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We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:52

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions ?

 

S’il y a un phénomène économique qui attire énormément d’attention, c’est bien la récession. Ce ralentissement de l’activité économique engendre des pertes d’emplois, du chômage, des déficits budgétaires et des faillites. Ses effets sont parfois dévastateurs sur la qualité de vie de certains individus.

Les économistes parlent généralement de récession suite à ce que le produit intérieur brut (PIB) ait chuté durant deux trimestres consécutifs. Une fois la récession bien enclenchée, les économistes arrivent parfois à identifier certains des éléments qui l’ont déclenchée et arrivent à déterminer approximativement le moment où elle a débuté ainsi que le moment où elle s’est terminée. Cependant, ceux-ci sont incapables de prévoir les récessions et encore moins d’en identifier les causes fondamentales.

Comment se fait-il qu’un phénomène économique d’une telle importance soit si imprévisible et que ses causes soient inconnues ? Il y a une chose qu’on peut cependant observer : les récessions sont souvent précédées d’une bulle spéculative et/ou d’une crise financière.

Se pourrait-il que ce qui cause les bulles financières ait un lien direct avec les récessions et que leur cause fondamentale soit la même ? Tout à fait !

En fait, la récession est le pire moment de ce qu’on appelle le cycle économique. Lorsque l’économie atteint un sommet insoutenable, la crise éclate, l’activité économique se contracte et la récession se manifeste. Celle-ci est ensuite suivie d’une reprise économique qui initie une nouvelle ère d’expansion économique.


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Mais pourquoi est-ce qu’il y a des cycles d’une telle amplitude ? Pourquoi est-ce que la croissance économique ne se fait-elle pas de manière constante ? Pour répondre à ces questions, nous devons d’abord comprendre comment un cycle économique se manifeste.

Le graphique suivant présente la variation du PIB réel américain de 1960 à 2010. Les zones grises sur le graphique représentent les périodes de récessions. On peut voir sur ce graphique que le taux de croissance du PIB est très volatil et varie beaucoup.

 

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Qu’est-ce qui cause la croissance économique ?

Comme les récessions sont identifiées par un manque de croissance économique, il incombe que nous commencions notre explication en identifiant ce qui cause la croissance économique.

Imaginons une économie dans laquelle il n’y a qu’une seule entreprise. Le PIB de cette économie ne serait en fait que la production de cette entreprise. Comment cette entreprise peut-elle faire pour augmenter sa production ?

La première façon consisterait à augmenter sa capacité de production. Par exemple, elle pourrait investir dans l’agrandissement de son usine, l’achat de machines additionnelles et l’embauche de nouveaux employés. La deuxième façon viserait à produire davantage avec le même capital, c’est-à-dire améliorer la productivité. Pour ce faire, elle devrait investir dans la formation de ses employés et dans ses systèmes de logistique et d’information. La troisième façon viserait aussi l’amélioration de la productivité, mais cette fois en investissant dans la recherche et le développement de nouvelles technologies plus efficaces.

Dans les trois cas, l’amélioration de la production passe par de l’investissement dans le capital productif. Pour que ces investissements soient possibles, l’entreprise doit les financer. Et pour que le financement soit disponible, il faut de l’épargne.

Ainsi, une augmentation de l’épargne procure davantage de capital aux entrepreneurs, ce qui leur permet d’investir dans leur capital productif et d’augmenter leur production. Cela résulte en une accélération de la croissance économique. Davantage de biens sont disponibles à la population, qui s’en trouve donc plus riche. La croissance économique est donc stimulée par une augmentation de l’épargne. La propension des gens à épargner dépend de leurs préférences temporelles, c’est-à-dire leur préférence quant à la consommation présente comparativement à la consommation future.

Pourrait-on alors dire que les cycles économiques sont causés par des changements dans le taux d’épargne et par conséquent dans les préférences temporelles des individus ? Dans une économie libre, ce serait le cas, mais l’économie n’est pas laissée libre. Nous allons voir pourquoi dans les sections suivantes.

Comment se forment les cycles économiques ?

Par la politique monétaire, les autorités à la tête de la banque centrale gèrent la croissance de la quantité de monnaie en circulation. Tel qu’expliqué dans mes articles antérieurs, l’augmentation de la masse monétaire fait monter les prix (l’inflation). Pour éviter que l’inflation ne devienne incontrôlable, les banques centrales visent généralement une cible d’inflation d’environ 2%. Ainsi, la banque centrale tente de maintenir un taux d’intérêt le plus bas possible tant que l’inflation est dans sa fourchette cible. Pour ce faire, la banque centrale influence les taux d’intérêt en créant de la monnaie à un rythme plus ou moins rapide.

Pourquoi la politique monétaire vise-t-elle un taux d’intérêt aussi bas que possible ? C’est pour que son objectif secondaire soit atteint : la croissance économique. Quel est l’impact des taux d’intérêt sur la croissance économique ? Pour faire baisser les taux d’intérêt, la banque centrale va créer plus de monnaie et l’injecter dans l’économie. Ce faisant, la banque centrale crée de « l’épargne artificielle », laquelle fait baisser les taux d’intérêt, tout comme l’épargne réelle d’ailleurs. C’est logique puisque plus il y a d’épargne, plus les banques ont d’argent à prêter, donc l’offre de crédit augmente, ce qui fait baisser le prix du crédit (le taux d’intérêt).

La banque centrale espère donc que cette épargne artificielle aura le même impact que l’épargne réelle décrite dans la section précédente ; c’est-à-dire qu’elle stimulera l’investissement et la consommation et stimulera l’activité économique. Il y a cependant un grave problème avec cette hypothèse.

Les bas taux d’intérêt favorisent l’endettement. Les consommateurs vont alors s’endetter pour s’acheter une nouvelle résidence, des meubles, des voitures, des bateaux, etc. De leur côté, les entrepreneurs vont aussi s’endetter pour investir dans leur entreprise et augmenter leur capacité de production, ce qui semble justifié par l’augmentation de la demande finale. Finalement, certaines investisseurs vont s’endetter pour acheter des actifs tels que des actions, des obligations et des titres immobiliers, ce qui fera monter les prix de ces actifs à des niveaux très élevés; au point où on parlera parfois de « bulles spéculatives ».

Il est important de réaliser que, pour diverses raisons, certains secteurs de l’économie bénéficient davantage du boum économique. Par exemple, le dernier boum qui s’est terminé en 2007 a bénéficié à la construction résidentielle. Le précédent, terminé en 2000, avait bénéficié outre mesure aux entreprises reliées à l’internet et aux télécommunications. Devant l’augmentation significative de la demande actuelle et anticipée dans ces industries spécifiques, beaucoup d’investissements y sont faits et beaucoup d’emplois y sont créés.

Cependant, l’endettement ne peut continuer ad vitam aeternam. La dette n’est en fait qu’une façon de déplacer sa consommation du futur vers le présent. Tôt ou tard, cette dette doit être remboursée, et pour ce faire les emprunteurs devront réduire leur consommation. Ainsi, le signal envoyé par la baisse des taux d’intérêt est en quelque sorte mal interprété par les consommateurs et les entrepreneurs, lesquels modifient leurs préférences temporelles et devancent leur consommation et leurs investissements.

Il est important de comprendre que la croissance économique apparemment générée grâce à l’endettement n’est pas de la vraie croissance économique, ce n’est qu’un déplacement de la consommation future vers le présent ; une illusion. Les décisions économiques qui découlent de cette illusion ne peuvent donc qu’être, plus souvent qu’autrement, mauvaises.

Néanmoins, le résultat à court terme de cette politique monétaire expansionniste est un boum économique financé par de la dette. L’augmentation de la demande de biens et services fait éventuellement monter les prix. L’inflation commencera alors à se montrer le bout du nez. Pour freiner cet élan, la banque centrale n’a d’autre choix que de resserrer sa politique monétaire. Pour ce faire, elle ralentira le rythme de croissance de la masse monétaire, laquelle entrera même en décroissance. Cette situation mettra de la pression à la hausse sur les taux d’intérêt puisque l’offre de crédit diminuera. C’est alors que s’amorce le cercle vicieux qui mènera à la récession.

Tout d’abord, l’augmentation des taux d’intérêt fait diminuer le rythme auquel les consommateurs s’endettent pour consommer, donc la demande de biens et services diminue. Suite à cette baisse de la demande, les entreprises doivent réduire leur production et des pertes d’emploi sont observées, ce qui accélère encore plus la baisse de la demande, puisque les sans-emploi consomment moins.

Tel un château de cartes sur lequel on souffle, l’augmentation des taux d’intérêt ramènera tout le monde à la réalité et mettra à jour tous ces mauvais investissements faits durant le boum. Ces investissements, lesquels semblaient rentables avec de bas taux d’intérêt, de la demande élevée et des prix élevés, apparaissent maintenant comme déficitaires, ce qui génèrera une vague de faillites et de coupures d’emplois. La demande élevée n’était qu’une illusion miroitée par l’endettement. Les agents économiques paient le prix de leurs mauvaises décisions économiques, prises dans un environnement où le signal des taux d’intérêt a été faussé par la politique monétaire.

Une fois la récession enclenchée, les consommateurs dépensent moins pour rembourser leurs dettes. L’investissement tombe à sec en raison de la faiblesse de la demande et des faillites dues aux mauvais investissements. Dans un système bancaire à réserves fractionnaires, le remboursement des prêts résulte en un phénomène de destruction de monnaie : la déflation. Les prix baissent, ce qui accentue la sévérité de la récession.

Durant la récession, les mauvais investissements réalisés grâce à la dette abordable sont liquidés et le capital est redéployé dans d’autres industries qui seront sujettes à la reprise économique. La récession est donc un processus de nettoyage de l’économie durant lequel la structure de production s’adapte à la nouvelle réalité ; c’est-à-dire aux nouvelles préférences temporelles des consommateurs.

Qu’est-ce que l’État doit faire lorsque l’économie est en récession ?

Pour se sortir de ce marasme, il faut que la structure de production s’adapte à la nouvelle structure de l’économie. C’est la destruction créatrice qui entre en jeu. Les ressources libérées sont réallouées dans l’économie. De plus, le capital investi dans de mauvais projets durant le boum est perdu et devra être remplacé. Pour ce faire, les mauvais prêts doivent être radiés, les dettes remboursées et l’épargne réel doit fournir le capital nécessaire à financer la reprise. Finalement, les prix doivent aussi s’adapter à la nouvelle réalité du marché et à la quantité de monnaie en circulation ; ce qui signifie généralement qu’ils doivent baisser.

À cet égard, l’économiste Joseph Schumpeter a élaboré une théorie bien intéressante nommée destruction créatrice. Selon lui, les récessions sont salutaires et fertiles au progrès économique. Les innovations arrivent en grappes presque toujours au creux de la récession, parce que la crise bouscule les positions acquises et rend possible l’exploration d’idées nouvelles et ouvre des opportunités.

Les récessions exposent les faiblesses de certains modèles d’affaires vétustes, elles créent de nouvelles opportunités et tuent les mauvaises habitudes, laissant le champ libre aux nouvelles idées innovatrices. Les facteurs de productions peuvent être achetés de ceux qui les utilisent mal par ceux qui les utiliseront mieux. Les exemples sont nombreux.

DuPont a investi massivement en recherche et développement et a engagé des scientifiques qui étaient au chômage durant la Grande Dépression. Vers la fin des années 1930s, 40% de ses ventes provenaient de produits qu’elle avait développés durant la dépression, tels que le nylon et le caoutchouc synthétique.

Les entreprises qui ont pris leur envol durant la Grande Dépression des années 1930s sont nombreuses, incluant Revlon, Hewlett-Packard, Polaroid et Pepperidge Farms.

C’est quand l’Union Soviétique s’est effondrée, plongeant la Finlande en sérieux problèmes économiques, que Nokia a décidé d’abandonner 90% de ses lignes d’affaires pour se concentrer sur les télécommunications, surtout sur la téléphonie sans-fil, industrie dont elle est devenue l’un des leaders.

Une étude de Bain Capital Group sur la période 1985-2001 a démontré que les fusions/acquisitions réalisées durant les récession ont généré un rendement environ 15% supérieur à celles faîtes durant les périodes de croissance économique.

La Fondation Kauffman, laquelle étudie l’entreprenariat, mentionne que la moitié des entreprises du Fortune 500, incluant FedEx, CNN et Microsoft, ont été fondées soit durant des récessions ou durant des périodes de faiblesse économique. La plupart de ces entreprises sont apparues à partir d’idées qui ont révolutionné leur industrie.

La destruction créative ne fonctionne pas dans une économie socialiste. L’État y a le monopole et n’a aucune pression compétitive pour stimuler l’amélioration de la productivité par l’innovation. C’est ce qui a été observé en Union Soviétique après la chute du rideau de fer. On y a observé de la machinerie agricole fonctionnant avec des moteurs à vapeur développés dans les années 1920.

L’industrie pétrolière soviétique fut aussi un cas spectaculaire démontrant ce qui se produit en l’absence de destruction créative. Les technologies utilisées dans les années 1980s dataient des années 1950s, et ce allant du simple outil de forage jusqu’aux activités de raffinage. Le matériel de forage était primitif ; incapable de dépasser 3.000 pieds sans se briser (ce qui est un problème majeur lorsque la plupart des gisements restants dépassaient cette profondeur).

En somme, durant les récessions, l’État doit en faire le moins possible. Il doit laisser les prix fluctuer librement et les entreprises en difficulté faire faillite. Il doit laisser le capital productif de l’économie s’ajuster et se reconstruire à partir de l’épargne réelle. Ce processus est sans aucun doute facilité lorsque les impôts sont minimisés de façon à maximiser l’épargne. De plus, l’État doit éviter de générer des déficits de façon à ne pas absorber de capital qui aurait pu être utilisé par des entrepreneurs pour relancer l’économie. Bien entendu, pour éviter les déficits tout en minimisant les impôts, l’État doit se serrer la ceinture et réduire ses dépenses. Nous allons voir pourquoi dans la prochaine section.

Est-ce que les dépenses du gouvernement stimulent l’économie ?

Malheureusement, du côté des gouvernements, il est très peu « payant » politiquement de ne rien faire durant les récessions, voire de couper les dépenses. Au contraire, les gouvernements sont gérés selon les théories de l’économiste John Maynard Keynes.

La recette keynésienne va essentiellement comme suit : durant les récessions, les gouvernements doivent augmenter leurs dépenses, même si pour cela ils doivent tomber en déficit budgétaire et s’endetter. La dernière récession n’a pas fait exception à cette règle, ayant été accompagnée de multiples plans de relance impliquant d’importantes dépenses gouvernementales. Néanmoins, ces dépenses n’arrivent pas à relancer l’activité économique de façon soutenable. Pourquoi ?

Tout d’abord, les gouvernements ne produisent aucune richesse. L’argent dont ils disposent a soit été soutiré aux contribuables par les taxes et impôts ou été emprunté. Dans le premier cas, il n’y a aucune raison pour que cet argent contribue davantage à la croissance économique s’il est dépensé par le gouvernement plutôt que par les contribuables desquels cet argent a été soutiré. Dans le second cas, l’argent emprunté devra un jour être remboursé, ce qui sera fait à partir des taxes et impôts. La situation est donc la même que dans le premier cas.

Certains diront qu’il est mauvais que les gens épargnent durant les récessions. Il n’y a rien de plus faux ! Cet argent épargné ne reste pas enfoui sous un matelas ou enfermé dans un coffre-fort (sauf peut-être lorsqu’il est en possession d’organisations criminelles, mais là c’est une autre histoire). L’épargne est soit déposée à la banque ou investie sur les marchés financiers. Les banques et les marchés financiers canalisent cette épargne vers les entrepreneurs qui l’utiliseront pour investir dans leur capital productif. Donc, d’une façon ou d’une autre, l’argent est dépensé. Pourquoi faudrait-il que ce soit le gouvernement qui le dépense ? Est-il le mieux placé que les entrepreneurs et les investisseurs pour savoir dans quoi il faut le dépenser ? Permettez-moi d’en douter…

Certains observeront que durant la récession, les producteurs ne produisent pas à pleine capacité étant donné la faiblesse de la demande. Ils ont donc de la capacité excédentaire. Alors pourquoi investiraient-ils dans leur capital productif dans ce cas ? Premièrement, les industries dans lesquelles il y a de la surcapacité de production sont surtout celles qui ont été sujettes aux mauvais investissements durant le boum économique insoutenable. La solution ne consiste pas à tenter de relancer la demande de ces industries. Elle consiste plutôt à ce que le gouvernement s’abstienne d’intervenir pour que ces entrepreneurs réalisent que la demande n’est plus là et que ce capital soit réalloué ailleurs dans l’économie, dans de nouvelles industries plus prometteuses. Deuxièmement, les investissements ne servent pas nécessairement à augmenter la capacité de production. Ils peuvent aussi servir à diminuer les coûts de production, améliorer la productivité et à développer de nouvelles technologies plus efficaces. Ce sont ces initiatives qui remettront l’économie sur le droit chemin.

Il y a une autre raison pour laquelle les plans de relance économiques des gouvernements échouent. Les entrepreneurs ne sont pas dupes ; ils savent que ces nouvelles dépenses gouvernementales ne sont que temporaires. Ainsi, si vous aviez une entreprise de construction et que le gouvernement fédéral vous octroyait un contrat dans le cadre d’un plan de relance, allez-vous vous mettre à investir dans votre entreprise et à embaucher des employés permanents ? Bien sûr que non ! Car vous savez que cette « manne » n’est que temporaire et ne représente aucunement de la demande durable. Donc une fois le stimulus passé, c’est le retour à la case départ.

Pourquoi alors est-ce que les gouvernements déploient des plans de relance économique lors des récessions ? Outre l’argument politique évoqué plus tôt, il y a aussi la croyance selon laquelle les dépenses du gouvernement génèrent plus de richesse que celles des contribuables ; le fameux mythe des retombées économiques !

Par exemple, supposons qu’un gouvernement utilise l’argent des contribuables pour financer un événement quelconque, disons un spectacle musical à Québec. Le gouvernement tente de nous faire avaler que cette dépense générera de la croissance économique puisque l’artiste qui recevra cette subvention va dépenser l’argent, disons au restaurant. Le restaurateur dépensera à son tour l’argent chez son fournisseur de vin, lequel dépensera l’argent chez le producteur de vin, et ainsi de suite. Par conséquent, chaque dollar dépensé par le gouvernement génère une infinité de retombées économiques ! De plus, tous ces gens vont finir par payer des taxes et impôts, qui vont revenir dans les poches du gouvernement. La dépense se paie donc d’elle-même ; n’est-ce pas fantastique ?

En vérité, le gouvernement n’a pas un pouvoir magique que les contribuables n’ont pas, outre celui de taxer et de contraindre. Si au lieu de dépenser cette somme, le gouvernement la remettait aux contribuables qui la lui ont fournie, ces contribuables pourraient dépenser l’argent à leur guise et les fameuses retombées économiques seraient équivalentes, à l’exception que ces contribuables auraient la satisfaction d’avoir dépensé l’argent qu’ils ont légitimement mérité de la façon qui leur convenait le mieux.

À cet égard, l’économiste français Frédéric Bastiat (1801-1850) a pondu une excellente parabole intitulée La vitre cassée.[1] L’histoire va comme suit :

Par accident, le fils de Jacques Bonhomme fracasse un carreau de vitre de sa maison. Des passants s’attroupent devant la vitrine pour constater les dégâts. Les gens se mettent à discuter et quelqu’un en vient à conclure : « À quelque chose malheur est bon. De tels accidents font aller l’industrie. Il faut que tout le monde vive. Que deviendraient les vitriers, si l’on ne cassait jamais de vitres ? » Tout le monde hoche de la tête pour signifier leur accord. Ces gens croient que le vitrier dépensera l’agent obtenu de Jacques Bonhomme pour la réparation, ce qui générera pleins de retombées économiques, n’est-ce pas ?

Où est l’erreur dans ce raisonnement ? Comme disait Bastiat, « il y a ce qu’on voit et il y a ce qu’on ne voit pas ».  Le travail donné au vitrier, c’est ce qu’on voit, mais qu’en est-il de ce qu’on ne voit pas ? Si on suppose que remplacer la vitrine coûte $500, le remplacement de cette vitrine va générer pour $500 d’activité économique, mais que ce serait-il produit si la vitrine n’avait pas été cassée ? Jacques Bonhomme n’ayant pas eu à se départir du $500 pour remplacer la vitrine n’aurait-il pas pu lui aussi le dépenser et aussi générer $500 d’activité économique, tout en jouissant encore de sa vitrine ? La vitre étant cassée, l’industrie vitrière est encouragée ; c’est ce qu’on voit. Si la vitre n’eût pas été cassée, une autre industrie aurait été encouragée ; c’est ce qu’on ne voit pas. Ainsi, la société aurait été plus riche si le fils de Jacques Bonhomme n’avait pas brisé la vitre, puisque Jacques Bonhomme aurait pu dépenser son argent pour augmenter son niveau de vie, plutôt que pour de simplement le maintenir en faisant réparer la vitre. La destruction ne crée pas de richesse… elle en détruit !

Ce même raisonnement s’applique aux dépenses du gouvernement ; elles ne contribuent pas davantage à l’activité économique que les dépenses des contribuables. Il s’applique aussi aux guerres et aux catastrophes naturelles. Beaucoup de gens véhiculent le mythe selon lequel les guerres stimulent l’économie. Comment peut-on dire que l’on crée de la richesse lorsqu’on détruit inutilement des biens et gaspille des ressources ? Ce mythe survit encore en raison du fait que la Grande Dépression des années 1930s s’est terminée au cours de la Deuxième Guerre Mondiale (1939-1945), du moins pour les États-Unis. Le déficit du gouvernement américain a atteint $55 milliards en 1943, alors qu’il n’avait pas dépassé $3,5 milliards durant la Grande Dépression.

Ce qui s’est produit en fait est qu’en envoyant tous ces hommes à la guerre et en employant les autres à la fabrication de l’arsenal militaire, le gouvernement a fait disparaître le chômage. En tout, 10 millions d’hommes ont été envoyés au front, soit 20% des travailleurs.[2] La guerre a même permis de mobiliser les femmes et de les introduire sur le marché du travail pour augmenter la production. Cependant, tout cela s’est fait au prix d’une grande augmentation de l’endettement. Les américains ont hypothéqué leur futur pour y arriver, en dilapidant leur capital productif et en l’orientant sur la guerre. Le produit intérieur brut a certes augmenté durant la guerre, mais c’est parce que sa comptabilisation incluait toutes les dépenses de guerre, incluant les salaires des soldats. La vie était pénible pour les américains durant cette guerre. L’essence et les pneus étaient rationnés, ce qui rendait les déplacements difficiles, beaucoup d’ouvriers devaient travailler la nuit pour assurer la continuité de la production d’armements, le taux d’accident de travail a grandement augmenté en raison du fait que des ouvriers inexpérimentés devaient être engagés, la qualité des logements se dégradait fut l’interdiction de construction résidentielle décrétée par le gouvernement, les gens devaient attendre longtemps en ligne pour obtenir des biens de première nécessité vu le rationnement et les contrôles de prix. En somme, le niveau de vie des américains s’est grandement détérioré durant la seconde guerre mondiale.

La guerre a peut-être mis fin à la récession, mais elle a grandement appauvrit les Américains. Il est vrai que l’économie américaine a par la suite été relancée par sa participation à la reconstruction de l’Europe, mais cela s’est fait au détriment de l’Europe qui elle a dû assumer la facture et s’endetter pour la régler. Les guerres détruisent de la richesse, purement et simplement.

Qu’est-ce qui a causé la Grande Récession de 2008 ?

Note : je vous recommande de lire la partie 3 de ma série d’articles sur les bulles spéculatives si ce n’est pas déjà fait. Ces deux articles se complètent bien.

Suite à l’éclatement de la bulle techno en 2000 et la récession qui a suivi en 2001, la banque centrale américaine, la Federal Reserve, a entrepris une politique monétaire expansionniste dans le but de relancer l’économie ; c’est-à-dire qu’elle s’est mise à accélérer le rythme de création de nouvelle monnaie. Cette création de monnaie a bien entendu mis de la pression à la baisse sur les taux d’intérêt. Le graphique ci-bas montre le taux cible de la Federal Reserve (ligne foncée) et le taux hypothécaire variable de un an (ligne pale). Vous pouvez y observer qu’entre 2000 et 2004, les taux hypothécaires ont baissé drastiquement.


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Suite à l’effondrement des marchés financiers durant la bulle techno de 2000, les gens étaient passablement traumatisés par la bourse. C’est alors que s’est développé un nouvel engouement pour l’immobilier. Cet engouement a bien entendu été stimulé et encouragé par les politiques du gouvernement visant à améliorer l’accès à la propriété.

Le graphique suivant montre qu’avec les bas taux d’intérêt, les gens se sont mis à épargner moins et dépenser plus en s’endettant, surtout pour acheter des maisons. Il présente le taux d’épargne (ligne rouge) et la dette des ménages en pourcentage du PIB (ligne bleue).

 

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Cette nouvelle demande de maisons financées par le crédit facile a généré un boum dans les ventes de maisons et les nouvelles constructions. Le graphique suivant présente ces deux statistiques. Évidemment, nous avons aussi observé un gros déplacement de main d’oeuvre et de capital vers l’industrie de la construction, tel que démontré dans le second graphique.


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Les prix des maisons ont augmenté très rapidement entre 2001 et 2006. Pendant ce temps, la consommation d’autres biens et services est demeurée vigoureuse. Comment les gens ont-ils pu à la fois investir dans l’immobilier résidentiel et maintenir leur consommation de biens et services ? Grâce à l’endettement ! Cette dette a donc permis aux consommateurs de devancer leurs décisions économiques dans le temps ; et ça ne coûtait pas cher vu les bas taux d’intérêt poussés à la baisse par la création de monnaie orchestrée par la banque centrale.

Cependant, toute cette création de monnaie a commencé à générer de l’inflation. Le graphique ci-bas montre une mesure utilisée par beaucoup d’économistes pour mesurer l’inflation, soit le changement dans l’indice des prix à la consommation excluant la nourriture et l’énergie. On peut voir qu’en 2006, il apparaissait clair que l’inflation allait sortir de la fourchette cible de la banque centrale. Celle-ci a donc décidé de ralentir le rythme de la création de monnaie. Cette politique a généré une hausse des taux d’intérêt qui a mis fin à cette bulle insoutenable. Les prix des maisons se sont mis à chuter. Les consommateurs, surendettés, se sont mis à remettre les clés à la banque plutôt que de faire leurs versements hypothécaires. Le chômage est alors apparu, surtout dans l’industrie de la construction, où il a atteint plus de 20%, puisque c’est cette industrie qui a été la cible de la plupart de ces mauvais investissements.

 

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Quelle a été la réaction du gouvernement ? Malheureusement, nos gouvernements observent les prescriptions de l’économiste John Maynard Keynes. Le gouvernement fédéral américain a mis en place un gigantesque plan de relance économique : le American Recovery and Reinvestment Act (ARRA) de février 2009, comprenant des dépenses de $787 milliards. Le but de cette politique était de créer de l’emploi en stimulant la demande de biens et services.

Plutôt que de laisser la récession nettoyer les mauvais investissements et  remettre l’économie sur le droit chemin, le gouvernement a préféré y aller d’une solution coûteuse et inefficace. Ce plan a créé beaucoup de confusion et d’incertitude dans l’économie. Il a fait en sorte de maintenir en vie des entreprises et des emplois qui auraient dû disparaître. Ainsi, le plan de relance a retardé la véritable reprise économique. À cet égard, les statistiques ne mentent pas. Le graphique suivant montre le taux de chômage. La ligne bleu-pale au milieu montre le taux de chômage prévu en février 2009 par la Maison Blanche si aucun plan de relance n’avait été adopté. La ligne bleue du bas montre le taux de chômage prévu par la Maison Blanche avec le plan de relance, c’est-à-dire ce qui aurait dû se produire selon l’administration Obama. La ligne rouge montre le taux de chômage qui a été réellement observé. En fait, le taux de chômage a été encore plus élevé que le taux prévu sans le plan de relance! Et ce n’est pas tout; le taux de chômage officiel n’inclue pas les travailleurs découragés, c’est-à-dire ceux qui ne se cherchent plus un emploi. En incluant ceux-ci, le véritable taux de chômage a presque atteint les 18% ! On peut donc conclure que le plan de relance a été un échec lamentable et coûteux.


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Pourquoi est-ce que le taux de chômage a augmenté dans toutes les industries (sauf au sein du gouvernement) et non seulement dans la construction malgré le fait que la bulle spéculative de 2006 a sévi dans l’immobilier ? Il ne faut pas oublier qu’une portion significative de l’industrie manufacturière américaine est directement reliée à la construction. Par exemple, si vous fabriquez des peintures de portes d’armoires de cuisine, des aspirateurs centraux, des stores verticaux, des vis à gypse, des moulures en mdf, des robinets, etc, la prospérité de l’entreprise qui vous emploi sera fort influencée par l’industrie de la construction résidentielle. Il y a aussi eu beaucoup d’emplois affectés dans les services : tels que les agents immobiliers, les notaires, les décorateurs, les paysagistes, les arpenteurs, les architectes, les préposés aux prêts hypothécaires dans les banques, etc. Et que dire de l’industrie du bois d’oeuvre et autres matériaux de construction, qui ont connu tout un choc suite à l’implosion de la bulle. Ensuite, il faut considérer l’industrie du commerce de détail et les manufacturiers des produits que ceux-ci vendent, parce que beaucoup d’américains ont profité de la bulle pour réhypothéquer leur maison à une valeur plus élevée, ce qui leur a permis de hausser leur consommation à court terme, par exemple pour s’acheter de nouveaux meubles, des cinéma-maisons, des bateaux, etc. Après le passage de cette manne, le retour à un niveau de consommation non-dopé par l’endettement a été brutal pour ces industries. Ainsi, l’implosion de la bulle immobilière n’a pas seulement affecté les emplois directs dans la construction, mais presque tous les emplois.

Suite à ce plan de relance, la dette du gouvernement américain atteint maintenant environ 92% du PIB, excluant les obligations reliés aux programmes sociaux. Pour payer le plan de relance, en 2010, le gouvernement américain dû emprunter presque autant d’argent que tous les autres pays du monde réunis. La dette totale des États-Unis (gouvernements, entreprises et particuliers) a atteint 360% du PIB, dépassant ainsi le niveau de 300% observé durant la Grande Dépression. Une grande partie de cette dette a été achetée par la banque centrale avec de la monnaie nouvellement créée.

De son côté, la Federal Reserve a créé des billions de nouvelle monnaie pour influencer les taux d’intérêt à la baisse. Son taux cible est en fait tombé à presque zéro, son but étant d’inciter les consommateurs et les entreprises à s’endetter pour relancer leurs dépenses. Malheureusement, si la cause de cette récession (et de toutes les récessions) est le surendettement facilité par la création excessive de monnaie, son remède ne sera certainement pas l’endettement. Ce serait comme tenter de se remettre d’une gueule-de-bois en engloutissant un litre de vodka !


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Est-ce que le keynésianisme a fonctionné durant la Grande Dépression ?

Le New Deal est le nom donné par le président américain Franklin Roosevelt à sa politique interventionniste mise en place pour lutter contre les effets de la Grande Dépression aux États-Unis. Ce programme s’est déroulé entre 1933 et 1938, avec pour objectif de relancer l’économieL’oeuvre principale de John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, n’a été publiée qu’en 1936. Elle n’a donc pas eu d’influence sur les politiques appliquées durant la Grande Dépression de 1929-1938. Cependant, même si elle n’existait pas encore, la « recette » que Keynes publiera en 1936 a été appliquée presqu’à la lettre par les politiciens de l’époque, soit les présidents Hoover et Roosevelt.

Les politiques keynésiennes prescrivent que durant les récessions, le gouvernement doit augmenter ses dépenses pour relancer l’économie et la création de monnaie doit être effectuée pour tenter de faire baisser les taux d’intérêt. Or, c’est exactement ce qui a été fait durant la Grande Dépression.

Entre les années fiscales 1930 et 1932, sous la présidence de Hoover, les dépenses du gouvernement ont augmenté de +42%. L’administration Hoover a créé trente nouveaux départements gouvernementaux et a embauché 3.000 bureaucrates.[3] C’est aussi Hoover qui a fait adopter la loi Smoot-Hawley, qui augmentait les tarifs douaniers de 20% à 60% et qui a eu comme impact extrêmement négatif sur le commerce international. Pour payer toutes ces dépenses, le taux d’imposition marginal le plus élevé a été augmenté à 63% en 1932.

L’autre grave erreur de Hoover a été de passer une loi pour empêcher les employeurs de baisser les salaires. Or entre 1929 et 1933, les prix à la consommation ont baissé de 25% alors que les salaires n’ont baissé que de 15%, ce qui a eu un impact très néfaste sur la rentabilité des entreprises, qui ont dû faire des mises à pied massives pour éviter la faillite. Les augmentations du salaire minimum ont aussi contribué à ce phénomène durant la Grande Dépression.

L’élection du président Roosevelt en 1932 a assuré la continuité des politiques irresponsables de Hoover. L’économiste Murray Rothbard a d’ailleurs qualifié ces deux présidents de « jumeaux idéologiques ». Selon un des conseillers de Roosevelt, du nom de Rexford Guy Tugwell, le New Deal proposé par Roosevelt était une extrapolation des programmes précédemment initiés par Hoover.[4]

En 1934, les dépenses avaient augmenté de +97% par rapport à 1930. En 1936, l’année où le second New Deal a été mis en place, les dépenses du gouvernement avaient augmenté de +148% par rapport à 1930. Pour financer ces dépenses et réduire le déficit, Roosevelt a mis en place des augmentations d’impôts qui ont fait monter le taux marginal d’imposition à 90%. C’est par ailleurs Roosevelt qui après avoir forcé les citoyens à vendre leur or au gouvernement en échange de billets, a dévalué ces mêmes billets de 40%, empochant un profit substantiel.

 

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Source : « Historical Tables, Budget of the United States Government, Fiscal Year 2011″, Washington, D.C.: Government Printing Office, 2010.[3]

En 1933, Roosevelt a fait adopter le National Recovery Act (NRA). Cette loi a eu comme effet de grandement réduire la concurrence entre les entreprises d’une même industrie. Elle règlementait les prix, les salaires de même que les heures de travail. Des policiers contrôlaient son application et emprisonnaient les travailleurs qui dépassaient le nombre d’heures de travail autorisé ou qui vendaient un bien ou service à un prix inférieur à celui décrété par le NRA. Selon certains économistes, le NRA a fait augmenter les coûts des entreprises de 40%. Dans les 5 mois précédent la mise en place de cette loi, l’économie semblait prendre du mieux, l’emploi étant en hausse de 23%. Cependant, dans les 6 mois suivant l’adoption du NRA, la production industrielle a chuté de 25%. Cette loi a été jugée anticonstitutionnelle par la cour suprême en 1935. [5]

La création de monnaie a été très élevée durant la Grande Dépression. Entre octobre 1929 (le mois du crash) et octobre 1936, la base monétaire a augmenté de +65%. Le taux d’escompte de la Federal Reserve a quant à lui chuté de près de 5% à presque 1%.

 

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Source : Federal Reserve of St-Louis.

On peut donc dire que la recette keynésienne a été appliquée durant la Grande Dépression. Est-ce que cela a fonctionné ? Vraiment pas ! Malgré ces mesures, le taux de chômage a continué d’augmenter pour atteindre 25% en 1933. Il est par la suite demeuré au-dessus de 15% presque tout le temps et ce jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Le New Deal fut donc un échec, d’autant plus qu’après toutes ces dépenses, le taux d’endettement du gouvernement était passé d’environ 18% du PIB à 42%, le résultat habituel des politiques keynésiennes.

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Source : US Department of Commerce, Bureau of the Census.

Pourquoi est-ce que le Japon a connu une Décennie perdue ?

Le Japon est un exemple flagrant de l’échec des politiques keynésiennes. Durant la période surnommée Décennie perdue (1991-2000) et même pour les années suivantes, la croissance du PIB réel a été médiocre et le taux de chômage a beaucoup augmenté pour demeurer très élevé (voir les deux graphiques ci-bas).

Suite à l’Accord du Plaza de 1985, beaucoup d’investissements étrangers ont été effectués au Japon ce qui a fait en sorte que le yen s’est fortement apprécié. En réponse à cette situation, la banque centrale a adopté une politique monétaire plus inflationniste de façon à engendrer une dépréciation du yen. La masse monétaire a augmenté de 10,5% par année entre 1986 et 1990.[6]

Ainsi, durant les années qui ont suivi, la banque centrale japonaise a généré une croissance très élevée de la masse monétaire du pays, mettant de la pression à la baisse sur les taux d’intérêt et stimulant l’endettement. Cette dette abordable a financé l’expansion d’une immense bulle spéculative qui a gonflé les prix de la bourse de Tokyo ainsi que de l’immobilier japonais (voir le troisième graphique ci-bas).

Lorsque la banque centrale a remonté sa cible de taux d’intérêt à la hausse pour contrer l’inflation, la bulle a dégonflé et l’économie est tombée dans une sévère récession. Les gens ont cessé de dépenser et investir et se sont mis à rembourser leurs dettes; ce qui est la bonne chose à faire dans une telle situation.

Devant cette situation, le Japon a tenté par tous les moyens de stimuler son économie. Ils ont maintenu les taux d’intérêt à 0% en créant des milliards de yens et engendré d’importants déficits gouvernementaux pour financer des dépenses visant à stimuler l’économie. De 1992 à 2000, le gouvernement japonais a mis en place 10 plans de relance économique totalisant plus de 100 billions de yens.Le déficit budgétaire du gouvernement a augmenté à 4,3% en 1996 et à 10% en 1998. Cette année là, le taux d’endettement du gouvernement a atteint 100% du PIB.

En bref, ils ont appliqué la recette de Keynes. Les Japonais ont refusé de laisser la récession « guérir » leur économie. Ils se sont donc retrouvées avec des entreprises moroses et des banques « zombies ». Les mauvaises entreprises étant sauvées par l’État, elles sont demeurées en opération, créant un climat économique peu propice à l’entreprenariat, à l’innovation et à la croissance. Par ailleurs, entreprises étaient tellement endettées qu’elles n’avaient pas d’argent pour investir dans leur capital productif. Ils ont par conséquent fait en sorte de prolonger le marasme économique, lequel dure encore à ce jour.

 

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Que s’est-il passé lors de la dépression de 1920-1921 ?

À ce point-ci, vous seriez en droit de vous demander s’il est déjà arrivé dans le passé que le gouvernement n’ait rien fait durant une récession et si oui quel a été le résultat ? La Dépression de 1920-1921 nous permet de confronter les explications énoncées dans les sections précédentes avec la réalité historique.

Pendant la Première Guerre Mondiale (1914-1918) et la période qui l’a suivie, la Réserve fédérale américaine avait substantiellement augmenté la quantité de monnaie en circulation. Lorsque la Fed décida finalement de hausser sa cible de taux d’intérêt, l’économie commença à ralentir. Vers le milieu de l’année 1920, le ralentissement avait atteint un niveau critique, la production diminuant de 21% au cours des douze mois suivants. Le nombre de chômeurs augmenta de 2,1 millions en 1920 à 4,9 millions en 1921.

Le président Harding n’envisageait certainement pas une politique monétaire expansionniste pour relancer l’économie. En fait, il condamna l’inflation :

« Nous avons gonflé la monnaie sans réfléchir, nous devons la dégonfler de manière mûrement réfléchie. Nous avons dévalué le dollar par des mesures financières irresponsables, nous devons le rétablir de façon honnête. »

Au niveau fiscal, plutôt de promettre de dépenser dans des plans de relance, il en appela à une réduction des dépenses :

« Nous tenterons de procéder à une déflation intelligente et courageuse, nous mettrons un terme aux emprunts gouvernementaux qui empirent la situation, et nous nous attaquerons aux coûts élevés des mesures étatiques avec toute l’énergie et la compétence dont les républicains sont capables. Nous promettons ce soulagement qui découlera de la fin du gaspillage et de l’extravagance, ainsi que du renouveau des pratiques de frugalité publique, non seulement dans le but de diminuer le fardeau fiscal, mais aussi parce que cela constituera un exemple pour stimuler l’épargne et la prudence économique dans la vie privée. »

Harding expliqua lors de son discours inaugural l’année suivante que l’économie avait subi les chocs et secousses associés à une demande anormalement élevée, à l’inflation du crédit et à une explosion des prix. Le pays traversait maintenant l’ajustement inévitable. Aucun raccourci facile n’était possible.

Harding tint parole en poursuivant les réductions budgétaires qui avaient débuté durant les derniers mois de l’administration Wilson, alors que la maladie de celui-ci l’avait rendu incapable de gouverner. Les dépenses fédérales diminuèrent de $6,3 milliards en 1920 à $5 milliards en 1921 et à $3,3 milliards en 1922. Entre-temps, les taux d’imposition furent réduits à tous les niveaux de revenu. Et au cours des années 1920, la dette nationale fut réduite du tiers.

En 1921, l’économiste Benjamin Anderson souligna que :

« Nous avons encaissé nos pertes, ajusté notre structure financière, enduré notre dépression, et en août 1921 nous avons repris la route de la croissance. La reprise de la production et de l’emploi qui s’est enclenchée en août 1921 s’appuyait sur une base solide suite à une restructuration en profondeur de nos problèmes de crédit, une réduction draconienne des coûts de production et le libre jeu de l’entreprise privée. Elle ne découlait pas de politiques gouvernementales visant à supporter les entreprises. »

Ce n’est pourtant pas une coïncidence si l’économie a repris son élan relativement rapidement suite à la récession de 1920. C’est justement parce qu’on n’a pas adopté de mesures de relance monétaires et fiscales qu’une solide reprise économique s’est pointée le bout du nez en un rien de temps.

Est-ce que la déflation est mauvaise pour l’économie ?

Il existe deux types de déflation : celle causée par la diminution des coûts de productions grâce au développement technologique et celle causée par la baisse de la demande durant les récessions. Ce second type de déflation n’est en fait qu’un ajustement se produisant suite à un niveau d’inflation insoutenable. La monnaie qui avait permis de générer cette inflation étant maintenant disparue, les prix se réajustent à la baisse. Cet ajustement est évidemment douloureux pour les entreprises et les travailleurs qui sont affectés, mais il est néanmoins nécessaire et inévitable. En fait, ce n’est pas cette déflation qui est mauvaise, mais bien l’inflation excessive qui l’a précédée durant le boum économique. Les prix de certains biens ou actifs n’auraient jamais dus être si élevés ; il est donc impératif que ceux-ci reflète les nouvelles conditions économiques plus saines.

Ce que la bible de Keynes nous dit c’est que lorsqu’il y a apparence de déflation, sous la forme d’une baisse des prix à la consommation, les gens retardent indéfiniment leurs achats puisqu’ils anticipent que les prix vont continuer de baisser. Cette baisse de la consommation crée une forme de marasme économique qu’il faudrait à tout prix éviter en créant de la monnaie pour générer de l’inflation.

La logique derrière ces actions est que si on réussit à créer de l’inflation, les volumes de ventes et les prix vont augmenter. Cette stimulation artificielle de la demande va faire en sorte que les entreprises verront leurs profits augmenter, ce qui les inciterait à investir dans leur capacité de production et à embaucher de nouveaux employés. Ces nouveaux employés dépenseraient et contribueraient ainsi à redémarrer la croissance économique.

Mais les choses fonctionnent-elles vraiment ainsi ? De décembre 1997 à août 2009, le prix des ordinateurs personnels a baissé de 93% malgré une amélioration constante de la performance de ceux-ci. Les ventes d’ordinateurs ont-elles baissé pour autant, les acheteurs reportant leurs achats anticipant une continuelle baisse de prix ? Évidemment que non ! Les ventes ont explosé de plus de 2.700% au cours de cette période.

Au contraire, la déflation permet à chacun des dollars que vous obtenez en échange de votre travail d’acheter davantage de biens ; elle augmente votre pouvoir d’achat. D’ailleurs, si la productivité des travailleurs augmente en raison d’une amélioration technologique, alors que la quantité de monnaie demeure inchangée, il en résultera de la déflation car plus de biens seront produits pour une même quantité de monnaie.

À la fin du 19e siècle, il y eut une longue période de déflation. Pourtant, cette période (1873 à 1896) fut marquée par un taux de croissance économique élevé et une grande prospérité économique dans les pays développés [7], durant laquelle la croissance fut soutenue. Cette déflation était due à une croissance limitée de la masse monétaire grâce à un système monétaire plus sain que celui que nous avons de nos jours (en l’occurrence l’étalon-or). La baisse des prix y fut accompagnée par une hausse continue du pouvoir d’achat. Cette période fut très prospère et prouve que la déflation n’est pas mauvaise pour l’économie.

L’autre raison pour laquelle la plupart des économistes craignent la déflation est la résistance à la baisse des salaires, que nous décrirons plus en détail dans une prochaine série d’articles. Lorsque les prix montent, les travailleurs veulent être compensés par des augmentations de salaires, mais lorsque les prix baissent durant les récessions, les travailleurs résistent farouchement aux baisses de salaires. Cela met en danger la rentabilité des entreprises, qui doivent alors licencier des employés pour réduire leurs coûts et éviter la faillite. Cela occasionne alors du chômage, ce qui nuit à la récession. C’est ce que nous avons vu durant la Grande Dépression des années 1930s : entre 1929 et 1933, les prix à la consommation ont diminué de 25% alors que les salaires n’ont baissé que de 15% en vertu des politiques du président Hoover restreignant les baisses de salaire. Pour préserver leur rentabilité et leur santé financières, les entreprises ont du effectuer des mises à pied massives. Le résultat a été une augmentation substantielle du chômage.

Pour éviter ce problème, les économistes keynésiens prescrivent de créer de la monnaie pour éviter à tout prix la déflation. Cela apparaît peut-être logique sur papier, mais comme nous l’avons vu, cette solution drastique cause plus de problèmes qu’elle n’en règle. En fait, la résistance à la baisse des salaires est un biais qui s’est possiblement développé suite au siècle d’inflation que nous venons de traverser, suite auquel les travailleurs tiennent mordicus à protéger leur pouvoir d’achat. Ceux-ci doivent être conscients que cette attitude pourrait les mener à perdre leur emploi.

 

Notes :

[1] http://bastiat.net/fr/oeuvres/cqovecqonvp.html#vitre_cassee

[2] “World War II and the Triumph of Keynesianism”, Robert Higgs, The Independent Institute, 8 octobre 2001.

[3] « FDR’s Disputed Legacy », Otto Friedrich, Hays Gorey et Ruth Mehrtens Galvin, Time, 1er février 1982.

[4] “A history of the American people”, Paul Johnson, 1997.

[5] http://www.presidency.ucsb.edu/data/budget.php

[6] « Great myths of the Great Depression”, Lawrence W. Reed, Mackinac Center for Public Policy, 1998.

[7] “Explaining Japan’s recession”, Benjamin Powell, Mises Institute, nov

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