Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le Blogue de la Résistance sur Internet
  • : Le WEB Résistant est le seul site francophone présentant toutes les références sur les sites de réinformation. Faites-le connaître autour de vous ! Ne restez pas seul, nous sommes nombreux.
  • Contact

Profil

  • Cyber-Résistant
  • CYBER--LIBERTARIEN
  • CYBER--LIBERTARIEN

En bref

ajouter-favoris.png

Abonnement

Inscription à la newsletter

  

The 910 Group

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

The Counterjihad Calendar 2009
The Counterjihad Calendar 2010

Counterjihad Brussels 2007

Counterjihad Vienna 2008

Counterjihad Copenhagen 2009

Counterjihad Zurich 2010

EU Eurabia Francais

Le Bulletin de Réinformation de Radio Courtoisie

 
FAIRE LE TEST POLITIQUE ?

http://img263.imageshack.us/img263/2081/diagrammenolan.jpg

 

Web Statistics

 
Locations of visitors to this page

Entête

http://www.wikio.fr

"Si vous entendez ce message, c'est que vous êtes la résistance."

International Civil Liberties

About

The International Civil Liberties Alliance is a project of the Center for Vigilant Freedom Inc.  We are an international network of groups and individuals from diverse backgrounds, nationalities and cultures who strive to defend civil liberties, freedom of expression and constitutional democracy.

We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


Rejoindre le forum

 

The Center for Vigilant Freedom

28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 23:58
Image Hosted by ImageShack.us

 
Communiqué :
 
Suite au hackage du serveur de l'Agence NOVOPRESS, le site de celle-ci, ainsi que quelques autres affiliés, est momentanément indisponible.
 
Le hackeur est en voie d'indentification et tombera prochainement sous le coup de la Loi américaine dont dépend le dit serveur : il encourt à ce titre une peine de prison ferme.Une action en France est également engagée.
 
Les Avocats de l'Agence NOVOPRESS travaillent en ce sens. 
 
Par ailleurs, un retour à la normale devrait suivre rapidement.
 

La “lupercale” de Romulus et Remus aurait été retrouvé.

Image Hosted by ImageShack.us C’est dans les profondeurs du mont Palatin, alors qu’ils travaillaient sur les ruines du palais de l’empereur Auguste, que des archéologues italiens affirment avoir découvert la grotte mythique, la Lupercale, dans laquelle Romulus et Remus auraient été allaités par une louve qui aurait recueilli les deux fils de Mars après leur abandon sur les rives du Tibre. L’annonce de cette découverte incroyable a été faite par le ministre Italien de la culture Francesco Rutelli, au cours d’une conférence de presse faisant le point sur les recherches archéologiques au mont Palatin.

C’est à sept mètres sous terre que la sonde des chercheurs a ainsi peut-être retrouvé le coeur de l’histoire de Rome et un des plus hauts lieux de l’histoire de l’Europe. Embelli par Auguste qui voulait transformer cet antre obscure proche du Tibre en un lieu symbolique et central de l’Empire, la grotte est ainsi en partie recouverte de mosaïques et de coquillages, dominée d’une aigle blanche (symbole de l’Empire) sur un fond azur qui décore la grande voute enfouie à peine retrouvée, qui s’enfonce jusqu’à seize mètres sous terre.

Située entre le temple d’Apollon et l’église Sainte-Anastasie, cette découverte viendrait accréditer les origines traditionnelles de Rome, comme la plupart des récentes découvertes de l’archéologie romaine. Cette incroyable rencontre avec notre passé, à l’heure du déclin de l’Europe, nous relie maintenant matériellement autant que spirituellement à nos origines sacrées les plus antiques. Comme un signe des temps, la providence qui a fait notre histoire continue d’agir et en appelle à travers les âges, à notre mémoire la plus longue.

Pierre-Antoine Plaquevent pour Novopress

[cc] Novopress.info, 2007, Article libre de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d�origine
[http://fr.novopress.info]



Radio Bandiera Nera

Radio Bandiera Nera est née le 29 juillet 2007 suite à l�idée et la volonté de Gianluca Iannone, porte parole de Casapound. Il fut épaulé par des camarades aguerris comme Cristiano de Todi, Marco de Turin et Stefano de Trento ainsi que par des activistes visionnaires de Vivamafarka, le forum de la droite radicale italienne.

Après une réflexion sur les nouvelles méthodes de communication, RBN continue le travail commencé par l�émission FM « Le jour du Phénix » qui fut censurée. L�objectif est de conquérir et de maintenir une place médiatique nouvelle et de défendre nos idées, nos propositions, nos objectifs qui découlent de notre vision du monde. RBN est le porte parole de nouveau ferment de la Droite radicale issus en partie de milieu des occupations non conformes (OSA). Dans cette optique rebelle et jeune, l�action de la radio essaie d�éviter la fossilisation et lancer des idées chocs, de générer des paniques médiatiques en parlant de politique, d�actualité, d�art, de littérature, de sport, de culture de l�action, de solidarité, d�avant-gardisme, de contre information et bien sûr de musique « non-conforme », de musique des années 70, de Oi!, de métal et enfin des musiques expérimentales de ce nouveau millénaire (néofolk, dark-ambient, industrial�)
Transmettant 24h/24, 7 jours sur 7, ayant aussi un studio mobile pour diffuser des évènements live ou des concerts, étant écouté par plus de 1500 auditeurs uniques quotidiennement, RBN et ses 18 rédactions italiennes (Rome, Milan, Turin, Mantoue, Florence, Vérone, Viterbe, Latina, Lecco, Sienne, Arezzo, Lucca, Todu, Reggio Calabria, Cagliari, Palerme), ses rédactions canadienne, française (Nice et Paris), et bientôt ses antennes à Copenhague, Valence, Stuttgart, Lisbonne, Athènes et Philadelphie, est désormais une voix libre en Europe, forte et indépendante. RBN est une fenêtre sur notre monde, sur notre façon de vivre, de penser, de se divertir et de combattre. Elle est une opportunité pour tout ceux qui doutent de la justesse de ceux qui ont jusqu�ici toujours occupés tous les espaces de communication, d�entendre une alternative. RBN est une attaque contre le monde médiatique clinquant, contre cette société du spectacle, cette dictature du sourire imposée par les nains et les ballerines de la politique contemporaine, contre la culture officielle et la communication de masse. RBN est la négation de l�homme-numéro, un virus de doute, un regard ironique sur ce monde sans nuance construit pour toi.

�COUTE ET NOUS TE DONNERONS LA PAROLE.



L’information de Radio Courtoisie contre la tyrannie médiatique

Dans Minute, Jean-Yves Le Gallou présente la nouvelle initiative de Radio-Courtoisie :

“Réinformer, c�est informer à l�endroit et donner des outils contre la désinformation ; c�est donner un point de vue global sur l�information, y compris dans sa composante politiquement incorrecte. Réinformer, c�est remettre les faits en perspective, donner les arrière-plans […]. C�est donner à connaître des faits qui sont occultés ou dont certains aspects le sont […]. C�est aussi expliquer comment fonctionnent les médias dominants, par effets de grossissement et de minoration. Nous voulons restaurer une vraie hiérarchie de l�information. […]

La tyrannie médiatique, c�est l�imposition à l�ensemble de la société, y compris aux mondes politique et économique, des règles propres aux médias actuels : règles commerciales, qui consistent notamment à privilégier tout ce qui est émotionnel au détriment de tout ce qui est rationnel ; règles idéologiques, qui exigent la propagation des thèses de l�idéologie dominante […]

Henry de Lesquen, le président de Radio Courtoisie, parle d�une «émission d�actualité à 360 degrés». Qu�est-ce que cela signifie ?

Que l�objectif est de donner accès à la diversité des points de vue. Prenons un exemple : lors d�une paralysie organisée des transports publics, il faut faire considérer l�opinion des grévistes et du gouvernement mais aussi faire entendre celle des non grévistes et des victimes des grèves ! […]

Qui sont les « réinformateurs » ?

L�équipe comprend 25 personnes, […] ; à l�image de Radio Courtoisie, elle a des sensibilités variées : il y a des nationaux, des libéraux, des catholiques, des identitaires, des souverainistes. Cette diversité s�exerce dans la responsabilité et la liberté de chacun. […] Nous travaillons à partir de sources multiples : presse française et étrangère, y compris anglo-saxonne ; sites qui font eux aussi de la réinformation, comme Novopress et Le Salon beige ; sites de réflexion comme Europae Gentes ou Polémia ; et nous faisons travailler les moteurs de recherche dans la mesure où ceux-ci, n�ayant pas de conscience politique, ne sont pas forcément idéologiquement corrects.”

L’émission diffusée en direct de 7h15 à 7h30 du lundi au vendredi, peut être (ré)écoutée sur internet (sur Novopress ou sur le site de la radio).

(Source: www.lesalonbeige.com)



Nouveau succès de la droite nationale et identitaire au Danemark !
 

Communiqué de presse de Nicolas Bay
Secrétaire général du MNR

Mercredi 14 novembre 2007

Après les bons résultats de l�UDC en Suisse, nouveau succès de la droite nationale et identitaire au Danemark !

Nicolas Bay, secrétaire général du MNR, sa lue le beau succès obtenu par le Parti du peuple danois (Dansk folkeparti) qui sort grand vainqueur
des élections législatives au Danemark. Avec 13,8 % des suffrages, la droite nationale danoise renforce en effet sa position au sein de la coalition de droite au pouvoir et devient le troisième parti du pays.

Le Parti du peuple danois avait mené une campagne énergique contre l�immigration, tout comme l�UDC de Christoph Blocher qui a récemment obtenu plus de 29 % des voix en Suisse après une campagne très explicite et imagée contre l�invasion migratoire.

Ces résultats montrent que les Européens sont de plus en plus nombreux à souhaiter défendre la civilisation européenne et chrétienne face à l�immigration et à l�islamisation. Pour répondre, elle aussi, à cette nécessité, la droite nationale française doit se rénover et se rassembler.

 

Rôle culturel et de liberté d’expression du p2p

Cet article ne traite que du réseau de p2p eMule/eDonkey (eMule est son logiciel principal). Ce réseau est prédominant en France, c’est une “exception française” car ce n’est pas le cas dans d’autres pays. Et parmi les grands réseaux de p2p, il est de loin le plus riche culturellement, en particulier pour les français et leurs cousins francophones.

En Septembre 2007, l’IFPI (International Federation of the Phonographic Industry) a obtenu la fermeture d’un nombre important des plus gros serveurs du réseau eMule/eDonkey. Elle s’est vantée d’avoir porté un coup majeur à un système de copies illégales. Mais l’IFPI s’est bien gardé de dire que ce réseau est sans doute aussi la plus grande médiathèque du monde pour tout ce que les sociétés qui sont ses membres (et ceux de ses homologues audio-visuels) ne commercialisent pas. Ces sociétés enferment la “culture” dans un moule de politiquement correct et de culture de masse. Et le réseau eMule/eDonkey concurrence leur prêt-à-penser.

Heureusement pour la culture libre, l’action de ll’IFPI, n’a d’ailleurs été en grande partie qu’un coup d’épée dans l’eau. Le réseau eMule/eDonkey a été un peu perturbé pendant quelques jours, mais il s’est vite rétabli car depuis quelques années il fonctionne simultanément avec et sans serveurs (système KADemlia), et pour le fonctionnement avec serveurs qui est utile mais pas indispensable, d’autres serveurs sont apparus.

Le réseau eMule/eDonkey constitue sans doute la plus grande médiathèque libre pour deux raisons :

1) On y trouve énormément d’�uvres littéraires et audio-visuelles libres de droit, ou d’�uvres anciennes qui ont été commercialisées dans le passé mais qui sont épuisées et qui n’ont pas été rééditées car devenues politiquement incorrectes ou considérées comme n’intéressant plus une distribution de masse, d’�uvres d’amateurs qui de toutes les façons ne seraient pas commercialisées, etc.
Avec la technique qu’utilise ce réseau, il suffit qu’il y ait une personne dans le monde (sur plusieurs millions d’utilisateurs) qui ait numérisé un document et qui l’ait à l’échange pour que l’on puisse l’obtenir (dans ce cas d’une seule source, certes souvent lentement). Cela a attiré vers ce réseau un grand nombre de personnes qui sont orientées vers ce type de mise à disposition culturelle. Ceci est différent pour d’autres réseaux de p2p qui sont presque uniquement tournés vers les dernières séries américaines ou françaises à la mode, ou les derniers films promus par les médias ; à la fois du fait de leur technique de fonctionnement et donc de la psychologie des utilisateurs qu’ils attirent.
Dans le domaine audio-visuel, de ce point de vue culturel, le réseau eMule/eDonkey est en parti concurrencé maintenant par les hébergeurs de vidéos. Mais sur les hébergeurs les documents audio-visuels sont limités en durée ; également ils sont plus comprimés ce qui ne leur permet pas de rester nets quand visualisées en plein écran. En outre sur les hébergeurs il n’y a pas la liberté ci-dessous :

2) Sur le réseau eMule/eDonkey il n’y a pas actuellement de censure politique.
En France cette censure est beaucoup plus étendue que ce qu’elle paraît l’être. Certes on n’envoie pas l’auteur au Goulag. Mais seules les dictatures maladroites utilisent ces méthodes. Par contre la police de la pensée fait que l’�uvre ne trouvera pas d’éditeur, si l’auteur l’édite lui-même elle ne sera pas distribuée, les médias n’en parleront pas, éventuellement il y aura un procès. Sur les hébergeurs de vidéos, l’hébergeur dira que la vidéo ne correspond pas à sa charte. C’est finalement sans doute plus efficace que le Goulag car moins voyant. Cela aboutit à l’autocensure. Comme l’a dit Mme Carrère d’Encausse, en Novembre 2005 à l’hebdomadaire russe Moskovskie Novosti : “La télévision française est tellement politiquement correcte que cela en est un cauchemar. Nous avons des lois sur la liberté d’expression qui auraient pu être imaginées par Staline.”. Mme Carrère d’Encausse parle en connaisseuse puisqu’elle est historienne de l’histoire de la Russie.
A noter que quelques boutiques en ligne comme www.alternative-s.com ou www.libre-diffusion.com permettent également de sortir de cette autocensure pour certaines �uvres, tout en rémunérant les auteurs ce qui leur permet plus facilement de continuer à produire.

[cc] Novopress.info, 2007, Article libre de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d�origine
[http://fr.novopress.info]



L’Arche de Zoé hystérique : “Nous on vient, et après on réfléchit ! “




Document enregistré “de l’intérieur” de l’association l’Arche de Zoé juste avant sa tentative d’emmener illégalement 103 enfants tchadiens vers la France le 25/10/07. L’Arche de Zoé prévoyait d’emmener ensuite jusqu’à 10 milles enfants ! Les autorités tchadiennes ont arrêté les membres de l’Arche de Zoé qui participaient à l’opération.

Cette vidéo montre les deux leaders de l’Arche de Zoé.

Il faut dire que Bernard Kouchner et Bernard-Henri Lévy (BHL) en particulier, avaient bien “chauffés” les ONG, avec leurs incantations sur le droit d’ingérence. Rony Brauman, ex-directeur de MSF, a dénoncé la “responsabilité morale” de Kouchner et BHL dans ce scandale de l’Arche de Zoé.

La psychologie de ces “humanitaires” de l’Arche de Zoé rappelle le film “Y’a bon les blancs” (Come sono buoni i bianchi) du célèbre réalisateur Marco Ferreri (La grande bouffe, Le lit conjugal, Dillinger est mort, etc.). Avec : Michel Piccoli, Michele Placido, Nicoletta Braschi, Maruschka Detmers, etc.

Dans ce film un petit groupe d’humanitaires européens va en Afrique, pour apporter de l’aide alimentaire aux populations du Sahel avec cinq camions. Ces bénévoles sont tous des insatisfaits, plus ou moins névrosés ; l’une des jeunes femmes a abandonné son petit enfant à Paris pour partir aider les Africains.

Ca finit mal. Les européens portaient à manger aux africains, et les africains les mangent (après tout le but des européens a été atteint, nourrir les africains !)

Ce film est sorti en 1988 simultanément en français, italien et espagnol. Film politiquement très incorrect à l’humour décapant. En France en particulier il a bien sûr fait l’objet d’une censure non-officielle : sorti très brièvement au cinéma, pas commercialisé en français en cassette VHS, ni bien sûr en DVD, malgré la célébrité du réalisateur et des acteurs. Ce film est par contre disponible en VHS en Italie (Come sono buoni i bianchi) ; et sur le p2p eMule par des moyens pas très légaux (mais après tout puisqu’il n’est pas commercialisé en France, c’est un service culturel ! ).

[cc] Novopress.info, 2007, Dépêche libre de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d�origine
[http://fr.novopress.info]


En route pour la réinformation sur Radio Courtoisie!

Mercredi 7 novembre, en l’anniversaire des 20 ans de Radio Courtoisie, une nouvelle émission sera lancée sur la radio libre du pays réel et de la francophonie, tous les matins, du lundi au vendredi. Ce bulletin de réinformation sera animé par 5 équipes -à raison d’une par jour- pilotées par Jean-Yves Le Gallou, animateur de Polémia, qui vient de sortir un opuscule sur la tyrannie médiatique. L’émission se déroulera de 7h15 à 7h30 (sauf pendant les vacances scolaires) et sera rediffusée à 11h45. Dès 8h00, l’émission sera disponible sur internet.

Fréquences et site internet



Patrimoine national : reconstitution du bourg monastique de Saint-Denis sur internet

Au moment où l’évêché de Saint-Denis s’exerce aux génuflexions pour mieux affirmer sa dhimmitude, il n’est pas inutile de rappeler le rôle symbolique de cette ville dans l’histoire nationale.

Image Hosted by ImageShack.us L’unité archéologique de la ville de Saint-Denis où les rois de France trouvèrent jusqu’à la Révolution, leur dernier repos, propose sur son site internet une reconstitution virtuelle de l’espace monastique en cinq époques.

Chaque dessin, présentant un état de la ville à partir d’un même point de vue, permet de suivre les efforts des moines, des paysans et des bourgeois des temps antiques jusqu’au XVIe siècle, pour construire un des plus bel édifice religieux du royaume.

Les textes, précis sans être indigestes, font le bilan de trente ans de recherches. Pour ceux qui auraient oublié leurs définitions, les mots clés, surlignés de jaune, sont expliqués d’un passage de souris. D’autres pages permettent d’approfondir les conditions de vie et l’on est surpris par la qualité des objets qui sont parvenus jusqu’à nous, protégés par la riche terre humide de la plaine de France.

Les rois de France conservaient à Saint-Denis la mémoire des dynasties depuis l’inhumation de Charles Martel en 741. Avant eux, la plaine était probablement un lieu de rassemblement religieux. Depuis, la ville qui a donné son nom au département, connaît d’incessants aménagements qui dissipent peu à peu son identité. La fête du saint décapité vient de passer (9 octobre) mais il n’y a pas de rendez-vous à prendre pour se balader dans ce haut lieu de mémoire.

Plus d’infos : http://www.saint-denis.culture.fr/fr/1_ville_abbaye.htm

E. De Sennal pour Novopress

[cc] Novopress.info, 2007, Article libre de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d�origine
[http://fr.novopress.info]


Partager cet article
Repost0
28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 23:56

Lu dans Présent, à propos de Villiers-le-Bel :

"Les faits sur le terrain et les termes employés par les autorités – qui évoquent davantage Verdun – parlent pourtant d’eux-mêmes : un « poste de commandement » installé dans une caserne, un « poste médical avancé » où affluent des gendarmes mobiles blessés par chevrotine, « un millier d’hommes déployés » soit un régiment, « des hélicoptères » qui survolent en permanence la ville pour surveiller les toits, « par peur d’une utilisation par les “jeunes” d’un lance-roquettes », et pour finir, l’utilisation d’armes à feu et de vraies cartouches contre tout ce qui représente l’Etat français, et en premier lieu les policiers."

Soyons clairs : nous sommes plus proches de la guerre civile que de l'émeute de quartier. Et si celle-ci s'étendait, l'Etat n'aurait pas les moyens de placer un millier d'hommes dans chaque ville... Quant aux pompiers, ils commencent à craquer, selon Le Parisien.

Michel Janva


Les émeutes 2007 sont plus destructrices qu'en 2005

Dans Le Monde, Luc Bronner estime que les nouvelles émeutes diffèrent de celles de 2005 :

"La première différence, fondamentale, tient à la chronologie. En 2005, les événements survenus à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) avaient été le point de départ, clairement identifié, d'un mouvement national. [...] En 2007, [...] Villiers-le-Bel ne constitue pas un point de départ, mais une étape dans une longue dégradation. Car l'erreur, à trop s'interroger sur les risques de reproduction des émeutes de 2005, serait d'oublier l'accumulation d'événements graves intervenus depuis un an dans les quartiers sensibles [...] : agressions de policiers aux Tarterêts (Essonne) et aux Mureaux [...] incendies de bus [...] violences urbaines de Cergy [...] agressions de pompiers et de policiers, incendies de bâtiments publics [...] violences dans un quartier d'Aulnay-sous-Bois [...] l'émeute de la gare du Nord, en mars, même si elle a eu lieu dans Paris.

E_2 Ces incidents témoignent - deuxième différence majeure avec 2005 - d'un changement de cibles. Comme en 2005, les émeutiers visent toujours des locaux publics et privés [...] et continuent de brûler des voitures [...]. Mais ils s'en prennent, plus fréquemment, aux forces de l'ordre, comme le montre le nombre très élevé de policiers blessés en deux nuits à Villiers-le-Bel (plus d'une centaine). En 2005 [...] le ministère de l'intérieur avait recensé 5 143 actes de violences collectives à l'encontre des services de sécurité, de secours et de santé. En 2006 [...] il a comptabilisé un peu plus de 5 600 faits, soit près de 10% de hausse. [...]

La troisième différence essentielle est l'intention affichée [...] de blesser grièvement, voire de tuer des policiers ou des pompiers. De ce point de vue, l'événement le plus grave de ces derniers mois est probablement la découverte, à Aulnay-sous-Bois, le 3 novembre, d'une bouteille de gaz sur laquelle avaient été scotchées des boîtes de clous. [...] L'usage d'armes, à Villiers-le-Bel, s'inscrit dans cette logique [...].

Villiers-le-Bel n'est donc pas un tournant, mais un révélateur d'une tendance plus ancienne. [...] Le plus grave est que tous les acteurs politiques assistent à cette dérive sans savoir quoi faire. [...] 2007 n'est pas 2005, sauf sur un point : les pouvoirs publics ne savent toujours pas comment réagir."

Michel Janva


Points de vue sur les émeutes

Par MSR
le 28 novembre 2007

http://20minutes.bondyblog.fr/images/Axel_Pierre_Agresse2.jpgCommençons par les aventures extraordinaires d’un journaliste blanc qui croyait pouvoir faire son travail dans son pays occupé. Extraits d’un article trouvé ici relatant les (més)aventures d'un journaliste de 20 minutes.


Peut-on encore se rendre en banlieue pour raconter ce qui s’y passe ? Un journaliste qui s’y rend doit-il se préparer à essuyer une émeute ? J’aurais répondu par la négative avant de me rendre mardi à Villiers-le-Bel

Chou, Pierre (journaliste à 20Minutes) et moi, marchons ce mardi dans Villiers-le-Bel à proximité de la bibliothèque qui a été saccagée la veille.  […] Une voiture arrive en trombe et se fait klaxonner. […] l’homme sort de sa voiture en hurlant. Hurlant contre le chauffeur qui vient de le klaxonner, hurlant contre ceux qui sont à proximité. L’homme qui conduit a environ 30 ans. Il est petit mais extrêmement nerveux, comme agité de spasmes. Il semble en rage, fait demi-tour en faisant crisser ses pneus. […] l’homme sort de sa voiture et voit Pierre le journaliste de 20Minutes. Pierre n’a pas de chance, il est grand, blond et pour tout dire blanc. Ses vêtements aussi font de lui le bouc-émissaire idéal. Ce matin, il ne savait sans doute pas qu’il devait se rendre en banlieue. [où il faut semble-t-il porter le costume de l’occupant pour être accepté…]

Pierre fait donc trop clean tout en étant habillé simplement avec un jean, un cuir marron et un sac. […] Quand l’homme de 30 ans le voit, nous comprenons qu’il a décidé immédiatement que Pierre va payer pour tous les autres, tous ceux qui font parti de l’autre camp. Il marche immédiatement sur lui. Il aboie plus qu’il ne crie. «  Qu’est ce que vous foutez là ! On ne veut pas de journalistes ici », puis il ajoute, « toi, le journaliste avec la sacoche, je vais te casser la gueule ! »

L’envoyé de 20Minutes qui visiblement l’avait repéré avant moi, accélère le pas et baisse la tête en faisant semblant de ne pas le voir. En quelques secondes l’homme le rattrape puis le pousse, l’attrape enfin. Je fais semblant de rien et les rejoins, je m’interpose en disant à l’agresseur de se calmer. Mais cet homme est déjà parti bien loin au-delà de toute discussion et de toute explication. Il ne veut pas parler et peut-être ne le peut-il pas. Pourrait-il expliquer cette colère, cette rage ? […]

Alors, il fait la seule chose que l’on peut faire dans ce genre de cas. La chose qui, pense-t-il peut-être, va rétablir la balance et imposer le respect. Il donne un coup. Je suis à côté quand je vois le poing partir, j’avance vers eux faussement dégagé en espérant stopper une tension dont je sens qu’elle peut nous exploser à la gueule. […]
Alors que j’interviens pour calmer l’homme, il s’en prend à moi. […] L’homme m’attrape tandis que Pierre commence à reculer. Mais d’autres arrivent, trois, quatre puis cinq jeunes commencent à l’entourer. Deux autres viennent sur moi. Sale mardi après-midi en vu… Je tente de les calmer, mais une énorme bombe lacrymogène est sortie par un jeune Noir qui la dirige vers Pierre. Un premier jet sort mais ne semble pas l’atteindre. Il faut dire que la foule grossit jusqu’à se composer d’une trentaine de personnes. Un jeune lui donne un coup de pied tandis que j’arrive à me dégager de l’homme qui me tenait. […]

Pierre et moi tentons de nous dégager et de partir mais les coups de pied et de poing s’abattent sur lui de façon désordonnée. Des jeunes d’environ une dizaine d’années interviennent aussi, s’accrochent à lui, manquent de le faire tomber. La bombe également est réutilisée. Le jet flotte dans l’air doucement et m’entoure tandis que je pousse le journaliste qui court maintenant accompagné de Chou. Je les vois qui descendent la pente au pas de course en tentant d’appliquer les injonctions qui nous disent de fuir. Les jeunes les poursuivent par groupes de quatre à cinq personnes. […]

Nous avons les yeux rouges, je ne vois plus rien à cause de la bombe lacrymogène. Nous nous éloignons rapidement trop heureux d’en être sortis à si bon compte. Je me dis que si en pleine journée cela a pu se passer ainsi, il y a peu de chance pour que la nuit se passe sereinement. […]


Et le saccage d’un centre d’apprentissage hors-norme qui ne surprend que ceux qui veulent bien être surpris... Ce centre, c’est l’Institut des métiers de l’artisanat de Villiers-le-Bel dont la section « automobile » est dirigée par Abdallah Lachhab. C’est lui qui rappelle que dans ce lieux exceptionnel, les candidats obtiennent le taux de… 100% de réussite aux examens. De plus les élèves partent faire des voyages aux quatre coins de l’Europe. Ils participent même au "Camel Trophy" [le "trophée du chameau" : sans doute une sorte de retour aux sources…].
L’établissement met même à disposition des élèves deux voitures pour les recherches d’emplois et leurs déplacements divers.

Dans la nuit de dimanche à lundi ces deux voitures, comme les cinq autres qui se trouvaient à proximité ont été incendiées par ceux qui n’ont qu’une haine : la haine de la France et des Français

Le « professeur de matières générales » [ !] Mohamed Boumghar nous explique tout : « Sarko, il résout des problèmes mais en même temps il en crée d’autres. »
Rétablissons un peu la vérité. Il faut être honnête : si Sarközy ne résout aucun problème, il n’en créé pas non plus. Il n’est pas le responsable unique d’une politique d’immigration folle menée par l’ensemble de la classe politique depuis 50 ans. Tout juste pourrait-on lui reprocher d’avoir menti dans ses promesses sécuritaires comme sur le reste et d'être coupable de ne pas réagir comme le peuple français l'attend. Encore aurait-il fallu y avoir cru. Et s'est-il vraiment trouvé un français pour y avoir cru ?


Le Times, lui, prend moins de pincette même s'il se laisse prendre au misérabilisme des occupants. Et les "jeunes" sont bien indiqués "kids" entre guillemets, comme chez les gens qui savent quelle réalité désigne ces "jeunes", non pas une classe d'âge mais des populations qui ne veulent, ni ne peuvent, ni ne doivent être assimilés.

Sarko entraîne les flics comme des chiens d'attaque et ils entrent ici et traitent les gamins plus mauvais que les animaux,

dit l'un d'eux. Mais le journal rappelle qu’en l’état de l’enquête, Moushin le marocain et Larami le malien ont pourtant tout les torts : refus de priorité, conduite sans casque d’un véhicule interdit sur la voie publique, etc.
Pas de doute : c’est « la haine des jeunes des minorités ethniques pour la police surtout blanche » qui est en cause, même s’ils reprennent les stéréotypes d’immigrés exclus d’un pays « prospère » [rigoureusement sic].


La directrice de l’Institut des métiers de l’artisanat a été interrogée et répond :

« Je ne veux pas donner mon opinion … mais quand vous pensez à tout l’argent qui a été investi ici pour leur avenir… ».

Selon le journal, le syndicat Synergie a révélé que pendant que les racailles tiraient sur les policiers, d’autres filmaient les tentatives de meurtre. Il ajoute que ce sont des racailles plus âgées qui coordonnaient les attaques avec des radios. Au moins trente policiers ont été blessés par armes à feu.


Partager cet article
Repost0
27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 23:55
Ce que l’on n’a pas le droit d’écrire à Valeurs actuelles

Mardi, sur le blog de Valeurs actuelles, Frédéric Pons, qui est le rédacteur en chef Monde de ce magazine, avait écrit un billet sur l’assassinat d’Anne-Lorraine. Le texte a été retiré du blog. Trop politiquement incorrect pour ce « respectable » journal... En voici le texte intégral, sauvé notamment par Le Salon Beige qui l’avait aussitôt reproduit.


Au nom d’Anne-Lorraine

MarieValeurs Actuelles le blog

Article de Frédéric Pons publié le 27 novembre 2007


Bouleversé par le meurtre sauvage de notre chère Anne-Lorraine, 23 ans, cet ami m’a appelé : « On devrait manifester, brûler des mosquées turques... ». Je le comprends. Le meurtrier du RER D est un criminel sexuel récidiviste d’origine turque. Il était en liberté, malgré une précédente condamnation !

Faut-il brûler, manifester ? Laissons cela aux Turcs, aux Egyptiens, aux Indonésiens, aux Soudanais, aux Algériens qui martyrisent leurs compatriotes chrétiens et brûlent leurs églises. Laissons cela à nos voyous des cités barbares qui profitent en ce moment de l’impunité scandaleuse que leur offrent des années de laxisme et de démagogie. Oui, la mort atroce d’Anne-Lorraine est révoltante.

A Valeurs Actuelles, nous sommes dans la peine : elle fut stagiaire chez nous. Dans la colère aussi. Une nouvelle fois la peine de mort a été appliquée par un loup qui n’aurait pas du se trouver en liberté. On sait pourtant que les délinquants sexuels sont très difficiles à réintégrer, voire impossibles. Le doute est toujours présent, les risques immenses. Mais dans le doute, qui faut-il privilégier ? Le criminel ou la future victime ? N’est-ce pas la responsabilité de la société – les politiques à défaut des juges - d éliminer ses éléments les plus dangereux ? La peine de mort est abolie, sauf pour les victimes innocentes. Il faudra faire le compte un jour des dégâts irréparables commis par tous ces malfaisants remis en liberté. Au nom de la courageuse Anne-Lorraine qui a résisté à son agresseur, réussissant à le blesser (ce qui a permis de l’arrêter), avant de mourir sous les coups. Quand ressortira-t-il de prison ce violeur au couteau ? 8, 10, 15 ans ? Notre société doit avoir le courage de l’éliminer définitivement de la circulation, lui et tous les tueurs et violeurs d’enfants. C’est sa responsabilité. Si elle ne le fait pas, des pères, des frères, des oncles le feront. Au nom de la légitime violence. Cela, je le comprendrais.

Au nom d’Anne-Lorraine, jeune fille de France martyrisée, dont le sourire enthousiaste de cheftaine et d’étudiante en journalisme ne me quitte plus.


Obsèques d'Anne-Lorraine

Le père d'Anne-Lorraine étant officier supérieur de l'armée de terre, un lecteur nous demande de diffuser le message suivant qui s'adresse aux militaires. Nous le faisons bien volontiers.

" Les obsèques auront lieu le samedi 1er décembre à 14h00 en la cathédrale de Senlis (Oise). Selon le souhait du colonel S. et de son épouse, tous ceux qui souhaitent assister à la cérémonie religieuse peuvent se joindre à la famille. En revanche, l'inhumation aura lieu dans la stricte intimité familiale.

Tenue pour les militaires : T21 (vareuse, gants blancs). Compte tenu du grand nombre de personnes attendues, il est conseillé de privilégier les transports en bus mis en place au départ des Invalides et du quartier général des Loges. Les épouses et les époux désirant accompagner leur mari ou femme sont autorisés à utiliser ces bus. Départ à 12h00 et retour à l'issue de la messe (durée 2 heures environ). Inscription préalable auprès du 01 39 21 31 26. Date limite des inscriptions : vendredi 30 novembre 11h00.

Le 41ème RT de Senlis est également en mesure d'accueillir une cinquantaine de véhicules. Un bus assurera ensuite la dépose à la cathédrale : 13h00 et 13h30. Inscription préalable au 01 44 42 37 20. Date limite des inscriptions : vendredi 30 novembre 11h00.

Ceux qui souhaitent manifester leur solidarité à la famille sous la forme d'un don peuvent l'adresser à Terre Fraternité. Ces dons contribueront au financement des obsèques. Le reliquat sera adressé, selon les voeux de la famille, à l'association Caminos de Esperanza, au sein de laquelle Anne-Lorraine était particulièrement engagée. Adresse : Association Terre-fraternité / 1 bis, rue de Martignac / 75007 Paris (chèques à l'ordre de Terre Fraternité, préciser obsèques d'Anne-Lorraine)."

Le Salon Beige 


Envoyez vos condoléances à la famille d'Anne-Lorraine
Image Hosted by ImageShack.us

Elle s'appelait Anne-Lorraine Schmitt 


condoleances.anne.lorraine@gmail.com

Partager cet article
Repost0
27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 23:54
STALKER


N'avons-nous pas l'impression d'avoir connu, en France, de pareilles scènes de véritable guérilla ? Le mot déplaît aux crétins des salles de rédaction, il fait peur aux blanches colombes prônant le lien social et autres fariboles participatives ? «Tous sont armés. Tout est bon à prendre : une multiprise, une épée, mais aussi un fusil à pompe. Mais la plupart des jeunes se battent avec des bâtons en bois ou des barres de fer volées dans les chantiers, des pavés arrachés aux trottoirs ou des morceaux de dalles des HLM. Quelques-uns portent des sacs plastique verts pleins de bouts de carrelage fins et coupants». Qui écrit cela ? Un dangereux extrémiste pratiquant l'amalgame entre notre jeunesse ô combien déshéritée et des imbéciles qui ne pensent qu'à baiser, pardon, niquer, les blanches certes mais surtout les flics, gagner du blé pour baiser davantage, encore, jusqu'à en crever, de préférence une, dix, cent putes plutôt qu'une seule salope virtuelle insultée, en langage de sous-singe, sur un blog de Skyrock, salope qui, elle au moins, aura eu plus de chance que sa collègue bien réelle, serrée dans une cage d'escalier et priée d'écarter promptement les cuisses, histoire que la frustration, l'inculture totale et définitive, la stupidité la plus insigne, le mépris, la haine de dix (ou plus) de ces chiens s'y déversent ?
b4ede5fe815a8498b25028314d3914dd.jpgAh, oui, j'oubliais que celle qu'ils veulent d'abord enculer, c'est la France, cette catin mère de tous leurs malheurs alors que, sans elle, Houellebecq le rappelle, ils continueraient, derrière une dune, à bouffer du mouton enragé (transposition, les termes du romancier sont bien plus crus et insultants).
Revenons aux lignes plus haut citées, aussi impeccablement nulles qu'elles sont strictement descriptives : qui en est l'interchangeable auteur ? C'est Le Monde, bien connu pour son atténuation systématique (je pratique à mon tour l'euphémisme) de la réalité qui a écrit ces piètres lignes et, ma foi, je doute qu'elles approchent réellement ce qui se joue dans la banlieue universelle à quoi la France, dans ses paysages mais aussi le peu d'âme qu'il lui reste, est tout entière réduite. Le Monde, qui n'a pas honte de publier les tout aussi habituelles jérémiades des élus. La musique est bien connue, tendez donc l'oreille : pas une seule fois ces piètres représentants de l'État dont le bras armé agite de façon menaçante un baton de guimauve, qu'il faudrait virer sur le champ pour romantisme socialo-psychanalysant potentiellement dangereux pour l'ordre public, pas une seule fois ces imbéciles ne stigmatisent les violences inouïes, n'accusent les petits chiens de guérilla de s'en prendre à leur propre commune, aux biens de leurs propres administrés, pas une seule fois ils n'ont un seul mot à l'adresse des policiers (près d'une centaine) blessés, pas une seule fois ils ne donnent raison à certains des habitants de ces quartiers, les premiers (pas tous : certains sont occupés, depuis leur balcon, à jeter des machines à laver sur les flics) à être scandalisés par des barbares dont l'unique rêve est de brûler, de piller et de tuer, ils y arriveront. Au contraire, ils sont martiaux nos minuscules maires, mais à l'envers : le coupable évident, c'est moi, c'est toi, c'est NOUS, pas eux, ça non et enfoncez-le vous dans le crâne nom de Dieu ! Préparez vos mouchoirs, sales petits blancs friqués et TOUS, je dis bien TOUS aussi responsables de ce dramatique fossé évidemment et seulement socialo-économique que la Lune est responsable de nos marées : «L'insécurité est le résultat d'une politique globale qui, par l'insécurité sociale, l'accroissement de la précarité et des inégalités, conduit à la déstructuration des règles collectives et contribue à faire naître les ghettos de demain.» En d'autres termes, je vous prie ? Voyons, ce n'est là que le naturel déplacement de la lutte des classes et, pour empêcher un chien d'uriner sur mon paillasson, voire me mordre ou arracher un bras à mon garçonnet, un bon coup de pied au cul et une séance stimulante de coups de poing sur la gueule ne suffiront pas, je vous assure. Alors, quoi ? De l'argent voyons, il nous en faut beaucoup plus ! Il nous en faut toujours plus ! Grands dieux mais pour quoi faire ? Créer des chenils cadenassés et inculquer aux animaux redevenus sauvages quelques élémentaires règles de respect ? Non non non vous ne comprenez décidément rien : pour créer du lien public pardi, du tissu social, du débat participatif, du match de foot inter-culturel, des séances de slam inter-communuataires, quelques bibliothèques proposant le dernier François Meyronnis que ces imbéciles s'empresseront de brûler.
François Meyronnis ? Ma foi, cher monsieur, je suis un peu d'accord en ce qui concerne les bons goûts littéraires de cette jeunesse stigmatisée par l'impérialiste ancien colonis... Taisez-vous, vous dérapez ! Je dérape ? Mais alors que dire des propos complaisamment étalés par des élus qui, à force de démagogie, sont devenus de parfaits lâches, d'irresponsables hommes que je n'ose plus même appeler politiques ?
Qui a signé ces lignes honteuses, oui, d'une accablante stupidité, d'une trouille insurmontable, d'une fausseté consacrée, gentiment troussées pour être reprises par les ânes de l'AFP, puis par tous les ânes (et ils sont nombreux : toute la profession journalistique) qui les recopieront sans y changer une seule virgule ? Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, Stéphane Gatignon, maire de Sevran, François Puponni, maire de Sarcelles. Honte sur ces pleutres, désireux d'acheter la paix sociale comme ils disent sur les cadavres de quelques honnêtes citoyens amateurs de photographie urbaine ou, cela ne saurait tarder, sur ceux de policiers aux méthodes d'une telle douceur qu'eux seuls semblent recevoir des coups.
Il est enfin du plus haut comique que notre ministre de l'Intérieur en appelle à la population des banlieues, pour, dit-elle, isoler les délinquants : à sa place, j'ordonnerai le tir à vue, avec sommation préalable (histoire de rassurer les belles âmes), sur ceux qui se contrefoutent des lois que je respecte, des lois que tout habitant de ce pays devrait respecter, puisqu'elles constituent le ciment multi-séculaire qui tient droite une nation. Il est vrai que la France n'en est plus une, puisqu'elle n'est plus, en fait, qu'un morcellement d'intérêts contraires : les grévistes contre ceux qui travaillent sans forcément faire tous les matins une prière à l'icône de saint Nicolas, les abrutis professionnels sous-diplômés de l'Unef, de l'Unef-ID et de tous les groupuscules théoriciens du blocage bien sûr démocratiquement décidé, à coups de barre à mine sur ta gueule, petit bourgeois, nanti du savoir, contre ceux qui veulent obtenir un minable diplôme qui de toute façon ne vaut rien, tant le délabrement de l'Université française est criant, etc.
8da895fe3210373db1b0005533d57d8d.jpgN'avons-nous pas déjà entendu les habituels imbéciles, comme Pierre Haski ce matin sur Europe 1, nous affirmer qu'il fallait tenter de comprendre ces pauvres jeunes qui, ce serait tout de même un scandale de discrimination, voire, carrément, du pur et simple racisme, jamais ne seront traités par le seul mot qui convient à leur inqualifiable stupidité, à leur sordide absence de tout débat moral, à leur évidente volonté de tuer : des voyous, des meurtriers par intention sinon par actes (ceux-ci, à vrai dire, ne sauraient être indéfiniment retardés vu la gravité des blessures infligées aux représentants des forces de l'ordre).
Bien sûr, nous avons déjà vu ces images, entendu ces décomptes de blessés, parfois graves c'est l'AFP qui nous le certifie en copiant Reuters, à moins que ce ne soit l'inverse, de magasins pillés puis saccagés, de services de l'État mis à sac, de poubelles incendiées, de voitures incendiées, de bibliothèques incendiées, de salles de sports incendiées, de bus caillassés puis eux-même incendiés : voyez tout de même comme ces jeunes sont aimables et qu'ils ont bien appris la leçon républicaine, puisqu'ils invitent poliment le chauffeur à sauter de son bus, s'il ne veut pas griller vite fait dedans... M'sieur, on a bô aitre des sauvajons, on est pas des bèttes...
Oui, nous avons connu cette situation et nous connaissons par avance celle qui en germera (suis-je bête, le germe a déjà délivré sa belle fleur noire et carnassière) et qui, une fois de plus, ne reçoit pas, de la part des idiots, des trouillards, des menteurs du journalisme, l'unique nom qui est le sien : un état perpétuel, plus ou moins avancé et important, de guerre civile entre une partie des Français et une autre partie des Français qui, sur la France et les rares symboles qui ont survécu à la honte déclarée, proclamée, bientôt inscrite dans notre Constitution, de sa propre histoire, à son cancer incurable de repentance, chient copieusement.
ab525bc47a4b28bf1f4b947273afc9e8.jpgMa foi, je ne peux que les encourager à lui chier dessus davantage, je ferais exactement la même chose si, en face de moi, j'avais des lâches qui n'osent même pas donner à la réalité son vrai nom. Je crois même que je m'offrirai le luxe de mépriser ces moutons qu'un usage criminel de notre langue, d'une langue perpétuellement tordue jusqu'à ce qu'elle masque la réalité et lui donne l'allure rassurante que ces ruminants veulent paître, devrait condamner, à vie, à des travaux forcés de grammaire : ils y apprendraient, entre autres utiles leçons, qu'une langue bafouée se venge toujours.
À sa façon.
Voici une chronologie, utile je crois, des différents articles que j'ai regroupés sous l'appellation générique Bellum civile (ou Civil War in France, disponibles, dans leur intégralité,
ici). Je rappelle que c'est Francis Moury qui le premier écrivit un texte (auquel d'ailleurs il donna ce même titre double) consacré aux récentes émeutes, d'une violence inouïe, qui ont gangrené la majeure partie de la France réduite (moins bizarrement qu'il n'y paraît en fin de compte), dans l'esprit de nos journalistes et dans celui de plus en plus de Français, à quelque immense banlieue illimitée. C'est d'ailleurs ce que devient, lentement, la France selon Renaud Camus dans Outrepas : une immense banlieue, une interminable barre, un hangar perpétuel asphyxiant les ultimes paysages sauvages réduits à n'être que des haltes pour touristes pressés, des vivariums pour imbéciles huilés. Partout où il le peut, l'homme étend l'empire de la laideur, qui avance on dirait de concert avec celui de l'irréalité, du simulacre analysé par Bruce Bégout dans Zéropolis. Que nul ne s'étonne, ensuite, que des sauvages sans foi ni loi ne décident de brûler tout ce qui se présente (c'est bien là la modalité de l'objet) sous leurs yeux, lorsque même des hommes de culture et d'érudition comme l'est Renaud Camus paraissent avoir toutes les peines du monde à retenir leur juste colère face à l'universelle muflerie qui, elle, n'a rien à voir, hélas, avec quelque mauvais rêve sans fin. Nous y sommes, dans la Zone de béton et de néons étendue sur toute la surface (ou presque : les dernières terres vierges seront de plus en plus des réserves pour riches ou bien des îlots de pauvreté et de violence, pour ces raisons mêmes protégées pour un temps) de la terre.

Soit donc le bienvenu, lecteur, dans l'enfer de la réalité.

1 -
Des prodromes d'une guerre civile en France ? (fichier PDF regroupant les textes de MM. Francis Moury, soit Bellum civile 1, 2 et 3, Raphaël Dargent, Le temps des kaïra et enfin Serge Rivron, Notre société a généré un monstre).



2 -
Bellum civile 4 ou Voyage (en train) au bout de la nuit, par Francis Moury. Ce long texte analyse l'ignoble fait divers (il faudrait plutôt écrire, désormais, banal) ayant vu un train de plusieurs centaines de voyageurs plus ou moins molestés être mis à sac. Moury, qui ne se contente pas, ici, d'être un philosophe sereinement prudent, donc universitaire ou, immonde et récente catégorie s'il en est, un de ces sociologues médiatiques nous expliquant quel horrible mal-être, dont nous (nous, les nantis voyons...) sommes bien évidemment coupables, traduisent les actes de nos sympathiques sauvageons, Moury préconise donc, on le constate en lisant cet article, quelques remèdes pour le moins... radicaux.

3 - Viennent ensuite les différentes réponses au très polémique texte de Francis Moury. La première est signée par Moussa Diabira, la deuxième par Sébastien Bret, la troisième par George Kaplan. Certes peu esthétique, j'ai tout de même, en fin de compte, opté pour une présentation enchâssée, les commentaires de Moury suivant immédiatement les points critiqués de ses propres contradicteurs.
Enfin, dernière précision ne concernant point les cinéphiles : les illustrations choisies pour cette série proviennent toutes du film d'Elem Klimov, Come and See.
Partager cet article
Repost0
26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 23:59

Comment on enseigne l’histoire, HELAS

Les manuels ne font plus le récit de la construction nationale. Les élèves y perdent leurs repères. Un bon article , encore, provenant de Valeurs actuelles, nous éclaire sur l'entreprise de déconstruction permanente des jeunes générations par l'enseignement d'une histoire négative et révisionnée de leur pays. il est temps, là aussi, que le ménage soit fait.

Tu dois aimer la France parce que la nature l’a faite belle, et parce que son histoire l’a faite grande, écrivait le très républicain Ernest Lavisse, en 1912, dans la préface de son Histoire de France. L’époque est révolue : on ne peut plus enseigner l’histoire comme les instituteurs de la IIIe République, et l’on sourit volontiers de la naïveté des gravures qui illustraient le livre de l’élève. Mais ces leçons ont permis, pendant longtemps, d’intégrer à la nation les hommes les plus divers.

Vercingétorix, saint Louis, Jeanne d’Arc incarnaient des vertus qui forgeaient le caractère français, et l’on tirait des défauts des Gaulois, courageux mais indisciplinés, la plus importante des leçons : « Toute maison divisée contre elle-même périra ». De sorte que les Français vivaient (à peu près) en paix avec eux-mêmes.

Or, ce n’est plus l’histoire de la construction nationale qu’enseignent nos manuels...

À l’école, dans les petites classes, l’histoire s’inscrit dans “la découverte du monde”. Du CE2 jusqu’en sixième, puis au collège, l’histoire est traitée chronologiquement, de la naissance des grandes civilisations jusqu’au monde contemporain. Mais ce n’est plus le cas au lycée, où l’on étudie, en seconde, “les fondements du monde contemporain” à travers quelques grands thèmes (la citoyenneté antique, la naissance du christianisme, les trois civilisations méditerranéennes, l’humanisme et la Renaissance, la Révolution…). Puis l’histoire contemporaine jusqu’à nos jours en classes de première et terminale. « En supprimant l’histoire (ou plutôt en l’éclatant en aperçus sporadiques) , bref, en imposant, au détriment de la cohérence, du discontinu et du décousu là où les anciens programmes proposaient une filiation séduisante, on a plongé les adolescents, au cerveau naturellement hirsute, dans un brouillage général générateur d’angoisse, accuse Jean-Paul Brighelli, agrégé de lettres, dans la Fabrique du crétin (Jean-Claude Gawsewitch éditeur). Ce que l’on appelait jusqu’alors culture était le commun héritage de ce que le passé avait produit de plus significatif et de plus exemplaire. C’était un procédé hautement sélectif. Affirmer, comme on l’a fait à partir de 1981, que toute culture est plurielle, et que les Mobylette fonctionnent au mélange, c’était détruire sciemment l’apport des cinquante ou soixante derniers siècles. » « Nous assistons à l’exténuation du vieux rêve qui faisait de la France un héritage et un projet », résume l’historien Jean-Pierre Rioux, pour qui « ce pays vit à l’heure du n’importe quoi mémoriel » (La France perd la mémoire, Perrin). « Faut-il encore construire des Français ? Devons-nous construire des Européens ? Devons-nous donner une identité régionale ? », s’interrogeait Dominique Borne, inspecteur général de l’Éducation nationale, en 2003. La lecture des manuels d’histoire, élaborés à partir des programmes officiels, prouve que ces questions n’ont pas encore trouvé de réponses.

Islam et chrétienté.

« Marchands habiles, artisans talentueux, poètes, traducteurs, penseurs, médecins et savants renommés, (les musulmans) sont largement plus civilisés et raffinés que les Occidentaux et jouent un rôle considérable dans l’éveil intellectuel de l’Europe. » À lire les manuels d’histoire de seconde, notamment l’un de ceux qu’édite Nathan, la civilisation musulmane surpasse, au XIIe siècle, ce qu’en suggèrent les contes des Mille et Une Nuits. « Le monde musulman est en avance sur l’Occident dans de nombreux domaines. Il a conservé et développé l’héritage gréco-latin et la connaissance du monde constitue un élément essentiel de l’adab, la culture savante que doit posséder tout homme cultivé du dâr al-islam », précise Bordas. Aux esprits chagrins qui ne verraient pas ce que les églises romanes et les cathédrales gothiques doivent à l’islam, Magnard apporte la réponse : « Entre le XIe et le XIIIe siècles, l’Occident retrouve, grâce aux traductions d’arabe en latin, des textes et des savoirs perdus depuis l’Antiquité. Cette révélation est à l’origine de la renaissance intellectuelle du XIIe siècle et de la création des universités au XIIIe. ».

Charlemagne, à qui l’on doit la fondation d’écoles auprès de chaque évêque, au VIIIe siècle, n’en a jamais rien su. Et Robert de Sorbon, théologien thomiste et chapelain de saint Louis, l’ignorait sans doute aussi. Qu’importe ! Les manuels reprennent en chœur la thèse des “racines musulmanes de l’Europe” : « L’apport de la culture musulmane à la culture européenne est ainsi considérable : transmission des textes d’Aristote, géographie, mathématiques… », poursuit Bordas. C’est à se demander ce que serait devenu l’Occident s’il n’avait pas été fécondé par les Arabes.

Sans rien retirer à la civilisation musulmane, aussi brillante à l’époque que conquérante, il faut pourtant contredire ces manuels. Et lire l’Histoire assassinée (Éditions de Paris) de Jacques Heers, l’un de nos plus grands médiévistes : il a dirigé le département d’études médiévales de la Sorbonne. « En tout état de cause, écrit-il, les clercs d’Occident n’ont pas attendu les musulmans. Aristote était connu et étudié à Ravenne, au temps du roi des Goths Théodoric et du philosophe Boèce, dans les années 510-520, soit plus d’un siècle avant l’hégire. Cet enseignement, celui de la logique notamment, n’a jamais cessé dans les écoles cathédrales, puis dans les toutes premières universités. »

De tous les manuels de seconde que nous avons lus, seul celui d’Hachette précise que les musulmans connaissent les découvertes scientifiques gréco-romaines, perses, indiennes et chinoises, grâce à la situation de leur empire, auxquelles ils ajoutent leurs propres recherches. « Les mathématiciens, poursuit Hachette, adoptent les chiffres que nous appelons “arabes” mais qui ont été inventés par les Indiens. » Un souci de précision assez rare pour être salué.

Croisades.

Comme l’islam, les croisades sont étudiées, en classe de seconde, dans un chapitre intitulé : “La Méditerranée au XIIe siècle, carrefour de trois civilisations” (occidentale, byzantine et musulmane). Le récit qu’en font les manuels rappelle le film de Ridley Scott, Kingdom of Heaven : les croisés y ont le mauvais rôle.

Il faudrait d’abord souligner que le mot est un anachronisme : « Il date du tout début du XIIIe siècle », rappelle Jean Sévillia (Historiquement correct, Perrin). Les contemporains ne parlaient pas de croisade mais de pèlerinage. C’est parce que « les pèlerins chrétiens ralliant Jérusalem sont persécutés par les pouvoirs musulmans en place » (Magnard, seconde) que ces expéditions prennent un tour militaire. Leur protection justifie le recours aux armes. Saint Bernard le dit dans son éloge des Templiers, mais la citation qu’en font certains manuels est tronquée. « Parler de croisades pour des expéditions dont le but était d’abord et avant tout d’assurer le libre accès aux Lieux saints de Jérusalem, est travestir du tout au tout la réalité, écrit Jacques Heers. C’est, volontairement ou non, proposer une sorte de parallèle entre ces pèlerinages de foules populaires encadrées par des forces armées, et la guerre sainte des musulmans » qui vise à propager leur foi.

Or, les manuels vont encore plus loin : ils font du djihad la conséquence des croisades. « En réveillant l’esprit du djihad chez les musulmans, elles ont excité pour longtemps l’hostilité d’un certain islam intégriste à l’égard de l’Occident », écrit Nathan. « Ces expéditions militaires ravivent par réaction le djihad musulman », insiste Hachette. « Si, encore aujourd’hui, l’incompréhension entre pays musulmans et pays chrétiens est forte, les croisades, qui ont (…) poussé les chrétiens d’Occident à prendre les armes pour reconquérir les terres occupées par les musulmans, y sont pour quelque chose », poursuit Nathan. Est-il nécessaire de rappeler que l’expansion musulmane se fit par les armes dès le VIIe siècle, c’est-à-dire dès la prédication de Mahomet – donc bien avant les croisades ?

Lumières et Révolution.

« L’État, c’est moi », titre Magnard pour résumer l’absolutisme royal. Outre qu’elle ne fut sans doute jamais prononcée par Louis XIV, cette phrase résume assez mal les pouvoirs du monarque. Nathan souligne heureusement que « la monarchie absolue n’est pas une tyrannie ». Le roi « doit respecter certains usages, comme les “lois fondamentales” du royaume ou les privilèges des uns et des autres », ajoute Bordas. Hachette n’oublie pas non plus que « depuis le XVIe siècle, la monarchie absolue recrute ses administrateurs et ses juristes parmi les bourgeois, qu’elle récompense de leur fidélité en leur permettant d’accéder par étapes à l’ordre de la noblesse » : ce n’est donc pas un système de castes fermées.

Cette référence à l’absolutisme permet cependant de présenter les travaux des philosophes (Voltaire, Rousseau, d’Alembert…) comme une œuvre de tolérance, au service du peuple : « Tous croient surtout en la possibilité de fonder un monde plus heureux où de meilleures conditions de vie seraient assurées à tous », écrit Nathan, ce que corrige Hachette : « Les philosophes (…) méprisent la populace, Voltaire affirme qu’“il faut des gueux ignorants”. » Au demeurant, la tolérance a ses limites : « Quiconque ose dire : “Hors de l’Église, point de salut”, doit être chassé de l’État », écrit Rousseau dans le Contrat social. Ce que confirme Hachette : « Les hommes des Lumières engagent de leur côté le combat (contre le haut clergé) avec des écrits d’une grande violence », dont on verra les conséquences pendant la Révolution.

C’est pourtant sur l’Église que Nathan rejette la responsabilité de la rupture avec la France révolutionnaire : « En condamnant la Constitution civile du clergé, le pape Pie VI a provoqué un conflit spirituel qui allait devenir une source permanente de divisions entre les Français. » Curieuse interprétation de l’histoire. « Les manuels de quatrième évoquent peu le fait que la Révolution fut aussi l’occasion d’une violente guerre de religion, marquée par la confiscation des biens de l’Église ou le passage des prêtres sous l’autorité de l’État. Pas question d’écorner la belle image de la Révolution… », écrit Emmanuel Davidenkoff dans Réveille-toi Jules Ferry, ils sont devenus fous (Oh Éditions).

La plupart des manuels ne consacrent que quelques lignes aux guerres de Vendée, bien qu’on sache, depuis les travaux de Reynald Secher, qu’elles furent un génocide : Gracchus Babeuf parlait à l’époque de “populicide”. Magnard se contente de déplorer les « graves excès » de Tallien, Fouché et Carrier, dont Bordas dénonce quand même les massacres commis à Nantes, sur une double page.

Alors que Nathan présente l’instauration de la Terreur comme une conséquence de la guerre, et non comme un système de gouvernement fondé sur le jacobinisme, Hachette rétablit les faits : « Robespierre utilise la Terreur comme un instrument de pouvoir. En quarante-six jours, plus de 1 300 personnes sont guillotinées. »

Quand les autres manuels présentent encore la prise de la Bastille comme une insurrection du “peuple”, Hachette en fait un récit plus nuancé, soulignant que les “émeutiers” voulaient surtout « se procurer des armes ». En revanche, tous les manuels attribuent à Louis XVI la responsabilité de la “rupture” de 1792, entre la Révolution des droits de l’homme et la Terreur, sans jamais s’interroger sur la mécanique révolutionnaire.

Union soviétique et communisme.

Est-ce la conséquence de la chute du mur de Berlin ? Les manuels ne peuvent plus ignorer les crimes du communisme, qui a longtemps bénéficié d’une indulgence coupable. Ils présentent la Révolution d’octobre comme un coup d’État « préparé méthodiquement par Trotski qui préside le soviet de Petrograd », (Bordas, première). « À la mort de Lénine, en 1924, le régime soviétique est déjà devenu une dictature », précise Nathan (première).

Les manuels préfèrent cependant s’attarder sur les crimes de Staline qu’insister sur la nature intrinsèquement criminelle de l’entreprise soviétique. Dans le chapitre sur les totalitarismes, certains comparent le “stalinisme” au nazisme et au fascisme, pas le communisme. Ils n’évoquent le goulag qu’avec l’arrivée de Staline au pouvoir. Hachette y consacre une double page : « Dans l’URSS stalinienne, un homme adulte sur six a fait l’expérience du goulag. Ce sera, au début des années 1950, le plus vaste système de travail forcé au monde. » Nathan ajoute que « la Terreur permet de faire taire toute critique et d’expliquer les mauvais résultats de l’économie par l’action des “traîtres” et des “saboteurs”. Le goulag devient un mode de gestion de la dissidence politique et sociale ». Ils abordent aussi le drame de la dékoulakisation et des famines organisées au début des années 1930.

Les manuels ont donc révisé les jugements laudateurs qu’ils portaient, il y a vingt ans, sur l’URSS. Mais certains régimes résistent à l’analyse : Bordas (terminale) réserve le terme de “dictateur” à Batista, le prédécesseur de Castro. Marx, enfin, n’est pas comptable de sa postérité sanglante : il figure seulement parmi « les philosophes et les penseurs révoltés par la misère de certains ouvriers » (Hatier, cycle 3, CM2).

Esclavage et colonisation.

Beaucoup de manuels ignorent encore les travaux des historiens sur la complexité de l’esclavage. Nathan (seconde) évoque « le trafic des esclaves sur les côtes de l’Afrique pratiqué par les Européens du XVIe au XIXe siècles » mais reste muet, comme Bordas (seconde), sur la participation des Africains à ce “commerce”. Les autres traites, interafricaine et orientale, sont ignorées. Magnard est plus complet : « Des bateaux chargés de pacotille (…) échangent leur cargaison contre des esclaves fournis par leurs propres congénères ou par des marchands musulmans. »

En revanche, l’abolition de l’esclavage, en 1848, se résumerait à « l’action tenace » de Victor Schoelcher. Rien n’est dit sur le travail accompli précédemment : interdiction de la traite par Napoléon en avril 1815, pendant les Cent-Jours (confirmée par Louis XVIII), suppression de la taxe sur l’affranchissement en 1832, rapport concluant à la nécessité d’émanciper les “travailleurs coloniaux” en 1843… L’abolition s’inscrit dans un mouvement lancé avant la IIe République.

L’histoire de la colonisation verse souvent dans le simplisme. On en retient surtout qu’il s’agissait d’un plan prémédité, conçu par les puissances européennes pour s’assurer des débouchés et « civiliser les races inférieures » (Jules Ferry). « Les Européens se lancent à partir de 1850 à la conquête du monde. Peu d’espaces échappent à leur convoitise » (manuel Bertrand-Lacoste) . Or, tous les Européens n’étaient pas favorables à la colonisation, notamment les économistes libéraux qui préfèrent à cette organisation impériale des rapports fondés sur le libre-échange.

Le bilan dressé par ces manuels est souvent très sombre : « Les Européens (…) organisent à leur profit une véritable exploitation des économies et des populations indigènes. » (Nathan, terminale). D’autres manuels nuancent ce propos : « Les Européens suscitent la mise en valeur de vastes régions. Ils les dotent d’infrastructures : réseaux ferrés et installations portuaires… » (Bordas, première). « L’enseignement secondaire et supérieur (…) se développe surtout après 1945, tout comme l’effort médical qui, en abaissant la mortalité, suscite la croissance démographique des colonies », précise le même éditeur dans son manuel de terminale.

On y lit aussi que « les Européens investissent des capitaux en quantités croissantes dans leurs colonies » : en 1939, la France investit dans ses possessions 45 % de ses placements extérieurs. Mais ces quelques paragraphes contrebalancent mal les critiques, longuement développées, de l’action conduite par la France dans ses colonies.

La décolonisation est abordée très rapidement à la fin du programme de terminale. Rien n’y est dit de l’implication, aux côtés des troupes françaises, de centaines de milliers de Vietnamiens contre le Viêt-minh communiste, en Indochine, ou d’Algériens musulmans contre le FLN. En Indochine, le combat de la France a surtout consisté, dans les dernières années, à conduire ces pays vers l’indépendance, mais sans le communisme. Or, ces conflits apparaissent, dans les manuels, comme des guerres menées par la France pour conserver ses possessions, alors que ce furent aussi des guerres civiles.

 

Fabrice Madouas, avec Astrid de Montbeillard et Anne-Lorraine Schmitt 20 septembre 2006

Image Hosted by ImageShack.us
Partager cet article
Repost0
26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 23:58
Dimanche dernier une jeune étudiante en journalisme, Anne-Lorraine Schmitt, a été retouvée agonisante dans une rame du RER D en gare de Creil. Elle avait reçu plusieurs coups de couteau. Elle est malheureusement décédée peu de temps après l'arrivée des secours. Cependant, grâce à son courage, elle a réussi à blesser son agresseur, ce qui a permis de retrouver ce dernier très rapidement, et à l'empêcher de parvenir à ce qu'il voulait : c'est-à-dire la violer. Il s'agit cependant d'une bien maigre consolation pour les parents de la jeune femme qui l'attendaient à la gare d'Orry-la-ville pour se rendre à la messe. 

L'assassin est d'origine turque. C'est un délinquant sexuel récidiviste. Il n'y a eu aucune manifestation de violence de la part des "Français de souche". Il n'y a eu d'ailleurs aucune manifestation tout court. Peut-être est-cela notre tort ! Nous ne sommes même plus capables de nous indigner, d'exprimer notre solidarité envers les notres. Or quelques heures après cet assassinat,  Moushin (15 ans) et Larami (16 ans), qui faisaient les cons sur une moto, sans casques, se tuaient en percutant de plein fouet un véhicule de police en patrouille après lui avoir grillé la priorité. Depuis, plusieurs communes du Val-d'Oise se sont embrasées avec des tirs contre les policiers, des incendies contre des voitures, des bibliothèques, des écoles, des commerces etc... 

La mort de ces deux jeunes n'est qu'un prétexte pour les émeutiers. Ces évènements sont le prélude d'une guerre civile qui découle de la présence d'une société étrangère qui s'est constituée sur notre sol et qui se nourrit d'un racisme ordinaire anti-français, même si ces émeutiers ont, pour la plupart, la nationalité française. La "haine de la France" est le moteur premier de ces émeutes. Nos sociologues, nos journalistes, nos politiques qui prétendent le contraire sont des naïfs, des menteurs ou des crétins. Ceux qui brûlent aujourd'hui les bâtiments, tirent sur les policiers ou les journalistes, sont les mêmes qui sifflaient la Marseillaise lors du match "amical" France Maroc au Stade de France le mal nommé. C'est la même haine de la France qui s'exprime. Pratiquer la politique de l'autruche n'y changera rien. (http://www.rebelles.info/article-13834261.html)

En attendant, Nicolas Sarkozy va recevoir aujourd'hui les parents des deux jeunes de Villiers-le-Bel. Il faut bien apaiser les esprits !!! Mais jusqu'à présent je n'ai pas entendu qu'il se rendra aux obsèques d'Anne-Lorraine Schmitt. Celles-ci se dérouleront samedi, à 14 heures, en la cathédrale de Senlis. L'absence du chef de l'Etat serait honteuse. Car à la différence des deux jeunes de Villiers-le-Bel, Anne-Lorraine Schmitt n'est en rien responsable de son malheur. Et surtout, surtout ses proches, ses amis, sa famille ont eu une attitude digne. Tout le monde ne peut pas en dire autant à Villiers-le-Bel. C'est le moins qu'on puisse dire.

Un médecin urgentiste dans un hôpital du Val-d’Oise a fait hier matin le tour des services de garde pour faire le bilan des blessés des deux nuits d’émeutes à Villiers-le-Bel et dans les communes avoisinantes : "Ce qui est impressionnant, c’est que tous les blessés policiers que l’on a accueillis ont été blessés par armes à feu. Je dirais 99%. La plupart, ce n’est pas grave, juste des plombs, mais quand même, on n’avait jamais vu cela." Autre particularité, selon cet urgentiste, les services d’urgences du nord de Paris n’ont reçu aucun jeune blessé. Enfin, selon ce médecin, il y a manifestement eu une volonté de la part des forces de l’ordre de ne pas adresser tous les blessés policiers dans les mêmes hôpitaux, "pour éviter peut-être des opérations commandos des jeunes". Quelques chiffres encore : à l’hôpital d’Eaubonne, ils ont reçu la première nuit 17 policiers blessés, cette nuit 9. A l’hôpital de Gonesse, 9 la première nuit, et 9 cette nuit. A Aulnay, 12 et 15. Des chiffres qui font dire à ce médecin urgentiste : "Quand j’entends le bilan que l’on donne à la radio, je pense qu’il est minoré."

David Bescond pour Rebelles.info


 

Sur le web, le FN se mêle des émeutes en vidéo

Jean-Michel Dubois, le candidat FN à Villiers-le-Bel, a diffusé une vidéo sur Dailymotion.

Les habitants de Villiers-le-Bel mettent en ligne des images d’émeutes et leurs hommages aux jeunes tués, tandis que le candidat local du FN profite de Dailymotion pour fustiger les «voyous». ->






Alors, ça vient ces émeutes ?

On a failli attendre.

par Elisabeth Lévy

Élisabeth Lévy, née en 1964 à Paris, est journaliste et essayiste. Après des études à l’Institut d'études politiques de Paris, elle débute dans la profession à l'Agence France-Presse (AFP). Elle travaille ensuite entre 1994 et 1996 pour un quotidien francophone de Genève, le Nouveau Quotidien, et pige pour divers journaux.






On a failli attendre. Après l’annonce de la mort, dimanche, de deux gamins de Villiers-le-Bel dont la moto était entrée en collision avec une voiture de police, les citoyens-téléspectateurs ont pu craindre, quelques heures durant, d’être privés du spectacle annoncé : un reality-show intitulé “jeunes contre flics” à moins qu’on ne préfère “l’émeute”, légèrement plus sobre.

Certes, à peine la nouvelle était-elle connue que des jeunes prêts à jouer leur rôle de jeunes se rassemblaient sur les lieux tandis que circulaient les théories les plus délirantes possibles sur les circonstances du drame. On peut gager que la plupart ne croyaient nullement que les deux gamins avaient été victimes de violences policières. Aucune importance dès lors qu’il s’agissait d’un excellent prétexte pour une soirée de défoulement. Il faut ajouter que le hasard avait bien fait les choses : à quelques jours près, Villiers-le-Bel tombait à point nommé pour marquer le deuxième anniversaire de Clichy-sous-Bois et rappeler à quel point rien n’avait été fait. Une aubaine pour les amateurs de sociologie à deux balles qui adorent pointer un doigt accusateur sur la société tout entière coupable de maltraitance à l’encontre des populations que l’on désigne désormais comme issues de la diversité. (Le fait que l’on puisse employer sans rigoler une expression aussi grotesque prouve à quel point l’esprit de sérieux s’est abattu sur ce malheureux pays, n’épargnant pas les citoyens issus de l’uniformité, également appelés Gaulois.)

Pour qu’il y ait spectacle, il faut un public. On voit mal le jeune-en-colère brûler des abribus (et plus si affinités) et se faire arroser de gaz lacrymogènes à la seule intention de ses voisins de palier. Pas de journaliste, pas d’émeute. Aucun problème : en moins d’une heure, dimanche, une nuée de micros et de caméras s’abattaient sur Villiers-le-Bel. On imagine sans peine le frisson d’excitation qui a dû traverser des rédactions où l’on s’ennuyait ferme en cette fin d’après-midi dominicale. “Génial !”, ont dû se dire certains, à l’image de David Pujadas, surpris en flagrant délit d’euphorie le 11 septembre 2001. Les affaires reprennent…

Il ne restait plus qu’à attendre l’explosion de violence que l’on disait redouter. Les “jeunes” ne déçurent pas leur public. Avec une touchante bonne volonté, ils se conformèrent au scénario écrit d’avance, ânonnant avec docilité les “dialogues” que nous voulions entendre (encore que le terme de dialogue soit assez peu adapté). Ayant compris que l’on attendait d’eux un remake de novembre 2005, ils décidèrent de faire mieux, incendiant directement une bibliothèque – “sans doute des lecteurs en colère”, fit drôlement remarquer le maire du Raincy, Eric Raoult.

La seule fausse note vint du Procureur1 qui expliqua que, selon les premières constatations, la mort des deux adolescents était accidentelle et ne pouvait être imputée aux policiers. De quoi se mêlait-elle celle-là, encore un peu et elle allait carrément gâcher la fête.

Heureusement, l’inénarrable Mouloud Aounit du MRAP rattrapa ce couac malencontreux, jouant sa partition sans grande imagination mais avec un sérieux qui mérite d’être salué : mardi matin, après une nuit d’affrontements, il s’indignait que l’on ait pu choquer les âmes sensibles de ces grands enfants en disculpant les policiers. On ne la lui fait pas à Mouloud Aounit. Si des policiers circulent dans une cité un dimanche, c’est bien qu’ils ont l’intention de commettre un mauvais coup.

Interrogé sur France Inter, un habitant du quartier livré à la barbarie (malgré les appels au calme des proches des deux garçons) osa dire ce que personne, dans les médias, n’ose même plus penser. “Les deux jeunes ont été vite oubliés et maintenant, ils cassent pour s’amuser”, observait-il. On ne s’appesantit guère sur ce témoignage. Il était bien plus amusant d’interroger des émeutiers toujours prêts à expliquer à qui voulait bien les entendre que la police ne les respectait pas et les traitait comme des “sous-hommes”, terme sûrement appelé à servir abondamment. (Il est vrai que l’incendie d’une bibliothèque force hautement le respect.) Victimes pour les uns, barbares pour les autres : peu importe, l’essentiel est de faire de l’audience et, on le sait, la guerre des cités, c’est de la bonne came. Inutile de demander aux journalistes d’arrêter de la dealer au citoyen accro. “Ce serait de la censure !” Peut-être. Reste qu’il suffirait d’imposer un couvre-feu médiatique pour arrêter l’engrenage. Mais justement, ce n’est pas l’objectif. “Il n’y a pas de contagion, les autres banlieues ne s’embrasent pas”, pouvait-on entendre mardi sur toutes les ondes. Jusqu’ici, tout va bien.

Bon sang, qu’est-ce qu’ils foutent ces jeunes ? On va encore attendre longtemps ?

1 Qu’il est agréable de savoir qu’aucun correcteur ne viendra sournoisement écrire Procureure derrière mon dos !


source :
Causeur

 

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 23:59

3a553514-9be4-11dc-9f8b-77f10336c059.jpg Cette nuit de nouvelles émeutes frappent six communes du Val d'Oise. La bibliothèque de Villiers le Bel est partie en fumée. Une école maternelle a été incendiée, ainsi que, selon des journalistes sur place, un salon de coiffure et une auto-école. Parmi les véhicules enflammés, une voiture de police et une benne à ordures, ainsi que des poubelles. Les voyous s'abritaient derrière des couvercles de poubelles leur servant de boucliers, obligeant les CRS -160 selon la préfecture- situés juste en face d'eux à reculer. Deux gros camions de pompiers ont été obligés de rebrousser chemin et n'ont pas pu intervenir sous les tirs de projectiles. 38 policiers ont été blessés, dont trois grièvement, notamment par des tirs de pistolets à grenailles. Les policiers blessés lundi soir étaient traités dans un hôpital de campagne installé dans la localité de Villiers le Bel. Un journaliste a été blessé par des tirs de chevrotine. Un guet-apens aurait aussi été tendu à des policiers autour du garage Renault à Sarcelles. Vers 22h15, la préfecture du Val d'Oise recensait précisément 36 véhicules brûlés et 15 feux de poubelle sur les communes de Villiers, Garges-lès-Gonesse, Goussainville, Ermont-Eaubonne et Cergy. Des affrontements ont également éclaté lundi soir aux Mureaux, dans les Yvelines. Un autobus de la RATP, qui ne transportait aucun passager, et un camion ont en outre été incendiés respectivement à Longjumeau et Grigny, dans l'Essonne, selon la préfecture. Ce à quoi on assiste, n'en déplaise à nos médias, ne sont pas des échaffourées (sic !) mais bel et bien les prémices d'une future guerre civile française. Guerre ethnique et religieuse. Je l'ai écrit ici à plusieurs reprises. Les départements de la région parisiennes seront "notre" Kosovo. Car qu'est-ce que le paradigme kosovar sinon l'alliance explosive entre immigration incontrôlée et islamisation ? 

Jusque dans les années 20 les Serbes étaient encore majoritaires au Kosovo, berceau de la culture et de la religion des Serbes. Mais avec la deuxième guerre mondiale les partisans serbes et leurs familles furent tués ou chassés du Kosovo par les nazis et leurs collaborateurs musulmans, albanais et bosniaques, engagés dans les divisions SS Skanderberg et Handchars. Après la guerre, le régime communiste interdira le retour des réfugiés serbes dans la région afin de limiter l'influence de la Serbie au sein de la fédération Yougoslave. Puis, durant la seconde moitié du XXème siècle la démographie galopante des musulmans albanais du Kosovo associée à une forte immigration des albanais d'Albanie fuyant la misère de leur pays fera que, dans les années 1990, la province est habitée à 90% de musulmans albanais. On estime aujourd'hui qu'un Albanais du Kosovo sur trois est originaire d'Albanie ou descendant d'immigrés albanais récents. Le Kosovo s'est ainsi progressivement islamisé. 

Alors bien entendu, une multitude d'experts vont défiler dans les médias ces prochains jours. Ces mêmes experts qui parlent des banlieues mais qui surtout ne veulent pas y travailler (http://www.rebelles.info/article-14060501.html). Nous aurons droit à l'explication économique ou sociale pour "comprendre" l'embrasement. A moins qu'ils ne fustigent le racisme intrinsèque de la société française. Racisme, bien entendu, responsable de ces émeutes. Racisme à sens unique comme toujours ! Même si on pourra chercher en vain le racisme des pompiers caillassés par ces voyous. Car les "jeunes" (traduire par délinquants d'origine afro-maghrébine) ne sauraient être tenus pour responsables. Ils sont les victimes !!! Tenez-le vous pour dit une bonne fois pour toute. Quant au paradigme kosovar qui veut que toute minorité musulmane devenue majoritaire sur une portion de territoire d'un Etat impie désire obtenir l'indépendance ou l'autonomie afin de vivre selon les préceptes de l'islam, est-il besoin de vous dire qu'il ne sera absolument pas évoqué ?!!!

David Bescond pour Rebelles.info
 

REBELLES.INFO



Bien sûr, comme tout le monde, j'avais été choqué et ému dimanche, en entendant à la radio qu'une jeune étudiante en journalisme avait été retrouvée en fin de matinée, agonisante, dans une rame du RER D en gare de Creil, après avoir été frappée de nombreux coups de couteau. Et relativement soulagé d'apprendre, dès le lendemain, que son assassin, blessé au cours de l'agression, avait été arrêté avant de passer aux aveux. Mais le pire, pour moi, restait à venir.

 Le pire, je l'ai appris hier après-midi. Le pire, c'est que je connaissais cette jeune fille, que j'avais eu le temps de juger et d'apprécier pendant les deux mois de stage qu'elle fit l'an dernier à Valeurs Actuelles, dont je dirigeais alors la rédaction. Elle s'appelait Anne-Lorraine Schmitt, avait 23 ans, et faisait partie de ces enfants qui semblent n'être nés que pour combler leurs parents de joie et de fierté. Aînée d'une fratrie de cinq garçons et filles, elle avait passé son bac à la Maison de la Légion d'Honneur de Saint-Denis avant d'être reçue à l'Institut d'Etudes Politiques de Lille, puis d'intégrer à l'automne 2006 le Celsa, l'excellente école des sciences de l'information et de la communication dépendant de la Sorbonne.

 Durant son stage, elle avait frappé toute la rédaction par sa culture générale, sa maturité, son exigence vis-à-vis d'elle-même. Une exigence qui lui venait probablement de sa foi : profondément croyante, Anne-Lorraine s'était fortement engagée dans le mouvement scout. Ce qui ne l'empêchait nullement d'être une jeune fille de son temps, charmante, brillante et appréciée de tous.

 Dimanche matin, ses parents l'attendaient sur le quai de la gare d'Orry-la-Ville pour aller en famille à la messe. Un délinquant sexuel récidiviste d'origine turque, déjà condamné en 1996 à cinq ans de prison pour un viol commis sous la menace d'une arme sur la même ligne du RER, aura donc brisé leurs vies en même temps que celle de leur fille. Mais Anne-Lorraine aura été courageuse jusqu'au bout : en se défendant, en empêchant son agresseur de parvenir à ses fins, elle aura réussi à le blesser en retournant son arme contre lui, ce qui devait permettre son arrestation ultérieure. En félicitant les enquêteurs de cette conclusion rapide, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, a assuré les proches d'Anne-Lorraine de sa profonde compassion.

 Quelques heures plus tard, à quelques kilomètres de là, les jeunes Moushin (15 ans) et Larami (16 ans), conduisant à grande vitesse et sans casques une moto de cross non homologuée, se tuaient en percutant de plein fouet un véhicule de police en patrouille. Leur mort, on le sait, sert depuis deux jours de prétexte à l'embrasement de plusieurs communes du Val-d'Oise, avec tirs de chevrotines, de grenaille et de balles contre les forces de l'ordre (plus de quatre-vingts policiers blessés) et incendies de commissariats, d'écoles, de bibliothèques et de commerces.

 Pour tenter d'apaiser les esprits, le chef de l'Etat pourrait recevoir ce mercredi les parents des deux jeunes morts de Villiers-le-Bel. Serait-ce trop lui demander que d'avoir aussi un geste fort vis-à-vis de la famille et des proches d'Anne-Lorraine ? Par exemple en étant représenté à un haut niveau - voire en se rendant lui-même, comme il sait le faire - aux obsèques de cette jeune fille exemplaire qui auront lieu samedi, à 14 h 00, en la cathédrale de Senlis. Il serait juste, en effet, que les victimes innocentes aient droit dans ce pays à plus d'égards que des délinquants responsables de leur propre malheur.

Par Gérard Gachet, sur son blog Sans complexe
Partager cet article
Repost0
25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 23:58

La lucidité de Sarkozy en politique étrangère

20071107-5-p110707cg-0213-697v-copie-1.jpgAprès avoir émis des réserves profondes concernant la politique environnementale de Nicolas Sarkozy, je me dois de louer sa politique étrangère. La visite qu’il vient d’effectuer à Washington en constitue, à ce jour, le symbole le plus marquant. Dans le discours qu’il a prononcé devant le Congrès, dans les propos qu’il a tenu lors d’une conférence de presse commune avec George Bush, dans ses autres déclarations, Sarkozy a montré bien davantage qu’une amitié envers les États-Unis d’Amérique : une compréhension de ce qui fait l’âme américaine, et, surtout, une lucidité réelle vis-à-vis des enjeux du présent. Le message s’adressait au peuple américain et aussi au peuple français et, au-delà, au reste du monde.

Sarkozy n’a pas simplement proclamé de l’amour pour l’Amérique, il a aussi mis des mots sur cet amour : opiniâtreté, possibilité pour chacun de recommencer sa vie, d’échouer et de recommencer jusqu’à ce que le succès puisse venir. Il a dit ce que nous devons tous à l’Amérique qui nous a sauvés trois fois au cours du XXe siècle, et il a prononcé un mot simple, qu’on n’entendait plus et qu’on pouvait désespérer d’entendre d’un dignitaire français : gratitude. Il a rappelé qu’il fut un temps où la gratitude avait fonctionné non pas de la France vers l’Amérique, mais en sens inverse, lorsque Lafayette était venu au nom de ses idéaux se battre au côté des insurgés et de George Washington. Et il a rappelé ainsi que les idéaux de droit et de liberté faisaient partie de notre patrimoine commun, quels qu’aient été les vicissitudes et les aléas de l’histoire. Il a souligné que la lutte essentielle de ce temps restait celle opposant la liberté au totalitarisme et au fanatisme, et que nous devions mener ensemble ce combat.

La presse et le peuple américains retiendront que la page de l’odieuse arrogance chiraco-villepinienne est tournée, que la France retrouve le sens de l’honneur et qu’en ces temps de guerre, l’Amérique n’est pas seule. En France, des grincements de dents se font entendre, qui devront laisser place peu à peu à une évidence : ce n’est pas seulement Chirac et Villepin qui sont jetés dans les oubliettes de l’histoire, c’est l’ensemble des rêves mégalomaniaques et des calculs cyniques incarnés par le gaullisme et par une haine de la liberté repeinte aux couleurs de l’« antiaméricanisme » où se rejoignaient extrême droite et extrême gauche. On entendra des mots bilieux et pleins de ressentiment : « alignement », par exemple.

Et puis quand la bile et le ressentiment seront évacués, on commencera à déchiffrer ce que Sarkozy vient de faire : sortir la France d’obsessions archaïques et étriquées pour lui permettre de réintégrer le monde tel qu’il est : celui où les nationalismes obsessionnels de puissances déclinantes n’est plus de mise et où la survie et le dynamisme ne sont possibles qu’en ouvrant les bras aux synergies de la mondialisation. L’Europe verra que la France n’est plus la vieille Europe grincheuse, mais qu’elle est porteuse d’un renouveau où l’Europe travaillera avec et non contre l’Amérique. Dans le monde arabe, en Chine, en Russie, on discernera qu’un Occident uni peut constituer une force irrépressible, et on respectera davantage la France que lorsqu’elle jouait, indignement et de manière méprisable, la prostituée auprès de diverses dictatures.

L’économie planétaire se recompose à grande vitesse. Sarkozy comprend que les États-Unis sont au cœur de cette recomposition : s’il laisse les utopies vertes aux utopistes, il pourra incarner l’ultime chance de la France de ne pas succomber. La guerre planétaire est en cours. Sarkozy comprend que, face au fanatisme IMG-1068-thumb-copie-1.jpgislamiste, la France a plus à gagner, sur tous les plans, et d’abord sur le plan moral, en étant du côté de la liberté. C’est très bien. Quant à ceux qui disent hâtivement que Nicolas Sarkozy aurait dû attendre un « changement d’administration » à Washington, je leur dirai, en reprenant les mots de George Bush lui-même, que la place d’une présidence américaine dans l’histoire s’écrit lorsque le bruit et le tumulte de l’immédiat ont laissé place à la moyenne durée.

Et j’ajouterai à leur intention que le remplacement de Bush par Hillary Clinton dans quinze mois est très loin d’être assuré. Je leur conseillerais, même, de s’intéresser bien davantage à la candidature de Rudy Giuliani.


Guy Millière,
Néoconservateur Français

 


 

medium-453px-George-W-Bush.jpgLe contexte présent est difficile et complexe. Israël est poussé à faire des concessions par le gouvernement américain, qui entend, surtout, rallier une coalition de « régimes arabes modérés » pour faire face à l’ennemi principal de l’époque actuelle : l’Iran. Tout en craignant l’Iran, ces mêmes régimes arabes ne veulent pas apparaître trop conciliants face à Israël, de peur de se trouver soumis à une violence islamiste, qu’en même temps ils alimentent en sous-main, parce qu’elle constitue un excellent prétexte pour maintenir leurs pratiques politiques liberticides. Les dirigeants palestiniens continuent à montrer que, tout en parlant de « paix », ils continuent la guerre par d’autres moyens. Quant au gouvernement Olmert, il fait essentiellement comme s’il ne voyait rien, suivi en cela par Condi Rice et les dirigeants européens. Avant de revenir à ces entrelacs, parfois difficile à démêler, j’entends ici renvoyer à quelques principes essentiels.

Il est des textes qui passent et s’effacent sitôt ils sont imprimés, ce sont précisément ceux qui font, en général, « l’actualité ». Il en est d’autres, qui sont porteurs d’une force et d’une vérité qui les rend éternels, et qu’il faut relire de façon régulière pour accéder à la lucidité. Entrent dans cette seconde catégorie les grandes oeuvres de l’humanité telles que la Bible ou, en Orient, les « Quatre Livres », de Confucius, bien sûr. Il en est ainsi, aussi, de « L’art de la guerre » de Sun Tzu. Nous sommes dans une époque, aujourd’hui, maintenant, où relire Sun Tzu est, à l’évidence, très utile. Je me concentrerai ici tout particulièrement sur l’une de ses phrases : « Si tu connais ton ennemi et si tu te connais toi-même, tu n’as pas à craindre le résultat de centaines de batailles ».

J’ai choisi cette phrase parce qu’elle me semble mettre en exergue la difficulté essentielle de ce temps troublé, et, par conséquent, le danger majeur auquel nous sommes confrontés. Nous, qui vivons dans des sociétés de liberté, en Europe, en Amérique, en Israël, ne savons plus vraiment, ou plus toujours, ce que nous sommes et ce que c’est que la liberté. Nous ne savons plus qui est notre ennemi. Nous courons, par conséquent, le risque d’être défaits, et nous ne pourrons remédier à ce risque qu’en remédiant à cet état de fait.

I.     Commençons par ce que nous sommes. Nous, globalement, les démocraties occidentales, sommes transies par l’oubli. Nous oublions que la liberté de parole, d’initiative, de création, dont nous disposons, a du être conquise face aux superstitions, à l’obscurantisme, à l’arbitraire, à l’intolérance, aux prétentions de certains de détenir le pouvoir absolu. Nous oublions  ce que nous devons à ceux qui ont revendiqué le « droit d’avoir des droits » en disant que l’être humain, parce qu’il est un être humain, parce qu’il a une conscience et une individualité singulière, ne peut être traité comme un objet ou considéré comme un animal. Nous oublions que les droits naturels de l’être humain doivent être affirmés et défendus au fil de combats incessants contre ceux qui cherchent à détruire, éroder ou nier ces droits. Nous oublions qu’une société de droit est toujours assiégée de l’extérieur et de l’intérieur par ses ennemis, et doit, sans cesse, pour survivre et durer, voir ses valeurs se trouver réaffirmées. Nous oublions ce que nous devons à la connaissance, à la possibilité de dire qu’il y a une différence entre la vérité et la fausseté ou entre le bien et le mal, et à l’aptitude à nous tenir debout, les yeux ouverts et vigilants, que nous devons préserver.

Cet oubli est à l’œuvre en Israël depuis un certain temps déjà : depuis que  divers « nouveaux historiens » sont venus repeindre l’histoire du pays aux couleurs délétères du relativisme, depuis que des politiciens, pour des raisons très politiciennes, ont accepté de reprendre à leur compte des mensonges fabriqués par les ennemis d’Israël, et depuis que des mouvements comme « la paix maintenant » font de la paix dont ils parlent un absolu, tel que l’accomplissement de cet absolu aboutirait à la destruction définitive  d’Israël.

Il est aussi à l’œuvre en Europe où l’histoire s’oublie sans qu’il soit nécessaire de la repeindre, où on prétend inventer une civilisation où tout pourrait se régler par voie diplomatique et par quelques sourires, et où on prétend aussi qu’il n’est nul dictateur, nul tortionnaire, et nul génocidaire avec qui on ne puisse négocier jusqu’à ce que les négociations aboutissent.

Il est encore à l’œuvre aux Etats-Unis, où des gens tels que Jimmy Carter - à qui on doit l’arrivée au pouvoir de Khomeiny et, partant, la création du Hezbollah au Liban -, et de nombreux autres membres de la gauche démocrate pensent que le terrorisme islamique existe parce que le monde occidental n’est pas assez gentil et généreux avec le monde arabe et musulman, et sont persuadés que  l’obstacle essentiel à la paix au Proche-Orient est l’absence de concessions suffisantes de la part d’Israël.

Cet oubli se trouve renforcé par des livres et des articles qui brodent sur ces thématiques, tels celui de Walt et Mearsheimer, récemment évoqué en ces colonnes, par des reportages télévisés qui renvoient dos à dos l’agresseur et l’agressé, le criminel et celui qui essaie de se défendre contre le crime, voire par des émissions spéciales telles que God’s Warriors (Les guerriers de Dieu) de Christiane Amanpour, diffusée planétairement voici peu sur CNN. Où les principaux perturbateurs de la « tolérance » et de la « paix » apparaissaient être des évangélistes texans défendant l’existence d’Israël, ou des juifs israéliens, s’opposant, par « fanatisme », à un repli en deçà des frontières de 1967 et à un retour en Israël de quatre millions de réfugiés, grâce à qui, effectivement, il n’y aurait plus de « problème » puisqu’il n’y aurait plus d’Etat d’Israël.

Pour contrer cet oubli, il y a, en Israël, quelques publications et journalistes : au delà de la Mena, je citerai Israël magazine de mon ami André Darmon, l’excellente revue Azure, le Jerusalem Center for Public Affairs, Barry Rubin et Caroline Glick, dont les chroniques dans le Jerusalem Post sont toujours éclairantes. Aux Etats-Unis, on relève des think tanks et des auteurs courageux, David Horowitz, Daniel Pipes, Norman Podhoretz. En Europe, quelques dissidents, qui prennent des risques pour dire encore ce qui doit l’être, et que les chiens de garde de la pensée unique entendent réduire au silence. Je dirai que c’est parce qu’il existe encore des gens à même de contrer cet oubli que celui-ci n’est pas hégémonique, et que tout n’est pas perdu.

II.     Cela me conduit au deuxième point : savoir encore qui est notre ennemi. L’oubli de « qui est notre ennemi » est, en fait, le complément symétrique de l’oubli de « ce que nous sommes ». Lorsqu’on oublie ce que sont le droit, la liberté et le bien, lorsqu’on n’est plus capable de discerner les leçons de l’histoire et la vérité, on oublie ce que sont les négations du droit, de la liberté, du bien, de l’histoire et de la vérité, et on se fait des illusions graves sur les vecteurs de ces négations.

En Israël, les illusions ont été, ainsi, le processus d’Oslo - où se trouvait laissé de côté le fait que le « partenaire pour la paix » était un adepte de la falsification et un adversaire despotique voué à la guerre totale -, les dits « accords de Genève », où il s’agissait seulement pour des menteurs génocidaires de déterminer à quelle sauce Israël devrait être mangé, et quel rôle joueraient des idiots utiles réduits au rôle de condiments. Ces illusions se prolongent aujourd’hui dans la reprise de négociations dans le cadre d’Oslo, ou dans celui d’un clone du cadre d’Oslo, et dans la prorogation de ces négociations à l’éventuelle conférence d’Annapolis, si elle a lieu.

En Europe, ces errements sont rigoureusement et désespérément semblables, et le fait que processus d’Oslo et accords de Genève soient nés en Europe n’y est pas étranger. Tony Blair, ainsi, chargé désormais du dossier, va s’efforcer de faire avancer un « processus de paix », qui, s’il est bien un processus, n’a strictement rien à voir avec la moindre paix.

Aux Etats-Unis, les illusions n’ont pas le degré de prévalence qu’elles ont en Europe. Quand George Bush parle d’un Etat palestinien, il donne toujours, comme préalable, que cet Etat devra apporter les preuves qu’il sera démocratique et respectueux des droits de l’être humain, ce qui, pour l’Autorité palestinienne, ou ce qu’il en reste, équivaudrait à réaliser la quadrature du cercle. Il prononcera sans doute quelques paroles verbales à Annapolis, si Annapolis il y a. Des démocrates de gauche seraient prêts, eux, - tout comme les dits « réalistes » dans le camp républicain - à faire beaucoup de « sacrifices » fut-ce, selon l’expression de Bush père et de James Baker, en « tordant le bras » à Israël.

Contrer ces illusions devrait être facile. Est-ce si difficile d’en revenir aux faits, de réexpliquer ce que sont mensonge et totalitarisme, et de dire qu’on ne peut faire la paix avec des totalitaristes ? Or ce n’est pas le cas, force est de le constater. Et ce n’est pas faute, à la décharge des publications, journalistes et think tanks cités plus haut, de tout faire pour cela.

III.     Ce qui nous mène au troisième point : le risque de la défaite.

Israël a gagné en 1947-48, en 1967, en 1973, parce que les Israéliens savaient qu’ils se battaient pour une cause juste et pour leur survie. Le peuple d’Israël garde en lui la détermination requise pour résister, mais les semeurs d’illusions ont fait leur œuvre délétère, et cela a d’ores et déjà eu des conséquences, hélas très visibles, depuis plus d’un an : une guerre mal conduite, des morts inutiles, un gouvernement discrédité qui se maintient néanmoins au pouvoir.

L’Europe, elle, n’a pas à se battre, car elle a baissé collectivement les gants et s’est réfugiée dans l’anesthésie. Elle est enlisée dans le défaitisme préventif, une soumission qui ne dit pas son nom et la volonté lasse de sortir de l’histoire. Je crains de devoir dire qu’elle est déjà perdue, et je le dis avec tristesse, mais en ne pouvant esquiver les constats qu’ont fait, avant moi, Mark Stein dans « America Alone » ou Walter Laqueur dans « The Last Days of Europe ». Je doute que Nicolas Sarkozy puisse inverser la tendance, et je serais heureux de me tromper.

Restent les Etats-Unis. Et une fois encore, c’est sur eux que tout repose ou presque. George Bush sait « qui est l’ennemi » et qui « nous sommes » : c’est pour cela qu’il a été et reste si détesté par l’ennemi, par les adeptes de l’anesthésie et par les semeurs d’illusions. Des hommes tels que Rudy Giuliani, Joe Lieberman, John McCain ou Fred Thompson, pour ne citer qu’eux, savent eux aussi ce que sait Bush. Barack Obama, en face, a montré qu’il ne sait rien, et on peut légitimement se demander si Hillary Rodham Clinton sait quelque chose de plus que Jimmy Carter. On peut compter sur ceux qui détestent Bush pour tenter d’assurer la victoire de ceux qui ne savent rien ou savent fort peu. L’année qui vient sera difficile et décisive.




Par Guy Millière :  © Metula News Agency

 
Partager cet article
Repost0
25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 23:55
Proche et Moyen Orient :
entretien avec David Benhamou* publié sur :
  
http://87.98.222.182/1/30/20/46//-44164696-071008teheran02-copie-1.jpg1- David Benhamou – Partagez-vous la vision du président  américain qui déclare que la possession de l’arme  nucléaire   par  l’Iran pourrait déclancher une troisième guerre mondiale ?
Miguel Garroté - Oui. C’est comme si Hitler avait possédé l’arme nucléaire en 1938 et qu’alors on n’eut rien fait. En réalité, nous vivons déjà une guerre mondiale, la guerre contre la terreur islamique. La gravité du nucléaire iranien, c’est que s’il se réalise, la guerre mondiale contre la terreur islamique deviendrait, en plus, une guerre mondiale contre la terreur atomique. Les attentats islamiques à grande échelle ont commencé au milieu des années 1990. Ils ont atteint un premier point culminant le 11 septembre 2001. Et ils se poursuivent depuis. Si cela, si le Hezbollah, si Al-Qaïda, si le Hamas, si cela n’est pas une forme de guerre mondiale, alors qu’appelle-t-on une forme guerre mondiale ? Quand Hitler à fourré son né en Autriche, en Tchécoslovaquie puis en Pologne, n’était-ce pas, déjà, la Deuxième Guerre Mondiale ? L’Iran finance notamment le Hezbollah au Nord d’Israël et le Hamas à l’Ouest et au Sud d’Israël. L’Iran soutient la Syrie au Nord et au Nord-Est d’Israël. L’Iran finance des milices palestiniennes claniques en Judée-Samarie, au cœur d’Israël. L’Iran finance des groupes terroristes chiites en Irak. N’est-ce pas, déjà, la guerre mondiale ? Faut-il attendre que l’Iran ou l’une de ses succursales terroristes face circuler un petit engin radioactif dans Tel-Aviv pour découvrir, soudain, que c’est la guerre mondiale ?http://87.98.222.182/1/30/20/46//George-Bush-12-2.jpg
2 - David Benhamou - Que visent concrètement les Américains ?
Miguel Garroté – En cas d’intervention militaire (53% des Américains y sont maintenant favorables), concrètement, les USA viseraient, dune part, le nucléaire iranien. Et d’autre part, les forces militaires et paramilitaires du régime iranien, comme les gardiens de la révolution par exemple. La question est : quelles centrales nucléaires faudrait-il frapper en priorité ? Quelles cibles militaires et paramilitaires faudrait-il frapper en priorité ? Et qui s’en chargerait ? Les USA, Israël, les deux ? Je note, au passage, que cinq pays ont manifesté, leur volonté concrète, de ne pas exclure, une opération militaire contre l’Iran : les USA, Israël, le Royaume Uni, l’Australie et la France.
3- David Benhamou - Comment l’Iran peut-il se défendre face  à une telle politique ?
Miguel Garroté – L’Iran pourrait lancer des missiles contre Israël, mais cela serait difficile pour les Iraniens. Car les bombardements sur l’Iran créeraient, s’ils avaient lieu, le chaos. Et Israël disposerait, d’une part, d’abris antiaériens ; et d’autre part, de missiles antimissiles. L’Iran pourrait aussi activer davantage le Hamas et le Hezbollah notamment. En clair, s’il devait y avoir des frappes contre l’Iran, il faudrait qu’Israël prennent toutes les mesures pour protéger sa population civile.
4- David Benhamou - Avec la stratégie  américaine, l’Arabie  saoudite peut-elle devenir le gendarme régional ?
Miguel Garroté - En partie seulement. Les Saoudiens disposent d’armes sophistiquées. Ils ne veulent en aucun cas perdre leur leadership au profit de l’Iran ou au profit d’Al-Qaïda. Cela dit, nous n’avons pas intérêt à ce que les Saoudiens deviennent les seuls gendarmes de la région. Car les Saoudiens – c’est le moins que l’on puisse dire – sont des gens ambigus. Ben Laden est né Saoudien. Les centres islamiques sunnites qui ont engendré Al-Qaïda ont été financés par les Saoudiens. Si je peux me permettre d’être très direct, nous avons intérêt à ce qu’aucun pays musulman au monde ne détienne un trop grand leadership. Regardez le bazar flanqué par les Turcs, avec leurs 100'000 soldats massés à la frontière Nord de l’Irak. Quelques 100'000 soldats turcs soi-disant pour neutraliser 3'000 combattants du PKK, quelle farce !
5- David Benhamou - Que pensez-vous du fait que l’occident propose, aux responsables iraniens, tout ce que ceux-ci veulent, dans le cadre des négociations sur le nucléaire iranien ?
Miguel Garroté – C’est une politique lâche et inefficace. Cette politique dure depuis des années. Pendant ce laps de temps, l’Iran, avec l’aide de la Russie, de la Chine et de la Corée du Nord a développé son arsenal nucléaire et s’est bien fichu de nous. L’Iran est gouverné, depuis 1979, par des mollahs intégristes et génocidaires. Leur discours est celui de Hitler – qu’ils admirent publiquement – le tout enveloppé dans un pseudo-messianisme islamique** chiite avec, bientôt, la bombe atomique. Quand je lis que des euroguignols, comme par exemple Javier Solana, envisagent, de se rendre, encore, à Téhéran, pour y faire leurs grimaces de singes, je me dis que notre vieille Europe est devenue bien collaborationniste et bien capitularde. On dirait – hélas – que les peuples européens ont la mémoire courte et que l’histoire du Vieux Continent se répète.
6- David Benhamou - A votre avis, l’Union européenne doit adopter quelle politique vis-à-vis du régime iranien ?
Miguel Garroté – l’Union européenne a lamentablement échoué dans ses tractations – aussi nombreuses que ridicules – avec les mollahs iraniens. Que l’Union européenne laisse faire les USA et Israël. Ou que l’Union européenne se joigne à eux. Mais qu’en tous les cas, l’Union européenne cesse, enfin, de toujours critiquer les seuls qui bougent, à savoir les USA et Israël, précisément. Critiquer les USA et Israël dans le seul but de ménager l’islamisme radical et d’éviter ainsi des attentats terroristes sur sol européen, ce genre de stratégie, ne fonctionne pas. Au contraire, ce genre de stratégie renforce l’adversaire islamique.
  
* David Simon Benhamou, webmaster de http://hatikva.blog.20minutes.fr/ ,
30 ans, médecin généraliste, né à Casablanca, nationalité marocaine et française,
diplômé et docteur en médecine générale, capacité en médecine d’urgence, 
Faculté de Paris, israélite sépharade, célibataire, diplômé en secourisme.
  
**Vous pensez que les islamiques ne sont pas dangereux ?
Alors, cliquez sur les deux liens ci-dessous.
  
Discours antisémite digne de Hitler à la télévision libanaise
(traduction sous-titrée en anglais) :
  
Défilé militaire filmé par la télévision iranienne
(les trois ennemis représentés sont les USA, l’étoile de David et la Croix) :
ahmadinejad.jpgOn peut lire, ça et là, que « les néoconservateurs américains intensifient leur propagande en faveur d’un bombardement de l’Iran ». Ah bon. Mais au fait, sur ce dossier, qui fait vraiment de la propagande ? Voyons cela.
  
Les USA, le Royaume Unis, la France, l’Australie et Israël sont les cinq pays, qui, en cas d’échecs des sanctions, ont clairement exposé l’alternative, entre d’une part, la bombe iranienne ; et d’autre part, le bombardement de l’Iran. C’est donc un exposé, publiquement partagé par cinq pays, et non pas, de la propagande néoconservatrice américaine.
  
Dans ce contexte, Bernard Kouchner a publiquement envisagé, à plusieurs reprises, qu’il faille se préparer à la guerre. C’est d’ailleurs à partir de là, que la propagande – la vraie – contre un bombardement de l’Iran, a commencé de mettre les bouchées doubles. Avant les propos de Kouchner, l’éventualité d’un bombardement de l’Iran, passait, pour un fantasme néoconservateur américain. Mais à partir du moment où un ministre, d’origine socialiste et ancien médecin sans frontière, a dit la même chose, le camp pacifical-socialiste s’est rendu compte, qu’il faillait intensifier, la propagande anti-américaine et pro-iranienne.
  
Les ténors du pacifical-socialisme affirment que proposer, au départ d’une crise, une logique de guerre, c’est – évidemment – prêter la main à un alignement sur Bush ; et c’est, aussi, la résignation de la France à laisser le champ libre à l’aventurisme militaire des faucons américains. Je n’invente rien. On peut lire ce genre de blabla bon marché sous la plume de Monsieur Chevènement dans le Figaro. Par exemple. Le fait est que la crise dure depuis de nombreuses années. Et que depuis de nombreuses années, l’Iran se moque de nous avec jubilation. Nous ne sommes donc pas « au départ d’une crise ».
  
La propagande pacifical-socialiste, ajoute, qu’il faut amener ce grand pays qu’est l’Iran, vieille nation, riche de potentialités immenses, à soumettre son industrie nucléaire civile à tous les contrôles de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ici, la propagande pacifical-socialiste rime avec poésie platonicienne.
  
La propagande pacifical-socialiste demande – elle interroge – ce que viennent faire le Royaume Unis, la France et l’Australie dans ce plan israélo-américain : Croit-on que la surenchère verbale rende la menace plus crédible ? Le Royaume Unis, la France et l’Australie ne maîtrisent pas les paramètres essentiels de la situation du Moyen Orient. La décision est dans la main des États-Unis. Une politique américaine, gravement erronée (ndlr. depuis 2003), a conduit à la radicalisation d’une partie du monde musulman. C’est tout cela, la propagande pacifical-socialiste. Je l’ai lu de mes yeux. Le monde musulman connaît la radicalisation – c’est le terme utilisé par la propagande pacifical-socialiste – depuis 2003. Avant, le monde musulman était donc modéré. Les ayatollahs de Téhéran, le Fatah, le Hezbollah et Al-Qaïda, avant 2003, étaient modérés.
  
La propagande pacifical-socialiste reconnaît – tout de même – que « la tentation existe de flatter à des fins de propagande interne le nationalisme iranien, en faisant miroiter l’obtention d’une arme nucléaire ». Mais aussitôt la propagande pacifical-socialiste se reprend et balance : « Les déclarations de Dick Cheney sur les graves conséquences qu’encourrait l’Iran, nourrissent la crainte que dans une période préélectorale, propice aux manipulations d’opinion, le premier prétexte venu soit utilisé pour procéder à des frappes militaires, au nom de la cause sacrée de la défense du droit d’Israël à l’existence ». J’aime bien le style ironique, quant au « premier prétexte » et quant à « la cause sacrée » (c’est l’athée Chevènement qui l’écrit) de la défense du droit d’Israël à l’existence. La propagande pacifical-socialiste insinue-t-elle qu’il faut laisser l’Iran acquérir la bombe atomique, quitte à supprimer le droit d’Israël à l’existence, droit qui d’ailleurs n’est qu’un prétexte ? A première vue, oui.
  
Et la même propagande pacifical-socialiste conclut : « Instruits par le précédent irakien de 2003, les faucons (ndlr. les néoconservateurs américains) savent qu’ils ne peuvent frapper qu’avec le lâche acquiescement des Européens ». Fermez le ban. Tirez le rideau. Délirant mais instructif : « le lâche acquiescement des Européens », ce n’est pas la diplomatie stérile de l’Union européenne, depuis quinze ans, avec des mollahs intégristes génocidaires qui se fichent de notre figure de façon active et radioactive.
  france_2.jpg
Non. « Le lâche acquiescement des Européens », c’est, selon la propagande pacifical-socialiste, de refuser que l’Iran (qui invite des révisionnistes condamnés en justice à des congrès négationnistes de la Shoah et qui veut rayer Israël de la carte) obtienne l’arme nucléaire. La lâcheté, selon la propagande pacifical-socialiste, c’est de se sentir – culturellement et politiquement parlant – plus proche des Américains et des Israéliens que des Iraniens néo-khomeynistes nucléarisés. Il fut un temps pas si lointain où ce genre de lâche propagande portait deux noms indissociables : capitulation et collaboration. Après le pacte germano-soviétique, voici le pacte islamo-socialiste. En attendant la capitulation et la collaboration avec l’islamo-fascisme ? Lors d’un récent défilé militaire à Téhéran, « l’ennemi » était représenté par trois symboles. Un drapeau américain, une étoile de David et une croix. No comment.

La Turquie veut sa part du gâteau irakien

Miguel Garroté, journaliste

  
Ecrivons-le franchement : en Irak, la Turquie veut sa part de gâteau. Les actes terroristes commis par le PKK communiste sont devenus l’occasion pour les Turcs de revendiquer, à nouveau, le nord de l’Irak. Quelques vingt combattants du PKK ont été tués dimanche 28 octobre lors d’une opération de l’armée turque, dans la province de Tunceli, située dans l’est de la Turquie. L’opération a mobilisé 8’000 soldats turcs. Huit mille soldats turcs pour neutraliser 20 combattants kurdes. Impressionnant, non ? De plus, la Turquie a déployé 100’000 soldats à la frontière irakienne, appuyés par des chasseurs, des hélicoptères et des chars, en vue d’une offensive contre les 3’000 combattants du PKK basés en Irak. Quelques 100'000 soldats turcs pour neutraliser 3'000 combattants kurdes. Toujours aussi impressionnant, non ?
  
L’armée turque a envoyé samedi 27 octobre du matériel supplémentaire à la frontière irakienne et les préparatifs sont maintenant terminés. « Les USA, comme l’Irak, n’ont rien fait qui ait satisfait la Turquie pour le moment », a déclaré dimanche 28 octobre le Vice-premier ministre turc Cemil Cicek.
  
« La Turquie a différents instruments à sa disposition face au PKK. Par exemple, nous pouvons utiliser ou continuer à utiliser des moyens diplomatiques ou bien recourir à des moyens militaires. Toutes ces options sont sur la table, pour ainsi dire », a déclaré de son côté, à Téhéran, le ministre turc des Affaires étrangères, Ali Babacan, sur la chaîne de télévision iranienne Press TV. Le ministre turc des affaires étrangères a déclaré cela à Téhéran lors d’une rencontre avec son homologue iranien, Manouchehr Mottaki. Lors de cette rencontre, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki a rappelé que l’Iran condamnait les actes de terrorisme commis par le PKK en Turquie.
  
De son côté, le président génocidaire iranien Mahmoud Ahmadinejad a téléphoné au Premier ministre irakien Nouri al Maliki, un chiite, et au président irakien Djalal Talabani, un Kurde, dans le cadre de cette affaire. Ahmadinejad a dénoncé les activités terroristes du PKK, mais il a privilégié une solution « pacifique ».
  
Dans un article intitulé « Prévenir la 3ème guerre mondiale », daté du 29 octobre 2007, article paru dans la Jewish World Review, avec une adaptation française dans Sentinelle 5768 © (1), Caroline Glick donne un aperçu de l’incroyable complexité de ce dossier : « Cette semaine, le Premier Ministre turc Recip Erdogan a fait une visite soudaine à Londres. Là, il rencontra Olmert (ndlr. le Premier ministre israélien), qui s’y trouvait ce jour-là. La réunion se tint moins de deux semaines après que le ministre des affaires étrangères (ndlr. turc) Ali Babacan se soit rendu en Israël. Dans une analyse cette semaine du journal Asia Times, M. K. Bhadrakumar, l’ancien ambassadeur de l’Inde en Turquie lia l’intérêt soudain du gouvernement turc en faveur du Hamas en parlant d’une tension avec Israël entre la Turquie et le Kurdistan irakien. Bhadrakumar, remarque qu’Israël a des relations étroites avec le président kurde (ndlr. irakien) Massoud Barzani. Il fit l’hypothèse que l’intensification des discussions de haut niveau signale probablement qu’un arrangement est négocié, impliquant la position de la Turquie sur l’Iran, et la position du Kurdistan irakien sur la Turquie et le PKK. Son opinion est étayée par le fait qu’Erdogan (ndlr. Premier ministre turc) doit rencontrer Bush à la Maison Blanche le 5 novembre ».
  
Daniel Pipes, le 30 octobre (2), dans « Ambitions turques en Irak », rappelle, quant à lui, des faits historiques essentiels pour comprendre l’actuel jeu d’échec : « Quelque 100.000 soldats turcs (…) sont prêts à pénétrer en Irak (…) Mais une fois sur place, ils pourraient bien y rester (…) en 1923 (…) Ankara et Londres ne parvinrent pas à conclure un tel arrangement à l’amiable (ndlr. sur le tracé de la frontière entre la Turquie et l’Irak) et la Société des Nations (ndlr. ancêtre de l’ONU) finit par attribuer la province de Mossoul et ses 600.000 habitants à l’Irak (…) La guerre du Koweït (…) incita les forces turques à intervenir 29 fois au-delà de la frontière, renforçant à chaque fois les ambitions d’Ankara sur Mossoul. Ces aspirations atteignirent leur point culminant en 1995, quand près de 35.000 soldats turcs pénétrèrent dans le nord de l’Irak (…) Beaucoup de choses ont changé depuis 1995; Saddam Hussein a été écarté, le leader du PKK séjourne dans une prison turque, des islamistes règnent à Ankara et le nord de l’Irak est devenu un havre de paix à la dérive (…) Les Turcs ont des raisons parfaitement valables de frapper le PKK en Irak, mais l’irrédentisme voilé manifesté par Ankara depuis les années 1990 indique qu’on y nourrit l’ambition de récupérer certaines terres ottomanes (ndlr. terres actuellement irakiennes). En d’autres termes, une frontière moyen-orientale incertaine de plus fait peser des menaces d’instabilité sur la région ».
  
Résumé et conclusions :
1- 100’000 soldats turcs sont massés à la frontière irakienne, officiellement pour contrer 3’000 combattants du PKK basés en Irak. Personne ne peut rester dupe. Avec quelques dizaines d’hélicoptères équipés de missiles, les Turcs peuvent aisément neutraliser les bases du PKK qui se sont actuellement repliées dans les montagnes nord-irakiennes.
2- l’Iran condamne les actes de terrorisme commis par le PKK en Turquie. Le président génocidaire terroriste iranien Ahmadinejad dénonce les activités terroristes du PKK, mais il privilégie une solution « pacifique » (au sens ahmadinejadique du terme). Autrement dit, l’Iran ne voit pas d’inconvénient à une intervention turque contre le PKK en Irak et ne voit pas d’inconvénient à ce que le Kurdistan irakien soit occupé de façon « pacifique » par l’armée turque. En échange de quoi ? En échange de Kurdes iraniens maintenus sous la férule de Téhéran et en échange d’une poursuite de la mainmise de l’Iran sur la partie chiite de l’Iran et sur le Liban via le Hezbollah. Cela, c’est le scénario irano-turc au détriment d’Israël.
3- L’intérêt soudain du gouvernement turc en faveur du Hamas, en parlant avec Israël d’une tension entre la Turquie et le Kurdistan irakien. Autrement dit, la Turquie renonce à soutenir le Hamas si Israël ne s’oppose pas à une intervention turque en Irak.
4- Un arrangement est négocié (ndlr. notamment entre Israël et la Turquie) impliquant la position de la Turquie sur l’Iran, et la position du Kurdistan irakien sur la Turquie et le PKK. Cela est étayé par le fait qu’Erdogan (ndlr. Premier ministre turc) doit rencontrer Bush à la Maison Blanche le 5 novembre. Autrement dit, Israël pourrait fermer les yeux sur l’opération turque en Irak, si la Turquie ferme les yeux sur le bombardement des centrales nucléaires iraniennes par les USA ou Israël. Cela, c’est le scénario israélo-turc au détriment de l’Iran.
5- Une fois en Irak, les 100'000 soldats turcs pourraient bien y rester, pour récupérer certaines terres ottomanes (ndlr. terres actuellement irakiennes). En d’autres termes, une frontière moyen-orientale incertaine de plus fait peser des menaces d’instabilité sur la région. Donc, si la Turquie occupe de façon prolongée le Kurdistan irakien, cela réduit à néant la création d’un Grand Kurdistan, à cheval sur la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak. Et si Israël bombarde les centrales nucléaires iraniennes, cela réduit à néant la création d’un Grand Croissant fertile iranien, depuis le Golfe persique, avec la partie chiite de l’Irak et jusqu’au Liban, avec le Hezbollah. La question est donc de savoir qui, d’Israël ou de l’Iran, parviendra le mieux à négocier des arrangements avec la Turquie.
  bush-4.jpg
6- A noter que dans les deux cas de figure (scénario irano-turc ou scénario israélo-turc), l’Irak resterait partiellement occupé par l’armée turque. Autrement dit, pour dissuader la Turquie de pénétrer et de rester trop longtemps dans le nord de l’Irak, Bush n’a qu’une solution : dire au maître chanteur et Premier ministre turc Erdogan, le 5 novembre prochain, à la Maison Blanche, que ce n’est pas le moment de ficher le bazar. Que dans le nord de l’Irak, l’armée turque se retrouvera, à terme, nez à nez avec l’armée américaine. Que l’armée américaine peut approvisionner ses troupes en Irak autrement que via la Turquie. Que de toute façon, les centrales nucléaires iraniennes et les alliés de l’Iran seront, un jour, détruits. Que les porte-avions américains déjà présents dans le Golfe et les 150'000 (130’000+20'000) soldats américains déployés en Irak sont là pour régler toutes ces questions, justement. Bush peut se permettre de dire cela à Erdogan. Il peut se le permettre, parce que l’alliance de circonstance entre la Russie orthodoxe cryptocommuniste, la Turquie islamo-laïque post-ottomane, l’Iran chiite intégriste et la Syrie laïque alaouite, cette alliance rocambolesque n’a aucune espérance de vie à moyen et à long terme. Bush a lancé l’opération Grand Moyen Orient en 2003. Espérons qu’il l’assume jusqu’en 2008 au moins.
  
  
(2) http://www.ajm.ch/wordpress/, 30 octobre 2007

MONDE-INFO.jpg
Partager cet article
Repost0
25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 23:53
2.JPGL’actualité du communisme est double ce mois-ci. Il y a quatre-vingt dix ans avait lieu la révolution d’Octobre*. Et il y a dix ans, à l’occasion des quatre-vingts ans de cette dernière, la publication du Livre noir du communisme faisait l’état des lieux des crimes perpétrés par les communistes au pouvoir. Dans cet éditorial, nous souhaitons aborder la seconde. Pour souligner l’existence d’un tabou sur les crimes du communisme.
 
L’un des rôles de l’historien consiste à briser les tabous. Et cela ne va pas sans risques. On l’a bien vu il y a dix ans lorsque fut publié, en octobre 1997, Le livre noir du communisme. Crimes, terreur, répression, [1] travail collectif des historiens les plus calés sur le sujet et rassemblant le bilan macabre de l’un des régimes les plus terribles de l’histoire. Car ce livre a violé un tabou profondément enraciné dans nos sociétés, et qui l’est encore d’ailleurs : celui qui pèse sur les crimes du communisme.
 
Pour s’en convaincre, il suffit de prendre connaissance des réactions provoquées par Le Livre noir. En Allemagne, par exemple, l’un des auteurs, Stéphane Courtois, passa cinq jours pour assurer la promotion de l’ouvrage. Systématiquement, des gauchistes manifestèrent bruyamment, provoquèrent du désordre et criaient : « Vive le communisme ! » Pour que des énergumènes souhaitent vie à un système qui a broyé des millions d’individus et dont les crimes faisaient l’objet du livre ayant causé leur déchaînement de fureur, il fallait qu’ils éprouvent le plus profond mépris pour la vie humaine.
 
Autre exemple. Annette Wieviorka déclarait, dans Le Monde du 27 novembre 1997, que cet ouvrage tendait à « substituer dans la mémoire des peuples la criminalité communiste à la criminalité nazie ». Pierre Vidal-Naquet reprit le même pseudo argument dans Critique communiste de février 1998 en disant que cet ouvrage avait pour but de « substituer les crimes du communisme et pas seulement du stalinisme à ceux du nazisme comme repoussoir universel ».
 
Il est affligeant de constater que des personnes appartenant à la communauté scientifique tiennent de tels propos. En quoi l’étude d’un phénomène historique pourrait-elle remplacer dans la mémoire collective celle d’un autre ? Mais ce qui est encore plus grave de la part de ces éminents chercheurs, c’est l’accusation implicite de « fascisme » que contiennent leurs propos. Car si le Livre noir vise à faire oublier les crimes nazis, c’est donc qu’il joue le jeu des extrémistes de droite et des néonazis. Ces deux historiens français se rendaient-ils compte qu’ils traitaient ainsi un ouvrage d’histoire de la manière la plus stalinienne qui soit ?
 
Alain Blum, directeur de recherches à l’Institut national d’études démographiques, osa affirmer, dans Le Monde du 18 novembre 1997 que Le Livre noir du communisme était… « la négation de l’histoire » ! Donc, un ouvrage qui recense aussi précisément que possible le nombre de victimes de crimes contre l’humanité serait un ouvrage négationniste ? Alors que l’un des plus grands historiens français, François Furet, aurait du préfacer le livre, si sa mort ne l’avait empêché.
 
Mais ces réactions sont encore mesurées comparées à d’autres. En effet, commettre le sacrilège d’évoquer les crimes de Lénine ou Pol Pot vous classe immédiatement comme fasciste, ou, du moins, dans le camp de l’extrême droite.
 
Dans Le Monde du 9 novembre 1997, Patrick Jarreau affirma à propos du Livre noir : « La référence au crime contre l’humanité […] rappelle les propos tenus par Jean-Marie Le Pen. » Parce que l’assassinat de près de cent millions de personnes, ce n’est pas un crime contre l’humanité ? Le génocide perpétré au Cambodge n’est pas un crime contre l’humanité ? L’extermination des koulaks « en tant que classe », c’est-à-dire pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils font, n’est pas un crime contre l’humanité ? En tout cas, l’assimilation à l’extrême droite sous-entend une accusation de fascisme.
 
L’émission « La Marche du siècle » du 4 décembre 1997 était consacrée au Livre noir du communisme. Étaient présents, notamment, Jacques Rossi, rescapé du goulag, Stéphane Courtois et Robert Hue, dirigeant du PCF. À un moment de l’émission, ce dernier brandit un exemplaire du journal d’extrême droite National Hebdo en accusant ses contradicteurs de faire le jeu du fascisme. Encore une fois, l’accusation était utilisée…
 
Toujours dans le domaine télévisé, lors de l’émission « Bouillon de culture » du 7 novembre 1998, l’un des communistes présents sur le plateau traita Stéphane Courtois d’antisémite. L’insulte est un substitut commode au raisonnement…
 
Quand ce ne sont pas les représentants du PCF, c’est celui du Parti socialiste qui s’illustre de manière peu glorieuse. François Hollande, Premier secrétaire du PS, se demanda à propos du Livre noir du communisme : « Chercherait-on à préparer demain des alliances avec l’extrême droite, que l’on prétendrait ainsi légitimer d’avance ? » Et voilà ! Un travail scientifique, fruit de la collaboration des plus grands historiens, n’est pas considéré pour ce qu’il est – une contribution à la recherche historique – mais comme un travail d’extrémistes de droite ! Pour la énième fois, comme du temps de Staline, oser seulement mentionner l’existence des crimes communistes fait de vous un fasciste.
 
Mais le sommet de la stupidité fut probablement atteint par Madeleine Rebérioux quand elle déclara au journal L’Humanité le 7 novembre 1997, que le but du Livre noir était d’innocenter Maurice Papon, ancien préfet de Bordeaux du temps de Vichy dont le procès se tenait au même moment. Le procédé stalinien est toujours le même : parler des crimes du communisme, c’est être fasciste. Une partie de la gauche intellectuelle use donc des mêmes procédés qui étaient ceux du temps de son adoré Petit Père des peuples.
 
Cependant, toute la gauche n’est pas tombée aussi bas dans la médiocrité intellectuelle et morale. Ainsi, Jean-François Bouthors par exemple, dans un article de La            Croix, sauva l’honneur en livrant notamment ce très beau passage : « Il faut lire page après page ce livre et ne pas se lancer dans la polémique qu’il suscite sans avoir respecté les victimes dont il est question. On lira page après page, d’un bout à l’autre. En se disant peut-être qu’une page, c’est un pas, modeste, parmi ceux des déportés, et qu’on restera si loin du compte pour se faire une idée du drame, de la souffrance […] C’est ainsi qu’on aura rempli le devoir de mémoire. »
 
Malheureusement, ce devoir de mémoire nécessaire vis-à-vis des crimes communistes ne peut être effectif que s’il reste des choses à se souvenir. Or, le tabou qui pèse sur ces crimes est ancien.
 
En 1935, Boris Souvarine ne put trouver que difficilement un éditeur – Plon – pour son Staline, première biographie du Petit Père des peuples, qui relatait la féroce répression en cours en URSS. En raison de la censure des serviteurs du communisme, le livre resta introuvable jusqu’à sa réédition en 1977 et fut jugé bien trop excessif, non seulement par la gauche, ce qui est compréhensible, mais aussi par la droite.
 
L’année suivante, André Gide commit lui aussi le crime de dire la vérité. Il publia son Retour d’URSS, après son voyage en Union soviétique. Déjà, des intellectuels communistes, comme Louis Aragon, avaient tenté de faire pression sur lui pour l’empêcher de publier son livre. Hélas, l’intimidation ne fonctionna pas. Et par conséquent, les injures s’abattirent sur lui, émanant aussi bien de L’Humanité que de la Pravda. Les intellectuels de gauche le qualifièrent de « traître » et de fasciste, accusation indémodable…
 
En 1946, un ancien fonctionnaire soviétique, Victor Andreï Kravchenko, commit le sacrilège de publier aux Etats-Unis I chose freedom, traduit en français l’année suivante – J’ai choisi la liberté. Il y raconte notamment comment il fut choqué par les horreurs du stalinisme. Aussitôt le service d’ordre se mit en branle. L’éditeur français du livre, Jean de Kerdeland, reçut, la nuit, des menaces par téléphone. L’hebdomadaire communiste Les Lettres françaises publia, le 13 novembre 1947, un article traitant Kravchenko de menteur et l’accusant d’être à la solde des Etats-Unis.
 
En 1974, fut traduit en français le livre d’Alexandre Soljenitsyne L’Archipel du Goulag qui dénonçait le système stalinien. Les réactions d’une partie de la gauche resservirent les mêmes accusations de fascisme. Ainsi, dans Le Monde, Bernard Chapuis déclara en 1975 : « Alexandre Soljenitsyne regrette que l’Occident ait soutenu l’URSS contre l’Allemagne nazie… Avant lui, des Occidentaux comme Pierre Laval avaient pensé de même et des gens comme Doriot et Déat accueillaient des nazis en libérateurs. » Cette assimilation au régime de Vichy annonce les propos de Madeleine Rebérioux à propos du Livre noir
 
Contre le pestiféré Soljenitsyne, lors d’une émission de télévision en Espagne, un autre intellectuel de gauche, Juan Benet, n’eut aucune honte à affirmer en 1976 : « Je crois fermement qu’aussi longtemps qu’existeront des gens comme Alexandre Soljenitsyne, les camps de concentration devront continuer d’exister. Peut-être même devraient-ils être un peu mieux surveillés, afin que des personnes comme Alexandre Soljenitsyne ne puissent pas en sortir. » Nul besoin de commentaires. Jean-Paul Sartre, quant à lui, qualifia Soljenitsyne d’« élément nuisible ».
 
Toutes ces stigmatisations contre ceux qui commirent le crime de dire la vérité, toute cette répression mise en œuvre par le service d’ordre procommuniste, se répétèrent donc à la sortie du Livre noir. L’on objectera que ces réactions s’expliquent par des désaccords profonds vis-à-vis des conclusions tirées par Stéphane Courtois qui considère que le communisme est intrinsèquement criminel et qui fait le parallèle avec le nazisme. Deux remarques peuvent être faites.
 
Premièrement, on ne voit pas en quoi comparer nazisme et communisme serait scandaleux. Quand, d’un côté comme de l’autre, nous avons un totalitarisme qui produit des montagnes de cadavres, il paraît difficile pour un historien de ne pas penser à faire un parallèle. Deuxièmement, la comparaison avec le nazisme ainsi que la question de la nature véritable du communisme sont l’objet de débats chez les historiens ; Stéphane Courtois ne faisait donc que prendre part à ces débats, à sa manière, certes, en proposant sa vision des choses, mais seulement dans la préface et la conclusion du livre. Si vraiment les réactions virulentes que nous avons vues s’expliquaient par un désaccord avec les positions de Stéphane Courtois, il aurait été inutile de diaboliser le livre en entier puisque seule l’introduction et la conclusion étaient incriminées. Au demeurant, quand on ne partage pas une opinion donnée, on argumente pour la contredire et donner son propre point de vue. Or, qu’avons-nous vu ? Des insultes et des propos négationnistes. Non, ce qui est bien criminel dans le Livre noir aux yeux d’une bonne partie de la gauche, c’est le simple fait qu’il existe. Le sacrilège, c’est de dire la vérité.
 
Ainsi, lorsque la revue L’Histoire publia, en octobre 2000, un dossier consacré aux « crimes du communisme », elle s’attira les foudres de nombreux lecteurs. L’éditorial expliquait pourtant sans ambiguïté que son seul souci était d’« établir le constat de cette réalité criminelle » et contenait ce passage on ne peut plus clair : « Comment une doctrine destinée à libérer les hommes a servi d’instrument de tyrannie et désolation : nous ne prétendons pas rendre ici raison d’un tel phénomène. » (c’est nous qui soulignons) Autrement dit : « Nous ne donnons même pas d’avis sur la question, nous soumettons seulement les faits. »
 
Mais c’était encore trop pour certains : preuve que c’est donc bien l’évocation même des crimes qui est gênante, et non les éventuelles conclusions que l’on pourrait en tirer. Le courrier des lecteurs publié le mois suivant le montre. L’un d’eux, Florian Gulli, écrivait : « Je reproche à votre numéro spécial de diffuser, sous couvert d’une critique du communisme, des idéaux que nous ne pouvons nommer autrement que “libéraux”. » Ainsi, lorsqu’un travail d’histoire est entrepris sur ce sujet, c’est forcément parce que ce sont de basses motivations politiques qui y poussent, et non la curiosité scientifique et le souci de comprendre un phénomène historique. Cette fois, au moins, on ne se fait pas insulter de fasciste... L’Histoire avait encore écrit dans son éditorial d’octobre 2000 : « Longtemps, parler des "crimes du communisme" a été considéré comme relevant de l’idéologie, du parti pris politique. » Hélas ! ce n’est pas au passé qu’il faut écrire cette phrase, mais bien au présent. Florian Guilli n’écrit pas à l’époque où Staline était adulé ; il écrit à l’aube du XXIe siècle ! Et les réactions qui ont suivi la publication du Livre noir datent bien de 1997-1998 !
 
Un autre lecteur, quant à lui, avait cru intelligent d’affirmer : « N’y aurait-il pas derrière tout cela comme un sous-entendu sournois, quelque chose comme : après tout, les crimes nazis sont peut-être moins abominables que les crimes “communistes” parce qu’ils n’ont pas fait 100 000 000 de morts, pourquoi tant insister sur les crimes nazis puisqu’il y a pis ? » Là encore, on retrouve la stupide idée déjà développée par Annette Wieviorka et Pierre Vidal-Naquet : on évoquerait les crimes communistes pour remplacer dans la mémoire collective le souvenir de ceux commis par les nazis. Ce lecteur, qui visiblement n’avait jamais lu L’Histoire, aurait du s’informer et se serait aperçu du nombre d’articles publiés par cette revue sur le nazisme et ses crimes.
 
En outre, L’Histoire n’est pas la seule revue historique et de science humaine, loin s’en faut ; elle ne saurait donc, à elle seule, – si c’était le cas – être en mesure de remplacer dans la mémoire collective la criminalité nazie par la criminalité communiste. Quant à la somme de livres publiés sur les crimes du nazisme, elle semble elle aussi ignorée par ceux qui voient dans chaque évocation des crimes communistes un « sous-entendu sournois ».
 
En somme, aujourd’hui comme hier, tout anticommuniste « est un chien » selon les mots mêmes de Jean-Paul Sartre… Les pratiques staliniennes qui avaient cours depuis les années 1930 existent toujours. Comme à cette époque, si nous commettons l’erreur impardonnable de parler de ces crimes, nous sommes forcément fascistes. Les gardes rouges intellectuels sont toujours très actifs dans la censure vigilante qui doit s’exercer sur les crimes commis par leur camp politique. Cette terreur intellectuelle a pour conséquence une « amnésie » des crimes du communisme qui correspond à une « hypermnésie » des crimes nazis. Le souvenir des crimes communistes n’existe donc pas, ou a du mal à s’affirmer, ce qui explique que le fameux « devoir de mémoire » dont on nous rebat sans cesse les oreilles ne s’applique qu’aux crimes nazis.
 
Cette amnésie des crimes communistes se traduit par des faits significatifs. Songeons par exemple à ces jeunes gens en panne d’espérance révolutionnaire qui arborent sur leurs T-shirts ou leurs sacs le visage du criminel communiste Che Guevara. [2]
 
Un exemple est rapporté par Jacques Marseille dans Le Figaro du 26 avril 2002 : « Quand je siégeais au jury de HEC, dit-il, j’interrogeais souvent les étudiants sur le stalinisme. La plupart d’entre eux, très sérieusement, me répondaient que l’erreur du Petit Père des peuples était d’avoir privilégié le secteur des biens de production sur le secteur des biens de consommation. Je leur demandais alors s’ils ne voyaient rien de plus grave, le goulag par exemple… Stupeur ! » Les jeunes générations, en l’occurrence des étudiants, n’ont visiblement pas une vue exacte de ce que fut le stalinisme.
 
Troisième exemple, encore plus éloquent. Le 16 juillet 1999, Jacques Chirac inaugura un Centre de la mémoire à Oradour-sur-Glane, village symbole de la barbarie nazie. [3] Son discours visait à condamner « tous » les massacres de masse de l’histoire et autres génocides. Tous ? Non. Aucun crime communiste ne fut mentionné, pas un seul. Les goulags n’ont jamais existé, Katyn a disparu, le génocide perpétré par Pol Pot au Cambodge [4] n’a jamais eu lieu, la Révolution culturelle ou le Grand Bond en avant chinois se sont évaporés. Lénine, Staline, Mao Zedong, Kim Il Sung ou Castro furent oubliés. Le passé sanglant de la gauche a été effacé…
 
Ces quelques exemples montrent que le passé communiste a été, et est encore, l’objet d’une vigilante censure. Aussi, quand Annette Wieviorka écrit que Le Livre noir du communisme vise à « substituer dans la mémoire des peuples la criminalité communiste à la criminalité nazie », elle inverse audacieusement les rôles !Peut-on lui rappeler que, précisément, les victimes du nazisme étant les seules à faire l’objet du fameux « devoir de mémoire », nous serions en mesure d’affirmer que ce sont plutôt elles qui sont instrumentalisées pour masquer la réalité des régimes communistes ? Peut-on aussi lui faire remarquer qu’en s’insurgeant contre la publication d’un travail d’historiens rendant compte des crimes d’un totalitarisme, elle pratique une forme de négationnisme, un négationnisme par omission : « non, ne parlez pas de ces atrocités, elles doivent être passées sous silence, il ne faut rien dire, il faut… mentir » ?
 
Nous nous sommes longuement attardés sur les manifestations de ce tabou pesant sur les crimes du communisme. Il faut maintenant chercher à expliquer pour quelles raisons il opère. Trois facteurs peuvent être mis en avant.
 
La première explication réside dans le fait que l’on juge le communisme sur ses intentions. Le communisme reste, malgré ses crimes, la doctrine visant à libérer la classe ouvrière, préconisant plus de justice sociale et un modèle supérieur de démocratie. Par conséquent, évoquer ses crimes viserait à combattre la justice sociale et les opprimés, et non à lutter pour la vérité, pour le respect de la vie humaine et pour la liberté ! C’est ce qui explique des réactions comme celles de Florian Guilli qui voit une apologie du libéralisme et du capitalisme dans le travail historique du magazine L’Histoire, accusée ainsi de prendre parti. En réalité, ceux qui instrumentalisent et politisent l’histoire, ce sont plutôt les sympathisants ou les anciens compagnons de route du communisme, comme le prouve justement la lettre de M. Guilli.
 
Cette attitude qui consiste à réduire le communisme à ses seules intentions peut être illustrée par plusieurs exemples. En 1991, Lily Marcou, en parlant de ceux qui ont servi ou accompagné le communisme au XXe siècle, déclare que « leur engagement était porteur d’une générosité et d’un altruisme qui n’existent plus en cette fin de siècle ». [4] En clair, malgré ses crimes, le communisme reste supérieur en raison de sa « générosité » et de son « altruisme ».
 
Quand le cardinal Decourtray commit le sacrilège de dire, dans Le Figaro du 5 janvier 1990, qu’effectivement, au XXe siècle, le communisme provoqua de nombreuses catastrophes, des répliques le rappelèrent à l’ordre. Ainsi, dans La Croix du 10 février, lisait-on ces deux phrases tout à fait significatives : « Va-t-on jeter le soupçon sur ceux qui luttent contre les injustices ? » et « Une gifle vient d’être donnée à de nombreux visages d’hommes et de femmes engagés dans la lutte pour la libération de l’humanité. » Ainsi, avoir soutenu Staline ou Mao Zedong, c’est avoir combattu « contre les injustices » et « pour la libération de l’humanité »…
 
Deuxièmement, on trouve dans les réactions peu glorieuses que nous avons vues, un résidu de l’héritage communiste des années 1930-1940. Des communistes, en effet, ont participé à la Résistance, et l’Union soviétique a contribué à la guerre contre Hitler. Le communisme est donc resté, dans l’imaginaire, la lutte contre le nazisme, d’où les accusations, totalement obsolètes aujourd’hui, de fascisme que nous avons rencontrées à maintes reprises : comme si, aujourd’hui comme hier, critiquer l’URSS, ou plus généralement les régimes communistes, consistait à faire le jeu de ses ennemis (imaginaires de nos jours !). La conséquence surprenante est que le communisme, qui s’est incarné dans les camps de concentration, les massacres de masse et les génocides, est associé à la démocratie et à la liberté ! Mentionner ses crimes devient donc interdit.
 
Le troisième et dernier facteur que l’on peut mentionner concerne plus particulièrement Le Livre noir du communisme. Cet ouvrage en effet ne s’intéressait pas à l’idée communiste, à ses intentions, à ses belles promesses. Il s’intéressait à sa réalité, meurtrière. L’enseignement à en tirer, intolérable pour la gauche, venait du fait que Le Livre noir présentait, pour la première fois, un bilan global du communisme. Il s’intéressait à tous les régimes communistes, sans exception. Aussi, avec ce livre, on constatait que le communisme au pouvoir était systématiquement criminel. Bref, ce qui était insupportable pour les sympathisants ou les anciens compagnons de route du communisme, c’était la réalité suivante : avoir été communiste, c’est avoir été criminel ou, du moins, complice de crimes contre l’humanité.
 
Telles sont les explications que nous pouvons donner pour rendre compte du tabou pesant sur la criminalité communiste. Un tabou qu’il faut, plus que jamais, briser. Car le communisme, à la différence du nazisme, continue, en 2007, quatre-vingt-dix ans après la révolution d’Octobre et près de vingt ans après la chute du Mur de Berlin, à commettre des exactions.
 
 
Aller plus loin :
RIGOULOT, Pierre et YANNAKAKIS, Ilios, Un pavé dans l’histoire. Le débat français sur Le Livre noir du communisme, Paris, Robert Laffont, 1998.

 
[1] COURTOIS, Stéphane, et alii, Le Livre noir du communisme. Crimes, terreur, répression, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1997.
 
 
[3] Le 10 juin 1944, dans ce village, la division Das Reich incendia les maisons, rassembla les hommes dans les granges, les femmes et les enfants dans l’église. 642 personnes furent assassinées.
 
 
[4] Communication lors du colloque consacré aux Défis démocratiques des 26-27 avril 1991.
 
Partager cet article
Repost0

Jumelage

Voir les articles

INDEX

 

 READ THIS BLOG IN ENGLISH WITH GOOGLE Click here

Ni totalitarisme nazi, ni totalitarisme communiste, ni totalitarisme islamiqueL'image “http://img57.imageshack.us/img57/3474/bouton3sitany0.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

« Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. »

George Orwell


DOSSIER

LE LIBERTARIANISME

Informez-vous sur la philosophie politique libertarienne


« Les faits sont têtus; quels que soient nos souhaits, nos inclinations ou les voeux de nos passions, ils ne peuvent changer l'état de fait et la preuve. »     John Adams

DOSSIER

LE WEB RESISTANT 

lewebresistant.gif

Informez-vous sur la cyber-résistance

 

« Les religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s'éloignant de leurs textes tandis que l'islam le fut en se rapprochant des siens. »                                                      Eric Conan



DOSSIER

FONDAMENTALISME, DJIHADISME, TERRORISME

L’ISLAMISME EST UN TOTALITARISME

img80/3421/poing1bjr1.jpg

Ce qu’il faut savoir sur l’une des plus grandes menaces politiques et religieuses du XXIème siècle

 


« Le socialisme cherche à abattre la richesse, le libéralisme à suprimer la pauvreté »                                                   Winston Churchill

 

DOSSIER

LISEZ LE rapport SUR LE SOCIALISME

Plus de 20 articles du blog C.R pour vous réinformer sur le socialisme


« Le Communisme est l'Islam du XXème siècle. »                                                   Jules Monnerot


DOSSIER

LISEZ LE rapport SUR LE COMMUNISME

Plus de 20 articles du blog C.R pour vous réinformer sur le communisme

 

« La religion d'Hitler est la plus proche qui soit de l'islamisme, réaliste, terrestre, promettant le maximum de récompenses dans cette vie, mais avec ce Walhalla façon musulmane avec lequel les Allemands méritoires peuvent entrer et continuer à gouter le plaisir. Comme l'islamisme, elle prêche la vertu de l'épée.  »                            Carl Gustav Jung

 

DOSSIER

LISEZ LE rapport SUR LE NAZISME

Plus de 20 articles du blog C.R pour vous réinformer sur le nazisme


« Ils ignorent que les épées sont données pour que personne ne soit esclave. »                                                                                        Lucain

Partenaire :