Si les croisades n’avaient jamais eu lieu, dans quel genre de monde vivrions-nous aujourd’hui ? La paix, la compréhension et la bonne volonté
règneraient-elles entre Chrétiens et Musulmans ? Le monde islamique serait-il exempt de la suspicion, voire de la pure paranoïa chronique avec laquelle il regarde si souvent ce qui vient de
l’Occident ? Après tout, selon Amin Maalouf, « l’on ne peut douter que la cassure entre ces deux mondes date des croisades, ressenties par les Arabes, aujourd’hui encore, comme un
viol. » [1]
Ou bien le monde serait-il différent d’une autre manière, plus inattendue ? Le nom de « Mosquée Saint-Pierre de Rome » vous donne-t-il un indice
?
Mythe P.C.: les croisades n’ont servi à rien
En considérant la poursuite ininterrompue du jihad par les Musulmans jusqu’au coeur de l’Europe, l’incapacité des croisés à implanter des états
stables ou à maintenir une présence en Terre Sainte et l’hostilité que les croisades ont indubitablement semée non seulement entre Chrétiens et Musulmans, mais aussi entre Chrétiens d’Orient et
d’Occident, la plupart des historiens ont conclu que les croisades avaient échoué.
Après tout, leur objectif avait été de protéger les pèlerins chrétiens en Terre Sainte. C’est la raison pour laquelle les états d’Outre-Mer furent
établis. Mais après la deuxième croisade, ces états se retrouvèrent très amoindris, et leur situation alla en s’aggravant ; après 1291, on n’en trouve plus trace. Et les croisés n’empêchèrent
pas non plus que les guerriers musulmans passent en Europe.
Cependant, on peut noter que le niveau de l’impulsion islamique en Europe a diminué de manière significative pendant l’ère des croisades. Les
conquêtes de l’Espagne, du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, le premier siège de Constantinople, tous ces faits sont antérieurs à la première croisade. Les batailles de Kosovo Polje et de
Varna, qui annoncèrent le retour de l’expansionnisme islamique en Europe de l’Est, ont eu lieu après l’effondrement des derniers domaines croisés au Moyen-Orient.
Qu’accomplirent les croisades ? Grâce à elles, l’Europe gagna du temps et ce délai a peut-être fait la différence, en lui permettant de se relever
et de recouvrer son éclat au lieu de disparaître et de connaître la dhimmitude. Si Godefroy de Bouillon, Richard Cœur de Lion et tant d’autres n’avaient pas risqué leur vie pour défendre
l’honneur du Christ et de l’Église à des milliers de kilomètres de chez eux, les jihadistes auraient presque certainement déferlé sur l’Europe bien plus tôt. Non seulement les forces croisées
les immobilisèrent à une période cruciale, les forçant à combattre pour la possession d’Antioche et Ascalon plutôt que de Varna et Vienne, mais en plus elles rassemblèrent des armées qui
n’auraient pas existé sinon. L’appel du pape Urbain fédéra des hommes autour d’une cause ; si cette cause n’avait pas existé, ou si personne ne l’avait fait connaître à travers l’Europe,
beaucoup de ces hommes n’auraient jamais été des soldats. Ils auraient été bien mal préparés pour repousser une invasion musulmane de leur patrie.
Les croisades ont en définitive été la raison pour laquelle la vision d’Edward Gibbon de « l’interprétation du Coran (…) enseignée dans les
collèges d’Oxford » ne s’est jamais accomplie.
Ce n’est pas négligeable. C’est de l’Europe chrétienne, après tout, quoique l’establishment PC soit peu enclin à le reconnaître, que sont venus la
plupart des découvertes et progrès scientifiques, technologiques et philosophiques. Nous avons déjà examiné l’une des principales raisons pour lesquelles la science s’est développée dans le
monde chrétien plutôt que dans le monde musulman : les Chrétiens croient en un univers logique et cohérent régi par un Dieu bienveillant ; les Musulmans croient en univers régi par un Dieu dont
la volonté est si absolue que la logique et la cohérence en sont exclues.
Mais les implications de cette différence philosophique majeure ne pourraient avoir vu le jour sans la liberté. Cette liberté n’était disponible
ni pour les Chrétiens ni pour les autres non-Musulmans ayant l’infortune de vivre sous le joug islamique. En fait, toutes les communautés qui au cours des siècles tombèrent sous la domination
musulmane furent finalement réduites à l’état de minuscules minorités, sans caractère culturel propre – et ce quelles qu’aient été leur taille et l’éclat de leurs accomplissements antérieurs à
la conquête musulmane. Bien sûr, peu de peuples conquis ont évité ce sort. Les seuls peuples qui échappèrent à la dhimmitude musulmane sont ceux qui surent résister au jihad islamique : les
Chrétiens d’Europe et les Hindous d’Inde.
D’autres ne furent pas si chanceux.
Cas d’école: les Zoroastriens
Aurait-ce vraiment été si terrible, si les Musulmans avaient conquis l’Europe ? Après tout, les Chrétiens auraient toujours pu y pratiquer leur
religion. Ils auraient juste dû supporter un peu de discrimination, non ?
Bien qu’ « un peu de discrimination » soit tout ce que la plupart des apologistes veuillent bien reconnaître dans la dhimmitude, les
effets à long terme de la dhimma furent bien plus funestes que cela pour les non-Musulmans. Des siècles après la conquête musulmane de l’Égypte, la grande majorité des gens y était
toujours chrétiens, de rite copte. Et pourtant de nos jours les Coptes représentent à peine 10% de la population égyptienne.
Le récit est le même pour toute communauté non-musulmane qui soit entièrement passée sous domination islamique.
Les Zoroastriens, ou Parsis, sont les fidèles du prêtre et prophète perse Zoroastre, ou Zarathoustra (628—551 avant J.-C.). Avant l’arrivée de
l’Islam, le Zoroastrisme (ou Mazdéisme) fut longtemps la religion officielle de la Perse (de nos jours, l’Iran), et fut même la religion dominante lorsque l’empire perse s’étendait de la mer
Égée aux rives de l’Indus. On trouvait des Zoroastriens depuis la Perse jusqu’en Chine. Mais après la conquête islamique de la Perse, les Zoroastriens se virent assigner le statut de dhimmi et
firent l’objet de cruelles persécutions, et souvent de conversions forcées. Beaucoup se réfugièrent en Inde pour échapper à l’emprise musulmane, pour s’y retrouver à nouveau la proie des
jihadistes lorsque les Musulmans commencèrent à s’avancer en Inde.
Les souffrances endurées par les Zoroastriens sous la coupe de l’Islam ressemblent de façon saisissante à celles connues par les Juifs et les
Chrétiens un peu plus à l’ouest, et elles perdurèrent à l’époque moderne (et jusqu’à ce jour même, sous la mollahcratie iranienne). En 1905, un missionnaire du nom de Napier Malcolm publia un
livre dans lequel il relatait ses aventures parmi les Zoroastriens de la ville persane de Yazd.
Jusqu’en 1895, aucun Parsi (Zoroastrien) n’était autorisé à porter un parapluie. Et encore du temps où j’étais à Yazd, ils ne pouvaient en utiliser en ville.
Jusqu’en 1895 existait une forte interdiction quant aux monocles et aux lunettes; jusqu’en 1885, il leur était interdit de porter des bagues ; leurs ceintures devaient être faites de grosse
toile, mais après 1885 toute étoffe blanche fut autorisée.Jusqu’en 1896 les Parsis avaient l’obligation d’entortiller leurs turbans plutôt que de les plier. Jusqu’en 1898, seuls le brun, le
gris, et le jaune étaient admis pour leur qaba [manteau externe] ou leur arkhaluq [sous manteau] (vêtements de corps), mais par la suite toutes les couleurs leur furent
permises à l’exception du bleu, du noir, du rouge vermillon et du vert. Il y avait également une interdiction sur les bas blancs, et jusqu’aux environs de 1880 les Parsis devaient porter un
genre particulier de chaussures particulièrement affreuses, aux extrémités retroussées. Ils durent porter un chapeau déchiré jusqu’en 1885. Jusqu’en 1880, ils durent porter une sorte de
culotte serrée et unie au lieu du pantalon. Jusqu’en 1891, les Zoroastriens ne pouvait que marcher s’ils étaient en ville, et même dans le désert ils devaient descendre de cheval s’ils
venaient à rencontrer un Musulman de quelque rang que ce soit. Durant le temps où je fus à Yazd, ils furent autorisés à se déplacer à cheval dans le désert et à ne mettre pied à terre que
s’ils rencontraient un Musulman de haut rang. Il y avait encore d’autres restrictions vestimentaires, trop nombreuses et trop futiles pour être mentionnées.
Et puis les maisons des Parsis et des Juifs, et leurs murs d’enceinte, devaient être construits si basses que le dessus puisse en être atteint par un Musulman
tendant le bras ; cependant, ils pouvaient creuser et les bâtir au-dessous du niveau de la route. (…) Jusqu’aux environs de 1860, les Parsis ne pouvaient pas faire de commerce. Ils cachaient
donc des marchandises dans leurs caves, et les vendaient en secret. Ils peuvent maintenant négocier dans les caravansérails et les hôtelleries, mais pas dans les bazars, et ils ne peuvent pas
vendre d’étoffe en lin. Jusqu’en 1870, ils n’étaient pas autorisés à avoir d’école pour leurs enfants.
Le montant de la jizyah , ou taxe sur les infidèles, diffère selon la richesse de chaque Parsi, mais n’est jamais inférieur à deux toman
[10.000 dinars]. Un toman vaut maintenant à peu près trois shillings et huit pence, mais cela représentait beaucoup plus par le passé. Même maintenant, alors que l’argent s’est beaucoup
déprécié, cela représente 10 jours de salaire d’un ouvrier. La somme doit être payée sur le champ, lorsque le farrash [littéralement, un balayeur de tapis ; en réalité un domestique,
oeuvrant principalement à l’extérieur] qui fait office de percepteur est rencontré. Le farrash a la liberté de faire ce qui lui plait lorsqu’il collecte la jizyah. L’homme
(l’infidèle qui se voit imposé) n’est pas autorisé à rentrer chez lui pour chercher l’argent et peut être battu immédiatement jusqu’à ce qu’il paie. Vers 1865, un farrash
qui collectait cet impôt attacha ensemble un homme et un chien, et donna des coups à l’un et l’autre à tour de rôle.
Vers 1891 un mujtahid attrapa sur une des places publiques de la ville un marchand zoroastrien qui portait des bas blancs. Il ordonna que l’homme soit
battu et que ses bas lui soient enlevés. Vers 1860, un homme d’une septantaine d’années se rendit au bazar vêtu d’un pantalon de grosse toile blanche. Il fut tabassé, et renvoyé chez lui son
pantalon sous le bras. Parfois, des Parsis furent forcés à rester debout sur une jambe dans la maison d’un mujtahid jusqu’à ce qu’ils consentent à payer une somme d’argent
considérable. [2]
Que produit le fait d’être forcé à vivre de cette façon durant une longue période ? La réponse est dans les chiffres : Après presque 1.400 ans de
vie en tant que dhimmis et d’observation de la vraie nature de la « tolérance islamique », les Zoroastriens constituent aujourd’hui moins de 2% de la population iranienne (et moins
encore en Inde où ils se réfugièrent). D’Afghanistan, où le Zoroastrisme prospérait aussi par le passé, les Zoroastriens sont aujourd’hui virtuellement absent. Ce n’est pas une surprise : la
conversion à l’Islam fut bien souvent la seule façon pour ces gens persécutés de pouvoir espérer vivre une vie décente.
Si les croisés n’avaient pas retenu les Musulmans, et que les jihads islamiques étaient finalement venu à bout de la chrétienté, les Chrétiens
d’Europe auraient-ils fini eux aussi par former une insignifiante minorité, comme leurs coreligionnaires du Moyen-Orient (où le Christianisme fut autrefois dominant) et comme les Zoroastriens ?
Les accomplissements de la civilisation chrétienne européenne auraient-ils été eux aussi tenus pour billevesées, ainsi que les sociétés islamiques tendent à considérer la « période d’ignorance
préislamique » de leur passé ?
Les concepts d’égalité de droits et de dignité pour tous les hommes, qui émergèrent du Christianisme et qui sont en conflit de plusieurs façons
avec la loi islamique, seraient-ils connus de nos jours en Europe et en Amérique ?
Cas d’école: les Assyriens
Nous retrouvons plus ou moins la même histoire avec l’Église Assyrienne d’Orient. C’est l’ancienne Église d’Edesse, la ville qui devait devenir le
centre du premier royaume latin établi par les croisés. Aux IVème et Vème siècles, les relations de cette église avec ses sœurs plus occidentales se firent de plus en plus tendues, jusqu’à ce
qu’en 424 l’Église d’Orient déclare finalement lors d’un synode que son chef, le Catholicos de Séleucie-Ctésiphon (la capitale perse), ne reconnaissait plus l’autorité des Églises de Rome ou
d’Antioche, et se considérait leur égal. Par la suite, les Assyriens adoptèrent quant à la nature du Christ les opinions de Nestor, patriarche de Constantinople destitué pour hérésie par le
troisième concile œcuménique réuni à Ephèse en 431. Cela éloigna plus encore les Assyriens des Chrétiens byzantins et latins. Après 424 et pendant des siècles, les Assyriens n’eurent plus que
peu ou pas de contact avec les grandes Églises de Constantinople et de Rome.
Durant ces siècles, les Assyriens s’avérèrent compter parmi les plus énergiques missionnaires que la Chrétienté ait jamais connus. À une certaine
époque, l’Église Nestorienne étendait son influence depuis la Méditerranée jusqu’à l’Océan Pacifique. Des Chrétiens nestoriens pouvaient être trouvés partout en Asie centrale ainsi que dans
l’Empire byzantin, et en particulier au Moyen-Orient et en Égypte. À leur apogée, les Assyriens entretenaient des évêchés métropolitains en Azerbaïdjan, en Syrie, à Jérusalem, à Pékin, au
Tibet, en Inde, à Samarkand, à Edesse et en Arabie (à Sana, au Yémen actuel), ainsi que des églises d’Aden à Bombay et Shanghai. Le missionnaire nestorien Alopen alla prêcher l’évangile en
Chine en 635 ; la première église chinoise fut terminée trois ans plus tard. Au VIIIème siècle, il se trouvait suffisamment de croyants nestoriens en Chine pour que plusieurs diocèses y soient
constitués ; un empereur chinois appela le Christianisme « la doctrine lumineuse » et favorisa sa croissance.
Cependant, les nuages annonçant la tempête s’accumulaient à l’horizon. À la fin du VIIème siècle, le calife Muawiya II (683-684) recourut à la
persécution et détruisit de nombreuses églises lorsque le Catholicos refusa de lui livrer de l’or. Les exactions continuèrent sous le calife Abd al-Malik (685-705). Le calife abbasside al-Mahdi
(775-786) remarqua que les Assyriens avaient bâti de nouvelles églises depuis la conquête musulmane, en violation des lois de la dhimma, le « pacte de protection » ; il ordonna leur
destruction. Cinq mille Chrétiens de Syrie se virent offrir le choix entre la conversion à l’Islam et la mort. Le successeur d’al-Mahdi, Haroun al-Rachid (786-809), fit détruire d’autres
églises encore. Un demi-siècle plus tard, le calife al-Mutawakkil (847-861) entreprit la persécution systématique de l’Église. Des émeutiers et des foules avides de pillage prirent pour cible
les Chrétiens de Bagdad et des environs à plusieurs reprises aux IXème et Xème siècles. Nombre des églises détruites et des Chrétiens pris pour victimes appartenaient au culte assyrien. À la
même époque, en Chine, un nouvel empereur lança de si cruelles persécutions que des missionnaires nestoriens déclarèrent avoir trouvé une Église totalement anéantie lors d’une visite qu’ils y
firent en 981. L’Église Assyrienne continua néanmoins d’attirer un grand nombre de convertis, entre autres parmi les Turcs, et maintint une présence en Chine. À la fin du XIIIème siècle, un
Nestorien fut gouverneur de la province chinoise du Gansu.
Les Assyriens souffrirent à nouveau lorsque les Musulmans reprirent Antioche aux croisés en 1268. Beaucoup d’entre eux furent réduits en
esclavage, et leurs églises furent démolies ; un évêque assyrien fut lapidé, et son corps exposé aux portes de la ville, en guise d’avertissement aux Chrétiens. Suite à d’autres attaques menées
par les Arabes, les Kurdes et les Mongols durant les XIIème et XIIIème siècles, un nombre incalculable d’Assyriens furent tués ou asservis. Mais le pire fut le fait du chef mongol Tamerlan,
qui, dévoué Musulman, mena de furieuses campagnes de jihad contre les Nestoriens et dévasta leurs villes et leurs églises. Ce fut une guerre totale contre les Chrétiens assyriens : Tamerlan
leur offrit le choix entre la conversion à l’Islam, la dhimmitude, ou la mort. En 1400, les vastes domaines nestoriens n’étaient plus ; le Christianisme avait presque totalement disparu de
Perse, d’Asie Centrale et de Chine. [3]
Après cela, pratiquement tous les Nestoriens vécurent comme dhimmis sous la férule musulmane. Et, comme celle des Zoroastriens, leur
communauté s’étiola, finissant, sous le poids implacable de cette injustice institutionnalisée qu’est la dhimma, par ne plus constituer qu’un insignifiant vestige.
Si les Chrétiens d’Europe avaient subi le même sort, il est fort possible que le monde n’aurait jamais pu connaître les œuvres de Dante Alighieri,
ou de Michel-Ange, ou de Léonard de Vinci, ou de Mozart, ou de Bach. Il est probable que ni un El Greco, ni un Giotto, ni un Olivier Messiaen n’auraient vu le jour. Une communauté qui doit
dépenser toute son énergie juste pour survivre s’intéresse difficilement aux arts et à la musique.
Peut-être les croisades ont-elles en fait rendu possible le plein épanouissement de la civilisation européenne.
______________________________
[1] Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les
Arabes», 1983, conclusion de l’ouvrage (p. 304 dans l’édition de poche chez J’ai Lu )
[2] Napier Malcolm, «Five Years in a Persian Town» (New York: E. P. Dutton, 1905), 45-50. Cité par Andrew G. Bostom dans «The Islamization of Europe», FrontPageMagazine.com, 31 décembre 2004.
[3] E. A. Wallis Budge (traduction), «The Monks of
Kublai Khan, Emperor of China», The Religious Tract Society, 1928.
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En 775, le siège de l’Église Assyrienne quitta la ville persane de Séleucie-Ctésiphon pour s’installer à Bagdad, où il est demeuré depuis lors.
Cependant, la situation se dégradant de nos jours pour les Chrétiens du Moyen-Orient avec la réapparition de l’Islam jihadiste a conduit l’actuel Catholicos Mar Dinkha IV à vivre à Chicago
depuis 1980. Le patriarche Emmanuel Delly, chef des catholiques chaldéens (un groupe de Chrétiens assyriens qui rejoignit l’Eglise Romaine au XVI° siècle), est lui resté à Bagdad – pour y
voir, après la chute de Saddam Hussein, les Chrétiens faire l’objet de persécutions ciblées de la part des terroristes jihadistes dans tout le pays. Le gouvernement de Saddam était
relativement laïc ; les jihadistes espèrent y titulariser un gouvernement qui appliquerait plus rigoureusement les règles de la Charia. Les Chrétiens qui tiennent des magasins de vins et
spiritueux ont été donc visés, en conformité avec les préceptes de la dhimma qui interdisent aux chrétiens d’exposer du vin ou d’en vendre dans des endroits où des Musulmans pourraient en
acheter. (1) Des Chrétiennes ont fait l’objet de menaces concernant le voile – “portez le hijab ou sinon…” (2) Nombre de Chrétiens ont été tués, et des milliers ont fui le
pays. En septembre 2004, le chroniqueur irakien Madjid Aziza observait «qu’il est difficile de se rappeler d’une époque où les Arabes chrétiens aient été en plus grand danger
qu’aujourd’hui.»
Si on se souvient de Tamerlan, cela en dit long.
(1) ‘Umdat al-Salik, o11.5(6).
(2) “Fundamentalists vow to kill female students without head cover”, AsiaNews, 22 october 2004.
(3) Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), “Un chroniqueur irakien : «Nous ne nous rappelons pas une époque où les Arabes
chrétiens aient été en plus grand danger qu’aujourd’hui.»”, Dépêche Spéciale N° 789, 26 septembre 2004. http://memri.org/bin/french/opener.cgi?Page=archives&ID=SP78904
Les martyrs chrétiens en terre d'Islam
La fondation polonaise Saint-Benoît a fait apposer dans les tramways à Poznan des
affiches de "martyrs du XXIe siècle", chrétiens morts ces dernières années des mains des musulmans, a indiqué le président de
la fondation, Boguslaw Kiernicki.
"Nous l'avons fait dans l'esprit de la solidarité chrétienne avec ceux qui souffrent pour leur foi. Les chrétiens en Pologne sont dans
une situation confortable, mais il n'en est pas ainsi dans bien d'autres pays", a déclaré ce dernier. Quelque 300 affiches apposées dans les tramways de Poznan montrent des photos de
chrétiens morts notamment au Pakistan, en Egypte, en Turquie ou en Indonésie.
L’Association des musulmans de Pologne s'est insurgée contre cette action et son vice-président Jozef Konopacki l'a
qualifiée de "provocation", au moment où le monde musulman ne cesse de protester violemment contre la publication de caricatures de Mahomet par la presse européenne. La fondation
Saint-Benoît de Poznan, qui publie ces affiches sur son site Internet, n'y voit aucun rapport avec l'affaire des caricatures.
De quelle provocation parlent ces musulmans polonais ? Celle de dénoncer les violences et les meurtres de Chrétiens en terre d’Islam
pouvant faire croire à une généralité ? Pourtant, comme un article de Valeurs Actuelles le rappelle cette semaine, les hommes et les femmes qui ont payé de leur vie leur engagement
envers le Christ sont de plus en plus nombreux dans les pays musulmans.
L’Aide à l’Église en détresse, AED, fondée en 1947 par un prêtre néerlandais, le père Werenfried van Straaten, pour venir en
aide à l’Église derrière le “rideau de fer”, étend son action à tous les pays où les chrétiens sont menacés. Un rapport de l'AED dénombre quatre sources de
persécutions : la plus importante, l’islamisme, qu’il soit d’État ou le fait de terroristes, puis le communisme,
vivace à Cuba comme en Chine ; les fanatismes hindou ou bouddhique qui arment des groupes extrémistes ; enfin, ce qu’il est convenu d’appeler, la “culture de mort”.
L’Arabie Saoudite (23 millions d’habitants) occupe la première place des pays qui répriment le
christianisme. Riyad, « qui finance amplement la construction de mosquées à travers le monde, ne permet toujours pas chez elle la construction
d’une chapelle », rappelle Thomas Grimaux. La possession d’une Bible vaut la prison, la célébration du culte est interdite. Les persécutions visent d’abord les chrétiens non-occidentaux,
ouvriers pakistanais ou domestiques philippins.
Bien d’autres États musulmans interdisent toute manifestation publique du culte chrétien. C’est le cas de
l’Afghanistan, officiellement devenue république islamique en 2004, où les chrétiens
mènent une vie de catacombes. La conversion au christianisme est passible de la peine de mort (cinq Afghans convertis ont été assassinés en 2004), comme en Mauritanie. Au Yémen, où l’islam est religion d’État, les
islamistes du Nord pratiquent l’intimidation par le rapt et la violence : deux religieuses de mère Teresa y ont perdu la vie en 1998. Aux Comores, dont les habitants émigrent en masse vers Mayotte, seuls les musulmans peuvent pratiquer sans souci, bien que la liberté
religieuse soit légalement proclamée. (…)
Dans les pays où la liberté de culte est très limitée, du Bangladesh
à la Turquie, en passant par l’Algérie,
l’Égypte ou le Soudan, c’est encore parmi les pays musulmans que l’on trouve les adversaires les plus résolus du christianisme. Au Kosovo
(2 millions d’habitants, 90 % de musulmans), 150 églises et couvents auraient été détruits par des extrémistes albanais musulmans depuis 1999. En octobre 2005,
l’église du Christ- Sauveur, inachevée, est transformée en toilettes publiques. Les orthodoxes n’y ont plus aucune liberté. En Algérie, bien que la liberté religieuse soit officiellement
affirmée, catholiques et protestants, menacés par des islamistes, sont contraints à une extrême discrétion. En Turquie, l’État laïc garantit la
liberté de culte, mais les chrétiens sont victimes de discriminations. Le 23 juin, le nonce apostolique en Turquie, Mgr Edmond Farhat,
considère, dans une interview, que la liberté religieuse « n’existe que sur le papier ». Intimidations et vexations frappent surtout les orthodoxes. Selon l’AED, le gouvernement turc a
confisqué 75 % des propriétés du patriarcat depuis 2002. Au Pakistan, l’accusation de blasphème, puni de mort par
une loi de 1984, est régulièrement portée contre des chrétiens pour les forcer à renier leur foi ou pour les évincer d’une transaction commerciale. Des activistes islamistes prennent pour
cible les lieux de culte : un temple saccagé à Islamabad le 18 mars, trois églises prises d’assaut par 3 000 personnes et brûlées près de Lahore, le 12 novembre : la rumeur avait couru
qu’un chrétien avait brûlé un Coran. Au Bangladesh, où l’islam est devenu religion d’État en 1988, des groupes
islamistes tentent d’obtenir l’interdiction du christianisme.Catholiques et protestants vivent sous la menace d’attentats. Le 24 décembre l’église du Saint-Rosaire, à Dacca, n’a pas pu
célébrer la messe de Noël, de peur d’actions terroristes. (…)
Alors provocatrice l’action de la Fondation polonaise ? Dire la vérité c'est provoquer? Pourquoi ces musulmans ne s'insurgent-ils pas
contre ces crimes commis au nom d'Allah?
"Nous organisons traditionnellement des Chemins de la Croix au début du carême, et nous n'avons jamais imaginé que
l'évocation de martyrs chrétiens puisse offenser qui que ce soit", a affirmé M. Kiernick le président de cette fondation. Voilà qui est bien dit, et ce
n’est pas de sa faute si les victimes chrétiennes le sont majoritairement à cause de la haine des fils d’Allah. Combien de musulmans massacrés pour leur foi en Occident
??
Il y en plus qu’assez de ces hurlements de victimisation de la part de ceux qui massacrent, torturent, persécutent ceux qui ne sont pas
musulmans, et contre qui les autorités internationales font des courbettes par crainte de représailles. Respect, nous crient-ils. Qu’ils regardent donc en face la poutre qu’ils ont dans
l’œil ! Tolérance et paix dans l’Islam ? Que l’on aille chanter donc ces inepties aux familles des victimes toujours plus nombreuses !
Marianne
Page 165 du P.I.G.

Le le mépris islamique pour les infidèles, que le Coran appelle «les pires de la création» (Sourate XCVIII:6), est toujours de rigueur.
Le grand ayatollah Sayyid Ali Husayni Sistani, leader chiite irakien en lequel de nombreux occidentaux croient voir un réformateur, un modéré, et un espoir pour la démocratie en Irak et plus
largement au Moyen-Orient, montre assez clairement dans ses décrets religieux que le mépris islamique pour les infidèles est toujours d’application. C’est ce type de vision qui a réduit les
Zoroastriens d’une majorité vibrante à une minorité dérisoire et détestée. Parmi les volumineux écrits de l’Ayatollah Sistani sur toutes sortes de questions relatives à la loi islamique, on
trouve cette petite liste édifiante :
Les dix choses suivantes sont par essence najis [impures] :1. l’urine
2. les matières fécales
3. le sperme
4. le cadavre
5. le sang
6. le chien
7. le porc
8. le kafir (non-croyant)
9. les boissons alcoolisées
10. la sueur d’un animal se nourrissant constamment de najasat (c.-à-d. de choses impures) (1)
Sistani précise: «le corps tout entier d’un kafir, y compris ses ongles et ses cheveux, et toutes les substances liquides qu’il contient,
sont najis.»
Alerte au “deux poids, deux mesures” : Sistani est respecté du monde occidental ; mais imaginez le tollé international si, mettons, un
ecclésiastique chrétien de haut rang avait affirmé que les non-chrétiens étaient au niveau des porcs, des excréments et de la sueur de chien…
(1) Voir par ex. http://www.sistani.org/html/fre/main/index.php?page=3&lang=fre&part=3 (Section « les Impuretés »), ou http://www.al-shia.com/html/fre/ahkam/tazih-sistani/04.htm
Mahomet et les Chrétiens
Que dit le Prophète d'Allah des chrétiens ?
Qu'entendait-il d'ailleurs par Chrétien ?
Que trouve t-on dans le Coran, aux différentes époques de la vie de Mahomet sur la manière de considérer ces mêmes chrétiens ?
Un petit rappel du divin message coranique et de ses injonctions non moins "divines"...
Quelques versets dans le Coran laissent à penser que les chrétiens bénéficient d’une image favorable. C’est ainsi qu’Allah, dans la sourat 5, v.
85/82, déclare à son prophète : « Tu trouveras certes que les gens les plus hostiles à ceux qui croient sont les Juifs et les Associateurs et tu trouveras que les gens les plus
proches de ceux qui croient, par l’amitié, sont ceux qui disent : « Nous sommes chrétien. » C’est que, parmi ceux-ci, se trouvent des prêtres et des moines et que ces gens ne
s’enflent point d’orgueil. »
Sourate 5,v. 86/83 : « Quand ils entendent ce qu’on a fait descendre vers l’Apôtre, tu les vois répandre des larmes, de leurs yeux,
à cause de ce qu’ils savent de vérité. Tu les entends s’écrier : « Seigneur ! nous croyons ! inscris-nous donc avec les Témoins ! » Mais dans de nombreuses
sourates, juifs et chrétiens sont englobés dans une même réprobation. Ils ont faussé leurs Ecritures, ils sont impies. Pour les juristes musulmans, les textes les plus militants, les plus
« durs » abrogent les dispositions antérieures autorisant une attitude expectante envers les polythéistes, les juifs, les chrétiens, les sabéens et les zoroastriens. La sourate 9 est
essentielle car c’est sur elle que se fondèrent les légistes musulmans, au XIXè siècle, pour établir une discrimination entre musulmans d’une part, et idolâtres et gens du Liver d’autre
part !
La sourate 5,v. 77/73 est déjà claire dans son attitude envers les chrétiens : « Impies ont été ceux qui ont dit : « Allah est
le troisième d’une triade . » Il n’est de divinité qu’une Divinité unique. S’ils ne cessent point leur dit, ceux qui parmi eux sont impies seront touchés par un tourment
cruel. »
Oui, les chrétiens doivent demander pardon à Allah. Sourate 5,v. 75/74 : « Eh quoi ! ne reviendront-ils point à Allah et ne
Lui demanderont-ils pas pardon, alors qu’Allah est miséricordieux ? » Sourate 5,v. 79/75 : « Le Messie, fils de Marie, n’est qu’un Apôtre avant lequel les Apôtres
antérieurs ont passé. Sa mère était une sainte (siddîqa). Ils prenaient de la nourriture. Vois comme Nous leur expliquons les preuves et puis vois comme ils se détournent. » Pour les
commentateurs musulmans, le Messie n’est qu’un être humain puisque , par principe, Allah ne mange pas. Mais devant les preuves sur l’unicité de Dieu que donne Allah lui-même par l’intermédiaire
de son messager Mahomet, les chrétiens se détournent et persistent dans l’erreur. La question que les musulmans n’ont cessé d’adresser aux chrétiens est la suivante : pourquoi
s’attachent-ils à la Trinité et considèrent-ils que Jésus est le fils de Dieu ? Dieu ne peut avoir un fils, pas plus qu’il ne peut avoir un père. Pourquoi un Dieu s’incarnerait-il pour
sauver les hommes ? Pourquoi un Dieu serait-il crucifié comme un vulgaire esclave ? Mystère de la Sainte Trinité, mystère de l’Incarnation, mystère de la Rédemption, crucifixion,
résurrection… L’Isla
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