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The International Civil Liberties Alliance is a project of the Center for Vigilant Freedom Inc.  We are an international network of groups and individuals from diverse backgrounds, nationalities and cultures who strive to defend civil liberties, freedom of expression and constitutional democracy.

We aim to promote the secular rule of law, which we believe to be the basis of harmony and mutual respect between individuals and groups in the increasingly globalised world, and to draw attention to efforts to subvert it.  We believe in equality before the law, equality between men and women, and the rights of the individual and are open to participation by all people who respect these principles.

We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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The Center for Vigilant Freedom

16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 01:15

Ayn Rand


La
Révolte d’Atlas

 

Publié en 1957
Sous le titre original

Atlas Shrugged


Traduit de l’américain
par
Monique di Pieirro

 

 

 

Editions du Travailleur
 

 

Septembre 2009


Originellement publié en américain par Penguin Group (USA) Inc.
375 Hudson Street, New York, New York 10014; U.S.A.
Penguin Group (Canada), 10 Alcorn Avenue, Toronto, Ontario, Canada M4V 3B2 (une division
de Pearson Penguin Canada Inc.); Penguin Books Ltd, 80 Strand, London WC2R ORL,
England; Penguin Ireland, 25 St Stephen’s Green, Dublin 2, Ireland (une division de Penguin
Books Ltd); Penguin Group (Australie), 250 Camberwell Road, Camberwell, Victoria 3124,
Australia (une division de Pearson Australia Group Pty Ltd); Penguin Books India Pvt Ltd, 11
Community Centre, Panchsheel Park, New Delhi – 110017, India; Penguin Books (NZ) cnr
Airbone and Rosedale Roads, Albany, Auckland, 1310, New Zealand (une divison de Pearson
New Zealand Ltd.); Penguin Books (Afrique du Sud) (Pty) Ltd, 24 Sturdee Avenue, Rosebank,
Johannesburg 2196, South Africa
Penguin Book Ltd. Registered Offices : 80 Strand, London WCR2R ORL, England
First French printing, September 11, 2009
10 9 8 7 6 5 4 3 2 1
Copyright © Ayn Rand, 1957. Copyright renewed 1985 by Eugene Winick, Paul Gitlin and
Leonard Peikoff
Introduction copyright © 1992 by Leonard Peikoff
Tous droits réservés.
Bibliothèque du Congrès – Données du catalogue de publication
Rand, Ayn.
Atlas shrugged / Ayn rand
p. cm.
With new introd.
ISBN (pour la version en langue anglaise) 0-525-94892-9
I. Title
PS3535.A547A94 1992
813’.52—dc20
Première édition complète en langue française : 11 septembre 2009.


NOTE DE L’EDITEUR – (Editions du Travailleur)
Ceci est une fiction. Les noms, les personnages, les noms d’endroits et les incidents sont soit le
produit de l’imagination de l’auteur ou sont utilisés dans un contexte fictionnel, et toute
ressemblance avec des personnes authentiques décédés ou encore en vie, entreprises,
établissements, évènements, ou faits divers est tout à fait fortuite.
La décision de la traduction et de la publication d’Atlas Shrugged en langue française, sous le
titre La Révolte d’Atlas, est une initiative unilatérale des Editions du Travailleur, sans que la
maison d’édition américaine Penguin Group, ni Monsieur Leonard Peikoff, détenteur du
copyright pour ce roman, en aient donné leur accord, ou même en aient été informés. Il s’agit
donc d’une initiative désintéressée qui fut uniquement motivée par la lassitude et l’exaspération
du public francophone de s’être vu régulièrement promettre chaque année, depuis 1957, la
publication complète en langue française d’un ouvrage pourtant connu partout ailleurs dans le
monde, ce non seulement comme un best-seller, mais plus encore comme un classique de la
littérature américaine ; promesse qui n’à toujours pas été tenue à la date de publication du
présent ouvrage. Toutes les adresses et mentions relatives à Penguin Group et à Monsieur
Leonard Peikoff n’ont donc été imprimées sur cette même page que pour satisfaire à un souci de
forme et de respect des ayants droits, et ce de la propre et entière initiative des Editions du
Travailleur.

 

AVANT-PROPOS

 

Mon histoire personnelle, dit Ayn Rand, est un post-scriptum aux romans
que j’ai écrit ; il se réduit à une courte phrase : “Et c’est bien ce que je veux
dire”. J’ai toujours vécu selon la philosophie que je présente dans mes livres ;
et elle a donné les mêmes résultats pour moi que pour mes personnages. Les
pratiques diffèrent, les abstractions sont les mêmes.
J’ai décidé d’être un écrivain à l’âge de neuf ans, et tout ce que j’ai fait
s’intégrait dans ce but. Je suis une Américaine par choix et par conviction. Je
suis née en Europe, mais je suis venue en Amérique parce que c’était un pays
basé sur mes prémisses morales, et le seul pays où on pouvait vraiment être
libre d’écrire. Je suis venue seule ici, après avoir eu un diplôme dans une
université européenne. Ma lutte fut difficile, gagner ma vie en faisant des petits
boulots divers, jusqu’à ce que je puisse faire de ce que j’écrivais un succès
financier. Personne ne m’a aidé, et je n’ai jamais pensé à aucun moment que
c’était le devoir de quelqu’un de m’aider.
A l’université, j’avais choisi l’histoire comme sujet principal, et la
philosophie comme matière représentant un intérêt particulier pour moi ; le
premier, dans le but d’avoir une connaissance par les faits du passé des
hommes, pour mes écrits à venir ; le second, dans le but d’élaborer une
définition objective de mes valeurs. J’ai trouvé que le premier pouvait être
appris, mais que c’était à moi de faire le second.
Je me suis tenue à la même philosophie que celle à laquelle je me tiens
aujourd’hui, aussi loin dans mon passé que je puisse m’en souvenir. J’ai
appris beaucoup de choses durant toutes ces années et ai enrichie ma
connaissance de détails, de questions spécifiques, d’applications—et j’avais
bien l’intention de l’enrichir encore—mais je n’ai jamais eu à remettre en
question aucun de mes fondamentaux. Ma philosophie, dans son essence, est le
concept de l’homme en temps qu’être héroïque, avec son propre bonheur
comme but moral de sa vie, avec la réalisation productive pour sa plus noble
activité et la raison comme son seul absolu.
La seule dette philosophique que je puisse reconnaître est envers Aristote. Je

suis en très grand désaccord avec bien des aspects de sa philosophie, mais sa
définition des lois de la logique et des moyens de la connaissance humaine
sont de si grandes découvertes que ses erreurs s’en trouvent être hors-sujet
par comparaison. Vous trouverez l’hommage que je lui rends dans les titres
des trois parties de LA REVOLTE D’ATLAS.
Mes autres reconnaissances se trouvent sur la page de dédication de ce
roman. Je savais quelles valeurs de caractères je voulais trouver chez un
homme. J’ai rencontré un tel homme, et nous avons été mari et femme durant
vingt-huit ans. Son nom est Franck O’Connor.
A tous les lecteurs qui découvrirent LA SOURCE VIVE et me posèrent
beaucoup de questions à propos des applications à plus grande échelle des
idées que je développe dans cet autre roman, je voudrais dire que je réponds à
toutes leurs questions dans le présent roman, et que LA SOURCE VIVE ne fut
qu’une introduction à LA REVOLTE D’ATLAS.
Je n’ai confiance en aucun de ceux qui me diront que des hommes tels que
ceux que je décris n’existent pas. Le fait que ce livre ait été écrit—et publié—
est ma preuve qu’ils existent bel et bien.

 

A Frank O'Connor et Nathaniel Branden.

 

 

 

NOTE DU TRADUCTEUR

 

Cette traduction en langue française de ATLAS SHRUGGED, oeuvre
renommée pour vous LA REVOLTE D’ATLAS, est le fruit d’une initiative
purement personnelle et désintéressée des Editions du Travailleur, dans le
cadre de laquelle je me suis impliquée comme traductrice du texte original—
ce que ceux qui sont déjà familiers de la philosophie d’Ayn Rand ne
manqueront pas de trouver paradoxal. Dans le but de dissiper tout
malentendu, je crois nécessaire de préciser que je ne suis qu’une
professionnelle du monde de l’édition qui a dédié, durant presque une année,
la quasi totalité de son temps libre à la traduction de ce texte pour la seule fin
de combler une lacune qui l’agaçait. Après avoir longuement retourné dans
mon esprit la question des possibles gains que pouvait me rapporter cet
important et délicat travail, je suis arrivée à la conclusion que ceux-ci
auraient bien pu être décevants, au regard des mois d’efforts et de recherches
que réclament la traduction d’une oeuvre majeure aussi riche et aussi
importante. Trois arguments autres que la légitime–mais trop hypothétique–
rénumération de mon travail justifièrent cette initiative.


ATLAS SHRUGGED est le magnum opus d’Ayn Rand, fameuse écrivaine et
philosophe russe naturalisée Américaine. Depuis 1957, année de la première
publication de ce roman, plus de six millions de personnes l’ont acheté, et la
crise économique qui affecte ce début de siècle a précipité ses ventes annuelles
vers des sommets qu’il n’avait jamais atteints auparavant. Durant les années
1980, ATLAS SHRUGGED se vendait à une moyenne de 77 000 exemplaires par
an, pour grimper jusqu’à 95 000 durant les années 1990, pour enfin
couramment dépasser les 130 000 depuis les premières années de ce nouveau
siècle, crise économique stimulant l’intérêt du lecteur, puisque c’est largement
de ce genre de sujet dont ce livre parle, quoique sous la forme d’une fiction.
En 2009, ATLAS SHRUGGED se sera vendu à près de 300.000 exemplaires aux
Etats-Unis. En Avril 2009, il arrivait en quinzième position dans la liste des
livres les plus vendus par Amazon.com, premier revendeur de livres dans le
monde. Il arrive aujourd’hui en première position dans la catégorie fiction et
littérature chez ce même revendeur…


Dans la sphère culturelle anglo-saxone, ATLAS SHRUGGED est considéré
comme l’un des livres ayant eu le plus d’influence sur les gens du monde des
affaires. Selon une étude menée conjointement, en 1991, par la prestigieuse
Librairie du Congrès Américain et par Le Club du Livre du Mois, ATLAS
SHRUGGED réussit la surprenante performance d’arriver en seconde place
derrière rien de moins que la BIBLE, dans la liste des livres qui ont exercé le
plus d’influence sur le mode de pensée des Américains.


ATLAS SHRUGGED est aussi l’un des romans les plus longs jamais écrit en
langue occidentale ; le neuvième, paraît-il. La version qui servit à ma
traduction compte 1.400 pages. Lorsque je connus l’émotion d’en taper le mot
fin sur mon clavier d’ordinateur, le nombre “1803” était écrit en tête de la page
et le compteur de mots disait “682.000” ou un tout petit peu moins ; aussi, la
sérigraphie des lettres A, E, R, T, O, S, L, M, C, et N avait disparu des touches.
En dépit de son succès et de sa renommée mondiale, ATLAS SHRUGGED n’a
jamais été traduit et édité en langue française, si l’on fait exception de la
tentative avortée d’un petit éditeur Suisse aujourd’hui disparu, J. H. Jeheber,
à Genève, qui, entre 1957 et 1958, n’imprima qu’un très petit nombre
d’exemplaires limités aux seules deux premières parties de ce roman. La
troisième partie de LA REVOLTE D’ATLAS ne fut donc jamais traduite en
langue française jusqu’en cette année 2009—cela, ce n’est pas surprenant,
c’est incompréhensible—où Les Editions du Travailleur en ont pris l’initiative.
Quoiqu’il en soit, il est aujourd’hui devenu extrêmement difficile de se
procurer un exemplaire de cette première version incomplète, déjà titrée à
cette époque LA REVOLTE D’ATLAS. A ma connaissance, sur l’ensemble du
territoire français, en cette année 2009, seules trois ou quatre bibliothèques
publiques possèdent encore un exemplaire de cette traduction inachevée, dont
les titres des deux premières parties, à eux seuls, laissent augurer d’une
traduction quelque peu fantaisiste de surcroit.


Cet agacement de ne pouvoir me procurer et lire une oeuvre pourtant si
populaire, quand résidant sur le sol d’un pays réputé pour sa passion pour la
culture, m’a fait entrevoir cette opportunité rare et convoitée de devenir une
pionnière dans le petit monde des traducteurs ; une rétribution qui valait bien
autant que quelques improbables petits milliers d’Euros, après tout.
J'augure sans difficulté que la qualité de ma traduction fera l'objet d'une
attention toute particulière, ce pour deux raisons, principalement. La première
est que la précédente tentative de traduction de 1958 avait, semble-t-il, été
d'assez mauvaise qualité, puisque Ayn Rand l'avait refusée avant même
d'attendre que la troisième partie ne fut traduite. Ce point a largement été
débattu depuis, ainsi qu'en attestent certains commentaires et débats publié à

ce sujet sur quelques blogs sur l'Internet. La deuxième est que l'auteur, Ayn
Rand, sa pensée et tout particulièrement LA REVOLTE D’ATLAS, sont quelque
peu controversés dans certains pays d'Europe, pour ne pas dire perçus avec
une certaine hostilité ; et pour cause, au-delà d’une passionnante fiction, ce
livre est une critique impitoyable du collectivisme. Mon expérience du milieu
de l'édition me fait donc dire que quelques uns, parmis ceux qui se trouveront
marris de voir publier ce livre en langue française et dans son intégralité, le
critiqueront négativement et vivement sans aucun doute, en commençant bien
sûr par sa traduction, aux fins de tenter d'en décourager la lecture ; ce livre
est si attendu depuis si longtemps par le public français que je pense que de
telles tentatives s’avérerons vaines—Ayn Rand était sans ambiguité, elle
refusait toujours d’emprunter les mêmes chemins détournés qu’utilisent
toujours ceux auxquels elle s’attaquait.


C'est pourquoi il m'a semblé opportun de m'expliquer et de justifier certains
choix que j'ai été amenée à faire à propos de ce travail de traduction, avant
que ceux-ci ne soient critiqués. Tout d'abord, je n'ai pas traduit ce livre comme
d'aucun le ferait lorsque s'agissant d'un “roman de gare” appartenant à une
catégorie que je qualifierais de “tout-venant”. J'étais pleinement consciente
de l'ampleur et de la difficulté de la tâche qui m'attendait, et il s'est écoulé près
d'une année de réflexions ponctuelles entrecoupées de lectures traitant d’Ayn
Rand et de son oeuvre, avant que je décide de réellement commencer la
traduction d’ATLAS SHRUGGED. Je crois pouvoir dire que je suis véritablement
“entrée en immersion” dans ce récit dès la traduction de sa première page ;
ce qui ne fut pas difficile, tant Ayn Rand—qui fut très influencée par le milieu
du cinéma, dans lequel elle travailla—accordait un soin tout particulier aux
détails des descriptions des scènes, des personnages et de leurs expressions
sous toutes leurs formes. Depuis le premier jour de ce travail jusqu'au dernier,
près d'une année plus tard, j'ai cessé toute autre activité professionnelle pour
m'y consacrer entièrement, week-ends et jours feriés inclus, à raison d’une
moyenne de onze heures de travail quotidien. Je tenais absolument à “rester
dans cette histoire”, et ai rejeté tout ce qui pouvait m'en distraire. La très
grande majorité de mes pauses furent dédiés à des réflections sur le
déroulement de ce récit, selon le sens qu'Ayn Rand avait voulu lui donner, et
aussi à la lecture de livres et d'articles—n'existant pratiquement qu'en langue
anglaise pour l'instant—sur Ayn Rand et sa vie, ainsi que sur l'écriture
d’ATLAS SHRUGGED bien sûr, en passant par le visionnage, parfois répété, de
documentaires audiovisuels ponctués d'interviews de cet auteur, sans oublier
le film tiré de son précédent roman, LA SOURCE VIVE (THE FOUNTAINHEAD),
déjà connu de la plupart des français qui liront ce roman.


Cette manière de travail, et la lecture des précédentes critiques de ce roman
et de plusieurs essais qui y ont été consacrés, me furent d'une aide précieuse
au moment de sa traduction. Il y a dans ATLAS SHRUGGED un esprit et une
atmosphère qu'il me fallait absolument comprendre, et même resentir pour les
retranscrire au mieux dans une autre langue qui se trouvait être le français.
Mais ce n'était pas tout, car, ainsi que cela se produit parfois—et de plus en
plus fréquement depuis quelques petites années—il m'a également fallu
retranscrire ce qu’Ayn Rand ne voulait que suggérer dans ATLAS SHRUGGED,
ce qui devait être lu “entre les lignes”; et cet autre aspect ne fut pas la
moindre des tâches qui participèrent d’une traduction aussi fidèle que possible
de l’esprit de cette oeuvre, car il est parfois si tentant de se faire plus explicite
qu'un auteur ne le désire, tout comme il est si aisé d'escamoter totalement une
signfication cachée ou une “histoire dans l'histoire”. C'est pourquoi je puis
assurer aux lecteurs de cette traduction, qu’ils n'auront peut-être pas tous
exactement la même perception de la portée que son auteur avait voulu donner
cette fiction. A cet égard, il serait peut être présomptueux de me laisser aller à
prétendre que j'ai absolument tout “vu” dans ATLAS SHRUGGED et tout
retranscrit dans LA REVOLTE D'ATLAS—l’ambition de cette oeuvre étant si
vaste et son auteur si intelligent—mais ayant découvert dans quelques études
consacrées à ce roman, précédemment rédigées par quelques chercheurs en
psychologie, ce que j'avais parfois manqué de remarquer, je crois être arrivée
à un résultat honorable.


D'un point de vue plus technique relatant de choses telles que les idiomes,
la syntaxe, les noms propres et assimilés, ainsi que la correspondance souvent
délicate des synonymes de l'américain vers le français, j'ajouterais les
précisions qui suivent à l'attention de ceux qui, je le sais, en sont soucieux
lorsque s'agissant d'une oeuvre majeure de la littérature américaine.
A deux exceptions près—deux noms de banques—je n'ai traduit à aucun
moment les noms des nombreuses entreprises fictives citées dans ce roman, et
les ai donc traités comme des noms propres. Tous les noms de lieux, tels que
les villes et les Etats américains ont été traduits en francais lorsqu’il y avait
lieu, sachant que le public francophone est pleinement familiarisé avec les
deux cas. Pour autant, j'ai fait quelques rares exceptions lorsqu'il s'agissait de
certains lieux-dit, lorsqu’il me fallut, en quelques occasions, créer mes propres
traductions de lieux trop rares ou imaginaires. Je précise que, a quelques
rares exceptions près, tous les noms de lieux de ce roman sont existants, et
lorsque les circonstances me semblaient l'imposer, j'ai pris soin d'ajouter des
notes explicatives—(N. d. T.)—en bas de page.

 

Dans LA REVOLTE D’ATLAS, les noms d'organes administratifs et
gouvernementaux, associations et autres sont très nombreux, et il en va de
même, en raison du thème de cette oeuvre, pour les noms de lois, décrets
administratifs et gouvernementaux imaginés par l’auteur. Il m'est très vite
apparu que la bonne compréhension du sens et du propos—souvent ambigus—
de cette terminologie particulière pouvait s'avérer ardue pour les lecteurs les
moins familiers de la langue et de la culture américaines. C'est pourquoi j'ai
pris la décision de tous les traduire en français, sans aucune exception dans ce
cas précis, ce en m'efforçant de trouver des traductions s'écartant parfois
délibérément de ce qu'aurait pu évoquer ou ne pas évoquer une traduction
littérale, pour trouver des noms qui soit les plus proches possibles d'une
terminologie propre à la culture française. Ce fut un choix qui, j'en suis
consciente, risque de faire l'objet de quelques critiques. Il m’a semblé justifié
par la longueur exceptionnelle de cette oeuvre, par sa complexité réclamant à
son lecteur un effort intellectuel rarement rencontré lorsque s'agissant d'une
fiction, et par la difficulté supplémentaire qu'entraîne la mémorisation d'un
assez grand nombre de noms de personnages et de lieux.


J'ai changé pour des équivalents typiquement français les expressions
familières qui étaient trop typiquement américaines pour être pleinement
comprises par un lectorat francophone—tout comme un Américain ne
comprendrait pas vraiment ce que veux dire “il tombe des cordes”, un
Français ne comprendrait peut-être pas très bien non plus ce qu'un Américain
veux dire par “il pleut des chats et des chiens”. J'ai peut-être pris plus de
liberté lorsque traduisant certaines exclamations, jurons, insultes ainsi que
certaines tournures de phrases et expressions particulièrement courantes ou
populaires.


Sachant que ce roman fut publié pour la première fois en 1957, je me suis
efforcée d'utiliser un dictionnaire français-anglais édité peu après cette date,
lorsque cherchant, par exemple, les synonymes les plus proches du sens ou de
l'atmosphère suggérés par l’auteur. Cependant, j'avertis le lecteur que j'ai
parfois jugé nécessaire de déroger à cette dernière règle, lorsque, entre autres
exemples, il m'a semblé qu'une subtilité particulière ayant justifié le choix d'un
mot tout aussi particulier ne serait plus du tout perçue comme telle
aujourd'hui. Dans ces derniers cas, heureusement exceptionnels, j'ai choisi un
autre synonyme communiquant le même sens sous-jacent, quitte à faire le
sacrifice d'un choix qui n'aurait pas existé en 1957—un détail que quelques
lecteurs bilingues remarqueront certainement.


Enfin, j'ai le regret de devoir admettre que les lecteurs trouveront peut-être
quelques inévitables fautes d'orthographe, de frappe et de ponctuation, un

risque particulièrement grand lorsque s'agissant d'un ouvrage aussi long que
celui-ci ; je me suis chargée moi-même des quatre relectures complètes de ce
livre pour correction, ce qui ne saurait garantir la perfection.
Si jamais cette traduction ne parvenait pas à satisfaire les plus exigeants
d’entre vous, elle aura au moins le mérite d’être la seule à vous permettre,
enfin, après 52 ans d’attente, de découvrir ce riche récit, aussi long et aussi
captivant qu’un thriller tel que LE COMTE DE MONTE CRISTO, d’Alexandre
Dumas, et aussi mystérieux, intriguant et intellectuellement élaboré—sinon
plus, de mon point de vue—que LE PENDULE DE FOUCAULT, de Umberto Eco.
Pour autant, aucun de ces deux autres best-sellers ne ressemblent à LA
REVOLTE D’ATLAS, qui est tout à la fois un parfait exemple de dystopie—dans
la veine des 1984, de George Orwell, du MEILLEUR DES MONDES d’Aldous
Huxley et autres FARHENHEIT 451—mais bien plus proche de notre réalité
d’aujourd’hui, et infiniment plus élaboré ; un incroyable et pourtant si réaliste
thriller politique, un récit ou se glisse habilement un romantisme et une
sensualité toute féminine, un cours d’économie et de sociologie magistral, une
connaissance experte de la psychologie et une réflexion philosophique écrite
par l’un des plus celèbres penseurs contemporains du genre.
Une dernière chose à l’adresse des lecteurs : LA REVOLTE D’ATLAS
mériterait bien que l’on en parle comme d’un “roman de gare”, et pour une
fois ce ne serait pas péjoratif. Ceux qui connaissent déja le cadre de ce récit
me comprendront et souriront.

 

http://m2.typepad.com/.a/6a00d8341cb44a53ef0120a666510d970b-500wi


Objectivisme

L'objectivisme est une philosophie développée par Ayn Rand dans ses textes (romans, et essais édités dans la lettre d'information The Objectivist) et dans ses discours, qui touche à des domaines aussi divers que l'épistémologie, la métaphysique, l'éthique, la politique et l'esthétique.

L'objectivisme part du principe que la réalité existe indépendamment de l'esprit de l'observateur ("réalité objective") ; les individus sont en contact avec cette réalité à travers leurs sens et ils en tirent des informations par l'observation, et l'interprétation des perceptions par la raison et l'identification non-contradictoire. Ayn Rand affirme que l'objectif moral de l'existence est la poursuite du bonheur ou « l'intérêt personnel rationnel », et affirme que le seul système social compatible avec cet objectif est le laissez-faire capitaliste.

Ma philosophie, par essence, est le concept de l'homme en tant qu'être héroïque, avec son propre bonheur comme objectif moral de sa vie, avec l'accomplissement productif comme sa plus noble activité, et la raison son seul absolu.

Sommaire

Principes objectivistes 

Métaphysique: réalité objective 

L'essentiel du concept métaphysique objectiviste de la réalité tient en trois axiomes :

  • L'existence existe
  • La conscience existe
  • L'existence est identité

Cette doctrine dite de réalisme métaphysique soutient que la réalité existe indépendamment de l'observation (répondant par l'affirmative à la question « Est-ce que la Lune existe quand je ne la regarde pas ? »). Rand appelle ce principe, la primauté de l'existence. Le premier axiome indique que quelque chose au moins existe. Infirmer ce principe nécessite d'utiliser comme prémice le concept d'existence, ce qui confirme le principe et lui confère la qualité d'axiome.

L'objectivisme maintient que quelque chose n'existe pas parce que quelqu'un pense qu'il existe, mais existe objectivement, et l'univers existe indépendamment de l'opinion qu'on peut s'en faire. La connaissance est, dans cette interprétation, « l'appréhension mentale d'un groupe de faits de la réalité, obtenu par observation perceptuelle ou par raisonnement basé sur l'observation perceptuelle ».

Le second axiome indique que la conscience existe et est « la faculté à percevoir ce qui existe ». Pour Rand, le fait de pouvoir percevoir l'existence implique que la conscience existe: l'existence n'est pas dépendante de la conscience, alors que la conscience a besoin de l'existence. Ainsi il ne peut y avoir de conscience ne percevant aucune existence, et la conscience ne peut pas être la seule chose existante. « Il ne peut avoir uniquement conscience de lui-même, il n'y a pas de 'lui-même' tant qu'il n'y a pas conscience d'autre chose. » Par conséquent l'esprit ne crée pas la réalité, mais est un moyen de découvrir la réalité.

D'après Rand, que quelque chose existe entraîne que cette chose a une identité, ce qui signifie que c'est « une entité spécifique doté d'attributs spécifiques ». Rand explique que ce qui n'a ni nature ni d'attributs, par définition, n'existe pas ; d'où la formulation de la loi de l'identité: « A est A », tout chose est ce qu'elle est. Cette loi indique que quelque chose ne peut être deux choses différentes à la fois : « une feuille ne peut pas geler et brûler tout à la fois ».

En plus de ces trois axiomes, l'objectivisme considère la loi de causalité comme un corollaire de la loi d'identité, appliquée à l'action : la façon dont les choses agissent est une conséquence de la nature et des attributs spécifiques de ces objets. Une identité différente entraîne un résultat différent: « une chose ne peut agir en contradiction avec sa propre nature ». L'action n'est pas une entité en elle-même, et n'a pas de causalité sur autre chose, seul ce qui existe peut engendrer une action. Pour illustrer cette position, Léonard Peikoff dit : « Ce n'est pas le mouvement de la boule de billard qui produit les effets de sa collision, mais la boule elle-même. Si quelqu'un en doute, qu'il remplace la boule par un œuf ou une bulle de savon ; les effets seront très différents. »

Epistémologie : la raison

L'épistémologie objectiviste décrit la manière par laquelle nous traduisons individuellement nos perceptions, ce que nous recevons par nos sens, en concepts que nous pouvons stocker dans nos esprits. Même si nous savons qu'il y a existence causant nos perceptions, nous ne pouvons savoir ce qui existe qu'en transformant les percepts en concepts. Les objectivistes distinguent les concepts valides de ceux qui sont formés de manière maladroite ou erronée, que Rand appelle des « anti-concepts », en classant les concepts valides dans ceux qui sont le produit de la raison.

L'objectivisme établit que par cette méthode, l'homme rationnel peut connaître la réalité objective et se dégager du scepticisme philosophique. De même il rejette la foi et les sentiments comme moyens d'atteindre cette connaissance. Bien que Rand reconnaissait l'importance de l'émotion dans le comportement humain, elle maintient que les émotions sont un élément de la réalité, et non un moyen de découvrir cette réalité.

Rand n'était pas empiriciste (comme Hume et les positivistes), car elle ne faisait pas de distinction entre sensation et perception, et limitait son interprétation de la perception à la conscience précognitive: elle classe les « illusions perceptuelles » dans la catégorie des erreurs d'interprétation cognitive due à la complexité excessive de l'information perçue. Rand n'était pas non plus rationaliste (comme Platon, Descartes ou Frege). Elle ne croyait pas à la distinction entre analyse et synthèse, ni qu'il existe des « vérités par vertu de signification ». Elle niait aussi l'existence de connaissance a priori. Sa contribution la plus distinctive à l'épistémologie est sa théorie selon laquelle les concepts sont formés en faisant abstraction des mesures variables des attributs correspondant à une série de choses, mais en gardant ceux qui sont identiques.

Éthique : l'intérêt personnel

L'essentiel de l'éthique objectiviste est résumé par Ayn Rand en une phrase :

Pour vivre, un homme doit tenir trois choses pour valeurs suprêmes et souveraines de la vie: la Raison, le Sens et l'Estime de soi.

La position objectiviste en matière d'éthique se base sur la responsabilité de chacun à atteindre son propre intérêt rationnel.

L'homme est qualifié d'être rationnel, mais la rationalité est un choix - et l'alternative que lui offre sa nature, c'est : être rationnel, ou animal suicidaire. L'homme doit être homme - par choix; il doit avoir sa vie comme valeur - par choix ; il doit apprendre à en être responsable - par choix ; il doit découvrir les valeurs qui sont nécessaires à cela et pratiquer ces vertus - par choix.
Un code de valeurs accepté par choix est un code moral.

L'intérêt propre rationnel est distingué de ce que Rand appelle « égoïsme sans égo » - un état d'égoïsme vivant uniquement l'instant présent au service d'un soi sans estime. Par exemple pour elle les voleurs ne sont pas motivés par une volonté de vivre (contrairement à l'artisan honnête), mais par le désir de survivre à un niveau sous-humain. Au lieu d'utiliser « ce qui promeut le concept de la vie humaine » comme valeur morale, ils utilisent « ce qui a de la valeur pour moi » ; laissant la porte ouverte à n'importe quelle définition de ce qui est moral ou immoral. De même on peut remplacer le « pour moi » par « pour nous », « pour lui » ou « pour Dieu », et laisser la même porte ouverte, tuant toute éthique : l'intérêt de soi rationnel et l'hédonisme égoïste sont vus de façon fondamentalement différente. Un corollaire à ce principe d'intérêt propre moral est le rejet de la doctrine de l'éthique altruiste, que Rand définit à la manière d'Auguste Comte, qui est l'obligation morale d'exister pour les autres. D'après George H. Smith : « Pour Comte, l'altruisme n'est pas simplement la bénévolence ou la charité, mais plutôt l'obligation morale et politique de l'individu de sacrifier ses propres intérêts au nom d'un mieux social. Ayn Rand n'était pas opposée au fait d'aider ceux qui sont dans le besoin, tant que ces actions sont volontaires. La doctrine de l'altruisme, pour Rand, est mauvaise en partie parce qu'elle sert à justifier la coercition - c'est-à-dire l'engagement de la force physique - dans les relations sociales, afin de bénéficier à certains au détriment des autres. »

Au centre de l'éthique objectiviste se trouve le concept de « valeur ». Rand définit la valeur comme « ce que quelqu'un gagne ou garde ». Au niveau le plus fondamental, la poursuite de la valeur est issue de la nécessité; en particulier, la nécessité de déterminer ce qu'un individu devrait chercher pour conserver sa vie s'il choisit de vivre. Rand ne prétend pas que les valeurs soient « intrinsèques » - qu'il y ait des valeurs qu'un individu doit poursuivre indépendamment de sa volonté (« la raison n'accepte pas d'ordres »). Et elle ne dit pas non plus qu'elles sont « subjectives » - qu'il y ait des valeurs devant être poursuivies parce que quelqu'un dit qu'elles doivent l'être. Au lieu de cela, elle affirme que les valeurs sont « objectives », que ces valeurs doivent être poursuivies si c'est le choix de l'individu. Par exemple, se nourrir est une valeur objective, il serait « objectivement vrai » que la nourriture est indispensable à la survie.

Pour Rand tout impératif moral est hypothétique, il n'y a pas d'impératif catégorique comme dans le Kantisme, auquel individu devrait obéir en dépit des faits de la réalité. Rand dit que la moralité « est un code de valeurs accepté par choix ». Ainsi l'homme n'a besoin de morale qu'en tant qu'élément nécessaire à sa survie. L'objectivisme n'indique pas pour autant que la morale choisie doive nécessairement attribuer de la valeur à la vie.

Politique : les droits de l'individu et le capitalisme 

Le passage de l'éthique à la politique objectiviste se fait par l'introduction du concept de droit. Un « droit » est défini comme le principe qui définit et autorise la liberté d'action humaine dans un contexte social ou sociétal. L'objectivisme n'attribue de droits qu'à l'individu seul ; il n'y a pas de concept objectiviste de « droit collectif » qui ne puisse se découper en ensemble de droits individuels. L'objectivisme est aussi très spécifique quant aux droits individuels reconnus : la liste de ces droits diffère de façon significative de celle que les gouvernements humains utilisent en général.

Bien que la littérature objectiviste n'utilise pas le terme « droit naturel », et que l'épistémologie objectiviste ne reconnaisse pas la connaissance a priori, les droits qu'elle reconnaît sont directement basés sur la nature de l'être humain telle que définie dans son épistémologie et son éthique. Comme les êtres humains doivent faire des choix pour survivre en tant qu'êtres humains, l'attribut basique de la vie humaine est la liberté de faire et d'exécuter ses propres décisions de par son propre jugement rationnel, suivant son intérêt propre.

Partant de là, l'objectivisme déclare que le droit fondamental de l'être humain est le droit de vivre, qui est le droit d'agir afin de prolonger sa propre vie - et non le droit d'être protégé, ou d'obtenir assistance à la survie, de la part des autres être humains contre leur volonté (ce qui impliquerait un déni de ce même droit à ces autres). Un corollaire de ce droit de vivre est le droit de propriété qui, dans l'objectivisme, est toujours le résultat des efforts propres d'un individu ; de cette façon le droit de vivre d'une personne n'implique jamais le droit de disposer de la propriété d'un autre. Elle a le droit de transférer sa propriété à une autre personne pour n'importe quelle raison, mais ce transfert n'est éthique que s'il est consenti par les deux parties, en l'absence de coercition, avec l'attente d'un bénéfice mutuel. L'objectivisme laisse le champ libre à l'homme pour manipuler la nature de quelque manière qu'il le souhaite, tant que cela ne viole pas le droit des autres.

Le respect des droits des autres vient, du point de vue objectiviste, du fait que ces droits sont basés sur la valeur, pour l'individu qui les considère, des autres en tant que partenaires potentiels d'échange ou d'action. Pour un objectiviste les conflits d'intérêt ne sont jamais irrésolvables dans une société respectant les droits de chacun, ce qui permet précisément à chacun de prospérer dans une telle société.

La théorie politique objectiviste défend le capitalisme comme la forme idéale d'organisation de la société. Par « capitalisme », l'objectivisme entend le laissez-faire capitaliste - une société où les droits individuels sont pleinement respectés et où toute propriété est privée. Tout système différant un tant soi peu de ce modèle est vu comme une "économie mixte" composée de quelques aspects capitalistes et de son opposé (appelé socialisme ou étatisme), avec la tyrannie étatiste à l'extrême opposé au capitalisme.

Loin de considérer le capitalisme comme une jungle sans règle, l'objectivisme le décrit comme le système bénéfique où chaque innovation et avancée produite par la créativité humaine profite à tous sans causer de pertes aux autres. Pour l'objectivisme la productivité créative est une valeur et le capitalisme le seul modèle de société où elle peut se développer.

D'après l'objectivisme, une société n'est morale que dans la mesure où les individus sont libres de poursuivre leurs propres objectifs. Cette liberté nécessite que les relations humaines de quelques formes qu'elles soient restent toujours volontaires (sans utilisation de la menace de, ou l'usage de, la violence) et de consentement mutuel lorsqu'elles impliquent plus d'une personne. Ainsi le rôle des institutions gouvernementales est limité à l'utilisation de la force uniquement en réponse à ceux qui s'en servent - contre les criminels et les envahisseurs étrangers. Du point de vue économique, chacun est libre de produire et d'échanger librement, la séparation entre l'État et l'économie étant aussi complète qu'entre l'État et l'Église.

Esthétique : le romantisme réaliste

La théorie objectiviste de l'art découle directement de son épistémologie, par le biais de la « psycho-épistémologie » - le terme utilisé pour décrire l'étude des mécanismes cognitifs humains au cœur des interactions entre subconscient et conscience. L'art est vu comme une nécessité humaine cognitive permettant aux êtres humains d'appréhender des concepts en tant que 'percepts', il est défini comme la "re-création sélective de la réalité à travers les jugements de valeur de l'artiste", c'est-à-dire d'après ce que l'artiste estime être vraiment important quant à la nature des choses et de l'humanité. C'est donc une façon de présenter conceptuellement des abstractions, sous une forme perceptuelle.

Le besoin humain pour l'art, de ce point de vue, vient de la nécessité de l'économie cognitive. Un concept est déjà une sorte de raccourci mental pour un ensemble d'éléments concrets, permettant à un être humain de manipuler en pensée directement ou implicitement bien plus d'éléments concrets que ne peuvent s'en concevoir en esprit. Mais un être humain ne peut pas non plus concevoir en esprit un nombre infini de concepts, mais a besoin d'une structure conceptuelle pour appréhender son existence et guider ses choix.

L'art offre une façon de sortir de ce dilemme en fournissant une forme perceptuelle, facile à retenir et à concevoir, de communication pour transmettre des abstractions. Sa fonction est similaire à celle du langage, où les mots sont des percepts transmettant divers concepts.

L'objectivisme tient l'art comme seule méthode réellement efficace pour communiquer un idéal moral, mais ne le voit pas pour autant comme outil de propagande : même si l'art implique des valeurs morales et des idéaux, son but n'est pas d'instruire ou embrigader, mais de montrer et projeter des idées.

Généralement l'objectivisme fait appel à l'esthétique du romantisme réaliste, qui est défini comme une catégorie d'art traitant l'existence de l'intention humaine comme vraie et importante - c'est le mouvement artistique qui traite sérieusement des valeurs, considère la raison comme déterminante, et montre les idéaux humains comme étant possibles à atteindre. Ce courant est mis en opposition avec le naturalisme vu comme catégorie d'art qui néglige ou réfute le rôle de l'intention humaine dans l'aboutissement des valeurs.

Le terme de romantisme est généralement associé à l'Émotivisme auquel l'objectivisme est totalement opposé. Bien que l'objectivisme considère le romantisme réaliste comme plus émotionnel - dans le sens où il est lié aux émotions - il est vu comme moins émotionaliste - dans le sens où les émotions dictent les choix.

objectivisme et libertarianisme 

Article détaillé : Libertarianisme.

L'objectivisme et le libertarianisme ont une relation complexe. Bien que les deux mouvements aient essentiellement les mêmes buts politiques, les objectivistes voient les libertariens comme des plagieurs reprenant leurs idées « en leur retirant leurs griffes », essayant d'atteindre les objectifs sociaux et politiques sans d'abord établir un large soutien philosophique, alors que les libertariens voient les objectivistes comme des idéalistes dogmatiques et irréalistes. Ayn Rand détestait le libertarianisme, elle écrit dans Philosophy : who needs it, « What can one do ? » :

Par dessus tout, ne joignez pas les mauvais groupes ou mouvements idéologiques, dans l'intention de 'faire quelque chose'. Par 'idéologique (dans ce contexte), je veux dire les groupes ou mouvements se proclamant de vagues objectifs politiques généralisés, mal définis (et, habituellement, contradictoires). Par exemple le parti conservateur, qui soumet la raison à la foi, et remplace le capitalisme par la théocratie; ou les hippies 'libertariens', qui soumettent la raison aux frivolités, et remplacent le capitalisme par l'anarchie. Joindre de tels groupes signifie renverser la hiérarchie politique et prostituer des principes fondamentaux au nom d'une action politique superficielle qui est condamnée à échouer. Cela veut dire aider à défaire vos idées, et la victoire de vos ennemis.

D'après Nick Gillespie, rédacteur pour le magazine Reason, Ayn Rand est « l'une des figures les plus importantes du libertarianisme... Un siècle après sa naissance et plus d'une décennie après sa mort, Rand reste l'un des auteurs les plus vendus et les plus influents dans la culture et la pensée américaine. » Dans le même numéro de Mars 2005 de ce magazine, Cathy Young écrit que « le libertarianisme, le mouvement le plus proche des idées de Rand, en est moins un descendant qu'un enfant rebelle. » D'après un sondage conduit par la Bibliothèque du Congrès américain, le livre Atlas Shrugged qui popularise la philosophie objectiviste d'Ayn Rand est le livre le plus influent des USA juste après la Bible.

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Published by Cyber-résistant - dans Qui est John Galt
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RichardP 29/05/2010 12:12



A signaler: la publication de Grandoria, un thriller politique de Dominique Raymond Poirier, très inspiré par La Révolte d'Atlas et de 1984.
Grandoria existe déjà en livre électronique pour Kindle sur Amazon.com (9.99 Euros), et sera disponible en version papier (776 pages) sur ce même site avant le 10 juin 2010, au prix d'environ 23
Euros. 
C'est ce que dit le site du livre:
http://grandoria.com
lequel renvoie également au compte Facebook de Grandoria et de son auteur, ainsi qu'à la vidéo promotionnelle. 100 pages extraites de Gtrandoria sont même disponibles sur ce même site.



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