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We believe that freedom of speech is the essential prerequisite for free and just societies, secular law, and the rights of the individual.

We are committed to building and participating in coalitions in all parts of the world to effect significant progress in protecting rights of the individual which are sadly being eroded in many countries including those in the West.


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The Center for Vigilant Freedom

6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 03:05


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 19 décembre 2007
VO: http://www.danielpipes.org/article/5276

Le financement plus que généreux de Mahmoud Abbas et de l’Autorité palestinienne en vue d’instaurer la paix est l’un des axes constants de la politique occidentale – y compris israélienne – depuis la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza, en juin dernier. Cet afflux de fonds est contreproductif et doit être stoppé. Urgemment.

Un peu de contexte: Paul Morro, du Service de recherche du Congrès, indique qu’en 2006, l’Union européenne et ses États membres ont donné 815 millions de dollars à l’Autorité palestinienne; les États-Unis ont versé 468 millions de dollars. L’ensemble des dons atteint un total de quelque 1,5 milliard de dollars.

Et l’aubaine ne cesse de prendre de l’ampleur. Le président George W. Bush a demandé un supplément de 410 millions de dollars en octobre, après une donation de 77 millions de dollars plus tôt cette année. Le Département d’ÉtatGary Ackerman, président de la sous-commission parlementaire sur le Moyen-Orient et l’Asie du Sud, a approuvé le don supplémentaire. justifie cette somme somptueuse en affirmant qu’elle «répond à un besoin crucial et immédiat de soutenir un nouveau gouvernement de l’Autorité palestinienne (AP) que les États-Unis et Israël considèrent comme un authentique allié pour la paix». Lors d’une audition récente,

Bien décidée à ne pas se contenter de l’argent des contribuables, la secrétaire d’État Condoleezza Rice lança le 3 décembre dernier un plan de partenariat privé – «U.S.-Palestinian Public Private Partnership» – impliquant des poids-lourds financiers tels que Sandy Weill et Lester Crown, afin de financer, selon Rice, «des projets permettant d’atteindre directement les jeunes Palestiniens, de les préparer aux responsabilités de la citoyenneté et de la gouvernance» et qui «ont un énorme impact positif».

Un rapport indique que l’Union européenne a transféré près de 2,5 milliards de dollars aux Palestiniens cette année.

Sur ces entrefaites, Abbas a annoncé son objectif de collecter des promesses pour un total de 5,8 milliards de dollars d’aides sur une période de trois ans, de 2008 à 2010, lors d’une «Conférence des donateurs de l’Autorité palestinienne» à laquelle ont assisté 90 États lundi à Paris (sur la base de la meilleure estimation disponible qui fait état de 1,35 million de Palestiniens en Cisjordanie, cela équivaut à une somme d’argent ahurissante: plus de 1400 dollars par an et par habitant, soit à peu près le revenu annuel d’un Égyptien). Avec l’accord du gouvernement israélien, Abbas a immédiatement réuni le montant souhaité pour 2008 lors de la conférence des donateurs.

Bon, si ça marche, c’est une affaire, n’est-ce pas? Quelques milliards pour mettre un terme à un dangereux conflit centenaire – c’est donné.

Mais des recherches novatrices signées par Steven Stotsky, un analyste du «Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America» (CAMERA) montrent qu’historiquement, les afflux de fonds versés aux Palestiniens ont eu l’effet contraire. En se basant sur les données de la Banque mondiale, du Fond monétaire international et d’autres statistiques officielles, Stotsky compare deux évolutions intervenues depuis 1999: celle de l’aide budgétaire annuelle à l’Autorité palestinienne et le nombre annuel d’homicides commis par des Palestiniens (incluant tant les activités criminelles que le terrorisme et les victimes tant israéliennes que palestiniennes). Combinées sur un même graphique, les deux courbes présentent des similitudes troublantes:

La corrélation est encore plus nette lorsque l’aide est superposée aux homicides commis l’année suivante:

 

Bref, pour chaque montant d’env. 1,25 million de dollars versé, on peut compter une mort violente dans l’année. Comme le souligne Stotsky, «ces statistiques ne signifient pas que l’aide étrangère est la cause des violences, mais elles remettent en question l’efficacité des donations de l’extérieur dans la lutte pour promouvoir la modération et contrer le terrorisme».

Le cas palestinien s’inscrit dans un phénomène plus général, comme l’ont relevé Jean-Paul Azam et Alexandra Delacroix dans un article de 2005, «Aid and the Delegated Fight Against Terrorism» (l’aide et la délégation de la lutte contre le terrorisme). Ils y révèlent ainsi «des résultats empiriques très solides montrant que les ressources investies dans les activités terroristes d’un pays quelconque affichent une corrélation positive avec le montant de l’aide étrangère reçue par ce pays» – plus il y a d’aide, plus il y a de terrorisme.

Si ces études s’opposent à l’hypothèse conventionnelle voulant que les Palestiniens soient poussés à la violence par la pauvreté, le chômage, la répression, l’«occupation» et le malaise, elles confirment en revanche l’argumentation que je défends depuis bien longtemps et selon laquelle le problème vient de l’exaltation des Palestiniens. Mieux les Palestiniens sont financés, plus ils sont forts et plus ils se sentent enclins à prendre les armes.

Une conception incohérente de l’économie de la guerre prévaut en Israël depuis le début des négociations d’Oslo, en 1993. Au lieu de priver leurs ennemis palestiniens de ressources, les Israéliens ont alors suivi les rêveries mystiques de Shimon Peres, exprimées notamment dans son ouvrage de 1993, The New Middle East (Le nouveau Moyen-Orient), et les ont renforcés au plan économique. Comme je l’écrivais en 2001, cela «revient à envoyer des ressources à l’ennemi alors que les combats font encore rage – ce qui n’est pas une très brillante idée».

Plutôt que de financer davantage encore le bellicisme palestinien, les États occidentaux, à commencer par Israël, devraient supprimer tous les soutiens financiers à l’Autorité palestinienne.


Conférence

"C'est à cause de ce désastre que le Hamas est maintenant au pouvoir" par Khaled Abu Toameh

18 Juillet 2009 par Point de Bascule

Mots clés: Hamas, palestine, hezbollah, apartheid, israël, élection, Arafat, boycottage

Traduction par Point de Bascule de: Islam Today by Khaled Abu Toameh, The Hudson Institute, May 18, 2009

18 mai 2009

Khaled Abu Toameh, Journaliste

L’islam aujourd’hui

Deuxième d'une série de six conférences : Tolérance et Intolérance dans le monde islamique, prononcée à la Conférence d’examen de Durban, à Genève en avril 2009. Tous les panélistes étaient des musulmans pratiquants.


Aujourd'hui, je voudrais mettre davantage l'accent sur les problèmes politiques actuels que les menaces de l'islam radical. Je voudrais parler surtout du conflit israélo-arabe et le statut des citoyens arabes en Israël.

Mais auparavant, j'aimerais vous parler un peu de moi. Depuis 27 ans, je travaille comme journaliste à Gaza et en Cisjordanie. J'ai commencé ma carrière en travaillant pour un journal de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP) à Jérusalem. Au cours des 20 dernières années, j'ai agi comme consultant, conseiller et assistant pour les journalistes étrangers qui voulaient interviewer des représentants du Hamas et du Fatah. Et au cours des 8 dernières années, j'ai écrit plusieurs articles sur la Palestine pour des médias israéliens, notamment The Jerusalem Post.

Je suis un musulman arabe vivant à Jérusalem. Je suis aussi un citoyen israélien, non pas parce que je suis un collaborateur, mais parce que mon père était membre de la communauté des Arabes israéliens. Une communauté qui compte près de 1,4 million de membres. Et je suis aussi Palestinien parce que ma mère est une Palestinienne qui vit en Cisjordanie. Si vous êtes un peu confus, vous pouvez dire que je suis un israélien-arabe-musulman-palestinien. La combinaison parfaite pour une crise d'identité!

Au cours des 8 dernières années, j'ai travaillé pour The Jerusalem Post et l'une des questions qu'on me pose souvent est: «Pourquoi travaillez-vous pour un journal juif ? N'avez-vous pas l'impression d'être un traître?» Je réponds : «absolument pas ».

Il n'y a jamais eu d’appel au boycottage des médias israéliens chez les Palestiniens. Un tel boycottage n'a été réclamé que dans les campus américains et britanniques.

Pendant 15 ans, j'ai travaillé pour un journal hébreu et j’ai pu interviewer plusieurs chefs du Hamas et du Fatah, dont Yasser Arafat et Ahmed Yassin. Même les terroristes palestiniens les plus recherchés par les autorités israéliennes ont donné des entrevues aux médias israéliens.

Les Arabes ne sont pas stupides. Même s'ils vivent en territoire occupé et malgré les tensions, ils ont appris plusieurs bonnes choses d'Israël.

Nous, Arabes avons fait l'expérience de plusieurs bonnes choses en Israël. Je n'ai pas honte de le dire. Nous avons fait l'expérience de la démocratie. Nous avons appris la liberté de débattre et la liberté de la presse.

C'est pourquoi les Arabes avaient de grands espoirs à la veille des Accords d'Oslo. Nous espérions avoir enfin notre propre gouvernement, qui aurait été une démocratie comme celle d'Israël. Nous espérions avoir notre propre Knesset où l’on peut critiquer le premier ministre et le gouvernement. Et nous espérions avoir une presse libre qui aurait pu dénoncer la corruption.

Quand je travaillais pour le journal de l’OLP, on se disait que nous aurions un jour une presse aussi libre que celle des Juifs : une presse où une enquête de journaliste peut obliger un ministre à démissionner.

Mais les choses ont mal tourné depuis que le processus de paix a commencé. Pourquoi? Pas à cause du processus de paix ou des principes énoncés dans l'accord d'Oslo. L’accord d’Oslo, basé sur l’idée de deux gouvernements comme solution au conflit, est merveilleux, mais il n’est pas réaliste et ne marchera jamais. La solution d'Oslo est bonne, mais la manière dont elle a été mise en oeuvre a été désastreuse tant pour les Juifs que pour les Arabes. Et c'est à cause de ce désastre que le Hamas est maintenant au pouvoir.

Pourquoi? Parce qu'on supposait alors, en Israël, en Amérique, en Europe qu'en confiant la Cisjordanie et Gaza à Yasser Arafat, en lui donnant des milliards de dollars et des armes, il ferait le dur boulot pour nous et qu'il n'y aurait rien à craindre. On pensait qu'Arafat combattrait même le Hamas, qu’il empêcherait le terrorisme et les attentats-suicides.

Yasser Arafat a créé cette chose qu'on a appelée l'Autorité palestinienne et le spectacle a commencé : un spectacle contrôlé par Arafat et ses sbires corrompus. De 1993 à 2001, la communauté internationale a versé 6 milliards et demi à l'Autorité palestinienne. Le plus gros de cet argent a disparu ou a été utilisé pour satisfaire les caprices d'une femme dépensière vivant à Paris.

Au lieu de faire construire un hôpital, Arafat a fait construire un casino, comme si c’était là ce que la Révolution palestinienne avait désiré depuis 40 ans.

En privant son peuple des bienfaits de l'aide internationale, Arafat a incité de nombreux Palestiniens à se tourner vers le Hamas et le djihad islamique. Les gens ont perdu confiance en lui et dans le processus de paix. En établissant un régime corrompu, en violant les droits de la personne, en sévissant contre les journaux et ses opposants politiques, Arafat a accru la popularité du Hamas chez les Palestiniens.

Les intellectuels palestiniens qui ont signé une pétition réclamant la fin de la corruption financière à l'Autorité palestinienne ont été pourchassés et réduits au silence par Arafat. Certains ont été abattus, battus ou arrêtés. Les autres ont fui à l'étranger. Ils ont été pourchassés par les forces de sécurité palestiniennes : des forces entraînées et financées par les États-Unis et l'Europe.

Tout cela a accru la popularité du Hamas à tel point que le Hamas l'a emporté quand il a défié le parti du Fatah de Arafat aux élections démocratiques en janvier 2006. Pourquoi? Le Hamas a été très intelligent - il s'est présenté sous la bannière du Changement et de la Réforme. Le Hamas a dit en substance aux Palestiniens: « Écoutez les amis, l’OLP et Arafat vous ont volé votre argent, pourquoi ne pas nous essayez nous maintenant? »

Je connais des chrétiens qui ont voté pour le Hamas aux élections de 2006. Je connais des Palestiniens laïcs qui ont voté pour le Hamas. Je connais même des membres de l’OLP qui ont voté pour le Hamas parce qu'ils voulaient punir l’OLP corrompu.

L'une des raisons de la popularité du Hamas a été l’exhortation. La communauté internationale a donné de l'argent à Arafat pour créer une station de télévision et de radio. Or ces médias n'ont cessé de prêcher le djihad. Arafat s'en est servi pour dire du mal des Juifs. Les Palestiniens se sont dit : « eh bien, cela veut dire que le Hamas a raison au sujet des Juifs. Et si les juifs sont si retors et si méchants, pourquoi conclure la paix avec eux? » C'est l'une des raisons qui expliquent pourquoi le processus de paix d'Oslo a mené le Hamas au pouvoir.

Le Hamas doit sa victoire à la corruption du Fatah. Et la communauté internationale a commis une lourde erreur en versant de l'argent au Fatah sans condition, sans exiger des comptes. Le Fatah a dilapidé cet argent alors que le Hamas construisait des écoles et des hôpitaux. Si le Hamas a gagné les coeurs et les esprits des Palestiniens, c'est qu'il a établi un vaste réseau de services sociaux, d'éducation, de santé et d'aide économique. Le Hamas a fondé des orphelinats et des organismes de charité alors qu'Arafat versait cent mille dollars par mois à une femme pour acheter ce qu'elle voulait à Paris.

Si l'on interroge les Palestiniens à ce sujet, ils vous diront : « La communauté internationale a corrompu les Palestiniens. Elle a créé un groupe élitiste qui s’est éloigné des Palestiniens. » Le Hamas a comblé le vide qui a été créé. La communauté internationale est donc responsable de la victoire du Hamas.

Ce qui est le plus attristant, c'est que la communauté internationale n'a rien appris de ses erreurs et continue d'appuyer le Fatah qui a perdu les élections. Elle l'encourage même à provoquer la chute du gouvernement du Hamas, choisi pourtant démocratiquement.

Et tout cela fait bien l'affaire du Hamas parce que sa popularité continue de grimper. Quand un Palestinien voit les Américains ou les Européens essayer de provoquer la chute de leur gouvernement du Hamas, leurs sympathies vont au Hamas.

Et quand ils constatent que le Fatah n'a rien compris aux raisons de sa défaite aux élections de 2006 et qu’il continue d'empêcher les réformes, les Palestiniens ne voient aucune raison pour l’appuyer. Je suis convaincu que s'il y avait de nouvelles élections demain matin en Cisjordanie et à Gaza, le Hamas serait de nouveau victorieux. Il l'emporterait pour deux raisons. La campagne des États-Unis contre le Hamas l'a transformé en victime aux yeux de la majorité des Palestiniens. De nombreux Palestiniens ne tiennent pas le Hamas responsable de ses échecs parce qu'ils se disent: « Nos pauvres députés du Hamas ont remporté les élections, mais personne ne leur donne une chance. »

C'est l’une des raisons qui expliqueraient pourquoi les gens voteraient de nouveau pour le Hamas.

L'autre raison, c'est que les représentants du Fatah sont les mêmes. Ce sont toujours les mêmes faces. Pourquoi donc les Palestiniens voteraient-ils pour eux après les avoir rejetés il y a trois ans? Vous allez à Ramallah et ce sont les mêmes '' Abus'': Abu Mazen, Abu Ala, etc. Ils ont été incapables de répondre aux besoins de leur peuple sous Arafat. Ils continuent de gérer le spectacle avec l’aide des Américains et des Européens comme si rien n’était arrivé. La communauté internationale doit donc se réveiller et dire à tous ces «Abus» à Ramallah : « Le Hamas est au pouvoir à cause de votre corruption et votre incompétence. Pourquoi ne vous corrigez-vous pas?».

Quand les États-Unis ont exigé des élections libres et démocratiques, les représentants du Fatah sont allés voir Condoleeza Rice et lui ont dit : « Écoutez, on ne peut pas avoir des élections libres et démocratiques en Palestine. » Elle leur a demandé pourquoi. Ils lui ont répondu : « Eh bien, parce que nous sommes corrompus, parce que nous sommes des voleurs, des bandits, parce que nous volons de l’argent. Or le Hamas se présente sous la bannière du changement et des réformes. C’est donc très risqué. » Elle leur a répondu : « Ne vous en faites pas. Organisez des élections libres. Je puis vous assurer que le Hamas ne vaincra jamais.» Et quand ils lui ont demandé pourquoi elle était si certaine, elle leur a répondu que c’est parce qu’elle a averti les Palestiniens qu’ils seraient punis par les États-Unis s’ils choisissaient le Hamas. Cet avertissement donné la veille des élections, est l’une des principales raisons de la victoire du Hamas.

Le seul moyen de déloger le Hamas est d’offrir aux Palestiniens une meilleure option et non en fournissant des armes au Fatah pour écraser le Hamas. On l’a essayé et cela n’a rien donné.

Mais ce qui est arrivé au Hamas depuis qu’il est au pouvoir est très intéressant. Cette même communauté internationale qui a poussé les Palestiniens à tenir des élections libres et démocratiques, a été incapable de respecter le verdict des urnes. Après la victoire du Hamas, elle est allée voir les représentants du PLO et leur a dit : « Les amis, voici des armes et de l’argent. Abattez ce gouvernement porté au pouvoir démocratiquement.”

Le Hamas réagit en disant : « Que voulez-vous de nous? On a été choisi démocratiquement. Si vous ne nous croyez pas, demandez à Jimmy Carter. Il a supervisé ces élections. »

Le refus du Fatah d’accepter sa défaite et le refus du Hamas de céder le pouvoir a provoqué une lutte de pouvoir qui fait rage depuis 3 ans et qui a causé la mort de 1,500 Palestiniens. Certains ont été tués de la manière la plus brutale et sauvage qui soit. Des milliers de personnes ont été blessées. Contrairement au gouvernement américain et aux Nations Unies, je ne pense pas que cette lutte puisse se ramener à une lutte entre les bons et les méchants. C’est une lutte entre méchants.

J’aimerais qu’ils se battent pour des réformes, pour la démocratie ou une meilleure économie. Mais ils ne se battent que pour l’argent et le pouvoir.

C’est la triste situation qui prévaut en Palestine aujourd’hui. J’ai dit plus haut que j’appuyais la solution de deux gouvernements. Si vous y pensez un peu, nous avons eu finalement deux gouvernements. Les Palestiniens ont deux États : un à Gaza et l’autre en Cisjordanie. Et ça n’est pas une bonne nouvelle, parce que nous ne savons pas à quel État il faut se vouer pour mettre fin au conflit.

Le plus drôle est que l’administration Obama fait pression sur Binyamin Netanyahu pour accepter la solution des deux États. Supposons que Binyamin Netanyahu déclare demain qu’il est prêt à reconnaître un État aux Palestiniens. Où donc les Palestiniens vont-ils créer leur état? Le Fatah ne peut pas aller à Gaza et le Hamas ne peut pas aller en Cisjordanie. Nous avons ici deux entités séparées. C’est l’impasse.

Revenons maintenant aux Arabes israéliens. En me rendant à Genève, j’ai lu dans un journal qu’un député arabe de la Knesset est venu ici dire : « Je suis un Palestinien vivant en Israël et je subis l’apartheid et le racisme. »

Certains leaders arabes israéliens, comme ce député de la Knesset, briguent les suffrages en promettant l’égalité et de meilleurs services à leurs électeurs. Ils nous disent à nous Arabes israéliens : « Votez pour nous. Nous obtiendrons l’égalité. Nous veillerons à ce que le gouvernement investisse plus dans les quartiers arabes. »

Comme je l’ai dit, les Arabes israéliens font face à de très sérieux problèmes. L’ancien premier ministre d’Israël, Ehud Olmert, a récemment déclaré qu’ils sont victimes d’une discrimination systémique, notamment en ce qui a trait à l’allocation des fonds publics.

Mais quand ils arrivent à la Knesset, les députés arabes ne discutent pas des vrais problèmes auxquels font face les Arabes israéliens. Que font-ils? Ils vont rencontrer les leaders du Hamas et du Hezbollah. Et ils utilisent toutes les tribunes pour attaquer Israël et provoquer les juifs. Pourquoi font-ils cela?

Je pense qu’ils le font pour avoir les gros titres des journaux. Quand ils parlent de la réfection des égouts, de l’éducation et du pavage des routes, personne en Israël ne va leur accorder d’attention. Mais si un député arabe de la Knesset appuie les attentats-suicides, par exemple, les médias israéliens parleront beaucoup de lui. Et il ne s’inquiétera pas de ce qu’on dira de lui. Tout ce qui lui importe, c’est que son nom soit bien écrit!
En agissant ainsi, ces députés radicaux font beaucoup de tort aux Arabes israéliens. Ce n’est pas le genre de problèmes dont ils devraient discuter. Nous ne devrions pas nous prononcer en faveur du Hamas ou du Hezbollah. Nous voulons que nos représentants discutent d’égalité en Israël. Je désire que les représentants de la communauté arabo-israélienne luttent pour nos droits au parlement à Jérusalem et pas à Damas ou Beyrouth ou Gaza. Pourquoi oublient-ils qu’ils ont prêté serment à l’État d’Israël, une fois élus ? En outre, ils viennent à Genève pour dire qu’Israël pratique l’apartheid.

Quel genre d’hypocrisie est-ce cela? Que faites-vous à la Knesset? Si vous vivez dans un système d’apartheid, pourquoi avez-vous pu vous faire élire en tant qu’Arabes? De quoi parlez-vous donc?

Nous, Arabes, avons des problèmes avec le pouvoir établi. Mais soutenir qu’Israël pratique l’apartheid est une grosse exagération. Je ne suis pas ici pour défendre Israël, mais je pense que les députés radicaux de la Knesset, comme ce monsieur, font beaucoup de tort à la cause des Arabes israéliens. Je veux que ce député arabe siège à la Knesset et qu’il lutte pour les droits des Arabes de Jérusalem.

C’est à cause de ces députés radicaux que les Juifs nous perçoivent aujourd’hui comme la cinquième colonne, comme des ennemis au sein d’Israël.

Je suis plus préoccupé de la détérioration des relations entre Juifs et Arabes en Israël que je ne le suis de la détérioration des relations entre Juifs et Palestiniens.

Il est facile de régler le problème palestinien, parce que, tôt ou tard, il y aura séparation entre les Juifs et les Palestiniens. Mais que faire des 1,4 millions d’Arabes vivant en Israël? C’est quelque chose qui devrait nous préoccuper.

Je crois vraiment que nous, les Arabes israéliens, pouvons servir de lien entre les Juifs et nos frères palestiniens. Et nous commettons une grave erreur en prenant parti pour un camp contre l’autre. Nous faisons le jeu des radicaux de la droite israélienne qui parlent de nous comme d’une cinquième colonne, comme d’un cancer. Nous leur donnons les munitions pour nous attaquer.

Nous, Arabes israéliens, devrions donc être très prudents quand nous parlons de notre cause.

Notre dilemme est que notre État, Israël, est en guerre contre notre peuple à Gaza ou en Cisjordanie. En passant, nous n’avons aucun problème en tant que citoyens israéliens. Je veux dire que beaucoup d’entre nous sont fiers d’être des citoyens israéliens. Si vous allez à Ramallah et Gaza et revenez à Jérusalem ou Tel-Aviv, vous comprendrez ce que je veux dire. Quelques fois, je me dis : « Dieu merci, nous avons Israël. »

Israël est un pays où il fait bon vivre et nous sommes heureux d’y être. C’est un pays libre et ouvert. Si on me donnait le choix, je préférerais vivre en Israël comme citoyen de seconde classe au lieu d’être un citoyen de première classe au Caire, à Gaza ou Ramallah.

 


Khaled Abu Toameh est un journaliste arabe israélien et documentariste. Il est le correspondant à Gaza et en Cisjordanie du U.S News, du World Report et The Jerusalem Post. Il est le réalisateur des affaires palestiniennes pour NBC News depuis 1988.

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