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We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

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The Center for Vigilant Freedom

2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 10:14

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Ce Depuis 1997, le processus de paix initié à Madrid et à Oslo au début des années 90 s'est progressivement grippé. Et depuis la fin septembre 2000, l'Intifada Al-Aqsa vient rappeler la violence du conflit identitaire qui oppose Israéliens et Palestiniens. Mais contrairement à l'idée selon laquelle Ariel Sharon porterait seul la responsabilité du nouvel embrasement des territoires occupés, c'est la stratégie belliciste de l'OLP et son rapprochement avec la mouvance islamiste qui frappent le plus. Certes, la marge de manoeuvre de Yasser Arafat est étroite face à une opinion palestinienne fascinée par la "victoire" du Hezbollah contre Tsahal au Sud-Liban. D'autant plus étroite que ses compatriotes commençaient à voir en lui un "collaborateur" de l'occupant israélien. Il n'empèche : la coopération étroite engagée entre l'Autorité palestinienne d'un côté, le Hamas et le Djihad islamique de l'autre, illustre le renforcement d'une synthèse national-islamiste que la politique moyen-orientale des Etats-Unis ne fait qu'aggraver depuis 1991. Au-delà de l'islamisation de l'Intifada, c'est à une montée du péril islamique que nous assistons. Mais l'"islamiquement correct" en vigueur en Europe et le retour d'un antisémitisme larvé nous empèchent de prendre conscience de l'enjeu.

 


L'islamisation de l'Intifada, ou le fondement religieux du conflit israélo-palestinien

Politique Internationale

 

 

 

 

Source : Politique Internationale

Le processus de paix entamé à Madrid et à Oslo au début des années 90 prévoyait la mise en place d'une « Autonomie palestinienne », embryon d'Etat doté de compétences propres(1). Depuis 1997, ce processus s'est progressivement grippé.

L'Autorité palestinienne reproche aux Israéliens de restreindre sa souveraineté en se réservant la possibilité d'intervenir discrétionnairement en zone sous contrôle palestinien, au nom de la lutte anti-terroriste et de la sécurité des implantations juives- colonies dont l'extension est, précisément, un casus belli pour les Palestiniens. De son côté, la partie israélienne prend prétexte de la « menace terroriste » pour ne pas appliquer les accords d'Oslo. Force est de reconnaître que, s'il constitue parfois un épouvantail utile pour les Israéliens, l'argument sécuritaire n'est pas pour autant dénué de fondements. L'Autorité palestinienne et ses forces spéciales ou alliées (Garde présidentielle, Force 17, Fatah, Tanzim (2)) ont, en effet, une attitude ambivalente envers les mouvements islamistes et terroristes. Yasser Arafat ne peut ni ne veut réellement les démanteler, tablant sur une nouvelle « stratégie de l'embrasement » et sur une islamisation du conflit. Ce qui explique que la seconde Intifada - déclenchée fin septembre 2000 et nommée « Intifada Al-Aqsa », en référence à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem - revête un caractère bien plus religieux que la première (1987-1993).

De Jérusalem à Camp David

Comme on l'a vu lors du sommet de Camp David II, en juillet 2000, le statut de Jérusalem divise non seulement les Israéliens et les Palestiniens, mais également les Israéliens entre eux. L'un des principaux reproches formulés par Ariel Sharon à l'encontre de son prédécesseur, Ehoud Barak, n'est-il pas d'avoir « sacrifié » sur l'autel des négociations « l'indivisibilité de Jérusalem » et abandonné les droits d'Israël sur le Mont du Temple ?

L'enjeu symbolique

Jérusalem, mentionnée près de 700 fois dans l'Ancien Testament, est à la fois le Lieu Saint par excellence du judaïsme, première des trois religions abrahamiques, la terre de prédication du Christ où se trouve le Saint-Sépulcre, et la « troisième ville sacrée » de l'Islam, après La Mecque et Médine. Pour les musulmans, Jérusalem (Al-Qods (3), c'est-à-dire « La Sainte »), abrite la « noble enceinte » - haram Al-Sharif - où se trouvent le Dôme du rocher et la mosquée Al-Aqsa. Pour les juifs, cette « Esplanade des Mosquées » est, depuis toujours, l'« Esplanade du Mont du Temple », puisqu'elle correspond à l'emplacement exact du premier temple (4) édifié près de deux mille ans avant le Dôme et la mosquée Al-Aqsa. Or la judéité de Jérusalem, attestée par les archéologues, est violemment niée par les Palestiniens, à commencer par le grand mufti de Jérusalem et par Yasser Arafat. Dans les représentations judaïques et sionistes, au contraire, Jérusalem est la capitale des juifs du monde entier « depuis le roi David », c'est-à-dire depuis 3004 ans. Ces quelques arpents de terre sont donc le lieu d'une triple légitimité religieuse. Aussi le statut de la Ville sainte est-il l'enjeu d'une véritable guerre de représentations symboliques et spirituelles. Il est au coeur d'un « conflit identitaire » (5).

En présentant la visite de M. Sharon sur l'Esplanade, le 28septembre 2000, comme une «provocationsioniste» ou une « profanation envers l'islam », la grande presse et les milieux philo-palestiniens déformaient, par conséquent, la réalité. D'abord, ils occultaient la dimension judaïque de l'Esplanade, accréditant la thèse musulmane selon laquelle il s'agirait d'un site « sacré » exclusivement islamique. Ensuite, ils reconnaissaient objectivement la légitimité de la rébellion palestinienne et faisaient endosser au seul Ariel Sharon la responsabilité de la nouvelle Intifada.

La réalité est, bien évidemment, moins manichéenne. La visite du « faucon » Sharon avait été agréée par le Waqf, l'institution islamique palestinienne qui gère l'Esplanade. Ariel Sharon avait du reste procédé, les années précédentes, au même déplacement sans jamais susciter pareille indignation médiatique. Il faut également préciser qu'une manifestation anti-Sharon avait été autorisée au même moment, ce qui justifiait la présence de 400 policiers - et non de « 5 000 soldats » comme certains l'ont prétendu (6). Enfin, l'argument de la « profanation » ne tient pas : Sharon, peu religieux, n'a jamais prié sur l'Esplanade.

L'échec de Camp David

Lors du sommet de Camp David, à l'été 2000, Ehoud Barak, en dépit du caractère central que revêt le Mont du Temple pour les juifs dans leur ensemble, et dans la formation de l'identité israélienne en particulier, avait pourtant envisagé de renoncer aux prétentions israéliennes sur l'Esplanade et sur Jérusalem-Est. Il était allé beaucoup plus loin que tous ses prédécesseurs, reconnaissant même Al-Qods - au cours de divers entretiens - comme la capitale palestinienne, en échange de l'annexion des confins municipaux de Jérusalem (Givat Ze'ev, Ma'ale Edomim et Gush Etzion). Dans la dernière phase des pourparlers de paix (et dans le Plan Clinton de décembre 2000), il était question de restituer aux Palestiniens 97 % des territoires, y compris à Jérusalem-Est. En renonçant, fût-ce partiellement, à la souveraineté israélienne sur les quartiers arabes de la ville, le premier ministre espérait obtenir, en contrepartie, la paix. Or c'est le contraire qui se produisit. Les concessions offertes encouragèrent Arafat - négociateur bien plus expérimenté que Barak et soumis à de fortes pressions de la part des radicaux - à exiger encore plus(reconnaissance préalable de la souveraineté palestinienne sur l'ensemble de Jérusalem-Est ; retour des réfugiés).

La victoire des radicaux

La stratégie des radicaux palestiniens a toujours consisté à faire échouer les accords de paix. Les premiers attentats perpétrés dans les autobus et dans les supermarchés en Israël même (Jérusalem, Tel-Aviv, Netanya, etc.) avaient suivi de peu la célèbre poignée de main échangée par Itzhak Rabin et Yasser Arafat lors de la Déclaration de principes (accords d'Oslo) du 13 septembre 1993. Le but était de déclencher, par réaction, un vote des Israéliens en faveur de candidats « de droite » moins « pacifistes », ce qui se produisit en 1996 lors du triomphe de Benyamin Netanyahou. Les radicaux palestiniens espèrent ainsi discréditer les Israéliens, en stigmatisant les « faucons » dont ils ont facilité l'accession au pouvoir. L'assassinat de Rabin, en novembre 1995, par un ultra-nationaliste religieux israélien qui accusait le dirigeant travailliste d'avoir « trahi » Israël et compromis sa sécurité en « pactisant » avec l'« ennemi », semble confirmer cette alliance des « durs » des deux bords. Quant à la victoire électorale de Sharon, en 2001, elle apparaît, elle aussi, comme une réponse «sécuritaire» face au terrorisme.

Contrairement à l'idée selon laquelle Ariel Sharon en serait le principal responsable, la nouvelle flambée de violence dans les territoires occupés résulte, avant tout, des concessions d'Ehoud Barak et de la stratégie belliciste choisie par l'OLP, le Fatah et leurs alliés islamistes. Comment imputer l'échec de Camp David à Sharon alors que les germes de l'Intifada étaient perceptibles dès le 25 juillet 2000, lorsque Yasser Arafat, poussé par les radicaux et par plusieurs pays musulmans (Arabie Saoudite, Syrie et Iran), rejeta toutes les propositions de paix formulées par Ehoud Barak, Hosni Moubarak et Bill Clinton ?

Rétrospectivement, on s'aperçoit qu'avec la libération, au cours de l'année 2000, d'une centaine d'activistes du Hamas et du Jihad islamique, et surtout depuis le retrait sans conditions de Tsahal du Liban-Sud en mai 2000, l'ancien premier ministre israélien a non seulement signé son arrêt de mort politique, mais a incité les mouvements palestiniens les plus agressifs à reprendre la lutte.

Du point de vue israélien, le vote en faveur d'Ariel Sharon consiste à subordonner toute concession à des garanties en matière de sécurité. On attend d'Arafat qu'il prenne des mesures contre l'infrastructure terroriste. Ce que, contrairement aux promesses faites à Oslo, il n'a jamais fait. Certes, la marge de manoeuvre de Yasser Arafat est étroite : la répression contre le Hamas et le Djihad islamique, de plus en plus populaires, risque de fragiliser son propre pouvoir. Car avant le déclenchement de la nouvelle Intifada, Arafat avait déjà perdu une grande part de sa légitimité historique. Les Palestiniens, de plus en plus fascinés par l'« héroïsme » du Hezbollah, s'indignaient de la politique répressive conduite par l'Autorité contre les fedayin islamistes. Pour nombre de responsables palestiniens radicaux, Arafat commençait même à être assimilé à un « collaborateur » des forces « colonialistes sionistes ». En fait, l'application du volet sécuritaire des accords d'Oslo constituait, en elle-même, un facteur de délégitimation pour Yasser Arafat, contraint de faire le « sale boulot » pour le compte de l'« occupant ».

Désormais, les islamistes, à commencer par le Hezbollah, coopèrent étroitement avec la troupe la plus loyale d'Arafat, la Garde présidentielle, tout comme avec les autres structures théoriquement soumises à son autorité, Fatah et Tanzim. Un courant islamiste a, au demeurant, toujours existé au sein du Fatah. Et Yasser Arafat lui-même fut, jadis, membre des Frères musulmans avant de refonder, par la création du Fatah, le nationalisme palestinien aux côtés de cadres « laïques » ou chrétiens. Ce même Fatah tente actuellement de couper l'herbe sous le pied du Hamas en développant son image «islamique». Fait largement passé sous silence par la presse, les islamistes ne sont pas seuls en cause dans les événements actuels. Le Tanzim de Marwan Barghouti, chef du Fatah en Cisjordanie, et le Fatah dans son ensemble contrôlent en réalité, depuis le début, l'Intifada Al-Aqsa. Hostile au volet sécuritaire des accords d'Oslo, Barghouti porte, d'ailleurs, une lourde responsabilité dans l'échec des négociations de Camp David II au cours desquelles il avait exigé un retrait israélien total des territoires occupés depuis 1967.

Qui est Marwan Barghouti ? Chef de file des radicaux, considéré comme l'un des successeurs potentiels de Yasser Arafat, il bénéficie d'un avantage par rapport au président de l'Autorité palestinienne. Car si cette dernière, fille de l'exil, incarne l'ancienne génération, le Tanzim, lui, se targue d'être une structure locale, vraiment représentative des Palestiniens des Territoires. Dès lors, quand bien même M. Arafat essaierait sincèrement de tenir les engagements anti-terroristes pris à Oslo, rien n'indique que les autres tendances de l'OLP, à commencer par celle de Barghouti, ont renoncé à la raison d'être du nationalisme palestinien : la destruction de l'Etat hébreu. Quant aux islamistes, ils ne se contentent pas de dénoncer les excès israéliens (« apartheid ethnique », installation de colons, etc.) : ils contestent Israël dans son existence même.

Le refus islamique du « pouvoir infidèle »

Ce qui est insupportable pour les islamistes, en effet, ce n'est pas tant la présence de juifs en terre d'islam que la reconstitution, en 1948, d'un espace juridico-politique « infidèle » autonome, en plein coeur du dar al-Islam (« territoire de l'islam »). Al-Qods ne saurait devenir la capitale de l'Etat israélien, et il est impensable que des musulmans autochtones soient gouvernés par des dhimmis (7). Le problème des Israéliens est, à cet égard, voisin de celui des chrétiens libanais à qui les musulmans reprochaient - cause réelle de la guerre civile de 1975-1989 - de détenir un pouvoir politique sur les «Vrais croyants».

Désireux de ne pas perdre sa légitimité auprès d'une base gagnée aux thèses radicales, Yasser Arafat n'hésite plus à jouer sur le registre religieux. Il fait ainsi, de facto, le jeu des islamistes qui justifient le refus de donner le contrôle de Jérusalem aux Infidèles par les textes sacrés de l'islam désignant les juifs comme des « impurs » (Coran, IX, 28 et IX, 113), sur lesquels pèse la « colère d'Allah » (I, 7). Le Coran interdit non seulement aux musulmans de se lier d'amitié avec les Infidèles (V, 56), mais il accuse chrétiens et juifs d'avoir « falsifié » les écritures Saintes qui leur avaient été révélées par Dieu (II, 72 ; II, 73). Après avoir « violé » l'Alliance avec Dieu (IV, 154), ils auraient sciemment nié les signes divins (III, 63), ce qui décida Allah à les maudire (V, 16) et à leur promettre l'enfer éternel (III, 112).

Les islamistes déploient une force de mobilisation considérable lorsqu'ils font de l'Etat sioniste une forme moderne du colonialisme occidental, lui-même issu de la Croisade (Salibiyyia). Dès lors, Israël devient l'incarnation contemporaine de l'« agression démoniaque » perpétrée contre les «Vrais croyants» par les « Infidèles » depuis 622. « Nous assistons actuellement - écrit l'un des grands idéologues islamistes contemporains, Sayyid Qotb, disciple du fondateur des Frères musulmans Hassan El-Banna - au vaste rassemblement des démons humains, croisés, sionistes, idolâtres et communistes, qui divergent entre eux mais convergent en une même offensive contre l'Islam pour détruire l'avant-garde des mouvements de la résurrection islamique sur la terre » (8). Or il est évident qu'au sein de cette « confédération anti-islamique », l'« Occident croisé » (el-Gharb el-salibi) détient une très grande part de responsabilité. Un Occident que les islamistes assimilent toujours au christianisme.

L'exode des chrétiens arabes

Certains responsables religieux chrétiens, occidentaux ou palestiniens, tel Mgr Sabbah (9), se sont lancés dans une surenchère de propos anti-israéliens, pensant de la sorte inciter les islamistes à les épargner au nom de l'alliance contre l'« ennemi sioniste commun ». Leur tentative apparaît d'autant plus vaine que la laïcité n'a pas du tout le même sens en Orient qu'en Europe. La sourate de « la Table servie » souligne l'hostilité et la collusion des Infidèles (juifs et chrétiens)entre eux : « Ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les prend pour amis est des leurs. » Nombre de chrétiens palestiniens qui, comme leurs frères de tous les pays arabo-musulmans, font figure de « cinquième colonne » des Occidentaux, préfèrent donc l'exil aux brimades, discriminations ou persécutions dont ils sont victimes.

Même s'ils n'osent généralement pas le dire, les Palestiniens chrétiens savent que leur avenir risque d'être assombri par la ré-islamisation du mouvement palestinien. Et la promesse de Yasser Arafat de « faire flotter le drapeau palestinien sur toutes les églises et les mosquées » renforce leurs craintes. Dans ce contexte, la récente visite de Jean-Paul II en Syrie témoigne à sa manière de la situation de « dhimmitude » des chrétiens d'Orient, contraints pour survivre de faire le jeu de l'islam et des tyrannies en place. Non seulement le Saint-Père a accusé indirectement Israël, sans souffler mot de l'occupation syrienne du Liban, mais on a vu Bachar Al-Assad entonner, devant un pape amoindri, le vieux refrain antisémite qui fait des juifs le « peuple déicide », collectivement coupable d'avoir « tué le Christ ».

Les inquiétants signes de radicalisme islamique constatés dans le monde entier, et jusque dans les banlieues françaises (attaques de synagogues par des groupes de Beurs lors du déclenchement de l'Intifada Al-Aqsa), ne doivent pas être perçus comme de simples « réactions désespérées » (Gilles Kepel) que l'on pourrait calmer aisément en se « désolidarisant » d'avec Tel-Aviv ou en condamnant Ariel Sharon. Certes, il est plus urgent que jamais de faire en sorte qu'Israël s'entende avec ses voisins arabo-musulmans et fasse reculer la haine anti-sioniste en trouvant une solution équitable pour les Palestiniens. Mais indépendamment des responsabilités israéliennes, ces signes constituent des facteurs aggravants du conflit et des indications précieuses sur ses sources religieuses. Ils participent du défi lancé par l'islamisme international aux démocraties occidentales dans leur ensemble, dont le gouvernement d'Ariel Sharon est, qu'on le veuille ou non, un avant-poste en Orient.

Le jihad contre les « Judéo-Croisés »

La révolte palestinienne est autant un jihad contre les Infidèles qu'une simple Intifada. Lors des funérailles des « martyrs » palestiniens tombés sous les balles israéliennes, les processions s'accompagnent systématiquement du cri de ralliement « Allah ou Akbar », et les militants du Fatah y brandissent le drapeau jaune et noir du Hezbollah. Des fatwas transformant les fedayin palestiniens en « martyrs de l'islam » sont édictées d'une extrémité à l'autre du monde islamique, de l'université d'Al-Azhar, en Egypte, à l'Afghanistan des Talibans. C'est ainsi que le mufti de Jérusalem, cheikh Ikrima Sabri, en appelle à la « libération complète » non seulement de Jérusalem mais de toute la Palestine, encourageant les enfants palestiniens au « sacrifice » et au « martyre ». Interrogé par le journal Al Ahram al-Arabi (27 octobre 2000), le grand mufti déclare : « Chaque Palestinien est, en fait, en état de jihad ; je pense que le martyr est heureux parce que les anges le conduisent à son mariage avec le Ciel (...). Plus jeune est le martyr, plus je l'estime et le respecte (...). En sacrifiant volontairement leurs rejetons, les mères participent à la grande récompense du jihad qu'est la Libération d'Al-Aqsa (...). Je n'ai jamais salué un seul juif, ce sont les créatures les plus couardes qu'Allah ait jamais créées. » Sortant de son habituelle réserve, le grand mufti de La Mecque, Oussama Ben Abdellah Khayat, appelle lui aussi au jihad : « Le sacrifice de soi est le plus noble des sacrifices pour la défense de l'islam », précisait-il lors de la prière du vendredi 20 octobre 2000 consacrée aux « martyrs (chahid) de l'Intifada ».

Cette sortie du religieux wahhabite contre les « sionistes » ne signifie pas pour autant que les Saoudiens se soucient du sort des populations palestiniennes. Les réfugiés, on le sait, ne furent jamais soutenus par les pays du Golfe. En dénonçant l'« arrogance israélienne », la position de l'imam répond en réalité à deux objectifs : tout d'abord, redorer le blason de la monarchie wahhabite auprès des masses arabo-islamiques, devenues anti-saoudiennes depuis la guerre du Golfe et l'installation de GI's américains sur la terre d'Arabie - et cela, bien qu'elle soit interdite aux Infidèles. Ensuite, l'imam rappelle l'essence religieuse du conflit et l'interdiction islamique faite aux dhimmis d'exercer un pouvoir sur de «Vrais croyants».

Au plan politique, le prince héritier Abdallah, dont les positions fondamentalistes sont notoires, a pesé de tout son poids politico-financier pour pousser Arafat à saborder les accords de paix. Lors de la conférence de la Ligue islamique à Doha, Abdallah a même menacé de rompre les relations diplomatiques avec les Etats-Unis si les Américains transféraient leur ambassade à Jérusalem. Abdallah, bien plus américano-sceptique que son père et que les membres du clan pro-occidental des Sudaïris, représente, au sein des classes dirigeantes saoudiennes, l'un des pôles les plus proches de la mouvance islamiste et du wahhabisme traditionnel. Signe des temps, la compagnie McDonald's a dû, pour ne pas être expulsée du Royaume, accepter de financer les hôpitaux palestiniens.

Bref, grâce au soutien des piliers mondiaux du fondamentalisme, les islamistes sont parvenus à attiser les braises religieuses du conflit israélo-palestinien. Et ils en ont fait un affrontement religieux qui s'inscrit dans le cadre du choc des civilisations entre l'Occident judéo-chrétien et l'islam. Certes, ils n'ont pas tort de mettre l'accent sur l'injustice et la misère qui frappent les Palestiniens des camps et des territoires occupés. Mais pourquoi passent-ils sous silence les millions de dollars que leur octroient les pays du Golfe et l'Iran, voire l'Irak, pour promouvoir le fanatisme et acheter des armes ? Désireux de compromettre tout processus de paix et de pousser Israël à la faute, via l'Intifada et les attentats terroristes, les islamistes adoptent la stratégie du harcèlement qui est celle du Hezbollah et endossent le rôle du David musulman défiant le Goliath israélien.

L'islamisation de l'Intifada

Pour les Palestiniens, le retrait (volontaire) de Tsahal du Sud-Liban, en mai 2000, fut perçu comme une manifestation de l'« héroïsme islamique ». Désormais, les forces radicales tels le Hamas ou le Jihad islamique semblent, seules, capables de vaincre les « Judéo-Croisés ».

Aussi n'est-il pas si surprenant que des nationalistes palestiniens « laïques », comme l'ex-communiste Barghouti, fassent aujourd'hui cause commune avec le Hamas et le Hezbollah. Les islamistes palestiniens et le Tanzim s'inspirent de l'action du Hezbollah libanais : multiplication des embuscades pour bloquer les couloirs reliant les implantations juives à Israël et empêcher l'entrée de Tsahal dans les enclaves palestiniennes ; généralisation des attentats kamikazes, pourtant longtemps rejetés par les islamistes sunnites (y compris durant la première Intifada).

L'effet Hezbollah

Le départ israélien du Sud-Liban fut célébré, dans tout le monde arabe, comme « un premier pas vers la libération de la Palestine et des Lieux Saints de Jérusalem ». Depuis, le prestige du Hezbollah n'a cessé de croître et ses coups d'éclat ont été salués avec enthousiasme. Le 7 octobre 2000, le «Parti de Dieu» s'emparait de trois soldats israéliens en patrouille dans la zone frontalière du Liban. Le 16 octobre, il enlevait, à Lausanne, Elchanan Tannenbaum, colonel de réserve de l'aviation israélienne et consultant auprès des plus grandes firmes électroniques et de communication militaire de l'Etat hébreu, Tadiran et Rafael. Ces deux opérations témoignent du très haut niveau de capacité opérationnelle atteint par le « Parti de Dieu ».

Le Hezbollah libanais est plus présent que jamais en Palestine. Ses drapeaux -le fait est nouveau- sont exhibés autour de la Coupole du Rocher et de la mosquée d'Al-Aqsa. Nombre d'étudiants, d'intellectuels et de militants politiques, y compris ceux qui n'ont jamais eu de sympathies pour l'islamisme politique, exhortent les dirigeants palestiniens à imiter le Hezbollah. C'est que l'ancien groupuscule extrémiste chiite, créé dans les années 80 par les services secrets iraniens, est devenu une véritable force politique régionale dotée d'une légitimité « résistante » jusque chez les « laïques » ou les non-musulmans (chrétiens, druzes, etc.).

Désigné à la tête du Hezbollah en 1992, à la mort de son prédécesseur Abbas Moussaoui, le cheikh Nasrallah est le principal artisan de la métamorphose du mouvement terroriste en parti politique au rayonnement international. Le Hezbollah, qui dispose d'un puissant groupe parlementaire à Beyrouth, gère des banques, des biens immobiliers, des écoles, des hôpitaux et des organismes d'assistance sociale. Il contrôle des journaux, des radios, une chaîne de télévision (Al-Manar, « le Flambeau »), et possède un site Internet (www.hizbollah.org). Sa popularité, non seulement au sein de la société palestinienne mais dans l'ensemble du monde arabe, est illustrée par le succès croissant d'Al-Manar diffusée par satellite depuis le début de l'Intifada. La chaîne n'a pas eu de difficultés à étendre son audience au-delà des frontières du Sud-Liban. De l'Algérie à la Palestine, les images de commandos suicide ont galvanisé les masses.

Mais cette « force de frappe culturelle » n'est pas la seule ressource dont disposent les 20 000 miliciens du mouvement, qui ne manquent ni d'armes ni de fonds. Les liens avec Damas et Téhéran demeurent étroits. L'Association de secours mutuel pour les blessés et les mutilés de guerre et la Fondation des martyrs sont jumelées avec les richissimes associations homonymes iraniennes. Impressionnant, l'arsenal du Parti de Dieu est composé de missiles anti-chars à haute précision (les Tow américains, hérités de l'affaire Iran-Contras), de mortiers de 120millimètres, de mines télécommandées ou encore de missiles iraniens Al Fajr 3 et 5. On le voit : nul ne devrait sous-estimer le potentiel économique, financier, politique et militaire du Hezbollah. A la différence d'Arafat, contraint de faire des concessions et de renoncer au thème fondateur de la « destruction d'Israël », il persiste en effet à prêcher l'anéantissement de l'Etat sioniste. Mais le Hezbollah n'est pas le seul à tirer sa légitimité de son maximalisme.

La popularité du Hamas

En octobre 1997, le chef historique du Hamas, cheikh Ahmed Yassine, fut libéré en échange de quatre agents du Mossad. Depuis, son parti, installé à Gaza et étroitement lié au Hezbollah, s'emploie à saper le pouvoir de Yasser Arafat. La popularité du Hamas au sein de la société civile palestinienne est indéniable. Elle repose principalement sur l'action caritative et sociale du mouvement, doté de fonds considérables en provenance du Golfe, d'Iran et des diasporas islamiques d'Europe et des Etats-Unis. Ainsi, le Hamas se substitue partiellement à l'Autorité palestinienne en assumant des missions que cette dernière n'est pas en mesure de remplir. Parallèlement, ce sont les brigades Ezzedine al-Kassam, bras armé du Hamas, qui sont responsables de la majeure partie des attentats perpétrés, depuis 1997, contre des objectifs israéliens. Et c'est avec leur concours que les branches les plus radicales de la Centrale palestinienne ont sabordé les accords de paix et relancé l'Intifada.

Rapprochement avec Téhéran

Il n'est pas inutile de rappeler que Yasser Arafat, ces dernières années, s'est rapproché de Téhéran, parrain du Hezbollah. Ce rapprochement s'inscrit, à l'évidence, dans le cadre de la nouvelle orientation national-islamiste du mouvement palestinien, de plus en plus instrumentalisé par les différentes mouvances de l'islamisme mondial qui se livrent à une véritable concurrence pour récupérer la très porteuse cause palestinienne. Le 10août 2000, Arafat s'est rendu à Téhéran, qui venait de retrouver la présidence de la Conférence islamique mondiale. Il exposa aux dirigeants iraniens les raisons de l'échec des accords de Camp David et demanda l'aide du président Khatami pour « la libération des Lieux Saints d'Al-Qods » (10). En réponse, le gouvernement iranien prôna l'unité de toutes les « forces de résistance palestiniennes », du Hamas et du Jihad islamique aux « laïcs » du Fatah en passant, naturellement, par le Hezbollah, atout principal de Téhéran. C'est également à Téhéran que sera décidée une rencontre entre Arafat et la personnalité montante du Hamas, Khaled Mashal, physicien originaire de Ramallah qui vit semi-clandestinement au Qatar. Au début d'octobre, Khaled Mashal avait évoqué ses relations avec Arafat devant Khatami et Khamenei. Ces derniers ont alors aussitôt décidé de renouveler leur appui politique et financier au Hamas. En novembre, le même Mashal s'entretint avec Arafat à l'occasion de la Conférence islamique de Doha. Du point de vue iranien, on le voit, l'Intifada Al-Aqsa n'est pas un phénomène exclusivement palestinien : elle participe de « la lutte contre les ennemis de l'Islam dans le monde ».

La synthèse national-islamiste

Jusqu'à la fin de la guerre froide, les Etats islamiques les plus fondamentalistes - du Pakistan à l'Arabie Saoudite - n'avaient jamais rien entrepris de concret pour venir au secours des « frères » de Palestine, trop liés à leurs yeux au bloc de l'Est. Le nationalisme palestinien faisait figure, à l'époque, d'entreprise « impie ». D'une part, parce que le nationalisme constitue, pour les islamistes, le péché politique suprême. Assimilé au « séparatisme » (ina'ziliyya), il est accusé de diviser la communauté musulmane. D'autre part, on reprochait à l'OLP d'être noyautée par des « apostats » marxisants, parfois d'origine chrétienne, tels Georges Habbache ou Ibrahim Souss. Tout autre est la situation depuis la chute du mur de Berlin et la seconde guerre du Golfe.

Le tournant géopolitique de 1991

Avec la disparition de l'URSS, le mouvement nationaliste arabe perd l'un de ses plus précieux appuis extérieurs, cependant que les Etats-Unis et Israël prennent leurs distances avec une mouvance intégriste qu'ils avaient encouragée mais qui se retourne contre eux lors de l'opération Tempête du désert. On assiste alors à une véritable révolution géostratégique à l'intérieur de l'islamisme sunnite, longtemps tenu pour un contrepoids « conservateur » et « pro-occidental » à l'islamisme révolutionnaire iranien.

Depuis 1991 donc, le nationalisme arabe s'est partiellement réconcilié avec l'islamisme, avant d'être peu à peu phagocyté par ce dernier. L'islamisme se prévaut, en effet, d'une plus grande légitimité idéologico-religieuse que le nationalisme laïcisant de type baassiste (Irak, Syrie), dont l'origine philosophique occidentale est « impie ». Partout dans le monde arabo-musulman, l'option pan-arabe, socialisante et nassérienne laisse la place à la « solution islamique », « autochtone » et non héritée de la colonisation. Cette évolution explique, en grande partie, la ré-islamisation soudaine non seulement du régime de Saddam Hussein, contraint de suivre la mode « national-islamiste » pour retremper sa légitimité, mais également de révolutionnaires ou terroristes pro-palestiniens comme Ibrahim Abdallah ou Carlos(11).

La guerre du Golfe est le moment fondateur de la synthèse « arabo-islamiste » révolutionnaire. La « croisade » contre l'Irak suscitera une réaction anti-occidentale extrêmement violente de nombreux islamistes, jadis financés par les services secrets saoudiens, pakistanais et américains. Ce sera l'occasion pour les islamistes, au départ fort peu enthousiasmés par le régime « impie » de Saddam Hussein, de reconstruire leur légitimité populaire et d'opérer une « OPA » sur le nationalisme arabe. Saddam, l'ancien « apostat » fasciné par Nabuchodonosor, se met à jouer la carte islamique pour rassembler son peuple et les nations musulmanes. L'Irak, champion de l'anti-islamisme au cours de ses dix années de guerre contre l'Iran khomeyniste, se ré-islamise (12) : construction de gigantesques mosquées, diffusion de programmes télévisés islamiques, recrudescence des sentiments anti-occidentaux et anti-chrétiens, inscription sur le drapeau de la mention « Allah ou Akbar », etc. Saddam se lance même dans une surenchère avec les islamistes sur le terrain symbolique et hautement mobilisateur de la lutte contre l'« Occident croisé » et l'« occupation d'Al-Aqsa ».

D'où le lien étroit entre les théâtres palestinien et irakien. Peu après le déclenchement de la nouvelle Intifada, en novembre 2000, près de 4 millions de jeunes Irakiens ont signé un « livre blanc » de soutien aux « frères » des territoires occupés. Le gouvernement lance une vaste campagne de solidarité, suscitant une telle ferveur que le thème de la « libération » de Jérusalem et de la Palestine a désormais détrôné celui de la nation irakienne « agressée », Saddam Hussein se présentant comme le « nouveau Saladin » venu « libérer la Oumma » arabo-islamique « occupée » par les «Judéo-Croisés». Telle est la grille de lecture passionnelle non seulement de millions d'Irakiens, d'autant plus enclins au fanatisme qu'ils souffrent depuis de longues années, mais aussi d'une large fraction des masses arabes.

La périlleuse stratégie islamo-pétrolière des Etats-Unis

Quoi que l'on pense de la guerre du Golfe et de l'embargo contre l'Irak, ce dernier pénalise gravement, depuis dix ans, les seules populations civiles. La politique américaine « des raids et des embargos » (général Gallois dixit) et la présence de GI's en Arabie Saoudite ont, sans conteste, nettement contribué à la radicalisation des masses arabo-musulmanes qui y voient une agression «impérialiste» liée à un « complot sioniste ». Cette évolution, qui dégrade encore la très négative image de l'Etat hébreu dans la région, risque fort de compromettre toute résolution du conflit israélo-palestinien. Voilà dix ans, le stratège américain Edward Luttwak prédisait que l'intervention occidentale nuirait, à terme, aux intérêts et à la sécurité d'Israël. Le déclenchement d'une vague de haine anti-occidentale et judéophobe sans équivalent depuis les Croisades semble lui donner raison.

La guerre du Golfe fut livrée, on le sait, pour des raisons essentiellement pétrolières. Mais elle fut, également, un conflit pour la défense d'Israël, ce qui déboucha sur une fanatisation anti-israélienne au sein du monde arabo-musulman. Les mouvements islamistes et les dirigeants arabes (Saddam Hussein, Bachar Al-Assad) ou palestiniens s'accordent aujourd'hui pour décrire de façon symétrique le drame des peuples palestinien et irakien.

Les dirigeants américains ont beau le présenter (avec raison) comme une garantie de sécurité pour Israël, le maintien des sanctions contre l'Irak a également une autre finalité. Il doit, avant tout, permettre aux Etats-Unis de contrôler et de réguler le marché du pétrole à la faveur du protectorat de fait qu'ils ont instauré, dans le Golfe, depuis 1991. L'Irak est ainsi, au gré des priorités économiques américaines du moment, tantôt exclu tantôt réintégré sur le marché international du brut. Mais la géopolitique du pétrole étant inséparable de celle de l'islamisme sunnite, la « diplomatie coercitive » de Washington renforce puissamment les passions anti-occidentales. L'« arrogante » politique américaine dans la région (Samuel Huntington) constitue une source de conflit majeure entre l'Occident et l'Islam. Mais les Etats-Unis peuvent se permettre de continuer à souffler sur les braises de l'islamisme revanchard. Primo, parce que ce nouvel ennemi est plus utile que réellement menaçant pour Washington. Secundo, parce que le projet de bouclier antimissile (MD) et les lois de la géographie inciteront les Cavaliers d'Allah à déverser prioritairement leur haine anti-impérialiste sur les éléments les plus vulnérables de l'entité « occidentale » : Israël et la vieille Europe, « ventre mou » de la famille occidentale (général Gallois). L'ambivalence de la politique étrangère américaine, faut-il le préciser, est lourde de dangers. La stratégie pétrolière et pro-wahhabite de Washington risque d'être compromise par son soutien, de plus en plus « encombrant », à Israël. Si bien que, à moyen ou long terme, l'hypothèse d'un lâchage partiel d'Israël par son protecteur américain n'a plus rien de farfelu.

Une perception faussée du phénomène

Parallèlement, une nouvelle forme de terrorisme intellectuel sévit en Occident. Cet « islamiquement correct » s'interdit de comprendre l'une des raisons profondes, « civilisationnelle » et religieuse, de l'exacerbation du conflit israélo-palestinien. Cette autocensure s'accompagne, particulièrement en France, d'autres phénomènes tels que la désinformation et l'instrumentalisation idéologique de la question israélo-palestinienne.

Le conflit israélo-palestinien est inséparable du contexte géopolitique proche et moyen-oriental. Il doit être analysé en tenant compte de la montée générale d'un fanatisme islamiste et d'un anti-sionisme qui masquent mal la recrudescence des idéologies antisémites. Les liens entre national-socialisme d'une part, panarabisme et islamisme de l'autre, sont bien souvent occultés afin de conforter la perception manichéenne de «victimes» palestiniennes et musulmanes luttant contre les «colonisateurs» israélo-occidentaux. Résultat de cette analyse aussi partielle que partiale du conflit : on est parvenu, en fin de compte, par une étrange ruse de l'Histoire, à faire d'Israël un Etat « fasciste », seul responsable de la situation régionale.

« Islamiquement correct » et instrumentalisation de la Shoah

En fait, si l'une des parties au conflit a entretenu des liens avec les régimes européens d'extrême droite des années 30, c'est bien le radicalisme palestinien ! Le nationalisme palestinien fut créé dans l'entre-deux-guerres par le grand mufti de Jérusalem, Al-Hadj Amin Al-Husseini, ami personnel d'Hitler. C'est à son instigation que furent formées des légions SS musulmanes bosniaques et albanaises (13). Plus tard, nombre de personnalités nazies, accueillies dans les pays arabes après la défaite de 1945, prêteront main forte aux terroristes palestiniens et aux régimes arabes nationalistes (Irak, Syrie et Egypte nassérienne). Depuis les années 70-80, heures les plus sanglantes du terrorisme palestinien, pro-arabes d'extrême droite et milieux palestiniens(14) n'ont jamais cessé de coopérer. Ajoutons que, jusque dans l'entourage de Yasser Arafat (15), on continue de s'inspirer des Protocoles des Sages de Sion (16), référence fort prisée dans les écoles palestiniennes, tandis que Mein Kampf reste un best-seller dans le monde arabe.

Il n'empêche : pour beaucoup d'Occidentaux, le Palestinien joue le rôle de nouvelle « victime essentielle », d'où la nécessité de « fasciser » Israël et de retourner la Shoah contre ses victimes historiques et leur postérité. Les raisons en sont multiples : au plan électoral, les partis politiques tentent de s'attirer les suffrages des communautés musulmanes ; d'un point de vue psychologique, l'Occident ressent une vive culpabilité face aux anciens peuples colonisés ; idéologiquement, enfin, l'Islam représente l'antithèse de l'Occident, honni par la gauche « anti-impérialiste ». Quoi qu'il en soit, on assiste, depuis l'accession au pouvoir de l'« extrémiste de droite » Ariel Sharon, à une instrumentalisation médiatique tous azimuts des douleurs de l'Holocauste. Le but est, naturellement, de diaboliser Israël, tout comme on diabolisa la Serbie pour justifier la campagne militaire de l'OTAN (17). En qualifiant de « génocide » la mort de 3 000Kosovars qui, pour la plupart, étaient des terroristes de l'UCK, on procéda à une grave « banalisation de la Shoah »(18). Claude Lanzmann, Simon Wiesenthal ou Simone Veil s'en indignèrent à juste titre. De même, aujourd'hui, les islamistes palestiniens mais aussi les journaux égyptiens représentent les soldats de Tsahal avec des casques frappés de la croix gammée !

Tout se passe comme s'il était devenu impossible de dénoncer les violences politiques autrement qu'en déployant un arsenal idéologique et émotionnel emprunté à l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Procédé d'autant plus inapproprié que, en ex-Yougoslavie comme au Proche-Orient, ce sont précisément les adversaires et les victimes du national-socialisme que l'on réduit « ad Hitlerum » (19). L'identité de l'Etat hébreu repose en partie sur la Shoah, tandis que la Yougoslavie titiste s'est forgée dans la lutte contre le pan-germanisme et le nazisme. Certes, la Yougoslavie n'est pas Israël, et Milosevic n'est ni Barak ni Sharon. Mais s'il était parfaitement légitime de dénoncer le régime anti-démocratique de Milosevic, encore faut-il rappeler que sa nature totalitaire procédait du socialisme «auto-gestionnaire» et non du fascisme ou du nazisme.

L'instrumentalisation de la Shoah comme arme de propagande contre les Serbes ou les Israéliens est, en outre, au coeur de la rhétorique des révisionnistes, d'extrême gauche comme d'extrême droite. Comment expliquer de telles simplifications et de si dangereux parallélismes ? Comment peut-on ne pas s'apercevoir « qu'à tout ramener au nazisme, on normalise totalement le nazisme ; et qu'à instrumentaliser à des fins partisanes (ou narcissiques) la question juive, on ne cesse de donner du grain à moudre à l'antisémitisme ? » (20).

Pour nombre d'intellectuels « bien pensants », les juifs ne sont les « bons » que lorsqu'ils revêtent le statut de minorité persécutée. A l'inverse, les mêmes milieux antisionistes ou islamophiles retournent cyniquement la Shoah lorsqu'il s'agit d'incriminer Israël et de justifier les violences palestiniennes et islamistes. Les juifs incarnent tout à coup la figure du Mal dès lors qu'ils possèdent un Etat souverain et qu'ils portent l'uniforme. Car, comme l'explique si bien William Goldnadel, « toute vision de l'uniforme est considérée comme négative depuis le traumatisme de la Deuxième Guerre mondiale (...) ; ainsi, toute violence légale exercée par l'Etat est devenue, inconsciemment, moins légitime que la violence illégale exercée par des individus en colère » (21).

Au-delà des responsabilités ou des torts d'Israël, les clercs d'une certaine « pensée unique » néo-soixante-huitarde, réfractaire à toute forme d'ordre, reprochent à l'Etat hébreu ce qu'ils reprochent à tout autre Etat. Assurer la sécurité constitue nécessairement une « dérive sécuritaire » ; quant à la moindre répression, elle est par essence « fasciste » en vertu de l'adage « il est interdit d'interdire ». C'est la notion même de frontières nationales que les adeptes des utopies égalitaristes et internationalistes cherchent à disqualifier, faute de pouvoir proposer une argumentation pertinente. En appliquant le slogan traditionnel « CRS = SS » à Tsahal, on tente de démontrer que « les juifs aussi peuvent être des SS ».

En somme, les sentiments philo-palestiniens de certains milieux radicaux cachent de plus en plus mal une forme d'antisémitisme. Comme l'a dit Jorge Semprun : « Le palestinisme est la nouvelle forme, subtile et perverse, de l'antisémitisme » (22). Dès lors, on comprend mieux pourquoi les groupuscules néo-nazis, imités par une partie de l'extrême droite traditionnellement anti-arabe et réfractaire aux «races sémites», s'enflamment brusquement pour les Palestiniens ou les Irakiens. D'autres approuvent les attaques lancées contre des synagogues par des bandes de jeunes maghrébins« antisionistes », ces derniers ayant l'avantage d'être non « fascisables » puisque musulmans et arabes, donc «victimes» du racisme. Si bien que, comme le dit la psychologue Rachel Israël, « le racisme de l'Europe consiste à pardonner aux Arabes ce qu'elle nommerait fascisme chez les autres peuples » (23).

En guise de conclusion... A l'évidence, la mauvaise conscience occidentale et l'« islamiquement correct » accréditent une perception manichéenne des événements actuels. Les radicaux palestiniens font figure de victimes alors que les Israéliens, acculés à des réactions violentes par les actions terroristes, tiennent le rôle des « méchants ».

En dépit de terribles images - parfois « retravaillées »(24)-, on ne peut se borner à reproduire certains lieux communs en vogue depuis le déclenchement de la seconde Intifada. « Aux jets de pierre des enfants palestiniens, les Israéliens répondent avec des rafales de fusils automatiques » nous dit-on. Ce qui est pudiquement passé sous silence, c'est que les jeunes Palestiniens ne lancent pas «spontanément» leurs pierres. Encadrés par des responsables du Fatah et du Tanzim dotés d'armes sophistiquées et liés aux structures terroristes internationales, ils sont sacrifiés, non sans cynisme, dans le seul but de susciter l'émoi médiatique international, ardemment relayé par les bonnes consciences « progressistes » d'Occident. Lesquelles cautionnaient, il n'y a pas si longtemps, les pires actions terroristes palestiniennes. Au Liban, par exemple, les victimes maronites de l'OLP étaient assimilées à des « fascistes » tandis que les Palestiniens et leurs alliés islamistes, responsables de la guerre civile, étaient qualifiés d'« islamo-progressistes », l'horreur de Sabra et Chatila étant supposée excuser les villages chrétiens rasés par l'organisation d'Arafat...

Autre exemple du biais anti-israélien : le thème, hautement mobilisateur, du « droit au retour » des centaines de milliers de réfugiés palestiniens et de leurs descendants est ressassé... sans que quiconque invoque le même principe au bénéfice des centaines de milliers de juifs qui durent quitter les pays arabes entre 1948 et 1967 (25) !

Mais les faits sont têtus : en dépit de l'« islamiquement correct », le péril majeur du XXIesiècle est, qu'on le veuille ou non, le fanatisme islamique, qui tente de dresser l'Islam, voire le tiers-monde, contre l'Occident judéo-chrétien. Ce « totalitarisme théocratique », que des « intellectuels de gauche » tel Michel Foucault ont pu saluer, naguère, comme « progressiste » et « anti-impérialiste », menace aussi bien les Etats-Unis et l'Europe qu'Israël. Ses premières et ses plus nombreuses victimes demeurent toutefois, de l'Algérie à l'Afghanistan, les musulmans eux-mêmes.


Notes :

(1) En vertu des clauses de l'accord de Washington, la Cisjordanie était répartie en trois zones (A, B et C), dotées d'une autonomie plus ou moins large. La zone A (4 % de la Cisjordanie et 20 % de sa population) exclut Jérusalem-Est et une partie d'Hébron. L'Autorité palestinienne y détient des pouvoirs de police et civils, sauf à Hébron. En zone B, qui comprend 450 villages palestiniens et représente 23 % de la superficie de la Cisjordanie, l'Autorité détient les pouvoirs civils et une partie des pouvoirs de police. La zone C, enfin, soit 73 % de la Cisjordanie, demeure sous contrôle de l'État israélien.
(2) Le Tanzim (« Organisation ») est une structure paramilitaire issue d'une faction du Fath. Il fut créé à Ramallah par Marwan Barghouti, dirigeant de la première Intifada et secrétaire général du Fath en Cisjordanie.
(3) Jérusalem, jamais mentionnée sous ce nom dans le Coran, y apparaît sous diverses appellations : Al Qods, Bayt al Maqdis, Bayt al-Muqqades, ou la « Maison sainte ». Mahomet, tentant dans un premier temps de convaincre les juifs d'Arabie de rejoindre sa communauté, décréta que l'on prierait en se tournant vers le Nord, en direction de Jérusalem. Mais après avoir rompu avec les juifs de Médine qu'il fit massacrer en masse, il fixa l'orientation de la prière (Qibla) vers La Mecque. En outre, c'est via Jérusalem que Mahomet aurait accompli un ultime voyage nocturne sur le dos de sa jument blanche, Al-Buraq. Partant du mur situé à l'ouest du Mont du Temple, il serait monté au Septième ciel avec l'ange Gabriel, en passant par le Dôme du Rocher, Hébron, Bethléem et tous les autres lieux de la tradition biblique, rencontrant sur sa route Adam, Noé, Abraham, David et Jésus, devenus « musulmans ». Jérusalem est donc le lieu par excellence de la « captation », par l'islam, de l'héritage biblique judéo-chrétien.
(4) Dans leurs nombreuses déclarations et fatwas, nombre d'imams et de muftis palestiniens nient le caractère sacré du Mont du Temple et du « Mur des lamentations » (mur occidental de l'ancien Temple). L'Autorité palestinienne et le Waqf interdisent donc l'ouverture, dans l'enceinte, de tout chantier archéologique visant à prouver l'existence de vestiges du Temple. C'est dans le cadre de cette même bataille symbolico-historique que les responsables palestiniens ont fait détruire le tombeau de Joseph, sans que Tel-Aviv réagisse. Ce qui sera vivement reproché à Ehoud Barak.
(5) La géopolitique sous-estime d'autant moins le poids symbolique considérable du « conflit d'antériorité » relatif à Jérusalem que les hommes se sont toujours battus pour ce type de « patrimoine identitaire ». Mais Jérusalem n'est pas le seul théâtre de cette guerre des représentations. La ville d'Hébron abrite, par exemple, outre des Palestiniens arabes, de nombreux juifs, perçus comme « extérieurs » alors même qu'ils y ont toujours vécu. Du point de vue judaïque, la présence de juifs à Hébron est capitale, car c'est là que se trouvent les tombeaux d'Abraham et Sarah, d'Isaac et Rébecca, de Jacob et Leah. Le Caveau des patriarches, vieux de près de 4 000 ans, a une valeur inestimable.
(6) La grande presse a abondamment dénoncé le caractère sacrilège du projet israélien consistant à creuser un tunnel sous l'Esplanade des mosquées. En réalité, le tunnel en question ne faisait que longer le mur extérieur de l'Esplanade.
(7) Les dhimmis (de l'arabe « Ahl al-dhimma » ou les « gens du pacte ») sont les juifs et les chrétiens vivant en terre d'islam, que la loi islamique (Charia) oblige à payer un tribut (jiziyya) en échange d'une liberté de culte limitée. Le dhimmi n'est pas considéré comme un citoyen à part entière : il ne peut ni commander un Vrai croyant ni porter les armes. Il doit accepter la supériorité du musulman, ainsi que son prosélytisme.
(8) Sayyid Qutb, Fi Zilal Al Qur'an, III, p. 1208.
(9) Mgr Sabbah est le patriarche catholique de rite latin de Jérusalem.
(10) Cité in Limes, « Teheran si prepara alla guerra, Israele/Palestina, la terra stretta », janvier 2001.
(11) Jadis persuadé que l'islamisme était une création de la CIA et du Mossad, Carlos explique aujourd'hui que l'islamisme « néo-wahhabite » de Bin Laden constitue la seule voie « radicalement révolutionnaire » face à l'« hégémonie américano-sioniste ». Voir la lettre adressée par le terroriste à Jeune Afrique (n° 1966, 15-21 septembre 1998) depuis la prison de la Santé.
(12) La ré-islamisation de l'Irak est patente à tous les niveaux du pouvoir : armée, gouvernement et parti Baas. Elle se manifeste de diverses manières, depuis le soutien apporté aux associations islamiques jusqu'à la traque des boissons alcoolisées lors du Ramadan. De même, les discours officiels commencent tous, désormais, par la formule islamique : Bismallah al Rahman al Rahim (« Au nom de Dieu le clément et le miséricordieux »). Les cadres du parti ne boivent plus d'alcool en public, fréquentent ostensiblement les mosquées et exaltent le thème de la « récupération » de Jérusalem.
(13) A l'instar des Frères musulmans, le grand mufti de Jérusalem Al-Hadj Amin Al-Husseini prôna le jihad contre les juifs dans l'ensemble du monde islamique. Il édicta une fatwa stipulant que l'enrôlement des musulmans dans les armées allemandes correspondait à une « obligation religieuse ». A son appel, 20 000 musulmans bosniaques s'engagèrent dans la division Waffen SS Handchar. D'autres unités furent également constituées : la division musulmane SS Kama, la milice des Cadres verts de Nasid Topcic et Hajji Effendic, la Légion islamique de Huska Milikovic, ainsi que la division albanaise SS Skanderbeg. Entre décembre 1943 et mai 1944, la division Skanderbeg massacra la quasi-totalité des juifs de Pristina. Près de soixante ans plus tard, les nationalistes albanais, profitant de l'appui occidental, expulsèrent de Pristina tous les non-albanophones, Turcs et Juifs compris. Rappelons, enfin, que l'ancien président bosniaque Alijà Izetbegovic dirigea, à partir de 1942, les « Jeunesses musulmanes » pro-hitlériennes.
(14) L'ouvrage de référence, sur ce sujet, est Le Croissant et la Croix Gammée. Les secrets de l'alliance entre l'Islam et le nazisme d'Hitler à nos jours, Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel, 1990.
(15) Dans sa livraison du 25 janvier 2001, le journal officiel de l'Autorité palestinienne, Al-Hayat Al-Jadida, cite abondamment  Les Protocoles des sages de Sion pour fustiger la politique israélienne et la « perfidie des Juifs ».
(16) Les Protocoles des Sages de Sion sont un faux antisémite notoire, rédigé à Paris, à la fin du XIXe siècle, par un membre de la police du tsar (Okhrana), dans le but de faire croire en l'existence d'un « complot juif mondial » visant à s'emparer des leviers de commande de l'univers, sous le couvert de la démocratie.
(17) Cette précision me permet de répondre à la note de lecture consacrée, par M. Jacques Baudouin, à mon livre Guerres contre l'Europe, Bosnie, Kosovo, Tchétchénie dans le n° 90 de Politique Internationale. M. Baudouin, qui relaie sans recul la propagande de l'Otan visant à « nazifier les Serbes », présente mes thèses relatives à la guerre du Kosovo comme « anti-américaines » et favorables au régime de Slobodan Milosevic. Or il ne prouve à aucun moment ce qu'il avance sur mes prétendues accointances « slavo-bolcheviques », et il omet de préciser que je qualifie à 21 reprises le régime de Milosevic d'« autoritaire », de « dictatorial », de « détestable »… Ce n'est pas la volonté affichée par l'Otan et l'Occident d'« empêcher une catastrophe humanitaire » que je dénonçais, mais le fait qu'il s'agissait d'un simple prétexte visant à légitimer l'opération Force alliée. En utilisant les termes de « génocide », de « charniers » et de « camps de la mort », les médias et les responsables occidentaux instrumentalisèrent cyniquement les douleurs de la Shoah. Cette « propagande de guerre » masquait deux réalités gênantes : le fait que l'intervention otanienne profitait aux terroristes de l'UCK, et l'absence de réaction occidentale à des massacres de bien plus grande ampleur perpétrés ailleurs dans le monde. Or comme l'ont dit Claude Lanzmann ou Simone Veil, ce type de manipulation risque de banaliser l'Holocauste, pour le plus grand profit des négationnistes.
(18) Voir l'intervention de Claude Lanzmann, « La nouvelle Affaire Dreyfus », lors du colloque organisé par la Fondation Marc Bloch sur la guerre du Kosovo : « Je n'ai pas besoin de la Shoah pour dire que ce qui se passe en ex-Yougoslavie est effrayant (...). Rien n'est plus épouvantable que la comparaison des horreurs, mais quand on dit déportation, cela a pour moi un sens précis : on déporte vers les camps de la mort. » Cité dans Le Figaro, 31 mai 1999.
(19) Pierre André Taguieff « L'antiracisme en crise, éléments d'une critique réformiste », in Michel Wieviorka (éd), Racisme et Modernité, La Découverte, 1993, p. 367. Taguieff écrit : « La vulgate anti-nationaliste contemporaine applique à l'objet de sa haine la reductio ad hitlerum, le réduisant à un inquiétant mélange d'irrationnel et de barbarie. »
(20) François Darras, « Les juifs de France pris en otage », Marianne, 17-23 juillet 2000.
(21) William Goldnadel, discour

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