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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 04:14

L'Empire socialiste des Inka


Université de Paris — Travaux et mémoires de l'Institut d'Ethnologie — V (1928)

par Louis Baudin
Professeur à la faculté de Droit de Dijon

Chapitre IV — Le fondement économique de l'empire. Le principe de population

 


« Il existe très peu de pays où l'on n'observe pas un constant effort de la population à croître au delà des moyens de subsistance. »


(Malthus, Essai sur le principe de population.)

 

Rarement pays offrit une plus belle illustration de la loi de Malthus que l'Empire des Inka ; l'augmentation de la population par rapport aux moyens de subsistance a été un des facteurs dominants de la politique impériale, et les conquêtes, l'amélioration technique, l'organisation sociale traduisent l'effort continu des Ki&čua pour étendre et intensifier la culture.

Les statistiques manquent, il est vrai, non pas qu'elles n'aient point existé, car nous verrons au contraire qu'elles avaient atteint un rare degré de perfection, mais parce que nous ne savons plus lire les kipu qui les enregistraient. Cependant l'augmentation de la population a avant la conquête espagnole ressort à la fois de l'examen des faits et des déclarations des chroniqueurs. Ondegardo explique que le nombre indigènes s'était accru « d'une manière merveilleuse » sous le règne des Inka, et que, dans les montagnes, il y avait bien peu da districts dont les habitants pouvaient subsister sans chercher ailleurs ce dont ils avaient besoin ; Sarmiento remarque qu'au temps de Pačakutek les terres de culture manquèrent autour du Cuzco, et que l'Inka fut obligé de « transporter » au loin la population établie dans un rayon de deux lieux autour de la ville pour pouvoir donner des terres aux habitants de celle-ci. Déjà l'extension de l'Empire čimu aurait eu pour cause, à en croire Balboa, le manque de sol cultivable ; déjà aussi l'agriculture avait atteint sur la côte un grand développement, toujours pour le .même motif, sans que rien permette d'affirmer, comme le fait Cunow, que les Čimu aient été meilleurs cultivateurs que les Inka 1.

A l'époque de la conquête, la population de l'Empire était vraisemblablement de 11 à 12 millions d'hommes 2 ; ce chiffre a diminué au temps des Espagnols en raison de la dégénérescence de la race (travaux des mines, alcoolisme), des guerres civiles et surtout des épidémies (rougeole, petite vérole) 3 ; il atteignait 8 millions environ en 1580 d'après un recensement opéré à cette date sous Philippe II 4. Plus tard, un accroissement s'est de nouveau produit, mais lent et grâce à l'apport des éléments étrangers de race blanche 5. Aujourd'hui nous avons des statistiques, mais elles sont loin d'être parfaites. Nous reviendrons sur ce point ; notons de suite qu'à la veille de la guerre de 1914 la population totale, de toutes couleurs, comprise dans les limites de l'ancien Empire péruvien, n'était guère supérieure à celle qui vivait sous le sceptre de Huayna-Kapak 6.

L'existence de grandes villes atteste l'importance de la population de l'ancien Pérou ; mais il faut prendre garde de ne point calculer le nombre des habitants d'après l'étendue des ruines, car bien souvent les cités englobaient dans leurs murailles des champs cultivés.

Cette prédominance du facteur démographique ne doit pas nous étonner. L'Inka, en assurant la paix et la sécurité à l'intérieur des frontières et en édictant des règles morales sévères, favorisait le développement de la population. L'infanticide et l'adultère étaient sévèrement punis, la prostitution presque complètement supprimée, et le mariage rendu obligatoire. Chaque année, ou de deux en deux ans, ou de trois en trois ans, à date fixe, les filles de 18 à 20 ans et les garçons de 24 à 26 ans étaient solennellement rassemblés. Le délégué de l'Inka distribuait les jeunes filles des maisons de vierges, dont nous reparlerons, à titre de dons du souverain. Il faisait aligner les jeunes gens et les jeunes filles les uns devant les autres et disait simplement : « Toi, prends celle-ci ; toi, prends celle-là 7. » Mais le nombre des mariages ainsi conclus était minime et la plupart se faisaient, non pas d'autorité, mais suivant la règle en usage dans la province. Nous rencontrons ici cette dualité que nous mettrons en lumière ultérieurement et sans laquelle on ne peut expliquer le système inka : d'une part, le plan rationnel, d'autre part, la coutume, tous deux coexistant. Ici comme ailleurs la coutume variait avec les lieux ; cependant en général, l'Indien désireux d'épouser une jeune fille l'achetait en remettant des cadeaux au père et au chef kuraka, et le représentant du monarque n'avait plus qu'à enregistrer l'accord des parties 8. Ainsi se superposait le mariage par donation au mariage par achat, sans que l'un nuisît aucunement à l'autre, le même individu pouvant obtenir femme en récompense de ses services alors qu'il en possédait déjà une. En résumé, l'Indien devait épouser une femme et une seule, mais il pouvait en .recevoir d'autres des mains du souverain.

Les auteurs espagnols, en décrivant uniquement l'une ou l'autre de ces deux formes et en la généralisant, ont pu, selon leurs tendances, représenter l'Inka comme un tyran désignant d'office les époux ou comme un bon père de famille se bornant à sanctionner le choix de ses sujets 9. Il est certain que dans la plus grande partie du plateau, le pouvoir des parents demeurait très grand, et nous pouvons croire que les enfants étaient parfois fiancés par eux sans le savoir 10. Le mariage célébré sans le consentement des parents était regardé comme nul, à moins de ratification ultérieure de ceux-ci 11. Quant au don, c'est-à-dire au prix d'achat de la femme, sa valeur était proportionnée à la qualité des parties en cause, depuis le simple vase de terre jusqu'aux objets d'or et d'argent et aux têtes de bétai1 12.

Il parait incontestable que dans tous les cas le célibataire endurci, c'est-à­-dire celui qui ne s'était pas décidé à 25 ou 26 ans, était marié d'office.

En fait, le choix d'un époux demeurait extrêmement limité, puisqu'il ne s'exerçait que dans certaines conditions d'âge, de caste et de lieu. Toute union en dehors de la communauté était interdite 13.

Le mariage était indissoluble, sauf le cas d'adultère de la femme qui, dans certaines provinces, pouvait donner lieu à répudiation, sous réserve de l'autorisation de l'Inka s'il s'agissait d'une femme de kuraka, ou du kuraka s'il s'agissait d'une femme d'un Indien ordinaire. D'une manière générale l'adultère de l'homme ou de la femme était puni de mort 14.

La polygamie ne se rencontrait que chez les hauts fonctionnaires ou chefs locaux commandant à plus de mille familles et surtout chez l'Inka souverain 15. Pour les premiers, elle était la consécration d'une coutume communément admise dans toutes les tribus américaines soumises ou non aux Péruviens, et que l'on peut formuler ainsi: tout homme a le nombre de femmes qu'il peut faire vivre, par suite, la plupart du temps, il n'en a qu'une 16.

Cette coutume existait chez les Kara 17, les Puruha 18, les Kañari 19, les Čibča 20.

Aujourd'hui encore, les Jivaros des forêts-vierges du versant oriental de la cordillère équatorienne sont polygames 21. Pour l'Inka lui-même, la polygamie était une nécessité politique. Sa famille, qui pour une bonne part composait la classe dirigeante, devait être assez nombreuse pour assurer un recrutement suffisant de chefs militaires et d'administrateurs civils. Si le nombre des femmes des chefs locaux pouvait atteindre cinq ou six, celui des femmes de l'Inka était illimité 22.

Cette polygamie est souvent signalée comme une cause d'accroissement de population 23 ; elle avait cependant forcément une contrepartie, car elle devait raréfier les femmes sur le marché conjugal, même en tenant compte des pertes en hommes qu'entraînaient les guerres soutenues par les souverains 24.

Une telle conception du mariage nous paraît aujourd'hui surprenante ; cependant les Espagnols eux-mêmes ont adopté le principe de l'obligation peu de temps après la conquête pour tenter de mettre fin à l'immoralité qui régnait parmi les blancs : une ordonnance royale de 1551 ordonne aux encomenderos, dont nous verrons plus tard les fonctions et qui comprennent tous les conquis­tadores ou leurs descendants, de se marier dans les trois ans sous peine de perdre leur encomienda qui constitue leur moyen d'existence 25. Même dans les temps modernes, en des circonstances tout à fait exceptionnelles, les chefs d'État ont recouru à des mesures analogues : les premiers Français établis au Canada au XVIIe siècle comme colons devaient, sous menace de peines sévères, prendre femme parmi les jeunes filles envoyées de France par le gouvernement 26.

 

On peut dire aussi que l'obligation au mariage est tout à fait logique en système socialiste. Le socialisme, défini comme une absorption de l'individu par l'État ou la Cité, doit fatalement aboutir à l'accouplement officiel, comme le communisme doit fatalement aboutir à la communauté des femmes 27. L'État socialiste, organisant toutes choses conformément à des principes rationné1s posés in abstracto et appliqués par voie d'autorité, ne doit pas laisser à, la fantaisie individuelle le soin d'assurer à son gré l'avenir de la race. Les lois de Lycurgue privaient le célibataire de ses droits de citoyen ; Platon pousse cette idée à son extrême limite lorsqu'il prévoit des unions annuelles seulement entre couples assortis de manière à perfectionner la race, et Campanella, dans sa fameuse Civitas solis, ne se borne pas à marier les individus d'office à date déterminée, mais exige que les rapprochements conjugaux aient lieu à des jours fixés par l'autorité, conformément aux indications des astrologues et des médecins. Les Inka, malgré la minutie de leur réglementation, n'ont pas organisé un pareil « haras humain. » et en définitive, dans toute cette matière, ils se sont bornés à consacrer dans la plus large mesure la coutume existante. Ils ne tenaient pas à ce que la population s'accrût, car les terres étaient rares 28, mais ils ne voulaient pas non plus la voir diminuer, car elle était une des forces de leur Empire 29.

 

Une autre cause de l'accroissement de la population était sans nul doute le régime du travail que nous aurons à étudier. L'Indien se faisait aider par sa famille dans l'accomplissement de la tâche qui lui était désignée par la loi ; par suite, il avait une tendance à considérer ses enfants comme des « capitaux », d'autant plus recherchés que les autres formes de capitaux étaient rares. Aussi est-ce tout à fait logiquement que l'on appelait riches ceux dont les unions étaient fécondes et pauvres ceux dont les femmes restaient stériles 30. On pourrait noter aujourd'hui un sentiment analogue, quoique très atténué dans notre propre pays de France, où le meilleur frein qui existe à la dépopulation dans quelques régions de fermage et de métayage est la difficulté pour l'exploitant de trouver des domestiques et des ouvriers agricoles, et la nécessité d'avoir dès enfants qu'il pourra garder auprès de lui, au moins jusqu'à un certain âge, pour l'aider aux travaux des champs 31.

 

Nous n'avons encore vu qu'une donnée du problème angoissant qui s'est posé aux souverains Inka. La population croissait, quels étaient ses moyens de subsistance? On peut imaginer qu'ils étaient loin d'être suffisants, d'après la description que nous avons faite du plateau péruvien. Les terres y étaient le plus souvent rares et pauvres ; les vallées elles-mêmes, comme celle de Cuzco, étaient incapables de nourrir des groupes modérément prolifiques. Aussi la population était-elle inégalement répartie ; dans les régions fertiles elle avait atteint une grande densité, et c'est pour ce motif que Squier compare le Pérou à la Chine 32. Pour économiser le sol, les Indiens allaient jusqu'à construire leurs villages exclusivement sur des terrains stériles, ainsi Cuzco et Ollantay sont édifiés sur des pentes rocheuses, Pachacamac et Chincha sur la côte sont situés en dehors du territoire que les eaux des rivières peuvent féconder 33.

La base de l'alimentation était fournie par le maïs. Cette plante convient remarquablement à des terres pauvres et à des procédés d'exploitation primitifs, car en raison même de son développement, le nombre de pieds qui peuvent pousser sur un espace donné es faible et la culture se trouve ainsi facilitée. Il est inutile pour l'obtenir de labourer consciencieusement toute la surface du champ : il suffit de faire des trous à des distances convenables et d'y enfouir la semence. Aucune céréale n'a un rendement pareil au sien, et sa tige donne un fourrage supérieur à celui de la paille de blé. Elle est de meilleure qualité dans les contrées froides, où sa période de nutrition est longue, que dans les chaudes vallées de la côte ; cependant, à une altitude supérieure à 2 900 mètres, elle n'arrive pas à maturité, par exemple sur les rives du lac Titicaca. Le maïs est le brin d'herbe sacré du Nouveau Monde ; il est bien, comme le veut la gracieuse légende nord-américaine, le cadeau de l' « ami des-hommes » 34.

Gómara prétend que les terres à céréales sont fertiles au Pérou, mais il n'en est ainsi que dans un petit nombre de localités privilégiées ; Ondegardo nous dit que, pendant trois années sur cinq, les récoltes sont mauvaises, et que, dans certains villages, notamment dans le Collao, les Indiens n'obtiennent pas la cinquième partie de ce dont ils ont besoin pour vivre ; il ajoute que dans bien des régions les récoltes se font de six en six ans ou de sept en sept ans 35.

Après le maïs, les légumes jouaient un rôle important dans l'alimentation péruvienne. La pomme de terre, qui nous était inculte et qu'on trouve encore à l'état sauvage dans les monts d'Ancachs et dans la vallée du rio de Santa, l'oca (oxalis tuberosa), l'apichu ou patate douce, jaune, blanche, rouge ou violette, la citrouille, le haricot, le manioc, la tomate, le piment, le quinua (chenopodium), appelé petit riz par les Espagnols à cause de la forme de son grain, poussent en terrains pauvres jusqu'au delà de 3 500 mètres. Quantité d'herbes servaient encore de nourriture à la population ; « toutes sont bonnes à prendre pour les Indiens », remarque Garcilaso 36.

Dans les vallées chaudes et les régions fertiles de la côte, les aliments essentiels étaient la yuca et, en Équateur, les fruits savoureux qui font aujourd'hui les délices des voyageurs 37.

Le sel se trouvait en abondance au Pérou, près de Túmbez comme près de ­Cuzco 38. Le miel caché dans le creux des arbres de la sierra était réputé, mais les Indiens ne savaient pas établir de colonies d'abeilles39.

Les animaux sauvages, huanaco, vigopne, cerf, perdrix, canard et autre gibier étaient nombreux sur le plateau, mais uniquement grâce aux mesures de protection prises par les Inka ; comme nous le verrons, la chasse était sévèrement réglementée.

Les animaux domestiques étaient rares. Les Indiens avaient une sorte de canard 40, de nombreux cobayes – les seuls animaux de la côte – et des chiens. Quelques tribus du nord du Pérou appréciaient la chair de ces derniers, mais dans les provinces centrales les chiens étaient plutôt considérés comme une charge que comme une ressource, car il fallait les nourrir, et c'est pour ce motif qu'on les trouve en petit nombre seulement dans l'Amérique précolombienne, alors qu'on les voit se multiplier rapidement après la conquête espagnole 41. Le chat domestique était inconnu 42. Enfin, les habitants du plateau mangeaient certains rongeurs (abrocoma, lagidium, agouti) et certains marsupiaux (opossums) dont les os ont été retrouvés dans les tombes de Maču-Piču 43.

Tous ces animaux étaient de bien petite importance si on les compare à l'auchenia, dont deux espèces étaient demeurées sauvages (huanaco, vigogne), et dont il existait aussi deux espèces domestiques : le lama et le paco ou alpaca. Non seulement ces derniers étaient utilisés comme bêtes de charge, mais encore leur laine servait de matière première pour la fabrication des tissus, leur chair de viande de boucherie et leurs excréments de combustible. Le lama constituait avec le maïs la base de toute l'économie du plateau.

Les conquérants espagnols, fort embarrassés pour désigner cet animal qu'ils ne connaissaient pas, l'appelaient tantôt le gros mouton, tantôt le petit chameau. Cette dernière dénomination est assez heureuse, car le lama se contente pour tout aliment de l'herbe de la puna (ychu) et peut se passer complètement de nourriture et d'eau pendant plusieurs jours ; il n'a besoin ni de ferrure, car il a le pied fourchu, ni de bât, car son épaisse toison le protège ; il ne redoute pas le froid et se plaît aux grandes altitudes. On le rencontre rarement au nord de la ligne équatoriale où manque l'ychu 44. Comme animal de transport, il est fort médiocre; il ne peut guère porter plus de 50 kg sur un parcours journalier de 20 km. L'homme est trop lourd pour lui, on ne peut pas « monter à lama ». Les Indiens ont toujours soin de faire suivre les bêtes chargées par un certain nombre de bêtes non chargées destinées à remplacer leurs camarades fatigués. Quand un de ces quadrupèdes est maltraité, il se défend en crachant au visage de son ennemi ; quand il est las, il se couche, et personne au monde ne pourrait l'obliger à se remettre en route. Il n'est pas très intelligent, car une corde passée sous son cou suffit à l'empêcher d'avancer sans qu'il ait l'esprit de reculer légèrement et de baisser la tête pour éviter l'obstacle, ce qui permet de parquer aisément des troupeaux entiers.

Il mange le jour seulement et rumine la nuit. Après la douzième année, il perd de sa valeur et n'est plus bon qu'à servir de viande de boucherie.

L'alpaca ou paco, dont la laine est formée de mèches plus longues et plus soyeuses que celles du lama, peut être moins aisément encore utilisé comme bête de charge 45.

La classe dirigeante possédait au temps de l'Inka de grands troupeaux qui comptaient fréquemment plus de 500 têtes. Dans le peuple, chaque chef de famille avait une paire de lamas ; il avait le droit de tuer et manger les jeunes animaux que le couple lui donnait, et d'obtenir en outre des quartiers de viande lors des chasses royales : mais c'était là au total un assez maigre appoint 46. Le lait du lama n'était pas consommé par les Indiens, il était réservé au petits des animaux.

Nul ne sait si le lama a réellement évité le cannibalisme, comme certains le prétendent 47, mais ce quadrupède est certainement la providence du pauvre Kičua du plateau : il constitue un article d'échange de premier ordre et permet aux habitants des régions très froides d'obtenir par cette voie le maïs qui leur manque. Aussi l'Indien lui prouve-t il son affection de mille manières touchantes. Parfois encore aujourd'hui, quand un jeune lama est assez grand et fort pour commencer à travailler, on donne une fête en son honneur, on le pare, on danse autour de lui et on lui fait « mille caresses » 48. Ce n'est pas sans raison que les chroniqueurs voyaient dans le lama une manifestation de la bonté divine. « Dieu, dit Acosta, pourvut les Indiens d'un animal qui leur sert à la fois de brebis et de jument, et Il voulut que cet animal ne leur coûtât rien, car Il les savait pauvres 49. » Certains Espagnols malintentionnés n'ont pas manqué de ridiculiser l'affection de l'homme pour la bête : « La considération des Indiens pour le lama, écrit Ulloa, passe toutes les bornes de la raison et découvre bien leur ignorance 50. »

Le lama n'est pas seulement utile, il est gracieux. Déjà Cieza de León prenait plaisir à regarder le soir les habitants des villages du Collao ramener leurs bêtes chargées de bois 51. C'est en effet un charmant spectacle que celui d'un troupeau de ces animaux, toujours dignes et flegmatiques, avec leur tête fine et leurs oreilles mobiles, marchant d'un pas lent et régulier le long des pistes de la Cordillère. Sans doute le lama porte aujourd'hui bien des marchandises que les Inka ignoraient, mais lui-même, pas plus que son conducteur, pas plus que le profil des montagnes et l'horizon du plateau, n'a changé depuis l'époque précolombienne. Il est bien le compagnon qui convient à l'Indien, doux, calme, grave et un peu triste comme lui.

En somme, les moyens de subsistance du Péruvien demeuraient fort restreints. Sur la côte, le poisson tenait. naturellement une grande place dans l'alimentation, mais sur le plateau il était fort rare, les rivières étant trop torrentueuses pour lui permettre de vivre 52.

L'alimentation était donc surtout végétale 53. A la fin du XVIIIe siècle, Del Hoyo note que les Indiens mangent fort peu de viande 54, et il en est encore de même aujourd'hui dans bien des régions 55. Pendant longtemps après l'arrivée des Espagnols, les indigènes du Pérou et surtout ceux du Chili n'ont utilisé que le cuir et le suif du bétail importé d'Europe, sans en consommer la chair 56.

Garcilaso, qui tente d'énumérer tout ce qui manquait aux Péruviens, est obligé de dresser une liste d'une longueur impressionnante 57. Jamais aucune grande civilisation de l'antiquité n'a eu à sa disposition de moyens aussi réduits. Déserts d'herbes, de rochers ou de sable, manque d'eau sur la côte, manque de chaleur sur le plateau, rareté des animaux, tout contraignait à une lutte perpétuelle l'homme qui voulait vivre et grandir. Seules la conquête à l'extérieur et une organisation interne ne laissant aucune place au gaspillage pouvaient permettre à un peuple de subsister dans ces conditions. Sans doute, serait-ce une grande erreur de croire, avec les Marxistes, que les facteurs économiques expliquent tout, car l'époque troublée qui a suivi la disparition de la civilisation de Tiahuanaco aurait pu se prolonger, l'excédent de population disparaître dans des guerres intérieures ou à la suite de famines multipliées, et les Espagnols auraient trouvé tout le pays dans l'état où ils ont trouvé les côtes du Darien ou de la Nouvelle Grenade. Mais dès le moment où s'affirmait un chef intelligent et ambitieux, il devait commencer la lutte contre la nature. La pression de la population sur lès moyens de subsistance a été un des éléments déterminants de la politique péruvienne, et nous la sentons s'exercer à travers toutes les phases du drame que les Inka ont joué 58.

 

Notes

1 Ondegardo. De l'état du Pérou avant la conquête, trad. franç., chap. 12, p. 349. – Sarmiento. Geschichte, chap. 32. – Means. A study, p. 425. – Cunow. Die soziale Verfassung, p. 27. Ailleurs Sarmiento parle de l'énorme accroissement de population des Čanka (Geschichte, ch. 26). Fernand Pizarre remarque que les vallées de la côte sont très peuplées (Carta, trad, angl., p.  122 ; de même C. de Castro, Relación, p. 217).

2 Bollaert, Antiquarian ethnological, p. 133. – Rivero et Tschudi, Antiquités péruviennes, trad. franç., p. 205. Si l'on prend pour base de calcul les chiffres fournis par le docteur Rivet (dans les Langues du Monde de Meillet et Cohen, op. cit., p. 600) d'après les statistiques américaines, on trouve pour les trois pays soumis aux Inka : Équateur, Pérou, Bolivie, – le Chili et l'Argentine n'ayant qu'un petit nombre de rouges – un total actuel de près de 5 millions d'Indiens ; or on admet que la partie du continent située au nord du Mexique comptait au moment de la découverte 1 150 000 Indiens alors qu'aujourd'hui il en reste 400 000, c'est-à-dire le tiers environ ; en appliquant ce même rapport aux Indiens de l'Amérique du Sud, on trouve pour l'Empire inka un total de 15 millions d'habitants, mais naturellement rien n'autorise à croire que le rapport établi dans le premier cas soit correct dans le second. Le docteur Rivet évalue en outre à 40 ou 45 millions d'habitants la population totale pour l'ensemble du continent américain avant la conquête. M. V. Sapper, dans une intéressante communication faite au 21e Congrès international des Américanistes, à La Haye en 1924 (Die Zahl und die Volksdichte der indianischen Bevölkerung in Ame­rika, p. 95) aboutit au même chiffre que le docteur Rivet. En se fondant sur les possibilités d'alimentation des anciens Indiens, il évalue la population andine à 12 ou 15 millions d'habitants à la fin du XVe siècle. Remarquons que la population de l'Égypte, sous l'empire thébain, n'a pas dépassé 8 millions d'habitants (Moret, Le Nil et la civilisation égyptienne, Paris, 1926, p. 547, n. 3).

3 Voyez infrà, ch. XV. Les épidémies semblent avoir déjà décimé la population à diverses reprises avant la conquête espagnole. Cieza de León, Cronica. Segunda parte chap. 68. – Monte­sinos, Memorias chap. 12 et 15. – Sarmiento, Geschichte, ch. 52.

4 Juan de Ulloa Mogollón (Relación de la provincia de los Collaguas para la descripción de las Yndias que S. M. manda hacer. Relaciones geográficas, t. Il, p. 42) prétend que les Indiens étaient moins nombreux autrefois qu'en son temps, en raison des nombreuses pertes subies par les armées de l'Inka. C'est une erreur, les provinces qui ont vu diminuer le nombre de leurs habitants sous le règne des Inka sont uniquement celles qui ont servi de champs de bataille, le Canar par exemple. Le résultat final n'est pas douteux et la plupart des Espagnols le reconnaissent. Cieza de León dans la première partie de sa chronique mentionne un grand nombre de vallées dépeuplées depuis la conquête. Marcos de Niza parle de territoires dont la population serait tombée de 80 000 à 4 000 habitants (Relation, trad. franç., p. 275) ; ces chiffres sont fantaisistes, mais le fait de la dépopulation est certain.

5 La population indienne a continué de décroître pendant fort longtemps. D'après M. Sobre­viela et Narcisso y Barcelo, elle serait tombée à 4 millions à la fin du XVIIIe siècle (Voyages au Pérou, t. II, p. 181).

6 D'après les chiffres donnés par la revue Ibérica (t. I, 1924, p. 163) la superficie des 4 pays : Bolivie, Pérou, Équateur, Chili, atteindrait actuellement 4 millions de kilomètres carrés et leur population serait de 16 millions d'habitants, ce qui parait être un maximum, car au début du siècle, ce dernier chiffre n'était guère que de 12 millions. Mais l'Empire inka n'englobait pas tout le territoire de ces États, car les parties orientales des trois premiers d'entre eux et la partie méridionale du dernier lui échappaient ; par contre il comprenait la région andine nord-ouest de la République Argentine.

7 Cristóbal de Castro, Relación, p. 212. L'Inka donnait aux gouverneurs le droit de répartir des femmes entre les principaux fonctionnaires de la province. Cobo, Historia, liv. 12, ch. 33.

8 Cristóbal de Castro, Relación..., p. 212. – F. de SantiIlân, Relación...,par. 17. Chez les Čibča, le mariage avait lieu par achat. – Restrepo, Los Chibchas..., op. cit., p. 111.

9 Garcilaso, Comentarios, liv. 4, ch. 8. – Betanzos, Suma y Narración, ch., 13. – Las Casas, Apologética, ch. CXL. – Montesinos, Memorias, ch. 6.

10 Morua, Historia, p. 196-197.

11 Garcilaso, Comentarios, liv. 6, ch. 36. Antérieurement à la conquête inka, dans plusieurs provinces, la femme avait des relations avec l'homme avant le mariage : Relación de la provincia de Pacajes, par P. de Mercado de Peñalosa, Relaciones geográficas, t. 2, p. 60. Cette coutume du « temps d'épreuve » subsiste dans certaines régions du plateau (J. Escobar, La condición civil del Indio. Revista universitaria de Lima, 1925, p. 576).

12 Morna, Historia, p. 193. – C. de Castro, Relacion, p. 212.

13 Garcilaso est très net : « No era lícito casarse… sino todos en sus pueblos y dentro en su parentela. (Comentarios, liv. 4, ch. 8). De même Montesinos, Memorias, chap. 19. Si la loi d'exogamie, comme le disent Durkheim et Giddings, domine l'organisation primitive du mariage, elle n'apparaît pas au Pérou, sinon exceptionnellement ; Sautillán y fait allusion (Relación, par. 82); aujourd'hui encore, l'Indien se marie rarement en dehors de son clan (V. Guevara, Derecho con­suetudinario…., op.cit.). Le mariage exogamique semble se présenter seulement comme un moyen d'assurer dans l'ancien Pérou la paix entre deux clans. L'Inka faisait épouser aux garçons d'un groupe les filles de l'autre (Betanzos, Suma. y Narración, ch. 13). Il est possible que cette forme de mariage ait existé avant la conquête inka et qu'elle ait disparu sous l'influence des envahisseurs ; pour ceux-ci en effet l'endogamie était une règle absolue, destinée à maintenir la pureté de la race.

14 Garcilaso, Comentarios, liv. 6, ch. 36. – P. de Mercado de Penalosa, Relación, loc. cit. – ­Anonyme, Relación de las costumbres… in J. de la Espada, Tres relaciones..., p. 200. – Acosta, Historia natural, t. II, liv. 6, ch. 18. – Levinus Apollonius. De Peruviae regionis, p. 27.

15 Ondegardo, Relación, p. 60. – D. dela Bandera, Relación (Relaciones geográficas, t. I, p. 100). Le primitif étant souvent monogame, l'existence de la polygamie n'indique rien du tout au point de vue de la civilisation.

16 Cette règle est très nettement indiquée pour Saint-Domingue : Relación anónima de las costumbres é usos de los Yndios de Sancto-Domingo, s. d. : Colección de documentos del Archivo de lndias, t. 35, p. 566.

17 G. Suárez, Historia general, t. I, p. 91.

18 G. Suárez, Historia general, t. I, p. 105. – Jijón y Caamaño, Puruha. Boletín de la Academia nacional de historia, 1923.

19 G. Suarez, Historia general, t. I, p. l26.

20 Restrepo, Los Chibchas..., p. 110. Chez les Čibča, les chefs pouvaient avoir plusieurs centaines de femmes et les particuliers pouvaient en posséder chacun deux ou trois, suivant leur propre richesse.

21 Wolf, Ecuador, p. 534.

22 J. de Matienzo, Gobierno del Perú, chap. 7. Il ne fallait pas non plus que la caste supérieure devînt trop nombreuse par rapport à la masse de la population. C'est pour limiter le nombre de ses membres, prétend Perrone, que les Inka auraient condamné au célibat les Vierges du Soleil.. Ainsi l'équilibre des castes était assuré par le double jeu de la polygamie et de la vie conventuelle. « Occoreva limitare il numero del membri della casta incasica eliminando alcune delle sue donne in una sacra castità » (Perrone, Il Peru, p. 335).

23 Reladones geográficas, t. I, p. 82.

24 Descripción de la tierra del repartimiento de los Rucanas Antamarcas. Relaciones geográficas, t. I, p. 207. – Herrera, Historia general, dec. 5, liv. 4, chap. 3.

25 Colección de documentos del Archivo de Indias, t. 18, p. 17. Les femmes restées en Espagne devaient rejoindre leurs maris, ou bien ceux-ci devaient revenir en Espagne. Benzoni fait allusion à ces mesures à la fin de son Historia (liv. III).

26 Lettre de Colbert à Talon du 20 fév. 1668. – Sumner Maine, Etudes sur l'ancien droit et la coutume primitive, trad. franç. Paris, 1884, p. 310.

27 Dans l'Utopie de Morus et dans le Code de la Nature de Morelly le mariage est obligatoire.

28 La preuve en est que les veuves n'étaient pas tenues de se remarier, ni les femmes stériles de se séparer de leurs maris pour permettre à ceux-ci d'en prendre une autre.

29 Après les Inka, l'obligation au mariage a disparu rapidement, mais le contrôle du chef de clan sur les unions conjugales a subsisté jusqu'au XVIIe siècle dans les régions voisines du lac Titi­caca (Bandelier, The Islands of Titicaca and Coati,. p. 86).

30 V. Guevara, Derecho consuetudinario... – Brehm, Inka-Reich, p. 230.

31 Il est impossible de savoir quelle était importance de la mortalité au Pérou. Le climat est salubre sur le plateau, mais il l'est moins dans certaines régions de la côte et du versant oriental de la Cordillère, Wiener signale le grand nombre d'enfants en bas âge qu'il trouve dans les tombeaux à Parmunca (Pérou et Bolivie, p. 75) ; au contraire, Hrdlička remarque la rareté des ossements d'enfants à Chimu (Some results of recent anthropological exploration in Peru, op. cit.)

32 Squier, Peru, p. 14. – Cunow, Die soziale Verfassung..., p. 24. Squier remarque que les Indiens, pour remplacer d'anciens édifices par de nouveaux bâtiments mieux appropriés aux besoins sans perdre un pouce de territoire, ont démoli les premiers et construit les seconds sur les mêmes emplacements, et il voit là une des causes de la disparition des monuments du très ancien Pérou (Peru, p. 575).

33 A. Means, A study, p. 437.

34 G. Collins, The origin and early distribution of maize. American anthropologist, new series. t. XXIII, 1921, p. 503. – Payne, History of the New World, t. I, p. 321. Le maïs a son mystère, comme tant de choses d'Amérique. Son prototype sauvage est inconnu ; elle est la seule céréale dont l'origine soit perdue. Elle a été domestiquée dans le Nouveau Monde, probablement au Mexique. Qu'on se rappelle le beau poème de Longfellow : The song of Hiawatha, 5e partie. Hiawatha l'Indien contre l'ami des hommes, le tue et l'enterre ; alors sur la tombe, soigneusement débarrassée d'herbes par le vainqueur, baignée par le soleil et arrosée par la pluie, croit une plante divine : le maïs. Il est curieux que dans l'Ancien Monde nous n'ayons plus découvert depuis fort longtemps de nouvelles plantes à domestiquer.

35 Gómara, Historia, ch. CXCV. – Ondegardo, Relación, p. 25 et 34. D'après Tschudi, il faut compter sur le plateau une année bonne sur trois (Contribuciones, p. 221.)

36 Garcilaso, Comentarios, liv. 7, ch. 15.

37 La banane, qui est actuellement la nourriture par excellence des Indiens de la côte équatorienne, est originaire du sud-est de l'Asie ; elle n'a été introduite en Amérique qu'après Colomb, quoique Humboldt ait soutenu le contraire.

38 Cieza de León, Crónica. Primera parte, chap. CXIII. – Cobo, Historia, liv. 1, ch. 4. Les indigènes de la côte équatorienne avaient des procédés pour purifier le sel marin. G. Suárez, Historia general, t. 1, p. 166.

39 Cieza de León, Crónica. Primera parte, ch. XCIX. – Herrera, Historia, déc. 8, liv. 2, ch. 16.

40 ­Garcilaso, Comentarios, liv. 7, ch. 19. – Contrà: Wolf, Ecuador, p. 467.

41 Tschudi, Contribuciones, p. 55. – Pal, Al'xo.

42 Leadbeater va vraiment un peu loin quand il prétend que les anciens Péruviens avaient quantité d'animaux familiers et qu'ils avaient réussi à obtenir des chats de couleur bleue (Le Pérou antique, p. 410).

43 G. Taton, Food animals of the Peruvian Highlands. 21eCongrès international des América­nistes Göteborg, 1924.

44 Avant la conquête inka aucune espèce d'auchenia n'existait dans les territoires de l'acctuelle République de l'Equateur. G. Suárez, Historia general, p. 194.

45 Colpaert, Des bêtes à laine des Andes et de leur acclimatation en Europe, Paris, 1864. Raynal a donné du paco une description pittoresque : « Le paco est au lama ce que l'âne est au cheval, une espèce succursale et petite, avec des jambes plus courtes, un muffle plus ramassé, mais de même naturel, de mêmes mœurs, du même tempérament que le lama » (Histoire philosophique, t. 2, p. 217).

46 Sauf exceptions, voyez infrà, chap. VI : Le partage du bétail.

47 Payne, History of the New World, t. 2, p. 548.

48 A. de Ulloa, Mémoire philosophique, trad. franç. Paris, 1787, t. 1, p. 159.

49 Acosta, Historia natural, t. I, ch. XL.

50 A de Ulloa, Mémoire philosophique, loc. cit.

51 Cieza de León, Crónica. Primera parte, ch. CXI.

52 L'océan Pacifique est très poissonneux sur la côte péruvienne, grâce au courant de Humboldt, faiblement salé et d'une température uniforme. C'est en raison de l'abondance des poissons que les oiseaux aussi sont fort nombreux dans ces parages et que leurs excréments forment de véritables collines de guano, richesse du Pérou. On a calculé que la grande île Chincha contient environ 5 millions et demi d'oiseaux et que ceux-ci mangent chaque jour plus de 1 000 tonnes de poissons (R. Murphy,The oceanography..., op. cit., p. 79). Le lac Titicaca contient six espèces de poissons appartenant à deux familles (Bandelier, The Islands of Titicaca, chap. I, n. 4). En Équateur, entre 2 et 3 000 mètres vit dans les lacs un seul poisson, la preñadilla, et au-dessus de 3 000 mètres on n'en trouve aucun (Wolf, Ecuador, p. 462).

53 « Comian poca came » (Morua. Historia, p. 54). – « Rara vez comen came » (Ondegardo Copia de carta..., p. 166). Les habitants des îles flottante dans l'Utopie de Morelly, la Basiliade, sont végétariens (Ed. de 1753. Messine, t. I, p. 9).

54 Estado del catolicismo..., p. 166.

55 Rivet, Etude sur les Indiens de la région de Riobamba. Journal de la Société des Américanistes de Paris, 1903, nouvelle série, t. I.

56 Pereyra, L'œuvre de l'Espagne en Amérique, trad. franç., p. 95.

57 Comentarios, liv. 9, chap. 16.

58 Actuellement la surface des terres ensemencées dans le département de. Cajamarca couvre 51 250 hectares dont 38 600 affectés à la culture du blé sur une superficie totale de 3 248 000 hectares ; dans le département de Cuzco, le premier de ces chiffres ne dépasse pas 22 825 hectares sur un total de 14 434 400 hectares et enfin, dans le département de l'Apurimac, 2 338 hectares seulement sont ensemencés sur plus de 2 millions (Extracto estadístico del Perú. Lima, 1924). On voit combien est réduite encore de nos jours l'étendue des terres cultivé

 


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