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The International Civil Liberties Alliance is a project of the Center for Vigilant Freedom Inc.  We are an international network of groups and individuals from diverse backgrounds, nationalities and cultures who strive to defend civil liberties, freedom of expression and constitutional democracy.

We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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The Center for Vigilant Freedom

20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 08:04

De Wikiberal.

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L'objectivisme désigne les doctrines philosophiques selon lesquelles il existe un monde réel objectif connaissable directement par l'esprit, ou qui admettent l'existence en soi, en dehors des hommes, des valeurs morales. Il s'oppose en cela au relativisme.

Une citation objectiviste typique est « Reality is that which, when you stop believing in it, doesn't go away Philip K. Dick » (La réalité, c'est ce qui ne disparaît pas quand on arrête d'y croire.) --

Sommaire

Philosophie

L'Objectivisme (avec un grand O, pour ses zélateurs) est aussi le nom donné à sa philosophie par la philosophe Ayn Rand. Cet Objectivisme est un courant qui s'inscrit dans le prolongement de la philosophie dite réaliste (Aristote, Thomas d'Aquin). Il s'apparente au libéralisme non utilitariste. Il est inspiré du jusnaturalisme et de l'école autrichienne d'économie.

L'Objectivisme couvre les cinq branches classiques de la philosophie: métaphysique, épistémologie, éthique, politique et esthétique.

B0.jpg Discussions sur le forum
Objectivisme Et Anarcho-capitalisme (for)
Objectivisme et bolchevisme, nazisme et Satan, la Princesse des Ténèbres (for)
Satanisme et objectivisme (for)
L'objectivisme et les éventuels problèmes (for)
 
 

Sa métaphysique énonce qu'il existe un monde objectif extérieur à la conscience (toute conscience), à la fois nécessaire et strictement déterminé par les lois de la causalité.

Son épistémologie énonce que la connaissance humaine est à la fois axiomatique et expérimentale. Un axiome, dans ce contexte, est une connaissance vraie du monde à la fois évidente et irréfutable. Dire qu'un axiome est « évident » signifie que tout être humain le perçoit immédiatement, par l'expérience, à la fois par l'introspection et par l'observation extérieure.

Les principaux axiomes sont les lois aristotéliciennes de la logique: axiome de l'identité (une chose est elle-même) et axiome de non-contradiction. L'Objectivisme y ajoute: l'axiome de l'existence (« l'existence existe ») et de la conscience (« la conscience existe »).

Pour l'Objectivisme, les sens nous fournissent l'information sur ce qui existe, la conscience met en ordre et intègre cette information sous la forme hiérarchisée de concepts. La méthode sur laquelle se fonde la conscience est la logique.

L'éthique Objectiviste s'appuie sur sa métaphysique et son épistémologie. Puisque le monde existe, et que l'homme existe, ce que l'homme doit faire, c'est agir de manière à survivre et à s'épanouir. Par conséquent, il doit vivre et agir en se fondant à chaque instant sur sa raison. Pour l'Objectivisme, la morale consiste à être « rationnel » et à choisir la vie - en l'absence de ce choix, la question de l'éthique ne se pose pas. L'homme doit donc rejeter toute forme de discours « irrationnel », qu'il soit théologique ou politique. Ceci est accepté par plusieurs philosophies et idéologies, mais l'Objectivisme se distance d'eux par sa déclaration que le plus haut but moral d'un homme est sa propre vie et que son propre bonheur constitue son plus haut but moral. La raison Objectiviste demande à chaque individu de chercher son propre bonheur, et en corollaire, de laisser aux autres la possibilité de chercher le leur. Par conséquent, un principe moral fondamental de l'Objectivisme est le principe de non-agression (physique). En aucun cas, un individu ne doit en agresser physiquement un autre. De plus, la recherche du bonheur personnel est incompatible avec le sacrifice pour les autres. Par conséquent, l'éthique Objectiviste consiste à rejeter toute forme de sacrifice sous quelque raison que ce soit : Dieu, la société, l'amour, etc. Les Objectivistes expriment cette idée en disant que « l'individu est une fin en lui-même, non un moyen au service des fins d'autrui ».

La politique Objectiviste est dérivée de l'éthique : elle prône la suprématie des « droits individuels » (en effet, une liste très spécifique des droits) sur les désirs des dirigeants ou les droits de la société. L'Objectivisme soutient le capitalisme « pur » (c'est-à-dire, le droit à la propriété privée est considéré comme un principe fondamental, à ne pas être violé même lorsqu'une telle violation peut sauver des vies humaines). Naturellement, l'Objectivisme a été beaucoup critiqué pour ces vues. Le plus grand adversaire de l'Objectivisme dans le domaine de la philosophie politique est l'utilitarisme (mais il y a aussi beaucoup d'autres, comme par exemple le Marxisme).

Epistémologiquement, l'Objectivisme s'oppose au positivisme, au relativisme et au théisme. Moralement, à l'altruisme. Politiquement, il s'oppose au totalitarisme, au nationalisme, à l'étatisme, à l'anarchisme, au socialisme, au communisme, et même au capitalisme modéré.

Les représentants les plus connus de la philosophie Objectiviste, outre Ayn Rand, sont Leonard Peikoff, Nathaniel Branden et Barbara Branden

Plus de détails en anglais: Objectivist_philosophy

Objectivisme et libertarisme

Les deux philosophies ont beaucoup de points communs, ce qui fait qu'on les confond parfois :

  • toutes deux individualistes, elles militent pour la réduction de l'Etat et en faveur de l'initiative individuelle ;
  • elles reposent toutes deux sur l'axiome de non-agression ;
  • elles admettent l'existence de droits inaliénables ("vie, liberté, propriété", à la suite de Locke) ;
  • elles sont en faveur du capitalisme.

En revanche l'objectivisme a une métaphysique propre alors qu'il n'y a rien de tel dans le libertarisme, qui est le plus souvent déontologique ou conséquentialiste, et ne se revendique d'aucune métaphysique. L'objectivisme, qui est politiquement en faveur du minarchisme, s'oppose en revanche à l'anarcho-capitalisme.

Voir aussi Libertarianism and Objectivism.

Objectivisme et subjectivisme

La connection de l'objectivisme randien et du subjectivisme utilisé par l'école autrichienne d'économie rend le néophyte hagard. Comment ces deux concepts apparemment opposés peuvent-ils aussi bien se conjuguer ?

"L'objectivisme est un domaine subjectif dans lequel toutes les valeurs importantes sont tenues pour être objectives alors que les sciences économiques sont supposées être une étude objective pour laquelle toutes les valeurs importantes sont considérées comme subjectives. Je suis presque certain que la prochaine génération de libertariens appréciera un assemblage terminologique moins confus". Mark Thornton, The Freeman: Ideas on Liberty - June 1995, Vol. 45 No. 6

Citations

  • Je ne défends pas avant tout le capitalisme, mais l'égoïsme ; je ne défends pas avant tout l'égoïsme, mais la raison. Dès qu'on reconnaît la suprématie de la raison et qu'on l'applique de façon cohérente, le reste suit. C'est bien cela, la suprématie de la raison, qui a été, est et sera l'objectif principal de mon oeuvre, et l'essence de l'objectivisme. (Ayn Rand, "Brief Summary", The Objectivist, septembre 1971)

Liens externes

 


Ayn Rand (1905-1982)

Un vaccin contre le socialisme

jeudi 4 mars 2010 - Lucilio

http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2010/09/Ayn-Rand.pngToute la vie, on vous a appris que cultiver son esprit ou se préoccuper de son développement personnel était le fait d’un être égoïste, et dès lors que l’on se libère de la tyrannie de l’intérêt propre, on devient un citoyen « conscientisé » et « engagé » (sic). La grande réussite du socialisme a consisté à convaincre la société que le bien collectif est le seul auquel on doive aspirer et que les fins personnelles sont perverses, parce que l’individu agit moralement seulement quand on l’oblige ou quand il ne prétend pas obtenir le moindre bénéfice. Si l’on écoute attentivement un « progressiste », on se rend vite compte que rien ne le dérange plus que le bonheur d’autrui car il dépend, lui, de la souffrance. Voyant un riche, il ne peut que penser à un pauvre famélique qui n’a rien à se mettre sous la dent ; la faute, comme on s’en doute, est celle de la vile obsession du millionnaire, qui ne pense qu’à lui.

La romancière Ayn Rand (1905-1982), auteur de livres comme La source vive (The Fountainhead) ou Atlas Shrugged, vit clairement que la gauche haïssait l’individualisme parce que cette dernière savait que si les gens se respectaient eux-mêmes et se préoccupaient de leur bien-être, jamais ils n’accepteraient de se soumettre. Mais à partir du moment où l’on introduit le sentiment de culpabilité dans l’esprit de l’homme, on intronise le vice comme éthique. Ainsi, Rand écrivait/dénonçait :

« Si les travailleurs luttent pour de plus hauts salaires, ces derniers sont présentés comme des avantages sociaux ; si les entrepreneurs luttent pour des bénéfices plus grands, on les traite d’avares égoïstes. »

Pour Rand, d’origine russe, après avoir souffert du socialisme soviétique, il était évident que la liberté court un grand danger quand on accepte directement ou indirectement la philosophie tribale de la gauche. Dans La vertu d’égoïsme, Rand remit en question ce genre de vision, et eut énormément de succès. Comme avec le reste de ses ouvrages, qui ont été lus par 22 millions de personnes dans le monde. Dans ce livre, elle pose les bases d’une éthique individualiste dénommée « objectivisme », parce qu’elle part de la reconnaissance du fait que la réalité est un fait absolu qui ne peut être dévoyée par les désirs de personne et qui est seulement accessible à travers de la raison.

Selon cette philosophie, le monde nous enseigne que l’homme est dépourvu d’instincts et qu’il peut seulement survivre avec sa raison. Pour cela, il a besoin que ses actions ne se voient pas parasitées par des hordes ou des pillards qui le privent des fruits de son travail. Lui et lui seul est l’unique souverain de son existence, qui sait ce qu’il veut et comment il le veut. Pour cette raison, personne n’a le droit de décider à sa place. L’objectivisme n’est pas une éthique du caprice ou un subjectivisme, mais un corpus de normes qui exige que l’homme mène à son terme ses potentialités, comme le recommandait l’unique philosophe dont Rand reconnaissait s’être inspiré, Aristote.

« Le principe social de base de l’éthique objectiviste est que, de même que la vie est une fin en soi, de même tout être humain est une fin en soi, et non un moyen pour la fin ou le bien-être des autres [...] Vivre pour son propre profit signifie que le propos moral le plus élevé de l’être humain est l’obtention de sa propre félicité. »

La société qui dérive de cet individualisme n’est pas une jungle que tant de clercs et d’intellectuels ont tenté de nous vendre comme quelque chose de mal ou de pervers. L’unique société qui se base sur une éthique comme celle que propose Rand est celle des marchands, qui vivent en paix en échangeant des biens contre des biens, de la valeur contre de la valeur, qui se fient à la parole donnée, qui travaillent dur pour progresser et qui ne se consacrent pas à l’extorsion ou à la criminalité, parce qu’ils respectent l’idée que chacun puisse mener sa vie à sa guise. Cette société n’est pas une jungle ; mais, au contraire, un lieu où les personnes sont traitées comme telles et où l’État se limite à protéger les droits individuels

Dans une de ses citations les plus célèbres, Rand signalait que les droits individuels étaient « les moyens de subordination de la société à la loi morale ». En ce sens, elle reconnut que les uniques droits sont le droit à la vie et son corollaire, celui de propriété. Sans propriété, les personnes ne sont pas maîtres de leurs propres efforts, puisqu’ils ne peuvent acquérir leurs moyens de subsistance. C’est ainsi quelle arrivait à la conclusion :

« L’homme qui produit pendant que d’autres disposent du produit de son effort est un esclave. »

Des phrases comme celle-ci ont valu à Rand le mépris de nombreux défenseurs de la liberté. Peut-être ont-ils raison en qualifiant sa philosophie d’extrême. Mais aujourd’hui, nous nous trouvons devant un cruel dilemme. Si nous acceptons que servir le prochain et nous sacrifier pour la société est un axiome, comme c’est le cas actuellement, comment pouvons-nous empêcher que le gouvernement établisse des impôts confiscatoires, emprisonne des innocents, libère des criminels et exproprie des propriétaires ? Arrivé à ce point, il ne reste probablement plus d’autre option que d’en appeler à l’inefficience du socialisme comme unique explication de son échec. Si telle est la philosophie que nous employons, l’utilitarisme, nous pouvons commencer à creuser notre tombe.

Mais il est encore temps d’éviter que le torrent de boue socialiste nous emporte. Cependant, nous ne pourrons triompher que si nous adoptons une philosophie claire qui explique pourquoi nous avons des droits et pourquoi ils sont inaliénables. Au vu de l’atrophie intellectuelle de la gauche, montrer que le roi est nu et que leurs idées peuvent se réfuter rien qu’en les exposant à la lumière de la logique n’est pas si difficile qu’il y paraît à première vue. La vertu de l’égoïsme peut être le combustible qui fait fonctionner ce moteur qui fait bouger le monde, comme le pensait Aristote, et qui n’est rien d’autre que l’être humain.

 

 

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Comprendre la politique et les affaires avec Ayn Rand


lundi 12 avril 2010 - Aequalis

Publié le 15/12/2010

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Pour bon nombre d'entre vous, “tout a commencé avec Rand”. Pour moi aussi, mais de façon très différente. J'ai lu Atlas alors que j'étais en deuxième année à l'université. J'ai instantanément su que je ne pourrais jamais ête socialiste si j'acceptais le contenu de ce livre.

Ayant peu de connaissances politiques, économiques ou encore historiques - et expérimentant l'enivrant parfum de l'égalitarisme alors en vogue à l'université - je souhaitais au moins être liberal. Je n'étais pas raciste - alors que pouvais-je être d'autre? Malgré tout, les graines étaient semées et c'est une décennie plus tard, après avoir travaillé au sein de l'agence pour la protection de l'environnement (US EPA) que je me suis converti.

Atlas a aidé Rand à comprendre parfaitement le monde des affaires, de la politique et les racines intellectuelles de l'étatisme, comme je le démontrerai ici. Mon propos est qu'Ayn Rand a su saisir avec finesse les risques d'un accroissement de l'économie mixte ; comment les politiciens pourraient corrompre et menacer le commerce et pourquoi cela doit être combattu. De surcroît, Atlas annonçait de nombreux débats devenus aujourd'hui d'actualité: la responsabilité sociale des entreprises, le principe de précaution, les mécanismes de volontés jouant sur le marché des idées et pouvant influencer les idées qui doivent s'appliquer au marché. Mais Rand n'a pas totalement évoqué ce débat ; elle a seulement esquissé ce que le monde des affaires se devrait de faire dans le monde moralement et intellectuellement brumeux d'aujourd'hui. Au premier coup de pinceau, elle semblait suggérer : ignorez la politique et elle s'en ira! Mais Atlas nous suggérait aussi des idées sur la façon avec laquelle les entrepreneurs - les Hank Rearden du monde entier - et les intellectuels épris de liberté économique pourraient mener la bataille avec un esprit combattif. Le Competitive Enterprise Institute cherche ainsi à progresser dans cette direction.


Atlas sur les affaires et la politique

Atlas Shrugged s'ouvre sur cette question: Qui est John Galt? et s'achève avec Galt traçant dans l'espace le sigle du dollar. Mais, dans les 1166 pages séparant ces deux instants, nous pouvons approfondir une critique spectaculaire (et accélérée) de la théorie schumpetérienne: le capitalisme peut-il survivre? avec une réponse plus heureuse que celle envisagée par ce dernier.

Rand examine la thèse de Schumpeter à travers une nouvelle épique: des individus libres créent de la richesse, la richesse rend possible l'émergence d'une classe moyenne (composée d'individus qui n'ont pas à travailler du lever au coucher du soleil). Un grand nombre d'entre eux prend simplement plaisir de ces bienfaits mais d'autres deviennent des entrepreneurs (des “praticiens”) et d'autres encore des intellectuels (des “penseurs”). Ceux deux cultures sont importantes, mais néanmoins très différentes. Les entrepreneurs créent de la richesse, permettant l'essor d'une classe moyenne encore plus large. Les intellectuels soulèvent des interrogations: pourquoi? pourquoi la pauvreté existe t-elle? et les guerres? la pollution? le racisme ou le sexisme? Il est toujours utile d'avoir autour de soi des questions pertinentes ou enquiquinentes de ce genre.

Rand a honoré les penseurs originels, faisant d'eux des héros - mais ses avis sur la majorité des intellectuels n'étaient pas favorables. Conduits par l'envie - si nous sommes si intelligents et bons, pourquoi font-ils autant d'argent? - de nombreux intellectuels sapent les fondements moraux de la liberté économique. Les entrepreneurs ne sont guère méritants ou héroïques, et les intellectuels préfèrent arguer du fait que les entepreneurs deviennent riches grâce à l'exploitation des femmes, des pauvres, des minorités, de la planète.

Les pleurs envieux de (n'aimez vous pas ces noms?) Balch Eubank, de Bertram Scudder ou de Claude Slagenhup (chef de file des “Amis du progrès global”) remplissent les pages d'Atlas. Mais l'envie n'étant pas une qualité admirable, ces gens utilisent leurs talents pour remplir les publications et les ondes, les nouvelles et les pièces, même la musique , de pensées anti-commerciales et étatistes.

Inondée dans un monde de communiqués anti-commerciaux, la société est alors prête à accepter l'expansion de l'Etat - la création d'un vaste mandarinat aux allures orientales. Mais les mandarinats ont un grand besoin de mandarins grassement rémunérés et la classe intellectuelle, sans scrupules, se nomme alors elle-même. Aussi, comme Hayek l'a si bien noté, les intellectuels ne sont pas sans importance et leur abandon à l'étatisme a eu un impact considérable à la fois sur l'érosion constante de la liberté économique et la croissance de l'Etat. Atlas le démontre brillamment.

Et, dans Atlas, le créateur d'Etat se développe de la sorte. L'acte pour l'égalité des chances engendre des décrets afin de prévenir la concurrence abusive [”anti dog eating dog Act“], ouvrant la voie au totalitarisme de la Directive 10-289. Chaque nouvel élargissement de l'Etat est justifié pour “résoudre” les problèmes créés par les précédentes restrictions.

Dans ce processus, Rand réalise que certains membres du monde des affaires collaborent et deviennent corrompus. Certains, comme Orren Boyle et Jim Taggart sont de simples rentiers, oeuvrant afin de paralyser leurs concurrents par des mécanismes de régulation ou de taxation et empocher des subventions. Mais Rand réalise que le capitalisme devra faire face à d'autres menaces. Les entrepreneurs ont des enfants qui méprisent leurs propres parents et qui - une fois au pouvoir - transformeront leur héritage afin d'affaiblir davantage leur image, ignorant leur devoir d'augmenter la richesse des actionnaires.

L'histoire terrible de la famille Starnes, qui a héritée de la Twentieth Century Motor Company esst particulièrement instructive. Les fils ont mis en place un système de management communautaire - de chacun en fonction de ses capacités, à chacun en fonction de ses besoins - entraînant la perte prévisible de la liberté individuelle, de la hiérarchie, de l'efficacité et - plus important encore - provoquant l'égalitarisme.

Un propriétaire de la firme, Eugene Lawson, a totalement internalisé cette croyance en la responsabilité sociale des entreprises, déclarant à Dagny ”ne me méprisez pas. Je n'ai jamais fait de profit!“. Celle-ci lui répondra que c'est la “plus méprisable” des vantardises.

Notez néanmoins que cette histoire de la Twentieth Century Motors a aussi mené à la révolte du héros d' Atlas Shrugged. Rappelez-vous que John Galt, faisant un pas en avant lors de la réunion d'organisations de la famille Starnes, déclare “Je mettreai un terme à tout ça, pour de bon… Je stopperai le moteur du monde“. Et, comme nous l'apprenons après, il y parvient!

Les Starnes étaient des précurseurs de la responsabilité sociale des entreprises, mais aujourd'hui de telles croyances dominent dans le Fortune 500. De telles croyances encouragent l'essor de personnes comme Jim Taggart ou Orren Boyles, qui reçoivent d'élogieuses attentions médiatiques. Les media adulent les projets immobiliers pour les pauvres de l' Associated Steel, les films éducatifs pour les lycées ou les certificats “d'efficacité” pour de nombreuses raisons (mais certainement pas pour la rentabilité). Naturellement, une telle adulation intellectuelle pour les vues étatistes conduit les plus grandes entreprises en Amérique du Nord et en Europe dans les bras de l'Etat.

Ce qui est encore plus tragique avec le concept de responsabilité sociale des entreprises est la façon dont ce concept a sapé et sous-tendu les croyances des hommes d'affaires eux-mêmes. Dan Conwy, de la Phoenix-Durango Railroad, par exemple, ne cherche pas à se battre pour sa survie, estimant qu'ils “ont le droit d'agir de la sorte“!

Les entrepreneurs sont des praticiens, non pas des intellectuels - ils créent de la richesse parfois du cadre nécessaire pour expliquer la valeur morale de la création de richesse et de connaissances dans un monde qui reste désespérément pauvre et rétrograde. Assurément, les intellectuels gauchisants décrits par Rand n'étaient pas ceux capables de jouer les éducateurs et nous devons ainsi éveiller les Hank Rearden et Dagny Taggarts du monde entier.

Et certains hommes d'affaires - ou plutôt ces traîtres  comme Wesley Mouch et Eugene Lawson - parviendront à leurs fins dans cet univers étatiste. Mais, comme Atlas le montre, ils n'y parviendront que s'ils sont supportés par la classe des entrepreneurs créateurs de richesse. Et, en effet, Hank Rearden porte une responsabilité toute particulière dans l'accroissement de l'Etat. Il supporte les Amis du progrès global et, tout comme Wesley Mouch, n'y voit aucune contradiction.

Rearden n'aimait pas la politique. Il savait qu'il était nécessaire d'avoir à disposition quelqu'un en mesure de la protéger du pouvoir législatif ; tous les industriels se devaient d'employer de tels hommes. Mais il n'avait jamais accordé d'importance à cet aspect des affaires ; il ne parvenait pas à se convaincre que c'était réellement nécessaire. Une sorte de dégoût inexplicable, quelque part entre le sens des réalités et l'ennui, l'arrêtait à chaque fois qu'il tentait de considérer une telle question.

“Le problème est Paul” dit-il, pensant à haute voix ; “les hommes parmi lesquels l'on doit trouver quelqu'un pour ce travail sont tous des minables”. Rearden ne comprenait rien à ce genre de combats. Il laissait ainsi faire Mouch et son équipe. Il trouvait à peine le temps de signer les chèques dont Mouch avait besoin pour cette bataille.

Mais Hank a signé ces chèques, abandonnant la politique à Mouch. Il n'aime pas Washington, s'en méfie et voudrait simplement être laissé tranquille. Mais la nouvelle montre qu'il n'en est rien.  Hank travaille pour ses adversaires, prenant ainsi part au désastre.

Dagny dénigre l'entregent washingtonien de son frère, sa facilité à obtenir des faveurs du pouvoir législatif. Elle remarque aussi qu'elle ne connaît rien à la politique. Elle réalise qu'il existe de nombreuses sortes de mécanismes d'influence, néanmoins nécessaires. Mais ni elle ni Hank Rearden ne passent du temps à superviser ces moyens d'influence envers le monde politique et négligent les événements mondains.

Quelqu'un pourrait-il imaginer le moindre héros randien se montrer dédaigneux envers un employé responsable de la conduite d'une locomotive ou entretenant un haut fourneau? Mais, au fur et à mesure que le livre avance, l'Etat détruit bien plus de locomotives et de hauts fourneaux que ne le pourrait le plus incapable des employés.

La plupart des PDG sont aujourd'hui des Hanks ou des Dagnys. Ils ne prennent pas la politique au sérieux et le montrent. Notre défi est de toucher ces entrepreneurs présents dans les affaires et de les aider à établir la charte d'une nouvelle moralité dans l'économie mixte que nous vivons actuellement. Les Hank Reardens ne dirigent pas de maisons closes [comme il le répond à sa mère dans la nouvelle] mais, compte tenu de la situation actuelle, ils vivent aujourd'hui à l'intérieur même de celles-ci! Pour en trouver la sortie, ils doivent considérer la politique aussi sérieusement qu'ils envisagent leurs affaires. Ils doivent réaliser que la profitabilité dépend de la manière dont ils opèrent dans les deux mondes - le monde privé compétitif et le monde politique, quelquefois destructeur de richesses, qui nécessite des alliés parmi les intellectuels afin de réduire leur vulnérabilité politique et préparer leur plan de fuite.


Le rôle des politiciens

Les Politiciens sont peu à leur avantage dans Atlas - comme ceux qui dirigent l'Etat, ils ne sont pour la plupart que des costumes vides, manipulateurs et manipulés, sans buts et sans principes. Ils ont, toutefois, un vice pour le pouvoir et, dans leur quête pour celui-ci, sont aidés et abêtis par l'alliance malsaine d'une classe d'intellectuels verbeux et d'hommes d'affaires à la recherche de rentes. Rand comprit parfaitement la corruption des politiciens (sans doute un peu surprenante compte tenu de son travail à Hollywood et de ses origines russes). Elle comprit aisément que les règles édictées par le gouvernement étaient coercitives, que le problème des limites de la connaissance (soulevé par Hayek et d'autres) rendrait les plans gouvernementaux incohérents et inconsistants, que le traitement spécial, que les faveurs et les chantages implicites étiaent alors inévitables - autant de réalités qui sont des thèmes clés dans Atlas.

Les commentaires de Rearden au Dr. Ferris illustrent le risque de l'économie mixte:  “Mais j'ai violé une de vos lois“. Et au Dr. Ferris de répondre: “Eh  bien, pour quoi pensez-vous qu'elles existent?” parvient à imager parfaitement cette idée.

Et Rand était prophétique dans sa compréhension de l'insanité que de telles interventions étatistes ne manqueront pas de créer. En discutant la mise en oeuvre de la Loi de partage égal - visant à égaliser la demande réduite d'un marché déséquilibré - Rearden combat pour trouver quelle quantité de métal il est en mesure de produire. Son concurrent principal, Associated Steel, dispose d'une plus grande quantité mais d'un produit de qualité inférieure. Le défi est donc de savoir si la quantité produite ou les ventes serait le dénominateur le plus approprié.

Sans doute Rand se serait beaucoup amusée à renouveler son exercice au débat sur le réchauffement climatique et sur les bons d'émissions d'énergie.


Business, politique et technologie

La compréhension d'Ayn Rand de l'impact de l'intervention du Gouvernement à travers une politique scientifique était prophétique. Le DR. Robert Stadler est une personne brillante et maintenant un mandarin honoré par l'Etat. Stadler a poussé à la création de l'Institut National des Sciences [The State Science Institute, “ou Institut SS pour un grand nombre d'entre nous!“]. Comme beaucoup d'intellectuels, il opère une distinction artificielle ente la pureté de la “science” et l'aspect sordide de la “technologie”.

Concevoir un moteur“: “… un génie… un grand scientifique, qui fait le choix de devenir un ingénieur commercial ? … Pourquoi voudrait-il perdre son esprit à de telles applications pratiques?”

Peut-être parce qu'il aime à vivre sur cette planète” lui répond Dagny (p. 356).

 Ici, Rand préfigure le travail de Joel Mokyr et d'autres qui ont remarqué que c'est exactement le chassé-croisé entre recherche et développement qui a rendu possible la Révolution industrielle. La Science, après tout, approvisionne l'expansion du savoir. Il y a toujours eu des personnes brillantes émergeant de temps à autres, dont la motivation était étrangère aux mécanismes du marché. Mais la science conduite par le progrès n'est qu'intermittente et tend à périr peu à peu. C'est le développement ou la technologie qui est le nouvel élément - apparaissant par la révolution industrielle. La technologie agit comme la demande pour le savoir. Ce dernier est conduit par la recherche continuelle de nouveaux moyens par des entrepreneurs pour mieux s'adapter à la demande de l'être humain.

Cette poussée de la demande permet de nourrir de nouvelles recherches qui, à son tour, guide et encourage de nouvelles vagues de progrès scientifique. C'est ce processus qui, selon Mokyr, est à l'origine de la croissance rapide et durable des deux derniers siècles.

Mais aujourd'hui, secteur après secteur, l'opinion selon laquelle le marché (la commercialisation) est à la fois illégitime et avilissante gagne en influence. Des groupes d'experts se réunissant en panels, recevant des soutiens de la part du monde de l'entreprise ; des universitaires dont les papiers académiques sont influencés par la défense des intérêts commerciaux sont tous perçus comme des citoyens de seconde zone dans la bataille des idées. Et en effet, une prochaine nouvelle randienne pourrait bel et bien mettre en scène un témoin interrogé par un juge ou un législateur: “êtes-vous ou avez-vous été associé au secteur entrepreneurial et créateur de richesses?” et, de la sorte, voir son témoignage totalement discrédité.

La science politisée, Rand le réalisa parfaitement, était de l'anti-science. Sa discussion sur la manière dont Orren Boyle parvient à apeurer l'opinion publique sur Rearden Metal est brillante: “menace à la sécurité publique”, “les enfants peuvent être mis en danger “, “nous sommes dans l'incertitude de risques potentiels”. Aujourd'hui, cette approche est possible par le Principe de précaution: à moins que vous ne soyez en mesure de démontrer que votre innovation est sans risque, elle doit être bannie! La façon par laquelle les doutes sont levés rend impossible de répondre aux exigences requises:

Dans la nouvelle, un rapport du SSI estime qu' “il peut-être envisagé qu'après une longue période d'usage intensif, une fissure soudaine apparaisse. Néanmoins, la durée de cette période ne peut-être prédite… La probabilité d'une réaction moléculaire, aujourd'hui inconnue, ne peut-être entièrement écartée… bien que la solidité du métal peut-être aisément démontrée, certaines interrogations demeurent quant à sa réaction sous tension inhabituelle. Bien qu'il n'y ait aucune preuve permettant d'affirmer que l'usage de ce métal doit être prohibée, une étude ultérieure de ces propriétés serait de la plus grande utilité”.

“On ne peut y répondre, dit Eddie lentement… ils n'ont rien dit qui puisse être réfuté et les embarasser professionnellement. C'est un travail de lâches. On s'attendrait à la même chose de la part d'un escroc ou d'un maître chanteur. Mais Dagny! c'est l'institut national des Sciences.”

Et, bien sûr, ce type de rapport gouvernemental est aujourd'hui un moyen accepté pour supprimer les innovations et les efforts industriels, des produits industriels à la biotechnologie en passant par l'énergie. La manière dont les media traitent le réchauffement climatique en est un excellent exemple contemporain.


La solution préconisée par Rand

Rand, comme Schumpeter, a bien conscience des éléments autodestruceurs inhérents au capitalisme, de la façon dont les intellectuels pourraient - et voudraient - détruire le marché libre. Sa solution face à une telle situation serait de voir les talents créatifs - pour permettre aux Atlas du monde entier de se révolter. Mais, ce dispositif radical, utilie pour rendre la nouvelle réussie, reste peu probable (…).

Rand, néanmoins, n'évacue pas une position militante. Dans de nombreux passages de son ouvrage, elle dénigre les affaires publiques et les efforts pour influencer l'opinion publique (”que le public soit damné”) ; pourtant, elle passa une partie de sa vie à écrire cette nouvelle stimulante qui fut “populaire”. Elle ne sembla pas offensée pour ce simple fait. Vous noterez aussi que ses héros aiment les panneaux d'affichages - moyens pour toucher le grand public : Rearden mettait un point d'honneur à s'assurer que le consommateur potentiel connaissait les vertus de Rearden Metal. Aussi, tous les héros randiens nommèrent leurs entreprises par leurs propres noms - et ainsi n'hésitent pas à faire leur promotion personnelle. Et à la fin, John Galt parvient à toucher la Nation entière - cela dit, sans doute aurais-je suggéré que faire retentir une sirène pendant trois heures est un peu exagéré, si j'avais pû être son conseiller en communication.

Mais il n'est pas étonnant que Rand n'ait pas tenter de fixer en détail un agenda pour résoudre les problèles posés par la confusion de la politique et des affaires. Après tout, Schumpeter n'a pas non plus tenté de les résoudre. Dans une large mesure, l'émergence du mouvement moderne en faveur du libéralisme économique est une partie de la réponse. Tous les intellectuels ne succombent pas à l'étatisme. Une partie d'entre nous créent des instituts et peuvent - quelquefois avec succès - contrer les non-sens d'une classe intellectuelle verbeuse. Mais nous avons bien entendu besoin davantage. Nous autres, dans la communauté politique, devons être bien plus actifs pour toucher les forces entrepreneuriales du monde des affaires, les Hank Reardens et Dagny Taggarts.

Nous devons demander que les business schools abandonnent la responsabilité sociale des entreprises, qu'elles reconnaissent les problèmes causés par la création de services d'affaires publiques ou gouvernementales au sein de celles-ci, que ces maux doivent attirer la même attention que celle accordée à des problèmes plus traditionnels de supervisation de hauts fourneaux ou de locomatives.

Ces tâches, néanmoins, sont pour le futur. Rand nous a donné des réponses et la motivation pour combattre la croissance de l'Etat. Qu'elle ne soit pas parvenue à tout résoudre ne devrait pas nous distraire sur ce qu'elle est parvenue à réaliser. Sa motivation prenait évidemment des allures dramatiques, inspirantes, et en effet un peu terrifiantes. Elle évoque ainsi une vision très apocalyptique de la fin de l'étatisme:

« [Revenant en avion de la Nouvelle-Angleterre et regardant en bas une ville s'écroulant … les dernières lignes ferroviaires avaient été coupées, New-York devant compter sur ses propres ressources … ils peuvent voir les dernières convulsions: les phares des voitures se précipitant à travers les rues, comme des animaux piégés dans un labyrinthe… les ponts encombrés de voitures… des goulots d'étranglement arrêtant tout mouvement… les hurlements désespérés des sirènes… les hommes désertant leurs postes, essayant, en panique, d'abandonner New-York… recherchant un échappatoire là où les routes avaient été coupées et où la moindre fuite était devenue impossible… Ensuite les lumières s'éteignirent, et New-York disparut.] »

Nous luttons pour la civilisation - et Rand le savait. Mais elle ne conclut pas sa nouvelle sur une note aussi apocalyptique. Atlas Shrugged nous fait revenir au repaire de John Galt dans le Colorado. Dans les dernières lignes de l'ouvrage, Galt déclare: “nous sommes de retour au monde!”. Nous, dans le monde des politiques publiques, n'avons pas quitté ce monde mais nous pouvons apprendre beaucoup sur la façonde mener nos batailles, et sur la  manière de formuler nos messages en lisant (et relisant) cet ouvrage fondamental, qui ouvre la voie de la liberté.

 

 

Image : statue d’Atlas à New York, photographie de Michael Greene sous licence CC


untitled.bmpFred Smith est Fondateur et Président du Competitive Enterprise Institute (ici en photo avec Vaclav Klaus). Cet article est en réalité la traduction - imparfaite - d'un discours prononcé en 2007 à l'occasion du cinquantenaire de La Révolte d'Atlaas (Atlas Shrugged), le roman phare d'Ayn Rand. Il permet d'illustrer l'idée de mouvement intellectuel en politique, si présente outre-Atlantique.

 

Aequalis

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