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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 05:25

Recension de l’ouvrage de Philippe Nemo

Les deux républiques françaises

 

jeudi 30 avril 2009 - Guillaume Kalfon


Dans les Deux Républiques Françaises, Philippe Nemo défend la thèse de l’existence continue en France, depuis la Révolution, de deux courants qui s’opposent et qui se disputent la légitimité de l’appellation « républicain » ainsi que la légitimité de l’héritage de la Révolution. Le premier, qu’il appelle « 1789 », correspond à ceux qui sont restés attachés au contenu de la Déclaration Des Droits De L’Homme Et Du Citoyen de 1789 et au respect de l’expression du suffrage du peuple. Le second, qu’il intitule « 1793 », héritière du Jacobinisme, est dirigiste, ne rechigne pas à l’usage de la force, ne respecte guère le vote populaire, et use volontiers des organes de l’Etat pour imposer un vision unique de sa mission, mais aussi pour promouvoir une espèce de religion millénariste sans dieu, le laïcisme.

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Pour démontrer et illustrer son propos, l’auteur analyse une série d’éléments clés de l’identité Française contemporaine, en comparant pour chacun d’entre eux les attitudes prises par ceux qui se rapprochent de « 1789 » et de ceux qui se rapprochent de « 1793 ». Ces éléments sont : le respect de la démocratie, les fondations de la République, la laïcité à laquelle il rattache la question de l’enseignement, l’affaire Dreyfus, l’occupation Allemande pendant la IIème Guerre Mondiale et enfin l’accaparement du terme « républicain » par la gauche.

Dans ce contexte, l’histoire de France se trouve mal enseignée aux enfants, dans un but de perpétuations d’un certain crédo dit républicain, qui tait le rôle positif joué par bien des acteurs de l’histoire et qui donne une image exagérément embellie d’un certain nombre de personnages présentés comme exemplaires. Nemo, avec cet ouvrage, exprime clairement le désir d’amorcer une inflexion afin qu’un rééquilibrage devienne un jour possible.

Le poids de 1793

En premier lieu, le premier mythe : que « 1793 » serait démocrate. En fait, depuis sa première incarnation en la personne des Jacobins, elle n’a eu de cesse que de remettre en cause le verdict du suffrage du peuple, par le biais d’artifices aussi innombrables que divers tels l’élimination de candidats gênants, la prise de contrôle déloyale des assemblées, mais aussi la violence et l’émeute, justifiées sans honte par des historiens tels Lissagaray. La force populaire, le peuple, sont alors présentés comme un personnage héroïque à qui tout est permis, alors même qu’on nie l’expression de son vote.

La charbonnerie, les sociétés secrètes de la Restauration, l’affreux Auguste Blanqui qui avait l’habitude d’appeler au meurtre de son propre frère Adolphe, les « rouges » des journées de juin 1848, la Commune qui s’élève pour renverser un gouvernement légitimement élu, les exemples soigneusement décrits abondent, jusqu’aux innombrables blocages se faisant passer pour des grèves, dont nous sommes encore quotidiennement les témoins.

Dans cette lutte, « 1793 » a clairement pris le dessus en arrivant à contrôler des pans entiers de la vie politique et syndicale Française. Sa force découle d’un discours millénariste, c’est à dire de la promesse d’un âge d’or sur terre grâce l’action d’une catégorie d’hommes à la sagesse presqu’infaillible, se présentant comme des sauveurs.

Deuxième mythe : « 1793 » aurait fondé la République. Au moment de sa création, la IIIème république est l’œuvre de « monarchistes, anciens orléanistes, anciens partisans de l’empire libéral », d’une part des républicains « récusant formellement 1793 ». Avant cela, une lignée de penseurs prolonge et enrichit le projet de « 1789 » aspirant à une constitution qui « interdise à l’Etat de transgresser les libertés publiques essentielles », tels Guizot, Say, et surtout Constant.

Il est à noter tout de même que c’est sous la IIIème République que s’enclenche le processus de redistribution des richesses par l’Etat, sous la forme d’une « intervention limitée de l’Etat dans le domaine social et la perception par l’Etat de ressources fiscales permettant cette intervention ».

1793 et le laïcisme

Troisième point, troisième mythe, et le pilier central qui porte le livre, « 1793 » se prétend laïque. De fait il ne s’agit en rien de laïcité, c’est-à-dire la non implication du pouvoir dans les affaires de la foi, mais d’une guerre sans pitié pour l’élimination, et à défaut la mise sous contrôle totale, des religions. Bien sûr, le point de départ est une situation où Taine, enseignant, n’ose pas faire lire à sa classe L’Ecole Des Femmes du fait de la pression de l’église, et cette dérive elle-même ne peut être tolérée. Mais une fois cela admis, on ne peut pour autant justifier un anticléricalisme, et même un antichristianisme, intolérant et jusqu’au boutiste.

Un inspirateur important de l’anticléricalisme fanatique est Edgar Quinet, qui considère le catholicisme comme rigoureusement incompatible avec la liberté et comme « un danger… le ciment de tout ce qui reste de servitude sur terre ». Pour lui, il faut interdire l’enseignement du catholicisme en employant l’arme absolue, le monopole scolaire, mais il faut aussi rendre le culte chrétien « matériellement impossible ». Et cela ne peut se faire en respectant les droits de l’homme et la liberté : « le despotisme religieux ne peut extirpé sans qu’on sorte de la légalité ». Quinet est aussi un haut gradé du Grand Orient de France. La Franc Maçonnerie jouera un rôle essentiel dans ce combat, en particulier en recrutant nombre d’instituteurs.

La religion est perçue comme une concurrente du pouvoir. Dès lors il faut imposer « la religion de la Révolution française ». De telles idées entraineront logiquement des persécutions antichrétiennes. La loi Ferry de 1879 revient à tuer dans l’œuf les universités catholiques. Les Jésuites sont dissous, les autres congrégations « non autorisées ». La loi de gratuité de l’école laïque signifie que qui veut confier ses enfants à une autre éducation doit payer deux fois. Une génération de protestants libéraux tels Halévy joueront un rôle majeur dans l’éclosion des Hussards noirs de la République, mettant ainsi en place les conditions de la prise de contrôle de l’éducation par ce nouveau corps devenu puissant.

Ce sera ensuite la Franc Maçonnerie qui réalisera ce potentiel de contrôle. Tout comme Quinet, un grand nombre de membres du Bloc des Gauches en fait partie. En 1910, les enseignants qui ne sont pas maçons sont du moins en relation étroite avec la Ligue de l’Enseignement, véritable filiale de l’ordre. Léon Bourgeois dira, « l’éducation nationale a pour fin dernière de créer [l’] unité des esprits et des consciences » ; le président Lafferre, au convent du Grand Orient : « par-dessus les gouvernements qui passent, la Maçonnerie, bras armé de la République, demeure ». Le secret maçonnique permettra de plus de donner l’apparence de nombreuses voix diverses et convergentes recommandant les mêmes réformes.

Une fois ces bases posées, tout sera en place pour que l’instruction publique, devenue éducation nationale, devienne la chose de syndicats politisés ne répondant plus qu’à eux même, avec l’intention déclarée de ne même plus avoir de compte à rendre à l’Etat, pour aboutir enfin à l’adoption du plan Langevin Wallon avec les réformes Berthouin de 1959 et Fouchet de 1963, sans que le projet et les fins de l’école unique n’ait jamais été clairement présenté à la population. « Voilà comment les minorités mènent le monde ».

Le 1793 des Dreyfusards

Le quatrième mythe mis à jour de façon convaincante par Philippe Nemo est que la France de 1793 aurait été dans le camp Dreyfusard à l’occasion de l’affaire Dreyfus. De fait, à l’aide de très nombreux exemples, l’auteur défend la thèse qu’il y a, en fait, eu deux époques dans cette affaire. Durant la première, « 1793 » a été très clairement anti dreyfusarde. La deuxième, déclenchée de façon spectaculaire par l’agression à coup de canne par du Président Loubet par le Baron Christiani en juin 1899 verra un renversement du tout au tout de cette position.

De la première époque, Léon Blum, contemporain de l’affaire, dira « je puis affirmer, sans forcer en rien la vérité, que ceux qui devaient, un peu plus tard, former la base du « Bloc des gauches » étaient alors en grande majorité hostiles à la révision [du procès contre Dreyfus] ». En ces années de l’après 1870, en plus d’être anticapitalistes et antibourgeois nombreux sont en effet les gens de gauche qui sont aussi anti étrangers. Par extension, ceux qui sont antisémites ne sont pas rares, sans toutefois aller tous jusqu’à l’extrême de Proudhon qui propose d’exterminer les juifs. Les exemples abondent. On se contentera de citer le grand Jaurès : « la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par un sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas celle du prophétisme ».

Ce n’est que suite au coup d’éclat de Christiani, un aristocrate qui attaque un élu, que la gauche changera de camps, et n’aura alors de cesse que de faire croire qu’il n’en est rien, qu’elle avait toujours été dreyfusarde. Cinquième mythe et le plus proche de nous , la sombre période de l’occupation allemande, pour laquelle « 1793 » prétend que ce sont ses adversaires qui ont été Nazis. En fait, beaucoup des noms célèbres de la collaboration sont socialistes ou anciens socialistes, voire gauchistes et communistes. Ainsi Déat, Guilbaud, Luchaire, Tissot et Darnand qui, dans une longue lettre de septembre 1943, écrivent à de hautes personnalités allemandes à Paris et Berlin leur souhait de construire avec eux partout en Europe une politique « réellement socialiste et révolutionnaire ». Pour eux, Hitler a vaincu le capitalisme tant détesté.

A la libération et dans la période qui l’a suivie, on n’aura de cesse de dissimuler cet état de fait, et fabriquera l’image de la gauche et du communisme inflexibles résistants de toujours.

Et enfin le sixième mythe sans cesse alimenté par la gauche dans la discussion nationale : qu’il n’y a de républicains qu’en son sein. Comme pour les cinq premiers, Nemo démonte méticuleusement cette assertion à l’aide d’exemples multiples, même s’il est de toutes façons permis de douter de l’importance du terme républicain dans la bonne marche de la démocratie libérale, celle-ci fonctionnant pour le moins aussi bien dans les monarchies constitutionnelles que dans les républiques.

Comme conclusion du livre, Nemo nous livre une analyse aussi juste que déprimante de la situation de la France d’aujourd’hui, où une religion inavouée de type millénariste à trouvé en le monopole de l’éducation nationale l’église par laquelle elle peut s’assurer que l’ensemble de la population est copieusement exposée à sa doctrine. Sur l’éducation il résume : « le système , bien que nominalement public et fonctionnant de facto avec l’argent des citoyens contribuables , est une entreprise privée qui s’autogère. Il est dirigé par les seuls chefs de l’Eglise de la Gauche, francs maçons et syndicalistes, qui considèrent le peuple comme privé de voix délibérative, puisqu’il n’est pas initié et ne peut délibérer valablement de l’avenir qu’ils lui préparent – le « Temple » ou le socialisme. »

Retrouver la pertinence de 1789

Par sa rigueur, par son infatigable énergie à revenir sur les vérités acceptées par presque tous et qui pourtant n’ont pas grand-chose de vrai, par la liste interminable d’exemples tous plus parlant les uns que les autres, qui nous font nous immerger dans les contextes et les épisodes décrits, par ses révélations sur certains des personnages considérés comme sacrés de l’histoire de France, Nemo nous propose une critique au plus haut point convaincante et dévastatrice de l’édifice révolutionnaire jacobin qu’il appelle « 1793 » et de ses retombées contemporaines. Pour cette raison, ce livre devrait être lu par le plus grand nombre, et relu pour bien en saisir le contenu après la réalisation plus viscérale de l’étendue des dégâts telle qu’ obtenue en première lecture.

Sa défense de la France libérale démocratique dite « 1789 », que semble promettre le titre de l’ouvrage, est, elle, en fait, moins fournie. Elle apparait plus comme l’image lumineuse mais vague de ce qu’il y a de bien face à l’autre composante de l’alternative, une image que Nemo nous demande d’accepter sans en discuter abondamment le contenu. Il y aurait donc un peut-être un autre ouvrage critique à écrire sur cet héritage là, en abordant des questions que le livre ne fait que frôler, telles par exemple :

Comment défendre le principe même de révolution puisqu’il porte en lui le risque chaotique, que son potentiel de troubles est incontrôlable et que son résultat final ne peut être maitrisé si l’on s’en tient à des principes libéraux ?

Ou encore, les libéraux qui ont posé les bases de l’éducation nationale, et même du monopole de celle-ci, par anticléricalisme « rationnel », ne se sont-ils pas par la même donné le bâton pour se faire battre, puisque leur créature a pu si facilement ne plus répondre qu’à elle-même et leur infliger une défaite dont aujourd’hui encore ils ne semblent pas prêts de se remettre ?

Enfin, même si le modèle républicain jacobin français prouve particulièrement bien en ces temps troublés, de blocages d’universités en séquestration de patrons, d’endettement public catastrophique en étouffante pression fiscale, qu’il est une impasse et porte en soi des risques de troubles graves, néanmoins les démocraties libérales non entachées de jacobinisme, présentée par Nemo comme un contre exemple à suivre, échappent-elles à une lente mais dommageable dérive, via les problèmes de « public choice » et les effets cliquets sur la dépense publique, et pour nombres d’entre elles, ne se retrouvent-elles pas aujourd’hui plongées dans des problèmes presqu’aussi insurmontables que les nôtres ?

S’il veut retrouver une pertinence, « 1789 » doit chercher des réponses au grand défi qui lui fait face : comment limiter les prérogatives que l’Etat n’a de cesse de s’arroger ; comment éviter que le suffrage universel ne continue de donner cette dangereuse illusion que les domaines légitimes d’intervention du pouvoir sont eux aussi universels ?

 


Les Deux Républiques françaises - Introduction

 

vendredi 5 juin 2009 - Copeau

 

- Introduction  
- Chapitre 1 : Premier mythe : « 1793 » aurait été démocrate
- Chapitre 2 : Deuxième mythe : « 1793 » aurait fondé la République
- Chapitre 3 : Troisième mythe : « 1793 » aurait été laïque
- Chapitre 4 : Quatrième mythe : « 1793 » aurait été dreyfusard
- Chapitre 5 : Cinquième mythe : Les adversaires de « 1793 » auraient été nazis
- Chapitre 6  : Sixième mythe : Il n'y aurait  de républicain qu'à gauche
- Conclusion : l’Eglise de la Gauche


La République n’a jamais fait l’objet d’une unanimité en France, contrairement à l’image d’Epinal que l’on peut en avoir. Pour les uns, la République, c’est l’Etat de droit [1] démocratique et libéral, le suffrage universel et les libertés politiques essentielles. Pour les autres, la République est un projet de société jacobin, étatiste et socialiste.

Philippe Nemo ambitionne dans cet ouvrage d’étudier la nature et l’histoire de cet antagonisme, au cours des deux derniers siècles.

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La Ière République, régime totalitaire

En guise de propos liminaire, Nemo observe que la conception jacobine de la République se réfère à un événement historique très circonscrit, la Ière République dite « Montagnarde ». Celle-ci débute en septembre 1792 et s’achève en octobre 1795 pour l’ensemble de l’épisode de la Terreur, mais en réalité la focale doit être réduite, dans l’esprit jacobin, à la séquence septembre 1792 – juillet 1794, et en particulier à la convention montagnarde de juin 1793 (après la chute des Girondins) à juillet 1794 (chute de Robespierre). Nous sommes donc sur l’épaisseur du trait historique. Or, dit Nemo, cette Ière République présente la particularité peu louable d’avoir été un régime totalitaire, dont les horreurs ont égalé, sinon en ampleur, du moins en nature, celles des régimes nazis et staliniens. Ce qui pose problème est que certaines forces politiques d’aujourd’hui donnent ce passé détestable comme l’épopée fondatrice du pays, comme son écriture sacrée, et même comme ce qui constitue la France comme nation.

Alors qu’en Allemagne ou en Russie, les intellectuels ont depuis longtemps engagé un processus critique de leur passé noir, en France, au contraire, le pays officiel continue à célébrer la République jacobine. « 1793 » serait en particulier le prix à payer pour faire passer « 1789 » dans la réalité. Tous ces crimes auraient été nécessaires [2] ; et le syllogisme se poursuit de la manière suivante : ce qui est nécessaire pour faire advenir un bien ne saurait être mauvais. La République serait une sorte d’ « alternative » à la France, qui s’inscrit au moment de la Révolution contre plus d’un millénaire d’histoire nationale. C’est bien ainsi que l’on professe au lycée ou à l’université l’histoire de la France contemporaine.

Les deux révolutions françaises

Quelle est la nature exacte du lien entre « Révolution » et « République » ? Nemo observe qu’il n’est pas aussi simple qu’il y paraît de prime abord. La Révolution n’est pas d’emblée républicaine, puisqu’elle instaure d’abord une monarchie constitutionnelle. La République jacobine ne sort pas non plus naturellement de la Révolution : elle résulte d’un accident ou plus exactement d’une série d’accidents qui précipitent la chute de la monarchie constitutionnelle [3]. La Ière République a pour origine l’émeute du 10-Août et les massacres de septembre 1792, et elle s’identifie ensuite, peu ou prou, avec la Terreur. Loin de parachever l’œuvre constitutionnelle des hommes de 1789, représentants de l’esprit des Lumières, la Ière République est le régime qui a voulu anéantir cette œuvre et a failli y parvenir.

On sait que la Convention, assemblée qui se veut représentative du « peuple souverain », n’a été élue que par une très petite fraction du corps électoral. Sur 7 millions d’électeurs, on estime que 90 % se sont abstenus. Le choix des députés appartient donc à une minorité décidée. Comme en 1789, le scrutin à deux tours a pour effet d’éliminer les classes populaires de la représentation nationale. La composition de la Convention reflète les coups de force et les manipulations des Jacobins. Sans compter le fait que le pouvoir sera durant la Terreur entre les mains non de cette assemblée, mais de son gouvernement révolutionnaire, le Comité de Salut public (Barère, Danton, Robespierre, Saint Just, Carnot, Couthon, Billaud-Varenne et quelques autres), avatar comme tant d’autre des régimes dictatoriaux. Tous ces traits font de la Ière République française l’antagonique absolu, et en aucun sens l’héritière, du mouvement des Lumières.

Nemo, s’inscrivant dans la pensée de Guglielmo Ferrero [4], précise que le mot « Révolution » peut recouvrir deux sens bien différents. Il peut s’agir, d’une part, d’un phénomène créateur (une orientation nouvelle de l’esprit humain, une porte ouverte sur l’avenir). Mais il peut aussi s’agir, d’autre part, d’un phénomène destructeur (écroulement d’une légalité ou d’une légitimité, subversion des règles établies). Le propre et la particularité de la Révolution française est d’avoir cumulé ces deux types de révolutions. Chacun a sa propre logique, irréductible à l’autre, et ne concerne pas les mêmes segments de la société. Chacun couvre un champ qui dépasse, en amont comme en aval, le strict cadre des événements révolutionnaires et puise sa force et son origine bien au-delà. Suivant la méthode wébérienne des idéaux-types, Philippe Nemo appelle « 1789 » la Révolution créatrice et « 1793 » la destructrice. Ces deux concepts constituent des dates hypostasiées, des lignes directrices courant sur des siècles voire des millénaires, et dont l’idéal-type s’incarne encore aujourd’hui dans les débats intellectuels contemporains. Si l’épisode révolutionnaire a été le théâtre le plus marquant de l’affrontement direct entre ces deux concepts, c’est bien plus à cause du hasard de l’histoire que d’un déterminisme préétabli, épisode dont il ne faut par conséquent pas survaloriser le poids dans ce grand combat. Il en est un avatar, certes majeur, mais ni le catalyseur, ni l’aboutissement.

« 1789 »

1789, c’est la démocratie libérale. C’est-à-dire la tolérance religieuse, la liberté de penser, de s’exprimer et de publier, la démocratie politique, enfin la liberté économique (liberté d’entreprendre, liberté du travail). Ces idées sont issues du mouvement des Lumières. Elles sont fondées sur la conviction de la fécondité des libertés, sur trois plans complémentaires.

  Sur le plan intellectuel, cette prise de conscience tient à la division religieuse de l’Europe qui a résulté de la Réforme au XVIe siècle. Avec cette division, le dogmatisme de l’Eglise et le monopole d’un pouvoir spirituel unique devenaient impossibles [5]. La réflexion est entamée par les humanistes hollandais et anglais, Grotius [6] ou Bayle [7]. C’est grâce à eux si, à partir du XVIIe siècle, les philosophes sont libres de s’exprimer et de publier, si les hypothèses scientifiques même a priori les plus farfelues et contraires aux dogmes et convictions du temps peuvent être librement formulées. Le pluralisme idéologique est irréductible, parce qu’il est lié au caractère éclaté de la vérité. La pensée des Lumières envisage une agora dans laquelle les thèses se confrontent et se réfutent, dans un processus de rationalisme critique qui connaîtra une descendance fructueuse [8].

  Sur le plan politique, les doctrines opposées à l’absolutisme royal se font jour dès l’aube du XVIe siècle, en parallèle et à l’opposé de la centralisation du pouvoir monarchique au détriment du régime féodal [9]. Elles ont constitué le berceau des doctrines démocratiques contemporaines. On peut faire remonter ces thèses au conciliarisme [10] du XVe siècle, aux monarchomaques protestants [11], à la théorie calviniste des magistrats inférieurs [12], à la théologie du covenant [13]. En France, les doctrines démocratiques de 1789 proviennent naturellement des critiques formulées contre l’absolutisme louis-quatorzien par Claude Joly, Pierre Jurieu ou Fénelon. L’anti-absolutisme prend substance ensuite avec la Fronde des Parlements [14] qui retrouvent leur droit de remontrances sous la Régence et entre en lutte ouverte avec le pouvoir presque jusqu’en 1789.

  Sur le plan économique enfin, la fin des XVIIe et le XVIIIe siècle voient le développement dans tous les grands pays européens, d’une science économique libérale, et en particulier d’une grande tradition libérale française [15]. Celle-ci court de Pierre de Boisguilbert à Vincent de Gournay, en passant par les physiocrates, Turgot et tant d’autres. Tous croient – c’est la conviction profonde de Turgot, de Destutt de Tracy ou de Say – que la croissance économique seule est la vraie solution de fond aux problèmes sociaux, et non pas la chimère de la simple répartition des richesses qui ne se pose pas la question de savoir comment on la produit. Ils prônent la liberté du commerce et de l’industrie, qui n’ont de sens que si l’on respecte le droit et les contrats : les hommes de cette tradition défendent donc les voies de droit que, depuis longtemps, les Parlements français ont défendues contre l’arbitraire de l’absolutisme. Une autre branche de cette tradition fondera aussi la doctrine des droits de l’Homme, qui est d’origine antique et médiévale, et qui sera reprise par les théoriciens modernes du droit naturel à partir de la seconde scolastique espagnole du XVIe siècle [16].

Il est indispensable de bien comprendre qu’une grande part de l’opinion publique française était acquise à ces idées de liberté dès avant 1789. C’est ce qui explique le large consensus dont ont bénéficié les premières mesures de la Constituante. Ce large mouvement, qui déborde en arrière comme en avant l’épisode révolutionnaire, est commun aux grands pays d’Europe et à la jeune Amérique.

« 1793 »

La révolution destructrice des Jacobins est une réaction à ce mouvement. Les idées de « 1793 » sont beaucoup plus anciennes que l’épisode de la Terreur, et ne doivent quasiment rien aux Lumières ; elles héritent des collectivismes millénaristes et apocalyptiques de l’Antiquité et du Moyen Age. Plus anciennement encore, elles renvoient à l’atavisme holiste des sociétés archaïques antérieures à l’émergence de la civilisation gréco-romaine et chrétienne. En même temps que, sous l’Ancien Régime, les doctrines anti-absolutistes se développaient, de violents mouvements de foule antinobles, antibourgeois, anticléricaux, antiriches, apparaissent, fédérés par des thèmes religieux millénaristes : les croisades des pauvres [17], les mouvements autour de l’Empereur des Derniers jours [18], le mouvement des Flagellants [19], le mouvement taborite [20]… Le phénomène s’exacerbe avec l’essor commercial et industriel du XVIe siècle, issu des Grandes découvertes de l’humanisme et de la Réforme : la guerre des paysans [21] et le terrifiant mouvement anabaptiste de Thomas Münzer [22], par exemple.

C’est à cette période que naissent aussi les premières utopies, depuis Thomas More et Campanella, jusqu’à Vairas d’Alais, Claude Gilbert et tant d’autres [23]. Les thèmes du futur socialisme apparaissent, autour de l’idée qu’on pourrait établir en Europe même des sociétés alternatives à la société existante pourvu qu’on n’ait pas peur d’y provoquer des changements radicaux. Ces idées se cristallisent dans les systèmes des Diggers lors de la Première révolution anglaise [24], du curé Meslier [25] à la fin du XVIIe siècle, de Morelly ou de Mably au XVIIIe.

Dans la prose des auteurs tenants de ces thèses, la « République » doit assurer non seulement l’égalité des droits, mais encore l’égalité des conditions. Cette dernière revendication se subdivise à son tour en deux revendications différentes, potentiellement contradictoires : dans un cas, un idéal de démocratie de petits propriétaires indépendants ; dans l’autre, l’idéal d’abolition pure et simple de la propriété privée. Dans tous les cas, un rôle majeur revient à la puissance publique : c’est elle qui est censée produire toute la richesse.

On peut noter le caractère très rudimentaire de la réflexion économique de ces auteurs. Ils n’ont pas conscience de ce que, déjà en leur temps, la vie sociale est le fruit d’une division du travail poussée qui ne peut se maintenir que si les mécanismes de marché, transmetteurs d’information, fonctionnent. Au surplus, le système d’échange d’information qu’est le marché suppose lui-même le respect de la propriété privée et des contrats, donc le droit. Un des traits les plus significatifs de la mentalité « 1793 » sera donc le mépris du droit et de ses formes, l’approbation délibérée de la violence comme moyen de faire advenir une société estimée plus juste que la société d’alors.

Ces idées prennent un tour nouveau avec l’apparition autour des années 1820 des premières doctrines socialistes [26]. Ce qui distingue ces nouvelles doctrines des précédentes, c’est le caractère systématique, complet, qui fait du socialisme une véritable alternative à la société existante. Le socialisme s’agrège donc à « 1793 » comme la forme achevée de cet idéal-type.

La « guerre des deux France »

La « guerre des deux France », ainsi qu’on la nomme classiquement, a existé. Elle a opposé la Contre-Révolution à la Révolution, c’est-à-dire les tenants de l’Ancien Régime à la nouvelle France issue de 1789. La Contre-Révolution a résisté longuement à tout ce qui paraissait venir de la Révolution, qu’il s’agisse de « 1789 » ou de « 1793 ». Joseph de Maistre, Louis de Bonald, Frédéric Le Play ou René de La Tour du Pin en sont les principaux représentants.

Seulement, ce combat intellectuel est mineur par rapport au conflit principal, celui qui oppose « 1789 » à « 1793 ». Le combat de l’égalité civile contre la société d’ordres a été gagné pour l’essentiel dès le XVIIIe siècle, comme le prouve l’effondrement quasi instantané de l’ancienne structure politique en 1789. Nonobstant quelques combats d’arrière-garde menés par des hobereaux isolés, les droites ont réellement pris part à la vie politique et ont admis la Charte, l’égalité civile, la liberté religieuse, le Code civil, la représentation parlementaire très rapidement.

Ce qui, a contrario, a fait les feux, la rage, les crimes de la Révolution, puis des guerres civiles françaises des XIXe et XXe siècles, ce n’est pas ce combat-là, mais celui qui a opposé « 1793 » à « 1789 ». Or, la conscience publique a été abusée depuis des décennies par une série de mythes, infondés. Philippe Nemo ambitionne de « déconstruire » ces mythes, afin d’identifier que les traits de mentalités françaises qu’on croyait permanents se révèlent à l’examen être, en réalité, le fruit d’une construction historique récente.

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- Philippe Nemo, Les Deux Républiques Françaises, éditions PUF, 2008. Ouvrage lauréat du Prix Wikibéral 2009

- Lire la recension de Guillaume Kalfon sur Contrepoints ici

[1] Il faudrait plutôt dire : l’Etat de droit, mais aussi l’état de droit, autrement dit certes le respect de la hiérarchie des normes, l’égalité des sujets de droit, l’indépendance de la justice, le contrôle de constitutionnalité – tous fondements de l’Etat de droit ; mais aussi – et peut-être plus encore – le Rule of Law, autrement dit le fait qu’il existe une loi supérieure à n’importe quelle puissance politique. C’est l’état de droit plus encore que la théorie de Kelsen qui fonde la démocratie libérale.

[2] Voir les travaux d’Albert Soboul, et la critique faite par François Furet du « catéchisme révolutionnaire » de Claude Mazauric dans Penser la Révolution française, 1978. Voir en ligne.

[3] En particulier, et la liste n’est pas exhaustive : la déconfiture de la fuite à Varennes de Louis XVI, l’agitation permanente du Comte d’Artois, la déclaration de guerre à l’Empereur d’Autriche et l’arrivée des redoutables armées prussiennes, le veto mis par le roi aux décrets permettant la déportation des prêtres réfractaires, la dissolution de la garde personnelle du roi et la constitution d’un camp de gardes nationaux fédérés pour défendre Paris, la prise des Tuileries, puis, après la chute proprement dite de la monarchie, les « massacres de septembre » (massacre des prêtres réfractaires, des suspects d’activité contre-révolutionnaire et des détenus de droit commun incarcérés dans les prisons à Paris), …

[4] Guglielmo Ferrero, Les Deux Révolutions françaises, 1951.

[5] On pourrait ajouter l’influence qu’exerce Machiavel, plus réformateur religieux que philosophe, comme l’écrit Pierre Manent, cette fois-ci dans le monde catholique. Voir en ligne.

[6] Œuvrant en négociateur patient durant près de dix ans, Grotius estime que le pouvoir politique n’est pas autorisé à donner son avis dans les controverses religieuses et les disputes doctrinales et, partant, est inapte à se réclamer de la vérité religieuse pour imposer par la force la doctrine qu’il considère « juste ». Cette position tolérante sera considérée par Nassau et les calvinistes comme subversive ; notamment parce qu’elle sera jugée trop favorable aux catholiques - désignés par les calvinistes hollandais comme des ennemis étant donné que l’Eglise désapprouve l’idée protestante de prédestination. De ce pro-catholicisme supposé, les adversaires de Grotius déduisent un sentiment pro-espagnol. Les soupçons de conspiration et de trahison ne tardent donc pas à peser sur le courageux conciliateur. Il n’a jamais été facile de défendre la liberté, en voici encore une preuve. ], Roger Williams, Locke [[Pour Locke, il est bien clair que seul le magistrat à la charge du pouvoir temporel, qui consiste à maintenir par la loi un ordre public assurant le bien public et la paix civile. Le magistrat n’a aucun droit sur les intérêts spirituels des individus, car chacun est libre de choisir la manière de vivre dont il estime qu’elle lui assurera le salut. Chacun peut donc adhérer librement aux dogmes qui lui plaisent ; les sociétés religieuses doivent être libres et volontaires, mais n’ont aucune légitimité quant à l’usage de la force, pas plus qu’elles n’ont le droit d’influencer les décisions de l’action politique publique. Le pouvoir politique doit donc tolérer les sectes du moment qu’elles respectent ces conditions ; la mission temporelle de l’État exige de lui qu’il protège les droits de tous les hommes quelles que soient leurs croyances, et précisément afin que chaque homme puisse mener sa vie selon les croyances qu’il juge les meilleures, et dont il est de droit le seul juge.

[7] En 1684, Pierre Bayle commence la publication de son journal de critique littéraire Nouvelles de la république des lettres, qui obtinrent dans toute l’Europe un rapide succès En 1690 paraît un Avis important aux réfugiés prônant la liberté de religion et la tolérance, ce qui provoque la colère de Pierre Jurieu et celle de l’évêque de Rieux.

[8] Condorcet, Wilhelm von Humboldt (et son important Essai sur les limites de l’action de l’Etat), John Stuart Mill et plus près de nous Karl Popper ou encore Thomas S. Kuhn.

[9] Bertrand de Jouvenel, dans Du Pouvoir, rappelle l’histoire de cette lutte entre féodalité et monarchie absolue d’une part, puis entre monarchie absolue et doctrines anti-absolutistes d’autre part.

[10] Cette doctrine d’origine ecclésiastique, apparue au XIIe siècle pour prévenir le risque d’une défaillance de la raison en la personne du Pape, se transforme au XVe siècle en une tentative de limiter l’autorité papale par la prééminence du concile sur elle. Dans Unitate Ecclesiastica (1409), le français Jean de Gerson - disciple de Guillaume d’Ockham, le père du nominalisme -, le concile doit être considéré comme l’assemblée représentant la communauté des fidèles. Quant au pouvoir pontifical, il ne signifie nullement que son détenteur - et a fortiori l’Eglise - soit mandaté pour gouverner au-dessus des lois. Surtout, Gerson établit un parallélisme entre l’institution pontificale et les sociétés profanes. Il considère ainsi que nul gouvernant ne peut s’estimer comme propriétaire de la vie et des biens d’autrui ; il est uniquement le ministre (au sens étymologique de serviteur) de ses compatriotes, pas leur souverain absolu. Voir en ligne.

[11] Les monarchomaques sont actifs au cours de la deuxième moitié du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle. Ils prônent une certaine "souveraineté du peuple", très différente du concept contemporain du même nom, bien éloigné des considérations politiques de l’époque. L’existence au XVIe siècle des monarchomaques (du grec ancien μαχομαι combattre donnant étymologiquement le sens de "ceux qui combattent le monarque") démontre que la théorie de l’absolutisme n’était pas une évidence. On les trouve dans de nombreux pays (France, Espagne...) ; certains sont catholiques (Juan de Mariana, Jean Boucher) mais la plupart protestants (Philippe de Mornay, François Hotman, Théodore de Bèze, Hubert Languet, George Buchanan).

[12] Le peuple, face à un magistrat indigne, peut chez Calvin espérer l’intervention des magistrats inférieurs (princes de sang, états généraux) auxquels Dieu a délégué une part du pouvoir politique avec pour fonction de freiner les princes et d’intervenir automatiquement lorsque ceux-ci s’écartent de leur propre fonction. En tant qu’homme privé, le magistrat inférieur n’aurait aucun droit à juger le prince auquel il est assujetti. Mais, dans la mesure où cela relève d’une fonction étatique (donc assignée par Dieu), le magistrat inférieur a le devoir de faire des remontrances au roi, de présenter des doléances, de refuser l’enregistrement d’une ordonnance, etc. Voir en ligne.

[13] Cette doctrine affirme qu’un peuple allié avec Dieu a le droit de se révolter contre un Etat malfaisant et que cette responsabilité incombe non seulement aux magistrats, mais encore à chaque chrétien pris individuellement, d’où la légitimité du suffrage universel.

[14] L’idée-force défendue par les Frondeurs est celle de la limitation du pouvoir royal, qui doit être encadrée par des assemblées, des corporations ou l’aristocratie. Ainsi, la Fronde cherche à défendre les libertés anciennes, les libertés féodales des villes à charte, des corporations, des parlements, des aristocrates, plus que la liberté. On peut voir un parallèle, dans une certaine mesure, avec les « libertés germaines » dont les hommes du XVII-XVIIIe siècle se feront les hérauts et que Jaques de Saint-Victor analyse dans les Racines de la liberté (Perrin, 2007). Il ne s’agit donc pas d’un message « révolutionnaire », appelant à une abolition de la monarchie. Celle-ci n’est jamais remise en cause en tant que telle. Et ce message, contrairement à ce qu’une première impression pourrait laisser croire, ne suffit pas à dissocier la Fronde des idées libérales : le libéralisme ne se préoccupe en effet pas tant de qui doit exercer le pouvoir, que de sa limitation, comme l’a souligné Benjamin Constant. Une monarchie peut être libérale et une démocratie ne pas l’être. L’essentiel est que ce pouvoir soit encadré par un état de droit, le régime de Rule of Law cher à Hayek. Vouloir encadrer le pouvoir et le limiter va dès lors plutôt dans le bon sens.

[15] Voir Murray Rothbard, An Austrian Perspective on the History of Economic Thought (2 vol.), 1995.

[16] Dont les représentants les plus éminents furent l’Ecole de Salamanque, parmi lesquels Francisco de Vitoria (1483-1546), Luis de Molina (1535-1600) et Francisco Suárez (1548-1617). Voir en ligne.

[17] Lors du lancement de la Première croisade (1095) par Urbain II, e pape ne se doutait pas de l’enthousiasme et de la ferveur que son appel à la croisade allait susciter parmi les simples citadins et les paysans. En effet, parallèlement à la croisade des barons, se forme une croisade des pauvres dont le principal initiateur et prédicateur est Pierre l’Ermite, originaire d’Amiens. Partis les premiers, ces croisés, dirigés par Pierre l’Ermite et Gautier Sans Avoir, traversent l’Europe centrale, commettant nombre d’exactions sur leur passage (notamment en Germanie contre les Juifs). Environ 12 000 d’entre eux atteignent le Proche-Orient mais, mal équipés, ils sont rapidement anéantis par les Turcs à Nicomédie (aujourd’hui Izmit) en octobre 1096.

[18] Face aux puissances du mal se dresse, dans l’imagerie populaire de tradition apocalyptique, la silhouette de « l’Empereur des Derniers jours », gardien de la chrétienté, inaugurant l’ère de félicité annonciatrice de la fin des temps. Charlemagne aurait un temps incarné ce personnage mythique. Selon une légende tena

ce, entretenue par certains chroniqueurs, il aurait jadis mené victorieusement la croisade et restauré la Jérusalem chrétienne. Plus d’un croisé, en route vers la Terre sainte, était convaincu de suivre la route jadis construite par Charlemagne

[19] Ceux qui y prenaient part pensaient que la pratique de la flagellation leur permettrait d’expier leurs péchés, atteignant ainsi la perfection, de manière à être acceptés au royaume des cieux, censé arriver sur terre après l’Apocalypse. Ils allaient en procession par les villes, nus jusqu’à la ceinture et armés d’un fouet dont ils se flagellaient publiquement, en chantant des cantiques, pour expier leurs péchés. Il convient d’éviter l’erreur largement répandue qui consiste à confondre les flagellants avec les Pénitents. Ces derniers sont apparus en 1267 avec la création, à Rome, par Saint Bonaventure de la première confrérie de pénitents, sous le vocable « Confrérie du Gonfalon ».

[20] Les Taborites (en tchèque : Táborité, pluriel de Táborita) forment la secte proto-protestante du hussitisme du XVe siècle. Ils tirent leur nom du bourg de Tábor en Bohême. Jan Žižka est leur chef militaire. Ce mouvement nait de la prédication de Mikuláš Biskupec de Pelhřimov et de Prokop le Grand. La communauté dure une trentaine d’année, puis se dissout après la défaite des Taborites à la bataille de Lipany le 30 mai 1434 quand treize à dix-huit-mille hommes sont tués. Ils signent alors un traité avec Sigismond Ier du Saint-Empire, également roi de Bohême. Ils rejettent le purgatoire, la confession auriculaire, la confirmation, la présence réelle, …

[21] La guerre des Paysans allemands (Deutscher Bauernkrieg) est une jacquerie qui a enflammé le Saint Empire romain germanique entre 1524 et 1526 dans de larges parties de l’Allemagne du Sud, de la Suisse et de l’Alsace. On l’appelle aussi, en allemand, le Soulèvement de l’homme ordinaire (Erhebung des gemeinen Mannes), ou en français la révolte des Rustauds. Cette révolte a des causes religieuses, liées à la réforme protestante, et sociales, dans la continuité des insurrections qui enflamment alors régulièrement le Saint-Empire, comme celles menées par Joß Fritz.

[22] Jean de Leyde (Jan van Leiden) prit la tête de l’insurrection de ceux qui voulaient établir une théocratie dans la ville de Münster. L’armée coalisée des princes ne tarda pas à mettre le siège devant la ville révoltée. Les assiégés, fanatisés par leur propre résistance, donnèrent libre cours à leur imagination religieuse : Jean de Leyde, par exemple, comme d’ailleurs David Joris (un autre chef anabaptiste pacifiste quant à lui), alla jusqu’à se proclamer successeur de David et, à l’instar de ce roi, s’unit à plusieurs femmes. Quand, en 1535, après une année de siège et de résistance opiniâtre, la ville fut prise d’assaut, Jean de Leyde et ses lieutenants succombèrent sous la torture. Les anabaptistes dits conquérants furent traqués et poursuivis dans toute l’Allemagne et jusqu’en Suisse.

[23] Voir Armand Mattelart, Histoire de l’utopie planétaire. De la cité prophétique à la société globale, La Découverte, 1999.

[24] Les Bêcheux, ou Piocheurs (Diggers en anglais) sont une faction chrétienne de la Première révolution anglaise, fondée en 1649 par Gerrard Winstanley. Se faisant appeler Vrais Niveleurs à leurs débuts (True Levellers), le public finit par les baptiser « Bêcheux », Diggers, en raison du mode de vie qu’ils prônaient. Il s’agit du plus ancien collectif de squatteurs connu à ce jour. Leur nom s’explique par leur croyance en une sorte de communisme chrétien, selon certaine lecture des Actes des Apôtres. Les Bêcheux tentèrent de réformer l’ordre social existant par un style de vie strictement agraire (refusant l’enclosure act : l’appropriation privée des prés communaux et plus généralement des terres communales, terres qui étaient auparavant mises en commun par les paysans et habitants), s’organisant autour de petites communautés rurales autonomes et égalitaires.

[25] Jean Meslier, né à Mazerny (Ardennes) le 15 juin 1664, est un prêtre et un philosophe français, curé d’Étrépigny où il est mort le 17 juin 1729. Son existence n’a été connue qu’à partir de la publication en 1762 par Voltaire, sous le titre de Testament de J. Meslier, d’un texte qu’il présentait comme un extrait d’un texte beaucoup plus volumineux, retrouvé chez lui et dans lequel un curé professait avec détermination son athéisme. Ce texte, en forme de manifeste, et dont l’attribution reste incertaine, est considéré comme le fondateur de l’athéisme et de l’anticléricalisme militant en France.

[26] Les doctrines des saint-simoniens, de Fourier, Leroux, Cabet, Buchez, Louis Blanc, Auguste Blanqui, Proudhon, Spence, Owen, Mazzini, Marx, Engels, … ne sont que la continuation de celles que Meslier, Morelly, Mably, Dolivier, L’Ange, Babeuf et d’autres avaient formulées au XVIIIe siècle, dont on peut dire qu’elles étaient socialistes sur le fond.


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Published by Cyber-résistant - dans Réinformation
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commentaires

clémentine 16/03/2011 08:11



merci cyber d 'avoir pensée à moi pour


Les deux républiques françaises (Part I)


bisoux cyber


clem ;)



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