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The International Civil Liberties Alliance is a project of the Center for Vigilant Freedom Inc.  We are an international network of groups and individuals from diverse backgrounds, nationalities and cultures who strive to defend civil liberties, freedom of expression and constitutional democracy.

We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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The Center for Vigilant Freedom

8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 16:30

Bienvenue sur le champ de bataille

Première étape de notre parcours du combattant Cyber-Libertarien : apprends à connaître ton ennemi mieux qu'il ne te connaît. Nous commençons par du super-coriace : le trotskiste. Port du casque obligatoire.  

Par Cyber-Résistant.  

 

http://media.paperblog.fr/i/634/6349893/bienvenue-sur-champ-bataille-L-qRknHa.png

Léon Trotsky & Edwy Plenel

 

- C'est dégueulasse…
- Qu'est-ce que ça veut dire, "dégueulasse" ? C'est la guerre. Il savent la faire, les fumiers. 

La 317e Section, film de Pierre Schoendoerffer

 

Passez sous les barbelés

Vous arrivez à un dîner plutôt de gauche, tout se passe bien, les jupes sont jolies et l'alcool généreux. Mais voilà que la discussion dévie vers la politique : la température monte d'un cran. Fidèle à vos idées, vous défendez le Cyber-Libertarianisme et, aussitôt, un convive vous agonit de railleries discrètes, de critiques voilées, voire même de menaces en filigrane. De votre capacité à vous adapter à la situation dépendent votre réputation et celle du libertarianisme.

"Je le vaincrai, car j'aime la guerre plus que lui", disait Winston Churchill au sujet d'Adolf Hitler. On est en droit de se demander si les libéraux aiment suffisamment la guerre verbale pour vaincre le socialisme. C'est ce que nous allons très prochainement vérifier, à la faveur d'une crise économique majeure : les débats, publics comme privés, vont se tendre, les extrémismes s'ébrouer, et tout porte à croire que le libéralisme sera mis en accusation. Les plus craintifs d'entre vous peuvent d'ores et déjà se préparer à se taire. Les autres sont bons pour le choc frontal avec l'idéologie, et ni l'humour, ni la lecture de Hayek ne seront des boucliers suffisants. Il vous faut aimer le combat : on n'a jamais vu une mauviette étendre un boxeur professionnel.

Reconnaissance, identification, analyse : votre première mission, si vous l'acceptez, sera de comprendre vos adversaires. Et non en bloc, car ils sont différents les uns des autres : un par un, en fonction de leurs croyances, de leur passé idéologique, de leurs espérances étatistes, égoïstes ou révolutionnaires. Nous allons donc les examiner séparément. Commençons par un ennemi juré du libertarianisme, et l'un des plus compétents : le trotskiste. Ne ricanez pas, cet homme sait ce qu'il fait.

 

La foi trotskiste

Chaque école collectiviste a sa vision propre, laquelle détermine ses stratégies et ses tactiques. Le trotskisme est, en France, une des plus influentes.

Inconditionnel de Lénine et principal challenger de Staline - qui l'exilera et le fera assassiner -, Léon Trotsky est un auteur de bonne tenue et un homme d'action performant. Ses talents d'orateur, sa plume alerte, son goût pour les échafaudages intellectuels, sa volonté d'obtenir des résultats concrets, son courage dans l'adversité, le font très tôt remarquer comme un leader. On célèbre sa capacité à discipliner la toute nouvelle Armée Rouge. On parle moins de sa propension à fusiller les révolutionnaires non conformes à la perspective bolchévique. Les communistes libertaires de Krondstat, mutins pacifiques et désespérés, sont sauvagement massacrés : Trotsky fait le ménage. Des milliers ce morts. De nos jours, il serait bon pour le Tribunal Pénal International.

La thèse communiste préférée de Trotsky est la "révolution permanente", qu'il fait sienne en 1904En quelques mots : la révolution n'est pas un événement mais un process, elle ne saurait rester confinée aux limites d'une nation. Elle doit être continue et mondiale, sans quoi elle se résumera à un simulacre bourgeois. La révolution bolchevique ne deviendra LA révolution que lorsqu'elle aura conquis l'Univers entier, et cela doit advenir séance tenante.

Disant cela, Trotsky se condamne, car il envoie le bolchévisme dans une direction plus chimérique encore que les prophéties léninistes. En effet, dès 1918, les bolchéviques sont isolés : les autres peuples d'Europe rechignent à suivre la voie tracée par Lénine, la révolution mondiale risque de se faire attendre. Pour contrer le délire de Trotsky, Staline aura la partie facile : il lui suffira de taxer son concurrent d'irréalisme, et de lancer le mot d'ordre contraire à celui de la révolution permanente : "l'édification du socialisme dans un seul pays". Dans sa volonté d'aller trop vite et trop loin, Trotsky a quelque chose d'hitlérien. Staline l'a repéré et le condamne à passer pour un dangereux rêveur.

Trotsky meurt en 1940 au Mexique, un pic à glace enfoncé dans le crâne, et laisse derrière lui un sentiment d'inachevé, un air de romantisme. Trotsky a perdu contre Staline, donc il est cool. Staline a tué tout le monde, donc Trotsky avait raison. Le barbichu à la vue basse entre dans la légende collectiviste sous le label des losers magnifiques, des poètes rock de la révolution, sur la même étagère que le Che.

 

Le trotskiste, cet amphibie

Les trotskistes ont un joker dans la manche : jamais, dans aucun pays, à aucun moment de l'histoire, leur mouvement n'a accédé au pouvoir suprême. Contrairement au léninisme et au stalinisme, le trotskisme est resté théorique : il n'y a pas eu et il n'y aura sans doute jamais de pays trotskiste comme il y a eu des pays léninistes ou staliniens. Certes, Trotsky fut l'organisateur de l'Armée Rouge et un des acteurs les plus emblématiques - un des assassins les plus glaciaux - de l'utopie bolchévique, mais ni lui, ni ses innombrables admirateurs n'ont réussi à prendre les commandes centrales d'un État. Léon a une trajectoire fulgurante, mais marginale. Le trotskisme produit des livres, des partis, des groupuscules, des tracts, des grèves, de l'entrisme, de la logorrhée, des motions, des scissions, des congrès, des Internationales, des manifestations, mais toute cette magnifique agitation est lovée sur elle-même, autosuffisante, autarcique : elle n'a de contacts avec la réalité que de manière sporadique. De nos jours, le trotskisme n'essaye plus de prendre le pouvoir collectivement. Il le prend individuellement : nombre de trotskistes s'entendent à grimper haut sur l'échelle institutionnelle, à devenir fort célèbres, voire fort riches, et ce sans jamais en éprouver la moindre mauvaise conscience.

 

L'idéologue businessman

Pour justifier sa médiatisation et l'épaisseur de son compte en banque, le trotskiste showbiz bénéficie de deux deux alibis : l'entrisme et l'irréversibilité.

L'entrisme consiste à infiltrer une structure de pouvoir dans le but de la déstabiliser de l'intérieur et de la rendre compatible avec la révolution future. Cette stratégie relevant de la conspiration, de l'hypocrisie et du parasitisme, permet au trotskiste d'envisager tous les milieux professionnels, tous les CV, toutes les carrières comme des champs de bataille, et de présenter l'égoïsme de son ascension personnelle comme un sacrifice à la Cause. "Oui, je suis trotskiste et chef d'entreprise, oui je suis collectionneur d'objets bolchéviques et richissime. Oui, c'est paradoxal. Mais c'est que le monde capitaliste doit être pénétré en profondeur par les révolutionnaires, seul moyen de lui faire perdre le contrôle de lui-même ! On ne peut changer la pyramide du pouvoir sans gangréner son sommet !" Ainsi le trotskiste plaide-t-il devant son miroir que ses nuits chez Castel sont des préfigurations du Grand Soir. Il est la taupe du Komintern chez les happy few.

L'irréversibilité, quant à elle, complète l'entrisme : elle permet au trotskiste de maintenir en toutes circonstances son lien à Trotsky, via la pratique.

Un ami de Mélenchon dit, et il n'est pas le seul : "Quand on a été trotskard, on le reste toute sa vie". L'énoncé est vrai, comme des énarques, car le trotskisme est une école au sens propre du terme. Dans les groupuscules de fanatiques dévoués au message de Léon l'Implacable, la formation est essentielle. On doit, pour devenir un vrai trotskiste, lire beaucoup d'idéologie et d'histoire, connaître son Marx et son Lénine sur le bout des doigts, savoir organiser une réunion publique, écrire un tract, recruter, espionner les partis ennemis, faire courir des rumeurs, menacer, désinformer, faire basculer une majorité lors d'un vote étudiant, déclencher une grève, négocier, prendre la parole à une tribune, créer SOS racisme à la demande de Mitterrand dans le but de favoriser le FN, voire même lancer des cocktails Molotov ou séquestrer un patron. Toutes choses que Tocqueville ne savait pas faire. Le trotskiste est un spécialiste de l'organisation révolutionnaire et du passage à l'acte. Il est dévoué, méthodique, consciencieux. Et s'il sait se montrer explosif devant les caméras de télévision, il sait également être discret, furtif, transparent, en attendant la prochaine occasion d'exploser.

Tant de trotskistes parviennent à des postes de responsabilité dans des entreprises publiques et privées ! Leur méthodologie, patiemment apprise dans l'ombre des stages de formation révolutionnaires, fonctionne à merveille dans le cadre d'une carrière individuelle très intéressée. Les cours du soir du parti rendent apte à organiser, structurer, commander, diriger : le monde du management accueille ces talents avec enthousiasme. Souple comme le roseau, le trotskiste ne cesse nullement d'être trotskiste lorsqu'il s'assied dans le fauteuil du grand patron : dans son role playing game idéologique, l'ardeur égoïste est un camouflage. Une ruse de la Tchéka. Incluez là-dedans toutes les nuances de la mauvaise foi.

Abandonnant parfois officiellement son idéal extrémiste pour des motifs tactiques (il faut bien cela, si l'on veut devenir Pierre Moscovici à Bercy), le trotskiste ne prendra cependant pas la peine de faire son mea culpa.

Pourquoi diable prendrait-il cette peine, alors que les techniques trotskistes, la praxis groupusculaire qui constitue son armature mentale, sont les clés de sa prospérité ? S'il veut se dédouaner, pour la forme, il se contentera de lâcher qu'il a été d'extrême-gauche, oui, mais que c'était une "erreur de jeunesse" et qu'il "ne regrette rien". Il omettra de préciser que sa jeunesse ne connaît pas de fin ; le gauchisme permet de rester ado ad libitum. Ainsi notre camarade se considèrera-t-il éternellement comme un héros, et non comme un vendu, quand bien même il balancerait par-dessus bord le dogme, l'envie de bouleverser la société et les Œuvres Complètes de l'homme aux petites lunettes rondes. Lui jeter à la figure qu'il est "hypocrite" ou "pas cohérent" n'aura guère d'effet : il se trouve cohérent d'un point de vue idéologique, et ne l'est pas moins que le professeur libéral en université d'État.


Le casse-tête

Dans ces conditions, pour un libertarien, convaincre un trotskiste qui a réussi - c'est-à-dire : le déprogrammer - relève de la quasi-impossibilité. Comment voulez-vous faire sincèrement et exhaustivement condamner le trotskisme par Edwy Plenel, alors que la filière de formation trotskiste l'a mené à l'argent, à la notoriété, au respect quasi-unanime et aux dîners en ville avec les grands de ce monde ? Une chose est certaine, au moins : Plenel juge Hollande "trop à droite" et veut bien le faire trébucher. Preuve que le confort et les sunlights n'ont pas tué en lui l'envie de mordre les modérés et de faire basculer les situations. Trotsky approuve, même si Plenel dit avoir abandonné les idées de Léon.

Évidemment, si vous tombez sur un pauvre gars hypnotisé, un trotskiste de la base, du genre qui rate la première marche et reste à jamais confiné à l'antenne Lutte Ouvrière d'Aulnay-sous-Bois, des coups gagnants peuvent être tentés pour le ramener à la réalité et sauver sa liberté. Mais la première saison de notre école d'arts martiaux Cyber-Libertariens concerne les types d'adversaires ; les types d'argumentations viendront en deuxième saison. Contentons-nous pour l'instant de la leçon que nous donne le trotskiste.

D'abord, l'ennemi a de bonnes écoles de combat idéologique. On ne peut pas en dire autant des libéraux. D'où notre série d'articles, en espérant que vos commentaires, vos expériences et vos analyses viendront nourrir l'arsenal proposé. Ensuite, et c'est le plus important, nous devons apprendre à respecter l'adversaire pour ce qu'il est : un bon, voire un très bon politicien, bénéficiant du "pilote automatique" du diamat, quand nous sommes contraints à la vérité et à ses doutes.

L'erreur originelle du libéralisme, sur le champ de bataille idéologique, est de croire que la vérité l'emporte nécessairement. C'est sous-estimer de manière dramatique les chausse-trappes à tiroirs et les oubliettes en réseau du mensonge assumé, de l'esprit de complot, de l'hypocrisie tactique, de la souplesse stratégique, de l'efficacité argumentaire et de la foi vraiment religieuse, ardente, tous éléments livrés, prêts à l'emploi, dans le pack léniniste.

Partir du principe que ces gens sont des crétins est une faute grave. Partir de celui qu'ils nous sont intellectuellement inférieurs est une témérité coupable.

 

Le professeur

Avant-hier soir, 23 heures 15, dans l'émission marathon que Pujadas lui consacre, Jean-Luc Mélenchon explique que Robespierre a donné l'égalité aux Juifs. Ten points. Depuis plus de deux heures, le maître du Parti de Gauche se montre plus intense que ses contradicteurs. Il les boxe tous un par un, il encaisse et il frappe, fort. La cérémonie pourrait durer toute la nuit, il ne baisserait jamais la garde. Il ment avec énergie, exhibe son aisance, zigzague tel le cobra, frappe par derrière, amadoue, humilie, salit, élève, inspire, et balance quelques vérités bien senties comme des grenades à fragmentation. Autour de lui, progressivement, ils se rendent, ils s'éteignent. Ils ont mal partout. Ils ne le critiquent plus que sur la forme. Ils lui tendent même des perches. Mélenchon en profite pour se payer la Corée du Nord, avec une émotion parfaite - celle dont Copé serait incapable. Ce soir, comme cinq nuits plus tôt chez Ruquier, il a écrasé le souvenir de Georges Marchais. ll est enfin le personnage télévisuel le plus doué de l'histoire du communisme français.

Il est temps pour toi, ami lecteur, d'entrer dans le dur. Si tu perds des batailles, c'est d'abord parce que tu méprises ton adversaire.

Et si tu le méprises, c'est parce que tu ne te concentres pas suffisamment sur lui. Des qualités, il en a, mais tu ne les regardes pas. Tu les snobes. Or, elles t'ont pour proie. Aussi te proposons-nous de mettre de côté trois heures, ce week-end ou dans les jours qui viennent, pour regarder ce show : tout bonnement le meilleur spectacle communiste jamais offert en France à la télévision. Tu ne pourras pas, à la fin, ne pas dire : "L'école trotskiste, c'est pas rien, quand même..." Au long de son excellente biographie parue chez Robert Laffont, on nous rappelle de nombreuses fois que Jean-Luc le Cogneur tient sa maestria de ses classes chez les lambertistes, les plus comploteurs des trotskistes français, où il a débuté et tout appris - Lionel Jospin vient de la même écurie, mais lui est bien inférieur stylistiquement et culturellement. Mélenchon est un rouge parfait.

Un esprit libéral digne de ce nom se doit de reconnaître au socialisme en général et au communisme en particulier une expertise dont le libéralisme est dénué. L'expertise du néant ? Oui. Mais c'est en la prenant en considération que nous pourrons la viser et la détruire. Bon appétit. Dimanche prochain, le stalinien. Si tu as peur des cégétistes, viens en armure.

   

L’ultragauche, en France, resurgit sous de multiples formes : depuis les trotskistes jusqu’aux antimondialistes, ses différentes composantes s’en prennent tous au même ennemi : le capitalisme. Ce courant politique date de la Révolution : son histoire permet de voir ce qui unit au fil du temps tous les gauchistes.

Par Thucydide

 

L’expression « extrême gauche » évoque simplement au départ un positionnement politique à partir de la IIIe République : elle désigne d’abord les radicaux puis les socialistes et enfin les communistes. « Extrême gauche » sera donc à prendre dans le sens de « gauchisme », terme qui est plus convenable. Le gauchisme fut défini par Lénine comme « la maladie infantile du communisme ». Il correspondait en fait aux partisans des solutions extrêmes de gauche. Le terme a été repris dans les années 1965-1968 pour désigner les idéologies à la gauche du Parti communiste. Au sens où nous l’employons, « extrême gauche » est synonyme de « gauchisme ». L’extrême gauche n’est pas homogène, il existe de nombreux courants et une multitude d’organisations en son sein. Néanmoins, les facteurs d’unité existent bel et bien. Ils peuvent être considérés au nombre de deux : l’antidémocratisme et la société utopique. Le premier consiste à rejeter les principes démocratiques de la société « bourgeoise » : le slogan en vogue en mai 1968 l’illustre bien : « Élections, piège à cons ». Quant à la société utopique, il s’agit pour les gauchistes d’instaurer une société sans classes, égalitaire, débarrassée du fléau capitaliste.  

 

Rejet de la démocratie et société égalitaire  

L’extrême gauche, comme toutes les familles politiques en France, naît durant la Révolution. Ses membres ne veulent pas se contenter de l’égalité des droits proclamée dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. Ils souhaitent l’égalité dans les faits, c’est-à-dire une société où il n’existe ni pauvres, ni riches. Cette extrême gauche s’incarne d’abord chez les « Enragés » de Jacques Roux, qui exigent la taxation des denrées et aussi une taxe sur les riches. Leurs revendications sont ensuite reprises, après leur élimination, par les hébertistes, du nom de leur chef Hébert. 

Mais la meilleure expression d’égalitarisme se trouve chez Babeuf. Ce dernier est le premier à associer les idées communistes avec un projet révolutionnaire. Il organise une conspiration visant à instaurer une République égalitaire mais il échoue. Il est exécuté en 1797.

Après Babeuf, la nouvelle figure de l’extrême gauche est Louis Auguste Blanqui (1805-1881). Il a passé plus de trente-trois ans en prison, c’est-à-dire plus de la moitié de sa vie : c’est pour cette raison qu’il fut surnommé « l’Enfermé ». À partir des années 1830, il fréquente Buonarroti qui n’est autre que l’ancien lieutenant de Babeuf. Il mène des activités révolutionnaires dans des sociétés secrètes.

Blanqui dirige le 12 mai 1839 une insurrection au cours de laquelle il tente d’occuper l’Hôtel de Ville de Paris et de soulever les ouvriers. Arrêté, il est condamné à mort mais sa peine est commuée en prison à vie. Il est cependant libéré en 1848. Il prend alors part à de nouvelles émeutes en mars de la même année. Il participe encore à des manifestations révolutionnaires le 31 octobre 1870 et le 22 janvier 1871.

On le voit, dès ses débuts, l’extrême gauche est marquée par l’antidémocratisme, l’antiparlementarisme.

Au début des années 1880 se forme une nouvelle extrême gauche. En effet, c’est à cette époque que se constitue le mouvement anarchiste dont le maître mot pourrait être : « la propagande par le fait ». Autrement dit, les anarchistes utilisent le terrorisme pour parvenir à leurs fins, l’établissement d’une société sans classes. C’est à partir de 1892 que la France est frappée par une vague d’attentats anarchistes. En 1894, on assiste à une véritable « épidémie » d’attentats qui oblige à voter des lois répressives. Les socialistes n’hésitent pas à qualifier ces dernières de « scélérates ». L’idée majeure de ces gauchistes réside, par exemple, dans le cri de Vaillant, auteur d’un attentat le 9 décembre 1893 : « Mort à la société bourgeoise et vive l’anarchie ! ».

 

La révolution : oui… mais comment ?

Au début du XXe siècle, l’idée révolutionnaire s’implante dans l’extrême gauche grâce à Lénine et à la révolution d’octobre 1917 en Russie. Elle va se développer avec le trotskisme qui défend les concepts de parti révolutionnaire et de révolution mondiale. Trotski a effectué quatre séjours en France, ce qui peut expliquer le succès du trotskisme. Le trotskisme connaît un premier temps fort en 1934-1935 lorsque ses adeptes pratiquent l’entrisme (1) au sein de la SFIO. Ensuite, au lendemain de la guerre, en 1945-1947, ils exercent une influence certaine lors des grèves ou dans certaines entreprises. Puis dans les années 1960-1970, ils parviennent à donner une couleur marxiste aux revendications des étudiants.

Dans les années 1950, un courant d’extrême gauche développe l’idée que la révolution doit se faire non par un parti – comme pour le trotskisme – mais par les masses. Ainsi, Cornelius Castoriadis et Claude Lefort défendent, dans leur revue intitulée Socialisme ou barbarie, l’idée du conseillisme, un communisme des conseils, différent de la dictature d’un parti. Après mai 1968, les idées d’« autogestion » sont en vogue.

Les années 1960 voient la naissance d’un autre courant gauchiste encore, le maoïsme. Ce dernier consiste en la doctrine de Mao Zedong. En 1967 un parti maoïste est fondé, le PCMLF, le parti communiste marxiste-léniniste de France. L’idée est de faire la révolution par le truchement d’un parti. Mais son influence est très limitée. Les maoïstes les plus nombreux choisissent l’idée de la révolution par les masses. Leur objectif réside alors dans l’établissement d’un lien avec la base ouvrière. On dénonce les cadences inhumaines, les accidents du travail… L’antidémocratisme se retrouve dans ce courant puisque ces maoïstes se lancent dans des actions illégales : distribution de produits de luxe volés, opérations commandos, séquestrations…

Enfin, dans les années 1970, le groupuscule Action directe prend la voie du terrorisme : cette méthode violente d’instaurer la société égalitaire réapparaît donc, avec pour corollaire la volonté de mettre à nu le caractère fasciste de la démocratie libérale.

Ainsi, dans les années 1960 et 1970, l’extrême gauche s’est caractérisée par une grande diversité dans les moyens à mettre en œuvre la société parfaite.

 

Les antimondialistes : « Prophètes d’un âge d’or jamais au rendez-vous » (M. Winock)

Depuis les années 1990, l’extrême gauche connaît un regain de dynamisme. Le trotskisme retrouve une certaine audience car il réussit à capter les revendications d’un mécontentement social qui ne se satisfait pas des organisations traditionnelles. Le capitalisme est donc toujours l’éternel ennemi mais sous un nouveau nom : on dénonce « l’ultralibéralisme », « l’impérialisme », le « néolibéralisme », toutes ces expressions renvoyant à la mondialisation.

À ce titre, les antimondialistes, notamment à travers le groupuscule ATTAC, s’apparentent à l’extrême gauche en raison de leurs méthodes antidémocratiques. Ils rejoignent les associations telles que Droit au logement (DAL), Action contre le chômage (AC) ou certains syndicats comme SUD qui entretiennent la contre-culture révolutionnaire.

Mais le problème est justement là : les gauchistes d’aujourd’hui se contentent d’un discours « anti- », sans projet positif, sans alternative. Pour quelles raisons ?

D’abord, la société française d’aujourd’hui est post-industrielle, marquée par la désindustrialisation. Or, le marxisme avait élaboré son projet révolutionnaire en lien avec la montée en force du prolétariat (la fameuse idée selon laquelle les riches deviendraient de plus en plus riches et de moins en moins nombreux et les pauvres de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux). Par conséquent, le projet révolutionnaire peut difficilement exister.

Ensuite la faillite complète et désastreuse du socialisme a privé l’extrême gauche d’une alternative crédible.

Ainsi les gauchistes constituent des groupes très divers. Mais l’unité de l’extrême gauche, qui se retrouve à toutes les périodes, est opérée par l’antidémocratisme et la volonté d’instaurer la société sans classes. On pourrait ajouter à ces éléments le manichéisme : opposition riches/pauvres, capitalisme/travail voire pays du Nord/pays du Sud pour les antimondialistes.

Pour conclure ce panorama historique de l’extrême gauche en France, citons Michel Winock qui définit les gauchistes comme d’« inlassables prophètes d’un âge d’or futur jamais au rendez-vous » (2).

 

Notes

(1) L’entrisme consiste à infiltrer des associations (partis, syndicats…) pour y implanter les idées trotskistes.

 (2) WINOCK, Michel, « La passion de l’égalité », in L’Histoire, n° 263, mars 2002.

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Published by Cyber-résistant - dans Le WEB Résistant
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commentaires

Tietie007 24/10/2014 06:20


En 1918, concernant la paix de Brest-Litovsk, Lénine était pour faire la paix pour sauver la révolution russe et, en suivant cette option, préparait le
socialisme dans un seul pays de Staline, Trotsky était pour le pourrissement de la situation, le "wait and see" et Boukharine était
pour continuer la guerre en la transformant en guerre révolutionnaire.


Mais la vraie personnalité de Trotsky apparaissaient surtout lors du 9eme congrès du PCUS, avec sa doctrine de "militarisation du travail", où il voulait
imposer la discipline militaire au monde du travail, ce que fera Staline un peu plus tard, ce qui fera dire à Willy Huhn, que
Trotsky était un Staline manqué !

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