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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 11:14

L'Empire socialiste des Inka


Université de Paris — Travaux et mémoires de l'Institut d'Ethnologie — V (1928)

par Louis Baudin
Professeur à la faculté de Droit de Dijon

Chapitre XIV — Une ménagerie d'hommes heureux


L'effacement de l'individu

« Et les hommes se sont réjouis d'être menés comme un troupeau »

(Dostoïevsky, Les Frères Karamazov.)


L'Indien était-il satisfait de son sort ? Telle est la grave question à laquelle nous devons répondre, si nous voulons porter un jugement sur le système social des Inka. Nous savons que le monarque fournissait à ses sujets ce qui leur était nécessaire, mais le bonheur se résout en un état de conscience et ne consiste pas dans une accumulation de produits.

Nous sommes arrêtés immédiatement dans notre examen par un obstacle : les chroniqueurs parlent de riches et de pauvres 1. Quel sens devons-nous donner à ces mots ? Nous savons qu'il ne faut pas considérer le Pérou comme un État communiste ; aussi les Indiens qui ont reçu des donations de l'Inka peuvent-ils être considérés comme des riches, ceux qui n'ont pu obtenir de récoltes par suite d'une gelée, d'une inondation ou d'une sécheresse et qui sont nourris sur les réserves des greniers sont véritablement des pauvres. On appelait encore pauvres les vieillards, infirmes et malades entretenus par les com­munautés 2 et les Indiens qui n'avaient pas d'enfants pour les aider à travailler 3. En résumé, un minimum d'existence était assuré à tout individu; le dénuement absolu était inconnu et les grandes inégalités de fortune demeuraient exceptionnelles 4. L'homme ne pouvait pas s'appauvrir, mais il arrivait rarement à s'enrichir ; les mots richesse et pauvreté avaient donc un sens relatif. « L'égalité dans la pauvreté rendait tous les Indiens riches », dit Marna 5.

Il est clair que le système inka, ainsi formé de survivances historiques et de conceptions rationnelles, paraît très complexe ; c'est fâcheux pour le sociologue, mais les formes de vie .des peuples sont rarement simples. Aussi les tentatives de rapprochement faites entre, l'économie péruvienne et les autres économies sont-elles destinées à échouer. Suivant que l'on examine le Pérou sous un angle ou sous un autre, on y découvre des analogies avec tel ou tel Etat, c'est pourquoi nous voyons les auteurs modernes, suivant leurs tendances personnelles, comparer le Pérou tantôt à l'Angleterre, en raison de son caractère agressif et de son pouvoir d'adaptation et d'assimilation 6, tantôt à l'Allemagne d'avant-guerre, en raison du caractère de l'Empereur 7, tantôt à la Turquie, à cause du maintien des communautés agraires et de la concentration de la puissance politique 8. Le seul grand Empire qui ait existé dans l'Amérique centrale précolombienne au moment de l'arrivée des Espagnols, celui du Mexique, différait profondément du Pérou. Les Aztèques vivaient sous un régime quasi-féodal, leurs guerres et leur culte étaient sanguinaires, leur commerce avait pris une grande extension et leurs connaissances scientifiques étaient étendues.

Chez aucun peuple du Nouveau Monde, nous ne trouvons, comme chez les Inka, une absorption lente et graduelle de l'individu par l'État. Le poison n'est pas donné aux Indiens par doses massives capables de déterminer une réaction, mais il s'insinue lentement jusqu'à déterminer la perte de la personnalité. L'homme est fait pour l'État et non l'État pour l'homme. C'est bien là du socialisme dans le plein sens du mot et c'est une grande erreur de se refuser à regarder l'Empire péruvien comme un État socialiste, sous prétexte qu'il est un État de conquête – comme si le socialisme et l'impérialisme ne pouvaient aller de pair – ou que sa politique est inspirée non par des motifs d'altruisme, mais par l'intérêt personnel bien entendu du monarque – comme si le socialisme et l'altruisme étaient synonymes.

Le poison portait-il avec lui son remède ? La quasi propriété constituée par donation pouvait-elle se développer ? Peut-être, si les conquérants espagnols n'étaient pas arrivés, aurions-nous .assisté à une individualisation progressive de l'élite en même temps qu'à une socialisation graduelle de la masse, le fossé se creusant, de plus en plus entre ces deux castes. Il faut reconnaître cependant que le régime n'est pas tombé de lui-même. La guerre civile qui désolait l'Empire à l'époque de la découverte n'aurait vraisemblablement engendré aucune modification dans l'ordre social si elle avait pris fin sans l'intervention des blancs.

Que le système péruvien ait été souvent imposé par l'à force, ce n'est pas douteux, mais, grâce à l'appui que leur prêtait la religion et grâce à leur habile politique, les Inka ont réalisé ce miracle de transformer la crainte en amour. Leur caractère divin, attesté par les victoires de leurs armées et la magnificence de leur Cour les dons qu'ils distribuaient aux chefs si libéralement, l'ordre et la paix qu'ils faisaient régner, tout concourait à leur gagner peu à peu le cœur de leurs sujets. L'Indien n'avait qu'à obéir, et quiconque s'est accoutumé à une obéissance passive finit par ne plus savoir agir par lui-même et se prend à aimer le joug qu'il subit. Rien n'est plus facile que d'obéir à un maître, exigeant peut-être, mais qui règle tous les détails de la vie, assure le pain quotidien et permet d'écarter de l'esprit toute préoccupation : « Les Inka furent aimés extrêmement », déclare Cieza de León 9. « Sans aucun doute, le respect et l'affection que ce peuple avait pour ses Inka étaient grands », affirne Acosta 10.

Le résultat de la socialisation apparaît nettement ; l'État péruvien a su empêcher les passions destructrices de l'ordre social de se donner libre cours et de restaurer l'anarchie primitive ; il a fait disparaître les deux grands facteurs de troubles : la pauvreté et la paresse, et il n'a laissé qu'une bien petite place à l'ambition et à l'avarice, mais du même coup, il a tari les deux sources du progrès : l'esprit d'initiative et l' esprit de prévoyance.

Quelle initiative en effet l'Indien pouvait-il prendre, alors qu'une réglementation minutieuse allait jusqu'à exiger que l'on fît la chicha avec du maïs frais et qu'on ne mangeât pas les épis encore verts de cette plante ? 11. L'administration pensait et agissait pour lui et, si elle suspendait son action, la vie sociale s'arrêtait. Cette inertie se traduisait sous le règne des Inka par la régression du commerce, que nous avons notée, par le manque d'élan et l'absence d'originalité dans les arts, par le dogmatisme de la science 12 et la rareté des inventions, même les plus simples 13. Nous comprenons maintenant le motif du meurtre d'Atahualpa. Pizarre savait que l'Inka, une fois libre, n'avait qu'un signe à faire pour lever une armée de plusieurs dizaines de milliers d'hommes. En frappant la tête, le conquérant réduisait le corps à sa merci 14. Cette passivité a subsisté après la chute de l'Empiré, au point que les Indiens se désintéressent aujourd'hui des mouvements politiques ou économiques 15 et qu'étant incapables de se défendre eux-mêmes, élisent fréquemment un cacique espagnol, qui joue le rôle des anciens protecteurs d'indigènes de l'époque coloniale 16, ou bien ils reconnaissent pour chef celui d'entre eux qui a su s'imposer de lui-même par son habileté ou sa force 17, L'ambition a été si bien détruite que le rouge, sauf exception, cherche rarement de nos jours à s'élever sur l'échelle sociale et laisse aux blancs et aux métis le soin d'exercer les fonctions publiques et de se partager les honneurs, « L'absence presque absolue d'initiative et de décision, tel est le trait caractéristique de l'Indien », écrit encore Monnier en 1890 18. Par contre, les Péruviens ont l'esprit d'imitation ; ils ont vite appris à se servir des armes espagnoles et à faire la guerre à l'européenne 19.

Le sens de la hiérarchie a subsisté également ; non seulement les Indiens se donnent des chefs, mais en maintes régions s'est constituée une véritable gobernación menor très puissante, quoique non officielle, dirigée par l'hacendado blanc, c'est-à-dire le propriétaire d'une exploitation agricole qui administre ses biens à l'aide d'une série de sous-chefs indigènes, nommés encore, kuraka  20.

Quant à l'esprit de prévoyance, comment aurait,-il pu se développer chez l'homme du peuple, alors que les greniers publics regorgeaient de vivres et que les fonctionnaires devaient pourvoir en cas de besoin à la subsistance de leurs administrés ? « Aujourd'hui, remarque Ondegardo, les Indiens ne pensent pas à se faire un vêtement neuf tant que l'ancien n'est pas en morceaux 21. » « Ils ne songent pas au lendemain », dit Cabeza de Vaca 22. De nos jours, Grandidier et Bandelier font la même constatation 23 et quand l'Indien par extraordinaire cherche à se constituer une réserve, il la gaspille immédiatement 24.

Mais ce qui est plus grave, c'est que la substitution de l'État à l'individu dans l'organisation économique détruit l'esprit de charité. L'indigène, attendant tout de l'État, n'a plus à s'occuper d'autrui et ne doit lui venir en aide que si la loi l'exige. Les membres des communautés doivent travailler des terres pour le compte des incapables, mais ce travail effectué, ils sont libérés de toute obligation ; ils doivent secourir leurs voisins sur l'ordre de leurs chefs, mais de leur propre mouvement ils n'ont rien à faire : et voilà pourquoi, au temps de la conquête espagnole, les sentiments humanitaires les plus élémentaires menaçaient de disparaître. « Ainsi, écrit Ondegardo, les fils n'étaient pas obligés d'entretenir leurs pères devenus vieux, personne n'avait à secourir les nécessiteux, ce qui me paraît être une invention du démon pour enlever aux Indiens la charité… Aujourd'hui, quand bien même des Indiens rencontreraient un des leurs avec la jambe brisée, seraient-ils au nombre de vingt et habitant un village tout proche, ils ne feront pas autre chose que de donner avis du fait, afin que la communauté envoie, pour chercher le malheureux, celui que cette tâche concerne 25. » Cette absence d'esprit de charité accentue le caractère utilitaire des institutions péruviennes. Maintenant encore, la famille est regardée comme une entreprise de travail, les enfants comme des capitaux, le mariage comme un contrat d'assistance mutuelle 26. García Calderon note un certain « sens concret des choses » comme un des traits marquants du caractère indien 27.

Doux et servile, tel est devenu l'habitant du haut plateau andin. La rudesse des mœurs n'a subsisté que là où le souverain n'avait pu établir longtemps sa domination. Les Aymará du nord-est du lac Titicaca, dont le territoire, est situé à l'écart des voies naturelles de migration et de conquête, sont demeurés vindicatifs et cruels, fort différents des Kičua 28. L'Inka a donné à son peuple une mentalité d'esclave.

Quoi d'étonnant que ce grand empire géométrique soit si monotone et si triste ! Cieza de León s'excuse de répéter indéfiniment les mêmes remarques au cours de son voyage. Dans le plus grand nombre des provinces les naturels se copiaient si bien les uns les autres qu'on pouvait les regarder comme « tous ­identiques »29. L'uniformité architecturale surprend Humboldt comme la régularité de vie étonne Lorente. Tout est pareil, et les hommes eux-mêmes se ressemblent comme des frères 30. Dans chaque bassin isolé du plateau l'existence de l'Indien du peuple se déroule, monotone comme le climat et le paysage, et tout ce qui sort de l'ordinaire, tout ce qui est étrange ou imprévu est divinisé et prend place parmi les huaka auxquels on rend un culte. C'est bien ­là le résultat auquel ont abouti tous les grands réformateurs socialistes. Dans l'Utopie comme dans l'Icarie, comme dans les Réductions du Paraguay, règne une navrante uniformité 31.

Le caractère indien, ainsi analysé, nous apparaît sous un jour peu favorable, même si nous tenons compte des exagérations de beaucoup d'auteurs espagnols : « La peur est la seule règle morale (de l'indigène) », dit Del Hoyo 32. Les naturels de la province de Collao « sont si accoutumés à servir qu'ils exécutent d'eux-mêmes tous les travaux nécessaires » 33. Gómara, qui n'est pas tendre pour les vaincus, les qualifie de menteurs, cruels, ingrats, gens sans honneur, sans pudeur, sans charité, sans vertu 34, et Morua de paresseux, sales, menteurs et inconstants 35. Par contre l'auteur d'une relation anonyme prodigue les épithètes laudatives : doux, tendres, pacifiques, miséricordieux, obéissants, loyaux 36. Aujourd'hui même, Bandelier et Bingham nous peignent les habitants des rives du lac Titicaca sous des couleurs absolument différentes 37. Ces quelques appréciations divergentes risquent d'égarer le jugement, mais tous les auteurs reconnaissent la servilité de l'indigène. Or, s'il en est ainsi, c'est bien au système inka qu'on le doit, car Ondegardo remarque que les seuls peuples capables d'être gouvernés sont ceux qui avaient été domptés par les Inka, des expéditions multipliées n'étant pas venues à bout des autres 38. Le caractère de l'Indien a persisté jusqu'à nos jours : paresse, ou plus exactement indolence, timidité, ivrognerie, saleté d'une part 39 et aussi, douceur « à toute épreuve » 40, soumission, servilité, résistance à la fatigue et un certain esprit utilitaire. Ce sont bien là les traits distinctifs d'une race asservie et abrutie.

C'est au prix de cette dégradation qu'un bien-être relatif a été obtenu. Que ce bien-être n'ait pas été regardé par l'Inka comme un but, mais comme un moyen d'obtenir un meilleur rendement de travail, une plus grande gloire et de plus grands profits pour lui-même, c'est fort probable 41, mais c'est déjà une preuve d'intelligence de sa part d'avoir compris qu'il était de son intérêt d'agir pour le bien du peuple entier.

Encore tous les défauts que nous avons notés sont-ils peu de chose à côté du vice capital que recèle tout système socialiste, ce vice devant lequel ont reculé des savants prêts à entrer dans la cité future, comme Schaeffle 42: le socialisme, en tuant l'esprit d'initiative et de prévoyance individuelles, arrête la marche du progrès humain. La nation, enserrée dans un réseau de réglementations étroites et définitives, est cristallisée 43.

Les Inka ont-ils pu éviter cet inconvénient en constituant une élite ? On peut le supposer, car la spécialisation de l'intelligence se conçoit aussi bien que celle de la force physique ou celle de la mémoire. De même que les kipu-kamayu, habitués de père en fils pendant leur vie à recueillir exactement des faits et des chiffres, arrivaient à une prodigieuse maîtrise de leur art, de même les amauta devaient développer à l'extrême leurs facultés intellectuelles 44. L'intelligence, dit-on, n'est pas le privilège d'une classe, encore faut-il que le milieu et l'hérédité favorisent sa naissance, et c'est bien dans la caste supérieure qu'elle avait les plus grandes chances de se développer et non chez les sujets ignorants et abrutis. D'ailleurs, les Inka n'ont pas régné assez longtemps pour que nous puissions enregistrer des progrès ; et les facultés inventives des amauta semblent être restées fort médiocres. Les Péruviens paraissent avoir en avant tout et presque exclusivement le génie de l'organisation. Une direction éclairée et une discipline inflexible assurent mieux le bien-être d'un peuple, même privé de facultés inventives, que les plus belles découvertes lorsqu'elles sont appliquées par des apôtres de la lutte des classes.

Quant à ce peuple lui-même, il était et il est extrêmement routinier. Ses habitudes demeurent immuables, et si aujourd'hui l'homme est libre, suivant la loi, il demeure serf « par là permanence des mœurs autoritaires » 45.


L'hérésie du bonheur

« Oublie-t-il donc qu'il l'a reconnue tout à l'heure, l'ignorée, la nouvelle, la périlleuse, l'hérésie du bonheur dont les autres ne sont que des voiles ?... Hérésie du bonheur ! Hérésie des hérésies ! »

(Louis Artus, La maison du fou.)

 

Maintenant nous pouvons répondre à la question que nous avons posée : l'Indien était-il heureux ? On peut le croire, puisqu'il regrette tant le passé. Il travaillait sans déplaisir pour un maître qu'il tenait pour divin, il n'avait qu'à obéir sans se donner la peine de penser; si son horizon était borné, il ne s'en apercevait pas, puisqu'il n'en connaissait pas d'autre, et s'il ne pouvait s'élever sur l'échelle sociale ; il n'en souffrait nullement, puisqu'il ne concevait pas qu'une telle ascension fût possible. Sa vie se déroulait dans le calme, coupée de fêtes à des époques déterminées, semée d'événements : mariage, service militaire, corvées, strictement réglés 46. Il avait ses joies et ses peines à dates fixes. La maladie et la mort seules s'obstinaient à échapper aux règlements de l'État.

Discipline militaire et méthode économique étaient les deux manifestations d'une même tendance ; toutes deux avec la même rigueur cherchaient dans des voies différentes à éliminer le hasard.

Peu de grands malheurs, peu de grandes joies ; c'était un bonheur négatif. L'Empire réalisait ce que d'Argenson appelait une « ménagerie d'hommes heureux ».

Ne méprisons pas outre mesure ce résultat ; ce n'est pas peu de chose que d'avoir évité les pires souffrances matérielles, celles de la faim et du froid. Rarement le Pérou connut la disette, malgré la pauvreté de son sol, alors que la France de I694 et de 1709 subissait encore de cruelles famines 47. Ce n'est pas peu de chose non plus que d'avoir supprimé le crime, et établi, en même temps qu'un ordre parfait, une sécurité absolue. « Ces rois barbares, dit Acosta, avaient fait de leurs sujets des esclaves et jouissaient des fruits de leur travail ; c'était là leur plus grande richesse. Et ce qui force l'admiration, c'est qu'ils se servaient d'eux avec un ordre et une organisation tels que cette servitude se transformait en une existence très heureuse 48. »

Comment aurait-il pu être malheureux, ce peuple que nous avons vu travailler en chantant ?

Croyons donc que les indigènes se trouvaient heureux 49. La médiocrité de leur situation importe peu ; le bonheur est chose subjective et la seule comparaison que pouvait faire le Péruvien avec ses voisins insoumis, aux prises avec les difficultés matérielles, en lutte contre l'homme et contre la nature, suffisait à lui faire sentir ce bonheur.

L'acquiescement même à l'ordre établi, l'exact accomplissement de la tâche imposée, le sentiment, avivé par les poètes, d,'être la cellule d'un corps admirable, étaient des sources de joie que maintenaient pures de tout ferment d'envie la séparation des castes et la limitation des désirs 50.

Quant à la liberté individuelle, seuls pouvaient la regretter ceux qui l'avaient connue dans les pays nouvellement soumis. Il est reposant de sentir les phases de la vie journalière ordonnées comme un théorème et il suffit de ne pas chercher à briser les barrières pour finir à la longue par se croire libre.

Si donc le bien-être et la vertu, sources de bonheur, sont le but de la vie, on peut dire que l'Inka a réalisé un chef-d'œuvre. L'âme de l'Indien s'est endormie au rythme monotone d'une existence trop bien réglée.

Mais si au contraire c'est le développement de la personnalité humaine qui est regardé comme le but de toute existence, alors le système péruvien a été la plus désastreuse des expériences sociales. L'Inka a plongé ses sujets dans un sommeil voisin de la mort ; il leur a enlevé toute dignité humaine. Certes, il est des moments dans l'existence où l'on se sent fatigué de lutter, où l'on ne voudrait même plus avoir à penser et où l'on envie ceux qui n'ont qu'à obéir à une intelligence plus vaste que la leur, mais le désir de se détruire ainsi soi-même pour se laisser absorber dans une masse ne peut être que le fruit malsain des heures de détresse. La volonté de se surpasser incessamment, l'effort constant d'amélioration, voilà ce qui importe; aujourd'hui pour l'individu l'essentiel dans la vie, c'est d'avoir la sensation de monter.

Et pour le souverain, la sagesse n'est pas d'avoir trouvé un système parfait, c'est de le chercher sans relâche. Celui qui croit avoir atteint son but est par cela même condamné.

En Amérique, un soi-disant bonheur n'a été obtenu que par l'anéantissement de la personnalité humaine et, si l'on demandait à chacun de nous dans quel pays il préférerait vivre : Pérou précolombien ou Espagne du XVIe siècle, sans doute bien peu choisiraient le premier de ces États 51. Chez les Inka la vie entière se réfugie dans la seule classe dirigeante et essentiellement dans le chef ; hors de lui et de sa famille, les hommes.ne sont plus des hommes, ce sont des pièces de la machine économique ou des numéros de la statistique administrative 52.

 

Notes

1 Cieza de Leon, Crónica. Primera parte, ch. LVIII. – C. de Castro, Relación, p. 216. – Falcón, Representación, p. 153.

2 Cieza de Leon, Crónica. Segunda parte, ch. 19.

3 Garcilaso, Comentarios, liv. 5. ch. 15.

4 Dans la vallée de Chincha, les kuraka avaient des terres d'inégales grandeurs, suivant la distribution qui en avait été faite par l'Inka Yupanki, d'après C. de Castro (Relación, p. 218).

5 Historia, p. 114. Même remarque de Lugones à propos des réductions du Paraguay (El impe­rio jesuítico, p. 167).

6 Squier, Peru, p. 575.

7 Hanstein, Die Welt des Inka, p. 130.

8 Phillippovich in Trimborn, Der Kollektivismus, p. 605.

9 Crónica. Segunda parte, ch. I3. « Ces Indiens conservent très chèrement le souvenir du dernier de leurs Incas et s'assemblent de temps en temps pour célébrer sa mémoire. Ils chantent des vers à sa louange et jouent sur leurs flûtes des airs si lugubres et si touchants qu'ils excitent la compassion de ceux qui les entendent » (P. Morghen, Lettres édifiantes et curieuses, éd. de 1839, t. 5, p. 225.)

10 Historia, natural, t. 2, liv. 6, ch. I2. Aujourd'hui aussi, « servile et superstitieux, l'Indien finit par aimer les tyrannies qui l'oppriment » (Garcia Calderón, Les démocraties latines de l'Amérique. Paris, 1912, p. 330). Nous devons nous méfier des réponses obtenues par les Espagnols lors des enquêtes officielles, car les conquérants avaient intérêt à faire croire que les Inka avaient régné par la crainte et que leurs sujets supportaient impatiemment le joug (Tschudi, Contribuciones..., p. 30).

11 Ondegardo, De l'état du Pérou. Trad. franç., ch. 12.

12 Le progrès des sciences a été arrêté par l'impossibilité de discuter (Cevallos, Resumen, p. 162 et suiv.).

13 Ainsi il n'existait pas de système commode pour moudre le grain et c'est pour ce motif que le pain n'était pas la nourriture ordinaire (Garcilaso, Comentarios, liv. 8,ch. 7 ; v. suprà p. 137). Les lndiéns sont grands imitateurs de ce qu'ils voient, mais tès bornés dans leurs inventions. (FIé­zier, Relation, p. 240).

14 Pizarre n'agissait point par pure cruauté ; il avait conscience de ses devoirs, comme le prouve la lettre qu'il écrivait de Jauja à Hernando de Soto en 1534 pour lui recommander de bien traiter les Jndiens (Colección de documentos del Archivo de Indias, t. 42, p. 134).

15 Means, Indian legislation in Peru, op. cit., p. 526.

16 Von Buchwald, Propiedad rústica en tiempo de la colonia, op. cit., p. 3.

17 Tel le mayoral de la région de Riobamba (Rivet, Etude sur les Indiens de la région de Rio­bamba, op. cit., p. 64).

18 Des Andes au para, op. cit., p. 199. « L'Indien est sans ambition pour la richesse », remarque Frézier (Relation, p. 240). « On ne peut dire assez combien ils (les Indiens) montrent d'indifférence pour les richesses et même pour toutes les commodités. » (P. Bouguer, La figure de l aterre, p. 102).

19 Prescott, Histoire. Trad. franç., t. 2, p. 214.

20 Means, Race and society in the andean countries. American historical review, novembre 1918, p. 419.

21 De la orden..., p. 107.­

22 Descripción y relación de la ciudad de la Paz, op. cit., p. 72.

23 «L'Indien ne voit qne le présent, il ne songe pas au lendemain n. Grandidier, Voyage, op. cit, p. 69. – Bandelier, The Islands of Titicaca,..., p. 19 et Partie 3, n. 56.

24 Il en est ainsi pour les réserves de laine que constitue l'Indien en certaines régions du plateau (Colpaert, Des bêtes à laine des Andes, op. cit., p. 44). L'état de servitude des anciens Égyptiens avait également tué chez eux l'esprit de prévoyance (Maspéro, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, op. cit., t. I, p. 343).

25 Relación, p. 87.

26 V. Guevara, Derecho consuetudinario..., op. cit.

27 Le Pérou contemporain, op. cit., p. 17, note 2.

28 Bandelier, The Islands of Titicaca..., p. 13.

29 Cieza de León, Crónica. Primera parte, ch. LXXVIII.

30 Prescott, Histoire, Trad. franç., t. 1, p. 160. « Les Indiens se distinguaient par l'extérieur plus que par le fond, comme les enfants » (Lorente, Historia antigua, p. 326).

31 « Conçu ainsi le socialisme apparaît comme le plus insupportable rêve de médiocrité et de laideur que l'humanité ait fait » (Fournière, Les théories socialistes au XlXe siècle. Paris, 1904, p. 413).Bougainville indique la monotonie comme la caractéristique de la vie dans les Réductions du Paraguay (Chinard, L'Amérique et le rêve exotique dans la littérature française aux XVIIe et XVIIIe siècles. Paris, 1913. p. 373).

32 Estado del catolicismo, p. 162.

33 Pedro Sancho, Relación, p. 198.

34 Historia general, ch. CXCV.

35 Historia, p. 142.

36 Relación de las costumbres, p. 205. Ulloa et de Pauw s'obstinent à regarder l'Indien comme une brute, d'Orbigny s'efforce au contraire de le réhabiliter (L'homme américain, t. I, p. 174). De grandes controverses se poursuivent pendant tout le cours du XVIIIe siècle entre Jésuites et Franciscains, comme au XVIIe siècle entre Franciscains et Dominicains sur les vertus des sauvages d'Amérique. (L'influence des Jésuites, considérés comme missionnaires, sur le mouvement des idées au XVIIIe siècle. Mémoires de l'Académie de Dijon, 1874).

37 Bandelier, The Islands of Titicaca..., p. 19. – Bingham, Inca-Land, p. 102.

38 De l'état du Pérou. Trad. franç., ch. 12. Garcia Calderón se demande si c'est le milieu qui a permis la création de l'Empire, grâce à la faiblesse et à l'ignorance des hommes, ou bien si c'est la race des Inka qui est parvenue à discipliner les peuples jusqu'à leur donner un instinct d'obéissance et de servitude. (Le Pérou contemporain, op. cit., p. 18). La résistance désespérée des Kara, placés dans un milieu identique à celui de leurs vainqueurs, établit le bien-fondé de la deuxième proposition.

39 Peut-on dire, comme le fait Garcia Calderón, que l'Indien s'enivre pour oublier la douleur de son existence quotidienne, alors que déjà dans l'Amérique précolombienne l'amour immodéré de la boisson était son vice capital ? (Les démocraties latines..., op. cit., p. 330).

40 Comme dit d'Orbigny (L'homme américain, t. I, p. 274).

41 Ondcgardo, Copia de carta..., p. 460.

42 La quintessence du socialisme, op. cit., p. 51.

43 Les sujets de l'Inka, suivant P. Chalón, ne surent accomplir aucun progrès en agriculture ni dans le travail des mines, ni en métallurgie, ni en joaillerie (Los edificios del antiguo Perú, op., cit., p. 94). Si les Indiens sont réfractaires à la culture européenne, ils le doivent selon le Dr. Car­ranza à « la nature statique de leur caractère, sans analogie avec celle d'aucun autre peuple et race humaine et à la civilisation même qu'ils atteignirent sous le régime théocratique des Inka . » Colección de articulos, deuxième série, p. 48 in Prado y Ugarteche, Estado social del Perú durante la dominación española, op. cit., p. 160). « C'était ... une structure d'ensemble très harmonique dans toutes ses parties, une forme statique fortement équilibrée » (De Greef, Sociologie. Structure générale des sociétés, t. 2, p. 39). Ces conditions de vie des anciens Péruviens contrastent avec celles de notre existence actuelle, instable et précaire. Devons-nous considérer l'Empire des Inka comme un Etat stationnaire, au sens où Stuart Mill prenait ces mots ? (Principes d'économie politique, liv. 4, ch. 6. Suarez emploie cette épithète. Historia general, t. I, p. 239). Devons-nous croire qu'en détournant ses sujets de la lutte économique, le monarque leur permettait de poursuivre des buts plus élevés ? Nullement ; l'Inka en rivant le corps n'a pas libéré l'esprit ; il n'a pas substitué aux désirs qu'il limitait d'autres désirs de qualité supérieure.

Remarquons encore que le même arrêt dans l'évolution, la même cristallisation est visible en matière de religion. On ne trouve chez les Indiens ni mysticisme, ni profondeur de dévotion, ni élans de piété (Helps, The spanish conquest, t. 3, p. 344).

44 Tschudi, Contribuciones, p. 69. Sans aller jusqu'à admettre avec Ribot l'hérédité du génie, il faut bien reconnaître qu'un individu d'élite transmet dans une certaine mesure ses facultés à ses descendants.

45 García Calderón, Les démocraties latines, p. 329. Bandelier, The Islands of Titicaca, p. 77. M. Rouma cite de nombreux exemples de l'hostilité de l'Indien à toute innovation et en trouve la cause dans le système inka (Les Indiens Quitchouas et Aymaras des Hauts.Plateaux de la Boli­vie, Bruxelles, 1913, p. 60).

46 « L'Indien n'avait pas la permission d'être heureux à sa manière » (Prescott, Histoire. Trad. franç., t. I, p. 121). « Ce qui fera éternellement la gloire de ce sage Gouvernement, est que la maxime fondamentale du souverain était d'obliger même les sujets à être heureux. » (De Carli, Delle let­tere americane. Trad. franç., t. I, p. 202).

47 . Santa Cruz Pachacuti parle d'une famine qui aurait duré sept années et qui aurait fait de nombreuses victimes sous le règne de Tupak-Yupanki (An account of the antiquities, p. 97), mais ce renseignement demeure suspect, car cet auteur est le seul qui nous le fournisse et il est surprenant qu'une aussi longue période de misère, survenue à une date rapprochée de la conquête, ne soit pas restée dans le souvenir des Indiens.

48 Acosta, Historia natural, t. 2, liv. 6, ch. 15.

49 Dans le même sens, Brehm, Das Inka-Reich, p. 92.

50 « Celui qui envie autrui se fait du mal à lui-même », disait l'Inka Pačakutek. (Garcilaso, Comentarios. Liv. VI, chap. 36). Ce que regrettent aujourd'hui les habitants du plateau, quoique leurs désirs soient bien restreints, c'est le temps où ces désirs étaient plus restreints encore. Nous avons entendu la même plainte formulée en Equateur et au Maroc : l'étranger a donné aux indigènes des désirs nouveaux qui font leur tourment. Dans nos pays civilisés, les désirs croissent plus vite que les moyens de les satisfaire et voilà pourquoi tant d'individus qui jouissent d'un bien-être de plus en plus grand ne cessent de se lamenter et sont en réalité de plus en plus malheureux par leur propre faute.

51 Et pourtant « Le monde actuel incline avec le socialisme et la centralisation vers une organisation qui n'est pas très différente de celle des Inka ». (De la Riva-Agüero, Examen de los Comentarios, op. cit., p. 156). Nous avons brièvement tiré de l'expérience péruvienne quelques enseignements dans notre communication du 5 juillet 1927 à la Société d'Economie Politique (Journal des Economistes, 15 juillet 1927, p. 506, et L'Economiste français, 23 juillet 1927, p. 99).

52 Prescott. (Histoire. Trad. fr., t. I, p. 177) et Lorente (Historia antigua, p. 328) prétendent que le sentiment patriotique n'existait pas au Pérou. Pourtant l'État théocratique et socialiste des Réductions parait avoir créé au Paraguay une forte unité nationale ; on l'a bien vu lors de la terrible guerre de 1866. « La nation s'est formée dans les Missions », dit Sagot (Le communisme au Nouveau Monde, op. cit., p. 113). Chez les Inka, l'absence de sentiment patriotique s'expliquerait par ce fait que l'Empire était de date récente et que plusieurs de ses parties n'étaient pas encore unifiées (Jijón y Caamaño, Un cementerio incásico, p. 83 et 89. – Suárez, Historia general, t. I, p.66).


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Published by Cyber-résistant - dans Histoire
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Clovis Simard 13/07/2012 22:15


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