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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 15:48

Quatorze siècles d’exégèse coranique pour nous aider à comprendre le jihad

vendredi 10 juillet 2009 - Daniel Vignola

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- « Le jihad, le saint combat, pour la cause d’Allah avec des effectifs complets et de l’armement jouit d’un statut de la plus haute importance dans l’islam ; il en constitue l’un des piliers. C’est par le jihad que l’islam est établi, que la parole d’Allah est amenée à dominer (…) et que sa religion est propagée. »

- Explication ajoutée à une édition arabe-anglaise du Coran publiée sous la supervision du ministère des Affaires islamiques d’Arabie saoudite. The Noble Qur’an, Madinah, King Fahd Complex For The Printing Of The Holy Qur’an, 1417 A.H. (1996), p. 39.

Dans l’article L’islam et le recours à la coercition, j’ai discuté des versets du Coran qu’invoquent les islamistes contemporains pour justifier le jihad qu’ils mènent aux quatre coins du monde. Un participant au forum de l’article a réagi en faisant valoir que mes conclusions sur la nature conquérante de l’islam étaient injustifiées. Il soutient que les versets du jihad n’auraient été proclamés que pour encourager les musulmans à repousser les attaques dont ils auraient été victimes durant les premières années de l’islam. Le correspondant établit donc une adéquation implicite entre le jihad et l’autodéfense. Avant de discuter des conclusions des exégètes de l’islam sur plusieurs batailles historiques livrées par Muhammad et ses successeurs qui sont aux antipodes de celles de ce correspondant, j’ai choisi de vous présenter des extraits de l’exégèse coranique de toutes les époques qui invalident cette idée que jihad soit synonyme d’autodéfense.

Le jihad selon six des maîtres à penser du Minaret Freedom Institute

Un autre participant au forum de Contrepoints suggéra aux lecteurs de consulter le site du Minaret Freedom Institute (MFI), une organisation américaine qu’il décrivit comme musulmane et libérale. J’ignorais l’existence de cette organisation. C’était bien la moindre des choses que de prendre connaissance de leurs positions. Comme tant d’autres, le président du MFI Imad A. Ahmad reprend la thèse que « le jihad ne vise pas à convertir par la force mais à défendre ceux qui sont persécutés à cause de leur religion ». À son tour, il cite le verset 2:256 pour appuyer son propos. Vous pouvez consulter sa lettre soumise au magazine Newsweek à cet effet.

Le verset 2:256 est celui qui proclame qu’il n’y a pas de contrainte en religion. Évidemment, ceux qui citent 2:256 pour démontrer la tolérance de l’islam ne mentionnent jamais que le verset suivant (2:257) promet le Feu de l’enfer aux non-musulmans. Ils ne mentionnent également jamais la peine de mort prévue par l’islam pour ceux qui abandonnent la religion. J’ai eu l’occasion d’énumérer dans mon article précédent toute une série de supplices que d’autres versets réservent aux mécréants.

Comme en témoignent plusieurs articles disponibles sur le site du MFI, quand son président Imad A. Ahmad discute d’économie, de science ou d’autres sujets, il n’hésite pas à invoquer les positions des autorités de l’islam du passé pour supporter les siennes. Cependant, dans les documents du site où il discute de sa version d’un jihad exclusivement défensif, pas la moindre citation d’exégète musulman reconnu. Quatorze siècles se sont pourtant écoulés depuis la proclamation du Coran (610-632), quatorze siècles durant lesquels les exégètes musulmans nombreux et prolifiques ont discuté de toutes les facettes de la religion. Si le jihad équivaut à l’autodéfense, pourquoi ne pas nous présenter les textes qui accréditent cette facette de la jurisprudence islamique ?

Devant le peu d’empressement manifesté par le MFI, je résolus d’identifier les autorités de l’islam que le MFI avait cautionnées en abordant d’autres sujets que le jihad dans ses activités passées. Dans un second temps, j’entrepris de rechercher des documents sur le jihad écrits par chacune d’entre elles. Après tout, si le point de vue de ces autorités est digne de mention quand il s’agit d’économie ou de science, pourquoi en serait-il autrement quand il s’agit du jihad ? J’ai ainsi pu retrouver des commentaires sur le jihad produits par six des autorités de l’islam cautionnées par le MFI. Loin d’accréditer la thèse d’un jihad de nature défensive, chacun de ces commentaires endosse l’idée que l’agression des non-musulmans est légitime pour assurer la prévalence de la religion. Dans ce qui suit, vous retrouverez une brève description du contexte dans lequel le MFI cautionna chacune des six autorités citées suivie d’un commentaire de chacune d’entre elles sur le jihad :

Habib Al-Mawardi (972 – 1058)

Lors d’une conférence qu’il prononça en Malaisie et qu’il intitula Une perspective islamique sur la richesse des nations, le président du MFI chercha à démontrer que la méthode retenue pour distribuer les terres conquises aux dépens des non-musulmans durant le califat d’Omar (634 – 644) avait été conforme aux règles de la charia. Pour prouver son point, Imad. A. Ahmad invoqua l’expertise du juriste musulman Al-Mawardi. Les conquêtes d’Omar qualifiées d’"éblouissantes" par Imad A. Ahmad comprenaient la Mésopotamie, une partie de la Perse, l’Égypte, la Palestine, l’Afrique du Nord et l’Arménie. Wikipédia présente une carte géographique illustrant les conquêtes militaires "défensives" et "éblouissantes" survenues durant les onze, les quarante et les cent vingt-neuf premières années de l’islam.

- Habib Al-Mawardi sur le jihad : « Les mushrikun (mécréants) du Dar al-Harb (camp de la guerre) sont divisés en deux catégories : premièrement, il y a ceux que l’appel de l’islam a rejoints mais qui l’ont refusé et qui ont pris les armes. Le chef de l’armée peut choisir comment les combattre selon ce qu’il juge être dans le meilleur intérêt des musulmans et le plus douloureux pour les mushrikun. (…) Deuxièmement, il y a ceux que l’invitation à l’islam n’a pas encore rejoints. De telles personnes sont rares de nos jours puisqu’Allah a propagé l’appel de son Messager. (…) Il est défendu de lancer une attaque contre eux avant de les inviter à l’islam, de les informer des miracles du Prophète et de leur en exposer les preuves afin de les inciter à accepter l’invitation. S’ils refusent d’accepter malgré cela, la guerre est déclenchée contre eux et ils sont traités comme ceux qui ont été rejoints par l’appel de l’islam. »

- Référence : Al-Mawardi, The Laws of Islamic Governance. L’extrait est reproduit par Andrew Bostom, The Legacy of Jihad, Amherst, Prometheus Books, 2005, pp. 27-28.

Abou Hamid Al-Ghazali (1058 – 1111)

Dans la préface de la seconde édition de son livre Signs in the Heaven publié en 2006 et subventionné par la Fondation Templeton, Imad A. Ahmad discute de la relation entre la religion et la science dans une perspective islamique. Il crédite Abou Hamid Al-Ghazali pour avoir « réconcilié l’islam orthodoxe et le soufisme et avoir, le premier, réussit à élaborer une théorie vraiment moderne de la connaissance dans laquelle prévaut un juste équilibre entre la raison, l’expérience et l’autorité ».

- Abou Hamid Al-Ghazali sur le jihad : « Chacun doit participer au jihad au moins une fois par année. Il est permis d’utiliser la catapulte contre eux (les non-musulmans) quand ils sont dans une forteresse, et ce, même s’il y a des femmes et des enfants parmi eux. Il est permis de les brûler ou de les noyer. Si une personne appartenant aux gens du Livre (les chrétiens et les juifs) est faite esclave, son mariage est annulé. Il est possible de couper leurs arbres. Il est requis de détruire leurs livres inutiles. Les combattants peuvent prendre comme butin tout ce qu’ils désirent. Ils peuvent saisir toute la nourriture dont ils ont besoin. »

- Référence : Al-Ghazali, Kitab al-Wagiz fi fiqh madhab al-imam al-Safi’i. L’extrait est reproduit par Andrew Bostom, The Legacy of Jihad, Amherst, Prometheus Books, 2005, p. 199.

Ibn Khaldoun (1332 – 1406)

En 1995, le président du MFI prononça une conférence qui portait sur L’islam et les précurseurs médiévaux de l’École autrichienne d’économie. À cette occasion, il présenta l’historien, le philosophe et l’homme politique musulman et arabe Ibn Khaldoun comme « le premier intellectuel qui adopta une attitude véritablement scientifique dans l’étude de l’histoire et de l’économie ». Imad A. Ahmad salua tout particulièrement Les prolégomènes (Al-Muqaddima) d’Ibn Khaldoun, une œuvre de nature encyclopédique sur l’histoire universelle.

- Ibn Khaldoun sur le jihad : « Dans l’islamisme, la guerre contre les infidèles est d’obligation divine, parce que cette religion s’adresse à tous les hommes et qu’ils doivent l’embrasser de bon gré ou de force. On a donc établi chez les musulmans la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle, afin que ces deux pouvoirs s’emploient simultanément dans ce double but. Les autres religions ne s’adressent pas à la totalité des hommes ; aussi n’imposent-elles pas le devoir de faire la guerre aux infidèles ; elles permettent seulement de combattre pour (leur) propre défense. Pour cette raison, les chefs de ces religions ne s’occupent en rien de l’administration politique. »

- Référence : Ibn Khaldoun, Les prolégomènes, Partie I, Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. 469. Tout au long du texte, les numéros de pages cliquables renvoient à la reproduction sur internet des publications citées. En plus de l’édition offerte par Google Books, l’Université du Québec à Chicoutimi offre des versions Word et PDF d’une autre édition de ce livre.

Ibn Taymiyya (1263 – 1328)

Durant sa conférence de 1995 consacrée aux précurseurs musulmans de l’École autrichienne, Imad A. Ahmad présenta Ibn Taymiyya comme « le plus illustre prédécesseur d’Ibn Khaldoun ». Ahmad distingua l’approche économique d’Ibn Khaldoun de celle d’Ibn Taymiyya qu’il décrivit comme juridique et moraliste.

- Ibn Taymiyya sur le jihad : « Il y a deux types de châtiments prévus pour ceux qui désobéissent à Allah et à son Messager : (premièrement) celui qui relève du droit criminel et qui s’adresse à ceux qui sont sous l’influence de l’imam. Deuxièmement celui qui vise les groupes récalcitrants qui ne peuvent être ramenés sous l’influence de l’imam que par un affrontement décisif. Voilà ce qu’est le jihad contre les kafirs (mécréants), les ennemis d’Allah et de son Messager. Quiconque a reçu l’appel du Messager d’Allah, Que la paix d’Allah soit sur lui, et n’y a pas répondu doit être combattu "jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah" (Coran 2:193 et 8:39). »

- Référence : Ibn Taymiyya, The Religious and Moral Doctrine of Jihad. Le texte de onze pages est reproduit avec d’autres classiques de l’exégèse coranique sur le jihad dans l’ouvrage de Rudolph Peters, Jihad in Classical and Modern Islam, Princeton, Marcus Wiener, 1995, p. 44.

Rouhollah Khomeini (1902 – 1989)

En janvier 2008, dans ses réponses à un représentant de l’agence de presse iranienne Farspress, le président du MFI endossa complètement le rôle de l’ayatollah Khomeini durant la révolution islamique iranienne de 1979. Il affirma que « la révolution iranienne a servi d’inspiration aux musulmans du monde entier ». Il ajouta que « le charisme personnel (de l’ayatollah), sa puissante élocution, ses références à l’islam, son intelligence, son lien avec les masses et son flair politique » avaient tous été des facteurs clés dans le déclenchement de la révolution iranienne.

- Rouhollah Khomeini sur le jihad : « Ceux qui étudient le jihad comprendront pourquoi l’islam désire conquérir le monde entier. Tous les pays conquis par l’islam ou qui seront conquis dans le futur bénéficient d’un salut éternel. Parce qu’ils vivront sous (la loi de Dieu). (…) Ceux qui ne connaissent rien de l’islam prétendent que l’islam s’oppose à la guerre. Ceux qui font une telle affirmation sont des sots. L’islam déclare : Tuez tous les mécréants comme ils vous tueraient. Est-ce que cela signifie que les musulmans devraient relaxer en attendant d’être dévorés par les mécréants ? L’islam déclare : Tuez les mécréants, attaquez les par l’épée et dispersez (leurs armées). Est-ce que cela signifie de s’allonger jusqu’à ce que les mécréants nous aient dominés ? L’islam déclare : Tuez au nom d’Allah ceux qui pourraient vouloir vous tuer. Est-ce que cela signifie qu’on devrait capituler face à l’ennemi ? L’islam déclare : Tout ce qu’il y a de bon existe par l’épée et à l’ombre de l’épée ! Il n’y a que l’épée pour amener les gens à obéir. L’épée est la clé du paradis qui ne peut être ouvert que pour les combattants d’Allah ! Il y a des centaines de versets et de hadiths commandant aux musulmans de valoriser la guerre et de se battre. Est-ce que tout cela signifie que l’islam est une religion qui empêche les hommes de mener la guerre ? Je crache sur ces âmes idiotes qui font une telle affirmation. »

- Référence : Rouhollah Khomeini, L’islam n’est pas une religion de pacifistes. L’extrait est reproduit par Andrew Bostom, The Legacy of Jihad, Amherst, Prometheus Books, 2005, p. 226.

Les Frères musulmans (fondés en 1928)

Lorsqu’il répondit à des questions portant sur la situation de la femme, le président du MFI indiqua que Zaynab al-Ghazali (1917 – 2005) représentait le mieux les positions de l’islam contemporain sur le sujet. Imad A. Ahmad l’identifia comme une dirigeante de la section féminine de l’organisation des Frères musulmans fondée par Hassan El-Banna (1906 – 1949). Lors de son souper annuel de mai 2008, le MFI cautionna à nouveau l’organisation islamiste en invitant Esam Omeish à présenter leurs positions aux participants. Dans une lettre soumise au Washington Post en 2004, ce dernier avait confirmé son appui à « l’école de pensée modérée » des Frères musulmans.

Dans son texte Le jihad notre voie, le fondateur des Frères Hassan El-Banna passe en revue les versets du Coran, les hadiths et les commentaires de nombreux exégètes musulmans sur le jihad. Le titre du texte provient de la devise de l’organisation : « Allah est notre but, le Coran notre constitution, le Prophète notre chef, le Jihad notre voie et le martyre au nom d’Allah le plus cher de nos vœux ».

Selon la biographie de Zaynab al-Ghazali disponible sur le site islamiste jannah.org, cette dernière accorda une importance particulière à approfondir Ma’alim fi al-Tariq, du théoricien des Frères musulmans Sayyid Qutb (1906 – 1966). Publié en 1964, l’ouvrage est disponible en anglais sous le titre Milestones et son chapitre 4 intitulé Le jihad au nom d’Allah constitue un long plaidoyer en faveur du jihad offensif.

- Sayyid Qutb sur le jihad : « Quant à ceux qui tentent de défendre le concept du jihad islamique en l’interprétant de façon restrictive comme une guerre défensive et qui font des recherches pour prouver que les batailles menées au nom du jihad islamique furent toutes pour la défense de la patrie de l’islam contre l’agression de puissances voisines, ils comprennent mal la nature de l’islam et de son but premier. Une telle conception du jihad n’est rien sinon que le produit d’un esprit défait par les présentes conditions difficiles et par les attaques des orientalistes perfides contre le jihad islamique. (…) Il serait naïf d’imaginer qu’un appel visant à libérer l’humanité de la terre entière soit limité à des sermons et à des discours. »

- Référence : Sayyid Qutb, Milestones, Damascus, The Holy Koran Publishing House, 1978, pp. 112-113.

Le terme « orientaliste » utilisé par Qutb réfère aux intellectuels occidentaux qui, particulièrement à partir du dix-neuvième siècle, se sont spécialisés dans l’étude des civilisations moyen-orientales.

Vingt ans après cette prise de position de Sayyid Qutb, le multiculturalisme et la rectitude politique s’étaient imposés dans les sciences humaines en Occident et bon nombre d’orientalistes et d’islamologues avaient adapté leurs analyses au goût du jour en décrivant l’islam comme une religion de paix et le jihad comme étant défensif par nature.

Dans l’introduction à l’ouvrage qu’il consacra à reproduire et à commenter le manifeste des islamistes qui assassinèrent Anouar Sadate en 1981 (The Neglected Duty, London, Collier Macmillan Publishers, 1986), Johannes J.G. Jansen écrivit des orientalistes et des islamologues occidentaux qu’ils se comportent fréquemment comme des avocats de la défense à l’égard de l’islam en passant sous silence ce qui risque d’être considéré rébarbatif par leur auditoire occidental. En soutenant que l’objectif du jihad n’est plus la subjugation des non-musulmans mais l’autodéfense, plusieurs de ces experts accrédités ont éliminé un « irritant » et rendu leur sujet d’étude plus attrayant pour le grand public. Essentiellement, ils disent à ce public ce qu’il souhaite entendre. À quoi bon se faire accuser de jouer les Cassandre grecques quand les recherches subventionnées et les voyages d’étude à l’étranger récompensent ceux qui ont choisi de regarder dans l’autre direction ? Toute cette complaisance n’est pas sans rappeler celle encore récente manifestée par des journalistes et des soviétologues occidentaux par rapport à leur propre sujet d’étude.

Depuis que Jansen a écrit sa remarque, un autre phénomène s’est développé. Déterminés à émousser la vigilance des occidentaux, des pays musulmans avec l’Arabie saoudite en tête inondent de pétrodollars des chercheurs universitaires spécialisés dans l’étude de l’islam afin qu’ils en présentent une image rassurante. C’est dans ce contexte que plusieurs islamologues accréditent aujourd’hui la fiction du jihad exclusivement défensif.

Voici comment Ibn Warraq, le célèbre dissident de l’islam commente la situation :

- « En acceptant de se plier à la rectitude politique et en se faisant corrompre par des fonds provenant d’Arabie Saoudite et d’autres pays arabes, l’Occident a cessé de faire honneur aux idéaux qui motivèrent la création des universités. Récemment, l’Arabie Saoudite et d’autres pays islamiques (ex : Brunei) ont institué des chaires consacrées aux études islamiques dans des universités occidentales prestigieuses qui, en retour, sont encouragées à présenter une image favorable de l’islam. Il semble qu’on ait abandonné l’objectif de découvrir la vérité grâce à la recherche scientifique. L’examen critique des sources (de l’islam) et du Coran est découragé. (…). En décembre 2005, les universités Georgetown et Harvard ont accepté 20 millions $US chacune du prince saoudien Al-Walid ben Talal pour des programmes d’études islamiques. Le Carter Center, fondé par l’ancien président Jimmy Carter, est subventionné en partie par ben Talal. (…) Désormais, nous aurons seulement la « vérité islamique » acceptable à la famille royale saoudienne, une famille qui a financé le terrorisme, la propagande antioccidentale et l’antisémitisme depuis trente ans. »

- Référence : Ibn Warraq, Defending the West, Amherst, Prometheus Books, 2007.

Le jihad défensif et le jihad offensif

Dans ses Prolégomènes, Ibn Khaldoun n’aura eu besoin que de deux petites lignes pour invalider la thèse du jihad exclusivement défensif. Voyez comment il définissait le programme islamique de ceux qui seraient appelés à succéder à Muhammad :

- (I–p. 432) « On avait besoin d’un chef pour défendre l’empire, combattre les infidèles, empêcher les apostasies et conquérir des royaumes. »

Défendre l’empire —> Jihad défensif.

Conquérir des royaumes —> Jihad offensif.

Dans son essai Le jihad notre voie, Hassan El-Banna cita les exégètes suivants pour expliquer ce qui distingue le jihad défensif du jihad offensif :

Imam Malik ibn Anas (711 ? – 795)

Imam Ahmad ibn Hanbal (780 – 855)

Ibn Hazm (994 – 1064)

Ibn Qudamah (1147– 1223)

Imam Nawawi (1234 – 1278)

Muhammad al-Shawkani (1759 –1834)

Les conclusions qu’El-Banna tire de la jurisprudence islamique sont les suivantes : quand le jihad est mené à des fins défensives, il s’agit d’une obligation individuelle (fard ’ayn) comme la prière et le jeûne qui incombe à chaque membre de la communauté attaquée ainsi qu’aux habitants des alentours si c’est nécessaire. Le jihad défensif est obligatoire pour les femmes même si elles n’ont pas obtenu la permission de leur mari. Quand le jihad est mené dans des territoires non-musulmans, à des fins offensives et expansionnistes, il s’agit d’un devoir imposé à la communauté dans son ensemble. Ce devoir collectif est rempli lorsqu’un nombre suffisant de membres de la communauté se portent volontaires et passent à l’attaque. Les parents ont le droit d’empêcher leur enfant de participer au jihad seulement s’il est "fard kifayah" (jihad offensif).

- Référence : Hasan Al-Banna, Five Tracts, Berkeley, University of California Press, 1978, pp. 133-161.

L’existence même d’une doctrine millénaire distinguant les obligations qui incombent aux musulmans en cas d’attaque et de défense invalide à elle seule l’adéquation entre jihad et autodéfense.

Le jihad jusqu’à la fin des temps

Il y a une trentaine d’années, un dénommé Syed Badrus Salam d’Arabie saoudite contacta un expert en fiqh (jurisprudence islamique) du Pakistan afin d’obtenir des éclaircissements sur la théorie du jihad. Dans sa missive, Syed résuma ce que ses lectures antérieures l’avaient amené à comprendre du jihad et de l’applicabilité du concept à notre époque. Il exprimait en outre l’espoir que son interlocuteur expert réagisse à la synthèse qu’il lui proposait. L’expert contacté se dénomme Muhammad Taqi Usmani et il accepta de répondre à l’analyse de son correspondant.

L’échange de lettres sur le jihad est reproduit au chapitre 11 d’un livre intitulé L’islam et la modernité qui fut écrit par Usmani lui-même et publié en anglais en 2002. Le chapitre 11 s’intitule Le jihad agressif et le jihad défensif. Le texte est écrit par un musulman, pour un musulman. Il va droit au but. On nous a épargné l’angélisme et les demi-vérités.

- Référence : Muhammad Taqi Usmani, Islam and Modernity, New Delhi, Adam Publishers & Distributors, 2002, pp. 123-139. Une reproduction PDF de la préface du livre et du chapitre consacré au jihad est disponible sur le site de SANE, une organisation anti-islamiste américaine.

Ce qui donne un poids particulier à la réponse de Muhammad Usmani, c’est que depuis plusieurs années ce dernier œuvre à l’Académie islamique du fiqh qui relève directement de l’Organisation de la conférence islamique (OCI). L’OCI regroupe les 57 pays musulmans du monde. Elle fit récemment parler d’elle en faisant adopter par les Nations Unies la résolution 62/154 qui interdit la critique de la religion. Depuis plusieurs années, l’OCI cherche à amener les pays membres de l’ONU à proclamer des lois qui imposeraient des peines à ceux de leurs citoyens qui s’objectent à un aspect ou à l’autre de l’islam. Voici qu’au nom des droits de l’homme, on ne cherche plus à protéger les hommes mais des idées.

Le 5 août 1990 l’OCI adoptait au Caire une Déclaration des droits de l’homme en islam fondée sur la charia. Plusieurs clauses de la Déclaration sont incompatibles avec la liberté de conscience. L’article 10, notamment, stipule qu’on ne peut exploiter l’ignorance d’une personne pour la forcer à renoncer à sa religion. Qui aura à décider si l’apostat abandonna l’islam en pleine connaissance de cause, de son plein gré ou non ? Le tribunal islamique évidemment. Existe-t-il une seule décision rendue par un tribunal islamique appliquant la charia qui reconnaisse qu’un musulman puisse abandonner sa religion alors que le Coran et les hadiths prévoient la peine de mort pour l’apostasie ? Poser la question c’est y répondre. L’article 22 stipule quant à lui que « Tout homme a le droit d’exprimer librement son opinion pourvu qu’elle ne soit pas en contradiction avec les principes de la Charria (sic) ». On n’a qu’à se rappeler la fatwa ordonnant l’assassinat de Salman Rushdie, les attentats subséquents contre ses traducteurs et ses éditeurs ainsi que les émeutes récentes qui entourèrent la publication des caricatures de Muhammad pour réaliser les limitations de cette formule.

Avant d’occuper ses présentes fonctions à l’OCI, Muhammad Usmani fut juge à la Cour fédérale de la charia du Pakistan (1980-1982) et puis juge expert en droit islamique à la Cour Suprême de ce pays (1982-2002). Les antécédents académiques et professionnels d’Usmani, l’importance de ses présentes fonctions et les nombreux honneurs qu’il a reçus de la part de plusieurs chefs d’états témoignent de son statut dans le monde musulman contemporain. Ses positions jouissent d’une autorité et d’un prestige certains. Quand il s’exprime sur le jihad et sur le sort que l’islam réserve aux mécréants, ceux-ci auraient intérêt à porter attention.

Dans sa réponse, Usmani commence par résumer la thèse de son correspondant de la façon suivante :

- « Si un pays non-musulman autorise le travail missionnaire musulman sur son territoire, le jihad contre ce pays cesse d’être permis. »

Pour évaluer la conformité de cette proposition avec les préceptes de l’islam, Usmani cite le verset 9:29. Ce sera son critère de référence :

- 9:29 « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre (les chrétiens et les juifs), jusqu’à ce qu’ils versent la capitation (jizya) par leurs propres mains, après s’être humiliés. »

Après avoir comparé les deux énoncés, Usmani rend son verdict :

- (p. 131) « (Le verset 9:29 spécifie que) l’exécution des mécréants doit se poursuivre jusqu’à ce qu’ils paient la jizya après avoir été humiliés et dominés. Si le but de ces exécutions avait seulement été d’obtenir la permission et la liberté de prêcher l’islam, le verset aurait déclaré "jusqu’à ce qu’ils permettent de prêcher l’islam". Mais l’obligation d’imposer la jizya jumelée à la mention de l’humiliation (des mécréants) constitue une preuve claire qu’il s’agit de démolir leur prestige de façon à ce que leur domination puisse être levée et que les gens puissent obtenir une chance de réfléchir librement aux avantages de l’islam. »

- (p. 135) « Si la nécessité du jihad cesse de s’imposer seulement parce que la permission du Tabligh (travail missionnaire) a été obtenue, cela signifie que les musulmans n’auront jamais à lever l’épée puisqu’ils ont déjà obtenu cette permission dans la plupart des pays non-musulmans du monde. Le résultat sera que les mécréants pourront continuer à établir et à brandir les symboles de leur grandeur à travers le monde et que leur prestige et leur suprématie se maintiendront. Les grandes décisions seront les leurs, les directives seront les leurs, les idéologies seront les leurs, les points de vue seront les leurs et malgré cela les musulmans devraient se contenter de la permission accordée à leurs missionnaires d’œuvrer dans ces pays. La question se pose : combien de gens seront disposés à écouter les musulmans ou à réfléchir sérieusement à ce qu’ils disent et écrivent si le prestige et la force de la mécréance dominent l’atmosphère ambiante ? »

Pour en finir avec la thèse de son correspondant, Usmani cita son propre père, Mufti Muhammad Shafi qui était également un expert reconnu en jurisprudence islamique :

- (p. 133) « Le jihad contre les ennemis de l’islam est obligatoire pour les musulmans jusqu’à ce que le risque de leur malfaisance et de leur méchanceté ait disparu et que la domination de l’islam ait été établie sur toutes les autres religions. Puisque cela surviendra seulement vers la fin des temps, l’ordre de mener le jihad reste en vigueur jusqu’au dernier jour. »

Après avoir conversé avec Muhammad Usmani qu’il décrivit comme poli et versé dans les questions de politique internationale, le journaliste Andrew Norfolk du Times de Londres tira les conclusions suivantes de son entretien :

- (8 septembre 2007 – p. 37) « Le juge Muhammad Taqi Usmani soutient que les musulmans doivent vivre pacifiquement dans des pays comme la Grande-Bretagne où ils ont la liberté de pratiquer leur religion seulement jusqu’au moment où ils auront les ressources suffisantes pour s’engager dans le jihad. (…) Ces vues ne sont pas celles d’un extrémiste radical. Elles proviennent d’un des experts les plus érudits (de l’islam). (...) Voilà qui démolit complètement le mythe selon lequel la conception du jihad offensif et expansionniste serait une distorsion de la pensée islamique traditionnelle. »

Pour que la thèse sur la nature exclusivement défensive du jihad soit plausible, il faudrait que le Coran, les hadiths et l’exégèse présentent le jihad comme une activité ponctuelle devant cesser lorsqu’une condition particulière liée à la sécurité des musulmans est remplie. Or, le jihad est sans échéance. Aucun niveau de sécurité ne pourra jamais convaincre les islamistes de l’abandonner. Seul un manque de ressources humaines et matérielles pour mener le jihad peut justifier de l’interrompre temporairement, soutient l’expert de l’OCI  :

- (p. 136) « Tant que les musulmans ne possèdent pas les ressources requises pour détruire le prestige de la mécréance, il est permis de conclure des accords de paix avec d’autres pays tout en continuant à accumuler les ressources nécessaires (au jihad). (…) Si les musulmans ne possèdent pas la capacité de mener le jihad armé ("jehad with power" dans la version anglaise), des ententes (de paix) peuvent être conclues jusqu’à ce que cette capacité soit atteinte. »

Cette position est conforme en tous points au verset 47:35 qui interdit aux musulmans de conclure des accords de paix quand ils sont en position de force. Dans une telle situation, il faut achever les mécréants :

- 47:35 « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts (les plus forts), qu’Allah est avec vous. »

Le 13 octobre 2007, cent trente-huit leaders musulmans du monde dont Muhammad Usmani et plusieurs autres supporteurs avérés du jihad offensif adressaient une lettre ouverte au pape Benoît XVI et à d’autres leaders chrétiens pour exprimer leur désir de vivre dans un climat « de paix sincère, d’harmonie et de bonne volonté mutuelle ». Toute cette mascarade n’était évidemment rien d’autre qu’une application de la formule du prophète de l’islam consignée par Boukhari (4.52.269) selon laquelle on mène la guerre par la déception et la tromperie.

Les différentes étapes menant à la subjugation des non-musulmans

Pour réfuter mes propos sur le jihad offensif fondés sur les versets coercitifs 9:5 et le 9:29, un participant au forum de Contrepoints tenta de prouver que le jihad était de nature exclusivement défensive en citant le 22:39, un verset défensif chronologiquement antérieur aux deux autres. Ce faisant, il ignora le principe de l’abrogation en vertu duquel les versets les plus récents du Coran ont préséance sur les plus anciens et il confondit les différentes étapes suivies par Muhammad dans le traitement qu’il accorda aux non-musulmans.

- 22:39 « Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés ; et Allah est certes Capable de les secourir. »

L’exégèse coranique identifie quatre étapes distinctes suivies par Muhammad dans son traitement des non-musulmans. Le juriste et théologien Ibn Qayyim (1292 – 1350) les énuméra dans un texte intitulé « Le traitement des mécréants et des hypocrites par le Prophète depuis le début de ses activités de Messager jusqu’à sa mort ».

- 1. « Durant ses treize premières années comme Messager, Muhammad appela le peuple à se tourner vers Dieu en prêchant, sans se battre et sans exiger la jizya. Il lui fut prescrit de se restreindre et de pratiquer la patience et la longanimité. »

- 2. « Puis, il lui fut ordonné d’émigrer et plus tard la permission lui fut accordée de se battre. »

- 3. « Puis, il lui fut ordonné de combattre ceux qui l’avaient attaqué et d’épargner ceux qui ne lui avaient pas fait la guerre. »

- 4. « Plus tard, il lui fut ordonné de combattre les polythéistes jusqu’à ce que la religion de Dieu soit complètement dominante. »

- Référence : Ibn Qayyim, Zad al-Mitad. Reproduit par Sayyid Qutb, Milestones, Damascus, The Holy Koran Publishing House, 1978, pp. 94-95.

On peut donc résumer ainsi les quatre niveaux de traitement des non-musulmans pratiqués par Muhammad :

1. Patience

2. Permission de se défendre

3. Obligation de se défendre – Interdiction d’attaquer

4. Obligation d’attaquer

Les versets considérés tolérants des premières étapes annoncent souvent le jihad offensif à venir. Dans son célèbre Tafsir (commentaire coranique), Ibn Kathir (1301 – 1373) mentionne entre autres que les versets 43:86-89 considérés tolérants n’en contenaient pas moins des menaces à l’égard des non-musulmans qui furent mises à exécution une fois que Muhammad eût assemblé les ressources nécessaires pour ce faire.

- Ibn Kathir sur 43:86-89 : « Car ils sauront bientôt. C’est là un avertissement d’Allah pour eux. Son châtiment imparable les frappa, et sa religion et sa parole furent suprêmes. Par la suite, le jihad et la lutte furent rendus obligatoires jusqu’à que le peuple entre en masse dans la religion d’Allah et que l’islam s’étende d’est en ouest. »

- Ibn Kathir sur 22:39 : « Allah a commandé le jihad à un moment opportun parce que, quand ils étaient à La Mecque, les mécréants dépassaient (les musulmans) en nombre dans un rapport supérieur à dix pour un. S’ils s’étaient engagés dans la bataille à ce moment-là, les résultats auraient été désastreux. (…) Après que les Compagnons du Prophète se soient établis à Médine, que le Messager d’Allah les y eût rejoints, qu’ils se soient regroupés autour de lui, qu’ils lui aient donné leur support, qu’ils aient eu une base où l’islam prévalait et vers laquelle ils pouvaient retraiter, alors Allah leur ordonna de mener le jihad contre l’ennemi. Ce fut le premier verset du jihad à être révélé. »

- Ibn Kathir sur 9:5 : « (Le verset 9:5) a permis de combattre les infidèles à moins que et jusqu’à ce qu’ils aient embrassé l’islam et mis en œuvre ses règles et ses obligations. (…) Cet honorable verset appelé le Verset de l’épée (…) abrogea tous les accords de paix entre le prophète et les mécréants, tous les traités et toutes les dispositions. (…) Aucun mécréant n’a plus eu aucun traité ou promesse de sécurité depuis la révélation de la sourate Baraah (la sourate 9). »

Les remarques d’Ibn Kathir font ressortir trois points importants :

1. L’islam des premières années fut tolérant uniquement parce qu’il n’avait pas les ressources humaines et matérielles pour passer immédiatement à l’attaque ;

2. Puisque la lettre même des versets considérés tolérants annonce les mesures coercitives à venir, il s’agit bien là d’une preuve que les versets dits tolérants étaient temporaires ;

3. Les versets appartenant à la dernière catégorie, notamment le 9:5 (verset de l’épée) et le 9:29 ont abrogé tout appel à la tolérance qu’auraient pu contenir les versets appartenant aux trois premières catégories.

Voilà autant d’éléments qui invalident encore un peu plus l’adéquation entre jihad et autodéfense.

Jihad offensif : suivre l’exemple du prophète

Contrairement au correspondant du forum de Contrepoints, les exégètes de l’islam n’ont jamais prétendu que toutes les batailles livrées au nom de l’islam avaient été défensives. Bien au contraire. Au cours des siècles, ils ont fréquemment référé à des batailles passées pour les présenter comme des modèles de jihad offensif dont les musulmans devraient s’inspirer. De nos jours, les islamistes continuent de citer les offensives menées par Muhammad lui-même quand ils désirent démontrer la conformité du jihad offensif avec les principes de l’islam.

Le 21 mai 2008, le Pakistan Daily publia un long article intitulé « Clarifier le sens du jihad ». Après avoir été retiré du site internet du journal, l’article demeure disponible sur le site de Jihadwatch.org. Une section de l’article s’attarde précisément aux offensives menées par Muhammad :

- « Les paroles et les actions de Muhammad (Salalahu Alaihi Wasallam) démontrent que le jihad consiste bel et bien à lancer l’offensive contre les kafirs (mécréants) afin d’imposer la Parole d’Allah et de propager le da’wa (l’appel de l’islam). »

« (…) Quand il se rendit à Badr pour saisir la caravane appartenant aux Quraych, il y alla pour se battre. C’est offensif puisque Muhammad (Salalahu Alaihi Wasallam) initia l’action contre les Quraych. »

« Quand Muhammad (Salalahu Alaihi Wasallam) envahit Hawazin durant la bataille de Hunayn, quand il (Salalahu Alaihi Wasallam) assiégea Ta’if, quand il mena la bataille de Mutah pour y affronter les Romains et la bataille de Tabuk – voilà autant de preuves que le jihad consiste à lancer l’offensive contre les kafirs. Ceci devrait clarifier cette idée erronée qu’à l’origine le jihad était défensif. »

La bataille de Badr (624)

Sayyid Qutb des Frères musulmans invoqua également Badr pour justifier le jihad offensif :

- « Durant le Ramadan (de 624) eut lieu la bataille de Badr. Elle est décrite à la sourate Anfal (sourate 8 – Le butin). Si on examine honnêtement cette période du développement de l’islam, il est impossible d’affirmer que le but poursuivi par le mouvement islamique était "défensif" dans le sens étroit qu’on lui donne aujourd’hui. »

- Référence : Sayyid Qutb, Milestones, Damascus, The Holy Koran Publishing House, 1978, p. 124.

Ibn Ishaq (704 – 767), le premier biographe de Muhammad, relate les événements : ayant appris qu’une caravane transportant une importante quantité de marchandises et d’argent arrivait en provenance de Syrie, Muhammad convoqua ses supporteurs pour les inciter à l’attaquer : « C’est la caravane des Quraych contenant leurs propriétés. Allez et attaquez-la et peut-être Allah nous la donnera-t-il en proie. » L’affrontement eut lieu et les musulmans en ressortirent vainqueurs.

- Référence : Ibn Ishaq, The Life of Muhammad, Karachi, Oxford University Press, 1955, p. 289.

L’attaque de Khaybar (629)

Après que les musulmans eurent pris le contrôle de Médine, plusieurs juifs se réfugièrent autour de l’oasis de Khaybar situé à 150 kilomètres de leur ancienne ville. Il était tellement clair aux yeux des musulmans eux-mêmes qu’ils n’étaient pas sous attaque que les hadiths racontent qu’avant de mener la charge contre Khaybar, Ali, le gendre de Muhammad cru nécessaire de s’enquérir auprès de ce dernier des motifs pour lesquels il s’apprêtait à attaquer ses habitants.

- Hadith Sahih Muslim 31.5917 « Le jour de Khaybar, (…) le Messager d’Allah convoqua Ali (et lui dit) : "Allez et combattez jusqu’à ce qu’Allah vous accorde la victoire". Sur ce, Ali fit quelques pas puis s’arrêta et demanda sans hésiter d’une voix forte : "Messager d’Allah, pour quelles raisons devrais-je combattre ces gens ?" Alors il (le Prophète) déclara : "Combats-les jusqu’à ce qu’ils témoignent du fait qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et que Muhammad est son Messager." »

Ibn Ishaq (p. 511) fait le récit suivant des événements :

- « Quand l’Apôtre (Muhammad) attaquait un peuple, il attendait la levée du jour. S’il entendait l’appel à la prière, il attendait ; sinon, il attaquait. Nous arrivâmes à Khaybar de nuit. (…) Le matin venu, puisqu’il n’avait pas entendu l’appel à la prière, il (Muhammad) passa à l’attaque et nous l’accompagnâmes. (…) Nous rencontrâmes des ouvriers de Khaybar qui s’apprêtaient à aller travailler avec leurs bêches et leurs paniers. Quand ils virent l’apôtre et son armée, ils s’écrièrent "Muhammad et son armée (sont ici)" et ils s’enfuirent. L’A

pôtre s’écria "Allah akbar ! Khaybar est détruite." (…) L’Apôtre saisit les propriétés une à une. (...) Les femmes de Khaybar furent distribuées parmi les musulmans. »

Dans son discours de Malaisie auquel j’ai déjà référé et qui était en partie consacré aux méthodes de taxation acceptables dans l’islam, Imad A. Ahmad du Minaret Freedom Institute révéla qu’après avoir été dépouillés de leurs terres, les juifs de Khaybar qui survécurent durent également remettre la moitié de leurs récoltes pour être autorisés à rester sur place.

Au bout de quelques années, le prophète de l’islam statua que les non-musulmans de Khaybar et du reste de la péninsule arabique seraient expulsés :

- Hadith Sahih Muslim 19.4366 « Le Messager d’Allah déclara : "Je vais expulser tous les juifs et les chrétiens de la péninsule arabique pour n’y laisser que les musulmans". »

Et ce qui fut dit fut fait.

L’expédition à Tabuk (630)

Le juriste Ibn Taymiyya (1263 – 1328) donna en exemple le raid de Tabuk quand il voulut préciser ce qu’était un jihad offensif :

- « (Le jihad offensif) est un combat qui fait appel à des volontaires. Il est mené pour propager la religion, pour la faire triompher et pour intimider l’ennemi comme ce fut le cas lors de la campagne militaire de Tabuk et lors d’autres expéditions semblables. »

- Référence : Ibn Taymiyya, The Religious and Moral Doctrine of Jihad. Reproduit par Rudolph Peters, Jihad in Classical and Modern Islam, Princeton, Marcus Wiener, 1995, p. 54.

À l’arrivée des troupes musulmanes à Tabuk, aucune force militaire hostile n’était présente. Ibn Ishaq (p. 607) mentionne que Muhammad prit rapidement le contrôle de la région, imposa la jizya à ses habitants et notamment au gouverneur et repartit vers Médine dix jours plus tard.

Dans son commentaire coranique, Ibn Kathir rappelle que c’est lors de la bataille de Tabuk que les versets 9:38 et 9:49 furent proclamés à l’intention des "hypocrites" qui préfèrent vivre leur vie plutôt que de mener le jihad.

- 9:38 « Ô vous qui croyez ! Qu’avez-vous ? Lorsque l’on vous a dit : " Élancez-vous dans le sentier d’Allah" ; vous vous êtes appesantis sur la terre. La vie présente vous agrée-t-elle plus que l’au-delà ? Or, la jouissance de la vie présente ne sera que peu de chose, comparée à l’au-delà ! »

Les ultimatums de Muhammad

Dans Le devoir négligé, les assassins d’Anouar Sadate consacrèrent une section de leur manifeste à réfuter ceux qui prétendent que le jihad islamique est exclusivement défensif. Pour soutenir leur position, ils rappelèrent que Muhammad fit parvenir des ultimatums à plusieurs dirigeants politiques et religieux sans avoir été attaqué par eux. Les termes de ces invitations étaient clairs : les destinataires devaient joindre l’islam à défaut de quoi ce serait la jizya ou la guerre. Parmi les dirigeants ciblés par ces menaces, on compte l’empereur byzantin Héraclius, l’empereur perse Khosrau, des rois de régions situées dans l’Arabie saoudite actuelle, le roi d’Oman, un dirigeant de Bahrein, l’évêque de Najran sur la péninsule arabique, etc. L’extrait suivant est tiré d’une lettre adressée à l’évêque de Najran :

- « Au nom du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. De la part de Muhammad, le prophète et l’apôtre de Dieu à l’évêque et au peuple de Najran. Que la paix soit sur vous. Je loue le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Je demande que vous serviez Dieu et non les hommes. Je demande que vous acceptiez d’être dirigés par Dieu et non par les hommes. Si vous refusez, ce sera la jizya. Si vous refusez (cela également), soyez prévenus que ce sera la guerre. Je vous envoie mes vœux de paix. »

- Référence : Johannes J. G. Jansen, The Neglected Duty, London, Collier Macmillan Publishers, 1986, p. 194.

Dans son recueil d’hadiths, Boukhari (4.52.191) reproduit l’ultimatum envoyé à Héraclius.

Dans sa biographie de Muhammad, Ibn Ishaq (p. 645) rapporte les menaces auxquelles la tribu Banu al-Harith finit par céder :

- « L’Apôtre envoya Khalid ben Walid (…) chez les Banu al-Harith en lui commandant de les inviter à l’islam trois jours avant de les attaquer. S’ils devaient accepter son invitation, il ne prendrait pas d’autres mesures à leur endroit mais s’ils devaient refuser, il les attaquerait. Khalid alla donc à leur rencontre et envoya des cavaliers dans toutes les directions pour inviter les gens à l’islam en leur disant : « Si vous acceptez l’islam, vous serez en sécurité ». Les hommes acceptèrent l’islam comme ils y avaient été invités. »

Les preuves abondent. Le prophète de l’islam recourut fréquemment à la coercition pour imposer l’hégémonie de sa religion. Il montra la voie. Les exégètes ne tentent nullement de dissimuler cet aspect de leur religion. Au fil des siècles, nombreux furent ses émules.

- 33:21 « Vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier. »

Après que le président du Minaret Freedom Institute eût attiré mon attention sur les Prolégomènes d’Ibn Khaldoun, j’ai consulté l’ouvrage et y ai retrouvé plusieurs exemples de jihad offensif. Je vous les soumets. Chacun d’entre eux constitue un argument supplémentaire pour invalider la théorie du jihad exclusivement défensif à laquelle les apologistes de l’islam n’ont cesse de recourir quand ils s’adressent à des non-musulmans.

Les califats d’Abou Bakr et d’Omar : la guerre aux apostats et la subjugation des peuples

Ibn Khaldoun résuma ainsi le califat des deux premiers successeurs de Muhammad :

- (I–p. 414) « Le Prophète, étant sur son lit de mort, et voulant confier à Abou Bekr (sic) les fonctions les plus importantes de la religion, lui ordonna de présider à la prière publique en qualité de son vicaire (khalife). Tout le monde apprit avec plaisir la nomination d’Abou Bekr (sic) au vicariat (ou khalifat), charge qui consiste à diriger toute la communauté vers l’observation de la loi. (…) Abou Bekr (sic) remplit ses devoirs sans s’écarter des usages de son maître ; il combattit les tribus qui avaient apostasié et finit par rallier tous les Arabes à l’islamisme. Omar, à qui il transmit le khalifat, se conduisit comme lui ; il fit la guerre aux autres peuples, les subjugua et autorisa les Arabes à dépouiller les vaincus et à leur enlever l’empire. »

La bataille d’al-Qadisiyya (636)

La bataille d’al-Qadisiyya menée par les troupes du calife Omar fut déterminante dans la conquête de la Perse (Iran). Quand il voulut contredire son correspondant qui soutenait qu’il était illégitime de mener le jihad contre des pays autorisant les musulmans à prêcher leur religion en toute liberté, Muhammad Usmani de l’OCI référa à cette bataille vieille de quatorze siècles pour lui prouver le contraire :

- (p. 132) « Y a-t-il eu des tentatives d’éviter le jihad contre l’Iran (la Perse), est-ce que (les musulmans) ont tenté d’obtenir la permission de faire du travail missionnaire pour éviter la confrontation ? (…) La réponse est non. (…) À ma connaissance, il n’y a pas un seul exemple dans toute l’histoire de l’islam où les musulmans aient accepté d’arrêter le jihad seulement parce qu’ils avaient obtenu la liberté de prêcher l’islam. (…) En fait, c’est tout le contraire. Le but des musulmans tel qu’ils le déclarèrent eux-mêmes lors de la bataille d’al-Qadisiyya (Perse) était de "sortir le peuple de sa servitude à l’égard des hommes pour le mettre au service d’Allah". »

Le but poursuivi par les musulmans auquel fait allusion Usmani avait été exposé par des émissaires du calife Omar après que le général perse Rostam se fut enquis auprès d’eux du motif de leur agression.

Dans son texte Le jihad au nom d’Allah, Sayyid Qutb référa à la même bataille et la même déclaration des émissaires musulmans comme preuve de la validité du concept de jihad offensif. Il ajouta à la déclaration des émissaires que la volonté des hommes de combler leurs propres désirs constitue également une forme de servitude humaine à laquelle l’islam doit s’attaquer.

- Référence : Sayyid Qutb, Milestones, Damascus, The Holy Koran Publishing House, 1978, pp. 103 et 128.

Le califat d’Uthman (644 – 656)

Ibn Khaldoun consacra une section de ses Prolégomènes à dresser une imposante liste de biens saisis durant les guerres de conquêtes d’Uthman, le gendre de Muhammad et le troisième calife de l’islam. Il conclut par le commentaire suivant :

- (I–p. 417) « On voit par là combien les musulmans avaient ramassé d’argent. Du reste, cela ne leur était pas défendu par la religion, vu que ces richesses étaient légitimement acquises, provenant du butin pris sur l’ennemi. »

- 8:68-69 « N’eût-été une prescription préalable d’Allah, un énorme châtiment vous aurait touché pour (le butin) que vous avez pris. Mangez donc de ce qui vous est échu en butin, tant qu’il est licite et pur. »

La Sicile envahie (827)

La Sicile fut envahie à de nombreuses reprises par les musulmans du nord de l’Afrique avant de devenir un état islamique en bonne et due forme de 965 à 1072. Dans l’extrait suivant, Ibn Khaldoun raconte les préparatifs d’une de ces invasions menée durant le règne de l’émir d’Ifrîkiya, Zîadet Allah Ier (817 – 838). L’Ifrîkiya comprenait l’essentiel de la Tunisie actuelle, le nord-est de l’Algérie et une partie de la Libye.

- (II–pp. 39-40) « Les arabes, ayant acquis une vaste puissance par la fondation de leur empire, avaient réduit sous leur domination et asservi une foule de peuples étrangers. Voyant alors que chacun des vaincus qui savait un art cherchait à s’en faire un mérite auprès d’eux, ils prirent à leur service un grand nombre de matelots pour les besoins de la marine. Ayant, alors affronté la mer à plusieurs reprises, et s’étant habitués à lutter contre elle, ils changèrent d’opinion à l’égard de cet élément. Souhaitant avec ardeur le bonheur d’y porter la guerre sainte (jihad), ils construisirent des navires et des galères, équipèrent des vaisseaux, les armèrent et les remplirent de troupes dans le but de combattre les peuples infidèles d’outremer. (Pour établir leurs chantiers), ils choisirent les provinces les plus voisines de la mer et les places fortes qui étaient situées sur ses bords. Ces provinces étaient la Syrie, l’Ifrîkiya, le Maghreb et l’Espagne. Le khalife Abd el Melek (Ibn Merouan), animé d’un zèle ardent pour le maintien de la guerre sainte (jihad), envoya à Hassan Ibn en Noman, gouverneur de l’Ifrîkiya, l’ordre de fonder à Tunis un arsenal maritime. Ce fut de là que, sous le gouvernement de Zîadet Allah Ier, fils d’Ibrahîm l’Aghlebide, une flotte, commandée par Aced Ibn Forat, grand mufti de l’Ifrîkiya, partit pour conquérir la Sicile. »

Le sac de Rome (846)

Quelques années plus tard, remontant la côte italienne jusqu’à l’embouchure du fleuve Tibre, des équipages musulmans se dirigèrent vers la ville de Rome et la saccagèrent. Avant de quitter, ils pillèrent tout l’or et l’argent qui ornait l’intérieur de la Basilique Saint-Pierre. Muhammad Usmani de l’OCI évoqua cet exemple pour prouver que le jihad offensif est totalement conforme à la doctrine islamique.

- (p. 132) « Est-ce que (le Prophète et ses compagnons) ont mené le jihad seulement lorsqu’ils se sont vus refuser la permission de propager l’islam par du travail missionnaire ? Y a-t-il eu une mission envoyée à Rome avant de les attaquer ? (…) La réponse est non. »

Le jihad estival en Grèce

Les stratèges militaires musulmans étaient conscients du danger de disséminer leurs troupes sur des territoires trop vastes. Pour maintenir un flot constant de butin en provenance des territoires infidèles, il était fréquent que les musulmans fassent des incursions rapides sur des territoires non pour y imposer leur contrôle mais uniquement pour les piller. Ce fut l’objet de l’offensive sur Rome. Ce sera également ce qui motiva les musulmans à organiser des razzias répétées en Grèce avant qu’ils y imposent finalement leur autorité durant quatre siècles (1453 – 1830). Ibn Khaldoun rappela ces agressions estivales :

- (I– p. 452) « Il arrivait aussi (aux califes) de placer les cadis (juges musulmans) à la tête des troupes qui, chaque été, envahissaient le territoire des Grecs pour accomplir le devoir de la guerre sainte (jihad). »

Les invasions ottomanes en Grèce commencèrent vers 1325.

Un jihad offensif en Asie centrale

Dans ses descriptions des us et coutumes des peuples du monde, Ibn Khaldoun mentionne un autre exemple de jihad offensif. Bien que les événements soient non datés, le contexte laisse croire qu’ils se déroulèrent lorsque l’auteur travaillait à ses Prolégomènes (1377) :

- (I–p. 137) « On trouve des musulmans qui habitent aux environs du Djeïhoun. Ils font la guerre aux peuples de la même race qui s’adonnent à l’idolâtrie, et enlèvent chez eux des prisonniers, qu’ils vendent aux nations du voisinage. Ils sortent quelquefois de leur pays pour se rendre dans le Khoraçan (région du nord-est de l’Iran actuel), l’Inde et l’Irac (sic). »

Le Djeïhoun est un fleuve qui se jette dans la mer d’Aral bordée par le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Il est généralement identifié en français comme l’Amou-Daria.

Les guerres barbaresques (1801 – 1805) et (1815)

Depuis le XIe siècle, des pirates supportés par les autorités d’Afrique du Nord attaquaient les bateaux qui traversaient le détroit de Gibraltar pour les piller et réduire leur personnel en esclavage. Des milliers de bateaux furent ainsi capturés et des dizaines de milliers d’Européens furent vendus à des marchands d’esclaves. Après l’indépendance des États-Unis, les bateaux américains ne bénéficiant plus de la protection de la Royal Navy y furent également attaqués. Déterminés à faire cesser ces entraves au commerce maritime, Thomas Jefferson et John Adams alors ambassadeurs des États-Unis à Paris et à Londres rencontrèrent en 1786 l’ambassadeur de Tripoli pour s’enquérir des raisons qui motivaient ces actes de piraterie. Jefferson rapporta ainsi la réponse de l’ambassadeur Sidi Haji Abdrahaman au Secrétaire d’État John Jay :

- « L’ambassadeur nous répondit que (leur droit) était fondé sur les lois du Prophète, qu’il était écrit dans leur Coran que toutes les nations qui n’avaient pas accepté leur autorité étaient pécheresses, que c’était leur droit et leur devoir de leur faire la guerre où qu’elles se trouvent et de réduire en esclavage autant de prisonniers qu’ils pourraient capturer. Il a ajouté que chaque musulman tué dans la bataille était assuré d’aller au Paradis. »

- 9:111 « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait : Et c’est là le très grand succès. »

- Référence : The diplomatic correspondence of the United States of America, (September 10, 1783 – March 4, 1789), Secretary of State, Washington, 1837, p. 342.

Durant les quinze années qui suivirent ces échanges diplomatiques, les États-Unis payèrent un tribut annuel aux provinces ottomanes qui encourageaient la piraterie afin d’assurer la sécurité de leur flotte maritime commerciale. Durant toute cette période, Jefferson maintint son opposition aux paiements. Lorsqu’il entra en fonction comme président des États-Unis en 1801, Jefferson refusa de continuer les paiements et le pacha de Tripoli Yusuf Karamanli déclara la guerre aux États-Unis. Après deux guerres menées durant les présidences de Jefferson et James Madison, le jihad maritime fut essentiellement neutralisé dans la région.

L‘imposition de la jizya dans le nord-ouest du Pakistan (2009)

Le 2 mai 2009, le Times of India révéla qu’après avoir pris le contrôle de la région du Swat dans le nord-ouest du Pakistan, les talibans avaient rapidement imposé la jizya aux sikhs qui y vivaient conformément au verset 9:29. N’ayant pas obtenu les sommes d’argent qu’ils convoitaient, les talibans détruisirent plusieurs maisons et pillèrent de grandes quantités de biens.

Conclusion

Les offensives menées par le fondateur de l’islam et reconnues comme telles par les exégètes musulmans sont là pour prouver que depuis ses débuts l’islam justifie et encourage le recours au jihad offensif pour établir sa primauté.

En plus d’être contredite par la sunna (les actions du prophète), la théorie du jihad exclusivement défensif l’est également par plusieurs arguments tirés de l’exégèse coranique :

1. L’existence d’une doctrine millénaire explicitant les devoirs des musulmans en cas d’attaque et de défense contredit la thèse des apologistes de l’islam selon laquelle la religion est uniquement préoccupée par la défense ;

2. Le fait que le jihad doive être mené "jusqu’à ce que la religion soit entièrement à Allah" (2:193 et 8:39) démontre que le jihad vise autre chose que la sécurité des musulmans ;

3. Les versets décrits comme tolérants et défensifs ont été abrogés par les versets encourageant le jihad offensif comme le 9:5 et le 9:29.

- Muhammad Taqi Usmani (2002) : « La question qui se pose est de savoir si le jihad agressif est une activité honorable ou non. Si c’en est une, pourquoi les musulmans devraient-ils cesser de la pratiquer simplement parce que l’expansion territoriale est regardée d’un mauvais œil de nos jours ? Et si le jihad agressif n’est pas louable mais déplorable, pourquoi l’islam n’a pas cessé de le pratiquer dans le passé ? »

- Référence : Muhammad Taqi Usmani, Islam and Modernity, New Delhi, Adam Publishers & Distributors, 2002, p. 137.

- Sayyid Qutb (1964) : « Après avoir entendu les commandements d’Allah et les hadiths, après avoir lu au sujet du Jihad islamique, quelle sorte de personne peut continuer de penser que le Jihad n’est qu’une injonction temporaire requise pour une situation particulière et qu’il vise uniquement à la défense des frontières ? Dans le verset où Il donne la permission aux croyants de se battre, Allah les informe que la vie en ce monde est telle que le contrôle d’un groupe de gens par un autre groupe est la loi d’Allah, ceci afin que la terre soit débarrassée de la corruption. (…) Ce combat (contre la mécréance) n’est donc pas un phénomène temporaire mais une situation qui durera pour l’éternité. »

- Référence : Sayyid Qutb, Milestones, Damsacus, The Holy Koran Publishing House, 1978, p. 116.



- Illustration : le capitaine William Bainbridge payant un tribut au Dey d’Alger (vers 1800)

- Référence : http://en.wikipedia.org/wiki/File:BainbridgeTribute.jpg


Combattre l’Islam?

Parmi les discussions récentes sur l’Islam, une problématique qui fait rage est de savoir si l’Islam est un ennemi, ou si c’est l’Islamisme, ou encore les musulmans, ou les islamistes. Hervé tenait à différencier l’Islam de l’Islamisme. Turion rappelait que le Coran contient un germe criminel. Sur la suggestion de plusieurs confrères, voici, remanié, un texte que j’avais écrit sur l’islam il y a quelques mois.

  L’Islam est notre ennemi. Les musulmans ne sont pas des ennemis.

En d’autres termes, la véritable guerre qui a lieu est une guerre d’idées, et non pas une guerre de personnes. Elle se place sur le plan mémétique, et non pas sur le plan génétique.

Les musulmans les plus purs, les plus abrutis par le Coran, sont ipso facto menés à soutenir voire participer à des actes criminels. Mais il y a une très large majorité de « musulmans » qui ne le sont que par une tradition culturelle en voie d’atténuation, et qui, s’ils se déclarent formellement musulmans, n’entreprendront d’eux mêmes aucune activité criminelle au nom de l’Islam.

De même, le socialisme est une idéologie criminelle, mais la plupart des socialistes n’iront pas eux-mêmes entreprendre de nouvelles actions criminelles. — Tout au mieux sont-ils prêts à suivre des meneurs, qui eux sont de véritables criminels en puissance et trop souvent en fait.

J’ai écrit dans un article du QL ce que je pensais de l’Islam et du libéralisme: L’Islam est-il soluble dans le libéralisme?

La question cruciale est de savoir s’il est possible de faire admettre aux uns et aux autres les principes libéraux d’un Droit séparé de la Morale. Qu’ensuite, dans le respect du Droit, d’aucuns tentent de promouvoir telles ou telles valeurs – c’est leur affaire, et le principe de responsabilité, inscrit dans le Droit, fera que les conséquences de leurs actes retomberont sur eux, jusqu’à ce qu’ils apprennent et s’améliorent.

Je suis persuadé que les principes libéraux du Droit peuvent être enseignés à la plupart des musulmans, comme à la plupart des socialistes, etc., qui ne sont donc pas nos ennemis ipso facto — et ce même si l’Islam et le Socialisme sont deux religions porteuses d’un germe d’intolérance totalitaire visant à imposer au monde par la force un système de vie. Pourra-t-on encore appeler « Islam » ou « Socialisme » ces versions atténuées privées de leur principe virulent? C’est là un débat de linguiste, qui ne me concerne guère. Mon propos est que de telles versions atténuées sont possibles et souhaitables pour enrayer le Mal.

Ce texte ayant causé quelques remous, je précisais ensuite :

L’erreur de catégorie est bien celle consistant à croire que des personnes (et qui plus est de larges groupes de personnes) sont des ennemis. C’est une erreur très largement propagée par les collectivistes, dont le schéma mental consiste précisément à voir le monde comme un affrontement en camps bien définis, une guerre, une lutte, un jeu à somme nulle. C’est le paradigme du conflit.

Or, le monde n’est pas un gigantesque affrontement cosmique, et les individus ne sont pas classables dans des catégories a priori et immuables d’amis ou d’ennemi. Le comportement d’un individu peu être amical ou inimical, utile ou nuisible — et les règles de comportement social acceptées par ledit individu et ceux avec qui il interagit vont largement déterminer si cet individu aura tendance à coopérer avec un autre, à l’ignorer, ou à l’affronter. La philosophie libérale étudie ces règles d’interaction sociale, et propose un ensemble de règles qui permet d’éviter et de résoudre les conflits, cependant qu’elle dénonce certaines autres règles comme porteuses de graves conflits.

Or, un individu donné peut la plupart du temps s’adapter à de nouvelles règles d’interaction. Aussi, un individu donné, même s’il suit une règle nuisible, n’est pas en soi l’ennemi — car il peut s’améliorer, ou autrement être contraint de réparer, et de se réintégrer dans la société. Tant qu’il n’est pas en guerre ouverte contre les principes de la civilisation, tant qu’il est en situation participer davantage aux processus de coopération pacifique qu’il n’erre par la destruction de la propriété d’autrui, alors l’individu n’est pas un ennemi — tout au plus un délinquant qu’il faut surveiller.

Par contre, la règle de comportement criminel qu’a adopté tel individu, elle, peut être en contradiction avec les principes de la civilisation. À ce moment, aucun compromis n’est possible entre une telle règle et l’établissement d’une société pacifique. Cette règle est, du point de vue mémétique, un ennemi. Elle est à éradiquer, sinon dans les esprits, du moins en pratique. Cette éradication n’implique pas la moindre chasse aux sorcières, et pas plus une autorité bienpensante de préservation de l’ordre moral. — Mais effectivement, dans le monde des idées, il y a une guerre, une guerre sans prisonniers, une guerre entre les principes de création et les principes de destruction, et toute une palette principes plus ou moins vrais ou faux, plus ou moins utiles ou nuisibles, entre les deux. Dans cette bataille des idées, la liberté et la contrainte sont des principes inconciliables.

Cela ne veut malheureusement pas dire que l’on puisse se passer de jamais avoir à tuer des individus dangereux qui auraient trop lié leur existence personnelle à de tels mèmes criminels. Cependant, il faut savoir bien faire identifier la source du mal; une personne qui croit en une idéologie criminelle n’est pas ipso facto et encore moins ad vitam aeternam l’ennemi de la justice; cette personne peut ne pas mettre ses idées en application, et elle peut changer d’idées. Du reste, il n’y a pas de délit d’opinion, et une telle personne, même suspecte, est innocente jusqu’à avoir été convaincue d’avoir effectivement entrepris quelque action criminelle.

Cela veut-il dire que « l’idée » est responsable, et pas l’individu? Certes pas. Là encore, c’est une erreur de catégorie. Un individu sera responsable; il sera innocent ou coupable. Mais il ne sera ni ami, ni ennemi. Le véritable ennemi, c’est une idée.

 

François-René Rideau

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