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The International Civil Liberties Alliance is a project of the Center for Vigilant Freedom Inc.  We are an international network of groups and individuals from diverse backgrounds, nationalities and cultures who strive to defend civil liberties, freedom of expression and constitutional democracy.

We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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The Center for Vigilant Freedom

20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 08:04
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L'objectivisme désigne les doctrines philosophiques selon lesquelles il existe un monde réel objectif connaissable directement par l'esprit, ou qui admettent l'existence en soi, en dehors des hommes, des valeurs morales. Il s'oppose en cela au relativisme.

Une citation objectiviste typique est « Reality is that which, when you stop believing in it, doesn't go away Philip K. Dick » (La réalité, c'est ce qui ne disparaît pas quand on arrête d'y croire.) --

Sommaire

Philosophie

L'Objectivisme (avec un grand O, pour ses zélateurs) est aussi le nom donné à sa philosophie par la philosophe Ayn Rand. Cet Objectivisme est un courant qui s'inscrit dans le prolongement de la philosophie dite réaliste (Aristote, Thomas d'Aquin). Il s'apparente au libéralisme non utilitariste. Il est inspiré du jusnaturalisme et de l'école autrichienne d'économie.

L'Objectivisme couvre les cinq branches classiques de la philosophie: métaphysique, épistémologie, éthique, politique et esthétique.

B0.jpg Discussions sur le forum
Objectivisme Et Anarcho-capitalisme (for)
Objectivisme et bolchevisme, nazisme et Satan, la Princesse des Ténèbres (for)
Satanisme et objectivisme (for)
L'objectivisme et les éventuels problèmes (for)
 
 

Sa métaphysique énonce qu'il existe un monde objectif extérieur à la conscience (toute conscience), à la fois nécessaire et strictement déterminé par les lois de la causalité.

Son épistémologie énonce que la connaissance humaine est à la fois axiomatique et expérimentale. Un axiome, dans ce contexte, est une connaissance vraie du monde à la fois évidente et irréfutable. Dire qu'un axiome est « évident » signifie que tout être humain le perçoit immédiatement, par l'expérience, à la fois par l'introspection et par l'observation extérieure.

Les principaux axiomes sont les lois aristotéliciennes de la logique: axiome de l'identité (une chose est elle-même) et axiome de non-contradiction. L'Objectivisme y ajoute: l'axiome de l'existence (« l'existence existe ») et de la conscience (« la conscience existe »).

Pour l'Objectivisme, les sens nous fournissent l'information sur ce qui existe, la conscience met en ordre et intègre cette information sous la forme hiérarchisée de concepts. La méthode sur laquelle se fonde la conscience est la logique.

L'éthique Objectiviste s'appuie sur sa métaphysique et son épistémologie. Puisque le monde existe, et que l'homme existe, ce que l'homme doit faire, c'est agir de manière à survivre et à s'épanouir. Par conséquent, il doit vivre et agir en se fondant à chaque instant sur sa raison. Pour l'Objectivisme, la morale consiste à être « rationnel » et à choisir la vie - en l'absence de ce choix, la question de l'éthique ne se pose pas. L'homme doit donc rejeter toute forme de discours « irrationnel », qu'il soit théologique ou politique. Ceci est accepté par plusieurs philosophies et idéologies, mais l'Objectivisme se distance d'eux par sa déclaration que le plus haut but moral d'un homme est sa propre vie et que son propre bonheur constitue son plus haut but moral. La raison Objectiviste demande à chaque individu de chercher son propre bonheur, et en corollaire, de laisser aux autres la possibilité de chercher le leur. Par conséquent, un principe moral fondamental de l'Objectivisme est le principe de non-agression (physique). En aucun cas, un individu ne doit en agresser physiquement un autre. De plus, la recherche du bonheur personnel est incompatible avec le sacrifice pour les autres. Par conséquent, l'éthique Objectiviste consiste à rejeter toute forme de sacrifice sous quelque raison que ce soit : Dieu, la société, l'amour, etc. Les Objectivistes expriment cette idée en disant que « l'individu est une fin en lui-même, non un moyen au service des fins d'autrui ».

La politique Objectiviste est dérivée de l'éthique : elle prône la suprématie des « droits individuels » (en effet, une liste très spécifique des droits) sur les désirs des dirigeants ou les droits de la société. L'Objectivisme soutient le capitalisme « pur » (c'est-à-dire, le droit à la propriété privée est considéré comme un principe fondamental, à ne pas être violé même lorsqu'une telle violation peut sauver des vies humaines). Naturellement, l'Objectivisme a été beaucoup critiqué pour ces vues. Le plus grand adversaire de l'Objectivisme dans le domaine de la philosophie politique est l'utilitarisme (mais il y a aussi beaucoup d'autres, comme par exemple le Marxisme).

Epistémologiquement, l'Objectivisme s'oppose au positivisme, au relativisme et au théisme. Moralement, à l'altruisme. Politiquement, il s'oppose au totalitarisme, au nationalisme, à l'étatisme, à l'anarchisme, au socialisme, au communisme, et même au capitalisme modéré.

Les représentants les plus connus de la philosophie Objectiviste, outre Ayn Rand, sont Leonard Peikoff, Nathaniel Branden et Barbara Branden

Plus de détails en anglais: Objectivist_philosophy

Objectivisme et libertarisme

Les deux philosophies ont beaucoup de points communs, ce qui fait qu'on les confond parfois :

  • toutes deux individualistes, elles militent pour la réduction de l'Etat et en faveur de l'initiative individuelle ;
  • elles reposent toutes deux sur l'axiome de non-agression ;
  • elles admettent l'existence de droits inaliénables ("vie, liberté, propriété", à la suite de Locke) ;
  • elles sont en faveur du capitalisme.

En revanche l'objectivisme a une métaphysique propre alors qu'il n'y a rien de tel dans le libertarisme, qui est le plus souvent déontologique ou conséquentialiste, et ne se revendique d'aucune métaphysique. L'objectivisme, qui est politiquement en faveur du minarchisme, s'oppose en revanche à l'anarcho-capitalisme.

Voir aussi Libertarianism and Objectivism.

Objectivisme et subjectivisme

La connection de l'objectivisme randien et du subjectivisme utilisé par l'école autrichienne d'économie rend le néophyte hagard. Comment ces deux concepts apparemment opposés peuvent-ils aussi bien se conjuguer ?

"L'objectivisme est un domaine subjectif dans lequel toutes les valeurs importantes sont tenues pour être objectives alors que les sciences économiques sont supposées être une étude objective pour laquelle toutes les valeurs importantes sont considérées comme subjectives. Je suis presque certain que la prochaine génération de libertariens appréciera un assemblage terminologique moins confus". Mark Thornton, The Freeman: Ideas on Liberty - June 1995, Vol. 45 No. 6

Citations

  • Je ne défends pas avant tout le capitalisme, mais l'égoïsme ; je ne défends pas avant tout l'égoïsme, mais la raison. Dès qu'on reconnaît la suprématie de la raison et qu'on l'applique de façon cohérente, le reste suit. C'est bien cela, la suprématie de la raison, qui a été, est et sera l'objectif principal de mon oeuvre, et l'essence de l'objectivisme. (Ayn Rand, "Brief Summary", The Objectivist, septembre 1971)

Liens externes

 


Ayn Rand (1905-1982)

Un vaccin contre le socialisme

jeudi 4 mars 2010 - Lucilio

http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2010/09/Ayn-Rand.pngToute la vie, on vous a appris que cultiver son esprit ou se préoccuper de son développement personnel était le fait d’un être égoïste, et dès lors que l’on se libère de la tyrannie de l’intérêt propre, on devient un citoyen « conscientisé » et « engagé » (sic). La grande réussite du socialisme a consisté à convaincre la société que le bien collectif est le seul auquel on doive aspirer et que les fins personnelles sont perverses, parce que l’individu agit moralement seulement quand on l’oblige ou quand il ne prétend pas obtenir le moindre bénéfice. Si l’on écoute attentivement un « progressiste », on se rend vite compte que rien ne le dérange plus que le bonheur d’autrui car il dépend, lui, de la souffrance. Voyant un riche, il ne peut que penser à un pauvre famélique qui n’a rien à se mettre sous la dent ; la faute, comme on s’en doute, est celle de la vile obsession du millionnaire, qui ne pense qu’à lui.

La romancière Ayn Rand (1905-1982), auteur de livres comme La source vive (The Fountainhead) ou Atlas Shrugged, vit clairement que la gauche haïssait l’individualisme parce que cette dernière savait que si les gens se respectaient eux-mêmes et se préoccupaient de leur bien-être, jamais ils n’accepteraient de se soumettre. Mais à partir du moment où l’on introduit le sentiment de culpabilité dans l’esprit de l’homme, on intronise le vice comme éthique. Ainsi, Rand écrivait/dénonçait :

« Si les travailleurs luttent pour de plus hauts salaires, ces derniers sont présentés comme des avantages sociaux ; si les entrepreneurs luttent pour des bénéfices plus grands, on les traite d’avares égoïstes. »

Pour Rand, d’origine russe, après avoir souffert du socialisme soviétique, il était évident que la liberté court un grand danger quand on accepte directement ou indirectement la philosophie tribale de la gauche. Dans La vertu d’égoïsme, Rand remit en question ce genre de vision, et eut énormément de succès. Comme avec le reste de ses ouvrages, qui ont été lus par 22 millions de personnes dans le monde. Dans ce livre, elle pose les bases d’une éthique individualiste dénommée « objectivisme », parce qu’elle part de la reconnaissance du fait que la réalité est un fait absolu qui ne peut être dévoyée par les désirs de personne et qui est seulement accessible à travers de la raison.

Selon cette philosophie, le monde nous enseigne que l’homme est dépourvu d’instincts et qu’il peut seulement survivre avec sa raison. Pour cela, il a besoin que ses actions ne se voient pas parasitées par des hordes ou des pillards qui le privent des fruits de son travail. Lui et lui seul est l’unique souverain de son existence, qui sait ce qu’il veut et comment il le veut. Pour cette raison, personne n’a le droit de décider à sa place. L’objectivisme n’est pas une éthique du caprice ou un subjectivisme, mais un corpus de normes qui exige que l’homme mène à son terme ses potentialités, comme le recommandait l’unique philosophe dont Rand reconnaissait s’être inspiré, Aristote.

« Le principe social de base de l’éthique objectiviste est que, de même que la vie est une fin en soi, de même tout être humain est une fin en soi, et non un moyen pour la fin ou le bien-être des autres [...] Vivre pour son propre profit signifie que le propos moral le plus élevé de l’être humain est l’obtention de sa propre félicité. »

La société qui dérive de cet individualisme n’est pas une jungle que tant de clercs et d’intellectuels ont tenté de nous vendre comme quelque chose de mal ou de pervers. L’unique société qui se base sur une éthique comme celle que propose Rand est celle des marchands, qui vivent en paix en échangeant des biens contre des biens, de la valeur contre de la valeur, qui se fient à la parole donnée, qui travaillent dur pour progresser et qui ne se consacrent pas à l’extorsion ou à la criminalité, parce qu’ils respectent l’idée que chacun puisse mener sa vie à sa guise. Cette société n’est pas une jungle ; mais, au contraire, un lieu où les personnes sont traitées comme telles et où l’État se limite à protéger les droits individuels

Dans une de ses citations les plus célèbres, Rand signalait que les droits individuels étaient « les moyens de subordination de la société à la loi morale ». En ce sens, elle reconnut que les uniques droits sont le droit à la vie et son corollaire, celui de propriété. Sans propriété, les personnes ne sont pas maîtres de leurs propres efforts, puisqu’ils ne peuvent acquérir leurs moyens de subsistance. C’est ainsi quelle arrivait à la conclusion :

« L’homme qui produit pendant que d’autres disposent du produit de son effort est un esclave. »

Des phrases comme celle-ci ont valu à Rand le mépris de nombreux défenseurs de la liberté. Peut-être ont-ils raison en qualifiant sa philosophie d’extrême. Mais aujourd’hui, nous nous trouvons devant un cruel dilemme. Si nous acceptons que servir le prochain et nous sacrifier pour la société est un axiome, comme c’est le cas actuellement, comment pouvons-nous empêcher que le gouvernement établisse des impôts confiscatoires, emprisonne des innocents, libère des criminels et exproprie des propriétaires ? Arrivé à ce point, il ne reste probablement plus d’autre option que d’en appeler à l’inefficience du socialisme comme unique explication de son échec. Si telle est la philosophie que nous employons, l’utilitarisme, nous pouvons commencer à creuser notre tombe.

Mais il est encore temps d’éviter que le torrent de boue socialiste nous emporte. Cependant, nous ne pourrons triompher que si nous adoptons une philosophie claire qui explique pourquoi nous avons des droits et pourquoi ils sont inaliénables. Au vu de l’atrophie intellectuelle de la gauche, montrer que le roi est nu et que leurs idées peuvent se réfuter rien qu’en les exposant à la lumière de la logique n’est pas si difficile qu’il y paraît à première vue. La vertu de l’égoïsme peut être le combustible qui fait fonctionner ce moteur qui fait bouger le monde, comme le pensait Aristote, et qui n’est rien d’autre que l’être humain.

 

 

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Comprendre la politique et les affaires avec Ayn Rand


lundi 12 avril 2010 - Aequalis

Publié le 15/12/2010

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Pour bon nombre d'entre vous, “tout a commencé avec Rand”. Pour moi aussi, mais de façon très différente. J'ai lu Atlas alors que j'étais en deuxième année à l'université. J'ai instantanément su que je ne pourrais jamais ête socialiste si j'acceptais le contenu de ce livre.

Ayant peu de connaissances politiques, économiques ou encore historiques - et expérimentant l'enivrant parfum de l'égalitarisme alors en vogue à l'université - je souhaitais au moins être liberal. Je n'étais pas raciste - alors que pouvais-je être d'autre? Malgré tout, les graines étaient semées et c'est une décennie plus tard, après avoir travaillé au sein de l'agence pour la protection de l'environnement (US EPA) que je me suis converti.

Atlas a aidé Rand à comprendre parfaitement le monde des affaires, de la politique et les racines intellectuelles de l'étatisme, comme je le démontrerai ici. Mon propos est qu'Ayn Rand a su saisir avec finesse les risques d'un accroissement de l'économie mixte ; comment les politiciens pourraient corrompre et menacer le commerce et pourquoi cela doit être combattu. De surcroît, Atlas annonçait de nombreux débats devenus aujourd'hui d'actualité: la responsabilité sociale des entreprises, le principe de précaution, les mécanismes de volontés jouant sur le marché des idées et pouvant influencer les idées qui doivent s'appliquer au marché. Mais Rand n'a pas totalement évoqué ce débat ; elle a seulement esquissé ce que le monde des affaires se devrait de faire dans le monde moralement et intellectuellement brumeux d'aujourd'hui. Au premier coup de pinceau, elle semblait suggérer : ignorez la politique et elle s'en ira! Mais Atlas nous suggérait aussi des idées sur la façon avec laquelle les entrepreneurs - les Hank Rearden du monde entier - et les intellectuels épris de liberté économique pourraient mener la bataille avec un esprit combattif. Le Competitive Enterprise Institute cherche ainsi à progresser dans cette direction.


Atlas sur les affaires et la politique

Atlas Shrugged s'ouvre sur cette question: Qui est John Galt? et s'achève avec Galt traçant dans l'espace le sigle du dollar. Mais, dans les 1166 pages séparant ces deux instants, nous pouvons approfondir une critique spectaculaire (et accélérée) de la théorie schumpetérienne: le capitalisme peut-il survivre? avec une réponse plus heureuse que celle envisagée par ce dernier.

Rand examine la thèse de Schumpeter à travers une nouvelle épique: des individus libres créent de la richesse, la richesse rend possible l'émergence d'une classe moyenne (composée d'individus qui n'ont pas à travailler du lever au coucher du soleil). Un grand nombre d'entre eux prend simplement plaisir de ces bienfaits mais d'autres deviennent des entrepreneurs (des “praticiens”) et d'autres encore des intellectuels (des “penseurs”). Ceux deux cultures sont importantes, mais néanmoins très différentes. Les entrepreneurs créent de la richesse, permettant l'essor d'une classe moyenne encore plus large. Les intellectuels soulèvent des interrogations: pourquoi? pourquoi la pauvreté existe t-elle? et les guerres? la pollution? le racisme ou le sexisme? Il est toujours utile d'avoir autour de soi des questions pertinentes ou enquiquinentes de ce genre.

Rand a honoré les penseurs originels, faisant d'eux des héros - mais ses avis sur la majorité des intellectuels n'étaient pas favorables. Conduits par l'envie - si nous sommes si intelligents et bons, pourquoi font-ils autant d'argent? - de nombreux intellectuels sapent les fondements moraux de la liberté économique. Les entrepreneurs ne sont guère méritants ou héroïques, et les intellectuels préfèrent arguer du fait que les entepreneurs deviennent riches grâce à l'exploitation des femmes, des pauvres, des minorités, de la planète.

Les pleurs envieux de (n'aimez vous pas ces noms?) Balch Eubank, de Bertram Scudder ou de Claude Slagenhup (chef de file des “Amis du progrès global”) remplissent les pages d'Atlas. Mais l'envie n'étant pas une qualité admirable, ces gens utilisent leurs talents pour remplir les publications et les ondes, les nouvelles et les pièces, même la musique , de pensées anti-commerciales et étatistes.

Inondée dans un monde de communiqués anti-commerciaux, la société est alors prête à accepter l'expansion de l'Etat - la création d'un vaste mandarinat aux allures orientales. Mais les mandarinats ont un grand besoin de mandarins grassement rémunérés et la classe intellectuelle, sans scrupules, se nomme alors elle-même. Aussi, comme Hayek l'a si bien noté, les intellectuels ne sont pas sans importance et leur abandon à l'étatisme a eu un impact considérable à la fois sur l'érosion constante de la liberté économique et la croissance de l'Etat. Atlas le démontre brillamment.

Et, dans Atlas, le créateur d'Etat se développe de la sorte. L'acte pour l'égalité des chances engendre des décrets afin de prévenir la concurrence abusive [”anti dog eating dog Act“], ouvrant la voie au totalitarisme de la Directive 10-289. Chaque nouvel élargissement de l'Etat est justifié pour “résoudre” les problèmes créés par les précédentes restrictions.

Dans ce processus, Rand réalise que certains membres du monde des affaires collaborent et deviennent corrompus. Certains, comme Orren Boyle et Jim Taggart sont de simples rentiers, oeuvrant afin de paralyser leurs concurrents par des mécanismes de régulation ou de taxation et empocher des subventions. Mais Rand réalise que le capitalisme devra faire face à d'autres menaces. Les entrepreneurs ont des enfants qui méprisent leurs propres parents et qui - une fois au pouvoir - transformeront leur héritage afin d'affaiblir davantage leur image, ignorant leur devoir d'augmenter la richesse des actionnaires.

L'histoire terrible de la famille Starnes, qui a héritée de la Twentieth Century Motor Company esst particulièrement instructive. Les fils ont mis en place un système de management communautaire - de chacun en fonction de ses capacités, à chacun en fonction de ses besoins - entraînant la perte prévisible de la liberté individuelle, de la hiérarchie, de l'efficacité et - plus important encore - provoquant l'égalitarisme.

Un propriétaire de la firme, Eugene Lawson, a totalement internalisé cette croyance en la responsabilité sociale des entreprises, déclarant à Dagny ”ne me méprisez pas. Je n'ai jamais fait de profit!“. Celle-ci lui répondra que c'est la “plus méprisable” des vantardises.

Notez néanmoins que cette histoire de la Twentieth Century Motors a aussi mené à la révolte du héros d' Atlas Shrugged. Rappelez-vous que John Galt, faisant un pas en avant lors de la réunion d'organisations de la famille Starnes, déclare “Je mettreai un terme à tout ça, pour de bon… Je stopperai le moteur du monde“. Et, comme nous l'apprenons après, il y parvient!

Les Starnes étaient des précurseurs de la responsabilité sociale des entreprises, mais aujourd'hui de telles croyances dominent dans le Fortune 500. De telles croyances encouragent l'essor de personnes comme Jim Taggart ou Orren Boyles, qui reçoivent d'élogieuses attentions médiatiques. Les media adulent les projets immobiliers pour les pauvres de l' Associated Steel, les films éducatifs pour les lycées ou les certificats “d'efficacité” pour de nombreuses raisons (mais certainement pas pour la rentabilité). Naturellement, une telle adulation intellectuelle pour les vues étatistes conduit les plus grandes entreprises en Amérique du Nord et en Europe dans les bras de l'Etat.

Ce qui est encore plus tragique avec le concept de responsabilité sociale des entreprises est la façon dont ce concept a sapé et sous-tendu les croyances des hommes d'affaires eux-mêmes. Dan Conwy, de la Phoenix-Durango Railroad, par exemple, ne cherche pas à se battre pour sa survie, estimant qu'ils “ont le droit d'agir de la sorte“!

Les entrepreneurs sont des praticiens, non pas des intellectuels - ils créent de la richesse parfois du cadre nécessaire pour expliquer la valeur morale de la création de richesse et de connaissances dans un monde qui reste désespérément pauvre et rétrograde. Assurément, les intellectuels gauchisants décrits par Rand n'étaient pas ceux capables de jouer les éducateurs et nous devons ainsi éveiller les Hank Rearden et Dagny Taggarts du monde entier.

Et certains hommes d'affaires - ou plutôt ces traîtres  comme Wesley Mouch et Eugene Lawson - parviendront à leurs fins dans cet univers étatiste. Mais, comme Atlas le montre, ils n'y parviendront que s'ils sont supportés par la classe des entrepreneurs créateurs de richesse. Et, en effet, Hank Rearden porte une responsabilité toute particulière dans l'accroissement de l'Etat. Il supporte les Amis du progrès global et, tout comme Wesley Mouch, n'y voit aucune contradiction.

Rearden n'aimait pas la politique. Il savait qu'il était nécessaire d'avoir à disposition quelqu'un en mesure de la protéger du pouvoir législatif ; tous les industriels se devaient d'employer de tels hommes. Mais il n'avait jamais accordé d'importance à cet aspect des affaires ; il ne parvenait pas à se convaincre que c'était réellement nécessaire. Une sorte de dégoût inexplicable, quelque part entre le sens des réalités et l'ennui, l'arrêtait à chaque fois qu'il tentait de considérer une telle question.

“Le problème est Paul” dit-il, pensant à haute voix ; “les hommes parmi lesquels l'on doit trouver quelqu'un pour ce travail sont tous des minables”. Rearden ne comprenait rien à ce genre de combats. Il laissait ainsi faire Mouch et son équipe. Il trouvait à peine le temps de signer les chèques dont Mouch avait besoin pour cette bataille.

Mais Hank a signé ces chèques, abandonnant la politique à Mouch. Il n'aime pas Washington, s'en méfie et voudrait simplement être laissé tranquille. Mais la nouvelle montre qu'il n'en est rien.  Hank travaille pour ses adversaires, prenant ainsi part au désastre.

Dagny dénigre l'entregent washingtonien de son frère, sa facilité à obtenir des faveurs du pouvoir législatif. Elle remarque aussi qu'elle ne connaît rien à la politique. Elle réalise qu'il existe de nombreuses sortes de mécanismes d'influence, néanmoins nécessaires. Mais ni elle ni Hank Rearden ne passent du temps à superviser ces moyens d'influence envers le monde politique et négligent les événements mondains.

Quelqu'un pourrait-il imaginer le moindre héros randien se montrer dédaigneux envers un employé responsable de la conduite d'une locomotive ou entretenant un haut fourneau? Mais, au fur et à mesure que le livre avance, l'Etat détruit bien plus de locomotives et de hauts fourneaux que ne le pourrait le plus incapable des employés.

La plupart des PDG sont aujourd'hui des Hanks ou des Dagnys. Ils ne prennent pas la politique au sérieux et le montrent. Notre défi est de toucher ces entrepreneurs présents dans les affaires et de les aider à établir la charte d'une nouvelle moralité dans l'économie mixte que nous vivons actuellement. Les Hank Reardens ne dirigent pas de maisons closes [comme il le répond à sa mère dans la nouvelle] mais, compte tenu de la situation actuelle, ils vivent aujourd'hui à l'intérieur même de celles-ci! Pour en trouver la sortie, ils doivent considérer la politique aussi sérieusement qu'ils envisagent leurs affaires. Ils doivent réaliser que la profitabilité dépend de la manière dont ils opèrent dans les deux mondes - le monde privé compétitif et le monde politique, quelquefois destructeur de richesses, qui nécessite des alliés parmi les intellectuels afin de réduire leur vulnérabilité politique et préparer leur plan de fuite.


Le rôle des politiciens

Les Politiciens sont peu à leur avantage dans Atlas - comme ceux qui dirigent l'Etat, ils ne sont pour la plupart que des costumes vides, manipulateurs et manipulés, sans buts et sans principes. Ils ont, toutefois, un vice pour le pouvoir et, dans leur quête pour celui-ci, sont aidés et abêtis par l'alliance malsaine d'une classe d'intellectuels verbeux et d'hommes d'affaires à la recherche de rentes. Rand comprit parfaitement la corruption des politiciens (sans doute un peu surprenante compte tenu de son travail à Hollywood et de ses origines russes). Elle comprit aisément que les règles édictées par le gouvernement étaient coercitives, que le problème des limites de la connaissance (soulevé par Hayek et d'autres) rendrait les plans gouvernementaux incohérents et inconsistants, que le traitement spécial, que les faveurs et les chantages implicites étiaent alors inévitables - autant de réalités qui sont des thèmes clés dans Atlas.

Les commentaires de Rearden au Dr. Ferris illustrent le risque de l'économie mixte:  “Mais j'ai violé une de vos lois“. Et au Dr. Ferris de répondre: “Eh  bien, pour quoi pensez-vous qu'elles existent?” parvient à imager parfaitement cette idée.

Et Rand était prophétique dans sa compréhension de l'insanité que de telles interventions étatistes ne manqueront pas de créer. En discutant la mise en oeuvre de la Loi de partage égal - visant à égaliser la demande réduite d'un marché déséquilibré - Rearden combat pour trouver quelle quantité de métal il est en mesure de produire. Son concurrent principal, Associated Steel, dispose d'une plus grande quantité mais d'un produit de qualité inférieure. Le défi est donc de savoir si la quantité produite ou les ventes serait le dénominateur le plus approprié.

Sans doute Rand se serait beaucoup amusée à renouveler son exercice au débat sur le réchauffement climatique et sur les bons d'émissions d'énergie.


Business, politique et technologie

La compréhension d'Ayn Rand de l'impact de l'intervention du Gouvernement à travers une politique scientifique était prophétique. Le DR. Robert Stadler est une personne brillante et maintenant un mandarin honoré par l'Etat. Stadler a poussé à la création de l'Institut National des Sciences [The State Science Institute, “ou Institut SS pour un grand nombre d'entre nous!“]. Comme beaucoup d'intellectuels, il opère une distinction artificielle ente la pureté de la “science” et l'aspect sordide de la “technologie”.

Concevoir un moteur“: “… un génie… un grand scientifique, qui fait le choix de devenir un ingénieur commercial ? … Pourquoi voudrait-il perdre son esprit à de telles applications pratiques?”

Peut-être parce qu'il aime à vivre sur cette planète” lui répond Dagny (p. 356).

 Ici, Rand préfigure le travail de Joel Mokyr et d'autres qui ont remarqué que c'est exactement le chassé-croisé entre recherche et développement qui a rendu possible la Révolution industrielle. La Science, après tout, approvisionne l'expansion du savoir. Il y a toujours eu des personnes brillantes émergeant de temps à autres, dont la motivation était étrangère aux mécanismes du marché. Mais la science conduite par le progrès n'est qu'intermittente et tend à périr peu à peu. C'est le développement ou la technologie qui est le nouvel élément - apparaissant par la révolution industrielle. La technologie agit comme la demande pour le savoir. Ce dernier est conduit par la recherche continuelle de nouveaux moyens par des entrepreneurs pour mieux s'adapter à la demande de l'être humain.

Cette poussée de la demande permet de nourrir de nouvelles recherches qui, à son tour, guide et encourage de nouvelles vagues de progrès scientifique. C'est ce processus qui, selon Mokyr, est à l'origine de la croissance rapide et durable des deux derniers siècles.

Mais aujourd'hui, secteur après secteur, l'opinion selon laquelle le marché (la commercialisation) est à la fois illégitime et avilissante gagne en influence. Des groupes d'experts se réunissant en panels, recevant des soutiens de la part du monde de l'entreprise ; des universitaires dont les papiers académiques sont influencés par la défense des intérêts commerciaux sont tous perçus comme des citoyens de seconde zone dans la bataille des idées. Et en effet, une prochaine nouvelle randienne pourrait bel et bien mettre en scène un témoin interrogé par un juge ou un législateur: “êtes-vous ou avez-vous été associé au secteur entrepreneurial et créateur de richesses?” et, de la sorte, voir son témoignage totalement discrédité.

La science politisée, Rand le réalisa parfaitement, était de l'anti-science. Sa discussion sur la manière dont Orren Boyle parvient à apeurer l'opinion publique sur Rearden Metal est brillante: “menace à la sécurité publique”, “les enfants peuvent être mis en danger “, “nous sommes dans l'incertitude de risques potentiels”. Aujourd'hui, cette approche est possible par le Principe de précaution: à moins que vous ne soyez en mesure de démontrer que votre innovation est sans risque, elle doit être bannie! La façon par laquelle les doutes sont levés rend impossible de répondre aux exigences requises:

Dans la nouvelle, un rapport du SSI estime qu' “il peut-être envisagé qu'après une longue période d'usage intensif, une fissure soudaine apparaisse. Néanmoins, la durée de cette période ne peut-être prédite… La probabilité d'une réaction moléculaire, aujourd'hui inconnue, ne peut-être entièrement écartée… bien que la solidité du métal peut-être aisément démontrée, certaines interrogations demeurent quant à sa réaction sous tension inhabituelle. Bien qu'il n'y ait aucune preuve permettant d'affirmer que l'usage de ce métal doit être prohibée, une étude ultérieure de ces propriétés serait de la plus grande utilité”.

“On ne peut y répondre, dit Eddie lentement… ils n'ont rien dit qui puisse être réfuté et les embarasser professionnellement. C'est un travail de lâches. On s'attendrait à la même chose de la part d'un escroc ou d'un maître chanteur. Mais Dagny! c'est l'institut national des Sciences.”

Et, bien sûr, ce type de rapport gouvernemental est aujourd'hui un moyen accepté pour supprimer les innovations et les efforts industriels, des produits industriels à la biotechnologie en passant par l'énergie. La manière dont les media traitent le réchauffement climatique en est un excellent exemple contemporain.


La solution préconisée par Rand

Rand, comme Schumpeter, a bien conscience des éléments autodestruceurs inhérents au capitalisme, de la façon dont les intellectuels pourraient - et voudraient - détruire le marché libre. Sa solution face à une telle situation serait de voir les talents créatifs - pour permettre aux Atlas du monde entier de se révolter. Mais, ce dispositif radical, utilie pour rendre la nouvelle réussie, reste peu probable (…).

Rand, néanmoins, n'évacue pas une position militante. Dans de nombreux passages de son ouvrage, elle dénigre les affaires publiques et les efforts pour influencer l'opinion publique (”que le public soit damné”) ; pourtant, elle passa une partie de sa vie à écrire cette nouvelle stimulante qui fut “populaire”. Elle ne sembla pas offensée pour ce simple fait. Vous noterez aussi que ses héros aiment les panneaux d'affichages - moyens pour toucher le grand public : Rearden mettait un point d'honneur à s'assurer que le consommateur potentiel connaissait les vertus de Rearden Metal. Aussi, tous les héros randiens nommèrent leurs entreprises par leurs propres noms - et ainsi n'hésitent pas à faire leur promotion personnelle. Et à la fin, John Galt parvient à toucher la Nation entière - cela dit, sans doute aurais-je suggéré que faire retentir une sirène pendant trois heures est un peu exagéré, si j'avais pû être son conseiller en communication.

Mais il n'est pas étonnant que Rand n'ait pas tenter de fixer en détail un agenda pour résoudre les problèles posés par la confusion de la politique et des affaires. Après tout, Schumpeter n'a pas non plus tenté de les résoudre. Dans une large mesure, l'émergence du mouvement moderne en faveur du libéralisme économique est une partie de la réponse. Tous les intellectuels ne succombent pas à l'étatisme. Une partie d'entre nous créent des instituts et peuvent - quelquefois avec succès - contrer les non-sens d'une classe intellectuelle verbeuse. Mais nous avons bien entendu besoin davantage. Nous autres, dans la communauté politique, devons être bien plus actifs pour toucher les forces entrepreneuriales du monde des affaires, les Hank Reardens et Dagny Taggarts.

Nous devons demander que les business schools abandonnent la responsabilité sociale des entreprises, qu'elles reconnaissent les problèmes causés par la création de services d'affaires publiques ou gouvernementales au sein de celles-ci, que ces maux doivent attirer la même attention que celle accordée à des problèmes plus traditionnels de supervisation de hauts fourneaux ou de locomatives.

Ces tâches, néanmoins, sont pour le futur. Rand nous a donné des réponses et la motivation pour combattre la croissance de l'Etat. Qu'elle ne soit pas parvenue à tout résoudre ne devrait pas nous distraire sur ce qu'elle est parvenue à réaliser. Sa motivation prenait évidemment des allures dramatiques, inspirantes, et en effet un peu terrifiantes. Elle évoque ainsi une vision très apocalyptique de la fin de l'étatisme:

« [Revenant en avion de la Nouvelle-Angleterre et regardant en bas une ville s'écroulant … les dernières lignes ferroviaires avaient été coupées, New-York devant compter sur ses propres ressources … ils peuvent voir les dernières convulsions: les phares des voitures se précipitant à travers les rues, comme des animaux piégés dans un labyrinthe… les ponts encombrés de voitures… des goulots d'étranglement arrêtant tout mouvement… les hurlements désespérés des sirènes… les hommes désertant leurs postes, essayant, en panique, d'abandonner New-York… recherchant un échappatoire là où les routes avaient été coupées et où la moindre fuite était devenue impossible… Ensuite les lumières s'éteignirent, et New-York disparut.] »

Nous luttons pour la civilisation - et Rand le savait. Mais elle ne conclut pas sa nouvelle sur une note aussi apocalyptique. Atlas Shrugged nous fait revenir au repaire de John Galt dans le Colorado. Dans les dernières lignes de l'ouvrage, Galt déclare: “nous sommes de retour au monde!”. Nous, dans le monde des politiques publiques, n'avons pas quitté ce monde mais nous pouvons apprendre beaucoup sur la façonde mener nos batailles, et sur la  manière de formuler nos messages en lisant (et relisant) cet ouvrage fondamental, qui ouvre la voie de la liberté.

 

 

Image : statue d’Atlas à New York, photographie de Michael Greene sous licence CC


untitled.bmpFred Smith est Fondateur et Président du Competitive Enterprise Institute (ici en photo avec Vaclav Klaus). Cet article est en réalité la traduction - imparfaite - d'un discours prononcé en 2007 à l'occasion du cinquantenaire de La Révolte d'Atlaas (Atlas Shrugged), le roman phare d'Ayn Rand. Il permet d'illustrer l'idée de mouvement intellectuel en politique, si présente outre-Atlantique.

 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 09:37

Dans notre pays, quiconque ose sortir du conformisme intellectuel s’expose immédiatement au lynchage des cerbères de la bien-pensance…

Il faut miser sur la soif de liberté du peuple français, et de sa jeunesse

vendredi 5 mars 2010

Dans « Les dessous du voile », Anne Zelensky, parlant de l’originalité de Riposte Laïque, écrivait fort justement, évoquant les membres de la rédaction : « Leur souci commun est le refus du conformisme intellectuel, et la recherche de la pensée juste ». Comment mieux résumer RL que ces quelques mots ?

Nous savons que, dans notre pays, quiconque ose sortir du conformisme intellectuel s’expose immédiatement au lynchage des cerbères de la bien-pensance. Nous allons vous en fournir deux nouveaux exemples.

Voici ce qu’un prénommé Tewfik, que nous aurons l’élégance de ne pas nommer davantage, fait circuler sur ses listes d’amis : « Quel dévoiement ! La prochaine réunion de « Riposte Laïque » se déroulera dans le « Local », bar de Serge Ayoub alias « Batskin », chef des skinheads parisiens. On n’est pas loin d’une OAS new look : il va falloir que tu te bouges, Jean-Pierre »

Le « Jean-Pierre » en question est donc sommé de se bouger, de se positionner, bien sûr de ’’hurler à la trahison de RL », sinon lui aussi sera suspecté d’être un complice d’une nouvelle OAS, rien de moins !

Sifaoui réclame sa part du lynchage qui se met en place, sur internet, en commettant un nouvel article haineux, mais surtout grotesque contre notre journal.

Les naseaux frémissent, les lyncheurs trépignent, les cafards du net salivent : enfin, ils ont les preuves qu’ils guettent depuis de longs mois. En allant débattre au Local, RL a été au bout de sa dérive, les voilà acoquinés avec les skinheads parisiens. Les pouces se pointent vers le sol, le verdict est clair : A mort !

Manque de chance pour nos vigilants cerbères, il se trouve que depuis deux ans, RL a été précédé, au Local, par beaucoup d’intervenants qui, nous semble-t-il, n’ont pas le profit d’affreux skins fascistes et racistes. Ils seront ravis d’apprendre que, selon Tewfik ou Sifaoui, ils sont donc une nouvelle OAS, et des nouveaux racistes ! Nous transmettons donc la nouvelle, entre autres, à Claude Rochet, universitaire, membre de DLR, Denis Collin, philosophe marxiste bien connu à gauche et dans les mouvements trotskistes, Julien Landfried, fondateur du site Communautarisme, et des personnalités reconnues, dans leur domaine, comme David Mascré, Roland Hureaux, Pierre Hillard, Jean-Paul Gourévitch, Jean-Luc Gréau, Denis Griesmar et bien d’autres dont vous trouverez le nom dans l’interview de Pierre-Yves Rougeyron.

Nous vous recommandons la lecture pleine de fraîcheur de l’interview que Brigitte Bré Bayle a recueillie auprès du président du cercle Aristote, qui invite donc Riposte Laïque à une conférence sur la défense de la laïcité, en 2010, au Local, à Paris.

http://www.ripostelaique.com/Pierre-Yves-Rougeyron-president-du.html

Les propos de ce jeune de 23 ans sont un bain de jouvence, une oasis dans le désert sclérosé et individualiste ambiant. Quelle leçon de tolérance et d’ouverture d’esprit il donne à tous ces hommes et femmes « de gauche », mûrs et confits en vision manichéenne du monde, qui se cramponnent à des idées surannées qu’ils croient être « la vérité » en refusant même d’entendre d’autres voix !

Pierre-Yves Rougeyron renoue en effet avec un concept qui avait disparu de fait à force d’être dévoyé, l’éducation populaire, ce vieux rêve de la formation permanente, du droit à savoir, à débattre, quels que soient son niveau d’étude, sa formation intellectuelle, son métier, son âge, sa place dans la société. Et le « Local », qui accueille, entre autres, le Cercle Aristote, joue un rôle extraordinaire dans cet objectif : les gens qui y passent, qui viennent prononcer et écouter les conférences sont de tous milieux, de partout et de nulle part, de tous bords politiques. Ils ne sont pas là pour juger, pour se faire connaître, pour dire « on y était » ou compter les points, ils sont là pour échanger des idées, pour apprendre, pour tester leurs conceptions en les opposant à d’autres.

N’est-ce pas pas un magnifique projet ? N’est-on pas tenté, en lisant les propos de Pierre-Yves, de reprendre confiance en la jeunesse, dont on dit trop souvent qu’elle est démobilisée, juste avide de consumérisme ? Il y a dans ses paroles une liberté d’expression, une fraîcheur et un humanisme totalement dans l’esprit de ce qu’écrivait Anne Zelensky. Sa fidélité en amitié, son refus de juger un ami (Serge Ayoub en l’occurrence) sur ce qu’il a fait vingt ans plus tôt, au profit de ce que l’homme est devenu (voir la critique de son livre par Christine Tasin dans ce numéro), nous paraissent cent fois plus respectables que la médiocrité des cafards du net qui n’ont toujours pas rompu, dans leur tête et dans leurs pratiques, avec le stalinisme, et son nouveau visage totalitaire, la dictature du politiquement correct.

Comme il aurait été confortable, pour RL, quand Radu Stoenescu a été invité à débattre de l’identité nationale, sur Radio Courtoisie, avec un curé traditionaliste et un identitaire, de dire que Riposte Laïque ne se salira pas les mains en participant à un tel débat.

Comme il aurait été confortable, pour RL, quand les maîtres-censeurs du Mrap attaquant la liberté de critiquer une religion, en l’occurrence l’islam, en demandant l’interdiction d’une affiche FN, de hurler avec la caravane, et d’en réclamer nous aussi l’interdiction, en hurlant « racistes, fascistes… »

Comme il aurait été confortable, pour RL, de contribuer au lynchage de Fanny Truchelut, cette « pauvre femme », sans doute « un peu raciste » pour le Mrap, la Licra et la LDH qui, abandonnée de tous, a accepté d’être défendue par l’avocat de Villiers !

Comme il aurait été confortable, pour RL, de refuser toute conférence en-dehors du cercle de gauche, pour rester « entre nous » ? Alors Pierre Cassen aurait dû refuser de faire sa conférence à Marseille quand les jeunes de l’UMP l’ont invité il y a deux ans. Ils n’étaient pas d’accord avec sa vision de la laïcité, le débat a parfois été houleux, mais… à quoi servirait-il que RL ne cherche à convaincre que ceux qui sont déjà convaincus ?

Comme il aurait été confortable, encore, pour RL, de refuser de chercher à analyser les différences de discours entre Marine Le Pen et son père, et de se contenter de dire que c’est « brun bonnet et bonnet brun ».

Comme il aurait été confortable pour RL de se comporter comme des Val, Fourest, BHL et autres, et d’insulter Geert Wilders, en le traitant de raciste islamophobe, xénophobe et populiste d’extrême droite, lors de la sortie de son film Fitna !

Comme il aurait été confortable pour RL d’envoyer paître Pierre-Yves Rougeyron, quand il nous a invités à débattre dans un lieu diabolisé par la bien-pensance, en disant, la bouche en cul de poule, qu’à RL, on ne mange pas de pain là !

Il est sacrément confortable pour nos donneurs de leçons de débattre dans des amphithéâtres à Sciences Po, entre gens de bonne compagnie, ou sur les plateaux de télévision, avec des invités bien élevés, et triés sur le volet. Comme le débat démocratique est simple quand il oppose Bernard-Henri Levy à Sollers sur la France moisie (tiens, deux anciens maos), ou bien Cohn-Bendit à Moscovici sur l’Union européenne, ou bien Martine Aubry à Nicolas Sarkozy sur la discrimination positive. Ça, c’est de la confrontation, coco !

Eh bien, à RL, nous préférons la vraie confrontation, sans langue de bois, avec les vraies gens, voire de vrais opposants, dans nos conférences, ou sur les plateaux. Nous acceptons donc tous les débats, tous les contradicteurs, sur un plateau de télévision, ou au Local. Radu Stoenescu a défendu la conception républicaine et laïque de l’identité nationale, Christine Tasin a défendu le droit à l’existence de l’affiche FN critiquant le péril islamiste ; nous avons, bien seuls, défendu Fanny Truchelut, nous avons ouvert un vrai débat, sans concession, sur l’analyse de l’évolution du discours de Marine Le Pen, nous avons défendu le courage de Wilders (qui progresse à chaque élection), et le droit à paraître du film « Fitna », et nous avons accepté de défendre nos principes laïques et républicains, au Local, malgré la diabolisation du lieu, devant un public fort divers qui ne nous est absolument pas acquis. Non seulement nous l’assumons, mais nous en sommes fiers.

Nous entendons déjà les conseils des « amis », nous recommandant de ne pas faire cette folie, au nom de la nécessaire prudence. Nous n’avons qu’un mot à leur dire : arrêtez de vous coucher devant les bien-pensants !

Nous allons vous raconter une anecdote. Deux camarades, de plus de 60 ans, issus de la gauche et de l’extrême gauche, nous disent partager tout ce que nous écrivons. Ils ont déjà rédigé plusieurs articles pour RL, mais, à présent, comme ils se font traiter de racistes et de fascistes sur tous les sites gauchos ou dans certaines structures qu’ils fréquentent, ils voudraient continuer à écrire pour nous, mais sous pseudo. C’est lamentable.

Nous crevons tous. La France crève tout entière de cette lâcheté, de la peur du qu’en-dira-t-on, de la peur de perdre son aura, son statut social, voire de la reconnaissance du politiquement correct qui vous donnerait un rôle ou un statut dans une association. Pitoyable. Qu’est-ce que des gens, qui sont indépendants financièrement, qui n’ont pas ou plus à faire carrière, ont à perdre ?

Dans beaucoup de pays, se battre pour ses idées, c’est la mort, ou la prison. En France, il faudrait se taire par peur des maîtres-censeurs ?

Nous avons confiance dans la soif de liberté du peuple français, et de sa jeunesse, pour penser que cette terrible dictature du politiquement correct va bientôt prendre fin, et qu’un média comme le nôtre, et d’autres, vont y contribuer.

Les fascistes les plus inquiétants, aujourd’hui ont deux visages. Ce sont d’abord les intégristes islamistes, porteurs d’un fascisme politico-religieux qui gangrène petit à petit la politique française, et de nombreux pays européens.

Et puis il y a une nouvelle donne. Ce sont certains petits gauchistes, au comportement de fascistes, qui voudraient imposer leur ordre dans les manifestations. Avant-hier, ils se croyaient autorisés à chasser les chevènementistes de certains cortèges, parce que le ministre de l’Intérieur de l’époque refusait le mot d’ordre de régularisation de tous les sans-papiers (tout en procédant à la régularisation d’un maximum de cas). Ils pensaient avoir le droit de chasser physiquement les socialistes d’un rassemblement d’Attac. En 2007, ils manifestaient pour demander l’annulation de l’élection de Sarkozy, pourtant démocratiquement élu. L’année dernière, ils voulaient imposer par la force et le chantage le boycott des produits israéliens dans les supermarchés. Hier ils empêchaient que se tiennent certains débats sur l’identité nationale, dont le thème ne leur plaisait pas. Aujourd’hui, certains se croie nt autorisés à agresser physiquement, à Montpellier, des candidats de la Ligue du Midi (dont nous ne partageons ni la vision régionaliste anti-républicaine, ni la démogagie fiscale).

http://www.laliguedumidi.com/categorie.php?nom=Actualite

Ces petits nervis se parent d’être de vrais résistants, et de lutter contre les racistes et les fascistes. Ce sont des imposteurs. Nous ne sommes plus dans les années 1930, quand les fascistes tenaient la rue, et attaquaient les organisations ouvrières. Les seules agressions de manifestations qui ont eu lieu, ces dernières années, sont le fait de jeunes de banlieue, qui répondent exactement à la définition du lumpen-prolétariat, que Marx qualifiait de fasciste, et appelait à combattre sans concession.

Nous apprenons que le Mouvement des Indigènes de la République (MIR) est devenu le Parti des Indigènes de la République (PIR). Les vrais propos racistes, nous les avons entendus quand Houria Bouteldja, leur porte-parole, après avoir traité notre camarade Pascal Hilout de « bougnoule de service », qualifie sur les plateaux de télévision les Français de « souchiens » Le vrai racisme, aujourd’hui, est dans ce discours haineux et revanchard contre notre pays, qui alimente, en outre, un nouvel antisémitisme qui gangrène trop de quartiers. Et, face à lui, le silence des duettistes Mrap-LDH est assourdissant, ainsi que celui de toutes les bonnes âmes qui cherchent à nous diaboliser…

En qualifiant de « racistes » tous ceux qui luttent contre l’islamisation de la France, les maîtres-censeurs cherchent à paralyser tous les laïques qui ne veulent pas que les imams ce comportent comme les curés hier, et empoisonnent nos vie. D’autres, pour nous intimider encore davantage, osent comparer le sort des musulmans, au 21e siècle, à celui des Juifs dans les années 1930 ! Ils se comportent comme les porteurs de valises de vrais fascistes, de vrais racistes, qui ont un projet politique clair : imposer les lois de la charia à celles de la République.

Le vrai clivage n’est plus entre la droite Sarkozy ou la gauche Aubry. Il n’est pas davantage entre une extrême gauche Besancenot et une extrême droite antisémite, qui vouent la même admiration au Hamas, et reprenaient les mêmes mots d’ordre, lors des événements de Gaza.

Il se situe entre les Résistants et les autres. Entre ceux qui se battent pour retrouver une liberté d’expression confisquée depuis plus de vingt ans par la dictature du politiquement correct, et les maîtres-censeurs liberticides. Entre ceux qui veulent que la France, et ses principes républicains, sociaux, laïques et féministes, existent encore, et ceux qui sont prêts à la brader, au nom de la mondialisation libérale, de l’Union européenne, de la laïcité positive et de l’alibi écologiste, en laissant les islamistes communautariser petit à petit notre pays, et nous imposer la charia.

Et si des franges de la jeunesse basculent dans cette Résistance, tout est possible…


DEBATS LAIQUES

En tenant une conférence au "Local", j’ai vécu une expérience magnifique

vendredi 12 mars 2010, par Véronique Hervouet


J’ai lu que Riposte Laïque était invité au Local, à Paris, le 18 mars prochain, et que cela avait été le prétexte de quelques articles insultants à votre encontre, qui n’honorent pas leurs auteurs. Je souhaiterais apporter mon témoignage, ayant moi-même tenu une conférence, il y a quelques mois, dans ce lieu tant décrié par la bien-pensance sectaire et gauchisante

Je suis allée au Local le 16 septembre 2009 faire un exposé sur la crise identitaire, à l’invitation du Cercle Aristote, présidé par Pierre-Yves Rougeyron..

Comme je ne connaissais ni le lieu ni l’homme qui m’y conviait, je suis allée jeter un coup d’œil sur internet.

Je découvris alors la réputation sulfureuse du Local, associé au nom de Serge Ayoub, qui s’était illustré dans ses jeunes années au sein de la mouvance « skin-head ».

Je remarquai par contre que les invités du Cercle Aristote, qui étaient précédemment intervenus au Local, étaient tous des intellectuels et hommes politiques de grande qualité, connus pour leur étique 1. C’est ce qui m’a décidée à accepter l’invitation.

Le 16 septembre, j’arrivai donc vers 19h dans ce quartier commerçant et résidentiel (tendance « bobo ») du XVe arrondissement. Le Local présente la façade close et noire d’une boîte ou d’un bar de nuit. La porte était ouverte et j’entrai. Dans la semi-obscurité je crus tout d’abord que les lieux étaient vides. Mais je distinguai vite, à gauche de l’entrée, un bar imposant où officiait un barman en jean et T-shirt. Deux hommes vinrent à ma rencontre et se présentèrent : Pierre-Yves Rougeyron et Serge Ayoub.

J’étais surprise de l’étroitesse des lieux et pensais qu’il existait sans doute une arrière-salle pour les conférences. Mais ce n’était pas le cas. Le décors, sombre et kitch mais réalisé avec soin, me mettait plutôt mal à l’aise. « Tout a été fait par les jeunes qui viennent ici », m’expliqua Pierre-Yves Rougeyron. Tandis que j’avisais les peintures à l’huile exposées au mur, je compris dans son propos qu’il assumait avec Serge Ayoub une fonction salutaire d’animation et d’encadrement pédagogique dans ce lieu où des jeunes, victimes de la conjoncture économique et politique, viennent chercher dialogue et refuge.

Dans cet espace anachronique, je pensais à mes invités. Le premier arrivé, un psychologue, le regard inquiet et hagard, bredouilla des excuses et préféra illico s’éclipser. Cette piteuse capitulation donna une telle consistance au politiquement correct et à la force des préjugés que ça m’aida à me débarrasser des miens.

Ensuite, c’est avec bonheur et surprise que je vis tous les autres invités entrer et prendre place sur les chaises et banquettes de velours rouge. La salle était maintenant pleine. Quinze ou vingt jeunes étaient sagement agglutinés au bar. Ceux-ci s’en détachèrent et firent cercle quand on annonça le début de mon intervention. Elle se réalisa dans le plus grand silence.

Le débat qui suivit fut animé par de nombreuses et intéressantes questions. Elles témoignaient de l’intérêt soutenu d’une audience de très grande qualité qui devint activement participante.

Les jeunes restèrent pour la plupart attentifs et silencieux, mais certains attendirent la fin du débat pour venir me parler. J’ai alors découvert, tant dans leur écoute silencieuse que dans leurs questions, cette jeunesse française issue des milieux populaires dont on ne parle jamais, parce qu’elle ne fait partie d’aucune « minorité » et à ce titre abandonnée à son sort par les institutions.

Une jeunesse qui subit de plein fouet les conséquences d’un enseignement public dégradé, le chômage occasionné par la course au profit, les délocalisations, la concurrence et la baisse salariale engendrées par l’immigration de masse. Une jeunesse exposée au quotidien et en première ligne à la violence ethno-religieuse encouragée par la politique racialiste menée par les pouvoirs publics et relayée par les médias. Cette violence qui a cours dans les « cités » où ces jeunes résident et sont minoritaires, parce que leur situation économique ne leur permet pas de les quitter.

Je garde de mon passage au Local le souvenir ému d’un lieu où il y eut une véritable communion entre des gens d’horizons les plus divers. Une mixité sociale inouïe, comme je n’en avais jamais vu. Magnifique.

Véronique Hervouët

Lire interview de Pierre-Yves Rougeyron accordée à Riposte Laïque, où il cite le nom de tous les intervenants qui ont animé une conférence au Local.

 

http://www.ripostelaique.com/squelettes/_ressources/header3.jpg

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 01:53
Amis et soutiens de tous ceux qui, d'où qu'ils viennent, militent sincèrement pour la République, nous avons appris récemment la création d'une nouvelle association républicaine, appelé "Le Cercle Aristote", auquel nous souhaitons évidemment pleine réussite. Nous vous en offrons ci-dessous une courte présentation, ainsi que les contacts :

L'objectif de cette "association de formation politique républicaine" est "de donner une culture politique réelle à des citoyens ou à des militants. Pour ce faire l'association organisera des conférences deux fois par semaine plus des rencontres avec différents intervenants (universitaires, militants, associatifs). Il a pour but d'être une passerelle entre les différents mouvements patriotes, républicains, souverainistes. Sans exclusive, nous espérons pouvoir former des militants et des cadres ainsi que des citoyens suivant le vœux de Bernanos, 'il faut refaire des hommes libres'. Nous entendons par le contact avec les textes promouvoir les idées de nation, de souveraineté, de laïcité, et également tenter autant que faire se puisse de dégager une mémoire française pour éviter de voir au sein des républicains authentiques réapparaître de vieux clivage aujourd'hui dénué de fondements."

A partir de septembre, le Cercle Aristote organise à Paris (centre Saint-Paul) des conférences, chaque lundi et jeudi soir. (
voir l'affiche)





Contact : Mr Pierre Yves Rougeyron
06 17 69 32 93
rougeyron.pierresyves@neuf.fr

L’INTERVIEW DE LA SEMAINE

Pierre-Yves Rougeyron, président du cercle Aristote

vendredi 5 mars 2010, par Brigitte Bré Bayle


Riposte Laïque : Peux-tu présenter le cercle Aristote, dont tu es le président ?

Pierre-Yves Rougeyron : Le Cercle Aristote a été créé en octobre 2008 avec pour vocation de vulgariser la culture politique à l’usage des "jeunes". Nous sommes partis du constat avec quelques amis qu’il fallait non pas évangéliser politiquement - ce qui n’a plus aucun sens - mais tenter de redonner à quelques uns une réflexion sur le bien commun.

Nous avons donc donné des cours d’histoire des idées et des conférences avec des intellectuels. Nous essayons de refaire un peu de lien social et d’unir des gens en dehors des anathèmes, des flics de la pensée et des tenanciers de fiche de police. Je ne sais pas si les Français s’en rendent compte, mais moi qui ait connu d’autres cultures, cela me frappe à quel point les Français sont politiques mais surtout à quel point il y a en France une atmosphère de guerre civile de basse intensité. Il y a des haines farouches sur des mots, des gestes ou des pensées que tel ou tel aurait. Pour ma part, je crois aux bienfaits du débat. Le débat public est mort, donc il doit repartir de la base.

Nous cherchions une ambiance de France Libre face au totalitarisme rampant de la pensée unique. Pour préciser, je vous dirais que la liberté d’exister, de penser et de parler, elle est d’abord pour celui qui ne pense pas comme nous, sinon elle n’a pas de sens. Diviser le peuple comme la gauche post-socialiste le fait au nom de la correction et de la rectitude post-républicaine (la droite d’argent c’est son rôle historique donc elle est fidèle à elle-même) me dégoûte. Nous essayons par la culture de faire se parler les gens à travers ce qui nous divise. Péguy n’écrivait-il pas : "Ce qui élève unit".

Riposte Laïque : Quel milieu social et professionnel se retrouve au sein du cercle Aristote ?

Pierre-Yves Rougeyron : C’est le plus intéressant, en dehors de nos conférenciers bien sûr. Notre équipe est composée, comme notre public, autant profesionnellement que socialement, d’un panel large et varié tout à fait sgnificatif de la France qui s’engage. Nous sommes composés d’étudiants et d’actifs issus de diverses sensibilités syndicales et politiques mais toujours avec cet attachement au bien commun de la Frace c’est-à-dire la "res-publica". Le moins que l’on puisse dire c’est que le public est plus qu’ouvert : avocats, chefs d’entreprise, étudiants, artisans, chômeurs, retraités. En un mot du bac pro au normalien et du RMI à l’ISF. Où tous ces gens peuvent-ils se croiser et surtout se parler en France aujourd’hui ?

Riposte Laïque : Avez-vous d’autres activités que les conférences que vous organisez régulièrement ?

Pierre-Yves Rougeyron : Nous organisons en moyenne un conférence et signature d’ouvrage par semaine. Nous en donnons parfois sur invitation. Nous préparons l’édition d’un ouvrage sur l’idée de Nation au XXIe siècle qui sortira cette année avec une quarantaine de contributions. Nous espérons reprendre le cycle de cours prochainement.

Riposte Laïque : Pourquoi organiser les conférences du cercle Aristote au "Local", en sachant que ce lieu est souvent amalgamé au nom de Serge Ayoub, et au milieu skin parisien ? Ne craignez-vous pas pour la respectabilité de votre association ?

Pierre-Yves Rougeyron : Je répondrais en trois points. L’association qui gère le Local dans lequel M. Ayoub est bénévole nous invite. Un lieu monté par des jeunes pour des jeunes nous n’allions pas refuser.

Par ailleurs, Serge est un ami et je ne déjugerai jamais l’un des miens. C’est un homme brillant, il n’a pas volé sa maîtrise d’histoire et il écrit très bien (je vous renvoie à ses ouvrages). De plus, mon père étant radical-socialiste, il m’a appris qu’un homme change et je refuse de juger un homme via des sobriquets qu’on lui donnait quand il avait 19 ans. Il en a aujourd’hui 45. Je me permets d’interroger vos lecteurs si à l’école on les appelait Mickey, grande oreilles ou calculette, est-ce qu’on les appelle encore Mickey ou grandes oreilles. S’il avait été proche d’Action directe (qui eux ont fait des crimes de sang) cela ne poserait AUCUN problème. Il n’a jamais été condamné pour racisme, ce qui est étrange pour quelqu’un d’aussi sulfureux vous ne trouvez pas ?

Il est issu des rangs d’un mouvement de jeunes de classe moyenne, proche du mouvement punk qui a marqué les années 80 (c’est à leur look que l’on doit Jean-Paul Gaultier), mouvement qui se voulait révolutionnaire dans un temps de gestion. Un mouvement dur et turbulent c’est vrai mais qui est fini et a disparu depuis longtemps (sans-culottes et chouans d’une société déjà post-industrielle, repue et rompue). J’avais 9 ans quand cette aventure a pris fin, j’en ai 23 aujourd’hui. Je refuse de m’ériger censeur avec près de 15 ans de rétrospective c’est trop commode. Je sais sans trahir sa pensée que pour lui il y a un clivage dans la société : les riches et les pauvres. Simpliste ? Beaucoup moins qu’il n’y paraît. Je peux penser différemment mais je le respecte comme je respecte les hommes qui se battent pour ce qu’ils croient.

Enfin, je suis profondément républicain, dans le vrai sens de ce mot et je renvoie les gens aux écrits du plus grand des nôtres, Regis Debray. La République c’est l’unité du corps politique sous la loi. Il n’y a pas de territoires perdus de la République, il n’y a pas de territoires perdus de la France. Je ne mets personne au ban qui ne s’y soit mis tout seul. Ils sont quelques soient leurs pensées des Français qui se battent et se débattent face au néant de la société actuelle. Je ne peux, en tant qu’homme, que comprendre sans pour autant toujours admettre leurs erreurs car elles sont commises avec honnêteté. ils ne forment pas un milieu unifié mais au contraire extraordinairement divers. Ils ouvrent leur porte à qui le veut à condition de venir dans un esprit de dialogue. Malraux disait que le gaullisme c’est le métro à 6 heures, c’est un peu cela. Ils sont fréquentables et j’estime être respectable. Les caricatures existent, j’en ai rencontré très peu, voir moins que dans d’autres milieux. La bêtise n’a pas de camp.

Riposte Laïque : Quels ont été vos invités, depuis que vous organisez ces conférences, et sur quels thèmes sont-ils intervenus ?

Pierre-Yves Rougeyron : Les thèmes sont très divers. Cela peut porter sur des auteurs comme Marx, Georges Orwell, Chesterton, Bainville, Arnaud Imatz ou Machiavel. Nous avions reçu Claude Rochet sur Machiavel ou Denis Collin théoricien autogestionnaire absolument brillant et fort sympathique sur Marx. Parfois des thèmes philosophiques comme la société de l’indisctinction par le groupe philosophique l’international, la souveraineté ou le sens de la mesure par Jean François Mattéi.

Nous abordons également des problèmes plus contemporains comme l’éducation (nous avons reçu Véronique Bouzou qui est une courageuse enseignante dont je vous conseille les ouvrages), le communautarisme (Julien Landfried un jeune homme brillant et lui aussi courageux), l’auto-ségrégation sociale vu par Michèle Tribalat, la stratégie (François Bernard-Huyghe), la criminalité par le jeune et très pertinent criminologue mais également philosophe David Mascré, l’Europe pour laquelle nous avions reçu Roland Hureaux (haut fonctionnaire et essayiste de grand talent), la braderie du patrimoine public (Jean Roux, commissaire aux comptes) et Véronique Hervouet sur la crise identitaire.

Nous insistons également sur la situation internationale avec des auteurs comme Pierre Hillard, Antoine Assaf sur le Proche-Orient (il est le philosophe attaché au commandement de la marine nationale), Louis Dalmas directeur de B.I (ex-Balkans Infos), Jean-Paul Gourévitch sur les problèmes de co-développement et Jean-Marie Vianney Ndagijimana ancien ministre des affaires étrangères rwandais sur les tragiques évènements du Rwanda. Nous avons également fait un cycle de 6 conférences à ce jour sur la Russie avec mon camarade Romain et le Père Alexandre Signakov représentant en France de l’Eglise orthodoxe de Moscou.

Nous attachons une grande importance aux problèmes économiques, nous avons donc eu pour invité Herbé Beaudin (brillant haut fonctionnaire) et Jean-Luc Gréau, économiste reconnu pour son acuité. Nous terminons actuellement un cycle sur la langue et l’écriture où nous avons reçu Denis Griesmar (ancien président de la société française des traducteurs), Stéphane Giocanti qui a écrit une savoureuse histoire politique de la littérature et Philippe de Saint Robert sur la figure de l’écrivain.

Riposte Laïque : Vous allez inviter, le jeudi 18 mars, Riposte Laïque, par la voix de Pierre Cassen, qui animera une conférence sur le thème de la défense de la laïcité, en France, en 2010. Pourquoi cette invitation ?

Pierre-Yves Rougeyron : Pour trois raisons. La première par souci d’équité, nous avons eu une conférence d’un jeune historien du droit absolument formidable qui s’appelle Guillaume Bernard sur la laïcité positive et qui était plutôt critique d’un point de vue historique. La seconde par attachement personnel au principe républicain de laïcité. J’ai été élevé par des maîtres issus de la libre pensée. Pour moi l’histoire de France est un bloc. La volonté d’indépendance de la France contre les puissances temporelles et spirituelles nous a value de devoir résister un temps à l’entreprise hégémonique de la papauté (Philippe le Bel, Louis XIV et Napoléon par exemple). La République a terminé ce processus historique. Il est hors de question qu’elle fasse l’objet d’une tractation. Enfin, notre but étant de faire se rencontrer des gens biens, d’honnête homme à honnête homme c’est un honneur de recevoir Riposte Laïque qui est peut être l’une des seules bonnes surprises venues de la gauche ces dernières années avec ATTAC première époque ou le MPEP.

Riposte Laïque : Comment le Républicain que tu es voit-il la situation politique française, à la veille des élections régionales, et qu’attends-tu de nouveau ?

Pierre-Yves Rougeyron : Je vous répondrais par deux termes : vide et bloquée. Une absence d’idées dont la constance dans la lâcheté et la médiocrité force le respect. Un décompte ininterrompu de petites phrases pas "très catholiques".

Issu d’une tradition jacobine, je me méfie donc des potentats locaux surtout dans le domaine de la laïcité où ils sont prêts à tous les accommodements aussi déraisonnables soient-ils. Nous sommes dans une crise économique majeure, le rapport de force international est en train de changer, les pays de l’Europe occidentale vivent un malaise profond comme l’a dénoté le vote suisse sur les minarets et à cela nous faisons la politique du chien crevé au fil de l’eau marquée par ce lamentable débat sur l’identité nationale (lamentable pas uniquement à cause de Besson qui si il est lamentable au moins n’est pas seul).

Ces élections ne valent même pas par un rapport de force interne qu’elles mesureraient, mais à la rigueur par l’aperçu du rapport de rejet qui existe entre les Français et l’élite dirigeante. J’attends juste les résultats des petites listes. Ce sont dans les petites structures où la pensée politique se maintient. Pour le reste travaillons et témoignons car il faut bien que quelqu’un écrive quand Rome brûle.

Propos recueillis par Brigitte Bré Bayle

 

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 09:23
Ces videos, que j'ai la flemme de traduire, sont passionnantes.

Bezmenov explique que l'espionnage représentait 10 à 15 % des activités du KGB. Le reste était de la subversion, ouverte, publique.

Le but de la subversion est de vaincre l'adversaire sans guerre, de lui faire perdre toute envie de se défendre (« Plutôt rouge que mort »). Pour cela, on applique la technique de l'aïkido : on aide et on prolonge les mouvements de l'ennemi qui vont dans un sens favorable.

Par exemple, Bezmenov cite la dégradation de l'enseignement. Comme il a un certain humour, il parle des heures perdues d'enseignement des mathématiques au profit de l'éducation sexuelle. Il insiste sur le fait que le sexe étant anti-guerrier, quand on passe son temps à baiser ou à y penser, on songe assez peu à charger en hurlant «Vive la France !», la pornographie est à l'avantage des ennemis.

Il parle même des militants homosexuels comme un des multiples moyens d'antagoniser la société.

Il évoque aussi la médiocrité des journalistes, qu'il faut absolument encourager.

Il parle également de la nécessité de dénigrer tous ceux qui maintiennent l'ordre, les policiers et les militaires, de l'importance de faire du voyou une figure romantique ou une victime.

Et enfin, il insiste sur l'aspect dévastateur de l'égalitarisme imposé d'en haut.

Il décrit quatre stades :

1) Démoralisation (à ce stade, le processus peut être stoppé en ne donnant pas un temps de parole égale aux ennemis de la société et à ses défenseurs. Il faut refuser l'importation d'idées et de pratiques étrangères, il faut préserver son mode de vie. Le Japon est un exemple. Mais la vraie barrière a la subversion soviétique est la religion ! La démonstration 2+2 = 4 au 7ème film est marrante mais très vraie. C'est bien, au fond des choses, la religion qui a arrêté l'URSS en Afghanistan. Si vous avez la foi, la propagande subversive glissera sur vous.).

2) Déstabilisation (à ce stade, le processus peut être stoppé en limitant les libertés des ennemis de la société,en empêchant les groupes qui se déclarent ennemis de la société, par exemple les militants homosexuels de Los Angeles -c'est l'exemple donné par Bezmenoz- d'avoir la parole et de gagner du pouvoir politique. Il parle aussi de freiner le consumérisme compulsif, qui est aussi une aide au communisme - voir Le communisme de marché, de Flora Montcornet).

3) Crise (à ce stade, le processus peut être stoppé par un coup d'Etat, comme au Chili)

4) Normalisation (à ce stade, le processus peut être stoppé par une intervention militaire étrangère, comme les USA à Grenade). L'humour noir de ce stade est que la première étape est l'exécution ou la déportation de tous les «idiots utiles», ces agitateurs qui ont travaillé contre leur pays et vous ont permis de prendre le pouvoir. Une fois qu'ils sont devenus inutiles, il faut s'en débarrasser, puisque vous les avez formés, endoctrinés, à emmerder le monde et qu'ils pourraient se retourner contre vous (cette tradition, qui est consubstantielle au marxisme, a été inaugurée par Lénine qui a fait exécuté tous les anarchistes qui l'ont aidé dès 1917-1918. Castro n'a pas agi autrement avec Guevara).

Ces videos datent de 1983 mais nous rappellent des choses très actuelles ! On remarquera que la subversion a parfaitement réussi, puisque de très larges franges des sociétés occidentales, les trop fameux «citoyens du monde», estiment que nos sociétés ne valent pas la peine d'être défendues et que, parmi ces dénationalisés, figurent nos élites. Il n'était cependant pas prévu que l'URSS s'écroulerait encore plus vite.

Comment, en pratique, arriver à subvertir un pays ? En aidant ceux qui vont dans le «bon» sens, constamment, avec patience, pendant des décennies, et entretenir de grands fichiers relationnels, pour que chaque pion conquis aide à conquérir les suivants. Comme, en face, il n'y a pas de contre-pouvoir d'influence aussi méthodique, la subversion finit par gagner, exactement comme l'eau, à force de peser constamment, fait sauter les digues.

On retombe sur la thèse de Maurice Druon dans La France aux ordres d'un cadavre : l'URSS a disparu, mais les idées qu'elle a infusées dirigent la France.


  Selon les pays, le terme libéral peut recouvrir des idéologies diversement placées sur l'échiquier politique. Ainsi aux États-Unis le mot liberal (ou left-liberal) désigne les progressistes, depuis le maccarthisme qui poussa de nombreux socialistes à se faire discret, le meilleur équivalent à l'adjectif libéral serait donc classical liberal ou libertarian dans ce pays. Au Royaume-Uni et au Canada, la situation est intermédiaire, le mot liberal fait à la fois référence à la gauche réformiste, qui est social-démocrate, mais aussi à la philosophie libérale selon le contexte ; dans ces pays la notion classique de libéralisme est plus souvent prônée par les partis dits conservateurs (qui peuvent aussi prôner ou ne pas prôner différents types de conservatisme de façon variable, selon le cas). En France, il existe de nouveau un parti revendiqué libéral. Il existe également un Parti libéral au Canada. Enfin, au Japon, le parti dit libéral est un parti conservateur et en Autriche nationaliste.

 





LA FRANCE AUX ORDRES D’UN CADAVRE


Le dernier livre de Maurice Druon (La France aux ordres d’un cadavre), ne manque pas de tonus pour dénoncer, avec courage et lucidité, la permanence de l’influence marxiste en France.


Tout a commencé il y a 80 ans lorsque, à Tours, les mouvements socialistes, au lieu de s’unir, comme il était convenu, pour le bien du genre humain, se scindent en deux tendances comparables aux mencheviks et aux bolcheviks : d’une part, la S.F.I.O. proprement dite et, d’autre part, la Section Française de l’Internationale communiste, devenue presque aussitôt le Parti communiste français, avec sa filiale syndicale, la Confédération Générale du Travail Unitaire (C.G.T.U.). Depuis, une grande partie de l’Histoire de la France se décide à Moscou et s’applique, grâce à des intermédiaires dévoués, à Paris. C’est le point de départ du dernier livre (La France aux ordres d’un cadavre, Editions du Rocher et de Fallois, octobre 2000) de l’académicien Maurice Druon qui n’est autre chose qu’un diagnostic implacable de la France d’aujourd’hui. C’est la soumission continue de notre pays aux ordres de Moscou et à la pensée marxiste qui provoque l’ire de Druon. C’est la servilité de tous ces valets, de Thorez à Marchais, en passant par Duclos, qui a poussé l’académicien à écrire ce brûlot.

L’autre visage de l’Histoire apparaît clairement dès le Front populaire (terme inventé par Thorez) lorsque celui-ci est instauré pour servir la politique étrangère de l’URSS. Habiles, les communistes, en suivant les ordres de Staline, refusent de participer au gouvernement mais font adopter les réformes qui se révéleront catastrophiques pour l’économie française : baisse de la durée hebdomadaire du travail (elle visait à résorber le chômage, ce qui se révéla faux, déjà !), création de l’Office du blé, nationalisation de la Banque de France, nationalisation des industries de l’armement. Ce gouvernement ne dura que onze mois mais ses effets furent durables…

Pendant l’Occupation, les communistes creusent leur nid. Après avoir été les alliés d’Hitler (on oublie trop souvent en France que le PCF a été le seul parti allié du national-socialisme), ceux-ci deviennent leurs ennemis mais aux ordres de Moscou et dès la Libération réclament leur dû. Ils n’eurent pas l’armement dans le gouvernement de Gaulle, ni l’Intérieur, mais en compensation Thorez reçut la Fonction publique. Et c’est le 5 octobre 1946 que Thorez fait signer la loi sur le statut des fonctionnaires qui est encore valable aujourd’hui. Elle était faite pour que l’administration soit pléthorique et que les procédures soient toujours lentes et, surtout, à ce qu’on ne puisse jamais réformer l’Etat.

Peu de lois ont été aussi solides ! C’est la loi Thorez qui a installé le pouvoir syndical qui ampute celui des ministres, elle a créé les Commissions paritaires qui donnent aux syndicats une large part d’autorité, généralement paralysante, sur la gestion des personnels et la marche même des services (quand un ministre prend sa charge, il doit obligatoirement réserver trois précieuses heures pour entendre les représentants syndicaux exposer leurs revendications). Cette loi a représenté la création de l’Etat schizophrène qui survit encore aujourd’hui.

« Si la France décline, constate Druon avec lucidité et amertume, si elle n’occupe plus en Europe et dans le monde la place et le rang qui devraient être les siens, c’est en grande partie parce qu’elle est malade de sa fonction publique. Ses organes essentiels souffrent d"une infection pernicieuse ». Si la France est malade, c’est à cause de son administration énorme, de ses 20 000 emplois fictifs (des fonctionnaires mis à la disposition des syndicats alors que ceux-ci ne représentent plus que 6,1 % de la population active), de l’argent colossal qui est englouti par l’Etat.

Pourquoi s’obstine-t-on à sauvegarder des entreprises nationalisées qui côutent très cher aux contribuables ? Ce sont les syndicats qui veillent : à la SNCF, il n’y a pas moins de 3 000 préposés, payés par l’entreprise, qui ne s’occupent de rien d’autre que du « dialogue social », et de gérer les dix à trente préavis de grève quotidiens, en période « calme », et jusqu’à cent dans les moments de crise. Si l’URSS a prôné le « stakhanovisme », les services publics français encouragent le « stakhanovisme » à l’envers. Moins on travaille, mieux on sera recompensé !

Dans un pays où l’égalitarisme fait figure de loi fondamentale, les riches s’exilent à l’étranger, avec les jeunes en quête d’ascension sociale, et les assistés augmentent. Comment ce pays pourrait-il être prospère quand les charges qui pèsent sur le contribuable s élèvent à 62 % du revenu moyen individuel ? Quel avenir pourrait-il avoir quand 20 % des élèves sont incapables de lire et d’écrire à la sortie de l’école primaire? « Désapprendre » a été et reste le mot d’ordre de l’éducation en France depuis que les syndicats s’en sont emparés et depuis que Marx et Lénine ont remplacé Tocqueville.

Une centaine de pages suffit pour rendre compte d’un désastre lorsqu’elles sont écrites avec colère, mais aussi avec beaucoup de talent, par un écrivain reconnu surtout pour ses talents de romancier. Et cette fois-ci, il ne s’agit plus d’un roi maudit, mais d’un pays qui paraît maudit, à la solde d’un cadavre idéologique qui bouge encore.


Lisez le dossier sur le WEB Résistant

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 11:15

Vous avez souvent exprimé le souhait sur le forum et dans vos commentaires, de voir un groupement se former qui ait un discours dénonçant les dangers de l’islam avec un vrai plan d’action concerté et qui ne soit pas cantonné dans l’extrème-droite ou issue d’elle.

Eh bien cette association la voici enfin !  Vérité, Valeur et Démocratie
Nous avons posé quelques questions aux fondateurs pour vous la présenter et vous permettre de vous faire une première opinion.  Parce qu’il est temps de commencer à nous organiser pour agir…

 

-Vous définiriez-vous comme une association anti-Islam ou est-ce réducteur ?

Notre action vise uniquement à être vigilants sur le respect des lois, des principes de la République Française et des droits de l’Homme et à informer et agir contre tout ce qui nous parait être une dérive ou une attaque de ces valeurs au regard des prétentions islamiques actuelles.

Pour répondre à votre question, non, nous ne luttons pas contre l’islam. Personne chez VV&D ne réclame le bombardement de la Mecque, la destruction de toutes les mosquées de la planète ni l’élimination ou l’incarcération de tous les musulmans présents sur terre. L’islam ne nous intéresse aucunement, c’est l’affaire des musulmans.

Notre action vise uniquement à défendre notre Démocratie, à être vigilants sur le respect des lois, des principes de la République Française et des droits de l’Homme et à informer et agir contre tout ce qui nous parait être une dérive ou une attaque de ces valeurs au regard des prétentions islamiques actuelles. Ce sont les effets politiques de l’islam sur notre société et l’opportunité ou non d’en tolérer le développement qui sont notre préoccupation.

Les vraies questions qui sous-tendent notre action sont en effet les suivantes:

 -Les enseignements des propagateurs de l’idéologie islamique, telle qu’elle est aujourd’hui, sont-ils en accord avec les règles qui régissent notre société?

 -Les enseignements de l’idéologie islamique, telle qu’elle est aujourd’hui, sont-ils compatibles avec le respect de nos lois, de la nature laïque et républicaine de la France, des droits de l’Homme?

Que les personnes aient des croyances et désirent avoir des pratiques cultuelles s’y rapportant est un droit constitutionnel, tant qu’il n’y a pas de trouble à l’ordre public, personne ne peut rien y redire. Que d’autres personnes au nom d’une croyance violent des lois, commettent des délits ou empiètent sur les libertés individuelles des autres citoyens et on entre alors sur un tout autre terrain que celui de la religion, c’est là que se trouve VV&D, dans le camp de la Démocratie et de la Loi.

Si certains en tirent les conclusions que les valeurs de l’islam sont attaquées par un tel combat, cela ne fait que montrer qu’ils reconnaissent eux même que leur islam ne se situe pas dans le cadre de la Démocratie et de nos institutions, ce qui est plutôt révélateur.


- Pourriez-vous présenter succinctement le profil des fondateurs de l’association ?


Nous avons tenu dès le début à ce que l’association soit politiquement, religieusement et philosophiquement neutre.


Les fondateurs de Vérité, valeurs et Démocratie sont des citoyens parfaitement ordinaires, nous sommes membres d’aucun parti, nous avons tenu dès le début à ce que l’association soit politiquement, religieusement et philosophiquement neutre. Nos membres peuvent venir de tous les horizons culturels car nous nous retrouvons autour des valeurs de la République: Démocratie, Laïcité, droits de l’Homme qui sont le socle commun de tous les citoyens français.

La polémique gratuite et les invectives ne nous intéressent pas, nos outils sont la Constitution Française et les lois de notre pays. Les débats d’opinions sur les religions ne sont pas de notre ressort, les croyances sont libres en France, seuls les actes sont punissables s’il violent les lois et attentent à l’ordre public. 

 

-Y a-t-il un élément déclencheur, un événement particulier qui vous a décidé à fonder l’association ?

J’ai donc acheté un Coran, ce fût mon événement déclencheur.

Comme tout le monde j’imagine, j’avais remarqué les femmes voilées qui envahissaient les rues, ces mentions “hallal” qui fleurissent sur les boucheries, des gens barbus affichant par leurs tenues leur étiquette religieuse. Les médias se sont mis à parler d’intégristes, d’islamistes, de musulmans modérés, de terrorisme, alors plutôt que de tomber dans les préjugés j’ai voulu savoir par moi même ce qu’il y avait à la base de cet “islam” que je ne connaissais pas et qui était partout autour de moi.

J’ai donc acheté un Coran, ce fût mon événement déclencheur. J’y ai découvert la haine, la culpabilisation, les menaces, la violence et l’apologie récurrente de la violence et du fanatisme aveugle, j’y ai découvert les hommes réduits au rang d’esclaves par un dieu qui crée des gens pour les brûler éternellement.

J’ai été tellement choqué par cette lecture que j’ai relu ce Coran encore deux fois pour être certain de ne pas passer à côté de quelque chose d’important qui atténuerait cet état de malaise, mais non, rien, à chaque lecture c’était pire qu’à la précédente, les femmes traitées en êtres inférieurs, guerre sainte obligatoire, mutilations, juifs à égorger, vénération obligatoire d’un prophète illettré, terreur et coercition jusqu’à ce qu’Allah règne en maître.

Une fois le livre refermé, la première question que je me suis posé fût: Est-ce que les gens savent ce qui est dans ce livre? J’avais de la peine à croire que des personnes que je croisais tous les jours dans la rue considéraient ce que je venais de lire comme la parole d’un dieu et un exemple à suivre, les femmes en particulier.

Alors j’ai continué à me documenter, j’ai lu les hadith, des biographies de Mahomet, la sunna et j’ai posé des questions autour de moi, et je me suis rendu compte que les non musulmans ne connaissaient rien à l’islam. Encore plus étonnant, la majorité des musulmans interrogés en connaissaient à peine plus, leur foi était une sorte de pratique culturelle, un bricolage entre la tradition et la vie quotidienne, un héritage familial plus ou moins assimilé à une part de leur identité.

Mais il y avait aussi des personnes qui connaissent très bien le contenu du Coran et de la sunna et eux, n’hésitent pas à dire (en privé bien sûr) que notre société va changer, de gré ou de force, pour faire une place à l’islam et à ses valeurs y compris celles qui violent nos usages et nos lois.

“C’ est Lui (Allah) qui a envoyé Son messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu’ elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu’ en aient les associateurs.” (Coran, 9 : 33).

Ces personnes, les prêcheurs d’une idéologie islamique qui se cache derrière le paravent de la religion, s’attaquent aujourd’hui même en toute impunité aux fondements même de notre société et cherchent par la tromperie et la manipulation à transformer des citoyens peu avertis en victimes d’un système qui les aliène de leur droits et les transforme en instruments plus ou moins conscients dans une guerre de civilisation.
La nécessité de réagir s’est alors éthiquement imposée. Ne rien faire quand on ne sait pas est excusable, continuer à ne rien faire alors que l’on sait, c’est être complice. Vérité, valeurs et Démocratie est alors née. La vérité est notre arme, les valeurs humanistes et laïques de la République et des droits de l’Homme sont nos guides, la Démocratie notre camp.

 

- Avez-vous un plan d’action, de quelle manière et par quel(s) moyen(s) comptez-vous agir ?


Les gens imaginent que nos décideurs, par la magie du mandat électoral, connaissent tout sur tout, et donc, ont un avis informé sur l’islam. C’est loin d’être le cas… 

Au plan national, notre priorité est l’information des décideurs institutionnels, des membres de la représentation nationale (députés et sénateurs). Rien ne peut être fait sans eux, ce sont les représentants de la Nation, ils font les lois et leur rôle est de défendre nos institutions. Or comment peut-on se défendre de quoi que ce soit quand on ignore comment et par qui on est attaqué?

Les gens imaginent que nos décideurs, par la magie du mandat électoral, connaissent tout sur tout, et donc, ont un avis informé sur l’islam. C’est loin d’être le cas, ils le reconnaissent eux même. C’est d’ailleurs une des raisons de la création de la commission d’enquête parlementaire sur la pratique du port de la burqa, s’informer sur ce qui amène certaines femmes à se comporter ainsi, il est bien possible qu’ils y découvrent bien plus que ce qu’ils s’attendaient à trouver… Et c’est très bien!
Découvrir une vérité déplaisante n’est peut être pas toujours agréable, mais on ne peut nier qu’il soit nécéssaire d’avoir les yeux ouverts quand on marche au bord d’un précipice.


Nous mettons en place un réseau régional chargé de contacter et d’informer les maires sur le contenu de l’islam.

Ce sont le maires qui, concrètement, en signant des autorisations de construire des mosquées, en finançant des “centres culturels” et bientôt des écoles confessionnelles, permettent à l’idéologie islamique de se répandre sans aucun contrôle alors même qu’ils en ignorent le contenu. De manière locale nous mettons en place un réseau régional chargé de contacter et d’informer les maires sur le contenu de l’islam.

Les maires sont les représentants de l’Etat, ils ont en charge la préservation de l’ordre public dans leur commune ainsi que la protection de leurs administrés (y compris des femmes se trouvant dans des environnements musulmans comme certains semblent l’oublier). Leur devoir est de vérifier en connaissance de cause la nature inoffensive pour la société et les individus de toute activité ou demande de construction à but cultuel, culturel ou éducatif (pas seulement celles en rapport avec l’islam bien sûr). Or cette vérification n’a jamais lieu, ou presque, par manque d’information de nos élus sur le contenu de l’idéologie islamique. L’idée prévalente étant que “l’islam est une religion comme une autre” ce qui malheureusement ne soutient pas un examen attentif de ses textes fondamentaux.


Nous allons aussi mettre en place des “cercles de réflexion et de proposition”


Nous allons aussi mettre en place des “cercles de réflexion et de proposition” car dénoncer les problèmes n’est pas suffisant. En tant que citoyen nous pouvons aussi participer à l’élaboration de solutions qui, si c’est possible, permettront à l’islam de trouver une place paisible dans notre société, dans le respect de nos institutions et de la Démocratie.
Pour la diffusion de nos information dans le grand public nous avons mis au point des conférences d’information, nous avons le projet de réaliser des enregistrements de ces conférences afin de pouvoir les diffuser largement. (note: Toute personne ayant des compétences dans le domaine du multimédia et intéressée à collaborer à l’élaboration de ce projet sera la bienvenue!). 

-Comptez-vous par exemple organiser des manifestations comme on commence à en voir en Grande-Bretagne ?


Les manifestations exposeraient les citoyens à la violence des fanatiques islamistes pour une lisibilité douteuse au niveau médiatique. 

Non, ce n’est pas un de nos objectifs actuels, les manifestations exposeraient les citoyens à la violence des fanatiques islamistes pour une lisibilité douteuse au niveau médiatique. Il suffirait qu’un excité xénophobe se joigne à la manifestation et se fasse remarquer pour que toute l’action soit dénoncée par les médias comme d’extrême-droite, raciste ou xénophobe (et très probablement les trois à la fois). Notre but n’est pas de provoquer des troubles même s’ils ne sont pas de notre fait, simplement de faire respecter nos lois, et ce n’est pas dans la rue que cela se fait. 
 

- Etes-vous prêt à essuyer les attaques en règle et les appellations d’extrême-droite, de raciste ou d’islamophobe qui sont employées généralement par les médias pour discréditer toute personne ou association qui critique l’islam ?


Tout propos raciste ou xénophobe est un motif de radiation immédiate.

 Aucun problème, que ceux qui lancent des accusations calomnieuses ou diffamatoires soient prêts à en répondre devant un tribunal. Dans Vérité, valeurs et Démocratie tout propos raciste ou xénophobe est un motif de radiation immédiate, nous n’avons rien à craindre de ce côté là.
En ce qui concerne les orientations politiques je rappelle que notre association est neutre politiquement, certain membres peuvent venir de l’extrême-droite, comme du Parti Communiste cela ne nous dérange pas, le combat que nous menons dépasse les clivages politiques, c’est un combat citoyen et non pas partisan et nous appelons tous ceux qui sont attachés à la défense des valeurs humanistes, de quelque bords qu’ils soient, à nous rejoindre.

Pour ce qui est de l’islamophobie, quand on saura ce que veut dire ce mot (il faudra sûrement demander aux “démocratophobes”, ceux qui l’ont inventé), il sera toujours temps de voir si c’est un délit le jour où on l’agitera dans notre direction. Ce qui nous pose problème avec l’idéologie islamique c’est qu’elle est à l’heure actuelle de nature clairement totalitaire. Plusieurs de ses enseignements, sous couvert de religion, font la promotion de la guerre sainte et prétendent nier des droits constitutionnels majeurs à des citoyens français musulmans ou non, et en poussent certains, les plus faibles psychologiquement, à des comportements violents, discriminatoires ou délictueux, ainsi qu’à remettre en cause la nature démocratique et républicaine de notre société par l’introduction progressive mais constante de la Charia dans la vie des français, ce qui constitue un trouble majeur à l’ordre public quand on considère la finalité de tels agissements. 
 

- Comment ceux qui veulent adhérer à votre association ou vous aider peuvent-ils le faire ?


Adhérer à notre association en nous précisant s’ils désirent s’investir dans une ou plusieurs de nos actions.


Avant tout, je conseille à tous ceux qui peuvent être intéresses par notre action d’aller voir sur notre site et de passer un peu de temps à se faire une opinion informée grâce aux nombreux liens qu’ils y trouveront. Il y a aussi des liens vers des sites pro islamiques afin de comparer des informations venant de sources diverses.
Le site est encore en constructions, mais il est déjà possible de se faire une idée assez claire des actions que nous désirons mener. Des articles importants vont être mis en ligne afin de préciser certains points de notre argumentation et de les étayer sur des textes islamiques précis et incontestables, nous n’avançons rien qui ne soit basé sur les textes fondamentaux de l’islam, nous citons nos sources.


Le nombre est un facteur crucial dès qu’on contacte les décideurs politiques…


Tous ceux qui pensent comme nous que l’indignation ne suffit plus et qu’il faut maintenant agir efficacement peuvent adhérer à notre association en nous précisant s’ils désirent s’investir dans une ou plusieurs de nos actions. Ce n’est pas obligatoire bien sûr, le seul fait d’adhérer est déjà très important, car le nombre est un facteur crucial dès qu’on contacte les décideurs politiques (ce que les propagandistes de l’islam ont très bien compris).

Il y aura du travail pour tous ceux qui désirent s’investir dans la défense de leurs droits et de la Démocratie en France et probablement bientôt en Europe:

Les cercles de réflexions et de propositions sont ouverts à tous ceux qui ont une expérience ou un avis à donner, une solution à proposer sur des problématiques qui seront progressivement définies.

Les projets multimédias doivent aboutir à la réalisation de documents permettant une vaste diffusion des informations sur la nature de l’islam et du choix de société qui est devant nous.

Le travail de contact des maires est aussi extrêmement important, la constitution d’un réseau de délégations régionales sera une de nos priorités car c’est un moyen rapide d’avoir un impact concret, faire cesser les subventions cachées, soutenir les maires harcelés par les demandes de bâtiments aux vocations ambiguës, etc…

Et enfin mais ce n’est pas le moindre de nos objectifs, rassembler au sein de l’association la plus grande quantité possible de citoyens afin de porter de manière efficace auprès de nos élus nos demandes. Pour cela nous demanderons à tous et toutes, dans la mesure de leurs possibilités bien sûr, de faire connaître l’association et son message afin qu’elle croisse et devienne une force impossible à ignorer, une force qui porte au niveau national les espoirs des citoyens désireux de voir les idéaux de Liberté d’Egalité et de Fraternité continuer à vivre dans notre pays.

Tout citoyen peut agir utilement en montrant, ne serait-ce que par une simple adhésion, à nos hommes politiques que la majorité silencieuse attend d’eux qu’ils fassent leur devoir en les protégeant des prêcheurs du jihâd et des ennemis de la Démocratie.


Vérité Valeurs & Démocratie : leur première initiative

L’association Vérité Valeurs et Démocratie  nous fait part de sa première initiative, et nous leur avons posé quelques questions à ce sujet:

 Bivouac-id : 10 jours après la parution d’un article sur notre site qui vous présentait à nos lecteurs et décrivait quelle était votre vision des actions à entreprendre pour contrer les effets de l’emprise grandissante de l’islam politique en France (lire), vous revenez nous présenter votre première action publique. De quoi s’agit-il ?

VVD : Je tiens tout d’abord à remercier les innombrables témoignages de sympathie, d’encouragement et d’offres de collaborations provenant de toute la France et même de l’étranger. Nous nous doutions que nos idées étaient partagées par de nombreux citoyens, mais de voir ainsi concrétisée par tant de messages cette soif de voir enfin les choses bouger nous a tous confortés dans l’idée que nous sommes sur la bonne voie et que nous ne sommes pas seuls à vouloir agir concrètement pour défendre les valeurs de la République des menaces de l’idéologie islamique.

Notre première action publique est dans la droite ligne des objectifs de notre association: l’information de nos élus.

En effet si notre pays se retrouve confronté à une introduction alarmante et de plus en plus oppressante de la charia dans de nombreux aspects de la vie quotidienne de nos citoyens, c’est en grande partie parce que nos élus, nos représentants, n’ont pas su voir arriver l’islam politique et son triste cortège de violences mentales, de discriminations, de régression des droits des femmes et de prétentions à imposer ses règles totalitaires et obscurantistes à notre société.

Si les gardiens de la société, les défenseurs de l’ordre public, sensés nous défendre, sont restés passifs ou semblent aussi dépassée par la situation c’est que dans leur quasi-totalité ils n’ont jamais ouvert un coran ni entendu parler de la Sunna. Du fond de leur bienheureuse ignorance ils affirment aujourd’hui encore que « l’islam est une religion comme les autres » et avec une bonne conscience souvent teintée de calcul électoral, invoquent la « liberté de chacun à pratiquer sa religion » pour autoriser (et souvent financer) l’édification de bâtiments qui serviront à l’enseignement des valeurs antidémocratiques, discriminatoires et aliénantes de l’islam.

Alors pour que cette ignorance disparaisse il faut demander à la classe politique française d’ouvrir les livres de l’islam. Ils découvriront ainsi que ces écrits ont un contenu politique d’une extraordinaire violence. Ils découvriront la parole d’un prophète qui au nom d’un dieu dont lui seul est inspiré ordonne à ses fidèles, ayant statut d’esclaves, de conquérir le monde et d’instaurer où qu’ils soient une société basée sur l’oppression et la négation des valeurs humanistes.

C’est pourquoi Vérité, valeurs et Démocratie propose que la Représentation Nationale organise un audit du contenu politique de l’islam. Cet audit permettrait enfin à nos représentants de reconnaitre la charia dans ses multiples manifestations, d’en comprendre la nature intrinsèquement politique et le danger qu‘elle fait subir à nos institutions.

Bivouac-id : Vous différenciez l’islam politique de l’islam religieux, et demandez un audit uniquement sur le contenu politique ?

VV&D : La partie spirituelle de l’islam ne concerne en rien la République, les croyances des individus sont libres et la République se doit de les respecter toutes dans la mesure ou leur expression ne trouble pas l’ordre public. Mais tout ce qui est politique est du ressort de l’Etat et de ses représentants, pas de la religion. Après un tel audit, la République aura enfin les moyens de réaffirmer ses principes et prendre en connaissance de cause les mesures qui s’imposent pour endiguer les débordements anarchiques de l’idéologie islamique. Cela permettra de nouveau à tous les citoyens respectueux de nos valeurs Démocratiques, quelles que soient leurs croyances, de vivre tranquillement sans craindre les pressions prosélytes agressives ni les agissements des fanatiques sectaires.

Bivouac-id : Concrètement, comment allez-vous procéder dans votre action ?

VV&D : Nous allons diffuser le plus largement possible cette proposition et demander à tous de la soutenir. C’est très simple, il suffit d’aller sur notre site (cliquez ici) et de poster un commentaire de soutien à notre proposition. Les efforts littéraires ne sont pas nécessaires, un « je vous soutiens » est suffisant. Ces témoignages de soutien serviront à montrer aux élus que les français désirent qu’enfin la classe politique ouvre les yeux et agisse de manière responsable contre l’activisme islamique, et la première étape est de s’informer, rien n’est possible sans cela.

Ces messages de soutien sont très importants, ils sont la preuve pour nos élus que les citoyens de ce pays attendent qu’ils agissent. Ils sont la preuve concrète que ce n’est pas une poignée de paranoïaques islamophobes mais bien leurs électeurs, ceux qui les ont portés au postes qu’ils occupent, qui veulent que leurs préoccupations soient prises en compte et que la classe politique fasse son travail en défendant notre Démocratie et les valeurs de la République.

J’en appelle à tous ceux qui liront ces lignes, votre soutien est capital! Postez votre commentaire et faites connaitre cette action autour de vous, il s’agit juste de demander à nos élus d’examiner des textes que tous peuvent se procurer dans une librairie ou sur internet, l’étude des textes de l’islam n’est en aucun cas une stigmatisation de la communauté musulmane mais au contraire un moyen de la protéger elle aussi des agissements d’individus et d’organisations qui n’ont de religieux que l’apparence.

Si certains députés sous votre pression décident de porter cette proposition devant le reste de la représentation nationale, l’impact peut être considérable sur la marche de notre société toute entière.

C’est maintenant à vous d’agir pour défendre vos droits ainsi que ceux de vos enfants à vivre dans une société qui leur permet de penser ce qu’ils veulent et d’exprimer leurs opinions librement.

 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 20:03

ou Les dangers du boomerang…

Le rapport du MRAP intitulé « Internet, enjeu de la lutte contre le racisme. » est disponible à l’adresse :

http://www.mrap.fr/campagnes/RacismeInternet/rapport-MRAP2009.pdf

tampon kommandantur

Il ne manque guère à ce rapport que le cachet de la Kommandantur…
Pendant la seconde guerre, les résistants et les patriotes étaient « fliqués » par la Milice, en sus des occupants allemands. En temps de paix où règne le politiquement correct ce travail nauséabond est confié à des organisations subventionnées sans légitimité démocratique, armes des mondialistes et de leurs exécutants politiques.
Mais, grâce à internet, un tel travail contribue ironiquement au développement de l’esprit de résistance d’une partie significative des internautes.

Ce rapport est aussi disponible en archive sur le présent site, où il a été renommé :

annuaire_2009_de_la_resistance.pdf

En effet, il s’agit du meilleur recensement actuellement disponible de tous les sites luttant contre le politiquement correct.
Si vous voulez savoir quels sont vos alliés dans la lutte contre l’islam, consulter ce rapport du MRAP.

Le MRAP précise dans son rapport (en pied de page de TOUTES les pages !) :
la mention d’un site dans cette étude ne signifie pas qu’il soit considéré par le MRAP comme raciste, quel que soit l’avis du MRAP sur son contenu. Par ailleurs, son absence ne vaut pas brevet de respectabilité.
De même nous précisons que la mention d’un site dans cette étude ne signifie pas qu’il soit canonisé « résistant blanc comme neige », mais qu’il s’agit seulement d’un site que l’on s’abstiendra impérativement de critiquer sur la base du principe qui dit que l’ennemi de mon ennemi est mon ami, aussi pourri que cet ami puisse éventuellement être. Par ailleurs, l’absence d’un site dans ce rapport ne vaut pas accusation de dhimmitude ou de collaboration.

Au début de ce rapport, le MRAP donne l’URL d’un outil de mesure d’audience, alexa.com qui calcule le rang de fréquentation d’un site. Plus le chiffre du rang est important, plus vous êtes BAS dans le classement et donc moins vous êtes consulté.
Le site de rang 1234 par exemple est plus consulté que le site de rang 9876.
En consultant la liste des sites « Islamophobes durs et mous, affichés et masqués » (page 53) on notera qu’ils donnent le rang Alexa d’un site
(coranix.org pour ne pas le nommer) dont ils signalent aussi (contrairement aux autres sites) la fréquentation journalière : 750 visites/jour.
Ce rang Alexa est le 807,275, donc tout de même dans le premier million des sites les plus consultés de tous les sites, ce qui n’est pas si mal semble-t-il.

Pourquoi alors donner le rang Alexa pour dénigrer ce site en tentant de relativiser l’assez bon chiffre de sa consultation journalière par rapport à son rang Alexa ?

Cela met la puce à l’oreille…
Si l’on va sur alexa.com pour vérifier on obtient pour coranix.org un rang de 670,556 (signaler en commentaire une variation notable).

Donc ce site « islamophobe » a progressé en popularité depuis la rédaction du rapport.
Déjà, on peut ainsi affirmer que le rapport du MRAP n’a servi à rien en ce qui concerne la tendance : l’islamophobie intéresse de plus en plus de monde car l’islam montre de plus en plus son vrai visage, ce ne sont pas 150 misérables pages pdf du MRAP qui vont y changer quoi que ce soit.

Mais ce qui est intéressant c’est qu’à cette occasion on remarquera qu’il existe un DEUXIEME rang indiqué par Alexa : le rang FRANCOPHONE.
Et là, le rang de coranix.org (qui est rédigé entièrement en français) est de… 31,324.
Ah mais voilà qui est différent, on est bien loin du rang 807,275 mondial, et même du rang actualisé de 670,556 !
On voit ici (on s’en doutait…) la malhonnêteté du MRAP qui cite le rang MONDIAL d’un site francophone au lieu de citer son rang FRANCOPHONE, le rang mondial étant forcément moins bon.

C’est alors qu’intervient l’effet boomerang…
Si on s’amuse à comparer les rangs du site mrap.fr avec ceux de coranix.org, voici les résultats :

coranix.org : Rang mondial 670,556 / Rang francophone 31,324.
Mrap.fr : Rang mondial 3,324,782 / Rang francophone 106,899

Ah Ah Ah !
Le résistant coranix.org ECRASE en beauté le politiquement cocorrect MRAP.fr à tous les rangs, et on ne s’en serait pas spécialement aperçu sans ce rapport et son insistance à dénigrer ce site !

Voilà qui est d’une ironie particulièrement savoureuse…

Sur la lancée, on peut consulter les rangs Alexa des grands caciques de la Police de la Pensée pour établir un nouveau classement :

coranix.org : Rang mondial 670,556 / Rang francophone 31,324.
ldh-france.org : Rang mondial 1,160,116 / Rang francophone 37,926.
Licra.org : Rang mondial 1,922,233 / Rang francophone 63,647.
sos-racisme.org : Rang mondial 1,714,256 / Rang francophone 83,358.
Mrap.fr : Rang mondial 3,324,782 / Rang francophone 106,899.

Mwwwwououah ah ah ah !
Non seulement Coranix est toujours premier mais surtout le MRAP est toujours dernier !

Ne soyons pas égoïstes et partageons notre hilarité avec les dindons de la farce.
C’est facile avec la méthode Amnesty International-SITA : le présent article, dans une enveloppe timbrée, envoyée par la poste (voir
http://tinyurl.com/6r4fsu et http://tinyurl.com/592ezu)

Action SITA : imprimer, poster

Imprimer l’article (directement depuis le navigateur : Fichier [ > Mise en page | Aperçu avant impression ] > Imprimer…).
Il tient en deux pages (= une feuille recto-verso).

annuaire 2009 de la résistance

Un timbre de base tarif 20g permet d’envoyer deux feuilles, c’est à dire 4 pages en recto-verso.
Vous pouvez donc éventuellement compléter votre courrier avec un
document complémentaire d’information sur l’islam en une feuille (= deux pages recto-verso ou une page).

Pour chaque subdivision de la Police de la Pensée, vous trouverez les adresses postales de ses fédérations (comités, commissions…) en cliquant sur les liens des sites internet donnés dans le dernier classement ci-dessus.

Éventuellement, vous pouvez recenser votre action au sitathon.blogspot.com afin d’inciter d’autres internautes à agir de même, et vous inscrire à la lettre d’information alertes-sita.blogspot.com pour être averti des prochaines actions.


Rapport sur le racisme sur internet : Les pratiques très critiquables du MRAP

jeudi 4 février 2010 - Camille


Il est en France des institutions que l’on a pas le droit de critiquer car elles se posent en défenseurs d’idées que nul ne peut publiquement critiquer. C’est le cas du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) qui, grâce au bouclier de l’antiracisme, peut se permettre des méthodes pour le moins discutables. Analyse du rapport sur le racisme sur internet en 2009.

Un but de ce rapport, d’une qualité assez médiocre il faut le dire, est de lister les sites internet supposés promouvoir des idées racistes. Au delà de la qualité très discutable du rapport, il y a surtout comme une forte odeur rance dans l’étalage des sites, un soupçon de dénonciation. L’auteur dresse des listes d’ennemis en leur collant l’étiquette infamante d’extrême droite, qui est généralement fausse à plus d’un titre. En cela il use d’ailleurs des méthodes fascistes qu’il entend dénoncer par sa belle indignation, indignation qui bien souvent n’est que prétexte à instaurer la tolérance répressive par le contrôle des opinions.

On y découvre cité notamment des blogs comme le Salon Beige, Extrême Centre ou Polydamas dont la présence dans une telle liste est bien pour le moins hâtive. Dans ce rapport sont également cités par la néo-inquisition comme suspects ou tendancieux : Aurel, Objectif Liberté, Liberté Chérie et d’autres blogs libéraux, d’Alternative Libérale à Simon Aubert. L’auteur de revendiquer l’inclusion dans sa liste de « sites à but culturel (art, histoire, dont le contenu n’est raciste au premier abord, mais qui sont souvent cités par des sites racistes, racisants, etc..) ». En effet, à ce rythme là, on peut lister la totalité de la blogsphère... Le simple fait de lier vers des sites suspects est en effet un motif pour être listé dans ce rapport du MRAP... Mon article sera-t-il dans le prochain rapport du MRAP comme raciste ?

De même, l’auteur révèle son manque de connaissance complet du sujet quand il range Les 4 Vérités dans le mouvement libertarien. Rappelons ce qu’on en dit sur internet : « il revendique une ligne éditoriale de droite et libérale, fortement teintée de conservatisme. Sur de nombreux sujets, le journal et ses intervenants sont ainsi bien plus de droite ou conservateurs que libéraux. » On a du mal à voir le libertarianisme là dedans...

On peut faire deux lectures de la démarche du MRAP :

- contreproductive, en faisant de la pub gratos à des sites majoritairement nuls, aux idées souvent, il est vrai, racistes.

- très productive pour le MRAP. En faisant de la pub a ces sites, le MRAP justifie ses futures subventions, comme la fonte des glaciers de l’Himalaya en 2035 permet au GIEC de justifier son utilité. Puisqu’il y a autant de racistes, qui oserait revoir à la baisse les subventions importantes que reçoit le MRAP ?

Personnellement, je penche pour la seconde analyse. Agiter le chiffon rouge du racisme, c’est renforcer sa légitimité pour le MRAP. Cependant ce qui est plus inquiétant, c’est la volonté de contrôle et de censure de l’internet qui en découle. Citons un communiqué de 2005 du MRAP : « Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) réclame auprès du Premier ministre la fermeture immédiate de sites sur lesquelles ont retrouve des écrits racistes. Le Mrap se déclare "horrifié par la prolifération des écrits racistes sur internet" ». Qui ne le serait pas ?

Mais y a-t-il réellement une prolifération ? Censurer, est-ce efficace ? Le MRAP a tout intérêt à présenter le racisme comme une menace plus importante qu’elle ne l’est réellement. essaie de augmenter taille réelle

D’un point de vue libéral, ce fichage systématisé pour désigner les bons et les méchants est inquiétant : ce rapport, étant donné le flou qui entoure ses critères et l’extension indéfinie du mot "racisme", vise à désigner des ennemis d’une manière inquiétante alors que prolifèrent les idées d’un futur flicage de la toile par le gouvernement, comme cela est confirmé par un autre rapport remis à Fillon cette semaine par la Commission des droits sur internet.

En outre, pour lutter contre le racisme, la censure que promeut le MRAP est une méthode complètement inefficace. C’est par les arguments que l’on combat la bétise ds arguments racistes. A les interdire, on ne fait que renforcer le sentiment de persécution par une minorité qui explique le sentiment raciste chez beaucoup et crée des martyrs, alimentant ainsi et alimente ainsi la cause des groupes néo-nazis. De plus, on rejette les idées racistes dans des endroits où on ne peut plus les affronter.

Brimer la liberté d’expression permet la survie de ces mouvements racistes, xénophobes et autres. La meilleure manière de combattre le néo-nazisme est d’utiliser la raison et le ridicule et non pas de criminaliser une telle expression. Si des propos néo-nazis perdurent, c’est à l’individu de les combattre en s’exprimant en toute liberté. La liberté d’expression elle-même est la meilleure arme contre les débordements de la liberté d’expression. Dans ce contexte, criminaliser l’expression des propos négationnistes ou révisionnistes revient à juger irresponsable le public, qui pourrait être "influencé" par de tels propos. Evidemment une telle expression n’est pas rendue impossible par l’interdiction, elle est seulement rendue clandestine, et d’autant plus intransigeante.

Voilà pourquoi je ne me montrerai pas solidaire de démarches visant à faire le même genre de listing nauséabond de sites anticapitalistes, staliniens, nationaux-communistes, etc. Je ne partage en rien les pulsions guépéistes de l’auteur de ce rapport, motivation indispensable pour recenser et décortiquer les sites ennemis. Ce fichage des sites infréquentables a comme tous ses antécédents des relants malsains. Ainsi des listes noires du PCF, analysées par Sylvain Boulouque et Franck Liaigre [1] qui visaient la même chose que ces listes du MRAP, en plus sinistre.

Point qui ne surprendra pas grand monde, Gaël Le Mignot, webmaster du MRAP et auteur du « rapport » concerné selon le site I Like Your Style est un habitué de l’extrême gauche, participant régulier de la Fête de l’Humanité. Le journal L’Humanité en faisait ainsi un éloge vibrant en 2004 : « Il n’a pas trente ans, mais c’est déjà un vieux routier de la Fête. Et pour cause, ce militant du MRAP est tombé dedans quand il était – petit. “J’étais encore en poussette quand j’ai fait ma première Fête de l’Humanité”, – explique Gaël. Depuis, ses motivations ont changé. “Gamin, j’y allais pour les autos tamponneuses et pour Pif. Après, j’ai pris conscience des enjeux politiques.” ». Tout cela en reconnaissant officiellement la volonté de lier antiracisme à la sauce MRAP et promotion du communisme : « Enfin, le MRAP espère s’appuyer sur la Fête de l’Humanité “pour relancer l’idée de faire en octobre une grande manifestation contre toutes les formes de racisme”, explique Gaël » [2]. Confirmation dans les faits de ce qui est dénoncé depuis longtemps, l’utilisation à des fins politiques par l’extrême gauche de la vitrine de l’antifascisme, de l’antiracisme, etc. Lionel Jospin, ancien trotskiste, reconnaissait lui aussi cela en 2007 : « Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste. Donc tout l’antifascisme n’était que du théâtre. Nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, même pas à un parti fasciste ».

Depuis Willi Münzenberg, bien peu a changé dans les méthodes de l’extrême gauche ; Münzenberg fut l’un des premiers artisans d’une technique qui allait être appelée à un grand succès dans le mouvement communiste, à savoir présenter le communisme comme le seul opposant légitime au fascisme, à l’impérialisme, au colonialisme, au racisme, etc. Cette rhétorique continue aujourd’hui à être très présente, par exemple dans le discours « antifasciste », ou « antiraciste » tout en visant à nier le rôle majeur d’autres courants politiques, dans l’opposition à ces mouvements.

L’antiracisme comme l’antifascisme sont de nobles causes. Leur récupération actuelle par des politiques est-elle à condamner absolument.


Image : Affiche du MRAP

[1] Les Listes noires du PCF, Sylvain Boulouque et Franck Liaigre, Calmann-Lévy, 269 pages, ISBN 2702138535

[2] « Fête de l’Humanité 2004 : Ils font la fête », L’Humanité, 12 août 2004

 

  http://img246.imageshack.us/img246/5617/contrepoints.jpg

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 19:51

DE DROITE OU DE GAUCHE ? UN TEST POUR VOUS SITUER SUR L'ÉCHIQUIER POLITIQUE

 


par Christian Michel

 

          Depuis que les députés des États généraux se séparèrent le 28 août 1789 en deux blocs, la noblesse et le clergé allant s'asseoir à la droite du siège royal et les représentants du tiers-état à sa gauche, il est habituel d'utiliser cette distinction droite/gauche dans la vie politique. La droite représenterait l'autorité et le conservatisme; la gauche incarnerait le progrès et la transformation de la société. Ainsi on a pu dire qu'être de droite, c'est avoir peur pour ce qui existe, peur que l'ordre établi, même s'il n'est pas parfait, ne soit détruit par de dangereuses expérimentations sociales; être de gauche, c'est avoir peur de ce qui existe, tout changement paraissant préférable aux conditions actuelles.

 

          Ces appellations de « droite » et de « gauche » ont été reprises dans de nombreux pays. On parle de Left, voire de New Left, dans le monde anglo-saxon. En Russie, très logiquement, le champion de la droite est le Parti Communiste, puisqu'il s'oppose aux réformes, alors que l'étiquette de gauche est attribuée aux mouvements qui réclament le changement social, c'est-à-dire, aujourd'hui, aux tenants d'une économie capitaliste.

          Bien sûr, la gauche en appelle à d'autres valeurs que le « changement », elle prétend promouvoir l'égalité, la « justice sociale », mais l'application de ces valeurs conduit à de singulières ambiguïtés. Par exemple, le protectionnisme, dont la gauche se fait volontiers l'apôtre, finit facilement par se confondre avec le nationalisme, qui est une exigence de la droite. À l'autre bout du spectre, la paysannerie affirme volontiers son attachement à la terre et aux traditions familiales, qui sont bien des valeurs de droite, mais elle n'hésite pas à manifester avec la plus grande violence pour obtenir des subventions étatiques, dans la plus pure logique socialiste.

          Alors en quoi la distinction traditionnelle entre valeurs de gauche et valeurs de droite peut-elle encore nous servir? N'y aurait-il pas une autre frontière à tracer, plus révélatrice, plus conforme à la réalité présente, alors que les nouvelles technologies de l'information et la globalisation des marchés bouleversent les relations sociales? Par exemple, le vrai clivage ne serait-il pas entre ceux qui croient à la vie morale, et ceux qui pensent, au contraire, que le bien s'obtient par l'intervention de la puissance publique, et un bien encore plus grand par une intervention de l'État encore plus violente, un processus qui est justement la négation de toute morale?

          Le petit test suivant vous permettra de vous situer dans ce débat.

 


Chaque fois que vous êtes d'accord avec l'une des propositions suivantes, encerclez les lettres C ou E. Si vous êtes opposé à la proposition, encerclez la lettre N. N'inscrivez rien si vous n'avez pas d'opinion.


Libertés civiles


 
Obliger quelqu'un à une activité qu'il ne veut pas faire n'est qu'une forme de servage. Les « services » militaire ou civil devraient être volontaires.
C ... N

Les adultes devraient pouvoir lire et visionner tout ce qui leur plaît, selon leur morale, sans aucune censure, que ces ouvrages soient conformes ou pas aux opinions couramment admises sur la religion, les races, la politique ou la sexualité.
C ... N

Chacun devrait avoir le droit de créer sa radio ou sa télévision, associative ou commerciale, sans devoir demander aucune licence.
C ... N

La drogue tue. Mais beaucoup d'autres activités humaines aussi. Ce n'est pas en rendant clandestine la circulation de drogue qu'on en limite la nocivité. Chaque adulte, à qui on donne le droit de décider par son vote du sort des autres, devrait être considéré assez mûr pour décider de son sort propre. Chaque adulte devrait donc être libre de produire, vendre ou consommer ce qu'il veut, tabac, alcool et toutes les autres drogues.
C ... N

Chacun devrait avoir le droit de s'installer et de travailler, sans formalité, dans le pays où il trouve un emploi.
C ... N

Le mariage est une des décisions les plus privées que nous puissions prendre. Pour quelle raison serait-elle donc soumise au législateur? Les marié(e)s (hommes, femmes, polyandres ou polygames) devraient décider entre eux ou entre elles quelle forme donner à leur union, à l'éducation de leurs enfants, à la disposition de leurs biens pendant et après le mariage, et ce contrat devrait être leur seule loi.
C ... N

Les adultes devraient pouvoir décider librement de leur nom et prénoms, ainsi que de ceux de leurs enfants – qui les revendiqueront ou pas quand ils en auront l'âge.
C ... N

Un objet, même le plus précieux objet d'art, appartient à celui qui l'a réalisé et ensuite à ceux qui l'ont acheté ou reçu en don. Par quelle vue de l'esprit, les prétendus gardiens du « patrimoine national », qui n'ont pas fabriqué cet objet et ne l'ont pas acheté ni reçu en don, pourraient-ils en exiger la possession ou en interdire l'exportation? Refusons le national-collectivisme.
C ... N

La justice partout est rendue au nom de la société (« Au nom du Peuple français, québécois... »), les victimes sont exclues de son exercice. Cet escamotage permet aux hommes de l'État d'inventer des crimes, alors qu'on ne peut identifier aucune victime réelle: « ennemi du peuple », « complot contre l'État »... On jette en prison des auteurs d'« abus de biens sociaux » qui n'ont lésé aucun actionnaire, des producteurs de drogues qui vendent à des consommateurs consentants... Supprimons l'institution du ministère public. Refusons l'idée qu'il puisse y avoir des crimes et délits sans victime.
C ... N

Tous ceux qui ont dépassé l'âge d'avoir un tuteur devraient décider seuls de boucler ou pas leur ceinture de sécurité dans leur automobile.
C ... N
 

Libertés économiques

 

Chacun devrait pouvoir travailler le jour, la nuit, le dimanche, si elle/il y consent.
E ... N

La Constitution proclame que tous les citoyens sont égaux devant la loi. La puissance publique ne devrait donc pas faire des lois privilégiant ou défavorisant une classe de citoyens par rapport à d'autres (« aides » aux agriculteurs, à certaines industries, personnel à statut, quotas réservés aux jeunes, aux femmes, etc.)
E ... N

Il n'existe pas plus de « profit exagéré » que de perte exagérée. Chacun a le droit de gagner autant qu'il peut – tant qu'il ne vole personne –, de conserver cet argent, d'en faire don de son vivant ou à sa mort, et il a aussi le droit de le perdre, sans protectionnisme ni subventions de l'État.
E ... N

Si les parties sont d'accord sur un certain prix pour acheter ou louer un produit, un immeuble, un service, un travail, la puissance publique n'est pas mieux placée qu'elles pour leur dicter un autre prix ou interdire la transaction.
E ... N

Chacun devrait avoir le droit de construire, modifier, détruire sa maison, sans autre restriction que les accords qu'il aurait pu passerait avec ses voisins.
E ... N

Chacun devrait avoir le droit d'acheter les produits et les services qu'il/elle désire (surtout s'ils viennent des pays les plus pauvres qui ont le plus besoin de vendre aux consommateurs les plus riches). Envoyons tous les douaniers à l'école apprendre un métier utile!
E ... N

L'injustice de l'héritage n'est pas dans le don (en quoi serait-il injuste de donner son bien?), mais dans le fait que le donateur, selon le Code civil, n'a pas le choix du bénéficiaire; les enfants reçoivent obligatoirement les biens du défunt. D'accord avec les socialistes, supprimons l'héritage. Faisons place au don: qu'une personne ait le droit de donner son bien à qui elle veut, de son vivant ou à sa mort, à un amant, une institution charitable, un musée, ou, pourquoi pas, à ses enfants.
E ... N

Le vol consiste à prendre à autrui ce qui lui appartient. Le crime est encore plus grave s'il est commis par une bande armée. Que les mafieux portent un uniforme ne change pas la nature de l'agression. Tout impôt est un acte de criminalité organisée.
E ... N

La « justice sociale » est réalisée lorsque la distribution des richesses se confond avec leur production, c'est-à-dire dans une société qui ne connaît pas le vol ni l'impôt. Par rapport à l'immense fortune d'un Bill Gates ou d'une Madonna, il n'existe que deux catégories de gens: ceux qui n'achètent pas les logiciels de Microsoft ou les disques de la chanteuse ne peuvent pas se dire lésés, ils n'ont rien payé. Et ceux qui, au contraire, achètent ces produits ne peuvent pas se plaindre d'une fortune qu'ils ont contribuée à édifier. Si personne n'est lésé, où est donc l'injustice?
E ... N

La bureaucratie croît sans cesse. Le seul frein à cette prolifération cancéreuse est l'assèchement des ressources de l'État. Ceux qui pratiquent l'évasion fiscale et l'économie souterraine sont les vrais bienfaiteurs du pays en privant la bureaucratie des moyens de mettre en place de nouvelles réglementations arbitraires et vexatoires et d'appliquer efficacement celles qui existent.
E ... N
 

Question de rattrapage (si vous avez décidément répondu trop souvent N aux questions ci-dessus):

 

La réalité est qu'il n'existe pas de conflit entre la droite et la gauche. Car dans un vrai régime de liberté, tous ceux qui souhaitent vivre selon les valeurs de la gauche ont pleinement le droit de le faire. Ils ont le droit de renoncer à leur héritage, de mettre en commun les moyens de production qu'ils possèdent, de verser leur salaire au Parti, (à charge pour celui-ci de distribuer ces sommes aux déshérités de la société et de subventionner les entreprises « créatrices d'emploi » et les activités culturelles favorites des dirigeants...).

De même, dans ce véritable régime de liberté, ceux qui croient aux valeurs de la droite, ont l'entière liberté de s'y tenir, de travailler dur, d'épargner, d'élever leurs enfants dans la tradition familiale et nationale, de ne rien lire ni visionner qui soit contraire aux bonnes moeurs, de ne pas employer de travailleur immigré...

La question est pourquoi les uns cherchent-ils à imposer aux autres leur style de vie, c'est-à-dire pourquoi y a-t-il de la politique? Pourquoi les socialistes ne sont-ils pas socialistes entre eux? Et, de même, pourquoi les conservateurs ne laissent-ils pas ceux qui le souhaitent adopter d'autres valeurs? Le conflit n'est jamais entre la droite et la gauche, il est entre la liberté et la violence.

Nos ancêtres se sont battus pour obtenir la séparation de l'Église et de l'État, et avec raison. La croyance religieuse est une manifestation de pure subjectivité, elle ne saurait donc légitimer une contrainte sur autrui. Mais la politique aussi est une affaire d'opinion, et on ne voit pas quelle raison objective nous permettrait d'imposer nos choix politiques à ceux qui ne les partagent pas, que ce soit par le vote ou par n'importe quel autre moyen.

Séparons donc la politique de l'État, comme nous avons séparé l'Église de l'État. Arrêtons de vouloir forcer autrui à vivre comme nous.

 

Encerclez à la fois E et C si vous êtes d'accord avec la proposition.

E …C
 
TOTALISEZ LE NOMBRE DE LETTRES QUE VOUS AVEZ ENCERCLÉES, C, N OU E.

 

Total de C Total de N Total de E
________ ________ ________


• Comptez 10 points par lettre C que vous avez encerlée, et 0 si vous avez encerlé N. Portez votre score en ordonnée sur la partie gauche de l'échiquier. Depuis ce point, tracez dans l'échiquier une ligne horizontale.

• Comptez ensuite 10 points par lettre E que vous avez encerlée, et 0 si vous avez encerlé N. Portez votre score en abscisse au bas de l'échiquier. Depuis ce point, tracez dans l'échiquier une ligne verticale.


• Votre position dans l'échiquier politique est au croisement des deux lignes que vous avez tracées.

  (Votre total peut être supérieur à 100, grâce à la question subsidiaire. En ce cas, félicitations!)

 


 

  De Wikiberal.

Diagramme de Nolan


Le diagramme de Nolan est un échiquier politique qui permet de se représenter sur une échelle du positionnement de partis ou mouvements politiques. Il a été élaboré par le libertarien David Nolan.

Ce diagramme montre les « libertés économiques » (comme le niveau des impôts, le marché libre et la libre entreprise) sur l'axe des abscisses, et les « libertés individuelles » (liberté de circulation, laïcité, libre possession de son corps qui regroupe la légalisation des drogues, l'avortement, l'euthanasie,...) sur l'axe des ordonnées.

Ceci place l'aile gauche en haut à gauche de ce diagramme, l'aile droite en bas à droite, les libertariens en haut à droite, et en bas à gauche les totalitaristes (d'extrême-gauche comme d'extrême droite). Ces derniers furent regroupés par Nolan sous l'appellation de populistes pour leur tendance à s'appuyer sur le « petit peuple », toutefois cela ne recoupe pas l'usage récent du terme populiste pour désigner des programmes économiquement très libéraux. L'axe droite/gauche est donc représenté par une diagonale traversant le diagramme du coin supérieur gauche au coin inférieur droit.

Il faut noter que Friedrich Hayek dans son "Postscript" de La Constitution de la liberté décrit l'esquisse d'un schéma qui pourrait préfigurer le diagramme de Nolan : « si nous voulons faire un schéma, il serait plus approprié de disposer [conservateurs, socialistes et libéraux] en triangle, les conservateurs occupant l'un des angles, les socialistes tirant vers un second et les libéraux vers un troisième. » [1]

  1. Friedrich Hayek, La constitution de la liberté, Paris, Litec, 1994, p.395
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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 02:56
« South Park » est-elle une série « de droite » ?
Il y a deux ans, les « Guignols de l’Info » diffusaient une courte parodie de South Park faisant figurer quatre ténors de la droite française (François Bayrou, Valéry Giscard d’Estaing, Nicolas Sarkozy et Philippe Séguin) en lieu et place des jeunes protagonistes de la série. « Droite Park », tel était le titre de ce sketch, plutôt drôle d’ailleurs vu le niveau moyen de cette poussive institution de « l’esprit Canal ». Mais il est probable que cette séquence d’une minute trente n’ait pas suscité la réflexion à laquelle elle invitait pourtant, à son corps défendant : et si la série South Park était de droite ?


Non, pas possible. Sur Canal Plus comme dans la plupart des one-man-shows, l’humour est drôle parce qu’il est « subversif », « provocateur », donc « de gauche », n’est-ce pas ? Depuis Hara-Kiri et la clique géniale du Professeur Choron  (n’en déplaise à Pierre Carles et à tous ses admirateurs gauchistes, Choron était vétéran d’Indochine, entrepreneur de presse, machiste et ennemi déclaré du genre humain – pas un chantre de l’avant-garde prolétarienne), on en est resté à cette équation simplissime mais ô combien attestée en France par la surreprésentation des idées de gauche chez les amuseurs publics. La subversion a bon dos. En 2009, il faut vraiment avoir des grumeaux dans les synapses pour se croire « dérangeant » en tapant sur le pape, les flics et les patrons. En 1960, ça avait un sens. Aujourd’hui, c’est de la sénescence. 


Mais revenons à South Park pour comprendre ce qui se joue outre-Atlantique. Tout le monde connaît la série créée par Trey Parker et Matt Stone, alors étudiants en cinéma, et diffusée pour la première fois sur Comedy Central en août 1997. Elle a été retransmise régulièrement sur Canal Plus entre 1998 et 2002, et connaît depuis un succès populaire phénoménal dans le monde entier. Le long-métrage Bigger, Longer & Uncut a généré plus de 83 millions de dollars de recettes. Actuellement dans sa treizième saison, South Park s’est imposé comme le digne successeur des Simpsons dans le divertissement populaire. Avec plus de trois millions de téléspectateurs en direct par épisode, le show est aujourd’hui l’un des plus célèbres et profitables aux États-Unis.


Quand on évoque South Park, on pense tout de suite à ces quatre gamins violents et à leur humour scatologique. Dans le premier épisode, aussi grotesque qu’obscène, Cartman découvre qu’il a une sonde extra-terrestre dans le derrière tandis que Stan vomit sur sa copine à chaque fois qu’elle lui parle. Les ados se marrent, les parents s’offusquent. La série fait parler d’elle car elle s’attire les foudres de plusieurs groupes de pression chrétiens et conservateurs yankee. Une stratégie qui s’avère payante pour Parker et Stone, puisque Comedy Central les signe pour un premier contrat de six épisodes, reconduit depuis jusqu’en 2011. Choquante, cultivant le nonsense des Monty Python, la série animée trouve ses premières cibles parmi les maniaques de la gâchette et les évangélistes télévisés. Pour beaucoup, l’affaire est entendue, South Park sera une « caricature de l’Amérique réactionnaire ». C’est toujours la vision qui domine en France, où l’anti-américanisme fait facilement recette.


Pourtant, pourtant… À partir de la quatrième saison environ, le show prend une ampleur politique qui lui faisait défaut jusqu’à présent. Parker et Stone font preuve d’un réel talent d’écriture et d’une inspiration croissante. Pour qui sait lire entre les prouts lignes, South Park distille de plus en plus clairement une vision du monde cohérente, loin d’être nihiliste, sans renoncer à l’humour féroce et souvent violent de ses débuts. Or, à mesure que la série avance, cette Weltanschauung tourne au vinaigre pour les bobos puisqu’elle s’en prend cruellement à tout ce qui est à la pointe du progressisme là-bas : écologie, décroissance, droits des minorités, contraception, et j’en passe. À l’occasion d’une remise de prix, on apprend que Matt Stone est membre du Parti républicain et que sa devise est : « I hate conservatives, but I really fucking hate liberals ! » (« Je hais les conservateurs, mais putain, qu’est-ce que je hais les progressistes ! ») Intéressant, n’est-ce pas ?


Vers 2001, le terme « South Park Republican » passe alors dans le langage courant en Amérique, notamment grâce à l’influent blogueur Andrew Sullivan. Le polémiste Brian Anderson sort en 2005 un livre détonnant qui fait de la série l’un des parangons d’un nouvel esprit anticonformiste de tendance conservatrice. South Park Conservatives est un succès de libraire qui annonce fièrement la fin du monopole idéologique de la gauche sur les idées, qu’elle exploite sans vergogne depuis les années 1970. S’il est un peu hasardeux de faire figurer Parker et Stone aux côtés d’Ann Coulter et de Rush Limbaugh, le constat est sans appel : South Park est une série qui plaît à droite parce qu’elle ridiculise ce qui est sacré à gauche. Et le dossier à charge est très fourni, jugez-en plutôt.


Raillant l’idéologie du métissage et les méfaits de l’immigration, l’épisode Goobacks (806) tire à vue sur le politiquement correct. Des visiteurs du futur arrivent à South Park pour chercher du travail et fuir la misère de leur époque. Ce sont des métis uniformes, mélanges de toutes les races et dont le dialecte incompréhensible est un mélange de toutes les langues. Bien vite, la ville de South Park est profondément altérée par la venue croissante de ces migrants qui acceptent un salaire inférieur et poussent ainsi les locaux au chômage. En France, Parker et Stone auraient déjà quatre procès sur le dos. Dans l’épisode The Death Camp of Tolerance (614), les enfants sont envoyés dans un camp de rééducation morale après s’être plaint des agissements obscènes de leur instituteur homosexuel. Sous la menace d’armes à feu, ils doivent dessiner des œuvres de propagande « citoyenne » et « tolérante ». Une allégorie de la chape de plomb que font peser les associations communautaires sur la liberté d’expression en France.


Le réchauffisme et l’idéologie écologiste en prennent aussi plein la figure, à l’image de ce voyage scolaire dans la forêt tropicale qui tourne à l’aigre (Rainforest Schmainforest, 301) ou du fascisme vert des militants de la Journée de la Terre qui massacrent le pauvre Kenny en représailles (Terrance and Phillip: Behind the Blow, 505). Le plus hilarant en la matière est certainement le récent Smug Alert ! (1002) où la prétention snob des bobos de San Fransisco est ridiculisée avec brio : tellement fiers d’eux-mêmes qu’ils en viennent à respirer leurs propres pets avec délectation… Les stars pontifiantes d’Hollywood (l’équivalent de nos « artistes engagés », façon Cali ou Berling) sont malmenées, à l’image de Rob Reiner et la guerre qu’il mène contre les fumeurs de cigarettes (Butt Out, 713)… De même que l’engouement irrationnel pour les médecines douces et new age, qui manquent de provoquer la mort du petit Kyle (Cherokee Hair Tampons, 407).


Question religion, là encore, Parker et Stone surprennent. S’ils ont copieusement moqué les pasteurs protestants dans plusieurs épisodes, présenté les prêtres catholiques comme des pédophiles (Red Hot Catholic Love, 608) et provoqué l’indignation générale avec une statue de la Vierge saignant de l’anus (Bloody Mary, 914), leur rejet du consensus les a conduits à des critiques virulentes contre le camp d’en face : contre le délire laïciste visant à supprimer les sapins de Noël des écoles (Mr. Hankey, the Christmas Poo, 110), contre l’athéisme jouisseur et nihiliste (Go God Go, 1012) et en défense des Mormons, présentés comme des gens honnêtes, travailleurs, qui aiment leur famille et leur prochain (All About the Mormons, 712). Trey Parker ne cache pas sa sympathie pour l’Amérique profonde : « Les gens du show-biz sont tous plus ou moins des connards cocaïnés et érotomanes, mais ils se sentent naïvement supérieurs au mec du Wyoming qui aime sa femme et élève bien ses gosses. »


Les exemples se multiplient. Comment expliquer cette « face cachée » de South Park que l’on refuse de voir en France (est-il innocent que Canal Plus ait arrêté de diffuser la série en 2002, quand ça commençait à chauffer ?) ? La biographie des deux créateurs apporte des éléments de réponse. Quand ils étaient au lycée dans les années 1980, Trey Parker et Matt Stone voulaient être punk rockers, par rébellion envers le système. Ils emmerdaient Reagan, l’idéologie conservatrice, et pensaient que le Colorado était un trou à rats peuplé de beaufs racistes. Mais une fois à l’université, ils comprennent que la pensée dominante peut être tout aussi détestable quand elle est progressiste. « Quand je suis arrivé à Boulder, j’ai jeté illico ma paire de Birkenstock car tout le monde en portait, et j’ai réalisé que ces gens-là aussi voulaient contrôler mes choix », dixit Stone. Le pompon, c’est L.A. Avec le succès de South Park, les deux copains doivent y résider au moins partiellement. Parker remarque : « La seule façon d’être un punk à Los Angeles, c’est d’entrer dans la plus grosse fête et de dire : “On peut penser ce qu’on veut de George Bush, mais il faut reconnaître qu’il est plutôt brillant !” Les gens vous regardent hébétés, et puis ils vous foutent dehors ! »


Comme je l’écrivais plus haut, la vision du monde des créateurs de South Park est cohérente. Leur esprit punk et anarchiste leur commande de se moquer de toutes les vaches sacrées de leur époque. S’ils pourfendent majoritairement l’aile gauche du spectre politique, c’est parce que les idées de gauche dominent la vie intellectuelle et culturelle américaine, malgré l’épisode néo-con. Plus qu’une série « de droite », South Park est surtout le reflet d’une philosophie politique quasiment inconnue en France : le libertarianisme. Trey Parker est d’ailleurs un libertarien déclaré. Une lecture attentive de certains épisodes le confirme sans ambages. Gnomes (217) est un hommage à l’économie de marché et une critique de l’idée reçue selon laquelle les commerces de proximité sont meilleurs que les grandes chaînes. Dans Cartmanland (506), l’esprit d’entreprise est valorisé tandis qu’apparaît l’injustice de l’impôt. Le gouvernement fédéral n’a jamais le beau rôle, qu’il régente l’éducation sexuelle des enfants à la place des parents (Proper Condom Use, 507) ou qu’il prenne des décisions insensées face à la crise financière (Margaritaville, 1303). Le clin d’œil à Ayn Rand dans l’épisode Chickenlover (203) ne laisse aucun doute : South Park est un hymne à la liberté.


Certainement plus à droite que la quasi-totalité des sitcoms, South Park n’est pas pour autant une série conservatrice, comme ses auteurs l’ont prouvé à maintes reprises, en s’attaquant aussi aux tabous de la droite américaine. Comparons maintenant avec la France. La bien-pensance de gauche est écrasante dans les médias, la littérature, le show-business et l’université. Sarkozy, naguère qualifié d’ultra-libéral (l’analyse politique à la portée des caniches), se gauchise nettement depuis son élection et semble trahir chaque jour un peu plus son électorat de droite. L’establishment est viscéralement étatiste (donc antilibéral) et de gauche, les vieux cons bedonnants de mai 1968 sont toujours aux manettes. C’est dire à quel point il manque un South Park français, un rouleau compresseur qui démolirait les grands tabous contemporains de chez nous, un grand bol de vitriol qui décaperait les sornettes « antiracistes », « tolérantes » et « citoyennes » dont on nous abreuve quotidiennement.


Pour faire choir les rebellocrates de leur piédestal, nous avons besoin d’humour libertarien. Certes, la pensée « libérale-conservatrice » est marginale en France, mais je vois aussi de l’espoir. La France que j’aime, gouailleuse, irrévérencieuse et cultivée, étouffe depuis plusieurs années sous le joug du politiquement correct et du totalitarisme intellectuel. Le truculent Michel Audiard a enfanté le sinistre Jacques Audiard. Mais tout n’est pas perdu, les enfants. On dit souvent que les États-Unis ont entre dix et vingt ans d’avance sur nous. Espérons que l’adage se vérifie au moins sur le plan culturel, et que nous verrons poindre d’ici 2017 un phénomène humoristique de la trempe de South Park.


Paul Castaing


Criticus, le blog politique de Roman Bernard.

Vous voulez publier une tribune libre sur Criticus ? Vous pouvez m'envoyer vos suggestions d'articles à l'adresse suivante : criticusleblog@gmail.com .


À lire aussi :

[South Park] AUTRUCHES CONTRE LAMANTINS !

 

south park

La lâcheté consiste pour la majorité des gens à vouloir laisser faire les islamo-terroristes pour sauver sa vie au détriment d’une liberté chèrement acquise : la liberté d’expression. a dit Kyle, le personnage central de la série SOUTH PARK.

Même après des années de lutte, nous n’aurions pu faire aussi bien que ces deux génies que sont Matt Stone et Trey Parker, les créateurs de la série South Park.

Dans les deux épisodes que vous pourrez visionner au bas de ce billet, Stone et Parker nous donnent la quintessence de notre combat contre le fascisme islamique.

kyle south parkCes deux incroyables auteurs ont réussi l’exploit inouï de tout concentrer dans cette aventure entre ceux qu’ils appellent : les AUTRUCHES : ceux qui refusent de voir le grignotage de nos libertés les plus essentielles et comme le dit Kyle : “La lâcheté implique de ne pas parler, rien dénoncer, s’enterrer la tête dans le sable et tenter de croire que ça les sauvera !” et les LAMANTINS
Kyle dit même à ce propos : “Soit on peut rire de TOUT, soit on peut rire de RIEN” !
: ceux qui refusent de mettre un mot, une idée de côté sous prétexte que cela pourrait heurter la sensibilité d’un groupe.

Le sujet : La Fox diffuse les épisodes des Griffin (Family Guy). Dans un épisode à venir, Mahomet doit apparaître.

Le monde s’affole, on craint le pire, les foules paniquées demandent à ce que la Fox déprogramme l’épisode des Griffin où le prophète doit faire une apparition.

Le N° 2 d’al quaeda, Ayman Al-Zahouari fait une annonce menaçante si l’épisode est diffusé.
Ben Laden en fait autant. Les musulmans partout dans le monde brûlent les drapeaux et appellent au Jihad.

Et là…Consternation ! Les auteurs de South Park font apparaître G W Bush, qui, devant ces menaces, ose la fermeté à l’égard de l’islam comme un sauveur de la démocratie.

Devant un parterre de journalistes attendant la réponse officielle sur l’attitude du Président des États-Unis face à la menace des attentats islamiques, G.W Bush devient le Héraut de la liberté.
Je ferai respecter le 1er amendement ” dit-il.

A ce moment précis, on frôle le grand moment de cinéma cartoonesque. Le génie et la clairvoyance des créateurs de South Park font de cet instant précis l’égal des pages de Balzac sur le journalisme dans son excellent roman “les illusions perdues”.

Les journalistes dubitatifs devant l’énoncé du Président Bush sur le 1er amendement ont tous perdu la mémoire !!!

Qu’est ce que le 1er amendement ?” demandent-ils.

Bush…étonné…choqué par cette question chuchote presque : “mais…c’est…la liberté d’expression…

Les journalistes ont oublié le 1er amendement. Ce sont eux les censeurs.

La bataille finale entre Kyle et Cartman (la somme de tous les vices dans la série) ne sera pas uniquement physique mais idéologique. Le démocrate contre le fasciste, rien de moins.

La Fox est prête à annuler l’épisode où apparaît Mahomet et Kyle résiste…Ses mots sont les miens, les vôtres :

Vous ne pouvez pas faire ce qu’ils demandent juste parce qu’ils menacent d’utiliser la violence.
Il faut préserver la liberté d’expression !
Oui…Il y aura peut-être même des morts, c’est comme ça que le terrorisme fonctionne ! Mais, si vous cédez à leur chantage, ça veut dire que les terroristes auront gagné, c’est pourquoi VOUS DEVEZ DIRE NON !

Si vous censurez Mahomet, c’est que vous faites une distinction entre les sujets sur lesquels on peut plaisanter et les autres. Soit on peut rire de tout, soit on peut rire de rien !

La Fox entend Kyle et décide de lancer l’épisode où Mahomet fait une entrée…La liberté d’expression retrouve-t-elle sa place ?

NON ! Pirouette encore plus intelligente par les auteurs de South Park.

L’épisode passe et Mahomet est planqué derrière une pancarte… Raté !

Sur la pancarte apparaît alors le texte suivant : “Comedy Central a refusé de diffuser une image de Mahomet sur sa chaîne“.

 

TOUT EST A REFAIRE !

Nul besoin d’avocat pour Charlie Hebdo en son temps de procès…La seule plaidoirie aurait consisté à faire visionner ces deux épisodes de South Park à la Cour.

Et vous ? Que choisissez vous ? AUTRUCHES OU LAMANTINS ?

Les deux épisodes

Attention : Cliquer sur ces vidéos ouvrira d’abord une page de pub. Ce n’est pas notre fait, mais celui de la plateforme vidéo. Une fois la page de publicité ouverte, vous pouvez la fermer, et revenir sur cette page afin d’y visionner votre vidéo.

 

 

Merci à “moimeme” pour nous avoir signalé ces vidéos.

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 01:53

sun La BBC confirme cette information qui a mis la blogosphère anglophone en ébullition, et commence à toucher la grande presse. Un pirate aurait réussi à pénétrer les ordinateurs du Hadley Center (parfois désigné sous le vocable de CRU, Climate Research Unit), le centre d'études climatologiques de référence du GIEC, vertement critiqué par Vincent Courtillot dans ses vidéos pour refus de communiquer ses données brutes, et dont je vous entretenais des soupçons de fraude scientifiques qui accompagnaient son directeur, un certain Phil Jones.

Tout acte de piratage actif d'un ordinateur dont l'utilisateur n'a pas souhaité ouvrir l'accès est un acte répréhensible, mais en l'occurence, j'ai du mal à en vouloir au(x) Hacker(s), malgré l'illégalité de son acte. Le butin, de 61Mo une fois zippé, comporte 72 documents et 1073 e-mails.

Véracité : probable

Le pirate a mis les fichiers en libre accès sur plusieurs serveurs de "dump", que vous trouverez facilement. Naturellement, il est possible que le pirate ait "rajouté  des truffes" au produit de sa rapine, et que les révélations "croustillantes" qui commencent à fleurir ça et là ne soient que des hoax.

Mais, comme le fait remarquer Lubos Motl, le pirate aurait alors réussi à insérer des fichiers d'une vraisemblance incroyable en quelques heures, entre son forfait et la mise à disposition. De nombreux commentateurs notent que trop de détails sont trop vrais pour avoir été fabriqués. Soit nous sommes en présence d'une véritable guerre informatique déclenchée par une organisation anti-réchauffiste aux puissants moyens (mais vous savez, moi, les théories du complot...), soit, plus probablement, les fichiers sont authentiques. D'ailleurs, Phil Jones lui même semble avoir reconnu que le Hack était réel et les mels sans doute authentiques. 

Dernière minute avant bouclage: Real Climate reconnait que les messages sont authentiques et tente maladroitement de les minimiser en arguant que leur contenu, qui n'était pas destiné à être publié (vrai) est "normal", et que les phrases  gênantes, une fois replacées dans leur contexte, ne le sont plus. Ah ?

Contenus : décapants

J'ai pu moi même télécharger le dossier "FOI2009". J'ai donc pu vérifier moi même la présence des mels cités par Watts, Motl, McIntyre (dont le site est en panne, record de trafic oblige). Le Herald Sun australien reprend l'histoire à son compte et livre des détails. Ce site met en ligne les fichiers txt sous forme de portail cherchable (belle réactivité). Selon les réchauffistes sur Twitter, le buzz est hors de tout contrôle.

Ces mels, s'ils sont authentiques, révèlent des pratiques frauduleuses, il n'y a pas d'autre mot, de certaines personnes très influentes dans les cercles réchauffistes, dont les travaux sont la base des rapports du GIEC. C'est la plus grande affaire de fraude scientifique depuis Lyssenko.

Quelques exemples 

Ce tableau Excel, que des internautes se sont empressés de publier sur google docs, montre les sommes considérables que Jones a collectées depuis les années 90. Plus de 13 Millions de livres sterling au total.

Des extraits intéressants (cités par Watts, Motls, The Examiner, et bien d'autres) ont été traduits par "domip" sur lepost. fr: 

From: Phil Jones
To: ray bradley ,mann@virginia.edu, mhughes@ltrr.arizona.edu
Subject: Diagram for WMO Statement
Date: Tue, 16 Nov 1999 13:31:15 +0000
Cc: k.briffa@uea.ac.uk,t.osborn@uea.ac.uk

Dear Ray, Mike and Malcolm,
Once Tim's got a diagram here we'll send that either later today or first thing tomorrow. I've just completed Mike's Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) amd from 1961 for Keith's to hide the decline. Mike's series got the annual land and marine values while the other two got April-Sept for NH land N of 20N. The latter two are real for 1999, while the estimate for 1999 for NH combined is +0.44C wrt 61-90. The Global estimate for 1999 with data through Oct is +0.35C cf. 0.57 for 1998. Thanks for the comments, Ray.

Cheers
Phil

Prof. Phil Jones
Climatic Research Unit Telephone +44 (0) 1603 592090
School of Environmental Sciences Fax +44 (0) 1603 507784
University of East Anglia
Norwich Email p.jones@uea.ac.uk
NR4 7TJ
UK

(...)

Je viens de terminer d'utiliser l'astuce Nature (ndt: la revue scientifique) de Mike (ndt: Michael Mann ??) qui consiste à incorporer les vraies températures à chaque série depuis les 20 dernières années (çad depuis 1981) et depuis 1961 pour celles de Keith's (ndt: probalement Briffa) afin de masquer le déclin.

A noter que le déclin dont il est question est probablement celui des températures, mais Phil Jones affirme que ce n'est sûrement pas cela mais qu'il ne se souvient plus de quoi il parlait à l'époque, ce qui n'a rien d'étonnant d'ailleurs. L'astuce "Nature" est décrite ici par St. McIntyre, qui est statisticien de formation.

D'autres font part de leurs propres doutes quant à la réalité du réchauffement :

The fact is that we can’t account for the lack of warming at the moment and it is a travesty that we can’t. The CERES data published in the August BAMS 09 supplement on 2008 shows there should be even more warming: but the data are surely wrong. Our observing system is inadequate.

Le fait est que nous ne savons pas expliquer l'absence de réchauffement actuellement et c'est ridicule. Les données du CERES publiées dans le supplément d'Août BAMS 09 en 2008 montre qu'il devrait y avoir encore plus de réchauffement : mais les données sont certainement fausses. Notre système d'observation est déficient.

D'autres évoquent la suppression de preuves, au moment de l'affaire du Freedom of Information Act qui exigeait que leurs données brutes et leurs algorithmes soient révélés :

Can you delete any emails you may have had with Keith re AR4? Keith will do likewise. He’s not in at the moment – minor family crisis.Can you also email Gene and get him to do the same? I don’t have his new email address.We will be getting Caspar to do likewise.

Peux-tu effacer tous les emails que tu as échangés avec Keith re AR4? Keith fera pareil.Peux-tu également écrire à Gene et lui dire de faire de même ?On va demander à Caspar de faire pareil.

Ici est évoquée la tentative de masquer la période de l'Optimum Médiéval (pédiode médiévale pendant laquelle il faisait plus chaud qu'actuellement) :

I think that trying to adopt a timeframe of 2K, rather than the usual 1K, addresses a good earlier point that Peck made w/ regard to the memo, that it would be nice to try to “contain” the putative “MWP”,

...Je pense que le fait d'utiliser une période de 2000 ans plutôt que 1000 répond au problème soulevé précédemment par Peck par rapport au mémo, et que ce serait bien pour essayer de "contenir" le soi-disant "OM" (ndt : Optimum Médiéval)

On y apprend également les pressions exercées sur les revues scientifiques afin que les études réfutant le réchauffement climatique ne soient pas publiées...

I think we have to stop considering “Climate Research” as a legitimate peer-reviewed journal. Perhaps we should encourage our colleagues in the climate research community to no longer submit to, or cite papers in, this journal. We would also need to consider what we tell or request of our more reasonable colleagues who currently sit on the editorial board…What do others think?

Je pense qu'il va falloir cesser de considérer "Climate Research" comme une revue à comité de lecture légitime. Peut-être devrions-nous encourager nos collègues de la communauté de la recherche climatique de ne plus soumettre d'article à ce journal ni citer d'articles de ce journal. Nous devrions aussi penser à en parler à nos collègues plus raisonnables qui siègent au comité éditorial... Qu'en pensez-vous ? 

Et d'ici demain, de nombreux autres secrets devraient être livrés par "the Jones files". Si c'est authentifié, et même real climate semble le reconnaître, c'est un gigantesque climategate qui se profile. Les protagonistes  avouent sans ambage dans leurs échanges qu'ils "retravaillent" les données pour les faire coller à leurs hypothèses, et recommandent la destruction de documents alors qu'ils sont sous le coup d'une investigation au titre du "Freedom of Information act" du royaume uni, ce qui est illégal, et tend à indiquer qu'il y aurait "quelque chose à cacher".

Rappelons que les données de températures du présent et du passé fournies par le Hadley center, qui s'est déjà rendu célèbre en refusant de communiquer ses données brutes à des gens comme Courtillot ou McIntyre, sont réutilisées (et sans doute de bonne foi) par des milliers de scientifiques dans le monde, dans des travaux étudiant la relation entre températures et toutes sortes de phénomènes, géologique, zoologiques, historiques, etc...

Une fraude aussi importante sur les données de températures récentes obligerait des centaines d'équipes de travail dans le monde à reprendre leurs résultats de recherche: les dégâts de cette possible fraude dépasseraient sans doute le cadre du changement climatique. Les coupables de telles manipulations doivent être jugés.

Suites politiques

Au plan international, voilà qui scelle certainement le dernier clou sur le cercueil d'un accord lors de la conférence de Copenhague.

Il est urgent qu'à la lumière de ces découvertes, une action forte soit entreprise auprès de nos parlementaires pour forcer une suspension de TOUTES les lois votées au nom de la "lutte contre le réchauffement climatique anthropique", le temps que cette affaire soit tirée au clair. LA TAXE CARBONE doit être ABANDONNEE et les lois "Grenelle" abrogées de toute urgence.

Nous ne pouvons plus nous permettre de voter des lois et taxes liberticides et anti-économiques au nom d'une science aussi ouvertement biaisée.

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Incidemment : L'article témoignage de X.Driancourt sur le site de l'institut Hayek il y a quatre jours prend une toute autre dimension...

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Pour se tenir au courant: le fil de commentaires sur Skyfal

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Vidéo, réchauffement climatique : le professeur Vincent Courtillot expose les principales erreurs du GIEC

Le professeur Vincent Courtillot, de l'académie des sciences, n'est pas climatologue, mais géologue physicien, doté d'un CV académique très étoffé. Il a été amené à s'intéresser presque incidemment aux données du climat, car géologie et paléo-climatologie se rejoignent parfois. Sa qualité scientifique lui a permis de se mettre assez rapidement à niveau ! Dans la vidéo ci dessous, avec une clarté pédagogique et une brillance orale qui n'exclut pas la rigueur scientifique, il étrille littéralement la "science" contenue dans les rapports du GIEC.

Une personne de bonne foi ne peut pas ne pas être absolument convaincue que les conclusions du GIEC, induisant une relation majeure de cause à effet entre CO2 et températures terrestres, sont très fortement entachées d'erreurs graves après avoir vu cela. Moteur ! (durée 51 minutes)

Mise à Jour Jeudi 1/10/2009: les conférences de Nantes (la même que ci dessous) et Strasbourg (plus détaillée et à mon sens encore meilleure) sont désormais visibles en format "youtube" ou "daily motion", plus pratique que celui ci dessous - Je les ai regroupées ici -




Pour vous mettre l'eau à la bouche :

  • le Hadley Center, centre météologique britannique qui alimente le GIEC en mesures de températures globales "traitées", à toujours refuser de livrer aux équipes de M. Courtillot ses données brutes de mesure. Gênant, tout de même, pour la crédibilité du Hadley Center...

  • L'équipe Courtillot est donc allée à la pêche station par station. Or, les données au jour le jour des stations européennes et américaines qu'elle a collectées donnent des courbes de températures réellement mesurées totalement différentes de celles du GIEC.

  • Les techniques de dendrochronologie (étude des anneaux d'arbre) utilisées par Micahel Mann pour reconstituer les températures du passé et produire sa trop fameuse courbe en crosse de hockey, comportent de nombreuses erreurs qui "aplatissent" les courbes du passé. En réinjectant dans les calculs les résultats de travaux de botanique récents, qui prennent en compte comment les arbres réagissent vraiment aux variations de température, alors on retrouve l'optimum médiéval (période bien plus chaude que de nos jours vers l'an 1000) et d'autres périodes plus chaudes que sur la courbe de Mann avant le minimum de Maunder.

  • Les modèles du GIEC sous estiment d'un facteur 20 (!!) l'influence des variations solaires sur la température, à cause d'une erreur de calcul basique dans la calibration des signaux de satellites différents. (Et "accessoirement", dans une conférence plus détaillée car un peu plus longue, donnée à Strasbourg, visible ici, l'on apprend que les "forçages" liés au CO2 sont surestimés d'un facteur 6...)

  • Les modèles du GIEC ignorent les  nuages, ce qui est fâcheux, quand on sait qu'une variation de couverture nuageuse de 3% équivaut à une différence de flux énergétique nettement supérieure à celle induite par les variations de teneur en CO2.

  • M. Courtillot rappelle avec une précision jusqu'ici inconnue en langue française, que la variation de la température au cours des siècles, mesurée par des méthodes glaciaires ou géologiques, précède de 800 à 2000 ans la variation des concentrations de CO2. S'il y a causalité, ce ne peut être que dans le sens "variation de températures => variations du CO2" et non l'inverse.
 
  • D'une façon générale, tous les modèles du GIEC sous estiment gravement les incertitudes tant sur les données qu'ils utilisent que, c'est une lapalissade, celles qu'ils omettent. Leurs modèles ne peuvent donc qu'être très fortement entachés d'erreurs. Selon M. Courtillot, dans 10 ans, il sera largement admis que les thèses actuelles du GIEC étaient fausses.

La grande force de l'exposé de M. Courtillot est de n'être jamais polémique. Il ne traite jamais le GIEC  d'incapables, laissant à l'auditeur le soin de tirer cette conclusion lui même. Il se contente de critiquer la confiance excessive (d'autres diraient : "arrogance") que le GIEC affiche dans ses conclusions, car cet organisme minimise les incertitudes inhérentes à toute science jeune au corpus en cours de formation.

Il ne livre que très progressivement les pièces qui ont conduit à faire de lui un climato-sceptique, alors qu'il y a seulement quatre ans, il croyait, comme "tout le monde", que le GIEC disait "la" science.  Il se contente, à la fin de son exposé, de rappeler que peut être que tout l'argent public déversé sur la lutte contre les rejets de CO2 pourrait être mieux employé ailleurs, et d'émettre des doutes sur la pertinence du choix de la nature institutionnelle du GIEC (un organisme sous l'égide d'une institution politique, l'ONU, plutôt que sous le pilotage d'une instance scientifique elle même).

Ah, une dernière chose: M. Courtillot est, semble-t-il, proche politiquement de MM. Ayrault et Delanoë. (et de Claude Allègre ? Entre géophysiciens...). On ne peut donc pas l'accuser de faire de la propagande ultra-libérale. Simplement, un exercice brillant d'honnêteté scientifique.

Nb. L'exposé de M. Courtillot a été donné aux journées scientifiques de l'université de Nantes le 7 juin 2009, voir la page originale ici. L'université de Nantes fait honneur à la science et à l'université en diffusant un tel savoir. Je tape suffisamment sur l'université par ailleurs pour ne pas lui tirer mon chapeau quand elle fait oeuvre utile.

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Hat tip : Jean Louis Garnier
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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 03:01

FAUT-IL INTERDIRE LES DROGUES ?

 

Pour commencer cette conférence,(1)  je voudrais vous raconter une anecdote historique. Dès janvier 1919, les prêtres catholiques américains devaient obtenir une autorisation de l'administration fédérale pour se procurer du vin de messe. L'ère de la Prohibition avait commencé. Pendant douze longues années, la production, le commerce et la consommation de boissons alcoolisées demeurèrent totalement interdits aux États-Unis. Très vite, on vit apparaître des sectes se réclamant du christianisme pour pratiquer avec dérogation administrative la communion sous les deux espèces. Tous les observateurs notaient le zèle particulier des fidèles pour l'absorption de vin consacré.

Il n'y eut pas que des petits malins pour tourner la loi sur la prohibition de l'alcool. Des mafias, habituées à fonctionner dans l'illégalité, saisirent une si belle occasion de diversifier leurs revenus traditionnellement liés au jeu et à la prostitution. Des distilleries clandestines proliférèrent dans tout le pays. Fabriqués à la hâte, sans hygiène, leurs produits rendaient souvent fou ou aveugle, mais quel recours avait l’imprudent consommateur ? D'autres gangs, qui ciblaient plutôt une clientèle fortunée, passaient en contrebande des spiritueux de qualité venus d'Europe. L’argent du bootleg pervertissait l’État jusqu’au plus haut niveau; un des exemples remarquables reste celui de Joseph Kennedy, fondateur de la dynastie qui donna un président et plusieurs sénateurs au pays, et qui lui-même, après avoir édifié sa fortune dans l’importation d’alcool en fraude, se fit nommer à la tête de la puissante et prestigieuse Commission des Opérations de Bourse par les politiciens qu’il avait si longtemps stipendiés.

La conséquence la plus tragique de la Prohibition fut évidemment l’augmentation spectaculaire des crimes de sang. Parce qu'ils ne pouvaient pas recourir aux tribunaux, les gangs réglaient leurs différends dans des batailles de rue et par des assassinats, qui marquent encore la mémoire de villes comme Chicago. On a pu écrire que la violence causée par la Prohibition a provoqué plus de morts pendant les douze années qu'elle a durées que n'en auraient causé la cirrhose et les accidents dus à l'alcool. (2)

Si tout ce que je viens de vous dire ne vous rappelle pas ce qui se passe aujourd'hui avec la prohibition de la cocaïne et des autres drogues, c'est que vous avez vécu sur une île déserte, sans journaux et sans radio depuis 20 ans.

Or, que s'est-il passé lorsque la Prohibition de l'alcool a cessé aux États Unis ? Des multinationales comme des petits producteurs ont mis en vente des vins et des spiritueux non frelatés. Les seules batailles qu’ils ont continué de se livrer étaient sous forme de publicité et de prix cassés. La mafia a déserté ce secteur, et on n’y a plus recensé aucun cas de corruption ni de " blanchiment ". Et, curieusement, la consommation d’alcool comme celle de cigarettes diminue dans beaucoup de pays où la vente y est autorisée.

Est-ce que l'expérience que je viens de décrire de la prohibition de l'alcool aux États Unis n'aurait rien à nous apprendre, ou bien est-elle pertinente pour analyser cette nouvelle prohibition qui vise cette fois les amphétamines, la cocaïne, l'héroïne, le cannabis.., ce qu'on appelle communément " la drogue " ? Il y a quelque chose que je trouve effrayant dans l’ampleur et la violence de la répression qui s’abat sur les drogués. Le discours utilisé, les moyens mis en œuvre, sont vraiment ceux de la guerre. (3) Dans notre propre pays, qui se veut un modèle d’État de droit, les policiers et les magistrats réclament des lois d’exception et des exceptions à la loi sous prétexte de trouver et punir les trafiquants. La délation devient obligatoire, comme aux beaux jours du nazisme et du stalinisme. (4) Lorsque les gouvernements, partout, montrent une telle unanimité répressive, est-ce que notre devoir minimum de citoyen n’est pas de se poser des questions ? Se pourrait-il, par exemple, que nous soyons en train de répéter l’erreur des prohibitionnistes de l’alcool, dont les remèdes ont causé plus de morts que le mal qu’ils voulaient combattre ? Se pourrait-il que la répression arrange autant les affaires des mafieux que celles des politiciens ? Tout ce qui concerne la drogue a des rapports avec notre inconscient, et c’est précisément parce que l’émotion qu’elle suscite permet toutes les manipulations que nous devons nous poser de telles questions.

La persécution des drogués

La première des manipulations est évidemment celle du vocabulaire. Lorsque les magistrats et les policiers prétendent qu'ils mènent la " guerre à la drogue ", ils abusent des mots. " Persécution " est le terme qui convient. Appeler leur croisade " persécution " rendrait la cause des policiers moins populaire, mais décrirait mieux la réalité. Car notez que dans une guerre, il y a deux adversaires qui luttent pour s'imposer l'un à l'autre. Or, le drogué ne menace personne, il se trompe certainement dans la voie qu’il a choisie, mais il n’oblige personne à le suivre; le drogué ne contraint personne à se droguer, c’est nous qui voulons, par la force des armes, lui imposer notre propre façon de vivre. Alors, je m'interroge sur la raison même de cette persécution. Pourquoi interdire la drogue ? Car il ne peut pas, absolument pas, y avoir de justification rationnelle à l'interdiction de produire, de commercialiser et de consommer des drogues. Il n'existe pas de raison morale. Il n'existe pas de raison économique. Il n'existe pas de raison sociale. La persécution que pratiquent nos gouvernants n'est pas de l'ordre de la raison. Son absurdité est telle qu’il faut en chercher les causes dans nos peurs, dans la peur que notre société éprouve devant tous les essais de modifier les états de conscience. Nous n'aimons pas les mystiques, les chamans, nous ridiculisons les voyants, nous enfermons les fous et les délirants, même s'ils ne sont pas dangereux, nous persécutons les drogués, comme nous avons brûlé les sorcières. Dans notre société qui se veut sécularisée, la persécution des drogués est une persécution religieuse. C'est ce que je vais essayer d'expliquer.


Les vrais dangers de la drogue 

Laissez-moi d’abord vous dire que je suis confronté au problème de la drogue comme l’est tout père de famille en Occident. La drogue n’évoque pas pour moi le stimulant intellectuel que prenaient Einstein, Freud (ou Sherlock Holmes), ni l’inducteur de rêveries et de visions qu’affectaient Baudelaire, Malraux, Cocteau, Michaux et tant d'autres. Je suis atterré que la drogue soit aujourd’hui celle que les lycéens refilent à leurs petits camarades, celle que contenaient les seringues abandonnées qu’on trouve dans les jardins publics, celle des junkies aux dents déchaussées et aux orteils horriblement piqués et tuméfiés, parce que les orteils sont moins repérables par les policiers que les bras.

Mais j’ai eu aussi une autre expérience de la drogue. J’ai été président pendant dix ans d’une société française qui produisait de la cocaïne - en toute légalité, car cet alcaloïde a encore un usage médical. Celle que nous produisions sous le contrôle du Ministère de la Santé et sous surveillance policière était " de la pure ", vendue à des laboratoires pharmaceutiques et des hôpitaux. De temps en temps, les douaniers nous envoyaient leurs prises en espérant que nous pourrions les traiter et leur acheter la cocaïne récupérée. Ces produits confisqués aux trafiquants déconcertaient notre meilleur chimiste et furent pour moi la révélation d’une immense aberration dans notre politique répressive. La cocaïne de contrebande était tellement dénaturée, mélangée avec n’importe quelle poudre blanche, de la lessive, du plâtre même, les impuretés si nombreuses que, huit fois sur dix, elle était irrécupérable. Mais je réalisais que c’est cette mixture que les jeunes prisaient ou s’injectaient. La dangereuse différence entre la cocaïne que nous produisions dans notre laboratoire et celle vendue dans la rue tenait aux impuretés. La pâte que fourgue un dealer est potentiellement mortelle, non pas tant à cause de la cocaïne qu’elle contient que des produits qu’on y a mêlés.

Ce qui s’explique aisément. La cocaïne, comme vous l'avez vu dix fois à la télévision, est extraite des feuilles d’une plante, la coca. Son extraction demande un traitement chimique qui nécessite un appareillage simple mais encombrant. L’interdiction de la production de cocaïne fait que les laboratoires où l’extraction s’effectue doivent rester cachés dans des fermes, des usines désaffectées, des bidonvilles, et qu’ils doivent déménager fréquemment ; les conditions d’hygiène ne peuvent en aucun cas y être satisfaisantes. La vente des solvants organiques nécessaires à l’extraction est elle-même contrôlée par la police. Les chimistes clandestins utilisent donc des ersatz qu’ils préparent dans leur garage, dans leur cave, dont vous imaginez la qualité. Puis cette pâte frelatée doit passer les frontières, indécelée des douaniers. Récemment, j'ai entendu dire qu'un antiquaire a été arrêté à Genève. Il importait des tableaux, beaucoup trop de tableaux au sentiment des douaniers. La cocaïne était diluée dans le vernis qui recouvrait les toiles. Quelqu'un allait s'injecter du vernis de tableaux avec un peu de poudre dedans.

Les effets de la clandestinité

 La nécessité de transporter clandestinement la marchandise incite les trafiquants à proposer les drogues les plus dures, celles qui pour le plus faible volume provoquent l’effet le plus fort. On avait constaté le même phénomène et pour les mêmes raisons à l’époque de la Prohibition : la bière et le cidre avaient quasiment disparu au profit du gin et du whisky. La règle est qu’une substance interdite est vite remplacée par une autre plus nocive encore. Puis, la drogue en arrivant à destination est coupée par les revendeurs pour augmenter leur marge. C’est une nouvelle cause de pollution du produit, bien sûr, et un risque supplémentaire pour le drogué, car il ne sait pas dans quelle proportion la drogue est coupée, il ne peut pas calculer la dose de principe actif qu’il va consommer. Imaginez que vous preniez des pilules pour dormir, toutes de la même apparence, les unes contenant un gramme de somnifère, les autres dix grammes ou plus. Une fois, vous ne vous réveillerez pas. Les drogués meurent ainsi d’une overdose.

Le commerce de la drogue, comme toute activité humaine, obéit à une cohérence économique. La répression sévère, qui va jusqu'à la peine de mort dans certains pays, est cause que l’offre est réduite alors que la demande reste forte. La prohibition garantit donc des prix élevés aux trafiquants. Comme tout entrepreneur, ceux-ci veulent diminuer leur risque, dans leur cas, celui d’être appréhendé; or leur marge commerciale est largement suffisante pour acheter la complicité des autorités, et, par conséquent, pour les plus gros trafiquants, le risque lié à l’illégalité est plus théorique que réel.

Les prix élevés de la drogue dus à son interdiction sont la raison de manifestations de délinquance et de violence menaçant toute la population, même celle qui se tient à l’écart de ce trafic. D’une part, des bandes armées se disputent cette activité si lucrative, tuant indifféremment leurs rivaux ou des passants. D’autre part, de nombreux consommateurs ne peuvent se procurer l’argent de leurs doses sans recourir au vol. Même si vous n’avez jamais été directement victimes de la délinquance des drogués, vous en supportez le coût. Les compagnies d’assurances vous le font payer dans leurs primes.

Ce recours au vol explique pourquoi la cherté du produit n’est pas un frein à la consommation, comme ce serait le cas sur un marché légal. Puisqu’ils sont de toutes façons refoulés dans la clandestinité, les consommateurs de stupéfiants n’ont plus à se priver de voler l’argent qu’ils ne gagnent pas, ce qui leur confère un pouvoir d’achat en théorie illimité. Certes, voler sans se faire prendre demande des capacités, mais les drogués pratiquent volontiers la vente " boule de neige ". Un héroïnomane a intérêt à acheter plus de produit qu'il n'en consomme lui-même et à se faire une clientèle à qui revendre le surplus. Ce sont donc sur ses clients qu’il reporte le sale boulot de voler des autoradios ou d'arracher des sacs à mains. 

La prohibition de la drogue est l’exemple type d’intervention administrative fourvoyée. On prétend lutter contre les trafiquants, et quelques uns effectivement sont arrêtés, mais on assure à tous les autres des bénéfices exorbitants. On prétend protéger les drogués contre eux-mêmes, mais la prohibition incite les trafiquants à ne commercialiser que les drogues les plus dangereuses. On prétend moraliser la société en éliminant un vice, mais on induit un supplément de violence et de délinquance dont toute la société subit le coût moral et matériel. (5) 

Les fruits de la légalisation

 Je pars de l’hypothèse que le but réel des pouvoirs publics est de protéger les drogués et de mettre un terme à la criminalité liée au trafic de stupéfiants. Je ne suis pas certain que cette hypothèse soit la bonne, mais admettons-la provisoirement. Est-ce que, dans ce cas, la solution ne serait pas de légaliser la drogue ? Non pas dépénaliser sa consommation : cette demi-mesure adoptée aux Pays-Bas, si elle représente un progrès, n’élimine pas le danger de la fabrication clandestine. Légaliser signifie tout bonnement que la drogue sera en vente dans les circuits commerciaux habituels, comme le sont le vin et les cigarettes.

Préconiser la vente de haschich et de cocaïne en épicerie apparaîtra peut-être à certains d'entre vous comme une monstruosité. Pourtant les avantages sont décisifs de transformer ce qui est un trafic glauque et sanglant en un marché transparent. Sur tous les marchés libres, les fournisseurs sont des entreprises ou des particuliers identifiables et civilement responsables. Lorsque les fournisseurs commercialiseront en leur nom, sous leur marque, le haschisch, la marijuana, la cocaïne, l’ecstasy, le LSD.., chaque consommateur aura l’assurance d’acheter un produit qui n’est pas frelaté (et si jamais il l’était, ce consommateur pourrait se retourner contre le fournisseur et lui réclamer des dommages, ce qui est évidemment impossible dans la clandestinité d'aujourd'hui). (6)

La concurrence entre les fournisseurs apporte aussi la perspective d’une diminution de la toxicité des produits. Nous oublions en l’appelant toxicomane que ce n’est pas la toxicité que cherche le drogué, mais une certaine forme de bien-être physique. Or, éliminer la toxicité est autant l’objectif de l’entreprise que le souhait du drogué. Même si vous n'accordez aucune once d’humanisme aux hommes d’affaires, vous devez au moins reconnaître qu’en saine logique commerciale tuer ses clients n’est pas une stratégie viable. Dès qu'ils seront libres de commercialiser ce qu’on ne pourra plus appeler de la drogue, mais des euphorisants, des stimulants intellectuels ou des inducteurs de rêveries, les industriels voudront satisfaire le consommateur en créant des produits correctement dosés, sans effets secondaires.

Aujourd'hui, avec ou sans l’encouragement des pouvoirs publics, les entreprises ont bien mis sur le marché des cigarettes légères, des colas et des pâtes à mâcher sans sucre, du café sans caféine, des huiles alimentaires sans cholestérol... On verra dans la même logique les fabriquants de drogues rivaliser pour proposer les produits les moins nocifs possibles. En outre, la disponibilité de produits aux effets presque similaires fait naturellement disparaître le besoin des produits plus toxiques. Pourquoi prendre le risque de l’absinthe alors qu’on trouve du pastis ? De même, pourquoi prendra-t-on le risque du crack lorsqu'on trouvera sur le marché de la cocaïne pure et pas chère ?

On peut ainsi espérer que les laboratoires, lorsqu'ils auront le droit de faire de la recherche sur ces produits, ce qui vous savez leur est totalement interdit aujourd'hui, découvriront rapidement un moyen de diminuer le phénomène d’accoutumance que créent certaines drogues. Contrairement à ce qu’une analyse superficielle peut faire croire, l’accoutumance ne joue pas en faveur du producteur. (7) C’est la crainte de l'accoutumance, au contraire, et des effrayantes crises de manque qu’elle occasionne qui agissent comme un frein à l’extension de la consommation. Or, quel est le producteur qui ne souhaite pas lever les freins à la diffusion de son produit  ?

Une autre conséquence bienvenue de la légalisation totale sera l’effondrement des prix, libérant le drogué de la nécessité de la délinquance pour acheter ses doses. Des produits moins toxiques et moins chers signifient qu’un consommateur pourra le plus souvent conserver son travail et que son salaire lui permettra de satisfaire son besoin. Une marge commerciale qui n’intègre plus une prime pour l’illégalité de la transaction découragera les mafias, qui chercheront vite ailleurs d’autres activités plus lucratives. (8)

Apprendre à boire, à fumer, à sniffer

 La légalisation sans restriction de la drogue ne veut pas dire un monde de junkies, pas plus que depuis la fin de la Prohibition, les États Unis ne sont devenus un pays d’ivrognes. Ce n’est pas la répression policière, mais l’exemple et l’éducation qui permettent de limiter la consommation de drogues. Il existe des comportements pathologiques liés à tout ce que nous consommons (des fumeurs à la chaîne, des boulimiques et des alcooliques..), mais la civilité, les rites, les usages, ont pour effet d’exercer une pression modératrice sur chacun. En Occident, on ne fume pas partout ni n’importe quand; on ne boit pas d’alcool le matin, ni en dehors des repas avant le soir... Chez les Indiens du Mexique, il existe des rites à respecter avant de mâcher le peyotl.

Les parents apprennent ces règles à leurs enfants. La socialisation de la consommation permet la transmission à chaque génération d’un enseignement sur le bon et mauvais usage de la drogue. Or, ce n’est pas seulement le produit que la répression frappe, mais son mode d’emploi. Dans le monde fermé et clandestin des drogués, les illusions et les mythes les plus fous circulent sur des substances qui pourtant réclament plus que d’autres d’être traitées avec sagesse et compétence. La légalisation et la banalisation de la drogue, la diminution en même temps de sa dangerosité, auront pour conséquence que nous pourrons l’intégrer dans notre culture pour en réguler l’usage. (9)


Les mauvais prétextes d’une politique répressive 

Nous avons dressé un constat d'échec total de la répression. Je crois que vous pourrez en convenir, il suffit de regarder autour de soi, la répression, ça ne marche pas. La moitié des poursuites pénales dans un pays comme la France, la moitié des incarcérations aux États Unis, sont liées à la drogue. C’est un chiffre effarant, et pourtant le nombre des drogués ne fléchit pas. Jusqu’où voulons-nous aller ? Mettre un policier dans chaque salle de classe, dans chaque boîte de nuit ? En regard de cet échec, j’ai essayé de décrire les avantages qu’offrirait la légalisation complète des drogues. Alors pourquoi persévérer dans la voie de la répression et de l’échec, alors qu’il existe une alternative ?

 Cet entêtement dans l’échec ne peut pas être pour des raisons économiques. Quand on se place du point de vue même des États persécuteurs, toujours en situation de semi-banqueroute, la légalisation représente un gisement fiscal : d’un trait de plume abolitionniste, tout le commerce de la drogue deviendrait imposable. En revanche, la clandestinité entraîne des dépenses budgétaires considérables sans recettes correspondantes. Voyez l'encombrement de la justice, le maintien des contrôles douaniers aux frontières, le quadrillage policier du pays, l'emprisonnement de dizaines de milliers de trafiquants, auquel il faut ajouter les coûts hospitaliers du traitement des drogués, la propagation du SIDA, etc. Économiquement, la légalisation ne peut pas coûter plus cher à la société que la répression.

 Ce n’est pas non plus pour des raisons sociales et de santé publique que la répression se justifie. L’argument ici serait celui des partisans de l’avortement. Puisqu’on ne peut pas interdire efficacement l’avortement, faisons au moins qu’il ne mette pas en danger la vie de la mère. Il ne s’agit pas d’approuver le choix de la drogue ou de l’interruption de grossesse, mais lorsque ce choix est fait, de permettre qu’il n’ajoute pas le risque physique à la faute morale. Il est étonnant que les mêmes politiciens qui ont approuvé l’IVG en raison de cet argument refuse de le considérer lorsqu’il s’agit de la drogue. Et puisque nous parlons de santé publique, je voudrais rappeler des faits : le premier est que l’alcool en France tue 100 fois plus que la drogue, et la drogue tuerait moins si elle n’était pas interdite; le deuxième est que le passage des drogues douces aux drogues dures n’est pas automatique, pas plus que celui qui se met à boire un verre de vin par repas ne deviendra nécessairement un alcoolique. Il y a aux États Unis 40 millions de personnes qui ont fumé un joint, et seulement 700,000 héroïnomanes, soit 1,75% d’utilisateurs de " drogues douces " qui ont fait le pas vers une plus grande toxicité. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le produit qui force la dépendance, mais plutôt la psychologie de l’individu qui recherche cette dépendance. Très peu des dizaines de milliers de militaires américains qui consommaient de l’héroïne au Vietnam n’ont connu des problèmes de dépendance à leur retour au pays.

Enfin, ce ne saurait être non plus pour des raisons morales que nous continuons la répression. La distinction à établir ici est celle entre la morale et le droit : ce n’est pas parce qu’un produit ou un comportement sont bénéfiques que les pouvoirs publics doivent les rendre obligatoires (tout au plus, ils peuvent se contenter de les conseiller); et ce n’est pas parce que d’autres produits ou comportements sont nuisibles pour ceux qui les adoptent que les pouvoirs publics doivent les interdire (ils doivent seulement émettre des mises en garde). Le rôle des pouvoirs publics dans un État de droit est de protéger les citoyens contre l’agression d’autrui, pas contre eux-mêmes. " La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui " affirme la Déclaration des Droits de l’Homme. Le port du voile ou de plumes sur la tête, la consommation de porc, d’alcool ou d’alcaloïdes, un traitement médical, sont des choix qui ne sauraient nuire (éventuellement) qu'à ceux qui les ont faits, pas à autrui. Chacun de nous devrait pouvoir dire, en paraphrasant Voltaire : " Je n’approuve pas ce que vous sniffez, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le faire ".

Confondre le vice et le crime, la loi morale et le droit, est l’essence du fondamentalisme. (10) Or, moralement, le fondamentalisme est indéfendable, il n’y a de morale que dans la liberté. Le paradoxe est que ce sont les dirigeants des démocraties occidentales qui se proclament les champions de la liberté et qui pratiquent en même temps le fondamentalisme le plus rétrograde en se voulant à la pointe du combat contre la drogue. Position idéologique difficile à tenir : Comment expliquer que chaque adulte ait le droit d’élire les dirigeants de la Cité, de se prononcer sur le niveau des impôts, la peine de mort, les lois scolaires..., c’est-à-dire comment expliquer que le citoyen possède assez de jugement pour voter comment les autres doivent vivre, mais n'en aurait pas assez pour décider comment vivre lui-même ?

 

De quelle contrebande parlons-nous ?

 Alors si la répression ne répond pas à des raisons économiques, sociales et morales, si elle n’a aucune chance de triompher du mal qu’elle prétend combattre, pourquoi la continuer ? Je vous propose deux réponses. La première est celle-ci : Et si c’était la répression elle-même qui était le but recherché ? Si la lutte contre la drogue n'était qu'un prétexte ? Si le véritable enjeu était non pas d’éradiquer la drogue, mais de trouver un moyen de faire accepter aux populations les plus jalouses de leurs libertés les lois les plus liberticides ? La grande opération de contrebande à laquelle la drogue donnerait lieu serait de faire passer sans les déclarer les mesures policières du temps de guerre.

On ne fiche plus les gauchistes, mais comme on ne peut pas s’empêcher d’espionner les citoyens, on fiche ceux que l’on suspecte d’intelligence avec les trafiquants. Les citoyens n’aiment pas qu’on puisse écouter leurs conversations téléphoniques, et il n’y a plus de guerre froide pour le justifier, alors on prétexte la " guerre à la drogue ". (11) C’est en raison de cette prétendue " guerre " que les gouvernements cherchent à interdire le cryptage de la correspondance sur Internet. Lorsqu’il s’est agi de supprimer les contrôles frontaliers au sein de l’Union Européenne, c’est bien en invoquant le danger de contrebande de drogue que les douaniers ont écarté cette menace à leur emploi. C’est toujours en raison de cette " guerre " si opportune contre les narco-trafiquants qu’on autorise les policiers à procéder à des gardes à vue arbitraires et des confiscations de biens sans jugement. (12)

Certes, il ne s'agit pas d'un vaste complot contre la liberté ourdi par les gouvernements du monde. Ce n'est pas ainsi que les démocraties fonctionnent. Il faut dans nos pays que convergent de multiples intérêts corporatistes pour faire accepter une politique fondamentaliste de cette ampleur, véritable choix de société. Or, il se trouve que beaucoup de professionnels de la répression, tout en déplorant peut-être sincèrement le sort des drogués, seraient bien en peine de trouver un autre métier que celui de les persécuter. La justice a besoin de délinquants (que les policiers appellent avec raison leurs " clients "). C’est pourquoi la répression de la drogue arrange bien des intérêts. Il ne faut pas croire que les commis de l’État, parce qu’ils apparaissent moins motivés que d’autres par l’argent, n’ont pas d’intérêt personnel. Bien sûr qu’ils ont le souci de leur carrière, de l’importance de leur personne aux yeux d’autrui, et c’est normal. Bien sûr qu’ils cherchent une gratification dans leur métier, mais ils la trouvent malheureusement dans la plus pernicieuse de toutes les passions, l’exercice du pouvoir sur autrui.

Un paysan se bat pour vendre son lait plus cher, un libraire pour vendre plus de livres; vous trouvez cela normal. Dans la même logique de leur intérêt personnel, les policiers réclament une répression toujours plus sévère, qui gonfle leur importance sociale et leur budget. Les procureurs trouvent dans cette répression l’occasion de promotions et de célébrité. (13) Les politiciens se flattent à la télévision de défendre la jeunesse et la santé morale du pays. Profitant de l’aubaine, les fonctionnaires du fisc obtiennent la levée du secret bancaire, les douaniers procèdent à des perquisitions sans mandat. Pour ces petits et grands serviteurs de l’État, protéger leur sinécure, affirmer leur pouvoir, mener une grande croisade médiatisée mondialement, sont des motivations fortes. Entre-temps, les drogués meurent et les trafiquants prospèrent.

Alors on comprend que la plus grande vertu de la répression est son inutilité. Parce qu’elle ne parviendra jamais à son but, la répression garantit la pérennité des bureaucraties qui l’exercent.

La nouvelle Inquisition

Mais il existe une autre explication. Un tel acharnement, la mise en œuvre de tant de moyens, ne peuvent pas être la seule expression d’intérêts corporatistes. Très peu d’êtres humains sont capables d’agressions répétées et systématiques contre des innocents dans le seul but de servir un plan de carrière. Il faut au persécuteur une croyance, il faut à ses procureurs, ses gendarmes, ses délateurs, la certitude de servir une cause supérieure qui les déresponsabilise de la violence qu’ils exercent et en justifie même par avance les excès. 

Je dis que dans le cas de la drogue, cette justification est d’ordre religieux. Je crois qu’on ne peut pas expliquer la persécution des drogués si on ne fait pas appel à la notion de persécution religieuse.

Je m’explique. Toutes les sociétés connaissent des interdits alimentaires, par exemple, l’alcool et la viande de porc pour les musulmans, la viande de boeuf pour les hindouistes, d’innombrables produits pour les juifs... Ce n’est pas parce que ces produits sont dangereux pour la santé qu’ils sont interdits. Les grecs et les romains, sous le même climat qu’Israël, mangeaient tout ce dont les juifs se privaient. Le but de ces interdits est d’ordre symbolique. Il manifeste, entre autres, l’appartenance à un peuple. Le tabou alimentaire oblige chaque musulman devant ses hôtes à se déclarer membre de ce peuple du Coran, à qui il n’est pas permis de manger du porc. Notre peuple est celui de la technique, de la rationalité triomphante, et il ne nous est pas permis de consommer les produits qui pourraient altérer cette capacité de raisonner. Toute drogue qui modifie les états de conscience représente un sacrilège à l’encontre du culte de la Rationalité. (14)

Mais il y a ici un paradoxe. La rationalité et le progrès technique sont les seules valeurs que nos sociétés modernes peuvent opposer à la culture de la drogue. La technique nous a permis de faire fructifier les disponibilités de la nature, de transformer la matière (pour le meilleur et pour le pire), elle nous a permis de modifier les processus infectieux, physiologiques, cellulaires, du corps humain, et elle nous permet aussi de modifier les états de conscience.

Puisque cette innovation est possible, elle aura lieu, il n’y a rien que les gardiens de l’ordre moral puissent faire contre le besoin de notre société d’expérimenter. Ils ne pourront pas interdire aux gens d’aller plus loin dans l’exploration du potentiel humain : exploration du potentiel physique à travers le sport et la médecine ; du potentiel créatif à travers les affaires, l’art, la science ; et exploration du potentiel de notre conscience par l’ascèse, la transe, et l’usage des drogues.

La persécution des drogués est le fait de ceux qui s’opposent au progrès, tout simplement. L’obscurantisme a changé de camp. Le dogme officiel, l’idéologie au pouvoir, n’est plus celle de la Curie romaine, (15) elle est celle des scientistes. Les blouses blanches ont remplacé les soutanes. Les scientistes ont cru qu’ils pouvaient modéliser les choix, les aspirations, les sentiments des êtres humains, et qu’ils pouvaient planifier la vie en planifiant l’économie. Le drogué vient soudain nous rappeler qu’il existe d’autres valeurs qui échappent à toute comptabilité, d’autres valeurs que celles de la rationalité, même si ce ne sont pas ces valeurs-là que vous et moi voulons pour nous-mêmes.

L’autre paradoxe est qu’avec ces prétendus défenseurs de la rationalité, tout débat rationnel sur la drogue est impossible. Pour paraphraser Timothy Leary, on peut dire que " les drogues sont des substances qui provoquent des comportements irrationnels et délirants chez ceux qui n’en prennent jamais ". Nous sommes bien ici dans le domaine de la croyance. Nous avons ici l’évidence que cette persécution est d’ordre religieux. Expliquer à un procureur genevois ou new-yorkais qu’il peut y avoir du plaisir à fumer un joint est tout aussi inutile (et dangereux) (16) que de vanter à un ayatollah les mérites d’un vieux bordeaux. (17) Cela dit, pourquoi pas ? Je n’ai pas de problème avec cette absence de dialogue. Nous n’avons pas besoin de débattre de nos convictions religieuses, il suffit que nous ayons le droit de les pratiquer. Nous n’avons pas besoin de convaincre autrui des bienfaits de la cocaïne ou du vin, il suffit qu’autrui nous les laisse consommer. Ce qui est à ouvrir dans notre société n’est pas un débat sur la drogue, mais sur le Droit. La seule question à se poser à propos de la drogue est de savoir si un être humain, adulte, citoyen, électeur, a le droit d’ingérer une substance qui lui plaît, en pleine connaissance de cause, sans menacer autrui. (18)

 

En manque de liberté

Ce que révèle cette question de la drogue est combien notre société est en manque - en manque de liberté. Pourtant je suis sûr que la légalisation complète de la drogue est aussi inéluctable à terme qu’elle est difficile à imaginer aujourd’hui. Je dis que dans 20 ans nos enfants seront effarés d’apprendre que nous avons persécuté les drogués, exactement comme nous avons du mal, nous, à imaginer que nos parents ont emprisonné des homosexuels et des brasseurs de bière, et que nos ancêtres ont brûlé des hérétiques et des sorcières.

Alors laissez-moi formuler un vœu pour terminer. J’espère qu’un jour notre société cessera de persécuter ceux qui souhaitent vivre différemment sans forcer les autres à les suivre. J’espère qu’elle cessera de persécuter ceux qui explorent d’autres modes de vie où nous n’osons pas nous engager - en d’autres termes, je souhaite que les guerres de religion ne soient pas une fatalité.

 

D’après une conférence donnée à Toulouse en septembre 1996

 

www.liberalia.com                                                                                                 cmichel@cmichel.com    

 Notes

(1) A la réflexion, j’aurais dû commencer cette conférence en rappelant qu’il n’existe pas de définition objective de " la drogue ". Mon livre de référence, l’Encyclopedia Universalis, définit la drogue comme " une substance naturelle ou synthétique, inscrite sur une liste annexée à une convention internationale et soumise à réglementation ". En d’autres termes, une drogue est ce qu’un gouvernement déclare être une drogue. Ainsi le président des États-Unis vient de décréter que le tabac est une drogue; mais le tabac n’est pas une drogue pour le reste du monde. Depuis des siècles, les indiens des Andes mâchent de la feuille de coca; la plupart des gouvernements ont déclaré que mâcher des feuilles de coca est un crime. La législation des pays musulmans range le vin parmi les drogues et en punit la consommation ; celle des pays européens encourage la consommation de vin, subventionne sa production et protège les marques. La metanone et le DHEA sont vantées comme des molécules " miracle " et proposées en vente libre dans tous les drugstores aux États-Unis, mais figurent sur la liste des substances interdites en France.

(2) Mark Thornton, The Economics of Drug Prohibition, University of Utah Press, 1991.

(3) " War on drugs " est le slogan relancé par chaque président américain depuis Nixon. Le Monde Diplomatique d’avril 1994 estime qu’une armée internationale d’un demi-million d’agents se consacre exclusivement à la lutte contre la drogue, en disposant d’un budget annuel de quelques 50 milliards de francs.

(4) Un projet de loi sur les services financiers en Suisse prévoit que si un banquier reçoit de l’argent d’un client, et qu’il peut supposer que cet argent est d’origine criminelle, il doit accepter ces fonds avec empressement, puis les bloquer et dénoncer son client à la police.

(5) Un proverbe dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Nous avons déjà vécu un tel échec des bonnes intentions administratives avec la prohibition de l’alcool. Exemple plus récent : le gouvernement français en 1989, proclamant son émotion devant le sort des drogués, bannissait la vente de seringues. Comme conséquence directe de cette sollicitude administrative, la France comptait quelques années après le nombre le plus élevé en Europe de contaminés du SIDA, et la vente des seringues dut être à nouveau autorisée.

(6) Ce n’est pas parce qu’il vend de la drogue qu’un trafiquant est condamnable, mais parce qu’il trompe le plus souvent l’acheteur sur la qualité de son produit.

(7) Comme l’écrit Olivier Méresse dans un excellent article de la revue Autre Chose, dont je me suis beaucoup servi ici : " Reconnaissez-le, s’il était démontré que l’héroïne ne crée aucune accoutumance (et n’est pas toxique), s’il était démontré que le fait d’en prendre ne donne aucune envie artificielle d’en reprendre, vous auriez déjà essayé. Vous êtes donc comme tout le monde, vous en mourez d’envie. Cela vaut toujours mieux que d’en mourir ". Il est vrai que les fabricants de tabac n’ont pas cherché à éliminer les facteurs d’accoutumance de leurs produits, au contraire. Mais la toxicité du tabac n’est démontrée que depuis une vingtaine d’années, alors que personne ne peut douter aujourd’hui de celle de l’héroïne. Le problème des producteurs de drogues sera donc de convaincre les nouveaux consommateurs de l’absence de nocivité de leurs produits, et en particulier de la possibilité d’y renoncer sans ces effrayantes " crises de manque ".

(8) Il est grandement à souhaiter que lorsque la légalisation des drogues aura lieu, le corps médical, les éducateurs, les journalistes, et des myriades d’associations, entameront des campagnes vigoureuses d’information sur les dangers de tous ces produits. Un produit ne devient pas inoffensif parce qu’il est légalisé et la mise en garde des utilisateurs est un devoir. De même, on peut penser qu’à titre privé, des détaillants s’abstiendront d’offrir des stupéfiants aux mineurs, des employeurs ne recruteront pas des drogués si leur travail peut être affecté, des compagnies de transport n’embarqueront pas des personnes sous l’emprise évidente d’une substance quelconque (elles refusent déjà les passagers en état d’ébriété), les organisateurs de compétitions sportives maintiendront des listes de produits dont les athlètes devront s'abstenir s'ils souhaitent participer aux épreuves... Bien sûr, d’autres détaillants, employeurs et organisateurs, adopteront une attitude différente à l’égard des drogués. Cette pluralité des réactions manifeste la différence entre une société de liberté et un régime de persécution.

(9) On ne sait pas assez que jusqu’aux années 1920, l’opium, la morphine, la cocaïne, étaient en vente libre dans les pharmacies. Le Coca-Cola doit son nom au fait qu’il contenait réellement de la cocaïne. Comme le rapporte Roch Côté, dans son livre Drogue, La Guerre chimérique, Les Belles Lettres, 1996, le Coca Mariani, un vin de bordeaux additionné de feuilles de coca, dont chaque verre contenait l’équivalent d’une ligne de cocaïne pure, était apprécié partout en Europe pour ses vertus revigorantes. Le pape Léon XIII, les souverains d’Angleterre, de Russie, de Suède, de Norvège, tout comme Dumas fils, Jules Verne, Edmond Rostand, Émile Zola, Anatole France, figurent parmi les célébrités qui exprimèrent leur témoignage de reconnaissance envers le pharmacien corse Angelo Mariani et son merveilleux élixir (fait historique rapporté aussi dans l’Atlas Mondial des Drogues, publication de l’Observatoire géopolitique des drogues, Paris, PUF, 1996).

(10) " Les vices sont des actes par lesquels un homme nuit à sa propre personne ou à ses biens. Les crimes sont des actes par lesquels un homme nuit à la personne ou aux biens d’autrui. .. Tant qu’une distinction entre les vices et les crimes ne sera pas clairement établie et reconnue par les lois, il ne pourra exister sur terre aucun droit, liberté ou propriété individuels.. ", Nos vices ne sont pas des crimes, stimulant essai, publié en 1875, de l’anarchiste américain Lysander Spooner, trad. française, Bibliothèques 10/18, 1996.

(11) " La guerre est la bonne santé de l’État. Elle met en branle dans la société ces forces irrésistibles qui conduisent à l’uniformité, à la collaboration passionnée avec les autorités, à la mise au pas des minorités et des individus qui n’ont pas le sens du troupeau " écrivait le poète Randolph Bourne en 1917.

(12) Lorsque le Droit est violé, c'est-à-dire lorsqu'une personne est victime d'une agression sur elle-même ou ses biens, elle a toutes les raisons de dénoncer son agresseur et de réclamer une réparation. Mais lorsqu'une loi arbitraire est violée, c'est-à-dire une loi qui invente un coupable alors qu'il n'existe pas de victime, ou lorsque la victime ne peut pas se manifester parce qu'elle serait aussitôt déclarée coupable elle-même, ce qui est le cas des acheteurs de drogues frelatées, personne ne porte plainte ; alors le policier ne peut apprendre l’existence du prétendu délit que par ses " indics ", par la délation, la violation du secret de correspondance, les écoutes téléphoniques, le chantage. Abandonnant sa vocation de nous protéger pour courir après des malfaiteurs imaginaires dont personne ne se plaint, chaque policier se transforme en espion méprisable de nos vies.

(13) Ce n’est pas moi qui le dis. Un ministre français a déploré publiquement ce " couple médiatico-judiciaire ".

(14) Les médecins distribuent certaines substances qui altèrent les états de conscience (tranquillisants, somnifères), mais le tabou contre " les drogues " est si puissant qu’il s’impose même à ces figures emblématiques de la science, qui, par exemple, n’ont pas le droit de prescrire de la marijuana alors que son usage apaise les spasmes de certains cancéreux.

(15) Elle a condamné Galilée, c’est l’exemple obligé, représentatif d’un phénomène récurrent dans l’histoire. Qu’on songe plus récemment aux biologistes qui s’opposaient à Lyssenko. Comme l’écrit Ayn Rand, l’homme qui inventa le feu fut probablement condamné à être brûlé vif par les chefs de sa tribu.

(16) Le Code pénal condamne ceux qui font l’apologie de la drogue. Je m’empresse d’affirmer que ce texte n’est pas une apologie de la drogue.

(17) Le Commissaire aux Affaires Sociales de la Ville de New York déclarait il y a peu qu’on pourrait lui apporter toutes les preuves que la vente libre des seringues réduirait la propagation du SIDA qu’il ne reviendrait pas sur sa décision de les interdire. Lire à ce sujet l’excellent article de James Ostrovsky, War On Drugs, War On Progress, dans Liberty, Septembre 1992. 

(18) Comme je l’ai écrit ailleurs, il y a deux dangers contre lesquels l’État ne peut pas nous protéger : nous-mêmes et lui-même. Et ce dernier danger n’est jamais plus grand que lorsque l’État veut nous épargner le premier.

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Drogue : un débat interdit
  • Source du document : Le Québécois Libre
    Auteur : Marc Grunert
    Descriptif : 

    Marc Grunert enseigne les sciences physiques dans un lycée de Strasbourg et anime le Cercle Hayek, consacré à la réflexion et à la diffusion du libéralisme. Il est également éditeur adjoint du Québécois Libre pour la section européenne.

    Le QL défend la philosophie libertarienne et libérale classique, c’est-à-dire la liberté individuelle, l’économie de marché et la coopération volontaire comme fondement des relations sociales. Il s’oppose à l’interventionnisme étatique et aux mouvements collectivistes, de gauche comme de droite, qui visent à enrégimenter les individus. Il existe plusieurs écoles de pensée libertarienne (autrichienne, randienne, néoclassique, anarcho-capitaliste, etc.) qui ne professent pas des positions similaires sur tous les sujets ; celle qui est privilégiée au QL est l’École autrichienne (dont les principaux représentants sont Murray Rothbard, Ludwig von Mises et Friedrich von Hayek). Tous les articles publiés dans le QL expriment un point de vue libertarien, libéral classique, ou qui n’est pas en contradiction avec la philosophie libertarienne. Chaque auteur est responsable de ses propres opinions. Lorsqu’il y a conflit d’interprétation, la ligne éditoriale est déterminée par le directeur. Le but du QL n’est toutefois pas de débattre entre libertariens, mais d’offrir un éventail d’opinions et de commentaires de façon à éduquer et informer les lecteurs ayant des convictions libertariennes et les autres qui le lisent parce qu’ils s’intéressent aux débats d’idées. Bref, élargir l’aire de débat pour les libertariens et faire connaître la philosophie libertarienne.

Samedi le 9 mars 2002 a eu lieu à Paris une manifestation contre la prohibition des drogues et particulièrement du cannabis. Elle a été organisée par le CIRC (le sympathique Collectif d’information et de recherche cannabique de Paris). Cette action commune du CIRC et de la Souris verte (forum des « jeunes verts » qui soutiennent la candidature écologiste de Noël Mamère) avait pour prétexte la dénonciation de l’incarcération de Jean-Pierre Galland, président de ce CIRC, mais c’était aussi l’occasion de militer pour la légalisation de la drogue.

« Il faut lire les faits et procès de l’affaire Galland pour voir comment l’État peut se débarrasser de ceux qui nuisent à ses intérêts en s’appuyant sur une pseudo loi qui est une véritable insulte à la liberté d’expression. Les libertariens, qui sont contre toute forme de « fascisme sanitaire », doivent sans aucun doute apporter leur soutien à la cause de Jean-Pierre Galland. »
Ce document a initialement été publié dans le Québécois Libre (16/03/2002, n°100)

Une loi d’essence totalitaire

« Les inspecteurs de la brigade anti-drogue de Lyon, raconte Jean-Pierre Galland, après être passé par Montpellier, me trouvèrent à Paris et me reprochèrent d’être, en tant que président de la Fédération du CIRC, le responsable du logo sur nos t-shirts, et des textes de la compil... Bref, d’être à la tête du CIRC, une association qui « présente le cannabis sous un jour favorable ». » Et le voilà condamné en 1999 à une amende de 10 000 francs.

Un procès en appel aggrava la peine en 2001 à 90 000 francs à payer en 300 jours. Bien décidé à résister, Galland se justifie avec raison : « Quoi qu’il arrive, je ne paierai pas parce que cette condamnation est un chantage, une peine de prison déguisée. Finalement, ils n’ont fait qu’appliquer lourdement, mais logiquement, une loi absurde et d’essence totalitaire qui punit l’expression d’une opinion hérétique sur la question des drogues. » Aujourd’hui, il est aux portes de la prison.

Cette affaire est l’occasion de rappeler que la légalisation des drogues est tout à fait naturelle dans une société libre fondée sur la responsabilité individuelle. Un individu étant propriétaire de son corps, il a le Droit de consommer des drogues du moment qu’il n’agresse pas les droits d’autrui (voir À QUI APPARTIENT NOTRE CORPS ?, le QL, no 84).

« Dans nos sociétés, sous le couvert d’un mythique « intérêt général », l’État interdit la consommation et le commerce des drogues sans se soucier des coûts de cette interdiction. »

Bien entendu, la consommation de drogues est un vice moralement critiquable s’il conduit à une déchéance de ses facultés. Mais l’individu doit avoir la liberté de disposer de sa vie, et les autres celle de l’aider, de le convaincre de se passer des paradis artificiels, voire de l’ostraciser. La régulation des comportements humains dans une société libre se fait naturellement. Un individu n’aura pas intérêt à adopter un comportement qui l’exclut de la communauté des échanges. Ou, s’il le fait, il doit en mesurer les conséquences.

La guerre contre la drogue est la santé de l’État

Mais dans nos sociétés, sous le couvert d’un mythique « intérêt général », l’État interdit la consommation et le commerce des drogues sans se soucier des coûts de cette interdiction. Or les coûts sont énormes. Le plus visible est d’ordre financier. Le budget de l’État consacré à la lutte contre la drogue est considérable. Ensuite la criminalisation des activités liées à la drogue est la cause directe de l’emprise des mafias sur le marché des drogues, en raison de la prime de risque très élevée que la prohibition engendre. La clandestinité du marché des drogues produit la violence et le crime. Les consommateurs de drogues, criminalisés par la loi, restent enfermés dans un monde obscur dont ils ne peuvent plus sortir sans risquer une peine de prison. L’interdiction crée donc le crime et la délinquance (voir LA GUERRE À LA GUERRE À LA DROGUE, le QL, no 47).

Au coût supporté par les citoyens correspond un bénéfice pour les hommes de l’État. La lutte contre la drogue donne une apparente légitimité à leur intervention. Les mafias, qui disparaîtraient avec la cause qui leur donne naissance (la prohibition), sont aussi la bonne occasion de voter des lois visant à contrôler les individus, d’accroître les moyens et les budgets des bureaucraties policières, et enfin de convaincre les électeurs que l’État les protège contre le crime.

La légalisation de la drogue est une mauvaise affaire pour les hommes de l’État. Il ne faut pas voir ailleurs la raison de ces discours vertueux de politiciens et d’experts en service commandé qui confondent le Droit et leur morale privée.

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