur la lutte contre « l’intolérance et la discrimination des musulmans. ».

Visiblement, le génocide des Chrétiens et autres minorités non musulmanes dans certains pays membres de l’OCI n’est pas au programme de l’OCI sur la lutte contre l’intolérance et la discrimination.

S’adressant aux médias turcs, le 24 Juin dernier, avant la cérémonie d’ouverture à Bruxelles, Ihsanoglu avait mis en garde l’UE contre l’autorisation de tout discours qui pourrait être considéré comme hostile à l’islam.

Interdire l’utilisation du terme « terroriste islamique »

Par exemple, Ihsanoglu a exhorté l’UE à interdire l’utilisation du terme «terroriste islamique » (comme l’Administration Obama) et à le remplacer par le mot «djihadiste». Selon Ihsanoglu, « le jihad ne signifie pas nécessairement tuer l’autre». Il a également blâmé les Occidentaux d’avoir déformé la notion de jihad, pour l’appeler «guerre sainte». Il a dit que les érudits musulmans ont affirmé à plusieurs reprises que le mot jihad, mentionné dans le Coran, signifie simplement la « lutte » pour faire le bien et éliminer l’injustice, l’oppression et le mal de la société. (Belle taquyia. Ihsanoglu va-t-il expliquer cette délicate nuance aux « jihadistes » qui mènent le jihad en Syrie ?)

Pendant ce temps, l’OCI a organisé des colloques « anti-islamophobie» à travers l’Europe. Intitulé «les bavures contre l’islam et les musulmans dans les médias», le premier du genre a eu lieu à Bruxelles les 15 et 16 février 2012, et avait pour but de mettre en place des mécanismes d’information pour faire face aux campagnes diffamatoires contre l’Islam dans les médias.

Un autre organe de l’OCI appelé Organisation pour l’éducation, la science et la culture islamique (IESCO), a organisé un séminaire sur «la façon de traiter les images stéréotypées de l’islam dans les programmes de télévision européens. »

Le but de ce séminaire était d’aider les journalistes européens à identifier les caractéristiques des stéréotypes sur l’islam dans les programmes de télévision européens, mettre en évidence les dangers de la diffamation des religions, et clarifier la distinction entre la liberté d’expression et le droit à la différence culturelle, l’engagement de l’identité culturelle islamique et la lutte contre le racisme et la haine. (Le droit à la différence culturelle pour les musulmans, l’interdiction pour les non musulmans).

Selon Ihsanoglu, affirmer que l’islam est le problème, comme revendiqué dans le discours haineux de l’islamophobie, c’est nier les valeurs sublimes de l’Islam de paix, de compassion et de tolérance, et toutes les nobles vertus dont l’Islam est synonyme, depuis quatorze siècles : une civilisation tolérante, brillante et radieuse. (J’ai beau chercher, je ne vois aucun pays musulman qui corresponde à cette sublime définition)

Dans son dernier livre, intitulé L’Europe, la mondialisation et l’avènement du califat universel*, Bat Ye’or analyse en profondeur la relation opaque entre l’UE et l’OCI, qu’elle décrit comme une sorte de califat universel, exerçant un pouvoir important via l’UE, l’ONU et autres organisations internationales.

Une série de mesures visant à empêcher l’intégration des musulmans

Bat Ye’or y décrit un manuel de stratégie de l’OCI : «Stratégie de l’Action culturelle islamique en Occident», dans lequel l’OCI affirme que «les communautés d’immigrants musulmans en Europe font partie de la nation islamique» et recommande «une série de mesures visant à empêcher l’intégration et l’assimilation des musulmans dans la culture européenne. »

Selon Bat Ye’or, le califat est vivant et en pleine croissance en Europe. Il a avancé à travers la négation de dangers et l’obfuscation ou opacification de l’histoire. Il a progressé sur les tapis dorés dans les couloirs du dialogue, le réseau des Alliances et partenariats, dans la corruption de ses dirigeants, des intellectuels et des ONG, en particulier au sein des Nations Unies.

Lors du Sommet islamique, tenu au Caire le 12 Février 2013, les membres de l’OCI ont élu à l’unanimité Ivad bin Amin Madani.

Ce sera la première fois que l’OCI – qui se décrit comme le «seul et unique représentant officiel du monde musulman [...] le véritable porte-parole du monde musulman» – sera dirigé par un Saoudien, et selon de nombreux observateurs, l’OCI, sous la férule de Madani, deviendra encore plus extrémiste.

Pendant ce temps, Ihsanoglu continue à exhorter l’UE à accueillir l’islam en Europe, comme un membre de la famille et non en tant qu’invité. Il a déclaré que l’exclusion de l’Islam signifie ignorer le rôle influent de la civilisation islamique dans l’évolution de la civilisation occidentale.

Ils sont vraiment persuadés de la véracité de leurs mensonges, mais le plus grave, c’est qu’ils réussissent à convaincre les dirigeants européens de cette imposture, si bien que ce mythe devient une réalité pour de nombreux crédules.

Ihsanoglu parle de la « persécution des musulmans » en Occident. Quelle arrogance ! Les Chrétiens, les minorités non musulmanes persécutées, assassinées et considérées comme des souillures sur la terre islamique ? Pas un mot. Les génocides des non musulmans dans plusieurs pays membres de l’OCI ? Pas un mot. Les crimes, attentats terroristes quotidiens entre chiites et sunnites ? Pas un mot. 100 000 morts en Syrie, et le chiffre va doubler avant que le monde ne bouge ? Pas un mot non plus.

L’UE le sait, mais l’UE se tait, tout comme l’Administration Obama, qui, toutefois, exige des Chrétiens d’Egypte, par l’intermédiaire de son ambassadrice, qu’ils ne contestent pas les Frères musulmans.

Quant à l’apport de la brillante civilisation islamique à la civilisation occidentale, à part la barbarie, la cruauté, la violence, et ce depuis 14 siècles, jusqu’à aujourd’hui via l’immigration massive de musulmans, je ne vois que la destruction programmée de nos valeurs, de notre civilisation, la régression et le retour à l’obscurantisme, caractéristique de l’islam.

Chaque sondage dans chaque pays européen confirme le rejet de l’islam par toutes les populations, et une obstination de l’intensification de l’immigration par les élites et décideurs. Jusqu’à où, jusqu’au bout ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Rosaly pour www.Dreuz.info

Source : » OIC Opens Office in Brussels to Fight « Islamophobia » in Europe” by Soeren Kern (traduit, adapté et commenté par Rosaly)

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 19:49
  Voici la traduction de l’intervention d’Alexandre Del Valle. (merci à Jenny pour la traduction)

 

Le danger du Processus d’Istanbul (pdf)

Discours d’Alexandre Del Valle le 9 juillet 2012 à la Conférence de Bruxelles organisée par l’Alliance internationales des libertés civiles/ICLA, International Civil Liberties Alliance.

 

Je tiens à remercier le Parlement européen et l’ICLA de nous accueillir ici.
Et avant de faire mon propre discours, je tiens également à vous transmettre les excuses de Bat Ye’or qui ne peut pas être ici avec vous aujourd’hui parce que son mari, David Littman, est décédé récemment en Suisse à la suite d’une longue maladie. Je peux témoigner combien depuis vingt ans, David a été courageux et constant dans la défense des démocraties et dans la lutte pour la liberté d’expression au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies à Genève, contre les dictatures rouges-brunes-vertes. David nous a donné une leçon de courage et de dignité.

En effet, juste avant de mourir, et bien qu’il souffrait depuis deux ans d’un cancer massif, il a récemment publié son dernier livre consacré aux « Persécutions des Juifs sous l’Islam et dhimmitude ». Bat Ye’or elle-même, en dépit de la douleur causée par la maladie de son mari, a elle aussi récemment publié son dernier livre : La mondialisation, l’Europe et le califat à venir, publié aux Etats-Unis en 2011.

 

PLAN DE LA CONFÉRENCE

Le but de mon exposé est d’expliquer le rôle qu’a joué l’Organisation de la Coopération Islamique, l’OCI et ses quelques tentatives pour essayer d’interdire à travers le monde la liberté d’expression sur l’Islam.
1° Tout d’abord, je vais vous expliquer ce qu’est l’OCI et quels sont ses objectifs
2° Ensuite je développerai le concept fatal islamique de liberté de « diffamation des religions » soutenu par l’OCI et en partie par l’ONU
3° Je terminerai par le « Processus d’Istanbul » et la réaction occidentale contre le programme anti-liberté et théocratique de l’OCI.


Qu’est-ce que l’OCI et quels sont ses objectifs?

L’OCI est l’une des plus importantes organisations intergouvernementales du monde.
Elle regroupe 57 pays musulmans et vise à défendre les intérêts des musulmans et à développer une politique d’islamisation du monde entier.
Ses principaux dirigeants sont l’Arabie saoudite, le Pakistan, le Koweït, la Turquie, l’Égypte.

Les objectifs principaux de l’OCI sont :

  •  D’abord de ré-islamiser les pays musulmans et de soumettre les régimes musulmans et les populations à la charia. Dans ce cadre de la stratégie globale et théocratique de l’OCI, je pense que le “printemps arabe” a été un énorme succès pour les dictatures islamistes et pour l’OCI parce que de nombreux régimes laïques ont été destitués et la charia a progressé. C’est pourquoi je dis toujours que les premières victimes de l’islamisme radical sont les musulmans, les citoyens normaux musulmans, les musulmans combattants de la liberté, les femmes musulmanes, les musulmans laïcs et les minorités musulmanes souvent oubliées par l’Occident.
  •  Deuxièmement, d’islamiser l’Occident, en utilisant les immigrés musulmans et en empêchant leur intégration aux règles des non croyants occidentaux. (Ce que j’appelle volontiers ‘’l’apartheid islamique’’. C’est pourquoi, l’alliance occidentale aux régimes théocratiques sunnites tels que les dirigeants de l’OCI, est pour moi une alliance suicidaire.

Bien que divisées, les 4 principales tendances du programme d’islamisation mondiale de l’OCI que je décris dans mes livres (“Le totalitarisme islamique” – 2002 – et “Pourquoi les chrétiens sont assassinés dans le monde d’aujourd’hui, la nouvelle christianophobie” – 2011) ont en commun les objectifs impérialistes de l’OCI de soumettre le monde étape par étape.

Ces 4 partisans principaux de la charia et des groupes théocratiques qui combattent les démocraties laïques et les sociétés ouvertes dans le monde sont :
- le wahhabisme saoudien et le salafisme (à la tête de toutes les principales organisations islamiques sunnites, des ONG et des banques) ;
- les Frères Musulmans (nés en Egypte, mais puissants dans tous les pays arabes) ;
- le mouvement turc Milli Görüs (une sorte de Frères musulmans turco-néo-ottoman) et son AKP du gouvernement Erdogan à Ankara ;
- les sunnites Indo-pakistanais (qui par exemple soutiennent les Talibans, de nombreux groupes radicaux et terroristes partout dans le monde et de nombreuses associations intolérantes et radicales en Europe).

 

La Déclaration islamique des droits de l’homme

- La première victoire de l’OCI a été la proclamation en 1981 de la « Déclaration islamique universelle des droits de l’homme » visant à faire prévaloir la charia sur les lois laïques et sur la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
- En 1990 au Caire, l’OCI a adopté une nouvelle Déclaration « islamique universelle des droits de l’homme en Islam ».
Son Préambule insiste plus nettement sur la supériorité de la loi islamique sur les droits civils et sur la liberté d’expression.
Bien que ces deux Déclarations islamiques des droits de l’homme n’aient pas eu d’effet contraignant, cela constitue pour l’OCI une véritable victoire parce que l’ONU a légitimé ces Déclarations fondées sur la charia.


Le concept de «diffamation des religions» et l’islamophobie

La deuxième étape du plan de l’OCI a été mise en oeuvre avec succès à l’intérieur de l’Organisation des Nations Unies depuis 1999, date à laquelle l’OCI a commencé à promouvoir le concept de « diffamation des religions ».
Ce concept est une grave menace pour nos valeurs démocratiques car il vise, en tant que moyen d’« empêcher l’intolérance » et la haine religieuse, à restreindre la liberté d’expression.
Il compare étrangement le droit de critiquer l’islam – une religion – à un crime raciste et à la haine ethnique ou à l’insulte. Tout le monde sait et comprend que la religion n’est pas une race, mais la force et l’efficacité de cette confusion fabriquée à dessein par les activistes islamistes et leurs alliés gauchistes, est basée sur le fait que toute forme de critique contre l’islam est punie et ciblée en tant que « racisme », même en Europe.

 

Le rôle du Pakistan

A l’intérieur du Conseil de Droits de l’Homme des Nations Unies et de l’OCI, le Pakistan a été le promoteur le plus actif des résolutions destructrices de liberté et du concept étrange et dangereux de « l’islamophobie ».
En 1999, le Pakistan a présenté au CDH une résolution sur la « diffamation de l’islam » qui a ensuite été adaptée pour inclure toutes les religions (la « diffamation des religions »). Mais les textes adoptés par le CDH ne dénoncent clairement que « l’islamophobie », concept créé par l’ayatollah Khomeiny en 1990 pour justifier une condamnation à mort contre Salman Rushdie et après cela pour accuser et martyriser les soi-disant « occidentaux islamophobes ».


UNE ACCUSATION EN MIROIR

Un énorme paradoxe. Nous pouvons remarquer que les principaux partisans de la « diffamation de la religion » sont les États les plus intolérants et christianophobes du monde, comme l’Arabie saoudite ou le Pakistan !
Ces régimes totalitaires fanatiques qui tuent les « apostats » et persécutent les Chrétiens et les non-musulmans sont mal placés pour donner des leçons de morale aux démocraties !
Par exemple, rappelons que le Code pénal du Pakistan condamne à mort le blasphème, les blasphémateurs, les « apostats » et les minorités non musulmanes qui « insultent l’islam »ou sont prosélytes.
Le Pakistan est l’un des États les plus intolérants de la planète à l’égard des minorités chrétiennes. En effet, rappelons que récemment l’ancien ministre pakistanais chrétien, Shahbaz Bhatti a été tué en mars 2011 simplement parce qu’il a défendu Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour « blasphème » juste parce qu’elle a osé boire « de l’eau musulmane » alors qu’elle travaillait dans le champ avec des collègues musulmans qui l’ont dénoncée… Rappelons que seulement quelques semaines auparavant, un homme politique musulman modéré et tolérant, l’ancien Gouverneur du Penjab, a également été tué juste parce qu’il a affirmé l’innocence d’Asia Bibi et qu’il a demandé sa libération…

On peut voir le même « deux poids, deux mesures » au Conseil des droits de l’homme, (créé en juin 2006), qui condamne toujours l’« islamophobie » de l’occident, mais qui reste toujours silencieux sur les massacres commis de nos jours par des groupes ou des régimes radicaux islamistes contre les « païens », les « apostats », les musulmans libéraux, les Chrétiens ou les Hindous bouddhistes-au Pakistan, au Bengladesh, au Tchad, au Soudan, au Nigeria, au Pakistan ou en Egypte.
En effet, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU contrôlé par les pays islamiques et leurs alliés « anti-occidentaux rouges » au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et en Afrique (le groupe des non-alignés et ce que j’ai appelé l’alliance « rouges-bruns-verts des États voyous »), n’a jamais osé criminaliser la christianophobie…

 

Revenons au plan décennal liberticide de l’OCI

Pourtant en 2001, l’ancienne Commission des droits de l’homme avait adopté une résolution contre la « diffamation des religions » et « l’islamophobie ».
L’un des objectifs était d’adopter une résolution internationale contre l’islamophobie qui imposerait des sanctions dissuasives à ceux qui osent critiquer l’islam ou qui dénoncent la violence légale de la charia.
- En décembre 2005 une très importante « Résolution contre la diffamation des religions » a été prise par le Pakistan avant d’être présentée à l’Assemblée générale des Nations Unies.
- En mars 2007, une résolution non contraignante qui désignait l’islam comme la seule religion concernée a été acceptée à une majorité de 108 voix.

Le texte dénonçait le fait qu’après le 11 Septembre, l’islam était trop souvent associé au terrorisme, à la violence et aux violations des droits de l’homme.
Nous devons souligner cette stratégie perverse : au lieu de faire une auto critique et de combattre les racines de la charia de l’islamo-terrorisme, l’OCI a utilisé la tragédie du 11 Septembre comme nouveau prétexte pour culpabiliser l’Occident en l’accusant de « crucifier les musulmans » et en introduisant un « choc des civilisations ».
C’est aussi pourquoi les Nations Unies ont créé l’« Alliance des civilisations » pour lutter contre ce que Samuel Huntington a appelé le « choc des civilisations ».
En fait, ce que l’on appelle « Alliance des civilisations » concentre de nombreux groupes anti-démocratiques et des régimes islamiques comme l’Iran ou la Turquie, et les démocraties occidentales qui partagent une « politique d’apaisement » commune et une dhimmitude délibérée envers le monde islamique hostile et anti-occidental. Étrangement, l’occident se sent coupable de ce « choc des civilisations » attribué aux « néo-conservateurs américains » et aux défenseurs de l’Occident, mais les principaux responsables sont les états anti-démocratiques « rouges-bruns-verts » qui veulent détruire les droits de l’homme universels et les sociétés ouvertes en accusant l’Occident de tout et en diffusant une idéologie de haine contre la civilisation européenne et américaine elle-même.

En mars 2008, dans ce cadre de « post guerre froide » et anti-occidentale, une nouvelle étape, beaucoup plus grave, a été franchie lorsque la plus haute instance de l’ONU a adopté cette Résolution de l’OCI.
L’Assemblée générale a déclaré être profondément « blessée par la diffamation de la religion et de l’islam dans le monde entier et en particulier dans les démocraties occidentales » (en prétextant que les guerres d’Irak et d’Afghanistan étaient « islamophobes » et des « génocides » de musulmans), mais elle n’a pas dit un mot en soutien des Chrétiens massacrés dans le sud Soudan à la même époque.

Au nom de la conception subversive de la tolérance, l’OCI a demandé que les démocraties occidentales introduisent dans leur droit civil une pénalisation de « l’islamophobie ».
Comme l’a dit devant nous le grand penseur occidental Sir Karl Popper, la Tolérance a été utilisée par des Intolérants pour détruire les sociétés Tolérantes au nom de la Tolérance…
- En 2009, 23 pays ont voté en faveur de la Résolution.
- En 2010, une autre Résolution similaire a été adoptée par le Conseil des droits de l’homme (condamnant l’initiative populaire suisse interdisant les minarets).
- En juin 2010, prenant la parole au nom de l’OCI, le Pakistan a demandé au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU de prendre des mesures énergiques contre « l’islamophobie » en Occident.


2011 : Première victoire du camp de la liberté

Curieusement, en juin 2011, après de nombreuses années de résistance contre la conception de l’OCI de « diffamation des religions » et grâce à des gens comme David Littman et Roy Brown, un Comité du Conseil des droits de l’homme a décidé d’abandonner le concept de « diffamation des religions ».
Ce comité de l’ONU était composé de 18 experts indépendants « de haut niveau » qui ont conclu que les lois anti-blasphème telles que celles mises en oeuvre en Égypte, en Arabie Saoudite ou au Pakistan, sont en violation des Droits de l’homme.

 

La Résolution 16/18 de décembre 2011

Mais les concepts de « diffamation des religions » et d’« islamophobie » ont été reformulés par l’OCI et en d’autres termes, dans une nouvelle Résolution (appelée “16/18″) présentée au Conseil des Droits de l’homme et adoptée par consensus le 19 décembre 2011.
Cette Résolution 16/18 visait le même objectif liberticide, mais indirectement, en « luttant contre l’intolérance, les stéréotypes négatifs, la stigmatisation, la discrimination, l’incitation à la violence et à la violence contre des personnes en raison de leur religion ou de leur croyance ».
Elle n’emploie plus le terme « diffamation des religions », mais une autre expression plus astucieuse : « les bases de leur religion ou de leur croyance », ce qui veut dire en fait exactement la même chose. Cette nouvelle formulation insiste sur la protection des personnes et non plus sur la religion elle-même, ainsi qu’elle avait été rejetée.

 

Le « Processus d’Istanbul » contre la liberté de pensée et d’expression

Après cela, une nouvelle stratégie pour mettre en oeuvre la ‘’Résolution 16/18’’ a été conçue par le Secrétaire général turc de l’OCI, Ihsanoglu, qui décida de tenir une réunion internationale à Istanbul en juillet 2011.
Cette nouvelle « Conférence d’Istanbul » de l’OCI visait à interdire toute critique des religions et de l’islam sous le prétexte de combattre « l’intolérance contre les religions ».
Permettez-moi maintenant de vous citer le texte lui-même de l’OCI concernant cette nouvelle stratégie : La séance de ‘’brainstorming’’ d’Istanbul a permis de produire de nouvelles idées en faisant avancer de façon nouvelle la légalité de la notion de « diffamation des religions » sur le plan de l’actuel cadre des Droits de l’homme.
Le texte de l’OCI dit : “nous devons créer l’environnement nécessaire favorable à l’« interdiction de la diffamation des religions et l’incitation à la haine, à la violence et à la discrimination pour des motifs religieux » :
- « L’OCI s’est montré cohérent en soulignant l’importance des limites au droit à la liberté d’opinion et d’expression, dans un cadre structuré multilatéral et à la lumière des événements comme le brûlage du Coran, selon le « test des conséquence ».

 

Qu’est-ce que le « Test des conséquences ? »

C’est un concept très dangereux, car il ne rend pas coupable de violence islamique les fanatiques musulmans qui tuent les intellectuels anti-islam, mais les caricaturistes ou les islamophobes eux-mêmes, comme les caricaturistes danois ou Theo Van Gogh ; tous ceux qui « provoquent » la réaction violente des musulmans en « blessant leurs croyances ».
« Nous appelons à une prise de conscience mondiale sur les implications (conséquences) dangereuses de la montée de l’islamophobie sur la paix et la sécurité mondiales. Nous insistons sur la nécessité de développer à l’ONU, y compris au Conseil des Droits de l’homme, un instrument institutionnel juridiquement contraignant afin de promouvoir le respect de toutes les religions et les valeurs culturelles et de prévenir l’intolérance, la discrimination et l’incitation à la haine contre un groupe ou les adeptes d’une religion ».

Après la première réunion d’Istanbul du 12 au 14 décembre 2011, l’OCI a rencontré à Washington l’administration Obama afin de convaincre le président américain Barak Obama à adhérer à ce « Processus d’Istanbul » et à mettre en oeuvre la Résolution 16/18 adoptée le 24 mars 2011 à Genève.
Avec l’approbation verbale officielle d’Hillary Clinton, l’OCI a marqué un coup diplomatique important.
Maintenant, à la suite de l’administration Obama, l’Union européenne envisage désormais d’accueillir la prochaine réunion du Processus d’Istanbul, programmée pour juillet 2012.

 

Qu’en est-il de l’Union européenne ? Que pouvons-nous faire ?

Tout d’abord, l’Europe DOIT DIRE NON à une quelconque limitation ou pénalisation du droit de critiquer une religion !
Même en tant que croyant, jamais je ne soutiendrai une loi qui limite le droit de quiconque de critiquer ma religion, parce que chacun doit pouvoir exprimer sa propre réflexion sur une idéologie ou une religion.
Nous pouvons et nous devons bloquer ce processus, car il a été bloqué une fois en 2010-2011.
Cela doit être arrêté par les démocrates, par les combattants de la liberté, par les dirigeants laïques, par les défenseurs des droits de l’homme, à l’ONU, l’UE, etc.
Je pense que les membres du Parlement européen peuvent jouer un rôle très efficace en rejetant cette nouvelle étape du plan de l’OCI tuant la liberté.

 

Crucifier ceux qui crucifient ! L’émergence d’une nouvelle rhétorique.

Deuxièmement, nous devons utiliser les mêmes armes efficaces que celles des islamistes radicaux, celles des stratèges de l’OCI et de leurs alliés politiquement correctes « gauchistes » ou “goodists”/bien-pensants.
Comment ? En s’impliquant davantage dans la « sémantique » ou le « combat verbal ». Parce que depuis le début de l’humanité et depuis que les hommes parlent, celui qui contrôle les mots contrôle les esprits par des mots-clés. En raison des liens étroits entre le cerveau et les mots, cette « guerre sémantique » conduit à une « guerre psychologique ». C’est pour cela que les gauchistes et les islamistes sont très efficaces lorsqu’ils utilisent ce que j’appelle « les armes neuro-sémantiques » qui visent à culpabiliser leurs ennemis en les crucifiant, en les ciblant et en se présentant comme des « victimes », « bonnes » ou « des résistants anti -fascistes »… Nous savons tous combien c’est de l’imposture et c’est mensonger, mais leur guerre sémantique est efficace depuis les années 1960… et paralyse le vieil Occident et l’Europe qui se sent coupable de son passé et de son présent.
Dans ce contexte, nous pouvons aussi, principalement par la contre-accusation (ne jamais justifier, toujours accuser), contrecarrer cette offensive islamo-gauchiste de pénaliser « l’islamophobie » et de crucifier « l’intolérant » ou « le fasciste-raciste » occidental.

1° Tout d’abord, bien que beaucoup d’entre nous soient laïques, non-chrétiens, non-musulmans, juifs ou athées, nous devons agir avec les mêmes armes que l’OCI en accusant les pays islamiques de persécuter, de tuer, de mettre en prison, ou de massacrer les chrétiens, les non-musulmans, les musulmans libéraux-apostats, et montrer à l’ONU, à l’UE et à tous les organismes internationaux, que les pays musulmans et l’OCI, tout simplement reprochent l’islamophobie occidentale et sanctionnent les critiques de l’islam afin de cacher le fait qu’ils persécutent leurs minorités. Cette accusation miroir reposant sur le camouflage de leur christianophobie en accusant l’Occident d’être « islamophobe » a pour but d’éviter toute réaction des non-musulmans à l’encontre du but islamique de l’OCI de conquérir et d’islamiser l’humanité.

 

Revenir sur leur stratégie de Reductio ad Hitlerum…

2° Deuxièmement, nous devons utiliser ou « retourner » à nos adversaires ce que l’important philosophe germano-américain juif, Leo Strauss appelait en 1953, le ‘’Reductio ad Hitlerum’’. Le ‘’Reductio ad Hitlerum’’ consiste à reprocher, à diaboliser et à démolir l’autre en l’accusant d’être « fasciste, nazi », raciste, ou agissant comme des nazis, etc.
Contre cette accusation islamo-gauchiste permanente, nous devrions plus souvent rappeler l’importante alliance entre le mouvement palestinien, les Frères musulmans, les régimes arabo-musulmans et les nazis, les néo-nazis et les « négationnistes » depuis les années 1930 jusqu’à maintenant. Nous devrions rappeler que les Frères musulmans, l’ancien président égyptien Abdel Nasser et de nombreux partis politiques islamistes comme le Hamas, ont admiré ou admirent encore le Grand Mufti de Jérusalem, le chef arabo-islamiste le plus important qui était un ami personnel et un allié d’Hitler.
Nous devons répondre que l’Arabie saoudite, l’Iran, le Liban, la Syrie, l’Irak, le Pakistan, le Hezbollah, le Hamas et même la Turquie « pro-occidentale » sont, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les principaux promoteurs du négationnisme, du nazisme, des publications antisémites, des doctrines et des idées de haine.
Nous devons montrer que lorsque les islamistes et leurs alliés gauchistes pro-Hamas et pro-Hezbollah se présentent comme « les nouveaux juifs » persécutés par le « nouvel Etat nazi israélien » et par leurs « alliés impérialistes américains », ils ne font qu’insulter l’Holocauste juif, la mémoire juive et l’histoire juive.

La conclusion et la réalité c’est que l’islamisme radical est le nouveau nazisme, le Troisième Totalitarisme, le Nouveau Fascisme mondial, le système de haine le plus efficace, le totalitarisme antisémite le plus terrible, l’idéologie la plus raciste et la plus impérialiste. Et les premières victimes de cette idéologie de Destruction massive sont tout d’abord les musulmans qui vivent sous la menace et la terreur, deuxièmement les chrétiens et les minorités non-musulmanes.

Au contraire, les combattants de la liberté anti-djihad, les partisans d’Asia Bibi, les combattants anti-charia qui veulent libérer les musulmans et les non-musulmans vivant sous des régimes totalitaires sont les vrais nouveaux Résistants. Ils ne sont pas antimusulmans, mais ils sont pour des sociétés ouvertes, pour la tolérance et ils se battent contre tout type de nouveau fascisme et de dictature, même si ce nouveau fascisme se cache derrière une religion.

Nous devons être sûrs de nous-mêmes. Maintenant les sociétés ouvertes doivent cesser de se justifier. Au contraire, nous devons réagir et faire qu’ils se sentent coupables. Nous devons demander à leurs gouvernements qu’ils s’excusent pour les génocides et les crimes qu’ils accomplissent contre tant de Chrétiens, de ‘’païens’’, d’athées, ‘’d’apostats’’, de ‘’blasphémateurs’’ en Arabie Saoudite, en Turquie, en Irak, en Égypte, au Pakistan, au Soudan ou au Nigeria.

 

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Elisabeth Sabaditch-Wolff (Autriche)  Alexandre del Valle & Alain Wagner (France)

 

Essayiste, Géopolitologue, co-fondateur de l’Observatoire géopolitique de la Méditerranée (basé à Chypre) ; Membre du Conseil de Rédaction de la Revue française de Géopolitique Outre Terre, Alexandre Del Valle inscrit toutes ses études, interventions et écrits dans le cadre de la démarche géopolitique qui consiste à étudier « les rivalités de pouvoirs autour des territoires ou ressources », ainsi que les « représentations » développées par les acteurs en lice.

 

Alexandre del Valle est avant tout un chercheur libre et indépendant, à l’image de la géopolitique, qui est une démarche analytique étrangère au manichéisme, au parti-pris et à l’ostracisme.

Fils de Pieds Noirs (mère espagnole d’une famille antifranquiste réfugiée à Oran ; père Italien de Tunisie), del Valle est né et a vécu les premières années de sa vie dans le Sud de la France (PACA), il a réalisé la majeure partie de ses études à Aix-en-Provence (Institut d’Etudes Politiques), ainsi que deux années complémentaires à Milan (Facoltà di Scienze Politiche di Milano) et à Science Po-Paris (Prépa ENA).

 

Foncièrement « méditerranéen », Alexandre del Valle s’est vite spécialisé dans la géopolitique du Monde arabo-musulman. Ayant découvert le Liban au début des années 90 dans le cadre de missions humanitaires et d’études, il a commencé à écrire sur le conflit libanais et les minorités juives et chrétiennes en Terre d’Islam avant de se pencher sur la montée de l’Islamisme radical dont il fut un des premiers à souligner la menace dans le cadre du monde de l’Après Guerre froide.

Depuis quelques années, les travaux d’Alexandre del Valle sont consacrés à l’étude des mouvements révolutionnaires et totalitaires (« Rouges-Bruns et Verts »), du terrorisme, puis des grands phénomènes de Désinformation géopolitique (« Guerre des Représentations »).

 

• Doctorat de géopolitique à la Sorbonne (Paris IV), recherches sur « les nouveaux phénomènes révolutionnaires et totalitaires » (Rouge Brun Vert) dans le cadre de l’Observatoire Géopolitique et de Recherches européennes (OGRE).
• Diplôme d’Etudes Approfondies, Histoire Militaire -Sécurité -Défense, Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-provence/Université Montpellier III.
• DEA européen d’Histoire des Doctrines politiques et des institutions Politiques, université de Sciences Politiques de Milan/IEP d’Aix-en-Provence.
• Diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, section Relations Internationales. Mémoire sur « Le maronitisme politique et le Liban moderne».


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Retrouvez la tribune d’Alexandre  del Valle de cette semaine sur Atlantico*
 

Depuis que le scandale autour du film islamophobe L’innocence des musulmans a éclaté à l’occasion de l’anniversaire du 11 septembre sur une chaîne islamiste égyptienne, beaucoup d’encre et de sang ont coulé. Les fanatiques salafistes ont ressuscité un film (au départ passé totalement inaperçu) attribué à un américano-égyptien, qui a lui-même tenté de le faire endosser par des “donateurs juifs sionistes”. Cette version a naturellement trouvé un écho favorable chez les islamistes, adeptes de théories conspirationnistes, qui rendent juifs et Américains responsables de tous les maux des musulmans.

La suite est connue qu’elle se soit déroulée à Benghazi (Libye), en Egypte, en Tunisie, au Yémen ou en Allemagne. Très vite, on est passé de l’antijudaïsme et de l’anti-américanisme à une haine antioccidentale généralisée. Au Pakistan, des “blancs” ont été attaqués, menacés ou insultés juste parce qu’ils avaient des faciès d’Occidentaux.

Ceci dit, et contrairement à ce qu’ont laissé croire les médias, meilleures caisses de résonance des islamistes, peu de mobilisations massives ont réellement eu lieu, excepté celles organisées au Pakistan par les partisans de la peine de mort pour le blasphème, puis au Liban, à l’appel du Hezbollah chiite. Il est vrai que la République islamique iranienne chiite, parraine de ce dernier, refuse de se faire voler la vedette dans la lutte antioccidentale et la chasse à “l’islamophobie” : un Ayatollah a donc opportunément ressuscité l’affaire Salman Rushdie en portant à 3 millions de dollars le contrat mis sur la tête de l’auteur des Versets sataniques.

 

Et l’Ayatollah Khomeiny inventa l’expression “d’islamophobie”

Rappelons que c’est l’Ayatollah Khomeiny qui lança en 1989 l’expression “d’islamophobie” et qui testa le premier les capacités de réaction (et de soumission) de cet Occident qu’il méprisait et jugeait lâche. A l’époque déjà, plutôt que de défendre en bloc Salman Rushdie, les responsables politiques et religieux occidentaux se désolidarisèrent des propos “blasphématoires” de l’écrivain, jugés responsables de la “colère” des fous de Dieux qui tuèrent d’ailleurs le traducteur japonais des Versets Sataniques.

Quelques années plus tard, les dirigeants occidentaux et les médias se désolidarisèrent d’une autre Voltaire du monde musulman, la Somalienne “apostat” Ayaan Hirsi Ali, devenue députée hollandaise, puis de Théo Van Gogh, qui produisit avec elle le filmSubmission qui “offensait les musulmans”. Ces deux “islamophobes” furent accusés d’avoir “provoqué” l’ire de leurs bourreaux, et Van Gogh fut assassiné en pleine rue par un islamiste hollandais d’origine marocaine proche d’Al-Qaïda, Mohammed Bouyeri, tandis que Hirsi Ali dut s’exiler aux Etats-Unis pour fuir les menaces de mort…

Depuis lors, intimidé par le fanatisme et tenu par ses “alliés” musulmans producteurs de pétrole (et / ou protecteurs des Talibans et d’Al-Qaïda comme le Pakistan ou l’Arabie saoudite), l’Occident a systématiquement abdiqué face aux offensives-tests des partisans de la censure islamiste désireux de répandre l’esprit de la charia et de la “dhimmitude” en l’Occident. Citons les déclarations officielles des dirigeants américains et européens (excepté l’Italie et le Danemark) condamnant les caricaturistes danois de Mahomet (du journal Jyllands-Posten, en 2005) et les propos mal compris du Pape Benoît XVI sur l’islam tirés du discours Foi, raison et université (septembre 2006).

Plus récemment, le film anti-islam, L’Innocence des Musulmans et les énièmes caricatures de Mahomet diffusées par Charlie Hebdo ont été officiellement condamnés par Barack Obama et Hillary Clinton, jusque dans des spots publicitaires diffusés en boucle dans les télévisions du Pakistan… Déjà en 2009, dans son discours du Caire, plutôt que de demander amicalement aux Etats musulmans de combattre les jurisprudences le plus liberticides de la charia et les persécutions des minorités, Barack Obama prononça un discours totalement déresponsabilisant et victimisant pour les Musulmans mais qui culpabilisait en revanche la supposée “islamophobie” de l’Occident et vantait les “Lumières de l’Islam” sans jamais oser parler de réciprocité dans la tolérance.

Dorénavant, les grands médias et responsables occidentaux renvoient dos à dos les caricaturistes pacifiques et les islamistes terroristes, comme si les premiers étaient comparables à des fanatiques qui trouvent toujours un prétexte pour étancher leur soif de sang et atteindre leurs objectifs liberticides. Dans le pays de Voltaire, où le droit au blasphème s’exerce contre l’Eglise catholique sans jamais être dénoncé officiellement, le Premier ministre Jean Marc Ayrault et le Quai d’Orsay ont fait une exception pour l’islam en désavouant les caricaturistes. Renouant avec l’esprit munichois, les Occidentaux vont souvent encore plus loin que certains officiels et médias arabo-musulmans qui ont parfois bien plus clairement que leurs confrères occidentaux refusé d’analyser les violences obscurantistes comme des “réactions à l’offense” (voir les éditos courageux d’Al Sharq al Awsat, de L’Orient le Jour, ou de Tahar Ben Jelloun et du tunisien Abdelwahhab Medeb).

Pétris de mauvaise conscience d’ex-colonisateurs, les médias, clergés et politiques européens sont tombés dans le double piège tendu par les islamistes : celui des fanatiques qui intimident en tuant ; et celui des interlocuteurs islamiques officiels, qui assortissent le rejet des violences à une exigence de pénalisation de “l’islamophobie”.

 

Le “jihad juridique” de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) et des Frères musulmans

Ainsi, pour calmer la “colère” des uns et satisfaire les requêtes liberticides des autres, les responsables occidentaux s’excusent collectivement pour des actes “islamophobes” commis par quelques uns, alors que ni les gouvernements ni les masses d’Occident n’en sont d’aucune façon justiciables. En reculant de la sorte, ils reconnaissent de facto la nécessité de limiter la liberté d’expression. Erreur stratégique majeure, car en condamnant les journalistes ou scénaristes qui “provoquent” la colère des islamistes, ils incitent ces nouveaux censeurs à exiger toujours plus.

C’est ainsi que Mahmoud Gozlan, porte-parole des Frères musulmans, tout en saluant les critiques du gouvernement français envers Charlie Hebdo, a immédiatement invité la France à adopter des lois pour pénaliser l’islamophobie, osant même dresser un parallèle avec les lois mémorielles condamnant le négationnisme et l’antisémitisme : “Quiconque doute de l’existence de l’Holocauste est emprisonné, mais si quelqu’un insulte le Prophète, ses compagnons ou l’Islam, le maximum que fasse (la France) est de présenter ses excuses en deux mots. Ce n’est ni juste ni logique”, a lancé Mahmoud Gozlan. “Nous rejetons et condamnons les caricatures françaises qui déshonorent le Prophète et nous condamnons toute action qui diffame le sacré”, a déclaré quant à lui, Essam al Erian, haut responsable du Parti liberté et justice (PJD, Frère musulman) au pouvoir en Egypte, exigeant que la justice française “s’attaque au problème avec autant de fermeté que pour les photos seins nus de la duchesse de Cambridge, Kate Middleton”, publiées dans Closer.

Dans ce processus de renversement des responsabilités à des fins liberticides, l’organisation de la Coopération islamique (OCI), plus grande organisation intergouvernementale après l’ONU, regroupant 57 pays musulmans et dont l’Arabie saoudite, le Pakistan, la Turquie et l’Egypte sont les leaders, joue un rôle capital à l’échelle mondiale. Sous couvert de “défense des minorités musulmanes menacées”, l’OCI use de son influence pour empêcher l’intégration des immigrés musulmans d’Occident, pris en otage par les barbus et abandonnés par nos gouvernements capitulards qui les confient depuis des années aux prédicateurs étrangers et aux Etats islamiques “alliés” qui combattent tout prosélytisme chrétien chez eux et refusent toute réciprocité mais répandent la “vraie foi” en Europe et ailleurs…

§  Pour entériner cette absence totale de réciprocité et imposer la suprématie de la charia sur la conception laïque et universelle des droits de l’homme, en 1981 et en 1990, l’OCI a proclamé deux “Déclarations islamiques universelles des droits de l’homme” faisant prévaloir l’esprit de la Charia et limitant la liberté religieuse (condamnation du blasphème et du droit à choisir sa religion). Et depuis 1999, l’OCI a tenté de faire transcrire dans le droit international, notamment au sein des Nation Unies, les concepts de “diffamation des religions” et d’”islamophobie”, véritables armes de guerre juridiques contre la liberté d’expression et pour promouvoir la Charia dans le monde. 

Comble du paradoxe : les principaux Etats partisans de la pénalisation de l’islamophobie au sein de l’OCI sont les plus christianophobes ou les plus intolérants : Arabie saoudite, Soudan, Pakistan ou Turquie (candidate à l’entrée dans l’UE mais niant toujours le génocide d’un million et demi de chrétiens arméniens et araméens…) Rappelons qu’à l’intérieur de l’OCI et du Conseil de Droits de l’Homme de l’ONU (CDH), le plus virulent promoteur de la pénalisation de l’islamophobie, le Pakistan, persécute officiellement ses minorités à travers un Code pénal qui condamne à mort les “blasphémateurs” ou les prosélytes chrétiens qui “insultent l’islam”. Rappelons qu’en 2011, l’ancien ministre pakistanais des minorités, chrétien, Shahbaz Bhatti, puis l’ancien gouverneur du Penjab, musulman, furent tués pour avoir proposé l’abolition de la loi sur le blasphème et demandé la libération de la célèbre mère de famille chrétienne condamnée à mort pour blasphème, Asia Bibi. C’est ce même Etat qui, en 1999, présenta au CDH une résolution sur la “diffamation de l’islam” (édulcorée ensuite en “diffamation des religions”).

Même “deux poids, deux mesures” au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, où l’”islamophobie” de l’Occident est officiellement condamnée, alors que les persécutions des chrétiens et des autres minorités au Pakistan, en Arabie saoudite, au Soudan, au Nigeria ou en Egypte sont systématiquement niées avec la complicité des pays occidentaux qui n’interviennent dans ces instances que pour sanctionner les pays (en général pro-Russes et pro-Chinois ou pro-Iraniens) qui menacent leurs intérêts stratégiques et pétroliers, et qui épargnent toujours les monarchies esclavagistes sunnites “alliées” du Golfe ou du Pakistan qui persécutent les chrétiens et les chiites…

Grâce à cette inversion des responsabilités, on observe que depuis le 11 septembre 2001, non seulement les Etats islamiques les plus liés aux Talibans et à Al-Qaïda (Arabie saoudite, Egypte, Afghanistan et Pakistan) n’ont toujours pas entrepris leur nécessaire autocritique, mais ils ont été auto-exonérés de combattre les racines idéologico-théologiques du totalitarisme islamiste (qu’ils favorisent dans leurs chancelleries et madrasas) en accusant Occidentaux et “sionistes” de “persécuter” les musulmans et de soi-disant  ”salir l’islam”.

Ainsi, en mars 2008, après trois années de violences islamistes en “réaction” aux “caricatures” de Mahomet ou au discours “islamophobe” de Benoît XVI, l’ONU adopta une résolution de l’OCI condamnant la “diffamation des religions” (en fait de l’islam). L’Assemblée générale se déclara “profondément blessée par la diffamation de la religion et de l’islam dans le monde entier et en particulier dans les démocraties occidentales”, en prétextant que les guerres d’Irak et d’Afghanistan étaient des “génocides” de musulmans, mais elle passa totalement sous silence les massacres de chrétiens dans le sud Soudan ou ailleurs…

L’OCI exigea que les démocraties occidentales pénalisent l’”islamophobie”. En 2010, une autre Résolution fut adoptée par le CDH condamnant l’initiative populaire suisse interdisant les minarets. En juin 2011, un Comité du Conseil des droits de l’homme décida d’abandonner le concept de “diffamation des religions”, en rappelant que les lois anti-blasphème comme celles en vigueur en Égypte, en Arabie Saoudite ou au Pakistan violent les Droits de l’homme.

Mais ce concept liberticide fut reformulé par l’OCI avec la Résolution “16/18″ adoptée le 19 décembre 2011 au Conseil des Droits de l’homme, résolution qui combattait “l’intolérance, les stéréotypes négatifs, la stigmatisation, la discrimination, l’incitation à la violence contre des personnes en raison de leur religion ou de leur croyance”.

 

Le “Processus d’Istanbul”à l’assaut de la liberté d’expression

La nouvelle stratégie pour appliquer la ‘’Résolution 16/18’’ fut conçue par le Secrétaire général de l’OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu (diplomate turc nommé par le parti islamiste AKP au pouvoir à Ankara), lors d’une réunion internationale de l’OCI organisée à Istanbul en juillet 2011. Cette “Conférence d’Istanbul” appelait à interdire toute critique de l’islam sous le prétexte de combattre “l’intolérance contre les religions”. Elle permit de faire avancer de façon nouvelle la notion de “diffamation des religions” appliquée aux Droits de l’homme.

Le texte de l’OCI invitait à “créer l’environnement nécessaire favorable à l’interdiction de la diffamation des religions et l’incitation à la haine, à la violence et à la discrimination pour des motifs religieux (…) soulignant l’importance des limites au droit à la liberté d’opinion et d’expression, dans un cadre structuré multilatéral et à la lumière des événements comme le brûlage du Coran, selon le test des conséquences”.

Or ce concept très dangereux, qui nous ramène à l’actualité des caricatures de Mahomet et du film anti-islam, repose sur une formidable inversion des responsabilités : il ne rend pas les fanatiques responsables des violences mais les caricaturistes eux-mêmes, accusés de “provoquer” les réactions violentes des islamistes, simples “conséquences” de l’islamophobie, d’où l’impératif de la punir légalement. La “Déclaration d’Istanbul” alerte le monde à propos “des implications (conséquences) dangereuses de la montée de l’islamophobie sur la paix et la sécurité mondiales. Nous insistons sur la nécessité de développer à l’ONU, y compris au Conseil des Droits de l’homme, un instrument institutionnel juridiquement contraignant afin de promouvoir le respect de toutes les religions et les valeurs culturelles et de prévenir l’intolérance, la discrimination et l’incitation à la haine contre un groupe ou les adeptes d’une religion”. Après la première réunion d’Istanbul du 12 au 14 décembre 2011, l’OCI rencontra à Washington l’Administration Obama afin de convaincre le Président américain d’adhérer au “Processus d’Istanbul ” et de mettre en oeuvre la Résolution 16/18 de 2011.

Avec l’approbation officielle d’Hillary Clinton, l’OCI marqua un coup diplomatique majeur. Désormais, c’est l’Union européenne qui envisage d’accueillir la prochaine réunion du “Processus d’Istanbul”.  

Les démocraties du monde entier doivent refuser toute forme de limitation ou de pénalisation du droit d’expression, y compris celui de critiquer les religions, même les plus “susceptibles”. Car certains principes universels ne sont ni négociables ni “adaptables” en fonction des cultures religieuses, ou alors il faudrait admettre le sacrifice humain, l’esclavagisme ou l’infériorité des sous-castes sous prétexte qu’ils sont permis dans certaines religions. Il convient donc de retourner contre les fanatiques les mêmes armes redoutables qu’ils utilisent pour accabler les démocraties laïques, en rappelant notamment que nombre de pays de l’OCI persécutent ou tuent les non-musulmans, les musulmans libéraux et les incroyants en toute impunité. Les démocraties occidentales, de culture judéo-chrétienne, doivent agir elles-aussi au sein des Nations unies afin de dénoncer l’accusation-miroir de l’OCI qui reproche “l’islamophobie” de l’Occident mais cautionne la christianophobie islamique légitimée par les “lois anti-blasphème” ou “anti-prosélytisme”.

La triste réalité est que l’islamisme radical antioccidental, tel que conçu et diffusé jusque dans les banlieues européennes par les prédicateurs salafistes formés dans des pays soi-disant “alliés”(Pakistan, Arabie saoudite, etc), est le système de haine globale le plus combattif et efficace, l’idéologie totalitaire antisémite et christianophobe la plus en vogue. Partout, ce “fascisme vert” anti-occidental progresse grâce à la peur qu’il suscite et à la violence qu’il déploie. Et ceci doit hélas beaucoup aux médias occidentaux qui font plus d’audimat avec les barbus fanatiques qu’avec des musulmans libéraux… Or, d’évidence, les premières victimes de ce “fascisme religieux” sont les minorités et les musulmans modérés, qui vivent sous la menace et la terreur permanentes. Un phénomène croissant que le “Printemps arabe” (vite devenu un “hiver islamiste”) n’a pas endigué, mais plutôt accéléré. Car de Rabat à Sanaa, en passant par Tunis, Damas ou Bagdad, la source de légitimité du pouvoir est la Charià, qui, lorsqu’elle est appliquée dans sa version orthodoxe ou radicale, n’est jamais une bonne chose pour les minorités et les adeptes de la liberté…

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 14:55

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« Et bien oui, nous sommes des barbares. C’est un titre d’honneur. Nous sommes ceux qui rajeuniront le monde. Le monde actuel est près de sa fin. Notre tâche est de le saccager. »

Extrait de H. Rauschning, Hitler m’a dit, Somogy, 1979

 

Le NSDAP ou Parti socialiste national des travailleurs allemands a été fondé par Hitler en 1923. Il résulte la fusion du Parti ouvrier allemand (distinct du Parti social démocrate de Marx, de Lénine et de l’Internationale ouvrière) et du Parti nationaliste. La doctrine officielle du NSDAP est exprimée dans le nom Nationalsozialismus.

C’est un mot composé formé de l’adjectif national suivi du nom Sozialismus. L’adjectif est épithète du nom : il le qualifie en prédiquant (id est attribuant) la qualité de national au socialisme que le nom désigne. En français, l’ordre dans lequel les adjectifs et les noms se suivent est différent de celui qui prévaut en allemand. En allemand, l’adjectif se place avant le nom ; en français, il se place après. Le mot Nationalsozialismus aurait dû être traduit en français par socialisme national. Il n’a été que transposé en national-socialisme. De fait, le sens a été déformé. En effet, dans la doctrine du NSDAP, ce n’est pas le nationalisme qui est social, mais c’est le socialisme qui est national. Il y a un abîme entre les deux formulations. Dans les mots français national-socialisme, la réalité du socialisme national est en partie occultée. En allemand, le Nationalsozialismus est un socialisme, alors qu’en français, c’est un nationalisme.

La manipulation consiste à gommer la réalité de cette idéologie sous une dénomination hybride ou chimérique.


HITLER M'A DIT


http://libertariens.chez.com/rauschning.jpgLa lecture du livre d'Hermann Rauschning " Hitler m'a dit " permet de mieux comprendre la véritable nature du nazisme.

Je cite donc dans ce qui suit des parties de son livre, les guillemets correspondants à des commentaires de Rauschning lui-même ou à des propos tenus par Hitler, et enfin à une définition de Wikipedia.

 

Une doctrine d'extrême gauche

La première impression à cette lecture doit conduire le néophyte à remettre en cause la classification politique de la doctrine hitlérienne. En effet, le nazisme est habituellement présenté comme une doctrine d'extrême droite. On peut cependant se demander ce qu'extrême droite signifie véritablement puisque le nazisme est un communisme achevé dont l'objectif est la création d'une fourmilière humaine. Si la droite justifie les libertés individuelles et la loi du marché, alors le nazisme ne peut se classer à l'extrême droite mais à l'extrême gauche, dans la mesure où cette nauséabonde idéologie prétend selon les termes d'Hitler " libérer des exigences d'une liberté individuelle que très peu d'hommes sont capables de supporter ".

 

Le capitalisme, création des Juifs 

Il en découle logiquement que le libéralisme est la doctrine la plus haït du Führer ainsi que le déclare Eduard Heimann, socialiste chrétien. Hitler considère que ce sont les Juifs qui l'ont répandu pour ébranler des empires et s'enrichir : " Rappelez-vous que c'est le Juif qui a inventé cette économie du mouvement perpétuel des capitaux et de leur entassement qu'on appelle le Capitalisme, cette création géniale d'un mécanisme à la fois si raffiné et si parfaitement simple et automatique. Ne nous y trompons pas, c'est une trouvaille géniale, diaboliquement géniale. L'économie moderne est une création des Juifs. Elle est entièrement et exclusivement dominée par eux. C'est leur empire universel, qu'ils ont étendu sur tous les royaumes et tous les rois du monde. Mais à présent, ils nous trouvent en face d'eux avec notre conception de la révolution éternelle ; nous sommes les rivaux intolérables qu'ils doivent détruire sous peine d'être détruits. "

Sa " révolution éternelle " est substantiellement antilibérale car les Juifs avec leur libéralisme ont contaminé l'esprit des Allemands, il s'agit donc là de la pensée dominante à extirper : " Nous devons secouer définitivement la coquille d'un libéralisme dans lequel nous sommes nés, et que nous portons encore inconsciemment collé à nos épaules. C'est chose difficile pour beaucoup d'entre nous. Car nous avons ramassé nos idées, au long de notre expérience, à toutes les broussailles du chemin et la plupart du temps nous n'en discernons plus l'origine. "

Il est étonnant que l'on trouve aujourd'hui tant d'auteurs pour dire cela que ce soit dans les manuels de nos écoles ou dans nos media. Ce qui choque Hitler dans le libéralisme c'est aussi bien le capitalisme en tant que conséquences, que la liberté individuelle et l'égalité en droit dans ses principes : " Il ne peut y avoir un droit égal pour tous. Nous aurons le courage de faire de ceci non seulement la maxime de notre conduite, mais encore de nous y conformer. " Et donc la liberté d'entreprise appartenant à chacun, le droit égal à s'enrichir s'oppose à une hiérarchie naturelle basée sur le sang : " la conception démocratique d'une hiérarchie basée sur l'argent n'est pas une moindre folie. Une véritable domination ne peut naître des bénéfices hasardeux réalisés par la spéculation des gens d'affaires. "

 

Hitler, réalisateur du marxisme  

L'autre folie évoquée par Hitler est la société sans classes des marxistes, car au contraire il entend intensifier ces inégalités pour " et d'en faire une loi protégée par des barrières infranchissables comme dans les grandes civilisations des temps antiques. " Il a cependant compris que le programme communiste tient aussi d'une publicité mensongère, et admire le tour de passe-passe de l'aristocratie communiste qui a su, elle, bâtir de telles barrières entre elle et la masse. Effectivement Hitler admire la transformation à l'œuvre en URSS, la sauvagerie de la Nomenklatura et les méthodes des bolchéviques le fascinent. Plus encore il s'annonce comme le réalisateur du marxisme : " Je ne suis pas seulement le vainqueur du marxisme. Si l'on dépouille cette doctrine de son dogmatisme judéo-talmudique, pour n'en garder que le but final, ce qu'elle contient de vues correctes et justes, on peut dire aussi que j'en suis le réalisateur… Le national-socialisme est ce que le marxisme aurait pu être s'il s'était libéré des entraves stupides et artificielles d'un soi-disant ordre démocratique."

 

Une bolchévisation de l'Allemagne  

Avant même la signature du pacte Germano-Soviétique des contacts existaient entre Nazis et Soviets. Les chefs du parti national-socialiste dont Goebbels lui-même "avaient reconnu dès les premières années de la lutte pour le pouvoir, une étroite parenté entre le national-socialisme et le bolchevisme; ils en avaient fait état, en s'en félicitant, dans des déclarations publiques ; ils avaient plus tard maintenu leur opinion et l'avaient propagée plus ou moins discrètement. "

Certains milieux conservateurs qui avaient soutenus et financés Hitler eurent peur d'avoir misé sur le mauvais cheval. En 1934 ils pensaient à se débarrasser de lui mais craignaient la guerre civile qui risquait d'en être le résultat d'autant que " les ouvriers à peine sortis des organisations marxistes, la masse de la petite classe moyenne, des employés et gagne-petit de toutes sortes étaient, au contraire, totalement acquis au national-socialisme. " Et lorsqu'un interlocuteur d'Hitler s'inquiétait de la bolchévisation de l'Allemagne, Hitler répondait : " Ce n'est pas l'Allemagne qui sera bolchevisée, c'est le bolchevisme qui deviendra une sorte de national socialisme. D'ailleurs, il existe entre nous et les bolchevistes plus de points communs que de divergences, et tout d'abord le véritable esprit révolutionnaire, que l'on trouve en Russie comme chez nous, partout du moins où les marxistes juifs ne mènent pas le jeu. J'ai toujours tenu compte de cette vérité et c'est pourquoi j'ai donné l'ordre d'accepter immédiatement dans le parti tous les ex-communistes. Les petits bourgeois social-démocrates et les bonzes des syndicats ne pourront jamais devenir de véritables nationaux-socialistes ; les communistes toujours. " Il rajoutait : " Peut-être aurait-il mieux valu pour l'Allemagne qu'on pu éviter une rupture entre les marxistes et nous. Croyez-le bien, il fallait peu de chose pour débarrasser les ouvriers allemands de leurs idées fausses, pour les décider à jeter au ruisseau la défroque démocratique. Mais c'est à nous que la Providence avait réservé de faire ce pas décisif, qui change l'histoire du monde. "

 

Deuxième révolution ou révolution permanente, deux stratégies pour un même objectif  

Si les SA de Roehm furent liquidés en 1934 lors de la nuit des Long Couteaux, il ne s'agissait pas là d'un simple règlement de compte entre l'aile gauche et l'aile droite (si ces termes ont un sens) du parti national-socialiste, mais de rivalités pour le contrôle du parti, ainsi que de stratégies divergentes.

Du côté de l'aile gauche certains s'exprimaient ainsi : "Hitler mort servirait mieux le mouvement qu'Hitler vivant", "À la porte le pantin", ils réclamaient une deuxième révolution pour installer pour de bon le socialisme. Mais telle n'était pas la stratégie d'Hitler, Rauschning l'explique d'ailleurs clairement : " Hitler ne songeait pas un instant à faire comme en Russie, à détruire homme par homme la classe des possédants. Ce qu'il voulait c'était les contraindre à collaborer de tous leurs moyens à la construction de la nouvelle économie. Il ne pouvait pas se permettre de laisser l'Allemagne végéter pendant des années, comme la Russie soviétique, dans le besoin et dans la famine. Les capitalistes d'après-guerre devaient s'estimer heureux d'avoir la vie sauve. On les tiendrait en haleine, on les mâterait, par la crainte d'un pire danger. "

Hitler comme son rival du parti Gregor Strasser partageait donc bien " la passion anti-capitaliste du peuple allemand ".

Mais le marxisme à la sauce nazie ne s'embarrasse pas de fatras idéologiques, Hitler ne recherche pas l'amélioration de situations individuelles, même s'il prétend le contraire pour ne pas perdre l'adhésion des masses. Il ne révèle ses desseins qu'à ses proches : " Je vous demande d'emporter avec vous la conviction que le socialisme, tel que nous le comprenons, vise non pas au bonheur des individus, mais à la grandeur et à l'avenir de la nation toute entière. C'est un socialisme héroïque. C'est le lien d'une fraternité d'armes qui n'enrichit personne et met tout en commun. "

Ainsi en décevant tous les espoirs individuels , le nazisme ressemble terriblement dans sa vocation même aux pires cauchemars totalitaire réalisés par Pol Pot, Staline, Mao, Castro, … Pour autant le nazisme ne renonce pas aux artifices et doit cacher ses plans à un peuple encore trop contaminé par le libéralisme : " La révolution n'est pas un spectacle pour le divertissement des masses. La révolution, c'est un dur labeur. La masse ne voit que les étapes parcourues. Mais elle ne connaît pas, et elle n'a pas non plus à connaître quelle somme de travail secret il faut fournir, avant de pouvoir faire un nouveau bond en avant. La révolution n'est pas achevée, elle ne peut jamais être achevée. …Aux yeux du public, j'ai mis fin à la révolution. Mais nous la transportons à l'intérieur de nous-mêmes. Nous gardons notre haine bien au frais dans la glacière et nous pensons au jour où nous jetterons bas le masque pour apparaître enfin tels que nous sommes et que nous resterons toujours. Je ne puis encore vous dévoiler tous mes plans. "

 

Le volontarisme économique nazi : une synthèse keynésiano-marxiste avant la lettre  

Pas plus que les marxistes il ne cherche à comprendre les mécanismes de l'économie. Il a horreur de ce sur quoi le volontarisme humain n'a pas de prise, pour lui tout est simple et découle d'un logique keynésienne d'avant Keynes.

Ainsi face au chômage Hitler veut l'autarcie : " ce qu'il faut, c'est établir un circuit économique fermé, de façon que notre force économique n'aille pas se saigner à l'étranger " couplée à une politique de relance par les dépenses publiques : " je pourrai obtenir le succès aussi bien par le réarmement que par la construction de maisons ou de cités ouvrières ", mais aussi à une politique de redistribution destinée à doper la demande : " je pourrai peut-être aussi distribuer aux chômeurs suffisamment d'argent pour satisfaire leurs besoins urgents. De cette façon, je créerai un pouvoir d'achat et j'augmenterai le mouvement d'affaires. ".

Les discours des pseudo économistes anti-libéraux ne disent aujourd'hui rien d'autre que cela, les manuels d'économie théorisent cette vision simpliste en parlant de l'efficacité des multiplicateurs keynésiens et des vertus des politiques contracycliques. La présentation des politiques keynésiennes sur Wikipedia démontre d'ailleurs qu'on aurait pu aussi bien parler de politiques hitlériennes : " Ainsi, durant une période de conjoncture économique mauvaise, notamment de récession économique, l'État peut mener une politique de relance, politique keynésienne, qui passe par une politique budgétaire expansionniste, c'est-à-dire l'augmentation de ses dépenses. C'est ce que l'on appelle, au sens de Keynes, le "multiplicateur d'investissement", qui consiste donc pour l'État, à augmenter ses dépenses dites "investissements autonomes" afin d'injecter des revenus dans l'économie, pour augmenter la demande. Par exemple, lors de la construction de logement sociaux, l'État injecte des revenus dans l'économie lorsqu'il payent les ouvriers, et ces revenus distribués vont permettre d'augmenter la demande de consommation, qui doit se traduire par une augmentation de la production des entreprises, et donc par l'augmentation de l'emploi. "

Le détail et les mérites de telles politiques sera largement expliqué par des théoriciens modernes de la régulation, lesquels font la promotion de la relance keynésienne sans partager le souci de Keynes qui était de sauver le capitalisme. Hitler n'avait pas plus ce souci. Si les économistes nazis étaient alors, comme le rappelle Hermann Rauschning, la risée des économistes professionnels ; ils sont aujourd'hui considérés avec sérieux, peuplant nos plateaux télévisions et les tribunes du Monde Diplomatique pour dénoncer l'odieuse déréglementation néolibérale et la mondialisation qui ouvre nos frontières aux marchandises et aux capitaux apatrides.

Le (néo)libéral critiquera toujours les effets pervers d'une relance par l'inflation qu'elle génère et donc la perte de pouvoir d'achat qui neutralise la relance tout en laminant la compétitivité. Hitler lui répondrait que ces effets pervers sont l'œuvre de la déréglementation et que l'inflation peut être réglée si l'on élimine les spéculateurs, tout en ajoutant : " Il se produit de l'inflation si on le veut. L'inflation n'est qu'un manque de discipline : indiscipline des acheteurs et indiscipline des vendeurs. Je veillerai à ce que les prix restent stables. Pour cela, j'ai mes S. A. Malheur à celui qui oserait augmenter ses prix. Il n'y aura pas besoin de textes législatifs. Le parti s'en chargera. Vous verrez, quand nos S. A. iront faire respecter les prix dans les magasins. Ils n'auront pas besoin d'y aller deux fois. "

 

Pire que la communisation des choses, la communisation des âmes  

Nul besoin de nationaliser outre mesure donc, et plus subtil pas de réglementations à outrance quand l'État de droit n'existe plus. Il suffit d'instaurer un nouvel ordre économique et un nouvel ordre social, ce qu'Hitler explique avec un sens aigu du cynisme : "Le parti joue le rôle de la société d'autrefois, voilà ce que j'ai voulu vous expliquer. Le parti embrasse tout. Il règle l'existence dans tous les sens et dans tous les domaines. Nous devons donc prévoir des cadres dans lesquels s'insérera la vie entière de chaque individu. Tous ses gestes et tous ses besoins doivent être réglés et satisfaits par la communauté, dont le parti est l'expression. Il n'y a plus de libre arbitre, plus de lacunes, plus d'isolement; l'individu ne s'appartient plus. C'est cela qui est le socialisme et non pas l'organisation de choses secondaires comme la question de la propriété privée ou celle des moyens de production. A quoi ces questions riment-elles quand j'ai soumis les individus à une discipline rigide dont ils ne peuvent s'échapper ? Qu'ils possèdent donc tout le sol et toutes les maisons et toutes les fabriques qu'ils voudront. Le point important est que, propriétaires ou ouvriers, ils soient eux-mêmes la propriété de l'État. "

Plus fort que le communisme des choses, le communisme intégral des âmes, un rêve altermondialiste quoi !


Pour lire en ligne : Hitler m'a dit

Xavier COLLET


De Wikiberal.
Affiche du Front national

Définition

Le social-nationalisme est une évolution du socialisme par laquelle ce dernier se focalise davantage sur la nation vue comme une protection contre la menace étrangère que sur la recherche d'un hypothétique égalitarisme. Ce repli égoïste, allant à l'encontre de l'internationalisme socialiste (cf. Internationale socialiste), est considéré comme la seule façon de protéger les prétendus "acquis sociaux" contre la concurrence internationale.

A proprement parler, le social-nationalisme n'est qu'une sorte de préférence nationale économique : les entorses au libre-échange sont ses armes, les délocalisations ses ennemis, l'ouverture bilatérale des frontières son cauchemar. Cependant, le chauvinisme rend la ligne de partage entre repli économique et défense de la culture/civilisation totalement poreuse, parfois couplée avec des idées de communautarisme religieux ou ethnique : consommer des produits de son pays (quand il ne s'agit d'une défense du terroir pour des arguments écologiques) a un goût de xénophobie difficilement dissimulable.

Ceci se retrouve à l'échelon politique supérieur, l'Europe, projet à l'origine libéral (briser les frontières nationales en intriquant les économies et favorisant l'échange culturel de manière à éviter des guerres devenues "intestines") sert très souvent de substitut plus efficace que le patriotisme nationaliste dans la défense économique et culturelle des "européens" contre les menaces des États-Unis, de la Chine, de l'Inde ou de l'Islam. Les plans d'une grande alliance occidentale, venant relayer l'OTAN, participent, en redépartageant différemment le "nous" du "eux", cette idée de repli identitaire qui est le frère jumeau de l'égoïsme économique, .

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Convergences et divergences idéologiques

Bien qu'il ne soit qu'un nationalisme de circonstance, démagogie électoraliste ou leurre médiatique déplaçant sur l'étranger une faiblesse qui n'est due qu'aux conséquences du collectivisme, on peut néanmoins se permettre de le comparer à d'autres systèmes de pensée:

  • Nationalisme : il en est une forme vide - Hegel l'eût qualifié de « farce » - ne participant d'aucun élan patriotique, ne proposant aucun romantisme du peuple, ni aucune ferveur dans laquelle auraient pu se retrouver un De Maistre ou un Maurras.
  • Souverainisme : il en est à la traine, celui-ci étant plus crédible dans sa quête d'autonomie communautaire-collectiviste.
  • Colonialisme : si la participation de capitaux étrangers dans les entreprises considérées comme nationales est perçue comme un péril pour l'économie nationale (il faut considérer que l'entrepreneur national se sent une responsabilité civique à considérer que son entreprise a pour seule finalité d'embaucher pour lutter contre le chômage crée par ses chers politiciens compatriotes), le contraire est très souvent apprécié. De même si les de très bon ton ouverture au monde et glorification du métissage sont contrebalancées par une sauvegarde de l'identité culturelle nationale menacée par l'américanisation, le rayonnement de son pays n'est jamais considéré comme un empiètement sur la culture des autres. Tout ceci participe d'un esprit colonialiste reprenant la même pratique inégalitaire et asymétrique (il n'est pas grave d'appliquer aux autres ce qui est mauvais pour soi) suivant parfois le même sillon de justification hypocrite, s'en dégageant d'autres fois pour arborer ouvertement son égoïsme et son arrogance.
  • Marxisme : il se situe dans le droit fil de la « social-traîtrise » des « petits-bourgeois » sociaux-démocrates abandonnant lors de la 1ère Guerre Mondiale l'internationalisme de Marx au profit de luttes « bourgeoises » et "impérialistes », ainsi que du traitement purement instrumental de la « question nationale » par les théoriciens soviétiques (défense du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes lorsqu'il fallait aider une colonie ou un peuple à se rebeller, et mainmise de Moscou sur toute l'Europe de l'Est). Cruelle ironie des temps, il ne s'agit plus de libérer des peuples de leur État oppresseur, mais de défendre ce dernier pour assurer sa clientèle contre des concurrents défavorisés.
  • Fascisme : comme le fascisme, il vise l'autarcie contre le libre-échange.
  • National-socialisme : participant jusqu'à un certain point (c'est-à-dire en cultivant les contradictions) à la mentalité de la société close, c'en est une forme soft, épurée de toute la pseudo-science et de la mythologie racistes, forme dégradée retrouvée dans le colonialisme.

Problèmes que le social-nationalisme pose à la théorie socialiste

Si Marx affirmait un internationalisme (« prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ») que les différentes Internationales devaient mettre en pratique, la question nationale fut très tôt une épine dans le pied des marxistes.
Ce fut d'abord la Deuxième Guerre Mondiale qui créa une division entre les communistes internationalistes et la social-démocratie: alors que les premiers étaient contre la participation des communistes à une guerre causée par l'impérialisme bourgeois capitaliste et dont les prolétaires devaient se servir de levier pour contester un système nécessairement mortifère, accélérant l'inéluctable révolution, les social chauvins, selon l'épithète injurieux que leur consacrera Lénine, se sont coulèrent dans les sillons d'États qu'il s'agissait de dépasser, et ont toujours défendus un internationalisme de façade pour se livrer dans les faits à de véritables défense d'intérêts très "communautaires".
Les pays du bloc de l'Est, quant à eux, tenus par le joug de l'URSS n'ont pas non plus été sans contradictions flagrantes, écrasant les revendications nationalistes au sein de l'Empire russe (nationalistes avec qui les bolcheviks avaient pourtant fait alliance pour conquérir le pouvoir) mais affirmant le droit des peuples à l'auto-affirmation quand il était permis d'armer des factions séparatistes et de nuire, tout en instrumentalisant les groupes locaux, aux États-Unis.

Ainsi, dans les faits, marxisants socialistes et communistes n'ont réussi qu'à bafouer leur belle théorie humaniste si bruyamment affichée, et toujours la main sur le coeur.
Seuls les libéraux ne font pas de discrimination entre êtres humains et s'avèrent, d'après les critères même de l'humanisme, les seuls à le respecter, quand bien même ne feraient-ils que suivre des principes économiques amoraux (cf. La Route de la servitude de Hayek).

Dans un second temps, l'idée qu'un intérêt général n'existe pas au niveau international remet en cause sa réalité au niveau de la nation. Si le lobbying est honni par une pensée encore nostalgique d'une fusion des intérêts romantique et mythique héritée du rousseauisme, la pratique en révèle tous les traits, la gêne et l'hypocrisie en plus. On confrontera ainsi l'égoïsme de fait des socialistes à l'altruisme égocentré des individualistes, c'est-à-dire des libéraux.

Exemples de social-nationalisme appliqué

  • Combat contre les délocalisations. Pourtant, un travailleur français, belge ou anglais a-t-il plus de droit à travailler qu'un de ses complanétaires moins favorisés (donc moins exigeant s'il veut être concurrentiel) ?
  • Toute les aides étatiques ou communautaires à des entreprises ou secteurs d'activités. En indemnisant les agriculteurs européens, la PAC produit une surproduction écoulée à bas prix dans les marchés de pays sous-développés.
  • Le « patriotisme économique » cher au français Dominique de Villepin, qui conduit à trouver normal le rachat d'entreprises étrangères par des champions nationaux tout en se scandalisant à grand bruit quand l'inverse se produit :
« En France, règne la logique du deux poids, deux mesures : les ministres multiplient les déclarations de guerre vis-à-vis de ceux qui osent convoiter nos belles entreprises tout en se félicitant dans le même temps, que ces dernières puissent poursuivre leurs emplettes à l'étranger. L'Oréal se refait ainsi une virginité éthique en mettant la main sur le britannique BodyShop, France Télécom s'empare des mobiles espagnols d'Amena; et Alcatel, (...) réussit enfin à fusionner avec son rival américain Lucent. [...] Prié de donner son avis, Thierry Breton rappellera opportunément, en juillet 2006, que « les actionnaires sont in fine les seuls à décider. » » Les Échos, 4 janvier 2007, p.10.
  • « Qu'ils aillent se faire foutre ! Lituaniens ? T'en connais, toi, des Lituaniens ? J'en ai jamais vu un ! » de Jean-Luc Mélenchon, à la gauche du PS français. (Dans cette logique pourquoi ne peut-on pas remplacer "lituaniens" par "pauvres" et l'appliquer à la communauté nationale ?)
  • « En Amérique latine, c'est au nom des menaces [sur les acquis sociaux] que tombent les présidents, les uns après les autres. En Europe de l'Est, c'est au nom de la grandeur du passé que manifestent les retraités et les chômeurs. En Chine, ce sont des foules plus ou moins manipulées par le pouvoir qui manifestent contre les Japonais, sous prétexte d'exiger d'eux des excuses pour leurs exactions d'il y a soixante ans, en réalité pour refuser l'interdépendance économique croissante des deux pays et protester contre le chômage créé par le rapatriement des usines japonaises. » Jacques Attali, L'Express du 25/04/2005.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 19:03

Le socialisme Hitlérien 

On a déjà presque tout dit sur la politique internationale d’Hitler (conquête de l’espace vital) et sur l’aspect profondément raciste de sa politique interne. Mais on n’évoque que trop rarement le reste de sa politique nationale, qui est pourtant un aspect important de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Dans son livre « Comment Hitler a acheté les Allemands: Le IIIe Reich, une dictature au service du peuple » (Hitler’s Beneficiaries: Plunder, Racial War, and the Nazi Welfare State) l’historien Götz Aly propose une thèse particulièrement dérangeante: il entend démontrer que le peuple allemand a vendu son soutien au dictateur en échange des politiques socialistes et protectionnistes qu’ils désiraient.

Traduction de l’article de Reason Magazine au sujet de ce livre:

 

http://1l-tpe.e-monsite.com/medias/album/images/hitler8on4-9crad.jpg

A l'intérieur de l'État-providence nazis

 
Peu de sujets excitent l’instinct de réductionnisme des historiens autant que le Nazisme. Il est difficile de résister à ce désir d’expliquer, en un seul point précis, comment « la nation de Goethe et de Schiller » s’est rendue à la folie impérialiste et génocide. Les tout premiers réductionnistes de l’Holocauste ont vu dans le caractère allemand une prédisposition à se soumettre au pouvoir: les Prussiens bourrus désireux de faire passer la moralité derrière une vague notion de devoir, ceux ne faisant pas partie de la classe Junker étant simplement assujettis par la terreur, trop effrayés pour résister.

Parmi les historiens, cette idée a depuis longtemps été abandonnée. Pour les non-spécialistes, celle-ci a été complètement démolie en 1996 par l’expert en sciences politiques de Harvard Daniel Goldhagen, qui a démontré que les punitions prévues n’étaient à peu près jamais appliquées aux soldats qui refusaient de participer aux meurtres de masse. (D’après Goldhagen, le chef SS Heinrich Himmler autorisait les vertueux – et les objecteurs – à être redéployés hors des zones d’exécution.) Mais Goldhagen avait seulement remplacé une théorie monocausale par une autre, avançant que l’Holocauste était une suite naturelle de l’antisémitisme populaire. Le fascisme s’est épanoui, pour lui, parce que l’Allemagne était un pays infusé par « une vue raciste et exterminatrice des Juifs ». Le livre de Goldhagen, Hitler’s Willing Executioners, a été taillé en pièces par ses pairs, dont beaucoup se demandaient pourquoi, si l’antisémitisme génocide était typiquement allemand, tant de non-allemands avaient pu trahir, déporter et exécuter leurs voisins juifs.

Mais si l’antisémitisme seul n’explique pas le destin qui a frappé les Juifs d’Europe, qu’est-ce qui peut l’expliquer ? D’après Comment Hitler a acheté les Allemands : Le IIIe Reich, une dictature au service du peuple de Götz Aly, la plupart des analyses faites de la complicité allemande dans le génocide sont passés à côté d’un élément significatif du règne nazi. Aly, un historien de l’Institut Fritz Bauer de Francfort et l’auteur de plus d’une douzaine de livres sur le fascisme, nous pousse à suivre la piste de l’argent, proposant l’idée que les Nazis ont entretenu leur soutien populaire – une condition nécessaire à la « solution finale » – non pas par la terreur ou l’affinité idéologique mais par un simple système de « pillage », de « corruption », et un état-providence généreux. À sa première publication en 2005, le livre d’Aly a fait quelque sensation en Allemagne, où les critiques l’ont accusé d’à peu près tout, de l’arithmétique défaillante (qu’il nie vigoureusement dans un post-scriptum inclus dans la traduction anglaise) à la trahison de ses racines soixante-huitardes en associant implicitement la sociale-démocracie de l’Allemagne de l’Ouest au fascisme. Après le succès massif de livres comme « Crabwalk » de Günter Grass ou « The Fire » de Jörg Friedrich, deux bestsellers soulignant la victimisation des Allemands eux-même par le fascisme, « Comment Hitler a acheté les Allemands » retourne le gros de la culpabilité vers les Allemands ordinaires.

Loin d’avoir été des victimes du nazisme, affirme Aly, la majorité des Allemands étaient des bénéficiaires indirects de la guerre. La saisie de la propriété des Juifs, les ressources volées aux pays conquis, et la fiscalité agressive sur les entreprises ont isolé les citoyens des pénuries et permis au régime de créer un « état-providence raciste-totalitaire ». Le front domestique allemand a moins souffert, d’après Aly, des privations que ses équivalents anglais et américain. Pour comprendre la popularité d’Hitler, Aly soutient qu’il « est indispensable de se concentrer sur l’aspect socialiste du National Socialisme ».

Bien que peu évoqué par les historiens modernes, ce socialisme a été pourtant souligné par de nombreux contemporains du fascisme, en particulier les penseurs libertariens. F.A. Hayek avait en particulier dédié « La route de la servitude » aux « socialistes de tous les partis » – à savoir, les travaillistes, les bolchéviques, et les national-socialistes. « C’était l’union des forces anti-capitalistes de droite et de gauche, la fusion des socialistes extrêmes et conservateurs » écrit Hayek, « qui a mené l’Allemagne loin de tout ce qui était libéral ». Ludwig von Mises approuvait, avançant qu’en 1944 « la Russie comme l’Allemagne avaient raison de dire que leurs systèmes étaient socialistes ».

Les Nazis eux-même regardaient la convergence gauche-droite comme essentielle pour comprendre le fascisme. Adolf Eichmann voyait le National Socialisme et le communisme comme « des quasi-frères », expliquant dans ses mémoires qu’il « était attiré par la gauche et soulignait les aspects socialistes autant que les nationalistes ». Même en 1944, le Ministre de la Propagande Josef Goebbels avait publiquement célébré « notre socialisme », rappelant ses sujets fatigués par la guerre que l’Allemagne « seule a les meilleures protections sociales ». Il contrastait cela avec les Juifs qu’il présentait comme « l’incarnation du capitalisme ».

En s’appuyant sur une montagne de statistiques inédites, Aly décrit en détail un système social bourré d’aides – réservées aux camarades aryens, naturellement. Pour « atteindre une division vraiment socialiste des biens personnels », écrit-il, Hilter avait mis en place une gamme de politiques économiques interventionnistes, comme des contrôles des prix et des loyers, des taxes sur les entreprises démesurées, de fréquentes « polémiques contre les propriétaires immobiliers », des subventions aux agriculteurs allemands comme protection « contre les errances du climat et le marché mondial », et des taxes punitives contre les bénéfices boursiers, qu’Hitler lui-même avait dénoncé comme étant « des revenus sans effort ».

Aly démontre de manière convaincante que « la politique domestique nazie était remarquablement favorable aux classes sociales faibles allemandes, dépouillant les riches et redistribuant le poids de la guerre ». Et avec un souvenir encore frais de l’inflation de Weimar, « transférant le poids des taxes vers les entreprises valut au chef de Berlin un considérable capital politique, que le gouvernement s’empressa de faire fructifier ».

Par exemple, sur la fin de la guerre les économistes nazis établirent « une taxe temporaire de 50% de tous les salaires » qui s’appliquait seulement aux plus riches. Au final, Aly écrit, « seul 4% de la population payait la totalité de cette surcharge de 50% ». En Hollande occupée, les administrateurs ont augmenté terriblement les impôts pour financer « une campagne anti-bolchévique », tandis que certaines entreprises hollandaises payaient jusqu’à 112% de leurs profits en taxes.

Mais l’essentiel de cet argent servant à financer la machine de guerre nazie, Aly montre, était obtenu par simple vol. Berlin approuvait expressément le pillage des territoires occupés, poussant les soldats à satisfaire les désirs matériels du front domestique par des savons, parfums, café et viande, renvoyés à la mère-patrie par la poste militaire. Les limites sur les tailles de paquets avaient été abolies précisément dans ce but, tandis que les gouvernements fantoches s’emparaient de l’or, des trésors, et affaiblissaient les monnaies locales « pour couvrir une part significative des dépenses quotidiennes de la guerre ». Bien que ses estimations aient été vigoureusement débattues par les historiens britanniques Adam Tooze et Richard Overy, Aly soutient que le vol comptait pour 70% des revenus de guerre du Reich, garantissant que le poids de la guerre retombait sur les seules épaules des conquis.

« L’autorité nazie n’a pas transformé la majorité des Allemands en fanatiques idéologiques convaincus d’être la race supérieure » conclut Aly. « À la place elle a réussi à en faire des parasites bien nourris ». Aly note que la nourriture était bien disponible pendant la guerre, et que ce n’est qu’à partir de 1945 que les Berlinois ont découvert la dureté du rationnement. C’est pourquoi, affirme-t-il, le peuple était généralement bien soigné et, jusqu’à l’amère défaite, des sujets obéissants du Reich.

Pour constituer sa thèse, Aly soumet au lecteur une suite vertigineuse et parfois éprouvante de chiffres. Et tandis qu’il démontre avec compétence que les Nazis étaient autant des voleurs accomplis et des économistes occultes, je ne peux m’empêcher de me demander si « Comment Hitler a acheté les Allemands » pose les bonnes questions. Si cette loyauté-contre-nourriture était effectivement la hiérarchie morale prévalante parmi les « Allemands ordinaires », si la décence a été si promptement abandonnée dans une quête pour le gain matériel, il faut se demander: Pourquoi étaient-ils si facilement achetables ? Est-ce qu’un supplément de jambon de qualité, un examen dentaire gratuit, et une structure fiscale anti-riches peuvent ainsi convaincre un peuple dont les centres de population ont été régulièrement bombardés, dont les voisins juifs ont été déportés, dont les fils étaient tués sur le front de l’Est, dont les villes étaient au bord d’être envahis par l’Armée Rouge, de rester auprès d’une dictature cruelle jusqu’au bout ? La réalité de la guerre d’Hitler n’était jamais totalement hors de vue. Le bombardement de Hambourg en Juillet 1943, par exemple, a entraîné un incroyable massacre de 40 000 civils et l’exil de 1 400 000 réfugiés. Ceux qui cherchaient la sûreté hors des grands centres urbains, note l’historien Robert Gellately, ont engendré un effet de vague en « contribuant à la baisse de moral dans les villes derrière les lignes ».

Six mois plus tôt, l’Armée Allemande capitulait à Stalingrad après avoir subi 700 000 morts. Les Juifs étaient emmené en plein jour, pour ne plus jamais être revus. Et même si les privations matérielles des Berlinois se sont limitées à l’interruption occasionnelle de la vente de saucisses, la femme au foyer « parasite » avait sûrement pris conscience de la transformation de sa ville en débris. Il serait surprenant si, au milieu de cette destruction, les Allemands avaient vraiment accordé tant d’importance aux impôts et aux pensions de retraite.

Dans ses meilleurs passages, « Comment Hitler a acheté les Allemands » démontre la corrélation entre l’effondrement moral et la générosité de l’état. Mais la causation directe est plus difficile à établir. Et même s’il prend soin de ne pas présenter la seule économie comme motivation de « l’Allemand ordinaire », Aly reste vague sur l’importance exacte qu’elle a jouée, et ne parvient pas à établir une explication combinée mettant en parallèle l’incitation économique, l’antisémitisme, le nationalisme, la propagande et la terreur.

Il y a probablement une explication moins satisfaisante: celle qui dit que les citoyens ordinaires, Allemands ou non, ont une incroyable tolérance pour le Mal. Comme les génocides au Rwanda ou au Cambodge démontrent, un gain financier n’est pas forcément nécessaire. Mais le champ encombré de l’historiographie nazie demande une certaine mesure d’hétérodoxie ; les éditeurs grand public préfèrent ce qui choc à ce qui est conventionnel. Bien que l’impressionnante histoire économique d’Aly réussit à rappeler au lecteur que le bolchévisme et le nazisme étaient, comme l’écrit l’historien Richard Pipes, tous deux des « hérésies du socialisme », ce service est au final éclipsé par une conclusion inutilement extrêmiste.

Michael C. Moynihan, éditeur associé, Reason Magazine


Adolf Hitler était un homme de gauche. Quoi ? Cela vous étonne ?

Évidemment que cela vous étonne, vu que l’on répète tous, sans vraiment y réfléchir, que régime nazi (voire fasciste) ne peut être que d’extrême-droite ! Et je m’en confesse, j’ai eu aussi cette paresse intellectuelle que d’associer Hitler avec la droite (aussi « extrême » soit-elle)… alors que, vous allez le voir, il n’y a pratiquement rien qui permette d’étayer cette thèse.

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Socialiste dans les propos

Laissons déjà effectivement, parler les principaux intéressés. Ainsi, en 1934, Adolf Hitler parlant à Hermann Rauschning, soulignait bien les liens qui existaient entre le nazisme et le communisme :

Ce n’est pas l’Allemagne qui va devenir bolchevique mais le bolchevisme qui se transformera en une sorte de national-socialisme. En plus il y a plus de liens qui nous unissent au bolchevisme que d’éléments qui nous en séparent. Il y a par-dessus tout, un vrai sentiment révolutionnaire, qui est vivant partout en Russie sauf là où il y a des Juifs marxistes. J’ai toujours fait la part des choses, et toujours enjoint que les anciens communistes soient admis dans le parti sans délai. Le petit-bourgeois socialiste et le chef syndical ne feront jamais un national-socialiste, mais le militant communiste, oui.

Dans « Mein Kampf » également, Hitler se déchaîna contre le capitalisme spéculatif et « la finance internationale », influencé en cela par les cours de l’économiste allemand Gottfried Feder, qui deviendra, un peu plus tard, membre influent du parti nazi :

A mes yeux, le mérite de Feder consistait en ceci, qu’avec une tranchante brutalité, il précisait le double caractère du capital : spéculatif, et lié à l’économie populaire ; et qu’il mettait à nu sa condition éternelle : l’intérêt. Ses déductions dans toutes les questions fondamentales, étaient tellement justes que ceux qui, a priori, voulaient le critiquer, en contestaient moins l’exactitude théorique qu’ils ne mettaient en doute la possibilité pratique de leur mise à exécution. Ainsi, ce qui, aux yeux des autres, était un point faible dans l’enseignement de Feder, représentait à mes yeux sa force.

Toujours dans « Mein Kampf », Hitler en ajoute une couche :

La lutte contre la finance internationale et le capital de prêt est devenu le point le plus important de la lutte de la nation allemande pour son indépendance et sa liberté économique.

Joseph Goebbels, ministre de « l’éducation des peuples et de la propagande » du IIIe Reich, fidèle parmi les fidèles d’Hitler, était également un anti-capitaliste convaincu, proche de l’aile communiste du NSDAP incarnée par les frères Gregor et Otto Strasser. Goebbels, lui-même, parlait régulièrement de « Bolchévisme National » lorsqu’il évoquait le positionnement du parti nazi.

Par contre, il est vrai qu’à partir de 1933, le NSDAP chercha à séduire les industriels et les milieux de la droite-conservatrice. Mais en y regardant de plus près, cela correspond à un besoin vital d’argent pour le parti d’Hitler, dont les caisses sont vides suite à l’élection législative de novembre 1932.

Cette élection fût également un cinglant échec pour le NSDAP, qui perdit deux millions de voix par-rapport aux élections de juillet de la même année. Ceci obligera également le parti, à changer sa stratégie afin de rassurer les milieux financiers et les grands patrons, qui avaient appelé pour les élections à une union de toutes les forces nationalistes, excluant les nazis. Il faut dire qu’auparavant, nazis et communistes s’étaient unis pour faire grève dans le service de tramway à Berlin et que les thèmes martellés par le NSDAP durant les élections de l’automne, étaient anticapitalistes, populistes et proagrairiens… pas de quoi aller dans le sens du patronat.

Avec le recul, il apparaît clairement qu’il ne s’agissait que d’une autre manœuvre de séduction de la part de Hitler, puisque, une fois au pouvoir, il décida de nationaliser toutes les grandes entreprises et les grandes industries allemandes.

Influences idéologiques

Entre 1908 et 1910, le jeune Adolf Hitler, fraîchement arrivé à Vienne, reste subjugé par les discours de Karl Lueger, du Parti Chrétien-Social et maire de Vienne. Karl Lueger est un antisémite, mais également un farouche adversaire du libéralisme économique. Hitler en fera, à plusieurs reprises, des éloges dans son livre « Mein Kampf ».

Un autre homme politique autrichien, Georg Ritter von Schönerer, influença également Adolf Hitler. Georg Ritter von Schönerer, autre antisémite notoire, faisait partie de cette mouvance pangermaniste, très influente en Autriche au début du XXe siècle. La minorité autrichienne-allemande prenait d’ailleurs, de plus en plus de place dans la société du pays, ce qui sera, un peu plus tard, l’un des prétexte qu’utilisera Hitler pour annexer l’Autriche. Georg Ritter von Schönerer, démocrate-radical, était également à l’origine de plusieurs importante réformes sociales dont : le droit de vote pour tous, la réforme des salaires, la diminution du temps de travail et même le droit de grève ! (source : « Hitler et la dictature allemande » par Karl Dietrich Bracher, 1969). Le genre de réformes défendues, dans toute l’Europe, par les partis de gauche.

Durant l’été 1919, Adolf Hitler suivi un cours de l’économiste allemand Gottfried Feder. Son influence fût telle, qu’il devint très vite son mentor et le théoricien économique du NSDAP. Gottfried Feder, antisémite, est également un farouche opposant au capitalisme, vu que le but de celui-ci ne repose que sur l’intérêt. En 1933, Feder publie « Kampf gegen die Hochfinanz » (« Combat contre la haute finance »), que l’on peut difficilement classer dans un courant de droite ou d’économie libérale.

Du DAP au NSDAP

En octobre 1919, Adolf Hitler adhère au Parti des Travailleurs Allemands, Deutsche Arbeiterpartei (DAP), séduit par Anton Drexler, l’un de ces fondateurs, qui lui avait remis une brochure dont il était l’auteur, intitulé « Mon éveil politique ». Le DAP, créé la même année, était un parti d’influence révolutionaire antisémite, anti-occidental, anti-slave et… anti-capitaliste.

Du Parti des Travailleurs Allemands, le nom sera modifié en Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands (NSDAP) suivant les recommandations de Hitler lui-même en 1920. C’est un peu plus tard, en avril 1921, qu’il prit la tête du NSDAP.

Il est à noter que le DAP/NSDAP fût fondé avec des socialistes révolutionnaires, principalement Anton Drexler. Ce fait est rappelé par l’historien William Shirer dans « Le Troisième Reich, des origines à la chute ».

Les 25 points du DAP

Quelques mois avant le changement de nom du Parti des Travailleurs Allemands (DAP), Adolf Hitler pésente lui-même un programme en 25 points, votés et approuvés devant une assemblée de 2,000 membres, le 24 février 1920 à Munich, dans la brasserie Hofbräuhaus.

Parmi ces 25 points, quelques intitulés que ne renieraient certainement pas, bien des partis de gauche, encore aujourd’hui :

7. Nous exigeons que l’État s’engage à procurer à tous les citoyens des moyens d’existence.

11. La suppression du revenu des oisifs et de ceux qui ont la vie facile, la suppression de l’esclavage de l’intérêt.

13. Nous exigeons la nationalisation de toutes les entreprises appartenant aujourd’hui à des trusts.

14. Nous exigeons une participation aux bénéfices des grandes entreprises.

15. Nous exigeons une augmentation substantielle des pensions des retraités.

16. Nous exigeons la création et la protection d’une classe moyenne saine, la remise immédiate des grands magasins à l’administration communale et leur location, à bas prix, aux petits commerçants. La priorité doit être accordée aux petits commerçants et industriels pour toutes les livraisons à l’État, aux Länder ou aux communes.

17. Nous exigeons une réforme agraire adaptée à nos besoins nationaux, la promulgation d’une loi permettant l’expropriation, sans indemnité, de terrains à des fins d’utilité publique – la suppression de l’imposition sur les terrains et l’arrêt de toute spéculation foncière.

20. L’extension de notre infrastructure scolaire doit permettre à tous les Allemands bien doués et travailleurs l’accès à une éducation supérieure, et par là à des postes de direction. Les programmes de tous les établissements d’enseignement doivent être adaptés aux exigences de la vie pratique. L’esprit national doit être inculqué à l’école dès l’âge de raison (cours d’instruction civique). Nous demandons que l’Etat couvre les frais de l’instruction supérieure des enfants particulièrement doués de parents pauvres, quelle que soit la classe sociale ou la profession de ceux-ci.

21. L’État doit se préoccuper d’améliorer la santé publique par la protection de la mère et de l’enfant, l’interdiction du travail de l’enfant, l’introduction de moyens propres à développer les aptitudes physiques par l’obligation légale de pratiquer le sport et la gymnastique, et par un puissant soutien à toutes les associations s’occupant de l’éducation physique de la jeunesse.

25. Pour mener tout cela à bien, nous demandons la création d’un pouvoir central puissant, l’autorité absolue du parlement politique central sur l’ensemble du Reich et de ses organisations, ainsi que la création de Chambres professionnelles et de bureaux municipaux chargés de la réalisation, dans les différents Länder, des lois-cadre promulguées par le Reich.

Si vous trouvez encore, là-dedans, des idées de droite, il est urgent pour vous de consulter !

La NSBO

En 1928, afin de fédérer les travailleurs allemands autour du National-Socialisme, le syndicat NSBO fût créé (Nationalsozialistische Betriebszellenorganisation – NSBO ; Organisation des Cellules d’Entreprises Nationales-Socialistes).

Évidemment, la NSBO était destinée à concurrencer les syndicats déjà présents dans les usines allemandes et, en particulier, les syndicats chrétiens démocrates et marxistes. Cependant, bien des sections du NSBO allaient au-delà du National-Socialisme en s’affichant National-Bolchéviques (source : « La National-Bolchévisme en Allemagne 1919-1933″ par Louis Dupeux).

Parmi les « faits d’armes » du NSBO : l’utilisation de la violence armée pour protester contre les réductions de salaire, le genre de « protestation » utilisée d’habitude par la gauche la plus radicale.

Socialiste dans les actes

Mais je vous vois venir : « c’est bien beau de parler des nazis AVANT leur accession au pouvoir, qu’en est-il de la situation une fois qu’ils mettent en place leurs politiques ? »

Il faut dire que Hitler et les Nationaux-Socialistes n’ont pas perdu de temps ! Sitôt arrivés au pouvoir, les nazis déportèrent à Dachau des commerçants qui avaient osé augmenter leurs prix. Rien qu’à Munich, 200 personnes furent arrêtées en 1933, tandis que leurs commerces furent cellés et barrés d’un écriteau indiquant : « Magasin fermé sur ordre de la police pour cause d’augmentation des prix, propriétaire en détention provisoire à Dachau ».

Les lois et les « recommandations » du pouvoir nazi, disuada les entreprises allemandes à rechercher le profit dans leurs activités. Aucune surprise jusque là, puisqu’il s’agit, tout simplement, de la base de la doctrine nazie inspirée par l’économiste Gottfried Feder.

Même la « libre entreprise » est un concept devenu désuet sous le IIIe Reich. Les entrepreneurs allemands sont convertis en Betriebsführer, c’est-à-dire en vulgaires « directeurs d’établissements », une façon très bureaucratique d’enlever tout esprit d’initiative et d’entrepreneuriat. Ils ne pouvaient diriger leurs entreprises comme ils l’entendaient ; ils étaient tenus d’obéir sans réserve aux ordres venus du Bureau Central d’Organisation de la Production, le Reichswirtschaffsministerium, et des organismes qui lui étaient rattachés pour chaque branche et pour chaque région. Même leurs salaires étaient fixés par l’état ! Ça ne vous fait pas penser au mode de fonctionnement de la Russie soviétique, par hasard ?

Mais ce n’est pas tout ! L’état était chargé de fixer les prix, mais également les taux d’intérêt à verser, ou à réclamer. Là aussi on reconnaît la « patte » de Feder.

Le gouvernement et la bureaucratie hitlérienne étaient également chargés de planifier la production industrielle, mais aussi agricole et géraient jusqu’aux moyens et méthodes de production. En d’autres termes, on est en pleine « planification » économique, tels que pratiqués dans les pays collectivistes.

On est très loin du capitalisme et, encore plus, de l’économie de marché !

Le nazisme, une forme larvée de marxisme

En 1944, l’économiste autrichien Ludwig von Mises, écrivit dans son ouvrage « Omnipotent Government, The Rise of the Total State and Total War », une réalité que les héritiers de Marx n’assumeront jamais :

Huit des dix points (du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels) ont été exécutés par les nazis avec un radicalisme qui aurait enchanté Marx. Seuls deux points n’ont pas encore été complètement adoptés par les nazis, à savoir l’expropriation de la propriété foncière et l’affectation de la rente foncière aux dépenses de l’Etat (point n°1 du Manifeste) et l’abolition de l’héritage (point n°3). Cependant, leurs méthodes de taxation, leur planisme agricole et leur politique concernant la limitation des fermages vont chaque jour dans le sens du marxisme.

Depuis la création du DAP, jusqu’à l’effondrement du IIIe Reich, le National-Socialisme trouva ses racines dans un anti-capitalisme radical et systématique : nationalisations, étatisation de l’économie, taxation imposante des produits financiers… Pour Ludwig von Mises, « Le marxisme et le national-socialisme ont en commun leur opposition au libéralisme et le rejet de l’ordre social et du régime capitaliste. Les deux visent un régime socialiste ».

Voici bientôt quarante ans qu’un socialisme, qui s’affublait du préfixe décoratif de « national », a mis un terme à la libre circulation en Europe. (Friedrich Hayek, prix Nobel d’économie en 1974)

Ces mêmes socialistes qui, aujourd’hui, lancent si facilement leurs reproches de fascisme feraient bien d’être conscients qu’avec leur adoration de l’État universel, la référence permanente au collectif et le mépris de la liberté individuelle, ils sont bien plus proches d’une vision fasciste du monde que nous. Ce n’est pas un hasard si les hordes brunes se sont appelées les « nationaux-socialistes ». (Christoph Blocher, homme politique suisse)

Conclusion

Je ne vais pas là, énoncer les causes de la montée du nazisme en Allemagne, le sujet est bien trop vaste et même les historiens peinent à l’expliquer totalement. Mais la crise de 1929, l’inflation galopante, la montée inexorable du chômage qui ont frappé l’Europe entière, se sont particulièrement acharnés sur l’Allemagne, beaucoup plus que sur les autres pays du continent.

Ajoutez à cela, le paiement astronomique dû aux « dommages de guerre » (suites du Traité de Versailles), que l’Allemagne est contrainte de payer et qui s’élèvent à 132 milliards de marks-or de 1921. Paiement que l’Allemagne est dans l’incapacité d’effectuer, ce qui conduira à des livraisons « en nature » de produits et de marchandises, puis à l’occupation de la riche région industrielle de la Ruhr en 1923 par les Français et les Belges, puis à un remboursement « rééchelonné » et diminué suite au plan Young de 1929.

Crise, humiliation suite au Traité de Versailles de 1919, économie allemande littéralement « à terre »… facilite l’expression de tous les extrémismes. C’est alors la bataille de celui qui criera le plus fort, de celui qui rassemblera le plus.

Mais c’est le petit peuple, le prolétariat, les ouvriers qu’il faut séduire. Car ce sont eux, d’abord, qui sont touchés de plein fouet par la crise. Ce sont eux, qui se sont battus dans les tranchées entre 1914 et 1918 et qui subissent l’humiliation de la défaite. Alors trois courants collectivistes, étatistes et démagogistes s’affrontent : les socialistes, les communistes et enfin, les nationaux-socialistes. Les trois s’haïssent, il faut le dire… et même si l’on parle souvent des affrontements entre le NSDAP et les communistes allemands, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi souvent des escarmouches entre socialistes et communistes.

Oui, une certaine aristocratie sera séduite par le nazisme. Certains même auront des postes importants dans le IIIe Reich, mais au-delà de politiques sociales dont ils ne se sentent pas concernés au premier chef, c’est le nationalisme et surtout, le pangermanisme qui les attirent vers le NSDAP. D’ailleurs, beaucoup d’entre-eux suivent plus un idéal de « Grande Allemagne » que le « petit caporal » Hitler, dont ils finissent, tôt ou tard par se méfier. Sentiment qui sera d’ailleurs partagé.

Après, si vous trouvez encore que le régime nazi est plus proche de la droite que de la gauche, il faudra maintenant apporter des arguments, et du solide !

Pour aller plus loin :
  • Le Monde Diplomatique, mai 2005, texte de Götz Aly, « Ainsi Hitler acheta les Allemands». Götz Aly est également l’auteur de « L’Etat du peuple de Hitler. Pillage, guerre raciale et socialisme national » paru en 2005.
De Wikiberal.
Adolf Hitler
homme politique

Dates 1889-1945
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Adolf Hitler
Tendance antilibéral national-socialiste
Origine Allemagne Allemagne
Articles internes Liste de tous les articles
Citation « Nous sommes socialistes, et ennemis du système économique capitaliste actuel, qui exploite les économiquement faibles, avec ses salaires injustes, qui évalue un être humain selon sa richesse et ses biens et non selon la responsabilité et la performance, et nous sommes déterminés à détruire ce système à tout prix. »
inter lib.org sur Adolf Hitler



Adolf Hitler 20 avril 1889 à Braunau am Inn (Autriche)-30 avril 1945 à Berlin (Allemagne).

Convaincu d'être désigné par le destin, il s'engage en politique. Brillant orateur et propagandiste hors pair, il mobilise rapidement de nombreux partisans. Il adhère en 1919 au Parti national-socialiste des travailleurs allemands.

S'appuyant sur les revendications allemandes à l'issue de la Première Guerre mondiale (en dénonçant le Diktat du Traité de Versailles de 1919), puis sur les conséquences de la crise économique des années 30, il accède à la Chancellerie d'Allemagne le 30 janvier 1933. En quelques mois, de janvier à juillet 1933, la République de Weimar bascule dans la dictature et la terreur.

A la fois Führer et Reichskanzler (Guide et Chancelier) après le plébiscite d'août 1934, il viole le Traité de Versailles en réarmant l'Allemagne, en occupant et en annexant des territoires, avec la complicité passive des puissances européennes qui redoutent une nouvelle guerre. Le 1er septembre 1939, il s'attaque à la Pologne et déclenche la Seconde Guerre mondiale.

Parallèlement à sa politique d'agression nationaliste, il met sur pied un des plus grands génocides de l'Histoire. Il ordonne ainsi l'élimination des handicapés, des Tsiganes, des homosexuels, des Franc-Maçons, des résistants, des multirécidivistes, des asociaux, et, conformément à ce qu'il laisse entrevoir dans Mein Kampf (de), l'extermination systématique des Juifs. Adolf Hitler, principal instigateur de la Solution Finale (la Shoah), est directement responsable de la mort de plus de 6 millions d'êtres humains dans les camps de concentration et les camps d'extermination, auxquels il faut ajouter les décès provoqués par la guerre que sa politique a déclenchée (entre 51 et 53 millions de morts selon les sources).

Se terrant dans son bunker de Berlin, il s'y suicide le 30 avril 1945, pour échapper à l'Armée Rouge. Le régime nazi ne lui survivra que quelques jours. Les principaux responsables du régime seront jugés lors du Procès de Nuremberg

Biographie

Jeunes années

Adolf Hitler naît le 20 avril 1889 à Braunau am Inn, une petite ville de Haute-Autriche près de la frontière allemande. Il est le quatrième des six enfants d'Alois Hitler et de Klara Pölzl. La plupart des enfants meurent en bas âge, amenant Adolf à être surprotégé ; seule sa sœur cadette Paula († 1960) lui survivra.

Son père, est douanier. Né hors mariage en 1837, Alois porte d'abord le nom de famille de sa mère, Maria Anna Schicklgruber, mais en 1876, il est légitimé et obtient le droit de porter le nom Hitler. Adolf n'utilisera jamais d'autre patronyme, et Schicklgruber ne ressurgira que plus tard chez ses opposants politiques. L'arbre généalogique d'Adolf Hitler laisse cependant planer de fortes suspicions de consanguinité. Certains ont même suspecté du sang juif chez son père, l'incertitude relative à ses origines n'est pas sans conséquences. Ainsi après l'Anschluss en 1938, il fera détruire Döllersheim, le village natal de son père, en le transformant en place de tir.

L'enfance d'Adolf se passe sous la stricte discipline d'un père âgé, fonctionnaire retraité dès 1895, qui le battait régulièrement et le ridiculisait; après une tentative de fugue, il fut presque battu à mort. Adolf haït son père durant toute sa vie et on a rapporté qu'il faisait des cauchemars à son sujet à la fin de son existence. Le 3 janvier 1903, son père meurt, suivi le 21 décembre 1907 par sa mère qui succombe à un cancer.

Élève médiocre à partir de son entrée à la Realschule de Linz (lycée), Hitler refuse de suivre la voie paternelle. Mais il échoue par deux fois à l'examen d'entrée de l'Académie des Beaux-Arts de Vienne (Autriche) en 1907 et 1908. Autodidacte, grand lecteur et admirateur de la musique de Richard Wagner, il développe un intérêt profond pour l'architecture. Il enchaîne les petits boulots, vivant dans une misère constante durant cinq ans. Plus tard, dans Mein Kampf, il écrira :

« Cinq années pendant lesquelles je dus, comme manœuvre d'abord, ensuite comme petit peintre, gagner ma subsistance, maigre subsistance, qui ne pouvait même pas apaiser ma faim chronique. Car la faim était alors le gardien fidèle qui ne m'abandonna jamais, la compagne qui partagea tout avec moi. Chaque livre que j'achetai eut sa participation ; une représentation à l'Opéra me valait sa compagnie le jour suivant ; c'était une bataille continuelle avec mon amie impitoyable. J'ai appris cependant alors comme jamais avant. Hors mon architecture, hors les rares visites à l'Opéra, fruit de mes jeûnes, je n'avais d'autre joie que des livres toujours plus nombreux. »

Adolf Hitler assiste aux séances du Parlement autrichien, il écrira plus tard son mépris pour la démocratie et le parlementarisme. Il étudie les thèses pangermanistes et observe l'influence de la politique sur les masses.

Au printemps 1913, pour éviter son enrôlement dans l'armée de l'Empire austro-hongrois, État multiethnique qu'il exècre, il s'enfuit à Munich et vit en vendant ses peintures de paysages. Sa tentative d'échapper à la conscription est remarquée, mais, après avoir été refusé lors d'un examen médical à son retour en Autriche (pour faiblesse de constitution), il retourne à Munich.

En 1914, exalté par l'entrée en guerre de l'Allemagne, Hitler s'engage comme volontaire et va se battre sur le front Ouest. Soldat enthousiaste, tranchant à cet égard sur beaucoup de ses compatriotes, il est apprécié de ses pairs et supérieurs. Blessé une première fois à la cuisse, puis aveuglé temporairement par une attaque au gaz moutarde à la fin de la guerre, le caporal Hitler est décoré de la Croix de fer, Première Classe (distinction rarement accordée à un soldat engagé) pour avoir accompli le dangereux transport d'une dépêche en 1918. Quand la guerre prend fin Hitler est à l'hôpital de Pasewalk, il est anéanti à l'annonce de la capitulation allemande. À sa sortie de l'hôpital en novembre 1918, il retourne dans son régiment munichois.

Le combat politique

Voir aussi la Chronologie de la République de Weimar.

La Bavière est alors entre les mains d'un gouvernement révolutionnaire, la Räterepublik ; sa caserne est dirigée par un Soviet (« conseil »). Dégoûté, Hitler quitte Munich pour Traunstein. Dans Mein Kampf, Hitler donne de cet épisode un récit plutôt elliptique, mais assez clair quant à sa vision du monde :

« En mars 1919, nous étions de retour à Munich. La situation était intenable et poussait à la continuation de la révolution. La mort d'Eisner ne fit qu'accélérer l'évolution et conduisit finalement à la dictature des soviets, pour mieux dire, à une souveraineté passagère des Juifs, ce qui avait été originairement le but des promoteurs de la révolution et l'idéal dont ils se berçaient. [...] Au cours de cette nouvelle révolution de soviets, je me démasquai pour la première fois de telle façon que je m'attirai le mauvais oeil du soviet central.
Le 27 avril 1919, je devais être arrêté, mais les trois gaillards n'eurent point le courage nécessaire en présence du fusil braqué sur eux et s'en retournèrent comme ils étaient venus.
Quelques jours après la délivrance de Munich, je fus désigné pour faire partie de la Commission chargée de l'enquête sur les événements révolutionnaires dans le 2e régiment d'infanterie.
Ce fut ma première fonction active à caractère politique. »

Hitler reste dans l'armée jusqu'au 31 mars 1921 et est chargé de surveiller un groupuscule politique, le Parti ouvrier allemand (Deutsche Arbeiterpartei, DAP). Remarqué lors de l'une de ses interventions, il finit par y adhérer, et le transforme en NSDAP Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei (« Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands »). En avril 1921, il devient le chef du parti. Du fait de ses talents d'organisateur et d'orateur, le parti gagna rapidement en popularité.

Les 8 novembre et 9 novembre 1923, il conduit le coup d'État avorté connu comme le Putsch de la brasserie. Le NSDAP est aussitôt interdit. Arrêté, Hitler est accusé de conspiration contre l'État et condamné pour "haute trahison" le 1er avril 1924 à cinq ans de prison, qu'il purge à Landsberg am Lech. Pendant sa détention, il écrit Mein Kampf (Mon combat), autobiographie et manifeste politique. Après seulement 13 mois de détention et malgré l'opposition déterminée du procureur Stenglein, il bénéfice d'une libération conditionnelle le 20 décembre 1924.

Craignant d'être expulsé vers l'Autriche, Hitler renonce à la nationalité autrichienne le 30 avril 1925. Devenu apatride, et bien qu'il soit interdit de parole en public jusqu'en 1927, il reconstruit son parti et retrouve une certaine popularité. C'est de cette époque que date l'entrée en scène de Joseph Goebbels l'un de ses plus fidèles soutiens. En 1928, le NSDAP semble pourtant marquer le pas et peine à remonter la pente : seuls 2,6% des votants lui accordent leur confiance aux élections législatives du 20 mai.

Mais l'instabilité politique (décès de Gustav Stresemann, chute du chancelier Hermann Müller, remplacé par le gouvernement conservateur et autoritaire de Brüning du Zentrum) et surtout les conséquences catastrophiques de la crise de 1929 sur l'économie allemande très dépendante des États-Unis, apporte au NSDAP un succès foudroyant et imprévu aux élections du 14 septembre 1930 : avec 18,3% des voix et 107 sièges, le parti nazi est le second du Reichstag.

Le septennat du président Hindenburg se terminant le 5 mai 1932, la droite et le Zentrum, afin d'éviter de nouvelles élections, proposent de renouveler tacitement le mandat présidentiel. L'accord des Nazis étant nécessaire, Hitler exige la démission du chancelier Brüning et de nouvelles élections parlementaires. Hindenburg refuse. Le 22 février 1932, Goebbels annonce la candidature d'Adolf Hitler à la Présidence de la République. Le 26 février, Hitler est opportunément nommé Regierungsrat, fonctionnaire d'état, ce qui lui confére automatiquement la nationalité allemande.

Après une campagne électorale sans précédent sur le plan de la propagande, Hitler obtient 30% des voix au premier tour le 13 mars 1932 et 37,3% au second tour en avril. Hindenburg est réélu. Lors des scrutins régionaux qui suivent l'élection présidentielle le NSDAP renforce ses positions.

En 1932, la situation se dégrade sur les plans économique et social (plus de 6 millions de chômeurs à la fin de l'année). L'agitation et l'insécurité politique sont à leur comble. Le gouvernement est incapable de réunir une majorité. Engagé dans un bras de fer avec Hitler, le président Hindenburg refuse toujours de le nommer chancelier. Toutes les tentatives de conciliations échouent. Même la baisse de popularité du NSDAP aux élections de novembre n'entame en rien sa détermination.

De l'accession au pouvoir à la chute

Voir aussi la Chronologie du Troisième Reich.

Hitler est finalement nommé à la Chancellerie de la République de Weimar le 30 janvier 1933, avec le soutien de la droite et en particulier l'ancien Chancelier Franz von Papen et le Parti Populaire National Allemand (DNVP), dirigé par le magnat nationaliste de la presse Alfred Hugenberg, qui espèrent être en mesure de le contrôler.

Hitler obtient le soutien de l'armée, déborde ses partenaires, et met en route la Gleichschaltung (la « Mise au pas ») de l'Allemagne. L'incendie du Reichstag le 27 février, lui permet de limiter les libertés civiles et d'éliminer ses opposants politiques, notamment les communistes du KPD. Le NSDAP remporte les élections de mars 1933 avec 43.9% des suffrages. Le 23 mars, le Reichstag vote la Loi d'habilitation (Ermächtigungsgesetz) accordant à Hitler, les pouvoirs spéciaux. Hitler les utilise pour interdire les syndicats, et les partis politiques.

Le 30 juin 1934, durant la Nuit des longs couteaux, fort du soutien bienveillant de l'armée, le Chancelier fait assassiner plusieurs de ses partisans et de ses anciens ennemis politiques. Parmi eux : Gregor Strasser et Ernst Röhm, chef de la SA.

La mort du président Hindenburg est aussi celle de la République de Weimar. En vertu de la Constitution, le Chancelier exerce temporairement les pouvoirs du président défunt. Le 2 août 1934, le Reichstag vote une loi de fusion des deux fonctions en une seule : Hitler devient Führer und Reichskanzler.

En septembre 1935, Hitler, aggravant l'antisémitisme d'état, proclame les lois de Nuremberg interdisant aux Juifs l'accès des hautes fonctions de l'état ou encore les mariages mixtes.

La popularité du Führer provient notamment de son opposition au Diktat de Versailles, des succès diplomatiques (rattachement de la Sarre, remilitarisation de la Rhénanie, accords avec Mussolini, négociations avec la Grande-Bretagne) et des succès économiques obtenus (notamment une importante réduction du chômage) par sa politique de réarmement. Encore qu'il ne faille pas oublier ni les conditions sociales et politiques dans lesquelles les améliorations économiques ont été obtenues, ni les pénibles situations de pénurie alimentaire et le manque de devises dès 1935. L'adhésion des Allemands à sa politique (et plus encore à sa personne) fut importante, surtout au début.

Avec la complicité des puissances européennes soucieuses d'éviter un nouveau conflit (notamment à Munich en 1938), Hitler annexe un grand nombre de territoires voisins : l'Autriche (l'Anschluss), puis les Sudètes, et la Tchécoslovaquie en 1938.

En 1938, il est élu homme de l'année par le Time Magazine.

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Hitler à Paris

Après s'être assuré que l'URSS participerait au démembrement du pays en signant le pacte Molotov-Ribbentrop, Hitler lance ses armées sur la Pologne, le 1er septembre 1939, sans déclaration de guerre, c'est le début de la Seconde Guerre mondiale. Bien qu'ayant de brillantes intuitions, lors de la bataille de France en 1940, Hitler s'avère être un commandant en chef brouillon et imprévisible, dédaigneux de l'opinion son état-major... Cette attitude est particulièrement flagrante lors de la bataille de Stalingrad, quand il refuse à l'armée de Friedrich Paulus la permission d'opérer une retraite.

Le 20 juillet 1944, à la Wolfsschanze, Hitler est blessé dans un attentat lors d'une tentative de coup d'État d'officiers qu'il réprime durement.

Convaincu que l'Allemagne ne pourrait survivre à une défaite devenue inéluctable, Hitler ordonne le 19 mars 1945 la destruction des industries, des installations militaires, des magasins, des moyens de transport et de communications. Cet ordre ne sera pas respecté, notamment en raison de l'intervention d'Albert Speer, ministre de l'armement.

Le 30 avril 1945, alors que l'Armée rouge encercle Berlin, Adolf Hitler se suicide en compagnie d'Eva Braun qu'il venait d'épouser, dans le Führerbunker. Dans son testament politique, il écarte Hermann Göring et Himmler et désigne l'amiral Karl Dönitz comme successeur.

La pensée d'Hitler

Machiavélisme et totalitarisme

La propagande hitlérienne est essentiellement guidée par des considérations d'opportunité politique, mais comporte deux invariants : l'antisémitisme, puis l'anti-marxisme (compris dans un sens assez large).

Manipulation, trahisons (cf. bio)

  • Il est établi qu'Hitler donna des ordres spécifiques pour que Johann Georg Elser, l'auteur de l'attentat de Munich qui aurait pu le tuer ne fût ni exécuté, ni même mis dans une situation où ses jours seraient en danger. Pourquoi ? Aucun historien n'a avancé d'hypothèse.
Socialisme

Hitler rejetait dans un même mépris capitalisme et marxisme.

Pendant les années 20, il dut louvoyer entre les tendances « droitistes » (de l'armée et de la droite traditionnelle, du patronat) et « gauchistes » (de certains de ses partisans, comme Ernst Röhm ou Gregor Strasser). Après le lamentable échec du Putsch de la brasserie de 1923, son problème consiste à capter et conserver un maximum de voix en vue de conquérir électoralement le pouvoir.

Une étatisation des moyens de production débuta dès 1933 avec des usines automobiles et aéronautiques, puis s'intensifia avec l'économie de guerre mise en place par Albert Speer dès 1943. À partir de cette année, cette étatisation de fait suivait un schéma d'emprise totalitaire des moyens de production pour l'effort de guerre, dans le droit fil d'un collectivisme conséquent et aboutissement de son inspiration socialisante présente dès les années 1930.

On peut aussi rappeler que les socialistes allemands étaient pourchassés sous le Troisième Reich et que beaucoup sont rentrés en résistance.

Mythologie et culture

Son nationalisme raciste transcendait le clivage traditionnel capital/social : il rêvait d'un peuple uni (Volk) par le (même) sang. (x(?) mensonges du Platon des Lois)

  • Il est communément admis qu'Hitler se serait inspiré des théories de Hans Horbiger sur l'Atlantide) et de John Cleves Symnes (théorie dite de la « Terre creuse »). C'est également lui qui fit inverser le sens du svastika (croix gammée) indien, signe de vie, comme pour en retourner aussi la signification (le « Viva la muerte » des phalanges espagnoles n'était pas loin); on remarquera aussi que le salut que Mussolini, repris par la suite par Hitler à partir de 1926, demandait de ses troupes était exactement celui des gladiateurs de l'empire romain saluant l'Empereur avant de mourir (le fameux rite du « Ave Caesar, morituri te salutant »).
  • Point que certains jugent négligé par la plupart des historiens : les doctrines mystiques dans lesquelles Hitler et d'autres responsables du nazisme auraient puisé leur inspiration pour l'élaboration de la politique national-socialiste, et les rapports que le Führer aurait entrenu avec l'univers des sciences occultes (voir * Hitler-Bouddha-Krishna).

source : Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le matin des magiciens, introduction au réalisme , Folio, 1960. à rapprocher avec le mysticisme marxiste ? Du romantisme allemand du XIXe siècle à Hitler en passant par Nietzsche, Wagner, Louis II, Heidegger - cf. tradition allemande (Hayek) qui aurait été un espèce de creuset séculaire au nazisme ?

Racisme et antisémitisme
  • antisémitisme = anticapitalisme + mythologie aryenne.
  • science raciste : falsification ou vraie croyance ? (précurseur: la phrénologie)

Regards des contemporains et libéraux

  • Erwin Rommel en octobre 1938 après avoir accompagné et assuré la sécurité du Führer durant l'annexion des Sudètes : « Hitler possède un pouvoir magnétique sur les foules; qui découle de la foi en une mission qui lui aurait été confiée par Dieu. Il se met à parler sur le ton de la prophétie. Il agit sur l'impulsion et rarement sous l'empire de la raison. Il a l'étonnante faculté de rassembler les points essentiels d'une discussion et de lui donner une solution. Une forte intuition lui permet de deviner la pensée des autres. Il sait manier avec habileté la flatterie. Sa mémoire infaillible m'a beaucoup frappé. Il connait par cœur des livres qu'il a lus. Des pages entières et des chapitres sont photographiés dans son esprit. Son goût des statistiques est étonnamment développé : il peut aligner des chiffres très précis sur les troupes de l'ennemi, les diverses réserves de munitions, avec une réelle maestria qui impressionne l'état-major de l'Armée. »
  • Norman Spinrad, après le succès de son livre Rêve de fer : « Hitler avait compris ce qui motivait les foules. Il passait certainement beaucoup plus de temps à s'occuper finement des symboles, couleurs et uniformes qu'à lire des livres d'économie. Ses rêves étaient bien plus proches de ceux d'une rock-star que d'un homme politique à proprement parler ».
  • Dominique Aubier rappelle dans son livre Réponse à Hitler que « le nazisme avait l’ambition de détruire le peuple juif », que c'était l'objectif principal d'Hitler : « une tentative d’anéantir le Verbe incarné, détruire ainsi toute possibilité de survie humaine au jour du retour cyclique. La solution finale était une tentative d'anéantissement totale de l'humanité, une négation du Verbe, de la parole. »
  • H. P. Lovecraft qui voyait Hitler comme « une force élémentaire appelée à régénérer la culture européenne », le considère par la suite comme un « honnête clown » pour ensuite reconnaitre que « bien que ses objectifs soient fondamentalement sains, l'extrémisme absurde de sa politique actuelle risque de conduire à des résultats désastreux et en contradiction avec les principes de départ. »

Fictions représentation culturelles

Au Cinéma
  • Parmi les nombreuses représentations au cinéma, Charlie Chaplin ridiculisa Hitler dans son film de 1940 Le Dictateur (The Great Dictator) : le dictateur en question a en effet pour sosie un petit coiffeur juif qui prendra sa place et terminera le film sur un discours humaniste émouvant. Pour la petite histoire, Hitler fit interdire le film en Allemagne, mais s'en procura une copie qu'il se fit projeter en privé à deux reprises.
  • Les Dix derniers jours d'Hitler, un film de 1973.
  • En , le réalisateur allemand Oliver Hirschbiegel sort La Chute (Der Untergang), un film qui raconte les derniers jours du Führer. Ce film a connu un grand succès, mais a provoqué une polémique principalement en raison de la vision humanisée qu'il donnerait du dictateur. En effet, de nombreux films ont représenté Hitler, mais la plupart ont évité de lui donner un visage.
  • En 2003, HITLER - la naissance du mal (Canada / États-Unis), donne un éclairage sur la jeunesse d'Hitler et sa montée au pouvoir (jusqu'en 1934). Ce film, dont les historiens seront sans doute critiques, a le mérite de montrer la genèse du dictateur, et l'Allemagne telle qu'il l'a connu au moment où il met en place son « mon combat », alors qu'il n'est encore qu'un « aspirant » en politique.
  • En 2003 Max, réalisé par Menno Meyjes, narre l'histoire entre Adolf Hitler, à l'époque jeune artiste et Max, artiste juif amputé du bras droit. Max encourage Hitler à exorciser sur la toile ses colères, ses haines et ses peurs. Petit à petit, Hitler devient haineux envers les juifs ce qui conduira à l'horreur que l'on connait tous.
Œuvres classiques
  • Hitler a souvent été utilisé comme personnage dans des œuvres de fiction. Un exemple précoce en est la description cryptée dans la pièce écrite en 1941 par Bertolt Brecht, La résistible ascension d'Arturo Ui, dans laquelle Hitler est transposé en la personne d'un racketteur mafioso sur le marché des choux-fleurs à Chicago.
  • Voir dans le recueil de nouvelles de Dino Buzzati Le K, la nouvelle nommée Pauvre petit garçon.
  • Roald Dahl a également écrit une petite nouvelle sur Adolf Hitler dans Kiss Kiss, recueil de nouvelles à l'humour noir, elle s'intitule Une histoire vraie.
  • Une des plus étranges œuvres tardives de Salvador Dali fut Hitler se masturbant, le représentant au centre d'un paysage désolé.
  • Dans son roman « Pompes funèbres », Jean Genet propose une vision homoérotisée du Führer, ainsi qu'un regard poétique sur les rapports qu'entretiennent la violence nazie et l'attirance sexuelle.
  • Ces garçons qui venaient du Brésil (1976) de Franklin J. Schaffner raconte une tentative de clonage du dictateur defunt par le sinistre Docteur Mengele.

Bibliographie

  • Un attentat contre Hitler, Procès verbaux des interrogatoires de Johann Georg Elser, traduit de l'allemand et présenté par Bénédicte Savoy, préface de Gilles Perrault, Solin Actes Sud, 1998
  • Giulio Ricchezza, La vie fantastique d'Adolf Hitler, 3t., Famot, 1974
  • Ron Rosenbaum, Pourquoi Hitler, Lattès, 1998
  • Ian Kershaw, Hitler, 2t., Flammarion, 1999
  • Ian Kershaw, Hitler : Essai sur le charisme en politique, Folio Essais, 2001
  • Joachim Fest, Les derniers jours de Hitler, Tempus, 2003
  • Gérard Letailleur, Les secrets du chancelier (avec une préface de Christian de La Mazière), Éditions Dualpha, coll. « Vérités pour l'histoire », Coulommiers, 2005. 292 p. ISBN 2-915461-39-2.
  • Gōtz Aly, Comment Hitler a acheté les Allemands, Flammarion, 2005, ISBN 2082105172
  • Philippe Masson, Hitler chef de guerre. – Paris : Perrin, 2005. – 334 p., 23 cm. – ISBN 2-262-01561-9.

Citations

  • « Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues. »
  • « Nous sommes socialistes, et ennemis du système économique capitaliste actuel, qui exploite les économiquement faibles, avec ses salaires injustes, qui évalue un être humain selon sa richesse et ses biens et non selon la responsabilité et la performance, et nous sommes déterminés à détruire ce système à tout prix ». (discours du 1er mai 1927)

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 11:33

Dans "National-Socialisme", il y a "Socialisme".

 

La Route de la Servitude par Friedrich Hayek

 

http://www.hiddenhistoryhumanity.com/German/Nazi%20Essay%20Images/nazigermany.jpg


  Par François Guillaumat

Alors même qu'il y a dix ans tout le monde était pour le socialisme, on imagine mal aujourd'hui l'extraordinaire domination de cette chimère sur le monde intellectuel dans les années quarante. C'est vraiment à ce moment-là que le socialisme fut au plus haut, et l'humanité semblait devoir se résigner à le subir soit par voie de nationalisation -la méthode marxiste- soit par voie de réglementation: la méthode allemande.

        Les pays autrefois libéraux ne l'étaient plus: en Grande-Bretagne, les privilèges syndicaux de 1906 avaient rendu l'économie ingérable et provoqué intervention après intervention ; la guerre servait de prétexte pour habituer les citoyens à l'économie de contrainte et de pénurie. Aux Etats-Unis Roosevelt avait pu, en double violation de la Constitution, imposer l'Etat-Providence et se faire réélire une deuxième fois.

        Le socialisme léniniste avait conquis la Russie, et le socialisme hitlérien l'Allemagne. Leurs idées contaminaient le monde entier : aux Etats-Unis, le monde intellectuel était depuis le début du siècle sous l'influence de la philosophie allemande et du pragmatisme, son avatar local. L'interventionnisme keynésien n'y avait rencontré aucune résistance intellectuelle  alors que Ludwig von Mises, le seul économiste alors capable de le réfuter, était opportunément réduit au silence par la persécution hitlérienne.

        Les quelques intellectuels libéraux dans le monde avaient essayé de se regrouper avant la guerre, qui les avait dispersés. Ils étaient cependant d'une qualité exceptionnelle, et il suffit de circonstances favorables pour qu'ils se fissent de nouveau entendre. Le succès de son premier roman We the Living avait permis à Ayn Rand de mettre en avant ses idées dans son second roman The Fountainhead en 1943 ; Mises, grâce au soutien de Henry Hazlitt et à l'admiration d'un éditeur, pourra publier Le gouvernement omnipotent, La bureaucratie et L'action humaine assez peu de temps après son arrivée aux Etats-Unis. C'est ce genre d'occasion qui a permis à Hayek d'écrire La route de la servitude.

        Hayek avait beau s'être installé à Londres depuis 1931, il était malgré tout d'origine autrichienne, et ne pouvait participer, comme la plupart des économistes britanniques, à la planification de l'effort de guerre de Sa Majesté. La London School of Economics, où il occupait la chaire Tooke de théorie économique, avait dû s'installer à Cambridge pour éviter les bombardements de Londres. Keynes, quoiqu'intellectuellement malhonnête, était en bons termes avec ce rival et lui trouva une petite maison ; Hayek avait encore à cette époque l'intention de réfuter la prétendue Théorie générale à l'occasion d'une véritable théorie générale du capital, mais ne jugeait pas opportun de s'opposer à lui à ce moment ; il avait donc le temps pour d'autres recherches.

        Disciple de von Mises en économie après avoir été social-démocrate, Hayek est Docteur en Droit et en Sciences Politiques de l'Université de Vienne. Il s'était déjà essayé à la philosophie du Droit en publiant au Caire en 1935 The Political Ideal of the Rule of Law ; on le connaissait cependant surtout  pour ses travaux dans le domaine où il est meilleur, la théorie économique. Son livre le plus important de méthodologie économique, The Counter-Revolution of Science et ses autres  contributions théoriques vraiment personnelles, le reste étant dû à von Mises ("The Use of Knowledge in Society" et autres articles parus dans Individualism and Economic Order en 1948) paraissent d'ailleurs en même temps. L'économie politique et la philosophie politique sont  évidemment liées, et la participation de Hayek au débat des années 30 sur la possibilité du calcul économique rationnel dans un cadre de centralisation autoritaire l'avait rendu particulièrement à même de discuter des effets de l'ambition socialiste sur l'organisation sociale.

        The Road to Serfdom, paru en 1944, fut immédiatement un succès de librairie ; on en discuta même pendant l'élection de 1945, qui vit la victoire des travaillistes. Hayek fut invité à organiser une série de conférences à propos de son livre ; il put ainsi rencontrer un peu partout des penseurs libéraux qui devaient, en avril 1947, constituer la Société du Mont-Pèlerin. La route de la servitude devait change la carrière de Hayek puisqu'elle l'amena à enseigner la philosophie morale à l'université de Chicago entre 1950 et 1956. Elle préfigure The Constitution of Liberty, son meilleur livre de philosophie politique, paru en 1960, et ses quatre derniers ouvrages: les trois tomes de Droit, législation et liberté (1978) et The Fatal Conceit, paru cette année.

        Le thème de la route de la servitude est que les traits déplaisants du national-socialisme et du fascisme sont communs à tous les régimes qui veulent réaliser le socialisme, c'est-à-dire soumettre la production à la violence politique pour réaliser une redistribution particulière des revenus. En somme, dans "national-socialisme", il y a "socialisme" et tous les traits déplaisants du nazisme, y compris l'extermination des minorités, se retrouveront dans toute société politique qui prend au sérieux l'ambition de réaliser la "justice sociale".

        Dans une succession de chapitres organisés par thèmes, Hayek démolit un certain nombre des illusions que se faisaient les intellectuels socialistes de son temps sur la société qu'ils appelaient de leurs vœux.

        Le socialisme est né de l'abondance créée par le capitalisme, et de l'incapacité des intellectuels à la comprendre. Si on a cru, à partir de John Stuart Mill, qu'on pouvait redistribuer les richesses sans se soucier des effets de cette prédation sur la production, c'est d'abord parce qu'il y avait des richesses. La planification centrale, c'est-à-dire la confiscation par l'autorité centrale de tout contrôle sur les moyens de produire, est nécessaire dès que l'on cherche à réaliser une distribution des revenus déterminée à l'avance. C'est cette ambition qui explique l'accroissement du contrôle politique de la société et non une prétendue "nécessité technique", car la complexité ext précisément ce qui condamne la centralisation.

        Pour "planifier" à la mode socialiste, il faut imposer la volonté des hommes de l'Etat à un degré tel, et à un tel niveau de détail, que la démocratie est vidée de sa substance. Quand le vote subsiste, il permet de choisir le gouvernement, mais le peuple ne contrôle pas les lois, pas plus que les dépenses publiques. En effet la législation ne se borne plus à énoncer les règles que chacun doit suivre y compris les hommes de l'Etat. Elle consiste uniquement, comme le dit François Lefebvre, à "énoncer en quelles circonstances, et par quels moyens les hommes de l'Etat interviennent arbitrairement dans l'économie".

        Cette intervention affecte nécessairement tous les aspects de la vie, puisque toute action est productive de valeur pour celui qui l'accomplit. L'"économique" n'est pas un domaine particulier de l'action humaine, mais un des ses aspects universels. La liberté d'expression, la liberté personnelle ne se conçoivent pas là où les Droits de contrôler les moyens de l'action ont été confisqués. L'inconséquence des auteurs qui, comme George Orwell, veulent  à la fois la démocratie et le socialisme, ou le socialisme et les droits de l'homme, est ainsi tragiquement démontrée. De même, la distinction entre le socialisme allemand (celui du parti ouvrier allemand national-socialiste) et le socialisme soviétique est de pure forme car la réglementation ou la nationalisation sont synonymes: les hommes de l'Etat s'y emparent tout autant par la force du contrôle des choses qu'ils n'ont pas produites.

        La question essentielle, comme le disait Lénine, est de savoir qui a le pouvoir de décision. Or le pouvoir politique ne remplace pas le pouvoir économique. Il commence là où finit le premier, et tout accroissement du pouvoir politique accroît le pouvoir tout court. Evidemment, il n'existe pas de moyen de déterminer rationnellement  à quoi doit servir ce pouvoir. Le concept de "bien-être social" ou d'"intérêt général" ne sont pas plus objectivement définissables que celui de "justice sociale". Trente ans plus tard, Hayek, dans Le mirage de la justice sociale, s'avisera qu'il est intellectuellement honteux de se servir, pour faire violence à autrui, de prétextes auxquels on ne peut même pas donner de sens intelligible.

        Comme il y a autant de pommes de discorde que de formes de redistribution, la paix sociale est inévitablement détruite à mesure que le socialisme progresse: des bandes armées: syndicalistes, puis loubards, puis groupes paramilitaires, se partagent la rue, et imposent leur loi. Pour rétablir un semblant d'ordre, les gens sont alors prêts à supporter un gouvernement autoritaire. Comme il faut bien donner des rationalisations à toutes ces violences, on impose le mensonge: mensonge du socialisme lui-même, et mensonge sur les "réalisations" du socialisme, dont il est interdit de contester la réalité. Soljénitsyne rappelle que l'aspect le plus pénible du socialisme léniniste est le mensonge obligatoire ; mais il caractérisait aussi le socialisme hitlérien.

        Comme il est impossible que le socialisme, qui est un vol, profite à  tout le monde, il ne peut bénéficier qu'à une caste de privilégiés. A ce titre, le fascisme et le nazisme sont bien des réactions contre les mouvements socialistes, mais non contre le principe socialiste lui-même : ils voulaient le socialisme, c'est-à-dire la spoliation légale, mais un socialisme qui leur aurait profité à eux, et pas  à la bande de leurs rivaux. C'est le socialisme "de gauche" qui a inventé l'embrigadement des enfants, la constitution d'une contre-société, et les méthodes politiques violentes comme la police politique et les camps d'extermination. De ce point de vue Hitler n'est qu'un pâle imitateur de Lénine, pour lequel il affichait son admiration.

        De même, le socialisme au pouvoir est inévitablement nationaliste, puisque la clique de ses profiteurs est issue de la société politique nationale et qu'une fois atteintes les limites de ce qu'elle peut voler à la population, ils devront chercher leurs victimes ailleurs. Il est aussi inévitablement corrompu : il s'agit de voler les autres, et de disposer arbitrairement du butin, en l'absence de tout principe et de toute règle identifiable, et l'enjeu est formidable, puisqu'il s'agit de faire partie des maîtres ou de devenir esclave. Ceux qui se retrouvent au pouvoir sous le socialisme sont ceux qui ont accepté l'abolition de tout Droit qu'il implique, et qui ont été les plus malins ou les plus brutaux dans l'élimination des autres bandes.

        On parle aujourd'hui (éventuellement comme "révisionnistes") d'historiens allemands qui font remarquer le grand nombre d'anciens dirigeants socialistes parmi les dignitaires nazis ; c'est aussi un fait avéré que les communistes ont tout fait en Allemagne pour y aider les nazis à détruire ce qui restait de régime représentatif. Mussolini était lui-même un haut dirigeant du parti socialiste italien. Mais ce qui est moins connu, parce que les intellectuels socialistes qui ont fui le nazisme ont propagé les interprétations qui leur convenaient, c'est que l'Allemagne de Weimar elle-même avait pratiquement mis en place tous les instruments de la Zwangswirtschaft, le socialisme réglementaire, dont Hitler n'a eu qu'à se servir sans devoir les créer.

        Par ailleurs, les courants de pensée de la gauche dans l'Allemagne de Weimar étaient tout aussi irrationalistes, antilibéraux et antidémocrates que ceux de la droite nationaliste. Hayek rappelle leurs références intellectuelles communes: Rodbertus et Lassalle étaient cités par Hitler comme des précurseurs. A l'irrationalisme ouvert des réactionnaires, correspond le polylogisme marxiste ; l'apologie de la violence est la même, souvent inspirée par les mêmes auteurs (Georges Sorel,).

        La route de la servitude  est écrite pour faire comprendre aux intellectuels socialistes anglo-saxons que, les mêmes causes conduisant aux mêmes effets, les mêmes idées conduiront au même type de société. L'Allemagne, pour n'avoir été touchée que tardivement par les libéralismes démocratique, était simplement en avance sur un chemin que tout le monde était en train de parcourir.

        A quoi peut servir aujourd'hui La route de la servitude? Ce livre fut en son temps  le point de départ d'une reconquête des esprits par le mouvement libéral, d'une organisation systématique des réfutations du socialisme par des institutions et des groupes dans le monde entier. Inspiré par une connaissance alors unique des raisons pour lesquelles la décision économique rationnelle est impossible dans une organisation étatique, le livre décrit précisément les caractéristiques de toute société socialiste.

        Pour qui n'est pas encore convaincu que toute ambition de réaliser une forme quelconque de "justice sociale" doit conduire à une organisation politique semblable à celle des nazis, et que sous ses accidents singuliers : Staline, Pol Pot, Hitler, etc... Le socialisme reste toujours essentiellement le même, lire La route de la servitude est une obligation. De même, pour ceux qui veulent connaître les origines intellectuelles du nazisme, c'est un livre intéressant, quoique The Ominous Parallels de Leonard Peikoff soit plus profond.

        On pourra aussi  s'en servir pour identifier les effets du socialisme installé dans nos pays. La corruption,  la censure, la bassesse des hommes politiques résultent  bel et bien de l'ambition redistributrice, même si elle en rabat quelque peu sur ses prétentions moralisantes. Si elle a battu en retraite, c'est d'ailleurs largement parce qu'on a popularisé les idées contenues dans La route de la servitude ; on peut mentionner Socialisme et fascisme: une même famille? Où le Club de l'Horloge montre bien que le fascisme est une variante du socialisme, plus précisément la version autoritaire du corporatisme social-démocrate.

        Sur deux points cependant, on peut dire que le livre a mal vieilli, ou plutôt qu'il n'a jamais été un des meilleurs. C'est tout ce qui touche à la théorie économique et à la philosophie libérale. Si Hayek a mis les socialistes français dans l'embarras, ce n'est pas seulement parce qu'ils n'avaient aucune pensée valable à lui opposer. C'est aussi parce que c'est à partir de leurs propres prémisses collectivistes qu'il réfute le socialisme. Comme Adam Smith, Hayek démontre l'excellence du libéralisme à partir de ce qu’Ayn Rand appelle la prémisse tribale, pour laquelle il irait de soi que la société politique a le droit de disposer de ses membres comme elle l'entend. Ce qui le rend si convaincant  pour des socialistes, c'est donc que son discours est proche de leurs conceptions. A ce jeu, il leur fait des concessions de principe majeures, ce qui donne l'impression agaçante d'une réflexion insuffisamment rigoureuse.

        On peut dire que comme tous les savants qui se sont interdit d'examiner l'essence  des phénomènes et des actes (il prendra de plus en plus ce chemin sous l'influence de son ami Karl Popper), Hayek se prive d'une connaissance générale et concise  et ne cesse de tourner autour du pot. Au lieu de mettre l'esprit humain au centre des phénomènes économiques et sociaux,  d'élucider la nature des rapports entre cet esprit et ses productions, et d'en déduire que toute interférence violente avec le contrôle de l'esprit sur ses produits engendre destruction et irrationalité, et qu'elle est par conséquent objectivement mauvaise, il ne fait que décrire pragmatiquement, quoi qu'exhaustivement, les effets des formes les plus extrêmes de cette intervention.

        Cela fait que son libéralisme, tant économiquement que philosophiquement, est très en retard. Alors que la nature  du laissez-faire avait été élucidée dès le début du siècle dernier par les économistes libéraux français: Destutt de Tracy, Jean-Baptiste Say, Charles Comte et Charles Dunoyer, on peut dire que Hayek n'a jamais compris le laissez-faire. Tout en minimisant leur validité mais sans voir qu'il adhère par là à l'utilitarisme qu'il dénonce par ailleurs, il reprend à son compte les rationalisations de l'intervention de l'Etat les plus traditionnelles: les soi-disant "biens publics", les prétendues "externalités", les "monopoles" imaginaires sur un marché libre, et même (il changera d'avis par la suite) la production de l'information (!) et de la monnaie. Il croit même que la redistribution "sociale" est compatible avec un Etat de Droit!

        A force de parler le langage de ses adversaires, qui sont des irrationalistes vrais, et de développer des argumentaires qui mettent en cause la capacité rationnelle de l'homme alors que ce qu'il fallait, c'était persuader les hommes de l'Etat qu'il n'existe pas de norme objective par quoi la violation du consentement d'autrui puisse être guidée (Ayn Rand), Hayek finit aujourd'hui dans la peau d'un ennemi de la raison. Ce qu'il appellera plus tard le constructivisme, et dont il décrira exactement les effets, n'est pas un rationalisme : il consiste tout simplement à nier a priori la rationalité d'autrui.

        Une immense faille traverse l'œuvre de Hayek, et ce n'est donc certainement pas lui qui peut servir de référence à la pensée libérale. Cette faille résulte de l'influence de la philosophie moderne, qui refuse de croire au pouvoir de la raison en matière d'éthique et de Droit. Paradoxalement, alors que le premier message qu'on peut tirer de son œuvre, c'est qu'un discours rationnel est possible en philosophie politique (ce pourquoi il avait d'ailleurs été comparé à un "dinosaure" en 1960), il refuse de tirer les conséquences de ce fait, et de reconnaître qu'on peut déduire rationnellement une définition objective du Bien et du Juste à partir de l'observation des lois de la nature. Ses normes d'"efficacité" sociale ou même de "sélection naturelles des institutions" ne sont pas davantage fondées que la "justice sociale" qu'il a excellemment dénoncée et ses normes ne reposent sur rien. Après tout, est-ce un hasard s'il lui a fallu soixante-dix ans pour se rendre compte qu'un mot qui ne voulait rien dire détruisait toute forme de pensée qui en ferait usage?

        Il n'y a donc pas de philosophie politique libérale hayékienne. Sa définition du Droit ne va pas jusqu'au bout parce qu'elle repose sur ce qu’Ayn Rand appelle des "concepts volés", c'est-à-dire des mots dont il se sert sans être capable de rendre compte de leur validité logique et épistémologique. Sa théorie économique s'en ressent aussi. Aujourd'hui, aucun des économistes qui l’admirent comme tel ne croit que les hommes de l’Etat ne puissent jamais, par leurs interventions, améliorer l'efficacité productive. Le fait est que de meilleurs logiciens sont passés par là, notamment Murray Rothbard, qui a réfuté tout cela dès 1962 (dans Man, Economy and State) et Ayn Rand qui, en dépit des pétitions de principe de sa métaphysique, est de très loin la meilleure philosophe libérale. (Cf. notamment Capitalism: The Unknown Ideal, où on trouve la meilleure théorie de la valeur avec celle de Mises). C'est à partir de ces auteurs, qui prennent vraiment la logique au sérieux, qu'on peut établir une théorie sans faille.


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Les racines socialistes du nazisme

Dans le chapitre Les racines socialistes du nazisme de son ouvrage La route de la servitude rédigé en 1943, le penseur allemand en exil Friedrich von Hayek fit une récapitulation historique des conditions ayant permis le triomphe du nazisme en Allemagne une décennie plus tôt. Il démontre, sources à l’appui, qu’en Allemagne la prédication marxiste a pavé la voie à l’ascension du national-socialisme. Les nazis n’ont fait que récupérer le discours étatiste, dirigiste et interventionniste déjà popularisé par les marxistes. Par proximité idéologique, de nombreux meneurs socialistes se sont convertis à l’hitlérisme (ou plutôt ajustés à l’hitlérisme) dans les décennies 1920 et 1930 et ont contribué à sa propagation. De surcroît, Hayek met en lumière la fusion d’une forme pervertie du pangermanisme (création d’un vaste “espace vital” germanique en Europe centrale) avec l’internationalisme marxiste (contrôle et planification de l’économie européenne/globale par un méga-État continental allemand pour le bénéfice des populations soumises).

Un autre lien à exposer entre le nazisme et le socialisme est le darwinisme social (euthanasie, programmation génétique, etc.).

 

***

 

Le premier et le plus caractéristique des représentants de cette évolution [du socialisme allemand vers le nazisme] est peut-être le professeur Werner Sombart. Son fameux Haendler und Helden (Marchands et Héros) a paru en 1915. Il a débuté comme socialiste marxiste et affirmait encore en 1909 avoir passé la majeure partie de sa vie à lutter pour les idées de Karl Marx. Il avait fait, en effet, plus que quiconque pour répandre les idées socialistes et pour susciter le ressentiment anticapitaliste à travers l’Allemagne. Si la pensée allemande était plus que partout ailleurs pénétrée d’éléments marxistes avant la Révolution russe, c’était principalement grâce à Sombart. On l’a considéré, à un moment donné, comme le personnage le plus en vue de l’élite socialiste persécutée [...] Même après la dernière guerre [1918], l’influence de Sombart [...] était très grande en Allemagne.

 

[...]

 

À l’époque l’exaltation de Sombart parut exagérée même à la plupart des Allemands. Un autre professeur allemand présenta les mêmes idées sous une forme plus modérée et plus scientifique et, par conséquent, plus efficace. Le professeur Johann Plenge était, comme Sombart, un grand spécialiste de Marx. [...] Il était parti, sans aucun doute, avec des convictions authentiquement socialistes. [...] Pour lui comme pour tous les socialistes qui tirent leur socialisme d’une application rigide de l’idéal scientifique aux problèmes sociaux, l’organisation est l’essence même du socialisme.

 

[...]

 

[Johann Plenge écrivit :]

Dans la sphère des idées, l’Allemagne a été l’exposant le plus sincère de tous les rêves socialistes, et dans la sphère des réalités le plus puissant architecte du système économique le plus parfaitement organisé. [...] Nous [les Allemands] demeurerons le peuple modèle. C’est notre idéal qui déterminera les fins de la vie de l’humanité. [...] Un grand idéal s’épanouit jusqu’à la victoire finale.

L’économie de guerre créée en Allemagne en 1914 est la première réalisation d’une société socialiste et son esprit est la première manifestation active et non plus revendicative de l’esprit socialiste. Les nécessités de la guerre ont imposé l’idée socialiste dans la vie économique allemande et ainsi la défense de notre nation a donné à l’humanité l’idée de 1914, l’idée de l’organisation allemande, de la “communauté du peuple” (Volksgemeinschaft) du socialisme national. Sans que nous nous en rendions compte, l’ensemble de notre vie politique et de notre industrie ont atteint un niveau plus élevé. L’État et la vie économique forment une unité nouvelle. La nouvelle constitution corporative allemande de la vie économique [...] représente la forme la plus élevée dans la vie d’un État qu’on ait jamais connue sur terre. [...] Vers 1918 la fusion du socialisme et d’une impitoyable politique de force se fait dans son esprit. Peu avant la fin de la guerre il [Johann Plenge] adressa à ses compatriotes, dans le journal socialiste Die Glocke, l’avertissement suivant :

Il est grand temps de reconnaître que le socialisme doit être une politique de force, puisqu’il doit être organisation. Le socialisme doit prendre le pouvoir. [...] Quel est le peuple qui doit accéder au pouvoir, pour devenir le chef exemplaire de l’organisation internationale ? [...] Un socialisme conséquent ne peut accorder à un peuple le droit de s’organiser qu’en tenant compte de la répartition réelle des forces déterminées par l’histoire.

Les idées exprimées par Plenge étaient particulièrement populaires dans un certain milieu d’universitaires [...] Ceux-ci [...] réclamaient l’organisation de tous les secteurs de la vie selon un plan centralisé. Le principal de ces savants était Wilhelm Ostwald [un germano-balte], dont les déclarations à ce sujet ont acquis une certaine célébrité. On prétend qu’il déclara publiquement :

L’Allemagne désire organiser l’Europe qui est dépourvue jusqu’à présent d’organisation. Je veux vous expliquer le grand secret de l’Allemagne : nous, ou plutôt la race allemande, avons découvert la signification de l’organisation. [...]

Des idées très analogues étaient courantes dans les bureaux de Walther Rathenau [directeur de l'Office des matières premières en 1914, ministre de la Reconstruction en 1921 et ministre des Affaires étrangères en 1922 ; il était très interventionniste économiquement]. [...] [Rathenau] mérite en effet une place considérable dans toute histoire complète du développement des idées nazies. Ses écrits ont contribué plus que tous autres à façonner les opinions économiques de toute une génération grandie pendant et après la dernière guerre [1918] en Allemagne. Quelques-uns de ses collaborateurs les plus proches devaient plus tard faire partie de l’état-major de l’administration du plan quadriennal de Gœring.

Les thèses d’un autre ancien marxiste, Friedrich Naumann, ressemblaient également beaucoup à ces conceptions totalitaires. Son livre Mitteleuropa [concepts d'"espace vital" germanique et de dispositif économique sous domination allemande en Europe centrale] a atteint le tirage probablement le plus important de tous les livres de guerre en Allemagne.

en définitive, il fut réservé à un politicien socialiste actif [Paul Lentsch], membre de la gauche du Parti social-démocrate allemand, de développer ces idées complètement et de les diffuser largement. [...] C’est seulement dans son troisième livre, Trois ans de révolution mondiale, livre à grand succès, que ses idées caractéristiques ont pris, sous l’influence de Plenge d’ailleurs, un plein développement. Lentsch base sa démonstration sur un compte rendu historique intéressant et sous certains rapports exact, retraçant le développement vers la concentration industrielle et la cartellisation, rendu possible en Allemagne grâce à la politique protectionniste de Bismarck. Selon sa conception marxiste ce fut là un stade supérieur du développement industriel.

[Paul Lentsch écrivit :]

Le résultat de la décision de Bismarck en 1879, c’est que l’Allemagne se vit attribuer un rôle révolutionnaire, c’est-à-dire celui d’un État qui présentait par rapport au reste du monde un système économique plus élevé et plus avancé. Nous pouvons donc facilement constater que dans la révolution mondiale actuelle, l’Allemagne représente le parti révolutionnaire.

[Paul Lentsch poursuivait en expliquant] qu’en Allemagne, « représentante désignée par l’histoire » des formes élevées de la vie économique,

la lutte pour le socialisme avait été extrêmement simplifiée du fait que toutes les conditions préliminaires du socialisme y avaient déjà été établies. Tout parti socialiste devait donc avoir pour préoccupation essentielle de voir l’Allemagne résister triomphalement à ses ennemis afin de pouvoir remplir sa mission historique, et révolutionner le monde. L’organisation du capital, commencée inconsciemment avant la guerre, continuée consciemment pendant la guerre, sera parachevée systématiquement après la guerre. [...] Le socialisme est en marche, ou il est même dans une certaine mesure réalisé, du moment où nous ne pouvons plus vivre sans lui. [...] Le socialisme doit maintenir, dans cette sphère également, une opposition résolue et consciente à l’égard de l’individualisme.

[...]

Plenge et Lentsch ont inspiré les prédécesseurs immédiats du national-socialisme dans le domaine des idées et, en particulier, Oswald Spengler et Arthur Moeller van den Bruck, pour ne mentionner que les deux plus connus. [...] Aujourd’hui, il nous paraît incontestable qu’on doit considérer les vues développées dans sa brochure [de Spengler] Prussianisme et Socialisme, parue en 1920, comme des vues socialistes, largement répandues en Allemagne. Quelques exemples de ses raisonnements le prouveront. « Le vieil esprit prussien et la conviction socialiste qui s’opposent aujourd’hui l’un à l’autre, avec une haine fratricide, sont, en réalité, de la même essence. » [...]

[Oswald Spengler poursuit en affirmant :]

L’instinct allemand ou plus exactement prussien exige que le pouvoir appartienne à l’ensemble du peuple [...] On assigne à chacun sa place. L’un commande, l’autre obéit. C’est le socialisme autoritaire, en vigueur depuis le XVIIIe siècle, essentiellement antilibéral et antidémocratique [...] C’est seulement sur le sol allemand qu’on peut mépriser le libéralisme.

Après avoir fait ressortir la différence essentielle entre le système de concurrence anglais et le système prussien de « l’administration économique » et après avoir montré (d’accord avec Lentsch) comment l’organisation consciente de l’activité économique a pris de plus en plus des formes socialistes, Spengler continue :

Il a existé en Prusse un État véritable, dans le sens le plus complet du mot, ne tolérant littéralement aucune personne privée. Quiconque a vécu à l’intérieur de ce système, fonctionnant avec la précision d’une horloge, est devenu l’un de ses rouages. [...]

L’idée prussienne implique que chacun devienne un personnage officiel et que tous les salaires doivent être fixés par l’État. Et, en particulier, l’administration de toute propriété y devient une fonction salariée. L’État de l’avenir deviendra un Beamtenstaat, un État de fonctionnaires. [Oswald Spengler ajoute :]

la question décisive non seulement pour l’Allemagne, mais pour le monde entier et qui doit être résolue par l’Allemagne dans l’intérêt du monde [sic], est la suivante : Est-ce l’industrie qui dans l’avenir gouvernera l’État, ou est-ce l’État qui gouvernera l’industrie ? Le prussianisme et le socialise répondent à cette question de la même façon.

De là, il n’y eut plus qu’un pas à franchir pour parvenir au national-socialisme : c’est Moeller van den Bruck qui proclama la guerre mondiale entre libéralisme et socialisme : « Nous avons perdu la guerre contre l’Occident, le socialisme l’a perdue contre le libéralisme ». Comme pour Spengler, le libéralisme devient pour lui aussi l’ennemi par excellence. Moeller van den Bruck se réjouit du fait « qu’il n’y a pas de libéraux dans l’Allemagne d’aujourd’hui ».

Le Troisième Empire de Moeller van den Bruck était destiné à donner aux Allemands un socialisme adapté à leur nature et non corrompu par les idées libérales de l’Occident. Ce qui ne manqua pas de se produire. Ces auteurs ne représentent nullement des phénomènes isolés. Pas plus tard qu’en 1922 un observateur impartial [K. Pribram] a pu parler [ainsi de ce qu'il] avait constaté en Allemagne :

En vertu de ces idées, la lutte contre le système capitaliste n’est rien d’autre que la continuation de la guerre contre l’Entente [France + Royaume-Uni + Russie] avec les armes de l’esprit et de l’organisation économique. C’est un processus qui mène au socialisme pratique, au retour de l’Allemagne à ses traditions les meilleures et les plus nobles.

La lutte contre le libéralisme sous toutes ses formes, le libéralisme qui avait conduit l’Allemagne à sa défaite, fut l’idée commune qui réunit les socialistes et les [pseudo-]conservateurs. Ce fut d’abord le Mouvement de la Jeunesse Allemande, d’inspiration et de tendance presque entièrement socialiste, qui s’empara avec avidité de ces idées et accepta la fusion du socialisme et du nationalisme. À partir de 1920 jusqu’à l’avènement d’Hitler, un groupe de jeunes gens réunis autour du journal Die Tat dirigé par Ferdinand Zimmermann [auteur et académicien nazi, membre des SS dès 1934 et du NSDAP dès 1936], représenta cette tendance de la façon la plus menaçante. Le livre de Zimmermann, Das Ende des Kapitalismus [La fin du capitalisme], est peut-être l’expression la plus caractéristique de ce groupe des Edel-nazis d’élite comme on les appelait en Allemagne. [...] La guerre contre les pouvoirs occidentaux, menée « avec les armes de l’esprit et de l’organisation économique », n’a-t-elle pas réussi, avant même que la vraie guerre fût commencée ?

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 14:58
Pétition : Lettre ouverte à M. Hollande Président de la République Française et M. Jean-Marc Ayrault Premier Ministre.

 

Cette lettre ouverte envoyée par Alain Wagner, président de l’ICLA à François Hollande et Jean-Marc Ayraud est une dénonciation des déclarations scandaleuses du 23 juillet faites par Laurent Fabius et la demande d’adoption de mesures rectificatives (en particulier l’adhésion de la France au Processus de Bruxelles). Si vous partagez l’opinion d’Alain Wagner vous pouvez co-signer cette lettre en utilisant le formulaire en bas de page.

 

Voici aussi la lecture video de cette lettre :

 

 

Messieurs,

Nous portons à votre attention les faits suivants commis par un des membres de votre gouvernement:

1)    Le 23 juillet 2012, M. Laurent Fabius a organisé au sein du Quai d’Orsay un Iftar (repas de rupture du jeûne musulman, qui est une cérémonie religieuse dictée par les règles de la Charia) en l’Honneur des ambassadeurs des Etats membres de l’Organisation de la Coopération Islamique.

 Cet évènement de nature religieuse financé avec des fonds publics au sein d’un bâtiment public viole l’article 2 de la loi de 1905 qui stipule expressément :  «La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. »

 2)    Au cours de cette réunion M. Fabius au nom de la France a déclaré :  « La France est, chacun le sait, une République laïque. Cela n’est nullement contradictoire avec le fait qu’elle éprouve respect et considération pour l’islam » et a deux reprises a salué l’islam « Je veux saluer en l’islam » ; « Je salue aussi en l’islam », puis a évoqué « l’attitude de la France à l’égard de l’islam » et a fini son discours par la formule « Je vous souhaite à tous un bon mois de Ramadan, et je forme le vœu qu’il soit celui de l’amitié et de la confiance entre la France et l’islam. »

Ces déclarations de M. Fabius au nom de la France violent non seulement encore une fois l’article 2 de la loi de 1905 « La République ne reconnaît […] aucun culte » mais plus grave encore constituent une reconnaissance d’entité politique à l’islam. Ce qui est évidemment hors des compétences d’un ministre de la République.

 3)    M. Fabius a également dit qu’il considérait l’islam comme  « une religion qui enseigne la paix, la fraternité et la spiritualité » ce qui peut éventuellement se comprendre dans le cas d’une flatterie diplomatique mais qui oblitère de manière officielle le fait que c’est aussi la seule religion présente sur notre territoire dont la doctrine légitime et préconise l’usage de la violence, et dans certains cas du meurtre, dans le cadre de ses activités cultuelles (jihad, punition de l’adultère, punition de l’apostasie), et véhicule le concept insultant et diffamatoire du « Mécréant » à l’encontre de tous les non-Musulmans.

4)    M. Fabius déclare vouloir « renforcer encore nos relations d’amitié et de coopération avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI) »

 Une telle déclaration si elle est autre chose qu’une formule diplomatique creuse de politesse est déshonorante pour un pays comme la France qui prétend défendre et soutenir les Droits de l’Homme et la Liberté d’Expression à travers le monde. En effet nul ne peut ignorer que l’OCI est une organisation religieuse promotrice de la Charia, promotrice de la Déclaration des Droits de l’Homme en Islam (dite Déclaration du Caire) qui est un document destructeur de tous les droits de l’Homme tels que les conçoivent la France et les pays démocratiques. L’OCI est également promotrice d’un plan décennal d’action et du Processus d’Istanbul, deux initiatives attentatoires à la souveraineté des états non-Musulmans et destructrices de la Liberté d’expression.

 Même si il est compréhensible que la France doive, pour des raisons politiques, consentir à avoir certaines relations avec l’OCI, employer le mot amitié entre la France et une organisation ouvertement hostile aux droits de l’Homme est particulièrement choquant et ne saurait représenter la position officielle de la France.

 5)    M. Fabius annonce que M. Hollande va personnellement recevoir M. Ihsanoglu, secrétaire général de l’OCI, principal promoteur du Processus liberticide d’Istanbul, pour confirmer « ces orientations nouvelles ».
Ces propos semblent contre toute raison signifier que les déclarations de M. Fabius auraient l’aval de la Présidence de la République et du Gouvernement français.

Messieurs François Hollande et Jean-Marc Ayrault,

En vertu de l’article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen(1) intégré à la Constitution française et du préambule (2) de cette dernière proclamant l’attachement  du peuple français à la souveraineté nationale et aux Droits de l’Homme.

Au nom des principes fondamentaux  de la République Française, je vous demande en mon nom propre ainsi qu’au nom des citoyens français de désavouer les propos de M. Fabius, de publier une déclaration rectificative en conformité avec les principes et les lois de la République Française et de demander à M. Fabius de retirer ses propos indignes d’un élu de la République et attentatoires à l’historique devoir français de défense et de promotion des Droits de l’Homme.

Au nom du devoir culturel, historique et légal que vous avez de protéger, soutenir et promouvoir les Droits de l’Homme et afin d’éviter de voir se reproduire  l’évènement dont a été responsable M. Fabius,  il vous est solennellement demandé par la présente de signer la Déclaration de Bruxelles, d’en appliquer les propositions ainsi que de faire officiellement entrer la France dans le Processus de Bruxelles.

Alain Wagner, président de l’International Civil Liberties Alliance


(1)  Art. 15. De la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

(2)  Préambule de la Constitution Française du 4 Octobre 1958

Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789

Discours de M. Fabius :  http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/enjeux-internationaux/colonne-droite-19469/actualites-21697/article/iftar-en-l-honneur-des-100971

https://fbcdn-sphotos-e-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash4/s720x720/387000_4594700146080_936286647_n.jpg

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